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LE hianufcrit de cet ou- vrage m'aiant été remis par l'auteur, je le lus avec une très grande attention ; j'y remarquai un amour extrême as de P II E F ACE. d^ là.véritc, & une imp^^tê entière rfur toutes les matières qui y font traitées. C'eft furtout par ces raifons, que je me fuis fait un devoir de la faire impri- mer, fous les au{pices d'un mo- narque à qui la vérité n'eft pas moins chère que la gloire, & qui, de Taveu de l'Europe, efl aufG capable d'inftruire les . hommes, que de juger de leurs ouvrages. J'ai préféré une édition com- mode PREFACE, mode en deux petits volumes, à une plus magnifique & plus grande ; & j*ofe aflurer, que dans ces deux petits volumes on trouvera plus de faits inté-^ reilâns, & plus d'anecdotes cu- rieufès, que dans les coUeâions inunenfes qu'on nous à données jufqu'ici llir le régne de Louis XIV. Au rèfte, quoîqull fbit ques- tion à la fin de cet ouvrage des chofes que Louis XV a éxécu- a 3, tées P R E F A C E. tées par lui-même, 6c que plus ^ d'un établiffcment deLouisXI V . ait été perfediohné par fon fuc- ceffeur ; cependant il a paru, que le titfe du Siècle de Louis XIV devait fubfifbr, njcai ^ulement parce que c'eft l'iiif- toire d'environ quatre -vingt années, mais parce que la plus- part des grands changemcns, dont il eft parlé, ont été com- mencés fous ce régne. TA^ TABLE DES CH A P I TRES. ro M E I. Chapitre I. Chapitrk II. Mnoritê de LOUIS XIV: vi^tre des Français fins le grand Condé^ alors due d'Enguien. p;^^ Chapitre III. Guerre civile. /^-^ S Chapitre IV". Suite de la guerre civikt jufqu*à. la Snde . ' la rékllien en 1654. p.- 74 ■ Cha* Tabk des chapitres^ . Chapitre V. Etat de la France^ jtifqu^à la mort du cardia nal Mazarin enidSi.P'Ç^ Chapitre VI. LOUIS XIV gouverne far lui-mime: il force la branche d^ Jûtricbe-Efpagnole à lui céder partout la préjeance^ à? la cour de Rome à lui faire fatisfaSion : il acbette Dunkerque: il donne des fecours à P empe^ reur^au Portugaly aux Etats-Généraux^i^ rendfon roiaume florijfant là redoutable^ Chapitre VIL ^^^^ Conquête de la Flandre. J/^'- / 4 ^ - ^ Chapitre VIII. Conquête de la Franche-Comte : paix d*Aix^ h-Cbapelle. p^ Ifo Chapitre IX. Magnificence de LOUIS XIV : conquête dtla Hollande. Jh t£0 Chapitre X. Evacuation de la Hollande : fecondi conquête de la Fraftche-Comté. p^tOI, Chapitre XI. Belle campagne à? mort du maréchal de^u- tenne^p: 2ù^ Cha-. "Chapitre XII. Vâpuis la mort de "ïuremejufqu^à la faix de Nimigue en 1678.J Ji:i I ^ ' Chapitre XIIL Prife de Strajbourg^ bombardement d'Alger : fiumjfion de Gênes : ambajfade de Siam : pape humilié: éleSlorat de Cologne difputé.p' 2 ^ ? Chapitre XIV. Le roi Jacques détrône par fon [gendre Guil- laume troisy (â protégé par LOUIS A7K M ^ ^^^ Chapitre XV. De ce qui fe pajfait dans le continent j tandis queGuillaume trois envabijfait V Angleterre^ rEcojfe fcf r Irlande j jufqu^en 1 697, ^^ iy^ Chapitre XVL Paix de Rijwick : état de la France Csf da r Europe : mort (â teftament de Charles kcond^ roi J^Efpagne. p*C^*>'}. Chapitre XVII/ Guerre de l'joii conduite du prince Eugène^ du maréchal de Villerot^ du duc de Fendô'- mCj du duc de Marleborough^ du mare* ibal de FillarSj jufyu^en 1 703. /;/ i^^<^ Cha* Taile des ebt^res* I Chapitre XVIII. Perte de la bataille de Blenheim ou d^Hocb^ Jiet^ ^fe5juîtes.p'-2>Sk Chapitre XIX. Pertes en Efpagne : perte des batailles df Ramillies ià de Turin, fc? leursfuites./ié$7^ Chapitre XX. Suite des difgraces de la France 6? VEffa-* gne : bumiliation, confiance àf rejfources de LOUIS XIF: bataiUe de Malpla- ' quet. /r^^^y Chapitre XXI. ^ LOUIS XW continue à demander la paix là à fe défendre : le duc de Vendôme affer* mit le roi d^ Efpagne fur le trône. ^' ÀfQy, Chapitre XXII. < ViEtoire du maréchal de ViUars à Dénain : rétabUffement des affaires : paix générale. Chapitre XXIII. >-^^/^' Tableau de PEurope^ depuis la paix d'Utrecit jufqu^en i^i^Q. iT-kf^- TOME ^idile des cbi^tres. - TOME SECOND, Chapitre XXIV. Particularités &? anecdotes du régne de LOUIS XW.p'S. CHAPITkE XXV. Suite des anecdotes, p.- ^i ^ Chapitre XX¥L Sidte des anecdotes. /;. é^S CHAPITRiêlXXVIl. Gouvernement intérieur j commerce^ poUce^ loix^ difcipUne militaire^ marine. J^: f^p Chapitre XXVIU. Finances. /^^/^^ Chapitre XXIX. Sciences Csf arts. fy^lfS. Chapitre XXX. Smte dee, arts.^'I^S. CWIPITRE XXXI. Affaires eccléftaftiques : dictes mcmorabîei.M,Jlé:>j * Chapitre XXXU. Du Cahinifme. Jé^f 22 ^ . Cha« ^able du chapitres. Chapithe XXXIII. D» Jaiftmfat. /"• 2 /"? Chapitre XXXIV. Du ^iétijme.jr^oï. Chapitre XXXV. JX^tei fur les eérémenies eUnéfes,^,^ l ^ Je ^cTuû ^ittejf^S^J LE SIECLE DE. ' LOUIS XIV. Chapitre Premier. INTRODUCTION. E n'eft pas feulement .la vie iJe Lbms XIV qu'on pré- tend.écrire ; on ft propôfe Un plus .grand objet. On; veut effaïer de peindre à la poftç- TÏté, Tion les aftions d'un feul homme i mais l'elîprit des hommes dans le fiécle le phis éclairé qui fut! 'jamais. Tous les teins ont produit des héros & des politiques. Tous les peuples "ont éprouve des révolutions. Toutes les his- toires font prelque égales pour qui ne A veut 1 - Louis XIV. veut mettre que des faits dans fa mémoi- re. Mais quiconque penfe, & ce qui eft encore plus rare, quiconque a du goût, ne compte que quatre fiécles dans l'his- toire du monde. Ces quatre âges heu- reux, font ceux où les arts ont été per- feâionnés, & qui fervant d'époqye à la grandeur tidrefprît humain, font l'ex- emple de la poftérité. Le premier de ces' fiécles à qui la vé- ritable gloire eft attachée, eft celui de Philippe &c d'Alexandre, ou celui des Périclès, des Dcmofthénes, des Ariftotes, des Platons, des ApcUes, des Phidias, des Pra^élcîs i &'cct horin^Ur a été r^t^xjié dans les limites de la Grèce ; le refte de la terre était barbare* : Le feçond âge eft celui de Céfer & d* Augufte, défigné encore par les noms de Lucrèce, de Çiçéron, de Tite-Live, de Yirgik, d'f^orace, (J'Ovide, de Varron, ' , tje Vitifuve. . Le troîfiéme, efj celui qui fuivit la prife . de Conft^tinople par Mahomet IL A- . lors on vit en Italie une famille de Amples ' citoiens faire ce que devaient entrepneflr dre les rois de j'Eufopf; i. les Miédiçip appellérent à Flprçiice \€S ] arts, qgq- lés lurcs chaflaient dr la^Qrèce, c'était Jç tems de la gloire de Tltalie. Toutes ,le$ fciences reprenaient une vie nouvelle j 4 : les IfUriduûwn. " ^ les ItafierisleïlidtotéKeht.du nomdc'îfer- tMi cboame Iles premiers Xjfrecs les àypsnt caraâérifés du nom de fagt^t. Toùti:cn«^ dait à la.perfet^ion : les Michel- Angesy les Raphaëls, les Tiliens» : les Taflès, les Arioftcs )flewrkeni;f iatîgrayûre fut inven- tée 5 la belle ^rChiteâilna .reparuj: : .plus admirable encore qi« dans/Rome triôïri-j phaote 5 ,j& la barbarie gothiquoi qui déf^ figurait rJEwq)e en toutl genre,' fut kha.U fée de ritaKe -pour faire en:tout placé 'ais . bon goût. -r 3 :i\ î Les arts^ toûJQursitranfplantésdjeGrêrt €e en Italie, fe trouvaient' dan&jun'tepi rain favoTÉ^ile, où ils fruftifiaicnf fi>ut+ài< coup. La France, > F Angleterre, y Allen magne, l'Efpagîie, voulurent à leur tduri avoir de ces fruits ; maia, . ou ils Jie vinw rent point, dans ces dimats, ou bien ils dégénéréreïit trop yftéi • ' . ) > François premier dnoouragea. des fa- ^ vans î mais: qui ne furent que favans : ù eut des ardiit^es •, r^ais il n'eut ni ' des Michel- Anges, ni des Palladios : il vouluf en vain étab|ir des écoles de peinture -; les peintres Italieais qu'il appella ne firent point d'elévBs Français; ; Quelques: ^i- grammd & quelques contes lihiesxôîïiiri pofaient toute notre poëfie -, JRdbçlaiifc . était notHe feul livre de profé à la mode, du rems de Henri II. l :• A 2 En 4 Louis XIV. -En vm^ mot, tes Italiens ftuls avaient tout, fi ^ vous eh eicceptez la mufique, qui lï'ét^t encç»^-qu*inrorme j &da phi- lofophie expérimentale, qui itsàt incon- nue par tout également, . ^Enfift, le quatrième 'fiéclc eft celui qu*on nonume Icifiêde de Louis XIV ^ & GÎeft/-peut*être' celui des quatre qui ap^ proche le: plus de ia^perfeâion. Enri- clîi" des découvertes des trois autres^ il a plus^ faitnen certains genres que les trois enfemble. Tous les arts à la vérité n'ont point été poufles plus loin que fous ]e& Médids, fous les Auguftes & les Aie- xiaàxtB i:ihsàs la rziEcm humaine ehgé- nébal^ sfeib perfeétionnée. , La faine . phi- lofophie. n'a < Jtté connue que dans ce tems : & il eft vrai de dire, qu'à com- mencer .depuis ies dernières années du cardinal de Richelieu, jufqu'à celles qui ont jfiiîvi da moit^ de Louis XIV, il s'eft fait dans nos arts^ dans nos efprits, dans nos mœurs, comme dans notre gouvernement, une révolution généra- le .qui doit Icrvir de marque étemelle à la véititable gloire de notre patrie. Cet- te! heureufe influence ne s'eft pas mfme arrêtée en France ; elle s'eft étendue en Angleterre ; elle a excité l'émulation dont ayâit alors befoin cette nation fpirituelle & profonde ; elle a porté le goût en • i Al- IntroduSion. " 5 Allemagne, les fciences en Molcovie^ elr le a nieme ranimé l'Italie qui languifTait, & TEurope a dû fa politeffe à. la cour de Louis Xiy. Avant ce tems, les Italien? appellaient tous les ultramontains du nom de barbar res ; il faut avouer que les Françajs mé- ritaient en quelque forte cette injure^ Nos péyes joignaient la galanterie roma- nefque des Maures à la grofliéreté Gothi- que -, ils n'avaient prefque auam des arts ainiables •, ce qui prouve que les arts, uti- les étaient négligés : car lorfqu'on a per- feétionné ce qui eft néceffaire, qn trou- ve bientôt Je be^u & Tagréable j & il n'eft * pas étonnant que la peinture, la fculpture, ;i la poëfie, l'éloquence, la philoibphie, fuirent prefque inconnues à une nation, qui aiapt de^ ports fur l'o- céaa & fur la Médiferranée, n'avait pour- tant point de flote,, & qui aimant le* lu- xe à l'excès, avait \ peine quelques ma^ nufaétures groffieres. . i.i Les Juit's, les G ^nois, les Vénitiens, les Portugais, les Flamans, les Hollandais, les Anglais, firent tour-à-tour notre com- merce, dont nous ignorions les principes^. Louis XIII à fon avènement à la couronafe n'avait pas un vaifieau ; Paris ne conte- nait pas quatre-cent-mille hommes, &f n'était pas décoré de quatre beaux édifl- A3 Ct5\ 6 . Louis XIV. ces i les autres villes du roîaume reflem- Blaient à ces bourgs qu'on voit au-delà de la Loire. Toute la nobleflè canton- née à la campagne dans des donjons entourés de fofles, opprimait ceux qui cultivent la terre. Les grands chemins étaient prelque impraticables ; les villes étîUènt fans police, l'état lans argent, & le gouvernement prefque toujours fans crédit parmi les nations étrangères. ' ': On ne doit pas fe diffimuler, que de^ puis la décadence de la famille de Char* lemagne, la France avait langui plus ou moirts dans cette faibleflfe, parce qu'elle n'avtîit prefque jamais joui d'un bon gou- vernement. Il faut, pour qu'un état foit puiflant, ou que le peuple ait une liberté fond^'e fur les loix, ou que l'autorité Ibuverainc foit affermie fans contfadiétion. ' En France les peuples furent efclaves jtifquës vers le tems de Philippe- Auguf-- te ; les feigneurs furent tyrans jufqu'à Louis XI 9 & les rois, toujours occupés à foûtenir leur autorité contre leurs vaf- faux, n'eurent jamais ni le tems de fon- gér 'au bonheur de leurs fujets, ni le pouvoir de les rendre heureux. LduisXI fit beaucoup pour la puilTan- jcfe rôiale, mais rien pour la félicité & la 'gloire de la nation. Fran- Fîpflttipoisl fit nâtoe le cômmefce, la navigation, teé lettres &- kot>(^ les larts ; Boais il fut trop malheureux pour leur fai- re prendre racine en France^ & tous pé- rirent avec lui. ' Henri le grand vôuiciit retirer la France dès cal<|inités' & de \^ barbarie où trente an$ de dilcorde l'avalent pêplông^e, <^uand'il ftit àffaflîné dan$ fa capitale, au milieq du peuple dont il allait faire le bonheur. Le cardinal de Richelieu, occupS d'ab- baiflef la tTJâlfcm d'Autriche, ifc calvinif-; me & les grands, ne jouit point d'une pitiflance a&t paifible pour * réformer la liation -, mais au nïoins il coitimenca cet heureuse ouvrage. Ainfi pendant neuf-cens ann:es, no- tre 'génie a été prefque toôjoiirs rétréci fous ulî gouvernement gothique,^ au rîii- lieu dcis diviflons & des guerres civiles, n'aiant ni loix ni coutumes fixes, chan- geait de deux fiécles en deux fiécles un langage toujours groflier •, les nobles lan$ dïfcipline, ne connaiflant que la guerre & ToiOveté \ les eccléfiafticpaes vivant dans le défondre & dans l'ignorance ; & les peuples fans Induftrie, croupiffîint dans leur mifére. ' Voila pourquoi les Français n'eurent part, ni aux grandes découveroes, ni aux A 4 in- 9 Loxris XIVi inventions îtdmirablcs des? Auti-e^ nadons : rimprimerie,;:la poudre^ 1^ glaces, les télelaopes, le compds de proportion^ la machine pneumatiquci, le vrai fyfiê- me de Tunivers, ne leur aj^artiennent point •, ils feifaient des tournois, pen- dant que les Portugais & les Efpagnoli» découvraient & conquéraient de nou- veaux mondes à l'Orient & à FOccident du monde connu. Charles-quint prodi- guait déjà en Europe les tréfors du Méxi-^ que, avant que quelques fujets de Fran- çois premier euffent dédouvert 1^ CQntféq inculte du Canada ; mais par le |)eu mê^ me que firent les Français dans le com- mencement du feizicme fiécle, on vit dequoi ils font capables quand ils fonc conduits. On fe propofe de montrer ici ce qu'ib ont été fpus Louis XIV -, & l'on ibuhaitQ que la poftérité de ce monarque, & celle de fes peuples, également animées d'une heureufe émulation, s'efforcent de lijr- paffer leurs ancêtres. Il ne faut pas qu'on s'attende à trou- ver ici les détails prcfque infinis des guer-> res entreprifes dans Ce fxéck ; on efl ob- ligé de laifïer aux annaliftes le foin de ramafîer avec éxaftitude tous ces petits feits, qui ne ferviraient qu'à détourner la vue de r; fe»\çW^tions ; & la ogini^a^ncé diiHcik de tant de Ipix, fouy€|itconteftée«^,.fei^,c^ qu^ l'pn sijçjdlk en Allçm^gr^,, /'/ft^^É* ^ dmt pu • blicj pour laquelle la nation* Gefm^îqué eft'jfi rpmsmiséeui .1 • x; t-'-empeii^y.jlyinineme «^ ^i^aît gyé- res à la ver jtq plui^ puiflânt,r ni plus »• che qu'un d^e^ 4c Yfiûifc, .V âikma^ip . ;, parta- 14 Loirs XIV^ partagée en villes libres & cdj ^rincv fautes, ne lai0è au chef de tant d'états^ que la prééminence avec d'eitti'iiiiies X' honneurs, fans domaines., ^ns^gent^ , & par conféquent fans pouvouf . Il ne poflede pas à titre d*empercur wi feul village ; la ville de Bamb^rg lui eft affi-^ grtéè feulement pour fa réfidence^ quand a n'en a pas d'autre. Cependanc cei^ dignité auffi vs&Êl <Ï^ fapréme, était devenue fi puiÛante entra; les mains des Autrichiens, qu'on a craântfdwvent qu'ils ne convertiflènt en monarchie âbibliie cette république de princes* ' Deux p^tis divifateni aiws & pa(rta- gent encore aujourd'hui 4'Europe chré^ tienne^ & fur-tout i'ABe«higfte, ïjé pre- mier eft celiii des catholiques plus ou moins fournis au pape ^ k fecottd eft ce- lui des ennemis de la délftlnatîoii ipiri- tuelle & temporelle du pape & des pré- lats catholiques. Novr«rUpprtl(^i céUx de ce p^ti du hdtn géîiltiâ' âé proteftans, quoiqu'ils foîent âvifés en^ Luthériens^ Calviniftes & autrtrç^qài fe- hftïBeht^i- tf'eux, pi-efque autant 'qtfils hatflèttfe Rome. • V '• ■''" ' ^■- ^ ^'"- -^ En Allemagne, la SàSÉét^ fe Bràhdè- boufg, le ^afeftiftà*,* 'tnlë^pâi^.dè là Bo- hême, de la Hongrie^ lèsf^étets de '\à kiziSoiï de Bruitfvic, - le^ i#iftembeî^i fui- Etat de P Europe. 15 Suivent la religion Luthérienne, qu'on noninne évangélique. Toutes les villes libres impériales ont embrafle cette fefte, qui a femblé plus convenable que la reli- gion catholique à des peuples jaloux de leur liberté. Les Calviniftes, répandus pa(rmi les Lu* thcriens qui font les plus forts, ne fofit qu'un parti médiocre -, les catholiques compofent le refte de Tempire, & aiant à leur tête la maiibn d'Autriche, ils étaient fans doute les plus puiffans* Non-feulement T Allemagne, mais tous les états chrétiens, faignaient encore . des plaies, qu'ils avaient reçues de tant de guerres de religion, fureur particulière aux chrétiens ignorée des idolâtres, &; foite malhcureufe de l'efprit dogmatique introduit depuis fi long-tems dans toutes les conditions. Ily apeu de ix>intsdecon- troverfe qui n'aient caufé une guerre civile, & les nations étrangères (peut- être notre pqftérité ) ne pourront un jour comprendre que nos pères fe foient égorgés mutuellement pendant tant d'an* nées en préchant la patience.^.^ En 1 6 1 9 l'empereur Mathias étant mort fansenfans, le parti proteftant.fe remua pourôterl'anpireà la maifon de' Autriche & à la communion Romaine \ maisFerdi- nand archiduc de Grats, coufm de TS/bk> thias. ï6 LoTTisr XIV. thiâs, n'en fut pas liioins élu empereur.. Il était déjà roi de Bohême & de Hongrie^ par la démiilion deMathias> & par le cKoix forcé que firent de lui ces deux roiaumes. Ce Ferdinand II continua d'abattre le parti proteftant : il fe vit quelque-tems le plus puiflànt & le plus heureux mo- narque de la chrétienté, moias par lui- même que par le luccès de fes deux grands généraux, Valftcin &Tilly, àTex- emple de beaucoup de princes ' de là maifon d'Autriche, conquérans fans être guerriers, &heufeux par le mérite de ceuxqu'ilsfavaientchoifir. Cette py iffan- ce maiaçait déjà du joug, & les protes- tans& les catholiques : l'alarme fut même: portée juiqu'à Rome, fur laquelk ce titré d'empereur & de roi des Romains don- ne des droits thimériques, que la moindre occaûon peut rendre trop . réel. Rome, qui de fon côté pretmdait autre- fois un droit plus chimérique far l'empi^ re^ s'unit alor^ avec la France, contre la Biaiiba d'Autriche.: L'argent des Fran^ çais, les intrigues de Rome, & les cris de tous les, pwroteftans, appellérént enfin du fond de la Suéde (îuftaYe-AdqlphôiJcfeul roi de ce tenos-là qui . pût prétendre ai| nom de héros, . & le feul : qui pût renvet-» fer la puiflknce Autrichienne^^ . ... L^ar- Etat de r Europe. 17 . . . I/arïjyeQ. d^ C^jiftàw :jW Allemagne changes^ U face de l!Eurc^. . . II gagna en 163 1\ contre le gincr^ »Tilly larbataille de Leipfic, -fi célèbre par les nouvelles ma- nceuvfé^ de guerre que ce roi nût en iliàge, ' & qui paflfe encore pour, le chef- d'cbuvrç. de Jf ^rt nwlitaire. .7 ^. 'L'empereur Ferdinancî fe yit en - 1 6g2 prêt à perdre la Bohêipe> la Hongrie & î'erfipire: fon bonheur le fauva-, Guftave-, Adolphe fut tué à la batajUe de Liitzen^- au milieu de fa viétoire ; & la mort d'un^ feul homme' rét^ab^t ce quitlui lèul pou-: vait détruire. , La politique de Ja maifon d'Autriche, qui; avait fuccombé fous les. armes d'A- dolphe, 'y fe trouva forte contre tout le res-^ te ; ^lle détacha les princes les plus puif- fans dct l'empire, de l'alUance des Sué-^ àc^i Çeç troupes viélgrieufes,;; aban-n données de? leurs .^liés & pjriyées !^ leuif ripi, ftjt^nt battue^ à î^orlingqë j' & quoi-J, que plus heureufes enfuite, elles furent; toûjoufs^ moins à craindre que fous Gus- tave. Ferdinaiivi II, jtH)rt dans ces conjonc- tures, biffa ? tous fes étatsj à fon fils Ferdiî^iand III, qui héritage fa politique, & fit comme lui la guerre de Ibn cabi- net : il régna pendant la minorité de Louis XIV. L'AUe- 18 / JLouis XIV.V ^ f L* AHemagne n'était piiînt >afot«' aiiffî fiortffante qu'^Ue Téft; devtfttiè' éèpiaiM^^ îe luxe y était inconnu^ &-te cowii»Oi- dites de la vie étaient encôfe'très^mres chez les plus grandis; fd^mm^/' Ettfes ify ont été portée_s que «vers V^A î 6^ 6, les réfugiés Français, ^i alîetîént f y-i blir leufs maniifbfture^. ^ Ce^ii fertile & peuplé manquait de ' commerce i - 8? d^atgent ; la eravité dés mô^ui^ &ila lerii t^uT particulière aux AllemaAs, les-pri* Valent de ces plaifiî's & de ces art^ agréables, ^€ la fugacité Italieiffte^uki* vait depuis tant d'années, & (:jtiô-l^dti- ftrtè? FrançaiSjr comitieAçait . aès4c*s à perfc^ionnér. Les Allemàns, riches thiëff eux, étaient pauvres ailleurs i & ctttQ pauvreté, jointe à )a dïôteulfé dé réunir en peu de tems fous les ménies éten- diart» tant de pëAplés diflërens^ lès itïtt^ tait à-pfcu-J)l-éà comîtte'ftujout'd^hui datts Hmpc5ribilité de f)ortèr & de ibûteftir Icmgtéms la guerre chez ku^s «VoifirtS. Aufll c'eft prefque toûjdurs dans féîtafA- re que les Français on fait la guerre -con- tre l^ehipire. Ladifffcrence^Éi gouver- nement & du génie rend les Frartçais plus propres polir Tattaque, & les ' ABenlani pour là défenfe. r ■ ^ DE Etat de V Europe. 19 DE L'ESPAGNE. L'Efpàgne, gouvernée par la branche aînée de la maifon d'Autriche, avait im- primé après la mort de Charles-quint, plus de terreur que la nation Germanique. Le rois d^Efpagne étaient imcamparabk- ment plus abfolus & plus riches. Les mines du Mexique & du Potofi femblai- ent leur fournir dequoi acheter la liberté xle l'Europe. Ce projet de la monarchie vmiverfelle de notre continent dirétien, commencé par Charles-quint^, fut dV bord foûtenu par Philippe IL II voulu», du fond de TEfcurial, ^ aflcrvir la chré- tienté par les négociations, & par la guer- re. Il envahit le Portugal -, il défola la France 5 il menaça rAnglcterre : mais plus propre peut - être à marchander y de loin de/efclaves, qu*à combattis de près fes ennemi^TTl n*ajoûta aucune con- Suête à la facile ihvafion à\x Portugal ; facrifia de fon aveu quinze-cem-MMl- lions, qui font aujourd'hui plus de trois -mille -millions de notre monoie,V pour aflèrvir la France, &pôur rega- gner la Hollande. Mais fes tréfors ne ièr- virent 'qu'à enrichcc ces païs qu'il voulut domter. ^ Philippe III fon fils, moins guerrier encore & moins fege, eut peu de ver- tus 2Ô L0U4 S XIV. tus de roi. La luperftition, ce vicè^ des âmes faibles, tefnit fon régne & affai- blit la monarchie Efp^nole. Son roiau- me commençait à s*épuifcr d'habitaiîtf, par les nombreufes colonies que Tavari- ce tranfplantait dans la. nouveau monde ; & ce. tut dans- ces circonftances que ce roi chafla de fes états près de huit-cent- naille Maures, lui qui aurait dû au con- traire en faire . venir davantage,- s'il eft vrai que le hombre des fujets foit le tré^ for desmonarques. L'Elpagne fut prefque déferte depuis ce tems: la fierté oifive ,defe.habitans laiflajpaffèr en d'autres mains les richelïes du nouveau monde 5 l'or .du Pérou devint le partage de tous les mar- chands de l'Europe : en vain une loi fé- vére & prefque toujours exécutée, fer- me les ports de l'Amérique Elpagnole, aux. . autres^ nations ^ les négocians de France, d'Angleterre, d'Italie, chargent de leurs marcfaandifes les gallions, en raj^rtent le principal avantage, & c'efî: pour eux que le Pérou & le Mexique ont été conquis. La grandeur Efpagnole ne fut donp plus fous Philippe 10, qu'un vafte corps fans fubftance, qui avait plus de réputa- tion que de force. i Philippe ÏV, héretier de la faibleflfe de fon père, perdit le Portugal par fa ne- Etai de VEunipe. ^i gl^mce, le Roufllllon >par la faibleflè de fes armes, & la Catalogne par Ta- bus du delpotifine. C^eit ce même roi, à qui le comté-duc d'Oliv^ès, fon favo- ri & fon miniftre, fit prendre le nom- de grand à fon avènement à la couronne,, peut-être pour Texcitèr à niériter ce ù- tre, dont il fut fi indigne, que tout roi qu'il était, perfonne n'ofa le lui donner. De tels rois ne pouvaient être longcems heureux dans leurs guerres contre la France. Si nos divifions & nos fautes leur donnaient quelques avantages, ils en perdaient le fruit par leur incapacité. De plus, ils commandaient à des peuples que leurs privilèges mettaient en droit de mal-fcrvir j les Caftillans avaient la prérogative de ne point combattre hors de leur patriç ; les Arragonois députaient lâns cefle leur libçtté contre le cpnfeil roial ; & les Catalaïis, qui; regardaient leurs rois coniime leurs ennemis, -ne leur permettaient pas même de lever des mi- lices dans leur provincej^. Ainfî ce beau roiaume était alors peu piiijfTant au-de- hors & miférable au-dedans \ nulle in- duftrie ne .fecondaç,. dans ces climats heureux, les préfens de la nature -, ni Ic^ies de la Valence, ni les belles laines n) de» qu'elle vk approcher Far*- tâUerie ^ cette artillerie conM^t en deux eoukvrines. Cependant* il fallut pout^ étouffer ces troubles, qui ne méritent point de place dans Tmiloire, plus de iî%ociations> qvie s'il s^était agi de Fàn* tienne Rome & de Cardiage. On ne rap-» porte cet événement que pour faire con- naître le génie de Rome moderne, qui. finît tout par la négociation, commeFân- cienne Rome fininàit tout par des vic- toires. Les autres provinces d^taliè écoutaient: des intérêts divers. Venifccraignait^es' B 5 Turcs 34 Louis XIV. Turcs & Tempercur; cUe défendait à pei- ne fcs états de terre-ferme, des pré- tentions de TAUemagne & de Tinvaiion du grand-fei^eùr. Ce n'était plus cette Venife autrefois la maitrefle du commer- ce du monde, qui cent-cinquante ans au- paravant avait excité la jalouTiede tant de rois. La fagefie de Ion gouverne* ment fubfiAait; nms &>n grand com- merce anéanti lui ôtaitpreique toute & force, & la ville de Venife était, par fa fituation, incapable d'être ilomtée, & par fa faibkflë, incapable de faire des conquêtes. L'état de Florence jouiffait de la tran- quillité & de Tabond^e, fous le gouver- nement des Médicis ^ les lettres, les arts» èc la poUteflè, que les Médicis avaient Eût naître, floriflaient encore. La Tolcaoe alcH-s était en Italie ce qu'Athènes avait été en Grèce. La Savoie déchirée par une mierre d- yUe, & par les troupes Françaiïes & Ef- pagnolesi, s'était ^nfin réunie toute en-^ tiére en faveur de la France, & contri- buait en Italie à l'aflfaibliilbment de la puiflàncç Autrichienne. Les Suiilès confèrvaient, conune au- jourd'hui, leur liberté, fans chercher à c^rimer perlbnnc. Ils vendaieiu: leurs troupes à leurs voiiins plus riches qu^eiix; ils OiO" de: ^Europe. 35^ Ss étaient pauvi^es ^ ilsignorsûeot les fcien- ces & tou$ leç .arts q^e ieluxe a fait naîtce ;. n^s ils ét^eptfagçs £k heureux* DES ETATS Dtl NORF. I^s nations- tdu nord cje KEurope, lai Bologne, la Suéde, la IJanemarck, la Mofcovic, étaient* comme les ^^utres puif- iànces, toujours eh défiance oU en guerfe entr'cHes. On volait, comme atnourd'huî, 'dans là Pologne les mœurs & le gouver- nement é^ Gotbs êc ^ies Francs, un rôi. élcftif, des nobles gattagCans fg puiffari- cc, \m peuple eicl^tve, unt faible infan- X terie,* une cavalerie compose de nobles,, point 'de^Vilira fortifiées, prefque poiiit ae commerce. Ces pèiroles étaient tan- tôt attaqués par les Suédois, ou par les . Wfedfcovkfes, &r.tantôtpar lèsTurcy. Les*. Suédoisy tïajdon . plus libre ericore par ft . tîonftitutidny qui admet les paifarts mê- me dans les étâtes-généraux,' muis albrs' phis foumîfe' à. ib rois que la Pologne, furent vidorieux prelque par tout. Le Danemarck, autrefois formidable à la. Suéde, ne l'était plus àperfonne. LaMof— €oyie n'éïait encore que Barbare. DES TURCS.. J^ Turcs n'étaient pas ce qu'ils .avaiènr 36 Louis XIV. été fous les Séfims, les Mahomets, & les Solimans ; la moUeflè corrompait le le- rail, fwns en bannir la cruauté. Les fui- tans étaient en méme-tems, & les plus de^tiques des ibuverains, & les moins afllirés de leur trône & de leur vie. Of- man & Ibrahim venaient de mourir par le cordeau. Muftapha avait été deux ibis dépole. L'empire Turc ébranlé par ces fe- couflbs, était encore attaqué par les Per- fans ; mais quand les Perfans le laiflfaient TtÇfAxe^j èc que les révolutions du férail étaient finies, cet empire redevenait for- midaUe à la chrétienté ; car depuis Tem- bouchure du Borifthène jufqu'aux états de Venife, on volait la Mofcovie, la Hon- grie, la Grèce, les îles, tour-à-tour en proie aux armes des Turcs : & dès Pan 1640, ils faiiàient conftamment cette guerre de Candie fi fiinefte aux chrétiens. Telles étaient la fituation, lesforces,, & rintérêt des principales nattons Euro- péanes, vers le tems de la mort du roi .de France Louis XIII. 31TUATION DE LA FRANCE. La France aUiée à la Suéde, à la Hollan- de, à la Savoie, au Portugal, & aiant pour elle les vœux des autres peuples cfemeurés dans Tinaétion, foûtenait con- tre État âe VEur^e. 37 tre l'empire & TEljpagne, une guerre rui- neulè aux deux pàrtiâ» & funefte à la maifon d'Autriche. Cette guerre était femblable à toutes celle qui fe font dé* puis tant de fiécles entre les princes chrétiens, dans Idquelles des millions d'hommes font facrifie s, & des proviit- ces ravagées, pour obtenir enfin quel* ques petites vÛles frontières, dont la poflëflSon vaut rarement ce qu'a coôté \à conquête. Les généraux de Louis XIII avaient pris le Rouflillon ; les Catalans venaient de fe donner à la France, proteôrice de la liberté qu'ils défendaient contre leurs -rois ; mds ces luccès n'avaient pas em- pécl^ les ennemis de prendre Corbie en 1^37» & de venir juftju'à Pontoiiè. La peur avait chafle de Paris la moitié de fes nabitans ; & le cardinal de Richelieu, au milieu de les vaftes projets d'abaiiler la puiflàncé Autrichienne, avait été réduit a taxer les portes cochéres de Paris à fournir chacune un laquais pour aller à la guerre, & pour repouflèr les ennemis des portes de la capitale. Les Français avaient donc fait beau- coup de mal aux Efpagnols & aux Aile- mans, & n'en avaient pas moins eflliïé. MOEURS 38 Lovra XIV; MOEURS bu TEMS. Les guerres araient prod^h;, de$ gé* Aeraux illuftres, tels qu'un Guftaye-iât- dolphe, un Valtteinj un duc de Veiinar, Picolomini^ Jean de Vert, le maréchal de Guébriant;, ks prmœs d'Orange, le comte d'Harcourt. iPes ininiftres, d'état ne s'étaient pas moi^ fignalés. X^ chan- celier Oxenftiern, le^çofu^duc d*01iv^- rès, mais for-tout le cardinal duc 4e Ri- chelieu, arv-aient attiré i'ur eux l'atjtention ^ de l'Eure^. Il n'y a aucun fiécle qui n'ait eu des homnaes d'état 8c de .guerre^ cé- lèbres 5 la politiquç & le? arw^ft ftm- hlent majiheurjeujre^ççnt \ètf^^ jf^ ;dew profeiTibns les plu$ n;ij:vre^$ à l^'i^iioniinie,^ . il faut toujours ou négocier, ou fç bat- tis. ' ijc pius heui^quic pafib pour Iç plu<^ jgrand^ ^le puyic a,ttribuç Içuvont 4U jpérke xwf les iuccés à^\^ fptt^qe« La guerre ne le faiiàâir pa^cion^isae nom^ Tavons vu faire du teqi^.de Louis^JÇIVi > les armées n'étaient p^^s fi nombreufcsi aucun géhéral, depuis le fiége de Mett par Charîes-quint,. ne s'était vu à Jia têtr dedjaquanteninilkiiomme.gt : o^ aflîégeait & on défo^idait Ifis places avec moins de canons qu'aujourd'hui, L'î^rt des. fortifications était'encore dans fon enfan- ce i les piques & les arquebuJc» étaient: Etat di TEumpe. 39 en ufage ; on fe fervait bewcouf» de Té* pée^ devenue inutile aujourd'hui. Ilref- tait encore, des anciennes loix des nations, relie de déclarer la guerre par \in hér raut. Louis XIII fut le dernier qui ob- ferva cette coutume. U envoïa un hé- raut-d'armes à Bruxelles, déclarer la guerre à rEfpagne en 1635. . Rien n'était plus commun ^rs que de voir des i»-âtres commaïKkr des aarmées ^ U cardinal infant, ie cardinal de Savoie^ Richdîeu, la Valette, Sourdis archevê- que de Bordeaux, avaient endofie la cui-- raàè, & fait la guerre oix-mêmes. lut& papes menac^ént quelquefois d'excom- munication ces prêtres guerriers. Tut pa- pe Urbain VIII, fiché contre la France, fit dire au cardinal de la VakttCy qu'il le dqx>uiUerait du cardinalat, s'il ne quit- tait les arnufi ; maià réuni avec la France» il le combla àt bénédiâioi^* l^es amba0àdeurs, non moins minières, de paix que les eccléliaitiques, ne faiiaient 9ulle difficulté de ièrvir dans les ai^mées. des puifiances aUiées, auprès defquelles ils étaient emploies» Chajrnacé, envoie de France en Hollande, y commandait, un r%ifnwt en 1637 -, &.dq)uis même,. l!ambaflbdew d'Efibrade^ fut câlonel à kur^ fcrvice. La France nV^çè tout qu'environ quatre- quatre-vingt-millé homifiies effeâife ilir pied. La marine anéantied^uisdesjiécles, rétablie un peu par le cardinal de Riche- lieu, fut ruinée ibus Mazarin. Louis XIII n'avait qu'environ quarante-cinq millioûs réels de revenu ordinaire ; mais Targent était à vingt-fix livres le marc : ces qua- rante-cinq millions revenaient à environ ibixante & dix millions de ce tems, où la valeur arbitraire du marc d'argent eft pouflee julqu'à quarante - neuf livres idéales ^ valeur numéraire exorbitante, & que l'intérêt public &r la juftice deman* dent qui; ne foie jamais augmentée; ILe commerce,^ généralement répan- du aujourd'hui^ était en très-peu de mains^v la police du roiaume était entiè- rement négligée,, preuve certaine d'une adminiftradon peu heureufe. Le cardinal de Richelieu, occupé de ià propre gran- deur attachée à celle de l'état, avait com- mencé à rendre la France formidable au- dehors, fans avoir encore pu la rendre bien floriflante au-dedans. Les grands chemins n'étaient ni réparés, ni gardés ; les brigands les infeftaient y les rues de Paris, étroites, mal pavées, & couvertes , d'immondices dégoûtantes, étaient rem- plies de voleurs. On voit par les regis- tres du parlement, que le guet de cette- ville étût réduit aloi^ à quarante-cinq bom- J^tat de P Europe. 41 hommes mal paies, & qui même ne içr- valent pas. Depuis la mort de François II, la France avait été toujours ou déchirée par des guerres civiles, ou troublée par des faéMons. Jamais le joug n'avait été porte d'une manière paifible & volontaire. Les ièigneurs avaient été élevés dans les con- ipirations ; c'était l'art de la cour, com- me celui de plaire au ibuverain l'a été depuis. Cetelprit de difcorde & 4e faéUon avait paâe de la cour juiqu'aux moindres villes, & pofledait toutes les commu- nautés du roiaume -, on fe difputait tout, parce qu'il n'y avait rien de réglé : il n'y avait pas jusqu'aux paroiûes de Paris qui n'en vinflfent aux mains ; fcs proceffions fe battaient les une contre ks autres, pour l'honneur de leurs baniéres. On avait vu Ibuvent les chanoines de Notre- dame aux prifès avec ceux de la Sainte- chapelle : \t parlement & la chambre des comptes s'étaient bà(tus pour le pas, dans r%life de Ndtre-dame, le jour que Louis XIV mit fon roiaume fous la pro- teétion de la vierge Marie. Prefque toutes ks conwnunautés du roiaume étaient armées -, prefque tous les particuliers refpiraient la fureur du duel. Cette barbarie gothique, autorifée au- 4fe . Loirts XIV. autrdbfe p» les rois fia^e^ & tfevéiî^ le cara6tére de la nation, contr^tiaît en- eère autant c^ ht g^trés civiles & étrangères, à dépeupler le pa». Ce n*eft pas trop dire, que dans k Cûurs de vingt années, dont diK avaient été troublées par la guerre, il était mott plus de Fran- çais de la main des Français méiâe, qM êc cdlc des enneniî^* Oi> ne dira rien ici de k n?Kiniére dont les arts & les fciences étaient cultivés 5 on troivvera-'eette partie de Itiiftôire de nos mœurs à Ta place. On remarquera feu** lement que la nation Françaiseétait .ptott- gée dans l^ignoranee, ikns excepter cei» qui croient n'être pofiôt peuple.. Oti con<ait les aftrologues, âc on y croîait. Tous les naémoires de ces tems^ fâ, à commencer par Ph^toire da ï>réfî- écilt de Thdu, font emplis de pédk^ éfâ^oto. Le grave & fév^re duc de Sully rapporte férieufemenc' celkfriqiii fu«nt MttB à Henri IV t cette oréduUcéj lai marque la plus inlaittibk ira à peine, &r ce qui eft powtant rapporté par Tabbé Vittorio Siry, auteur omtemporain, très-inftruit; c*cft EtM de f^inpe. 43 t'cft que Louis XIII ^c^àè&îùn tefance le furnom de Jufte, parce qu*il était ne Ibus kfigne de la balance. La même faiblcffe, que mettait en vo- .gue cette chimère abfurde de raftrolo*- ^e judiciaire, feifàit croire aux |)oflèf- fions, & aux fortiléges : on en faiiàît un poiat de religion ; Ton ne voiait qiâe des prêtres qui conjuraient des démonè^ Les tribunaux, compofés de magiftrats, qiri avaient être plus éclairés que k vulgai- re, étaient occupés à juger (tes forciers. On reprochera toujours à la mémoire du c^dinal de Richelieu, la mort de ce fa- meux curé de Loudun, Urbain Grandier, condanné au feu comme maj^cien par une conuniilion du confeiL On s^indigne que le miniftre & les juges aient eu la faiUeflë de croire aux diables de Lou^ dun ou la barbarie d'avoir fait périr un in^ iUKent dans ks fiâmes» Oniè fouviendra iavec étonnement julqu*à la domiére pOr Aerité, que la maréchale d* Ancre fut brâî- lée en jdace de Grève conime ibrdéref, & que confeilicr Gourtin, interrogeant cette femme infortunée, kii demanda de quel fortilége elle s'était fervie pour gouverner Tefprit de Marie de Médicis \ que la maréchale hù répondit : ^t tnefm fervie du pommr qu^ont ks âmes fm4sfur ks efprks faibks% & qu*enfin cette, ré- ponfe 44 L€«7«s XIV. jponiè ne icrvit qu*à précipita Tarrlt^ la mort. On voit encore dans une copie de quelques r^iftres du Châtelet^ un pro- -€ès commencé en 1601, au fujet d'un cheval, qu'un maître induftrieux avait drefle à*peu-près de la manière dont nous avons vu des exemples à la foire ; on voulait faire brûler & la maître îc le cheval comme forciers. En voilà allez pour faire connaître en général les mœurs & l'efprit du fiede^ qui précéda celui de Louis XIV. Ce défaut de lumières dans tous les ordres de Tétat, fomentait chez les plu^ honnêtes gens de pratiques fuperftitieu* ksy qui défhonoraient la religion. Les Calviniftes, confondant avec le culte rai- sonnable des catholiques les abus qu'on faifait de ce culte, n'en étaient que plus affermis dans leur haine contre notre é" glilë. Us oppoiaient à nos fliperftitions populaires, louvent remplies de débau- ches, une dureté farouche &: des mœurs féroces, caraftére de prefque tous les réformateurs ; aiiifi l'elprit de parti dé- chirait & aviliffait la France 5 & l'efprit de fbciété, qui rend aujourd'hui cette nation fi célèbre & fi aimable, était ab- folument inconnu. Point de maifons où les gens de mérite s'aflèmblafiènt pour ic Etat A tEarofe. +5 fè communiqaef' leurs lutniéres i point d'académies, point de théâtres, ^fin, les moeurs, les loix, les arts, ta fociété, l^refigion, la pais & la guo^c, n'a- vaient rien de ce qu*on vit depuis dans le lîécle qu'on appelle le £écle de I.ouis XIV. Cha- 4Ç \.lx>VR 3ÇIV. Chapitre Second. Minorité de LOUIS XIF: ■vie toires de Français fous le grande Condé^ tthrs duc de Enguien. LE Cardin^ de Richelieu, & Louis XIII venaient de mourir i l'un admiréff & haï, l'aufré déjà oublié. Ils avaient laiflë aux Français, alors très inquiets, de l'averlîon pour le nom icul du miniftére, & peu de refpeft ,g pour le trône. Lous XIII par fon tef- Août tament écabliffait un confeil de régence. ■S43.Ce monarque, mat obéi pendant fa vie, ia Sâta de l'être mieux après la mort \ mais le première démarche de fa veuve Anne d'Autriche, fut de faire annuller les volontés de fon mari, par un arrêt du parlement de Paris. Ce corps, longtems oppo- ^omervé A)^$ i^^i^» la UEierté^ fake des renapntranœE^ c^^ le teiî^pient de iba foiy avec If^méme facilité qu'à aura^ jti- gé la caufe d'up çitoien* Anne d'Autriche Vadrefia à ce{te çompag^e^ poyr avoir la régence ilji(ni(^j p^j^ que M^^ de Médicis s'était &ryie du ii(ieine tribui>^ après la m.ort de Hefu^ IV > & Mîuie (je Médicis av^it donné cet ^en^f^e, pafce que tout auixe vqie eyt été longue & in-. certaine -, qye le parlement entouré de &s gar4e$, f)e pouvait rç fiftèr à fes volqn* thr, Sp qy'vn ^êt rendu ai| parlement & par le$ pairs, femblait aflurèr un droit inconteftable.* L'ufàg£ qui donne la rég^ce aux naé* res des rois, parut donc alors aux Frjan- çais une loi prefquç aufli fondamentale que celle qpi prive les fen^mes de la cou- ronne« I^e parlemei^ de Paris, aiant déci- dé depx fois cette queftion, c'eft-à-dire, aiant * Riencourt, dans Ton hiftoire de Louis XIV, dit $juc le teftament de Louis XIII fut vérifié au parlement. Ce qui trompa cet ccrivarn, c eft qv'en cfiet Louis Xllî avait déclaré la retne régente ; ce gui fut confirmé ; mais il avait limite ion autorité, ce qui fiA cafle. 4t Louis XIV, aiam iêul déclaré par des arrêts ce droit des mères, parut en eflfec avoir donné la régence ; il (ë regarda^ non fans quel- que vraifemblance, comme le tuteur des rois, & chaque cooleiller crut être une partie de la fouveraineté. Par le même arrêt Gafton duc d*OrIéans, frère du feu roi, eut le vain titre de lieutenant géné- ral du roiaume fous la régente abiblue. Anne d'Autriche fut obligée d'abord de continuer la guerre contre le roi d*Elpa- gne Philippe IV fon frère, qu'elle aimait. Il eft difficile de dire précifement, pour- quoi l'on faifait cette guerre ; on ne de- mandait rien à l'Eipagne, pas même la Navarre, qui aurait dû être ie patrimoine des rois de France. On fe battait depuis 1 634,parce que le cardinal deRichelieu l'a- vait voulu, &ileftàcroirequ'iiravaitvou- lu pour fe rendre néceflaire. Il s'était lié contre l'empereur avec la Suéde, & avec k duc Bernard de Saxe-Veimar ; l'un de ces ^néraux que les Italiens nommaient condottieri, c'eft-à-dire, qui vendaient des troupes. Il attaquait aufli la bran- che Aûtriçhienne-Elpagnole dans ces dix Srovinces que nous appelions en général u nom de Flandre *, oc il avait partagé avec les Hollandais alors nos alliés, cette Flandre qu'on ne conquit point. ht fort de la guerre était du côté de la Flandre j ." AËnorite. 49 Fl^dre ; les troi^s Eipagnc4es foftirent des frontières du Hainaut au nombre de vingt-fîx mille hontes, jfous la conduite d'un vieux général expérimente, nomnié dom Francifco de Mello. Ils vinrent ra- vager les frontières de Champagne : ils attaquèrent Rocroi, ^ ils crurent péné- trer bien-tôt jufqu'aux portes de Paris, comme ils avaient fait huit ans aupara- vant. La mort de Louis XIII, la faibleflè d'une minorité, relevaient leurs efpéran- ces ; & quand ils virent qu'on ne leur oppofait qu'une armée inférieure en nom- bre, commandée par un jeune homme de 2 1 ans, leur efpérance le changea en fecurité. Ce jeune homme fans expérience, qu'ils meprifaient, était Louis de Bour- bon alors duc d'Enguien, connu depuis fous le nom du grand Condé. La plupart des grands capitaines font devenus tels par dégrez. Ce prince était né général ; l'art de la guerre femblait en lui un in- ftinâ: naturel : il n'y avait en Europe que lui & le Suédois Torfténfon, qui eûfîènt eu à vingt ans ce génie, qui peut fe pal- ier de l'expérience. Le duc d'Enguien avait j-eçu, avec la nouvelle de la mort de Louis XIII, l'ordre de ne point hazarder de bataille. Le ma- réchal de l'Hôpital, qui lui avait été C donné 5# • Louis X!lV. AùtmS pour ie cofifeiîkr & pour le «m^ duire, fecondak par fe circon§)e6Hon CCB ordres timides. Ije prmce ne crut ni h maréchal ni là cour ; îl ne confia fen prince l'entoora, ^ l'attaqua tr^ fois. A pei^ ne viâoricux, ^11 arrêta le carnage. Les officiers Espagnols ie jettaient à les ^-^ noux, pour trouver auprès de lui un azile oontre la fureur du ibldat vain- queur. Le duc d'Ënguim eût autant de \ loin de les épargner, qu'il en ^vak pris | pour les vaincre. . • Le vieux comte de Fuentes, rquî com^ mandait cette infanterie Elpagnole^ mourut percé de coups. Condé en Ta* prenant, dit : ^'// voudrait être mort €omme hiy sHl n^ avait pas vaincu. Le re^jeift qu'on avait encor en Eu- rope pour les armées E^agnoles fut a- iiéanti, & Ton commença à faire cas des armées Françaifes, qui n'avaient point de- puis cent ans ^agné de bataille h célè- bre vcar la fanglame journée de Marignane di{putée{)lûtôt(}ue gagnée par François premier fur les Suiifes, avait été l'ou- vrage des- tendes ^noires Allemandes, au^ tant que às^ troupes Françaifès. Les journées de Pavie & de Saiot Quentin étaient encor des époques, fatales à la réputation de laFr^anœ. Henri IV avait eu le malheur de lie ren^rter des avantî^es mémorables que fur fa pro- pre nation. Sous LouisXIII, lemaréchal -de Guébriaat avait eu depetits fiiccès^mais C 2 toa- 5t Louis XIV. toujours balancés par des , pertes.. Les grandes batailles, quiébranlentles états, & ' qui reftent à jamais dans' la ménjoire des hommes, n'avaient été données en ce tems que par Guftaphe- Adolphe. Cette journée de Rocroi devint l'épo- que de la gloire Françailè, & de celle de Condé : il fut vaincre & profiter de la viftoire. Ses lettres à la cour firent ré- foudré le ûége de Thionviile, que le car- diual de Richelieu n'avait pas ofé hazar- der; & {es couriers revenus trouvèrent tout préparé pour cette expédition. 8 Le prince de Condé pafl'a à travers le Aoûtpaïs ennemi, trompa la vigilance du «643..généi'alBeck, & prit enfin Thionville. Dc-là il courut mettre le fiége devant Cirq,Srs'en rendre maître. Ilfitrepaf- fcr le Rhin aux Allèmans; il le paffa après jeux -, il vint réparer les. pertes & les dé- faites xjue. les Français avaient effuiées fur cé&' frontières après la mort du ma- réchal de Guébriant. Il trouva Fribourg pris, & le général Merci fous lès murs -^vec une armée fupérieure encor à la fienne. Condé ^vait fous lui deux maré*- chaux dei FrafKC, doiit rim était Gram- mont, & Tautrc ce.Turenne, tait ma- réchal depuis peu de mois, après avoir fervi heureufement en Piémont contre Its Espagnols. U jettait alors les fonde- ment Adinoriii. 53 mens de la grande réputation qu*il eut depuis. Le prince, avec ces deux génè- i^ux, attaqua lecamp de Merci, retranche ^^.^ fur deux éminences. Le combat recom-,5. .^ mença trois fois, à trois jours diflférens^ On dit que le duc d'Enguien jetta fon bâ- ton de commandement dans les retran- chemens des ennemis, & marcha pour 4c reprendre i'épée à la main à la tête du régiment de Conti. Il fallait peut-être dés aûions aufîi hardies pour mener les troupes à des attaques fi difficiles. Cette bataille de Fribourg, plus meurtrière que décifîve, fut. la' féconde vidoire de jce pri(ice* Merci décampa quatre jours âpres. Philipfbourg & Mayence rendus, - furent la preuve & le fruit de la viéloire. Le duc d'Enguien retourne à Pâris^ reçoit les acclamations du peuple, & demande des récompenfes à la cour i il laiflè fon armée au maréchal deTurenne % mais ce général, tout habile qu*il eft dé-^ ja, eft battu à Mariendal. Le prince revo- ^^^^ le à Tarmée, reprend le commandement* ^^* & joint à la gloire de commander encor Turenne, cellederéparer là défaite. 1 II au- 3 taqueMerd dans les plaines de Norlingue. ^«ût Il 7 gagneoine bataille compdette. Le ma- ^ °^ S • réchal deGrammont y eft pris-, mais le gé- .néral Gléen, qui commandait fous Merci, ^ft fait prifonnier, & Merci eft au nombre . . . C 3 des 54 Louis XIV. des mofts. Ce général regardé comme MBii des plus grands capitaines^ fut enter*- ré dans k champ de bataifie ; & on gra*- vajGur fa tombe ^ Sta^vitttcryheroem càlcas : arrête, voiagcur, tu foules un héros. Le nom du duc d'Enguien éclîpiait alors tous les autres noms. H alTiégea 70a. cnfuite Dunkerque à la vue de Tarmée 1646. Efpagnofe, & il fut le premier ({ui don^- na cette place à la France. Tant de fuccès & de fervices> moins récompenses que iuipeéts à la cour, le faifaitnt cr^ndre du mihiftére autant que des ennemis. On le tira du théâtre de fes conquêtes & de fa gloire^ &c on Jt'envoia en Catalogne avec de mauvai* fqs troupes mal paiées v il aiBégea Làîda^ & fut obKgp de lever le fî^. On f ac- cufè dans quelques^ Uvres,, de fanfaronai* i6^yA^i pot»r avcdr ouvert la tranchée avec des violons. On ne Ê^aifi pas que c'était Tufage en EfpagncL Bien-tôt ks affaires chancelantes for- cèrent la cour de rappcUer Condé en Flan- dre, L'archiduc LéopoW, frère de Fen> peireur>airiégeait Lens en Armts. Condé rendu à fes troupes qui avaient toujours vaincu fous lui, les mena droit à Tarchî- 4uc. C'était pour la troifiéme fois qu'il dcmnait bataille avec le défavantage du nombre. Il dit à&s foldats ces feufes pa«- .j rôles : MhMTÙé. ^5 foles : JÙHtSj fQimenezrV.ous ir Rûctoi, de Fribourg fcf de Nor lingue. Cette bataille de Lens mit le comble à fa gloire. D dég^a lui-même le maréchal de ^o Grammont, qui pliait avec l'aile gauche; Août il prit le général Beck. L'archiduc fefau- 164a, va à peine avec-le comte de Fueniàlda^- gne. Le& Impériaux & lesE4>agnDls,qui compoiaieût cette armée, fiu:ent diflipés^ ils perdirent plus de cent ' drapeaux ^ trente-huit pièces de canons -, ce qui était alors très-confidérable. On leur fit cinq mille pxifonniers ; on leur tua trois mille hommes» le irefte dé&rta, & Far- chiduc demeura fana armée* Tandis que k prince de Condé * com- ptait ainH. les années de {a jeuneflè par des vi6toires> & que .k duc d'Orléans, frère de Louis XIIÏ, avait auffi foûtenu la réputation d'un fils de Henri lY» & celle de la France, par la prife de Gravelines, Juîlî parcelle de Courtrai & de Mardik ; ki^44- vicomte de Turenne avait pris Landau ; ^^2i\ il avait chafTé les Eipagnols de Trêves & rétabli l'élefteur. U gagna avec les Suédois la bataille de Lavingen, celk de Sommerhaufen, Çt contraignit k duc de Bavière à fortir de Nov, lès états à l'âge de près de Sq ans. Le *^47* C 4 conpL- • Son pêne était mort en 1646. 56 Louis XIV. '°^5' comte de Harcoiirt prit Balaguier^ & battit lesEfpagnols. Ils perdirent en Ita- '^46- lie Protolongone. Vingt vaiflèaux & vingt galères de France, qui compofaient prefque toute la marine, rétablie par Ri- chelieu, battirent la flote Elpagnole fur la côté d'Italie. Ce n'était pas tout ; les armes Françai- fes avaient encore envahi la Lorraine furie duc Charles IX, prince guerrier, mais in- conftant, imprudent & malheureux, qui fe vit à la fois dépouillé de fon état par la France, & retenu prifonnier par les Efpa- Margj^ols. Les alliés de la France preflaient la *^44^« puiflance Autrichienne au Midi & au Nord. Le duc d* Albuquerque, général des Portu- gais, gagna contre TElpagne la bataille de Mars» Badajox. Tôrftenfon défit les Impériaux 164j.p1.es de Tabor, & remporta une viâ^oire complette. Le prince de Orange à la tête des Hollandais, pénétra jufque dans le Brabant. Le roi d'Efpagne, battu de tous côtés, voiait ie Rouffillon & la Catalogne entre - 1647. les mains.des Français. Naples révoltée contri lui, venait de fe donner au duc . de Guife, dernier prince de cette bran- che d'une maifon, fi féconde en hommes illuftres & dangereux. Celui-ci qui nepaf- fa que pour un avanturier audacieux, par- ce qu'il ne réufTit pas, avait eu du moins la Minmtc* 57 la gloire d*aborder feul dans une barque au milieu de la flote d'Elpagne, & de défendre Naples, fans autre fecoui^ que Ion courage. • A voir tant de malheurs qui fondaient fur la maifon d'Autriche, tant de viôoi* res accumulées par les Français, & fe- condées de$ fuccès de leur^ alliés, on croirait que Vienne & Madrid n'atten-- daientquele moment d'ouvrit leurs por- tes, & que l'empereur & le roi d'Eipa- gne étaient prefijue làns états ; oepen- i dant cinq années de gloire à pein^ tra^» i vçd^c^ )par qu^ties: revers, oe ^odijiï|- rflirt <^e/trçs-îpw d'avant^cs rçe^ : feçdiir ' co^; de -fang répandu, & imiUfe ïwdil- tàovk^ r S'il y en eut une à craiîndre, -ce fet / pour 1^ France -, elle touchait à fa nHftft a)i n^iç^ de ces profpérités apparente»»* > i > :'>: :". ■ r ■(•■) oj ; . , .,ïi.- â! : ;• • ^ \ /j ji': J > ' ri ^" î . ' .' V •■ ?; ^ ,' ■ :^ î?i . * 1 . . M ; ^ I • ' ' '\ \* '1 r i 1 » - > ■ - : . ' .. . . • ' 11-' » * •. ■ f ^,;'- • cs '. , Châ- • *J . • ■ « • ..^. kit' . « ». .Va. # ». 'î SS Louis XfV. Chapitre tx:^81emb:# ÇUMJ^RE^ CIVILE. T A vwi^Atmt d^Aâorichê^ irégente % ^ * iA>feàiay a^t fait dtt cftr^nat f!3i^ifi) te midltt de Fi^Mce^ & k fietit IM adroit ér«^ airmr ftir ime {tm&it f^ âvtc aiftx de âdbldft pôtrf être do* mkiéft^ ^ fi^c afièt de fermecé pcmr t)ér^ Mer dans fon choix. On dit dans quelques mémoires de ces tems-lày que la reine ne donna fa con- fiance à Mazarin, qu'au défaut de Potier ëvêquc dfe Beaiirais, qu*dte avait d'a- bord choiâ pour fon miniftre* On peind cet évéque comme un homme incapa- ble : il eft à croire qu'il l'était, & que la reine ne s'en était fervie quelque tems> que comme d'un fantôme, pour ne pas * effaroucher d'abo^ la nation par le âicrc d'un fecofid Cardinal & d'un étran- ger. Mais ce qu'il ne faut p2B Cfoire^ c^tSi que Potier eût commencé £m mi- niftére pa(&ger par déclarer aux Hollan- dais: ^^U fMéttt qiiihfe fiffeni^ catholiques^. s^Us %»H&da^ Jemiurir daus L^aîUaTue de ta France. Il aurait donc dû faire la même propoiîtion aux Suédois. Freique tous Its- htftorkns rapportent cette abnirdité, p^ ce qu'ils Tpat lue dans les mémoires dc^> courtiÊuis àc des Frondeurs^ U n'y a qiae trop de traits dans ces mémotres,^ ou lâ^ fifiés par lapaffion,- ou rapportés fur des* bruits populaires. Le puérUe ne dcrit paS' être cite, & rabfiirde ne peut être cru. Mazarin ufa d'abord a^rec nxxlératran defapuifiance. U âmdrait avoir véculoi^ tems avec un minifhe,. pour peindrg foa earaétére, pour dire quel d%ré de cou** rage ou de faîble& U avait dans i'efprity^ à que] poitxt il était ou prudent ou. tbur^ be. Aiinli ùxi^ vouloir deviner ce qu'était Mazarin, on dira ieulement ce cpj'il fia il a&âa dans les commencemois de ft . ^fandeur^ autant- de fanplicsté queRi-^ ^helieu arrait déploie de hauteur. Loin de prendre des gardes &c de marchés avec un fafte roial, il eut' d'abord le train le^ {dus modefte ; il mit de l'àffîdïilité & même, de la moUdTe par-tout ou ion pré^ déceâfeur avait £ut paraître une fierté m-* Aéxîble^^ I>a^ reine voulait faire asmqr i^ G d* ré- 6o Louis XIV. ré^nce & fa perfonne, de la cour & des peuples, & elle y réuffiflait. Gallon, duc d'Orléans, frère de Louis XIII, & le prince de Condé, appuiaient ion pou- voir, & n'avaient d'émulation que pour fcrvir l'état, U fallait des impôts pour foûtenir la ^guerre contre l'Elpagne & contre l'em- pire -, GEL en établit quelques-uns, bien jBodérés iàns doute en comparaiibn de ce! que nous avons paie depuis, & bien peu fuiEians pour les befbins de la mo- narchie. ^.y Le parlement en poffeflion de vérifier jles édits de ces taxes, s'oppofa vivement 1^ l'édit du tarif; il acquit la confiance des i)euples,: par les contradiétions, dontU fatigua le miniftére, (> Enfin, douze charges de maîtres des l^quétes nouveUement créées, & envi- mn quatre^vin^ ^ mille écus de ga^ dès compagnies fupérieurcs, retenus, ? jR)uIcvéï»nt toute la robe, & avec U ; rd- h^ tout Pârii ; ce qui ferait à peine au* jourd'hui dans le roiaume la matière d'u- ne nouvelle, excita alors une guerre ci- vile. : Broulïèl, confeiller-clerc de la grand*- chamfore,^ , homme de nulle capacité, & qui n'avait d'autre mérité, que d'ouvrir toiyours les avis contre la cour> aîasi: été JMînmté. 61 été arrêté, le peuple en montra plus de douleur, que la mort d*un bon roi n'en a jamais caufée. On vit renouveller les barricades de la ligue ; le feu de la ledi- tion parut allumé dans un inftant, & difficile à éteindre j il fut attifé par la main du coadjuteur, depuis cardinal de Retz : c*eft Iç premier évêque, qui ak fait une guerre civile fans avoir la reli- gion pour prétexte. Cet homme finga- lier s'eft peint lui-même dans Ic;^ mémoi- res, écrits avec un air de grandeur une impétuofîté de génie, & une inégalité, qui font l'image de fa conduite. C'était un homme qui du ièin de la débauche,» & languiffant encore des fuites qu'elle entraîne, prêchait le peuple^ &; s'en faii- feit idolâtrer. Il retirait la faftion & les^ complots ; il avait été, à l'âge de 23 ans>. l'ame d'une confpiration contre la vie de Richelieu : il fut l'autçur des barricades ; il précipita le parlement - dans les caba- les, & le peuple dans les léditions. Ce qui: paraît fij^pren^at^ c'e|l que le parle- ment entraîné par lui, leva retendait contre la cour, avant même d'être ap-» puié par aucun prince. Cette compjignie depuis longtems e- tait regardée j bien différemment par ïa cour & p^r 1^ peuple.. Si l'on en croiait la voix de tou$ éa minillires & d^ la cour, • le 62 Locis XIV. le parlement de Paris était une cour deju-- ftice^ faite pour juger les caufes des ci- toiens : il tenait cette préro^ive de la icule Tolonté des rois i il n?aprait fiir k^ autres parlemens du. 9i»aume d'autre prééniinencc que celle de Tancienneté^ & d'un reflbrt plus confideraUe y il n'é- tait la cour des pairs oue parce que la cour réfidait à Paris : il n'av^t pas fJius d!e droit de faire des remontrances que* ks autres corps, & ce droit était encc^e «ne pure grâce : il avait foccédé à ces 'parfcmens qui reprefentaicnt autrefois la nation Françaife; mais il n'avait de ces anciefnnes alfemblées rieni que le feul nom : & pour preuve inconteftabte, cfeft qu*en 'leflfet ks états-généraux étaient fubfti*- fués a la place des a^mblées de la na^ lion ; & le parlement de Paris ne reflèm- blait pas plus aux parkmens tenus par jnos p^emkrs rcasy (jw'uft conful de Smyr- ne ou d'Akp ne i:éiemWc>u«icoîrful Ko^ Bflain. Cette leuk erreur de num* étak le pré- texte des prétentions ambitku&s d'une: compagnie d^hommes de loi,, qui tous pour avoir acheté kurs offices de rob^ •]penfaknt tenir la place "des conquérans^ ■ àeis Gaïrfcs^ & des feigneurs de» fiefs de la coui-onne. Ce corps a%' toi» les tems avait afeule do pouvoir qiie s'arroge né- ccf-- ASftorkê. 6^ ceâ^remeuc tm premier tribunal, tou- jours fbbfifismt dans une capitale. Il a- yait ofè donnée un arrêt contre Charles VII, ^ k bannir du roiatune - il avait commencé un procès criminel contre Henrf m : il avait en tcnas fes tems ré- fifté, autant qu'A l'avait pu, à fes fouve- ifmus s èc dansf cette minorité de I.x>uis XIV, ibusïe pliis doux des gouverne- fneMy 8t leus b j)^ indulgente des rèteeS, ii voulait faire la - guerre civile S foa pince, à ^exemple de ce parle- ment ê^An^tcrrty qui tenait alors foa TOi pifonmer, & qui lui fit trancher la (été. Tels étaient les d^our s & les pen^- Ices du c^inet. Mais les ckoiens dfe Paris, & tout - oe ijùit&iaàt à la robe, voiaient dans k par- lement un corps augufte^ ^ qui avait ren- du b. juftite avec une intégrité re^ôa- Ué, qui n'îi^ait que k bien de l'état, & qilii Tatm^ au péril de fa fortune» qiii bôtnait Ibnf ambition ' à * la gloire db léprimei ramHtion des fevorisy qui marehak d^un pas égal enti« k roi 2r k peupk ; & iâns examiner l'origine de KS dtoîts & de fbn pouvoir, on lui fup- pofâit les droits les |^us fiicrés^ & It^ pouvoir k plus incontefti^)fe, quand oâ fc voiitic foôtemf la caufe du pev^k con^- tre dd itttmftres défilés s en Tappellai^ 64 Louis XIV, le père de V état ^ & on^ Êûfait peu de dif-* férence entre le droit qui^ donne la ço*,l- ronne aux rois, & celui qp^ ; donnaijt au parlement le pouvoir de njodçref 1^ ^ yor lontés des rois. . Entre ces deux extrémités un milieu jufte était impoflible à trouver \ car en- fin il n'y avait de loi bien reconnue, >qi^ celle de Toccafion & du t€m3, -:; tjÇouauii gouvernement vigoureijX; Ip pjrleo^ei^ç n'était rien : il était tout /ogç.uiji roi faj* ble, & Ton pouvait lui appliquer <:e que dit monfieur de Guimené^ quand -çet^ compagnie ie plaigpit fou? Louis %\IL d^'^x voir été précédée ; ^ te§,,4ep\:y;es de^^l^ noblefTe : MeJJieurs^ voui prmJf^ bi^ votre revanche dans /«> mi^rité, , [ ^ :^ On ne veut poln^ répéter jici tcmt ce quia.çté écri^^furices troubles, ^-^copier des livres, pour remettrç fous les ytixs^, tant de déta^s alors il chers &: S\ iipporr de)la nation» & moips cerqurf a^[^^iw|t à toutçs.les guerrœ civjles, jC^e çe,|q\û diftingue celle de la Fronde. >j , . :. * Deu? pouvoirs établis cheç< lés^, hoçaj- rines^ uniquemenL pour j^e r^i^ipitiçn: de Jia paix i. un ^c^ii^y^que j&.un.jpaslewei^ ^, Paris ^t .cqpvwiK^ Ji^, Ujii^ k; peu|>lq cçut ,^)us fes, efïip^rjçmçof juftîfiées. La reine ne pouvait paraître en public fans être outragée •, on «e Tap- pellait que dame Ame ; & fi on y ajoutait quelque titre, c'était un opprobre. Le peuple lui reprochait avec fureur de fa- crffier rétat à fon amitié pour Mazarin ; & ce qu'il y avait de plus insupportable, elle entendait de tous côtés ces chanfons & ces vaudevilles, monumens de plai- fanterie & de malignité, qui femblaient devoir éternifer le doute où Ton afFcôait d'être de fa vertu. Elle s'enfuit de Paris avec fes enfans, 6 fon miniftre, le duc d'Qrléans, frère de Janv.' Louis XIII, le grand Condé lui-même, *^49' & aUa à Sainte-Germain *, on fut obligée de mettre en gage chez des ufuriers les pierreries de la couronne. Le roi manqua îbuvent du néceflàire. Les pages de fà chambre furent congédiés, parce qu'on n'avait pas 'de quoi les nourir. En ce tems-là même la tante de Louis XIV, fille de Henri le grand, femme du roi d'An^eterre, réfugiée à Paris, y était ré- duite aux extrémités de la pauvreté ; & fe fille, depuis manteau fréredeLouisXIV, reftait au lit n'aiant pas dequoi fe chauf- fer, fans que le peuple de Paris, enyvré de fes fureurs, fit feulement attention aux affligions de tant de perfonnes roiales. La «6 Loms XIV. La reine, ks larmes aux jeux^ {^dla k prince de Condé de- iètvir de protec- teiu* au roià Le vainqueur de Rocioi, de Fribourg, de Lens, & de Norlingue, ne put démentir tant de fervices pafÊs : il îut flâté de rhônneur de défendre une cour qu'il croiait ingrate, contre la Froa- fk qui recherchait fon appui. Le pade^ ment eût donc le grand Coiide à com*^ battre, & il ofa foûtenir la guerre» Le prince de Conti^ frère du grand Condâ, auffi jaloux de/on aîné, qu'iaca* pable de Fégàler j k duc de Longueville, le duc de Beaufort, le duc de Bouillon^ animés pair Teiprit reiaauant du coadjut- teur» & arides de nouveautés, & Qs^iaa. d'élever kur grandeur iur ks ruines de rétati &: de faixe iërvir à kurs. àjè&îm particutiers ks mouveniens aveug)es du IMorkn^nt, vinrent lui eSrir leurs ièrvir ç^s. On noisana dans k ^nd'-claasnbre ks généraux d'une armée qu'on n'avait pas« Chacua fe taxa pour Içver des trou-» pes: il y avait vingt confeilkrs pour- vus de charges nouvelks, créées par k cardinal de Richelieu. jLeurs confrères, par une petiteflfe d'efprit dont toute ftn eiélé eft lufceptibk,, fembiaknt pourfui- vre fur eux la mémoire de Richelku ; ils ks accablaient de dégoûts, & ne les re- gardaient pas comme membres du par- le « Minorité. éf kment: U falkt qu'ils doimaflfcnt cha- cun 1 5000 liv. pour les frais de la guei?-e, &: pour acheter la tolérance de leurs confrères. L^rand'-chambre, les enquêtes, les requêtes, la chambre des comptes, la cour des akles, qui avaient tant crié contre un impôt faible & nécei&ire, qui n'allait pas à cent-mille écus, fourniront une fomme de près de dix millions de notre monoie d'aujourd'hui, pour le fub- verfion de la patrie. On leva douze mil- le hommes par arrêt du parlement : chaqvfê porte cochére fournit un homme & un cheval. Cette cavalerie fut appel- le la cofvalerie des portes cocher es. Le co- a<|'uteur avait un régiment à lui, qu'on nomn^ le réginîent de Corinthe, parce que le coadjuteuf etîât archevêque thu* ktfe de Ccmnithe. ^ Sans les noms, de xd de France,, dèt g^and^Condé, de capitale du roiaume, cette guerre de la. Fronde eût été adfi ridicule que ceUe des Barberins *, on ne iàvate pourquoi on; était en armes. Le prince de Çondé aflàégea cinq-cent ndilk bourgeois avec huit mille Ibldats; Les PariUens fortaient en campagne ornés de plumes & de rubans 5 leujcs évolutions étaietit le fuj^ de plaifantcirie des gojs du métier. Us fuïaieût dès qu'ils rencon- traient 68* LoiTis XIV. traient deux-cens homrties de Tàrmée roiale. Tout le tournait en raillerie -, le- régiment de Corinthe aiant été battu par un petit parti, on appella cet échec, la-^ première aux Corinthiens. Ces vingt confeillers, qui avaient fourni chacun quinze mille livres, n'eu- rent d'autres honneurs, que d'être ap- pelles les quinze-vingt. Le duc de Beautort, l'idole du peuple, & Tinftrument dont on fe fervit.pour le foule ver, prince populaire, mais d*un elpfit borné, était publiquement l'objet des railleries de la cour & de la Fronde ^ même. On ne parlait jamais de lui, que fous le nom de roi des Halles. Les trou-- pes Parifiennes, qui fortaient de Paris,- & qui revenaient toujours battues^ étaient reçues avec des huées & de» éclats de rire. On ne réparait tous ces petits échecs que par des couplets & des épigrammes. Les carbaretsj & les autres maifons de débauche, aaient l^s tentes où l'on tenait les conlèils de guerre, au milieu des plaifanteries, des chanfons, ' & de la gaieté la plus difîbluë^ La licen- ce était fi effrénée, qu'une nuit les prin- cipaux officiers de la Fronde, aiant ren* contré le faint-facrement qu'on portait dans les rues à un homme qu'on foup- çonnait d'être Mazarin, reconduifirent les prêtres à coups de plàt-d'epée,^ Minorité. 69 —Enfia on vit le coadjuteur, arcHévér quQ de Paris, venir prendre féance au parlenient avec un poignard dans la pochej do;lt on appercevait la poignée, & on criait : Voilà le bréviaire de notre «r- chtvêque. Au miliw de tous ces troubles, la nobleflfe s'aflèmbla en corps aux Augu- ftins, nomma des fyndics, tint publi* quement des féances réglée$. On, eût crû que c*était pour réformer l'état, & pour aflçmbler les états-généraux. C'é- tait uniquement pour un tabouret, que la reine avait accordé à madame de Pons -, peyt-étre n'y a-t-il jamais eu une preuve; plus fenfible de la Içgireté des -elprits qu'on reprochait alors aux . Fran- çais. Les difcordes civiles, qui défolaient TAngleterre précifement en méme-tems, fervent bien à faire voir les caraftéres -des deux nations. Lies Anglais avai- ent mis dans leurs troubles civils, un a- charnement mélancolique & une fureur xaiibnnée : ils donnaient de Iknglantes batailles -, le ter décidait toyt ; les échaf- feujts étaient dreiïcs pour les vaincus ; leur roi prift en combattant fut amené devant une -çpur de juftice, interrogé fur l'abus qu'on lui reprochait d'avoir fait de fon pouvoir, condannê à perdre la 70 Louis XIV. ia tête, & exécuté devaat tout ^n peu- pk, avec autant 4*ofdre & avec les me- tnes formalités de juftice, que fi on avait condannéun citoien criminel, Êins que dans le cours de ces troubles horribles^ Londres fe fut reflènti un moment des calairatés attachées aux guerres civiles. - Les Français au contraire fe précipi- taient dans les éditions, par caprice Se en riant ; les lemmes étaient à ia téce des faâicms ; Tamour faifait & rompait i649^es cabales. *La ducheflfe de Longuevillc engagea Turenne, à peine m^échal de France, à faire révcàter l'armée qu'il commandait pour le roi. Turenne n'y CvUflk pas : il quitta en fu^tif Tarméf dont était général, pour plaire à une femme*qui fe moquait de fa paflîon : U, devint de général ciu roi de France, lieu- tenant de dom Eftevan de Gamarre, avec iequel il fut battu à Retel par les troupe ix)iales. On connaît ce mllet du maré^ •chai d'Hoquincourt à la ducheflè de Montbazon, Perotim ^ft àla beile des belles. On (kit ces vers du duc de la Rochefou^ <:ault pour la duchellë de LongueviUe^ iorfqu'il reçut au combat de Saint An^ toine un coup de moufquet, qui lui fit perdre quelque-tems k vue : Pour Minorité. y^t Pour mêri^r fon caur^ fàur flaire à fes J'ai fait la guerre aux rois ; Je Saurait faite aux dieux. La guerre finit & recommença à plu- fieurs reprifes ; il n*y eut perlbnne qm né changeât fouvent de parti. Le prince deCondé, aiant ramené dans Paris la cour triomphante, fe livra au plaifir de k mé* priler après l'avoir défendue ; & ne trou- vant pas qu'on lui donnât des réc-om- penfës proportionnées à fa gloire & à lès fervices, il fot le premier à tourner Mazarin ^n ridicule, à braver la reine, & à infulter le gouvernement qu'il dédai- gnait. Il écrivit, à ce qu'on prétend, au cardinal, à nilujirijftmo Jignor Faquino. Il lui dit un jour, AdieUy Mars. Il encou- ragea un marquis de Jarfai à faire une déclaration d'amour à la reine, & trou- va mauvais qu^elle olat s'en ofFenfer. Il iê ligua avec le prince de Conti fon frè- re, & le duQ de Longueville, qui aban- donnèrent le parti de la Fronde. On avait appelle la cabale d^duc de Beaufort au commencement de la régence, celle des importans ; on appèllaît celle de Condé, le parti des petits-maîtres, parce qu^ils voulaient être les maîtres de l'état. Il n'eft relié de tous ces troubles d'autres tra- ^2 Louis XIV. traces que ce nom de petit - mahre, qu'on applique aujourd'hui à la jeuneflè avantageufe & mal élevée, & le nom de Frondeurs qu'on donne aux cenfeurs du gouvernement. Le coadjuteur^ qui s'était déclaré l'im- placable ennemi du miniftére, fe réunit îccrettement avec la cour, pour avoir un chapeau de cardinal, èc il facrifia le prince de Condé au reflèntiment du mi- niftre. Enfin, ce prince, qui avait défen- du l'état contre les ennemis, & la cour contre les révoltés -, Condé au comble de la gloire, s'étant toujours conduit en hé- j^jgros, & jamais en homme habile, fe vit Janv. arrêté prifonnier avec le prince de Con- 1650. fi & le duc de LonguevUle. Il eût pu gouverner l'état, s'il avait feulement voulu plaire ; mais il fe contentait d'être admi- - ré. Le peuple de Paris, qui avait fait des barricades pour un çonfeiller-clerc pref- que imbécile, fit des feux de joie lorf- qu'on mena au donjon de Vincennes le défenfeur & le héros de la France. Un an après, ces mêmes Frondeurs qui avaient vendu le grand Condé & les princes à la vengeance timide de Maza^ rin, forcèrent la reine à ouvrir leurs pri- fons & à chaflèr du roiàume fon premier miniftre. Condé revint aux acclamations de ce même peuple, qui l'avait tant haï, - \ fa JfSttmté. 7j Sa prcfence rcnouveUa les cabales & les di&ntions. Le roiaume refta dans cette combu- ftion encore quelques années. Le gouver- nement ne prit jamMS que des confeils faibles & incertains : il femblait devoir fuccomber : mais les révoltés furent tou- jours défunis, & c'eft ce qui fauva la cour. Le coadjuteur, tantôt ami, tantôt ennemi du prince de Condé, fufcita con- tre lui une partie du parlement & du peuple : il ofa en même-tems fervir la„ reine en tenant tête à ce prince, &* l'outrager en la forçant d'éloigner le cm-- dinal Mazarin, qui fe retira à Colo- " gne. La rcine,parunecontradi£tiontrop ordinaire aux gouvernemens faibles, fiif obligée de recevoir à la fois fês fervices & les ofFenfcs, & de nommer au car- dinalat ce même coadjuteur, l'auteur des barricades, qui avait contraint la fa- mille roiale à fortir de la 'capitale & à raffiner.' y4 LovM XIV. / Chapitre Qiuatrieme. £■1///^ de la guerre civile^ JHfy^'à la fin de la rébellion en 1654. ENfin Condé fe réfolut à une guerre, qvi*il eût dû commencer du tems de là Fronde, s'il ; avait voulu être le maître deTétat, ou qu'il n'aurait dû jamais .faire, s'il avait été citoien. Il part de Paris ; il va foulever la Guienne, le Poitou & rAi\jou^ & mandier contre la Francp le fecoyrs, des Eipa^nols, donc il avaii été le fléau le pliw terrible. Rien nçmarqiie. mieux la manie de ce tems, & le dérèglement qui détermi- nait toutes les démarches, que ce qui ar- riva alors à ce prince. On lui envoia un Courier de Paris, avec des propolitions qui devaient rengàfi;èr au retour & à la paix. Le CQurier vi trompa ; & au lieu d'aller à Angprville, où était le prince, il alla à Augervîlle. La lettre vint trop tard. Condé dit que s'il l'avait reçue plutôt, il Mhimtê. 75 V il aurait accepté les propofitîohs de paix; mais puifqu'iî était déjà aifez loin deFa- riS) ce n'était pas la peine d*y retourner. Ainfi réquivoque d*un courier, & le pur caprice de ce prince, replongea la France dans la guerre civile. Alors le cardinal Mazarin, qui du fond de fdn exil à Cologne avait gouverné la cour, rentra dans lé roiaume, moins en Dec. miniftre qui revenait reprendre Ibn po-i^su fte, qu*en fouverain qui le remettait en poflèflîon de lès états ; il était conduit par une petite armée de fept-miÙe hom-; mes levés à fes dépens ; c'èft-à-dire, avec Targent du roiaume, qu'il' s'était aj^oprié. On fait dire au roi dans une dédara-' tion de ce tems-là, que le cardinal avait' en eflfet levé ces troupes de Ion argent ; ce qui doit' confondre l'ojMnion de ceux- cjui ont édrit, qu'à fa preniiére fortie du* roiaunrtè, Màzarin s'était trouvé dans l'indigente. Il donna le commandement' de fa petite arniée au maréchal d'Hoquîn- court. Tous les offiicers portaient des é- charpes vertes -, c'était la couleur des li- vrées du caî^inal. Chaque parti avait a- lors fon écharpc. La Blarithe était celle du roi ; iîJMàbelle, celle du prince de Con-^ de. n é&kt étonnant que le cardinal Mà- zarin, qui avait jufques alcHS afièété tant D 2 de 76» Louis XIV. 'c ... cte modéftie,.' eût la hardkflfe de' fake porter fes livrées à une armée, comme s'il avait un parti différent de celur de. Ibh maître î mais il ne put réfiftèr à cet* t£ vanité. La reine Tapprova. Le roi, dé* ja majeur, & fon frère, vinrent au-de- yant de liai. I Aux premières nouvelles de ion re- tour Gafton 4'Orléans, frère de Loui^ XIII, qui avait dewaandé Peloignement au cardinal^ leva des troupes dans Paris, fans trop favoir à quoi elles feraient cm-^ ploiées. Le parlement renouyella fes ar- rêts i iJ profcrivit ^azarin, & mit fa te-' tp à prix. U feJiut chercher dans les re- giftres, quel était le prix d'une tête en- nemie du^roiaumcu ; On trouva que fous Çharjes IX, on avait promis par arrêt cin- . cjuante-mille écus à celui qui repréfente-. r^itramiral Coligni nnort ou vif. On cfut ti-ès-ierieufement procéder en régie,* en ijiettant ce même prix à raflaflinat d'un cardinal premier miniftre. Cette proferi-- ption VG donna à peribnne la tentation de mériter les çinquiante-mille écus, qui, sçrèstout n*eûflfent point été paies. Ch^z une autf e isation, & d;ans , un autre tèms, un tel arrêt eut trauré des exécuteurs;- mais il ne fervit ai/à faite de nouvelles plai- . Iknteries. Les Blots & les Marieny, beaux l^rits qin portaient la gaieté dans les tu- Minori^. 'f.y * tumultes de ces troubles^ firent afficher cians Pans une répartition de 4::ent-cin- : quante-mille livres -, tant, pour qui Cou- perait le nez au cardinal -, tant, pour une oreille -, tant, pour un œil $ tant pour le faire eunuque. Ce ridicule fut tout Tefiit de la profcription. Le cardinal de fon cô- te, a'emploiait contre fes ennemis, ni le poiibn, ni rafTaillnat \ & m^gré Faî- : greur & la manie de tant de partis & de tant de haines» on ne commit pas beai;- coup de grands crimes. Les chefs de pai!- :ti furent ipeu cruels, & les peuples 'peu furieux \ car ce n'était pas une guerre de / / -religion. . > / * ? ' t . L*cipritv de. vertige qui régnait en^eDéc. çtems^. poflëda .fi bien tout '• \è torps du 165 1. ^pariement 'de P:aris^,;î>qu'àprès' tavoir fo-. ;lennellement ordonna: Ain^aâaJ[Iinat'dont\ :oa.fe ipoquait, il irendit un arrêt, p^ lequel plufîeurs • coniêillers. devaient Te rtrân^rter fiir la firontiéce, pour infonner ^contre Tarmi^ : du cardiniu . Mazaria '1 c*eft-à-direij contre Tannée roiale.. peuxxonieiller& i^irent afièz impn>- dens, pour allèDlaycc quelques pailans, faire rompre les pont&par où le cardinal devait paffer : ils turent faits, prifonniéits par les troupes du roi,.rel^hés avec in- dulgence, & moQués de tous les partis. • Pr£cifément. oans le tems que cette D 3 com» 7« Louis XIV. .compagnie s'abandonnait à c€s extrémi* tés contre le miniftre du roi, die déda- tait icrinainel ^t lezermajefté le prince : de Condç, qui n'était armé que contre ce minijPtre i & par un renyerfanent d'çf- prit, que toutes les démarches précé- denteis rendent croiable, elle ordonna '. que les. nouvdles troupes de Gafton duc d'Orléans marcheraient contre Mazarin ; & elle ciéfendit en même-tems qu^op prît aucuns denio:^ dans les recettes pu- bliques pour les foudoier. On ne pouvait attendre autre chofe d'une compagnie de magiftrats, qui jet- tée hors de fa fphére, & ne.connaif- ikxxt ni iès droits, ni ^n pouvoir jréel, ni les affaires politiques, Jii ia guerre» s'ai&mhlant . ,& décidant ^n .tumulte, pràfiait des j^is au£)U£ls elle n'avait |}as ,penie le jour >d'auraraYant,-& dont clfermeme s'àonnait enluite. JLe parkn^ent de Bordeaux ibfvait ^rs Je prince de Côndé ^ mais il tint une con- duite plus unîforjne^ parce qu'étant plus -eloigiÉ de la cour, u était nx>ins agité ^par des faâion^ c^^fées. Mais des objets plus confidér^es in- j:éreiraient toute la. France. . • Condé» ligué ^vec k% Ëijpagnols, était en camps^e contre Je roi 5 & Turcnne aiant qujitcé ces mtémes Ëipagnols, avec Icf- kiquels il avait été battu à Rétel» venait de taire fà paix avec la cour, & com- mandait l'armée roiale. L'épuiiènient des finances ne permettait ni à l'un ni à l'au- tre des deux partis, d'avoir de grandes *jurmé^; mais de petites ne décidaient pas nK>ins du fort de l'état. Il y a des tems où œnt-mille hommes en campa- gne peuvent à peine prendre deux villes : il y en a d'autres où une bataille entre iq>t ou î huit-nulle hommes peut renver- ier un trône ou l'affermir. Louis XrV, élevé dans Tadverfité, al- lait avec fa mét^ fon frère, & le car- dinal Mazarin, de province en province, n'étant pas autant de troupes autour de la perfenne, à beaucoup-près, qu'il en eut depuis en tems de paix pour ia fevâe ;garde. Cinq à iix--milk hoitimes, les uns envoies d'Efpa^e, les autres levés par les partifanstdu prince dfc Condé, le pour- ibivaicnt au coeur de fon roiaume. Le prince de Condé courait cependant de Bordeaux 'à Montauban, prenait des villes, & groffiflàit par-tout fon parti. Toute Tefpcrance de la cour éfâit dans le maréchal de Turenne. L'armée roiale fe trouva auprès de Gien fur la Loire. Celle du prince de Condé était à quelques lieues fous les ordres du duc de Nemours & du duc de Bcalifbrt. Les diviibns de ces deux D 4 gène- So Louis XIV. généraux allaient être funeftes au parti du prince. I^c duc de Beauforc était in- capable du moindre commandement. Le duc deNcmours paflàit pour être plus bra- ve & plus amiable qu'habile. Tous deux : enfemble ruinaient leur armée. Les Ibl- V dats favaient que le grand Condé était à cent lieues de-là, & fe croiaicnt perdus ; lorlqu'au milieu de la nuit un courier €q préfenta dans la forêt d'Orléans devant les ^andes gardes. Les lèntinelles recon- nurent dans ce courier le prince de Coii* déJui-méme, qui venait d'Agen à tra- vers mille avanturesy & toujours dégifi- . fé, fe mettre à la tête *de,fon arm&. ^» Sa préfence faifait bcacoup, & cette arrivée imprévue encore davantage. 21 1 iàvait que tout ce qui cft Ibudain & im- } efpéré, tranfporte les' hommes^ Il p^rofita à l'inftant de la confiance & de l'audace qu'il venait d*infpirer. Le grand talept de ce prince dans la guerre était de prendte : en un inftai)t les réiblutions les plus har- . dies, & de les exécuter avec non moiiis de prudence que de promptitude. Avril L'armée roiale était fcparée en deux 165 u corps. Condé fondit fur celui qui étmt à Blenau, commandé par le maréchal . d'Hoquincourt-, & ce corps fut diffipé ai même-tems qi?attaqué. Turenne n'en put être averti* Le cardinal Mazarin, ef- . ; ^ fraie. .^ KênaritL Si fraie» courut à Qieo au milku de la nuit, réveiller le roi qyi doroiait, pour lui apprendre cette nouvelle. . Sa petite cour ftitconfternee; oo propofade.lau- ver le roi par la fuite, & de le conduiifc fecrettement à Bourgs* I^ . prince de Condé victorieux, approchait de Gieiii; •la défolation & la crante augmentai^t. Turenne par fa fermeté raffura les elprits^ & fauva la cour par fon. habileté t il fit» avec le peu qui lui reftait de troupes^ des n^ouvemens û heureux, profita il bien du terrein & du tems, qu'il empc'- ^ha Condé de pourfuivre fon avantage» Il fut difiicile dors de décider, leque). a» vait acquis plus d'honneur, ou de Condp yidorieux, ou de Turenne, qui lui avait arraché le prix de fa viétorie. Il eft vrai que dans ce combat de Blenau, fi loog^ tems célèbre en France, il n'y avait pas eu quatre-cens hommes de tués ; niais le prince de Condé n'en fut pas ];Qoin$ fur le point de fb rendre maître de foute la famûle roiale, & d'avoir entre i^ mains fon ennemi, le cardinal Maza-* fin. On ne pouvait guéres voir un plus petit combat, de plus grands intérêts fie Wi danger plus prefiant. Condé, qui ne fc flânait pas de lurpren- dreXui:enne,.comipe il avait fuçpçis d'Ho-; quijicourt, fit marcher fon armée ver^ i , D 5 Paris ; B2 Loxris.XïV. Paris : il fe hâta d'aller dans cette viflc jouir de fa gloire, & des dilpofitions fa- vorables d'un peuple aVeugle. L'admira- tion qu'on avfaît pour ce dernier com- bat, dont on exagérait encore toutes les circonftances, la haine qu'on portait à Mazarin, le nom & la préfence du grand Condé, femblaient d'abord le rendre maître abfolu de la capitale. Mais dans le fond, tous les écrits étaient divifés ; chaque parti était îubdivîfê en faâions^ <:omme |1 arrive dans tous les troubles; I-.e coa^juteur devenu cardinal de Retz^ raccommodé en apparence avec la cour^ qui Ijgr craignait & dont il fe défiait, n'était phis le mdtre du peuple, & ne jouait plus le principal rôle. Il gouvernait le duc d'Orléans, &c était oppoie à Çondé. Le parlement flotait entre la cour, le duc â'Orléitns, & k prince, quoique tout le monde s'accordât à crier contre Mazarin; chacun ménagent en iècret dess intérêts particuliers ', le peuple était une m.èr ora^ ^uiè, dont les vagues étaient pbuiOe^ au 'hazard par tant de vents contrûres. On fit promener dans Paris la châflè de Sainte Geneviève, pour obtenir l'cxpul- fion du cardinal mimftre ; & la popiuace ne doyta pas que cette Sainte n'opérât ce miracle, comme elle donne de la pluie. On On ne voiaît que négociations entre les chefs des partis, dq)utations du pair- lement, aflemblées de chambres, ledi- tions dans la populace, gens de guerre dans la campagne. On montât la garde à la pOTtc des raonaftéres. Le prihce a- vdt aj^Ué les Efpagnols à fon iecours. Charles IV, ce duc de Lorraine chaffé de iès f étîa^ & à qui il reftait pour tous biens un armée de huit-mille hommes, qu'il vendait tous les ans au roi d'Efpa- gne, vint auprès de Paris, avec, cettae araire» Le cardinal Mazarin hii ofirit plus d'argent pour s*cn retourner, que le ^nce de Condé ne lui en avait donné pour venin Le duc de Lorraine quitta bientôt la France après Tavoir délblée for fon paflage» emportant l'argent des deux partis. > Coivdé refta donc dans Paris, avec un pouvoir qui diminua tous les jours, & une sytmée {dus f^ûble encore. Turenne mena le roi & fa cour vers Paris. Le roi, à r%e de quinze ans, vit de la hauteur de Charonne là bataille de Saint- Antoine^où ces deux généraux firent avec fi peu de troupes dé fi grandes chofes, que la répu- tation de Tun & de l'autre, qui femblait ne pouvoir plus croître, en fut augmen- tée. *. .i D 6 Le 84 Louis XIV. Le prince de Condé arec un petit nombre ck feigneurs de fon parti, îliiTi de peu de foidats, foûtint & repoufla ^Teffort de Tarmée roiale. Leroiregar- * dait ce combat du haut d'une éminenCe avec Mazarin. . Le duc d'Orléans, incer .tain du parti qu'il devait prendre, reftait : dans fon palais du Luxembourg. Lecai^- .dinal de Retz était cantonné dam fon 3^^ . chevêche. Le parlement attendait Tiffue de la bataille, pour donner qudque ar- ;rét. Le peuple, qui craignait alors égate^ rnient, & les troupes du roi, & celles (te xnonfîepr le prince, avait formé les por- tes de Ja ville, & ne laiilkit plus entrer JuiîLni fortir perfonne, pendant que ce qu'il '^5 2 -.y avait de plus grand en JFrance, s'*- .-chammt au combat & yerfait fonfan^ dan3 le faubourg. Ce fut là qae le fltlc de !la£(^ochefoucauk^ (iilluilreparfoh coûf^ge 1^ par fon efprit, reçut un coup au-def- [ibm des yeux, qui lui fit ji)erdre la vue ^our quelque-tems. On ne voiait que jeunes feigneurs tués ou blefles, qu'oii rapportait à la porte Saint* Antdne, qui jic s'ouvrait point. • » Enfin mademoifeUe, fille de Gaftori^ prenant le parti de Condé, que fon pcrb u'olà fecourir, fit ouvrir les portes aux blefles, & eût la hardieffe de faire tirer fur les trçupes du roi le canon de la Ba- mile. 'ftilte. L'arme e roîale'fè retira: Condc - n'acquit que de la gloire -, maïs mademoi- selle fe perdit pour* jamais dans Telprit du roi fon coufin par cette aébion violeil- te -, Se le cardinal Mazarin, qui favak Textrêmë envie qu'avait mademôilèlte -d'cpoufèr une tête couronnée,' dit alors^': ^Ce canon-là vient de tuer fon mari. '- * La plupart de nos biftoriens n'ttalent à leurs kâéurs que ces combats & ces prodiges de courage & de politique : mais qui faurait quels re0brts honteux â fallait faire jouer, dsûis^quelles miie- res on était obligé de plonger les peu^ ^les, & à quelles baiféflës on était ré- "duit, verrait la gloire des h5ros de ce - ^orité, qui donnaient des arféis contre- ■rea, &qui par-là fe femeidt rendus le m^rîs du peuple, s'ils ne «s'étaient tour- jours accordés ï (kmander l'expulûon de JMfaz;arin *,: tant k haine : contre ce mit iiiftre femblait alors le devoir e&ntîdi d'un Français. Il ne fë trouva dans ce tems aurais parti qui ne fût faible; celui de la cour l'était autant que les autres ; Fargent & les forces manquaient; à tous*» )es factions fe mii^t^diaieiit ;. les combats- n'avaietft ]M'odiuk de chaque çôié que des pertesi &: cies regret^. lia cour fe vit obligée cureur-général & furintendant des finan-^: ces, leur fit donner ibus-main.* • * Le prince de Condé cependant, aban- donné(f en France de prefque tous iës par- tifans, & mal iècouru des £fpagnolsy continuait fur les frontières de la Cham- pagne une guerre malheureufè. U reftait encore des factions dans Bordeaux ^ mais elles furent bien-tôt appaifées. ' ^^ . Ce calme du roiaume était l'effet du ^ ^^'banniifement du cardinal .Mazarin ; ce- pen- s' * Mémoires de GourviUe. n ^ Mnoritê. ' 89 pendant à peine fot-il chaflÊ par le cri général des Français, & par une décla- jration : diï^ roi, que le roi le/ fit reyenir. Il fot étonné de rentrer dans Paris, tout- ' * " . .■■ ■ . puiflànt & tranquille. Louis XIV le reçut comme un père, & le peuple comme un màîtreV On lui fit un feftin à THôtel-de- ville, au milieu des acclamations des ci- toiens : il jetta de l'argent à la populace ; mais on dit que dans la joie d'un fi heu- reux chang^nièrit, ■ iî maîiqufil dti mépris pour notre inconftance. Le. parlemçAt / • après avoir mis fa tête à prixj^cbmme l celle- d'un voleur public, k complimenta ' par députés ; & ce même parlement pfeu de tems après condanna par contumace lé prihœ dé.Condéà perdre larvte Tchàpi- . gement ordinaire dans de pài^s> ten^, ' & d^autant plus humiliant, que lV)n con- danmdt par des arrêts celui dônt30n ivaitp53< fi long-tems partagé les fautes, -j ? !. On vit le cardinal, xjui: prefi&ît .cett( condannation de Condé, marier m prin- ce de Conti fon frère l'une dé fes nièces 5 preuve que le pouvoir de ce miaiftre al- lait être fans bornes. Cha- Louis XIV. Chapitre CmcuiiEME, ■ Etai de la France^ JHf^'^ la.awrt du eardtMl Mazarin en i66j. ■^VyEioSaïaX t[ue l'état av>ût été aiiifi % déchiré «u^côana, il aTait -été -attaqué & affiâ>K Ânddiois. ToQC fl« fnrit des batailles de Rpeini, âe Lens, & de Norlingue^ fbt pmhi. lia place importante -de Dunkerque fut -repnife par'lcs£jbagnoIs: Us cfaafférsBt les Français de Barcelone ; ils repiirenc ■*Î5i*Cafal en Italie. Cepeirfam, jnalgré les tumultes d'une guerre civile, & ie poids d'une guerre étrangère, Mazarin avait été aflèz heureux pour conclure 16+8. ^^^^ célèbre paix de Weftphalie, par la- quelle l'empereur & l'empire vendirent au roi & a la couronne de France, la la ibuyerainietçde TAlface, pour trois ^millions de Uvrçs^païables à l'archiduc ; c*eft-à-dire, pour fix millions d*aujour- . d'hui. Par ce traité^ devenu pour Tavenir .la bafe de tous les traités, un nouvel éleâorat fut . créé pour, la niaifon de.Ba- viére. Les droits de tous. les princes & d&^ villes impériales, les privilèges des . nx^ndres gentils-hommes Allemans, fu- . rent confirmés. Le pouvoir de l'empe- reur fut reflraint dans des bornes étroites, & lesFrançaisJolntsaïucSuédoisdevinrent . l%iflateurs de r Allemagne. Cette gloire de U France était au moins en partie duëiiux aripes delaSuéde ; Guftave- Adolphe avait xommcocé d'ebranlçr l'empire. Sesge* Jûèmxx. .avaient encor poufle a£fez loin 4eurs .conquêtes fous le gquverDfiment de^là fille Chriftine. Sonjgéi^ral.VmogBl ^élaSc prêt d'entrer ed Aût3Îche. Le comte .de Konigfmark était maître de la moitié jàt, la ville de Prague, & aflié^ait l'autre, :|ors que cette paix fot conclue. Pour ac« xablèr atnfi, l'empereur, il n'en coûta .guéres à la France qu'un million.par an donné. aux Suédois. Aufii la Suéde obtint par .ces traités de plus grands avantages qiœ la France ; el- le eut la Ponaéranie, beaucoup de places, .& de l'arpent. Elle força l'empereur de faire palier entre les mains des Luthériens des ^ Louis XIV. des bénéfices:- qui appartenaient aux Ca- tholiques Romains. Rome cria à Timpiété, *& dit que la caufe de Dieu était trahie. Les Proteft^ns fe vantèrent qu'ils avaieitt ilanâifié Pouvrage de la paix, en dépouil- lant des Pailles. L'intérêt ièùl fit parler tout le monde. ^ L'Ëipagne n'entra poiiit dans cette paix, & avec afiez de raifon ; Car voiant la France plongée dans les guerres civi- .ks, le miniitre Efpagnol efpéra profiter rde nos divifions. Les troupes Allemandes licentiées devinrent aux Ëfpagnols un :mHiyeau fecpurs. L'empereur dqpuis la :paix de Muhfter fit pa0er en Flamke, mi quatre ans de tems^ près de trente-Emilie rhommes. C'était une violation manîfefte 1 Ides traités ; mais ils ne font jamais éx^ licutfs autremeift. ■:.. u Les miniftres de Madrid eûreoc, dam •ce traité de Weflphalie, l'adreflë de faite cune paix particulUçre avec laHoUandb. La monarchie Ëfpagnole fiit enfin tr<4> heureuiê de n'avoir plus pour ennemis, & .de reconnaître pourK>uverains,.ceuxqu'ell^ avait traité fi long-tems de rebciles, in^- ' dignes de pardon. Ces républicains aug- mentèrent leurs riche&s, & afièrmirent leur grandeur & leur tranquillité, en trai- tant avec l'Efpagne, làns rompre avec ta France. ' ..* . ' lU Jufqu'à 1661/ 9^y. Us étaient fi ^uîflans, que dans :i*ie 1653. guerre qu'ils eurent quelque-tems après; avec r Angleterre, Hs mirent en mèr cent, yaiflèaux de ligne ; & la viftoire demeura fouvent indecife entre Blake Tamirâl An-^ glois, & Tromp Tamiral de Hollande, qui étaient tous deux fur mèr ce que iesCon-^ dés & les Turennes étaient fur. terre. La- France n'avait pas en ce tems dix vait^ lêaux de cinquante pièces de canon qu'- elle pût mettre en mèr; fà marine s'a»^ néantiffaitde jour en jour. . -; , Louis XIV fe trouva donc en 1653. Maître ab&lu d'un roiaumè, encor ébran-^; lé des fecQulîès qu'il avait reçues ; rein-r pli de défordres en tout genre d'admini-^f ftration, mais plein de rejHburces^ n'aianr aucun allié, excepté la Savoie, pour far^. rc unç guerre offenfive, -& n'aient plus d*ennemi3 étrangers que TEl^agne, quL était alors en plus mauvais état que la* France. ^ Tous les Français, qui avaient fait la guerre civile, étaient fdumis, hors le prince de Condé &. quelques-uns deiès partifans, dont un ou deux lui étaient demeurés fidèles, par amitié & par gran-" dcur d'ame, comme le comte de Colignij fir BouteviUe ; & les autres, parce quc:^ la cour ne voulût pîis/ les acheter , allez chèrement. Con-»; 94 Louis XIV, Ct)ndé, devcnii général desr armées Ef- paroles, ne pût relever un parti qu*ii^ arait aflfaibli lui-nxén^ par la deftruétion de leur infanterie aux journées de Rocroi' & de Lens. Il (combattait avec des trou- pes nouvelles, dont il n'était pas le maî- tre, contre les vieux régimens Français, qui avaient appris à vaincre fous lui, Se qui ét^ent commandés par Turenne. Le fort de Turenne & de Cortdé fut ii'étre toujours vainqueurs, quand ili^ combattirent enfemHe à la tête des Fran- çais, & d'être battus, quand ils com- mandèrent les Ë^agnols* Turenne avait à peine fauve les débris de Tarmée d'Ef- pagne à la bataille de Rétel, lorlque de général du roi de France, il s'était fait le lieutenant de dbm Eftevan de Gamarrc. Le prince de Condé eût le même fort devant Arras^ L'archkîuc & lui affiégeai- 2- ent cette ville. Turenne les affiégea dans ' Août leur camp, & força leurs lignes'-, les i6s4' troupes de l'arthiduc furent miles en fuite. Cqndé, avec deux régimens de Français & de Lorrains, foûtint feul les efforts' de l'année de Turenne ; & tandis que l'ar- chiduc fuiait^ il battit le maréchal d'Ho^ quincouit, il repouffa 'le maréchal de ht' Ferté, &fe retira viftorieùx en couvrant . la retraite des Efpagnols vaincus. Aufll le roi d'Elpagne lui écrivit ces propres pa- Jufqifà i66ï. ^ 95 paroles : yaijti que 'tout étmt pèrduy IS que 'ùous ofOez tout confervé., M eft difficile de dire ce qui fait perdre ou gagner les^ batailles ; mais il eft certain - 3ue Conde était un des grands hommes ^ e guerre qui eûflfent jamais paru, & que Tarchiduc & fon confeil ne voulu- rent rien faire à cette journée de ce que Condé avait propofé, Arras Ûuvé, les lignes forcées, & Tarchiduc mis en fuite^ comblèrent Tu- ' renne de gloire ; & on obferva que dans la lettre écrite au nom du roi au parle* ' ment * fur cette vidoire, on y attribua ^ le fucc^ de toute la campagne au cardi* nalMazarin, & qu'on ne fit pas même mention du nom de Turcnne; Le cardinal s'était trouvé en cflfet à quelques licu« • d' Arras avec le roi. D était même entré dans le camp au fiége de Stenai, que Tu- renne avait pris avant de febourir Arràs. On avait tenu devant lecarcfinal des conf- iais de guerre^ Sur ce fondement il s'at- tiâbua rhonneur des événemens, &' cet- te vanité lui donna un ridicule qive tCU** te Tautorité du minîftére ne pût efiàcer. Le roi ne ië trouva point a la bàtaSle ' ti* Arras, & aurait pô y étïb : il était allé ' \ I * Datée de Vincenoes ' du ii Septemtffe 1654. 96 . Louis XIV. à la tranchée au fiégede Stenai : mais le cardinal Mazarin ne voulût pas qu'il ex- poiât davantage fa perfonne, à laquelle le repos de l'état & la puiflance du mi- niftre femblaient attachés. ^ D'un côté, Mazarin maître abiblu de la France & du jeune roi j de l'autre, dom Ix)uis de Haro, qui gouvernait l'Ëipagne & Philippe IV, continuaient fous le nom de leurs maîtres cette guerre peu vive- ment foûtenuë. Il n'était pas encor que- ftion dans le monde du nom de Louis XIV, & jamais on n'avait parlé du roi d'Eipa- gpe. Il n'y avait alors aucune tête cou- ronnée en Europe qui eut une gloire per- fonnelle, La lëule Chriftine, reine de Suéde, gouvernait par elle-même, & fou- tenait l'honneur^ du trône, abandonné^ ou flétri, ou inconnu dans les autres* é- tats^ Charles II, roi d'Angleterre, fugitif en France avec fà mère & fon frére^ y traî- nait fes malheurs & fe's efpérances. Un . fim^ple citqien avait fubjugué l'Angleterre» l'Ëçoflè, & l'Irlande,. GrQn\\îr^l, cet ufur- pat^ur digne de régner, avait pris le nom depjrotcdbeuri & non celui de roi -, ; pàfr- cc que les Anglais favaicnt Jufqy'pù Içs. df oits de leurs rois devaient s'étendre, & ne connaiiTaient pas quelles étaient les bp^-nes de; l'futpjdtç 4'un jproteftcun " H Il affenofMt £:>n ponvmr en fâchant le réprimer à prqpos : il n'entreprit point fur les prîydqges, dont le peuple était jaloux ; it ne lopea jamais de gens de guerre dans la cite de Londres ; il ne mit aucun impôt dont on pût murmurer ; il n*ofFenfa point les yeux par trop de fa- fte ; il ne ie permit auam plaifir \ il n'ac- cumula pdnt de tréfors ; il eût foin que la juftice fût obfervée avec cette impar- tialité impitoiable, qui ne diftingue point les grands des petits. Le frère de Panthéon sa ambaffadeur de Portugal en Angleterre, aiant cru que fa licence ferait impunie, parce que la perfonne de fon frère était fecrce, in- îlika des emiiens de Londres, & en fit aflkflinèr un pour fe vangçr de la réfi- ftance des autres ; il fut condanné à être .pendu. Cromwcl, qui pouvdt lui faire grâce, le laifla exécuter, & %na fe len* dematft un traité avec Fambaâàdeur. Jamais fe^ comnoerce ne fut fi libre m fi ôoriflàot î jamais TAn^terre n'avait été fi riche. Ses flotes viâxMrieafes fai- fkient rcfpeâer fon nom dans toutfes les mers ; tandis que Mazarin» uniquement occupé de dominer & de s'enrichir, laiflait languir dans la. France la juftice, le cQnunerce, la marke, & 0>éme les finances. Maître de la France, comme E Crom- 9» Lovft XIV. Cromwel de t* Angleterre, après une guer- re civile^ il eût pu faire pour le paï$ Duûkerq:ue. Le protedtetir traita d'égal à égal -, il força le roi à reconnaître ce titre de protecteur. Son fecrétaire figna avant le plénipotentiaire de France, dans là minute du traité^ qui refta en Angleter- 1^ i mais il traita véritablement en fijpé- rieur, en obligeant le roi de France de faire fortir de fes états Charles II & le Nq^; duc d'York, petits-fils de Henri IV, à 1655* qui le France devait un azile. Tandis que Mazarin feifait ce traité^ Charles II lui demandait une de fes niè- ces en mariage. Le mauvais état de fes affaires, qui obligeait ce prince à cette dénurchc, fot ce qui lui attira un refijs. E 2 On foa Xo(iyï3 XIV. On a même içt^xx^timé. le. canim^ d*a^ voir voulu marier au fils de CrOTCïwtl celle qu'il refufeit w roi d'Angleterre* Ce quieft fôr» c'eft que lor^'il vit en* fuite le chemin du trône moins fermé à Charles II, il voulut renouer ce maria-» ge -, mais, il fut refufê à fon tour. . . La mère de ces deux prinoss^ Hen^ rictte de France^ allé de Henri k grand, demeurée en France &ns fccours^. (m cxe- duite à conjurer le cardinal d'plkfcûir ^tt moins de Cromwel qu'on lut çmuSa» douaire. C'était le comble dea humilia tions les plus doulouroufcâi de^jdemaa^ dèr une lubfiftanoe à celui . qui avait yerh fé le fang de fo» mari feu* un échafiiwta Mazarû^ lit de faibles inftaïices enAik-> gleterre m nom de cette reine, & lui Itnnonf a qu'il n'avait rien obtenu. Elle fefta à Paris dans, la pauvreté, & dans la honte d'avoir imploré la pitié de Crom- wel *, tandis que l'es enfans allaient dju» Farméc de Condé & de dom Juan d'Aû triche apprendre le métier de la^ contre la France qui les abandonnait. Lesenfanç deÇharks premiercha0es de France fe réfugièrent enJÉfpagne. Les mi- niftres Efpagpols . relatèrent dans toutes \ts cours, & fur-tout à Roniev de vivo voix & par écrite contre un cardinal,, qui^ facri^^it, difa^ni-ils> k% )oix divi- nes Jufqu^à 1661* ici ïitt & humaines» Tbonneur & la reli*- ^on, au meurtrier d*\in roi, & qui claiaf* _ fah de France Charles II de le duc d'York^ coufin de Louis XIV, pour plaire au bour»- rcau dé leur père. Pour toute réponfc 8UX cris de ces Efpagnols, on produifit les oflfres qu'ils avaient faites eux-mêmes au protefteur. La guerre continuait toujours en Flan- dre avec des lucccs divers. Turenne aiant afiicgé ValcQcienne, avec le maré- chal de la Ferté, éprouva \k même re- vers que Condé avait éfluié devant Arras. 1 y Le prince, fécondé alors de dom Juan J^ilK d*Aûtrichc, plus digne de combattre à '^S^- fcs côtés, que n'était l'arcliiduc, força les Kgnes du maréchal de la Ferté, le prit ^rifonnier, &r délivra Valencienne, Tu- renne fit ce que Condé avait f$it dans une -déroute pareille. Il fauva l'armée battue, &. fit tête 'par tout à l'ennemi, il alla mê- me un mois après affiégèr & praidre la petite ville de la Capelle. C'était peut-être -ta première fois qu'une armée battue a- vait ofé faire un fiége. Cette marche de Turenne fi ..eftimee, ^rès< îaqudle laCapelle ftit prife, fut é- clipfée par une marche plus belle encore du pince de Condé* Turenne aflîégeait à peine Cambrai, que Condé, fuivi de deux mille chevaux^ perça à travers l'armée E 3 des n m Louis' XI V/ ; 3? . <îes' aflî^gêans, & aîant renvçric' tout ■•ce i5cg <î^î' voulait rarrêterv il fe jetta îdans I4 ville- Les xritoiens reçurent à genoux^ leut libérateur; Ainfi'ces deux hommes oppo> fésTun à Tautre, déploiaient les reflbur* ces de leur génie. On les admirait^ dans leurs retraites, comme dans Icprs viftoir res, dans leur bonne conduite, & cjans 4eùrs fautes même qu'ils favaient toujours réparer. Leurs talens arrêtaient tour-5)- tour les progrès de l'une & de l'autre monarchie •, mais le défordre des finan*- ^ ces en Efoagne & en France était encore un plus grand obftacle à leurs fuccès. î La ligue faite avec Cromwçl donna en^ fiil à la France une-fuperiorité plus .mai^ quée ; d'un côte, l'amiral Blake alla brûler -les gallions d*Efpagne auprès des îles Ca^ naHes, & leur fit perdre, les ièuls tréibrs .avec lelquels la guerre pouvait fe Ibûte- nir : de l^autre, vihgt vaiffeaùx Anglais vinrent bloquer le port de Dunkerquc, " & fix niille vieux foldats, qui avaient fait la révolution d'Angbterre, icntbr- cérent l'armée de Turenne. ' ^ 'Alors Donkerque, la -plus inq)ortante place de la Flandre, fut affiégée par nier & par terre. Condé & dom Juan d' Au- ' triche, aiant ramafie toutes leurs forces, fepréfentérentpourJafecoùrir. L'Europe avait les yeux fur cet événement. Le car- t:S .\ di- um • Jufp'ài&G%. jioi dmal Mazarin menaXxHÙs XIV auprès dii théâtre de la guerre, fans lui permettre d'y monter, quoiqu'il eût près de vingt ans. Ge prince fe tint dans Calais, tandià que fon armée attaqua celle d'Elpagnç prcs des Dunes, & qu'elle remporta la plus belle viftoire doi)t on eût entendy }^j parler depuis la journée de Rocroi, ,5r8 Le génie du prince deCondé ne pujt rien ce jour là contre les meilleures trour pes de France & d'Angleterre. L'arméç Èlpagnple fut détruite. Dunkerque fe jrendit bientôt après. Le roi accouru^ •^vec fpi> miniftre pour i voir ' paffer la gar- nifon. Le cardinal ne laifTa paraître Lou^ JXIV, ni comme guerrier^i comme rot,; il n'avait pas d'argent à diftribuèr auic ibldats -, à peine était-il fervi ; . il allait manger chez. Mazarin, ou chez le vi- comte de Turenne, quand il allait à Tar^ mée. Cet oubli de la dignité roiale, n'était pas dans L^uis XIV l'efièt du mépris pour le fafte, mais celui du dérangement de lès affaires, & du foin que le cardinal avait de réunir pour foi-même la Ijpleq- deur & l'autorité. ; Louis n'entra dans Dunkerque, que pour la rendre ^u lord Lockhart ambafïà- deur de Cromwel. f Mazarin elfaïa, fi par ijuelque finefle il pourrait éluder le traite. »©4 Loi^is XIV. & ne pas itmettre !a place. Mds Locfe^ hart menaça, & la fermeté AnglaHè Tem-* |)orta fur Thabileté Italienne. Plufieurs perfonnes ont afluré que le cardinal, qui s'était attribué révénement . d* Arras, voulut engager Turenne à lui cé^- dèr encpr rhonneur de la bataille des Du- nes. Du Bec-crépin comte de Moret vint» dit-on, de la part du miniftre, propoier au général d'écrire une lettre, par la- quelle il parût, que le cardinal avait arr rangé lui-même tout le plan des opéra- . tions. Turenne reçut avec mépris ces in^ / finuations, .& ne voulut point donner / vn aveu, qui eût prodyit la honte d*un / général d*armée & le ridicule d'un homr [ me d'églife. Mazarin, qui avait eu cette faiblefiè, eût celle de relier brouillé juf* qu'à fa mort avec Turenne. , - Quelque tems après la fiége de Dun- $tpt.kerque, Cromwel mourut à l'âge de g g 165 8. ans, au milieu des projets qu'il faifait, pour raflfermiflement de fa puïflTance, & pour la gloire de fa nationi II avait hu- milié la Hollande, impofé les conditions û\me traité au Portugal, vaincu l'Efpa- gne, & forcé la France à briguer Ion ap-» pui. Il avait dit depuis peu, en appre- nant avec quelle hauteur (es amiraux ^'étaient conduits à Lift>onnc : Je "veux qu^^n rtfpltc h republi(]UC JngUnfe^ autant V - - ff^mâ hfpeSi aûhyfois la république Ro- maine, ïieftfaux, qu'il ait tait Tenthou- fiafte & le faûîc-prophetc à fa mort, corn- . me t*oÂtidébtté quelques écrivains j mais il eft fôr, qu'il hiourut avec la fermeté d'ame, qu*il avait montrée toute fa vie. H fut enterre en xncmarque légitime, & laiffâ' 1» réputation d'un grand roi, qui €oàvt%â: les crimes d'un ufurpateur . Le cheviaKerTémpIe prétend queC^om* \f(Fd â(vait voulu avant u mort s'unir avea l^fpagne contre la France, & fe faire tfens lef pais, dont il avait été qu^quieç jours le fouvicrain. . Après fa dôtniflîon d!a protedorat^ il voiagea en Eraçic^ :, o^ jâit qu'à Montpélier le prince de ' Gond;, frère du grand Condé, eh lui parlar^j; fens le connaître, lui dit un jour : Oliviei[ Cromwel était un grand bomme^ maisfçnjik Micbard eji m fmferabk ^ de ifmoif fti^ifii, jouir du fruit des crimes de fonfére,. dépen- dant ce Richard vécut heureux, & feft père n'avait jamais coxlnu le bonheur. . ; Quelque tems auparavant, la France vit un autre, exemple bien pljus mémprar ble du mépris d'une couronne, Chirfftine reine de Suéde vînt à Paris. .On gdtnirâ «n elle ime jeune, reine, qui à vjingtrfcpt ans avait renoncé à 1^ fouyeraiiieté dont elle était digne,, pour jdvre.Uhre & .o»n-^ quile. quUtt II ^(l honteux aux écrivains Pro- teftans, i'a.voir ofé dire fans la moindrç prciwejf . qu'elle ne quitta fa couronpe^ que parce qu'elle ne pouvait plus la garder* Elle avait formé ce dcflein dès l'âge de vingt ans, & l'avait Jaifle meu- rir fept afuiéé?. . Cette réfolution, ,fi fuptr rieure aux idéep yulgairesi & fi longtem$ nxéditée, dpyait fermer la bouche g cçujç qui lui reprochèrent de la légèreté' éc une al^dicatioa involon^aij^e. L'un de ces deux reprochés détruiiàit Tautre ^ maia U faut ]U>âjou^ ^ue^ce, qui eft grand fo^l ^tt;aqué par. les petits e^ritS). : * /) 7 . PQUf jipiuiaîî^ Iç gânie u^iquç de Oîtb te reirte, oiî û-'â qu'à lire fes lettres. ,E11^ dit dans celle qu elle écrivit à Chanut^^ay* trefois ambaffadeur de France auprèt d'elle : ^' J'ai poffédé fans fafte : jequitj „ te avec facilite. Après ci^a, ne craigT „ nez p^s pour nwi \ , mon bfkn n'eft p^ ^,' au pouvoir de la forfune/' W^ écri^if au prince de Condé : '' Je miç; tiens au- ^, tant honorée par votre eftime^ que „ parlacouronnequej'aip> &, jp, ne noircirai jamais une adion^ : ; E 6 » qui T 208 Lbtfis xm ,, qui m*a fenblé fi beUe, par un lâche' >, repentir \ & s'il arrive que vous con-^ ^ danniez cette aâion, je vous dirai 59 pour toute excufe, que je n'aurais pas 9, Quitté les biens que la fortune m'a >, donnés^ fi je les eûfiè cru néceiSdres à », ma félicité, arque j'aurais prétendu à », l'empire du monde, fi j'eâfiè ét^ aufli ,, aflurée d'y réuflir, ou dé mourir, que $9 le ierait le grand Condé.'^ ^ T^lle était l'ame de nne fi finguliére ; tel ^k fim fiile dans no*» Ifelanguct qu'elle avait pariée larmient» £]le favait huit langues ) «lie a^rak été diiciple&.aniiede DescarU^, qui mou* tut à Stockolm dans fon pdais^ après n'a» voir pu obtenir feulement une penfion^a Fr^ure, où lès ouvrages furent même pro^rits pour les feules bonnes *cho(ea qvï jr fuflènt. Bl|e ^vait attiré en Suéde tous ceu^ qui pouvaient Péckirerv Le dia^ crin de n'en trouver aucun parmi fes lut- jets, TaVait dégoûtée de régner fur un peuple qui n*étaît que foldat. Elle crut> qu'il valait mieux vivre avec des hom-^ mes qui penlènt, que de commander à des hcfinmes lans lettres ou &b8 génie*. Elle avait cultivé tous les arts dans \» clinfiat où ils étaient alors inconnus* Soa deliein était d'aller fe retirer au milieu ë'eux en Itdie. £Jle ne vint en France^ que qae pour y paflfer, parce ijue ces arts ne * cx)mmençaient qu'à y n^tre» Son goût ki fixait à Rome. Dans cette vue elle avait r'tte la religionLuthériertne pour laCa- lique -, indifférente pour Tune & pour Tautre^ elle ne fit point fcrupule de le conformer en apparence aux ientimens o58*de Munfber, & pour donner un frein à à: . rautéritié \de ; Teropefcur . fur Vtm^ fjire... i - - o -^ . ; . , \ ^r La France, après la bataille d^ Qunesy était pui0iu3te wtk dehors, par la gloire de fes armes,. & par Tétat où étaient re-^ duites lés autres nations : mais le dedani^ fopflfrait; il ét^it çpiïif€.d,*argent; oa ^^( befoln de lia paix. l^^: nations, dans les monarchies chreT l*enû^^ n'ont piîefoue.jamaiç 4'intérêç auEx guerres ^ leurs louverains. Des ar^ mécs oiQroenaire& levées par prdiç e rd'ug. miniftre, ^ conduites par un général qai obçil en aveugle à ce^ mii^tftre, foni pli^fieurs carf^agnes ruineuies, fans qja^ les r<»$ w nom delquelles ellps cpipabatT tent, aient Teîpérance, ou même ledef- fein ^ nti^r tout le p^triiflpnie Tun . de l'autre. -Le peuple vainqueur ne profite jaqi^îsdes dépouilles dp peuple v^ncu^ il p4Ïe tout 5 il fwffre d0|is la profpérite des anxi^,. comme dans )l'adyerfité \ & la paix jiâ' efik ; iM:efi|\|(^; auffi nfeeflairev après la 'plus grande vk^ire,^que quand les ennemtSî ont pri^ fes places frontiér Il fallait ôeiax choies au cardinal,, pour conibmmèr heufeufcment fon miniÔiére 4 £iirek pai«, & affurer le repos de > Ter Catpar k^ mariage du roi. Ce prince avait été mal$iëe .d^igereufeo^ent, après la campa- ^ « ^^y^ \i\ Louis XÎV; campagne de Dunk^que: on avâît tremi blé pour fa vie ; le cardinal, qui n'était pas aimé de monfiêur frère du rôi, a- Vait fongé dans ce péril à mettre à cou- vert fés richeilès immeniès, & à prépa-* rer fa retraite. Toutes ces confidérationa le détenninérent à marier Louii XIV promtement. Deux partis leprëfentaienti la fille du rôi d*E%agne, Ôt la prtncfeflè ' ^ Savoie. Le cœur dû roi îavait pHs ml autre engagement ; il amàit ^i\)uf^ tïient m^émOifeUe Mancini ^l^utie dei nièces du cardinal. Né avec ttn ccfeur teft-i. dre & de ta fermeté dan$ iès volontê^^ jp^inl||Lde paffiôn, &: ïws^ expértence^ Si aurait pu fe réibudi!e à épouibf^ îk ta^^ treffé. • - ; Madame de NfdtteviUe, fovdritedeîà rrine merè, dont ks mémoii^s ont un jgrand air de vérité, prétend c|uiB Mdsa^ rîn ftit tenté de laimr agir Tamour n qu'oB^ r,, .fit iaife,^ l'infante 5 & ce ne feriUt pas ,, ^^attjpnte fprt éjc^ée, puiéiw'iJ o*y \i6 Lwis XIV. „ *a que la vie du prince fou frère quî „ Tcn pût exclure." Ce prince était aior» Balthafar, qui mourut en 1649. Le cardinal fe trompait évidemment, en peniànt qu'on pourrait donner les Païs- bas & la Franche-comté en mariage à Tinfante. On ne ftipula pas une feule vil*« le pour fa dot. Au contraire on rendit à la monarchie Elpagnole des villes confi- dérabks qu'on avait conquiibs, comme Saiht-Omer, Ypres, Menin, Oudenarde, & d'autres places. On en garda quelques unes. Le cardinal ne fe trompa pas en croiant que la renonciation ferait un jour inutile; mais ceux qui lui font honneur de cette prédiâ:iQn> lui font donc pré-^ voir que le prince dom Balthafer mour«* rait en 1 649 ', qu'enfuite les trois enfans du fecond mariage ferait enlevés au berpeau ; que Charles, h cinquième dt tousr ces enÊUis mâles, mourrait fans po^ .Itérké, & que ce roi Autrichien téraîlfuit jour unteftament en faveur d'un' petitu fils de Louis XIV. Mais enfin le cardinal Mazarin prévit de que vaudraient' des ro» notttktîons, en casque la polarité mâr le de Philippe IV s'éteignît j & des évér fidmens étranges Tontjujftifié, après plus ^ cinquante années. ' Marie Tbéréfe, pouvant atin que ce mariage apportât aucun autre avantage préfent & réel, que ce* hii de la paix, l'infante renonça à tous ks droits qu'elle pourrait Jamais avoir Êir aucune des terres de fon père ; & LoiùsXIV ratifia cette renonciation de la mafiiéi:e la plus fblennelle, & la fit en« &i€e enregiftrèr au parlemtotr Ces renonciations & ces cinq-cent^ * mille écus de dot femblaient être les daufes ordinaires des mariages (ks in- fantes d'Efpagne avec les rois de France. Jja reine Anne d'Autriche, fille de Phifippe Ili, avait été mariée à Louis XIII à ces mêmes conditions \ Se quand on avait marié Ifabclle, fille de Henri Je grand, avec Philippe IV rcn d'Efpagne, on n'a- vaitipas ftipulé plus de cinq-cent-mil}e écus d'oc pCHir la dot, dont même on ne lui païa jamais rien : déforte qu'il ne paraiilait pas qu'il y eât alors aucun a- vantage dons ces graiids mariages : on n'y f % 9 Louis XIV. jî*7 voiait que des filles de rois iriariée^ à des roi$, .aiant.à peine un. préfenr de x^es. ., :, . Le (Juc de Lorraine Charles. IV^ de qui ta France & TElpagne avaient beaucoup à fe plaindre, ou plutôt, qui avait beau- coup à le plaindre d'elles, fut comprit dans la traité, mais en py ince . malheup reux, qu'on pumlT^tparcftqufiijiepouvak fe faire craindrç. Là France lui remdit Ifes états. en démpliffant Nai^ci^ & en iuLdé-^ fendant d'avoir des troupes* DomLouii de Haro obligea le cardinal Mazarin: à fai4 re recevpir e;i grâce, le pririce xk Condé^ on menaçaot dp lui ki0er en ! fGfvivéraiac4 te Rocrpi,, le^Çâtefet & d'ajutifes-^placcs^ dont il était en poirelTipn, . Ainfi la Franco gagna à la fois ces villes & le grand Con- 4é. . Il per quequW: fa^gjoijrg. .i ■ . Chaner"îî" roi titulaire d'Angletcrtei plus malheureux alQ.rs^que le duc deLoik raine, vint près voulut traiter la gprand ;Condé en i^érîeur. U marchait ak>rs avec un &fl:e n^al, aiant outre fes ^rdes une compagnie de moufquetairest qui eft aujourd'hui ï^ feconde comp^tûe des mouiquétaîres du roL On n'eut plus au- près de lui un accès libre: fi quelqu'un ctait aflez mauvais courtiJ^ Dpur de^ mander une grâce au roi» il était perdu. La reine mère, fi longtems prc^eétrice lohftinée de Mazarin contre la France, re- ita Êms crédit, dès qu'il n'eût plus be- foin d'elle.. Le roi ion fils, élevé dans une Ibumifilon aveugle pour ce miniitre, ne pouvait fecoûcr le joug qu'elle lui avait impoifé auflt bien qu'à eUe-méme ^ elle refpeâait fonouvrage, & Louis XIV n'o- /ait pa;s encor régner du vivant de Mar zarin. Un mintftre eft excufable du mal qu'il fait, loc^ue le gouvemiûl de l'état eit force $ forcé daod &' nmn |)«: ies^ tempêtes mab dans le calmb IL efb coupable de tout le bien q^'il ne Imt paSi Mazaiin j»e fit db bien qu'àr lui^ &: à fa famille par irappoit à luî« Huit années de puiâànce abldl(^& jbranqiitle depuis^ fon ddrnieriretôlii' jpf* qu*à fa naort, ne forait marquéesr par au^ cun établiiT^itent gionoutt aa ùtiâerv^car le collège des quatre oahons ne fût que TefFet de fon teftament. Il gouvernait èea finahcâs comme Pintondaitt àtuA feîgileur obéré* . /' " -- i'"' ?.' n Le Toi demahda^ qoek^cfoid 4e i^ai*^ gent à Fouqtiet^ xpi hii i^epoiuiait : Skf^ Hn*y ammdàns ks cûfftis^. àfrmutré'majifié^ nms .mmtjknr' iecar^^k "VùUs éàpretsrirÀ M^aiân: était ridbe. d^enviroa deaxrdent milliotis', à compter} comme xyà faifi ati«- jmurd'hui. Phifieursmémoîms^difdiyt^qu^il m amairâ'uhe pàrtk' par des moiens trop au^deffiiusi de la^ndisurde £tplacd; ils rapporsent^cpi^iL. partageai! qyec le^aar*^ mateur» |eii profita dé leursloourfeS' :• deft or £^F iie âiti jpmais ptmu^é ly mais : le^ Hollandais, i^en: : ibupçonnérem; ^ &r ils ft^fxirm&ii pas fiiupçannâp4^lp cair^i\ahle . RitheËbi. :. >•' 2^i ^- ■' .; -'^ 'Oî .- 'k< > Ot\ ait qu'en mètitant if .eût ^Jc^fcru*- pulesy quoiqu?aiu dehqfS. il. montrât ^dci ixfurage. - Du Jiâbiiisiitigrsdi^mélpcAifi^ bkm^ âcil ^ fit buroi^UDc dbmitiaDiii im^ fJ i «J F tiére lit t ouïs XIV. tiére;' tmânr que le roi les lui rendrait, il ne 1b ti^ofmpa point ; le roi lui remit la donation • au bout de trois jours. Enfin il mourut ; & il ai*jr eût que le roi qui fèinblat le regretter, car ce prince favait déjà diffiniuler. Lejougcommençait à lui pefer ; - il était impatient de rqgner. Ce- pendant il voulut paraître fenfible à une mort, qui le mettait en poflèffion de fon j:rônc^ . ; XiOuâs XIY & la cour portèrent le deûîi du cardinal Mazarin, honneur peu or- dinaire, & que Henri IV avait fait à la mcÎDoire de Gatriielled^Etrée. On ©'entreprendra pais ici d'examiner, fille cardinal Mazarin a été un grand mi- iriftre ounon.*;x:'eïbàTes adions.de par- ler, &.à làpdftâîté deji^r. Mais on ne peut s*empéchen de combattre Popi- mon, qui lùppofc une étendue d'écrit prodigieuie, & un igénie prévue divin dans -ceux ^i ontgou^vemé: d^ empires avec quelque fuccès. Ce n'eft point une ' pénétration ^fijtpérieurc^^Kjuî feit les hom* ihes d*état ; c\eft km? caraâére. I-cs. hom- mes, pour peiiiqurils aient du boii fens, I voient tous à peu-près leurs intérêts. Un I Jboutgcois d^Amfterdam ou de B^ne, en fait fijr ce point, autant que Séjan, Xi- onenca, îBoukingHamj Richefieu.ouMa- ' ^s^in:: mais notre conduite & nos entré* prifd pe de notre ame^,ôc nos fua?èsî45^c;nv dent dedaifortyne> ? , Par exemple : fi . un génie, tel que le pape Alexandre VI, ou Borgia fon fils^ ^vait eu la Rochelle à prendre, il aurait invité dans, fon camp les principaux chefs lous un fendent fecr^, jgçfe fefât 4éfait d^mixi: 'Ms^tpJkmt^titré dans, la ville deux ou trois ans j^us-t^'S, en gagnant & eridiyifaint les4)0Urgeois, Dom Louis de Hâro, n'eût. pas hazardé Tentreprife, Richelieu ^ &t[\iïtt diguç fur la mèr- à Pex- «DapktdliUéjc^dre, $Çî ^tra dans la Ro- chelle en conquérant i njaig ^unc marée un peu forte, ou un peu^plus de diligen- ce de la part des Anglais, délivraient la Rochelle, & faifaient paflèr Richelieu pour untémquire. ' On p^ut juger du caraftére des hom- mes par leurs, entreprifes. On peut bien aflurer que Ta^iie dfe Richelieu relpirait la hauteur & la vengeance ; que Mazarin é- tait fage, fouple,&. avide de biens. Mais pour connaître à quel point un miniftre a de Tefprit, il faut ou l'entendre fou- vent parler, ou lire ce qu'il écrit. Il arrjve fouvent parmi les honimes d'é- tatj^ ce qu'on voit tous les jours parmi les courtifans -, celui qui a le plus d'ef- jjr^ç échoue, & celui qui a dans le carac- F 2 térc ii4 Lool» XIV. >sôï('à 1661. tére ^lus dç ptôen^ ds'ferce, dslbu- plefiè & de foiÉe, rétUfic. . En ILfant les lettres dacardinaîlv&zan. rin.& les mémoires dii cafdipal de Retz, on voie aifêinent que Retz était le géiùs fup^eur. CqDe&duit Mazariitfîlt touc- puiflânt, & Ret3 &t pvoferic. Ën&i. U eft très-vrai, cnie pour fîaké uti|Ai^iuu mi- niftre, ilné^fetftibuveifc aiu>'urt'cfpmnié* diocre, du bon Jênsi.âr de la. forcuiut mais pour être ihi bon mkiMxe^it Saut avoir pour paffien doijiiBante, l^amour du bien publkj Le_ g^and hcmHne d^ftat dt celui dont it refte de g?:aiid» mqnu- mens utiles à la patritei — ' . i "J 3 CfMPITRt StatlEMS. LOUIS XI y pteoeme fttr fui même, Iî_ jorçe là bràficbe , 4''4àtHd»e E^agmle â lui céder par-tout la préfiance, & la cour «Hf ïRome J Uii faire fatisfac- ■ iim. S Miette Dun^&que. M é>ftt» '*J jÇ-iwàSH é i'emfereur^ au ' fortàgaî, aux Etals - Géné- raux, è? refiel jhn roiaume jk-' rîffant © redoutable. JAtnais A nY eût dans uaç cour jrfiis d'intrigues Sç d'cfpérau- tet> que durant l'agonie du cardii- «al MaEuin. Les, femmes, ^^^ ^^t biôQî-icîn d^céfiercç-^W». JLes A^nl^lais & içs Su^ojb^ i|ui n'fUfe- guent ai^Qurd'hui aucyaiie.^ei^ .fin^c^v xecQi^aiâÊAt, le jtiKtins qu'ils pei^igs^ -çetfse iupçriçpÈjé- > ,; . ,; ,; ^f.v * .. e'et:«ît à,Romç que ces p^i^nsi^i: é- laîent i^ug^efqis è|b^uu& : i^ &^^^ ^ donnaient les états avec uns 1^^^ :&■ opoif^kf^À plus {om ir^îfqn en 4^t; de déqd^ ^ içaçgisçtreks GQpHMttiÊ^ dC^ te ^çic^j, .,011. toi^, & giàfi^ m MréstUir i4eSfr,,4tai$^ Iç ^i^M»! 9^ /e: jugQ(»iQf« ççs vacffiés ïdejl^g^^t^^u»^ , i* Fjr^aoetf a}¥^ç.e^.Jtp^l^ ia.ftgi^ipritéàj -fif^mnA i^E^^ d^pois >le jç%pe 4e Cïi^lôHlwnî:;. l!Êfeffipe4if^v^«^^ytgç ^^uHpoçisafoa M^cife^ W PS? 4eî$fep ^»4r 4ëisxmm^ 130 Lopis XI v^ d*un prédicateur, étaient des triomphes, & établiflkient ,des titres pour cette pré- éminence. La chimère du point d*hon- -neOr était extrême alors fur cet article •entre les couronnes, comme les duels en^ tre les particuliers. 1661, IJ arriva qu'à l'entrée d'un ambafladeur de Suéde à Londres, le comte d'Eftrade afhbafTadeur de France, & le baron de Watteville ambafladeur d'Elpagné, fe diP- ptï©§rej?il te pas. L'Elpà^nol^ avfec plu!s d'argent & une plus nbmbreufe llrite^ V vait gagné la populace Anglaifè ^ il fait (d^abord: tuer les chevaux dés carofles Français, & bientôt les- gpns du comte ^'EÛ»Éâ^ ' blefles & dfi^rl^s; " faiffci^ent it$ E^^ôls ftiàrchèr l'épée nuë comnfiè ^ tribmphe. ». Louis XIV, informé de cette înfuke, i^ppelia Tambaflàdeur qu'il avait à Mà- ^bM^ fit fortîr de France celui d'Efpagnc^ K&mpk les cdrféi^i^es qui fe tenaient €n^o^: en Fkndtpc au ftijet des limités, & fit dife au roi Philippe IV Ton beau-pérej que s'il ne reconnaifiait la fôpériorité de la cour<âlâe de France^ &^e réparait cet af&ont pZY une làtisfaaion fblennelle, la guerre^aîlait recommencer. Philippe IV f ne voulut pas repÏ0t%cr fon roiaume dans i une guerre noiïvelle, pour la préféance ! d'un ambaâkdeur : il envoia le comte de Fuîntes Jufqu^à 16661 " 131 Fuentes déclarer au roi à Fontainebleau, 24 • en prcfence de tous les minières étran- ^^^^ gers, qui étaient en France : .^e les mi-^ niftres Efpagnols ne çonccmrraient plus do- rénavanf avec ceux de Fmncç^ Cèlii'en é- tait pas aflèz pour reconnaîtte, nettement la prééminence du roi i mais c^en était af- lèz pour un aveu authentique de lafajblçf-' fe Efpagnole. Cette cour encor fiérey^ murmura longtems de fôn humiliation^ Depuis, pluûeùrs mihiftres. Ëfpa^ols ont * renouvelle l^urs anciennes prétentiQn$ ; ils^ ont obtenu l'égalité à Ninî^y^i mais. Louis XIV. acquit alors^ par ik fermeté,, une fupériorite réelle dans TEurope, . en. faifant voir combien il était, à cr^dr^^ A pçine forti de cette petite affaire avec tant d^ grandeur, il en marqua e^-r cor davantage dans une occafion, où la^ gloire femblait moins intérefl^ Les jeu- nes Français, dans les guerres faites depuis longtems en Italie contre rEfpagne,, a- . valent donné aux: I^liens circonlpeéls^ & jaloux, l'idjeed'un nfatioft impétueur fe. L'Italie, reg^rdait^tputes les_ nations^ dont elle était inondée, comme dejs bar-- bares, & les Français comme des barba-; r€s plus ^s que les autres, mais, plus > dangereux,, qui portaient dai>s toutes lesr QOaUonsJes plaifirs avec le (népdsvt & la» débauchp ayeç Tiofulte, IlsàîaientfTaiotsi partout,. & furtout à Rome- Le Ijd Loiris Xïy. Le doc et CvéqvA^ ftâibaiSt^ur aupté$ du |)ap€s avak révolté ks Romains par ia hauteur : &s domeftiquiÊS» ^ns qui pouflfeil t^jimrs à rexttémité les dé- iâuip^ àt ' leu)- maîtres c^c^nmet^ai^nt dattô Rôiâe kâ mênvès défendes que la jeunef]^ ind^df^^abie de Paris, qui fe fai&it alors un honheur d^ntaquêt tou- t^ les nuits le guet qui veilte à la gar'- de^ia^i^ilk. C^fêlqiK^ laquak d\i tâktc de Créquî^ V l^iietem àt çihiS(^ i^Épét à là main une é!fi^adsdê$ Coiffes {et &m l6ë ^x^hèrs. de Itolâe) & mirem &i futtè ces mliërii- b*ès. TôUt lé corps d« 0*i&, ofkfifë & fëenet«â$ient animé ^ dàm Mario^ Chî^ frère du pâ^ Aléxafidre VII, qui haïff^t.le duc deCréqui, vint 'm ar^ i^si^iégii^r ta ma^m âe l*mi1baieadk^i». 20 Hfi lîi^ent lur le û&t(^ de ramb^adsrice Août({iiîre4ia'ait^Qrsdââr)Ëfon|>akb 4ts toi i662*tuéreflt tm page» & bteffârerit plùflttîrà dc^tfidHques. Le duc de Oéqiidibitk d& Rémè, aeculânt les parens du jbape fit le pape lui-nïême^ d-av€^r fa\^ori» cet af- faffinat. Le pi^ èiffétà, ïalït qu^il ^p&t la réparation, pérfoadé qu Vvê€ lès Ft^- çâis il -n^y a qu'à ^nrtpoTifer, &: qe^ tous ^"oublie. Il ftt pèftdre un Corfe êc \jfix Sbire a«i b&ut de qMtite me^s, & It &> icÂiiride'Ilotiie \t ^^^mtmmti, ^ôn^ (Onné devoir autorife Tattentat : mais U. éit conftcrné d'apprendre, que le nn me- naçait de faire affiéger Rome, qu'il fai- &ic déjà paffer des troupes en Italie, & que le maréchaEDupleffis-pralinétait nom- mé pour les commande. L'afiàire était devenue une querdle de nation à nation^^ ât k roi voiaiait Ëdre reipeâer la tienne. Le pape, avant de faire la fatisfaâion quV on demandait^ impbra la médiation de toos^ les princes camoliques ;^ il fit oe qu'-^ il put pour ks aninaer contre Louis XI V(, mafe les ciiconftances n'étaient pais fayo« rabks au p^. L'empire était attaqué parJes Turcs : i'£%>agne était embaraflee; dai)5 une gii^Te peu heureufe contre le PwtugaL La cour Rjonminene fk icfulrritor k rok fimspooyoÉr lui nuire. Le parkmcottde Provence cita fcpapc, & fit faifir le com- fiit d'Avignofi. Dans d'autres teikis ks eK- eotnnïQflîcaiions de Rome auraient fuivi. des outrages ; mais c'était des arme^ u* fêl, &c devenues ridicules : il lallut que k pape pliât, il fôt forcé d'exiler de Roane fon prepre ircre, d'envoier feu ne- Wu k cudind Chigi, en qualhé tk lé- gat à bUm^ faire iàtis^ftâion au .roi, dt cafler lagardeCorfe,&îd^ver ^dans Rome ufle >{âmtnide) /anec une iafcfiption qui ^mraaait^rfl^ut^ 4c ih xépaitttion. M cardi* 134 Louis XIV./ cardinal Chigi fût le premier légat de la cour Romaine, qui fût jamais envoie pour demander pardon. Les légats auparavant venaient donner des loix & impofer des décimes. Le roi ne s'en tint pas à ^ faire réparer un outrage par des cérémo- nies paflagéres, & par des monumens qui le font aufli (car il permit quelques, années apr^s la deftruâion de la pirami-^ de ;) mais il força la cour de Rome à ren-: dre Caftro & Ronciglione au duc de Par* me, à dédommager le duc de Modépe; de iès droits fur Comacchio ; & il tira ainfi d'une infulte. L'honneur folide d'c-. tre le proteftcur des princes d'Italie.- En fbûtehant ainfi.fa dignité, il n'ou-i bliait pas d'augmenter fon pouvoir. Ses. iinances bien adminiftrées par Golbert, le mirent en état d'acheter Dunkerque & Mardikdu roi d'Angleterre, pour cinq millions de livres, à vingt-fix livres dixi fols le nlarc. Charles II, prodigue & pau- vre, eût la honte de vendre le prix du. 27 fang des Anglais. Son chancelier Hide^, ^^' accufe d'avoir ou conlèillé ou foûffert; ' cette faiblefle,fût banni depuis par le par- lement d'Angleterre j qui puni ibuvent les<^ fautes des tavoris,. & qui quelquefois même juge fes ^rois^.. '^63. Louis fit travailler trente-mille hom-- mes à fortifier Dunkerque du côté de la> terre. Jufqu^à 1666. 135 terre & de la mèr. On creufa, entre la ville & la citadelle, un baffin capable de contenir trente vaifTeaux de guerre, de forte qu^ peiné les Anglais eurent ven- du cette ville, qu'elle devint l'objet de leur terreur. Quelque tems après, le roi força Iç 30 duc de Lorraine à lui donner la forte vil- ^^ût le de Marfal. Ce malheureux Charles IV, '^^3* guerrier alîcz illaftre, ^mais prince fai- ble, înConftant & împrùdent, venait de faire ^ùn traité, par lequd il donnait la Lorraine* à la France après là mort, à coh-^ ditiôn que le roi lui permettrait de lever un million fur Tétat qu'il abandonnait, & que les princes du fang de Lorraine ferai- ent; réputés priilces du fang de France/ C^ traité, vainement vérifié au parlement de Paris, ne férvitqu'à produire de nou- - veiles inconftances dans le duc de Lor~ raine ; trop heureux enfuite de donner Màrfal, & défe remettre à laclémencedii' foi» ' ■/ ' ' ' ' - Louiï augmentait fes- états même pen^-; dant la paix, & fe ^ tenait toujours prêt pour la guérite, faifant fortifier fes fron- tières, tehaht fes troupes dans la difci- I^Kne, augmentant leur nombre,, faifant dès- reVuës fréquentes. Les Turcs étaient alors très^redbuta-' Mes eor Europe s ils attacjuaiènt S la foiai Tem* 136 Louis XIV. rempereur d'Alkmagne & les VéniriCTs. La politique des rois de France a toujours: été, depuis François premier, d'être alliez des empereurs Turcs, non ièulement pour les avantages du commerce, mais pour empêcher la maifon d'Autriche de trog prévaloir. Cependant un roi chrétien ne pouvait rdfufer du fecours à l'empereur trop en danger, ^ l'intérêt de la France était bien,, que les Turcs inguiétaifent h Hongrie, mais non pas qu'ils l'envahit fent i ^ epfin fes traii^s avec l'empire lui faiiàient un devoir de cette dénfurche l;K>norable. Il envoie 4onç£x-mille4K)fn7 mes en Hon^e, ious les ordres du com • te de Cdigi^ij, feul refte de la maiiofi de ce Cdi^ autrefois fi célèbre dans nos guerres civiles, & qui paérite peut-être une aufli grande rçnonimce que cet atoJH rai, par fon cour-^e & par la veitu^ L'amitié i'avait attaché «an grand Condé ^ & toutes les of&e« du cardinal ^l^^ri]^ n'avaient jamais pu l'engager à manqua à ion ami. U mena ^vec lui l'élite de k noblefiè de France, & entre ^uçre^^Jl^ jeune la FeuiUade, homme êaterprenan^. Se avide de gloire & de fortune. Ce^ A <>ût français dléren^ fervir en Hoirie foo^ *664.jg gé^éIral Montécuçuli, ^mi tq>ajt tetg^ alorf au-gr^s^i^ Kiupeiai, .^ ]qui de- puis en ^ryant;iEiQ<^re Ja F4Fii|M3ej[t|ala^9 ' ' ^ la JufipCà t€66. 137 la réputation de Turenne. H y eAt un grand combat à Saint-Gothard au bord du Raab, entre les Turcs & l'armée de l'cmperair. Les Français y fireiït des pR>- diges de valeur; les AUemans même, qui ne ÏC& aim^ent point, furent obligés de leur rendre juftice. Mais ce n'eft pas la rendre aux Allemans, de dire, comme on a iàit dans tant de livides, que les Fran- çais eurent feuls rhonneur de la vidoim. Le roi, en mettant fa grandeur à Ib* courir ouvcrteniait Tempeirur, & i donner de l'édat aux aimes FrançinfeSy mettah: fa politique à ibôtenir fecreoce- ment le Portugal con^eTEffagne. Lecar*- dînai Maxarin avùt abjuxlonné formelle-' meot ks Portugais par le ttàifié «des Pi* renées ; msûs TE^uig^ a:vait fait plu- fieurs petites Inft'aQkxKs tadt»es à la paix* Le Français en fit une haixiîe àc decifiret le maréchal de Schombeig, étnai^r À Iwngenot, paflà en Pbrtu^ a;?ec matre* miUe fbldats Français, qull paiait de far- gent de Louis XIY, Se qu'il feignait de £>udoièr au nom du rot Portu^is. Ces quatre^mille foldats Français, joints wax troiq>es Portugaifes, remportèrent à Vilia- 17 Viciola une viftoire complette, qui af- J»^»'* , fermât le trô^cdans la maifon de Bra-'^^^" gance. Ainfi Louis XIV paflait déjà pour, un prince guerrier & politique, & l'Eu- rope • Ï38 Louis XIV. rope k redoutait même . avant qu*il eue cncor fait la guerre.. Ce fût * par cette politique,. qu*il évita malgré les promeflès,. de joindre le peu de vaiflèaux qu^il avait alors,, aux flottes HoUandaifes. Il s'était allié avec laHoUaa- de en 1662. Cette république, environ ce tems-là, recommença la guerre contre r Angleterre, au fujet du vain & bizarre honneur du paviUon, & du droit réel de fon commerce dans les Indes. Louis voiait avec plaifîr ces deux puifTances maritimes, mettre en mèr tous les ans,. Tunè contre Tautre, des flottes de plus de cent vaiâbaux,. & fe détruire mutu- ellement par les bat^lles les plus opiniâ- tres qui fè foient jamais données^ dont tout le fruit était raflfaiblifllementdes deux /ii,i2, partis. U s'en donna une qui dura trois I tum J^^^^ entiers. Ce fût dans ces combats, 1 1^66^ que le Hollandais Ruiter acquit la réputa- tion du plus grand homme de mèr qu'on eût vuencor. Ce fût lui qui alla brûler les plus beaux vaiflèaux d'Angleterre jiifques dans fes ports à quatre lieues de Londres. j II fit triompher la Hollande fur les mers, I dont les Anglais avaient toujours eûTem- ' pire, & où Louis XIV n'était rien encorci La domination de l'océan était parta- gée depuis quelque tems entre ces deux nations. L'art de conftruire les vaiflèaux». & JnfyiCà , 1666. 139 èc de s*cn fervir pour le commerce & pour là guerre^, n^était bien connu que d'elles. La France^ fous le miniftére de Rir chelieu^ fe croiait puifiante fur mèr, parce que d'environ foixante vaifleaux ronds que l'on comptait dans fes ports, elle pouvait en mettre en mèr environ trente, dosit un feul portait foixante & dix ca^ nons« Sous Mazarin, on acheta des Hol- landais le peu de vaiflèaux que l'on avait. On manquait de matelots, d'officiers, de manufaâ:ures, pour la conftruétion & pour l'équippement- Le roi entreprit de réparer les ruines de la nxarine, & de donner à la France tout ce qui lui man- quait, avec une diligence inçroiable *, mais en 1664 & 1665, tandis que les Anglais ^ les Hollandais couvraient l'océan de près de trois-cent gros vaiflèaux de guerre, il n'en avait encor que quinze ou feize du dernier rang, que le duc de Beaufort occupait contre les pirates de Barbarie ; & Jbrfque les Etats-Généraux preflcrent Louis XIV de joindre f^ flotte à la leur, il ne fe trouva dans le port de Brefl: qu'un feul brûlot, qu'on eût honte de faire partir, & qu'il fallut pourtant leur cnvoier fur leurs inft:ances réitérées. Ce fût une honte, queLouis XIV s'empref-T fa bien vîtc d'efiàcer. Il donna 4UX Et^ts un fecours de fe$ forces 140 LotJTS XIV, forces de «erre, pdus ^efieiiltiei & ^ha honorable. 11 leur envoia ûx^-wàiié Fran^ i^ais, poui- ks défendis contre i'^éque de Munft^y Chriftofle^Bemard de Gaafeti^ )prâat guerrier &:enn^ni implacable, &)u<^ ddépar T Angleterre paurdcfolerlaHoî* Iwde. Mais il leur fit païer ofaéremem ce fecours, & les traita comme un faonam pui(ïàtvt) qui v^etid ûl ppoteétion à des marcfittnds >opiitens» C<^rt mit Air le«r compte^ non feulement la folde de rudence de ces provinces, revenir à fa femme, malgré fa renon- -ciatioi). Si les caufes des rois pouvaient fe juger par les loix des nations à un tri- bunal désintércfle, TafFaire eût été un peu douteufe, Louis fit examiner fes droits par Ion confeil & par des théologiens, qui \ts jugèrent inconteftaWes j mais le confeil & le confeffeur de la veuve de Philippe IV les trouvaient bien mauvais. Elle a- vait .pour elle une puiflànte raifon, la loi cxpreflc de Charles-quint ; mais les loix de Charles-quint n'étaient guéres fuivics par la cour de France. Un de ces prétextes, que prenait le con- feil du toi, était, que les cinq-cent-millc écus données en dot à fa femme, n'avaient point ét^ païés, mais on oubliait, que la dot de la fille de Henri IV ne Tavait pas été davantage. La France ,& TEipagne 1 combattirent d'abord par des écrits^ ou l'on étala des calculs de banquier & des raifons d'avocat ; mais la feule raifon d'é- tat était écoutée. Le roi, comptant encor plus fur fes 1667. forces que fur fes raiibns, marcha en Flandre à des conquêtes afîurées. Il était à la tête de trente-cinq-inillc hommes : un autre corps de huit-nciiHe fut envoie ^vcrs Dunkerquf > un de quatre-mille vers Lux^ 144 Louis XIV, Luxemboui^. Tarenne était fous lui k général de cette armée. Colbert a^^c multiplié les refiburces de l'état, pour Samanir à ces dépeniès. Louvois, nouveau miniftre de la guerre, avait fait des pri^ paratifs immenfes pour la campagne;!)^ magazins de toute efpéce étaient diftri- bués fur la frontière. Il introduifit le prc* mier cette méthode avantageufe, que la faibleflè du gouvernement avait juf«> qu'alors rendue impraticable, de faire lubfiitèr les armé^ par ma^^in : queU que fiége que le roi voulût faire, dbqqel> que côté quUl touniât fte armes, les^ ie^ cours & des fubfiffaances étaient prêtes, les Ic^mens des troupes marques^ leur marches re^ée5^Laxli;rcipIine,randuë plus févéredc jour enjour parl^anftérite iiu âéxibie du minifireyienchainaît tous les ofI|cksrs' à leur dévioir. I^jSl préfence^^un jcuneh)!, Tidole de fcm armée, leur ren* dait la dureté de o& devoir aâlBe Ss chère. Le grade militaire commença dès** lors à^ are un^ droite beauccmp au deiîUs de celui de la naiifance. Lf^ iër vices, & , i^: 1 min Jcsatèiiix, furent! cofnptés, ce qui ne sftetfflC -guéres vu^ encore. Barlà rofEder de^kiplus^^ médiocre naifiànce fôr encGu* r^gé^ fioB que ceux de la^ {dus haute eà^ 'liot.à&.plaindi^^i L^infas^tetie; fiir:qui tonbaitoDut k.* poîdSidQ ht guene d^k Jufqtcà 1668. 145 nnutilité reconnue des lances, partagea les récompeniès, dont la cavalerie était en poflèflion. Des maximes nouvelles dans le gouvernement inspiraient un nouveau courage. le roi, entre un chef & un miniftre é- galement habiles, tous deux jaloux Tun de Tautre & ne l'en fervant que mieux, fuivi des meilleures troupes de TEùrope, enfin ligué de nouveau avec le Portugal, attaquait avec tous ces avantages une province mal défendue d'un roiaume; ruiné & déchiré. Il n'avait à faire qu'à fa belle-mére, femme faible dont le gou- ^ vernement malheureux laiflait la monar- chie Efpagnole fans défenfe. La veuve de Philippe IV avait pris pour ion premier miniftre, un jéfuite Allemand Ion confef- feur, nommé le père Nitard, homme aufli capable de dominer fur fa péniten- te^ qu'incapable de gouverner un état, n'aiant -rien d'un miniftre & d'un prêtre, que la hauteur & l'ambition. Il ofa dire un jour au duc deLerme, même avant de gouverner : Ceft vous qui me deroez du ref- fe^^ puifque f ai tpus les jours votre Dieu dans mes mains ^ fif votre reine à mes pieds. Avec cette fierté fi contraire à la vraie gtandeur d'efprit, il laiflait le tréfor fans argent, les places de toute la monarchie en ruine, les ports fans vaiflfeaux, les G armées 146 Louis XIV, armées fans difcipline, dcftituées de chefs, mal païées,& plus mal conduites devant un ennemi, qui avait tout ce qui man- quait à TEfpagne. L*art d'attaquer les places comme au- jourd'hui, n'ctait pas encor perfectionné, parce que celui de les bien fortifier & de les bien défendre, ét^t plus ignoré. Les frontières de la Flandre Elpagnole é- taient prefque fans fortifications & fans garnifons. Louis n'eut qu'à fe préfenter devant elles. Il entra dans Charleroi, comme dans Paris; Ath, Tournai, furent prifes en deux jours ; Furnes, Armentiéres,Cour- 6 trai, ne tinrent pas davantage. Il defcen- Jmll. ^j|. j^j^g 2a tranchée devant Douai, & el- y^'J^ç le fe rendit le lendemain. Lille, la plus i667.floriflrante ville de ces païs, la feule bien fortifiée, & qui avait une garnifon de 27^ fix-mille hommes, capitula après neuf •^^"^•joîirsde fiége. Les Elpagnols n'avaient que huit-mille hommes à oppoier à l'ar- mée viétorieufe ; encore l'aiTiére-garde ^^ dé cette petite armée fut-elle taillée en Août, pièces par le marquis, depuis maréchal de Cîréqui. Le refte fe cacha fous Bruxelles & fous Mons, laiffaiit le roi vaincre fans combattre. Cette campagne, faite au milieu de la plus grande abondance, parmi des fuc- cès ces fi fkcileS) patut te voiagjb d'un" cour. La bonne chét&, le luxa- & les plaifîrs^ s'introduilîrent alors dans nos armées, dans^ le tems même que la difciplîne s'af- fermiflàit. Les officiers faifaient le devoir militaire beaucoup plus éxaftement, mais avec des commodités plus recher- chées. Lema(réchaldeTurennen*avaitcû longtems que des affiettes de fer en cam- p^ne. Le nKUrquisd'Humiéres fût le pre- mier, au fiégtt d'Arras en 1658, qui fe fit fervir en vaiflfeUe d^argent à la tranchée, & qui y fit manger des ragoûts & des entremets. Mais dans cette campagne de iftjyi où un jeune roi aimant la magni- ficence^ étalait celle de fa cour dans les fatigua -de la» guerre, tout le monde fe piqua de fomptuofité & de goût dans la bonne chère, dans les habits, dans les équipages. Ce luicc, la marque certaine de la* richeflc d'ungrîwhi état, & fou- vont la caufe de la décadence d'un petit, ét^t cependant encor très peu de chofe, auprès de celui qu'on a vu depuis. LeroJ, fes gencrauic & fes miniftres, allaient au rengez-vous de l'armée à cheval, au- lieu qu'aujourd'hui il n'y a point de ca- pitaine de cavalerie, ni de feçrétaire d'un officier général, qui ne faflè ce vola- ge, en chaife de pofte avec des glaces & des refforts, plus commodément & plus G 2 tranqui- :; 148 ' Louis XIV. tranquilement, qu'oii ne faiikit alors une vifite dans Paris d'un quartier à un au- tçe. La délicateflè des officiers ne les em- pêchait point alors d*allèr à la tranchée, avec le pot en tête & la cuiraJIè fur le dos. Le roi entonnait Téxemple : il alla ainfi à la tranchée devant - Dcîuai & de- vant Lille. Cette conduite f^e conferva plus d'un grand homme. Elle a été trop . nfgligée depuisipar des jeunes-gens peu robuftes, pleins de valeur mais de naol- leflè, & qui femblent plus crtiindrç là fa- - tigue que le danger. La rapidité de ces conquêtes remplît d*allarmes Bruxelles-, les citoiens tranf- portaient déjà leurs effets dans Anvers. La coilquêtede la Flandre entière pouvait ctre Touvrage d'une campagne. Il ne man- quait \u roi que des troupes aflèz nom- brcwfes, pour garder les places, prêtes à s'ouvrir à fès armes. Louvois lui conlêiila ' de mettre de groffes gatnifôns dans les villes prifes, & de les fortifier. Vauban, l'un de ces grands hommes & de ces gé- nies qui parurent dans ce fiécle pour le fervice de Louis XIV, fut chargé de ces fortifications. Il les fit fuivant fa métho- de nouvelle, ,devenuë aujourd'hui la ré- gie de tous les bons ingénieurs. On fut étonné de ne voir plus les places revê- tues. fufyeà r668 'ï49 tues, que d'ouvrages prei'que au niveau f de la campagne. Les fortifications hautes & menaçantes n'enétaieiit que plus ex- \ pofées à être foudroiées par l'arcillerie' : i plus il les rendit razantcs, -moins elles 1 étaient en prifc. Il conftruifit la citadelle lôes. deLille fur cesprincipes. On n'avaitpoint ' encor en France détaché le gouverne- ment d'une ville de celui de la tbrterefîè. L'exemple commença en faveur de Vau- , ban ; il fût le premier gouverneur d'une ■ citadelle. On peut encor obièrver, que le ■prqniér de cés^ plans en relief qu'on \ voit dansjîkgalçrie-duLoyvïe, fût celui ; des fortifications de Lille. Le roi le hâta de venir jouir des ac- clamations des peuples, des adorations ' de fes courtifans & de fes maîtreîTes, & des fêtes qu'il donna à fa cour. G 3 Cha- Louis XIV. Cha^it.R5 Huitième. Conduite de la Franche- Comté : paix d'jÊix-ïa-Chapeile. ON était plonge dwsles dîyertiSe- mens à Saint-Germain, lor^u'aw 1 668. cœur de Thivèr au mois de Janvier, on fût étonné de voir des troupes marcher* de tous côtés, aller & revenir fur les che- mins de la Champagne, dans les trois tvéchez : des trains d'artillerie, des cha- riots de munitions, s'arrêtaient fous di- vers prétextes, dans la route qui mène de Champagne en Bourgogne. Cette partie de la France était remplie de mouvemens dont on ignorait la caufe. Les étrangers >ar intérêt, & les courtifans par curio- ité, s*épuifaient en conjeétures : l'Alle- magne JufgtCà i66S. 151 magne était allarmée : l*objet de ces pré- paratifs & de ces marches irréguliéres, était inconnu à tout le monde. Le fecret dans les confpirations n'a jamais été mieux gardé, qu'il le fut dans cette eïi- treprife de LouisXIV. Enfin le 2 deiFévrie'r il part de Saint-Germain, avec le jeune duc d'Enguien fils du grand Côndé, & quel- ques côurtifans : les autres officiers é- taient au rcndez^vous des troupes. Il v^ à cheval à grandes journées, & arrive à Dijon. Vingt-mille hommes, afîèmblés de vingt routes différentes, fe trouvent le même jour en Franche-Comté à quel- ques îfcuës de Befançon % & le grand Con;; dé paraît à leur têt^, aiant pour fon prin- cipal lieutenant-général,Bouteville-Mont- morcnci fon ami, devenu duc de Luxem- bourg, toujours attaché à lui dans la. bonne & dans la mauvaife fortune. Lu- xembourg était i*éléve de Condé dans Tatt de la guerre ; & il obligea à force de mérite, le roi qui ne l'aimait pas, à Pemploier. Tel était h: nœud de cette enterpriit imprévue •, le prince de Condé était ja- loux de la gloire de Turenne, -& Louvois de là faveur auprès du maître ; Condé é- tait jaloux en héros, & Louvois en mini- ftre. Le prince, gouverneur de la Bour* gogncqui touche à la Franche- Comte,. G 4 avait 152 r Louis XIV. avait formé le deflèin de s'en rendre maî- tre en hiver, en moins de tems que Turen- ne n'en avait mis Tété dernier à conqué- rir la Flandre Françaife. Il communiqua d'abord Ion projet à Louvois, qui i'em- . braffa avidement» pour éloigner & ren- dre inutile Turenne, & pour fervir en méme-tems Ion maître. Cette province aflèz pauvre alors en argent, mais très fertile, bien peuplée, étendue en long de quarante lieuës> & large de vingt, avait le nom de Franche^ & l'était en effet. Les rois d'Elpagne en étaient :plustôt les protedteurs que les maîtres, Quoique ce païs fût du gouver^ nement de la Flandre, il n'en dépendait que peu^ Toute l'adn^iiniftration étaitpar- tag.^e & difjputée, entre le parlement & le gouverneur . de la Franche-Comté. Le peuple jouiflait de grands privilèges, toujours reipeftés par la cour de Madrid, qui ménageait une province jaloufe de les droits, & voilîne de la France. Ja- mais peuple ne vécut fous un gouverne- ment plus doux, ' & ne fut fi attaché à l'es iouverains. Leur amour pour la mai- jbn d'Autriche s'eft confervé pendant deux générations. Mais cet amour était plusr tôt celui de leur liberté. , Enfin la Franche-Comté était heureufe, mais pauvre j & puifqu'elle était une ef- ' péce "Jufqu^à 1668: 153 péce de république, il y avait des fac- tions. Quoi qu'en dife^ Péliflbn, on ne fe borna pas à emploier la force. On gagna d*abord quelques citoiens par dès préfens & des efpérances. On s*aflura Tabbé Jean de Batteville, frère de celui qui aiant infulté à Londres Tam- bafladeur de France, avait procuré par cet outrage, rhumiliation de la branche d'Autriche Efpagnôle. Cet abbé, autre-- fois officier) puis chartreux, puis Turc, & enfin eccléfîaftiqué, eut parole d'être grand-doien & d'avoir d'autres bénéfices. On corrompit le comte de Saint- Amour neveu du gouverneur ; & le gouverneur l^ï-méme, à la fin, ne, fiit pas inflexible. Quelques confeillers de ce parlement furen,t achetés peu cher. Ces intrigues fe- çrettes, à peine commencées, fiirent foutenuçs par vingt-mille hcwnmes. Be- fanço4 îvi capitale de la province, eft inveftie par le prince de Condé : Luxem- bourg court à Câlins : le lendemain Be-^ fahçon, Sç Salins fe rendirent. Befançon ne dcmandapour capitulation, que la con- fervation d'un Ikint Suaire, fort révéré dans cette ville ; ce qu'on leur accorda très aifémoit. Le roi. arrivait à Dijon. Louvois, qui av^it vcJé fur la frontière pour diriger toutes ces marches, vientr lui apprendre, que' ces deux villes font G 5 aflié- ■154 Louis XIV. afli^ées & prifes. Le roi courut «uflitôç ie montrer à la fortune, qui faifait tout pour Kû. ' ■ : n alla aifiéger Dole en perfonne. Cette place était réputée forte : elle avait pour commandant le comte de Montrcvel, homme de gran4 cpurage, fidèle par grandeur d'amç aux E^agnols qu'il haïf- feit, & au ,parlem«it qiril péprifait. Il n'avait pour garnifon, " gu^ quatre-cent' ftddats & les citoien dre. La tranckéc 'i ' dans les formes. A j qu'une foule de jei fiiivîûent le roi, cou treîcarpé & s*y logé dé, à qin Page & donné un courte l tenir à propos, & pour les en tirer. Ç avec fon fils, & i compte de tout au roi, coipme un offi- cier qui aurait eu & fortune à iaire: Lé roi, dans fon quartier, montrait pliis- lôt la dignité d*un monarque dans' fa cour, qu'une ardeur impétueufe» qu^ n'était pas néeeflf^rc. toute lé cérémonial de Saint-Germain était ôbfervé^ Il avait fon petit coucher, fes grandes, fes peti- tes entrées, une -faite des audiances dans fa teiite. Il Be tempérait le fafte du trône qu*ea qu'en faîfant manger à fa ' table fçs offi- ciers-généraux & lès aides de camp. On ne lui voiait point dans les travaux de la guerre, ce courage emporté de François. Premier & as, Henri IV, que cherchaient toutes ks dpéces de dangers. Il fe con- tentait de ne les pas craindre,^ & d'en- gér tout le monde à s*y précipiter pour ' i ayec ardeur. Il entra dans Dole au- ^^^ bout de cmatre jours de fiége, douze 1 66»» jours après ron départ de Saint-Germain v & enfin en moins de trois femaines, tou- te la Franche-Comté lui fût foûmife. Le eonfcil d'Efpagne, étonné & indigné du peu de relîftance, écrivit au gouvemedrr : Qae le roi de France aurait dû envoler fès laquais, prendre pofièffîoa de ce y, païs,. aulieu d*y aller en perfonne. ** Tant de fortune & tant d'ambition ré-, veillèrent TEurope afloi^ie -, Tempire commença à fè remuer, & Tempereur \ lever des troupes. Les Suiflès^voifîns des Francs-Comtois, & tjui n'ont de bien, que feur liberté, tremblèrent pour elle. Le refte de la Flandre pouvait être envahi au printems prochain. Les Hollandais,, àqui Û avait toujours importé d'avoir lesFran- çais pour amis, firémiflàient de le& avoir pour voifins» L'E^^pe alors eut recours ; à ces mêmes HoUandàisr,, & fut en effet protégée par cette petite nation,, qyai ne 156 LrOVis XIV>> lui paraîiTait auparavant que méprifable ^ & rebelle. La Hollande était gouvernée par Jean de With, qui dès Tâge de vingt-cinq ans avait été élu grand-penlîonnaire ; hom- me amoureux de la liberté de fon pais, autant que de fa grandeurperibnnelle : af- fujetti à la frugalité & à la modeftie de fa république, il n'avait qu'un laquais &' une lervante, & allait à pied dans JaHaie, tandis que dans les négociations de l'Eu- rope, fon nom était compté aVec les noms, des plus puifTans rois ; homme in- fatigable dans le travail, plein d'ordre^ de fageflè, d'induftrie dans les affaires^ excellent citoien, grand politique, & qui c^penilant fût depuis très-malheu- reux. : Il avait contraélé avec le chevalier Temple, ambafladeur d'Angleterre à la Haie, une amitié bien rare entre des mi- nillres. Temple était un philofophe, qui joignait les lettres aux affaires ; homme de bien, malgré les reproches que l'é- vêque Burnet lui a faits, d'athéifme j né avec le génie d'un fage républicain, ai- mant la Hollande, comme fon propre païs, parce qu'elle était libre, & auflî jaloux de cette liberté que le grand pen- fionnaire lui même. Ces deux citoiens s'u- nirent avec le comte de d'Hona ambaffa- deur t . Jufqu^a i665. 157 Jeur Suéde, pour arrêter les progrès au roi de France. Ce tems était marqué pour les événc- mens rapides. La Flandre qu'on nomme Flandre Françaife^ avait éfé prile en trois mois ; la Franche-Comté en trois ièmair nés. Le traité entre la Hollande, l'An- gleterre & la Suéde, .pour^enir la. balan- ce de l'Europe & r^rimer l'an^bitioni de Louis XIV, fût p^î^pofé. & conclu en cinq jours. . v ' LouiSi XIV fût indigné, qu'un petit é- tat, tel que la Hollande, conçût l'idée de borner fes conquêtes & . d'être l'arbi- tre des roi^,;?&- plus- ençQT ,qu'dle en fût capable. GettepntrfeprifedesPîrovjn- ces-uqies lui fût un outrajge fenfible,, qu'il fallut dévorer, &" dont il ; médita dès-lors la vengeance. • w . . Tout ambitieux, tout puiffant & tout irrité qu'il éçait, il détourna l'oragç qui allait s'élever de tous les côçes. de l*Eu-. rope. Il propofa lûi-n>ême la paix^ La France & l'Efp^gpe choifirent Aix-U- Chapelle pour le lieu des conférei^içes, & le nouveau pape Rofpigliofi^ Clénrxient neuf,, pour médiateur. L4 cour de Rome, poujr décorer la faibleflë d'un crédit apparent» rechercha par toute forte de .tnoiens, l'honneur d'être l'arbitre entre les couronnes. Elle "n'avait 158 Loufs XIV. n*avaît pu Tobtenir au traite des Pirenécs % elle parut Tàvoir au moins à la paix d'Aix-la-Chapelle. Un Nonce fut envoie à ce congrès, pom être im fantôme d'ar- bitre, entre des fantômes de plénîpoten- tiaires. Les Hollandais, déjà jaloux de la gloire, ne voulurent point partager cd-^ le de conclure ce qu*ils avaient com- mencé. Tout fe traittait en eflfet à Saint- Gentil, parle miaâlerd de leur am- bafladeur Van-beuning. Ce qut avait çté accordi en fecret par lu^, était envoie à Aix-k-Cbâpelle^ pour être i^lé'àvcc ap* pau^eil par les miniftres^ ^lèmblés au con- grès. Qui eftt dit trente ans auparavant, qu\in bourgôoîs^ difr Hollande, obligerait- la Frsffîce & J^E^aghe à recevoir fe* naé^ diatîon ? Ce Van-beuning, boucguemeftre d*- Amfterdam, avait la vivacité d*un Fran- çais & la fierté d^un ËlpagnoL II fk plai^ &it à choquer dans toutes k» occafîons, la hauteur impérieufe du roi ;. & .of^x)- fait une infléxî&Yti^S républicaine-, au ton de &périorité, que les minières de France com«iençaient à prendre*. N^ vous fiez^ vous pas à la parole du roi ? kai âk^àt mon»^[ fiéur de Lionne 4an5 une conférence- yi-- ^nom ce que viuP le r^ dit Van-beuning v je cottftdire ce (^ il peut. Enfin \ h^ cour du: jjpUis fuperbe monarque di^ aïonde, ua^ boui- bourguemeftre conclut avec autorité une ', paix, par laquelle le roi fut obligé de^?' rendre la Franche-Comté. Les Hollandais eiiffent bjeu mieux aimé qu'il zlt tendu , - U Fl^^re, & être délivrés d'un vollin fi redoutable. Mais toutçs les nations trouvèrent, q<-ie le roi marquait ailêz de modération, en fe privant de la Franche- Comté. Cependant il gagnait davantage, en retenant les villes de Flandre } & il s'ouvrait les pQites .<^ k HçUandey qu'il fongcaic à détruire dans le tems qu'il Uû cétfaiv -. l'^O Louis XIV^ ' ■ .1 . . t. > Chapitre Neuvième;* Magnificence de Louis XIJ^. Conquête de la Hollande. fa LOUIS XIV, forcé de refter quelque tems en paix, con- tinua comme il avait commencé, à régler, à fortifier & embellir fon roi- aume. Il fit voir qu\m'roi abfolu, jui veut le bien, vient à bout de tout ans peine. Il n'avait qu'à commander ; & les fuccès dans l'adminiftration étaient aufli rapides, que l'avaient été fes con- quêtes. C'était une chofe véritablement admirable, de voir les ports de mer, auparavant défèrts & ruinés, maintenant entourés d'ouvrages, qui faifaient leur ornement & leur défenfe, couverts de na- Jufqu'à 167^. 162 navires & de matelots, & contenant déjà près de foixante grands vaiflèaux, qu'il pouvait armer en guerre. De nou- velles colonies, protégées par fon . . pa- villon^ partaient de tous côtes, pour TA- n>érique, pour les Indes Orientaks, pour les côtés de 1* Afrique. Cependant en France, & fous fes yeux, des édifices im- menfes occupaient des milli^s d'hom- mes, avec tous les arts que Tarchiteélure entraine après elle ; & dans, l'intérieur de fa cour & de fa capitale, des arts plus nobles & plus ingénieux donnaient à la France des plaifii:s & une gloire, dont les iiécles précédens n'avaient pas eu .même ridée. Les lettres fiori0aient. Le jbon goût & la raifbn pénétraient dans les écoles de la Barbarie. Tous ces détails de la gloire & de la félicité de la nation, trouvc^ ront leur véritable place dam cette 3iir Jftoire ; il ne s'agit ici que des affaires générales & militaires. ï Le Portugal donnait en ce tems un ipeftacle étrange à l'Europe. Dom AI4 phoniè, fils indigne de .l'heureux dom Jean de Bragançe, y régnait. Il était fiif rieux & imbécile*. Sa femme, fille du -duC de ^Nemours, amoureufe de dom Pédrc frère d' Alphonfe, . ofa concevoir le projet de détrône/ fon mari & d'époufer fon a-t ^97* mant. L'aJbrutiflçment de fon marijufti- * '^^ fia- 1^ 31 I 6b Lotxis XÏV. fia raudâcede la reine. Il ét^it d'une for- ce de corps au-deflus de rordinaire. U avait eu publiquement d'une courtifane, ^un eirfant qu'il avait reconnu. Enfin il avait couché très-longtems avecja reine. Malgré-tout cela, elle Taccufa jl'impuif: iance ; & aiant acquis dans if^roiaumf: par fon habileté, Tautôrité que fon mari avait perdue par les fureurs, elle le fit enfcnner. Elle obtint bientôt de Romt une bulle pour époufer fon beau-frérc. H n*eft pas étonnant que Rome ait accordé cette bulle ; mais il Teft, qi^ des per*- fonnes toutes putfTantes en aient befoin» Cet événcttient, ^ui ne fit une réVolu- xiisa €pàt «dans la famâk TOisâe & fion daos le potaume de PtMtugdi, n-aîant rien Aat^é mix affaires de TËurope, ne me* ficê d'attention qtie par la fingularité. - La France re^t bientôt après, un r. PfVftit été jefuitc & cardûwl, av^nt d*c- trje roi ; ^ dégputé également de la roimti & de réglife, il ne cherchait qu'à vivre en particulier & en fage, & fte voulut jf«nais fouâfrir qu'on lui don- nât à Pari3 le titre de majefté. - Mais une affaire plus intéreflantc te- l^ait tpijs les princes chrétiens attentifs. Les Turcs, moins formidables à la vér rite que du tems des Mahomets, des Se- lims & des Solimans, mais dangereux «ncor & forts de nos diviiîon^, aflié- ;S'il était pliis étonnant, que les Vénitiens Jfe Iu0cnt défendus fi longtèms» ou que -I^j'çd3 d)Çl!£ui:epe kfiirà&oc^baadosv- nés. JU§s fsjm ét^kfA Jbiep changés. Autre- ipé,lpr^uç fËMOpe chrétienne ,etak btxv îî>a% ufï p^, oin mên^ ua mûipe, envoie ^kjdes Q9iMipn34e chrétiena combattre Icb Mahoçnçt^nç d^$ l^r empire : nosétat^ y ^mif^iej^j d'tommes & d'aiigent, pour ,^ler coaqi^^rir Ift miférable & ftérile pror yiççe 4e Ju^ ; & maintenant .qi^c Tile Àp Ç^die, f çpatée ie boulevard deiaçb» #éi^ç, é^m inondée àc. ibâxanfie^jaiHk Tu^s, leç rQJs çhxkkM çeganjaicnt cette perje ^yec i^difiference. Quelques gdtô- 4Ê^ ik MÛi^ &4u p^pe» étaipit le ieul fecours. ^ ' '164 ' Louis XIV. . &cours, qui ! défendait cette république contre l'empire Ottoman. Le l?nat de Vénife, aufli impui fiant que fage^ ne pou- vait, avec fes foldats mercenaires & des fecours fi faibles, refifter au grand-vifir Kiuperli, bon miniftre, meilleur généi- rai, maître de l'empire de la Turquie, fui^ vi de troupes formidables, & qui même avait de bons ingénieurs. Le roi donna inutilement aux autres princes l'exemple de fecourir Candie. Ses galères, & les vaiflèaux nouvellement conftruits dans le port de Toulon, y por- tèrent fept-mille hommes,* commandés par le duc de* Beaufort : fecoujrs devenu trop faible dans un û grand danger, par- c^ que la générofité Française ne fut 4mi^ tée de perfonne. - ' . La Feuiilâde, fimpk gentilhomme ï'rançais, fit une aftion qui n*iivait d'é- xsmple que dans les ancfenls tems de la chevalerie. U mena près de troîs-^ecttt gentilshommes à Candie, à fes dépens, quoiqu*il ne fût pas riche. Si quclqu*- autre nation avait fait pour les Vénitiens à propprtion de la Feuillade, U eft à croi- re que Candie eût été délivrée. Ce fe- cours ne' fervit qu'à retarder la pdfe de quelques jours , & à vetfer du fang inuti- lement. Le duc de Beaufort périt dans une ibrtie^ & Kiupçrli entra enfin par cah pitu- JûfqtCâ 1673/ 165 pitulation 'dans cette ville; qui n'était 16 plus qu'un CTiqncôau'de^ruines* ? Sept. Les TuTÈs dans ce fiége is'étaient mon- ^^^9- très lupérieUrs aux chrétiens même dans la connaiflknce de Tart militaire. Les plus gros canons qu'on eut vus encor en Eu-* rope, furent- fondus dans leur camp. Ils^ fkent, pour la première fois, des lignes- parallèles dans les tranchées, C'eft d'eux, (|ue nous avonsappris cet ufage; mais ils ne létfnrent que d'un ingénieur Italien. Il eft certain que^des vainqueurs, tels que lerTurcsi avec de l'expérience, du courage, des richeflès, & cette confiance dam le travail qui faifait alors leur ca- raébére, devaient conquérir l'Italie & * prendre Rome en bien peu de tems. Mais les lâches empereurs qu'ils- ont eus de- puis, leurs mauvais gér^rauX, &ie Vice ; de leur gouvernenoent, ont été le falut de la chrétienté. Le roi, peu touché de ces événemens éloignes, laiflait ftieufir forî grand dfef- lèin de conquérir tous • les Païs^bâs, & de commencer par la HoUande.L^occafion devenait toiiis les jours plus favorable. Cetfô petite république déminait^ fur les mers*, mâtis fur la terre- rien ti'étaît plus- faible. Liée avec l'Elp^agfte & aved l'An- gleterre, en paix avec lâFf^ancé, elle fè repofait avec trop 'de fécurite fur les ..traités. tr^tési & fui; ks^ a^raiitages d'un com- merce immeBie, Autant que fes années; n^î^rgksr étaieftt d^iplmces & inyinci- bies i autant fes troupes de tedre étaicnr mal teniJës & méprifablies. Leur cavakrie n'était compofée que de bourgeois^ qui- mi Ibrtaient jamais de leurs maifons, & qui paï^t (ks gei^ dq^ la lie du pcu^ pie pjour faire le fervice ea leiH- pîacc L'înîanlerie était à-peu-prèa fur fe.mêmej pied ; les officiers^, les- commandiraj niême des place;^ de.guerro^ écaiemJeii enfans^ ou les j^rehs • des botiirgùemcs- tres, nourris dan$. l' jnexpérîtiice & dans î'oifiveté, regardatift Iqws çmjj^msycamh . me des prêtresi rf^andont tew^- bénéfices* I^^ penfioRoaire Jteaftjdd Wirii avait vou-? lu corriger cet-^al»^» in$ês Une l'avait pas affez voulu, & ce fut: une des grandes, fautes de ç^ répuWiçaîa, Il fallait d'abord détacher l'Angleterre dç la HplM&de. Ç^t app*3iî vem^it à man- quer aux Provincesrunie^, leur ruine pa- raifîaii InévitaWfe. U ne fut pas. difficile à Lopis.XJiy d'a)gî9g§r Charges dans fes def- feîns. ,Le mo^^rqi^ Anglais, n'était pm à Ia:y^r4j:p fbr^ i^i^^le^àla hont^ qyefon ré- gj^e 6f fa natfon av<^ent reçue, loriquç fes vaifièa^x fqreftt brûlés jufque${ dans 1» ri- vière . dp la Ti^mifcî, par la fiote Hoil^uri- ds^^. It ne reipirait, ni la vep^ance, ni les les conguêtes, U voulait vivre dans les plaifirs,' & régner avec un pouvoir moins gêné : c'eft par là qu'on le pou- vait féduire. Louis, qui n'avait qu'à par- ler alors pour avoir de l'argent, en pro- mit beaucoup au roi Charles, qui n'en pou* vait avoir fans fon parlement. Cette liai- '^7^« fbn^iècrette entre les deux rois ne fut con- fiée en France qu'à Madame^ foeur de I Charles fécond & époufe de Monjieur frère unique du roi, à Tu renne & à Louvois. Une princejQfe de vingt-lix ans fut le plénipotentiaire, qui devait confommer ce traité avec le roi Charles. On prit pour prétexte du pafTage de madanae en Angleterre,, un voiage que le roi vou- lut faire dans fès conquêtes nouvelles , vers Dunkerque & vers Lille. La pompe & la grandeur des anciens rois de TAiie n'approchaient pas de l'éclat de ce voia- ge. Trente- mille hommes précédèrent ou fuîvirent la marche du roi ; les uns 1 deftinés à renforcer les garnifons des païs -conquis, les autres à travailler aux fortifications, quelques-uns à applanir les chemins. Le roi menait avec lui la reine fa femme, toutes les princeflès & les plus belles femmes de Ja cour. Ma- dame brillait au milieu d'elles, & goû- tait dans le fond de fon cœur le plaifîr & la gloire de tout cet appareil, qui n'é- tait i68. Louis XIV. tait que pour elle. Ce fut une fête conti- nuelle depuis Saint-Germain julqu' à Lille, Le roi, qui voulait gagner les cœurs de fes nouveaux fujets, & éblouir lès voilîns, répandait par-tout iès libéralités avec profufion, Tor & les pierreries é- taient prodigués à quiconque avait le moindre prétexte pour lui parler. La prin- ceflë Henriette s'embarqua à Calais, pour voir fon frère, qui s'était avancé jufqu'à Cantorberi. Charles, féduit par Tamitié qu'il avait pour fa fceur & par l'argent de la France, figna tout ce que I^ouis XIV voulait, & prépara la ruine de la Hollan- de au milieu des plaifirs'& des fêtes. La perte de madame, morte à fon re- tour d'une manière foudaine & affreuiè, jetta des foupçons fur monfieùr, & ne changea rien aux réfolutions des * deux rois. Les dépouilles de la république, qu'on devait détruire, étaient déjà par- tagées par Je traité iècret, entre Içs cours de France & d'Angleterre, comme en 1635 on avait partagé la Flandre avec les Hollandais. Ainfi on change de vues, d'alliés Ôc d'ennemis & on eft fou- vent trompé dans tous fes projets. Les bruits de cette entreprife prochaine com- mençaient à fe répandre, mais l'Eu- rope les écoutait en filence. L'empereur occupé des leditions de la Hongrie, la Su:de Jufqu^à 1573. XIJ9 Suéde endormie par des né^ocîatîons,; f Efpagne toujours faible, toujours irré* foluë& toujours lente, laijQSdent une li- bre carrière à Tambition de Louis XIV. La Hollande, pour comble de malheur,' était dîvilee en deux faAions.^ Tune, des républicains rigides, à qui toute onibre d'autorité despotique femblait un mon- ftre contraire aux loix de Phumanité j Fautre, des républicains mitigés, qui vou- laient établir dans les charges de Tes an- cêtres le jeune prince d'Orange, fi célèbre depuis fous le nom de Guillaume trois. Le grand-pcnfionnaire Jean De Wîth & Corneille fon frère étaient à la tête des j)aF- tîfans auftéres de la liberté r mais le parti du jeune prince commençait à prévaloir. La république, plus occupée de fes dififen- tions domeftiques que de fon danger^ conttjbuart elle-même à fa ruine. Lorfe avait noh feulement acheta le roi d'Angleterre, il gagna encor Teleôeur de Cologne, & ce Van-Gaalen évêque de Muniîer, avide de guerres & de butin, ennemi naturel des Hollandais. Il les avait fecourUs contre cet évêque, & maintenant il s'urtiffaïtàluipour les per- dre. La Suéde, après s'être unie aux Hol- landais pour arrêter en i668 des progrès /î«'J* 167,3- 17,1 tendMt, qyp Ywi-Beuning s'ctwt ^} rèj-, préfeotèr avec un foleil, ,& ces mots pbuf, Miîe, 'h (snfpÙu mea'fietii fol. A mon à-, ^e£î lejûîeils*efi arrête. Cette médaUlè' ô&1*on n*entrak prelqué jamais. Les mï-' niffres An^ârs,:qtii mirent par écrit les ";iief$ de leur roi contre 1^ Hollande, y j)écifiérent des tableaux injurieux, tf%?i;r ^Sures. Les états, qui traduifaient tou- jours les mémoires des miniftres en Fran- çais, aiant traduit ahufive^ par \t\xiOX.fau^ tifs^ trompeursj répondirent qu'ils ne la- vaient ce que c'était que ces tableaux trom- peurs. En effet ils ne devinèrent jamais,* qu'il était queftion de ce portrait d'un de leurs concitoiens, & ils ne purent ima- giner ce prétexte de la guerre. Tout ce que les efforts de l'ambition & de la prudence humaine peuvent wé- parerpour détruire une nation, Louis XIV l'avait fiiit. Il n'y a pas chez les hommes d'exemple d'une petite entreprife formée avec des préparatifs plus formidables. De tous les conquérant) qui ont envahi une partie du monde, il n'y en a pas un qui ait comméticè fes conqiiêtes avec autant de troupes réglées,' & autant d'argent, que Louis en emploia pour fuWugu'er le petit état des Proviijces-Unies.Cinquante millions, qui en feraient aujourd'hui quar tfe^yingt-dix-fept, furent confommés à cet appareil. Trente vaiîfèaux de cinquante pieees de canon joignirent la flote Anglaiie forte de cent voile». Le roi avec fon frcrc alla fur les froi^éres dç la Flandre £1^- P^5 >mà 1673. 173 .gnole & de la Hpllande, vers ^ftricht .& Charleroi, avec plps de cent-,douze mille hommes. L'jévêque 4^ Munfter & réleéteuf de Cologne en avaient environ vingt -mille. Les généraux, de l'armée du roi étaient Condé & Turenne. Luxem- bourg commandait fpusei^x. Vauban de- vait conduire les fiéges, . iLouvois était partout avec fa vigilance ordinaire* Ja- mais on n'avait vu une armée fi ma^i- fique, & en méme-tems mieux diicipli- néc. C'était fur-tout un i[jpeâ:acle admi^ rable, que la mailbn du roi nouvellement réformée. On y voiait quatre compa- gnies des gardesr du corps, chacune com- poleede trois-cent gentils-hommes, en- ;tre lefquels il y avait beaucoup de jeu- nes cadets fans paie, aflujettis comme les ^autres à la régularité du ièrvice ; deux- .cent gendarmes de la garde, deux-cent chevaux-legers, cinq-cent moulquetaires, tous g^ntils-homnies choifis^ parés de leur jeuneflë & de leur bonne-mine ; douze compagnies de la gendarmerie depuis augmentées jufqu'au nombre de feize -, les cent Suides même accompagnaient le roi, & fes ré^mens des Gardes-Françaifes & ^uUTes mQntaient la ^rde devant fa maifon, ou devant fa tente. Ces troype% pour la pluspart couvertes d*or & d'ar- gent, étaient en même-teiBS vs^ objet 4e H 3 ter- 174 Louis XrV. terreur & 'd'admiration, pour des peu- ples chez qui toute efpece de munifi- cence était inconnue. Une difcîpline, de- venue ehcor plus cxaéte, avait mis dans Tarmée un riouvel ordre. Il n'y avait point encor d'ihlpcfteiirs de cavalerie & • d'irifariteriè^ eofrfttè^ nous ëi avons vu depuis. 'Mais deux hommes j uniques eh leur genre, éri Tailàîeht les ' fondions. Martihetf niëttifiÉ' alors rinfaritèrie fur le pied de dilaplihè où elle eft aujourd'hui. Le chevatîér dé* Fourîltes faiftit la même charge dahs la caSI'alcrîe. ^^11 y avait un an que Màftinet àVâit'iiriis la baïbnette -eri iHage dans quelques régiméns. Avartt \u\ oh ne s*en ferv^t pasd'ûAe mamére •coùftartte &' ûlfiformê. ' Ce dêi«l# ieffôft pèut-aîïe^dè* n:ë^q\fc mt Mitdïre a îff. vejnédeprtfsierrîbK éfettt c<*rfu, Hiàfe pt^«îqi^,^^cëiqiîte Ifâ'|»^és ^m»- 't'imites oti1raw^4e-ffRiilc^.> lùttéPà^èt m^&ayàhfil^im âé (àfofmé' » de qûî dtevaît êtmrlè^^Viabtt^: c'ëéàît F?- fiffiSi, fidtome dàtat' iî' fei^à parlé cîarti l^rtféte des htmk arts ; jàift capable de mn^ édrife> quédfe' ne pfe^ fiàtm/ ' *'Gontr&T\iièmiiCdnSê^ ïiUidenfAow^, Taitaaâ, néèfïp.ir«fifie^to«ie ceWribattans; - •- l - ^ utie ïftfi^Wt^ ^îfe' coiîftltutîôh' faible, ç^ L^ ««iSVfeflaft ^m&h^ m câ$»itâihêi des forces' fféltfe/î-e, |)àPlk'^lDèi5«' de I^ nMiôdr-'j^D^ With y- aVâTif^'CéWehti iRw.»' tdî%bwê,-'qUi gfM tSûj^fra^ rftTffi^(«rarfôS'«rct)urs; Soh hliftiôir ftaié fmésn fé^rë, fôh genië^ a^îf & pei-- ^t : foii tôiiHgë, quihè""ïè reblîtàit ja- M&s," fiï ••fôpearté à fôftëorps' fdîbife& l*l^ifl5îîe, des fâf^ës'àtt dêff«af^§é fe» fôrtje'.!! mSt ValeufèisgFïarts' ôltfentàtion; toibitiétjij'htti's ènnenii dû fafte, rie- avec une opiniâtreté flegmatique Çût pour combattre l'adverfité, ainnant les aôàires & la'^^rrç," ne conriâiflànt nî les plai- firs 'â^fchés* à la gtarideur riî céuji dé rtiuAiMiité, enfin prèlque eii t6ut Top- pcé'«e' J^oais XIV. Il hè put d'aboi^ rifeii cffipofèr au tor- iéht qui fe déboi'dait fur fi patrie. Ses* H 4, for- iy6 Lowiff XIV. forces étaient trop peu de chofe; fem pouvoir même était fimité par les Etats^ Jjès armes Françaifës venaieiit fondre toyt à coup fur la Hollande», que rien ne iè^ courait. L'impriment duc de Lorraines qui avait voulu lever des troupes pouf joindre ùl fortune à celle de cette r^ub* lique, venait de voir toytela Lorr^ina iaifie pajT les troupes FrançaifeSy avec la même facilité qu^n s'empa^ d' Avi^KH) quand on eft mécontent du pape* j Cependant le roi faifait avancer &s ar^r mées vers le Rhin» dans ces païs q\ii con^ finent à la Hollande, à Cdpgne Sfi là Flandre. Il faifait dilhibuer de 1 Vgenf dans tous les villages, pour païer ledcant mage que fes troupes y pouvaient faire» Si quelque gentil-homme des Oiv^rons venait fe plaindre, il était (ùr d'avoir- un préiènt> Un envoie du gouverneur des |?aiVbas, étant venu faire une repréfenta- tion ,aii roi fur quelques dé^ts commis par les troupes, reçut de la main du roi fon portrait enrichi de diamans, eftimé plus de douze-mille francs. Cette con- duite attirait l'admiration des peuples, & augmentait la crainte de fa puiflance. . Le roi était à la tête de fa maifo% &; dé fes plus belles troupes» qui compo- faient trente-mille hommes. Turennc les commandait fous hii. Le prince de Condé * avait avait une ^urmée aufli forte. Les autres corps conduits tantôt par Luxembourg^ tantôt par Chamilli, faifaient dans l'occa.- .fion des armées féparées, pu fe rejo^- naient félon le befpin. On commença par afliégèr à la fois quatre villes, dont le nom ne mérite de place dans Thiftoirc que par cet événement ^ RUnbeig, Orfoî, Wéfel, Burick. Elles ïurent prifes prefijue auflîtôt qu'elles furent învefties. Celle de Rhinberg» que le roi voulut affiégér en perfoniie, n'effuia pas un coup de canon % & pour aflïirèr encor mieux fa prife, oi> eut foin de corroriipre le lieutenant de la place^Irlandais de nation, nommé Dof- icri, quî^ eut la lâcheté de lé vendre, & Timprudence de fe retirer enliiite à Mar ftricht, où le prinfce d'Orange le fit punir de mort. Toutes les places qui bordent le Rhin & riflël, fe rendirent. Quelques gpuver- neurs envolèrent leur cTez, dès qu'ils virent feulement paflèr de loin un ou deux efcàdrons Français : plufieurs offi- ciers s'enfuirent des villes où ils étaient . en garnifon, avant que l'ennemi fût dans leur territoire : la conflernation était gé- nérale. Le prince d'Orange n'avait point aflez de troupes pour paraître eh cam^ pagne. Toute la Hollande s'attendait à pafler le joug, dès que k roi ferait ^•^^. H,S ■feîri* ^ lâ^Mte 'des lignes au de-l:à de ce fîetiVe ; W après ftà :iVbît faites; il conr- "nbf ftmplilfenc,é''dé' les, gafder. ' tt nfe s'agit' ^itii tfbè de'favdir' élt rtPa'eaVi^'qUinie-»ittfi Hbmitiéç^ si 180 Louis XIV. tés. Louis XIV paiTa fur \in pont de tm^ teaux avec Tarmée. . Tq\ fut ce paifage du Rhin, aébion éclar tante & unique, célébrée alors comnie un des grands é^enemens qui duiient occuper la mémoire des hommes. Cet air de grandeur,, dont le roi relevait toutes fes aâions» le bonheur rapide de fès conquêtes,, la Iplendçuf de fbn régne^ Tidolatrie de fes courtifans, enfin le goût que les peuples, & furtout les Parifiens,^ QntpourTéxaggération, joint à l'ignoran- ce de la guerrejt où Ton eft dans roifive- té des grandes viHes -, tout cela fit r^ar- dêr à rtàxis le paflàge du Rhin comme tn prodige, t/ôpinion commune était,, que toute Tarmée avait ]p^SB ce fiieuve à u hage, en prcfence d'une aimée retran- chée,;^ & malgré l'artillerie d'une forte- refle imprenable,, appellée le Tbolu^ n ét^ très vrai, que rien n'était plus impofant pour fes ennemis que ce paf-, fage„' & que s'ttis avaient eu un corps de bonnes troupes à Tautre bord,, l'entre- prife était très perilleule^ Dés qu'ion eût pafle le Rhin, on prît Doefbourg, Zutphen„ Amheim, Ncfem* bourgs Nimégue, Skenk,. Bommel,^ Cre* vecocur„ &c. 11 n'y avait guéres (Fheurés dans lâjpturnée, où le roi ne reçût la nou« jdk i& quelque conquête. Un officieri^^ ^ - ^ ixom-^ Jnpiu'à 1673;^ 181 nommé Mazel^ mandait à monfieur de Turenne: *'Si vous voulez m'envoier cin* ^, quante chevaux, je pourrai prendre „ avec cela deux ou trois places* . Utrecht envoia fes clez, & capitula avec toute la province qui porte fon npm. Louis fit Ion entrée triomphale dans cette ville» menant avec lui fon gf and aumô- 20 nier, fon confeffeur & Tévêque titulairejw» d'Utrecht. On rendit avec folennité la.^^^*' grande églife aux Catholiques. L'évêque,. qui n'en portait que levain nom, fut pour quelque tems établi d^ns une dignité ré- elle. La râigibn de Louis XIV f^fait des. conquêtes comme fès armes. C'était un^ droit qu'il acquérait fur la Hollande,, dans Telprit des Cathodiques* Les provinces , a Utrecht, . d'Qveriflel, de Gueîdres, étaient foumifes ; Amfter- dam n'attendait pljus que le moment de fon efclavagp ou de fa ruine. Les juifs,, qui y font établis, s'empreflerent d'ofirir % Gourville, intendant & ami du prince de Coi^dé, deux-millions de florins, pour fe racheter du pillage* Déjà Naerden, voifine d*Amfl:erdam, é- «Cait priie. Quatre cavaliers, allant à la ma« caude, s'avancèrent julqu'aux portes de Muiden, où ibn^ les éclufes qui peuvent inonder le païs» & qui n'èft qu'à une lieucd'i\jhfterdam»LwmagiftratsdcMui-, ftf leiiV^ tle^î à rtà ^uàftfé foiaàtà ; ritâ^ è^Ôif/'iroiàhtt^ rit? ^«àf^aiT-» çaient point, 'îî^ i^ebriferit }èxrh' (^Y & firfmét^^rit leà porté; ' %h^rri«aiit (W^li- gértcé eût nife Amftéf-darri dans les rnaitS du rôi. Cetir taprîtalç tïnfcToir|) rîfe, ' rfôrt feulement là i-épvbliqlic i:)érî{îait, mai^ il n^ avait phis de nation Hblfehdkîfei,^ j? bJentot^à terre 'même' de ce tiâïs àllak ifipràîtfe. ' t^â^piti^ tidfes ïkMliter,^' 1» raient à fiiir ^x eitr^mîtésf du monde/ & i ^'èmbafrqiier p'àur Batavia: Ort fit le -riiaré^;^faffles pouvaient ^ &r^Tëfb^ét^'â^i leur rtbuvèHè? patrie, m HcâHntfc^b'e^-bïfe.éxift^ Jfiiftfei'dànr, î < iVJ HTL- hfimënfift^ & Idtfs ifffltiers cfHdAtmès^pout élefef leurs' dîgtits : elles eûflcfît prdtra'^ Héfnertt a k' Fdîr' manqué d'haWtàn^ -^ de rticHcflcs', &r auraient été enfifr^fliB^ fingulier & le plus beau momjnlent"dè Pmduftf ie humaine. ^**Lâ dSfciatîon de P^ était aiigmcfr» tlfc^J)àr-lé$ dïvîfions oHlinaiVçs atfic maT^- ftéifttiix, *b^ s'imjiiitent les tans aux'Sù^ ffi^ les calamitcspublîqueè.- E,e graWi jiènfiorinaité De With ne rfoiaît pauvoît feuvet* te qui reliait de fa pan^lèiqtl'en dfe- mâïrdkïTt lar part au vainqueur*. ^ Son- e A firit, à fâ fois tout républicain '& jal6u?d aè* fîM' afàtorité partictlliére, traïghaît toiîîcniirs râ'évation . du' prince d'Orangé êhCOT' jJlrfà'quë le$ conquêtes dtf roi^dè Ffertte; îlavaitfaitjurèr à ce prince' mf^ irtte' Wbfervation irun* édïr perpétué!; ?fj)rit de pa;rti. ÊteAVÏffii^yé^lbment: ii;4iffîaït miett» Voir â* ri^bllque fubjùÀiée-parùrfroï vâîfiiiM-, que Ibuitïil^ 1^ ' trtl^ âtadibu^ publics. .184 Loirs XIV. publics, attendant tout du tems & de ropîniâtreté de fa conftance, briguait le ftathoudérat, & s'oppo^t à la paix avec la même ardeur. Les états reiblurent^ qu'on demanderait la paix malgré le prifî- ce -, mais le princç fut élevé au ftatnou- dérat malgré les De With. 1672. Quatre députés vinrent au camp du roi) implorer fa clémence au nom d'une république, qui fix mois auparavant fe çroiait Tarbitre des rois; Les députés ne furent point reçus des miniftres de Louisf XIV, avec cette politeife Frànçaife qui mêle la douceur de la civilité aux rir gueurs même du gouvernement. Louvois dur & altier, né pour bien fervir, pluf^ tôt que pour faire aimer fon maître, rer çut les mpplians avec hauteur, & même avec Tinluke de la raillerie. On les obli- gea de revenir plufîeurs fois. Enfin le roi leur fit déclarer fes volontés. H voulait,' que les Etats lui cédaflënt tout ce qu'ils avaient au-delà du Rhin, NimégueV des villes & des forts dans le fein de leuij pais ; qu'on lui païât vingt-millions \ que ks Français failènt les maîtres de tous les grands chemins de la Hollande par terre & par eau, Êins qu'ils païaiTent jamais aucun droit y que la reU^on catholique fj[!lt par-tout rétablie ; que la république liiienvoiât tous les aos une ambaflade *~^ , ^ . . . ^.^ ~ ._ . , . . ^ extra* extraordinaire, avec luie médaille d'or for laquelle il fût gravé, qu'ils tjenaient leur liberté de Louis XIV; enfin qu'à ces fatisfadVions ils joigniflènt celle qu'ils de- vaient au roi d'Angleterre & aux princes deTempire, tels que ceux de Cologne & de Muniîer, par qui la Hollande ét^t cncor defi^lée. ... Ces conditions d'une paix, qui tenait tant de la ièrvitude, parurent ; intdéra-; blés ; & la fierté du vainqueur inipira un courage de défe^ir aux vaincus. On ré^ Iblut de périr les armes à la main. Tou$ les coeurs & toutes les eipérances fe tour- lièrent vers le prince d'Orange. Le peuple en fureur éclata contre le grand-penfîon«i» naire, qui avait demandé la paix. A ce^ CéditioAs rejoignit la politique du prince l'animofité de ion parti. On attente ibord à la vie du grand-penfionnaire Jean DeWith; Enfoit» on accufeConieil* le fon frère d^avoir attenté à celle du S rince. Corneille eft applique ^ la que*, ion. Il recita dans les tourmens le com- piencement de cette odè d'Horace : Jus^^ lum(â tmuem. convenable à fbn état & % Ion courage, & qu'on: peut traduitft ainfii pour ceux qui ignorent \% Latin ; ^ - La mer qui gronde iâ s'éktnce^ Lcn^ais^^aes Jeditieux^ ., . ^ [g6 iiavïi fèrv. . ■'Ses- ^ji^'^fr^i' Pfhpifnêèi ■- Août .672. da/ft 'lë^ ^gpttMià'ùes.' Lei^yti'cùferStqui a^iînt abV biflete de batitjuc, courù- j^f eiTfôiilcà- ïa'bahqlici d'Ahift^dàni ; art c'i'Sîgnait due l^ort n'eût tcHlCh'ê au ^é- for puwic; Chacun s'eiïiffrciîàif ^e fe fai- re païer du peu d'argent, qu'oi) croiaic qui pouvait y êtife eilcor. Les riiagiftt at8 nrçnt ouvrir le» cSVfesi -où cetféforlê ' conferve. Jufqû^à 1573. i?7 cferifêrvèi ■ On le trouva ' tout èritîèi^, teil ^u'îl ^ait étédépofé depuis foiîtànte ans*: Targertt ménie étàît ehcor hoirci dfePiitf- -Jpreflîon du feu, qui av*ait lorigtems ad- paravant confumé l'hôtel de ville. Les bil- lets £^l>J^sipntfluilcs Icôraiuies. . ■r.jL^i^bsCi&t aboi ui xdmj»le'de'la ',:'..Ai gloire. 192 Louis XIV. gloire. Le nom de les généraux împrimaif la vénération. Ses miniftres étaient re- gardés comme des génies fupérieurs aux confeillers des autres princes ; & Louis était en Europe comme le feul roi. En effet l'empereur Léopold ne paraiflait pas dans fès armées. Charles fécond roi d'Elpagne, fils de Philippe IV, fortait à peine de i'entance, Celiii d'An^terre ne mettait d'aftivité dans fa vie, que celle des plaifirs. . Tous ces princes & leurs miniftres firent de grandes fautes. L'Angleterre agit contre les principes de la raifbn d'état en s'uniffiuit avec la France, pour élever une puiflànce que fon intérêt était d'af« faiblin L'empereur, Fempîre, le confeil Eljpa* gnol, firent encor plus mal, de ne pas s'oj^fer d'abord à ce torrent. EnfinLouis Im-meme conunit une auifi grande faute qu'eux tous^ en ne pourfuivant pas avec ^tz de rapidité, des conquêtes fi facDes. Conde & Turenne voulaient Qu'ion dé- :mdit la pluspart des places HoUandaifes. Ils difaient que ce n'étairpoint avec des garnilbns que l'on preéd des états, mai& avec des armées* ; & qu'en confervant une ou deu;c placés de guerre pour la retraite, on ilevait marcher rapideitienF k la conquête entière* Lou^oit au con« .- traire '*'' \ V Jù[(pi'à 1.674: 195 traire voulait que tout fût place & gar- nifon. C'était là ion génie, & c*était aufli le goût du roi. Louvois avait par-là plus d*emplois à fa difpolîtion -, il étendait Je pouvoir de Ion miniftére ; il s'applaïKiii'-^ îait de contredire les deux plus grands capitaines du fiécle. Louis le crut, & fc trompa comme il Tavoua depuis ; il man- qua le moment d'entrer dans la capitale de la Hollande ; il affaiblit Ion armée en la di vifant dans trop de places ; il laiffa à fon ennemi le tems de relpirer. L'hiftoire des plus grands princes eft fouvent le récit des fautes des hommes. - Après le dq)art du roi, les affaires chan- gèrent de face. Turenne fût obligé de marcher vers la Weftphalie, pour s'op- pofèr aux Impériaux. Le gouverneur de Flandre Monterey, fans être avoué du confeil timide d'Efpagne, renforça la pe- tite armée du prince d'Orange d'environ dix-mille hommes. Alors ce prince fit tê- te aux Français jufqu'à l'hiver. C'était déjà beaucoup de balancer la fortune. Enfin l'hiver vint. Les glaces couvrirent les inondations de la Hollande. Luxem- bourg, qui commandait dans Utrecht, fit un nouveau 'genre de guerre inconnu aux Français, & mit laHoUande dans un nou- veau danger, aufli terrible que les précc- dens* ï H ïh aSkvMh une ouit près de douzér mille &ofafî]0s,iiiié3 dos g^nUbœ voifir nés. Qfl leur avait préparé dos patins. Il fe met à leur Iqte, & mardiefur la glace, vers Leide & v^rs la Haïe. Un d^l fiin- vint. La Haïe fixt &uvéc. Son armée ea- tourée d'eau, n'aiant plus de chemin ni de vivne^, était pEcte à périr. Il fallait, pour s*cn retoujonot àUtcecht, marcher Iùip uBe dig\œ létroitê & iai?geufe^ où Te» pouvait à peine fe trainer quatre de front. On né pouvait arriver à ccstte digue, qu'^n attaquant un fort, qijii femblait imprer nable fans artillerie. Quand ce fort a^eût arcéCé l^rmée qu'un &ni jour, elle ferait morte de faim & àc fatigue. Luxem- bourg était fans i^fîûurce. Mais la fortu- ne, qui avait fauv£ la Jiaïe, fauva ibn ar- mée, par la lâche&e dp concunandant du tort, qui abandonna ion pofte. fans aucu- ne railbn. Il y a mille évéocmens dans la guerre, cofnme dans la vie civile, qui Ibnt incompréhenfibles : celui-là eft de ^e nombre. Tout le fruit de cette entre- prife fut une cruauté, qui acheva de ren- dre le nom Français odieux dans ces païs* Bodegrave & Suvamerdam, deux bourgs, confidérable^ ridies & bien peuplés, femblables à nos villes de la grandeur médiocre, furent abandonnes au pillage des foldats, pour le prix de leur fatigue, Ils îïs mirent ïe feu à ces deux* vûks ; & à la lueur des flammes, Hs fe livrèrent à la débauche & à 1*^ cruauté, Ij cft étonnant que le fojdat FVânçâis' , Ibît fi barbare^ étant contmandé'i^at ce prodigieux nom^ bre d'officiers, qui ont avec jufticc la réputation d'être auffi Humains que cou- rageux. Ce piUage' fut fi exagéré, que pi us de quarante ans après, j*ai vu les liyres Hollandais, dans îelquèïs :on apprenait à lire aux enfans, retraçèî Cette a^anture^ & inlpirer ta haine contre tesjfrançais à des géoérations nouvelles. Cependant le roi agitait les cabinets ^5. j.. de tous les princes par fes négociations. Il gagna le dyc de Hanovre. L^ledéur de Brandebourg) en comniençant la guerre* fit un traité, mais qui fit bientât rompu. Il n*y avait pas une cour en Allemagne, où Louis n'eût des penfionnâires. Ses é- milTaires fomentaient en Hongrie le$ troubles de cette province févérement traitée par le confeil de Vienne. L'argent fut prodigué au roi d'Angleterre, pour fai- re encor la guerre à la Hollande, malgré les cris de toute la nation Anglaife, in- digpee de fervir la grandeur de Louis XlV, qu'elle eût voulu réprimer. L'Eu- rope était troublée par les armes.& par les négociations de Louis. Enfin il ne put em- pêcher, que l'empereur, l'empire & l'Ef- I 2^^ pagne 194 Louis XIV- pagne ne s'alliaflent avec la Hollande, & ne lui déclaraflènt folennellementla guer- re* Il avait tellement changé le cours de$ choies, que les Hollandais, fesf alUés na- turels, étaient devenus les amis de TEl- pagne. L'empereur Léopold envoîait des lècours lents, mais il montrait une gran- de animofité. Il eft rapporté, qu'allant à Egra voir les troupes qu'il y ralîemblait, il communia en chemin -, & qu'après la communion, il prit en main un crucifix, & appella Dieu à témoin de la juftice de Ta caufe. Cette aétion eût été à fa place du tems des croifades : & la prière de Léo- pold n'empêcha point le progrès des ar7 mes du roi de France. Il parut d'abord combien fa marine é- tait déjà perfeAionnée. Au lieu de trente vaiflèaux qu'on avait joints Tannée d'au- paravant à la flote Anglaifè, on en joi* gnit quarante fans compter les brûlots. Les officiers avaient appris les manœu- vres lavantes des Anglais, avec lefquels ils avaient combattu celles des Hollandais leurs ennemis. C'était le duc d'York, de- puis Jacques fécond, qui avait inventé l'art de faire entendre les ordres fur mèr par les mouvemens divers des pavillons. Avant ce tem les Français ne favaient jîâs ranger une armée en bataille. Leur. L ^ Wcs tfès brave oflîdei^> iibdmielHi-ptsi^ . /e^ à la vérité que qn4t#e jows > xcm& il;mt r^Mnit fa vHie qi^'iplror un. combat do dflit| heures, donné fur de mzxxyzv^ofbmik^^ & pour éviter «m affiiilt génai!^, q^ «ne gt^rmibft ^bk & f elmtéô n'ditfAit potnn ioûtemii. H^ f^ irrhé du pi^einstr afiront qiie rcqeVakfît Jès arnies, fit comdmuiel^ Pu-pfts à: être traîné par le bourreau dana Utren épeo £ut rompue : ignominie peut-ëtit inu- tile pour les ojBkiers Eratiçais, . qui ibtnc ail^ fenâbleis à lï gloimi .]pour qa'off ne kagpû Verne pas par la^oramte de la hon-^ t^. Ilif^nM^é^voi^, qu'ëb la vàfité les pro-». yifions' de» eomsnâadaf&s dea^ places les» obligent à fouttoir tsois at(&utjs «, mais ce / / ftmtde ces loûc qui ne Ibnt jamais éxé-^ ' ' oiiteeé^ luaa^ foins dU'Koi,. ^ géàic de Vaûbanv lavi^kmjoe févérécfeLotivoisi rexpérien-» ce ô( k grand art de Turonne, l'aétive intropidké du prince d^ Cooljé s toutce<- ja' ne put réparer la fauttîqw'on, avait faite de garde): trop de pk^es, . d*affaiblir Tar- aiée & de manquer Amàerdamé , Le piriacà de Condd voul^tisi^aiâ per-^ ccr dans le coeur de la Hollande mondée. Tucenne ne put, m mettre, obâacle à Ja jonâioft de MôntécucuU &. du prince l4 * d'OrangCj^ io que qilaiidil avait pris envoia^ g^t Ift. Fhndoe Françaiiè, k Franche^ Comté t€ la moitié delà Hollande, fur dea eimeïhis &hâ d^nfe. ^ Sa vit. fuctout cfud avantage un .rô^ lu^: dont les finances ibnt bied iadmi^ niftcees^/ a fur les autres rois ; il fournit à 1^ fois oqe armeé d*environ vingt-trois- mille hommes à Tiirenne contre les Impé- riaux, une de quarante-mille à Condé _ contre le prince d'Orange ; un corps do troupes était fur la frontière du Rouf^ AUon : une flote chargée de foldats ail* pKMter la guerre aux E^yignols jufqucs dans Nfcfline : lui-même marcha pour fe rendre maître une féconde fois de la Eranche-Comté. Il fe défendait, & il atr taquait par-t<>ut en mêmcTtasms. 1 ... I 5 D'à- 2D2" I^oirisinT. che-€omtér la fupéfcioritse de fon gouvier^' nemenc pàriit totite oitîére. Es'agif&ii^ de mettre dans foD partr» ou du moins f ^ cndomiir ks Siufiès^ nation aafll r^ou^ tablé que pauvre^ toûjciurs arttiée^ toô-^^ jours jaloule. à Fexcè&de Ik litetté^ iiî** tindbh? fdr fès &H;»idéres^ li^umoduit 4éja & sf'effaitouchant de voir Louî^XlY' vue feccàide ibis» dsÉisirieur' m&idgeu. L'enripèrevr àc r]^^>agnsifotikftâMn^ 1^ ttéize i^mtoRB, chr perrraEbtcé Jtu ithiïW Mi pacage %crf à isamc: trot^es^ ;]^cii»^ ii^ Mtoir/ la.'Braiidieî-C!otoi;(deRi^]^^ iOM déâmiè. |)flt la: aé^îgbmfe: dlii nUniftias 9uifres4erei\ifer ce patiS^ ^ «biî ITim^ #iei;^-lffi%iignëi]pK :|)Mdi^aif nr 4^^ IbsiMlnRflt &rja(ss»|aiéiiès^oi £6>boi,:'!if?^ IÉainfflibndSâvgemiiampl:aiie)86 une-dKa ie$ Suiffi^ àoeqti^Touriit:.2i.e]paffii^ iMAile/ luooisy Viemmpimïé de iim fc^^ àk Qk'dv grand CoAde, afi{%e» Btfa^ fOfi;^ il «âmait ta guerre ddfiég^, âr f^^ lèisda)rbitth>>il^ kii< 2k:€bnéi -& à T^ tsttnb ceUe da cactipa^. D^aUleursTi^ «f^i afEégea^jamaist une ville, êhkl^ Itre mo^ talement fiir de la prendre. Louvois^ fal^ fâk. fi Keiï kft préparatifs, y les^ trcpoçes^ é- raient Q bkn^feoffiîes > YdMbi^ qU« €)$ft^ .1 dui- jfiifqu*à 1^74. z'&î' duifit prejque toutes les lî%es, était un fi grand maître dans l'aft- de cendre lea villes» que la gloire du roi éûit en fûre* té. Vauban dirigea les attaques de Befan- 1;' çoa ; elle fut prife en neuf ^urS ; & au '^^' , bout de fix fcmMnes, toidfc la Franche- '^''■ Comté fut foumife au ror. Elle eft reftée à la France, & femble y être pour jamais annexée : monument de la faibleflè du miniftéte Aûcridiieri-Ë^agnol, & de la force de celui de Louis XIY. Louis XIV. . Chapitre Onzième, ' Belle campagne, & mort du mare' cbal de Turetme. TAndis que le roi prenait rapide- ment la Franche-Comté, avec cet- ■ te tacilité & cet éclat attaché encor à fa deftinée ; .Turênne, qui ne fiûfait que défendre les frontières du côté" du Rhin, déploiait ce que l'art de la guerre a de plus grand & de plus confommé. L*ef- time des hommes fe mefure par les dif- ficultés furmontées ; &c'eft ce qui a don- né une fi grande réputation à cette cam- pagne de Turenne. Juin D'abord il fait une marche longue & 1674 vive, paflê le Rhin à Philipfbourg, mar- die tdute la nuit à.Sintzheim, force cet- te ville, & en même-tems il attaque & met en fuite Caprara général de l'empe- reur. Jufqu^à i6y6. '205 reur, & le vieux duc de Lorraine Charles IV, ice prince oui pafla toute fa vie à perdre fes états oc à lever des troupes, êf q^i venait de réunir fa petite armée a- vec une partie de celle de l'empereur. Turenne, après l'avoir battu, le pourfuit , .• ^ & bat encor fa cavalerie à Ladimbourg 5 ,5^ * dc-là, il court à un autre général des Im- périaux le prince de Bournonville qui n'- attendait que de nouvelles troupes pour s^ouvrir lé chemin de l' Alface j il prévient la jonftion de ces troupes, l'attaque &£)a lui fait quitter le camp de bataille,^ ,674, L'empire raflemble contre lui toutes fçs forces -, foixante & dix-mille Allemans font dans FAlface : Brifac & Philipft)our^ étaic|\t bloqués par eux, Turenne n'avait plus que vingt-mille hommes effeétifs tout au plus. Le prince de Condé lui en- vola de Flandre quelque fecours de cava- lerie j . alors il trperfe des montagnes Î>leïhes de neige, par Tanne & par Béd- J^'^ brtj il fe. trouve tout* d'un cpupdans la haute Alface, au milieu des quartiers des ennemis, qui le croiaient en repos e(i XiOrraine, & qui penfaient que la cam- piagne ét^t £nie. Il bat à M\miàu&D, les quartiers qui . réfiftent ; il en Tait deux prifpnnicrs. ^ Il marche à Coln^ar, où l'é- leéleuf de Brandebourg, qu'on appelle le grand électeur, alors général des ar- mées ioé Lôîriâ XÏV. ihéés de î*èfnpî:fe, àvàir Ibn iquàrtiér. H' atilvfe dkrîS te teftîs que ces pririoesr & ies^ a\iti« généraux feméttâleht à tâbte : ik n^eurëntque te t^itisr dé ^êchstpàt-i la Campagne était couverte de fmàrds, 'tureiàrïé, Croiant n'^olr rien fait tant . qb^il f êftâît qofelqae cHt)É i faite, attend Janv . ertccr âiipf é^'dfr Ttittkheîrii ^tie ^artîfe sàyt"'viMi§-U ^t^-ciAq yil- hffSSiimeBaatiiêdt' C^fi^iift» â^dfpére dé-^ itf>TQN«Ne à^u» «MllMIË liA^ier, jpaii ièndtt ^iieetfiét Ib ^rt^j ^é Fé|>6hé% JQX |iifllhail»'& 'ifVidéA» de' • flEléâéurj 'que ^ un toMiyAiâeSe yâgtte )S& ëÉ ne fi^ iakHm. CMtût afibi^-fè ftéki & Ftifa^ él^TttMiiiè, db- i'ieii^rdR^ ^ôjbuiîi avec ioam tÈ :vmë p^itié dé» -eamingnes^ dé jr^lftétti ^r énifélfttf le§- (ehnëmî^ de filtlffilRtr. npmiÂt- iraifiiiti^ î â> c^ra&rid tefih^^KI' iÀljoMShie. Oh qOé y^mfOhtki' t^' ât IbH «S^ fi-dëiyftk k I^^otHa^ t^cf fit^Rohë, RH lisri«Ht «T'^^ parla- il>tt^ràit»|(dUT>ai't£{âf ■tip«ii&èë.- U fépôné'iit itoidetrteqt v Jr P ferMdkre à Partir t. U aiitt^ mieux éHiifr ' '- appel* 2o8 Louis XIV, • appelle le père des foldats qtri , lui étaient confiés, que des peuples qui, fclon le$ loiii, de la guerre^, font toujours facrifiés* Tout le niai qu'il faifait, paraiffait nécef-' faire ;, fa gloire couvrait tout v & d*ail-?; leurs, les foixante & dix-mille Alkinajis^ qu'il empêcha de peoefrèr pn France, y auraient fait beaucoup plus.dç n>al, qu'ils, n'en fit ^ rAlfecç, àû Lorraine & ;iu Par Le prince de Coq4^^ de fo» çôiié, don- nait en Flandre une bataille beauqonpL glus &nglante que toutes ces aâ^osi dm vicomte de Turenne, n^s moins hevtirc^'^f fc &i»pins,decifiye, |bît;qi|e les circon-?: ftanc^ 4^s lieux lui fûflent moins favo î râbles, foit qu'U^ e^t pn$ . des. mefures; moins juftes, Ibit plustôt qu'il eut des. génér^x plus habiles & de meilleures troupes ^ combattre. Cette bataille fut fjelh îedeSenef. Lem.arquisdeFeuquiéresyei|ft qu'on ne lui dqnneque le nom de cornet, parce que Taâion ne fe p^a pas entre deux armées, rangées, & que tous Ie% corps n'aèrent point : mais il. patï^tt^ qu'on s'accorde à notnmtx bataille cette^ journée fi vive & fi meurtrière* . f Le cJiQft de trois-^nilie hoiqmef ^ranges;, dont toun les petits corps agiraient, ne ferait qu^uil fon^bat. C'eil to^ours rimpoi:uncequî décide du nom, ha 1 Jujqt/fà î6y6. lOf Lte prince de Condé avait à tenir la» campagne avec environ quarante-cinq^ •mille hommes contre k prince d'Orange,- qui en avait foixante-mille. Il attendit querarmécr ennemie paJflBt un défilé à' «« Sénef près de Mons. Il attaqua une partié^®^^ de Tarriére-garde compofée d*Efpagnols/ '^** & y eut un grand avantage. On blâma le prince d'Orange de n'avoir pas pris af- fcz de précaution dans le paflage du dé-"^ filé ; mais on admira la manière dont il rétablit le défordre, & on n'approuva pas que Condé voulût cnliiite recommencer le combat, contre des ennemis trop bien retranchés. On fe battit à trois i eprifes.j Les deux généraux, dans ce mélange de fautes & de grandes adions, fîgnalé-' rent également leur préfence d'ejprit & » . îeur courage. De tous les combats que donna le grand Condé, ce fut celui où il prodigua le plus fa vie & celle de fes ibl- dats. Il eut trois chevaux tués fous lui. U voulait, après trois attaques meutrié- res, en hazardèr encor une quatrième. Il parut, dît un officier qui y était, qu'il n'y avait plus que le prince de Condé qui eût envie de fe battre. Ce que cette aétiôn eut de plus fingulier, c'eft que les trou-* pes de part & d'autre, après les. mêlées les plus fanglantes & les plus acharnées, prirent \^ fuite le foir, par une terreur, ' pani- îMo tjQvu xiy. 1k HHkérei^ cfaaeiiBe iers*éu ^êtô d^^ Ffâfif ais s les emsiemis. 4««^ Une )perte égale. TaatdefaHg^mu-» tîkiiatent répahdi^ entpécha î'xme & i'au- ' tiîe artoée «è rieti eft&eptrcaidre de côa^ ^érable, il importe vmt de donner de ï^réputfttîon à: fea armei^, que le princa 4'Oraftgt5, pour faire croijfe quUl avait eà l^'V^lâotre, âffiég^a Oudenarde j maislef pri'nee de Gondé proiâva qu^il n'avait pa& perdu ta bat^Ue, en Warît auffitgt k-i, vè|lefiégp,Ôt «n pito^Uiyaivt te iwi«ç^ dX)raage» Qo oWèrva? également en Fcance, Sr c^e2: les alHéd» la vaine jsérémofim dd) remdije'^ceà à Dieu d'ûsne i^i6fcoire ^'opr n'atak pcfint teinp<*tée : ufi^e étaWK pour eftçoijragpr les peuples^, qu'il faut: ttïûjours tromper. Twr^n^ wAUenwigtfe^ a«racuiiepetiift. airmé^ coïKinua des progrès qpi ^taiefii 1© finit ^ fe» çéfïîlï. \ lue confeilyde Visn- nei'ttV^t pHis t^hfi^ teti%rf)iwde i'^mr. pire ftides prihees qsii IT^vaîïnt mai dé- î/2»dm t^outi à k tétedi» fe^aïnieâs le gmetal MoméouçuU* k celui qti %v4it vaincu 7^a ^êf&i tti Gothaiti^âc qui malgfé Ttk^nfte & €ènr^ dé> a^^ah joint Id pririce cFÔrfthge, S^ avak arrêté la fortufite dé havns XIV^ ^rès l^campaêic de trois ptoyinét» et On a remâirq^é^ <}ue fes f:âu^ gfaild^ gaicraa» dé TèMpirè crit feiiveitt été tî^ lésdfltalk. Ge pîàs^ daiiîs fa décaSdèrice & dansibn efchvà^ey potte cncor dès' hoéitmb, âui'fom foiivènir dé ce qtfit éjtait aotl-eldis:. Mocitectidili ét^k fmï dignetf€tf«4Dpp^ àTui:«ntte. Tousdeuk' ayai^^t rédiât fe^>g\iët^ en ar t. Hsi- pdïë-^ rftw qua^e mois à iè firivrë, a f?ôbfervér datis d» ms^chési & <&m d^s^afhpehiens, piiir ^0:tmés que des Vi(!t^ei):^ par M. ofl&icrâ Allànaifé & Frâftçai^. i/M Se; l^âmns jug^&t de ce que fon^àdtcMaiîie al*' lait tenftepf fur lès ^marches que foi-mê- me eue voulu Mre à fe placé. Se û né' h tBOUïpérMt jamaî^i ïte oppc^ent TiHi à< l^autrc lapaliéitée) la rufe Se Faétàvkév Cfl^ ils^ étalent péti 4'trP vwrir aux fe 0oèiffie§tife fe^ i-Qhitadoii: riei féî tué tftm éoûp de^ctaen. ff i/y arpepfeiirtè q^t ne fitelie ^lest thtonffantes^ / I ^12 Louis XIV," fendf e d'en retracer les principales, par le même eljprit qui fait qu'on en parle cncor tous les jours. Il femble qu'on ne puifle trop redire, que le même boulet qui le tua, aiant emporté le bras de Saint-. Hilaire lieutenant-général de Tartillerie, fon fils fe jettant en larnies auprès de Jui. CetCeftpas moi^ lui dit Saint-Hilaire, c'eft. ce ^rand homme qu'il faut pleurer, : paroles, comparables à tout ce que Tlûftoire a confecré de plus héroïque, & le plus, digne éloge de Turenne. H eft très rare, que fous un gouvernement deipotique, où les hommes ne font occupés que de. leur iptérêt particulier, ceux qui ont * fervi la patrie meurent regrettés du. public. Cependant Turenne fut pleuré des fold^ts & des peuples.: Louvcns. fWtrr Iç feul,. qui fe réJQuit de fa mort. On &it I Içs honneurs que le roi fit rei^dre à fal mémoire & qu'il fut enterré à Saint-De** : nis comme le connétable du Guesclin> * au deflus duquel la voix publique Téléve, . autant que 1q fiécle cje Turenne^êftifu*) périeur a^ fiéc)e du conn^abfe^ . : , i . Turenne, n'avait p^ eu toujours deS: fuccès hejureu:!*; à la guerre i , il avait été , battu à Mariendal, à Rétel, à Cambrai ;. auffi difait-il, qu'il ^vait fait des foutçs, & il était aflez grand honune pour l'avou-^ er» il ne fit jamais de conquêtes éçhxm-j tes. Jufqu^à 1676. 213 tes, & ne donna point de ces grandes batailles rangées, dont la décifion rend une nation maitrefle de Tautre \ mais aiant toujours réparé fes défaites, & fait beaucoup avec peu, il paiTa pour le plus habile capitaine de TEurope, dans un tems où Tart de la guerre, était plus ap- profondi que jamais. Dé même, quoi- qu'on lui eût reproché fa défeélion dans les guerres de la fronde ; quoiqu*à ' Tâge de près de foixante ans, Tamour lui eût fait révéler le fecret de l'état ; quoiqu'il eût exercé dans le Falatinat des cruautés qui ne fèmblaient pas néceflkires ; il eut toujours le bonheur de garder la réputa- tion d'un' homme de bien, fage & modé- ré, parce que fes vertus & fes grands talens, qui n'étaient qu'à lui, devaient faire oublier des faiblefles & des feutes, qui lui étaient communes avec tant d'au- t;*e$ hommes. Si on pouvait le comparer à quelqu'un, . on oferait dire, que de tous les généraux des fiécles palïes, Gonzalve de Cordouë fumommé le grand capitai- ne, eft celui auquel il reflèmblait davan- tage. Né calvinifte, il s'était fait catholique l'an 1668, fans qu'on eût pu jamais fa- voir le .motif de fon changement -, car au rapport de ceux qui Pont connu, il avait beaucoup d'obfcurités dans fa conduite, com- ^y^it^ jCf^.que lofiqu'eift j^iicta la reli^ ^o#, îlm^if, esKOf .des matmrdSèB, & i|ji^'ijl n'çtait ptô aiBimxient fans^mbtctois. JPowr p^u^'fîn afe (k qoimaifl^nce des JM^nwifSï .oh &it hieiLjque c^«ft mmment rir fioiO^iéUo» é'ic%râjt, que 4'oji cpiktt Qnqu^iiM^ ftns une isiigian poui* une fn^^hfigfaj^ kfmvt qwdipu chiffe de plus fi^vçfis. , £^s paroles &iitcapaMe$ d^o*- ^fèfnm^^a^tioti. ILâftwai^iêtnblâble g).^ ]$ely l qiii: jy^ voi^ki cosonoander les H^éc^aupc, ^tiif!^tiDoida être connétable. /i^è^ Ja iw>tl.de ;Tli»enDe, rendit faper- $&!i^^% p|u feniijble. Montécuculi^ re^ ^u.par Jlfh^iUté du générai Français tff^Xh^^h .entiers au de-là du Rhin, pafTa OB fl^u-s^jdjçsx^^il fiftqd'a n*aymtplusTu- renne à-cir^iTjdr«* Il toniba fur une partie ^ÔeTarixiee, qui demeurait éperdue entre le§ oi^i^.de X^orges & de Vaubrun,deux li®*te0aW-©énéimix.dcfi^rûs. & incertains. Cette armée, fè défendant avec courage, ne f^ e$npécbïr ios Imptri^x de pénétrer d^srAJface^cffitTurenneles avait tenus ^rt&. Elle avait non feulement befoin tfu» chef paur la conduire, nrmîs pour réparer la défaite récente du maréchal de Créqui, Jufyu^à 1676/ wg c^abfe des avions Jks plus bdks. & Iqs 9>lus téméraires^ dai^^eux à & patrie aii- i , tant qu'aux ennemis. Il Venait d'être viam^ Août eu par fa faute àConlarbruck.Un,CDi5)Sjdc'675. vingt-mille Allemans, qui aflSégeait Trê- ves, tailla en pièces &. mit en iuite te pe- tite armée de Créquji, Il cchape à peine lui quatrième. Il CQjuuct, à tmy)ees ds nour veaux périls, fe jetter dans Trêves, qu'il aurait dû feœurir avec prudence, & qu'il défendit avec courage. Il voulait s'cnfer veËr fous les ruines^de la place ; la hrêr che £tait praticaUe ; il s'obfttne à tenir encore. Ii^a garmfon murmure. Le capi^ taineBois-Jourdan,^ la tétc des feditieux^ va c^ituler fur la brêchç. On n'a |)oirtt vu commettre une lâcheté avec tant d'audace. H notenape le maréchal de le tuer, s^il ne figpfi. Créqui fe reri^re, aveco^uelqiaes ofikîeos fidékst dans ucte égli^-, & H. aima mieux êtce pris à difcré^ tion, .que de capituler. Pour remplacer les honunes que ]^ l?s2asxi3iV9xt perdus dsns^ant de fiégçs^ de combats, Louis iXIV &t confeiUéjcte ne fe point tenir aux reoruës. de milices comme à Fordinaire, mais de Êiicemaih <:her le ban.& Tarriérc-han. Par une ancienne coutume, aji;gow:d'- hui hors d'u&ge, les poflèfièurs de fiefs étaient VLi6 Louis XIV. étaient dans Tobligation d^èr à leurs dé- pens à la guerre pour le fcrvice de leur îèigneur fouverain, & de rcftèr armés un certain nombre de jours. Ce fervice com- pofait laplus grande partie des loi^ de nos nations barbares.Toutcft changé aujourd'- hui en Europe ; il n'y a aucun état qui ne lève des foldats, qu'on retient tou- jours fous le drapeau, & qui forment des corps difciplinés. Louis XIII convoqua une fois la no- bleffe de fon roiaume. Louis XIV fuivit alors cet exemple. Le corps de la no- blefle marcha, fous les ordres du marquis depuis maréchal de Rochefort, fur les frontières de Flandre, & après fur celles d'Allemagne -, mais ce corps ne fut ni confidérable ni utile, & ne pouvait l'être. Les gentils-hommes, aimant la guerre & capables de bien fervir, étaient officiers dans les troupes i aceux que l'âge ou lé .mécontentement tenaient renfermés, ne fortirent point de chez eux : les autres qui s'occupaient à cultiver leurs hérita- ges, vinrent avec répugnance au nombre d'environ quatre-mille. Rien ne reflèm- blait moins à une troupe guerrière. Tous molités & armés inégalement, fans ex- périence & fans exercice, ne pouvant ni ne voulant un fervice régulier, ils ne cauférent que de l'embarras, & on tut d'gou- yufqt^à î6y6, 217 dégoûté d*eux pour jamais. Ce fut la dernière trace dans nos armées réglées, qu'on ait vue de l'ancienne chevalerie, qui compofait autrefois ces armées, & qui avec le courage naturel à la nation, ne fit jamais bien la guerre, Turenne mort, Créqui battu & prilbn- lîier, Trêves, prile, Montécuculi faifant contribuer TAlface, le roi crût que le prince de Condé pouvait feul raninier la confiance des troupes, que décourageait la mort de Turenne. Condé laifla le maréchal de Luxembourg Ibûtenir en Flandre la fortune de la France, & alla arrêter les progrès de MontécuculL Au- tant il venait de montrer d'impétuofité à Sénef, autant il eut alors de patience. Son génie, qui fe pliait à tout, déploia le même art que Turenne. Deux fculs cam- pemens arrêtèrent les progrès de l'ar- ^ mêe Allemande, & firent lever à, Monté- cuculi les fiéges d'Haguenau.& de Sa-.. . verne. Après cette campagne, moins écla- tante que celle de Sénef & plus eilimée, .. , ce prince ccflà de paraître à la guerre. , Il eut voulu que fon fils commandât ^ il offrait de lui fei^vir de confeil ; mais le roi ne voulait pour généraux, ni de jeu- nes-gens ni de princes ; c'était même avec quelque peine, (ju'il s'était fervi de Condé lui-même. La jaloufie de Louvois contre ' K Tu- 2i8 Louis XIV. JufyCà i6y6. Turenneavaitcontribué,autantque le nom > reux. K 3 « 2 20 Louis XIV. Il prît en perfoiine, dans le cours de ^^g cette guerre, • Condé, ^ Bouchain, ^^ AvHl Valenciennes, ** Cambrai. On Taccula, 1676. au fiége de Bouchain, d'avoir craint de ^ 1 1 combattre le prince d'Orange, qui vint ^^^ fe préfenter devant lui avec cinquante- c /^ ' mille hommes, pour tenter de jetter du Marsfecours dans fa place. On reprocha aufïî 1677- au prince d'Orange, d'avoir pu donner ^5 bataille à Louis XIV & de ne l'avoir pas j^I" fait. Car tel eft le fort des rois'& des gé- néraux, qu'oii les blâme toujours de ce qu'ils font & de ce qu'ils ne font pas : mais ni lui ni le prince d'Orange n*étaient blâmables. Le prince ne donna point la bataille quoiqu'il le voulût, parce que Monterey gouverneur des Païs-bas, qui était dans fon armée, ne voulut point expofer fon gouvernement au hazard d'un événement déeiiîf ; & la gloire de la campagne demeura au roi, puifqu'il fit ce qu'il voulut, & qu'il prit une ville en préfence de fon ennemi. A l'égard de Valenciennes, elle fiit prife d'affaut, par un de ces événemcns finguliers qui caraftérifent le courage im- pétueux de la nation. Le roi faifait ce fiége, aknt avec lui fon frère & cinq maréchaux db France, d'Humiéres, Schombciç, la Feûilladè, Luxembourg & de Lofges. Les maré- chaux . -çhauXi commandaient chacun leur jour, '. i'iin 9i>rès l'autre, Vauban dirigeait tou- . tes les opération^. ' On n]av?it pris encor aucun des dehors "^.jtjela.place. , 11 fallait .d'abord, attaquer '^.dfux demirluBe§. , Derrière ces demi-lu- •iies, çtait-uHi^rand. ■ouvrage couronné, paî^lïàfié ■&: fraile, entouré d'un fofle c'oupc-de piufieurs traverfes. Dans cet ' ouvrage couronné, était encor un autre ou^rage^, entouré d'un autre foflë. il Talla^, ■fi^TÈs s'être rçndu maître de tous .ces retfanchçmçns, fràpcfait un bras de ! r^fcaut. Ce bras frapchi,- oh trouvait co- ' ' ' iragc, qu'on nomme pâté, coulait le grand protund & rapide, qui luraiUe. Enfin la mu- ;ë par de larges rem- ivrages étaient couverts ^rnîTon de trois-mltlb une longue réCftance. Le roi tint coniêii de guerre, pour at- taqlier les ouvrages du dehors. C'était J''ufagç, que ces attaques fe fiflènt toû- , iouq pçfiâant la nuit, afin de marcher aux ennemis fans être apperçu, & d'é- pairgher le.iâng du Ibldat. Vauban pro- pofa de faire l'attaque en plein jour. 1 ous les maréchaux de France le récrièrent contre cette propoCtion. Louvois la con- K 3 dan- \- \ ^ 222. Louis XIV. dànna. Vauban tint ferme, avec la con- fiance d^ln homme* certain ' de ce (Ju*il i avance. ^* Voi»v6uleîZ) dii-il, ména^r „ le ^ng du foldat : Vous Tépargneltz ,, bien davantage, quand il combattra de „ jour, ûms confufion & fans tumuïte» s I „ fans craindre rc^'une îpartie de nbs ^ I 99 g^s tire fur Pautre, comme il ;n'ar- 5,, rive que trop fouvent. IIV agit de for- ,> prendre l'ennemi ; iV s'attend toujours ^, aux attaques de nuft : nous le fiirtreh- ^, drons en^eâfet, kHfqu'îl faudra qu^ui- ,, le des fatigues d'uâe Veille, H fb^tien- ^, ne. tes efforts de nos 'irbûpes fî^îches. ^ Ajoutez à cette railbn, que s'il Y a dans ^ „ cette; armée des (oMatis de peu de ^- „ courage, la nuit fevbrife leur timidi- té-, mais que pendant le jour, Tceil - ^, du maître infpire k valeur & éléVe 3^, les hommes au deflus d'etk-riiénies: V Leroife rendit aux railbns de ' "^au- ,ban, malgré Lx)uVois&- cinq nrârécKaûi de France. A neirf heures du matin, les deux compagnies^ dt'moitfquétàffd?, ttie dètt.* taine- de gfènàéîei^,^ Wl^àtallldir 'de^ •garées,! un du- riment. tî^^^^PlcéWiCi • .montent dc^toys côtéè^fôt ce: grand ^du- vrage à couronne. L'-ôMré était'fimpl'e- ment de s'y loger, & ' c'était beaucoup. Mais quelques^ imoufouctaires noirs, àiànt Jufqu^à 1678. 223 pénétre par un petit fcntier, juiqu*au retranchement intérieur qui ^tait dans cet ouvra^, ils s*en rendent d*abord les maîtres. Dans le même tems, les mous- quetaires gris y abordent par un autre endroit. Les bataillons des gardes les fui- vent. Ontuë&onpourfuitlesajQriégés. Les moufquetaires baiflënt le pont-levi$, qui joind cet puvrage aiix autres. Ils fuivent rcnncmi. de retfancKement en. retran- chement, iur le petit bras de Tefcaut&fur le grand. Les gardes s'avancent en foule. Le;s nioufquetaires^font déjà dan3 la ville» avant que le roi fâche que le premier ou- vragç^aç^Tue çft çmporté* , , ÇÇfliSÎ^Î pas ^i>cor ce qu'il y eut de prdsçjmngcdaijs cette aftion. Il était vr^- lemBlable que de jeûnes pioufquetaires, emportés par Tardcur du fuçcès, fe jette- raient aveuglément fur les troupes & fur lés bourgeois, qui venaient à eux dans la ruë> qu'il? y périraient, op que la ville aliaft être pUlée : mai$ ces jeunes-rgens» . conduits par un cornette nonimé Moif- f^, fe mireiht en t>at;ailje derrière des char- retteç 5 & tandis que les troupes qui vc- paient, fe form^ent fans , précipitation, dautrçs moufquetaires s'emparaient des maifons voifines, pour protéger par leur feu ceux qui étaient dans la^iië ; on don- nait des ctagesdepart & d'autre : le con- K 4 lèil 224 Louis XIV, ' l^il de viile s^alîemblaît : on d^putaît vers le roi : tout cela fe faifait, fans qu'il y cit rien de pillé, fans confufion, fans faire de fautes d'aucune dpéce. Le roi fît - la gamîfon prifonniere de guerre, & en- tra dans Valenciennes, étonné d'en être le maître. La fingularité de Tétion a en- gagé à entrer dans ce détail, a ç II eut encore la gloire de prendre * Mars Gand en quatre jours, & ** Ypres en fept. b^^^' Voilà ce qu'il fit par lui-même. Ses fuc- •^^5 c.'s furent encor plus grands par lès gé- ,5-5 néraux. Le maréchal duc le Luxembourg laifîk d'abord, à la vérité, prendre Philipfbourg à fa vue, eflaiant en vain de la lëcourir ç avec une armée de cinquante-millc hom- \l^^^^ ntts. Le général, qui prit Philipflx>wg, é- * tait Charles V, nouveau duc de Lorraine» héritier de Ion oncle Charles IV, & dé- pouillé comme lui de les étas. II avait toutes les qualités de Ion malheureux oncle, fans eh avoir les défauts. Il com- . manda longtems les armées de Tempire avec gloire. Mais malgré la prife de Phi- lipfbourg, & quoiqu'il fût à la tète de Ibixante-mille combattans, il ne put ja- mais rentrer dans fes états. En vain il mit fur fes étendarts, Jut nunc^ aut nunquam^ ou maintenant, ou jamais. Le jnaréchal de Créqui, racheté de fa prifon & deve- nu Jufqu'à i6j9. 225 nu plus prudent par fa défaite de Conlâr- bruck, lui ferma toujours Tcntrée de la 70a» Lorraine. Il le battit dans le petit combat *^77- de Kokeriberg en AlÊice. Il le harcela & le fatigua fans relâche. Il pritFribourg à ,^ fa vue; & quelque tems après, il battit Nor. encor un détachement de. fon armée à '^77- Rheinfeld. Il paiTa la rivière de Kins en . .. fapréfence, Içpourfuivit vers Offembourg, ,5* g le chargea dans fa retraite ; & aiant im- inédiatement ; aprèsi emporté le fort de Kehl répée à la Main, :il alla brûler le pont de Straflbburg, par lequel cette vil- le, qui était libre encor, avait donné tant de fois pai][age auljc armées impériales. Ainû le marçchel de.Créqui répara un jour de témérité, par une fuite de fuc- cès dûs à faprudencie, & .il eût peut-ê- tre acqui§ une réputation égale à celle de Turenne, s'il eût vécu. X^ prinçfe d'Orange ne fut pas plus heurçjLix que Je^duc de Lorraine : non feu- lement il fiiti obligé de lever le fiége de Maftricht ^ de^Charlcroi -, mais après avoir laifle tomber .Condé, Bouchain & Va- lendçsnnes, fo\iakpuifl&ncedcL6uisXIV, il perdit la bataille de MontealTel contre Rfoçi^eùf, : en .voulant fecourit Saiiit-O- mèr. Les maréchaux de Luxembourg & d'Himûéres commaodaient: ji'armce ibus- Monfieurv. On prétend qu'une .faute du K 5 prince 220 Louis XIV. prince d'Orange; & un mouvement ha* bife/dc Luxembourg, décidéi^fit-dû gàih ' de la bataille. MonÇeur cfeafgeft avec il^ ne valeur & une préfence d*dplrit, qtf on n'attendait pas d'un, prince eflfemine. Ja- * mais on ne .vit un plus gf aiid ékemple, que le çoyrage n'eft. point inccwnpfatible avjec la molleflfe. Ce - prince; tjui/i^abîl^ lait préfque toujours en femme, qui ea avait les inclinations, qui cotKrlwât'côëf-^ fé jen cornette, qui mettait du i^ugé & des mouches, a^t en capitaine & eiî' fojdat. Le roi Iba frère fyt, dit-on, un peu jaloux de fa ^oire. Il parïa peu à . ïï Mooiièur de & viâoire^ Il n'alla pas mê- - ^^" me voir le champ de bataille, quoiqu'il * '^^'fe trouvâttout auprès, (piques ferVite^s de Monfieur, plus pénétrans que les au-^ très, lui prédirent alors> qu'il ne côm- manderait plus d'année> & ils ne le trom^ pérent pas. Tant de villes prifes, tant de combats gagnés en tlandrc & en AUemagne, Je- taient pas les feuls fiiccès de Louis XIV ^ dans cette guerre. Le m«rédîaldeNavail- ks battait lesE^agnols dans le Lampour^ dan au pied des Pirénées. On les attaquait jufoues dans laSicik. ' La S^icile, depuis le tems des^rans de ^ Syracuiê, fous lefi^i^Is au tùôiti^ die à- Tait çté compta pour quelque cOok dans: Jufqu^à 167Ô. 227 dans le monde, à toujours été fubjugée par des étrangers ; aflèrvie fucceffive- ment aux Romains, aux Vandales, aux Arabes, aux Normans fous Icvaffelagp des Papes, aux Français, aux Allemans, aux Eipagnols ; haïflant prelque toujours fes maîtres, fe révoltant contre eux, fans faire de véritables efforts dignes c^e la li^ bérté, & excitant continuellenient des leditions pour changer de chaînes. Les magiftrats de Mellîne venaient d'allumer une guerre civile contre leurs gouverneurs, & d*appeller la France à leur lècours. Une flote Elpagnoîe blo- quait leur port. Ils étaient réduits aux extrémités dé la famine. D*abord le chevalier de Valbelle vint avec quelques frégates à travers la flo- te Elpagnole! Il apporta à MelTme des vivres, des armes « des foldâts. Enfuiçe le duc de Vivonne arrive avec fèpt vaif- féaux de guçrre de foixante pièces de ca- non, deux de quatre-vingt, & plufîeurs ^ brûlots i il bat la ^ flote ennemie» & ren- Fevr. tre viélorieux 4àp8 Mèjflmé. : , ^^75* L*Efpaj^e>ft obligée d,'iniplorer,pour la dêfenfe de Ja. Sicile, Içs Hollandais fes ancîèiis ennemi qu'on regardait toû-, jouh comme, les maîtres de la niiçr. Rui- ter vient à fon fecoùrsdu'fondduZui- derfce, pafle le détroit, & joihd à vingt K 6 vaif- 22 8 Louis XIV. vailTeaux .Eipagnols, vingt-trois grands vai fléaux dé guerre. Alors îes Français, qui joints avec les 8 Anglais^ n'avaient pu battre les flotes de Janv. Hollande, l'tm^rtérent feuls fur les Hol- '676. landais &: les Eipagnols réunis. Le duc de \^vonne^ obligé de relier dans Mefline pour contenir le peuple déjà mécontent de fes défenfeurs, lailià donner cette ba- taille par Duquêne, lieutenant-général des armées navales ^ homme aulTi fingulier que Ruitcr^ parvenu comme lui au com- mandement à force de mérite, mais n'aiant encor jamais commandç d'armée navale» & plus fignalé jufqu'à ce moment dans l'art d'un armateur, que dans celui d'un (général. Mais quiconque a le génie de fon art & du commandement, pafïè bien vite & fans effort du petit au grand. Du- quêne le montra grand général de nier contre Ruiter. C'était l'être que de rem^- porter fur ce Hollandais un faible avanta- ge. I^ livra encor une féconde bataille navale aux deux flotes ennemies près 1 2 d* Agouft:e. Ruiter, blefle dans cette batail- Mars le, y termina fa giorieufe vie. C'eft un des *^7^- hommes, dont la mémoire eft encor dans la plus grande vénération en Hol- lande. * II avait commencé par être valet & mouflfe 4e vaifleau \ il n'en fut que plus relpcdable. Le nom des princes de Naflàu 4 JufqtCà 1678. 229 Naflau n'cft pas au deflus du fien. Le confeil d'Elpague lui donna le titre & les. patentes de duc ; dignité étrangère & frivole pour un républicain. Ces paten- tes ne vinrent qu'après fa mort. Les en- fans deRuiter, dignes de leur pére,refufé- rcnt ce titre fi brigué dans nos monar- . chies, mais qui n'eft pas préférable au nom de bon citoien. Duquêne, le Ruiter de la France, atta- qua une troifiéme fois les deux flotes, après la mort du général Hollandais. Il leur coula à fond, brûla & prit plufieurs vaiflèaux. Le maréchal duc de Vivonne avait le commandement en chef dans cette bataille ; mais ce n*en fut pas moins Duqucne qui remporta la viftoire. L'Europe était étonnée, que la France fût devenue en fi peu de tems auffi redou- table fur nièr, que fur terre. Il eft 'Vrai que ces armemens & ces batailles ga- gnées, ne fervirent qu*à répandre l'ai- larme dans tous les états. Le roi d*An-; gleterre, aiant commencé la guerre pour Tintérét de la France, était prêt enfin de fe liguer avec le prince d'Orange, qui venait d'époufer fa nièce. De plus la gloire acquife en Sicile coûtait trop de ^ . tréfbrs. Enfin les Français évacuèrent j^" Meflîne, dans le tems qu'on crofait qu'ils fe rendraient maîtres de toute l'île. Qa blà^ 43^ Louis XIV. Wâana beaucoup Louis XIV, d'avoir fait dans cette guerre des entreprifes cju'il ne foâtint pas, & d'avoir abandonné Mef- fine, ainfi que la Hollande, a^rès des vie* toires inutiles. Cependant c'était être bien redouta- ble de n'avoir d^autre malheur, que de ne pas conferver toutes fes conquêtes. Il preflait fes ennemis d'un bout de l'Eu- rope à l'autre. La guerre de Sicile lui avait coûté beaucoup moins, qu'à l'Ef- pagne épuifèe & battue en tous lieux. Il luicitait encor de nouveaux ennemis à là maiibn d'Autriche. Il fomentait les trou- blés de Hongrie ; & fes ambaflTadeurs à la porte Ottomane la^refiàient de porter la guerre 4ans 4' Allemagne, dût-il cnvoîeir cncor^ par bienféance, quelque fecours contre les Tbrcs, appelles par fa politique. Il accablait feul tous fes ennemis. Car alors la Suéde, fon uniaue alliée, ne fai- fait qu'une guerre maîhcureufe contre rélcâeur de-Bl'andebourg. Cet éleéteur, père du premier roi de Pruflc, commen- çait à donner à fon pais une tonfidéra- tion qui s'dS: bien augmentée depuis : il enlevait alors4a Poméranie aux Suédois. Il eft remarqttîi)te, que dans le cours de cette guerre, il y eut prelquc toujours des conférences' oxrvertes pour la paix ; d'abord à Cologne, par la médiation in- utile utile de la 3uéde ; enfuite à Nûnégue, par celle' _(È rAngïeterre. La médiation. Anr glaâè^'fut une' cérémome prefque auJC 232 Louis XIV. Franche-Comté, qu'il avait deux fbis'cotîr qHÏft i '&■ ces deux provinces étaient \|i;i . affez digne fruit de la.guerre. '■'', Il ne voulait de l'Empire queFribôurg, ou Philipfbourg, Ôc lailTait le choix à l'empereur. Il rétabliflait dans l'évcché de Strafbourg & dans leurs terres, les deux frères Furftemberg, que l'empereur avaif dépouillés, & dont l'un était en pri- fon. La Suéde, fidelle à la France, devait aVoir pat ce traité de gi'ands avantages : une partie de la Poméranie qu'elle avait perdue, devait être cédée par l'éleveur de Brandebourg au roi de Suéde, Quant à la Lorraine, il offrait de réta- blir le nouveau duc Charles V ; mais il voulait'rpftcr maître de Nanci, & de tous , le grands chemins. Ces conditions furent fixées avec la hauteur d'un conquérant ; n'étaient pas û outrées, i défefpérer fes ennemis, 6 fe réunir contre lui, par fort: il parlait à l'EurOpi agifiait en même tems en Il fut aux conférences < mer la jaloufie parmi les a ', landais s'empreflcrent de le prince d'Orange qui, ." que ce fût,, voulait iaiit ' difeiejit, que ks Elpagn< faiblci • Jufqu'à 1678. 1^3 faibles pour les fecourir, s'ils ne fignai- ent pas. Les Efpagnols, voiant cjue les Hollan- dais avaient accepté la paix, la reçurent auflî, difant que Tempire ne faifait pas affez d'efforts pour la caulè commune. Enfin les AUemans, abandonnés de la Hollande & de TEfpagne, fignérent .les derniers, en laiffant Fribourg au roi, ,& confirnaant les traités de Weftphalie> Rien ne fut changé aux conditions prefcrites par Louis XI V, L'Europe reçut de lui des loix & la paix. Il n'y eut cpiie le duc de Lorraine, qui pfa refufcr l'ac- ceptation d'un traité, qui lui femUait trop ocQeux. Il aima niieux être un. prince errant dans l'empire, qu'un fouver^n fans pouvoir & fans honneur dans fes états \ il attendit fa fortune du tems &: de ion courage. Dans le tems des conférences do Nî- mégue, & quatre jours après qpe les plénipotentiaires de France Se de HoJlan* de avaient ligné la paix, le prince d'O- ' range fit voir combien Louis XIV av^t en lui un ennemi dangereux. Le mare- chU de Luxembourg qui bloquait Mons, venait de recevoir la nouvelle de la pai:^. Il était tranquile dans le village de jS^inj- Denis, & dînait chez l'intendant de Tat- mée. Le prince d'Orange, avec toutes fcs trou? 234 Louis XIV. troupes, fond ^ fur le quartier du maré- chal, le force, & engage un combat fan- glant, long & opiniâtre, dont il efpérait avec raifon une viftbire fignalée ; car non-feuîement il attaquait, ce qui eft iin avantage, mais il attaquait des troupes qui fe repo&îent^lur la foi du traité. Le inaréchal de Luxembourg eut beaucoup de peine à réfifter : & s'il y eut quelque avantage endant il prodiguait fa i^e& celle dfé jilufièurs ttiiHîers'd'hômthesy pfc^ur préihices d*iihe -ffafec générât, qu'il tfàiirtSt pu ttiïpé- cher, même en bîtttânt lés 'Frtinçâîs, «nt elle^étàk iv^ncSe. Cette aftion, plei- ne d'inhumanité mais dfe gi'ahdeur, à fflus admirée alors {][ue blâmée, fte prô- «ioifit pas un nouvel article de paix? & èô&a fans aucun ïruit la vie à deux-mil- le Français, & à autant d'ennemis. On vit dfti» cette paix, combien les évé- nement tous les monumens publics. On avait dès 1673 frapé quelques médùlles char- gées de ce lùrnom. L'Europe, quoique jaloufc, ne réclama pas contre ces hon- neurs. Cependant le nom de Louis XI Va prévalu dans le public fur celui de grand. L'ufage eft le maître de tout. Henri, qui fut fumommé le grand à fi jufte titre . . - après 436 Louis XlV: Jufquà i6yi. aprOs f^moi^, eft appelle communément Henri 4uatrc ; & ce nom feul' en diç aflèz. 'Moftfieuf 1<* printe eft toujours appelle le grand Condë, ' non feulement à caulê de t .237 J Chapitre Treizième. Prife de Strajbourg : bombardement ^Ji'gèr : Joumi^îon de Gênes : am~ bajfade de Siam : Pape humilié : éleSîor a tde Cclogne difputé. . L'Ambition de Louis XIV ne fût point retenue par ; cette paix gé- nérale. L'empire, l'Efjjagne, la Hol- lande, licencièrent leiirs troupes ex- tr .'ordinaires. Il guxda toutes les fiennes. ■ Il fit de k paix^i , un tems, njême i de corn quête^.' . Il ctwt ,fi l'^r alQrs:, de.lbn pou- r voir, qùSj,cta6lit.da..sMèt5<&.'dviB'BFi*- , fac dei j.^rifdi«ions» poiit; réunir à & cou-' ronne tpûtes les terres,-, qui pouvBieitt avoir été autrefois de la dépendance de l'Alface 138 Louts XIV. TAlface ou des trois évéchés, mus qui n'avait vu depuis Charlemagne, aucun prince agir ainfi en maître & en ju- ge des fouverains, & conquérir des p^ïs par des arrêts. L'éleÊleur Palatin & celui de Trêves fu- rent dépouillés des. felgncuries de pal- kembourgjde Germérlheim,deV^deijç^ &c. Us portèrent en vùn leiirs plaintes à l'empire aflèmblé à Ratïsbonne, qui fe contenta de faire des proteftations. Ce n'étùt pas allez au roi d'avoir la préfefture des. dix villes libres de l'AHaç^ au même titre que Pavaient çoe Içs empe-- xeurâ. Déjà dans aucune dé ces villes, on ih'ofait.pIus parlerde liberté. RcftaitStraf-, bourg, ville grande & riche, maîtreftfe du^ Rhin par le ponc qu'elle avaicTur ce fleu- ve, & qui formait feule une pulflâiite répuUique, fameufe par fbn ariepal, qui renformait neuf-cent pi&es d'^rcillerïe. Louvois avait fcomé dès long-tcflof le. dcSBàa àe U donner ^ foh di^Kre. lW» ' : rin- JufytCà i688. 239^ fintrigue & la terreur, quî lui avaient ouvert lès portes 4e tant de villes, pré- parèrent l'erttrée de Louvoîs dans Strafr bourg, Lesmagiftrats fiirentgagoésf. Le peuple fut confterné de voir à la fois vip^ , mille Français autour de leurs remparts ; les forts, qui les défends^ient près du Rhin, infultés & pris dans un moment ; Louvois à leurs portes, & leurs bourgyemeftres par- lant cie fe rendre. Les pleurs & le défefpoir des çitoiens amoureux de la liberté, n'em- péchèrent point, qu'en un même jour le ,j traité de reddition ne fût propoÊ par les Sept, magiftrats, & que Louvois ne prît poflcf- 1681. fion de la viUet Vaubanl'a rendue depuis, . . par les fortifications qui l'entourent, la barrière la plus forte de la France/ Le roi ne ménageait pas plus l'Eipa- gne ; il demandait dans les Païs-bas la ville d* Aloft & tout fon bailliage, que ks miniftres avaient oublié, dif^ent-ils, d'in- férer dans les conditions de la paix ; & fur les délais de TEipagne, il fit bloquer la ville de Luxembourg. En même tçms il achetait U forte vil- le de Cafal dUin petit prince duc deMan- touë, qui aurait vendu tout ion état pour ^ fournir àfes plaifirs^ En voiant cette puiflànce, qui.:S.'éten* dait ainfi de tous côtés, & qui acquérMt- jpcndançla pa^x, plqs qujc d^ jQis^édç-^ : cef- ±4^ Louis XIV, ceflcurs de Louis XIV n'avaient acquis par leurs guerres, les allarmes de l'Euro- pe recommencèrent. L'empire, la Hol- lande, la Suéde même mécontente du roi, firent un traité d'aflbciation. Les An- glais menacèrent ; les Efpagnols voulu- rent la guerre ; le prince d'Orange remua tout pour la faire commencer : mais au- cune puiflTancé n'ofait alors porter les premiers coups. Le roi, craint par tout, rie fongea qu'à fc faire craindre davantage. Il portait enfin fa marine au de-là des efperances 1680% ;jç3 Français & des, craintes de l'Europe. J^g^'Ii eut foixante-mille matelots. Des loix, aufli • fôvéres que celles de la difcipline des armées de terre, retenaient tous ces honlmes grofliers dans le devoin . L'An- gleterre & la Hollande, ces pùifTahces maritiîTies, . . n'av^aient ni : tarit d'homines de mer, ni de fr bonnes loix. Des com- pagnies de cadctV dans les places, fron- tières, & des gardes-iTiarines dans les ports, furent mflituées & compôfeès de jeunes-gensi, " qui apprenaient tous les arts* convenables à leur/pi^ofeliiôn, fous des maîtres païés du tréfor public. Le port de Toulon fur la Méditerranée fut dQnfltuit à frais immenfes, pour con- tenir cent vaiiTcâux de guerre, avec un ar&nal, & des magazine magnifiques. Sur jusqu'à io63. ^ 241 fur l^obean, krpoÉ"t de Br^ fe formait avec la même grandeur, ©unkerque, le Havre de Grâce, fe rempliflqieiitiieyaif-^ féaux. La nature était foncée àiRoçhetorti Enfin le roi avait' plus de cent gros vaifiëaux de ligne, dont plufieurs por- taient cent canons, & quelques-uns d'a- vantage.' Ils ne-peftaieptpasoififs: dans les ports. Sesr efcadres, fous le oomman-^ dément de Ehiquêne^ nettoiaient les ^mers infeftées par les Corfaires deTripoli & d'- Algèr, Il fe vang€^ d* Algèr^ avec iç cfecr cours d'un art hoûvéaii, àotk la <Éààa^ yerte fut due à cette4ittention:qCh'il -a^aîiti d'exciter tous les génies de^fonfiéctsi Cet artfiinefte, maisadmfi^i)le,^e(bcelil£des pilotes à bbmbtesi^ avec lefenaud> connu fous le nom du Petit ReiiaddJ^qui fans :^voir jamais fervi fur lesyaUïeàux, mit un excellent marin à force de géûie. Colbert, qui dé- terrait le mérite dans l'obfcârioê, l'avait ibuvent appelle au confeil demarine, même en préfence du roi. C'était par les foins & fur les Jumiéres âeRenaud, que l'on Ibivait depuis peu une médiodc plus régulière & plus facile, pour la conftrudion des vaiflfeaux. H ofa pro^ pofçr dans le confeil, de bombarder L Al- 5- l 2j^z Liovis XIV. Alger avec une floj». On aVaitpas d'- idée que I^ moctiiérs àjpombes pûflfefxc a'être. pas pofés fur im terraia folide. hzvTopoMoïttévolu. Ilciruiaks'con- tra4<5kio»s & ks railleries^ que tout in- venteur dcût ^ttendre^v isaais fa-&rmeté, & celte éloquence qu*oat d'oEdinaire les hojnraes vivqment feapes de kurs in- viennioosi détermina le roi,. à permettre Fcflai de cette nouvpaxitc. ^ Renaud fit cenftraire cinq yaififeaux, pi» ^ûb quç les vaiffeau« ordinaires^ mais i>lus forts de bois, fans ponts, av«c pn-fcibc-tiUac.à fond.de cale,; lux lequel fHi^mâçonnadesxarwic, oùroa-mitles laoïtiers. Il paitôt: avec cet équipage, fcusics.c*drei duyimxDùqwénc, qui éi»it chargé de Pentrfeprife, & qui n'en adïendait aucun fiice^s;: Duqu^eÔc jcs AlgéciensL forent cjonnés. de TeiSat^ des 28 bombea. Ihit^^mifdfihk^^i^'^^: ^^ tfife & confumée. Mais cet art, porte '^*'l£omôt chez les autres nations, ne fer* Ivitaù'àmultiï^r les calamités humai* / nés, & fut plus d'une fois redoutable a ^ la France, où il fiit inventé. Taïnarine, ainfi perfe6Uonnee en p«i iiPaen-es, était le fruit des foins de CoN hert. Louvois faifait à Fenvi fortifier plus de cent citadelles. De plus on bâtiffait Huningue, Sar-Louis, les fortereffes de . Stral- ê Straibourg, MootrR^^) 9fic. & pemlaot q^e le roiaume aqqy^rait taot cle forces au dehors, on,fl.e,liLWit W 4ed^n$que Waiîts ca honnçi^r,i'abQndaiicç, les plai- firs. Les arangerfiw^aiçntenr foule ad- mirer la cour de Louis XIV. Son nom pé- nétrait chez tous les peuples du monde. Son bonheur & fa gloire étaient encpr relevés par la faiblçAè de la plufpart.des aatfes rois, & par le îm^heurcde leurs peu- plçs, J^'EmpereiirXéopOld, avait alors à ci;iin5ire les Hoagrois jpévoltés, & fur- tout les Turcs qui, appelles par les Hon- grois, venaient imxider l'Allemagne. La politique de Louis pçrfécutait les prote- ft^ns eo^ JE^rapce, pvi:e qu*il croiait.de- yoir le;5 meçta?e,hprs d^état de lui nuire, i[p^s protégeait fpus m^in les proteftans de Hongrie, qui pojuvaient le fervir. Son . ambaflàdeur à la porte avait prefle Tar- meniQfitjdes Tur(^.. L'armée Octomaney £;;|^ ^^^HH-çfenf-îinille xomhattaos,. ^^&^^^%^ ^IWQ^ 5)§^ ; troupes Hongi^i* fes, ne çrcfuwat fyr foo paflagc.ni villes* fortifiées, telles qye la France en avait, ni. co^ps d'aride... capable de l'arrêter, pénétra jufqu'ayx, portes de Vienne^ a- prè^i^vjwr tputt^pyjçcië fu^ fonpaflagé: L'e^pçjîOuif M(^old qiHttà d'abord Vienne avfp p^éçij^^tion, & fe retira jufqu'à I,.intt:rd,r?|)pro.cheid^Xùrcsi; & L 9 quand Z44 Lotris XIV. . quand il fut qu'ils avaient invefti Vienne,' il ne prit d'autre parti que d'aller cncor plus loin jufqU'àPaifaU) laifl&nt le due de Lorraine, à k tête d'uiie petite armée tiéja entamée en chemin par les Turcs, Ibùtenir, comme il pourrait, la fortune de Tempire. Perfonne ne doutait, que le grand- vifir Cara Muftapha, qui commandait Tarmce Ottomane, ne fe rendît bientôt maître de la faibl6 &:ipetite (Capitale àé r AUem^ne, que les impériaux: regar- dent comme la capitale du monde chré- tien. On touchait au moment de la plus terrible révolution. - Loui9 XIV efpérâi ^vec beaucoup de ynûifemblance, que l'Allemagne, défoleé par les Turcs, & n*aiant contré eux ^u'tiit chef dont la fuite augmentait la terreur commune, ferait obligée dfe recourir à la proteélion de la France^ Il avait une ar^- ijiée fur les frontières de rempiré; prête à le défendre- contre ces iftiêmes Tuf es, que fes négociations y avaient aniénés. U pouvait ainfi devenir le protcéleur de Tempire & faire fon fils roi des Romains. Le chef-d'œuvre qi^)tt4e*:ii y. rentra, lorfque foo li- ^ratwKfortaitideirEglife, où Ton avaij: çî^pte le T'eJ^eum, & où le prédicateur av^iç^prisfjORr.fon texte. Il fut un hom- me envoie de Dieu nommé Jean. Jamais monarque çq fut plus heureux ni plus hiiOTlié qu(ç Léopold. .j(Cin|^^ççénageF^\r|£pr^ içs piétention?^ 4ç; rçpomgiçnçâ fes hoftijités. Il fit jbomr barder, affiler &prendrqLu3çembourg, Courtrai^ Dixmude, en Flandre. Il s'enoL- para de Trêves, & en démolit les forti- catjoQS v.t;ou|^ççla, ppvir renip^r, difait;- on, J'efprit diRS traités ne I^i*né^^ç•. J^e^ ' L 3 '/ Impériaux Tt46 IioiJiS XIV, Impéri au^ & les Efpa^ôls négotîaîcnt' avec lui à RatMbonc, pendant qu'il prç* naît leurs villes ^ & la paix de Nimeguc enfrainte fut chalîgée en une Trévd de vingt anS) par laquelle le roi garda la ville de Luxembourg & fa principauté. Il était €ïi6or plus redctotc fur lés co- tes de i* Aff iqdc, où les Français n'étaient connus aVant lui, ^fue j^ar les efckvéls que faîfeîent lès Barbares* AlK^f,'<îtttoifofeb6ftibardée, envëîà , des SpottÉM dêftiajrtder pardon, & rét- ccvol^ là p'ttîx ^ lis» f^âdJréfnt tous lës-ef- Avril d^cs chtéttellSi, èr ^éi^ent entdr dte 1684 r^ygént, tëtjfii tk \& phjs ^«ndé p*. rtWioÉ dê& Gè^ftirés. Ttîrfs, TÀpb% fitôtit les niémes fôtt- mtffions. Il n*ëft j^as iôutâè dé difé^ Mîfe lôrfq^ D to^év^illé, ^ '^à^aîiïe ckf vàlP- fe«à, irint délivi-er dttnè A4gèr toifi 1ê& \ efclavfes chrétiens àiu nom du rcS de FrÉince, il fe trouva parmi eux beau- coup d'Anglais, qui étant dga ^ bo*^ 4(^^t\rié^Àte'^ i^amrfévHte, que é'éteaat en ^<5tt(îdératk)ri eu M d^Amglètêrrè, qu*îfe , étaient mis énWbctté. Alofi le capitaihi^ Français fit aj)pelfer les Algériens, & re- mettant les Anglais à te^re j ces gens eij dît-il, frètenêtémttHrt degrés qu^àu norn ie leur foi 5 % thié^ ne prêtai pas h UBer- U de leur ^rfà prétèffiok: Je i^us lés • '^- 4 ' '* remets \ tmets ^ c^e^à taawï à montrer ce i^-wms deéez au roi d^Anglettrre. Tous lesAn^- ^lais furent remis aux fers. La. fierté Ânglarfey la faibleffe du gonverneoieitt de Gbarlés fécond, & le relpeét4es na»* liions pour Loui& XIV, iè font coim^rer par œ trait. r^ Tell était ce re^)câ: univerftl, qu'on: accordait de nouveaux honneurs à ibzr ambaâàdeur à la Porte Ottomane, teJii qioe celui du fopha^ tandis qu'il humi^ ïmt leè peuples d'Afrique, qui font fousi hi proceâioft du^ grand-feigneun .^Iia'fépQklâqiie.cle Gènes s'ab^âiien^ 0»r phi6 ùevmù kuy iqfue cdie d'Alger; Gènes srraât vtfndu de la poudre & de^ bombes* aoxA%ciNeiis. EUeconftruîfait quatre ga{éres|SOor le fefvite del'Ëipag^ né. Ije rbî luîiiié&fsdtty par;fbndDToifi Siônr-olon icoi gcntilHhrQmme ol'dihaire^ de hMoèir à r^ les galères^ &: la: naenaça d'ûiy cbâtcimaiït prompt ^ii elle ne Se fqu^ 0setfiak à fées volonté». !Les>Génoî«^ irrin tés 4^kette entrepcife fur Idur libené &c eoift^eâlfit tjropr fuir; le ibsours de l'Ëf*^ pàgne^ i^e &icm mcoume t fatisfaâiooj . Auflhèt quatorze* gros vaiifeauk, TÎhgt * galéresy dix galiôtes^^ bûsnnijes^' pliîfieurs tr^awsj ibrtent di^port de Toulon. Seignelai, ifDuwau'fecretaiib de la hm^' rxne, & à qui le £uneux QoUxrt fpn père L 4 avait 24» LOUIS XIV. avait dqja fait exercer cet emploi avant fa mort, ctait luirineme fur la flote. Ce jeune hommcy plein d'ambition, de cou- uage;' d'cfprit, d'aélivité» voulait être à la fois guerrier & miniflre; avide de tou- ^ efpécejdfi gloire, ardent à tout ce qu'il entreprenait, & mêlant les plaifirs aux afFàixps,! fans qu'elles en fouffriflent. Le vieux Duquêne commandait les vaiflè*. aux, le duc de Mortemar les galères :. mais tous deux étaient les courtifans du fccretairë d^ét^t. On arrive devant Gênés ^ les dix galiotes y Jettent quatorze-Emilie bomhes, &*réduiient en cendres une par- 17 tit de tes édifices de Marbre, qui ont fait» ^^* donner à la ville le nom de Gènes làfu- ^ ferke. Quatre-mille foldats débarqués s'avancent jufqu'aux portes, & brûlent le fauboure de Saint* Pierre d'Arène. A- lors il £d[uiti s'hÙH^ilier, pour prévenir une ruine tot^ej Le roi exigea^ que le doge de Gehesiâc quatra principaux (è- nateurs^ vinflënt implorer fa démence dans fon palais de Yerfailles ; & de peur que les Génois n'éluda0ënt la Ëitisfaâi- on, & :ne ^dérobafiènt quelque chofe à fa gloire, -il voiilut que' le doge, qui vien- drait l\û demàndei- psurlon, fût continué dans ùi principaul^ imalgré la loi perpé- tuelle de Gènes, quiiote cette dignité à tout doge ^blbit un moment de la ville.. 4. .i - Impériale JUSQpf^ 1688. 249 Impériale Lefçaro doge de G^nes^ a- «2 yec le« fénateurs Lomelino, Gareb4rdi> ^^^\ Durazzo, Salvago, vinrent à Verfailles/ ^' faire tout ce que le roi exigeait d*eux. Le ,çloge,, en habit de cérémonie, parja, (5ouverrt- d'un bonnet de velour$ xçHlgç gu'ii ôtoit fou veut : fon difcoûrs &'fe§ n>Vque^ : de fouipiflîon étaient diélés pag SeigneJai. Le. roi lfécout:a, affis & cou- vert, 5 mais comme, dans toutes les adi- pns de fa vie,, il joignait la pûUte0e à la dignité,, ij trajfa Lefcarp & les feiiatçurs,^ ^pc alitant dçibontéqvue de fafte. Le3 mini^r(Bs>LQuypis, Croiffi & Seignelî^V ieur.firent fentiis plus de fierté.; Àuflî le doge difait. : Le roi Sfe à nos< caurs la li- ierte^çpar la manière dont, il nous ftfoit -^ mais £^s miniftres nous la rend^U\Ç^'^o^ / ) . ét^t un\ hoipme 4e ]bea,ucoupM 4'fefpritJ* Tout \çi, rnonde^fait, que le marquis^ de $€pgi>çlai, luï^-^aiapt {d^na^ndé ce i, qu'il trouvait ge plus fingplier à Vcrfeilîes i il répondit :. e^s^Jif^t^yvoir., ; , , L'extrême goût que Louis XIV avait pouB^ li?s cj^çfes, d'éclat, jfiit encïçir bien arrivé, par une^^d^ çe$ îfingulaJÛçés qui. prouvent la fupériorité des Européan? . lur JtsbW^rçs-mîionft^, qw'ijn Qreç, ' fA^ .1 L 5> ^^^^< igô Louis tlV. d\irt cabarètier de Cé{>halonie5 nofrimé Phâlk Confiance, était devenu Barmlàfij c'eft à dire, premier miniftre ou grand- vîfîr du roiaume de Siatn. Cet homme, dans }e deflèin de fe faire roi, & dans le befoin qu'il avait de fecours étrangers^ . n'avait ofé fe confier hi aux Anglais ni aux ttollahdlis ; ce font des voifin^i trop dangereux dahs les Indes. Les Français venaient d'éta:blii: défi comptoirs fur les cctes de CoromârtdeH & avaient porte dans Ce6 extrémité d^ TAfie, laréf^um- tien dé leur rôi. : Coriftànee cnit Louis XÏV pfopfeà ëtrééàtt^r vïrt hoînmiâgé, Ïui viendrait de fi Mil fans être attendu! .a religion j ddnt \€s réïforts foiit jtfiie^ la pQlîtîque du' ttiôride depuis Siàm jufi 1684 qu^àPa^is, fervît txKîôt à fes defïèins. R envo^> au ttôhi d^ t^ daSiàhi fbH ^^ tre, Uft't fôl^rièlte attâialfede, âvécidfe trandé >pr^fêftfe à LWtfiS XlV^ poUflUÎ faire ei^tèhdré (|ùë et roiihdièrii' char* me de fa glcSVé, ne Vo\jlaiV faire détrrfcé detfômmer^e «[u'aVéc la nation Friiï!çiéfe> faîrè chrélSeï^. liâj^fandeaKIdwiré^fMfe* & ifa refij^dh tl-^npéé,* ré%agaëie4 invoitir au rclî de Siàm déûk Msîft^ deurs, fîx jéfiiites v & depuis il yjôîgTiSS: des officiers aV^tràie-ceritfoldats. 'Maft réclat de cette 'aaA^bafl^ S&mdie fut k-" «-^ • le >-« jusqu'à i6Bi. 251 k im\ fruit <\\x'^b en rmm* Cdaâance^ fmU .rîâîme de Ibo aipbitioa : quelque pc¥ d6$ FrftnçMB qui rcftérent Jiuprès de. hâ^ fv»ienc maffacÉés 5 d'^autres obligés^ de fuir ; &. iâ veuw, 4prç3 avoir été for le point d'être reine, fut condannée par. le îucccflèur . du roi de Siam, à fervir dans la, cuifme, emploi pour lequel ellç; était née* - . Cette foif de gloire, qw portait Louis: Xiy à fe diftinguèr en to^it des autres rois, paraiffait encor dans la hauteur qu'U aôcétait avec, la cour de Rome. Qdefcakhit. fils dt'un J>anqujer du Mila-, naift» étaic iaIor$ foi: ^ le >tronfi ^e VegMlè» ibua le nom d'Inaoceni^ XL : C'était uq homme vertueuse, tm.pontife fage, peu théologien 5 ums prinoe courageuâCj fer- me & magnifique. Il focidufrut, contre le3 Tumfi^ rcmpâre & la Pologne de fon argent» ^ Jes Venitàenfi.' de kfi galères. Il cot>daiiftiaic avec 'hsuKeur la conduite 4e Liouis XîV, uni contre des chrétiens^ %t vcc les Turcs. On s'étonnait, (\\tm pape prît fi viveioient le parti ce ' qui entrait dans RcMnrké fous k nd|ii desambafladeurs, ne païait jamaiSf d^emrée. , Le commerce ea fpufFràit, & rétttt en était appauvri. ' • L^ pape Jnnbceàt XI obi^xnt enfin de PËfripeteury dû» roi d'Elpàgne, de celui de Pdlôgr^, &*du horfveau roi d* Angle- terre Jacques fecdid prince catholique^ ^^ils renonçafibnt à ces droits odieux. Le rtohcè Ranqcci propofa à Louis XIV de concourir, cbnrûne les autres rois, à la iTàriquilité & au bon ordre de Rome. I]o\iis, très mécontent du pape, répori*^ dît': ** qu'il ne s'était jamais réglé fur ,*, réxemple d'autrui, & que c'était à lui „ à feryir d'exemple.,, UcnvoiaàRome le jusqu'à 1688. 253 k marquis de'Lavardin en embafladci, pour braver le pape. Lavardin . entra dans Rome,*malgré les défenfes du pon- tife, efcorté de quatre-cent gardes de la marine, de quatre-cent officiers yolon- taireSa & de deux-cent hommes de livrée, tous arn>es. Il prit pofleffion , de fon pa-. lais, de fes quartiers & de Téglife de Saint- Louis, autour defquels il fit pofter des fentinelles & faire la ronde, comme dans uûe place de guerre. Le pape eft le fbul fouverain, à qui on pût envoièr une telle ambaflade : car la fupériorité, 3U*il afFede fur les têtes couronnées, leur Onne toujours envie de Thumilier ; & 1^ faibleflë de fon état fait qu'on Tou- trage toujours impunément. Tout ce qu'Innocent XI put faire, fut de fe fer- vir, contre le marquis de Lavardin, des armes ufées de Texcommunication -y ar- mes, -dont on ne fait pas même plus de cas à Rome, qu'ailleurs, mais qu'on ne laifle pas d'emploier comme une ancien- ne formule, ainfi que les fpldats du pape font arrnes feulement pour la forme. Le cardinal d'E'trée, homme d'elprit» mais négociateur^ fouvent malheureux, étaiii ,alx)rs çh,arge des afïaires/de France à Rome. D'E'tree, aiant été obligé de voir fouyent le marquis de Lavardin, ne put être enfuite admis à Taudiance du 254 Lôtris XIV. du pape, 'ïàrts recev*^uve bien que les con- ti^atis foht faSftâ pour les pamculien. VbÔà compile le roi, au combte de ik gMv^Di^ itiàifpoùy ou dépo(ii}la, OU- hl!inlliaprdf<|U^ tous les princes ; m^h luf&, prtIqM tôuis ït réunitlSA^ût contre . ^ yen. '>» • r.n „ • I . I t i. CHA- i 256 Chapitre QjJATORZu^iiE. . ' Le roi y acques détrSaé ^r Jhn gendre- , Guillawne trois, & protège par LOUIS XIY. LE prince ^'Or^ge, plus ambitieux que Louis XIV, avait conçu des projets vaftes, qui pouvaiept paraître: chimériques dans uii Stathouder de Hol- lande» mais. qu'ili)u{liBa par Ton habiter? flf par fon courage. Il voulait abaiffer le roi de France, & détrôner le roi d'Angleterre. ^ 11 n'eut pas de peine ^ liguer petit à petit l'Europe contre. illt France. L'Empereur, une partie de l'Empire, la Hollande, le duc de Lor- raine, s'étaient d'abord fecrettemefit u- en nis à Aufbourgv enfuite l'Efpagne & la j68ô Savoie s'unirent à ces puiflances. Le- p^e,.fans être expreflemenc un des con- fédérés. jusqu'à 1696*. 257 Sédérés, les animait tous par Tes intri- gues. Venife les favorifait, £ms fe dé- clarer ouvertement. Tous les princes d'Italie étaient pour eux. Dans le nord, la Suàle était alors du parti des impéri- aux, .&>le Diinemafck était un allié in* utile de la France. Plus de fix-cent- mille proteftans, fuiant la perfécutioh de Louis, & emportant avec eux hors de France leur argent, leur induftrie & leur haine contre le roi, étaient de nou* veaux enneniis, qui allaient dans tout TEurope exciter les puiffances déjà ani-» mées à la guerre. (On parlera de cette iîiite dans le chapitre de la religion.) Le roi était de tous cotés entoure d*enne- inis, & rfavait d*ami que le roi Jacques. Jacques roi d'Angleterre, fucceflÇbur dé Charles feconcjrjfoiv frère, était catholique comme lui ; mais Charles n'avait tnen vbxdu fuffrir qu'on le fit catholique fur la fin de fa vie, que par complaifance pour fes maîtreflcs & pour fon frère : il n'avait en effet d'autre religion qu'un pur déifme. Son extrême indifférence fur toutes lés dî%utes qui parta^nt ks hommes, n'avait pas peu contribué à le faire régner paifiblement en. Ai^leterre. Jacques au contraire, attaché depuis £a jeuneflè à la communion Romaine par pèrfuafioo^ joignait à ,f^ cr-éance Tefprit de 258 Lotrtfe XIV. de parti & tç zeie. S'il eût été Ma&cv» métan, ou de la religion de C(>nfucii3s, les Anglais n^eùflènt jamais trouble font régne. Mais il avait formé le deflëiti d'établir dafts fon roiaume le catholi^ eiime, regardé avec horreur par ces roia- liâes^republicains, comme la religion 43te l'efclavagc, C*dà uûô entreprife quel^ Suefois très aif^^ de rendre une religion ominante dans un païs. Conftantin^ Ciovis,Ouftave- Vaza^ la reine Ëliiabedi^ firent redevoir fans dang^, chacun par des mpîens diffêtiens, une religion nou-^ ▼idie : mais^pOQr dé pareils changesïiefKsf^ deKUchofe&foilt ahfolutmnt néodlkirtegi une profonde politique âc des ctroonftan*» ces faeufenfes; l'une & l'autre m^quaài h Jacqu«tt. il était îivdlgné de tw« quet taint d^ roÎB dan» r£iir6pe étaient d^piotiqae»! 2uè ceux de Suéde fo de Danemàrdc <1tf evenaîent adors ^ qu'enfin U ne reftait tlus daii& le monde que ta Pologne ds r Angleterre, où la liberté des pe«n>le9 &&riââc wtc la rokuté. Louis AlV^ l'encourageait à devenir aWblu chea lui, & lesijéfuites à^ rétablit leur religion avec leur crédit. Il s'y prit fi malheur reufemefity qu'il ne fit que révolter tous les eiprîts. Il agit d'abord, comme s'il lût Venu à bout de ce qu'il avait envi^ de de fiaîré ; aiant ptibliquement à la cô^l* * un nonce du pape, des jéfuitcs, des ca-^ pucins ;. mettant en prifon fept évêques An^tcans^ qu'il eût fallu gagner y ôtiant leii privilèges à la Vîlfe de Londres, à la^ quelle il devait phaftôt en accorder de ftouvea^ ; renverfant avec hautewr des loîx cpa'ilfâUait fepèr en (ilence; enfin feoondmfent avec fi peu de mén^e^ ment, que les cardinaux de Rome difai- eirt eh ^iantant : *' qu'il fallait Téx* „ (Tommùnier, comme un homme qui yi allaif^rdre le. peu dé cathoKcifme^ i, 4ui i^it eft Aîij^éfef re.,^ - Le f)^ lÂn^eAt XI n'éQ)éhtk rie^ des én«re- ' ^ifé^ dé }^ui-^ *lbh coâfëSeur 9e jéfàéé VmkÈ. Céjêfoitè'étiait'Un i(itrîgiaiÉ|fi«K pê€é^'i qui âênréfê dfe l' à^biti^ é^ét^ cardinal & primat d'Angleterre, pé^^ feit f<»'ft«4ttrfe au précipice. Lesfttfeci- {>ale^ tetesde l'ét^ fe réunirent en feeret-, èoriért les ddiëfM mais il leurlaifla le loifir de fe déterminer. Plufieurs officiers géné- raux^ l'abandonnèrent f, enKÇ autres, ce fameux jusQy*A' 1696. 261 filïnclix ' Churchil, aufli Tatal depuis à Louis qu'à Jacques, & fi iHuftre fous le; hopi dé duc de Marieborough. Il était favori de Jacques, fa créature, la frérc de fa maîtrene; fon lieutenant'-généraf dans l'armée ; cependant il le quitta, & paflà dans le camp du prince d^Orange. Le prince de Danemarck, gendre de Jacqtics; enfin fa propre* fille la princef- fe Anne, Tabàndonnérent. '' ' Alors le voiant attaqué & pourfuiVi ^r un die Tes gendfes, quitté par l'au- tre ; aiant contre lui fes deux filles, fes propres amis ; haï des fujets même qui étaient cncor dans fôn parti, îl défefpéra dfefa fortune. La fufe dernière réflbur- cè d'un pHnce vaiiicUi fi^t'lê parti qu'il ^Ht fans cbmbâtttrd. Enfin après avôîrété arrêté dans fa fijite J)ar la populace, mal- traité par elle, reconduit à Londres ; a- près àyioir reçu païfiblement les ordres du' prince^ d'Ofangë'dai^s foh ^itjpretoa- hrisi; après avt>îr vafa gàtdè^ Relevée fahs éëup^éiir par celle m prince i^ diaflÇ dë/^ mâilbn, prifijhnier à Rothefter, il pcrififx de la liberté \ljtf on lui donnait d'abandonner fon rbiiumt ; il alla cher- cHéf'tihafîlefenFrthce; •^>Ce 4\A là réooqùcdè^la vrafc liberté d'Ahglétéfre/ La nafidn, ; l'ejJréfebtée par ton' parittnent, fiacà les TOrnesi; fi • longtems i a 62 Louis XIV. loDgcems conteftées, des droits du roi & de ceux dju poiple i & aianc preicrit au prince d'Orange les conditipnç apA quelles il devait .régner, jelle le ctioiiît pour fçin.roi, conjointement avec fa fem- me Marie, fille du roi Jacques. Dès-lors ce prince ne fut plus connu dans la plus glande partie de l'Europe, que fous le nom de GuiilajLime III, roi légitime d'Angleterre, & libérateur de la nation. J^is en France^,jil ne fut regardé que comme le prince d'Orange, ufurpateur des états de fon beau-përe. Le roi fugitif vint, avec fa femme fille - ^ d'un duc de Modene, S? le prince de 1689'GaUes ençoi; enfant, iniplorer Ja pro- teâion jde Loui^ Xly * L^ i;eine d'An- gleterre» arriyçe ivjant ion paar^ - fut étonné de la fplendeur qui environnait le rpi ,dè France, de cette profufion de mjagnifiçgftce q^'op vpiait: à-Vç^jàilles, & liirhtaut de t^/namiêrç.^ont el;^ reçue.. X^ roi ajlla w cjevant d'c;lle j\4- qu'à Çh^totu. j^e ti^ netùis^ Madafm? \w 4it-il, un trijie fervice\ mais/ejfpére voi^s en rendre bienitôt flus de grands ùf de plus^ heureux p Ce fiircnt :fes propççs paroles* U lacdnduifit ou!^teau qeSaint-Qer)- ipain^ ojà elle trpuva le m^me feryicc qu'aurait eu la reine de France ; çout c-e qui fert à.la conunodité & au luxe* des dfis j^Gâfens de toute efp^ce^ en argent, m^a^ en vaifflèJUk, .eo bîjmix,. en ét^ Il y aF^it parmi tous ces j>féleas, une bourle de dix-rmiUe Louis d'or fur fà toilette. Les mêmes attentions furent obfervées pour fon mari^ qui arriva un jour après elle. On lui r%la lix-cent- mille Ëraacs par an poiiu: l'entretien de & maifon, outire les préfesBS fans nombre qu'on, lui lit. Il eut les officiers du roi^ & iès gardes. Toute cette téception é* tait bien peu de cfaofe, auprès des pré- parati& qu'on fallait pour le rétablir fur iim twixc. Jamais le roi ne parut il grand ; mais Jacq(ues parut petit. Ceux, qui à la cour & à la ville décid^at de la repjut^tion des hommes, iconçuceati pqur lui peu d'eftime. Il ne volait gjuéres que de» jéfiiites. Il alla defcendre chez eux à Paris, dans ia rue Saii^ Antenne. Il kuc 4^, qu*il était Jéfiiioe lui-^meme; ^ ce* qui efbde plus &)gulièr, c^eftiquè k chote était vraies UVetak fait afTocièr à cet rondre, avec^de eortaines cérémoô* nieâ, par quatre jéfuites Anglais, étant cncor duc d'Yorck. Cette puiillanimité dans un prince, jointe à Hamaniéce dont il avait perdu /a oourpnne, l'avilit au poiîit, ^ue les : icourtiikns s'égaSaient t«>u$ lies jours à faice des chanfons fur lui. Chaffé d'Ac^ktorrê, on s'en mo*' quait 204 Louis XIV. quait en France. On ne lui favait nul gré d^étre catholique. L'archevêque de Reims, frère de Louvois, dit tout haut à Saint-Germain dans fon antichambre.: voilà un ban homme^ qui a quitté trois roiaumes pour une mejje.' Il ne recevait de Rome que des indulgences & des paf- quinades. Enfin, dans toute cette révo- lution, ÙL religion lui rendit (i peu de fervices, que lorfque le prince d'Orange, le chef du Calvinifhie, avait mis à la voile pour aller détrôner le roi fon beau- père, rambaflfadeur du roi catholique à la Haie, avait fait dire des méfies pour riieureux fuccès de ce voiage« Au milieu des humiliations de ce roi fugitif, & des libéralités de Louis XIV envers lui, c'était un fpeâacle digne de quelque attention, de voir Jacques tou- cher les écroûelles au petit couvent des Angl^fës ; {bit que les rois Anglais fc foient attribué ce fingutier privilège, cohune prétèndans à la couronne de France ; foit que cette cérémonie Ibit établie chez eux depuis le tems du pre- mier Eldouard. Le roi le fit bientôt conduire en Irc- lande, où IC3 catholiques formaient en- cor un parti, qui parai^t confidérable. U ne efcadre, de treize vaiflèaux du pre • mier rang> était à la rade de Breft pour le y JUSC^A 1696.. 26^ le tranfport. Tous les ofRcîers, les courtifans, les prêtres même, qui étai- -ent venus trouver Jacques à Saint-Ger- main, furent défraies- jufqu? à Rreft aux dépens du roi de France. Un ambaf- fadeur (c'était monfieur d'Àvaux) était nommé auprès du roi détrôné^ & le fui- vit avec pompe. Des armes, des mu nitions de toute efpéce» furent embar- quées fur la flote -, on y porta jufqu-alix meubles les plus vils, & jufqu'aùx plus recherchés. Le roi alla lui dire adieu à 5aint-Germain. Là, pour dernier pré- fent, il lui donna fa cuiraflè, & lui dit en l'embraflant : iout ce que je peux vous I fouhaiter de mieux^ eft de ne vom jamais j revoir. A peine le xoi Jacques était-il ^ débarqué en Irlande avec cet . a^ppareil, que vingt-trois autres grands vaiflèauK de guerre, fous les ordres, dd Château- Renaud, & une infihité de.>nawres de tranfport le fuivirènt; Cette fiotCt aiant « ^ mis en fuite & di&erfé>la floté Anglaife ^g' qui s'oppofait à k)B paflage, débarqua ^' heureufement, & ^ant pris dans 6>ï4 retour fept vaiffeaux marchands Hol- landais, revint à Br^ viôorîeufe ^de r Angleterre, & chaigée des dépouillas de la Hollande. , . ,[ ?' Bientôt après, un troifiénre fecèucs Mars partit encor de Breft^ de Toulon, dfe «^9^^ M Roche- 2r66 LotTis XIV. Rochefort. iLes ports d'Irlande & la mèrde la manche étaient couverts de vaiflëaux Françafe. .Enfin Tour ville vice-amiral de France, avec foixante & douze grands vaifleaux, rencontra une fk)te Anglaife & Hollandaife d'en- viron foixante voiles. On fe battit pejn- dant dix -heuMs ; Tourville; Château- Renaud^ d'Etrée^ Némond, y fîgna- / lérepip leur courage & une habileté, qui ,' -douftérent^à' la France un honneur, au- Juîi. quel elle n'était pas accoutumée. Les '^90 Anglais & les Hollandais, jufqu'alors maîtres de l'océan, & de qui les Fran- çais avaient appris depuis fi peu de tems à doçrier des batailles rangées, furent entièrement vaincus. Dix-fept de leurs vaiflèaiix ^brifés & démâtés, allèrent é- -chouer & fe brûler fur les côtes. Le n^fteaUa fe cocher vers la Tamife^ ou entwtesbaflCB He.là Hollamk. Il n'en côôta''^aô trfte feule thaloupe aux Fran- -çaisr. Alors; rcé que LouU XIV fbu- haitait depuis vii>gt années, & ce qui avait paru fi peu vraifemhlabie, arriva.; îl eut fiempire de la mer: empire qui 'fot^nlâ 'Vérité de peu de durée. Les vài0eaùx de guerre ennemis fe cachai- ent devant fes flotes. ^ Seigneki, qui olàit bout^ fit veinir fes galères de Mar- feillelUr Pocéan, Les côtes xi'Agletcrre .1 virent virent des galères pour la ^première fois. On fit, par leur moiea, une idefcente àifée , à Tinmoulh. On brû- la dans cette baie plus de trente va- ifleaux marchands. Les armateurs de Saînt-Malo & du nouveau port de Dunkerque s^enrichiflaient^ eux & V*- état, de prifes continuelles. Enfin, pendant près de deux années, on ne tonnaiflait plus fur les mers que les va^ ifleaux Français. . Le roi Jacques ne -féconda pas en Ir- lande ces fecours de Louis XIV. Il avait avec lui prés de fix-mille Frailçais & quinze-mille Irlandais. La rivière de Boine était entre fon armée .& celle du roi Guillaurrte. Cette rivière était guér able j on n'avait de Téau, que jufques fous les épaules* Mais, après l'avoir {)aflee, pour venir attaquer l'armée Ir- andaife, il fallait encor traverfér un marais : enfuite on trouvait ^un terrain efçarpé, qui formait un retrancbcmeaç naturel. Le roi Guillaume fit paffe^r ,. fon armée en trois endroitîs, engagea j^gô. la bataille. Les Irlandais, »que nous a- vons vu de fi bons foldats en France & en Efpagne, . Quarante vaif-. feavx . de traftfpotit, tûi^né^ djs douzç^ ^aiflûauxde guerre,, apportèrent tou» fes^-fècours poffibii^ en hommes, en u- ftcafilesî en équipa^-r, 4^5 .ingénieurs^ its. canomarsj^, de^.b^tpl^a^er^, deux*> oent maçons; des {èlle$,.>deS'bri4ef$rde9 bouflès, pour plus de Vtingtnmille che- veaux ;, des candns avec leur? affûts -r des fufils, des piftùlets, des épées, pouf^ armer vingt- fix-mille hornmes ; des vi- vres, des habits .& jufqu'à . vingt- fïx-»^ mille pairs de fouliers. Jiimerick afy fiégée, mais munie de tant tde fecours, efpérait de voir fan roi çcmibattre poijt fa défenfe. Jacques ne , vint; .poi^t : Limerick fe rendit : les vaiflipaux iFrau; çais revinrent encor, & ne n^rpenérent; M 4- en 27^ Louis X!lV: en France qu'environ vingt-milfe Ir- landais, tant foldata que citoien» fugi- tifs. Ce qu'il y a peut-être de plus éton- nant, c'eft que: Louis XIV ne fe rebuta pas. Il foûtenait alors une guerre diffi- cile contre prefque toute l'Europe. Ce- pendant il tenta encor de changer la for- tune de Jacques par une cntreprife dé- 29 cifîve, & de faire une defcente en An- Juil. gleterre avec vingt-mille hommes. I1& ^^^ étaient aflemblés entre Cherbourg & la. . Hogue. Plus.de trois-cent navires de tranfport étaient prêts à Breft". Tour- ville, avec quarante-quatre grands vaif-. feaux de guerre, les attendait aux côte» de Normandie. d'Etrée arrivait du port de Toulon avec trentes autres vaif- leaux. S'il y a des malheurs caufés par la maùvaife conduite, il y en a qu'on ne peut imputer qu'à la fortune. Le vent, d'abord favorable à l*efcadre de d'Etrée, changea ; il ne put joindre • Tourvîllé. Ses quarante-quatre vaif* féaux furent attaqués par les flotes d'- Angleterre & de Hollande, fortes de près de cent voiles. La fupériorité du nombre Femporta. Les Français cédè- rent; après un combat de Ax heures. RufTel amiral Anglais les pourfuivit da^it jôui^. Quatorze grands vaiffer aux. - ' jirsQy^A 169^^. 27 j aux, dont deux portaient centKjuatre pièces de canon, échouèrent fur la côte, & les capitaines y firent mettre le feu, pour ne les pas laiflèr brûler par les en-- Demis. Le roi Jacques, qui du rivage avait vu ce défaftre, perdit toutes fes efpérances. Ce fut le premier échec, que reçut fiir la mér la puiflance de Louis XI V/ Seignelai, qui apris Colbert fon père a- vait perfeftionné la marine, était mort à la fin dé 1690. Pontchartrain, élevé de la première préfidence de Bretagne à^ remploi de fecretaire d'état de la ma- rine, ne là laifla point périr. Le même elprit régnait toujours dans le gouverne- ihent. La France eut, dès Tannée qui 1696 fuivit la difgrace de la Hogue, des flotes auflî nombreufes qu'elle en avait eu déjà; car Tourville fe trouva à la tête de fôix- ante vaiflèaux de ligne, & d'Eîrèe en a- vait trente, fans compter ceux qui è- . taient dans les ports 5 & même quatre ans après, le roi fit encor un armement plus confidérable que tous les précèdens, pour conduire Jacques en Angleterre à la tête de vingt-niille Français, Mai» cette flote ne fit que k montrer ; les mefures du parti de Jacques, aiant été aufii mal îroncertées à Londres, que cel- M 5 les ^74 Louis XIV. Içsde hn proteâeur avaient cÊe hïei^ prifes en France. Il ne Fefta de reffource aq parti du foi; détrôné, que dans quelques Gonfpiratioii$T Gontrelavie defon rival. Ceux qai les tra- qaérent^ périrent prclq.ue tous du dernier fupplice ; & il efï à croire, que quan^» rnême elles eûflferit réyffi, il i^'eût jamais recouvré fon roiaume. Il paffa le refte de fes jours à Saint-Germain, où il vét eut des bienfaits de Louis, & d'une- penfion de foixante & dix-mille francs^ qu'il eut la faiblefle de recevoir en fe- eret de fa fille Marie, pa^ laquelle il a-, vait été détrôné. Il mourut en 1 700 2^ Saint-Germain. Quelques jéfuifes Ir-^ landais prétendirent, qu'il fè faifait defv miracles à fon tombeau. On parla me-, ttie de faire canonizèr à Rome, après fa. mort,, ce roi que Rome avait abandonné^ pendant fa yie. , ^ . Peu de rois furent plus malheureux^ ' que lui ; & il n'y à a^cun exemple ' Le premier décrois d'E-* cofïè fes^^yeuXy qvii eu tk nom de Jacques,, après avoii* été dix-huit. ans prifQfuiief ep* Angleçerre^ n^ujruti^affinl av^RJà fçjPh-j me, par la rnain.de fes fujets. Jacques lï^ fon fik^ fut tué à vir^-fteuf/ans e» comn. battant contre les Axiglais. Jacques IIL mi& jusQy*A 1696. 275 mis en prifon par fon peuple, fut tué enfuite parles révoltes dans une bataille. Jacques IV. périt dans un combat qu'il perdit. Marie StuàrtiSTpétîte Elle, cnaf- fée de Ion trône, fugitive en Angleterre^ aiant langui dix-huit aiis en prifon, fe vit condannée à mort par des juges An- glais, & eut la tête tranchée. . Charles premier pecit-fils de Marie,, roi d*Ecof- fe & d'Angleterre,, vendu par les Ecof- fais, &jugé à mort par fc^^ Anglais,. ' mourut fur un échafaut dans la place publique. Jacques fon fils, feptiéme du nom &- deuxième en Angleterre, dont ileftici queftion, fut chafle defes trois roiaumes ; & pour comble de malheur, QTi contefta à fon fils jufqu'à fa naiffa^ce. Ce fils ne tenta de remonter fur le tr.ône^ de fes pères, que pour faire périr fes a- mîs par des bourreaux ; & nous avons vu le prince Charlcs-F/douard, réunif- fent en vain les vertus de fos^éres & Içf^ courage dç roi Jean Scbieiky.fon aieul maternel, 'exécuter les exploits &? e0mer les malheurs les plus incroiables. Si quelque chofejuflifie ceux qui, croient une fatalité à laquelle rka ne peut Ict^ fouftfaire, c'eft cette fulitfi: continuelle de malheurs, qui perfeçota la. maifon de; Stuart pendant plw de .troise ce quife payait dam le continent^, tandis que Guillaume trois envahi/- fait PEcofe, l'Angleterre & rir-- lande y jufquen làq^y^ N'aiant pas voulu rompre le- fil des^^ affaires d'Angleterre, je me ra- mène à cê qui k pafiait dans le con^ tinent* Le roi, en formant ainfi une puif- fimœ maritime, telle qu'aucun état n'en a jamais eu de fupcrieure, avait à com- battre TEmpcreur & l'Empire, l'Ef- pagne, les deux puifTances maritimes l'Angleterre & la Hollande, devenues* toutes deux plus tersibles fous un feul chef» jpcty'A 1697. 277 chef, la Savoie, & prefque tout ritalic» Un feul de ces ennemis, tel que TAa- glais & TEfpagnol, avait fuffi autrefois pour défoler la France ; & tous enfem- ble ne purent alors l'entamer. Louis XIV. eut prefque toujours cinq corps d'armée dans le cours de cette guerre, quelquefois fix^ jamais moins de quatre. Les armées, en Allemagne & en Flandre fe montèrent plus d'une fois à cent-mil- le combattans. Les places frontières ne furent pas cependant dégarnies. Le roi avait quatre-cent-cinquante-mille hom- mes en armes, en comptant les troupes de la marine. Ni l'empire Turc fi puif- fant en Europe, en Afie & en Afrique» ni l'empire Romain plus puifTant encore» n'en eu t j amais d'avantage, & n'eut en au- cun tems autant de guerres à foûtenir à la fois. Ceux qui blâmaient Louis XI V* de s*ctre fait tant pour aller chaflèr le roi fon beau-pére v & dga la France avait des armées fur les frontières de la Hollande & fur le Rhin. Le roi avait envoie en Allemag- ne, à la tcte d'une armée de cent-mille honv- 278 Louis •XIV. hommes, fon fils le dauphin, qu'on nom- mait monfeigneur ; prince doux dans fes nriœurs, modefte dans fa conduite, qui -paraiffait tenir en tout de ù. mère. Il était âgé de vingt- fept ans. C'était pour la première fois qu'on lui confiait un commandement^^ après s'être bien aflïi- rc par fon caraélére, qu'il n'en abufèrait 22 pas. Le roi lui dit publiquement à fon Sept, départ : mon fils r en vous envoipit corn*- *^^^ mander mes armées^ je vous donne les occa-^ fions défaire comtoître votre mérite : allez Je montrer à toute V Europe^ afin que quand je viendrai à mourir y on ne s^apperfoive pas que le roi fcit mort. / Ce prince eut une commiflîon lpécial< pour commander, comme s'il eût éd amplement l'un des généraux, que le roi eût choifi. Son père lui écrivait : à mon fils le dauphin^ mon lieutenant-généraly commandant mes armées en Allemagne, On avait tout prévu & tout difpofé,* pour que le fils de Louis XIV. contri- buant à cette expédition de fon nom 8r de fa préfence, ne reçut pas un affront; Le maréchal de Duras commandait ré- ellement l'armée. Bouflers avait un corps de troupfes en deçà du Rhin ; le maréchal d'Humiéres un autre vers Co- logne, pour obferver les ennemis^. Hei-* delberg, Maiencc, étaient pris. lie fiége z, de de PhilipAourg,. préalable toujours né- Geflaire qu^nd la France fait la guerre à rAliemagne, était commencé; Vaû- ban conduirait le fiége. Tous les détails qui n'étaient point de fon reflbrt, rou- laient fur Catinat alors lieutenant-géné- ral, honifne capable de tout, & fait pour tous les emplois. Monfeigneuf arûva,. après fix jours de tranchée ouverte. II imitait la conduite de fon père ; s'expo* fant autant qu'il le fallait, jamais en té- méraire ; affable à tout le monde, libé- ral envers les foldats. Le roi goûtait une joie pure, d'avoir un fils qui l'imi- tait fans TefFacer, & qui fe fàifkit aimer de tout le monde, fans f^ faire craindre de Ion père. Philipfbourg fut pris endix- neuf joursr i r on pritManheim en trois jours ; Franc- Nov. kendalendeux; Spire, Trêves, Worms,, ^^^^ : Oppenheim fe rendirent, dès que lés 15 rançais furent a leurs portes.' Nov. . l^e roi avait. relbluL de faire ua déferç '^^^^ au Palatinat,. dès- que ces villes feraient prifes. Il avajt la vue d'empêcher les ennemis d'y fubfifter, plus que celle de fe, vanû;er de l'deifteur Palatin, qui n'^ vaitfiaiftijecumejquû, d'avoir tait foi^. devçurv ^ en, s?iihilïànt iii réûe de i^ Aller roâgne; contre la France. Il vint a 1 ar- Bûcp ua ordrci da,LouU figné Louvoîs^ .-; de 28o Louis XIV. de tout réduire en cendres. Les géné- raux Français, qui ne pouvaient qu'o- béir, firent donc fignifier, dans le cœur de rhivèr, aux citoiens de toutes'ces vil- les fi floriflantes & fi bien réparées, aux habitans des villages, aux maîtres de plus de cinquante châteaux, qu*il fallait quitter leurs demeures, & qu'on allait les détruire par le fer & par les fiâmes, Févr. Hommes, femmes, vieillards, enfans, "^Sp fortirent en hâte. Une partie fut errante dans les campagnes ; une autre fe réfu- gia dans les païs voifins ; pendant que le foldat, qui pafle toujours les ordres de rigueur, & qui n'exécute jamais ceux de clémence, brûlait & faccageait leur patrie. On commença par Manheim, ïejour des éleéleurs : leurs palais furent détruits, comme les niaifons descitoiens ; leurs tombeaux furent ouverts par la ra- pacité du foldat, qui croiait y trouver ' des tréfors ; leurs cendres furent dilper- fées. C'était poUr la féconde fois, que ce beau païs était défolé fous Louis XIV. mais les fiâmes, dont Turenne avait brûlé deux villes & vingt villages du Palatinat, n^éfaicnt que des, étincelles, en comparifdn de ce dernier incendie. i*Europe en ébt^horreur. Les^officiers, uij^lgëcyteren't^ ètàieni hontguL^- txe les inl&umens de ces dûrctesTo» jusqu'à 1^97. 2,8* les rejettait fur le marquis de Louvois, devenu plus inhumain par cet endurcif- fement de cœur, que produit un long Hiiniftére. Il avait en effet donné ces confeils -, mais Louis avait été le mai- tre de ne les pas fuivre. Si le roi avait été témoin de ce fpedtacle, il aurait lui- même éteint les fiâmes. Il.fîgna» du fond de fbn palais de Verfailles & au miliea des^plaifirs, la deftruâion de tout ua pais, parce qu*il ne voiait dans cet or- dre que fon pouvoir & le malheureux droit de la guerre j mais de plus-près, il n'en eût vu que Thorreur. Les nations, qui jufques-là n'avaient blâmé que fon ambition en l'admirant, crièrent alors contre fa dureté, & blâmèrent même fa politique. Car fi les ennemis avaient pénétré dans fes états, comme lui chez les ennemis, ils eûflènt mis fes villes en cendres. Ce danger était à craindre : Louis, en couvrant fes frontières de cent-mille fol- dats, avait appris à l'Allemagne à faire de pareils efforts. Cette contrée, plus peuplée que la France, peut auflî fournir de plus grandes armées. On les lève, on les ajQfemble, on les paie plus diffi- cilement : elles paraiflent plus tard en campagne; mais la difcipline, la patience dans les fatigues, les rendent fur la fin d'une 2^2 hovfS XIV. * tfune campagne, âuffi* redoutabfes quê- te Français le font au eonlmeiiçemcnt. Le duc de Lol*raine Ghai*lcs V. les com- mandait. Ge prince toujours dépouillé dé fonr état par Louis XIV. ne pouvant- y rentrer, avait conferve Tempire à l'em- pereur LéopoW t ' iï- Pavait r^ndu vain- • queur des Turcs- & des Hongrois; Il vint, avec Péîeétéiiï de Bifaiidebourg,' balancer fa fortune du roi de France II reprit Bonne & Màienee, mauvaifes places, nrais défendues d'une manière c^iirfutregat-dëe comme un modèle de» déîfenft de places . Bcnne ne fe rendit 1 2 (^Qinau bout dfetroTS mois & demi de fiége» ^^' après que le biaràri' d':Asfeld, qui y cutre les foins qu'il eut au dedans, il fit vingt & une (orties fur les ennemis, & leur tua plus de cinq-mille homriies. H fit même quelquefois deux forties en? plein jour; enfin il fallut fe rendre faute de poudre, ati bout de fept femaines. Cette défenfemérite place dans Thiftoire, & STpài" elfe-même &p'ar la E^afiiéfedonx elle fut reçue dans Ifef^ûblic.f'aris, cet-, te ville ia^menfe 'pîfeiiië d'iih' peuple di- , ataht ■ ^1 peu lé -un ;cfon- Êtour théa-' mïuî tirer, fàgés. ïWîé- là tes éclud d^ximilres fut battu à v'alcpur for la Sambre aux PaïsTBas, par lè'priûccdè r.^- Waldeck; mais cèi^ éphec, qui fit tort i^g^ â'fî réputation,'' fefi fiV'peuâiiit armes de la France. Lotivois» dont U. était la «éature ât l'ami^ fût obligé de lui ôter k commandement de cette armé'e. Le: roi & Louvois, qui n'aimaient pas Je maréchal de Luxembourg^ maïs qui ai- ïnaient l'état, le fervirent^d'e lUi maligré ïeur répugnance. ' Il comfnanda les ar- mées aux Païs-Bas. Louvois ou cor- rigeait des choix trop hazardes, ou en faifait de bons. Caojwt alla comman- dée dêr en Italie* Qn fe défendit bien en Allemagne fous le maréchal de Lorges. l^e duc de Noailles avait quelque fuccès en Catalogne; mais en Flandre fous i Luxembourg, & en Italie fous Catinat, ce ne fut qu*une fuite continuelle de vic- toires. Ces deux généraux étaient alors les pluis eftimés en Europe. Le, maréchal duc de Luxembourg a* vait dans le caraftére des traits du grand Condé, dont il était Téléve ; un génie ardent, une exécution promte, un coup d*œuil jufte,' ijn efprit avide de connoif- fançeS) mais vafte & peu réglé \ plongé dans les intrigues des femmes, toujours amoureux, & même fouvent aimé quoi- que contrefait & d*un vifage peu agré- able, aiant plus de qualités d'un héros, que d'un fagç. . Catinat avait dans Tclptit une appli* cation oc ynè agilité, qui le rendaient ca- pable de tout, fans il aurait été coa- traint d'ea forûs. Monièigoeur vint prendre une feconde foi$ ârfaccager Hci- delberg^ Que les €nnemi$. «.vaient repria r & enfuite U fallut fè tenir far la defen&yç contrd le» impériaux, JLe maréchal de Cs^inat ne put, ^près Ùt viétek^ de Staimàt & la conquête de la Savoîe^v garantir le Daophiné dPune ir- rUptioti de ce même duc de Savoie y ni après & viékfir€ de la Mariailki fauver l^emportai^ ville de ÇaiàL 27 En Ëfpa^Aet. k ixutféchal^ de Noailleg ^^> S^» ^î^ ^1^ bat^nUt iur le bord tiu. '^94 Ter. lipritGi^onBe & qjoelques^ prîtes places : ma^s û n'avait qi^'une armée &ibfo^ & il futebligie» après ià viâoirey de fe vetber ckyant Ba^lône. X^eiFran^ fais» vatfiqiietiiM de ik>w t:â«e$ &: aâàibUf' par kilrs ^oeês» oom^a^^ient dam^ les^ alliés une hyd(Ve te^joui:s reij^iflànee^ li commença à 4e v^n^ difficile ea France de faire dfc9 reer^ëa» €ïkbv plus de trou- 1694 '^^^ àt Kacgem. La rigi^ur de la faifcuv cfd ^détmmt ks biens de la terre ea ce tems, apporta h f^tiipe. On périflàit de miféte^ ai] bruit des 7V Dium &. panmi 1» réjfAiifiancts. Cet efprit de confiance - et de fupériorkéi l^ame des troupes Fran- , faifes, ditiiinuak déjà un peu. Louis 1621 XIV ccûà de p^aître à leur tête. Lou- vois jusqjj'a 1697:. tg^s^^ vois était mort : oft était très mécontent dfc Ba3ie&uic.ran fils. Enfin. la^ mort du.i maféchai de LuacembouFgyv iibua qui ks J^n^- fiiidats fe croiaient invincibles^ ^mbla^^iT mettm vxi tcroïc à la. fuite rapi4e. des. viâo^s de ia^France;. Uzrt de bombarder Tes villesL maitîtb* mes. avise des vàU^aiix^ retomba.alors fiir fes inventeurs. Ce n*€Ît pas. que la. mar. diîne 'yni^aaasAty avec: hucfpx^ ks Aoglais voulurent brf^r Saint-Malo Se qui é^ choua fans fairerdfe&^> dût fbn or^ne à. l'induftrie des Eraiiçais« Il y avait déjà IpngCfsms^ quJon Vivait haz^é de pareUn les.machin6SLehJB>iirqpev C'était. Part de; faire par tifi bs boaobc^ auffi juile d'unei afliette mou¥flote> que d'un terrain &illde, due Ï^BispçAi sciaient inventé ^ âc ce lut fw cet art^ oue Dieppe^ id^birpit de . .^ dtâc^i Saîoti^nalo^ Dankecqu&âi;C^ifiy,^g]^ fui^Mt'bcKnbardiçs^aElj^&ocesAngki&s^ ec Dieppe^ . dont oivpeut ^ppnxcÈer ^u& fa 1 1 ^9S cifiemeni^ &t la éulç qui foûfiritiin iért^ tabk damage. Cette ^ilk, agcéabk aujourd^'hui par fes> maifbns régulières Ss, qyidoit fes ei](ibelltflem6n& ' à {ati màU hmiP, ftoe prdfque toidte réduites eitcjep« àAcs^ ' Vitiat maÂlbiift ièulemeqt sa Havm de Grâce rorenc êcrafées & brûlées paf kft ' bombes ; mais ks fortifications d^ port furent rtnverfiîes. C^efft en ce fens^ * N 4 ^ que ■r 296 , JhÎOUI»» XIV, ; ]j . que la médaille fràppfe ai Hollande t& ^ vraie, quoique taot d'auteurs Français fc^ foient récriés fur fa fauflfeté. On lit dans' réxergue en Latin : ' le port du Havrr hrûlé Cs? renverféy &c. Cette infcriptioa ne dit pas que la ivillè fut ;Confum«^^ ice qui eût été Faux v ipais qù^on^ avait; brûléi le port, ce qui était vraij . i .-. i ^ Quelque tems.^r^, la conquête de Namur fut perdue. On avait en France* prodigué des éloges à Louis XIV, pour ravoir prife -, & àts railleries & des faiti^ res indécentes contre le. xiÀ f Guillau|iaeJ pour ne Tavôir pu fecoùrir,avec«uncjarr; méc de quatrervingt-millc hdnùnes; oml! Guillaume s*en rendit maître^, de la: même manière qu'il Tavait. vu prendre. Ifc l'attaqua, aux yeux d'une armée encor plusi forte» que n'avait éid la (ieniie quan^ Lcwis^XlV l'aiE%ea. Il y trouva de nou^i velles fortifications, que Vaubanfavattfai? tes. LagarnifonFrançat£î,qui la défendit,; était une armée ; car dans le tems qu'il tm forma l'inveftiflemcnt^ le maréchal , de Houflers fe jetta dans la place avec :fept régimens- de dragons. Airifî -Namur étaic défeôduëi par ieize-mille hommes, & prête à tout moment d'être fecouruë par prés de cent-mille. Le maréchal de Bou^, îîers était un homme de beaucoup de mé- rite, un général adif & applique, un bon citoien, 1 cîtoien, ne fongeant qu*âu bien du fer- vice, ne ménageant pas plus fés foins qiie fa vie. Les niémoires du marquis de Feu- 3uiéres lui reprochent plufièurs fautes, ans la défenfe de la place & de la ci- tadelle i il lui en reproche cncor dans la défenfe de Lille, qui lui a fait tant d'hon- neur. Ceux qui ont écrit Thiftoire de Louis XIV, ont copié fèrvilement le marquis de Feuquiéres pour la guerre, ainfî que Tabbé de chôifi pour les anec-^ dotes. Us ne pouvaient pas favoir que Feuquiéres, d'ailleurs excellent officier & connàiflant la guerre par principes & & par expçrience, était un efprit nori moins chagrin qu'éclairé, TAriftarque des généraux & quelquefois le Zoïle. Il altère des faits, pour avoir le plaifir dé cenfurer des faUtes. Il fe plaignait de tout le monde, & tout le monde fe pla- ignait de inu On difait qu'il était lé plus bravre homme de l'Europe, parce u'il dormait au milieu de cent-mille de es ennemis. ' Sa capacité n'aiant pas été récompenfée par le bâton de maréchal de France ; il emploia trop, contre ceux qui fervaient l'état, des lumières qui eûfïënè été très utiles, . s'il eût eu l'efprit auflî conciliant, que pénétrant, appliqué i& hardi, * N 5 II ?e zgi X-ovis XIV. Il rq)roçha au maréchal de Villerpî, plus de fautes & de plus eflentielles, qu'à R)uflers. VUleroi, à la tçtç d'environ ^uatre-vix>gt-mUle hcxiOTies, devait fe- çpurir Namur : mais c]juand même les i;naréchaux de Villeroi & de Bouflers eûf- ttnt fait géneralemem tout ce qui ft pou- vait faire (oç qui eÛ hie^ rare)^ il fallait, par la ûtuation du terrain, que Namur ne fût poj^t iécQuruë & fe rendît tôt ou tajr4. l^es boids de la Mébaîgne, cou- verts d'une arméç d'obfçrvation qui atait ^rété les fecours du rcd Guillaume, ar^. rètérent alors i^çceiïairement ceux du ijia-^ f éçlial de Villeroi. X^e miaréchal de Bou^ers^ le coipte de Çruifcaçd gouv^r-neur 4ç la ville, le com- te de Laumoat du Châtelet commandant de rinfanterie, tçus les oHîciers $ç les ipildat$, défendirent la ville avec unç Qpi- niâtretc & une lîiravoure admirable» mais qui ht recula pas }(^ prife de deux jours,^ Quand^une viÛ^.elt àffiégéç par UBé ar- mée {upérieure, que les ouvrages font l^cn condifiits, & que la faifon eft favo- rable 5 on iàit à-peu-près en combieix de tems elle fera prife, quelque vigpureufe que la défenfe puillè çtvt. h^ tqx Guil- laume fe rendit maître de la ville & de la citadelle, qui lui coûtèrent plus de tcm* qu*à Louis XIV. Vt Le roj, pendant qu'il perdait Namur,5ç^^ fit boffibarder Bruxelles : vengeapce in-i&9S lUile, qu'il prenait fur !e roi d'Elp^nç, de fçs v(lles bom* ardées par les Aidais. , Tout cela faifâit une guerre ruinfiuïe 8jf ftOTEit;8 aux deux partis. C'eft, depuis deux riécles, un df» cfc fets de l'induftrie & de la fureur des honj- i^^s, DU^ les défolatiorves de nos guerrç? ne fê bornent pas à notre Europe. Nqm^ Dousépuifon^-abocnoiefiâ&d'argentippur aj^Ierfipusdétruire ^ux eïtrémitçs d? A'A- iie ?c de l'Arncrique. Les Indien^, ,q^ç npj^ awor^ç obi^gès par force & par ^rçj[- fe à fif cevgif tios établîflêmens, & Jej ^- mériguait^s don.tnous ^vons enfaiiglanitç Itràvi le coiï,tin:enf;, nous cegardept qoni,- èae des ennemis de la nature hun^nç, qui acco.urei;it du bout du mon^ pQ.u; lès égorger & pour fc (Jiéwuiïf eoÇi^Sç eunc-jpêmep: Lés FrançMS n'a «laflfljpgra^id^ç Ift3ai vait toîoins. La mort de Colbert & k guerre uvaieht beaucoup diminué le com- merce. - • - I-,e réfultat des expéditions de terre & de mèr, était donc le malheur univeriet. Ceux qui ont plus d*humanité que de po- litique, remarqueront, que dans cette guerre Louis XIV. était armé contre fon neveu le roi d*Elpagne, contre Telefteur de Bavière dont il avait donné la fœur à fon fik le dauphin, contre Pélefteur Palatin dont il brûla les états après avoir marié monfieur à la princeffe Palatine» Le roi Jacques flit chafle du trône par fon gendre & par fa fille. Depuis même, on a vu le duc de Savoie ligué éncor con- tre la France où i*une de fes filles était dauphine, & contre l'Efpagne où Tautre était reine. La plufpart des guerres en- tre les princes chrétiens, font des efpéccs de guerres civiles. L*entreprife la plus criminelle de toute cette guerre, fut la feule véritablement heureufe. Guillaume réuflit toujours pleinement en Angleterre & en Irlande. Ailleurs les fucccs furent balancés. Quand j*appelle cette entreprife criminel- le, je n'examine pas fi la nation, après a- voir répandu le fang du père, avait tort ou raifon de profcrire le fils, & de défendre fa 3Q4 Lauis XIV, &c. ii religion &c Ses droits : je dis ièul«inef:it, 4]ue s'u y a quelque juftiçe fur la tecro, il n'appartenait pas à la fille & au g^r dre du rm JÎKquesi de le cKa£^i d< fa maifitn. Cim. CUAPITHK SeIZIXME. Paix de Rjfanck : état de la France iâ de P Europe : mort ^ trament de Cbarkf fecmdt roi ^^fpagne. LA France confcïVitit encor fit '"'fp^- rioritç fur tops fçs ennemis. Elle en avait ^ccaHé tjudques-uns, comnie H SaTOte^ le Palatinat. Eflê faifait Ift guerre fur ics frontières des autres. C*- etait un cotpt puilTanc & rc^ufte» far- ttgué d'une longue rclîftancç, Se épuilE par feg viftoircs. Un coup porté à pro?- pos l'eût fait chancelCT. Quiconque a plufieurs ennemis à la fois, ne peut a- Tinr, à la longue, de falut que dans Jieur 304 ' Louis XIV. leur divifion ou dans la paix : Louis XIV. obtint bientôt Tun & Tantre. Viâor- Amédée duc de Savoie était ce- lui de tous les princes, qui prenait le pluftôt fon parti, quand il s*agiffait de rompre fes engagemens pour fes inté- rêts. Ce fut à lui que la cour de Frajice s'adrefTa. Le comte de Tefle, depuis ma- réchal de France, homme habile & ai- mable, d!un génie fait pour plaire, qui eft le premier talent :^ des négociateurs, agit d*abord fourdement à Turin. Le ma- réchal de Catinat, aufli propre à faire la paix que la guerre, acheva la négocia- tion. Il n'était pas nécefTaire de deux hommes habiles, pour déterminer le duc de Savoie à recevoir fes avantages. On lui rendait fon païs : on lui donnait de Pargent: on propofait le mariage du jeune duc de Bourgogne, fils de Mon- feigneur héritier delà couropne de Fran- ce, avecfe. fille. On fut bientôt d*accor^: ^. leduc;i(^Catinat conclurent lé traité à «603 Notre-Dame de Lorette, où ils allèrent fous prétexte d*un pélerinagede dévotion, qui ne fit prendre le change à perfonne. Le pape (c'était alors Innocent XII) en- trait ardemment dans cette négociation. Son but était de délivrer à la fois Pltalîe, & dçs invafions des ï*rançais, -& des ta- xes conyfiuelles que Tcmpereur exigeait pour •il» jusqu'à 1701. 305 geait pour païer ies armées. On voulait cjue les impériaux laifîkllènt Tltalie neu- tre. Le duc de Savoie s'engageait par IC) traité à obtenir cette neutralité. L'empe- reur répondit d'abotd par des refus ; car Ift cour de Vienne ne fe déterininait gué-; res qu'à l'extrémité. Alors le duc de Saj-, voie joignit fes troupes à l'armée Fran- ç4ife. Cç prince devint; en moins d'u^. mois, de généraliflime de l'empereur, gé- néraliflîme de Louis XIV. On amena fa, fille en France, pour époufèr à puze.apç, le duc de Bourgogne qui en avait treiz^.: Aprèi li défeâion du duc de Savoie, il arriva, comme à la paix de Nim^ue, que^ chacun des alliés prit le parti de traiter. L'empereur, accepta d'abord la neutralité 4'Italic. Les Hollandais piropoférent le château de Rifwick près de la Haïe, pour lc$ conférences d'une- paix générale. Quatre armées, que le roi avait fur jried^ fcrvirent à hâter les conclufions. Il avait quatre-vingt-mille hqmmes en Flandre ious ViUeroi. Le maréchal de Choifeul en avait quarante -mil le fur les bords du Rhin. Catinat en avait encor autant en Piémont. Le duc de Vendôme, parvenu enfin au généralat, après avoir pafle par tous les dégrez depuis celui de garde du roi comme un foldat de fortune, com^ Août mandait en Catalogne, où il gagna un 697 com- 306 Louis XIV. combat, où il prit Barcelone. Cesnou- vcoùx^ tSorts & ces nou Veau3( fu^s kh^- rent la^vnédiadon la pkis eSic^t^ La coi^ dfe RQme offrit encor fon arbitrage, & fut- reftjfée comme à Nîmégii€i Le roi d6 ' Suéde CharfesXI fiit k médiateur. Enâa^ Q^' la paix fe fît> non plus av^c cette hawteur^ 1697 Si ces conditions avantageufes qui av^Mcnt^ fignalé ht grandeur de LoukXIY^ nm^ aveC' i^ne faciKté & un relâchement do' fc^ droits, ^f furent I^effet de fa poiki- q«e, & qui devaient le nnlettre en étal^ d^élre plus^rahd Se fk^, puiflant que ja^ mais. ■ L Le reî^dlE^agne, ufé de flaakdies Sô- €2tffS avant quarante am^ tendait vers fil' fin . La poMrité àt Charks-quint iààmp s*éÈeindpc er> hi4. Il n*avait ph» tfftn^ 6»!^. La nature dcmnait des droit^ 1^ Louis XIV. (ùf kr couroane d*Ê%agnfei comme Hix peti^fife de Philippe- III. p^ k reine Anne d*vAiitri^he ^ & au 4à)>^ phin, comme au petit-fils de Philippe ÏVv par Marie-Théréfe. Le grand projet de Louis XIV. écaîty & devait être, de ne pas laiflfer tomber toute là fucceffîon de la - vafte monatxrhie de fon grand-pere ' & du gr;Mid-pére di fon fils, dans 1 autre br'anche de la maiibt» d*A{ltriche. Il efperait que la maifon de Bourbon en arracherait au moins quel- que JUSflij'A I7OU 307 cjue démembrenienv & que peut^tre un jour elle l^aurait toute entière. Les re- nonciations autentiques de la femme & de la niére de Louis XIV. ne p^raifiaient que de vaines fîgnatures, qjue dtes con- jonâaires nouvelles devaient anéantir. Dans ce deflein qui aggrandiiSait cm' la France oa la maifon de Bourbon* il était néceflkire de montrer quelque mo- dération à ?Europe> pour ne pas eflfarou- cher tant de puifl&nces toujours foup- çonneuiès. La paix donnait le tems de fe faire de nouveaux alliés, de rét^Kr leç finances, de gagner ceux dont on axsrait! befbin, & de laifier former dans Kétat. da nouvelles milices. Il fallait céder quelque chofe, dans Te^érance d^ohte- nir beaucoup plus. Le rôi rendît donc aux Eipagqols tout ce qu'it leur avait pris vers les Firéhées^ & ce qu*îl venait de leuf prendre ^n Fïaii* dre dans cette dernière guerre ; Luxem- bourg, Mons, Ath, Courtrai. Il recon- nut, pour roi légitime d'Angleterre, le roi Guillaume, traité jufqu*alors de prince d^Orange, d'ufurpateur & de tyran, il promit de ne donner aucun fecours à fes ennemis. Le roi Jacques, dont le nom fut omis dans le traité, refta dans Saint-Ger- n>ain, avec le nom inutile de roi, & des penfîons de Louis XIV. II ne fit plus quç 3o8 Louis XIV. des manîfeftes; facrifié par fon protefteur à la néceffité, & déjà oublié de TEurope. Les jugemens rendus par les cham- bres de Brifac & de Metz contré tant de Ibuverains, & les réunions faites àTAlfa- ce,^ monumens d'une puiflance & d'une fierté dangereujfe, furent abolis 5 & les bailliages juridiquement faifis furent ren- dus a leurs maîtres légitimes. Outre CCS défiftemens, on reftitua à Tcmpire Fribourg, Brifac, Kehl, Philips- bourg. On fe fournit à rafer les fortereflès , de Strafbôurg fur le Rhin, le Fort-Louis, Trarbaçli, le Mont-Roial 5, ouvrages, où Vauban av^t épûifé fon art, & le toi fes ' finances. On fut étonné dans TEurope, & indigné en France, que Louis XIV. cût^ fait la paix, comme s'il eût été vaincu. Hàrlai, Çréci ôcCalliéres, qui avaient, îïgné cette paix, n'ofaient fe montrer,' ni' à^a cour, ni à la ville : on les accablait de reproches & de ridicules, comme s'ils avaient fait un feul pas qui n*eût été or- donné par le miniftére. La cour de Louis XIV. leur reprochait d'avoir trahi l'hon- neur de la France. Les courtiftins, plus emprefîes qu'éclairés, ne favaient pas que, fur ce traité honteux en apparence, Louis voulait fonder fa grandeur. Ce fut enfin par cette paix, que la France rendit la Lorraine à la maifon qui la 1 jusqu'à 1701. 309 la pofledait depuis fept-cent années. Le duc Charles V. appui de Tempire & vain- queur des Turcs, était mort. Son fils Léo- pold prit, à la paix de RiTwick, poflèf- fion de fa fouverainetéj dépouillé à la vé- rité de (es droits réels, car il n'était pas permis au duc d'avoir des remparts à fa capitale : mais on ne put lui ôtèr un droit plus beau, celui de faire du bien à fes fu- jets; droit, dont jamais aucun prince n*a fi bien ufé que lui. ., Il eft à foùhaiter, que la dernière po- ftérité apprenne, qu'un' des plus petits fouverains de l'Euro^, a été celui qui. a fait le plus de bien à fon peuple. Il trou- va la Lorraine défolée & déferte: il la re- peupla, il Tenrichit. 11 Ta confervée tou- jours en paix, pendant que le r^fte 4c l'Europe a été ravagé par la guerre. Il a eu la prudence d'être toujours bien avec la France, & d'être aimé dans l'empirè; tenant heureufement ce jufte milieu, qu'un prince fans pouvoir n'a prefque ja- mais pu garder entre deux grandies puif- fances. Il a procuré à fes peuples l'àboh- dance, qu'ils ne connailTaient plus. Sa nô- bleflè, réduite à la dernière miiere, a été mife dans l'opulence par fes ièuls bieh- faits. Voiait-il la maifon d'un gentil -hom- me en ruine, il la faifait rebâtir à fes dé- pens : il paiait leurs dettiss, il marîa'u leurs fillesi ^lo Louis XTV. fîlles ; il prodiguait des préfèns, avec cet art^e donner, gui eft êncor au-de0us Jits bienfaits : il mettait dans (es dons la magnificence d*un prince & la politeîfc d*un ami. Les arts en honneur dans fa pe - tite province, produiiaient une circula- tion nouvelle, qui fait la richeïïè des é- tats. Sa cour était formée fur le modèle de celle de 'France. On ne crôiaîtprefqiae pas avoir changé de lieu, quand on paf- îaitdcVerfaillesàLunéville.* Al*exei3iplc de Louis XrV. il faifàit fleurir les belles lettres. Il a établi dansLunéville une éf- péce d'univerfité &ns pédantifme, où la jeuQ&nôbleIIed*Àllemagne venait fe'for- lîier. On y apprenait de véritables fcien- ces, dans des écoles où ia phyfique était démontrée aux yeux par des machines admirables. Il ^ cherché les tatlens juf- i^ues dans les vt)outiques ^ dans les fo- rêts,^ pour les mettre au jour & les en- courager, tjifin» pendant tout fon régne» ' il ne s'eft occupé, que du. foin de procu- rer à ^ fâ nation de la tranquilîté,- des fi- chéBès, des cîonnaîflances & xks plaîfifs. JequiUerais demain ma fouveraineté^ dilait- Wsfi je ne pouvais faire JubiefL Auflia-t-il ,jgôûté k"bonlicur d*étre aimé j &j*aî yii, longtems apurés fa mon, fes fujecs *v^i*fer des larmes en prpnbnçant fon nom. ^if a " laifie, «n mourant,'^ fon éxefrtpie à fuivre 4 ^"^ ju.SQy*A i70f. 3x1 j|ux {dus graacU rois ; & il n'a ^pas peu ^vifà,.pr^parèr à (pn £1$ le chemm du trône ^TempÎTc^j j Dans le tems Ajue Louis XÎV. ttiéna- .^ait la paix de Rifwickpour partager la ivicceilion d'EIpagne, la couronne de Po- io^e vint à vaquer. Cette couronne était j^lors la feule ékûiye au monde. Citoiens jÔc étrangers y. peuvent prétendre. Il faut deux çhofes pour y parvenir, ou un xné- «•ité allez éclatant!^ & aîïèz foûtenu^ par les intrigues pour entraîner les fuffrages, (comnîe il était arrivé à, Jean Sobiefki , dernier roi); ou bien des tréfors aflez . igrands pour acheter ce roiaume, qui eft lîpreique toûjovfs à 4^4nçhére. ^. L'abbé de Polign^ depuis cardinal, «ut d*abord aflèz d^adreffe, pour difpofer f|es fu^îages^n fayeurde o& prince de Con- f^ij connu par les aâions de valeur^ qu'il ^javait faites à Steir^ke;^^^^ & à Nerwin^de. . ijln'avait jamais comm^i^dé ep^ Dnt eu une autre origine» Il s*agiflait de recu- ciUer les dépouilles du roi d^E^agne, dont la mort s'approchait. Les puiitances qui qui dévoraient déjà en idée cette fucceiFi- on immenfe, faifaient ce que nous voions fouvent dans la maladie d'un riche vieil- lard fans erifans : fa femme, les parens, des prêtres, des officiers prépofés pour re- cevoir les dernières volontés des mou,- rans, TafTiégent de tous côtés pour arra- cher de lui un mot favorable. Quelques héritiers confentent à partager fes dé- pouilles -, d'autres s'apprêtent à les dif- puter. Louis XIV & l'empereur Léopold étai- ent au même degré : tous deux petits-fik de Philippe trois : tous deux avaient é- poufé des filles de Philippe IV : ainfi Monfeigneur fils du roi, & Jofeph roi des Romains,, fils de l'empereur, étaient en- cor doublemeiK au même degré. Le droit d'aineiTe était dans la n^aifon de Çpurbon» puifquc le roi & monfeigncxir avaient les aînées pour mères : mais la maifon de l'empereur comptait pour fes droits^, pr^ miérement ks renonciations autentiqueys & ratifiées de L(HiisXIII & ée Louis XI Y' à la couronne d'Efp^ne ^ enfuite le non^i d'Autriche ; h fang de Maximiliei>, dont LéopoM & Charles H defcendaîent: ; l'union prefqjie toujours» confiant^ de^s deux branches Aûçrichiennçs ^ la hài^ encor plus confiante de ces, dexw bratî- ches contre les Bourbons ^ l'afverfioçy^fte 6 2 la 3i6 Louis XIV. nation Efpagnole avait alors pour la na- tion Françàife -, enfin les reflbrts d'une politique en pofleflion de gouverner le confeiî d*Efpagne. Non feulement ces deux concurrens fe craignaient mutuellement, mais ils avai- ent encor TEurope à craindre. Les puiP- fances & furtout l'Angleterre & la Hol- lande, dont Tintérêt eft de tenir la ba- lance ^ntre les fouverains, ne pouvaient fufFrir que la même tête put porter avec la couronne d'Efpagne, pu celle de l'em- ^pire, ou celle de France. Guillaume, rpi d'Angleterre, imagina de faire, du vivant 'même du roi Chartes II, un partage de Jâ monarchie Efpagnole, & d'en donner la principale partie à un prince qui ne fe- rait ni du fang de Bourbon, ni du fang d' Autriche. Il y avait un jeune prince de Bavière, enfant de huit ans, defcendant d'une fille cadette de Philippe IV, fem- me de l'empereur Léopold. Une fille de ce Léopold & de cette cadette, mariée à Teleâieur de Bavière Màximilien, avait été mère de cet etifant. 'Ce fijt fur lui qu'on jetta les yeux. Le roi de France y conféhtit ; il fe donnait à lui-même par •ce partage, la Sicile, Naples, la province -de Guipufcoà & beaucoup de villes. L'Archiduc Charles devait avoir Milan. Tout le rcfte de la iritinarchie était aban- •^ ' ' donné donne à ce jeune prince de Bavière, qui de longtems ne ferait à craindre. La France, l'Angleterre & la Hollande firent 1 1 ce traite. * La France croiait gagner des C>a. états; r Angleterre & la Hollande croi-* ^9^ aient affermir le repos d'une partie de TEurope ; toute cette politique fut vainc» Le roi Moribond, apprenant qu'on dé- chirait fa monarchie de fon vivant, fut indigne. On s'attendait, qu'à cette nou- velle, il déclarerait pour fon fucefïeur, ou l'empereur, ou un fils de l'qmpereur j qu'il lui donnerait cette récompenfe, de n'avoir point treippé dans cç partage ; que la candeur & l'intérêt de la maifon d'Autriche lui diéker aient un teftament» Il en fit un en effet ; mais il déclara cç même prince de BaYié,çe jijmque. héritier de tous fjç^ états. . La maiion Efpagnole^ qui.necraignait rien, tant^^ le démem-r brement de fa monarchie^ applaûdifîait a cette difpofttion. La paix fçmblait devx)ir en être le fruit. Cette efpérance fut encor auflî vaine que le traité de partage. Le prince de Bavière, defigné roi, mouru| ,69g à Bruxelles. , .^ , Fcvr. On accufa juflement (de cette mort précipitée la maifon d'Autriche, fur O 3 "^ cette * * Latrcy ilt-Liinters féinbïént ignorer crpr,;mier traité de partage. grg Loui^ XIV. cette iètite vraifèmblance, que ceiix là comtneçtent le cri;ne, à qui le erime eft utile. Alors recommencèrent les intri- gues à la cour de Madrid, à Vienne; à Verfaillei, ' à Londres, à la Haie & à Rome. * '. ' • Louis XIVi je roï Guillaume & les é^ tats-généraux, difpoférent encor une fois en idée de la monarchie Efpagnole. Ils Mars affignaient àl'archiduc Charles^ fils puîné « 7^0» de IVmperpirr, la part qu'ils avaient au- paravant donnée à Tcnfant qui venait dé moarir. On (îon^na^MiJap au duc de Lorrainei & la Lorraine, fi fouvent envahie & n fou ve;i}t. rendue par la France, devait f être annexée pour jamais. Ce traité, quî mit en mouvement U politique de tous les prince^ pour le traverfèr pu pour ie fo^itçiTiir, fut tout; ^uffi inutile que le pre- txiieir^ L*Europe fut encor trompée dans fon attente, comme il arrive prefque toujours. L*empereiir, à qui cri propofaît : ce traité de partage à figner, n*en ^'voulait point, parce qu'il efpéraît a- voir toute la fucceffion. Le roi de Fran- ce, qui 6n avait preffe la %nature, zu tendait les événemens avec incerti- tude. .'Alprs le roi d'Efpagne, qui fe voîait mou- juss,rep- drejuftice aux droits du fang; c'était cou- ferver la monarchie Efpagnoie fans par- tage. Le roi fcrupuleux fit confulter des théologiens, qui furent de Tayis^de fon confeil ; enfuite tout malade iq^'il était, il écrivit de fa m^^n au. pape Innocent XII. & lui fit la même conmdtation. Le pape, qui croiait voir dans raffaif^l^^çmen^ de la maifon d'Autriche la liberté de l'I- talie, éc.ivit au r9i : " que Jes ,loix d'P-fr pagne & le bien de ia;çhrétienté éxir geaientde lui, qu'il dçnnâj:; la préfçj rençe à îa^naifon de Francp/f ;I(^4f!^ trc du pape était du x6 Juillet. j 709. 11 traita ce cas de confcience d'un fouvexain, comme un affaire d'état, tandis, que Iç roi d'Efpagne faifait de cette grande aff- faire d'état, un cas de cpnfcience* : ^«| Lcp^^Xiy. en fut in^rmé: q'ef^,^outp la part que le cabinet de Verfaiiles çut à cet événement. On n'avait pas même a- lor$ d'amba&deur à Madrid ; & le ma- O 5 re- ce et 32 2 Louis XIV, réchal d^Harcourt avait été rappelle dt puis fix mois, de cette cour, parce que îc traita de partage, que la France vou- - lait fpûtenir par les armes, n*y ' rendait plus fon minHlére agréable. Il n'y avait . plus à Madrid qu'un fècretaire de Tanv- baflàde du maréchal,, chargé des affaires. On le qualifie dfenvoié, dans tous les journaux du tems & dans les hiftoires qui en font les copies ;. ynaiy H y a Jiflg a, &.^fiux.qfiU«l^j^ Toute PEurope a penfê que le tefta- ment de Charles fecond avait été difté à VerfàilJcs. Le rèi mourant n'avait con- fuké que Fintérêt de fon roiaume, les. vœux de fes fojets, & même leurs crain* tes i car le roi de France iàifait avancer des troupes fur la frontière : c'était mé« me le maréchal tJ'Harcourt qui les devait commander. Rien a'eft plus vrat, que la répuftakion de Louis XïV. & l'idée *. . ^. I xw^ • " , L*Eui . « < 326 Louis XIV. L'Europepanit ar gne; il devait commandter- les armées Françaifes en halie. On n^ s*^tendia4t pas, qtîc le père de la ducheflë de Bour- gogne &de fe reine d*Ej|>agne, dût^m^ faire la guerre à fes deux gendres» Le duc dé Mantouë, vendu à U| Fran- ce par fbw minîftre, fe vendit aufli lut- même, & reçut garnifon Françaife dans^ Mantouë. Le Milanais reconnut lepetit* fils deLouifrXIV. ians balances^. I««ePor* tugalmême, ennemtnatureldel*E^agne>. s*unit d*abord avec elle. Enfin de Lisbon- ne à Anvers, & du Danube àNaplfes, tout paraiflait être zmù Bourbcxif. Le roirétait fi fier de fa proTpérite, qu'en parlant au d\iie de la Rochefoucaute au fujet^des pro- portions que l'empereur lui faifàit alord,. M fèfervitde ces termes: vous les t^onfvtffez etfcarpius infâienttSy qt^othnê-vom^P^ ait. Le roi GuiUaume, ennenû juiqu'àu tombeau de la grandeur de Louis XIV. promit 328 Louis XIV: promit a Pempereur d'armer povir lui l'Angleterre & la Hollande •, il mit encor le Danemarck dans fes intérêts ; enfin il figna à la Haie la ligue déjà tramée con- Sept, tre la maifon de France. Mais le roi s'en '7°' çtonna peu ; & coniptant fur les divi- fions que fon argent devait jetter cjajas le parlement Anglais, & plus encor fur les forces réunies .de la France & de l'Efpa^ gne, il méprifa fes ennemis. Jacques mourut alors à Saint-Germain. ] 6 Le premier pas, que fit Louis X I V. ce fut Sep . de reconnaître le prince de Galles pour ■7o« roi légitime d'Angleterre. Peut-être fans cette démarche, le parlement Anglais n'eût point pris de parti entre les mai- ibns de Bourbon & d'Autriche-, du moins 4cs membres d^ ce parlement me l'ont affuré. Mais reconnaître ainfi pour leur tox ua prince profcrit par eux, leur parut un oy trage à ;la nation, & un defpotif- m/e. qu'on voulait exercer dans l'Europe. Cet efpritde liberté qui régnait en Angle- terre,; ^n(^Mri.|)^r la haine du pouvoir de Louis XIV. difpofa.la nation^ à donner tws 1(^ fubfidos que demandait Guil- laymç. ., : :.;^ . , : L^.ejp^pereurLeopoldconunençad'abord cçtlfe guerre j-en Italie, dès le prîntems dç l'ann^ 1 7P i . L'Italie a toujours été le paa : .M j jusqu'à I7Ôf. ^2^ paîs le "plus cher à Tambitich des empe- reurs. C'était celui, où fes armes pou- vaient le plus aifément pénétrer par le Tirol àc par Tétat de Venife ; car Venife^ quoique neutre en apparence, penchait plus cependant pour la niaifon d'Autri- che, que pour «celle de Bouvbon. Obli- . géc d'ailleurs par dés traités de donnet pafiage aux troupes Allemandes, elle ac- compliflait ces traités fans peine. L'empereur, pour attaquer Louis XIV du c^é de T Allemagne, attendait que Ib coipps Germanique fe futéb^ahle en & faTetiir. Il avfiftfdes intelli^âces Stunpai''^ tilen Ë%agne : m^ les fruits de ces in- telligences ne pouvaient éclore, iî l'un des fils de l'empereur ne fe préfçntait pour les-recueillir:-&Gefils de l'empereur ^nef poqvait^y rendre, qu'à l'aide des flûtes d'Angleterre fc de Hollande» 'L»e roi Gùiilaurne hâtjûtcles préparatifs^ Son ef- pi"it, plus ' agSTant que jamais dans un corps f^s force & preÉ^ue -fans vie, re- muait tout, moins pour fervir la maifon- d' Aùtriche^que pourabaiflèr Louis XIV.. 0; Il'dcîuaat au commei^cement^de 1700 fe, niettro à4à tête des armées;? La: mott' le- prévint, dins ce àdtéiti.' Une chûbe de' cheval acheva de déranger fes organes affaiblis -, une petite fièvre l'emporta, il j^9 mourut, ne répondant rien à ce que de&,^j^ pré- 330 Lovîs XIV> ; prétrps Alliais, <)ui étaÎQi>i: aup^4e âq lit, lui dnreot fur leur rçl^ion, St ne mais"* quant d'autre inquiétude, que; celle que lui dcni¥iient Içs affaires de l'Europe- • Il lai0a la. réputation d'un grand poli-* ti^ue, quoiqu'il n'^ut point été populaire? if: d'un général à crlûndre^ ^jjuoiqu'il cÛ6 pejcdu'beaucoup de batailles. Toûjowi?» mefuré dans fa ccmduite & jamais vif qua dans un jour de çonibat, il ne régna pai-» fiblenaeot en Anrieterre, que parce qu'il ii^ voulut pas y çtfe ^folu. On t*a|^>cl'^ ]i$ât» i;oiQi0iç on fait, le ftathoiider des Angl9i^>^^ le i^f^ 4çs Hollaodaii. UHat^ vm toutes k$ îanguô de TEurope^ & i^t'en parlak aïK^une avec ajgrénient» aiaM beaucoup plus 4c réâéxion dans l'ei^t qqe d:iraa©toati_ggte^r^1;>^x»qgQ I^k XLV fembla& t W tes aiiMr> 3à> fxJQm fat d'ua autre Regret que cellg du monarque Franyais^ Ceux qui dŒP ment plu& l'avantage d'avoir acquis un roiaume fans aucun droit de la nature» de ^*y être ccwntenu fansi être aime, d'avoir» gouverné' defpotiquement la Hollande im^ la fubjuguer, d'avoir été l'aihe &,lc chef de la moitié de TEurope» d*avoÈr^ m te& reflources d'un géaéral & la valeur. d.!un foldat, de n'avoir lamai&^p^fécute laerfoaoc pour la religion, d'avçir.mé:^ prifé jusqu'à lyor. 33$ prlfé toutes Its fiâperftitions des hommes» d'avoir, été fimpte & modefte dans fe*' mœurs i ceux-là fans doute donneront le nom de e;rand à Guillaume pluft6t qu^ Louis. Ceux qui font plus touchesdes pïaïSrs 4'une cour brillante, de • la mag- nificence, de ta proteétion donnée aux arts, du zélé pour le bien public, Je la paffioa pour la gloire, du talent de régner i qui font plus frapés de cette hauteur^ avec laquelle des miniftres & des généraux ont ajouté des provinces à la Franccj fur un ordre dé leur roi '^ oui s'étonnent d$v|tti* tage d'avoir va un tèul état réfiftèr à tant de puiifances ; çnfin qui admirent plus un roi de France, qui fait ^nner l'Ëfpagnd à ion pftit-fils, qu'ungendre qui détrône ion %eau-péFei ceux-là donneront à I^xi^ b XIV. la préféf^ice. - A Guillaume trois fuccéda la princefl^ Anne fille du roi Jacques & de la fille d'Hîde avocat devenu chancelier, & l*ua des grands hommes de l^Angleterre. Elle était mariée au prince de Danemarck,. qui ne fut cfue fon premier fujet. Dès qu'elle fut fur le trône, elle entra dan» toutes les mefures du roi Guillaume; quoiqu'elle eût été ouvertement brouillée avec lui. Ces mefures étaient les vœu» de la nation. Un roi fait ?ûlleurs entrèp aveuglément fes peuples^ dans toutes fès vues -, 332 Louis XIV. vues; mais à Londres ua roi doit entrée dans celles de fon peuple. Ces difpofitions de TAngleterre & de la Hollande, pour mettre, s*il fe pouvait, fur le trône d'Efp^ne Tarchiduc Charles fils de Tempereur, ou du moins pour ré- Cftcr aux Bourbons, méritent peut-être l'attention de tous les fiécles. La Hollan- de devait, pour fa part, entretenir cent- deux-mille hommes de troupes, foitdans les garnifons, foit en campagne* Il s'eâ fallait beaucoup que la vafte monarchie Eip^nole pût en foiurnir autant dans cet- te conjonâure. Une province de mar- chands, prefque toute fubjuguée en deux mois trente ans auparavant, pouvait plus alors que les maîtres de rÈlpagne, de Napks, de la Flaadre,. du, Pérou & du Mexique. L'Angleterre promettait qua- rantei-inrille homtwç. Il arrive dans tou- tes le$ alliances, que Ton fournit à la lon- gue beaucoup moins qu'on n'avait pro- mis. L'Angleterre au contraire donna cinquante-mille homn^es, dans la féconde année, au lieu de quarante 5 & vers la fin de la guerre elle entretint, tant de fes troupes que de celles des alliés, fur les frontières de France, en Efpagne,en Italie, en Irlande, en Amérique, & furies flotes, deux-cent vingt-mille foldats & matelots cpmbattans : dépenfe prefqu'incroiable» pour jusqu'à 170Î. 333 pour qui confidérera que l* Angleterre» proprement dite, n'eft que le tiers de la France, & qu'elle n*a pas la moitié tant é- rations de la campagne. . Si le général voulait faire quelque grande entreprife, il fallait fouvent qu'il en demandât la permiflîon par un courrier, qui trouvait à ion retour, ou Toccafion manqyéç, ou le général battu. Les dignités & les récompenfes mili- taires furent prodiguées fous le minillére de Chamillard. On donna la permifîion à trop déjeunes gens d'acheter des régi- mens, presque au fortir de l'enfance v tandis que chez Içs ennemis, un ré|;i- mei^t était k prix dç vingt-ai^ 4q kr- yîce. Cefte difFérencç ne hit enfpîtt; que trçp fenfible, dans plus d'une occafion, où un colonel ç:^;périnie|ité eût pu em- pêcher \ine déroute. Les croix de chavali- ers de .$qint-Louis, /i^popipjenfe H^v0f>téc par le roi en < 6^$yéc qai:[çtaiéntri*obJ0t .de l'émulation des çfè^qcr^ fe vçûdiitnt ^ès le commencement du miniftére de cha- jusqu'à lyai. , f37 ChamîUard. On les achetait cinquante ccus dans les bureaux de la guerre. La difcipline militaire, Tame du fervice, fi rigidement foûtenuë par Louvois, tom- ba dans un relâchement funefta : ni le nôhibre des foldats ne fut complet dans les compagnies, ni même celui d^ ôfH- ciéft dkti^' lè*s' rêgîmehs. Là facilite de s'entendre avec les commiflaires, & Tin- attention du miniftre produifaient ce déf- ordre. De-là naiflait un inconvénient qui devait, tout® chofesrqgateâ d.'âifteurs, faire perdre néceflairemcnt des batailles. Car, pour avoir un front auffi étendu que celui de Tcnnemi, on était obligé d*oppo- ièr de$ bâtaHlbns fmbfes^ à dès bataillomr nombreux. Le» ma^teÎBs ne furent plus ni aflèz gftihdèi m afifez tôt ^tà. Lts ar- mes ne furent plus d'une aflèz bw^ne trempe. Ceux donc, qui volaient pes défauts du gouv-ernement, 8c cjui favaîfent à quels généraux la France aurait à faire, craignirent pour elle, même au milieu des premiers avantages, qui promettaient àlaFraoiîé déipivà grandes pro^â-itéî ^uejamaisî^' , - ; , * \ ,1: < t !î .^ ,, . 9fi^, P ^' Cha- 338 Louis XIV. Chapitre Dixseptie'me. Guerre de 1701 ; conduite du prince Eugène, du marécèal de Fîlkroi, du duc de Vendôme, du duc de Marlebo- rmgb, du maréchal de Villan, juf- Ja*f« 1703. LE premier général, qui balutça U fu* périorité de la France, fut unFran- çais ; car on doit appcller de ce nom le prince Eugène, quoiqu'il fût petit-fils de Charles-Emanuel duc de Savoie. Son père, le comte de Soi0bns, établi en France, lieutcnantrgcnéral des armées & gouver- neur jusqu'à I703, 339 neur de Champagne, avait époufé Olim- pe Mancini, Tune des nièces du cardinal Mazarin. De ce mariage, d'ailleurs mal- oa. heureux, naquit à Paris ce prince fi dan- ^^^i gereux depuis à Louis XIV & fi peu connu de lui dans fa jeuneiîè. On Tap- pcllait d'abord en France le chevalier de Carignan. Il demanda au roi une fimpic compagnie de cavalerie, qui lui fut re- fufée, parce qu'il était trop lié avec le» princes de Conti alors en dilgrace. Il prit le petit collet &: le nom d'abbé de Sa- voie : il demanda, une abbaïe, & il fut fe- fufé encore. Enfin ne poy vaint réuflîr au- près de houis XIV. ni dans TEglife, ni dans l'Eçée, il allafervir l'empereur con- tre les Turcs en- Hongrie en 1684, avec les princes de Conti, qui y avaient déjà Éait une campagne glorieufe; Le roi fit ordonnais aux pçinces de Conti, & à tous ceux'qù^fàifaient avec eux le voiage, de revenir. '. : L*âW)é de Savoie fut le feul qui n'obéit point. Il continua fa route,' (feclaranoqu'il renonçait à la Francç. Le roi, quand il Tajlprit,' dit' à fes courti- fahs: Mtrottnjez-wouzfas/iuefaifait là me grande fertâ? & les cou^tifans affuré- rent, que Tabbé de Savoie ferait toujours un efprit dérangé & un homme incapa- ble de tout, 'On en jugeait par quelques emportemehs de jcuneflè, fur lefquels P 2 il \ ^'4P LoïJi3 XIV. il ne feut jamais juger les^ homm^Sw Ce prince». trop méprifé a lacpur cfe France^ était né avec les qualités q\ii fojoi: un hé- ros dans la guerre & un. grand homme dans , la paix ; un elprit plein de jufte0îf & de hauteur^ aiant le courage nccc& iiirp, & dans les armées & dims;lc cabit mtf. Il a fait des fiuittâ, comme tous les' généraux -, mais elles ,Qrit été cachées fous le nombre de fcs grandes acStioaSi li ç{^ parvenu à humilier k . grandeur d^ I^iij5 .XIV, & à gouverner Tempirc : & df ns k cours de fes viâcrices & de foA jnii» ni/lére, il a méprifé également lofafte Se l^ richeflÈs. Il a mêmfe ciiltivé les lettres âç les- a protégées autant qu!on- la îpou»- vait à la cour de Vienne. Agé alors de trenterfept anç, il avait rexpéricnœide fes' y ivoires, remportées fur les Ttuscs^ & diss. fftUttgSffcoinnrifc&parics importai ixiftanslca) 4ern^éf^(guenrs^oà*ii airaltrfervi-cont}» l|l France; Ildefçenditenllialié^rleirnCTiKi tjn fur Jes tcrrfô de Venifeavec trërïte-miln le hommes, & la liberté «ritiéro de 3L'cn[j fèfrir :CDmm6 il At voudrait. La coinr 4é- * fffhdi t d*abord au maréchal de Catinat de » s!ôppoÊr au paflagei <& ^rinec Eugène ; . fQit.pbur ne point coma4ettré le premier aâte d'hoftiiité, ce qui eft une mauvaife priitique quand on a les armes à la main ; - foit pour caén^er les Vénitiens, tpi è* ': i . talent jusqu'à 1703. 34î tâient pourtant moins dangereux que Fârmée Allemande. Cette faute de la cour' en fit commetre d'autres à Catinat. Ra- irément réuflît-on, quand on fuît un plan qui n'eft pas le fîen. On fait d'ailleurs, combien il eft difficile dans ce païs, tout coupé de rivières & de ruiflèaux, d'em- péchcr un ennemi habile de les patflèr. Lé prince Eugène joignait à une grande pro- fondeur de deneins, une vivadte prom- ue d'éxecution. La nature du terrain aux bords de TAdige faifait encor, que Par* hîée ennemie était plus ramaflee, & la Françaife plus étendue. Catinat voulait al- ler à l'ennemi; tnais quelques lieutqnans- gértéraùx firfent des difficultés, & for- mèrent des câbâ!cs conti^ lui. Il eut la faibkflèâe nè*fe'j5as faire obéir. La mo- dération de fon cfprit lui fit faire cette grande faute. -Eugène força d'abord le pofte de Carpî, auprès du canal blanc, défendu par Sain t-r remont, quinefuivit pas en tout les ordres du général, & qui fc fit battre Après ce fuccès, l'armée Alle- mande fot mahrefïc du païs entre T Adige & l'Adda ; elle pénétra dans le Breffan, & Catinat recula jufques derrière l'Oglio. Beaucoup de bons officiers approuvaient cette retraite qui leur paraiflait fagc ; & il faut encor ajoûtel-, ^ que le défaut dés mu^» nitions promifts pat le miniftre, là rendait P 3 nécef* 3+2 Louis XIV. néceflaire. Les courtifans, & furtout ceu3^ qui efpéraient de commander à la placç de Catinaty firent regarder fa conduite comme l'opprobre du nom Français. Le maréchal de Villeroi perfuada, qu'il ré- parerait rhonneur de la nation. La con-. fiance avec laquelle il parla, & le goût que le roi avait pour lui, obtinrent à ce général le commandement en Italie. Le maréchal de Catinat, malgré les viftoires de Stafarde & de la Marfaille, fut obli- gé de fervir fous lui. Le maréchal duc de Villeroi, fils du gouverneur du roi, élevé avec lui, avait çû toujours fa faveur : il avait été de toutes (es campagnes & de tous fes plai- firs : C'était un homme d'une figure agré- able & impofante, très brave, très hon- nête homme, bon ami, vrai dans la fo- ciété, manifique en tout. Mais fes en- nemis difaient, qu'il était plus occupé, éunt ^êtiérBl d'armée, de l'honneur & du plaifir de commander, que des def- fcins d'un grand capitaine. Us lui repro- cliaient un attachement à fes" opinions, qui ne déférait aux avis deperfonne. Il vint en Italie donner des ordres au maréchal de Catinat, & des dégoûts au duc de Savoie. U faifâit fentir, qu'il pen- sait en effet qu'un favori de Louis XIV. à la tête d'une puifTantc armée, était fort au- jusqu'à 1703. SAS au-dcffus d'un prince : il ne Tappellait que Mons de Savoie : il le traitait comme un général à la foldc de France, & non comme un fouverain, maître des barriè- res que la nature à mifes entre la France & ritalie. L'amitié de ce fouverain ne fut pas auffi ménagée, qu'elle était néceflai- re. La cour penfa, que la crainte ferait le feul noeud qui le retiendrait ; & qu'u- ne armée Françaife, dont environ fix à ièpt-mille foldats Piémontais étaient fans? celle environnés, repondrait de fa fidé-: lité. Le maréchal deVilleroi agit avec lui comme fon égal dans le commerce ordi- naire, & comme fon fupérieur dans le commandement. Le duc de Savoie avait le vain titre de généraliflîme; mais le maré- chal deVilleroi l'était. Il ordonna d'abord,, que l'on attaquât le prince Eugène au pofte de chiari près de TOglio. Les offi- ciers généraux jugeaient, qu'il était con- tre toutes les régies de la guerre d'atta-, quer ce pofte, pour des raifons décili- vesj c'eft qu'il n'était d'aucune confé- quence, & que les retranchemens eh é* talent inabordables, qu'on ne gagnait rien en le prenant, & que, fi on U man- quait, on perdait la réputation de la cam- pagne, yilleroi dit au duc de Savoie qu'il fallait marcher, & envoia un aide de camp ordonner de fa part au maréchal P 4 de 344 -Louis -XIV. de Catinat d'attaquer. Càtinat fe fit r^ç- ter Tordre trois fois, &f fè tournant vers les officiers qu'il commandait : allons doncj 1 \ dit-il, meffteurs^ il faut çbéir. On marcha S^P^ aux retranthemens. Le duc de Savoie, à *7^^ la tête de fes troupes, combattit comme un homme qui aurait été content de la France. Càfinijit chercha à défaire tuer. Il fut blefle; mais tout blefle qu'il était, voiant les trçupes ciu roi i:ebutées, & le maréchal de VUleroi ne donnant point id:'ordre, il fît la retraite 5 après quoi il q.uitta Farmée, & vint à Verfailles rendre compte de f^ conduite au roi, fans fe plaindre de perfonne. Le prince Eugéyie conferva toujours fa fupériorité fur le maréchal de Vilïçroi. 2 Enfin au cœur de Thiver 1702-, un jour Févr. qye ce marçphal dormait avec fécurité '7<>2 âanis Créniibne, ville aflci forte & munie d'une très jgrande garnifon, il eft réveillé iajLi bruit (Jes décharges de moufquete- rie. Il fe lève en hâte, iponte à cheval j U première chofe qu'il rencontre, ic'eft un efcadron enaemi. Le maréchal aufli-' tôt eft fait prifonnief & conduit hors de la ville, ikns favoir ce qui s'y paflait, & f^ns pouvoir imaginer la caufe d'un évé- nement fi étrange. Le prince Eugène é- iait déjà dans Crémone. tJn prêtre, nom- mé BoTizoli, prévôt de Saint-Marie la neuve. l JUS(iH*A 1703. 345 neuve, avait introduit les troupes Alle- mandes par un égoût. Quatre-cent fol- dats, entrés par cet êgoût dans la mai* fon du prêtre, avaient fur le champ égor- gé la garde des deux portes ; les deux portes ouvertes, le prince Eugène entre avec quatre-mille hommes. Tout cela s'était fait, avant que le gouverneur, qui était Efp^nol, s'en fût douté, & avant ue le maréchal de Villeroi fût éveillé; e lecret, l'ordre, la diligence, toutes les précautions polïibles avaient préparé l'en - treprife.^ Le gouverneur Êljpagnol fe montre d'abord dans les rues avec quel- ques foldats-, il eft tué d'un coup de fufil: tous les officiers généraux font ou tués ou pris, à la réferve du comte de Revel lieutenant-général & du marquis de Prâ^ ïin. Le hazard confondit la prudenee.d^ prince jEugéne. Le chevalier d'Entragues cfevait faire ce jour là dans la ville une revue du ré-; giment des vaifîèaux, dont il était colo- nel; & déjà les foldats s^afïèmbïai^ht 1 quatre heures du matin à une ext^éibi-» té de k ville^ précifément dans le temf 2UC le prince Lugéne entrait par l'autre, >^Entragues commence à courir pas les rues avec fes foldats. Il réfiftc aux Afle-^ mans qu'il rencontre. Il donne le terni au refte de la garnifon d'accourir. Lesi P 5 officiers^ 34^ Loiris XIV. officiers, les foldats pèle mêle, les uns mal armés, les autres prefque nuds, fans commandant, fans ordre, rempliflènt les rues, les places publiques. On combat en confufion ; on fe retranche de rue en rue, de place en place. Deux régimens Ir- landais, qui faifaient partie de la garni- fon, arrêtent les, efforts des impériaux. Jamais ville n*avait été furprife avec plus de fageffe, ni défendue avec tant de va- Jeur. La garnifon était d'environ cinq- mille hommeSi Le prince Eugène n'en avait pas encor introduit plus de quatre- mille. Un gros détachement de fon armée devait arriver par le pont du Pô : les me- fures étaient bien prifes. Un autre hazard les dérangea toutes. Ce pont du Pô: mal gardé par environ cent foldats Français, devait d'abord être faifi par les cuiraffiers AUemans, qui dans l'inftantque le prince Eugène entra dans la ville, furent com- mandés pour aller s'en emparer : il fallait pour cet effet, qu'étant entrés par la por- te du midi voifine de l'égoût, ils fortifient fur le champ de Crémone du côté du Nord par la porte du Pô, & qu'ils cou- rulïènt au pont. Us y allaient ; le guide qui les conduifait, eft tué d'un coup de fufil tiré d'une fenêtre: les cuiraffiers prennent une rue pour une autre : ils al- longent leur chemin. Dans ce petit inter- valle jvsqv'a 1703. ^ 347 valle de tems, les Irlandais fe jettent à la porte du Pô; ils combattent & repouf- fent les cuiraffiers : le marquis de Prâlin # profite du moment ; il fait couper le pont : alors le fecours, que Tennemi attenda^i ne put arriver, & la ville éft fauvée. (^^a^^ Le prince Eugène, après avoir com^ battu tout le jour, toujours maître de la porte par laquelle il était entré, fe retire enfin, emmenant le maréchal -de Vil- leroi & plufieurs officiers généraux pri- fonriiers, mais aiant manqué Crémdne, que fon aétivîté & fa prudence, joiftte9^ à la négligence du gouverneur^ lui avai-^ ent donnée, & que le hazard & la va* leur des Français & des Irlandais lui ôtérent. Le maréchal de Villeroi, extrêmement ' malheureux en cette occafion, fut con- danné à Ytrfailles par les courtifans, avec toute la rigueur & Tamcrtume qu*infpî^ raient fa faveur & fon caraftére, • dont rélévation approchait de la va- • hité. Le roi, qui Je plaignait fans le ' condanner, irrité qu'on blâmât fi haute- ment fon choix, s'échappa à dire : on fe déchaîne contre lui, parce qu* il eft mon fa^ vorii terme, dont il ne fe fervit pour» perfonne, que cette feule fois en fa .vie. Le duc de Vendôme fut auflîtôt nommé pour aller conunandèr en Italie» P 6 Le 34* Lovis XIV^ I-^ dttc dqVeiKleiBe^ petit-fils de Hea- Mi c^tre, était 'mtséjpiàt comme Im^ ^ux, bif nlHif^t, fan^ fitfte» ne comimf- fmt ni I4 h^inç, ni Tcnvie, ni U vengc^ ;i6ice. lï n'était 6èr qu'avec des princes : il fe rendait l*égal de tQut.k refte. C'é- tait le feul général, fqua lequel le deroir 4u fçrviçc, & cçt inftiod de fureur pufe* «fienl animal &: jgnécdnique qui obéit à U voix des officiers, ne menaient point les ibldâts au combat : ils coenbattaient poui \t duc de Vendôme : ils auraient donné feur vie^ pour le tirer d'un mauvais pas, où 1^ précipitation de fon génie l'enga- geait quelquefota. li ne p^ai£ pas poute ' méditer fes deflfei^s,. 'à^eec k même pro- fondeur que le prince Eugène, &. pour c»itendre comme lui l'art de Éaire fubfifter les armées. U négligeait iwp les détaib ; ii laiflàit périr la difcipliae militaire ; la table et le (bmmeil.lpidéroheaiettt tuap: dç teo^S:, auffr bien qu'à foa frère. Cette: inoïk^ le nût plua d'une fois en danger d'être enlevé -, mais un jour d'aftion, ii réparait t»ut par une préfênce d'écrit Ar par des lumières que le péxii rendait plu» viws 5 & ces jours d'aétion il les cher-» chait toujours, moins fiait, à ce qu^on diiàit, pour une guerre défenfive, & auili propis à rofifen&v® que le prince Eugène. 4. Ce ■ jusqu'à 1703. 349 ^ Ce defordre & cette négligence qu'il portait dans les armées, il l'avait à un excès furprenant dans fa maifon, & même fur la pcrfonne : à force de haïr k fafte, il « vint à une malpropreté ciniqwe, dont il n'y a point d'exemple j & foii défintéreflèmcnt, Ja plus noble des ver- tus, devint en lui un défaut, qui lui fit perdre par fon dérangement, beaucoup plus qu'il n'eût dépenfé en bienfaits. On î'a vu manquer fouvent du nécefîàire* Son frère le grand prieur, qui commanda f fut l'homme le plus fat^il a fa gran- deur de la France, qu'on eût vu depuis plufieurs fiécles. Il n'était pas comme ces généraux, aufquels un miniftre donne jfiar écrit le projet d'une campagne, & qui, après avoir fuivi à ia tête d'une armée les ordres du cabinet, reviennent briguer l'honneur de fervir encore. Il gouvernait alors la reine d'Angleterrey& par le befoin qu'on avait de lui, & par Tautorité que fa femme avait fur l'eiprit de cette reine. Il menait le parlement par fon crédit, et par celui de Godolphin grand grand tréforier, dont le fils époufa fa Elle. Ainfi. maître de fa cour, du parlement, de la guerre & des finances, plus roi que n*avait été Guillaume, auffi politique que lui, & beaucoup plus grand capi- taine, il fit plus que les alliés n'ofaient elpérer. Il avait, par deflus tous les géné- raux de fon tems, cette tranquilitéde cou- rage au milieu du tumulte, & cçtte fêi- rénité d'ame dans le péril, que les An- glais appellent coolhead^ tête froide. Ç'eft peut-être cette qualité, le premier don de la nature pour le commandement, qui a donné autrefois tant d'avantages aux Anglais fur les Français, dans l(e plaines de Poitiers, de Créci & d^Azincourt. ' Marleborough, guerrier infatigable pen- dant la campagne, devenait un négocia* teur, auffi agiflant pendant Thivér. Il al- lait à la Haie, & dans toutes lès cours d'Allemagne. Il perfuadait les Hollandais de s'épuifer, pour abaiffer la France,' II excitait les reflèntimens de Téledeur Pa- latin. Il allait flatter k fierté de Féledeur de Brandebourg, lorsque ce prince -vou- lut être roi. Il lui préfentait la férviette .à table, pour en tirer un fecours de fept à huit-mille foldats. Le prince Eugène, de fon côté, ne fii^iflait une campagne, que pour aller faire lui même à Vienne les préparatifs de Tautre, On fait fi les ar- mées 354 Louis. XIV,. . mées en font mieux, pourvues, quand Iç général eft le miniftre. Ces deux hom- ^ mes, tantôt commandant enfemble, tan- tôt féparéme^t, furent toujours d'intel- ligence : ils conféraient fouvent à la Haie avec le grand penfionnaire Heinfius, mi-, niftre qui gouverna la Hollande conjoin- tement avec le grejffiçr Fagel, ayec au-^ tant de lumières que les Barnevelt & les, De With, & avec plus de bonheur. Ils faifaient tous trois de concert mouvoir les refforts de la moitié de l'Europe, con- tre la maifon de Bourbon i&, Iç minîfté- re de France était alors bien faible^ pour réfîfter long-tems à^ ces forces, réunies. Le fecret de leur projet de campagne, fut toujours gardé entre eux. Ils arrangeaient eux mêmes leur defleins^ & ne les con- fiaient à ceux qui les devaient fccqnder, qu'au point de Téxécution. Çhamillard au contraire, n'étant ni politique, ni guer- rier, ni même homme dé finance, & jouant cependant le rôle d'un premier miniftre, dans l'impuiflance où il était de faire des arrangemens par lui-même, les recevait de plufieurs mains fubalternes. Son fecret était quelquefois divulgué, a- vant même qu'il sût précifc ment ce qu'oi> devait faire. Dès que Marleborough eut le comman- dement des armées con fédérées enFlandre, il jus à gtiére^ ç|i, d'hommes, doot la fortune ait fait plus de jaloux, & qui ait dû xçfins m faire. Il a été maréchal de France, duc & pair, gçxuveçneur de Pror yencc^. Mais auffi ila; fauve Kétat : & d*- autres, quîTonti perdu,. pu qui nîont été que .courtifanS(, ont eu àr peu-près les meipes récompenfep.. On ly^ a reproché jufqu'à fes richeflès, acquifes p^, des conrribvi^oi^)d4iAfr46 païs, ennemi,, prix légitime &c médiocre de fa valeur & de fa. coi}<;|ui(:e ^ pepd^nt q^e ceux,, qui ont élevé dé$ fqrtu0^* dîK /qî? plusi confidé- r4>lw . p^i f des c y ni ûçiuirde fe.ftk-e vai-i Iw^onjpwlwt de i&inHiênfte-com«ie il' nlétitiajii qué:les ^ ^xrtrç^-eof rpaç laflfe(it. , lidîtAin. joui ^artf.«Wn devant; tpu|e)l^) cow:». Jod^tt'il pïçnait congé pp«r aller .1^ ^^rr^T^ com- 358 Louis XIV. commander Parméc : Jirt^ je vais corn* battre les ennemis de votre majefté^ fef je vous laijfe au milieu des miens. Il dit aux courtifans du duc d*Orléans, régent du roiaume, devenus riches par ce boule- verfement de l'état appelle fyfteme : pour moi^ jén^ ai jamaisrien gagné que fur les en- nemis. Ces difcours, où il mettait le même courage que dans fes aftions, rabaiffaient trop les autres hommes, déjà aflfez irri- tés par fon bonheur. Il était, en ces commciiGemeh'é'dë la guerre, l'un des lieutenans-généraux, qui commandaient des détachement dans ?Alface. Le prince de Bade, à la tête del*^ arméeimpériale^ venait deprendre Landau défendue par Mélac pendant quatre mois. Ge prince faifait des progrès. Il avait les^ avantages du nombre, du terrain & d*un commencement de campagne heureu*. Soh armée était dans ces montagnes* diîP Brîsgau, qui touchent à la' forêt noire ; & cette forêt, imtoâife fépardit les trou- pes Bavaroifes des Françaifes. Catinat* commandait dans Strâfbôurg. Sa cîrcon- fpeftion Tempécha d'entreprendre d'aller ; attaquer le prince de Bade, avec tant'^ei d&avantage. L'armée de Franco eûtèw* perdue fans reflburce, & l'Alfece eûî?ité' ouverte par un mauvais fuccés.' VîUafe, qui avait réfolu d'être nKUrçchald&Framre^ - ou jusqu'à 1703. 359 ou dé périr, bazarda ce que Catînat n'of- ait faire. Il en obtint permiffion de la cour. Il biarcha aux impériaux avec une ar- mée inférieure vers Friedlingen, & don- na la bataille qui porte ce nom. La cavalerie fe battait dans la plaine : H-' Tinfanterie Françàife gravit au haut dela^-^^ montagne, & attaque Tinfanterie Aller mande retranchée dans des bois. J'ai entendu dire plus d'une foi,s, au maréchal de Villars, que la battaille étant gagnée, comme il marchait à la tête de fon infanterie, une voix cria : nous fom-- fhes coupés. A ce mot, tous fes regimens s'enfuirent. Il court à eux, & leur crie : allons^ mes amis^ la viSoire eji à nous\ vive Je roi. Les foldats répondeqît vive le roi^ en tremblant, & recommencent à fuïr ençor, La plus grande peine qu'eut le gé- néral, ce fut de rallier les vainqueurs. Si 4étix regimens ennepiïs avaient para dAçijs.le moment de. cette terreur p^ni^v que, les Français étàiei|t battus : fflit lar ^ foitunç décide fouvenft du gain des bat-, f tailles. Le prince de Bade, après avoir perdu trois^mille hommes, fon canon, fon champ de bataille, après avoir été pourfuivi deux Reùës à travers les bois & les ,^é-* . filés,' tandis que jK)ur preuve de fa Re- faite, le fort de Friedlingen capitulait, man- ^€o Louis XIV, manda cependant à Vienne qu'il avait remporté la- viâoire, & fit chanter un Te I>^fn; plus honteux pour lui que la ba- taillé perdue. . Les Français, remis de leur terreur pa- nique, proclamèrent Villars maréchal, de France for le champ de bataille ; & le roi, ^îtize jburs après, confirma ce que la "v^ixxîes foldats lui avait donné. + » Le marécl^d de Villars joind^nfin Te- ' lèétcur de B^rià^e ^avec fdrtroupes vifto- Avril rieufes : il le trouve Vainqueur de fort cô- * 703 té, gagnant du tetraini & maître de \t ville impériale de Ràtilbone, où Templ- tt afïemblé vdiait de conjurer fa perte. Villàrs était plus fkit pont- bien fervif . Pétât en ne fuiVâiît:qiTefon ^énle, que pouragir dccôncett aveé Un ^rirtcd. il mena^ ou plûstôt ll.entraîna r elefteur âU de-là du Danube -, & quand le fleuve fijt pafl^, réleôeur fe repentît, roiant que fe irioiiidre écheC fâiflferàit fesr état^ V 12 menai de l'empierétà:; lit comte de St^- hinrt, à là tête d*Uil^t)t^^d*envirDn vrAgt^ mille ' hommes^ aïlàit le joindre' à' la grande armée .du prince de . Bade, auprès deDonavert. R faut' les prévenir ^ ait le niaréchâi au prince : ^ H f^^ îùmb^erfuy ^ StyruffTj Q? marcher fioui àfhmre. L'éle- âeur' tempôrifèit^ il Tendait (jcfil erf dé^^it c6nfci'êP^éti\fis.-géAéfaU3^'«è^ /iri(iîj'A 1703; g6i fes Moîniftrcs. C^ mohfm/uisyctre minifiu Ù ^ofrt ^éri^i l^i i^liqivut Villars. Vous faut-il d^auir^ çonfiil que moi^ quand il^ s* agit de donner ifikUlk ? Le prince, occu- pé du danger 4? i^s état$, reculait encore ; U fe fâchait contre le général. Eh-iien^ lui dit Villars, Ji votre altejfe éleff orale ne veut pas faifir îocçafion avec fes Bavaroisj^ jt vais combattre avec les Français -, & aufli^ çôt il donne ordre pour Ta^t^qup. Lçi prince indigae, * & ne voiaat dans ce. Français qu'un téméraire^ >f|Lxt' obligé de combattre malgré lui. C'était dan^ Içs plaines d'Hochftet auprès de Donavert. Après la première charge, on vit en- 20 cor un eflfet ^ ce quepeut la.foiftune dansjScpt. les combat?. L'armée enneniict & h^^^^ Françaife, faifîes d'une terreur p^n^c^uc^ prirent la fuite toutes deux en mêhKtems»; & le maréchal de Villars fe vit prefquc fèul, quelques minutes, fur le champ de bataille : il rallia les troupes, les remç- oa au combat, & gagna la vi^i^^ Ovi taia trois-mille impériaux ; on en prit^ quatre-mille : ils perdirent leur canon & . leur * Tout ceci doit .fe trouver dars les mémoires du maréchal de Villars manufciits' ; J'y ai lu ces dé^ taiis. Le premier tome ii»|^iiînié^ ces tttémoirdfir . cild^ibtument de lui ; J^.dvtlrr a^ties^x^d^onfi . jnaiii étrangère & un jeu différente, - 362 LOUIS XIV. leur bagage. L'éfefteur fe rendit maître d* Aufbourg. Le chemin de Vienne était ouvert. Il'fut .agité dans le confcil de l'dnpereur, s'ii fortirait de fa capitale. * Là terreur de Tempereur était excufa^ 6 feble : il était alors battu partout. Le duc Sept, de Bourgogne, aiant fous lui les maré- chaux de Tallard& de Vauban, venait de prendre le vieux Brifac. Tallard venait non feulement de reprendre Landau 5 14. mais il avait encor défait auprès de Spire, Nov. le prince de Heflè, depuis )fft roi de Suéde, '7^3 qui voulait fecourir la ville. Si Ton en croit le marquis de Feuquiéres, (cet offi-; cier & ce juge fi inftruit dans l'art mili- tairei mais fi févére dans fés jugemens) le maréchal de Tallard ne gagna cette bata- ille, que par une faute & par une méprife. Mais enfin il écrit du champ de bata- ille au roi ; Jïré, votre arme à pris plus ffitenàart^s 6? de drapeau% qu'elle n'a per- du de finales foldais. ' La fortune de la France étant en -cet état du côté de TAllemagne, il était à préfiimer que Villars la poùflèi^alt encor plus loin, avec cette impétuofité, qui dé- concertait la lenteur Allemande. Mais xe même caradére, qui en faifait un chef redoi^ble, le rendait incompatible avec féleftcur de Bavière. Le roi voulait, qu'un général ne fut fier qu*avec l'enne- mi; jirScttj' 1703. 363 tnî ; & l'éleâeur de Bariére fut aflèz malheureux, pour demander un autre maréchal de France. Villars néce0àire en Allemagne, où il avait gagné deux batailles, & où il pou- vait accabler l'empereur, fut envoie alors ~ dans les Cévennes, faire la pùx avec des païfans rebelles. On parlera de ces fana- tiques dans le chapitre de la religion, Louis XIV avait en ce tems des eqnemîs plus terribles,' plus heureux Se plus ir- réconciliables, que ces habitans des Cé^ vennes. 0,2 tH l/ovts %W. Il . r f> i*t . : ^; .^/iJf ' è'i.. **■': ' 'j-^y*.^ *<■' t <' Perte de la hataille de Bknbeim ou dHûcbJlety & Jès fuites. LE duc de Marlcborough étaît reve- I iiu vers Içs Païs-Bas au commence- ment de 1703, avec la même conduite & la même fortune. II avait pris Bonne, refîdence de Télefteur de Cologne. De-là il avait repris la ville d*Hui, Limbourg ; & s'était rendu maître de tout le Bas- Rhin. Le maréchal de Villeroi, au fortir de fa prifon, commandait en Flandre, & n'était pas plus heureux contre Marlebo- xougb, qu'il l'avait été contre le prince Eugène. Envain le maréchal de Bouflers 4 venait j n aàcitE ^d 'lïiÉinés,r ^oii ^ petit sfSfftsgtt ao eômbat d'Ectem^ centre Obdain gêné» rai HèHafickHSi ;U» fiiccèd qui n'a {mit étf fuÉtèy ïrtffc riejE : Cependant, Q k général Anglais ne iharç liait f^ jtti ftcadr^de Fem^nànv là isaîâm d'Aâtmke|£Eihbfatiit pankië^: i/ip- ieâeuF dé'B&nnB|3e éint tnajm dd^siboi Trcntte-toiblK'Blanfàisy fms les ècdrâs dd^ maréihal.de Marânqui avajn: filécédé à Villars, inondaient le païâ au^ dé*ià du fionubeù D^scparW cokirinent dans i' Au- VndoKu i r{\^Bammét^t ihenabâcidi'vhuèâoà^. tÊti^ par tepràiCQl^goiifld, à hi ^téçr des> Hongrcàsf GomUàttanc poot. letn* libettéy. & feoourué de Pafgmt de hrFranto & dç eeirà .^' lî^uoca^c jAdPBE» 1q prince £\sgéne mandement des arméesidj AHehia^ncc^^ .1 9c]i:l^dtis: dsiBbAiribsToUIgh. Ce^ gébéKii Àtig^^/i^* rhtn Ae<.génak date £i cenduita, jk jqosi ia reiile .& icë l^€ilmi4^àsMfbkm mattstar de fes>(kiïèin&^ > manrhe att^feooa^duifienftrQ.dcr.l^QÉipisài il*p3Md: d'iabiMi^ fl|vea. kiiedbiii/ii:% Arto- gfeB^dPiti6ài€eris3& it ingtHtrm IihStt:e £v marche. ':it.9yr4f«è v^rsskiBarèid- te aiiappèidr Dbnivmic vîs*-^Tfîs^ tes li^ ne^ dr tfâeûear dé Bavière^ dans Idicjiiel^ . ' 0.3 les $66 , Loiris Xiy;^ , les environ; huitr]aiUè;Fniiçiis & autmt de Bavarois retraifichés^ gaidaient les pais conquis par eux. Apiés.déux heures de comhdtj MarletxH-oi^ perce à la tête de trois bataillons Anglais, renverfe les Ba^ varois & les Français. On dit qu'il tua ËXr'tmlït honunes, & qu'il en perdit pref^ que autant. Peu importé, à un général le nombre des morts, quaml il vient à bout de fon entreprifè.< II. prend Dcma- 2 vert: il paflë le pamibe : il met la Ba- 1 7ol ^^^^ ^ contribution. ^ ^ Le maréchal de ViUencM, qui l'avait voulu («livre dans fes premières, marches} l'avait tout d'un coup perdu de vue, . âr n^apprit où il, était qu^n apprenant cette viâoire d^ Donavert. Le maréchal de Tallard, avec un corps d'environ trente- mille hommes^ vient pour s'oppoier à Marleborough par un autre chemin, & fe joind à réleéteur. / Dans le même tems, le prince Eufléne arrive, & fe joind à Marlec)orough. ^n- fin les deux armées fe rencontrent a&z près de ce même Donavert, & à-j>eu-p£ès dans les mêmes campagnes, où le mare- dial deTiUars avait ga^ une viâoire un an auparavant. Il était alors dans Içs Cévennes. Je fai, qu'aiant reçu une lettre de l'armée de Tallard, écrite la veille de la bataille, par laquelle on lui mandait la n . di^- idifpofifiion des dc^x armées,. &:!» manier re dont le maréchal de TalLard voulait: combattre, il écrivirau préfidçnt de mair fons fon beaufrére, que, fi le , maréchal de Tallard donnait bataille en gardant cette pofition, il ferait infalliblemeht défait. On montra la lettre à Louis XIV. L'armée de France, en comptant les Bavarois, était de 8z bataillon^ & de. 1 60 efcadrons ; ce qui faifait à-peu-près foix- ante-mille colnbattans, parce que ks corps n'étaient pas complets* 64 batail- lons & 152 e£::adr(m$ compofaient l'ar* mée emienûe^ qui il'était forte que d'en* viron dnquanterdieux-mille hommes ; car on fait toujours les armées plus nom- breufes qu'elles . ne le font. Cette jour- née, fi fan^lante & fi decifive, mérite une attention particulière. On a reproché bien des fautes aux généraux Français ; la pre^ miére était, de s'être mis dans la né-i ceflké de recevoir la bataille, au lieu de laii&r l'armée ennemie. fe confumer £iute de fourrage, & de donner ^u maréchal de Villcroi le tems de tQml?er fiir lies Pais-Bas dégarjiis, ou. de sfavan* cèr en Allemague. Mais il faut confidé* rer, pour réponfç à ce reproche, que l'ai:* mée Françaife, étant un peu plus forte que ceUe des alliés, pouvait efpérer de la 0^4 battre. S68 ti0«rt XIV. : battre^ Ik qu€ h v)â)rà« o6e dkrôné Vetnptriut. Le masrquis dsf Fcuquiéres compte douze fs^utes capitalss, que Imiit l'eleaeur, Marfin ^ Tallard, ^ avUnt & aprèâ ^ I^ bataille^ Une ^de» plui o6ii(îdéni<» blés étâk,' de' n^avoîf poim ifâi ^n gro» Gorps^ d*inÉftnterie? à liurc^ntre^ âfc d*avoip Êparé leurs deux corps d'armée, J'ai en- tendu fdvfy^nvâtifk bouché dn-maréchal de Villaps, que cette di^Jlition étak ki« excufablf. , < - - ^ ' JLcf inareel)^ deTatHard était à Tatlc droite'; i^^leâenrïàrt^eMaprlai^à lagacN^; Le mâ^htf) 4s Taltedarait dais le coum r^ téPoce V^^Jl^w&h'mwM¥râll^àd^ iAfïtfpPht aâi^ pen^ftM, ISkmd en expédia ens & en reffôimstÈL C'était tui^ qui avait fait lies trakés^pa^tage. il^m allé hià gloii^ Sci^Ufdmm^^ tnunaer Jè&vaiea d'une ^cmflfit d'riprk^^de^asqn: Lftfaa«i taii^deS|^ kû av^t feîi ttaitièiptand honneur, malgré lescrktqiMS àà Feuquiéi^* #ds ; car un générât vfâorîoQZ li'a poioo fo^ dé faut^ a^Ks yeiaft du public^ de mé*^ Me q[ûë- ïè ^ikévàX^ battM^ a» toujours t(Mty •Mm^ Tallaré a^t uif^ maUiair bitnt dâligé^ùx^ur un^ générât: fa vue e«ai6fi> f^bte^ qM'it ne Vont btecu connu,' m*QM dit encop que fb» coufa^ i- -' . gc \ jusqu'à, 1705. 369 ge. ardent,^ tout contraire à celui de Mar • leborougH, s'enflamant dans la chaleur de l^^étion^ i^ l^jQàit pa$r à foa efgrii; une îiber^e!ai%2: ^ïere.^Xp défait iui venait ^un fang qui on&b^tcui<âes. années de cin-» ^4toDCe-miIi^ hommesy au q«tij ont fiûo 4^ TOimfiei$) gloneufes.; ^mais. l?endroit^ eu on fei wouve pofté, deùide de tBdre&auœa^ »échal'^'d^ l^aJtodt 41 s^ijpqend: qu'il, eft ^k : il^^û 1^ qoe>des> miardsj il fuit 9r^. <{ux^ &^ m fe nokn daoL k> Diw fkbe. i^iS^Jét^esy bngadttÊr^çpiétBÎtjBoftedaiis to ¥fillag9, i tente alocs-un . cxiup itArdb : il Cfiê'niuK offitieps d'Actois & de Pro¥enr 49t, i& mkrdïir B^tc lui: pluficucs. Qffi# liim^ mimn dft& animesi ségimen&s, yj a^ «uipsntJ: tf fil fondent fbr Vanonnî^ GooEt;^ me^OiY fsut -qne foitie à? aprèS'dana^ if i^îU^^ ayec .mylocd Orknay JUSQU^A 1705. 373 fonnier que vous nous amemz? lui dirent. lfiS>Qiikkr)S.eo y^nto[itanu Npn,,mefieursy jfi fuis pxifonnier mo^meme^ ^jt^iens vous, direy^il^y a J^fiutre parti pour vous j que M vMàSs reffdre p/rifomiers de guerre. Voilà. le, çpmU d*OrkrHFiy qui vous ojfre la capitU", Içitifiih 'ÇoLfteS'^ ce5 vieilles bandes frémi-r iîjQni};/N4\wirre déchirar oc enterxa les dra- peaux. >]Vîaif enfin. ii fallut plier fous la, néceflîté \, & cette armée, fe rendit lana combattre, ]S%lord Orfcnay m'a dit^quç c« Gocps die triOupe^ ne pouvait faire aur. ^pientfd34i«. faiituation. gênée. L^£u-j EQge.fiio é/çopné€j»,que ie^mfilleurei^trpu» pfis.Frf^^f€iS;^pffpatiubi en cc^rpsccttç igîjqmHHÉlM ' Qnimfiwtait.leur jn^be,^ \ %l^té : inais. quelques années après^ q^ajtor2:e^ mille Suédois,, iè rendant à. dif- ^étipn î^^ Moscovites ^rafe çampagoc^ ont jH^fic Içîi Fr^î^^î - XicUg fut.la céldbft bataille, qjn eq Fraaçfea4€înoiPt4*wé/f^f cp^Alleqiagne dç P^tfiiiipy &" en Angleterre dç £^«- ^«îm-,, Xeft wînqapîars.ï- eûcDPtprès dq fiinq,-njill€ mort^v^:Br^:4^ huit^millé bjej^s^. ^ 1^ plp&ig;riU}4rA0jcn^ du 0té fet.RPe%uéj©fy4érefppnft cjcoruifp;, Dcfok ««M^çr^ii^'Mnn^ Çlongîwsiiyûaô-» rieux^ 374 Louis XIV. neux, on n'en raflembla pas plus de vingt-mille eflfeâifs . Environ dôuzc-niille morts, quatorze- mille prifonniers, tout le canon, ua nombre prodigieux d'étendarts & de drapeaux, les tentes, les équipages, le général de Tarmée, & douze-cent offi- ciers de marque au pouvoir du vainqueur^ fignalérent cette journée. Les fuiards fe dilperférent ; près de cent lieues de païs furent perdues en moins d'un mois. LaBa- viére entière, paflce fous le joug dé Tém- pereur, éprouva tout ce que le gouver- nement Autrichien irrité avait de rigueur, & ce que le foldat vainqueui* a de rapa- cité & dé barbarie, L'éleéteur, fe réfugiant à Bruxelles, rencontra, fur le chemin fofi frère l'éledeur de Cologne,* chafie com- me lui de fes états : ils.s*embraflerent enr verlant des larmes, L'étonnement & la confternation faifirent la cour de Verfail- les, accoûtimîée à la pro^rité. La nou- velle de la défaite vint au milieu des ré- jouiffances pour la naiflance d^n »riére- petit^ fils de Louis XIV. Perfônne n'-dfaît apprendre au roi une vérité fi cruelle. Il fallut quemadante de Màintenon fe char-^ geât de lur dire, qu'il ifétait plus învîn- ciblç. On a dit & on a écrit, & toutes les hifloires ont répété^ que Tempei^up fit jvsqij'a 1705. 375 fit ériger dans les plaines de Blenheim, un monument de cette défaite, avec une înfcription flétriflknte pour le roi de France^i mais ce monument n*éxifta ja- mais. Il n^y a eu qiie l'Angleterre, qui en ait érigé un à la gloifc du duc de Marleborough. La reine & le parlement lui ont fait bâtir dans fa principale terre, un palai^ Immenfe, qui porte le nom de Bknbeim. Cette bataille y eft repréfentée dans les tableaux & fur les tapifleries. Lès remércimens des chambres du parlement, ceux des villes fir des bourgades, les ac- clamations de TAngleterre furent le pre- mier prix qu'il reçut de fa viéloire. Le poème du célé^jre Addifon, monument plus durable qilfe le palais de Blenheim, eflt'tfcJrttptéi' par cette nation guerrière & fàvantèy parmi les récompenfes les plus honorables du duc de Marleborough. L'èhipefeùr le fît prince de l'empire, -en lài\dbnnant la principauté de Mindel- heiib*, quf fur depuis échangée contre une àu^i'e i mtià ' il n'a jamais été connu fous ce titi'eï le horti de Marleborough étant devenu le plus beau qu'il pût porter. L*arméèf de France difperfée laiflè aux ' alKéà^'vne carrière ouverte du Danube au R^în. 'Bs'.jJàfïènt le Rhin : ils entrent en AMkcîe. Leprlncê Lôtirs de bade, gêné- ^" rai gy6 ï-.QVif 'XÎV. rai célèbre ppur les campemons & pou» Tes marches,. inveftît'Landau. Le roi des Romains Joibph, fils aîné de l'empereuj; 19 Léopo|(J, v'ifnt^z ce fi^e.-, pn.jjreoq «t'3 Landaii : on prend' TrarbacH.' ' " ' Cent HcMes. 4e paS's perdues n'empê- chaient pas, qye les frontières dé la> France ne tuflènt ençor reculées. Louis XrV. fQÙi:enaiE-lbç,pèti>^s,^çii Efpagnefc & était viSorieuX en Itaii&.!', If fallait da grands'efforts cri,4-ll^agpé,.pour réfiftèr^ à Marleb'orough vK^torieux j & on Iq^fit^ 0n raflembla les débris-de l'armée : oa, épuifa les garnirons : on fit ji^archér dcs^ ijiijites,,j Le mJnii^ére émptu^ia de ràr-. gehtcfc tous cÔt^i ■Eilnn.|Çn'eutujiea^-j mé^i,&,(mrafipelra, .dikiopojiïes Çevên^t nés, le màEèc&afde'Villars pour la eomir,' mander. Il ïîdx^, & fe,tœy,y9, près, dpr Trêves^ avçc des forces ififeriéufesi vis-aT- , yis'le^néraj ^nglap.^ Tous-^^eux yo«-. I^eoti^ennèrum nouvelle bataille. I^Taisi le, prince, de Bade 'd'étant pas vénH afl«t, Mai. ^^Wlh 1705 icpi- m- :e os ^j çx<Àxt^ ^tfmi^^ta. eft fl^-fSwite^v^ ,, priaca de. B^^f 5 iSç que je vous^çfbm^ ^{ encor plus, qite je ne fui$^ fâché cc^itri; Les Français avaient cjonceacor des barrières en Allemagne. La Flandre, où commandait le maréchal de Villeroi dé- livré de fa prifon, n'était pas entamée» En Eljpagne, le roi Philippe cinq & Tar-" chiduc Charles attendaient tous deux la couronne ; le premier, de la puiflance de fon grand-pére, & de la bonne volonté de la pluspart des £ip9gnols ; le fécond, du fecours des Anglais, â? des partifans qu'il avait en Catalogae & en Arragon. Cet archiduc, depuis empereur & alors fécond fils de l'empereur Léopold, n'ai- ant rien que ce titrç, alla presque fans fuite à Londres implorer l'appui de la Jreine Anne, Alors parut toute la puiflance Anglaife. Cette nation, fi étrangère dans cette que- relle, fournit au prince Autrichien deux-cent vaiflèaux de tranfport, tren- îp-vaiflèaux de guerre joints à dix vais- féaux Hollandais, neuf-mille hommes de troupes, & de l'argent pour aller con- quérir un roiaume. Mais cette fupériori- té, que donnent le pouvoir & les bien^ fait, n'empéchâit pas que l'empereur, dans fa lettre à la reine Anne, préfentée par 378 Louis XIV, &c par l*arcKiduc, ne refuf3t à cette fouve* raihefabienfaiftriccle titre de majefté: on ne la traitût que de lerénité, feJon le ftile de la cour de Vienne» que l'ufage feul peut juflifier. 379 Chapitre Djxneuvibme, Pertes en Efpt^e : ferte. des batailles . de RamIUes H de Turin, & leurs fuites. UN des. premiers exploits de ces troupes Anglaifes, fut de p)%n- dre Gibraltar, qui paflàit . avec raifon pour imprenable. Une longue chaîne de rochers efcarpés en défendent toute approche du côté de terre : l'entrée de la tnér ell inacce0ible aux grands na- rires. Une baye longue, mal l^re & orageufe, y laiJTe les vailTeaux expofés aux tempêtes & à l'artillerie de la fbr- tereflè & du mole : les bourgeois feuls de cette ville la défendraient contre mille 0fo Louis XIV. ^mille vîdfleaux & cent-mille hommes* mais cette force même fut la cauiè dç fa pHft. Il x^j z^Tkt que coif ^hmifies de gttmi^M; c'en était afies : màkSfl^é- gligitaicnt un fervke qu'ils croï^^eiâ^in- utile. Le prince de Hef& avait débloqué avec di» huié-cem; foldats darts Firame qui eft au nord derrière la ville ; mais de ce côté-là, un rocher efcarpé rend la ville inattaquable. La flote tira enyain quinze- mille cotips dé^ cancfri. Enfin àeè rtiate- lots, dans une de leurs réjouiflances, s'ap- prochèrent dans des barques fous le mole, do^t rartillerie devait les foudroier ; el- ^ lenèjoiittpoiik/ Ba\mdm^vlurid t^ Août le ^ ils s'0t» rendent iTiaftM» ^ k». fv^àpes y accourent ; il falut que cette ville im- prenable fe rendit. Elle eft encor aux An- rëdïteMë Ame tpuii«ttcêfoi^: -te '^oitoc^ mniecit^ïSL 'wv^c^^Ât SWM^^cCfà^ ^femnie dir Philippe cbiq' de viâ€>rktf)if ébptiis-ett Afrique &cttl^ie^ vtwre* «ër, mec ttfic - dotifeui^ 'itt\^Xi\)Sam^ Gibrahar %n% mains ^r^m «dation Ibpleii^ trioftaiè, €bftt tei -v^iflfeatp» fréqûentâîôifC à pei*s, îl y a*deC3*fîédes,4a\rnèît mè^ térranëe;- ' 'i'i'- ^ ' e'-*-, i--- Immédkctfmcrtr après la^prMe-ae'GJJ braltar, les Anglais^ makres-de ce^i^ mâi^ donnèrent, à la vue de Malaga, une ba- taille tAïUç î^3f(iA§^Vr comte 4e Towl«^ç ^iinfl 26 îk-^MW^^^-bftiailteri^^lpifc^jj^^ Août fîMW^.4p ï-iQW% XI V^ Son ^fiiphturei, jb fiç^B^e de Toùlinife, amiral dy /oi^jjWi y cQK)A^ndai£ cinqMwte v^i^èauK de Mg«^ ^: Vû^-qfy «f § griérçs- . Ji fe retim a«ççv^l«r^ râç |aqft fgerjEe, Mm^ depuis %Ô;f^^9r Qifc^ltw t^fidisrqwi Je mairéchal Mars éf lï^fl^i'/ftlSege^f I^r j3efr^> <:^tte.dou- 170$ ^rtijEe par If tçfppêtç : ui>ç autre, pfPtfe pwilesAngifWi^Jîa^rdftg^^^prèéi une tjffjfii^nç^ ac^Bir^Wft 5. .Mfte^, mtrc = .brûlée i^ jij^ çôtps d'Kfp^i>^p i Depuis Cfe jotot Oftiie^rtipluis 4e gra^çideà Aptes Frwçni^ ffgj ai d^ Tf^eé^iiief ftt (kna }a méditer-» r^ç»i La marine rentt^ presque daod Ts^t dont Lowi? XiY . PaViait çijçéei, aiiift qjt|hp?Bt4*^tre^? çhçfes ^^ckfMtçSi qwf . Ces mêm^ Anglais, qw a^y^ient prin ppftr eux Gibralt^f, çcinqvrirep4; en fix; ^iBl^i^iBç^ le rpSi^uo^ d^ Yakûce :& tte Çfiffdogne pour l'arcKiduc Charles. Ils prirent Barcelone, par un hazard qui fut TefSet de laféméritç des.affîégeana. Les An^ais étaient fous les ordres d'^n des jSz Louis XIV. ^ des plus (iDguliers hommes, qu'ait jamiéi porté ce|pàïs fi fertile eh efprits fiers, courageux &* bizarres. Cétâit le comté de Péterborou^, homme qui reflëmbl^t en tout ^ ces ' héros, dont l'imagination des Efpagnols a rempli tant de livres. A quinze ans,il était parti de Londres pour dler fair la guerre aux Mores en Afri^ que. Il avait, à vingt-ans, commencé la révolution d*Atigleterre,J & s'était renâà le premier en HoUa'Dde auprès du prince d'Orange : mais de peur qu'on ne ibup- çonnk la raifon deltW ^i^e,^r ^'étaît embarqué |)our l'Amérique ; St de-là U était allé à la Haie fiir urivaiflèau Hollàn-; dais. Il donna tout fon bien plUé' d^^nd Ibis. U faifait alors la guérie en E^gne presque à fes dépens, & nourrlflait l'at^-' chiduc & toutes ù^ msàféà.^ C^ait lut, qui ailiégeait Barcelone avec le prince de * Darmftadt. Il lui pro^ofe d'fem* porter, l'épée à la rriâiii, -les rietreiiche- mens qui couvrent le fort Mdht- Joui 9t la ville. Ces retranchemens, où le prince de Darmftadt périt, font 'emportés l'épéc à la main. Une bombe crève dans le fort iur le magazin des poudres, & le fait fau- ;'■•-' ' ' '• ter: < j I * L'hiftdiit de Réboitlet appelle ee pi^tce chef àc% faftiçux, comme s^l eût. été un érpiagnid révolté contre Philippe V. é ter î le fort cft pris : la vUIc capitule. Le vice-roi parle à Féterbprot^ à la porte de ià ville. Lc^ articles n'étaieiit pas encor figneS) quand on entend tOMt à coup des cris^ de hurlemens. f^ous nous ira- bsjffkZf dit le vice-roi à Péterborough : nùus capkulçns avec bonne fou & voilà vos Anglais^ qui font entrés dans la ville parles remparts. Us égorgent % ils pil- kntj ta ils violent. ** Vous vous mé- ^' prenez, répondit my.lord Peterbo- ^' rough ; il faut que ce foit des troupes *' du prince de Darmftadt. Il n*y a qu'u^ ^f moien de fauver votre ville, c'eft de melaifler entrer fur le champ avec nîes Anglais : j*appaiferai tout, & je re;- *.* viendrai à la porte achever la capitu- ** lation." Il parlait d*un ton de vérité & de grandeur, qui joint au danger préfent, perfuada le gouverneur : on le laifià entrer. Il court avec fes oâkiers : il trouve des AUemans & ^ Cat^n)»,q\H fàccageaient les niaifons des principaux citoiens ; il les chaflë; il leur fait quitter Iç butin qu'ils enlevaient : il rencontre la ducheflè de Popoli entre les mains des foldats, prête à être déshonorée, il la rend à fon mari. Enfin, jEtiapt tout appai- fé, il retourne à cette porte, : et figne la, capitulation. Lf^s ËfpagnoU étaient; con- fon- ce ce ^84- Ï!iukce' avait ^s poUp' (k$ 'bartiàfë^ ifripitôiabksy^^eé qu*ik étaient fté^tî^ues. ; A la perte db Bardékme fè joignît en- cor rhumiliâtîôn de vouloir inutilMient la reprendre. Philippe V, qui aVait pour liii la plus grande. ^ÊUtie del'Ef- pagne, m'avait ni g)inéràux,:ii|i iA^ni- curS, ht prefque dé foldats. La France foùmiflait tout. Le comte de Touloufe revient bloquer le port, avec vingt cinq Tàiflèaux qui reftaient à la France. Le maréchal de Tefle forme le fîége, avét trente & un efcadrons & trente-fcpt ba- taillons. Mais la flote Anglaife arrive*: la Françaife ieretire : le Maréchal de1>f- fé levé le liège avec précipitation. Il laif- ^^ fe dans fon camp des provifions immen- /706 ^s : il fuit & abandonne quinze-cent blefl?3 à rhumanité du comte Péter- bé^ough^ 'toutes ces pertes étaient grah- dès :.ofi ne lavait, s*ii en avait plus coft* té auparavant à la France pour vaincre TEfpagne, qu'il lui en coûtait alors pour la fecourir. Toutefois le petit -fils de Louis XIV fe foûtenait, par TafFeâion de la na- tion CaftiMahë, qui met fon orgueil à é- tre fidèle, à^qùi perfîftait dans fon choix* Les Maires salaient bien en Italie. LoOîs XIV était vangé duduc deSavoie. Le duc de 12 Mai jusqIa 1706. 3S5 de Vendôme avait d'abord repoufle avec gloire le prince Eugène, à la journée de '^ Caflanoprés de TAdda: journée fanglan-^ . te, & Tune de ces batailles indéciiès pour ' ^* lefquelles en chante des deux côtés des H deum ; mais qui ne fervent qu*à la dé- ftruction des hommes, fans avancer les affaires d'aucun parti. Après la bataille de Caflfano, il avait gagné pleinement celle de Caflînato, en Tabfence du prince ^ Eugène •, & ce prince, étant arrivé le^vril lendemain de la bataille, avait vu encore 706, un détachement de ces troupes entière- ment défait. Enfin les alliés étaieltt obli- gés de . céder tout le terrain au duc de' Vendôme ^ 11 ne reftait plus guéres que Turin à prendre. On allait Tinveftir : il ne paraiffait pas poffible qu'on le fecourût. Le maréchal de Villars, vers T Allemagne, pouf&it le prince de Bade. Villeroi corn- «landait en Flandre une arnïce de q^atre- vingt-milk hommes v & il fo flattait' dcc réparer contre Marleborough, lemaffidir Ïu'il avait effuié en combattant le prince Eugène. Son trop de .confiance en fes^ propres lumières, fut plus que jamais fu- nefte^.à la France. Près de la. Méhaigne & versJes fources'de ia^etit^JGhetre, le maféchal de Villeroi avait cainpè foti i^- mée. Le centre était à Rami^lies village devenu auffi fameux qu'Hochftçt. R Vii^ 334 Louis XIV. Villeroî eût pu éviter la bataille. Les officiers généraux lui confeiJlaient ce pare- il I mais le défir aveugle de la gloire l'emporta. Il fit, à ce qu'on prétend, la cJifpofition, de manière qu'il n'y avait pas un homme d'expérience, qui ne prévît le mauvais fuccès. Des troupes de recrue, ni difciplinées, ni complettcs, étaient au. centre : il laifla les bagages entre les li- gnes de fon armée ; il pofta fa gauche^ derrière un marais, comme s'il eut vou- lu l'empêcher d'aller à l'ennemi. Marleborough qui remarquait toutes ces fautes, arrange fon armée pour en profiter. Il voit que la gauche de l'armée Jf rançaife ne peut aller attaquer fa droite : il dégarnit auffitôt cette droite, pcwr fon- dre vers Ramillies avec un nombre fu- périeur. Monfieur de Gaffion lieutenant- général^ qui voit ce movcment des enne- mis, cr4e au maréchal : " Vous êtes pcr- ,9 dui fi vous, ne chaînez votre ordre de ^ baJtaUle. Dégàvnïf^ votre gauche, n pour vous oppofèr à l'ennemi à nombre 9, égaK Faites ri^proeher vos lignes da- ^ vantage. Si vous tarctez un moment, ^ îl n-y a plus de rsfiburce;" Flufieur& officiers asf^tUtéreat tt -conieil iàlittnro. Lç maréchal tir les crut pas. Madebo^ j%>u^ attaque. Il avw: à faire à des enne- mis, rangés en bataille ccunme il les eût 3 voulu JUS^*A '1706. 587 voulu pôfter lui-même pour 1^ vaincre. Voilà ce que toute laFrance a dit -, & Thi- ftoire eft en partie,le récit des opinions des hommes : mais ne devait-on ms dire auflî, que les troupes des alliés étaient mieux difciplinées ; que leur confiance en leurs chefs & en leurs fuccès pafïes, leur infpi- rait plus d*audace ? n*^y eut- il pas des ré- gipiens. Français, qui firent mal leur de- voir ? & les bataillons les plus inébranla- bles au feu, ne font-ils pas la deftinée des états ? Tarmée Françaife ne refifta pas une demi-heure* On s'était battu près de huit heures à Hochftet, & on avait tué pre^ 4ç, huit-mille hommes aux vainque- Virs .; nfiais à la journée de Ramillies, on ne Içur en tua p^ deux-mille -cinq-cent: ce fut une déroute totale : les Français y perdirent vingt-mille hommes, &la glorie de la nation ; & Tefpérance de reprendre Tavant^e. La Bavière^ Cologne, avaient été perdues par U bataille d-'Hoch- ftet : toute la Flandre Ëfpagnole le fut pap celle de Ramillies. Marleboroygh en- tra viâorieux dansAnver^^dans Bruxelles: il firît Oftende : Menin fe risndit à hxi. Le ma^^chal de YilWpi, au dé&fpoir, n'o^ écrira au roi cettcf défaite. Il re|ta cinq jo^rs ians enyoier die cour^eris. En» iîn U écrivit 4a confiriuation de cetcç nouveUci ^ canfl;eraait déjà la ccm^ 4? R 2 France» 388 Louis XIV. France. Et quand il reparut devant le roi ; ce monarque, au lieu de lui fkiré des reproches, lui 'dit: Monfimrd'e maréchal^ en n*ejl pas heureux à notre âge. ' ' ■ Le roi tire auflîtôt le duc de Vendôme d- Italie, où il ne le croiait pas néceflarie; pour Tenvoièr en Flandre réparer, s'il eft pofiîble, ce malheur. Il efpcrait du raorns avec apparance de raifon, que la'prifc dd Turin le confolerâit de tant de pertes^. Le Le prince Eugène n'était pas à portée ae paraître, pour fecourir cette ville. Il était' au de-là de TAdige -, & ce fleuve, borde en deçà d'une longue diaîne. de retraW-» chemens, femblait tehdre le ^flagè ïïA^ pratitable. Cette grande ViHeëtIflt » affii égéc par quarante^fix ëïcadr6ns^& cehtf bataillons. Le duc de la Feuijlade, qui les cpm'4 mandait, était Thômme Je j)lus brillahrt & le plus amiable du roialime : i8c quoi- que gendre du jminiftre, il avait pour hxî la faveur publique. II était fils de ce nfia- réchal de la F^uillade, qui érigea la ftatuë , de X«ouis XIV dans la place des viftoirès. On voiaît en lui k tourne de fon père j là même ambitkmi'^lé iHêtne éèïàtf, avec plus d'el|i>rît. il' attetidatt, pour recom- penfe -dé la c^quête'^ Turin,'- le bâton ce maréchal ourg9 avec quel* que fecours dé la France. Loui8.XIV,qui dans fe^profpérités paf- lëes avait fait tant d'eâbn» pour le p^e^ en fk autant pout le Jls^ dans le tems nême de fes^ cevecsi Huit vaUIè^i^ de guerre» ftiKAme & dk bâtimens de tram^KMt, furent fmpitt^s à Dunkerque. Six mtlie honimea fiiittnt:embarqu^^^ ^Ma - comte de Gacé, depuis maréchal de Ma*-^^J| tignon. 4o8 Locis XIV. rignon, commandait les troupes. Le che- valier de Forbin-janfon, fun des plus grands hommes de mèr, cohduifaitla flo- te. La conjonfture paraiflait favorable*, il n'y avait en Ecoflè que trois-mille hom- mes de troupes réglées. L'Angleterre ét- ait dégarnie.. Ses foldats étaient occupés en Flandre fous le duc de Marleborough. Mais il fallait arriver •, les- Anglais avaient en mèr une flote de près de cinquante vaîfleaux de guerre. Cette enterprife fut entièrement femblable à celle que nous avonsVuë en 1744, en faveur du petit-fils de Jacques fecond. -Ellefut prévenue par les Anglais* Des contre-tems la défangé-f rerit. Lé miniftére de Londres eut même le tems de fair revenir douze bataillons de Flandre. On fe faifit dans Edimbourg des hommes les plus fufpeâs. Enfin le prétendant s'étant préfenté aux côtés d'- Ecoflè & n'aiant point vu les fignaux con- venus •, tout ce que put faire-' le cheva- lier de Forbin, ce fut de le ramener à^ Dunkerqùe. Il fauva la flote ; mais tout k fruit de Tenterprife fut perdu. Il n'y eut que Matignon, qui gagna à cette en- terprife. Aiânt ouvert les* ordres de la. cour en pleine mèr^ il y vît les provifions de maréchal de France ; récompeiïfe xie te qu'il voulut- & xie ce qu'il ne put /aire, = ' ' ;- Si JUStyj A 1709. 409 Si jamais il y eut une vifion abfurde, c'eil celle de quelques hiftoricns, qui ont prétendu que la reine Anne était d'intelli- gence avec fon frère. Il y a de rimbécil- lité à fuppofer, qu'elle invitât fon compé- titeur à la venir détrôner. On a conforda lestems. On a cru qu'ellelefavorifaitâlors, parce que depuis elle le regarda en fccret comme fon héritier. Mais qui peut jamais vouloir être chaffé par fon fuccefleur ? Tandis que les affaires de la France de^ venaient de jour en jour plus mauvaifts, le roi crut qu'en faifant paraître k duc de Bourgogne fon petit-fils à la tête des armées de Flandre, la préfence de Théri- tier préfomptif de la couronne ranimerait l'émulation, qui commerçait trop à fe perdre. «Ce prince d'un efprit ferme & intrépide, était pieux, jufte & philofo- phe. Il était fait pour commmdèr à dés fages. Elève de l'archévêqi.e de Cambrai, il aimait fes devoirs : il aimait les hom- mes ; il voulait les rendre heureux. In- ftruit dans l'art de la guerre, il regardait cet art pluftôt comme le fléau du genre humain- & comme une nécelTité mal- heureufe, que comme une fource de vé- ritable gloire. On oppofaœ prince phî- loïbphe au duc de Marleborough: 6n lui donna pour l'aider le duc de Vendô- me. Il arriva ce qu'on ne voit que trop S fou- 4ÏO Louis- XIV. fouvent : le grand capitaine ne fut pas allez écouté, Ôc le conleil du prince ba- lança fouvent; les raifons du général. Il fe forma deux partis : & dans Tarmée des alliés, il n'y en avait qu'un \ celui de la c^ufe commune. Le prince Eugène était alors fur le Rhin; mais toutes les fois qu'il fut avec Marleborough, il n'eurent ' jamais qu'un fentiment. Le duc de Bourgogne était fupérieur jen forces : la France, ijue l'Europe croiait épuifée, lui avait fourni une armée de près de cent-mille hommes ; & les alliés n'en avaieni: alors que quatre- vingt-mil- le. Il avait encor l'avantage des négocia- tions, dans un païs lî long-temsEfpagnoi, fatigué de garnifons HoUandaifes, & où beaucoup de citoiens penchaient pour -]?hilippe V. Des intelligences lui oûvri- ..rent les portes de Gand & d' Ypres. Mais l^s manœuvres de guerre firent évanouir le fruit des manœuvres de politique. La divifion, qui mettait de l'incertitude dans le confeil de guerre, fit que d'abord on marcha vers la Dendre, & que deu;x heures après on rebrouflk vers î'Efcaut, à Oudenarde. Aûifi on perdit du tems. ,Qn trouva le prince Eugène & Marlç- jfeorough qui n'en perdaient point, & qui • ^1 étaient unis. On fut mis en déroute vers 1708 Oudenarde. Ce n'était pas une grande ba- taille ; 'l • jusqu'à 1709. 411 taille ; mais ce fut une fatale retraite. Les fautes fe multiplièrent. Les régimens al- laient où ils pouvaient, fans recevoir aucun ordre. Il y eut même plus de quatre-mille hommes qui furent pri§ en chemin par Tarmée ennem*ie, à quelques milles du champ de bataille. L*armee découragée fe retira fans or- dre, fousGand, fous Tournai, fous Ypres, & laiffa tranquilement le prince Eugène, revenu du Rhin, aflîéger Lille avec une armée moins nombreufe. Mettre le fiége devant une ville aufli grande, auflî fortifiée que Lille, fans être maître de Gand, fans pouvoir tirer fes convois que. d*Oftende, fans les pouvoir conduire que par une chaufîee étroite a£ii hazard d'être à tout moment furpris ; c*^ ce que TEurope appel la une aftion téméraire, inais que la méfintelligence & Pefprit d'incertitude, que régnaient d^i^ l'armée Françaife, rendirent excufa- ble. C'eft enfin ce que le fuccès juftifia. . Leurs grands convois, qui pouv^ent être enleyés, ne le furent point. Les troupes qui les efcortaient, & qui devaient être battues par un nombre fupérieur, furent viâx)rieufes. L*armée du duc de Bourgo- gne, qui pouvait attaquer les retranchie- mens de l*armée ennemie encor impar- S 2 faits. 412 Louis XIV. faits, ne les attaqua pas. Lille fut prilè, afu grand étonnement de toute l'Europe^ qui icroiait le duc de Bourgogne plus en état d'affiégèr Eugène & Marleborough, que ces généraux en état d'afliége^ Lille. Le maréchal de Bouflers la défendit pendant près de quatre mois. Les halxtans s'accoutumèrent tellement au fracas du canon, & à toutes les hor- reurs qui fuivent un fiége, - qu'on don- nait dans la ville cks fpe<5lacles auffi fré- quentés qu'en tems de paix ; & qu'une %ombe, qui tomba près de la fale de la comédie, n'interrompit point le fpe- âacle. Le maréchal de Bouflers avait mis fi 45on ordre à tout, que les ha*bitans de cette grande ville étaient tranquiles -fur la foi de fes fatigues. Sa défenfe lui mé- rita l'eftime des ennemis, les cœurs des citoiens, & les récompenfes du roi, * Les hiftoriens^ ou pluftôt les écrivains de Hol- lande, qui ont afFefté de la blâmer, au- raient dû fe fouvenir, que -quand on con- tredit * Telle eïl Thiftoire qu'un libraire, nommé Van- duren, fit écrire par le jéfuite Ja Motte réfugié en Hollande fous le ncm de la Hode, continuée par ia Martiniére, le tout fur les prétendus mémoires d'un» comte de ... • fecrélaire d'état. jus^'a J7031 4.; 5. redit la voix .publique, il failt avoir été témoin & témoin éclairé, ou prouver ce qu'on avance. . 'Cependant Tarmée, qui avait regardé faire le fiége de Lille, fe fondait peu à. peu; elle laifla prendre enfuite.Gand, Bruges, & tous fes polies Tun aprC^s Tau- . tre. Peu de campagnes furent au ffî fata- les. Les officiers, attachés au duc de Ven- dôme, reprochaient toutes ces fautes au confeil du duc de Bourgogne -, & cecon- feil, rejettait tout fur le, duc de Vendôme. Les efprits s'aigriffaieht par le malheur. Un courtifan du: duc de Bourgogne dit. un jour au duc de Vendôme : voilà ce que c^0^ que de rC aller jamais à la mejfe ; aujft vous voiez quelles font^ nos difgraçes. ^' Croiez vous, lui réponditJeducdeVen- 'f dôme, que Marleborough y aille plus " fouventque moi ?" Les fuccès rapides des alliés enflaient le cœur de l'empereur Jofeph. Defpotique dans l'empire, maître de Landau, il voiait le chemin de Paris prefque ouvert par la prife de Lille. Déjà même un parti Hollandais avait eu la har- dieflfe de pénétrer de Courtrai jufqu'à Ver- failles, & avait, fous les fenêtres du. châ- teau, enlevé le premier écuier du roi, oroiant fe faifir de la perfonne duDauphin, péredu ducdeBourgogne. La terreur était, dans Paris. L'enipereur àyait autant d'ef-^, I . ^ 'i pérancc 414 Louis XIV. péraûce au moins d'établir' foïi frère Charles en Efpagne, que Louis XIV. d'y conferver fon petit-fils. Déjà cette fucceflîon, que les Efpa- gnols avaient voulu rendre indivifible', était partagée entre trois têtes. L'empe- reur av^it pris pour lui la Lombardie & le roiaume de Naples. Charles fon frère avait encor la Catalogne & une partie de r Aragon, L'empereur força alors le pape ClémentXL à reconnaître l'archiduc pour roi d'Efpagne. Ce pape, dont on difait qu'il relïèmblait à faint-pieite, parce qu'il affirmait, niait, le repentait & pieu- rait> avait toujours recoftnu Philippe V. à l'exemple de fon prédéceflfeuf ; & il était attaché à la maifon de Bourbon. L'empereur l'en punit -, en déclarant dé- pendais de l'empire, beaucoup de fiéft qui relevaient jufqu'alors de papes, & furtout Panne & Plaifance ^ en ravageal>t quelques terrés ecclcfiaftiques ; en fe faififlant de la ville de Comacchio. Autre- fois un pape eût eîtcommunié tout em- pereur, qui lui aurait difputé' le droit le plus le^er •, & cette excommunication eût fait tomber l'empereur du trône. Mais la puiflance des clez étant réduite 2AÏ point où elle doit Tétre, Clén}ent XI. animé par la France, avait ofé un moment fc kfvit dé k puiflance du Glaive. Il ar- -> ma jusqu'à 1709, 4i5< ma & s'ten repentit: bientôt. Il vit que les Romains, fous un gouvernement tout lacerdota], n'étaient pas faits pour mâ- - rtier Tépée. Il défarma ; il laiffa Cornac- chic en dépôt à l'empereur -, il confentit à écrirô à l'archiduc, à noire très cher fils roi catholique en Efpagne. Une flote An- glaife dans laMéditerrannéfe, &les troupes Allemandes fur fes terres, le forcérenf bientôt d^écrire, à notre très cher fils Char- tes roi des Efpagnes. Ce fufFrage du pape, qui n'était rien dans l'empire d'Allema- gne, pouvait quelque chofe fur le peu- ple Efpagnol, à qui on avait fait accroi* re, que l'archiduc était indigne de ré- gner, parce qu'il était protégé par des hérétiqiies qui s'étaient emparés de Gi- braltar. Reliait à la monarchie Efpagnole, au de-là du continent, l'île de Sardaighe avec celle de Sicile. Une flote Anglaife Août, donna la Sardaigne à l'empereur \ car les '/^^ Anglais voulaient que l'archiduc n'eût que l'Efpagne. Leurs armes faifaient alors les traités de partage. Ils réfervérent la con- quête de la Sicile pour un autre tems, & aimèrent mieux emploier leurs vaifleaux ' à chercher fur les mers les galions de l'Amérique, dont ils prirent quelques uns, qu'à donner à l'empereur de nouvelles terres. S 4 La i 41 6 Louis XIV. La France était aufli humiliée que Ro-^ me &ç plus en danger : les relfources s'épuifaient -, le crédit était anéanti -, les peuples, qui avaient idolâtré leur roi d^ns fes profpérités, murmuraient con- tre Louis XIV. malheureux. - Des partifans, i qui le miniftére avait vendu la natipn pour quelque argent comptant dans fes befoins preflans, s'en graillaient du, malheur public, & inful- taient à ce malheur par leur luxe. Ce^ qu'ils avaient prêté était diffipé. Sans Tin-, duftrie hardie de quelques négocians, & furtout de ceu;x de Saint-Malo, qyi allé- lient î^u Pérou, & rapportèrent trente ^il- ' lions dont ils prétéreiït la* moitié à l'état, ^ Louis XIV. n'aurait pas eu dequoî païer les troupes. La guerre avait ruiné l'état : & des marchands le fauvérent: II en fut de même en Efpagne. Les galions, qui ne , furent pas pris par les Anglais, feryirent à défendre Philippe. Mais cette refl9urce . de quelqyes mois ne rendait par les re- crues dç foldatsplus faciles. Chamillard, élevé au miniftére des finances êc de la guerre, remit le dernier entre les mains de monfieur Voifm, depuis charicelier, qui avait été intendant de frontière. Les armées n'en furent gucres mieux pour- •Fiv. vuHs, ni plus encouragées. Le même Cha- «708 jjji'iard aiant enfoite renoncé aux finan- ces. jusqu'à 1709. 417 ces, * fon fucceflèur Des-marêts ne pou- vait rétablir un crédit anéanti. Le cruel hiver de 1 709 acheva de défefpérer la nation. Les oliviers, qui font une grande reflburce dans le midi de la France, pé- rirent. Prefque tous les arbres fruitiers gelèrent. Il n'y eut point d'efpérance de récolte. On. avait très peu de magafins. Les grains, qu'on pouvait faire venir à grands frais des échelles du Levant & de l'Afrique, pouvaient être pris par les flo- tes ennemies, ausquelles on n'avait pres- que plus de vaifïèaux de guerre à oppo- fer. Le fléau de cet hiver cruel était gé- néral dans TEurope : mais les ennemis avaient plu? de reflburces. Les Hollan- ^ dais fur tout, qui ont été fi long-tems les fafteurs des nations, avaient aflez de magafins pour mettre les arihées florif- fantes des alliés dans l'abondance ; tan- dis que les troupes de France, diminuées & découragées, femblaient devoir périr • cîe mifére. ' ' S 5 Louis * L'hiftoîre de rexjéfoite la Motte, rédigée par b Martiniére, dit que monfieur de Cham illard fut déftitué du miniftcrc de^ finances en 1 703 ; & que la voix publique y appella le maréchal d 'par- court. Les fautes de cet hldorien font fans nom» bre. ^ 4^8 Louis XIV. Louis XlV^qiii avait déjà fait quelques avances pour la paix^ fe détermina, dans ces circonftances funeiles, a envoiêr à la Haie fon principal miniftre, le marquis de Torci-colbert,anîfté du préfidentRouillé. La démarche était humiliante. Ils virent d'abord à Anvers deux bourgueméftres d'Amfterdam, l'uh nommé Buis, l'autre Venderduffèn, qui parlèrent en vain- queurs, & qui rendirent aux miniftres du plus fier de tous lés rois, toutes les hau- teurs dont ils avaiçnt été accables eh 1672. Les Etats Généraux n^avaient plus de ftathouder depuis là mort du roi Guil- lauhie -, les maêiftrats Hollandais, qui apjpellaient déjà leurs familles les familles patriciennes^ étaient autant dé rois. Les quatre commiffairés Hollandais, députés à rai-mée> traitaient avec fierté trente p|-ïnces d'Allemagne à leur folde. §ifon fajfe venîr Holjieiny difàieht-îls : qu*m dife à Hejfe de nous venir parler. Ainli s*éxpli- cjjûaîént des marchands» qui dans la fîm- plicité de leurs vétemens & dans la fru- galité de leurs repas, fe plaifaient à écraser à la fois Torgueil Allemand qui étûit à leurs gages, & la fierté d'un grand roi autrefois leur vainqueur. Ils étaient bien loin de s'en tenir à faire voir aux hommes, par ces démonftrations de lu- 2 pc- r.' : i ! t I jusc^u'a 1709. 419 périorité, qu'il n'y a de vraie grandeur que la puiflance : ils voulaient, que leur état eût en fouveraineté dix villes en Flandre, entre autres, Lille qui était en- tre leurs mains, & Tournai qui n'y était pas encore. Ainfi les Hollandais ^réten- daient retirer le fruit de la guerre, non feulement aux dépens de la France, mais encor aux dépens de TAûtriche, pour la- quelle ils combattaient ; comme Venife avait autrefois augmenté fon territoire des terres de tous fes voifins. L'efprit républicain eft au fond auffi ambitieux que Tefprit monarchique. Il y parut bien quelques mois après : car, lorsque ce fantôme de négociation fut évanoui-, lorsque les armes des alliés eurent encor de nouveaux avantages, le 'duc de Marleborough, plus maître alors que fa fouveraine en Angleterre & gagné par la Hollande, fit conclure avec les Etats Généraux en 1 709^ un traité^, par lequel ils reftcraient maîtres de toutes les vilfes frontières qu'on prendrait fur la France, auraient gamifon dans vingt places de la Flandre aux dépens du pab, .dans Htii, dans Liège & dans Bonne, & auraient tn toute fouveraineté la Imivte^ GueMrc. ïls feraient devenus en effet fouverains des dix-fept provinces des PaïVBas^ ïh atnraient dominé dansLiegé S 6 & 420 Louis XIV. & dans Cologne. C'eft ainfi qu*ils vou- laient s'aggraadir fur les ruines même de leurs alliés. Ils nourrilTaient déjà ces pro- jets élevés, quand le principal miniftre de France vint leur demander la paix. Il ne faut pas ttre furpris, s'il fut reçu avec dédain. De ces préliminaires d'abaiflement, le miniftre de Louis XIV alla à la Haie re- cevoir, au nom de fon maître, le combla de l'outrage. Il y vit le prince Eugène, k duc de Marleborough, & le penfion- naire Heinfius. Tous trois voulaient la continuation de la guerre. Le prince y trouvait fa grandeur & fa vangeance ; le fçcond, fa gloire & une fortune immenfe> qu'il aimait également -, le troifiéme> gouverné par les deux autres, fe regar- dait comme un Spartiate, qui abaiffaitun roi de Perfe. Ils propoférent, non pas^ une paix, mais une trêve ; & pendant cette trêve, une fatisfaélion entière pour tous leurs alliés, & aucune pour les alliés du roi ; à condition que le roi fe joindrait à eux pour chafTer d'Efpagne fon propre petit-fils dans Tefpace de deux mois, & que pour fureté il commencerait par céder à jamais dix villes aux Hollandais dans la Flandre, par rendre Strafbourg Mai & Brifac, & par renoncer à la fouve- i7ooraineté de TAlface. Louis XIV ne setait 22 jusc^'a 1709. 421 s'était pas attendu, quand il refufait au- trefois une compagnie de cavalerie au prince Eugène, quand Churchil n'était pas encor colonel en Angleterre, & qu'à peine le nom de Heinfius lui était connu, qu'un jour ces trois hommes lui impo- feraient de pareilles loix. Le marquis de Torci repartit fans avoir même négocié, & rapporta au roi les ordres de fes enne- mis. Louis XIV fit alors ce qu'il n'avait jamais fait avec fesfujets. Il fejuftifia de- vant eux ; il adrefTa une lettre circulaire, par laquelle, en rendant compte à fes peuples du fardeau qu'il était obligé de leur faire encor foûtenir, il excitait leur indignation, leur honneur, & même leur pitié. Les politiques dirent, que Torci n'était allé s'humilier à la Haie, que pour mettre les ennemis dans leurtort,pour juf- tifier Louis XIV aux yeux de l'Europe, & pour animer les Français parune jufte ref- fentiment ; mais le fait eft, qu'il n'y était allé que pour demander la paix. On laifla même encor quelques jours le préfîdent Rouillé à la Haie, pour tâcher d'obtenir des conditions moins accablantes; & pour toute réponfe,les états ordonnèrent âRou- illé de partir dans vingt-quatre heures. Louis XIV, à qui l'on rapporta des re- ponfes fi dures, dit à Rouillé : Puisqu'il faut faire la guerre^ faime mieux la faire à mes 422 Louis XIV. mes ennemis qu^à mes enfans. Il fe prépara donc à tenter encor la fortune en JB'landre. La famine, qui défolait les campagnes, fut une reffource pour la guerre. Ceux qui manquaient de pain,' fe firent foldats. Beaucoup de terres reftérent en friche ; mais on eut une armée. Le maréchal de Villars, qu'on avait envoie commander Tannée précédente en Savoie quelques troupes dont il avait réveillé TardeUr, & qui avait eu quelques petits fuccès, fut rappelle en Flandre, comme celui en qui rétat mettai^fon efpérance. Déjà Marleborough avait pris Tournai, dont Eugène avait couvert le fiége. Déjà ces deux généraux marchaient pour in- vertir Mons, Le maréchal de Villars s'avança pour les empêcher. Il avait avec lui le maréchal deBouflers, fon ancien,qui avait demandé à fervir fous lui. Bouflers, aimait véritablement le roi & la patrie. Il prouva en cette occafion(ma!gréla max- ime d'un homme de beaucoup d'efprit) que dans un état monarchique, & furtout fous un Tx)n maître, il y a des vertus. Il y en a fans doute tout autant que dans les républiques, avec moins d'enthoufîafme peut-être, mais aVecplus de ce qu'on ap- pelle honneur. Dès qùclès ÏFrançàis' s'avancèrent pour »'op- r jus(yr'A 1709. 423 s*oppofèr à rinveftifîement de Mons, les alliés vinrent les attaquer près des bois de blangiès & du village de Malplaquet. Les deux armées étaient chacune d'envi- ron quatre-vingt-millecombattans ; mais celle des alliés était fupérieure de quaran- te-deux bataillons. Les Français traînai- entaveceux quatre-vingcpiécesdecanon ; les alliés cent-quarante. Le duc de Mar- leborough commandait Taîle droite, où étaient les Anglais & les troupes Alleman- des à la folde d* Angleterre : le prince Eu- gène était au centre: Tilli & un comte de NafTau, a la gauche avec les Hollandais-, Le maréchal de Villars prit pour lui la , , gauche, & laifTa la droite au maréchal de Sept. Bouflers. Il avait retranché fon armée à > 7^9 la hâte,manœvre probablement convena- ble à des troupes inférieures en nombre, loYigtems maîheureufes, dont la moitié était compofèe de nouvelles recrues, & convenable ehcor à la fituation de la Frahce,qu*unedéfaite entière eût mile aux dçmiers abois. Quelques hiftoriens ont blâmé le -général dans Ta difpofition ; // devait^ difaient-ils, pajifèr une large trouée , au lieu de la laUfer devant iui. Ceux, qui de leur cabinet jugent ainli ce qui fe paiïe fur un champ de bataille, ne ïont-îïs pas trop habile/? c>*-v<^ n3^r3?^v^<^jây*£*?'/t/- Tout ce que je fai, c'eft ce que le ma- re- f 424 Louis XIV. réchal dit lui-même, que les foldats, qu i ^ aiant manqué de pain un jour entier ve- ' naient de le recevoir, en jettérent une partie pour courir plus légèrement au combat. Il y a eu depuis plufieursfiécles peu de batailles plus difputées & plus longues ; aucune plus meurtrière. Je ne dirai autre chofe de cette bataille, que ce qui fut avoué de tout le monde. La gau - che des ennemis, où combattaient les Hollandais, fut prefque toute détruite & même pourfuivie la baïonnette au bout du fufil. Marleborough à la droite, fai- fait^foûtenait les plus grands efforts. Le ' maréchal de Villars dégarnit un peu fon centre, pour s*oppofer à Marleborough ; & alors même ce centre fut attaqué. Les retranchemens, qui le couvraient, furent emportés. Le régiment des gardes, qui les défendait, ne rcfiftapas. Le maréchal, en accourant de fa gauche à fon centre, fut bleflè, & la bataille fut perdue. Le champ était jonché de près de trente.- mille morts ou mourans. On marchait fur les cadavres entafles furtout au quartier des Hollandais. La France ne perdit gucres plus de huit- mille hommes dans cette journée. Ses en- nemis en laiflerent environ vingt & un ' mille tués ou blefles. Mais le centre étant force» ' jusqu'à 1709. 425 forcé, les deux ailes coupées 5 ceux, qui avaient fait le plus grand carnage, furent les vaincus. Le maréchal de Bouflers * fît la retrai- te en bon ordre, aidé du prince de Tin-^ gri-montmorenci, depuis maréchal de Luxembourg, héritier de doïiher - quatre places en otage ; de rendre Straf- bourg oc Brifac ; de renoncer à la Sou- veraineté de P Alface, & de »*çp garder que la préfefture ; de rafer toutes ces places depuis Baie jufqu'à Philipfbourg ^ de combler le port, fi longtems redouta- ble, de Dunkerque, & d'en rafer les fortifications ; de laiffir aux Etats Gé- néraux Lille, Tournai, Ypres, Menin, Furnes, Condé, Maubeuge. Vpilà, en partie, les points qui devaient fervir de fondemens à la paix qu'il implo- rait. Les alliés voulurent encor avoir le triomphe de difcuter les foumiflions de Louis XIV. On permit à fes^plénipoten- .. _- tiaires :\ .JUSQUA 171 X. V429 tiaîrés de venir, au commencement de 17 10, porter dans la petite ville de Ger- trudenberg, les prières de ce monarque. ;J1 choifit le maréchal d* Uxelles, homme froid, taciturne, d'un efprit plus fage qu'élevé & hardi ; & l'abbé, depuis car- dinal de Polignac, l'un des plus beaux ^fprits & des plus éloquens de fon fiéclc, qui impofait par fa figure & par fes gra- .ces. L'efprit, la fagelîè, l'éloquence, ne font rien dans les miniftres, lorfque le prince n'eft pas heureux. Ge font les vic- Jtoires qui^ font les traités. Les ambafTa- ■ deurs de Louis XIV furent pluftôt confi- nésqu'admfs àGertrudenberg. Les dépu- - tés venaient entçndre * leurs offres & les rapportaient' à la f^aicjau prince Eugène, au duo de Markborough, , au comte de Zjnzendoff 4^ ambafiadeur l'empereur ; * & ces offres étaient toujours reçues avec mépris. Onleùr Inlukait par des libelles ' outragefaits,' toui comj)ofé$ par des réfu- giés Français devenus plus ennemis de tla gloire de Louis XIV, que Marlebo- rough & Eugène. L'es ptértipotentiairds de France pouflc- Tent l'hutniliation julqu'à jjrom.ettre que •te roi dônrtêrait de l'argent pouf détrô- 'âeî* Philippe V, & ne firent point écou- r'tés. On^Ki'gea'queLouisXIV, pôurpre- iiminaîréSji s'engageât feul à chaffer d'Ef- 43P Louis XIV. pagiie fon petit-fils dans deux mois par la voie des armes. Cette inhumanité ab- furde, beaucoup plus outrageante qu'un refus, était infpirée par de nouveaux iuccès. . Tandis que les alliés parlaient ainfî en maîtres irrités contrç la grandeur & la fierté de Louis XIV, ils prenaient la ville de Dodiai. Ils s'emparèrent bientôt après de Béthunç, d*Aire, de S^nt-veoant; & le lof d St^rs propofa d'envoier des par- tis jufqu'à Paris, Prefque dans le même tema, Tanmce de Tarchiduc commandée par Gui de Sta- remberg, le gésiéral Allemand qUi avait le plus de réputation après k prince Eu- gène, remporta prè& cte-S^ragoflfe une ^^?j viftçire compktter fur l'anmée en qui le 17x0 parti de Philippe V* asrmt^k fon eJ^- rance, & à la.tête de laquelle é^m kmtr- qi^isideBay, génécal m^i«Jiw«ix;. Qn.fç- marqua encore, ^je k^ deiu? ptinoçft ^i fe dHput^em 'l%ip%sn§^ jÔç qui ém^t l'un & l'autre à portée d^ k^r wnlf» ne fe trouvèrent pas à cette bataiile. Pe tous les princes, pomt qui on tsomb^tait en Europe, il n^y a,vait ftiorsq^e le.^iic de Savoie qui fît h guerre, par Îyl-Qa4n9f . -Il était triftei qju'il n*âcqiiî$ cçttç gloîfc qtt'en comb^ttaçtt cCHrtçp fes ckii» ft^ks, -dQnt il vQttl^M: dQJxôn«r l'vieç: gîwr *çq«^- rir i JUSQU A I7II. 431 rir en Lombardie un peu de terrain, fur lequel Tempereur Jofeph lui fai- fait déjà des difficultiés, & dont on l'aurait dépouillé à la première occa^- fion. Cet empereur était heureux par-tout, & n'était nulle-part modéré dans fon bonheur. Il démembrait de fa feule au- torité la Bavière ; il en donnait les fiefs à fes parons & à fes créatures. Il dépou- illait le jeune duc de la Mirandole en Ita- lie ; & les princes de l'Empire lui entre- tenaient une armée vers le Rhin, fans penfer qu'ils travaillaient à cimenter uji pouvoir qu'ik cr^^ignaient : t^nt était en- cor dominante dans les efprits, la vieiUe haine contre le nom de Louis XIV, qyi femblait le premier des intérêts. La for- tune de Jofeph le fit encor triompher des mécontens de Hongrie. La France avait fufcité contre lui le prince Ragotfki, ar- mé pour fes pr^tenfions 6^ pour celles de fon païs. Ragotfki fut battu -, fes vil- les prifesj fon parti ruiné. Aînfi Louis XIV était également malheureux au-de- hors, au-dedans, fur mèr & fur terre, dans les négociations publiques, & dans les intrigues fecrettes. Toute l'Europe croiaît alors, que l'ar- chiduc Charles frère de l'heureux Jofeph, régnerait fans concurrent en Efpagne. l'Eu- 43 2 Louis XIV. L'Europe était menacée d'une puiflance plus terrible que celle de Charles-quint j & c'était l'Angleterre longtems ennemie de la branche d'Aûtriche-Efpagnole, & la Hollande fon efclave révoltée, qui s'é- puifaient pour l'établir. 'Philippe V, ré- lugié à Madrid, en fortit encor, & fe retira à Valladolid ; tandis que l'archiduc ' Charles fit fon entrée en vainqueur dans la capitale. Le' roi de France ne pouvait plus fe- courir fon petit-fils •, il avait été obligé de faire en partie ce que fes ennemis ex- igeaient à Gertrudenberg ; d'abandonner iacaufede Philippe, en faifant revenir, pour fa propre défenfe, quelques trotipes demeurées en Efpagne. Lui-même à peine pouvait réfifter vers la Savoie, vers le Rhin, & fur-tout en Flan- dre, où fe portaient les plus grands coups. L'Efpagne était encor bien plus à plairi- dre que la France. Prefque toutes fes pro- vinces avaient été ravagées paf leurs en- nemis & par leurs dcfenfeurs. Elle était attaquc'e par le Portugal. Son cômhierce pjrifiliit'. La difettec tait générale: Mais cette difette . fut plus funefte aux vain- queurs qu'aux vaiiicus, parce auè dans . i]ne grande t tendue de païs 1 afFeftiôn des peuples refu'lait tout aux Autri- chiens, i jusqu'à lyiu 43S cKienSf & donnait tout à Philippe. Ce monarque n'avait plus, ni troupes, ni générai de la part de la France. Le duc d'Orléans, par qui s'était un peu rétablie ù, fortune chancelante, loin de conti- nuer de commander fe^ armées, était de- venu fon ennemi. Il eft certain, que mal- gré l'afFedion de la ville de Madrid pour Philippe, malgré la fidélité de beaucoup de grands & de toute la Caftille, il y a- yait contre lui un grand parti en Efpa- Ëne. Tous les Catalans, nation belliqueu- :. & opiniâtre, tenaient obftinément pour fon concurrent. La moitié de T Ara- gon était auflî gagnée. Une partie des peu- ples attendait alors l'événement : une au -. tre haïflait plus l'archiduc, qu'elle n'ai- mait Philippe. Le duc d'Orléans, du hié- me nom de Philippe, mécontent d'ail- leu/s. des miniftrcs Efpagnols, & pluf iBçcontent de la princeflè des Uriîns gui gouvernait, crut entrevoir qu'U pouvait gagner pour lui le païs qu'il était venu défendre i & lorfque Louis XIV a- yait propofé lui-même d'abandonner fon petit -fils, & qu'on parlait déjà en Efpa- gne d'une abdication, le duc d'Orléans îe crut digne de remplir la place, que Philippe V femblait devoir quitter. Il a- vait à cette place des droits, que le te- £k;imeat du ieu roi d'£lpagne avait né- T gli. 434 Louis XIV. gligésj & que fon père avait maintenus par une proteftation. Il fit par fes agens une ligue avec quel- cù la penfee -de lui fuccéder. La France cria contre le duc de Orléans. Monfeigneur, père de Philippe V opina dans le con*- feil, qy'on fît le procès à celui qu'il re^ ^rdait comme coupable : mais le roi aî4 ma mkux enfeveKr îàans le iîlcnce uh projet informe & excufable, que de ]pù* ■fiir fon neveu dans le tems qu'il voiait fon petit-fils toucher à fa ruine. Eiïfin, vew k tems de h bataille de Sar^ jusqu'à lyiu 4.^$ Saragpflè, le confeil du roi d'Efpagne & là plufpart des grands, voiant qu'ils n'a- vaient aucun capitaine à oppofèr à Sta- remberg qu'on regardait comme un au- tre Eugène, écrivirent en corps à Louis XIV, pour lui demander le duc de Ven- dôme. Ce prince, retiré dans Anet, par- tit alors ; & fa préfence valut une armée. La grande réputation qu'il s'était faite en Italie, & que la malheureufe campagne de Lille n'avait pu lui faire perdre, frap- pait les Efpagnols. Sa popularité, la libé- ralité qui allait juiqu'à la profufion, fa franchife, fon amour pour les foldats, lui gagnaient les cœurs. Dès qu'il mk les pieds en Efpagne, il lui arriva ce qui é- tait arrivé autrefois à Bertrand du Guef- çlin. Son nom feul attira une foule de volontaires. Il n'avait point d'argent ; les communautés des villes, des villages & des religieux, en donnèrent; Un efprit d'enthoulîafme faifit la nation. Les débris delà bataille de Saragoflèfe rejoignirent Août, fous lui à Valladojid. Tout s'emprefla à^ij^^ fournir des recrues. LcducdeVendômé^ fans laifler ralentir un moment cette nouvelle ardeur, pourfuit les vainqueurs, ramène le roi à Madrid, oblige l'enne-; mi de fe retirer vers le Portugal, le luit, paffe le Tage à la n^ç, fiiit prifonnier 9 oansJBrihuega Stanhope avec cinq-mille ^^' T ^ Anglaisi *7«*^ 436 Louis XIV. Anglais, atteind le général Staremberg, & le lendemain lui livre la bataille de Yillaviciofa. Philippe V, quin'avait point cncor combattu avec fes autres géné- raux, animé de Tefprit du duc de Ven- dôme, fe met à la tête de Taîle droite. Le général prend la gauche. Il remporte une viftoire entière, de forte qu'en qua- tre mois de tems, ce prince, qui était arrivé quand tout était défefpéré, réta- blit tout, & affermit pout* jamais la cou- ronne d'Efpagne fur la tête de Philippe. Tandis que cette révolution éclatante étonnait les alliés, une autre plus fourde & non moins décifîve fe préparait en Angleterre. Sara Jennings, duchefle de Marleborough, gouvernait la reine An- ne 5 & le duc gouvernait Tétat. Il avait en fes main3 les finances, par le grand tréforier Godolphin, beaupére d'une de fes filles. Sunderland fecretaire d'état, ion gendre, lui foûmettait k cabinet. Toute la maifon de la reine, où com- ijiandait fo femme, était à fes ordres. Il était nuître dç Tamiée, dont il donnait tous lesemplois. Si deux partis, le^Whigs '& les Torîs, divifkicnt T Angleterre j les Whigs, à la tête defquels il était, fai- laienttout pour fa grandeur; & les Torîs avaient été forcés à Tadmirèr & à fe IBire. U n'eft pas. indigne de Thiftoire, d ajou- jusqu'à 1711. 437 d'ajouter que le duc & la ducheflè étaient les plus belles perfonnes de leur tems : & que cet avantage féduit encor la mul- titude, quand il eft joint aux dignités & à la gloire. Il avait plus de crédit à la Haie que le , grand penûonnaire j & il influait beau- coup en Allemagne. Négociateur & gé- néral toujours heureux ; nul particulier n'eut jamais une puilTance & une gloire fi étendues. Il pouvait encor affermir fon pouvoir par fes richefles immenfes, ac- quifes dans le commandement. J'ai en- tendu dire à fa veuve, qu'après les par- tages faits à quatre enfans, il lui reliait fans aucune grâce de la cour, foixante & dix-mille pièces de revenu, qui font environ quinze-cent-mille livres de no* tre monnoie d'aujourd'hui. S'il n'avait pas eu autant d'œconomie que de gran- deur, il pouvait fe faire un parti, que la reine Anne n'aurait pu détruire ; & fi fa femme avait eu plus de complaifance, jamais la reine n'eût brife fes liens. Mais Je duc ne put jamais triompher de foti goût pour les richefles, ni la ducheflè de fon humeur. La reine l'avait aimée avec une tendrefle, qui allait jufqu'à la foû- miflîon & à l'abandonnement de toute volonté. Dans de pareilles liaifons, c'eft d'ordinaire du côté des fouverains que T ^ vient 438 Louis XIV. vieat le dégoût. Le caprice, la hauteur, Tabus, de la fupériorité-, ce font eux qui font fentir le joug, & c'était la duchef- fe de Marleborough qui Tappefantiflait, Il fallait une favorite à la reine Anne j elle fe tourna du côté dé myladi Mafham, fa dame d'atour. Les jaloufies de la du- chefle éclatèrent. Quelques paires de gands d'une façon finguliére qu'elle re- fufa à la reine, une jatte d'eau qu'elle laifla tomber en fa préfence par une méprife afFeélée fur.la robe de madame Mafham, changèrent la face de l'Europe. Les efprits s'aigrirent. Le frère de la nou- velle favorite demanda au duc un régi- ment ; le duc fe refufa, & la reine le don- na. Les Toris faifirent cette conjondlure, pour tirer la reine de cet efclavage do- meflique, pour abaifîer la puifTance du duc de Marleborough, changer le mini- ftére, faire la paix, & rappeller, s'il fe pouvait, la maifon de Stuart fur le trô- ne d'Angleterre, Si le caraftére de la du- chefTc eût pu admettre quelque fouplef- fe, elle eût régné encore. La reine & el- le étaient dans l'habitude de s'écrire tous les jours fous des noms empruntés. Ce myftére & cette familiarité laiflaient toujours la voie ouverte à la réconcilia- tion ; mais la ducheiîè n'emploia cette reffource, que pour tout gâter. Elle é- crivit jusqu'à lyii. 439 trivit impérieufement. Elle difait dans fa lettre : rendez-moljujlke^ ^ ne me fai- tes point de réponfe. Elle s*en repentit en- fuite : elle vint demander pardon -, elle pleura : & la reine ne lui répondit autre chofe, finon \ Vous in' avez ordonné de ne vous point répondre^ ^ je ne vous répondrai pas. Alors la rupture fut fans retour. La duchefTe ne parut plus à la cour \ & quel- que tems après, on commença par ôter le miniftére au gendre de Marleborough Sunderland, pour dépofïcdèr enfuite Godolphin, & le duc lui-même. Dans .d'aijitres états, cela s'appelle une dif- .graçe: en Angkterre, c'eft udejévolu- tioQ dans le^ affaires \ & la révolution était encor tr^s difficile à opérer. Les Toris, maîtres alors de la reine, ne Té- taient pas du roiaume. Us furent obligés d'avoir recours à la religion. Il n'y en a guéres aujourd'hui dans le Grande- Bretagne, que le peu qu'il en faut pour diftinguer les faftions. Les Whigs pen- chaient pour le prefbitérianifme. C'était la fadtion qui avait détrôné Jacques fé- cond, perfécuté Charles deux & immolé Charles premier. Les Toris étaient pour les épifcopaux, quifavorifaient.lamaifon de Stuart, & qui voulaient établir l'obéif- fence paffive envers les rois, parce que les évêques en efpéraient plus d'obéiffan- T 4 ce 440 Leurs XIV. ce pour eux-mêmes. Il excitèrent Dit prédicateur à prêcher dans la cathédrale de Saint-Paul cette doftrine, & à défî- gner d'une manière odieufe Tadmini- ftration de Marleborougb, & le parti qui avait donné la couronne au roi Guillau- me. Mais la reine, qui favorifait ce prê- tre, ne fut pas afïèz puiflànte pour em- pêcher, qu'il ne fût interdit pour trois ans par les deux chambres dans la fale de Weftminfter, & que fon fermon ne fût brûlé. Elle fentit encor plus fa faîblefîè, en n'ofant jamais, malgré fes fecrettes inclinations pour foa fang, r'ouvrir le chemin du trône, fermé à ion frère par le parti des Whigs. Les écrivains, qui di- fent que Marleborough & fon parti tom- bèrent quand la faveur de la reine ne le» foûtint plus, ne connaiflent pas TAngle- terre. La reine, qui dèflors voulait la paix, n'ofait pas même ôtèr à Marlebo- rough le commandement des armées ; & au printems de 171 1, Ma.leborough preffait encor la France, tandis qu'il était difgracié dans fa cour. Un agent fecret de la France propofait fous-main des conditions de paix à Londres ; mais le miniftére nouveau de la reine n'ofait en- cor les accepter. Un nouvel événement, auiTi impré- vu que les autres, acheva ce grand ou- vrage. jusqu'à 171 r. 441 vrage. L*empereur Jofeph mourut, & ,^ laifîa les états de la maifon d'Autriche, Avril Tempire d'Allemagne, & les prétentions « 71 » fur PEfpagne & fur TAmérique, à fon frère Charles, qui fut élu empereur quel- ques moi après. Au premier bruit de cette mort, les préjugés, qui armaient tant de nations, commencèrent à fe diffipér en Angleterre, par les foins du nouveau miniftére. On avait voulu empêcher qiie Louis XIV ne gouvernât TEfpagne, l'Amérique, la Lombardie, le roiaume de Naples .& la Sicile fous le nom de fon petit-fils. Pour- quoi vouloir réunir tant d'états dans' la maifon de Charles Jii ? pourquoi la na- tion Anglaife aurait-elle épuifé fes tré- fors ? elle paiait plus que l'Allemagne & la Hollande enfemble. Les frais de la ^ préfente année allaient à lèpt-millions de livres fterling. Fallait-il qu'elle fe ruinât, ' pour une caufe qui lui était étrangère, & pour donner une partie de la Flandre aux Provinces-unies rivalesdefon commerce? toutes ces raifons, qui enhardiflaient la reine, ouvrirent les yeux à une grande partie de la nation -, & un nouveau par- lement étant convoqué, la reine eut la liberté de préparer la paix de l'Europe. Mais, en la préparant en fecret,elle ne pouvait pas encor fe féparer publique- T 5 ment 44^ Louis XIV. ment de lès alliés ; & quand le cabinet négociait, Marleborough était en cam- pagne. Il avançait toujours en Flandre ; il forçait les lignes, que le maréchal de Sept. Villars avait tirées de Montreûil jufqu'à *^*' Vaknciennes 5 il prenait Bouchain ; il s'a- vançait au Quenoi, & de-là vers Paris il y avait à peine encore un rempart à lui oppofer. _ Ce fut dan$; rce tems malheureux, que k célèbre du Gué-trouin, aidé de fon . courage & de Targen^t de quelques mar- chands» n'aiant cncor aucun grade dans la marine & devant tout à lui-même^ - équipa une petite flote, & aHa prendre - uoe des principales villes du Bréfil, Saint-r Sébaftîen de Rio- Janeiro. Son équî- l^^- P^ rey.int chargé de rieheflcs ; & les Oft. Portugais perdirent beaucoup plus qu*U 17U ne gagiia. Mais le mal qu'on faifait ou BreTil) ne foulageait pas les maux de la France. ■' r C H A- Chapitre vingt-deuxie'me. ViStoire du maréchal de Villars à Dènain t rétabliffement des affaires : paix gêné' LEs né^xdattons, qu'on entama enfin ouvertement à Londres, furent plus faiutwres. La reine envoia la comte dç StrafFord, ambafîàdeur en Hollande» . communiquer les propoQtions de Louis XIV. Ce n'était plus alors à Mwle- borough qu'on demandait graçe. Lecom- te de StratFord obligea les Hollandais ^ nommer det plénipotentiaires, & à re- cevoir ceu3( de la France. Ta TreU 444 Louis XIV. Trois particuliers s'oppofaient tou- jours à cette paix. Marleborough, le prince Eugène & Heinfius, perfiftaient à vouloir accabler Louis XIV. MaifS quand le général Anglais retourna dans Londres à la fin de 1 7 1 1) on lui ôta içfiis fe&^ em- plois. Il trouva une nouvelle chambre - baflè, & n'eut pas pour lui la pluralité de la haute. La reine, en créant de nou- veaux pairs, avait affaibli le parti du duc, & fortifié celui de la couronne. Il fut accufé, conime Scipion, d'avoir malverfé; mais il fe tira d'affaire, à-peu-près de même, par fa gloire & par la retraite. Il était encor puiflant dans fa difgrace. Le prince Eugène n'héfîta pas à pafler à Londres, pour féconder fa faétion. Ce prince reçut l'accueil qu'on devait à fon nom & à fa renommée, & les refus qu'on devait à fes propofitions. La cour préva- lut : le prince Eugène retourna fcul ache- ver la guerre ; & c'était encor un nou- vel aiguillon pour lui,d'efpérer de nouvel- les viftoires, fens compagnon qui en par- tageât l'honneur^ Tandis qu'on s*aflèmble à Utrccht; tan- dis que les miniftres de France, tant mal- traités à Gertrudenbcrg, viennent négo- cier avec plus d'égalité ; le noaréchal de Villars, retiré derrière des lignes, cou- vrait encor Arra$&. Cambrai. Le prince Eugène JUSQIT A 17 14. 445 Eugène prenait la ville du Qucnoi, & il étendait dans le pais une armée d'environ cent-mille combattans. Les Hollandais avaient fait un effort ; & n'aiant jamais éncor fourni à toutes les dépenfes qu'ils étaient obligés de faire pour la guerre, ils avaient été au de-là de leur contingent cette année. La reine Anne ne pouvait encor fe dégager ouvertement ; elle avait envoie à Parmée du prince Eugène le duc d'Ormond avec douze-mille- Anglais, & païait encor beaucoup dé troupes Alle- mandes. LeprinceEugéne, aiant bruléle ^ faubourg d'Arras, s'avançait fur Tarméc Françaife. Il propofa au duc d'Or- mond de livrer bataille. Le général Anglais avait été envoie pour ne point combattre. Lés négociations particulier % res entre l'Angleterre & la France avan- çaient. Une fufpenfion d'armés fut publiée 19 entre les deux couronnes. Louis XlVfit Juil» remettre aux Anglais la ville de Dunker- ^7^* que, pour fureté de fes engagemens. Le duc d'Ormond fe retira vers Gand. Il voulut emmener avec les troupes de fa nation, celles qui étaient à la folde de fa reine ; mais il ne pul^ire fc fuivre, que de quatre efcadrons deHolftein& d'un ré- giment Liégeois. Les troupes du Brande- bourg, du Palatinat, de Saxe, de Heflè, de Danemarck, reftérent fous les dra- peaux 44^ Louis XIV. peaux du prince Eugène, & furent paies par les Hollandais, L'élefteur de Etano- vre même, qui devait fuccédèr à la reine Anne, laifla malgré elle fes troupes aux alliés, & fit voir que fi fa famille atten- dait la couronne d'Angleterre, ce n'était pas fur la faveur de la reine Anne qu'elle comptait. Le prince Eugène, privé des Anglais, était encor fupérieur de vingt-mille hom- mes à Tarmée França^fe j il l'était par fà pofition, par l'abondance de fes magafins, & par neuf ans de viftoires- Le maréchal de Villars ne peut l'empé- cher de faire le fiége de Landrecy. La France, épuifée d^hommes & d'argent, était dans la opûfternation. Les elprits ne fe raffùraient point par les conrérences , d'Utrecht, oue k$ fuccès du prince Eu- gène pouvaient, rendre infruftueufès. Déjà même des. détachemens confidéra- bks avaient ravage une partie de la Champagne, j& p^tré jiisqu'aux portes de Reims. ' , ' .' ^ Déjà ^'alarn?e était à Verfailles, com- me dans le refte du roiaume. La mort du jils uniqvip du roi, arrivée depuis un an ; le duc de Bourgogne, la ducheflè de Boi^og^e, leur njs aîné, enlevés rapi- dement depuis quelques mois, & portés •au tombeau âans le même char ^ le der- nier jusqu'à 1714. 447 nier de leurs enfans Moribond ; toutes ces infortunes domeftiques, jointes aux étran-- gères & à la miférc publique, faifaient regarder la fin du régne de LouisIflV,, comme un tcms marqué pour la calamité^ & Ton s'attendait à plus de défâftr^s, que Ton n'avait vu auparavant de gran-^ deur & de gloire. Précifément dans ce tems-la, mourut en Efpagne le duc de Vendôme. L'efprit de découragement^ généralement répan- du en France & que je me fouviens d'à»- voir vu, faifait encor redouter que l*Ef- pagne,, foûtenue par le duc de Vendôme^ ne retombât par fa perte. Landrecy ne pouvait pas tenir long- tems. Il fut agité dans Verfailles,. fi le roi fe retirerait àChambort. Il dit au ma-^ réchal d'Harcourt, qu'en cas d'un nou-^ veau malheur, il convoquerait toute la: nohleflè de fon roiaume, qu'il la condui- rait à l'ennemi malgré fon âge de foixante & quatorze ans, & qu'il périrait à la tête» Une faute, que fit le prince Eugène, dé- livra le roi & la France de tant d*mquîé- tudes. On prétend quefes lignes étaient trop étendues ; que le dépôt de fes maga- lîns dans Marchiennes était trop éloigné; que le général Albemarle, pofté à Dé- nain entre Marchiennes & le camp du prince, n'était pas à portée d'être fccou- ni 448 Louis XIV. ru aflêz tôt, s'il était attaqué. On m'a af- fûré qu'une Italienne fort belle, que je vis quelque tems après à la Haie, & qui était alors entretenue par le prince Eugène, était dans Marchiennes; & qu'elle avait été caufe, qu'on avait choifi ce lieu pour fervir d'entrepôt. Ce n'était pas rendre juftice au prince Eugénç, de penfer qif - une femme pût avoir part à fes arrange- mens de guerre. Ceux qui favent qu'un curé & un confeiller de Douai nommé le Févre d'Or val, fe promenant enfemble vers ces quartiers, imaginèrent les pre- miers qu'on pouvait aiiement attaquer Dénain & Marchiennes, ferviront mieux à prouver, par quels fecrets & faibles reflbrts les grandes afîàires de ce monde font fouvenf dirigées. Le Févre donna fon avis à l'intendant de la province j ce- lui-ci, au maréchal de Montefquiou qui commandait fous de maréchal de Villars ; le général l'approuva, & l'exécuta. Cette . aaion fut en effet le falut de la France, plus encor que la paix avec l'Angleter- re. Le maréchal de Villars donna le change au prince Eugène. Un corps de dragons s'avança à la vue du camp en- nemi, comme fi on fe préparait à l'atta- quer ; & tandis que ces dragons fe reti- 2^ rent enfuite vers Guife, le maréchal Juîî. marche à Dénain avec fon armée fur cinq «7»^. ce- jusqu'à 17 14. 449 colonnes. On force les retranchemens du général Albemarle, défendus par dix-fept bataillons : tout eft tué, ou pris. Le gé- néral fè rend prifonnier avec deux prin- ces de Naflau, un prince de Holftcin, un prince d^Anhalt, & tous les officiers. Le prince Eugène arrive à la hâte, mais à là fin de Taftion, avec ce qu'il peut amener de troupes j il veut attaquer un pont qui conduifat à Dénain, & dont les Français étaient maîtres ; il y perd du monde, & retourne à fon camp, après avoir ^té té- moin de cette défaite. Tous les poftes, vers Marchiennes le long de la fcarpe, font emportés l'un a- près l'autre avec rapidité. Onpoufïèà Marchiennes défendue par quatre-mille hommes 5 on en prefïè le fiége avec tant de vivacité, qu'au bout de trois jours on $0 les fait prifonniers, & qu'on fe rend J"*^ maître de toutes les munitions de guerre ^^^^ & de bouche, amaflees par les ennemis pour la campagne. Alors toute la fupé- riorité eft du côté du maréchal deVillar?. L'ennemi df concerté lève le fiége de Landrecy, & voit reprendre Douai, le^P^- Quênoi, Bouchain. Les frontières font en ^i ' fûretè. L'armée du prince Eugène fe re- ^yl^ tire, diminuée de près de cinquante batail- lons, dont quarante furent pris, depuis le combat de Dcnain jufqu'à la fin de k campagne. 450 Louis XIV. campagne. La viâioirç la plus fignalér Xi'ûurm pas produit de plus grandjç a- vantage^. Si le maréchal de Villars avait eu cette- faveur populaire qu'ont eu quelques au- tres généraux, on l'eût appelle à haute voix le reftaurateur de la France ^ mais on avouait à peine les obligations qu'oa lui avait -, & dans la joie publique d'un fuceès inefpéré, l'envie prédominait en- >core. Chaquç progrès du maréchal de Villars hâtait la paix d'Utrecht. Le miniftére de :1^ reine. Âun^^ jpçfpon^ble à fa partie & ^l'EurQpej, »e ç^égjige^ nf- les intérêts Slûien d^s? éclufesa.: on fît U9î piMrti q^'ç^ dif^t . déjà égaler celui 4e. ÈhinkèrqfciQ? iJ.etÇQmî:ede^ Stairs,ï^jîal5^(&tdc«ri.4f Aî^efièrre, . s'ea plaignit vivement r ce mpnarque._ Il elb* dit dans un -des npieilkurs livres que nous aion?, que:Louis 3ÇIV. irépôùdit au lord. été le màttte fb§z mfii^.pciipt^mf^ezjie^ defoienccrcçTtalhis^ c^ôqjftûi^is Wui$ aÏM> i^tènmt.vépç^fGrU pm^a ir^^ ^ pefttr^f « . îVnçt &nnâc partie 4s km roiaume. Ce qui e^ Avril Vf ai, c'cft qu'il fit interrompre les tra^I7H vimxde MardJck, & ^a'aâ)nri.il céda ay» 4» bi^vcf , L^ ÔUWIgf s .uces les fc» menées d*une guerre civile, &:Pelpéran* ^ d*un promt fecours de la part de Pempereur & même à^ TAngleteriPe* Ceux qui avaient «lors le ]du$ ae crédit dans cette pmirince, tma^nérent qu'ib pourraient K>niKr ime repiAli^ ibus une proteétion étrangère, & que le rcC d^Efpagne ne ferait pas afl^ fort pour ks conquérir. Ils de{rfoiérent alors cecaraâé- K que Tacite lèinr araibuak ily « fi loa^ tems. *^ nation intr^de» dît*Mi tpn compte jn^U 1709- 459 ^ compte la vie jfmm rîeUt qmiod ïh. ne ,9 i'ëmploiem (Msâ conribaittiie-^ ' S'ils avaient âuc pour Philippe V leur roit àutaiOt d'effoits au'ils en nreat tlota contre lut ; jamais 1 archiduc n*eût (jlii^ pute TËfpagne. Us prouvèrent par leot opiniâtre réfillance, que Philippe V, déli- vré même de fon compétiteur, se pouvait feul les réduire. Louis XIV» qui dans k$ derniers tems de la guerre n*avait pu four- nir ni fbldacs ni vaifièaux à ion petit^Sls contre Charles fon concurrent, lui en en- voia. alors contre fes fujets révoltes. Une eicadre Françaife bloqua le port de Bar- celone, •& le maréchal de Barwick raflié- gea par ferre. , Lareirje d'Angleterre, fidèle à fes trai- tés, ne lecourut point cette ville. L'em- pereur d'Allemagne promit de vains le- cours. Les affiégés fe détendirent avec ijn courage tprti&é p^r fanatifme. Les prêtres, Jes moines, coururent au:ç ;ar- me^ & fur les brèches, comme $'ii s'était agi d?une guerre de religion. Un fantô- me de liberté les rendit fourds à toutes les avances qu'ils reçurent de leur maî- tre. ,.Plus de cinq-cent eccléfiaftiques, moururent dans ce fiége les armes à la main. On peut juger, fî leurs difcours & leurs exemples avaient animé les peu- plies. Ut Ils 4^0^ Louis HjPfJ jirs«|?'à Ï714. g^ fe *attirèw tfti^OT-dehië en rue ; t&: rétif cê dafts la Viïkf* neuve «tandis que l*an- ^2 cfennè était" prife. Us demandérçnt encor Sept. en-capitulWït, ^u'on leur confervât tous ^7 H lWr6'î'{)|Wlégés;;'ïlS n*cA)tinrent que la vîeteSfeurs bierts* La plupart de leurs pfWîfegesleur furent ôtés. Soiotante moi- nes, êtfndannés aux gâléresy furent la feule vange'ance que Ton prit. Philippe V avait tl*aité plus rudement la petite ville de XtttiVa dans Je cours de la guerre : on ravait'detWîtWde fend en comble,- pour faire un exemple. Mais fi on ïsk une petite ville de peu d^impôrtance, on n'en rafe point une grande, qui a un beau port de mèr, & dont le maintien eft utile à rétat. Cette fureur des Catalans, qui ne les avait pas animés quand Charles VI était parmi eux, & qui les tranfporta quand ils furent fans fecours, fut la dernière flamme de Tincendie, qui avait ravagé fi long tems-la plus belle partie de TEu- rope, par le teftament de Charles IL roi d'Èlpagne, CiUv Chafitre Vinqt-troisie'me. Ttffttdït ift •fEu^, 'deptas la fmx -'V'O&E sçpeUàr eacbr cette itmgae -J' ttuerre,' une guàve cinilé.' 'Lewic -3p SaWic y fut armé contre Tes. deux filles. Le prince de Vaudemôii^quiav^t pris le parti de l'archiduc Charles^ avait été fur le pcunt; de fàre prifonnier dans la Lombardict fon propre jxrc < qui œ- nait pour Philippe V. L'Eipagne a- yoit été' réèllanent partî^éç eii faàions. Des régi mens «wiers deCalvWiiftes Fran- çais avaient fervi contre leur patrie. C'était en6n pour une iucceffion entre parens, que la guerre ' générale avait U 3 , com- 4^2 Tableau ds lTS^okcpz : commencé : & Ton peut ajouter, que la reine d'Angleterre exchiait du trône fon frère, que Louis XIV |)rotégeaitV & ' qu'elle fut obligée de le profcrîre. Les efpérance^ & la prudence hurpai- I ne Jurent trompées dans cette guerre, * comttie dl»* te Ibrrt toûjotfrs. Charles VI, deux fois reconnu dans Madrid, fut chafle d'Efpagne. Louis XIV prèsdefuc- comber, fe releva par les brouilJeries^.im- prévues de rAngleterre. Le confeil d'Ef- pagne, qui n'avait appelle le duc d'An- jou au trône que dans le deilèin de ne . jamais démembrer^ Ja iponarchicu. en ^t beaucoup de part.ie;^ lep^ees^ La Lom- bardie, la Flandre, relièrent à la mailbii d'Autriche : la maifon de Pruflë eut une petite partie de cette même Flandre } & : les HoUandaiadosiipéreiit dans Uûe^^lFe; ^ une quatrième pwtie demeuira à ia Fi^- ce. j Ainfi Vhéririgftiàt la m^onde Boilr- gognc refta parure entre quatre pui0ka* ces; .&: celle qui iemblaity avoir le plus de droit, n'y confcrva pas une métairie. La Sardeûgne, inmdle à l'empereur, loi refU pour un tems. Il Jouit quelques an- nées .de Naples, ce grand. fier de Rome, qu'on s'eft arraché fi fouvent & fi ûfe- ment. Le duc de Savoie eut quatre ans la Sicile, & ne l'eut que pour foûtenir con- tre le pape, le droit-fingulier mais ^- ' cien. r juiQir^A 1750. . , 463; cièn, d'être pape lui-même dans cette îlo; c*eft à dire, d'être, au dogme prés, fou- verain abfolu en matière de religion. La vanité de la politique parut encor plus après la paix d'Utrecht, que pendant la guerre. Il eft indubitable, que le nou- veau miniftére de la reine Anne voulait préparer en fecret le rétabliffement du fils de Jacques II fur le trône. La reine Anne elle-même commençait à écoutçr la voix de la nature, par celle de fes mi- niftres ; & elle était dans le deffein de laifier fa fucceffion à ce frère, dont elle avait mis là tête à prix malgré elle. Sa mort prévint tous ces deflèins. La mai- fondefîanovre, qu'elle regardait comme étrangère & qu'elle n'aimait pas, lui fuccéda 5 fes miniftres furent perfécutés ; & le parti du prétendant aiant tenté de ' foûtenir fes droits en 1715, ce parti fut défait *, la rébellion, qui» fi la reine Anne eût vécu plus long-temsy eût été une ré- Tohition légitime, fut punie par le fang qui coula fur les échafauds* L'intelligence & l'union de la France & de TEfpagne, qu'on avaiJit tant re- doutée & qui avait alarmé tant d'états, fut rompue dès que Louis XIV eut les yeux fermés. Le duc d'Orléans régent de ^France, quoiqu' irréprochable fur les fbin^ 'd» là cbùkirààùtk d« ton pupile» ic U 4, con« 464 Tableau de l^Evrope : conduifit comme s'il eût dû lui fuccoîer. II a'unit étroitement avec TAngleterre, réputée l'ennemie naturelle de la France ; & rompit ouvertement avec la branche de Bourbon qui régnait à Madrid: & Philippe V, qui avait renoncé à la cou- ronne de France' par la paix, excita ou plustôt prêta fon nom pour exciter des {éditions en France, qui devaient lui don- ner la régence d'un païs, où il ne pou- vait régner. Ainfi, après la-mort de Louis XtV, toutes les vues, toutes les nego^ dations, toute la politique, changè- rent & dans fa famille & chez tous les princes. Le régent de France, uni avec les Aiïi- ^glais, attaqua l'Efpagne ; de forte que la première guerre de Louis XV fut cDCre- prife contre fon oncle, que Louis XIV avait établi au prix de tant de fang. Dans le *tems de crette courte guerre, le mmlfté^ 'd'Efpagne vouàut tnwnper le jchjo de Savoie s ^ te duc dê&ivaie vda- lut tromper l^É^mpe^eor ^c l&i! refoka 4^ îcè dahos d'^irttrigu^^ qUè^ ieïJ Efpagiiols •dépouiMérent l^mpdtfeuKuieik'SSafdagrtés & le duc de Savoie de la Sicile' in 1718; Mais forcés par la France qui les 'battait fur terre, & parles Anglais qoî les batf talent far }ft^#^'-'i}¥ltrtMâi^Mi| aiots \x èici^e âLlCn«iibi9^'Aàa««hft^ ]m^^' -:.:. ^ U daigne daigne 4eyîi}t Je. paj:t^ide^,du<^ 4f §^1 voie, qyi 1^: :poiïedeî>t. eaççrç*» $& qpi. prennent le titre ^ rQîs»dë Ç^r^^^^^ 0 Pour niieux fenrir, par ^ Quelle fii^jité aveijgle^ le?^ affaireç^^de cc^ npQïifk' fonii gouvernées i il faut rema/quçr que Tcm- pire OttQjnan, qui ^va^tf M'^tf^yef Kçiîi-i p}re^\4ilpnia^e,ï««^aïit lailqnguèguern rÇ.^.^iOAj attsp^itja cppeliifiswi ç^^ 4j5 la j>îi.is:jgénçraie,;;pctur fait? U gperro à TEipp^eur» cpntre des troupes aguer- ries qc^riSTiàndees par le prinœ JËugéne» qui,)^aftquitjes Tyrcs 4ans deux^jqumé^s mémorables, & ç;p|djc^miliaitfe^; 4^ ^pçuïîÇ(an- bk de ces c^ç^tradiétions,; 4oot ipu^é; 1^ affaires font remplies ; qe même 'E^pe^ rear, vainqueur cks Turcs, . f\e pyt avoir la Sicile, que p^if Iç fecours. des .Anglais ^ du régent de France. . . ,1 . Mais, ce q\iii . etonda |e ply$ tty^m les Ç0urs ije^f^rope, ce fuç àpypit fcpiiQ^e* ttttïd aprça en 1724 & 172$, Philij^pe y .& Charles VI, autrefois ft achaçncs Fun contre Tautue, maintenant étroite- tnent um3 ; & lest ;al9faâàre6 fortîe^^ de leu(* route nacturellcv au j^at que it minier ftére de Madrïd gpuverng iSne ahnée en? tiére la cour de Vienne. Cette cotar^ :qui n'avait jamais eu d'autre intention que de fermer à la maifon Françaife d'Ëfpagnb U 5 tout à66 Tableau de l'Europe : t(^ ^CG» d;ms llufie, fe laiflà entraîner lé^ dé iël) propres fentin^ns, au point #/rtcevdil- toi fils de Philippe V & d*E- i^^lbeth de Parme fa féconde femoie, s tetcé ihême Italie, dont on voulaic dure tout Français & tout EipagnoL ;*Empef eur donna à ce fils puiné de foa ; îpôncurfent, Tinreftituse de Parme & de 1P}aifante& du grand duché deXofcane. Quoique lafucceinon de ces états ne fût poiilt ouverte^ Dom Carlos y fut intro-^ duit avec fix mille Ëfpagnols ; & il n'en coûta à i^Efpagne, que tleux-cent mille piftoles données à Vieitme.^ ' Cette fauté âQ confdl ^llSmpereur ne fut pas au rang des fautes heureufés ^ elle Jui y coûta plus cher dans la fuite. Tout était étrange dans cet accord ; c'é- tait deux maifons ennemies, qui s'unif- jaîent fans fe fier l'uneà l'autre j prêtait ^es Anglais, ^ui aiant tout fait pour dé- -trôner Philippe V^ & lui aiant arraché Minorque& Gibrialtar, étaient les média- teurs de ce traité *^ c'^était un Hollandais^ Ripperda devenu duc & tout-pùiflant eii Efpagne, cjui le fignaît, qui fui difgracié après l'avoir figné, de qiii àl^îa mourir enfuite dans le roiaume de Maroc, où il tenta d'établil- ^ine- religion^ nouvelle. ' • Cependant en France^ la régence du duc d'Orléans, que féâ ennemis iëcrets & : ' le jusdes remontrances, lorfqu'on eut aug* nficnté lavaleur numéraire deseipécesxrois fois: au do-là du prix ordinaire. . Sa i^avqhç à pxBdy^drJa^^atia'i-Qbatnbre au Louvre» «c inhamm • que les iraiUqes du .i>mp\tf^ L^éditie4>lu« icyiifteqjaî*csùftitja/feais j^ du, cciuk.de dé^ndre à to^si les hàbitans d'tm.ifoiaumc df avoir chez foi plus de <îiûqHxnt: «j&facs» . d-asgent comptant^ li'iéicita pM k nno}ndt« nïQuvcï®e/it. . ^La jdif^c eJ*iéredefi çfpécejs damrile pu^Uci tout' uii [peuple en foule fe paiTaoït-,* tpoi^ aller Recevoir à un bur^u quelque iOîp Ar •noie nécefl^e à la vie,. en échange d'un papier déprié dont- laa Fxaace .était inonr .U-;6 ^} . .1 . dée:^ jç6> Tableâç^ de* L'Europe : déê ^ pîuâeârs citoiOTs écrafés dans cette fbiîle, & leurs cadavres portés par Je peuple au palais - roial, ne pr^duifirent pas. une appar|ence de fcdition. Enfin ce fameux fyftétil&deLaws, qui feoiblait de^ voiî-TUin^fla3:ré^ôDcef.& rétat, foûtint en efftit l'jitti& lîaflatMiMPdes-conféq^en* G€Sr q^e»ç5rf«ûineaiUpilsût prévues.' -^ïi>a'iÊupdité ija'itiÊvdila dans- toutic» lef^ Qdnâ^tioii^)! dd^uisie plus bas peuple jtlîqû'auit iTia^|îâ:mt5i ^ùx évéq^cs &aux pr^cefsv dé«oit)rnanîous lesiefprits. 4^ toute attention- mr^ \^ttpQ\>]ic &. de touée vue politique^ ambitkufe, tx^humnh- pliflànt de U crainte^ de ^nire & & l*avidité de gagner» C'étmc un jeu nou* veau &: prodigieux, oo cous les citoîeni pariaient les uns contre les autres. Des joueurs acharnés ne (|uitt3eiit poînc leurs cartes pour troubles le^ouyeiwanent* li arriva par un jpiefljge 'don% It^sefibrcs HÊt purent être viables quTaini jàm isAj^i» exercés & les plus êpS) qu'un fyftéme tout chimérique enfanta tm commerce réel, & fît renâitie la coœjpagnie des la^ jdes, établie autrefois par te câébre Coh- bert) & ruinée par les guerres Enfin, s'il y eut beaucoup de fortunes particulières détruites, la nation devint bientôt plus commerçante & plus ridie. Ce fyftémè é« ciaira les efjxits, comme les gueives ônies aiguifent les couniges. Après JUSQp^A 1750.^ 469 Après que la confufion des finances eut celle avec la régence,, celk des aflfaires politiques ceffa aufli, iorlqoe le cardinal de Fleury fut à la tête nde, i^ eut pris eUt ffi^a.lQM^ôuyeraement, il (ouhrc^àékiQttïsm ^ fies .plus fages. D»piin'i»7a6fji^qu!à:i742, te^t lui prof- pér9/ Jlrcmfeirya jâ^i^'^.'près de quatr^- ' iqngt-dix anskf . • une ^$6te^i^ne» lit^'e, & CÉÇjaifejd'ASàir^.â. . v. :. .j J . Quand on fonge, que de mille contem* poi?afci ëiyr4»!^j»pj7;r«qww? iW ^ul 3uiI^anri0MC(i^*<»t) «gAr^n .ofl; (Mig^ 'Ayoiiorvi«u4 je >rits doux & coiKuimt font faits pour gcMiverner fes autres. U laifia tninquîkmenc la f^rance répa* ro: fes pertes& s'enrichir par un commer* ce immehfe, fans fiiirc aucune inaovati<^ on, & traitant l%at comme un corps puiifant & robttfte» qui fe rétaUk4e lui*» même. - Ld affàkes polidiques i^fitr&èiit inlbif fibkment dans kAt ordre naturel; :Heif^ reuftîhen^' pour rËiUropie, le premier «i» ÏHfti^ qui qn âé<^ aupa- ravant r^ardait les Ruflès avec ^épf is, était alors intimidée & coaduite.pareux. L'empire deRuffieitait devenu jformida- ble» depuis que Kerre le^ ;grand l-avait . formé. Dix-mille efclaves Rufîès ^iki- plinés difpcrférent tout^lacnoblefîe de Pologne ;& le roi Stanifljas,, îenfervné dans la ville de Dantzig> y fut bientôt affiégé par une armée de trente-milk hommes.^ L'empereur d* Allemagne, uni a.yec la Ruflîe, était fur du fuccès» Il eût ^llu, pour tenir la balance égale, que la France eût envoie par mèr une nopf>bregfearipéç: mais Angleterre n'aurait pas vu ces pré- paratifs immenfesj. fans fe déclarer. Le cardinal de Fleury, qui ménageait l'An- gleterre, ne voulut ni avoir la honte d'a- bandonner entièrement le roi StaniQas, ni hdzarder de grandes forces pour le fe- courir. Il fit partir une efcadre avec quin- ze-cent hommes, commandée par un bri- gadier. Cet officier ne crut pas que fa commiffion fût férieufe ; il jugea, quand il fut prés de Dantzig, qu'il facrifierait iàns fruit fes foldats ; &c il alla relâcher en Danemarck. Le comte de Plélo, am- bafladeur de France auprès du roi de Danemarck, vit avec indignation cette re- traite, qui lui paraillàit humiliante. C'é- tait un jeune homme, qui joignait à l'é- tude 47^ Tabl^^ iDt EÎEunopE : tudê iks bdks lettéfés & de ha,* philofi)* phîe des fentimens hà*oîqfies^< dignes d'une meilleure fortune. Il réfolut de fc- courir Dantzig contre uhe armée avec cette petite troupe^ ou d'y périr. Il écri- vît, avant de s*embarquer, une lettre à l'un des fecretaires d'état, laquelle finif- fiiit par ces mots : *' Je fuis fur que je ** 0 en reviendrai pas ; je vous recom- *' mande ma femme & mes enfans." Il arriva à la rade de Dantzig, débarqua & attaqua Tarmée Ruflfe ; il y périt percé de coups, comme il Tavait prévu ; & ce Sui ne fut pas tué de fa troupe, fut pri- mnier de guerre. Sa lettre arriva avec la nouvelle de fa mort. Dantzig fint pris 5 Tambaffadeur de France au{)rès de la Pologne, qui était dans cette place, lut prifonnier de guerre, m^rê les privilèges de fon cara&ére. lie roi Sw- niflas n'^chapa qu'à travers beaucoup 4e dangers & à la faveur de plus d'un dé- guifemeht, après avoir Vû fa tête mife à prix pas- le général des Mofcoviteey dîtes uii pais libre, dans fa propre patrie, aa tailieu de la nation ^juii'^avait^lu fuîvïUit toutes ks loix. ' Le miniftére de France eût entière- ment perdu cette réputation néceflaire au maintien d'iiaê fiUe ddPihillppedeux tcÀ il^f^ pi^gne, dont il defcendait. La FrâMe an i^t au0l k^ mwiam. prétentions» pao 2 Louis jusqy*A 1750. 481 Louis XII, héritier naturel de ce duché. Philippe V avait les Tiennes, par les inféo- dations renouvelées à quatre rois d'Elpa- gne fes prédécefleurs. Mais toutes ces prétentions cédèrent à la convenance & au bien public. L'empereur garda le Mi- lanais, malgré la loi générale des fiéfs de Tempire, qui veut que Tempereur feigneur fouverain en donne toujours Tin- veftiture ; fans quoi les empereurs pour* raient engloutir à la longue toutes les mouvances de leur couronne. Mais cette . loi foufFre tant d'exceptions ; il y à tant d'exemples pour & contre, qu*il faut a- vouer qu'en matière d'état l'intérêt . pré- fenteft la première des loix. Par ce traité. Te rôi Staniflas renonçait au roiaume qu'il avait eu deux fois,' & qu'on n'avait pu lui conferver 3, il gardait le titre de roi. Il lui fallait unf autre dé- dommagement, & ce dédomiTiagement fût pour la France éncor plus cjjie pour lui. Le cardinal de Pleliry'é côiitènta d'abord du Barroîs, que le duc de Lof faine devait donner, au roi Staniftas, avec la rév^r- fion à la couronne de France ; & la Lor- raine ne devait être cédée, que lorfque Jbn duc ferait ea pleine poflèflÎGJi dé la Tofcane. »gÇ'était faire dépendre cette cef- fîon de là Lorraine de beaucoup de hazards . C^était peu profiter des plus grands fuc- 4.82 TabIe ac df LTÈtmopE : ces, & des conjonétures les plus favora* blés. On encouragea le cardinal de Fleu- ry à fè fervir de fes avantages 5 il de- nianda la Lorraine aux mêmes conditions que^ le Barrois, & il Tobtint» Il n'en coûta que quelque argent corn* ptant, & une penfion de quatre-millions- cinq-centr mille livres, faite au duc Fran^ çois jufqu'à cequelaTofcanelui fût échuè^ Ainfî la Lorraine fut réunie à la couron- ne irrévocablement ; réunion tant de fois inutilement ,|entée. Par la un roi Polo- nais fut tranfplanté en Lorraine j & cette province eut pouf la dernière fois un fou • verâîn réfîdent chez elle, & il la ren- ,dit heureujfe* La maifon régnante des princes Lorrains devint fouveraine de la Tofcane. Le fecond fils du roi d'Efpagne fut transféré à Naples. On aurait pu re- liôuveler la médaille de Trajan, régna af- jS^natay Tes trônes donnés^ La maifon dé France» à la fin de cette courte giierre» fe trouva élevée à un jpoint de grandeur qu*bn n'eût pas oie prévoir, dans le ten^ des plus brillantes profpéritcs de Louis XIV. Prefque tout rhéritage delà maiibn de Charles-quint, TEfpagae, les deux Siciles,, le Mexique, le Pérou» étaient dans fes majins : & enfin la maifon d'Autriche finit dans la perfonne âe Charles VI ea 1 740- Ce qui rcftaît de jitsqu'a 1750. 4SJ les dépouilles fut près d'être calevé à f^ fille, & partagée entré plufieurs puiflance^^ laZ France fit élire un empereur, avec Is^ ■même facilité :^ue les empereu^rs avaient? auparavant fait élire des âeâcurs de Co- logne & des évêques de Liège. La fameu- fe pragmatique fanâion du dernier empe-^ reur autrichien, qui aflurait à fa fille la» poflèflion indivifible de tous' fes élats, pragmatique garantie par ' l'empire, par l'Angleterre, par la Hollande, par U France elle-même, ne fut d'abord foûte^ iîuë de perfonne, L'éleéteur de Bavière, fils de celui qui avait été mis au ban de l'empire, fut couronné fans obftacle duc d'Autriche à Lintz, roi deBohéme à Pra* gue, empereur à Francfort, par les armei de Louis XV. On alla jufqu'aux porte$. de Vienne. La fille d^ tant d'empereurs ie vit une année entière fans fecours, & fans autre efpérance que dans fon, courage. A peine avait- elle fermé les yeux à fon pè- re,., qu'elle avait perdu la Siîéfie par 1 ir* ruption d'un jeune roi de Prude, dont la poftèrité parlera long-tems. Il profita le * premier de la conjonâure, & fit fervir à fa grandeur une armée difciplinée corn- me celles des anciens Romains, que fon père femblait n'avoir formée que pour la parade & la montre. La France, la Pruflè^ la Saxe, la Bavière, attaquaient les X 2 reftes- 484 Tableau de l'Europe : rcftes de la maifon d* Autriche. Ses alliés demeuraient dans le filence : le partage de fes états paraiflait afluré. Mais on vit bientôt, combien il eft difficile à un faible prince tel qu'était Télefteur de Bavière, empereur fans pouvoir fous le nom de Charles VII, général prefque fans troupes ~natî(anales, de conquérir des états par les mains d'autrui. Jamais de fi grands avantages ne furent plus rapidement fuivis de tant de défaftres. Tout ce qui devait faire fa grandeur, fit fa ruine ; & ce qui devait accabler la reine de Hon- grie, fervit à Tclever. La maifon d'Autri- che renaquit de fes cendres. La reine de - Hongrie trouva un puifl^ant allié dans George II. roi d'Angleterre ; elle eut en- fuite pour elle le roi de Sardaigne, la Hollande, & enfin jufqu'à l'empire de Ruflle, qui envoia la dernière année de la guerre, environ trente-cinq-mille hom- mes à fon fecours. Elle fit des paix par- ticulières avec la Pruflfe & la Saxe. Maïs furtout fon courage d'efprit la fecourut autant que fes alliés. La Hongrie, qui n'a- vait été pour fes pères qu'un éternel ob- jet de guerres civiles, de réfiftances & de punitions, devint pour elle un roiaume uni, afFeétionné, peuplé de fes défen- féurs. On combattit dans le -cœur de l'Al- lemagne, en Italie, en Flandre, & fur les jusqu'à 1750. 485- les frontières fnême de la France, & flir les mers de Tlnde & de rÀmérique, à peu-près comme dans la guerre de 1701/ Le cardinal de Fleury, trop âgé pour foû- tenir un fi pefant fardeau, prodigua a re- gret les tréfors de la France dans cette guerfe entreprife malgré lui, & mourut après n*avoir vu que des malheurs caiïfés'' par des fautes. Il n'avait Jamais cru a- voir befoin d'une marine. Ce qui reftait à ]a France de forces maritimes, fut ab- folument détruit par les Anglais ; & les provinces de France furent expofées. L'- empereur, que la France avait fait, fut* chafle trois fois de fes propres états. It mourut l'un des plus malheureux pritvbes de la terre, pour avoir été élevé au faîte* desgrandeurs humaines. La reine de Hon--^ grie goûta le plaifir & la gloire de feirei élire empereur fon époux, & de Teoom-' mencjr une nouvelle rnaifon impériale. > Louis XV, après avoir vu mourir en' 1743 le cardinal de Fleury, & après 1* avoir pleuré, gouverna par lui-même, & répara les défaftres qu'avaient produit Içs dernières années du gouvernement de fon miniftre. Il fut heureux partout, ex- repté en Italie, parc^e qu'il avait contre lui le roi de Sardaigne, que le cardinal • de Fleury avait alién*. Un< 48^ Tablbau .d> i.*Europe : Une cliofe retn«tx|uable danscette gjuer^ iky c'eft que jamais on ne vit tant de fou- verains à la tête de kijrs armées. Fran- :Çoid de Lorraine, grand^duc de To(cane, •depuis empereur» Ait plufieurs fois à Uk ^ete des troupes Autrichiennes. Dom Carlos roi de Naples, fils de Philippe V^ 'Wmmandait foo armée à Vélétri. JLe roi d'Angleteire Georgç II gagna une ba- bille vers le Mân. Le roi de Sardaigne fut 'partout oj 4^ent fes troupes, & toujours avec fuc- cès. I^e roi de Prufib remporta cinq vi- 4^QÎr^. Louis XV rendit la gloire & la Hjpérjoricé à ik nation à la bataille de i**oqteiioi, & les confcrva à celle de Lau- feld. Enfin, après avoir fubjuguéen per- lQnnetoiUelaFlandre,&prisMa{h'icht par Jes mains du maréchaî de Saxe ; après a- voir cha0ë les ennemis de Provence, par ceUes du maréchal de Belie-ile ; après a- voir fàuvé Gènes, par le maréchal de Ri- chelieu ; aiant affermi le roi de Naples fur ion trône» il fit une paix aufli glorieufe que ks campagnes, montrant dans le traité d'Aix-la-Chapelle une modération inouie qu'on n'avait pas attendue, ne vou- lant rien pour lui de ce qu'avaient con- quis fes armes. Il eut la gloire de protéger tous fes alliés, de remettre les Génois danstoys leurs droits, de faire rendre au a duc jtJSQjj'A 1756. 4Ky ifluc de Modéne fes états, d'établir Tin- fant Dam Philippe dans Parme & Plai- fance, Théritage de fa mère. C'était en effet acquérir beaucoup, *«r ?r < / * ■ • I r