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' LOUIS XIV gouverne ^ar lui-même ; il force la branche d' aùtriche - ejfpagmie à lui ce- ^ ^àhoui la ftéjêhtce^ o ia^ccur de / xmç.klm fm ^?ci^"^«- iLi^^tte Junherque^ il donne des fecours à VemfC' reur^ au priugaly aux éutÉ-géniraux^ l£ rend fon roiaume fiorijfant iS fi^éh CHAPfcTR» yiL Conquête de la franche - comté : paijâ d ' é/x- la-chapelle^ Chapitre IX* Magnificence :de U)VJS XiF: conquête de 4fii»lU9ff4^^ * a Chapitre JC Evacuation delà keHanJe: fkmia conquHe de^ l^ran^e-comté, ^ , • Chapith»*. XI* Balle campagne âS* tnort de marécf/al de Tu- renne. ^"^' tE SIECLE DE LOUIS XIV. • AVERTISSEMENT. font par exemple les caufes de là paix de riswick & la raifon pour laquelle hquis .xïi[, re- conjîut Jacques iii.roid*an- glètorre. ' Dans le fécond vo- lùrffer à la lifte des artiftes il y a environcinquante additions Coiifidérât>les,& un beaucoup pliis grand nombre dans le corp§'del*ouvragè. On y trou- I r Ve fortont des fragmens dont < . * rorîginaî eft éait de la* main deliôtiis XIV. Cesfrag- î^ens font connaître le cœur, réfpHt; & le ftîle de ce mo- " f"* ^^ nar- AVERTISSEMENT. narque & font le morceau le plus curieux de Thiftoire. Cet eiïài fur le fîécle de I OUI s X I V était la fuite d'une hiftoire univerfelle qui corn-» mençait à Charkmagne & qui finifl^t au tems où nous foni« mes. On en a vu déjà quel^ ques fragmens dans los mor* cures de &ance & ailleurs» mais ces fragmens étaient tronqués. La perte que l'au- teur a faite du manufcript qui trontenait le i6 & le 17* fiéclc^ &les matériaux pour Thiftoire *3 des AVERTI&SEJ4E;^X des arts Ta obligé de ne don» ner quelefiéde deLouis xitr. Tout le refte était dans cette même forme , divifé par. cî^- pitres, & on s*y attachait plu$ à peindre les événemens prin: cipaux qu'à détailler les petits* Cétait plutôt rhiftoire de l'ef- prit & des mœurs que des ré* jçits de batailles. - Âu(ïî il ne faut pas s'étonner fi cette der- nière partie ^ î'buvragé & furtout le fécond volùipe eft (Conforme au r^e de cette hir iloire univcrfeHe. ' TA- DES CHAPITRES. Chapitre XII. Depuis la mort de Turenne jtifju^à la faix de nimégue en 1678* Chapitre XIIÎ^ Prije de firasbom-gy bombardemem d'algèr: foumijfim de gênes : ambajfade de fiami jave humilié: ékfîorat decçîqgnedijfuté. Chapitre XV* -jtff rçi Jaèques détrôné far fon cendre, Guif^ ^ la^me trois £5* frotêgé far LOUIS X/JK Chapitre XIV» De ce quife faffait dans le continent^ tandis que Guillaume trois envahijfait Tmgleterr^ i* éeojfe & V irloHde, ju/qu'en i697* Chapitre XVI* Paix de ris\oik: état de la fronce iS delem- rofe: mort ^ teftament de Charles fecona^ roi deffagne. Chapitre XVII* (merre de 1701 : conduite du prince Bigéne^ du maréchal de Villeroi^ du duc de Vendo-^ * 5 mcy TABLE DES CHAPITRES. nie y du duc de Marlbaroïv^ du tnari- chai deVillarSy jufqu'en 1703. Chapitre XVIII. perte de la bataille de blenbeim ou d^hochjlety f^ fes fuites. Chapitre XIX. fertes en efpagne: fer te des batailles de nr- millies CJ* de turin , (^ leurs fuites. Chapitre XX. ^tiite des difgraces de lafrancet^ derejpagnt: humiliation , confiance & re/hurces de LOUIS XIV: bataille de tnalflaquet. Chapitre XXI. UOUIS XIV continue à demander la paix (^ à fi défendre*, le duc de Vendôme ajfer* mit te roi d^ efpagne fur le trône. Chapitre XXII. Victoire du maréchal de Villars à dénain : ré* tablijfement des affaires: paix générale. Chapitre XXIII. Tableau de leur ope ^ depuis la paix d^tarech jufqu^cn 175c. # LE SIECLE ' DS LOUIS XÏV. CHAPITRE FREMIER. JNTR QDUCTION. ■ * le n'eft pas ieulement la vis dk jLovi9^ XIV. qu^on prétend écrire j on fe propofe un plus grand objet •On veut efîaïer de peindre à la poftenté, non les adions d'un leul homme j mais Tp- . ^ fprit des honunes dans le fîecle le plus edaîrc qui lut jamais. Tous les tems ont- produit des héros & des politiques : tous les peuples ont , épro^ve des révolutions: toutes les hiftoi- rcs font presque égales pour qui |ie veut mettre que desr faits dans fa mémoire. Mais quîcontpie pen&» & ce qui eA encore phis T. I. ' A • rare » LOUIS, XIV. ' • r2âre> qtdictmqtiea Aigolk, ne coinpte que q^ptre fiecles à»ns 1* hiâoire du . âi^nctl. ' Ce$.quaû:e âges h^ireux ^ font ceux où les arts ont été perfeâioitfiés , & qm fisrvant (l^epoque 9 la^raodeur de 1^ efpiir. humain ^ font l'exemple de là pofterit^* , Le premier de ce^fi^es à qui la i^ta* h]ê^m eft attachée, ^ cebû de Phi^ lippe^ d'Àléacandre, ou celui desPàrielèsi des Demofthénes , des Af i/lotes , des Pia- tôâs , des Apelles , des Phi(ba$ » des ftaxi* télés ; ia cet hpmieiH: a i^ .nnfermé dans liss limites de k gx èce ; le refte^ de^ la terra était barbare. - ' r: ' Le fécond âgt cft ielui de Céfir & d*Au- gute, défigné encore par les noms de Lu* drècc, de Cicéron, de.Tîte-Live^ deVir* gile, d Horace, d'^Ovîde, He Varron, dt Vitruve. Le troifiéme , eft celui qui fiiivit la prif^ * de conilantinc^le par Mahomet 11. Alor$ on vit to italie une i^tnille de jQmples dto*- îens faire ce quo devaient entreprendre le* rois de r«iut)pe ; l^Médiêis sq>pellei>ent à floreneeJes arts, que les ^turcs chaâàient do la gfèce, t jetait le tems de ^ gloire de Tita» lie. Toutes les fcie^K^s reprepsùent une vie nouvelle ; le$. italiens ks 4onc»*éu*t ' du nom de vmu ^ comme les premiow grecs INTROmJCTION. 5 kl avsdeiît caraâérifëes du ngm et faffjfè.. ToQjt tendait à la perfedion : les^Midiel^ Anges ,. le& Rapliaèls , lésTitiens, les Tat fes , les ArioAes flem^irent. La gravure iut inventée ; la belle archite<3iire reparut pli» jtdmirâble encorde que dans rome triom- piante j & la barbarie gothique , qui defi- rait l*airope en tout genre, fut chaflee l' Italie pour faire en tobt place au boa goût. Les arts» toujours 'tranfplftites de grâce enitaHe, fè- trouvaient dans lui terrain fa* vorable , où ils fruâifiaient tout^ à coup« La' firance , TangleteiTc , l'alleinagne. Te- feagne, voulurent à leur tour avoir de ces mi^} inais, ou ils ne vinrent point dans ces climats, ou biei^ ils dégénérèrent trop vite. François premier encour^ea des (àvansi^ mais qui ne furent que fàvans : il eut des architeâes ; mais il n'eut ni des Micbel-Ân< ges» ni desPallacËo: il voulut ^i .vain éta^ Uir des écoles de peinture ; les peintres ita« UfiCis qu*il appelk ne jBrent pmnt d'élèves français. Quelques épg^ainines S[ie, Moquence» la philofophie , fufïlnt prelque inconnues à une nation , qui aituat des ports fur Pocéan & fur la mediterratié^^ n'avait po^rtant point de flotc , & qui aimant le luxe à l'ex- cès , avait à peine quelques manufadures grofïîéres. Lés juifs , les génois , les vénitiens ^ les portugais, les flamans, les hollandais, les anglais, firent toUr-à-tôur notre commercé, dont nous ignorions les principes. Louis xm à fon avénemèht à la couronne n'avait pas un vaîfleau ; parifne contenait pds qua- tre-cent-millc hommes , èc n'était pas dé- A 3 " coré ê LOUIS xry/ ^ xori âe quatre beaux ^<£fties j les ^ autres villes du roiaume refléffiblaient à ces bourgs qu'on voit au*delà de kloîte. Toute la nobleflè cantonnée à la campagne dans dci donjons entoures de fojpffe , opprimait ceux qui ailtivent la terre» ' Les grands chemins étaient prefquc impraticables j les villes étai- ent làns police , Tétâî fans argent, & le gouvernement presque toujours lans crédit parmi les nations^ étrangères. Oa ne doit pat fe diffimuler^ que de«> fuis la oégadence de là famille deÇharld^ magne \ la france ava|t langui plus ou moins dans cette faibleile , parce, qu'elle n'avait pefque jamak joui d*un bon gower- nement > Il faut, pour qu*ui| ^tat foit puif&nt, ou que le peuple ait une liberté fondée fiir les loix, ou que Tautorité fouveraine foit affer- mie fans contradidion. * En france les peuples^fiirent eCJaves jus- ques vers le tems de Fhilippe-Âugufie j les Seigneurs furent tyrans jufqu' à Louis xi ; & les rois, toujours occupés à foûtenir leur autorité contre leurs vaâaux , n' eurent ja- mais ni le tems de.fojttL&r au bonheur de leurs fbjets, ni le pouvoir de les rendre heureux. Louis mXRODUCTÏON. t ' L0UÎ5 . Xi fit I^»ucQUp pour la jpvAffkne^ roidle, m^ ritn pour hûlkit4 tions adinira- * • bfes des^utres nations : T im^imériè , la * poudre ^ les gla^s , les télefcoges , le com- ** pas de proportion , la machjne pnempati- que, le vrai fyftéme de T uni vers,, ne leur jçpartiçpnent point ; ils faiiaieçtt des t iiois, peiii^t <][ue les portugais & Tes eipa- gnolç^dlpQlivDeient & conquement de nou* veaux mondes à T orient & à T occident du .inonde connu. Charles-quint prodiguait de* ' ji^en europe les trefors duméxique, avant que qiielques- {îijetjst.dè François premier euflçnt découvert la contreV iitcolté du ca- nada; itiais par Ip j)eu même que fir^tït les ' français dans* Iç-cotnmetMrciftcnt du feizie- me fiëcle , on vit dequdt ils font capables . ' wand ils iont conduits» ,* , ' On fe propgfe ^ montrer ici ce qu* ilt ont été fous Louis 3Çv j &: 1* on fouhaite 3ue k pôft^rite^ de^ fce moflârque , . & celle e fcs peuples, égilement animées d*une lieui%tife erf ■ ^ ^ Lotris xtv. |McIesp«ia^eit f««tnHt^&p«t La vie r'vée de Louis xiv, les particularités de cour & de /on régne ,- tiemirotit uito enind&pla««. D'autres «rtidea fêrontpçtDr les arts, pour les Pûences, pour les progrès de l'efprit humain, dans ce fiédc. Enfe ' on parWa ^.l*é^iCt, ^iti depuis & long* - tems c(i liée au gouvernefnent, gui t^n^ l'inquiette & tantdt le fdftifie ; &. qui in- fiituée pour «ifeigner la 'morale, ft lîwe •' fijtxvent s la politique &atu[ pafliftm lui- tt DE L' E U R O P E ^ AVANT LOUIS XIV. Il y av^ déjà long-tems qu'on poiTQdt regarder l' europe chréd^ioe ( à la ixu>« icovie près) comme une grande republicpie partagée en plufieurs é^s, les uns monar« cJiiques, les autres mixtes j ceux-ci arifto'- cratiques, ceux-là populaires , mais tous cor* reipondans les uns avec \t^ autres \ tous aiant un même fonds de religion^ quoique dvifës en plufîeurs /èâes; tous aiant les mêmes principes de droit public & de poli- tique, inconnus dans les autres parties du monde. Ct^ par ces ^incipes que les na« tion« européanes ne font point efclaves leurs prï£xmiers \ qu' elles rd^edeot les ambaflà-* deurs de leurs ennemis j- qu'elles convien- nent enfem^le de lapréémyinence & de quel^ ques droits d& certains princes, comm^dd l'empereur,' dçs rois, & des autres moin* dres potentats : & qu'elles s'accordent furni' tout dans la fage politique de tenir entr elles^. t» LOUIS XIV. tttdut on'cfits î^ciwiiit, une wbuicc^ rasiic dt |Wi^%>ir9emplok^^scefIè les négociations, mémeau nûKcu de lagfcerrei de entretenant les^nnes ckie Içs ^tres des mtibafl^dey^, ou' des elpioîis moins honorables, ' qui peu- vent avertir toutes, les cours des déroins d*iinc feulé* donner à la fois Talarme à Y curoge ^ ât garantir les plus faibles des in* irafions que le j^us fort eft toujours prêt ^^treprendre. ' "^ Depuis Charles-quint la balance penchait trop du côtéi*de la maîfori d'aûtriche. Cette majfon puiflante était, vers Tan 1630, maî- trefle de l*iefpagne , du portugal ,ÔC des tré- Ibfs de rameriquej kspaïs-bas, leinila- nais, le roiauine ae naples , la bohème, la Hongrie, Tallemagne même (fî ou peut le aire) étaient devenus fon patrimoine 5 & fî tant d* états avaient été re'unis fous un feul fehef de cette maifon, il eft à croire que ï*europe lui aurait enfm été aficrvic. DE UALLEMA^GNE. L*empirc d' allemagne eft le pius»puifl&nt ifoifin qu'ait la france : il eft a peu-près dé h même étendue; moins riefec peut-être en trgent, mais plus fécond en hommes ro- hàîkcs et patiens dans le travail. La nation y. } '. aile- ETAT DE L'EUROPE. ii aUeâiande dl gouvernée ^ peu ^en Stxit\ comme l'était la france foos les preinierf rois capétiens ^ qui étaient des chefs fouvent mal-obëis, de plufîettfs grands vailàux» A d'ua gcand nrombre de petits. Aujoiird'hi:^ foixziite villes libres , & ^'on soutne Im* pénales ,* environ autant de fquveraint'fô* culkr», près de quarante princes. eccléSafii^ ques, foit abbés, foit évêques, neuf élec-^ teurs, parmi lefquels on peut compter qimtlre rois, enfin 1* empereur^ chef oe tçus ces potentats, compofent ce grand corps ger- tnaniqoe, que le flegnrie allemand raitiub* tfiAèr «vcc prefque autant d* ordre, qu*il y avait autrefois de conf^on da^ le goiïver^ nement français. Chaque membre de Tempire â fts droits, fes privilèges , fes obligations } & fa coiî- naif&nce difficile de tant deloix, foulent conteflées , fait ce que l'on appelle en alle^ ms^ne, r élu Je du dmt putliCy pour la- « ^IJb la nation germanique eftiî repommée. L'empereur lui-même ne' ferait *gueres à la vérité plus^ puif&nt, ni pks riche qu'un doge de venife. L'allemagne^ partagée en irâlles librcs*& en principautés^ ne ImSt tu chefdetantvd'états, que k prééminence avec d'ac^&hes^ honneurs , fans domaines 4 £ms argent, A par conféquent fans pouvoir. U 14 xoifis XIV; : { yiUage f k vilk de hamberg lui efl a^EIgnée ièuleniy^t pour iarâîdence, quand il n'en a .p^ d'autre. Cependant cette digi^ aufil Vaine-^ue fupréme, était devenue & puiâ^* te entrt*k& mains des aûtrichi^Bis , qu'on n craJit Sauvent qu'ils ne convert^lèiit en mo« joarclde ab&iluè' cette républi(|ue de j^dbxees. Deux partis divi&ient alors & partagent tnciDre aujourd'Iuii Teurope chi^étiemie, êc &r»touk Tallem^ne. Le preniier eâ celui des catholiques plus. ou nuains £>umis au pape ; le fécond ^ celui iks ennemis de la dominadon ^iritueUe ^ temporelle du pa« {)e et des prélats catholiques. Nous appetr ons ceux de ce parti du nom général de SoteftaiB, quoiqu*ils foient dtvifès en lu- ériens, calviniilet & autres, qui fe hais» jênt entr'eux , prefque autant qu'ils hal^nt fome. Enallemagne, lalâxe, le brandebourg, le palatinat ,. ilne partie de la bohème, de la Hongrie, les étm deJa maâlbn de.bamfwic,. k \E^rtemberg, fuivent. la reiligioa luthé^ n&am^ qu'on nomme évangâzqae< Tpdf les les viÛes hbros impériale^ ont enobraifii eette feâe , (fd a ùaùM {jjus ^ coiiv«ii$bk que la reB^^ cathols^ à d^ peines ja- loux de leur liberté. Les DE UEUkOPE ' M ^ , Les câbuuftesy répandus p^niiles^ lÛAkim iSms qui ùmt les p}u$ forts ^ ne fent ^'ua Dam mé^^e ; Jes eaÈho£(^u€s oo'mpefeitf . U reile de rempire^ & * âiant à leur téte la matfbn d'autricne ; ils étsoc^tâmdqutej^ Mûa- feulement l'aUema^^,'*maîs tous le^ ^tat» chrétiens, fôgâiûent • eiscor^ des |iàies^ qu'ils avaient reçues de tant de guer- rt$ dA^é^i^ fureur par^uUere aux cfaté- ûcm ignorée des idolâtres, & fuite nftaUieii* FW^ne re%rî| do^natique intcoduit^ depuift fi long-rtems dans toutes les conditions. B y a pw^de po^ts de eomroverfe -qvi n'aient taufe oâe gu^r^. tmil^^éi^ les f^îoat éâ^^i^ gcres;(peût-êtrc notie poifteritë) ne pourront un jour cw^prendrè^que nos pères fe fment ^or^ iHjM^elIeinenl^endant l^it d'années^ jea :ptég3i9nt la, paie^ce, . , * En x^$t^ l'em^etbr Mathias étant nK>rt^ idj^fnéuis» le -parti jtt'oteflmt fai-rqftua po^ ôiflpr VeuQipire à lainai£bn d^trich» âc i|i la^ oûmJEnunxoitironiMfxe ; in^iis Ferdin«ié archîdsQde^Bitay |îoafi|[i(deK|atlùas,^n^efl[ ftitpas ff^oiiis éki , empereur. Il étuit^éjt '. roi dr Mieny & d^ iiongrit, par. k dé- isdillaift de, Mrthiat^ & .par ie c^oir forcé we firent de ki ces idnox noiauinf s. • » i# ' . LOUIS* xiv:..* [ * * , Ce Fér<}âlftod lu ccmtmur. ^fliMitfi^ 1»^ partiv preielbi]^ :, il & ^t qucl^-tems le plus ^puifiàot jâ: le plus bç^mcjinqaar^e ae b ohsétieiité, moios^par lui-mâme ^e . fia ji&; Jbock de, £bs deux grands gëoérdi^^ Vtftein ^ TiUy , à l'exempjk ^tettyiOMU. d^ princes ^aia*inaiipn,i^é- rans uns étce gumiers, & l^eureux par le m^ke de <:eux j^ulib avaient choifir. . Cetfqr pmir^nce memçsété^àxi foug»^ & Ul pra^. tcûii23i& les catholiques: Talacoie iut^Mfne^ Sortéc^ufqii'ii RO1110, fur laquelle celitse' -empàteuc A de roi des comaiiiMionne d^ droits dhimenqueft» -ipie la moîadrèr occa« . fi#a'pe«it i:ali|ire t^yfffféeLsé Rointi :'qui àei (on côté pi^tôndait: autftfSais wi droit plue, clùmerique fur Tempire , s unitabni avec la framce coatrfr la maifon d'aûtr^teb Vm%txit des français , les intrigues de route iÀUes , cris, de tous les proteflafts» ^dl4^iîit enfin d«if9nd, (kmtre le génei^alTîUy Ig^fcat^le.de Ip^^ fi célèbre f^ Jimt somtelles maiicnwred àâ^ guerre qne ftcmôi mit en ufage»' ^ui paât • . encore ETAT HE t'^ITROPE. «t wcar^ pfour Ip :c^f-d'c6iivfe (k l'art mb», L'empereur Ferdinand ie vk ei» 1632 prât à perdre la bohène, la habgrie & l*tx» pire: fon bonh^jr le &m%i Giiftave-Adol- j3^e fut tue à M bataille do lutzen, au xndiea 4e fa vi(floire i ^h uiort d*un fmà hûxmne rétablit et que ki feûl pouvait détruira» « La politique de la inailcm d'autriche, qui avait fucçomb^fous le« annes d' A lointeà la difficulté derétf- pir en peu de tems fous les mêmes étendartt tmt de peuples différens, les mettait i-peu* près comme aujoiu-d'hui dam l'îfiipofïîbîiité de porter & de foûtenir longtems l& guerre chet Içuis voifets.^ Auâi-^fl prefque ton* jour» dans l'empire que les frart^sont fait la guerre contre l*tiwpîre. " La diiFcréttce du goirvemement de du génie rend les fran- çais plus propres poiu* l'attaque, Si les alle- mrois pour |a défend» • DE L^ESP'AGNE. - t' efpagne ^ gouvert^e par la branche at née de la maifon d'îfàtfiîche , avait i<^;^)ftié :^ès la mort de iUiftcF^ de fon a^eu quinze-cent nûllk)us, qui font aujoord'hidl' plus detfois^miUe-n^llioaè^enûtt-enidnoie, pour aflêfvir la irance; & pour regagner la -Jioliande.: ;Mais vfest-.tréfors ne ièrvirent eputfer d'habitans , *par les nombreufes colonie que V avarâ:e tf anfplaatait ésuis le nouveau mondes & ce fut dans ces circonî^ /Imicesque ce roi clâfSi de fes états près de fem-cens-nrilles maures ,* lui qui mirait dû au contraire en feîre vwiî^^vai^ge f s'il eft vrai que le npmiNre des iîi^ts foit le tréfor B 2 des M» iQUis.xnr. V idi monarques, VtÇpÈfmt ht pi^imtjàik &rte <}^uîi ce tems: ht fioté oîfive œs ha« bîtftns kî^ paffèr ^n d*mitres .mamt:le9 m^ die&s^ dii nouveau moi^ } ?or du péroa devint le partage de. tous le» marduauk d# Teurope : en vsôn uneioti févâ« A:-prdK{ue toûjoiars ^xécut^^ ùstmc les ports de Tamé» rique espagnole aux- huîtres nattoits ;. ks td» gocians de ftkiKe , d'angleterre , d'kaiie, (diargeni de kucs mmrchaiidiiôs lea ^ioaai en rapportent le prfndpal avantage^ dcx'eft pour eux que lepérou dcle médqie ont ité «onqës. • . ta grandeur ^eipagnole ne fut donc plus {bus Philippe m, qu'on vafté eoips £um lub* fiance^ qui avait pks de r^t;^tioa ^e d# force, * ^ - HiiKppeiv, h^itier de la fkibWIê de foa pércy p^dit le portugal par Ùl négligence^ le roumllon par la &iUeâe de &s srmes, ds ia Catalogne pàrl'afalis du de^potifine. Ceft ce même roi , à qui le comtMucd'Olivarès^ fon &vori & ion miniftre, fit prendre le nom de grand à £dii avesenient à la cdbron* ne, peut*^e pow l'exàtèr à médttr ce ti- tre, dont il fut fî indigne, que toitf ij;^ j^% etait9perrQimefiV)& le lui donner. DeaMi r^ ne pow^ieit être longtoms lieureiix dam leurs guerres (xmtrekjnnoe. Si nos divî» ETAT |IE If EVROPR ai • ■ ^ibvi&Mis'd: fioc faam leur dotmaiëiié qael« xpa avanta^, ils en^p^daientle inôt p« m^ kicapddt^. Dej^^ilsoommvidaient à des peuples qi|r leurs privilèges inettOBient «« dnStl mlfervir j k cÂhm .vaiem k prérogathre de«ne point cc»nbattt« Jiors de leur patrie; les -aiittgonoi^ ^^ntaient fàxis eeâê lear Hberté contre ie confeil roial; & les caiakâ» , qui reg^Kki^t leurs to^ cmtime ledrs eonenûs, ne lepîr penaettatent pas màne de kviir "des iiûilices dansleors provinces. Ainfi ce Itrâiroiaume étSk alors peu pmilànt au -dehors 6l it^iféralfle m@r , -était ^puis ex^viron mi dçnai-fiécle; ^n éxeiTjiple pr^ue, unifie fur la terre > d^ ce qn^ peuvent TaiaKiouir de la liber|j|^ dt U travail infetigabJe.^.Çes jpeuples pî«.ivres,pet^ flojQbreuXyb^n nioim^aerris que lesinoin^ ^ Wilice* iefpqgfyîlcs, & qui i^'^tdim .'wm|i;e§.e^o!:e.pouc,piepL dans reuiCQpg^jç? . J(îft^îli^ à tout^%Jl^rcc& de leiyrip^jltte^ de^ieur tyrap Fjbiljppç m. j ilud^^ne k^ deA feins d^ plui^i^urs pânces l cfii yonlai^t l^ fecourir potar le^^eÇ^ir^ & fondèrent nne piMiïànce, qiie nou§L.siVon$ v^. balancer le pouvoijhde î'efpagne même. Le défefpoiç lJ^'ini(ûr«' U tyf^^aià ks avait d'abQrd/^r- tf^sf h; ljyber(4r^aj^e!^. leur çc^ti^^g^, 4^ Ifs^pfi/ncgs de 1^ SMJÏbn d'orange eu avaient. fait d^exceUeu^ ibldats,, A peine vainqueur* B 4 de goiiverneaient, qm ccNUTcÈrtp . ^^ qui! ^' ^iS^\ î^^alité, te ^it }bi)ltïs mcurdl cbs hommes. • | x. La douceur 'de ce gouvèrâl^neiit & laidlh lér^ûce de tjputiM» leg mâméres 4'ddûrcr Die«i(.. . dfmgereufe peu^^tcp ailleiirs/ ipai^là néoeff^ faire^ peuplèrent la hollande d'une fovle dctr^ngerSjA fur-toj^tf de xfrallons,^^ue.lin- tipfîtioh pecfécutâii^dans leur ^tâe , & qui tfefclaver:dcyinrcnît dkoiei^. ■ La ritgk)^ c^vjfùfle, dôhiinaitt dteis li' Kollahde , ienât enc#le à fa^^uU&ncâ Ce p^fe* alor*]^ pausofe, n'SttBraît pu lui fhfïîré^ k^ la LqBgnifîcence dès .çrelats, iii nourrir des ordr^ neligtenx.^ Se ^tte terrfe où il 61* hit dss l^mme»^ n^ pouvait a^nvdne ccsiSâc* qoi s'éngag|nt par/ecfiklEfit à kâifer-poi^y autant ,qu' H ef^ ^n^eux^ Te^ece humainè^i Oln^vaiti*eKemplede4lMi^kterre, qoii^tait'» d*tm tiei^ -pli» peupl^^ c^pi^ que les 3cm« iiiftre^-des tjfftm jouirent de la douMta: du mariage , & que lif ^S^êf:9xcit% des familles nVtaienf point eoievel^ ^é^m Je câibai^da - doître. ♦- '' • ; - Tat«lis que les lK>lfimètffcetaUtf&ieht,tes trmé« à la uiam , àt gtMtveîAeineiit hod^eoâ^ ils le ^tenaient psr le'fli^oce^.'* Ils iHârtvà anilq^èf aufond de T^fic ces mêmes maîtt'e». ETAT ÛE t'EUWDPE. » qtd joiflffii^'fdors des ihfewvtiieifttet pop^ t^^ } Ht Icftr aiAe^^rmt les îles où eroiA iè^ CCS épifeeiies*pr^eufe», trefon auflî fécls^que ceux di^ ûerou, & dont la cuhiire «A aufii fal^àird^i la iimé, <]ae le travail ét$ «%es - nie 9 mms monarque mal confeilié : iLs'ei^ gagea dans une guerrexivile , , <}ui lui iit pf^r qre en&i' le trône & la. vieJfur un-edusaùt.^ jpar une isé^olutioii prefque inouïe. - ^ ,>r Ce^e, guerre civile, commencée dgm In mmorit&de Louis xiv, empêcha pour woi, Ums l'anglilerre d'entrer dans les intérêts 4^ . les voifins: elle pH'dit ià xx)n£dératiorv avec ion bonheur : .ion commerce fut interr^m* pi; les ai^e» nations la crurent enièyelie ibos fes ruiner, jufqu'au ttm où elle de^ônl; :toat-àKKHip plus founidàl^Iç que jamais fou& ]a doniin^ipn, de Crom^el, qui l'âflùjettit f n portant Tevangile dans um main , T ep^, dans Tautrç,. le mafque de 4a religion fur le vi&ge> ôc qui dans Ion gouvernement, cou« vrit de& icpaat^s .d'un ff^m^d jcq'i tous les crin mes dfim u£jfpaitetir. ., DE ROME. • > Cette takwce, que Tangleterre s'était longtems fiâtée de maintenir entre les rois par Ùl puii&fu^, la cour de.rome eiCuait de la ^ ife , comme aMjôu^huî , en plufiéurs fou- >NSK^«éèi cellfe i- ^aÛQQ; il r^t tsn tribut ^fi r^v^u^ iti8 X|v ^ è*aA lapier- fuafion dana kq^ielle- las TéligkM toiâmeal^ cei^ t?otisyà'éti>&, iq^ii'ils font it^^ dà roii «vantque d*ttre fepviteurs du pape; - îLÀ ju- ritfdldHon V ce( Là lirano* mêim ^ -m^gct tûl^es'fef liberté^ dewQr}ues f i! ief|9tt de leur gy^veni^ilieilt. i«e cardinal B^|)erin , au« teur de ces^troub^N^- marchait a J§ ^éte 40 & petit#armée #vec 4^8 îndiilgençes. \ ;L4 plttsfjbrtebataîllç^ cpii. fc dpnî>a , lt|t entr^ quatre ou'\Rnq-cens ]|onun€^.>i^ ^ohaqp^ parti. ETATDEUEUROPE si Sttl • La foijereflé de piegaia (è rendit à crétîon , dès qu'elle vit approcher Tartil- ' lerie ; cette artillerie confiflait en deux cou^ levrines.^ Cependant il fallut pour étouffer ces troubles , qui ne méritent point de place dans Thiftoire, f]^s de négociations que s'il s'était agi de Tancienne roine & de carthage. On ne rapporte cet événement que pour faire connaître le génie de rome moderne, qui finit tout par la négociation, comm^ l'ancienne rome«jSniiIàit toi^t par des vie* toires. Les autres province d'itaiie écoutaitecit içs intérêts divers. Venife craignait les. turcs & Tempereturj elle défendit à peine fes états dç terre-ferme , des prétentions de TalleiTiagne & de Tinvafion du grand-lèig* neur. Ce n'était plus cette venife autrefois la mâitreilè du commerce du monde 5 qui cen,tauf fës ; ils ignoraient les fcienCes ai tous es arts que le luxe a fait naitre } iitôis ik étaient fages de heureux. ' DES ETATS DU NORD. Les nations du nord de. Teurope, la pô- logne , la fuéde , le danemardt , la niolco^ vîe, étaient comme les autres puiflSœces^t toujours %n défiance ou en gu«fe entr'elles, On voiait, confune àujoiard'hui, dans là pô^^ logne les mœurs & le gouvernement de» ;oth« & des franés , un roi éledif » àe^ no^ Jes partagcans fa piriflânce,un peuple efcla- ye , une fiïîblc infanterie , tane cavalerie compo^ de nobles, point de villes fortî- .'fiées y^reique point de commerce. Ces * ^ - ' peuples ETAT T>E..VEUKO?E. .35 ^^«iipàes létment ^tntat attaques par les fii^ .dois; on parles moicovites, & tantôt par lc& turcs. ' Les iuMioîSy natioa pK» libre encore par ù, cot^tution, qui admet les paifans iiieme dans les àats^n^aux , mais alors plus foumiiè à Tes rois que la pologne, fureat vidmieux pt^fque par tout. Le Dù^- nemarck, autrefois formidable a la fuéde, ne l'était plus à' perfoime. La moicovie n*etait encore que barbare. DES TURCS. * Les turcs n*étment pas ce qu'ils avaient été fous les Selînis, les Mahomets, &.lù$ Solimàns j la moUeflè corrompait le ferai! ^ fans eà bannir la cruauté. Les fiiltans étaient en mejne-tems , & les plus deipotique^ des fouveraîns, & les moins affiurez de leur trône & de leur vie, Ofman & Ibrahim ve- mà^atât mourir par le cordeau. Muftapha .avait été deux fois dépofé. L'empire turc ébranlé par ces fecouflfes ^ était encore att^ que par les perfans j mais quand kê perfans le lâà&îent refpirer , & que les révolutions duférail étaient finies i cet empire redeve- nait fonnidableà la chrétienté; car depuis l'embouchure àvt horifthène jufqu'aux états de vemfe; ^on voiait la mofcovie^ la hotv- > ' C a gric. i6 LOUIS, xrv^ : j grie^ lagréce, les îles y tour-à-totù: jenproip aux armes des turcs : Sa dès ran|i6409 ik fai&çnt conikinmeiit cette guen^ de candie fi. funefle aux chrétiens» , ^elkff étaient la fituation , les forces, âiVmtérèt des principales nations européanes , vers le lems de la mort du roi.de france Louiaxui. SITUATION DE LA FRANCE. La france alliée à la fiiede, à la hollande^ à la favoiç , au portii^ , & aiant pour elle les vœuj^ c^s autres peuples demeurés dans Tinadion, foûtenait contre l'empire &re- Ipagne, une guerre mineuTe aux deux partis, ^ tunefte a la maifon d'autrichc. • Cettç guerre était femblabk^ à toutes c^es.^vii fd Font depuis tant de uecles entre les princes chrétiens ^ dans lefquelles des inillions d'hommes font faprifiés» & des provinces ravage'es , pour obtenir enfin quelques peti- tes villes frontières , dont la poflêmon vaut raren\ent ce qu'a coûté la conquête. , . Les généraux de Louis ^xiii avaient pris le rouflillou y les catalans vendent de fe doimcr à la france, protedrice de la liberté qu'ils defendaidtf contre leurs rois } mais ces fuccès n'avaient p^ êmpéché^ que les en** j^mis n'euilènt pis corbie en léyi » ^ 3c oç fuffent ;. -> ETAT ETE L'EUROPE. 57 &fl^t venus jufqu'k pontoifc. La peur «rat dvaffé de paris la moitié de fiw habî- tans; & le cardinal de Richelieu, au milieu de fes vaftes projets' d'abâiflèr la puifïànce autrichienne, avak «té réduit à taxer les por- tes cocheres de paris^à fournir chacune un kquaî« pour aller à*la guerre, & pour rc- pouâèr le& ennemis des portée delà capitale. Les frcônçais avaient donc fait beaucoup de mal aux espagnols & aux allemans/ & tt'en avaient pas moins eflîlïé, MOEURS DTJ TEMS, Les guerres avaient produit des genoux* îfluftres, tels qu'im Guftâve-Adolplie, un Valftcin, un duc dfe veimar, Picolomini, Jean et Vert , le maréchal de Guébriant , les princes d'Orange, le comte d'Harcourt. Dts miniftres d'état ne s' étaient pas moins Cgnalcs. Le chancelier Oxçnftiern, le com- te duc dOlivorès, mais fur-tout le cardinal duc de Richelieu, avaient attire flir eux l'at- tention de Peurope. Il n'y a aucun fiécle qui n'ait eu des hommes d*etat heureux* pafle pour le pJus grand , et le pù«^* blic attribué fouvent au iiîerite tous les fiic-» ces de la fortune. ^ La guerre ne fe fmùtit ,pa^ comme nous Pavons vu faire du t^m$ de toms xiv ; les années n^e'taient pas^finofrjbi'ettfesr aucun Î général, depuis le fiege 'de metz p^ Char- es-quirit, :në s*était vu à la tête de cinquan-, te-naille hoiYuiles : on affiégcait ^"^ on de- fcndaîê les places "avec moins de canonk^ qu*aujourd'huî. L'art des fortificatiom était encofedans fon enfance. Les piques & les ar- quebufés étaient en*ufage; on fé fervait beaucoup de Tepée , devenue inutile aujour- d'hui. Il reftait encore , des anciennes^lôix des nations, celle de déclarer la guerre ;'^âr un héraut. Louis xiiî. fut le aernicii'quî ôbferva cette coutume;- II- envola uhJiéraut- d armes a bruxelles , déclarer la guerre à l'e- fpagne en 1635. . : .'= • Rien n'était plus commun alors (^de voir des prêtres commander deg armées, t le cardinal infant , le cardinal de favoie ; Ri* chelieu , la Valette, Sourdis archevêque de bordeaiHC, avaient endoffé la cuirafle, &fait la guer^ eux-mêiîles. Les papes menacè- rent quelquefois d'excommunication ces prê- tres guerriers» * Le p^e Urbain viii. facile contre la france , fit dire au cardinal de la Valette, 1» ETAT DE^I/E^U«,f)PE, ^ Valette, qtfîi le d^povfilkfBk èx c^ir^in^ati $*il ne qmttait 1<$ aripe^j^^ mais rév^ a^^jEsc Jb| fiance, il le combla de bénedi4Hûm. Les ambafladeuiiB » noii moînf 4piniûret de paix que je» ecclefiafHquf s » fip fiaient BuUe difEculté de jfemr daiis les ^meçs dc$ puif&nces alliées , $uptès deiquelles ik ëtai-» eut emploies. Chnrnace , envoie, de fronce en hollande , y cqmmandait im r^iment en 1637 ; & depuis mém^ , T ambailMdeMr d'E* ftrade fot colonel à leur fervice. - .. La france n'avait en tout qu'ennroQ qua^ tre-vingt-mille hommes cffecftifs fui^ pied, La mârijie anéantie d^NÔs des fiécles ^ réta- blie un jpeu par le carmnal de Richelieu, fut ruinée fous Mazarîn, r homs xdij n^'avait qu^enviroh quarame^çînq millions réels de revenu ordin^iire ^ m^ l'^argeut élût à vingjU fix livresi le marc : îces qtermte-cinq millions revons^ent àenviron quatre*vingt cinq millions ,de ce tems, où h viûotiç ^bitrairé du n;tarc d'aigem efl poufïee fqfqu'à quarante -neuf IWres &, demie ; valei^ num^aire e^orbi«t tante , je que Tintérlt public êc la jufhce de* mandent qui ne foit jaij^ais augmentée. Le co^nmerce^ géiieraleméut répancki au** fourd'hui , était en très-peu de mains ; la police du roi^imt; étsjit ©atiéreipent negli-i' ' gc'e, pr^nre certaine .4*uue adm^iiVatioft C 4 peu \ 40 LOUIS XIV. peu hçureu^ Le çai^dinat tift* RidMtai^ occi^ tie fa propre grande»: attachée k celle de rétai, avait <^mmencé à rendre la france formidable au-dehors , fans avoir en- core pu la rendre bien florifl&nte au-dedam.- Les grand* chemins n*^aiént ni réparcs, ni rardés } les brigands les infeftaient j les niés . le paris, étroites, mal pavées, & couver- tes d'imitoondices dégelantes, étaient rem- plies de voleurs» On voit par les rcgiftres du parlement, que le guet de cette ville était réddK alors à quarante-cinq honîmes mal paies, ic qui même ne fer voient pas. - E)epui8 la tnort de François h , l^ fraliica avait été lt>ôjoitf8 ou 8échîrëe par dfes guer- res civiresf, ou troublée pai" des fanions* Jamais "Ic^joôg n'avait été porte d'une ma- nière pailible A volontaire. Les faigpieurs avaient été élèves èms les* conQ>irsdom; c'était l'art avait pas juiqifaux paroifïès de paris qui n'en Vinilent aux mains ; les procefliofls fe battaient 4e$ unes contre les ' autres , pour l'Jionneui' dç 1CIU*8 ETAT DE L'EUl^OPE. 41. leurs bannières. On tvmt vu feuvent lei' chanoines de notre -daine aux prifes avec ceux de la faintc-<:hapelle:- le parltti;ient & la chambre des comptes «'étaient battus^our je pas, dans Téglife de notrç-dame , le jour que Louis xiu mit fon roisEiume fous la pro* . teâiitfn de la via*gc Marie. . i^reiquc toutes les tûminunaute»du roiw- me étaient armce» j prefque-tous les, parti- culiers refpiiaient la fiu'eur du duel. Cette barbarie gc^hicjuc , autorifee autrefois par les rois même, .& djsvenuë le caisgcSére do la Tiation , contribuait encore autant que le» guerres tiviles & étraij|jéres, à dépeupler le pais. .Ce neft par tr^, dire, que d^i^^s le cours ée vingt années, (^nt dix avaiciU cté troublées par la guerre , il étmt mort plus de fiançais de la igp^^des fi^nçai^ uieine, quelle celle des ennenf^s. Otf ne dira^i'ien iq de U maniéç^e dont les arts & ries icienccs étaient cultives^ on trouvera cette partie dç l'^fiiftoire dé nos mœurs à ià place* On i:çmàrquera feule* ment que la nation françaife était ,plongée dans r ignorance , fans excepter ceux - qui croient n*étre point peuple. On conlultait les aftrologues , &. on y croiait. Tous les mémoires d^çe tems-lài à commencer par T faiftoire du préfident de C s Thou, 4» LnUlS XIV, f^ott, foat remplis de prédiiSMons. Le grave &, févà*e dw dé Sully. rapp(»te feri- ét^onent celles cfcà fiirent faites a Henri iv: dette crédulité , la n^rqiie la plus iniàillible; -de l'ignorance , étfût fi accréditée, qvCoîi •eut foin de tenir un afbologue ci^é près de la chambre de la reine Âime .d*afitriche*i'«Au fâiMnent'dIe la imi&mê de Louis xiv. ^ Ce que roncroira à piîne, Se ce qui eft pourtant rapporté {»r Tabbé Vittodo Siry , Mteur ccmtoiiiporain, très-jn(biiit } c'eft que Louis xitt eut dès fon enâmce lefurnom de jufte-, parce rtilége6: onen faillit -uii point ^e religi- on ; Ton ne voiait que des prêtres qui con* fm^ient des dénués. . Les tiibunaux/com* l^^lfés de magKkats, qui devaient ^e plus ëclaifés ' première démarche de ià veuve Aime d' 01^164 triche , lot de £dre aimuller \^$ volontés de fon mati, par un srrcÉ du parlement de paris. Ce corps , loqgtems oppofé à la * cour, & qui avait à peine coiâervé fous Louis, la liberté de iàire des remontrances, cajQfa le tedament de fon roi, avec la même /adlité qu'il durait jugé la caulfê d'un citoien. Anne d'aûtriche s'adreflà à cette compa^nîi;» poiu- avoir la régence illimitée , parce 4ns^mielque vrailcmblmtce, émtiÉne le-tu» tertr des rois , & chaque c<^eiller erut*êtife .ime partie de la fottverainet^^. ^ Pa^léméine arrêt Gafton duc d*Orliwins, fréife Idù feu roL ^ietit le vain titre ée lieuteitiit^ ge^al du ^roiamtie fmi$ la t'é^nte abfoluèV^ - Anne d'aûtridie fut (Aligne ^^àibord de continuer la guerre contre lé toi d'efpagne ; ' / • - •• Philip^ *' * teertànirt, dam (on hiftôire de Louis ^rv Jk «jue le-tcftathéht de Louis x:în fut vérifié au ^BOtl^oenti Ce qui.ttoapg.ce» écrisrain, efeft ^ttVti efFcç Louis xin]diVjfk jàéc\^,téW*x^^M- jcnte; ce qui fut coniiripé: mais il.a.vait liipijp Ton autorité, cequTfuî^cafle, " ""** MINORITr. J?hiUppe vr foh frère , (pi'eHe^ahnaît ll'«ft difficile de dire preciréinent, pourquoi l'oa fallait cette guerre ; on :^ demandait rien à l'efprt^ie^ pâsniéme knayai^re, quiaiu^ dû être le patrimoine des rois de francd. On fe battait depuis 1635 > ' P^^ ^ue le car- dinal de Richelieu l'avait voulu , èc il efi.à croire qu'il l'avait voulu p^ui* fe rencfce né- «fflàire. Il s'était lie contre f empereur avec hb ftté4e, & avec le duc Bernard de faxc* •ireimmr, l'un de ces génénmx que les itali^^ nommsdent oondottieriy c'eft-à-dire, xfSa' vendaient des troi^es. H attaquait auffi la Jbr^icheditrichiena&^eipagholeujans cesdiic provinces que nous ^sipellonk en^enénil du nom der^âaadre ; 'xSc il^anrait; partagé avec les ^ollancbis alors^ nos aiIi«Ri>,i: cette âandne qu^on ne conquit point. - * ,, Le fort de la guerrç était .du côté dék^ ilandre^. les troupes e^ag^oles forfeirent àsé firontiAresWiu hainaut au nombre de vingt* fix mille - hcnnmes , £du$ la conduite d'un vieux zenéral expâîmenté^ nommé -doa Francifco de Mélos. U vinrent r^ager le» frontières de Champagne-: . ils attaquèrent rocroi , & ils crurent pénétrer bien-tôt ' jusqu'aux portes de paris, comme ils avaient fait huit tmsaimaravant La mort de Louis tnty la faibleUê dune minodté!^ relevaient leurs 48 LÔUîS Xm jeurs efpé-ances'; Su ^and ils. want ^'^ jne lem? oppofait qu'une année inférieure en nombre, commandée par uiR jeune hom- élie de 21 ans, letu eipérance fè changea en fccuritë. Ce jeune hoixiniç fcns expérience, qu*il$ méprifaient , otait Louis de Bourbon alors -duc d'Enguien,* connu depuis foiis le nom du grand Condé.'- La plupart de^ grands ca- pitaines ibnt devenus tels par dégreg;. Ce •prince était né général ; l'art de la iguen^ * femblait en lui 4Ui inftinâ: naturel: u n'y savait en europe que Im fSc le fuédots Tor- ifenfcMi, qui euflènt eu. à vingt aQS fut la féconde vidloirè'de ce prince^. Merci décampa quatre jours après.. Phîlijfebourg & mayence rendus * furent la preuve <5c te fruit de la vidoirc. Le duc 4'Enguîen retourne à paris, reçoit les acclamations du peuple , & demande des récompenfes à la cour j il laifle fon arm^e au maréchal de Turenne. Mais ce gén^- • ral> tout habile qu'il çft déjà, eft battu à Y>^»linarien^L - Le prince revole à l'armée, re- * ^^'prend le commandement & joint à la gloire de commander encor Turenne , celle de I reparer fa défaite. Il attaque Merci dans les ,5^y,plaines de norlingiie. Il y gagne une ba- taille cômplette. Le maréchal de Gram- mont y eft pris, mais le général Gléen,qui commandait fous Merci, eft fait prifon- ^ nier , & Merci eft au nombre des morts. Çt général regardé comme un des plus rrands capitaines, fut enterré dans lé champ le bataille^ & on grava fur ià tombe j fta^ viator^ heroem calcas: arrête, voiageur, tu foules un héros. ^ Le nom du duc d'Engmea écKpfeît alors i64é.tous les autres lioms. Il affi^ea enfiiite dunkerque à la vue de Fannéc efpagnole » & : ' il MINORITET. 98 . il fîit le premier ^ eâ:s à la conc, le fai* fai^at q^aindre du ininiûere autant, que des ennemis. On le tira du théâtre de ies con* quêtes^ & de fa gloire ^ «Se on Tenvoia to Ca- talogne avec de mauVaifes troiçes^ mal paie*» es} il affila lerida, & fut obHgé de lever leiîége. On raccujfedans quelques livres, de fanfaronade , pour avoir ouvert la tra)i-i547, chiée avec des violons; On ne favait pas que c'iKiit Tufage en efpagné ^îpn^tôt les affaires chancelantes forçaient la -COUP de rappeller CoïKié en ilandre. L'ar* chiduc Léopoîd, frère de l'empèreitf FeN ' dînand m , aflîégeatt Jens en artois; Cônde rendu à fes troupes qui avaient toujodrs^vainA oi fous lui, les mena; droit à Tcrdûâuc* C'était pour la trdifiéirie fois qu'il donnait bataille aVec le davantage du nombre. > Il dit à fes foldats ces ièules paroles : /^nds^fo»' venez-vout Je r ocrai; de fribourg f$ Âic tmr* Umme^ Cette bataille de lens mrtf le coin- Uà& gloire. Turenntetttrhormeor^ cette journée d'aider puifl^ment le prince de Conde, &; de jco^ibuer à uneviâoire • qui pouvait 1* humilier. Peut*etre nefut4l jamais fî grand qu'en fçrvant ^infifoui.eiiuile. D 3 ' Il ii toyis> XIV. ^ ^U^dégi^^ iiH-niéme le marédial jdè tout Granunoiit, qui pliait avec Taile gauche; .il *M- pnit lé générai Bcck. Uatcfaidùc fe fauva à peine avec le comte de £ueafaldagne. Les impérimiX'âc les eipagnols^ qui compofaient celte arm^ , furent diffipes ^ ils perdirent plus de cent drapeaux , trente-huit pièces do canon f ce n lemr tua trois mille îxoinines , le refle déferta, ôc Tfrchiduc demeura iàns armée. ^ -. .'li^andÎB que le prince de Conde.* com» ptait ainfî les annâs de fa jeuneflè par ^Jgs' viâoires, &, que le duc d'Orléans, tcmMe Louis jciii , avait auffi'ibutenu la réputaticm juin, d'un fils de Henriiv & celle de la. firancô^ * ^^ par là prifc de eravelines , par celle de cour- i644.tcai et de marcw: le vicomte de Turenne avait pris landau ; il avait fchaflé les eips^nob de tr^es & ràabh Meâeur. U gagna avec les fuédois la bataille de U« vingen-^ celle de fommerhaufen , ôc con-' ^v- traignit le duc de baviére à fortir de Tes états '^'à l*a^e de près de go ans. Le comte de 164^. Harcourtprit balagiiier,& battit les e^gndk 1646. Us perdirent en Italie portc^ongone. Via|| vaiflè^mx & vs^ ^léres de frsuce, (]p , , i cc»npo- * fon père était 'mort en it^é. MINORITE'. 51 tàa^^^'snt prefque tdittela'nimneyi^biblie par Richelieu, battîrept la^Aote e^àgoolé ftir la côte dltalie. rv/îr Ce- n'était pas fout ; ,les armes fibnçai&t avaiient encore envahi la- lonrmne for le due Charles. IV, prince guerrier, mais înoonflaiit; impiident & malheuraw, qui fe vit à Ja fois dépouillé de fon état par la frano^iâc retenu ^rifonnier par les elpagnok. ^Les^^j^^j alliés de la france preflàiait la pui(Iààc3e aû^ 1644. trichienne au micu ôc au nord. Le duc d'Albûquerque, gén^l des portugais, gagna contre V^agne la bataille de bad^ox. Torynwn flenfbn défît les imperiauxprès de tabor,.&* ^ remporta une vîôoire complette. Le prince d*Orange à la tête des hollandais , pénétra julques dans le brabant. Le roi d'efpagne , battu de toos cot^ , volait le roulSlIon .-,: ■• -' M-iKORrrr. 5? ; CHAPIltE TROISIEME. ,;" Gir^RilE CI VILE.' LA * reine Anne d'aiitrîche , régente . abfb- .luë, avait fait du cardinal Mazafîn, le maître de la france, & Iç fîen. Il avait fur elle cet empire , qn'un homme adroit devait avoir lur Une feitime nce avec allez de fai- bleffe pour être dominée, &: avec afTez dé fermeté pour perîîfter dans fon choix. On lit d?n8 quelques m^n^oiires de- ces tems Jà , que la reine q^ donna i^ co^Sm^Q à Mazarin y qu'au défaut de Potier^ dvé^ de beauv^ 3 qu'elle avsût d'abord choiiî jpo^r fon minime. On peiyitiCet evéque cpiî^mf un houuiil^ i)Qx^pa)»|iÇ^ il eQ: à croire q^'il f'&ait, & que k rcinç ^e^e^'en était fervi^ quelque tems que cpmsmç d'un fantoinei pour: n^e pis efiaroiicli^r d'abord la natipA par le çh^ d'un feccxad cardinal &, d'u^ étranger. Mais ce qu'il n^,f^t pas croir^ c'eft que Potier eût commencé foQ nvniftâre paf&ger par déclarer aux liollandais : ^u'if fallait 4]u'Us fi fiffint eathoUqms s'ils ^0u* Unent Mfnmrer dans l' alliance de la fronce^ U aurait donc dû &ire la même propofition D 5 aux r • yg tcncjis 3HV. âisr^fefelok ftc^ue tôt» les iûft»cfeâ*rap- pcMtent cette abfurditiJ, gpr.ce aulls Tont lue dansies mémoires des coùrtâSks & des fr^ndeiiFs. -^ U^y^a que trop d^tmks dans ces mémoires , ou falÛies par la paffion , ou rapportés fur des bruits populaires. Le puérile ne doit pas étire cité, & ràbfurde né peut être cru. , Mazarin ufa d'abord avec modérallbti de là puiflance. Il faudrait avoir vécu long- tems avec un miniflre, pour peindre fon càraélcre , poiûr dire quel degré de jppurage ou de faibleflè^il àvâît dans refprit/à quel point il était ou prudent ou fourbe.- Aînfî fen* vouloir deviner 4e qu'était M^arin , ôif fearfeulemem ce qullfit. Il afieéta darat lés coimnenceincns dé fâ grandeur',- autant de fimplicité que ^chelieu avait déploie de naùteur. * Loin de prendre des gardes & dç marcher avec un faftè roial, il:eut d-'abord le train le plus modeflé- ; il mit de l'àffabu 4îté & même de h moHéiTe par-tout où fon prédécefîcur avait fek paraître une fierté in^ fléîdble. La reine voulait feîre aimer Ct régence dt fa pètffinne , de la cour ôc dei Seuples, & elle y réuffiflaît. Gafton, duc 'Orléans, frère de Louis xiii , et le prince deCondé, appuiaeht fon pouvoir, *<5tn*a^ Vatent d'émulation due pour fer*ir l'étet, i U MINOÏi;iTrj 59> n ialkit à&^ in^pôts potu*. £ûâÉ^ûr Jai guerre contre l'efpagi^ & contre Y empic^ 0a en établie* ipielqoes^ uns, faien inodérés? &ns doute m comparaifon de ce que nou9t avons pàlé d^uis , ' le» beloins^e Ja monarchie* , . ' -i ' Le paiiement en poilèffîoii jde vériHér les)^ édits de ces tîffies, s'oppofâ vivement àr^dît 4ii tarif 5 il acquit la confiance des peuples ,» par les contradiâions d^ht il fatigua le mi-^ aUlére. . » Enfin, douze charges de maîtres des re- vêtes nouvellement créées , & environ quaCre-xrâgt lÂille écm de gages des com-! ^agnies &périeures , retenus ^ foulevérent toute la robe, &, ave«la rol^ tout paris^ cû tf ferait à peine aujourd'hui dans le roiau^ me la matière 'd'une nouv^ , excita alooi une guen-e civile. > Brouâèl , con&iller - clepc rde i la grande chamln^e, inniime de ntiUe capacité, & qi4 n'avait d'aide mérite, que d'buvrir toûjoi^i les avis cootTQ la cour^a^t été airété^.Jk peuple en montra plus de. douleur, Iqilftrlli inort àmi bon roi n'en a jamais caufee. On vit renouveller les barric»ies de la Hgue$ h £eu de la fôiition parut alhuné dans un ior ùsoktyâc diffidie à éteindre; il fiit attifé parla main du coadjuteuis depuis cardinal deReti» c^eft . *^ ^ LOUIS XI Vc tfeft le pretn^ lévâque, qtd- éi'^t uae gaçtre civile ions avoir la religion pour pré**; t^tte. Cet iiômme fingulier sjefl peiat lui* memeiknsfesménic^es, ^critt>avéc un air xfe grandeur, une impàùofîté de g^e, Se une'in^alite, qui fcNEit rimagejc>de fà cc«b* duite. C'était nn homme qui mmes de loi , qui tous pour avoiç acheté leurs offices de robe, priaient tenif la place des con frère du grand Con- dé) auffi jaloux de fon aine, qu'incapable àc l'égaler ; le duc de Longueville, le duc àe Beaufort , le duc de Bouillon , animés par rdjprit remuant du coadjuteur & avides de nouveautés ^ (è flâtant d'élever leur grandeur fur les ruines de l'état, & de faire fervir à leurs deflèins particuliers les mouvement aveugles du parlement , vinrent lui offrir leurs ferviœs. On nomma dans la grand'- chambre les généraux d'une armée qu'on n'avait pas* Chacun fe taxa pour lever des troupes : il y avait vingt coni^liers pourvus de charges nouvelles, créées par le cacdinal de RjcheHeu. Leurs confrères par une petî- tc0e d'écrit dont toute fbciété eft fufcepti- ble ,femblaient pourfiûvre fur eux la mémoi- rf de Richelieu ; ils les accablaient de dé^ goûts, & ne les regardaient pas comme m^nbres du parlement : il fallut qu'ils don- naient chacun 15000 liv. pour les frais de la guerre , âc pour acheter la tolérance de ■ leurs confrères. La grand*-chambre , les enquêtes, les re- miétes, la chambre des comptes, la cour CCS aides, qui avaient tant crié contre un impôt fdble 6c riécefEdre , qui n'allait pas à cent mille écus, fournirent une fomme de près de dix millions de notre monoie d'au-* T. L E ,_^^^ jourdhuî. / • 66 touis xïv: Jourdltrf, jpour k fubverficm de la p«ôic» On lem (KHjze mille Ikhiums ^/arrét du parlemetit: chaque porte, cochére ^ternit im Iiomme Sl im chevâ. Cette c^alcd^ikt appelle U cavalerie des portes eoehéret^ lue coadjuteiif avak un régiment ^ liu» qu'on HDiimiait le r^îment oc codmhe;^ papc« rie coadjitfeur était archevêque tituliure (Torinthe. - âan^ le noms de rûi de franee.^ degrand Gohdé 9 de capitale ck roiamne , cette guer* te de k fronde eut été auifi riclicuk* quecelle des Barbenns j on nç. favait pourquoi on, étsdt ta • Jimies» Le prince de O^de affîégta cinq ^ cent mille h&vacgccàs avec huit Hïille fi)ldat$* Les parmens ibi^ent en ean^agne ornés de pkmet êc àfi rubans } leurs évolutions étaient le fiijet de. pkiiantr* rie des gens du métien Us fuïaiem dè$ qu'ils rencontraient deux* cens hommes de l'armée roialc. Tout fe .tourns»t en raille* rie y. le régiment àseorintèe aimit été battu par un petit parti, on appella cet échec» /^ fretniérc aux cwrintkims. ^ Ces vingt conièilleKs, qm avaiei^^ fou^ chacun quinze miUe li^es^ n'eârei^d'aut^i honnei;»:», que d'être apj^élles ks quime* vinp. y • Le fiCINa&ITBT. «f ije'duc ^ Bcadkrt , Ildole du peiœle dt ttoârument dont on ie fdmt poir le to^* ver, prince populaîre, mais d'un é^t borne, ^t ^oliquemrat Tobjet des niU^ leries de k counScde la fronde .même« Oh neparlak jamais de lui, que fous le nom de roi des halles. • Les tres parifiennes , qui ibrtaient de paris & qiÂ. revenaient toi^iars bi^jfuDt, étaient reçues avec des Imees À des édats de rire. On ne réparait toustes pe» tita âshecs que par des coiq^lets & des b^^ grammes. Les cabarets , ^ les autres mai» ions de débaucha étai^t les testes dû Ton tenait les confeik de guerre, aumilieudcs plaifàntaries , deschambns, & de la gaieté k plus dîflbhië. La licence était fi effrénée^ CRifune nuit les principaïut officiers ^de la fronde, aiant rencontnî le faint-facrement ^'ôn portait dans les rues à un homme ou*on foupçomuût d'être mazarin, recon* diîifirent les prêtres à coups deplat^d'épée. Enfin on vit le coaquteur, arche vê(|tt6 de piaris^, venir prendre féanee auparlement avec uqi poignard dan» £i poche, dont on iqipercevait k poignéei, dc^ on criait : tmïk h bréviain de notre archevêque. Âu^n^eu de tou» ces: ^troubles, la no* blefle s^afîembla en q^ips aux auguAinst nomma des fyndigs, tint :piil^B<]uement dok B a féances 6$ LOUIS XIV^ fi^c^ régléeSi On eut crâ que déàit^oiat réformer ràot; â: pour dfembler les hsA$i généraux* Cétak mûquement pour un ta^ bouret , que la reine avait accoIQé à madstné é& Fom i peut-être ny a-t4l jasMis eu une jpreuve plus fenfîble de k leséreté des esprits qofon reprochait alors aux fiançais* .* Les difcordes civiles^ qm dàôlaknt Tan^*^ fleterre prraifëinent.en méme^^teins, &rvpak ien ^aire voir les caradéres des (feuxna» lk>n& Les anglais avaiînt mis dans leurs troubles civils » un achamement mefancoM^ oue &une;^fureur r£ibnnée: ils donnaient de fknglantes batailles; le fer decidak tout) les â:hafïkits -étaient drefTés poiu* les vaini eus ; leur roi pris en combattait fut amené devant une cour de juftice ^ int^rogé &m Tabus qu'on lui reprochait d'avoir £dt de £oii pouvoir, ^condanné à perdre, la tête , &* éx^ ^cuté devant tout fon peuple, avec autant d'ordre & avec les mêmes formalités de jit» âbe, que fi on. avait coûdanné un dtoien tnminelj &ns ^le dans le tx)urs4e ces trou^ blés borribleS) londces fe fut reflcntie im moment ^ ckndtâ attacha aux gnerm civiles. , . . Les fnu^ms an . sontraire fê préd^pjMent dans les feditions^ par «caprice &, en riant; im femmca ésàmx à la«téte jdts fadipnt^ \ \4, Tamour MtNOÎUITEV 69 l^EB^oàc. feifait de rono^ait les ealsalesl Ls ëndicffe de Longuedlle ^ig^ea Turenne^ '^^ à pdae maréchal de france, à iàire révoker l'armée xpt il commandait pour le roi. Tu* rewie n'y réufHt pat : il quitta en fugitif Tar^ tnée.Àxit iWtait général, pour plaire à. uns femme qui& moioait de Tpaîon: il de« vint de geiiéral du roi de france , lieutenailt de dom EAevande Gainarre, avec lequel, il* fyt battu à retel par* le maréchal du Pleflu* PraHn; On connaît ce hjllet du maréclitl d^HoquincQurt à la ducbefEe de Montbazon; Persane eft à la belle dcihdlts: On fait ces vers du doc de la RQchefoucauIt poor k ducheflè de Longueville, -rlorfqull reçtlt an combat de &înt antoine un coup de mour ^let , qui kd fit perdre qaelque^tems la vuë« Pour mériter fon coeur ^ pour plaire à [es veaux yeux. J'ai fait la guerre aux rois; je V aurait faite aux dieux, * La guerre finît iSt recommença à phifîeurs repri&s; il n'y eut perfbnne qui ne chan-^ geât fouvent de pmti. Le prince deCondé, aiant ramené dans paris la cour triomphant te, fc livra au ^aifir ^e la.mépriièr après l'avcrir dâendue^ & ne trouvant pas qu'on lui. donnât des récompenses proportîoonées E 3 à fè LO0rs XIV. â'fa gbîre & à &s fervices, il hticfPt^^ VfjitT k tourner MazadR «si fkËcule*, à. br^ ver la reine, êc à iniultér le gouivraGûienil ^'il dédaignait. U^critk, àce^*oftpre^ ttnd, au cardinal, aîiVmfiriffmùfignKa'fif» 0pttm. U luiditunpur, ii/lteii mtfr^. il cncoïK'agea un mar^i» de Js^i» à faire une déclaration d' amour à la reiiie , & trouya mauvais qu'elle t&Si s'en ofïên^. Il & %ua avec le prince de Conti fon fr^iC, dt le due de L(mgi}eville , qui abandonnèrent le pard de la fronde. On avait appelle ia cabale du duc de fieaufort au commence- ment de la r^gemie, celle des importas; on tppeliait celle de Conde, le parti des petits-maîtres, panse qu'ils voulaient étro les maîtres de T^tat. U n'eft refttf de tout ces troubles d'autres traces que ce nom de jfctit» maître , qu'on appliqué aujourd'hui \ la^ avait deobaââe T^lo^iièm^t du cardinal^' leva .4e&.trots|)!e$ daa» pm'isiy f^ms trop ^oil^ à opgÀ elks £emifint ^np&oi^. Le parler ment r€Dtt€«i«Ha ies arrêts; il p«'^cr^ Mazarin , & mit fa tcte \ prix. Il fallut chercher jiuBK les regiftres^^jqudi etak le prix étvaajt têtr eQaeniîe da rmaïui^. Oa trou^ va que &m Gharbs ix ,oa a^dk promk par arrêt daquame-mille écus à celm qui repré^ fcnterait Tainiral Col^m inott ou vif. O» crut trèi^ènefefiaiœnt procéder en r^le , ea mettant ce même pnx^ TidiyEnat d'un car*» dinal premier, minîilre. Cette pmfcnptiôa ne donna à perfonne lamentation de metiteiç les cinqaante-mille ectts,^'qai ap'ès lottt n* eiiâênt point été paies. CheE une autre pa« tion & dans un autre tems , un tel «"rtt eâi frcMivé des exécuteurs ; mais' il ne i^ffit qu^a faire de nouvelles plaisanteries. Les Blots & les Marigny, beaux clpdts .qui portaient la gmeté dans . les tumultes , de ces trouMes^ firent ^c&er dans paSris iMt&>i:épctttiftoï| de cent cinquante mille Jivres^t teiit, pour qdi couperait le nez au caDdiiialj tant, pc^. une oreille} tant, poiarunso^î tant, |^uf le X0 LOUIS XIV. Wfaii^ a&CKAjue. Ce rîdiculeittr tottt l'edM de la profcrifdM* Lecftidfaial deibncât^^ Rlêmploiâit contre fes ameÉiis, tiide pcHfbn, "in l'aî&ffii^^ j de tnalgr^ Tm^rtur & h m^ Bie de tant de paitîs A de tstnt de Jiaine», en ne oontmit pas beaucoup de grands ai. mes. Les ckers de parti furent peu croffls, dt le§ peuples peu ibrieux j car ce n'était pas une guerre de reii^n, . . ' L'rfmit de vertige qui rœnak en oe temt, aeptfri», qu'après* ivoçr teknnelkijientor^ donn^ un x^ûiâffinat dc^ on fe «no^psAdt, il fendit un arrêt, par leqiœl pfailîenrs conn fêillers devaient & traiii|>orter £ir k frontte<« re , pouf informer contre rannee du ôardit Ml Mazmin $ c^éft-à^e , contre Tatmee pôiàle. * • • . ': ^ Deux Gmpagnie de magifln^ , qui jettée hors de ik &èiâre, &, ne connaiflant ni fes droits^ cd &n pouvoir rtéel^ ni les affaires poUti» xfaes^ ni la guerre, s*^bmbknt & déckknt en tuiBulle) prenait des partis ausquels elle n'avait pas penfé le jour d'auparavant, de dtitt elle*aiârne s'Àomsût eniuke. » Le parlemem de bordeaux ièrvait akrs le piince deCondéj mais il tint une^ conduite plus ùniferme , parce qu'âant plus éloigné de la cour , il était moins agité par des &âioas opp<^ées. De^ objets plus confi* dérables iméreâàient toote la frmcew Oondé, l^;tié avec les e^agnols» était enc^npa|^o(mtreleroij & Turenneaiant mûtté ces mêmes e^agnols \ avec lefquelf fl avait été battu à rétel,«ren^*4e fàirefii paix avec la eouf , & commandait Tannée roîale. L!épuifement des finances m per- mettait ni à J'tm ni à l'autre des deux parti»^ d'avoir de grandes arméeifi mus de petites ne Tf LQtJis xrv. t m déaàumt p9» rnoms ài U$^ 4ê VtWk Il y ad»! tfim où. cem^oûlk hoiniMs .^9 ounpagne peuvent à ifmxm prendre dew villes: il y eaà d'iHiâPes dace. Le due de Beaufort était incap^le du moindre commandement. Le duc de NeaiQms pafiatt pour ^eiplrn brate (Stplus aima- 4 MINORITET. î9 iimdbillt}ii%abil& * Tous éwt enfœiblt ruinaient leur, armée. Les fold^s iavaient ^e le pmà Çoode était à ocsit lieues âe* la & iV x^aisômt perdus; lorfqu'au milieu de la i^ un cmirter fe preiènta ^uis k fc^r^t d'Orléatis devant les ^r^ades gardes: Le# ienduisUes recaumurent dans ce couder 1q prince de Conde lui^mvme, cpii venait àt^ gc^^ tra'^ers mille ai^anmtes , &. tQÛjouin dé^ife, fè mettre à k t^e de ion arm)^. * Sa^ pre&nce hiSaàt beaucoup, & cette arts» We iin|>tévue encore da^rantage.* Il favaî^ que tout ce qpx efVf(àiiéain &in6fp!âré,traiats« pc»te I^ liommes* Il profita à Tinâant dt îftcoa^nee et de l'audace ^u'il venait à'ixh ipireh Le gran J talei^ de ce prince dans le mmté âai^ de prencke enom inilant les re? lolimcms les plus harpes, & de les éinêcnj^ avec non moins de prudence quede protBp timde. L'armée roiale était fep^^ en deuK avril corps. Conde fondît for celui qui était à *^î** blenaii) commandé par le matédhal i^Ho^ quincoifi^; âc ce cm'ps fut diiOpéai même- tems qu'attaqué. Turenne n%n put eti^ averti*. Le cardinal Mszarm, rffraié, co^r rut h gien au milieu de k miit, réveiller k roi qui donnait, pour liti . apprendr» ceéftf &ouvelk% Sa' peâie cour fut conflernee ; oç 'î 0 ' prô- ee LOUIS XIV. propôfd de feuver le roî 'par la fbfft, êc àé le conduire fecrettement à bqurges. Le prince de Conde yi^âoriéiix, approchait de gien j la defolati^i &, h crainte awmen* taicnt. Turenne par fa fermeté ra(toa le^ elprits, A fànvala cowc par fon habileté: il duc< d& lôisaine quitta biéntoè là irance^ ^iè$ Ta? Yoarjdâblee for foii^âagp, emporànt Tar-t gant de9^ deux partis: ;.. .j' . ' 'Cdndé rsfla donc dans paris ^ avec mi pouVcûr qui diminua toés lesjouc^» &.unf ûcfÊié^ plus £iible encore. Turepnc; menti le#m & fà cour vers pacib. Le roi, à Ifâge de quinze ans, vit de 4a hauteur, de charcBi^ ne la bataille de faint^^ijttoine, où ces deu» généraux :iîrent avec fi peu de ttoupesrjde fi grandes chofès, que k réputation^ Il un êi de l'autre , qui femblait ne pouvoir. i{^ croître , en fut augmentée* " -^ 1 Le prince de Condé avec vn petit nomn brede iieîgneurs de ion parti, fuivî depeo^ 4e foldats, foûttot & c^ouiTa TeâTort de ' l'armée roiale. Le roi r^^ardait pe combat du haut d'une éminence avec Mazario. • Le duc d'Ocleans, iacertain ^a parti jgi/^ de^t MINORITE'. 8î ffttiiïti^ fôftaît dans fôn pakîs,du liixem- bourg. Le cardinal deRètz était cantonne* éiiti-ûki i^chévéché. Le parlement ^atten- dait K^^ de la bataillé, pour donner quel- qtÉearrêh La reine en larmes était proftcrnife' ifatTsïaëhapelle.Le peuple,qui craignait alors également, & les troupes du roi & celles de mottfieur-le prince, a^it fermé les potées de? fa villes & ne klflait-pltis^entrcr ni fortîr performe,*pen3ant iqué'çé qu'il y «t;^ît de plus^rand en france, s'archarnait au dûra-^uilL bat & ^erfaît fon fang dân's le faubourg; Ce*^^** fut la que le duc de la Roéhefoueault, iî il*^ liiflre par fon courage & par fon éfprit,' re-' çnt utt coup au-deffus des Ttîux, qui lui fit perdre k vue pour quelqué-tenis. On ne- YOidt que jeunes feîgnéurs tués ou blefl^s,^ qu'on rapportait à la porte faint-antoine , qui* ne â^ôuvraît point. Enfin nfiademoifelle, fille deGafton , pre-^ nant le parti de Condé , que fon père n'ofW fccoiffir^ fit ouvrir les portes auxbleflfe's,^ êc ctjt la »hardic{ïê de faire tirer fur les trou* pcs du roi le canon d% la baftille. ' L*armé«^ roiàle fc retira : Condé n'acquît que de h glaire j mais mademoifelle fe perAt pour ja-^ mais dans l'efprit du roi fon coufin par cette aâion violente ; & le* cardinal Mazarin , qùî (avait fextçeme envie qu'avait inademdifcUe Y 2 d'epou- S4 LOUIS XI V.^ dVponfôr une tête ^uroiuiéi^» ^t alpi^: $§■ iig^m4à viem de tU9r fin tmrû , La plupart de nos hiftori^is n'étaki^. i) kurs leâeurs que ceftxombats A çespfoâh gea dé courage ^ de poUt^[iie i fi^kt. ^uî) laurait quels reâbrt$ honteux il &iU^,fmpi jouer, dajEis quelles- miféres on éta^^obl^ de plonger les peuples, & à queU^ haâkw^ OA était réduit^ vf^rait la» gloire ^4n hécm. de ce tems-là avec pli^s de pitié qaç-.4^iEidt9Ϋ- ratiofi* On en pctut juger par les ieuktraits ^ i^ rapporte Gouralle, hoinitie ^attaché à: ûiooneurle prince II avoue que li^tnéiTie^ pour lui procurer de ?argent, vola celiù-d' une recette, de qu'il alla prendre -daosTfon logis iDEi direi^eur des poftes , à qui i\ Ht pal^r u^e rançoQ : & il rapporte ces^ violent çescQ^nme des chofes ordinaires. Après le ânglant & inutile comJMtt de £ikK«-antoine, le roi ne put rentrer dans pa» çis, & le prince a'jr put demeurer langr. ten^ - Une émotion populaire , & Je mem^ ^e 4e plufieurs citoiens oont on l^^criit^au'ï ^ teur^ le rendirem? odiciux au peuple. Ce- pendant il avait enc^MT-e: fa brigue av pMrb* l,nent« Ce corpd , peu intimidé alora par vne 7 çQur errante, IceMTee en qjuielquo |uiil, façon de laeapitale, preifé par les <:abalea 165a du due d'Orléans A du prin^^e » (Jeclara par un minorité; *5 un tiirét le àùc d'Orléans^ lieut«nânt-g&iëral (du roîaume, quoique le roi fut ma jeur : c'Àait le même titre qu'on avait donné au duc de Maienne du tems de la bgue. Le prmçe de Ceinde fut nommé généraliffimc des ar* mées. La cour irritée ordonna au parlement de fe transférer à pontoife ; quelques con- (èillers obéirent. On vît ainfi deux parle- mens , qui fe conteOaient Tun à Tautre leur autorité ; qui donnaient de« arrêts ccmtraî- rcs, & qui par-là* fe feraient rendus le mé- pris du peuple, s'ils ne s'étaient toujours ac- cordés a demander Texpulfion de Mazarin ; tant k haine contre ce miniftrefemblakalorf le devoir eflèntiel d'un français. Il ne fe trouva dans ce tems aucim parti qui ne fut faible; celui de la cour Tétait au- tant que les autres ; l'argent & les forces manquaient à t^us ; les fadions fe mùltipli* aient $ les combats n'avaient produit de cha^ que côté que des pertes & des regrets. La cour fe vit obligée de (àcrifièr encore Maza- rin, que tout le monde appellait la caufe des troubles, ÔC qui n*en était que le prétexte. 11 fortit une féconde fois du roiaume; pour »« Surcroît de honte , il fallut que le roi don- fô^ nât une déclaration publique , pur laquelle il retivoîoît fon miniftfe ', en vantant fes fervi- ces , & en fe plaignant de fon exil. F 3 Char- m totfis XIV. Chark» premier , i^oi d'angleteffrtf , vetm^ de perà.^ la tête fur un écha£avt, poyj: avoii: dans le coinmenceasent des trouble&, dbgn* d|pané le faag de^-afford fonami^à fon p^lemei^t. Louis xiv , au contraire,deviiit le maîtfe paifîble de {(M ix)idume en foiif* frant réxil de M^arin. Âiufi les mêmes faiblefles curent des fuOcès bien différens. Le roi d^'angleterre., î en abandonnant fon £i- vori , enhardit un peuple qui i^^^irait la guerre & qui haïflâit les rois : & ipuls xiv (ou plutôt la reine inere) en renvoiaat le car* dinaî , ôta tout prétexte de révolte, à uii peuple las de la guerre^ &, qui aiimit la roîaute. ; Le. cardinal à peine parti pour. aller à bouillon, lieu de j(à nouvelle retraite ; les citoi^is de parts, de leur feul mouvement , députèrent au roi pour le fupplier de revenir dans fa capitale. Il y rentra ; & tout y fut A pailîble, qu'ail eut été difficile d'imaginer que quelques jours auparavant tout avait été dans la confufion. (^fton d'Orléans, mal- heureux dans iès entrepriiès qu'il ne fut ja- mais foûtenir, fut relégué à blois, où il paffa le refte de fa vie dans le repentir j &, il fut le dçiiiicme Bis de Henri le grand, qui mourut fias beaucoup de gloire* Le cax;pi« nal 4p Retz , peut-être îiuili imprudent que fublime louvre; & après ^Tàbrete conduit de piifeâ en prifon^ il mena hïk^t&m une vie écfant* te, qifil fmit. enfin dans la retraite V«bîi il acquit des vertus que fen grand cous^ftiV vâit pu connaître dans les agitations de fk ' fortune. , * r Quelques conlèillers, qui avaient 1q, {dus sibufé de. leur ininiA4re, païérçnt I«irs dé- m^cbes par Téxil ; ks .autres fe cenfcrnsie- rent dans les bornes de la magiflrature» ôc quelques-uns s'attachèrent à leur devoir p^r . uac gratification annuelle de cinq-cens ëcq;» qtjeFouquet, procureur-général & furintcn-* dant des £nances,leur fit donner fous-main"*^* Le prince de Condé cependant, abandon^ hé en France de prefque tous fes partifans âc mal fecouru des efpagnols, continuait fiir les frorittéres delà chànipagiie une guerre mal- heurcufe. il rcftaît encore des faâions dans bordeaux; mais elles fîhrtot bien-tôt aj^ai- fées. Ce calme du roianme étoit Pefifetdu ban-*^* niilêment du cardinal Mazarin; cependant a peine fut-il chaffc par- le cri général des français, & pat une déclaration du roi, que le roi le fit revepîr. Il fut étonné de ren- P 4 trcr ♦ Mémoires de GourvUIe, f. LOUISXÏV. MINORITE'. • Loui^xtv le re^ut comme un pere^ Se le peuple coiiune un inaîàre. On Uni ût un teAi%a rhôtel-de-viUe,' au milieu tJoi ac- daftiaiioiis des citoira^^ il jetta de l'argent à la i^pulace i mais on dit que dans la joie d*un fi heureux changement, il marqua du inë(>ris ^our notre iatonHance. Lesc^ciers du parlement après : atoir mis fa tête à pix cQCnme ^elle d'un vôUur piiblîc , bi%aé-» rent preTque tous ? honneur de venir lui demander fa protedion ; & ce même j)arlement peu de tems après condanna par^ contumace le prince de Condé à perdre la vie^ changement' ordinaire dans de pareils •7 tems, 45c d'autant pjiu$|iumilîant ,. que Ton 165J. çondannait par des arret$ celui dont (^. avait fi lon^*tems partagé les fautes. . On vit le cardinal, qui preflàît cette .con^ dapnation de Cpndé, marier au prince de Conti fçn frère Ti^i^ de fes nièces j preuve que le pouvoir de ce miniftre allait être fims bontés* . , • - • • CHA- «9^ CHAPJTRE CINQUIE'ME. Etdt d^ J/(t Jrance y Jufipt'à la mmtékf- cardinal Mazarin enKkfr. Pen^t <\i\e Vém àmk été ainfi décluré au-dedans, il Vaif^té attaqué & aâaîblî ai-dcliQrs.,Tout lefruit,des bataîUet de ro«* croi » de lens &, de aorlingue fiit perdu. La place importante de dunkerque fut reprife par les espagnols : ils cbaflerent tes français de Barcelone ) *ils reprirent cafal en itdiè. ^^ Cependant, inalgreies tunuiltes d'une guer* re civile, de le poids d'une guerre étrangère, le cardinal Mazarin avait, été aflèz habile dc aflèz beureux pour^ conclure cette célèbre paix de ireftpÊalie, par laquelle Tempereur 1648 & Teinpire vendirent au roi & à la couronne de iraace, .la fbuverakielé de lal^e, pour tsoi&imlltOQS de livres palables à i*archiduc ; c?dl-à*dii5e, pour fix «nilHons d'aujonrd*huî; Far ce traité, devenu pour Favenir la bafe de de tous les traités , un iK>tivel éleâorat fut créé pour la niaifon de baviére. Les droits de tous les princes & des villes impériales , les privilèges des niQJiKires gentils^hdnii»e» allenoans iuitnt confirmés.: .. Le pouvoir, de F 5 Tempe* ^ LOUIS XIV, I iïïtptfiistnr'fiit rcMiaîflt dans d^sibcmies^^^troi^ tes, A les français joints aux fuecJois devin- rent le législateurs de Pempîre. Cette- gloire dç la francc était au ^noins en f^rtie (lue aux Mile? de la fuéde ; 'Guftave-Adbjpbe avait commence d^'biwilcrJ'einpire. Ses géné- raux avaient encor pouifê aflez loin leurs con- quêtes ïbns le goutwneniPent deik fille Gimp ffine. :., Son général Vrangtl était prêt d^en- trèr en aûtricke. Le comte de'Kontgfmank ét£t j^aîtrede: laTQOitié xle la ville deprague, <5c affiegeait T^utrè, lorfque cette- psSx fiit conclue. Pour addablèr ainfi ^empereur, il n'en coûta iguéres à la franire qu'un ^niillioû par an.donné almxr :fuéd*is. ; » ' Auili la fuede otoit par ces traités déplus girands avantages que-k francè; elle eut k poméranie, beaucoup lle pût mettre en mer j fiTtndriné . ^aiiéâfttifniît de jour en jour. -^ Louis XIV fe trouva 4pnc tn 1653. maître ïftfolei d^m roiiuiiîe, encor ébranle des fe- eouflfes qu'il avait reçues ; rempli de deTor* drcs en tout genre d'adminîftratton, maî« plein de reflburces ; n'aîant aucun alKé, ex- cepté la favoiç , poirt^faire ude guerrexjfFen* ilve, â: n'aiant plus d'ennemis étrangers que l'efpagné, qui était alors en plu^mauvais état ^ue la france. Tons Ifcs françds , qui avai* -eut f^it la guerre civile , étaient fournis, hors Je prince de CondétSc quelques-uns de fes par- tifans , dont un ou deux lui étaient demeu» rés fidèles, par amitié âcp^r grandeur d'ame, comme le comte de Coligni & Routevillej âc les outres , prce que la cour ne voulut pas les acheter affez chèrement* Condé , devenu général désarmées et pagnoles , ne put relever un parti qu'il avait âRaîhfi lui-même par la deftru6fipn de leur ihfiinterie aux journées de rocfof dk de lens* Il combattait avec des troupes nouvetles^dont il n*était pas le maître , contre Ifes vieux ré» ^imens français, quf avaient appris à vaincre vou^ lui , &^fw^ Ic^çs .Mg^ ; les troupe» d^ août Pj^^duoi fiwnt miftç e& foite. Conde^ ^^^* avec .deux r^imens idet fiiaBç^is & de lor* rains, foutiut feul les'efEbrts del'arfpéed^ Turenpe; & tandis ^ei'grchidue itiiait» H battit kn^ârec^i d'Hoqiticicourt, il c6^ pouffa le maréchal d^h Ferté, & fê^re&isR vidorieux éa cpuvi^nt-fa^ retraite des efpag^ nols vaincue. AUfli kroid'^pagne lut écrh vit ce3 pr<3^es paroles : fm /u que iimt^ai% ferduyi^qu^ vour aviz tout cmftfi^i. \ Il eft dimpile de diji^e ce qui fait perdi^e ou gagner Jcs belles ; oiiîsileA certain qi^ Co^Kté étiiît imdes grands boiTunes de ^uert lequi eûâ^nt jamais paru , & que ra];bhi'^ duc de fon confeil ne voulurent rien faite \ cette journée d^ ce queCondé avait pr<^K>fé> Arras f^vé, les lignies forcées , & 1-açt chidw mis en mite, comblèrent Turenne de gloire } de on obferva que dans la lettre é^ri- te 94 0L0m5 XIV. ttodunom du wî^ôu» parlcioènt^^fcr cette vîéteire, on y dttrlte^ le fuccès *àe tx)ute laf eâmpagne au carâkïaiMazarhi,^'j^u;bn ne fit pas même lôèÉftîoto du nonf tJeTurennè. ij& ciiràinds"^éiit^omé enelfîet si^oelqiie» liett<&4'àrrftsarfè<^le-rbî; ït àsaïê' 'mèrftë ett^ tré dâm le camp au fi^ge de fteiîaî, i^èTu^i renne avait pris àviant de fécmirir arrâ$. Ott avait tenu devant le oardiiml dés confëikdei guerre* Sur ce fortement îls'^iÊÎbifîi TIïoa-ï nenr dés évéhemens, & cette i^ité^hi don-^ na iin riilîaile que tle repos , de Nt^ & la pu^Snice du minKta^r^niblai- «t >«(tadi^s. ' • •- ' ' ^*^ - ' ■ D' t» côte , Maz3tt-în maître ab&hi » de fefran^&du jeutte^toi; de l'aiftrteidoiH hmk de Haro , qiii gouvernait ^ f^fjpgnt âc pfiitippe ly, contîna^îent foits'le nom à& Kura makrcâ cettî^ guerre peu vivement forn timuf . ' Il n' était pas 'en^or queftion dans le môndedunoindeLouis XIV, dt jamais on î '..■■- • ; ... tf avait ^ Datée de vincenner 4u a Teptembre i^$4. n^ avait ptiftôiâu roi^ #e%o^W.' Il n']r atait alor^aucâû^ tôtç courotuié&^n ^irope (fdi cât une gloire pcrfoimeile. JLafetile Chrifiinè^ reiaè de &ecle, gouvernak par eUe-méw^J de foûtènait l' honneur du. trône, abandoonet ou flétii,4>i| inconnu dans -les autres* etais^ Ci^rii^B il, roi d'angletôrre, fugitif en firance avec ia mère & fou frère, v trainafîi ' fes iT)alkeurs(kfes eiperanc^es^/ Un limpjiec^ toien avait fubjugue i*angleterre , ? ecofïe &r Irlande. Crom:^^!', ^t ufurpateir 4h gne de rdfgnier, avait pris le- nom de protof âeur, &non celui de roi^. parce qne'Jeô anglaisfavaient jufqu'où les'drcvts dd leur» rois devai^n< s' étendre ^ & ne' connaiilàient pas quelles .étaient les bomes 4c T autx»^!^ d' un pf o^edeiu** y^d^vA^r-. . ,- /: . Il ai^eriYitt fon poiiviGwrfeft ïachant le re^ primer à;propos : ihnleinçn^rit point forlei^ privilèges- dont le peupfe était jaltîiux j^il hQ logea |amais de gens de giiemi ddua^la^^ cif^ de kmdre»;- il ne mit aucun' impôt dont où pût inorçiUfer; il n'offenfa point les yeux par trop de faftc; . il ne fe permit aucuii plaifîr; il n'acaimuk point de tréfors; il eat foin^e la judice £ut obier vee avec cetw te impartialité impicoiablev qui ne diftiïig^ie. pomt les grands de» pett^; :^ Le 96 lOXJVS XîVl Portugal ea aoglet^rey^^antcruqiie^^ Imom p0 ferait iiQpwie, ^rœ <{^e la {Jl^foiine d« ^ fr^'re était facree , infulta des dtcMegîiB do fo^cs, cSc en fit afl&flbèr un pour.ic vao- g^ de la refiftance des aiiires;. il^ coa-^ diume à être peiidu. Crom^eU ^i>poiavait ' lui faire grâce, le laifla exeeul^, êc û^xè 1(> lendemain nxxtmté avec l'amiaflycur. .1 Jamais le mmmètce ne fut^fiithœ ni fi fiorHTaat; jamais f^gleterce n'a;vait: été & riche». Ses ila^ viâorieufea fai&ient rpiç^ ^tr (on nom d^iit tQàtes 1^ mctrs ; taq^lia iq^e Mazariq,. uniquement oco^de domi*» iter & de s* enricliir , lailTait lax^iir dm» kfrance la judiccv le commerce ». là mari-' ne, & même le$ finances. Maître de la fr^nr» ce, comme Crom^iorel, de Tangleterre, après une. guerre civile, il eût pu £ûfe pour te paîs qu^ il gouvernait, ce que Groinwel avait tsit pour le fien; i?^ai$. il était étcai^r, & Vame deMazarin qui n* avait pas klmrbarie de celle de Cronits>!ei, n en av^ pas aufli la: grandeur. . Toutes lesi nations de T curope, Iqui avai*- eut négligé 1* alliance ile rangtotenre foitt Jacques premier âc fous Chacks, la htif^éh Tunt fous le proteâenc La reine CIiri<» (limi elle-même, quoi-qu^elle eut déteft^ le • • JUSQU'A x6 6t. ^ le wxxattK ^* Cfa&ries: preteler / entra dans Talliance (fuit tyran ^u%lle dÉmaiit. *Mazarin& domLo^s d« i^o jH'Ojdiguë* rente renvîieitf polMque, pour sunaraviec le proteâair. ^ Il gçûta quelque^tems la &- ttt&âion de iê Toir c0iirtife>r les deux plus puiâmii roiauines de la chfl^tienté. Le mmiflre el|mgîibi hû ofïrait ^e i'mdhc SI prendre calais j Maz^in lis^ropoÊùt d'affié- ger dunker^e, &de loi remettre cette ^e. Crom^el axmit à clioîlir entre lea clë:^ de la fbànce & telles de la âandre. Il fut beau* GOiç follicite auffi par Condé^. mais il i^ voulut point négocier avec un pmice, qui n'avait plus pour lui que ion noni , & qui itait £uis parti en franee , ôc km pouvoir dhei&les efpagnols. Le pfoteâeur fè ^eterfnina pcpiir la fi*an« ce , mats fiins faire dé traité particulier , 4l (ms parti^er des coaquâtes par avance : il vouût illuftfer ion murpation par de plus grandes entreprîtes. - Son dddèm était treiah Kver l'am'érique aux e^agnols 5 ma» ils fli- r«t avertis à tems. Les amiraux deCrom«- 165^. vel leur prirent du moins la Jamaïque , pro- vince que les angkîs pofledent encor, &rnême tout fe p]jin des* opérations. Titfennc r^it avec mé- pris ces infinuatÎOTS) & nf voulut point don- ner un aveu^ qui eût produit la honte d'^ général d'armée tk le ridicule d'un homme d*églife. « 4 jv-^fiyA 1661, 103 d'églife. MsasûAny^ veux . quott refpeSfc'iii république at^aifiy autant qu'on a rdj^Bé autrefois la rMibliquc^ romaine. \\ e/Tfaux:, qu*il siit J&itTentliouiïafte & le prophète à fa mort^ comme Tont débité queJqtïl^ écrivains j ^i^il çft fur^qullinou- nit avec la fermeté d'ame, qu'il avait mon- trée^ toutft (à vie. , H fut enterré en monar- que légitime , . & JailTa la réputation du plus habile dç3 fourbes , 4i plus intrépide des capit^in^s, d'iui uiuj^eur fanguinaire, & d*un fouverain qui avait fur régner • Le chevalier Teaiple prétend queCrom- weLaVait Voidu avant ;ia mort • s'unir avec . reipagn^ contre la frâj^p^, <^ fe faire don- net calais avec le fecours d#s efpagnols^ comme il avait eu dunkeique par les.main^ - G 4 des r 104 ^touis^ xpr. ées ftq^tçait. Rien Dlétàt ^vts dans fon ca* HK^ere éc dsms iâ politique». Il eût été Tî- dole du jpjple anglais , en dcj^ouillant ain£. Tune après Tautre^ ieux iiatillns que]a fien* nethamait également; La mort renverià tes grands êgêkins^.ù tjrrannie. Se la gran* deur de Tanglét^rre. «kw '- U efl à remaa{U6F qu'on jlorta }e deuil de Crqmw^.à la éQfxt de iknce, &^pemade* moifelle fut la ù/ù^ qui ne rendit pcùnt cet , honmi^ge a ia ïnmK>)re'd#'meurtrier d'un roi fon parent. , -^ ^ , Kic^afd^Crmi^el fuçcéda ]a>aiiU>lementxSc fans contradidion ;Uiu proteAorair*de fon* père , comme uhprinee de galles aurajl^c- cédé à un roi d'angleteire. Richard fît voir, que du caradére aunUèui homme «d^end touvem laiiefHaée^'ut état H a^^ait un génie bien contraire à celui d'CMivkr Orom- ^s^l , toute la douceur des vertus civiles , ôc rien de cette intrépidité féroce, qui fàcrifie tout à fes intérêts. Il eût confervé l'hérita- ge acquis par les travaux de fon père, sUl eût voulu faire tocr trois ou quatre princi- paux officiers de Tarmée, qui s'oppofaÎMt à fon élévation. Il aima mieux fè démettre • du gouvemelnent , qje de régner par des flfiamnats ; il vécut particulier, & mâme * î^oré, jufqu*à Tâge oe 90 ans ^dœs le pals» dont dont Û'^^aaté^é quelques^ jenrs Wùm^^ixh, Après fa démiffKm du protcAorat, il voTa-t g* en fnufiee : on fait qu'à mantpéfièa; Je prttice de Conti, frère éa grand Cofid^, en lui parlant fans le connue, lui ditua jour:. OUvier Crênitvel était un grand homme^ mai/ /on fils Richard eft un mifinAU de ifaimr fasfujimr dufimit dis crmes dc^fin^firc^ Cependant cd^fUchard vécut heureux j^ fou péren'avait jamais connu le bonheur. ' v Quelquf'tems aup^'^ant, la francc vijt un autre â:eiiiple bien plus miemorible du niipris d'une courpnno!, Chriftitte r^ine de iîiéae viét à paiîs. On admira en elle une * jeime reine, qui à vingt-ièpt ans. avait jr^dn^ ce à la imiverainete dcmt ^^ était. digne» pour vivre libi:^ dicaikion invo* iontaîre.; L\m de ces deux reproches" dér trmfàit Taulre; mais il faut toujours que ce ^ui eftgrakd foit at^ué parler petits efprlta^ a ' 5> ioô LOUIS- XJV.^ i . l^DIIVHX^niiatttli le génie ymtj^^ cette reïner, on n'a qu'à lire feç lettres. Elle jlit ddfli^celle ^'elle écrivit àChanut, autre^s ambalîàdéiir de france auprès d'elle: "fai ,',po{&de fans faite: je quitte avQc facilitée ,> Après cela, ne craignez pas powr nioi^ j^mon bien n'eft pas au pouvoir de la fortu- ne,, die émvit au prince de Coudé: " je me:4isns autant lionor^e pa^otre eftiine, que 'par la courotine ;jue j'ai, portée. Si ^ après l'avoir quittée, vcws ^n;^en jugez ^moinfdignr, j'avouerai que ,1e repos que yjf'ai.tstnt £au]iaité, tgifi cq^ite cher };mai|^ ^^nt ine i^pentirai pourtant p<»JXt c^l'a^ y^atiDeté au. prix d'une coûrooôe, i^r je nç „ noircirai jaiiutis une adlion» /qui 4nV (401-^ jyUénfi èélle,. par unriâci^ repçjitir ; trQ4at^ue^ qu^elle avait parlée t-arennent^ ri El|e favait huit langues j elle ^ait été difcipje; ^ îJJnic V- . ' ' de dePcipartes, i^m*«ioHJWt*iR J$[)ç^qfiil^ • ion pakéfi^ ^rèt ii*avoir pu obtêiiii; feule?4 iijent une pcnfiou env fraace , oàrfoô «ttvra-: gès ^Sircnt m^me^profixits pour lès feule« bonnes dicrfcs qui y fiuJflfent. Elle avait at- tiré 'eiT-^H^e toys ceux qui pmivaient réclai*. • ^ rcr. Le chagrin de ix!eip trouver aucun par-. mi fastluièts. Pavait dé^ààtétéc feçpiér fur. un peuple qui n'était que folAft. EUccru^, qu'H v^laitipjfcux vivpe avec des hommes qui. • penTenf, ^ dé commundèr à de^ hommes- fans Icttifi ou fans* génie. , ■ Elle avait ailti- vé tousJèsarts d&ns uiv» dEja^t où ik étaient aloB» ânconnnîK. '^ Soif •d à ' la^ françatiè", et qu'elle danfatt m^* Le& * £ige^s ]|e/coftdaniiérent d^s elle^^l^^e le.' ineurtce de Mdéaldescfai Ion ecoièr , qiii'elle fit ^lâffinèr à fcmtaineUemi dans Jui ^cond voiage, pe quelque faute qu'iMfât'coùpa- ble envers elle , aiant renoncé à lilrôâiMté, elle devait denaanda* jufiice^Stnon k lafaiiis. Ce n'était pas une tfàttt qdt pcmi^t uir fu- fet-; t^âldt mie fenuneqm terminait nnçga^ kn^ie par un meurtit; c'était' un italien éui en itofàit alMinèr un -autre par rcurài::& d'iiAe fuédeife dans un palais d'un «tti^de itanee. Nul ne doit être mis à ^4 que par'tps loix. ^ Chriflme en fiiede: n'^guu^t cm le droit de faire af&ffinèr perfoifde; & eer- t*Bce qui eut été un crime àAoçkbolm, n'é^ tait pas permis à fontain|blc«iu.> Je répéte- rai ici que ceiix, qui ont juftifîé cette aâion, méritent dé fervk de pareils matees. Cette hontç & cette cruauté ternirent la philofo- phte de ChrifHne, qui lui fivait fait quitter Un tr^ne. Elle eût été piuûe en angkterre ; mais la france ferma les yeux ^ cet attentat •* contre * 1 ifeorÉW'ï'aûtorîté du rdiy contre le-droît^ . ' na^ns , & contre rhmnanité. * .* v ' f * Après la mort de Cromwel , et la dfpo* j fidoA^de fon fils, PaO^mib reiÇla im an dans là' confujSicm de ranfrcWe;^ Charles» ^ GiéMt , ^<^ k iieine Chrtftine«rdit docK néleroiaiune defuéde, fe^fâifeit^redoufr» dai^^e nord tic dans Mtemagi^. Vffttpe^ tèur FeiH&lHd était mort ^en 1657} lion fils iiopold âgé de 17 ans, déjà roi de 'Hongrie & de bohème, n'^t pdniété éa kÀ d^ " romains du vivant ideibn père. M^arifi vodlut^^Ier de faire Loitis xiv empVreiBîi Ce deflêîn étsut clïîmérique; i^ eût fallu tro forcer les «ledeurs*, ¥i le* fédiiîre. A firan- ce nVtait ni afïèz forte pour ravir K^mpîre, xii aflèz richô^poiu* Tafc^he^ j aufft le^ pre- mières ouvertures faîtes à firancfort p$r le * maréchal de Gfammoiit & ^X.ionne,fiirent- elles abanddMLnees auâitôt que propôféâV. Léopbld fut elu. Tout éjf mié put la poli- tique et Msfearin , ce itit die raire une ûgue avec les princes allemans , pour PobfervatioÀ des traités de munfler, iSc pour donner im *^'^* frein II Pautorjté de Peniperetr fur Tempin^. La fi'ance, après la bataille des dunes, ^tait pùif&nle au dehors, par la gloire defas; armes , êc ps«* l^éfât où -étaient réduites les iRitres itations : uiais h 4kém fou£5:ait ; tl était étok éi^\iÊ^ à'^gmi on «vaxt b^GpJfi-^le^ly fmi. -rf '.. . :. r / : .r^ Les ;haCk)ns, dàns^les monarclii^ cliré^ it^tuies, îx'a^Q^rùméureft, fans ientit adroitement la reine lîiére : J'c craiiu hcHy lui dît-il, que k tpi m veuille frap for* tentent épou/ir ma nièce. . La reine , qui commii&itleiliintâre, comprit qu^il fouluii- tait ce cprïl feignait de craindre. Elle lui re^ pondit av«îc h hauteur. d'une princèflè du ^iang d'autriche , fille , femme & mé*e de rois, & avec Taigreur que lui înfpirait depuis quel- q«e tems on miniflre qui anedait de ne plus déptadr^ (f elk. £lle lui dit ; ^yi* ^ roi était capa* m LOUIS XIV. ^ifôèk^ cette indignité ^/e me mettrais ami men JeC9nd fils à la tête de tome Af- mtim^ ' contre le roi i$ centre vous. Mazarin ne pardonna jainms , dit-on, cette réponfe à la reine : mais il prit le parti j^d dcu^nièr comme elle ; il fe fit lui-^iioe- jiiedin nonneur & un mérite de s'oppolèr à Ja.pajû[k)n de.Loois xiv. fon pouvcÂDji'àvait pas j)d(bfci d^uie reine de fon iang pour ap ppi. U craignait même le caraâere de & nièce j À il crut aâ^mir enourela puiilànce de fon miniftere, en iuiant la gloire dafige^ reufe dVlever trop ik maifon. Dès l'année 1656, il avait envoie Lionne en dlpagne , foUiciter la paÎK M^ demander Tinfante ; mais dc^Ei Louis, de Haro , pen- fuade qi^ quelque faible que^fut Teipagne, fe irance n^ Tetoit p»i moins, avait rejette les ofires du q^rdinaL L'infante , fille du pre* mier lit, ^ estait deftinee au jeune Léopold. Le roi d'eipagnet n'avait alors de fon fécond mariage qu'un fils^ dont d'enfance mal-fàine faillit craindre pour fà vib. On; voiïlaît que Tinfànte , qui pouvait être hériti&e de tant d'âats., portât &s droits dads lamaîfond'^- triche, & non dans une mai&n ennemie : mais eafin Philippe iv aiant eu un jQoitre fils dom Philippe I^ipèr , & fii fi^mme ^tant oncor wceinte , le danger de donner YvoSasa^ te JUSQ^U'A. 1661. m I te au roi de France lui parut mofn$graiï, qu'il n'y a que la vie du prince fon frérc ^, qui Ten put exclure. „ Ce prince était alors Balthafar qui mourut en 1649. Le cardinal fe trompait évidemment , en penfant qu'on pourrait donner les paîs-bas tSC la franche-comté en mariase à I Infante. On ne ftîpula pas une feule ville pour fit dot. Au contraire ou rendit à la monarchie eipa-* gnole JUSQU'A i-66t. Hs gnole des villes coflfiderflMes qu'on avait conquifes , cbmme iàint-OEner, ypres, menin, oudoiarde de d'aiitrts places. On en garda ^ei^iies unes. Le caivlinal se fe tromjMi l^s en croiant ique la renonciation ferait un Jour inu^lej mais ceux qui lui font honneur de cette prédidion', lui font ÀQnc prévoir que le prince doti Balthafàr maurrâit- etx 1649; quenfnite les trbis enfans du fécond mariage feraient enlèves au berçem ; qu« Charles, le cinquième de tous'i^s enfans maies, mourrait fan» poftérité, ôc que ce roi aûtri^en ferait un jour un teAament en faveur d'un petit-ftfe^ Louis xiv. ^ Mais enfin le cardinal Màzzvin prévit ce que vau* tiraient des renonciations, en cas que lapo- ftérité mâle de Philippe iv s'éteignît; & des ^véaemens étranges Tout juflifîé après plus de cinquante années. Marie Théréfe, pouvant avoir pour dot les villes que la france rendait, n'apporta par fon contrat de mariage , que cînq-tent- mille éetis d'or au foleil ; il en coûtaf davan- tage au roi pour l*alkr recevoir for la fitoft- tiére. Ces cinq-cent*mille écus , valant alors deiix-millions-cinq-cent-mille livres , dirent pourtant le fujet de beaucoup de contefiati- ons entre les d< Aumens utiles à la patrie. Le Dionuinent qui itnmofetlifè le cardi- nal MKarin eA l'acquilition de TAlfiice. II doQna cette province àla francc daat le tems que lu iimce était déchainée contrt luij & par une fatalité Gn^liérc il fit plus de bjen au roiauRie lorfqu'il y- était perfécuté, qup dans la tranquilité d'ime puilîîuice àUbltie. CHA." i^i L^t^-lS M^, 'CHAPÎTRE SIXIEME. ' • ■ Il * •" LU VIS XIV gouverne par lui ftiê-^ ^ me. ïl force la brùnche d^ au friche - ejfiwtole à lui céder, tar'^ rout^ la^ - fKfféanctY C^' l^ : (ftars ] généraux^ ' ^rend^fm roiaumé^o^ \ri^nt ^ reaoulable, JAmais il n' y eut dans und cour plus d* hi- triguei & d'efpérances, que durant l'^o- nie du cardiràd Mazarin.. Lçs fen^ïnics^ cjui préiegdaieiu à la beauté, fo flattaient de gou- verner un prince de vingt -idçux ans, que [ansjèroiaieut renoiivellcr le rcgne des levons.* *Chaque nnniftte efpérait la première place. Aucun d*eux ne penfait, qu'un roi élevé dans l^e'loignement des af- faires, ofât prendre fur lui le fardeau du gouvernement. Mazarin avait prolongé -*'-'> ^ l'en- îu * JXISQU^A 1666. . id$ ')* cfri^nce 4ç ce Jtîônarqiie àtuatit qu'il '^^ Vaît*piï. 11 tit r inflruifàit que i^uis fort m defmns» & parce que le roi QVait vou-* 1 être inftmit On était fi loin d'efp^wf d'être ginnrem 119 par fon foovcrain, que de tous ccux^qiyi avaient travaillé jùfqu' alors avec le premier ininiflre, iln^yeneut aucun, qui doniafi- dât au roi y quand il voudrait )q6 entfin^rq, 11$ lui demandèrent tous : à qui n om ûàrtf- firom^nous'i & Louis xiv leur répondit: k moi. On fut enopr plus furpris de le voir perfévéper. Il y avait quelque teins qu*îi confultait fes forces, & qu'il eilalait en i^ cret fon génie pour' ^gi^r. Sa r^qtioQ prifè une fois, il Ja maintint juf<|u'mt iden- nier moment de fa vie. - {l'^fi^ia à céacun de fes minîftrcs les feornps d^ fon pouvoir^ & faiiànt tendre ckmpte A^ tout par eux \ d^ heures réglées , > leur donnât it** cooiî^tice qu' it^allait pour accrédita leur miniftéra, & veillant fur eux pout les çn^pécher d' eô trop abt^r. Il commfnç^ ^ar mettre de l'ordre dans les finances, dérangées ' par «n long brigandage. .iî ^ ' La difcipline fut rétablie dans les troupes^ comme l'ordre dans les jRn^Ujces. La ma- gnificence &la décence embellirent iàconrb Les plaifirs m^e eurent ^de l'éclat & de la gran- «6 LOUIS ,XIV. grairfeor. Tous les arts fitrent encouragés, & tous em^Itnésà la gloire durci &dela iPrffice. Ce n* eft j»s 'ici le lieu de le rc^eTeitter d^uS fa vie privée, ni dans Timérieur d^foit gonvemeirrent ; 4* eft ce que nous ferons à part. 11 Tuffit de dire que fA peuples', ^ depuis la mort de Henri le grand n* avaient pfbimt vu de véritable roi, & 'qui détcftaient r elnphre é un "^premier * mîimlre , furent remplir d'admiration (Scd^^etperance, quand ils virent Louis xivfaire à viâgl-deux ans, ce que Henri avait J&lît à difiquante. Si Henri iv avait eu un pc^mier Mioiiftre, il *€At été perdu , parce que la haine contre un l^articuner eût ranimé vingt fadions trop |»uiâantcsi» Si Louis xm n'en avait pas eu, ceprinilte, dpntun corps faïUe & malade Àmcvait Tame, eât fuccombc fous le poids. Locris XIV pouvait, fans péiH; avoir ou n'a* Toif pas ^premier mini Are. Il ne reftait pas la rooindi;riirQcie des anciennes façons ; il n'y avait phis en france qu'un maître, & des fitjets. Il mcmtra d* abord qu' il ambi- tionnait toute* forte de gloire , de qu* il vou- . lait être auâi confidére-au dehors qu'abfolu mi dedans. Les anciens rois de 1* europe prétendent entre eux ime entière égalité, ce qui efttrèi^ naturel j mais les rois de france ont toujours récla- JUSQ^ITA 1666. 127- réclama la preféancc , que mérite Tatitlquité de hnr race & de leur roiaurae: & s'ils ont cédé aux empereurs ^ c'eft panse que les hommes ne font preTque jamais aUèz hardis pour renverfèr un long ufage. Le chef de la république d' allemagne , prince éledif ôc peu puiflànt par lui-même , a le pas fans contredit fur tous les fbuTerains, à cau^ fe de ce titre de céfar & d'héritier de Char- ]emagne. Sa chancellerie allemande ne traitait pas même alors les autres roisde ma-i jefté. Les rois de France pouvaient difputer la préf<^nce aux empereiurs, puifque la finan- ce avait fondé le véritable empire d'occident, dont le nom ièul fubfîAe en allemagne. Hs avaient pour eux, non feulement la ftipé^'o- rité d'une couronne iiérédîtaire fur une di* gnité éleâive, mais Havantagt d'être iffua par une fuite non interrompue, de fouverains qui régnaient'^ fur une grande monarchie plufietirs fiécles avant que dans Iç monde entier aucune des maifons qui poifédei^t au- jourd'hui des coiuronnès, fût parvenue à quelque élévation. Us voulaient au moins précéder les autres puiflàilces de T europe^ On allégqait en leur faveur le nom de très- chrétien. Les rois d'efpagne oppofaient le titre de catholique ; & depuis que Charles- quint avait eu un rpi.de fomce prifonnier k madrid: ,m LOUIS XIV. liia^rid, k fierté çfpagnole Aaît bîen-lgin , de céder ce rang. Les anglais & les fuédols fiui a' allèguent aujourd'hui aucun de cer iurnoms, recoûnaiJûTent , le moins qu'ils fauvcqt, cette fupériorité. Ç? était à rome qiie ces prétentions étaient autrefois débattues : les pape? ^ quidonnair. cnt les états avec une bulle , fe croiaient k plus forte raifon en droit de décider du rang ^ntrc les couronnées. Cette cour , où tout fe pàile en créréinonies , était le tribunal où fe jugeaient ces vanjtés de la grandeur. La france y avait eu toujours la fupériorité,quand elle était plus puiflànte que l'efpagne; mais depuis le régne de Charles -quint, Vefpagne n avait négligé aucune occafion de fe don- ner r égalité. La difpute refait indécifc; un pas de plgs ou de moins dans ime pro« cemon, unfauteiiil placé près d'un autel» ou vis-à*iris la chaire d'un prédicateur, étai- ent des triomphes, & établiflàient des ti* très pour cette prééminence. La chimère du point d' honneur était extrême alors fur cet article entre les couronnes , comme les duels entre les particuliers. Il arriva qu à l' entrée d' un ambaf&deui de fuédç à londre$ , Je comte d'Ellrade am- 1661. baflàdeur de france, & le barcwi de Vatte- ville ambaflâdeur d* efpagne , fe difputércnjt le le pat. 'L'e&agnol, arec fias à^^eût j^ une plus nombreuse fuite, ai^t g»gn^ la popiuacc aoghiifè i il fa.it d'abord- tuer je» ^chevaux des caroflès français, & biâitot lef geos du BOinte d'EiVade , ble0es & clifperfes, îaiflerent les elpagnols marcher l'épée nu« phe. orme de cette indilte , rap-, r qu'il avait à madrid , fit :lui d'efpagne , rompit les tenaient encor en iiandre :s, & fit dire au roi PM- •pére, que s'il ne recon- ite de la couronne deiran- ce , & ne garait cet aâront par une iàtis- fat^on fôlennelle, ia guerre allait recuin- mencer. Philippe iv ne voulut pas replon- ger fon roiauine dans une guerre nouvelle-, pour la préféance d'un ainbaflàdeur : il en- voia le comte de Fuentes de'clarèr au roi à *t fontainebleau , enprélênce detougles mini- JgjJJ ftres étrangers, qui étaient en irance: que kr imfSfirtt ejpagw^t nt concottrraùnt plus Jor/twamt avec cettx de france. Ce n'en était pas aHèz pour reconnaître nettement la prée'minaice du roi { mais c'en était aflèz pour un aveu au^entique de la fâibleâè ef- pagnole. Cette cour encor fi^re, murmu- ri longtuiu de Ibn humilation. Pepiiis, ■ T. i. I plufi- {^lufîeurs miidAfcs e^agnols ont itnouvçlle éurs anciennes prétentions : ils ont obtenu europe était à craindre. V A peine ibrti de cette petite a^Take a^e tant aé grandeur, il en marqua encor davan- tage dans Une occaflon » ûù iâ gloire ièm« blàit moins intéreflee. Les jeunes français , 4iKià les guerres faites depuis longtems en italie contre Teipagne, avaient &ûêi aux italiens circoh^eAs & jaloux, lldëe d'une nation impétueufe. L*italie regardait toutes les nations, dont elle était inondée, comme des barbares, & les français comme des bar- bares plus gais que les autres mais plus dan- gereux, qui portaient dans toutes les mai- ions les plaifirs avec le mépris, & la débau» àm avec l'înfulte. Ils étaient craints par- tout, & fiutout à rome. Le duc de Créqui, ambafTadeur auprès* du pape, avait révolté les romains par & hau- teur : ks domefliques, gens qui poufiènt toujours à l'extrémité les défauts de leur maître, commettaient dans rome les mépstes défordres que la jeuneflè mdifciplinable de pris I qui fefaifait alors unK^nneur d'atta-. :. .«fier qûei( toutes les nuits îe guet qui veille à (g garcîe de la ville. ' Qelques laquais du duc deCrequI s*avife« rent ae ch4rger Tépée à la main une eicouà^ ck des corlès ( ce foxït des gardes di| p^^ui appuient les exécutions de la Juftice.) Ils k$ iniFent aifement en fuite. Tout k corps des cori^s , oSmi& & fecrettement animé pfur dom Mario Chigi frérç 4u f^ip^ Alexandre VII, quiliaîfl&it le duc deCréqui, vint en armes affiéger la maîfon de l'ambaflkdeur. Ils tirèrent fur le caroflè de T ambaflàdrice *^ . qui rentrait alors dans fon p9laisf ils lui tué-1663. rent un^ page » & Mirent plufîeurs domC'^ {Hqiwt. Le duc de Créqui fortit de rome , acçuiànt les parens du pape & le pape lui^p même^ d'avoir favorife cet aflàflînat. Le pape dîflSâ» tafit qu'il put la réparation, per- niadé, qu'avec Its français il n'y a qu'à tem- pcââfer , éc (pie tout s'oublie. Il fit pendre un cQffe & un sbire au bout de quatre mois, & il fit fortir de rome le gouverneur, foup- çonné d'avoir autorifé l'attentat : mais il ait conAemé d'apprendre , que le roi menaçait de faire aflîeger rome, qu'il faifait déjà paf- Icr des troupes en italie , &que le maréchal du Pleflîs-Pralin était nommé pour les com- mander. L'affaire était devenue ime quereU le de nation à nation , Si le roi voulait faire la re- \ r- 1 ' V . «( 1^ . Lôiurs .jfiv:fi f)r(pe d*en- Voier fon neveu le Cardinal Chigi, en qua- lité de lëgat à lattre^ faire fatidicîKofl' au roi,' de caffer la garde corfe, & d'élever dans rome une pirarinide, avec une inAàlâp- don qui contenait l'injure et la répaittion. Le'tardinal Chigi fut le premier Icgat de la cour romaine, qui fut jainais envoie pour demander pardon. .Lés légats auparavant venaient donner des loix & impofer dès dé- cimes. Le roi ne s'en tint pas à faire répai rèr un outrage par des cérémonies paffigé- res, & par des monumcns qui le font auflî j (car il permit quelques années après la de- fkucfK- j VS.^lf'A UitS.e.6.. |K -fvt celte ùibleffe-, fitt heinj de{wis par ie"^?**- parlement d'ajagleterre , qiii punit /ouvent les îâutes des favoris, ^qui ^uelquçfoii méiiae juge iès rois. . Louis, lit travaillei i66j. à fortifier dunkerque de la mer, , X)a aeu citadelle, uiî baHm ci te vaiHèaiix de gueçr Jes wglais eurent vendu cette vîUe, qu'elle ^vint l'objet de leur terreur. Quelque teins après , le roi força le duc 30 de lorraine à lui donnerla forte ville de m^r- "î^ ùà. Ce inalheuretix Charles iv, guéiTicr ; , ; I 3 alïèz t|4 . LOïUtS :.XIV. ' f tSStt i£b0re ^ mais prince iaible , inconAant de impudent , venait augmentsMPtt leur nombre) fàiiant des revuSs freouentes. Les turcs étaient alortitrèMedoulab}^ en fSùXQ^ ; ils attaquaient à la fois l'empereur d'allemagne & les vénitiens. ' La politique desTois de france a toujours été, depuis François premier, d'être alliés des ^npereurs jtiu'cs , non Aplement ponr les avantages du commerce, nlliis pour «ii^pécher la maifbn d'aûtriche de trop prévaloir* Cependant un roi chrétien ne pouvait refiifer du fecours.i l'empereur trop en danger , & l'intérêt de la france etaît bien , que les turcs inquiétaf- fent la horgrie , mais non pas qu'ils l'enva- hiffcnt ; JVfSqiTK 1666. 135 hifiènt j «nfin i^ tentés avecl'çmpiré luifâi- fm&a un devoir démette demarc^ iwinom* ble« U envoia ddttc fîx^-inille heuiunesen hon^e^ fous les ordres du comte deCo* lieni , fini refte de la mdifon de ce Colfiaù Ôc qui mente peut-être une auffi j^i'ande re- nommée ^eeet amiral, par fon courage ^ par fa verm. • L'^EÛtie l'avait attaché au grand Condé, & toutes^ les ofire»'^ cardi- nal Mazarin n'avaient jamais pu Taigagèr II imanquèr à fon ami. Il mena avec lui Téli- te de la nobleffe de fifance, & ^itre aitre» le jettifê kFeiîilbide; homme ea^epr^iant, A andde de gloire <& de fortune. Ces fran* çaig tfHé^ent fervir «a hoogrie fous legcné- ^ rai Montéotculi^ qui^traait tétc alors au grandottfirKiuperli, & qui depuis en £èrvant contre ht iiramce , « hal^ça la reptation de Turomei U y^eut un grand combat à fàint-* gothard au bord' du raab, entre les turcs êc r^mée de l'empereur. Les français y firent des prodiges de vale^ ; les allemans même, qui ne les aimaient point , furent obliges de leur rendre juftioe. Nfais ce n'eft pas la ren- dre aux allemans, de dire^ comme ona fait dans tant délivres, ^e les firançais , eurent ièuls Phcmneur de la viâoire. I 4 Le 136 -LOUIS Xlt. - Le Voit en mettant fa grandetto à ïêcôu- rif oim^rtcment l'eitip^mir , & à donner de Nctataux aimes françaàfei , xnettait.ià polii- tique àfoôtenir fecrettement le portugàl-con^ * ix^ rei^Jagne. Le caddîiiat Maasfpfai avait abaiiddnné Ic^mdlemeiit' les mrtugiik par le^t^^^s pirénées; mais l*elpagiiol avait lait {^iufieurs petites inlraâions-taj^tesi à la paix* Le français en & une hardie & déd- fiver-le mar&hal die Scfaomberg , étranger & huguenot j pafSi enportugal avec quatre-mille fûldats fiançais, qu'il p^ait de l'argent de Irouis^ xiV / ^ qu'à' feignait de fou^k au nom du rôi portugais., Ces quitrc-^oille foldats français, joints aux troi^es portugai-» fes, remporter aÊ« à vilUNvici<^ i^e viéioire ' complette, qui affermit le trône dans la S in maifon de bragaftce* Ainfii*ouiâxiK^paf&it ^' déjà podr toi prihoe gumier A pciitique , & ?éurope ie redoutait même avant* qu'il eût éticor fkît 1» guerre, * ' Ce fut par cette politique , qu^ ^vita mal- gré tts promef&s , de ^indre le peu /ée* vai£i eaux qu'il avait alors, *aux flottes hoUandai-» fes. Il s'était allie anrec lahollande en 1662. Cette îrqn^lique, enviroij ce tems-là, re- éommen^^Ja ^erre centre Tangleterre, au fùjet du vain&.bîzaffe honneur du pavillon > & du droit réel de fon commerce dans les f 1 indes. JTXSQJLTA' Ï6 66, %^. iiides; Louis volait aarec plaifir. cer. deux poiflàûces mandmes, mettre en mèrtouslet ans. Tune contre l-autte , des flottes dapJui décent vaiflèaux^ A it détruire mutui^e-* ment par les batailles les plus opiniâtrées qui f<»j(bient jamais donnée^ ^ dont tout le fmit était PafFaibliflfement des deux partis. Il s*en'^*J** donna une qui dura à'ois jours entiers. Ce juin fut dans ces combats , que le hollandais Rui-" ' ter acquit la irepatation du plus grand hom*» me de mèr'qu^oa eût vu encon Ce &t lui ^ alla brûler les ^lus beaux vaiÛèaux d*an-' gkterre ju^ues dans fes ports à quatre lie'ûes de londres. U fit trioii^Aoer la bollande Ços^ les mers ) dont les anglais avaient toû|our$ en l>em|)ire, Hr pour le iconmierçe & pour la gucire,n'^- tm Uen corniit que d'elles. La mince , ibus Wminifleiïf de Richelieu, fe croiait pui^n-^ t6 fur mèr, parce que d'environ loixante Vaiflèaux tonds que Ton comptait dans fes ports , elle pouvait en mettre en mèr envi« ron trente , »dpnt un feul portait foixante <5c dix -canons^ Sou*Mazarin, on acheta des - hollandais le peu de vaiilèaiix que Tonavmt^ I 5 On J38 LOUIS On amnçpnk de matelots, d'of&cier«, de snaiii&âuf es , pour la conftruâion & pour ïéçf^ptamra. Le roi entreprit de reparer les ruines de la marine^ & de donn^ à la jrance tout oe ^ lui manquait;, avec une diUgence incroiable^ mais en 1664 & 1665, tan& que les anglais ic les hollandais cou- vraient Pocean de près de trois^cent gros vaiflèaux de guerre, il n*en avait eocor que Juinze ou feize du dernier rane, que le auc e Bcmifort occupait contre m pirates re pour déK)ler la hollande. Mais il leur fit paler chèrement ce fecours-i & les traita comme un homme pqiAnt, qui vend ft proteâion à des marchands opulws. Col- oert mit fur leur compte , non feulement la folde ibidé de CCS troupes , mais jufi|u*aur frais d'une ambaâ&dè envoiée en angIeterre,poar conduire leur paix avec Charles n. Jamais Recours ne fiit donné de fî mauvaife grâce, m reçu avec moins dé reconnaifGince* Le roi aiant ainfi aguerri fes troi^s & forme de nouveaux officiers en hongrie , en ÏK)llande, «n portug^, refpedé & vahgê dans rome, ne voinit pas un feul potentat qu'il dût craindre. L'angleterrc ravagée par iapefte, londres réduite en cendres par im incendie attribué injuAement aux catholique^ la* prodigalité & r indigence contatoellc de Charles tecond, auffi dattgereuiîes pour fes affaires que la contagion &, Tiocendie , nietp taient la ftance en iureté du cote dee anglais; ' L'empereur réparait à peine Tépuifèment d'une gacËK contre les turcs. Le t^.dV ipagne Plûlippe i v mourant , dq & monari* chie aufli faible que lui , kif&ient Louis xiv le feol puiflànt & le feul redoutable. Il était jeune , riche ^ bien ferti , obéi av^iglément, & moquait Timpatience de (t flgnalèr ic parmi des fuccès û Faciles y parut le voiage d'une cour. La bon^ ne chère , le luxe & ks plaifîrs slntroduîfi* rent alors dans nos armées, dans le tems même que la dilcipiine ^'aâfenniffiik. Les officiers faiiàient le devoir miiitaÎKe beaucoup plus éxaâement» mais aveedes commodités plus recherchées. Le maréchal de Tu^enne n^avatt eu longteùis que des amettes aix ' ^ •! d*mx la chfelle. a était plongé dans les diverti&mens à ipint-'geiutiain , lorfqu'au cœur df Thi* i66k. "^^^ ^^ i^^s de janvier , on fut étonné de voir dos troi^i^ iHarcher de tous côtés, aller & revenâr ii;r les chemins cle la champagsn, dans les 'trdirévéche£: des trains d'a|^rie, des chariots de munitions > s'arrétiaîenC fous ^ (Mfetrs prétextes, danU la «pute ^i^irféaede * champ^ne €n bourgogne. Cette partie de .^ france était remplie de iî)ouveiB)pna doiM on ignorait la caufe. ■■ Les étrangers par ii^ téf ^ , & les courtiiàns par curfo»^, * s'^i- iàié^ en conjecfhires.:. rallema^ne était «1- larmée r Tobjet de ces préparami* ôc de ces marches irréguliéres, était încoQUu à tout le monde. Le fecret dans les conspirations n'a jamais été^eux gardé, qu'il le fut danir cette entrepriie de Louis xiv. Enfin le a de # février il part dafaint-germain, avec le jeu- ne duc d'Enguien i^s du grand Condét & quelques courtiiâhs : les autres oâ^ers étai^ ent au rendez-vous des troupes, ffva à cli&- val JU.SQU'/i i66g. 14» Vingt -mille hommes, aftembles dt vingt routes (Mïrentes, fe trouvent le même jour en franche-comté à quelques lièuës de befàn*. çon; Se le grand Coftde paraît A leur titt^ * aiont pour ion ^prindpal lieiitenant-généra); Bouteville-Montmorend fon ani, deVènu ckic de Luxembourg , toufours. attaché à lui dans k bcMme ât ^$ la mauvoife fortilae. Luxembourg étmt l'ëléve deGonjir dans l'ar^ de la guerre ; & il obHgea à force de mé- rite, le roi qui ne rasitiaitpas,à Temploier. Des îmrigues «irent part à cette entre- prîfe ioiprévirfî le prince de Condé était ja? lotfac de la gkirp de Tivenne , & Louvois et & faveur ttiiprèâ du maître ; Con^ 4lajt ja^ loux em héros , & Louvoîs ey diiniftre. Le prince, '»gouvemeiBr deJa bourgogne qui toucha à 'la franche-comté ,uavait ânnÉ it deflèijn de s'en rendre ->maîtrr e^ hiver, en moins de tems que Tur^nne n'en avait mis Tété dernier à conquérir la flandre françaife. Il commwtqaa dflibofid fon projet à Louvois, qui TembrafEi avidwient, pour» éloigner & rendre inutâe Turenne , ôc pour fervir en flicme-tems fon nviitre. C«tte province afHz ^uvre alort çn argent 1» mais trè^ ferdb, bien peuplée, 4k tendue* en long de quarante* lieœs , & large K 3 /de ' - et vingt:, av0 le nom dt frindie, &î*éfeit en effet ' Les raïs d'efpagnê en étaient plns- ' ^ lek piWefteurs qiœ4tK? maîtres, Qnôi- Bue ce païs fiït dû gouvernement de la nan- ' dte , il n'en dépendait que peti. Toiile hd- ifiiniftràtion -étai* pjkrtagéei&rdifputée', etrfre . lé parlement- mandant le comte de MènfreVel, homme de grand courage , fidèle par grandeur à'st- me aux elpagnols qu il haifTait/- & au parle- ment qu'il mépi^it. U n*avait pour gamif fcBi, ^ue quatre-» cent foldats & les citoienâ, dt M ofa fe défèndre« La tianthée né £ttt 7. £ K 4 point ^a -lO.UJS XÏV, »\ poipt poà0ee ' dans hs /orities; ' A pj^ip^ rcut-on ouyectCj qu*uaç foule 4^ jeunes vor lontaires , . qui fûivaient le roi, coures ^ttar quer la contrefca;;pe & s'y logea j ; Le prince de Condé, à qui îag^&rcxpérîence avaient 4oniie imcotirs^e trapquilé, les fit foûtenîr , à propos , <îc partagea leur pevil , pour le/j en tirer. Ce prince eraitpar to^t dvec fou fils , & yeaait ejiftiîte rçndre compte de tout au roi , comuiiQ ^m ofEçier qwi, aidait eu ia fortune à faire, te roi , jdanjs fon quartier, montrait pliistôt la dignité- d'up,,monarq«ç dans fa cour, qu'une ardeur. injpetueujS^ qui 41'etait pas neceilàire* iTxHit.le cérémonial de faint-ïgwmain e'taif obfer^, Il avîiit, fou petit coucher,, fcs grades, ^ fis petites eçf- itrées, uug ff^ 4?s çîudi^nces dans fa te^te. Jl ne tempérait I^ fafte du trô^^^ j^'eç faifant manger à fa tahlcfespfEciers-genéraux &fes ■didés de camp». On ne lui vpiait point dans Jcs travau» de la guerre, -ce ^ourqg«ienipor- dté,deFcjinçoià premier. & de Henri i v, qui çlierchaient tQVHips les .efpéçes de dardées. Ilfe contentait idç ne ks pas/crfiindre, Ôc d'engager t^utiemondeà s'y préppitecpour M Jui avec ardeur. ^ Il entr^ d^u# doîe au boqt févftde^qnatrç joiurs de fiég#,.;daMZC jours après Son départ de faint-geruÊiiiinj i& eniînen moins deiroi§ femaio^» toute, la £Kaacke- comté JUSQU'A î668. tsi tomte lui lût fôûinife. Le cônfeil (Ptipag- ' ne , étonné & indigné du peu de tâîRance ; écrivit au gouverneur : " que le roi de france „ aurait dû envoicr fcs laquais, pren qu'on nomme prilè en tfois xqjf lèiufiiutt. angleterrc&la de.rcurope&. XIV, iS»pro- l'un petit état, i^ Ele borfier fos .V V (h éan^jMetei & tMtr e l'aîiîjtise de* rois ,' *A plus ctncor nmisn- ■ ce. Tout fe .traitait en effet à fawat-germaiH, •ar le miniftére de leiu* ambaj^çur -Van* Benning. *Ce quf. avait été acconi^^n^ccret par lui, était envoie à aix la chapelfe, pQ^ir être fîgné avec appareil par les mînîfires at femUés au congru. Q^i eut dit tr^te Sna * . aiça- I* ^ Inouïs Xlt. obligerait la irance & Te^agne à recevoir fa méifeitiori? Ce Van-Beiining, bourgu«ncftre d'amftep* dam , avait la vivacité d*un français & la iBe»* té dHui efps^nc^l II fe plaifait à choquer . dans toutes les occafions , la Hauteur iinpéri^ eufe du rd ; & oppofait une infléiribilké ré* pul^caini , in ton (^ fhpériorité ^ c[ue lel inmillres de france commentaient à prendre. iJevHisfiez-vmsvatk UpiiréÊ 4l$rûi? kA «Tait moiteur de Lioipie dans u«tc0nfêren. oe, J'^norf fit que veut k roi^ àk Von- Beuning ; fê confiàtre €$ ^ti'ilpeut. * £niiii à la c0ur du |dus fiiperbeinonarqor du mon- 0 de, 1UV bourgueinÉ^ké conclitt arec autor!« ^^té une oaix, par laquelle le roi fiit oblige d^ renihmia franche» comté. Les hoUandaiii tuâ^t bien mieux aime ^*il e6t rendu la flan(]pe^ & ctre dtbvrés ^'mt voifm iî redovh tftle. Mais toutes les nations trowérent , *tee le rcÉmorqilailt dlez de ii^odération, en ie j>rivMt de k franchfe^OM^it^. Cependant ^ il gagnait davantage, en ^-eteaaat les villel de. fkndrb j & il s'ouvrait les portes de ll^ hoIl«dê> qu'il* fongeait S détiuîre danf •iè teins 'qn*il mi cédait» CHA- J JU^QJJA 1673. m il CHAPITRE NEUVIETVIE. ' . Magmjicence de LOUIS XIV. Cofu . quête de. h bollaade. Loiiis XIV, iotci âe rafter (juelc^Q lems en pftiXy (^sfttinua oonune il nul copimeiiçe, a fegkr, si fortifier & ei»» hellir ion roiaume. . Il £t voir qu'tm roi ab^ folu, \}ui veut le bieni \(^nt à bout de tout ûos peine. Il n'avait qu'« couimanâer} âQ ^ les fiiccàs dans Tadminidration étaient anâi' rapides, que l'avaient i^ (ts conquêtes. C'était ime choie vieritablemeni: admiraUev 4t voi# le^ porta^ mèr , auparansnt diserts ^ & ruinés, mainte^at el^nirés d'ouvrages, qui faifàient leur drnementiéc leur défeniè, couverts de navires A de matelots, & eon|e- nant dé|(près de foixante gnads vaiflèaux, qu'il pouvait annèr en guerre. De nouvel* les colonies, protà^ées par fon pavillon, partaient de tous cotes, pour l'amerique, pour les indes orientales , pour 1^ côtes de Tafrique. ' Cependant en nance , A^^u^fet yeux 9 des édifices imnienfês occupaient des milliers d'Hommes, avec tous les arts que )t architei^e entraine après elle y & dans Tin^. teneur 158: LOUIS. XlV./ tcrieiir cle sa cour & de fa cipittie^ tfeg :«ts pIu»fioble8(Sc plu6 «t mxiordë cette bulle ; mais il l'éft ; ' que Ûet ^perfotmes toutes puifl&ntes en aient befoin. Cetévérifeitient, qui ne fut une révolution que dans la famille roiale & non dans le ro- iaunM de poptugal, n'aiant rien change aux afiàires de Teurope, ne mérite d*attentÎMi que par la fingularité. La france reçut bientôt après , un roi (|6p*f<^t. defcendait du trône d'une autre manJfre;/ Jean Cafimir roi de pologne renouvela 1* exemple de la reine ChrifHne. Fatigué de& ,^ embarras du gouvernement, 5c voulant vivre heureux, il choiftt fe retraite à paris, dans I abbafe de faint - germain dont ùt' fut abbé. Paris , devenu depuis quelques années le ft- jour de tous les arts , ét^it une demeure dé- Bcieufe pour un roi , qui chefchaît les dou- ceurs de lafo^téj et qui aittiaft les Icmts; II avait été jéfuite Se* cardinal , avant tt être roi 5 & dégoûté également de la roiauté âc de réglife , il ne cherchait qu'à vivre en par- ticulier & en fage , A ne vouliit jamafe kmf- frir qu'on lui donnât à paris le titre de ma- jefté. . - * Mais une affaire plus interef&nte tenait tous les jHÎHces chrétiens^ attentifs. « Les turcs , moins formidables à la vérité [ue du tems des Mahomets , des Sélims & SoJSMtu^i mm dangereux en^cor ^orts de i E 1*^ LOU*ÎS XIV. candie, avec toitfes les forces de -leur ém* pire. On ne fait s'il était plus eéoiinan^<|ue et^ vfeiticns fe fuflcnt défendus fi Iqfigtems, oublie les rois de Teurope les çûiTent sbtiXt^ donnés. Les teins étaient Men changés» Autrefois, fetique Teurope chrétienne était barbare, un papr, ou mêiue un moine, envoiait de)| millions de chrétiens combattre, les maho- çiÀans dam leur empire ; nos états s*épni- êient d*ho!naies & d'argent , popf aller çpn- ^ auérir la miférab]^ ôc f^rift province de ju-f Me: A iitaintenant que Tile de catidîe, ré* putée le boulevard de la chrétienté , était in- . ondifo de foixa^fe-mille turcs , le^i rois chrér tiens regardaient cefte perte avec ijnd^éren- ce. •. Quelques galér^S'ée TfiaHl A du pape , étaieit 1* knl fecpm^s ^ qui défendait cette p^ublique contre l'empire ott^^pian. Le fe- nat de venife , auffi impuiiCuit qu» fàgç , no pouvait, avec^fes folds^ts mercenaire» de de^ ' iecours fi faibles , reQf% au gr^d-vifîr Kiu^ perli , bon minjAr^ > meilleur général , maî^ |re df l*empir€! de U turquie , f^vi de trou- pes fonnidablea» $b qu^méme av^td(tbon| ingénieurs. ,^ : Le roi dmina ifiuttlement $px aui^ds^prînn cesl^ejpplçdefecQurjr^indicï. ^ gîd^ res» JV^9(i^K iGli lÉi ■nii ' frai •.] ç«is àatis les anciens teins ée la «bevalem. il laena près dctro|^^n«g9atilshorïime»kcsi'' die t à {^a dépens, quotqi^ ne fûf^as cîchei Si quelqu'aytre na^n avait fait pour lot fé^ tùdeiw^ pro^tiwv.ide - cours neittric qoiji'NDtcder kprUè dec^- a:eurs.;:^'il«;()iitj!tv( depuist^ leqQ itiauvak^éaérauxy;.^ le Mlut àe la ehréûeiué. -. Le-.i:oi,"peu touché de ces e vf aentens ^ loigijfis, lailï^t ineqrir (on ^pnd deûèio^de CQDcpsrÎT'tous les pa)ifi4>a«>f. âE>de <:oui(iH^ eei fftr h hollan^ -L^occalkn derwioît t)Mui,^es jours plus favorable.! -Cette, petite r^ubli^. dominait ^l^s t^^H .i)K|is iW Iti terre rien n'était ,pœs fàiWe. Lie'e avec l'e^gne^tivecPai^lctenifr) enpaixiavccl* Ëance , elle fe repolàit a^ tro^. -de lecHct" té fiir les traités j .^-.^nles avantagée, d'va GQiltinerceiiniiienl^. Autant quefèsaimBn navales e'toieiu diicjplinéet^inùncibjj»; aur taot Tes troupes de teiire étaimt mal tenu& & ig^rijàblf s. Leur caval(^t|î n'étak cot^K>> l^u-geois, ^ui Qè fijrtatCEd^ rs i{iauâiK,Â:.^ipaiaieiit des gens 1 pétale pois^ faire le .fervicQ m ; L'iBiàntcrte:e'taitàtpeu-pi:b fuc iedj lei officiers, les ctHmaan* des pla«es de guerre.iitwent let 1 les ptveos, d^xbow^fuàBncniKs ^ C rincxpéntw^â; daiu r< r^drdent ieig*s bëA^fîaeiii Is penmnnaîi» Jail||àe Wkh avait^foûln cortîgtr otr nbus i UHPtl ne t*i^ pds aiTez vquIu, fi^ à la hbnte ^ ioA régne d: ik nation awieiilifièçuë) IcM^fipie feo vaiâàaux furent brûlés |uiqaes dans Jb riviérede la tamjyfe , pat la Bù(»mfilkaxéd£e. il' ne- referait, ai k vengeancç, ni les cimquetes. Il voulait vï« tr)e dansi^ plaifirs, Régner avec impou* Vdir lïiOins gêné : c'eft pgrlà qu*on le pou- viàilféàMèi Itoufs, qui n^avait(]u*à parler alors pour avoir de l'f)rep»a la ruine de la àol- lande au miliejLi.des plaîfrs icàt^ l^fe^ . Le I d'imemanià^e roudaineQn£f , „quilitrait.ife, fcs tfoupot j'ufàge que de- „mutdcfaiNià,(lignitéf, dont il ne deyait jjcoaipffc; f ^iiaisnt pc de hoila^ij difàit qi^ médame ii ' ning a^t 'goût dd'd avait Apaa aven cette pwtondait, ane,(iMr u wu£iit£^Qr.uoe.i))i|]ailIe, daps laqaelle ' . L'4 Us * U eft vrai oue dcpitû'on a frappe bi*oî- lande une «édaillc qu'on» cni être celle de vAn- IteiMÎtig.: njais elle »ç.fOFte point de datte. EUe iwpréfente un Lwtnt avec un foleil qu^ culmine fur la tétc des coBibatat», La légende eft ^ttit foi in mtdio cœH. Cette médaille que des parti- ctiliert ont firabriquée n'a hi faite que pour la batatllcird'hoefted en t?09 à- l'occafion de cet 4ntxM Talées, A; nitanré'nrgcatv K{ueLania«n«ajploia f)otit lùbjug d'hui • mes tf anglat ron& efpagr &efipéce. de magnificence étrit isatbùxmë. Unedifi^ |>iine, devena&racorpW^lpàâk^ avait ^œ» dans l*armée onlouvâ orcfre^/) Un'y^i^ittit point encor xtiafpedeMs 4ie àmi&àtÀ dm* > *■ fante- id;'*eaiïime nom ^ avonnr^n^ âapntik Mois aiVMiiire fi^fàê^ée^Ci dangef^e 4t $ imldlt ^ ëantsc Turonoe, Condév lÉomnbdiflrg, Vsmban , tem^rentô-iMH^ eon^ttans , une^ artiUeri« prodigicnfe, & de l'arge«r«fécjc«' cpxçi cm attaquait çncorla fidélité iies com- mandais é» places ennemiey; hMhûâe il*vsi!f*à^p<àî3r' qu'un jeune prince dHme dCAiAitvtîon faible, qui n'avait vu ni fiéget nixombats,ângt-cwq-millemim-. vaitXoldats en tpioi «oofiftaiê «ors touta fa garde du pals. Liiiprincb (niHknmie d'O- nuige, âgé de 2Xans , venait d'être du cm>^ taine génàral des. fonce! de t^e, paSi^les- vœoK 4e Ja nation ; JeauF dé With y avait c4|Meati pa| néceffité; Ce prince nourriâàit foi^ le fl^me MltfMda»^ une ardeur d'am- bition |.ir*SQI?*A J673. /iÇ| hiÊ&mif êc è^ gèbire ^^ échUi toâ|0dr| ^ plût, 4uis ia copdhitc , fans s'écJiapfr jamm 4aa^&s difcours. Son iiumiur étsk Ircèd^ jlc.fevéïe» fon g4iije ?aétif iâ: pecçaiït : i foè cour^g^^ cpiine ie, rd»utiri£ jam^b^ litfil|^- poi^ràion corpslliîbl^&iangtiii]^, (tes fatîgtiei im dd£i$ deie&ijforces. - Il était 'm*^ leureuX' ims oAeatatiovL ^ smibiticQx, la même étciUté qu'cni t'emifate d'avîgnon^ quand on efl mécontent du papâ^«. • Cependant le roi faifait avancer fes orméea vers le rhin, dans cet-pais^ii confti^àk liollan%; à col<^ne & àja âandrec Jl:fai4 jrt LOUIlS XIV.* ges, ;p«i ces y pe iioimne < i -éaitlffirl eouvAoeur àe» pa&-bag, étant venu ^ire niK r^éfciUation «u coi iîiripieiques àcgatt etnninis par la troi^s , reçût de 1» main dii #CN fon partist Ënricktfie damaas', cAim^ plus de iJouze>miUi|i£incs. €b«s conduite attirait radoiinttHi'dùfteuples, ftai^m^ ODt la crfliate de fk piùllànce. ' Lerdi était'à latète de famidfon, A: do &s pins belles troupes'; qui cotnpolàienf tfertHBille ' honi«Bs.r ■ Turenne les t!om- nandtît Coai lui. fee prince de Coade' avait un* alince QDill forte. Les 'auses corpi:, eenduits tantôt par l^uxetAfaèurg, tantôt par Cbomillt , fa^itot dans (il'oociAhrdcs ar* nléwie^plrée^, ou fe' refaîgnainip felo»- le befoin. OneonunaHçaparuni^lfct^lBfoii quatre ^lles , dont le nom ne iné^^ place ttoni l'hifloire que pffl-'cet événement: rbin^ berg,orfoi,V^e'rsl,burkti. Elles fis«nFpri- ks presque auflaAt , qu'elles furent inVcfties; Celle de ci^berg , qœ le roi voitlut alSt^gèr en p«^mie, n'rauia pas im ctMp decautm; ApouraiSirèr eneor mieux fa prifii, on eut iôîa de corrompre -le Ueuttoant de li^placc , . . . irlaD- h lâcheté de fe vendre, A rimprudettce (k fb rétârèr en&iite à maftricht» où 1» prinot (d*0r«g4^ie fit punir de mort. ^ . l Toutes ks places qui bordent le fliin de ri0el , (k renmMit. Quelquoi g/m^e^Bmrz envoià:ent leurs clez, dès qu'ils virent ieu|^ ment pdâèr de loin un 'ou dcm efoadront fcuiça^ : .phifijçurs officiers s'enfuirent dsi villes où ils âaient ^ gamifon*^ avstnt qub IVnnemi fôt dans leur territoire: la conflûac» nation était générale. ■ Le prince d'Orange l^'avait point encore a0èz de ttt>upes ppu^ penutre tn canHngne. Toute 1«. hoUancte i^ettendait à |iaf]^r fous le, jwg. Ah 9^*1 coi femit;au tle*-là du rhin; Le prinee d'O* raôgç fit iiuœ à la liate dm Jbgnesi^u de4à 4e ce fieiive; ôc^maih^l^ avoir, âîtes^il cqok nat rimpntijànce de lesgardér; il ne s'^if^ Êitiphtti^uei àk {avoir ëai quel c»d]»it, leâ françw lioudrâient fiwe*uajpoikjdebateauii| 4c dclsfùfyofcr.^ "il ott pouitâit , à> ce paiEn £fi eftit Icintentionj' du àÀétmià» ftù le.fleuve iurun p#it cfe QB»pêtîis Imt^ux de oûffioe iivvemes parManiiiet Deftigens du pab infomérent d}an It prinee de Coa* de , que ia £kbereflêdblé fidum avait formé un ^ jEir un bras du rhin, aupfès d^une toiMEEeUé ^ fm â% bureau de pé^e» ,j qu'on 1 #> » . rj6 tOVé^ XIV. . Sniiomtii C€ gu£ psH: le comte de Otuche. II ny avait qiCemèrûii. vingt pa^ fUpag^r au ' ÀilieUt^dé ce htzi du fleuve^ kee <]tte dit èsimisi littri^élilTon téo^iti oodiire. Cet dlpaâ@ n^etait rien , parce j|ae pltÉeurs che* vsHixde front rojnpâlcm le fil de l'eau trèi peu isipide. L'a^rd était ajiCe •: ^ n'y aipsttt dbl'autreiràté de l'eau (^quatre il cinq^eenl cavaliers,, dcdeux faibles régiinefisdfmfaa^ teiteians cancn. L^artillerie inuiçaife les fcHidroiait * â«nc. Tandis que k nkifb^^ du roi & las mdlleiires troi^s de <:avideiif pgUëaent fans mque au nouilre tl'envitoii qû&nze^iniUe lu^inmet, le prince dd Condé les cotoî^it dans un bateau de cuivre. A peine quelques saioUers faol^wdaà entrèrent dam la riyiàre pour &ire feinblaSt M eombatttv. Ils s*enfiitent ISnfcnt. d'apws , ^jdtiMÉiit la mukkude 4|ui venaiiit è. eux. LeuKinâiitem mit au£tôt bus l^soqmas ^(5c.de«Mpi(i9elaivife Oniiie perditidans le pa&ge (pM ^ kconM ckN<^iitAri^(ptesr#va&ciqQi tit^é^ ti eactés$ktguélkmoyémt,&ilnt^y^aiMNûte& }uin poirfanne de tue dans cette jouinéevfiuis riin^ *^^^pnidœce du jeune dud^deLôM^iallej' Oii dit qu'âaat la ^te pleine dcij taméils dit-râii â^ un coup^de piftoiet fin: les^pneimsifû j»^ ■ deinan* demafièteitlavkàg^9Dax, f» lew ei^iaat^ /râtf Âà quartier p0ur am cmtiUc. Vl^tm àa QGKf f mm ritàrinfia»t fes armea, &. fit «uie d^iibairge, dont h duc d« Longueville &it tué. Ub capitaine4c cavar Ul^ nommé Of&mbrouck, qui ne 8*étak point enfui avec les autres» court au-psinco dcXondé» ^ mmt^ aik>rs à cheval en ioMetideJa rivière, A ]ui appuie j(<^ piflo^ let à la tête. Le prince , par un mouvement^ dctouqâa le coup, (pii lui fracaflàlejpc»^net. Con^m reçut jamai» ^ cette blduite dans toutes iè^ ^^^^^HPIS^^^" ^^ français irrita firent main-bafie%r cette mânterie» qui fe^ mit à iîûr de tons côtes* Louis xiv pai£i fur un pùBÊ. de bateamt^vec l'infanterie après avoir ire de» hon^mes. Cet air de grandeur» dont le roi irekvait toutes fes aâi^ni > le boiv- heucr^ttde de fes con^pie^a, lafpkndeur dôfon régne, Tidokitrie de fes courtifans; ^ guerre,, fcvete des grandes villes; tout cela fît regar^ r. /. ' M dèr 178 Louis^xiv; ■ ' digé qu'on dhttgtrait encore. JL' opinion X cottikinxBfê était , ^ue toutCd^^rnilÉi^ av^pafi^ ce fleuve â lanageyeAprefencodhmearmée retranchée , & raa!gré>l*artillerie d'une foi^ ^ tereflè èfipcenable , appelle h ^hêbêt^ U ëtait très vrai , qiie rien n*etait pins impD^ fanl-ipônr les ennemk que ce paâage,*&que s'ils avaient eu tm ûorps'de bpmes troujpyes à l'autre bord, Tentreprife était très j^^rîl- leufe. Dès qu'on eût pafïe le rbinvon^pHtdoes^ bourg, zutphen, ari|facîin,iiofemb«iffg,ni- mégue , $kenk , bonunel , cnMecœur, &c. Il n'y avait guères d*beiffcs dans la joumée^où te roi ne reçût k nouvellenMe quelque con*- 3uête. Un officiw, i^mméMaa©!, mand- ait à monfieurde Turennc: ** fi voust^ou- ^ lez in'eavoier cinquante chevaux , f#pour- ,,rai prendre avec cela, deux ou trois places* Utrecht envoia fès clez , & câ^pttula avec tx>ute la province qui porte fon nbm. Louis 30 fît ion eiRtrée trioinphale dans cette ville, 167" Hï'^^ût avec.hû Ion grand aumônier, fon cotofefleur&révêque tkulaire d'utrecht. On rendit ^ec folennité la grande ^1^ aux ca- tholiques. L'évêque , qui p'en portait que levaûinom, fiit pour quelque tefns établi daostuie dignité réelle. La religion de Louig XIV JÛSQJJ'A^ 1673. 179 xiv.fdfàh des conquises comme fes. arme^ Cétait ttn droit qirît àccfoér^ûu:* kJioiknr èoj dans l'efjjint (fes* catholi(|ues. : Im provinces d'utrtcfat, d'oyeriilêl, da guelckeSy étaient foumifi^s p ainftecdam n'at-* tendait jpkis que le moment de Ton dclavage eti.defaniine.' Les juifs, qiù y font ét^ blis , s'craprefTéwnt d'offiir à Gdurville , îu-^ tendam & ami du priiice de Condë, deux* millions de floTHis, jpour.fe racheter du pil- lage. • . Dëja lUlerden , voîBn» d'amfterdam » était prife. Quatre cavaii^s , allant à la maraude, s'avancerdit jufqu'au^ portes de muiden , où font Im eclufes qui p«ivént inonder le pais ; & qui u'ed qu'à une liei#d'aiiiilerdam. Les magi/lmls de muiden, éperdus de frajfeur, vidrent p!:ifenter leurs dez à ces quatre fol« dats; mais enfin, voiant que les troupçs ne s*av«|içaîent point, ils reprirent leur^ clez& ferm^ipent lt$ portes. Un inAant de dili« gence eût dÊi amfterdam dans les mains du roi. Cette capitale une fois prife, non feu- lement la république périmait, mais il n'y avait plus de nation hoUandaife , & bientôt la tore même de ce pals allait disparaître* Les plus riches familles, les. plus ardentes pour la liberté, fè préparaient à fuir aux ex- trémités du monde, &. à s'embarquer pour M 2 bâta** igo LOUIS Xlk ^atavûi. pn fit k'dàimnbreincQt de to^s^ W vaMfipîQEi^^oiivmeQl faire ceytmBgCyâc le calcul de ce qu'on pouvait enat^qoer^ < .Oa trouva, que amquante* mille famtltea'^u* vamÊt fe réfugier dans leur nouveUe patdi^ La Hollande n'eût pim éxiâé cpx'sea hdjt des indes orientales:.. les provinces d?«urope,rai A'achettent leur t>led qu'anfcleiu^ richefles ^'afifii^ qui ne vivait! que* de leur ecMUmerce, & R on Tofe dire, de jeyrJiiberte, auraient ete prefque tout-à-coup ruinëes rit,à'lafoi«toutr^bli* câtn & jdôtfec Aàthouâe'rat imigré les <îe-Wîth. Q^Urr députés vinretit micainp datoï,ff^g iraptprw i* cféiiiwice au nom d'une féfUubli- que, qtiî/î^inoix aiiparïmint fe ^rriSiait 'l'ar- bitrOws rois. ' Les députés tfe ftirsilt poinf t;pç«s des mbiidres d« Lvuis xiv, avec cette politedè irançai^ {|ui'm£le ia douceur de la civilUéaux rigueurs mûne Ji) gouvernement; LouVois dur A aider, 'n^ ^ôur bien fervif,, M 3 " plus- igl Louis^xiv; plustôt que pour feire aîmer fon maître, tt^ çut les mpplians a^^ h&llteB(r,'ét■mfelîea^fec Hnfiihe de k raillerie. On les t>blîg€ia de revenir plufîeiirs fois. Enfin le rôi leur fit déclarer f^ volontés. II voulait, ^ûe les états lui cédaffeftt tout ce qu^raviaittit au- idelà du rhîn, niméguc , de^ vittès & '^cs forts àm$ lé fcin ' de Icbr païs ; ^ qu'on lui païat vîngt-imllions ; que les firançais foflfent lès maîtres de tous ksgi'and$cheiniil$ delahôl- lân^P par-terre & par eau , fiais qu'ils païat fent jamais aucun eu oit j que la religion ca- > thoHquefiit par-tout rétablie ; que h républi- que lui envolât tous les ans une nmbaflacb extraordinaire , avec une médaille d-or fur laquelle il fut gravé, qu'ils tenaiwit leur li- berté de Louis xw*j enfin qu'à ces fatisfac- tîons ils joîgnrflènt celle qu'ils devaient au rôî d'angleterre & aux princes de l'empire , tels que céujt de colôgne & de mimfter; paf qui la hollande était tncor défolée. • Ces conditions d'une palix , qui ttri^t'tant delîifervitûde, parurent intolérakW;- êC/h fierté du vahiquiÈur înïpira un courage de dés- elpoif aux vairitous. On téfolut de pél# les armes à la main. Tous les cœurs libqtie du prince &J['ailimofîte deifan paBL On atieèto d'aboMà ]«.vie,dti gramJJpenr veftuï&:I'au(re,qui l'avaitlêm dwlM[ue , qui &ul -con^attair sksa pour eUt-swc ftneès, fe vit éntirodiié d'aiCfSuis.dam aniAenkin. . fibn dufêu,qui avpît quelques aonéêt aupar- avant cobAiméf hôtel de '\^e^ Xes'Uliets - deJJBoqBssIt^nttoijjourdii^ocieVjufqu^ OB teqas, Jàm que 'jtbniiis oh eât^paoh£ air tr^&r. On pala^^s avec cet argArMIb ceia-qui wouWohfr.l'étre. Tant ttejbonne kÀ iS»tant de^eiTôurces étaient d'^Dtan^>!as «dinirables, que Cliar]«iii)ii* 3iié, miÊMt^étmt gkmem: aux m^^ibtl^ Vttnfterdam^la»der, ilans im^eim^ii^ il icmbldit p^inis ay manquer. Â. cette %erta reNpubUcaine , ils foigairent ce courage d'eiprit , ^îe eurent peu de part à l'aâion.- Et teliiit le fort de cette journée, que les.cûtcs de la holfende fiirent en fiiret^. jUSQU'A-'iôta- ^Moàtterey, gouverneur de fl:indre, fît paiTer fecrettement quelques re'gïmenS aufe- cotirs des -^ovince^ -unies. ,. Le coiifeîl de l'empereur Leopold envoja Mome'ciiculi 4 ia tête de près de vingt-mille hommes. L'é- tfidcur de braDdebourg , gui avait Àjii folde viogt-cinc^4niUe ibidats , fe mit eu marche. ' Alors' le roi quitta fou arméi^ Il n"/!»:!] 'avait jikiB de conquêtes à fUrc dans un païs x6t^ inonde. La garde des provinces conquises devenait difficile. Louis voulait une gloire iure. Satiifeit d'avoir pris tant de villes ta deux LOUIS XiV. 'iieax'|tioi!t, il , lieu de Vété: t bourg aehfvBt phc. On éleva t$, tandis ^ue jUSQ^tT'A> Ï674- i8> sa=ei;ês.ii i i .n ii i r CHAPITRE DIXIE'ME. Evacuatiim àe la hollande, Seconâê conquête d* la _franebe*comé. ., j Oncrtùtn XKi- ront lir itf« fouT^nir, ^u i^â reladonde es ohi-! ftoire des iti e-iIq Uvres font pleins de toutes les nûnuties de* atfKonr de guerre, & de ces détails de Fa iùreur & de la nûTe'reJiumaine. Le deâeîA de cet eflài efl de peindre les principaux ca^ ratflo'es de cte révolutions, ai. d'écart»' k nuikinuk d«s petits ^s, {xnir laiiTer vàg les feuls con£deniblet, (&s'U/epeut) l'efr prit qui les a conduits. ; La femce fut alors au comble de (à gloire^ Le nom de< fes généraux imprimait la véné> ration. Ses minières étaient regardés axa.' me des génies fupérieurs ai;x conlèilWs de* autres princes ;& Louis e'taît en,«uropecOm* ine le fcul roi. En effet l'eiopcrwir Lcopold ne paraîffiùt pas dans fes vme'es. Clûrlet fécond roi d'eipagne , fils de Philippe iv , Ibrtait à peine aq l'ca&nce. Celui aangl<- terre ' • 19© LOUIS XIV. mre ne* metftit 4âf4iâitité dam ^mîc ijcto ceik des plaifirs, ^ Tous cesptoces & ieiirs minîllre^ firent 4© grande* fautes^ ^ L'angleterre agit contj-ç les^ principe» de* la raîfoa d'état en s*uhiflànt avçc la'fi^ce, pdui** élever umpiiifl&nGe que fon intérêt était d'affaiblir. L'empereur, Tempire, le ccMifeil elpagnol, iîreitt encor plus mal, de ne pas s'oppofer- d'abord ^ ce torrent. Enfin Louis lui-même commit une aiifii grande fiiute qu'eux tous , en ne pour-t iùhrant pas av^ afSte de rapidité, des coii* t^étes fi faciles. Gondé & Tureime voulai» ent qu'on dâfnolit la pluspart des placcfs hol- landaifes^ Us di£tfent que ce n'était point avec* des garnifons que l'on prend des états^ mais avec des armées j & qil^en confervant une ou deux places de guerre pour laretraite, on devait jmai«h€r rapmement à la conquête entière. Louvois au contraire voulak que tout fût placera gamifon. C'était* là Ion génie , & c'était ^uflï le gotit duoroi: Lou- 'vois avait par4à pkis xl'cniploii à- £i diipofi* lion $ il éten^t le pouvoir de fon mîniAére; il s^àpplaudiAait de contredire les deux pIuÈB grands capitaines du fiécle. Louis le crut, '&fe trompa conune il Tavoua depuis j il manqua le moment d'entrer dans la capitale de la hollande ; il aâSôbbt ion mpéc en la divifant JUSQ^UÎA" i6'/4. ^9» 4iyifant dam tuop (le"|)Iaces j il Isi&i h(oïk ennemi le tenis de refî^rer. L'hiftoir e des plus graiids princes eft fouvent le récit : des laiites desJiommes. Après le d^art du roi, les afiaire^ chan^ gèrent de face. Tur^inne fut oblige d^mâr- * cher vers la weftphalie, poui' s^oppolèr aux impériaux. Le gouverneur de flandre Mon-^ terey , Tans être avDué du confi»! timide d' cipagne , renforça la petite armée du princa d'Orange d'environ dix-mille hommes. Alors ce prince fît tête »ix français jusqu'à Phivèr. C'était déjà beaucoup de balancer la fortune. Enfin Thivèr vint. Les glaces couvrirent le& inondations de la hollande. Luxembourg , qui commandait dans utrecht , fit uû not»* veau genre de guerre inconnu aux fi-ançais , & mit la hollande rda^s un nouveau danger, aiiffi terrible que les préc^dens. Il afièmble une nmt près de douze-millo fantaflins tirés des gamifbns voilnes. On leur avait préparé des patins. Il £t met à leur tête , & maixhe fur la glace , vers leide & vers la hafe. Un d^cl furvint- La haie fiit fàuvée. Son armée entourée d'eau, n'ai- ant plus de chemin joi de vivres , était prête à périr. Il fallait , pour s'en retourner à ut- recht, mm'cher fur une digue étrpite & fan- geufe , où l'on pouvait à peine fe traineç quarte ifi LOUIS XIV. , * 4}iÈ|fcre dÉ frcmt. On^ne pcHcwt ani^r à cette digue » qu'en attaquant un fiart^ qfti fenv» Vkit imprenable fans artillçrie^ Qpnd ce fort n'e.ut arrêté l'armée qu'un fèul jour, die ^ feraît morte ^ faiin que plus de quarante ans après , j'ai iù les Uvres hollandais , dans lefquels on apprenait à lire aux enfans, retracer cette a vanture , iS( inf^** rer r^ k bai^e contre le« frii^is à d^ géiâ:^*- tif}m nouveUes. Cependant le roî agitait les cabinets de *^7I' tous les princes par fes négociations. Il gagna le éiic de hanovre. L'éle<3:eur de brandebourg, en commençant la guerre, fit un traité , mais qui fut bientôt rompu. Il n^y avait pas une cour en allemagne, o^ Louis n'eut des penfionnaires. Ses émif&ires fomentaient en liongrie iSs troubles de cette province févérçment traitée parleconfeil 4e vienne. L'argent fut prodigué au roi d'an- gleterre,pour faii;e encor la guerre à h hoU lande , malgré les cris de toute la nation an-» glaife , indignée de fervir la grandeur de Louis xiV, qu'elle eut voulu réprimer. L'europq * était, troubléç par les armes & parles négo-? dations de Louis* Enfin il ne put empéchçr^ que l'empereur , l'empire & Telpagne ne s'aU liafiènt avec la hollande, & ne lui déclarai^ iènt folennellement la guerre. Il avait telle- ment changé le cours des cbofes , que les hol- landais, fes alliés naturels, étaient devenus Jesamisde la maifon d'aut|»iche. L'erapereuip Léopold envolait des fecours lentsi, mais i^ montrait une grande animofité. Il eft rap- porté, c]u*allant à égra voir les troupes qu'il y raflcmblaît, il communia en chemin; rce de rigueurs, en i^Hànt paiferparlamaîn du 14 bourreau, ceux qui avaient abandonné leur ^|P^- pofie. Le roi emploia auflî les châtimens, . *la première fois qu'il perdit une place* Un très brave officier , nommé Du-pas , rendit naerden au prince d'Orange. Il ne tint à la vérité que quatre jours; mais il ne remit fà ville qu'après un combat de cinq heures, dôn-^ né fur de mauvais ouvrages , & pour éviter un afiàut général , qu une gamifon faible ôc rebutée n'aurait point ibutenu. Le roi ;^ ir- rité du premier affront que recevaient fes ar- mes,fit eondannerDu-psùitre traîné dans ut» recht. JUSQU'A i6r4- W recht, uitô pelle à h ni^fl » iie$ à la gloire , pour qu'on ne les ^uverae p9s |Mr la craini*^ te 4e la Jboote^ Il ^ttf favoir , qu^à k vén% té les provi&ms 4es cominandams des placer lès pbligenc à foiitenk ^rojs a0àii$s:; tuais ce ibot deces Ichx q^i /oeibnt jamais exécutées» Dupas fe fit tuer un an après au fiege de la petite ville de grave , où il fervît volon- taire. ' Son coitragetScfa mort durent laiffer des regrets au marquis deLouvois qui l'avait fait punir fi durement. La puiflànce fouve* 'raine peut maitrtiiter \m brave homme, mai« non pas le déshonorer. Les {oins du roi , le génie de Vauban , la vigilance fevére de Louvois , l*expérience & le grand art de Turenne, Taélive intrépidité du prince de Condéj tout cela ne put répa- rer la faute qu'on avait faite de garder trop de places , d^affaiblir l'armée & de manquer anifleidam. Le prince de Coudé voulut envain percer dans le cœur de la hollande inondée. ^ Tiv- reiine ne put, ni mettre obftacle à la jo^dlioi^ de MontécuculL& diU prince d'Orange, ni empéi^her le prince d'Orange de preiidi:e bonn. L'év^ue de munfter , qui avait juré N3 * la 198 LOUIS XÎV. liov. la ruine des états-généraux , fiit attaqué lui^ *^^^* même pat les hollandais. Le parlement d'angleterre força fon rôî d'entrer fcrieufemènt dans des négociations de paix , & de cefler d'être ?inftruœent mer- cenaire de la grandeur de la france. Alors il fallut abandonner les trois provinces hol- landaifes, avec autant de promtitude qu'on les avait conqulfes. Ce ne fiit pas ^s les avoir rançonnées: Tintendant Robert tirade la feule province d'utrpcht en un an fefze- cent-foixante & huit-mille florins. On était fi prelTé d'évacuer le païs. qu'on avait pris avec tant de rapidité, que vingt-huit mille pri-- fonniers hollandais furent rendus pour un écu par fpldat. L'arc de triomphe de la porte faint-denis, & les autres monumens de la conquête, étaient à peine achevés, que la conquête était déjà abandonnée. Les hol- landais, dans le cours de cette invaflon, eu- rent la gloire de difputer Tcmpire delamèr, & l'adreffe de tranfporter fur terre le théâtre de la' guerre hors de leur païs» Louis xiv paffa dans Teurope pour avoir joui , avec trop de précipitation & trop de fierté, de l'éclal d'un triomphe paflàger. Le fniit de cette cntreprife fut d'avoir une guerre fanglante à foutenir contre l'eipagne , l'empire & la hol- lande réunies , d'être abandonné de l'angle- terre. JUSQU'A 1674. 199 terre, & enfin de munfter, de colognemâ* me, &de JaifTer dans les. pais qu'il avait en^ vahis Se quittés , plus de haine que d'admi- ration pour lui. Le roi'tfnt feul contre tous Içs ennemis qu'il s'était faits. La prevoîance de fon gou- vernement &la force de fon étnt, parurent bien davantage encor, lorfqu*il fallut k de-^ fendre contre tant de puîflanccs liguées & contre de grands généraux, que quand il avait pris en voiageant la flandre françaife, la franche-comté & la moitié de la hollande; fur des ennemis fans défenfe. On; vît furtout quel avantage un roi ab- /bliijdont les finances font bien adminiftrées, a fur les autres rois; il fournit à la fois une armée d'environ vingt-trois-mille hommes à Turenne contre les impériaux, une de qua- rante mille àCondé contre le prince d'Oran» ge : un corps de troupes était fur la frontié-» re du rouflillon : une flote chargée de foN dats alla porter la guerre aux efpagnols juf- ques dans meflîne : lui-même marcha pour fe rendre maître une féconde fois de la fran- che-comté. Il fe défendait, & il attaquait par-tout en même-tems. D'abord, dans fon entreprift lurla fran^ che-comte , la fupériorit^ de fon gouverne- N 4 ment a» LOUIS XIV.' tamA ponir tonte entxilrc. H ^s^Smt it mettre dans fon pacti , <»i du moins, d^endor- mit les-fuifSss^ nation anf& redcKit^lc que Î)auvre , toujours armée , td^nrs .jaloufe « 'excès de £à liberté, invincible iur fes fron- tières , murmurant déjà de s'efFarouchant di(t voir Louis xiv une féconde fois dans leur voifînage. L'empereiu: & l'efpagne foUici- taient les treize cantons, de permettre au moins un paflàge libre à leurs troupes, pour fecourir la franche - comté , demeurée fans défen(è par la négligence du miniftére cfpag- noL Le roi de ion côté preffait les fuifles de refufer ce paflàge j mais l'empire & Tef^ pagne ne prodiguaient qat des raifons & des prières. Le roi, avec de l'argent comp- tant, détennina les fuifles à ce qu*il voulut. Le paflàge fut ref\iie. Louis, accompagné de fon frère & du fils du grand Condé , afliégea befançon. Il aimait la guerre de fîéges , & l'entendait aufli bien que les Coudés &. les Turennes} & tout jaloux qu'il était de fk gloire,il avouait que ces deux grands hommes entendaient mieux que lui la guerre dé cam- pagne. D*ailleur^ il n afliégea jamais une ville , fans être moralement fur de la pren- dre. Louvois faisait (î bien les préparatifs ies troupes étaient fi bien fournies ; Vauban, qui coiûluifit prefque tous les Çtéges^ étak i un jusQxrji 1674. SOI Bnn gnsB naître wats isrt-aB'pîtoan'ies villes, que la gloire du roi était en lïlrcré. Vauban dirigea les attaques de bcfançon: ,j ,6116/111 prife en neuf jours ;& au bout de fa ■"«' femaines^ toute la franche-comté ^t fou^' mifè au roi. Elle eft reftée à la france, &. fcmble y être pour jamais anne'xée: moni^- iiicnt de la faibleHe du miniftére autrichien- efpngnol , & de la force de celui de Louis NS fco^ LOUIS XIV. CHAPITRE ONZIE'ME. Belk campagne ^^ mort du maréchal de Turenne. Tandis que le roi prenait rapidement la franche-conité, avec cette facilite & cet éclat attaché encor à fa deftinée; Turenne, qui ne faifait que défendre les frontières du côté du rhin, déploiait ce que l'art de la guerre a de plus grand & de plus confommé. L'eflimc des hommes fe mefurcpar les diffi- cultés furniontées ; & c'e(l ce qui a donoé une fi grande réputation à cette campagne de Turenne. juin D'atord il fait une marche longue & vive, *^74- pjiffe ]ç j-i^in à philipsboiu-g , marche toute la nuit à fintzheim^ force cette ville, & en méme-tems il attaque & met en fuite Caprara général de l'empereur, & le vieux duc de lorraine Charles iv,cc prince qui paflà toute fa vie à perdre fes -états &; à lever des troupe», &qui venait de réunir fa petite armée avec une partie de celle de l'empereur. Turenne, après l'avoir battu, le pourfuit & bat encor luil. fa cavalerie à ladimbourg ; delà, il court à * ^^ un autre général des impériaux le prince de Boyic. JUSQJLTA 1676. aoj. Boumbnviiie; qui n'attcadak que éé nouvel- les troupes pour s'ouvrir le cheaiin de Tal- fiice; iJ prévient la jondiou de ces troupes, Tattaqna '& lui fait quitter le champ de ba-,^^^ taille. L'empire raflèmble contre lui toutes fe$ forces; foixante & dix-mille allemans font dans l*al&ce : brifac & philipsbourg étaient bloqués par eux. 'I urenne n'avait plus que vingt-mille hommes effectifs tout au plus- Le prince' de Condé lui envoia de flandre quelque fecours de cavalerie ,• alors il tra- verfe des montagnes pleines de neige , par tanne & par bedfort ; il fe trouve tout d*un ^^'1^ coup dans la. haute alface, siu milieu des quartiers des ennemis , qui le croiaient en repos en lorraine, & qui pehfaient que la campagne était finie. Il bat à nnilhaulenles quartiers qui réfiftent ; il en fait deux pri- ionniers. Il marche à colmar,oii Téleâeur de brandd)ourg, qu'cHi appelle le grand ^le<3eur, alors général des armées de Tem- pire, avait fon quartier. Il arrive dans le tems que ces princes & les autres généraux fe mettaient à table : ils n'eurent que le tems de s^échaper ; la campagne était couverte de fuiards. Tivenne, croiant n'avoir rien fait tant qu'il refiait quelque chofe à faire, attend en- cor $04 LOUIS XIV. ^ cor auprès de titfddieim une partie do' I%i« i^^^- ùmtetit eimeinîe^ ' L'^avantage du pofte qu'il avak choifi , reodaît .& viâoire fure : il dé* fait oette infanterie. Enfin une .^vmée de foîxante&dix^mille hommes fe trouve vain^^ €i\ë 4t diiperfée pr^ue fans gtaod combat. L'al&ee refteau roi, & les gmeraux de 1> empire font obHgés de repafler le rhin. Toutes ces aâions conféoutives, condui*, ses avec tafnt d*art , fi patiemment digérées , exécutées avec tant de promtittide, ftirent également admirées des fiançais^ des dres réitierés de Louvois^ doonés au nom du roi. Ré6i)er à Louvois tout-putâànt, mille prifom niers du côté des frgnçais ; Içs ennemis firent une perte égale. Tant de fang inutilement r^mnda , empêcha Tuoe dç Tautre armée de rien 9o« LOUIS XIV. ri^ dnireprcaidre de çoofîdérable. U iii> porte tant de donner de la réputation a Tes acssies, que le prince d'Ck-mi^, pour £ûre croire xju'il avait eu la vidoire» a(GegeaîQu^ éenarde ; mais le prînœ ^ Conde prouva qu'il n'avait pas perdu la bataille, en fai&it auilitôt lever le fiege , & en pourfuivaot le l^rince d'Orange. ^ . On obf^va également en france & chas les alliés , la vaine cérémonie de rendregra^ ces à dieu d'une victoire qu on n'avait point remportée : ^ifage établi pour encourager les peuples y qu'il faut toujours tromper^ ' Turenne en allema^e , avec une petite mrmée, continua de^ progrès qui étaipnt;le fruit de fon g^e. Le confeil àe vienne, n* ofànt plus confier la fortune de rempke.à des princes qui l'avaient mal déiindu, remit à la tcte de fes armées le général Montécu^ culi ; celui qui avait vaincu les turcs à la jour-^ née de faint-gotbard , Ôc qui. malgré Turen^ ne&Condé, avait joint le prince d'Orasge» ôc avait arc^é la fortune de Louis xiv, après la conquête de trois provinces de hollande. On a remarqué, que les plus grands gé- néraux de l'empire ont fouvent été ûté$ 4' kalie. Ce pais, dans f^ décadence &dans foa efclavage , porte encor des hommes, qui font fouvenir de. ce qu'il était autrefois. Monté- JUSQ^ITA 1676- 20y Montecuculi étaît feul digne d*étre oppofë à Turenne. Tous deux avaient reauit la guerre en art. Ils pafTérent quatre mois à fc jfuivre , à s*obferver dans des marches <5t dans des campemens , plus eftimes que des viftoires par les officiers allemans & français. ^ L'un&Tautre jugeait de ce quefon adverfai* re allait tenter , par les démarches que lui- même eût voulu faire à fa place, & ils ne fe trompèrent jamais. Ils oppofaient l'un à l'autre la patience , la rufe & Tadivite 5 enfin ils étaient prêts d'en venir aux mains , & de commettre leur réputation au fort d'une ba- ?7 taille auprès du village de faltzbach, lorsque l^j^^ Turenne , en allant choifîr ime place pour dreflèr une batterie, fat tué d*im coup de canon. Il n'y a perfohne qui ne fâche les circonftances de cette mort 5 mais on ne peut fe défendre d'en retracer les principa- les , par le même efprit qui fait qu'on en parle encor tous les jours. Il femble qu'on ne piiiflè trop redire , que le même boulet qui le tua , aiant emporté le bras de Saint- ' Hilaire Ueutenant-général de l'artillerie , fou . fils'fe jettant en larmes auprès de lui. O neftfaffmi\ lui dit Saint>Hilaire , c'efi ce grand homme qu'il font pleurer : paroles comparables à tout ce que l'hiftoire a con- ' fàcré de plus héroïque , &le plus digne élo«. T. h O ge iio XOUI-S XIV. ge de Turenne. II eft très rare, que fous un gouvernement despotique , où leç hom- mes i|e font occupés que de leur intérêt par- ticulier y ceux îqui ont fcrvi la patrie meu- i*ent regrettés du public. Cependant Turbi- ne fîit pleuré des foldats&ctes peuples. Lou-r vois fut le feul , qui«fe réjouit de fa mort. On fait les honneurs que le roi fit rendre à fk mémoire , & qu'il fut enterré à faint-de- nis comme le connétable du Guesclin , au dcflùs duquel la voix publique Téléve^autant que le fiécle de Turenne eft fupérieur au fiécle du connétable. Tiu-enne n'avait pas eu toujours des flic- cès heureux à la guerre 5 il avait été battu à' mariendal , à rétel , à cambrai ; aufH difait- il , qu'il avait fait des fautes , & il était aflèz grand homme pour Tavouer. Il ne fit ja- mais de conquêtes éclatantes , & ne donna point de ces grandes batîulles' rangées , dont la décifîon rend une nation maîtrâfe de l'au- tre ; mais aiant toujours réparé lès défaites, &faft beaucoup avec peu, il pafla'pour le plus habile capitaine de TeiU'ope , dans un tems où l'art de la guerre était plus apjfro- fondi que jamais. De même , quoiqu'on lui eut reproché fa dé£sâion dans les guerres de la fronde 5 quoiqu'à ?âge de près de ibixante ans , Tamour lui eût fait relever le fecret JUSQ^U^A 1076. m iêcrét dé l'état} quaîqu'ireût exerce daoslo palatinat des cruai^es qui ne femblaient pai neceflàires ; il conferva k repirtation d'un homme de bien , fage & inodere , parce que fes vertus voudrai/ que vour nfobli". geaffiez à faire quelque chofe de plufptmr voun CeS paroles (félon eux) pouv^ent avec 1« tems opénèr une converfion. La place de connétable pouvaittentèrimcœur ambitieux. Il était poflîble auflî que cette converfionfut fincére. Le cœur humain raifemble fouvent O a la m LOUIS XIV. la politique , rainbîtîon , les faibléflès de I*a^ Inour, les fentimens de la religion. Mais les Catholiques qui triomphèrent de ce change* Jment , i^e orureilt pas là grande ame de Tu- tenne capable de feindre. Ce qui arriva en alface immédiatement îaprès la mort de Turenne , rendit fa perte encor plus fènfible. Montécuculi , retenu par Thabileté du général français trois mois entiers au de-là du rhin , pafïà ce fleuve dès qu'il fut qu'il n'avait plus Turenne à craindre. Il tomba fur une partie de l'armée, qui de- , meurait éperdue entre les mains de Lorges & de Vaubrun , deux lieutenans généraux désunis & incertains. Cette armée , fe dé* fendant avec courage , ne put empêcher les impériaux de pénétrer dans l'alface, dont Turenne les avait tenus écartés. Elle avait non feulement befoin d'un chef pour la con* duire , mais pour réparer la défaite récente du maréchal de Créqui, homme d\ui coura- ge entreprenant 5 capable des aétions les plus belles & les plus téméraires , dangereux à "fa patrie autant qu'aux ennemis. Il venait d' tout être vaincu par fa faute à confarbnick. Un ■^75. corps de vingt-mille allemans, qui afRégeait trêves, tailla en pièces & mit en fuite la pe- tite armée de Créqui. Il échape à peine lui quatrième, Ilxourt , à travers de nouveaux périls, JUSQ^U^A 167s. SIS Î périls , fe jetter dans trêves , qu*îl aurait d^ ecourir avec prudence, & qu'il défendit avec courage. Il voulait s'eufevelîr fous les ruines de la place ; la brèche était praticable: il s*obftine à tenir encore. La g^nifon mur- mure. Le capitainfe Bois-Jouroan^ à la tête des féditieux , va capituler fur la brèche. On na point vu commettre une lâcheté avec tant d'audace. Il menace le maréchal de le tuer, s'ilne figne. Créqui fe retire, avec quel- ques oiSciers fidèle» dans ime églife, iScil aima mieux être pris à difcrétion» que 9» 5) a2o LOUIS XIV; prein5rons en effet , lorfqu'il fauà-a qu*e'- puife des fatigues d*une veille , il foûtien^ ne les eiForts de nos troupes fraîches. A-t joutez à cette raifon , que s'il y a dans cet-» armée des foldats de peu Je courage , I^ nuit favorife leiu: timidité; mais que peu- 5, d^t le jour, ?œil du maître in^ire la vai 5, leur & eleve les hommes au deflùs d*eux- ^, mêmes. Le roi fe rendit aux raifons Je Vaubaii^ malgré Louvois & cinq maréchaux de france» - A neuf heures du matin ,^ les deux com- pagnies de moufquetaires , une centaine dp grenadiers , un bataillon des gardes , un du régiment de picardie , montent de tous c6^ tés fur ce grand ouvrage à couronne, L'or^ dre était jfîmplement de s'y loger, *& c'était beaucoup. Mais quelques moufquetaires noir* 5 aiant pénétré par un petit fentier , jut qu'au retranchement intérieur qui était dans cet ouvrage , ils s'en rendent d*abord. les maîtres. Dans le même tems , les moliique- taires gris y abordent par un autre endroit. Les bataillons des gardes les fuivent : on tuQ & on poiu-fiiit les alliégés : les moufquetai- res baiîïènt le pont-levis , qui joint cet ou- vrage aux autres: ils fuivent Tennemî de re- tranchement en retranchement, fur le petit bras de Tefcaut&fur le grand. I^cs gardes s*avan- JUSQU'A 1678- 22» s*avancent en foule. Les moufquetaires font déjà dans la ville , avant que le roi iàcheque le premier ouvrage attaqué eft emporté. Ce n'était pas encor ce quil y eut de plus étrange dans cette aâion. Il était vraifcm- blable que de jeunes moufquetaires , empor- tés par Tardeur du fiiccès^fe jetteraient aveu* glément fur les troupes^ & lur les bourgeois, qui venaient à eux dans la rue ; qu'ils y péri- raient , ou que la ville allait être pillée : mais ces jeunes -gens, conduits par un cornette nommé Moiilàc, fc mirent en bataille der- rière des charrettes; & tandis que les trou- pes qiH venaient, fe fonnaient fans précipi- tation, d'autres moufquetaires s'emparaient des maifons voifînes, pour protéger par leur feu ceux qui étaient dans la rue: on donnait des otages de part & d'autre : le confeil de ville s'ailèmblait : on députait vers le roi : tout cela fe^faifàit, fans qu'il f eût rien de pillé; fans confùfîon, fans faire de fautes d* aucune efpéce. Le roi fît la garnifon prifon- miére de guerre, & entra dans valenciennes, étonné d'en être le maître. La fingularité de i^adion a engagé à entrer dans ce détail. Il eût encore la gloire de prendre (a) gand fi) 9 en quatre jours & (b) ypres en fept. Voilà ce ,5^3^ qu'il fit par lui-même. Ses fiiccès furent en-(b) 2$ Coï plus grands par fes généraux. ^^^^ Le '^^^' 89a LOUIS XIV. Le maréchal diie de Luxembourg laîflÈi jf abord, i la vérité^ prcaidre philipsbourg à ftpt. fa vue, eflàiaut en vain de la fecourir ave« 1676. une* année de cinquante-mille hommes. Le gênerai, qui prit philipsbourg , était Char- les V, nouveau duc de lorraine, héritier de fon oncle Charles iv, & dépouille comme lui de fes états. Il avait toutes les qualité de fon malheureux oncle, fans çn avoir le» défauts. II commanda longtems les armées de l'empire avec gloire. Mais malgré la prife de philipsbourg, & quoiqu'il fut à 1% tête de foixante-mille combattans^ il ne put jamais rentrer dans fes états. En vain il mit fur fes étend^Lrts ^aut nunc^ ata mm^uam, ou maintenant, ou jamais. Le maréchal dô * . Créqui , racheté de ià prifon & devenu pkis prudent par fà défaite deconfîtt'bruck,lui 7 o£t. ferma toujoui-s Tentrée de la lorraine. U le *^^' battit dans le petit combat de kokcrsberg en alfàce. U le harcela & le fatigua iàns relâche. «4 U prit fribourg à fa vue; & quelque teins 1677. ^P*^^^ 5 ^ battit encor un détachement de foa juji- armée à rheinfeld. Il p^ k rivière de kinà ' ^ • en fa préfence , le pourfuivit vers oflFem- boui'g , le chargea dans fà retraite ; & aîant immédiatement après emporté le fort do kehl répée à k main, il alk brûler le pont de ftrasbourg^ par lequel cette ville, qui était JUSQ^U'A i678: ' ?3î ttait Kbrc encor, avait domïé tant de foit paiEige aux armées impériales. Âi^fi le ma* réchal de Créaiû répara un jour de témérité» par une fuite de fuccès dûs à fa prudence, êç Il eût peut-être acquis une réputation égale à celle de Turenne, s'il eût vécu. Le prince d*Orange nç fut pas plus heu- reux que le duc de lorraine : non feulement il fut obligé de lever le fiégc de maflricht ièlage des papes , aux ii*ançais , aux allemans, aux e(pagnols; halil^t prefque toujours fès maîtres, fe révoltant contre eux, (ans faire de véritables efïbrts dignes de la liberté, & excitant continuellement des féditions pour changer de ch^es. Les magifh-ats dé mefline venaient d'allu» mèr u|ie guerre civile contre l^irs couver* neurs , & d'appeller la france à leurlecours. Une flote eipagnole bloquait leur port 11$ étaient réduits aux extrémités de la faoûne. D'abord ' JUSQJU'A lÔTg. aaj D'abbrd le chevalier de Vûlbelle vint avec i|uelques frètes à travers la flote eipagnole. Il rapporta à ineffitie des vivres , des arines A des foldats. Eniuite le d\È: de Vivpnne ' arrive avec fept vaiilèaux de guerre de foixan- te ptëees de canon, deux de quatre-vingt, âc ^ pldîeurs brûlots; il bat la flote ennemie» & léjsl rentre viâoiieu?^ dans mefline. L'e^agne eft obligée d\implorcr, pour la defenfe de la fîqile , les hollandais fes an- ciens ennemis,qu'dn regardait tbâjours cona« me les maîtres de la mèr. î : Ruitet vient h ion fecours du fond du zuiderfée , paâfe le détroit, & joindà vingt vaiflèaux espagnols» vingt^ois grands vaiiîcaux de guerre. Alors les français , qui joints avec les an-> ^ Îjlais , n'avaient pu battre les flotes de hdU^"^;; ande , remportèrent feuls fur les hollandais * * &les espagnols reunis. Le duc de Vivonne, dbligé de refter dans meffine pour contenir^ le peuple déjà mécontent de fes défenfeiu^, hàéSsi donner cette bataille par du-Quene,lieu- tenant-général des armées navales ; homme aulfi fingulier que Ruiter, parvenu comme lui au commandement à force de mérite,, mais n'aiant encor jamais commandé d'ar-* mée navale , & plus fîgnalé jufqu a ce mo«^ ment dans Tart crun annateur , que dans cep . lui d'un générale Mais quiconque a le gé- T. l P nie paê LOUIS XIV. • ■ > lue défont & du commahdement, paâê bien vite iCùaa effort du petit au gt-and. Du* Qu^ fe montra grand général de mèr con- tre Ruiter. Çétait l'être que de ren^rter iur ce boU vdais un faible avantage. Il Uwa cncor une féconde bataille navale aux deux 12 ilotes ennemies près d'agmifte. Ruiter, nf«« ble(fé dans cette bataille , y termina ùl glo- * -^ ' rieufè vie. Ceft un des hommes , dont la mémoire efl encor dans la plus grande vé- nération eh hollande. U avait commencé par être valet & moufle de vaiflèau*; il n'en ■ iiit que plus re^cdable. Le nom des prin- ^ ces de naflàu n'eft pas au defSis du fîen. Le confeil d'efpagne lui donna le titre dclespà:* tentes de duc ^ dignité ârangére & frivole pour un républicain. Ces patentes ne vin- irent qu après fa mort. Les enf^s de Ruiter, ' dignes de leur père, réfutèrent ce* titre fî brigué dans nos monarchies, mais qtii^n'efl pas préférable au nom de bon cîtoien. . Louis XIV. eut afïez de grandeur d'ame pour être affligé de fa mort. Oa lui repré- fcnta qu 'il était défait d'un ennemi dange- reux. Il répondit qu'on ne pouvait s'empê- cher d'être feniîble à la mort d'un grmid homme. . , Du-Qucne, le Ruiter de la france, attaqua une feroifî^e fpis les deux flotes après lamort .du J0SQJf A i6i8. »7 du général hollandais.' Il leur eoiila ^fônd, brûla & prit pluiieurs vaiileaaK. Le maréchal diîc de Vivonne avm le commandement eni chef dans cette bataille; mais ce n'en fut pas moins du-Quéne qui remporta la vicfèoife. L* europe était étonnée; que la Irance f^ de- devenue en il peu de tems auflî redoutable fur mèr ^ que fur terre. U eft vrai , que ces annemens & ces batailles gagnées , nefervi* rent qU*à répanxlre rallanne dans tous les états. Le roi dUmgleterre , aiant commencé la guerre pour l'intérêt de la france, était prêt enfin de fe liguer avec le prince d'Oran- ge, qui venait d*époufer fa nièce. De plus la gloire acquife en ficile coûtait trop de tré- fors. Enfin les français évacuèrent m^fine, ^^L^ dans le tems qu'on croiait qu'ils fe rendrai- ent maîtres de toute l'île. On bMma beau- coup Louis XIV, d'avoir fait dans cette guer- re des entreprifcs qu'il ne foutint pas, & d'avoir abandoilné meffine,ainfî que la hol- lande , après des vi(floires inutiles. Cependant c'était être bien redoutable de n'avoir d'autre malheur, que de ne pas con- ferver toutes fes conquêtes. U prefïàit fes ennemis d'ua bout de l'europe à l'autre. La guerre . de ficile lui avait coûté beaucoup moins, qu'à Tefpagne épuifée & battuë^en tous lieux. U fuscitait encor de nouveaux F 2 en^ie« am LOUIS xiv. tfinemisiilfl miofon d'arche. Il fomentait Its troubles de hon^e; dcfes ambafTadeun t la porte ottomane k preflâient de porter jia guorre dans rtUemagne, dut -il envoièr ^cor, par bienféance, quelque fecours coue- tte les turcs , appelles par fa politique. Il «ccablait feul tous fes ennemis. Car alors la £iéde , fon unique alliée, ne fàifait qu'une guerre malhenreufe contre Téledeur debran« aebourg. Cet éleâeur, pà'e du premier roi de pruflè , commençait à donner à fon pals une confideration qui s'eAbien augmen^ tie depui» : il enlevait alors la pbméranie aux fuédois. Il eft remarquable , que dans le cours de cette guerre, il y eut presque toujours des conférences ouvertes pour k^ paix ; d*abord à cologne , par la médiation inutile de la fuéde ; enfuite à nimégue , par celle de Tangletcrre. La médiation anglai- ie fut une cérémonie presque aufli vaine, que lavait été l'arbitrage au pape au traité d*aix la chapelle. Louis xiv fut en effet le feul ar- bitre. Il fit fes propofitions le neuf' d^^avril 1678 9 au milieu de fes conquêtes , &: donna à fes ennemis jusqu'au dix de mai pour les accepter. U accorda enfuite un délai de iix femaines aux états^énéraux, qui le deman* dérent avec fouminion. Son 1 JUSQ^ITA i6?8- n^ Son dmbitiûa ne fe tournmt plus alors du côté de la hollande. Cette repuUique avait été afièz heuteufe ou aidez adroite , pkir no paraître plus qu'auxiliaire, dans une guerre entrepriie pour fa ruine. L'empiré & Teipih gne, d*abord auxiliaires, étaient devenues 1^ principales parties. Le roi, dans les conditions qu*il iiiipofâ^ favorifait le commerce des hollandais ; il leur rendait maflficht, & remettait auxeC' pagnols quelques villes, qui devaient fèrvir de barrière aux provinces -^ unies v comitie charleroi^ courtrai, oudenarde ^ ath, gandy iimbourg. Mais il fe reTervait bouchain, condé, ypres, valenciennes, cambrai, mau»* beuge, aire, faint-omèr,caiIèl,charlemont^ popering, baiileul, &c. ce qui faif^dt Une bonne partie de lailandre. Il y ajoutait «-è^ franche-comté, qu'il avait deux fois conqut^ fe; & ces dmix provinces étaient un ailés digne fruit la guerre. Il ne voulait de l'empire, que friboiu'g ou philipsbourg , & laiflàit le choix à Tempe* reur. Il rétabliifait dans l'évéché de ftras-» llptu-g ôc dans leurs terres, les deux ^éres Furftemberg , que Teitipereur avait dcpouil- féfr, & dont Tim était en prifon. • II. fut hautement le protedeur de la fuédê fon alliée , raée. Le prince -d'Orange, avec toutes fes troupes, fond fur le quartier du maréchal, le force, & engage un. combat fcnglant, ^l^ long & opiniâtre , dont il efpérait avec rai- fon une victoire fignal^e ;, car non-feule^* nient il attaquait , ce qiii eft un avantage,mais il attaquait des troupes qui fe repofaient fur la foi du traité. Le maréchal de îuxembourg fcut beaucoup de peinera réfîfter : & s'il f eut «ut ^i^oue fivânttïee d^m ce combat, il lut du côte du prince d'Orange , puisque fon in- Êuiterie deit»àiiti inaîtrefie du terrain, où elle av^t combattu^ ... • Si les hommes ambitieux comjrtaîent pouf quelque cliofe le fang des autres hommes , le prince d'Orange n'eut point donné te com- bat. Il fâvait certainement , ou que la paix" était fignée, ou qu*elle Tallait être: il famt, que cette paix était avantageufe à fon pals ; «epeiidant il prodiguait fa vie les àlieur profdfEon, fous des maîtres paies du trëfor public. . Le port de toulon fur la m^diterranée flit con&tiit à frais immenfes, pour contenir cent vaifleaux de guerre , aVec un arfenal , & des magazins magnifiques. Sur Tocéan , le port xk brefl fe formait avec la même gran- deur. Dunkerque, le havre de grâce , fe rempliflàient de vaifleaux. La nature était forcée àrochefort. Enfin le foi avait plus de cent gros vaif- feaux de ligne, dont plufieun portaient cent canons, & quelques-uns d'avantage. Ils nd refbient pas oififs dans les ports. Ses efca-^ dres 9 fous le conimandement de du-Quéne^' net* i a4o LOUIS XIV; nettoîaiçfit les mers inftsftéiDspflF leseoi^es de tripoli & d' algèr. Il fe vangea d*algèc BVW le, fecours d'un art nouvem;i , dont la dé* couverte &t due à cette attention <|u'il avait^ d'exciter tous les génies de fon ûide. Cet 'art funefle, mais admirable, eft celui des ^aliotes à bombes, avec .lesquelles on peut réduire des villes maritimes en cendres, il y avait un jeune liomme nomme Bernard Re-r naud, connu fous le nom du petit Renaud^ qui fans avoir jamais fervi fur Its vaiflèaux, était un excellent msffjn à force de gàiiCé Colbert, qui déterrait le mérite dans Potôm« ritdll l'avait Souvent appelle auoonfèildema^ fine , même en préfoice du roi. Cétak par les foins & fur les lumières de Renaud , qu^ }'dn fiiivait depuis peu luié méthode plus ré- rulià*e & plus fàole , pour 1» conrauâioa les vmflèaux. U oià propo&r dans k con^ iêil, de boixdbardèr algèr avec une flote^ On n'avait pas d'idée, que les mortiers à bom4 bes pûflènt n'être pas pofés fur un terrain fo* lide. La propofition révolta. Il efluia les contradidions & les railleries , que tout in* lîrenteur doit attendre ; mais Ùl lermeté ^ & cette éloquence qu'ont d'ordinaire les hom« mes vivement frapés de leurs inventions, dé* tenninérentleroi/à permettre l'eflËiide cette nouveauté. '' * Renaud JUSQJLTA^ieiSg. «41 Renaud fit conflruire dnij vaîBcaux , pkii petits que les vaiflèaux ordinaires , mais plus Torts de boîs, fans ponts, avfecun faux-tîl- lac à fond de cale , fur lequel on maçonnk des creux , où Ton mit les mortiers. Il pa!r*- tit avec cet équipage, fous les ordres dii vieujc du-Quêne , qui était chargé de Tentreprifê, âc iCen attendait aucun iùccès. Du-Quêne Si des algériens furent étonnés de l*effet des^goa. bombes. Une partie de la ville fut écraieè '^**- & coi^née. Mais cet art, porté bientôt chez les autres nations , ne fervit qu'à mute plier les calamités humaines, & fut plus d'u- ne fois redoutable à la france , où il fut iu^ venté. ^ La marine 5( ainfî perfeéHonnée en pett d'années, était le fruit* des foins de Colbert Louvois faifait à Tenvi fortifier plus de cent fcfetdelles. De plus on bâtiflàit hunhigue^ &r-loms,lesforterefres deflrasbourg, mont- foîalj&c. & pendant que le roiaume acqué- rait tant de forces au dehors , on ne voiait au dedans que les arts en honneur, labondance, les plaifîrs. Les étrangers venaient en foule ftdmîrer la cour de Louis xiv. fon nom pé- nétrait chez tous les peuples du monde. Son bonheur & fa gloire étai^t encor re- levés par la fàibleffe de la pluspart des autrefc rois, & pair le lïialheur de leurs peuples^ T. L Q^ . L'cm- 242 LOI^IS. XIV; . L'empereur Lêopcld x/sot alors à les hongrois révoltés, & fur-lout les turc^ qui, appelles par les hongrois, venaient iùr onder rallemagne. La politique de Louis ^perfécutait les protefbns en france , parc« qu'il croiait devoir les mettre hors d'état de lui nuire , mais protégeait fous main les pro?: teftans de hongrie , qui pouvaient le fervin Son ambaflàdeur à la porte avait prefTé Tach mement des turcs. L'armée ottomane, for- te de deux-cent-miile combattans , joigihenr tée encordes troupes hongroilès, ne trou- vant iur fon paf6ge ni villes fortifiées , telles que la france en avait, ni corps d'armée ca- pable de Tarreter, pénétra juiqu'aux portes de vienne, après avoir tout renverfë fur fon paflàge. - L'empereur Léopold quitta d'abord vien- ne avtc précipitation , À fe retiia jusqu'à lîntz , à l'approche des tiuxs ; & quaiui il fut qu'ils avaient invefli vienne, il ne prit d'autre parti que d'aller encor plus, loin jufqu'à paf- làu, laiilànt le duc de lorraine, à la tête d* tuie petite armée déjà entamée en chemin par les turcs, foût^iir, conune il pourait, la fortune de l'empire. Perfonne ne doutait, que le grand-vifîr Cara Muflapha,qui commandait l'armée ot* tomane, ne fe rendit bientôt maître de.1^ : f#le JUSQU'A 1688. 641 faible^ petite capitale de l'allema^ie , qu^ les impériaux regardent comme la capitale du monde chrétien. On touchait au mo« ment de la plus terrible révolution. Louis XIV efpéra avec beaucoup de vraî- femblance , que T allemagne , defolée par les turcs, & n'aiant contre eux qiji*un chef dont la fiiite augmentait la terreur commune, fe- rait obligée de recourir à la, protedion de la £rance. Il avait une année liiî: les frontières de l'empire, prête à le défendre contre ccjS mêmes tiurcs, que fes négociations y avaient amenés. U pouvait ainfî devenir le protec- teur de Tempire & faire ion fils roi des ro" mains. Le chef-d'œuvre de fa politique iùt d être ericor généreux, en ménageant de fl grands intérêts. Il leva le blocus de luxembourg, quand les turcs frirent auprès de vienne. "Je ne vciuc que le bien de la chrétienté (fit-il dire aux eipagnols) je ne veux point atta- Îiuèr un prince chrétien, quand les turcs ont dans Tempire , ni empêcher l'efpagne de fècourir Tempereiu*. " Il ménageait ainfî fa politique & fa gloire. Mais contre toutt attente, vienne mt délivrée, La préemp- tion du grand-vifîr, & le mépris brutal qu'il avait pour les chrétiens , le perdirent. Il ne preilà pas afièz le fiége. Le roi de pologne 0^2 J^an 19 99 344 LOUIS XÏV. j^ Jean Sobieskî eut le tcms d'arriver; & avec iêpe. le fecours du duc de lorraine , il n'eut qu'à Cà «683. pr^fenter devant la multitude ottomane,pour , lu mettre en déroute. L'empereur revint dans fa capitale ^ avec la douleur de l'avoir quittée. Il y rentra , lorsque fon libérateur iortait de l'églife , où Ton avait chanté le ti dcinh , & ou le prédicateur avait pris pour fon texte » il fut un homme envoie de ÏHeu nommé Jean. Jamais monarque ne fut plus heureux ni phis humilié que Léopold. Alors le roi de france , n^aiant plus rien a Oiçnager, reprit fes prétentions, & recom- mença fes hoiililités. Il fit bombarder, aflîç^ gèr Reprendre luxembourg, couitrai, dix- inude , en fkndre. Il s'empara de trêves, & ©n démolit les fortifications ; tout cela, pour remplir, di&it-on, Tefprit des traités de ni- ' mégue. Les impériaux &les elp^gnols né- gociaient avec lui à ratisbonnc, pendant qu'il prenait Içurs villes; âc la paix deniméguè «nfi^ainte fut changée en une trêve de vingt ans, par laquelle le roi garda la ville oc Iiikemboui-g & fk principauté. Il était encor plu$ redouté ftir les côtes de l'afirique , où les fii-ançais n'étaient connaH avant lui , que par les efclavcs que faij&ient les barbares. Alger, J us QJ7' A 1688. «45 / ' Alger, deux fois bombardée, cnvoia dc^,^^ députés Ivd demander pardon , êc recevoir la i6S4^ paix^ ils rendirent tous les^efclaves chrétiens, A. palérent encor de Targent , ce qui eft 1^ plus grande punition des corfaires. Tunis, tripoli, firent les mêmes fourni?- fions. 11 n'efl pas inutile de dire , que lors- Sue Darafreville , capitaine de vaifïèau, vint elivrer dans algèr tous les eiclaves chrétiens au nom du roi de france, il fe trouva pann; eux beaucoup d*anglais,qui étant déjà à bord, foûtinrent àDamfreville, que c'était en con- iîdérationdu roi d'angletcrre , qu'ils étaient mis en liberté, i^lors le capitaine français |ît appeller les algériens ^ & remettant les anglais à terre 5 cergem-ci^ dit-il, frétcn* doit fiêtre délivrés qu'au nom de leur roi; le nUen ne prend pas la liberté de leur offrir fa froteflion : Je vous les remets ; cejl à vous à montrer ce que vous devez au roi d'angleterre. Tous les an^Liîs furent remis aux fers. La fierté anglaile, la faibleflè du gouvernement de Charles fécond , & le refpeél des nations pour Louis xiv , fe font connaîtra par ce trait. Tel était ce refpeél unîverfel , qu'on ac- cordait de nouveaux honneurs à fon ambaf- fàdeuràlaporte ottomane, tels que celui du fopha : tandis qu'il hiuni&ait les peuples d*a- Q^i frique. »4« LOUIS XIV. , ïrique, qui font fôus lâprotediondugrand- feigneur. La republique de gènes s'abàiflà ehcorplus devant lui, que celle d'algèr. Gènes avait vendu de la poudre & des bombes aux algé- riens. Elle conftruifait quatre galères pour le feiVicé de Pefpagne. Le roi lui défendît par fon envoie Saint-Olon fon gentil-homme ordinaire, de lancer à Peau les galères, &k menaça d un châtiment prompt, fi elle ntf fe foumettaît à fes volontés. Les génois, irrités de cette entreprife fur leur liberté èi comptant trop fur le fecours de Pe^agne, ne firent aucune fatisfadion. Auflîtôt quatorze gros vaiflèaux, vingt galères , dixgaliotesà bombes, plufîeurs firégates , fortent duport detoulon. Seignelai, nouveau fecretaire de lia marine , & à qui le fameux Colbert fon père avait déjà fait exercer cet emploi avant là mort, était lui-même fur la flote. Ce jeii- ne homme , plein d'ambition , de courage, d'efpritjd'adivité, voulait être à la foisguer- rier & miniftre 5 avide de toute efpéce de gloi- re, ardent atout ce qu*il entreprenait, & mêlant les plaifirs aux affaires, ians qu^elles en fouffiinent. Le vieux du-Quêne com- mandait les vaiflèaux, le ducdeMortemarles galères 5 mais tous deux étaîei^t les courti- wns du fecretôire d'état Oja arrive devtmt gènes } JUSQJTA i688- 947 gènes j les ife, & qu'il n'était pasmema éloigné de fe faire chrétien. La grandeur du^ roi natée&fa religion trompée, rengagèrent à envoièr au roi oe fîam deux amb^deurs^ fix jéfuites j& depuis il y joignit des officiers avec huit-centjoîdats. Mais l'éclat de cette, ambaf&de fiamoife fut le feiil fruit qu on en retira. Conftance périt , vi mais qu*on ne hifk pas d'emploier comme une andenncr formiûe, ainfî que les ibldatsdu,p^f(Hit ^ ^més feiileiuent pour la fonne. Le cardinal d*Etrée, homme d'elprît, maïs* liëgbciateur fouvent malheureux , était alors' chargé des affaires de france à rome. DIE-' tree , aiant été oblige de voir fouvent le mar- quis de Lavardin, ne put être enfuite admis à l'audianôe du pape, fans recevoir Tabfolution? cnvain îl s'ta défendit : Innocent xi s'obflina à la lui donner , pour conferver toujours cet- te puillance imaginaire, par les uiàges fur lefquels elle eft fondée. Louis , avec la même h^aiteuT, mais toû-* jours foûtenuë m? les foûterrains de la polir tique, voulut donner un ék(fleurà cologne. Occupé du foin de diyiièr ou de coinbattrc Tempire , il préteo^^it élever à cet éleâorat, le cardinal de Furftemberg évêque de ftras» boiiBg, fa créature & là viâime de fcs inté- rêts , ennemi irréconciliable de T emptereur, qili Vivait fait emprifonner dans la dernière mm^ 9 coi»i»e un allemwd vtndu.à k Le Le chapitre de cologne , comme tous les autres cliapitres d*aliemagne , a le droit àt nommer Ion evéque, qui par-là devient élec- teur» Celui qui remplîffeit ce fiége, était Ferdinand de baviére , autrefois l'allié & de- pms l'ennemi, du roi, comme tant d'autre^ princes. Il était malade à l'extrémité. L'ai*- gent du roi répandu à propos parmi les cha** noiiies, les intrigues & les promefTes, firent élire le cardinal de Furftemberg coinme co- adjuteur; & après la mort du prince, il fut élu une féconde fois par la pluralité des fuf- fragcs. Le pape , par le concordat germa- nique , a le droit de conférer Pévéché à l'élu, A Tempereur ia celui de confiimcr à Télec- torat. L'empereur & le pape Innocent xi , pcrfuadés que c'était prefqae la même chofe, de laiflèr Furflemberg fur ce trône cledoral êi d'y mettre Louis xiv, s'uttirent pour don- ner cette principauté aa jeune baviére , frère du dernier mort. Le roi fe vangea du pape oa. en lui ôtant avignon, & prépara la guerre à «688. l'empereur. Il inquiettait en mcme-tems Téledeur palatin , au fujet des droits de la princeflè palatine, madame, féconde fem- me de monfieur 5 droits ausquels elle avait renoncé par fon contrat de mariage. La guerre, faite à Telpagne en 1667 P^ur les droits 4J4 LOUIS XIV.' droits de Marie Théréfe malgré une pareille renonciation, prouve bien que les contrats font faits pour les particuliers. Voilà coifir melc roi^ au comble de fa gt:andeur, ii\- difpofa, ou dépoiiilla, ou humilia prefquc . toiœ les princes ; mais aufll, prefque tous fe xéunif&ient contre lui. CHA- y JUSQU'A 1696. -a^ tri I m ■ r^T* «^ ■ a I ■ Il Hi 1^ CHAWTRE QUATORZIE'ME. te roi Jacques détrôné par fin gendre Guillaume troir^ O protégé far LOUIS XIV. t Le prince cTOrange, plus ambitieux quç Louis XIV, avait coiiçu des projets va* ftes,qui pouvaient paraître chimériques dan$ un ftadhouder de hollande , mais qu'il jufti- fia par fon habileté & par ion courage. U voulait abaifïèr le roi de france , & détrôner le roi d*anglçterre. Il n'eut pas de peine à liguer petit à petit Teurope contre la france. L'empereur, une partie de Tempire, la hol- lande, le duc de lorraine, t'étaient d'abord s fecrettement liguez à aiisbourg ; enluite l'ei* J** pagne & la favoîe s'unirent à ces puiflànces. Le pape, îans être exprefïement un des con- fédérés , les animait tous par fes intrigues. . Venife h% favorifait , (ans fe déclarer ouver- tement. Tous les princes d'italie étaient pour eux. Dans le nord, la fuéde était alors du parti des impériaux, & le danemarck était un allié inutile de la france. Plus de cinq-cont- mille proteftans , fiiiant la perfécution de Louis y & emportant avec eux hors de france leitr ^0 LOUIS iiv. '■ leur în(luftrie& leur haine contre le roi, étai- ent de nouveaux ennemis, qm allaient dans toute Fcurope exciter les piiifïances de'jâ ani- inlées à la guerre. (On parlera de cette fuite dans le chapitre de la religion.) Le roi e'taît ëe tous côtes enfôure d'ennemis , de n'avait d*ami que le roi Jacques. Jacques roi d* angleterrc , fiiccefTeur de Charles fécond fon frerc, était catholique comme lui ; iiiais Charles n*âvait bien voulu foufFrir qu*on le fit. catholique fur K finde fà vie , que par cbitiplaifance pour fes maîtreC- fes & pour fon frère : il n^avait en effet d'au- tre religion qu'un piu: déifme. Son extrême indifférence fur toutes les dil^utcs qui parta- gent les hommes^, n'avait pas peu contribué a le faire régner paifiblement eh anglcteire. Jacques au contraire, attaché depuis fa {eu-« nèfle a la commiuiion romaine par perfuafîi bp, joignait à fa créance Telprit-de parti ôc le zélé. S'il eût été mahometan , ou de lâ religion de Confucius , les anglais n'eûflènt jamais trouble fon régné. Mais il avait for- mé le deflèin d'établir dans fôn rôiaume le catholicifmc, regardé avec horreur par ces roialifles-rcpublicains , comme lâ rehgion de l'efclavage. C'eft une entreprife quelque- fois très aifée, de rendre une religion do- aiiinante dans un pais. Confkutin ^ Clovis; Cufta- j QufWerVaxa, la reim Çli^^bctt^, firent r^ cevQÎr fan^ dangçr , chacun par 4^^ mokps difféfiens, xtm rçligion nouvelle: inaîspour, de pareil^ cha^r^gemcns , deux çhçfes font ,afo- loliunent n^ceflàirès : une profonde poUtî» que & des cirçpjfftançi^ heureufef j Tune dC Vautre manquait à Jacques. Il était indigne de voir, q^e t^nt de roi» dam l'europe étaieni despotiques} que ceux de fuiéde&de danemarck le devenaient alors} qu'enfin il ne reifUit plus dans le p^onde que Xm pologne & r^ngleterre , où h liberté de^^ peuples fiabjGftat avec la roiaute. Louis xiv. î'encoiu'ageait à devenir abfolu chez Jui^ <&; Ie« jeiuitcs à rétablir leur religion avec leur oiédit. U s'y prit fî çialheureufen>ent , qu'il ne ft que révolter tous les efprits, H. agit d-abord , coinine Vil fât venu à bout de ce qu'il jivait envie de faire ; aiant publiquc- inent à fa cour un nonce du pape, des jéfuî- t|BS, des capucins; mettant en prifon fept ér veques anglicans, qu'il eût fallu gagner ;ôtap.t les privil^es à la ville de londres^àlaquellç il devait plustôt en accorder de nouveaux^ renverlànt avec hauteur des loix qu'il falla^ iàpèr en filence ; enfin fe çonduilant avec ^ peu de ménagement, que les cardinaux de romedilàientenplaifiuitant: „ qu'il fallait 1* ^ excpmm^imer ^ cQOime uniioippie qui allait c . r. /. " R „pcr- $9 fi ^ V tOUIS XÏV. perdre le peu de odiolicifiiif » .qui rellsât^ en angleterre. „ Le pape Innocent xi n*és-' parait rien des entrepiifes * l^ermaia, &rent défrai|^jufqu'à brefl aux dépens àa roi de franco Un ambailàdeur (c'était monfieur d'Avaux) était nommé au- près dtt roi détrôné, & le fuivit avec pompe. Des annes, des munitions de toute eipéce^ furent embarquées fur la flote } on y porta jufqu'aux mei]J)les les pkis vils, & jufqu'aux îplus rechei^chés. Le roi alla lui dke adieu ^ fàint- germain. Là , pour dernier préfent» il lui doinro ià .çuirailç^, 6c lui dit en Tem- ; R4 ' braf. tfl^Éf&ïit: tëàtte^ut je peux v0Uf fméaéeirdê mieux^eft demvemsjamMffWèiP. hyéàié^ lè rôl Jaei^ue^ étàioil débftrqti^eii klftndeÂvec fcet appareil, qile vlMt-trol» attires grancb ^(^f»f]feaux de guerre , iouâ les (xé[U de CItftt •• . teau*Renaud, & une infihité de nâvhrds éé ,689. tr^*%>rt ^^ fiiiWretit Gétté flô», âi«iè mis -en fuite & dif^erfë k fiofé is^gi^fe ^ ^pôfait à fbn ^aflà^e , débUfq^a hôureme^'' metit, dt ài^ prit SsâSÉ foâ rbtmar fepYtd& viiSorîeafe de Tangleterre , & chal^^r àxt diépbuilies lie 1» IfiMfeiide. - * Mrs Bientôt ^^h , ttti trèiAtoM» ibee^irs pM*^ ■^Ht eftcôr die bteft , ^ tmXm , de rôchêfom , Les ports ^k\Mèé « iâ mè^ dé là mottehê Ibiënt touvêrts de ^^àifl&atidfe^fraitç^. Etlfo Tourvfllévîùe-àflaral et frîamicfe,av6c foixiaitè ^dôuze jgràiids vaiftàtitfr^leoq^m uty^iliMi àft|Iaift&hôU^«iiMfe(^^ feixMKtewfiir fes. Oii fe battit pfcétot éSx hetons ; T^awr^» ^le, CMtëab^l('enM)d, d'Bifl^ , Niei»Oftd; yïghâlérértt lair dowageèc «ïie hAJ^l^^ juil. ^^ d(^tt^reàt^ 1^ iktn^ ^ iionâfiliP/âb^mi tô^o. ellfe n^t&it ^s actôAtmn^. Lts^ ai^tis Si Ibs hollandais , jnfqn'^lbrs mftik^ de l'otédn; et de qui les franchis âv%bnt ti^fliH^ depuis fi peu de teins à donner dés bélàtiié^ rangées « &rei;tt entiéremcitt vAint'i^. IdUcw^t dt ^ Icuri JUSQU'A ï696- 96$ hnri tàStaox Inrifi» & deinat^ , aOerent ^dioo^r &fe brul«r fwc let côtes. Le refte àlk iè cacher vers It tamiiè, ou entre let bmcB de la holltnde. U n'en conta pas une feule chfilon^le aux français. Alors , ce que Louis xiv fi:^ftitait depu^ vingt if nnées , de iSt qui avait piaru iî peu vraifèmblable, arriva; fl eut l*empire de la mèr ; empire qtri fîit k h Vérité de peu de durée* Les vailleaux de guerre eimeiins ie cachaient devant fes flotea, fieignelai , qui ofeit tout , fît venir les galé- Wé de marfeilie fur l'oeésui. Les cotes d'aa^ gleterre virent des galères pour la prenûére ^3h. On fît, par leur moien , nnede^ren^ te aiiëe à tiiigmôath. On brûla dans cette htàe plus de trente vaiflèaux marchands. Les «rmaieuD de fiânt-4iiaIo dt du nouveau port et dimkerque s'enrichi&ient , eux & létntlf ëe priais continuelles. Enfin , pendant près lie d & fur 'la foi de tant dVcrivains, que cette joie ef^ frénee, à la mort prétendue d'un ennemi, était PefFet de la crainte extrême qu*il infpl* rait. Tous ceux qui ont écrit, & français & étrangers, ont dit, que ces réjouifl&nccs étaient le plus grand éloge du roi Guillaume. Cependant, ii on veut faire attention aux drconftances du tems & à Tefprit qui ré* gnait alors, on verra bien que la crainte ne produifît pas ces tranfjports de joie. Let bourgeois âc le peuple ne fàvent guéres crain- dre un ennemi ^ que quand il menace leur ville. Loin d*avoir de la terreur au nom de Guillaume, le commun des français avait alors Hnjuflice de le méprifèr. U avait pres- que to^urs été battu par les généraux fra»- çais. Le vulgaire ignorait , combien ce prin- ce avait acquis de véritable gloire , même dans fes déraites. Guillaume , vainqueur de Jacques en irlande , ne paraiflàit pas çncor vaxx yeux des français , un ennemi digne de Louis Ixiv. Paris, idolâtre de U>n roi, le croiait râllemeat invincible. Les réjouis* ^nces F •61 LOUIS xir. pinces ne furent donc |k)mt li inaii de h «rainte , mais de It haine. La pluspâtt dcfs parifîens , nés fous Je règne de Louis & fàr çbnnés au joug despotique ^regardaient alons tinroiconmie une divinité, & un ufurpa^ teur comme un facrilege. Le petit peuple, i«»s, .qm avaient été d'avis cb lui fermer les portes. De deux hoii^mes^ qiii.fe cQXxduifei^jt ainfî, il était bien aiJ^ de voir,, qui devait remporter. V II rejfiait à Jaisques. quelqisies. villct e» ir-» lande, entre autres lim/prick, ou il 'y avait plus de douze.- mille foWats. , : l*e roi dç feanc» , foûtenwt toujours la fortune de Jacn ttuesv fe paflèr. ençor troisi - i»ille tiompieii oe trowpei réglees^ dbns. làneri.cj«. Pour fuf - «roît de libâr^ite, il envoia tout ce qiii peul^ fitowauxtefoto» il'un gf^j^d, peuple, &^ omx des, fpldatau. > Quarante vaiiîem^ de? iKuiiport,. efi:ortéj..de dqu;i§e yaifTeaux d^ îFre, sq^rtefieat tous les fecqurs poil^? les en hoiïunes, en uftenfiles, en équipa- ge ; dés ingésaieurs, des c^inoniers^, des; hoEpdardie^deu^- cent maçons; des&UeSî de$ brides^ desJboùfles, pour plus de vii^tt mille chevaux j, des canons avec leurs affûts j diss fufflsL, des piftolets, de^ épées, poiir armer vingt -fix* mille l^mmesj des vivres, ées habits & jufipi'à vingt -fix- mille pai^e^ de fbulier& Limerick ailiegee, mais mu^ lue de tant de fècours , efjpérait dis voir fon roi combattre pour ùk deiejoTç. • Jaçqitôs p« vint T laii t7P LOUIS XIV. \ vint point: limerickfc rpndit: les Vâiflèaôx' français retournèrent encor vers les côtes' d'Irlande & ramenèrent en francc environ' vingt -mille irlandais, tant fbldats que dto* iens fugitifs. Ce qu'il y a peut- être de plus ëton** nant, c'efl que Louis xtv ne fe rebuta pas; Hfoûtenak alors une guerre difficile con* tore prefque toute Teurope. Cependant il tenta encor de changer la^rtune de Jac^ [ues par* une entreprife décifive, A de dre une defcente en angleterre avec vingt* mille hommes. Us étaient aJOTembliés en- tre Cherbourg & la hogue« Plus de trois- cent navires de tran^ort étalait prétsàbrefL Toun^Ue , avec quarante-quatre grands vais^ 19 &aux de guerre , les attendait aux côtes de îiiii. Normandie. D*Etrée arrivait du port de tou* ' Ion avec trente autres vaiflèaiix. S'il y a des malheurs cauies par la maovdife^condui-^ te, il y en a qu'on ne peut imputer qa*îi la fortune. Le vent, d* abord favorable a Tefcadre de d'Etree, changea; il ne put join- dre Tourville. Ses quarante ^ quatre vait féaux furent attiaqués par les ilotes d* angle- terre <5k de hollande , fortes de près de cent voiles. La fuperiorite du nombre 1* empor- ta. Les français codèrent, après un com- bat de dix iieures. RuiTei amiral anglais les pour- ''JUSQU'A 1696. 37» ' « . . * poârluivit cktix jours. Q^torze grands vaidèaux, dont deux portaiqit cent- quatre' pièces de canon, échouèrent fur la côte , ôc lec capitaines y firent mettre le feu, pour ne les pas laiilèr brûler par les ennemis. Le roi Jacques , qui du rivage avait vu ce dés* aftre, perdit toutes fes efpérances. Ce fut le premier échec, que reçut fur la mèr la puiflance de Louis xiv. Seigne- lai , qui gprès Colbert fon père avait perfe- éHbnné la marine,^ était mort à la fin de 1690. Pontchartrain, élevé de la première . préfîdencç de bretagne à T emploi de fecre- taire d'état de la marine, ne la laiflà point pérk. Le sA^e efftit ré^tiait toujours dans le gouv^nement. La firance eut, dès Pan- ifiée qui iîiivit la difgrace de là hogue, des ilotes auifi nombreufes qu' elle en avait eu déjà 5 carTourville fe touva à la tête de ibi- ;âuite vaiflèaux de ligne , ôc d^Etrée en avait trente, fans compter ceux qui étaient dans les ports 3 (Se même quatre ans après , le roi fit encor un armement plus confidérable que 1^6. tous lei précédens, pour conduire Jacques en angleterre à la tête de vingt -mille fran- çais. Mais cette flote ne fit que fe montrer j les mefiires du parti de Jacques, aiant été aufli mal concertées à londres, que celles de /on pFOteâeur avaient été bien prifes en firance* Il Il n6 refta de ref{burce m p^ du roi 4etrône, que dsma qu^Igve^ ç4p(piratipns contre la vie de fm rival., Çe^vc qui lei traînèrent^ périrent pre{que tou$ dii dfroier. {upplice; & il e(l à croire» quç quand tnêr me. plies eMènt reu/fi , il m' eût^ jama^ r^ couvre fon joiawne , il pofla 1^8 refte de fj5f . jours à faint- germain, où il vécut 4e$ bi- enfaits de Louis, & d*une perjiîon de foi^ xapjte <5c dix-ujiUe francs, qu*il ^ la fai- \!iç{[c de recevoir eç fecret de ia fille ^aric^ par laquelle il avait été détrôné. Il mpumt &). J700 à faint - gerinain. Quelques jéfui- tea irlandais p^ét^dirisnt, qM'il/<^ faifa^t de§ ' miracles à (qh tombeau. Oj^jp^rla même de .É|ire canoniz^r à rome , après fa n>ort|^ ce rçi que rome avait abandonné pendant k vie. . jPende princes f^ure^ut plus «plteureu^ qufi lui 5 ^ il 1} y a aucun éxmy^Q dans riuAçi^ re , d* une maifon fi long - i^w$ jiafortimçe» Le preinicr de rois d*écoflè fes ay.eux, qui . eut le noin de Jacques , après ^voir été diXt l^uit ans prifounie;: en ^agliçterre, fîK>urut allàfilne avec fa femme, par la inain de fèf fujets. Jacques ii, foAiils^ fut, tue' à vingt- peuf ans en combattant contre les anglais. Jacques m, mis en priHbn par fon peuples^ fut tijc' eii&ite. p^r ks. revojteii àm» "ne ba- JUSQ^UA 1696. tTi tidlle. Jaeqmi nr pérk dans tm combdtqu*U * perdit. Marie Stuart fa petite fille , chaffêc de fon trône, fugitive en angleterré, aiant langui dix-huit ans en prifon , fe vit cour dafinee à mort par des juges anglais, & eut la tête tranchée. Charles premier petite-fils de Marie, roi cfécofiè âc d*angleterre , ven- du par les écoflàis ,. & jngii à mort par les anglais , mourut fur un échafaut dans la place publique, ^cques fon fils, fèpti^me du nom & deuxième en Angleterre , dont U eft ici quefHon, fut chafle de fes trois roiau«- mes; & pour comble de malheur, oncon- tefia à fon fils jusqu'à fa naiiSànce. Ce fils ne tenta dMremçnter fiir le trône de fes pé« res , que pour faire périr fes at^is par des * bourreaux; &nous avons vu le prince Char*^ les-iEdouard , réunifiant en vain les v^ertus d# ' fes pères & le courage du roi Jean Sobiesky fon aieul maternel, exécuter les exploits âC tGmtr les malheurs les plus incroiables. ^ Îiuelque chofe juflifie ceux qui croient une atalité à laquelle rien ne peut fe fbustraire , c*eA cette fîute continuelle de malheurs^ qui a perfécuté la maifon de Stuart pendant plus lie trois-cent années. « T. l S CHA- f74 IiOUIS^ XIV. CHAPITRE OyiNZJE'ME. De ce qui fe faffait dans le tontinenty tamis que Guillaume trois enoabij^ , fait Pé<:ùjfej Panglef&re ^ Pirlm^ de, jusqu'en 1697. Naiant pas voulu roii^re le £Q des afiair res. d'aagleterre , je me' ramène à ce qui fe paflàit <^ui$ le continent , . Le ro^ , en formant ain£ une puif&nce maritime^- telle qu auam ét^t n*en a jamais eu de fiipérieurey avait à combattre Tempe» reur&reiçpire, Teipagne, les deux puiflan* ces maritimes Tangleterre & la hollande , de- venues toutes deux plus terribles fous un feul chef, la fàvoie , & presque toute lïtalie* Un j^ul de ces ennemis, tel que r»iglais&l'ef^ pagnpl > ftvait fufS autrefois pour défoler la £:ance $ & tous enfemble ne piuent alors l'entamer. Louis xiv eut presque toujours cinq corps d'^irmee d^m le cours de cette guerre , quelquefois fîx , jamais moins de qua* tre. Les armées en allemacne & en.flandr« fe montèrent plus d'une fois à cent -mille combattans. Lespla(;esâontiéres ne furent pas cependant dégarnies. Le roi avait qua- * . 4r€« / tr«-cerit-dnqûantè-itiiile hommes eii arme«, en comptant les troiçes de la marine. Ni l'empire turc fi piiiilant en eiirope, en afîe &ensdSrique, ni Tempire romain plus puit faut encore , n*en eut jamais d'avantïige , iSc n'eut en aucun tcms autant de guerres à foû- tenir à la fois. Ceux qui blâmaient Louig XIV de s'être iàit tant d'ennemis, Tadmîrai^ tot d'avoir pris tant demefùrespoiu: s'en dé- fendre, & même pour les prévenir. » Us n'étaient encor ni entièrement décla- rés , ni tous réunis : le prince d'Orange n* était pas encor forti du téxel , pour aller chaflèr le roi fon beau-pére j & déjà lafran^ ce avait des armées fur les frontières de la hollande & fur le rhin. Le roi avait envoie en allemagne, à la tête d'une armée de cent- mille hommcà, fon fils le dauphin, qu'on nommait monfeigneur ; prince doux dans fes ' mœurs , modeftc dans fa conduite , qui pa- ^ raiflàit tenir en tout de fa mère. Il était âgé de vingt-fept ans. C'était pour la première fois qu'on lui confiait un commandement , après s'être bien afïuré par fon caradére, qu' il n'en abuferait pas. Le roi lui dit publi- qiienlent à fon départ: mon fils, en vousen" fept. votant commander met armées Je vous donne *^*^* Uf occafiont défaire connaître votre mérite: aUiZ U montrer à joute VeuroJ^e , afin que S 3 ijuand f7$ iQUIS XIV. fuand /V vendrai à maitrir^ on ne r^ajfir^ foive p4s qui k rm/pit mort. C© prince eut une commifHon fpëciak pour commander, comme u^ eût été fim-t plcipent Tun de$ généraux, que le roi eût choifi. Son père lui écrivait : à mon fiU h dauphin y mon Utut^nam-^énéral y commm^ danf ms armées en alUm^gue, - On avait tout prévu & tout difpofé, pour que le fils de Louis xiv , contribuant à cet* te expédition de fon nom Les généraux fran* çais , qui im pouvaient qu'obéir , firent donc fîgnifîer , dmis le cœur de l'hiver , aux citoi-* èns de toutes ces villes fî flçrifl&ntes^ & fT bien rcp^infe's,^aux îiabitans des villages, aux maîtres de plus de cinqigmc cMteaux, qu'il fallait quitter leiu-s demem'es , & qu'on allait les détruira par le fer & par les fiâmes. Hom- mes, femmes , vieillards , enfans , fortirent en . fevr. hâte. Une-partie fut errante dans les cam- ^ *^* pagnes^ ime autre fe réfugia dans les païs voifins ; pendant que le foldat , qui pafïc toujours les ordres de rigueur, ôc qui n'éxé« S 3 cute 178 . tOUlS XIV.: ràte jmnairccux de clémeaee i hïAkét ^liao» cageak leur patrie. On commença par. mim« Keim, féjour des éleâeurs: leurs palajis .iu-v rent detniks , eomme les msà&ms des citoi« eii$5 leurs tombeaux furent ooyerts.par I9 rapacité du fbldat, qui croisât y trouver det tcéùxs 5 leur» cdxdrcs iurçnt diiperfëe^. Ce- tait pour la féconde fois, que ce beàupal^ ^^ait dëibleibus Louis xiv: mais les flames, dont Turenne avait brûlé deux édiles & vingt villages du palatinat, n'étaient que des àin* celles , en comparaifon de ce dernier incen^ die. L'europe en eutjuuxeui^ Les offiders» (pli réxecutérent, étaient bonteux d'être lea inilrumens de ces duretés. On les.rejettait fiir le marquis deLouvois^ devenu plus in- humain par cet endurciUêmeitf de cœur^quo produit un long miniftére. Il aiait enenet donné ces conieils; mnb Louis av^tété le maitre de ne lc$ pas fiiivre.^ Si le roi avajlt été témoin de ce fpeâacle,- il aurait lui-mê- me éteint les flames. Il fîgna , du fond de fon palais de veriailles & au milieu des plai« firs, la deAruâion de tout. un pals, parce qu'il ne voiait dans cet ordre que fon pou- voir & le malheureux droit de la guerre; mais de plus-prcs,il n'en eût vuqueThorceur- Les nation^, qui |usques-là n'avaient/ blâ- mé que fon ambition en Tadiiùrant 9 crièrent alors JUiSQ^l^'A 1697. «»^ ^r 8 contre £1 duifcte , & hlSmértnt méme^ fà politique. Car £ les enneoiis avaient pé^ n^é dans fes etdts^, cbiiune lui chez les en*" neinis^ ils enflent ipis fès villes en cendres. , . Ce danger était à craindre : Louis, en cou« vrant fes n-ontiéres de cent -mille fbldats, avait appris à Tallemagne à fake de pareil^ efforts. Cette contrée , plus peuplée que la iranjce , peut auffi fournir de plus grandes armées. On les lève, on les dièfnble, on les paie plus diffidlenient z elles paraiilènt plus tard en campagne ; mais la diicipline y la patience dans leç fatigues, les rendent fût k fin d'une campagne , auifi redoutables çjpL% les français le font au conunençement Le duc de lorraine Charles v les commandait. Ce prince toujours dépouillé de fon état par Louis XIV, ne pouvant y rentrer, avait con* ièrvé l'empire à Tempereur Léopoldj il Ta-* vait rendu vainqueur des turcs & des hongrois. Il vint, avec Téledeur de brandebourg , ba- lancer la fortune du roi de france. Il reprit Qomi (Scmaience, villes très mal fortifiées , mais défendues d'une manière qui iut regar* dée coimne un modèle de défenfè de places. Bonfi ne fe rendit qu'au bout de trois mois & demi de fiége, après que le baron d'Asfcld,^^^^ qui y commandait ,ei^ été blefle à mort dans i^« im ailàut générai. S 4 Le M» . hOVlS: XIV.: Le marquîïi dtJxelles depuis mar&hàl éé firance , l*uii des hommes ies blus fages ai lei plus prévoians , fît , pour détendre maknc^ des difp^tions fi bien entendues , que ût garnifon n*était presque point fatiguée en/er- vant beaucoup. Outre les foins qu il eut au dedans, il fit vingt âc une forties for lesenne-* tnîs ,^ & Iwir tua plus de ciîiq-mîUe hommes; Il fit même quelquefois dettt forties en pkirï Joiir ; enfin il fallut fe rendre faute de pou* dre, au bout de feptfemairies. Cette dé* fénfe mcVîte place dans Phiftoire, &pareUe- même âc par la manière dont elle mt reçuS, 4aiis le public. Paris, cette ville immenfê pleine d'tm peuple oifif qui veut juger de tout , & qui a tant d*oi'eillcs & tant de lan- gues avec il peu d'yeux, regarda d'UxçUeg^ ^ommc un homme timide & fans jugement. Cet homme , à qui tous les bons officiais donnaient de jiiftes éloges , étant au retow de la campagne à la comédie fur le théâtre^ reçut des huées du pubUc : on lui cria , m/tf- mice. Il fut obligé de fe retirer , non fans ftiéprifer avec les gens 6ges , un peuple & mauvais efHmateur du mérite , dont cepen* dant on ambitionne les louanges. Environ ce tems-Ià, le màiéchal d'Humîé- i^^^res fut battu à valcour fur lafàmbre aux pals» ' bas , par le prince de Waldeck j mais cet échec, qui ^ fit tort k & réputation, en fit peu aiut lurines de k é'ance. Louvois , dont il était k créature & l*ami , fut obligé de luiôter It commandement de cetle armée. Le roi A Louvois , qui n'aimaient pas le maréchal de Luxembourg , mais qui aimaient Tétat , fé kt* virent de lui mialgre leur répugnance. It commanck les années aux païs-bos. Louvoil ou corrigent des chpix trop hazardés , ou ^1 faifàit de bons. Catinat alla commander tn italie. On fe défendit bien en allemagnd fous le maréchal de Lorges. Le duc de Noailles avait queli^e fiiccès en catalogue) mais en flandre fous Luxembourg, & en italie fous Catinat, ce ne lut qu'une fuite c(Hitinu« elle de viâoires. Ces deux généraux étaient elors les plus eftimés en eiu*ope. Le m^echal duc de Luxembourg avait dans le caraâére des traita du grand Condé^ dont il était l'élève ; un génie ardent , une exécution promte, un coup d'œuil jufte , un eiprit avide de connaifknces , mais vafte & peu régie; plongé dans les intrigues des fem- mes , toujours amoureux , & même fouveitt iimé quoique contrefait & d'un vifage peii agréable , aiant plus de qualités d'un héros , que d'un iâge. Catinat avait dam l'efprit une application Se une agilité, qui le rendaient capable de tout, S 5 fans I &ns Mftrïl fe picjuât januds àt tiw» fi tâe ttébon iTiimlke, bon chai^ellei: , comm^ bon général. Il avait ccHiunence par être avocat, & avait <]piitté cette c^ofeiSon à vingt^trois ans, pour avoir perauunecaufe^ mii était jufte. il |)rit le parti des armes , dc iiit d'abord enièigne aux gardes *françaiiès. En 1667 ^ fi^ 3^^ y^^^ ^u f oi 9 ^ l'attaque de la contrefcarpe de liUe, une adion qui 4eiTKindait de la tête & du courage. Le r Invefti par k maréchal de^JJ^ Ltuœmbourg ; & le roiGtiillaume ne cro* iah pas les troupes irançaifes ibrties de kurf quartiers. Louis xiv vint au fi^e. Il em tra dans la ville au bout de neuf jours df tranchée ouverte, en pr^fence de Tannéi^ ennemie. Âuffîtôt il reprit le chemin- df vcr&illes, êC il laiiTa Luxembourg difputer le terrain, pendant toute la campagne, qui> finit par le combat de leuze, andui4l, lut Touvrage 4e moins de dmx Jieores. U avait JOSQJ^'A 1697. fl87 t fl^àit dans fbn armée le doc de Chartres ,de-> puis régent du roiaume; petit-fils defrance, qui n'avait pas alors quinze ans. Il nepou<- vait être utile pour un coup djedfif ; ' mai* c'était beâaucoup pour animer les fbldats , qu* un petit-fils de france cncor enfant, char- géant avec la maifon du roi , bleffc dans Iç tombât, Se revenant encor à la charge mal» gré fa blei&re. Un petit-fils &: un petit-neveu du;grand Condé fervaient tous deux de lieutenans-gé- néraux: l'un était Louis de Bourbon, nom- mé monfîeur le duc; l'autre, Armand prince deConti; rivaux de courage, d*elprit,d^am'-^ bition , de réputation ; mcMifieur le duc , d* un naturel plus auftcre, aiant peut-être des ôualitels pRis folides , & le prince de Contî de plus brillantes; appelles tous deux par k voix publique au commandement des armées, ils defiraient paffionneroent cette gloire j mais ils n'y parvinrent jamais , parce que Louis , qui connaiflàit leur dinbition comme leur mérite , fe fouvenait toujours que le prihce de Condé lui avait fait la guerre. Le prince de Conti flit le premier qui ré- tablitle désordre , ralliant des brigades , en failânt avancer d'autres. Monfieiu* le duc fallait la même manœuvre , fans avoir befoin d'émulation: t« duc de Vendôme, petit- fils r 9^ LOUIS xiy. |îls de lienri i v , était aoflî Iieutôiumt^iie» rai dans cette armée. U fervait d^iiis Tâge de douze ans ; ôc quoiqu'il ça, eût alors qua« ,çante, il n'avait ps encor epmmande en chef. Son frère le grand prieur était 9U{»:et de lui. Il âllut que tpus ces princes fe miflènt à 1^ tête de la maifon du roi , pour chaflèr ua corps d'anglais, qui gardait un pofte avan* tageipC) dont le (uccès de la bataille dépen- dait. La niaifon du roi & les anglais étai« ent les meilleures troupes qui fujûfent dans 1q monde. Le carnage nit grand. Les fraivr çais , encouragés par cette foule de prinoc^ & de jeunes fbigaeurs qui combattaient au* tour jdu général , l' emportèrent enfin j âc quand les anglais iurent vaincus, il fallut qu« le refte cédât. Bouflers^ depuis maréchal de &ance , ac* courait dans ce moment même , de quelques lieues du champ de bataille, avec des di^a* gons , & acheva la vidoire. Le roi Guil* kume, aiant perdu environ fept-mille hom- mes , fe retira avec autant d*Qrdre qu'il avait attaqué} ^toûjoiu^s vaincu, mais toujours à craindre, il tint eiKor la campagne. Lg vid^oire, due à k valeur de tous ces jeunei princes À de la plus floriilànte nobleflè du roiaume, fit à la cour, à garis & daps les pro* JUSQJJ'A 1697. «89 .provmcts im^et, qu^anome bataille gagnée n'avait &it encore. Monfieur le duc, le prince deConti,mef^ £eursde Vendôme & leurs amis, trouvaient, «n s'en retournant, les chemins bordes de peuple. Leurs acclamations dt la joie allaient jufqu à la dénence. Tottfes les femmes s* empreflàient d'attirer leurs regards. Les hommes portaient alors des cravates de den- telle, qu'on arrangeait avec aiTez de peine d: de tems. Les princes, s'étant habillés avec précipitation pour le combat, avaient paiTé «egligenamént ces cravates autoiu: du cou: les femmes portèrent des ornemens faits fur •ce modèle ; onlesappella ^t^ fteinkerqtieH Toutes les bijouteries nouvelles étaient à la ileînkèrquc. Un jeune homme , qui s'était trouvé à cette bataille, était regardé avep cmpreflèment. Le peuple s'attroupait par- -tout autour de» princes; & on les aimait d* ^autant plus , que leur faveur à la cour n'était •pas égale à leur gloire. Le même général , avec les mêmes prin- ces & ces mêmes troupes furprifes & vido- rieufes à fteinkerque , alla furprendre , la campagne fuivante , le roi Guillaume par une •marche dé fept lieues, & le battit à nerwin- de. Nerwinde eft un village près de la guet- te, à quelques lieues de bruxelles* Guil- r. /. T laume .*!? 3190 LOUIS XI V/ iaume eut le tems àe fe mettre en bataille. Luxembourg & les princes emportèrent le village deux fois Tepee à la main, l'ennemi le reprenait, dès que Luxembourg tournait d\m autre côté; enfin le général & les prin- ces l'emportèrent une troifiéme fois, & la bataille fut gagnée. Peu de journées furent ÏJus meurtrières ; il y eut environ vingt-mil- e morts , douze-mille des alliés & huit-mille juâ. français. Ceft à cette occafîon qu'on diiàit, **9I» qu'il fallait chanter plus de de^rofmdis^oi^^ de te deum. Toutes CCS vîdoires produifaient beau- coup de gloire, mais peu de grand» avanta- ges. Les alliées, battus à fleurus , à flein- ierque , à nerwinde , ne l'avaient jamais été d'une manière complette. Le roi Guillaume fit toujours de belles retraites ; & quinze jours après une bataille, il eût fallu lui en livrer une autre, pOur être le maître de la campa- gne. La cathédrale de paris était remplie de« drapeaux ennemis. Le prince de Conti ap- pelait le maréchal de Luxembourg, le ta- fiffier de notre^dame. On ne parlait que de vidoires. Cependant Louis xi v avait autre- fois conquis la moitié de la hollande & de la flandre , toute la franche-comté, fans don- ner un feul combat j & maintenant, après les plus grands efforts 'm$ que fa vie. Les mémoires du marquis de Feuquià^eft lui reprochent plufîeurs fautes, dans la dé- fenfe de la place & de la dtadelle ; il lui en reproche encor dans la défenfe de lille, qui lui a fait tant d'honneur. Ceux qui ont écrit l'hiftoire de Louis ici v, ont copié fenàlement le marquis de Feuquiéres pour la guerre, ainfî que rabbédeCfaoiiî pour les anecdotes» Ils ne pouvaient pas favoir que Feuquiérei, d'ailleurs excellent officier & connaif&nt la guerre par principes. & par expérience, était «n efprit non moins chagrin qu'éclairé, l'a- riftarque des généraux <5c quelquefois le zodc. Il altère des faits, pour avoir le platfîr de cenfurer des fautes. Il fe plaignait de tout le monde, & tout le monde fe plaignait dt lui. On difait qu'il était le plus brave hom- me de Peurope , parce qu'il dormait au mi- lieu de cent-mille dé fes ennemis. Sa capa- -- . . cité JUSQU'A 1697- ^95 cité n'aiant pas été récompense par le bâton de maréchal de francej il emploia trop» contre ceux qui fervaient Tétat, des luipié?- res qui euflent été très utiles , s'il eût eu Tet prit auflî conciliant, que pénétrant, appliqué & hardi. U reprocha au maréchal de Villeroi , plug de fautes & de plus eilèntielles , qu'à Bou» flers. Villeroi , à la tête d'environ quatre- vingt-mille hommes; devait fecourirnamur: mais quand même les maréchaux de Villeroi & de Bouflers eûflcnt fait généralement tout ce qui fe pouvait faire (ceiqui eft bien rare)} il fallait , par la fîtuation du terrain , que namur ne lùt point fecourue & fe rendît tôt ou tard. Les bords de la méhaigne^ cou- verts d*une armée d'obfervation qui avait ar- rêté les fecours du roi Guillaume, arrêtèrent alors nécefTairement ceux du maréchal de Villeroi. Le maréchal de Bouflers, le comte de Guiscard gouverneur de la ville , le comte de Laumont du Châtelet commandant de l'ia-»^^ fànterie, tous les officiers & lesfoldats, dé* fendirent la ville avec une opiniâtretés une^ bravoure admirable, mais qui ne recula pas la prife de deux jours. Quand une ville eft aflîégée par une armée fupérieure , que les travaux font bien conduits^ & que la faifon. T4 eft 396 LOUIS XIV. cft favorable ; on fait à-pcu-près en com- bien de tems elle fera prife, quelque vigoti^ reufe queladéfenfe puiffe être. Le rQÎGuiU laume fe rendit maître de la ville & de la ci« tadelle , qui lui coûtèrent plus de tems qu â Louis XIV. fept. Le roi , pendant qu il perdait namur , fit ^^95 bombarder bruxellcs: vengeance inutile i qu'il prenait fur le foi d*efpagne, de fes vil* les bombardées par les anglais. Tout cela faifait une gueijre ruineufe & fimefte aux deux partis. C eft , depuis deux fîecles , Un des effets de rindudrie&dela fureur des hommes,que les défolations de nos guerres ne fe bornent pas à notre europe. Nous nous épuifons d* hommes & d'argent, pour aller nous detrui«^ re aux extrémités de Tafie de de Tamérique* Les indiens, que nous avons obligés parfor- ce & par addreffe à recevoir nos ét;3bliifemens^ & les ameriquains dont nous avons en(àng« lanté <5c ravi le ck)ntinent, nous regardent^ icomme des ennemis de la nature humaine, qui accourent du bout du monde' pour les égorger, & pour fe détruire enfuite eux- mêmes. Les français n'avaient de colonies dansiez grandes indes , que celle de pondichéri , for- mée par les foins de Colbert avec des dépen*- fés jUSQJf A 1697. 397 fes immeafes , doat le fruit rie pouvait, être FccHeilii qu'au bout de pIufieiHrs années. Le$ hollandais s'en faifirent aiféwjent, ôc ruinè- rent aux indes le commerce de la france a peine établi. Les anglais détruiiîrent les plantations dti6gs* la france à faînt-dominguc. Un armateur de breft ravagea celles qu'ils avaient à 2am-i696» bic dans l'afrique. Les armateurs de iaint- malo portèrent le fer & le feu à terre-ncuvé fur la côte orientale qu'ils poffédent. Leur île de la Jamaïque fut infultée par nos efca- dres , leurs vaifTeaux pris & brûlés , leurs côtes faccagées. - Pointis chef d'efcadre, à la tête de p]u-^^^ fieurs vaiffeaux du roi ôc de quelques corfai- res de ramérique,;alla furprendre, auprès de la ligne, la ville de carthagéne, magasin <5c entrepôt des iréfors qye Pefpagne tire, du,^^^ méxique. Le dommage qu'il y caufa, fui: eftime vingt-millions de nos livres, & le gain dix-raiDionf. Il y a toujours quelque chofe à rabattre de ces calculs, mais rien des calamités extrêmes que caufent ces expédi- tions glorieufes. Lés vaiiféaux marchands de hc^ande^ (Tangleterre étaient tous les jours la proie des armaietirs de france, ^ furtout de Du^ 7 5 8^^- 398 LOUÏS> XÏV. gué-Trouîn, homme unique en fou gesure, auquel il ne manquait que de grandes flotes, pour avoir la réputation de Dragut ou de Barberoulïj. Les ennemis prenaient moins de vaiffeaux marchands français, parce qu'il y en avait moins. La mort de Colbert & la guerre avaient beaucoup diminué le com- merce. Le réfultat des expéditions de terre & de mer, était donc le malheur unîverfel. Ceux qui ont plus d'humanité que de politique, remarqueront , q\ie dans cette guerre Louis XIV était armé contre fon neveu le roi d'et pagne , contre Téledeur de bayiére dont il avait donné la fœur à fon fils le dauphin, contre Téledeur palatin dont il brûla les états après avoir marié monfieur à la princeflfe palatine. Le roi Jacques fut chafle du trône par fon gendre & par fa fille. Depuis même on à vu Te duc de làvoie ligué encor contre la firànce où Tune de fes filles était dauphine^ & contre l'cfpagne où l'autre était reine. La pluspart des guerres etàrt les princes chré* tiens , font des efpéces'de guerres civiles. L'cntreprife la plus érîmînelle de toute cette guerre, fut la feule véritablement heu- reufe. ' Guillaume réuffit toujours pleine- ment en angleterre & en irlande. Ailleurs les fuccès furent balancés. Quand j'appelle cette lUSQJtTA 1697. 399 tette entKprifè criminelle, }e n'examine pas fi la nation , après avoir répandu le fang dit pe're, avait tort ou raîfon de profcrire lefils, & de défendre (a religion & lès droits : je dis feulement, que s'il y a quelque juftiee fur la terre, il n'appartenait pas à la fille enfes loTcéet. Ce mal iiMérieir étonneyit parce qu'on ne Pavait 'ja- mais femrdcpuis que Louiï xrv gouverna par lui même. Voila les. caufes de la paix de riswid^^ Des fèntimens vertueux y in- fluèrent c^amement. Ceux qui pen&nt ^e le fois etait pas permis au duc d'avoir des rem- pmts à fa capitale : mais on ne put lui ôtèr un'^QÎt plus beau, celui de faire du bien à fts iujets ; ckpit , dont jamais aucun prince fC^ fi bien ufé que lui. Il efl àrfmihaiter, que la dernière pofté«^ fité apprenne , qu'un des plus petits fou- verains del'europe, a été celui qui a fait le plus de bien à ion peufPle. Il trouva la lor- raine défolée & défèrte : il la repeupla , il Tenrichit. Il Ta confervée toujours en paix, pendant que le refte de Teurope a été ravagé par la guerre. U aeû la prudence d'être toujours bien avec la finance, & d'être aimé dans rcjn^ite; tenant heurcufement cejufte milieu, qu'un prince fans pouvoir n'a pref- * V 2 que 3o« tOUÏS XIV. eue jamais pu garder entre aeibcgr«ifidespulC fonces. U a procure à fes peuples 1* abon- dance , qifilé de connaiflàient plus. Sa iio blefle, réduite à la dernière mSfere, a été miïc dans i'opiîlénee par fes feuls bienfaits. Voiait-îl la maifon d*im gentil-homme en ruine , il la falàit rebâtir à les d^ens : il palait leurs dettes j îl mariait leurs fflles ; il prodiguait des préfens , avec cet art de don- ner, qui eft encor au-deflùs des bienf^dts ; il mettait dans fes dons la magnificence d'^un prince & la politefle d\in ami. Les arts en honneur dans fa petite province ,'^ix)dui- faient tme circulation nouvelle, qui fait la rîcheffe des états. Sa cour était formée fur le modèle de celle de france. On necrôiait prefque pas avoir changé de lieu, quand on pafTait de verfailles àlunéville. A Péxemple 'de Louis xiv , il faîfait fleiuir les belles let- tres. Il a établi dans lunéville une efpéce d'uftiverfité fans pédantifine , où la jeune noblefle d^allemagne venait fe fonner. On y apprenait de véritables Iciences, dans des écoles où la phyfîque était démontrée aux yeux par des machines admirables. U a cherché les talens jufques dans les boutiques & dans les forets , pour les mettre tfù ^ur & les encourager. Enfin , pendant toutlbn régne, il ne t'eQ occupé, que du foin d^ prg. )l j>roGarèr; à fa; mtion tliç U.^ranquîlité, des richefles, des connaifl^nces â:.,d^s plaiiirs. ^ quitteras dçmain ma ft^uv^raineté^ difaitr Urjijc ne poi4V^s faire dwhien, Auffi a-t-U goûté le io^il^iî d*être jainiéj & j'ai vu, lcyigtei:Qs apf*è$ fa mort, fe$ fujets verfer des lariBes ca prononçant fou nom. U a laiiTe', en mourant > fon exemple à fuivre aux plus gcands rbisj & il n'a pas pieuiervi à prépa- rer à fon fijs Ip chemin du trône dé l'empire. ! ^Dans le ^eii^ que Louis x^i^ ménageait la paix de riswick qui devait lui valoir la mcceffi- on d'elpagnç^ia couronne dejpologncvint^ vaquer. C'était la feuk. copromie roiale qui fut alors élecftive au monde. Citoiens & etran» gers y peu vept prétendre, u faut deux çhofes f our y parve;aii , ou un jxv^ite ajÉIéz éclatât ^ ^ affez ÊDutenu piir les io^igues pour entraîner ffs f^ffr^gj^y (^CQinnle il était arrivé à Jeajji Solùeski dernier roi); ov Vieu des tréfoQS pffez grafids pour acheter ce ]X)iaume, qui eu prefque toujours à r^nchérc. . L'abbe de PûJignac^ depuis cardinal , eut ^'abojcd rhabiicté de dîfppfer . les fuffrages xn .fiveur de. ce prince de Conti, con- sul par les idions de valeur, qu'il avait fai- te^ à fleinkerque & à nerwinde. Il n'avait }atuai$ commande en chef} il n'entrait point ^Jaas les confeiU du roij monfieiu: le duc ,^Tn L V 3 avait avait autant^efé|mt!iticm<|tid M kUt^o&É^i . 0ion(itur de Veildôme ça ç^iic davantage; cependant fa renommiiir efi&çaitfllofs les aut très notj^Èy par Ife gnanéâcrdé^rir&â: ^e. fe faire val6Îf,^ae'|aftia!S*on âe^dTédH^ mieux que^lxii;^ Poligitac, ifS avait ceiiû éc^ perfuader, dietertnina d^abm-d kse^'tîbçn là favean II balança^^ivet del^âôqttenâe^ des promeffes; f argent qu'Atrgàfte ele<îletir' .*7 de faxe prodiguait. Le priftce deConti &t ^7 élu roJ parle plùs^gfànd |«atfîi & pfoclaaié par h primat du roiaùmp. * Augofte fut clil deux heures après, p^ uii parti beaMoup inoins nombfcuj?: 'lïfids il étoif pttfliçé^ fou- verain ldat& &. non • des pei^)les, a ^le pranî^t des héros de Ion teins; mais il efl mort avtec«li r^utt- tion d^m roi iii^mdent. La dé£blatiDn du nordy dans une guerre dedip^huit années, a dû fon origine à la politique ombitieufè du exar , du roi de danemarck 4c du roi depo* logne, qui voulurent profiter de la jeunet de< Charles xii , pour lui rmvir une partie de fes 4tdts. Le roi Charles^ à Tâge de fêize ''•^ ans , les vainquit tous trois* Il w la terreur du nord , & paflà déjà pour un gouid hoai«' me,ckns un âge où les autres honames n'ont pas reçu encor toute leur échication« U fiit neuf -ans le roi le plus redoutable qui fîtt au , monde. jOSQU^A i?Qi. 311 mfmàé , é^ nmif'A^es tni^ecS' le pks mal^ Jxeiireux. ^ ^ Le& troiibkfi du midi de reurope ont eu uEie autre ori^oe^ . Il s'agiilàit de filles. Uarchiàw: Charles devait «voir milîin. Toitt le rdfe de la inonar4:hie ^tait abandonné à ce jeune prinee de bavieirei, «ui de longteiDs ne ^rait à craindre. La 11 france, ^angleterre & la hoUandc^firent ce ,^^; traite. La iraiwc crtwait gagner des etats^j J*angieterre & la hollande çroiaient affermii: i^ repos d'une partie dePwrope; toute cettç apolitique fitf vaine. Lcxoi mwibond, ap- prenant qu'on déchirait fa monarchie de (^a tïvant, rat indigné. On s*attendait, qu'à cette nouvelle , il déclarerait pour fon luo- ccflfcur'y ou l'empereur, ou un fîls de Teiii'- {)ereur ; quiHui donnerait cette recompej^ è , de n'avoir point trempé dans ce parta- ;e; que la grandeur & l'interct de la mai- on d^aûtri(îe lui dicfleraient un teAament. nov« Il en fit un t&t ; niais il déclara ce mémç ^^^^ ,prince de bavi^e unique héritier de tous fes états. La nation efpagnole , qui ne craignait riea tant que le démembrement de fa mo- nardiie, applaudiilait k cette diipofition. La pftix fêmblait devoir en être le fruit. Cette e^erance fiit encor auffi vaine que le -, traite de partage. Le prince de bavieVe , 1699 déiîgné roi , mourut à bruxelles. (: • /'-'■■^^ Oa o ■• -"5 ^ p6 LOUIS XIV.: » ^ On isiceufa ifl^ement de cetle m^rt m^» cipitée la maifon d*aûtriche, fur cette icule vraifeinl^Iance , que ceux-là commettent le criiïic, iqui le dame eft utile. Alors re- commencèrent les. intrigues à la cour de ma^ drid, à vienne, àveriaiiles, àjondres^àlt haie éc à rome. Louis XIV , le roi Guillaume * les états- généraux, dilpofërent encorune foi» en idée de la monarchie espagnole. Ils aflignaient à Parchiduc Charles, fils puîné Me Petnpe* warsreur, la part qu'ils avaient auparavant don- 1700 j^g'ç à Tenfànt qui venait de mourir. On donnait milan au duc de lorraine , & \^ lorraine , fi fouvent envahie & fi fbuvent rendue par la fi'ance , dev^t y être annexée pour jamais. Ce traité, qui mit en mouve- ment la politique de tous les princes pour !• itraverièr ou pour le foutenir ^^ fut tout aulïî inutile que le premier. L'europe fut encor trompée dans fon attente , comme il arrive prefque toujours. L'empereur, à qui on propeiàit ce. traite de partage à fignçr, n*en voulait goint, parce qu'il efpérait avoir toute la iuoceâioo. ^ Le roi de fronce , qui en avait preflé la <%- nature , attendait les évéïiemens avec incer- titude. ^ , ' Alors JUSQU'A 1704. ^ Aters le roi d*cfpagnc > qoi fc vôîak mouH rir à la fleur de fon âge ; voulut donner toui fcs états à l^^archiduc Charles , neveu de fa femme, fécond fils de Fempereur Dî'opoldi Il n'ofàlt les laiflèr au fils aîné ; tant le fift* itie de l'équilibre prévaliât dons les efprits ,^ ic tant il était fïir que la crainte de voir l*cC» pagne , kê ifides , l'empire , la hoagrie , la bohème , ; la lonabardie , dans les marnes maips, armerait le refle de l'europe. Il demandait que l'empereur Léopold envoiât fbn (ècond nls Charles à madrid, à la tête de dix-mille hommes ; mais ni la franœ , ni Tângleterre , ni la hollande , ni Htalie , ne l'auraient alors fôuflfert : toutes voulaient fe partage. L'empereur ne voulait point en^ yoier fon fils feuî à la merci du conféil à'eù |)agne , & ne pouvait y iàirepaflèr di^^ftiiUé hommes. Il voulait feulement faire mar- cher des troupes en italie , pour s'aflùrer'cet- te partie des état« cfc la monarchie aâtricki-» 45nne-efpagnole. U arriva, pour le plusim* jportant intérêt entfe deux grands rois^, otf qui arrive tous les jours entre des particu* hers pouf dei affaires légères. On difputa; on s^grit : la fierté allemande révoltât h hauteur caftillarte. La comteflè de Perlipz; qui gouvernait la femme du roi mourant , ftliénak les écrits qu'elle eût dû gagner è ma- Hfiodfid; & le (^onreil<âe vieille les dc^ik cncor davantage par fcs hauteurs» • - Le jeune archàJuc , qui fut «tepiii» rcm^î pereur Charles vi, appelWt to^Ura leé eA Ita^ols d'itnnom injiuieux. Il apprit alorg combien les prince$ doivent pefèr îem?» pa*- rôles. Un évéque de lérida ainbafladeurde madtid è' vienne , inéeointefit deâ^Ueinansy releva ces diicours ^ les ^iveniëia ^dans fes dépêches ^ eau, plus incert^ que joni^s* «^L'emp^reurljfeopold pique rappel-, k>fQn;ba0àdeur h çomte^de Harac^ mais l^entot apriè^il le renvoia à madrid , & les. c^érancc^ en faveur de lara^ifon d'autriche fe ré^blÛTQnt Le roi d'cfpagne écrivit à h empereur qu'il choifirait Tarchiduc pourfon fuccoCÈiu*. Alors le roi de fronce , mena» çant à ionr^ur , aiflèmbla une armée vei;s les frontières ^ cJUe efpagnole fans partage. Le roifcrHpu^ * leux St confulter des théologiens , qui iuren^ de l'avis de Ç^ conièil^ enii^ tout malade qu'il était, il écrivit de fa moia au pape In« nocent xii, & lui fît la même conu^ation. Le pape , qui croiait voir dans raffaibMè* ment de la mmiba d'aûtriche la liberté de Htalie , écrivit au roi : " que les loijt d'eA p^ne & le bieû de la chrétienté éxigeaieiy de kii, qu'il donnât la préférence à la mai^ fon de france.^ La lettre du pape était du 16 juillet 1700. Il traita ce cas de conicience d'un fbuvçrain, comme une affaire d'état, tandis que le roi d'efjpague faifait de cette yandc affaiisc d'état, un cas de confcience. Louis XIV en fut informé : c'ejft toute la part que le cajkinet deverfailles eut àcetéyé* nement. Six mois s^étaient qpoulés depuis . qu'on n'avait plus d'ambaffadeur à madrid. C'était peut-être une faute, & ce fi^t peut^ . ^ être joi^or cette faute qui valut la mo^iarchie espagnole à la maifon de france. Toute leurope a p^ifé que le teftament de.CJbarles iècond avait été didé àyerfailles. Le roi mourant n'avait confulté que l'intérêt de fon roiaume, les yocux de fes fujets^ com« meQçaient à craio^re quelquei^ revers. L'eA pagne ,afFaibi)e fous les derniers. rois dufang de Cb^les -quint, l'était encor davantage dans les premiers jours du rçgne d'un bour* bon^ Là maifçn d*aûtric)ie avait des partir £ins d^is plus d^me profvince de cette mo* aacfîhie. La catalogife Semblait prête à fe^. coiîer le nouveau joug , & à fè donnera Tar- chiduc Charles. U était impofUble, que le porÊQg^ lie fe rangeât, tôt ou tard, du coté de la ipaîioQ d'aûtriche. Son iotéret viiible étui; de nourir chez les efp^gnols , fes enne* niisoaturels^ une gu^p^e^Yp^, dont lisbQn^- nc ^ LrOUÎS Xlt. ne ne fôwak ^ prc^M*. ' trt doc de ù^oès^ à p^e beau^pere du itt)uveaur(H d'e&^gn^^ et lie aux boitt-bons par le ikng & par fes ft-ai»^ tés , paraiflàit d^fa itiecontefit dt fes gendres. Gin^ianle-iniile écm psc mois , pouffîs de*^ puis jusqu'à deux ceitf «mille fixants, n6 parait* fôem pat un avantage aâèâcgrai»i, pour le re- tenir dans leur parti. Il luiralkât sai moins h inonferrat mantouan âc une partie du milanaii^ Les hauteturs, (|ffit eifiiiak des g^i^muxiran-» çais & du rmnmètc^ de. verÊuUes , lui faisaient craindre avec raifon d*étre biCTtôt compta potïT rien par fes deiBc ^idre^ , ^ tenaient re^rrés fes états de tous côtés. Il tvoàbàé* }a quitté bnisqueïnent le parti de l'empire, pour la france. Il était vnaifcmblsAIe , ^*é* tant fi peu ménagé par la fronce, il «'en dé* tacherait à la première occafiôn. Quant à la cour de Louis xiv & à fou roiamne , les ©fprits fins y app^Tccvaittit déjà un changement , que les ^oflîers ne voient que quand la décadence, eft arrivécb ♦Le roi âgé de plus oe fbixameans, de^silnu plus retiré , ne,pouvait plus fi bien conn^« les hommes ; il voiait les chofes dans un trop grand éleMgnement,avec des yeuxiaoinjr ^appliqués & fafcînés par ime longue profpl- rité. Madame de Maintenon , avec- •tûritt* les qualités eilimables qu!elJb'poffëÀrïf, ^h ▼ait jUSqtJ'A itoi. 5S7 vsâtvà k>£^ce, ni le courage, ni k^ran^ deur (fd^rît, n^ceilàires pour foâtenir la gloire d'un état. Elle cooitribua à faire dom ner le nnnsftére de$ fkianoes en 16989 &ce« loi de ia pierre en 1701 , à £1 a*éiicare Cha-* niillard, plus honnête homme que miniAre^ & (jui avait fik mi roi par k modeflie de fa conduite , lor$ qu'il Àaît chaîné de fàint«cyn Malgré cette modeftie extérieure, il eut le malheur de fe croire k fc^-ee de fupporter ces deux fardeaux, que Colbert & Louvois avaient à peine foûtenus. Le roi, comptant fiu" fa propre expérience , croiait pouvoir di*< rigèr faeureufemeot iès mîniflres. Il avait dit , après k mort de Louvois , au roi Jacques: /ai perdu un bon minijtre ; mais V9f affai* tes iS kf miennes rien iront pas plus maU Lorsqu'il choifit Barbéfeux , pour fuccédèr à Louvois dans le miniftére de k guerre 5 féti formé votre père , lui dit-il , je vous forme^ rai àe néme. Il en dit a peu-prés autant à Ch^nillard. Un roi, qui avait travaillé fi long«tems & fi heureufement , fcmbkit avoir droit de parler ainfi. A regard des généraux qull emploiait,ils étaient louvent gênés par des ordres précis, comme des ambaflàdeurs, qui ne devaient pas s'écarter de leurs inftrndions. Il diri- geait avec Chamillard, dans le cabinet de r. /. Y xnada- 338 LOUIS XIV.> mackme de Maintenon , les c^peicadons delà campagne. Si le général vouLùt faire quel* que grande entrepoTe, il fallait fouvent qu'il en demandât la penniffion par un courrier, qui trouvait à fbn retour, ou Toccs^n man« quée^ ou le général battu. Les dignités & les récompeniès militakes fur ^it prodiguées fous le miniflére de Cha- millard. On donna k permiflion à trop de jeunes gens d'aciieter des régimens, presque au fbrtir de Tenfaiice ; tandis que chez les ennemis , un régiment était le prix de vingt- ans de fèrvice. Cette différence ne fut en* fiiite que trop fen£&le , dans plus d'une oc- cdSoa^ où im colonel expérimenté eût pu empêcher une déboute. Les croix de cheva- liers de feint-Louis ^récompenfe inventée par le roi en 1693 , <5c qui étaient l'objet de l'é- mulation des ofHciers, fe vendirent dès le commencement du miniftére deChamillard. On les achetait cinquante écus dans les bu- reaux de la guerre. La diicipline militaire, lame du fervice, fî rigidement foûtenuëpar Louvois , tomba dans un relâchement fime- fle : ni le nombre des ibldats ne fut complet dans les compagnies , ni même celui des officiers dans les regimens. La facilité de s'entendre avec les commifl^es , & l'inat- tention du mini/Ire produifeient ced^rdre. De-Ià JUSQ,U*A 1701. S39 J)e-là_ naiflait un incom^ilent qui âeniit, toutes choies égales d'ailleurs , faire perdre nécefKiîrcment des batailles. Car, pour avoir un iront aulH étendu que celui de l'ennemi, on était oblige d'oppolèr des bataillons bi- bles à des bataillons nombreux Les maga- 2in$ ne forent plus ni ailèz grands, ni allez tôt prêts. Les armes ne fm-ent plus d'une allez bonne trempe. Ceux donc , qui volai- ent ces de'fàuts du gouvernement , & qui la- vaient à quels gcne'raux la irance aurait -à Élire , craignirent pour elle , même au mi- lieu des premiers avantages , qui promettai- ent à la firance de plus grandes prolperitét que jamais. J40 LOUIS XIV. é ^. d*ailleui*s malheureux, naquit à paris ceprin- ^ ^'ce fî dangereux depuis à Louis xiv, & fi peu connu de lui dans fa jeunefle. On le nomma d'abord en france le chevalier de Carignan. Il prit enfuite le p^it collet. On l'appellait l'abbe' de favoie. On prétend qu'il demanda un régiment au roi , iSc quil flit refîifé parce qu'il, était trop lié avec les priç^jcesde Conti alors en difgrace. Ne pouvant réuflîr auprès de Louis XIV. il alla fervir Tempeieur con- tre JUSQ^IPA 1703. t4i Cre les tmrcs en hongrie en 16S49 ^^ec lès princes de Cond, ^ui y avaient déjà fàitime campagne glorieufè. Le roi fit ordonner aux princes de Conti, & à tous ceux qui fai- saient avec eux le voiage, de revenir. L'abbé de fàvoie fut le feui qui n'obéit point. Il con- tinua fa route , déclarant qu'il renonçait à la france. Le roi, quand il l'apprit, ditàfes courtifàns : m trmsvez-vouf pas éjue foi fait là um grande perte? &les courtiiàns a{£iré- rent, que Tabbe de favoie ferait toujours un efprit dérangé un homme incapable de tout. On en jugeait pat quelques emportemens de feuneilè , fur lefquels il ne faut jamais juger les hommes. Ce prince, trop mépriféà k cour de france, était né avec les qualités qui font un héros dans la guerre Les officiers géûémux jugeaient, qu'il était contre toutes lés règles de la guerre d'atta- quer ce poAe, pour des ndions dédfiivesj c'eft qir'il n- était d^cnne conféqu^ice , & que la retrauchemeus eu étaient inaborda- Ues, qu'on ne gagnait rien en le prenant, ai que, fi on le manquait, on perœùt laré? putation de la campagne. . Vilkroi dit «11 duc de favcne cpi'il fallait marcher, dcenvok un aide de camp ordbnnerde & part anma- recbal de Catinat d'attaquer. Catinat fe fit répéter Tordre trois £ehs , di'fe tcnimantverf ks officiers qu'il commandait : aiàau dom^ dit-il, nuffieurr^ il fmt obéir. On marcha ^^^ aux retranchemens. Le duc de iàvoie, à la i7oi* tête de fes troupes, combattit comme un homme qui aurait été contei^ de la firance. Catinat chercha à fè £ûre tuer. H iîit blefK j mais tout bleflS^ qu'il était, venant les trou- pe» du roi rebutées, & le maréchal de Vil- leroi ne donnant potnt d'ordre, il fit la re- traite; après quoi il quitta Tarmée, Ôi vint \ verfidlles rendre compte de fa conckiite au roi , fans iè plaindre de perfonne. Le prince Et^éne comerva toujoiu^ faiù* priorité fur kr^tfiapâotud de Villeroi Enfin Y 5 au Mtf LOUIS XIV. •U'coéur de Vlwfer 1702, un jour ^|ue ee mn lâchai dormait svee fecurhe daas crémsme , g vUle aflçz forte &^ munie d^me très mnde levr. gam^on, il cft réveillé au bruit des agQol fe montre d'à-» bord dans.les rues avec quelques foldats; il eft tué d'un coup de fufii: tous les officiers Sénâ'aàx font ou tués ou pris , à la réièrve u.oomte de Revel lieutenan^igénàal & âx^ mar» JUSQJJ'A 1703- m maraïus de Prâlin. Le hazard coh&iidit Ji prudence du prince Eu^ie. Le chevalier d^Enfragues devait, faire ce jour là dans la ville une revue du regimen| des vaiflèaux , dont il était colonel ) & déjà . les foldats s^aflèinhlaient à quatre heures du matin à une extrémité de la ville, précifé* ment dans le tems que le prince^Eugéne en^ trait par Pautre. D'E^tragues commence à courir par les rues avec its foldats. Il ré» fiAe aux allemans qu'il rencontre* Il donne le tems au refte de la gamifon d'accourin Les^ ofEders , les foldats pçle-mele , les ims mal armés, les autres presque nuds, fans commandant, fans ordre , rempMènt les rues, hs places publiques. On combat en conflâîon 'y on fe retranche de rue* en ruë,de place en place. Deux régimens irlandais , qui faifaient partie de la ganiifon ,'arrêtent les efforts des impériaux. Jamais ville n'avait été furprifè avec plus de fàgeffe, ni défen» due avec tant de valeur. La garnifon était d'environ cinq-mille hommes. Le prince Eugène n'en avait pas encor introduit plus de quatre-mille. Un gros détachement de fon armée devait arriver par le pont du pô; les mefures étaient bien prifes, Un autre hazard les dérangea toutes. Ce pont du pô^ mal gardé par ^viron cent foldats français, devait }4S LOUIS XIV. devait d*abûrd être ùî& par les cukaf&ers al^ leinaus, qui dans Pinibuit que le prince Eu- grae entra dans la ville , furent commandes pour aller s'en emparer : il fallait pour cet effet, qu'étant entres par la porte du midi voifîne de l'egoût , ils fortifient fur le champ de crémone du c6te du nord par la porte du pô, & qu'ils couruflènt au pont. Ils y aU Uientj le .guide qui les conduifait, efî tul d*un coup de fiifil tire d'une fenêtre : les cui« raiHers prennent une rue pour ont autre: ils allongent leur chemin. Dans ce petit ia-» tervalle de tems , les irlanckis fe jettent à la porte du pô ; ils combattent âc repouâènt les cuiraffiers : le marquis de Prâliti profite du momràt} il &it couper le pont: alors le fè« cours y tpic Tennemi atténuait y ne put wtri* ver, & la ville efl fauvee. Le prince Eugène , après avoir combatfti tout le jour, toujours maître de la porte par laquelle il était entré, fe retire enfin, em- menant le maréchal de Vîlleroi & plufîeurs officiers généraux prifonniers, mais aiant manqué Crémone , que fon activité & fa pru- dence, jointes à la négligence du gouverneur, lui avaient donnée , et que le hazard & la valeur des français & des irlandais lui ôté- rent. » • . ■ - • Le JUSQ^U'A 1703. 349 Le maréchal de Villercri, cxtrememem malheureux en cette occafîon, futcondan-* né à veriailles par les côurtifans, avec toutd la rigueur & l'amertume qu'infpiraient fa hy veur & fou caradére , dont l'élévation leur paraiâ&it aprocher de la vanité. Le roi,qui le plaignait fans le condanner , irrité qu'on bMm^ fî hautement fon choix, s'échappa à dire: onfedlchahie cotm'e lui; farcequHl $ft mon favori: terme, dont il ne fe feirît pourperfonne, que cette feule îovs en fa vie. Le duc de Vendôme £it auiEtôt nommé pour aller commander en italie. Le diK de Vehd&ne, petit-ffls de Henri quatre, était intrépide conmielui, doux, bienfâiiànt , fans faAe , ne connatf ant ni ht haine, nil'eiwie, ni la vengeance; Il n'éf tftitfîèr qu'avec des princes: il fe rendait l'é'^ gai de tout le r^e. C'étaft le feul général , K>us lequel le devoir du fervice , & cet in-» Ainâ de fureur purement animal &mécani<« que qui obéit à la voix des officiers , nemc-% naf&nt point les fbld^s au combat : ils com-. Imttaient pour le duc de Vendôme: ils au- raient dcmné leur vie, poiu: le tir^ d'un mauvais pas , où la précipitation de ion gé- nie l'engageait ^elquefois. Il ne paÛàitpag pour méditer fes defièins , avec la n^me pro- fondeur que le prince Eugène, A ^our ea^ tendre 350 LO.UIS XÏV. tendre comme lui l'art de faire lubiîfter les armées. Il négligeait trop les détails ; il kiflàit périr la difcipline inilitaire ; la table & le fbmmeil lui aérobaient trop de tems, àuflî bien qu'à fon fere. Cette moltelïe le hrit plus d'une fois en danger d'être enlevé; Aiais un jour d'adion , il réparait tout par linc préfcnce d*efprit de petits combats fou* wnt auifi inutiles que meivtrîers,' de batail*» les &nglantes oùles^eux partis s'a^buaient laviâoire: telle, nit celle delazara, pour laquelle les te dium furent, chantés à viorne >^ , & à paris. Vend jkne é^t vainqueur , toiH j^q^ tes les fois ^'il n'avait pas à faire au prince Eugène en personne; mais dès qu'il le ré»* trouvait en tête , la £rance n'avait plus ^cun avantage. Au milieu de cçs combats, & des fièges f de tant de châteaux & de petites villes , des ^^ npuveUes fecrettes arrivent à verlàiU^ , que le duc de favoie, petit-fils d'une fœur de Louis XIII, beau-père du duc de bcnirgogne, beau-père de Philippe v, va quitter les bour* bons , &, marchande l'appui de l'empereuTà On s'indime âc on s'étonne qu'il abandonne à la fois tes deux gendres, &, même, à ce qu'on croit, fes véritables intérêts. Mai$ Temperour lui promettait tout ce que fes gen- gendres lui âvdîexit refùfë,'^^ monfërdtmatu touan, 'Alexandrie, valmoe, les paîs entre le poe & le tanaro , & plus d'argent ^e la france ne lui en donnait. Cet^getitdei^ être foiirni res e(l abrolument de lui ; les deux autres font d'ime mam étrangère & on peu différente* JUSQJJ*A. 1703. 363 .venant dans ce français qtfiin tciiieraîrc , fut obligé de combattre -malgré lui. . Cétait dans les plaines d^ochftet auprès de dona- vert. Après la première charge, on vit encor *^ un eflfet de ce que peut la fortune dans les 1703. combats. L'armée ennemie & la françaife, faifîes d'une terreur panique, prirçnt lafiiité toutes deux en même tems , & le maréchal de Villars fe vit presque feul , quelques mi^ nutes , fur le champ de bataille : il rallia les troupes, les remena au combat, fai^it maître de fes defïèins, mardis m iè- cours du centre de Fempire» Il prend d'a- bord avec lui dix-mille anglais d'ioftttme Se vingt-trois efcadrcHfô. U hke Ùl marche^ il arrive vers le danube auprès de donaveit vis-à-vis les lignes de Téleàeur de baviére , dans lesquelles environ huît-imllc française autant dp bavarois retranchés , gardaient les pai's conquis par eux. Après deux heures de coinbat , Marlboroow peix^ à la tête do trois bataillons anglais , renverfe les bsvarois & les français. On dit quil tua fix- mille hommes. Se qu'il en perdit prcfque autant. 2 Peu importe a un général le nombre de& juil. morts , quand il vient à bout de fbn «itre- '^^' prife. U prend donavej^ il pafïc le danube: il met la baviére a coi^bution. U JUSQ^U-A 1705, s$9 Le marédbal de ViUeroi , qui l'avait voulv fiiivre dans fès premières marches, l'avait tout d'un coup perdu de vue, ^^1^'^ indecife à la vérité ; mais dernière. époque de la puif&nce maritime de Loms XIV. Son fils naturel, le comte de Toukx^ amiral du roiaume , y coitunandait dnmuuir, te vaiilèaux de ligne & vingt-qitttre galènes^ U fe retira avec gloire , & fans perte. Mai» depuis, le roi aiant envoie treke vaiilèaux pour attaquer gibraltar tandis que le mare- mir, chai deTeifé Tailiégeait par terre, cette don* 1705* Lie témérké perdit à la irais & Tao^iée & lu fiot^ JUSQ^U'A 1706. 383 flote. TJûcrpardbe des \^aii]^ux fut brifee par la tttnpete : une autre prife par les anglais à l'abordage, après une reiiftance adinira- ble ; unte autre biiilée fur les côtes d'ef- pagne. Depuis ce jour on ne vit plus 6c eiiandes flotes françaifcs, ni dans Tocéan, ni cbns la méditerranéen La marine rentra pres(}ue dans l'état dont Louis xiv Tavait ti- rée,amfî que tant d'autres choies édatantes^quî ont eu fous lui leur orient & leur couchant. Ces mêmes anglais , qui avaient pris pour eux gibraltar, conquirent en fîxfemaines, le roiaume de valence & de catalogue pour l'ar- chiduc Charles. Us prirent barcelone , par un hazard qui fut Teâet de la témérité, des af&égéans. Les anglais étaient fous les ordres d'un des fins finguliers hommes, qu'ait jamais porta ce pais fî fertile en efprits fîèrs, coura- feux & bizarres. Cétaît le comte de Péter- orough, homme qui reflèmblait en tout à ces héros , dont l'imagination des efpagnols ^ rempli tant de livres. A quinze ans , il était parti de londres pour aller faire la guer- re 4UX mores en afrique. Il avait, à vingt- ans , commencé la révolution d'angleterre, êc s'était rendu le premier en hollande au* près du prince d'orange : mais de peur qu'on ne foujpçonnat la railoa de fon voiage , il . s'était 384 LOUIS XIV. s'était embarque pour Tsiaiéiique ; & de*& il était allé à la haie fur un vaiffi^iu liqUsmdais. U donna tout &n bien plus d'une fois, II faiiàit alors la guerre en efpagne presque à fes dépens, & noiurriflàit Tarchiduc & toute fa maifon. Cétait lui, qui afHégeait b^ce*> lone avec le prince de darinftadt. * U lui propofe une attaque fbudaine aux retran- chemens qui couvrent le fort mo|it-joui quand on entend tout à coup des cris &, det hurlemens. Four nous trahijfez^ dit le vice- roi à Péterborough : nms capitulons ^tvccbm' ne foi , et voilà vos anglais , ijui font tntatés dans là ville far les remparts. Ils égorgent^ ils pillent^ et ils violent. "Vous vous mé- prenez, répondit mylord Péterborough^ il faut que ce foit des troupes du prince de „ daruiftadt. 11 n'y a qu'un moien de&over „ votre ville, c'eft de me laifsèr entrer fiirle champ- * L'hiftoire de Rébouict appelé ce prince chef des faélieux , comme s'il eût ctc un eipa{;nol ré- volté contre Philippe v. » » JUSCÎUA t^iô. ^ j^ebampàvoc mes af^bîs :f appaifettd touV ^& j€ reviendrai à la porte adiever la capî* ^ tulatioâ. " n parlait d*un ton de vérité ' & àt grandeur, qui joint au danger préfent, * pcrfuada le gouverneur: on le laifla entrer. II court avec iès officiers : il trouve des all«- mans de des catalans , qui saccageaient les- ûiaifons âe» principaux citoiens; il les chat' fe; il leur fait quitter le butin qu'ils enle*' vaittit: il rencontre la dachefle de popolt entre les mains des foldats , prête à être dés- honorée; il la rend à£bn mari. Enfin, aianf toutappaifé, il retourne à cette porte, de figne la capitulation. Les elpagnols étaient confondus devoir tant de magnanimité dans des anglais, que la populace avait pris pour des barbares impitoiables, parce qu'ils etaî* cnt hérétiques. A la perte de barcelone fe joignît encor ^humiliation de vouloir inutilement la re» prendre. Philippe v, qui avait pour lui la plus ^nde partie d efpagne , n'avait ni gc- Ijeraux, ni ingénieurs, ni prefque de foldats ' La france fourniflàit tout. Le comte dtf Toukwfe revient bloquer le port, avec vingt cinq vaiffeaux qui reftaient à la france. Le maréchal de Teffé forme le fiége , avec trente & im efcadrons & trente-fept bataiW kûs. Mais k flote anglaife arrive: lafrah- ST. , 7. B b çaîfe 386 LOUIS XIV. çiife f^ retire ; le iharéchal de TefTë levé It ^^ fiëge avec précipitation. Il laifTe dans fon mai camp des provifions inunenfes : il fuit & 2r '^^baadonne quinze - cent bleffés arhunianite du comte Peterborough. Toutes ces perte* étaient grandes: ..on ne favait, s'il en avait plus cpute auparavant à la france pourvain-; Grerefpagne, qu^il lui en contait alors pour la fecSourir. Toutefois le petit-fils deLouis XIV fè foûteuait, par TafFeâion de la nation caftillane , qui n]et fon orgueil à être fidèle, &qui perfidait dans fon choix. Les affaires allaient bien en italie» Louir ^ xiv était vangé du duc de favoie. Le duq tout ^^ Vendôme avait d'abord repouiïe avec 1705. gloire le prince Ei\génç, à la journée de çaffano près de Tadda: journée ianglante,& Tune de ses batailles indécifes pour iefquel- les on chante des deux côtés des te deumi anais qui ne fervent qu'à la déilruâion des hommes, fans avancer les affaires d'aucim ' parti. Après la bataille de cailâno , il avait '?,S^Sfié pleinement celle de caffinato-entab- latence du prince Eugène; oc ce pnnce, étant arrivé le lendemain de la bataille , avait vu encor un détachement de fes troupes entiè- rement défait. Enfin les alliés ctaient obli- gés de céder tout le terrain au duc de Ven- dôme. Il ne reliait plus guéres que turin à prcn- JUSQU'A i7o«. 387 prendre. Qâ ^{ait rinyeftir : il ne partiiEiit pas poflîble qu'on le {ècourût Le maréchal ae Villars , vers Tallamagne , poulTait le priât ce de Bade. Villeroi commandait en flandrc un0 armée de quatre-vliigt-mille' hommes ; & il fe flattait de réparer cQntrjeMarlb(»:ow, le malheur qu'il avait efTuie en combattant le prince Eugène. Son trop de confiance en.fes propres lumières, fut plus que jai^iais fimefte à la frattce, . Près de la méhaigne & vers les fources de la petiteghette9le maréchal de Villeroi avait capopé fon armée. Le centre était à ramil« lies , village devenu aufli fameux qu'hochftet. Il eût pu éviter la bataille. Les officiers gé-« néraux lui confeillaient ce parti ; mais le défîr aveugle de la gloire l'emporta. Il lit, à ce qu'on prétend , la difpofîtion, de ma- nière qu*il.n'y avait pas un homme d'expé« rience , qui ne prévit le mauvais fuccès. Des troupes de reocuë, ni difciplinées , ni complettes, étaient au centre: il laii& les bagages entre les lignes de fon armée; il ppfta fa gauche derrière un marais, comme s'il eût voulu l'empêcher d'aller à l'ennemL Marlborow, qui remarquait toutes ces fautes, arrange fon armée pour en profiter. U voit que la gauche de l'armée françaife ne peut aller attaquer fa droite: U dégarnit auf- Bb a ^ fitôt isi 'LOUIS xrti Etôt cefte droite, jpour fonch:^ Ws ramtHkRi sfvec un nohib^e lupériciir. Monfieur de Gafïïôn lieutenant-général , qui voit ce mou^ v6ment àet ennemis , cFie^ au mareichai : „ vous êtes perdu ^ fi vous i|e ciianges votre perdre de batafitle. D^amiffeî vôtre gau^ ^5 che , pour vous opposer à l'ennemi à nom- âj^brc égal. Fajtes rapprocher vos lignes da* vantage* Si voiist tardez un -moment, il n*y a plus de rcilbiirce. " Piufienrs officieri èpptitérent ce oohieil falutairei Le mareichai ne les crut pas. Marlborow attaque. Il avait & faire a deë ennemis» rangés en batai)I<^ comtïfeil les eut voulu pofterlm^mcme pour ïèfr vaincre. Voilà ce que toute la france a dît *; & Phîftbîre eft en partie le récît det opinions des hommes: mais ne devait«*onpad dire auflî , que les troupes des alliés étaient mieux difciplinées ; que leur confiance en leurs cheft & en leur» fuccès pôfles, leurin- fpirait plus d*audace ? n*y eut-il pas de» régi* mens français , qui firent mal leur devoir ? & les bataillons les plus inébranlables aufeu^ ne font-ils pas la deftinee des états? Tarmée françaife ne réfiAa pa^ une demi-heure. On s'eltait battu près de huit heures à hochAet , & on avait tué près de huit-mille hoinniet aux vainqueurs ; mair à la journée de ra* millies , on ne - leur en tua pas deux-milfor cinq* fc« '^ JVSQlTh np6. S89 finq*cent : ce fut une déroute totale.: le^ français y perdirent ving^inille bommeii) it la gloire de la nation » & 1 efpérance de re- prendre l'avantage. La baviere, cologne^ avaient été perdues par la bataille d'hodidet: toute la flandre eipagnole le iiit par celle de ramillies. Marlboro^ entra viâorieux dant anvers , dan$ bruxelles : il prit oûende : mer nin fe rendit à lui. . Le maréchal de Villeroi, an desefpoir» n*ofait écrire au roi cette défaite. Il refla cinq jours fans envoier de couriers. Enfin il écrivit la confirmation de cette nouvelle^ qui cpnflernait déjà la cour de ftance. Ef quand il repanK devant le roi; ce monarâl: h cU ^delje , qiii était le côte le plus fort , & |i*aiant pas même entouré toute la ville; def fecours, des vivres pouvaient y entrer: le duc de favoie pouvait en ibrtir : & pkis le duc de la FeuiUade mettait fon Impétuqfîté ^ans des attaques réit^ees & infruâueufès^ phis le fi^ge traînait en longueur. Le duc de favoie fi>rtit de 1^ viJle avec Quelques troupes de cavalerie , pppr donnei? ; change au duc de la FeuiUade. Celui^i £^ détache du fîége pour courir aprjès le prin-» ce, qui, connaiilant mieux le terûàa^ é^ chape à fes pourfuites. La FeuiUade man» que le duc de favoie, & la conduite du ûé^ ge en fouffre, . Fresque tous les hiftoriens ont afT^re qut le duc de la FeuiUade ne voulait point pren* drp ti^rin , ils prétendent qu'il avait juré à madame la ducheiTe de bourgogne de refpec- ^it la capitale de fon père , ils débitent que cette princefle engagi^a madame de Mainte- Bon à faire prendre toutes les mefures qut furent le falut de cette ville. . Il eft vrai que presque tqus jes olGciçrs de cette armée ea ont ete longtems perfuad^. Mai» c'était un de ces bruits populaires qui décréditent le ju« gement des nouvéliftes vorifait ce fiége ; & il comptait ,«vçc (oixnûi te & dix MflitioBS de foixante etScadponsi ^rmer tous W pai&ges au prince Eugâtie. > Le g^éneral des iïnpéria«x inîmq«ait d'hqur fe faire panfer. A peine etait-il e^tre es mains des chirurgiens , qu'on lui apprend que tout cft perdti ; que les ennemis font maîtres du camp ; & que la déroute eft gé* ^erale. Aullîtôt il faut fuir ! les lignes, les tranchées font abandôiméds; l'année difper- fee. Tous les bagages , les providons , lei immitions, la caiue militaire , tombent dant les mains du vainqueur* Le meréchal de Marfin bleffé à la cuifle eft fait prifonnier. Un chirurgien du duc de favoie lui coupa 1$ cuiâe j de le maréchal mourut quelques mo» mens après l'opération. Le, chevalier- Mér fhuen, ambaÛadeur d*angleterre auprèl dv duc o 1 .» 4iic dé favoie , le plus genéreax Je phisTFane &lc. plus brave hotiune de fou pai'^y qu'oïl ait jamais emploie xlans les ambailàdes» avait toujours côi3ibattu à côté de ce fouverainJi U avait vu prendre le maréchal de Marfim , & il fiit témoin de fes derniers^ momens. il m a raconté que Mariùiluidit ces propres ? mots : crwz. au moins, mmfaur^ que ça été contre mon avù^ ^ nous vous, avons ^ tendu dans nos lignes. Ces paroles fem- blaîent contredire formellement ce qui sV- tait paiTé dans le confeil de guerre , & elles étaient pourtant vraieiTî; c eft que le maré- chal de Mariin, en prenant eong^à verfail- les, avait répréfénté au roi qu'il falhit aller aux ennemis , en cas qu'ils panifient pour fçcpurir tiiriu : mais Chamillard, ît^timidé par les défaites précédentes ^ ayaii fait déci- der qu'on devait attendre & non préfenler la bataille; & cet ofdre^ donné dans verfail- les, fut caufè que fôixante-mille hommes furent diiperfés* Les français n'avaient pas eu plus de deux-mille hommes tués dans cette bataille. Mais on a déjà vu que le car* nage fait moins que la confternation. L'im*- poifibilité de fubfiAer, qui ferait retirer une armée après la viâoire, ramena vers le dau- phiné les troupes après la défaite. Tout :' ' était 398 LOUIS XIV. ■ ântfieQd&orclre,qaelecomtedeM^i]aTjr. ' grancey , qui était alors dans le Mantooaa avec un cor}» de troupes, & qui battît a ca- fliglione les impériaux , commandés par le luidgrave de heUè , depuis roi defuéde, m teinporta qu'une vitftoire inutile quoique ript. complette. Oa perdit «n peu de lems le ''''^'milanais, le inantouan, le piémoat, & en- fïa le rotauine de naples. JUSQU'A i7a9. 399 CHAPITRE VINGTIEME. Suite de's disgrâces de la fronce (^ de tejfagne: humiliation^ confiance Ç$ rejfources de Louis XIV : hat aille de malfla(juet. La bataille de hochAet avait coûté à Louis ! XIV la plut floriffautç armée ,. & tout le pals du danube au rhin ; elle avait coûté à la maifoa de baviére tous fes états. La journée de ramillies avait fait perdre toute la flandre jusqu'aux portes de lille. La dé* route de turia avait chalTé les français d1ta« lie , ainfi qu'ils l'ont toujours été dans tou« tes les guerres depuis Charlemagne. Il re<« (tait des troupes dans le milanais, Recette petite armée vliflorieufe fous le comte db Médavy. On occupait encor quelques pla« ces. On propoià de céder tout à l'empereur, pour vu qu'il laiffât retirer ces troupes , qui montaient à près de quinze-mille hommes. L'empereur accepta cette capitulation. Le duc (le favoie y confentit. Ainil l'empereur, d'un trait de plume, devint le maître paifi« ble en italie. La conquête du roiaume de naples nâpies êc de fîcîle lui fut nflurée. ToSTcé qu*on.avait regarde en Italie comme feuda- taire, fat traité comme fiijet II taxa la tofcane à cent-cinquaute-mille piftoles, man- touë à qtrarahtc-^mille. Parme , modéne^lti^. ^es, géaes^ malgré leur liberté, furent comprîtes dans ces impoiiûons. L'empereur, qui jouit de tous ces ayanta- ges, n*était pas ce Léopold, ancien rival de Louia XIV, qui, fous les apparences. de la m inodération^ avait nourri fans éclat unean^ bition profonde. C'était fbn fils aîné Jo-^ feph, vif, fier, emporté, & qui cependant ne fut pas plus grand guerrier que fon père:- fe jamais eippereur parut fait pour allervir Fallemagne &ritalie, c'était Jfofcph. f^do• mina de-Ia les monts: il rançonna le pape: il fit mettre de ià feule autorité, en 1706, rés'éledetirs de baviére&de cqlogne au ban' ^ Tempire : il les dépouilla de leur âtéhy- rat: il retint en prifon les enfans du bava* rois & leur ôta jusquà leur nom. Leur père n*eut d'autre relTource , que d*aUér traî- ner fa difgrace en france & dans lespals-bas., Philippe V lui céda , depuis toute la flan- dre e(pagnole en 1 7 1 2. * S'il avait gardé cette' ^ ♦ Dans rhiftpirc de Rcboulct, il cft dit auU eut cette rouvéràineté dii' Pan 1700 : mail alon' fl lÂlvàit que la vice-roiauté. JUSQJJ'A 1709. 40» cette province, c'était un établiilêment , qui valait mieux que la baviere, &, qui le d^ vrait de Paflujettiflèment à la manbn d^auti- che : mais il ne put jouir que des villes de luxembôurg, de namur,(St de charleroi; le refle était aux vainqueurs. . Tout femblait déjà menacer ce Louis xi v , qui avait aup^- avant menacé Teurope. Le duc de fkvoîe fouvait entrer en france. L'angleterre âc écoflè fe reunif&ient , pour ne plus com* pofèr qu'un feul roiaume; ou plustôt Tecof^. le, devenue province de Tanç^ctcrre, coij- ^buait à la puiflànce de fon ancienne rivale. Tous les enf^emis de la france femblaient , vers la fin de 1706 jours l*alfâce expoiëe. La provence était menacée d'une invafîon par terre & par mèr. Ce qu*on avait perdu en flandre faifàit crain- • dre pour le refte. Cependant, malgré tant de désafh-db , le corps de la fîrance n'était point encor eotamé j <& dans une guerre fi T. I. Ce mal- 40» LOUIS XIV. malheureufe , elle n'avait encor perdu ^ue des coïKjuétes. Louis XIV fît face partout. Quoique par- tout affaibli , il refîftait , ou protégeait , ou attaquait encor de tous côtés. Msàs on fut auffi malheureux en e&agne, qu'en italie, en allemagne & en flaadre. On prétend,que le fiége de barcelone avait été encor plus mal conduit que celui de turin. Le comte de Touloufe n'avait paru que pour ramener fa flote à toulon. Barcelone lecour^ë, le fiége abandonné, 1 armée frau-^ çsufe diminuée de moitié s'était retirée fànt mimitions dans la navarre , p|tit roiaume qu'on confervait aux efpagnols, & dont nos rois ajoikent encor le titre à cehii defrance , par un ufàge qui femble au defibus de leur grandeur.  ces désafb'es s'en joignait un autre , qui parut décifif. Les portugais avec quelques anglais , prirent toutes les places devant les- quelles ils fe préfentérent , & s'avancèrent jusques dans l'effaremadoure. C'était un français devenu pair d'angleterre , qui les commandait , mylord Gallowai autrefois comte de Ruvieni ; tandis que le duc de Bar- ' ^ck anglais était à la tête des troupes de- i fi-ance & d'efpagne , qui ne pouvaient plus arrêter les vidorieux. Fhi. JUSQ^U'A 1709. 403 Philippe V , incertain de fa dcftinec , était dans painpelune. Charles, fon compéti- teur, groiliflàit fon parti dc fes forces enca* talogne. U était maître de Tarragon, de la provin- ce de valence, de carthagéne, d'une partie de la province de grenade. Les anglais avai- ent pris gibraltar pour eux , deur & de refiburces pour tenter lui-même tmeinvaiion dans lagrande-bretagne, mal* grêle dépériâêment oe fes forces maritimes, & ^malgré les ilotes des anglais , qui cou* vraient la mèr. Ce projet fut propofé par des ^coflâis attachés au fils de Jacques ii. Le £iccès était douteux; mais Louis xiv envifa- gea ime gloire certaine dans la feul^ entre* prifc. Il a dit lui-même , que ce motif Ta- vait determinié autant que rintéi:êt politique. - Porter la guerre dans la grande*l»etaene, (tadis qu'on en foûtenait le fardeau fi diffi* dlement en tant d autres endroits ; &, tenter de rétablir du moins fiir le trône d'écofle lo fila JUSQU'A 1709. 409 fils de Jacques II, pendant qu'on pouvait à peine maintenir Philippe v fur celui d*ef^ pa^et c'était une idée pleine de grandeur, êc (fn apès tout n'était pas d^lituée devrai* ièmblance. Parmi les écoilais , tous ceux qui ne s*é- talent pas vendus à la cour de londres , gé* miflàient d'être dans la dépendaice des ai^ glais. Leurs vœux fècrets appellaient una* nimement le defcendant de leurs anciens rois, chaffé au berceau des trônes d'angle- terre , à'écàEk & d'Irlande , de à qui on avait difputé jusqu'à fà naiflànce. On lui promit, qu'il trouverait trente-mille hoimnes en ar« mes , qui combattraient pour lui , s'il pou* vait feulement de1>arquer vers.édimbourg, avec quelque fecours de la france. Louis XIV, qui dans fes profpérités pafl fées avait fait tant d'efforts pour le père , len fk autant pour le fils, dans le tems même de fes revers. Huit vaiflèaux de guerre , foixan- te de dix batimens de transport , fiirent pré- parés à dunkerque. Six-^nille hommes fu- rent embarqués. Le comte de Gacé , depuis mm maréchal de Matignon, commandait les'7ot troiq)es. Le chevalier di Forbin-Janfon,l'un des plus grands hommes de aièr, conduifàit la flote. La conjondhire jparaiflàit favora- ble ; il *ny avait en écofle que trois-mille ' Ce s hom* 4IO LOUIS XIV. mes de troupes réglées. L'anglet^re itsdt dégarnie. Ses fbidats étaient occupes en fiandre fous le duc de Marlboro^. Mais il :&llait arriver; & les anglais avaient en mèr tuie flote de près de cinqtiante vaiflèaux de guerre. Cette entreprilê fut entièrement ^mblable à celle que nous avons vue* en 1744 , en faveur du petit-fils de Jacques fé- cond. Elle fut prévenue par les anglais. Des contre-tems la dérangèrent. Le mini- Aere de londres eut même le tems de faire révenir douze bataillons de flandre. On £e faiiit dans edimbourg des hommes les 'plus lîifpecîVs. Enfin, le Prétendant s*étant pré- senté aux côtes d*écofIe êc n'aiant point vu les fîgnaux convenus ; tout ce que put faire le chevalier de Forbin, ce fut de le ram^r •à dunkerque. Il £uiva la flote; mais tout le jfrtiit de l'entreprife fut perdu. Il n'y eut que Matignon , qui gagna à cette entreprw. Aiant ouvert les ordres de la cour en pleine mèr, il y vit les proviiîons de maréchal de france ; récompôife de ce qu'il voulut &de qu'il ne put faire. Si jamais il y eut une vifîon abfurdc,c'eft celle de quelques Hlftoriens, qui ont prêtent du que la reine Anne était d'intelligence avec Ton frère. Il y a de l'imbécillité à fuppofer, qu'elle invkât fon compétiteur à la Venir dé- trôner. JUSQU'A 1709. 4« trôner. On a' confondu les tena». On a cru qu'elle le favorifait alors, parce mie de- puis elle le regarda en fecret comme ion hé- ritier. Mais qui peut jamais vouloir être Ghaflc par fonlucceflèur? Tandis que les affaires de la france deve- naient de jour en jour plus mauvaifes, le roi crut qu*en faifent paraître le duc de Bour- gogne fon petit-fîls à la tcte des armées de nandre , la preTencc de Theritier préfomptif de la couronne ranimerait Pemulation, qui commençait trop à fê perdre. Ce prince d*un efprit fenne & intrépide, était pieux, jufte & philofophe. U était fait pour com- mander à des /âges. Elève de Tarçhévéque de cambrai, il aimait fes devoirs : il aimait les hommes'} il voulait les rendre heureux. Inftruit dans Tart de la guerre, il regardait cet art plustôt* comme le fléau du genre -hu- main & comme une nécelïîté malheureufe, que comme une fburce de véritable gloire. On oppofa ce prince philofophe au duc de Marlborow: on lui donna pour l'aider le duc de Vendôme. Il arriva ce qu'on ne voit que trop fouvent : le grand capitaine ne fut pas aflèz écouté, & le confeil du prince ba- lança fouvent les rmfons du général. U fe ïbmia deux partis : 9i JUSQ^UA 1709. 415 campagnes furent auifi fatales. Les ofl^ers, attaches au duc de Vendôme , reprochaient toutes ces fautes au confeil du duc de Bour- gogne ; & ce confeil rejettait tout fur le duc de Vendôme. Les efprits s'aigrif&ient par le malheur. Un courtifan du duc de Bour- gogne dit un jour au duc de Vendôme : voilà ce que c'efty que de fi aller jamais à la mejfe} auffi vous voiez quelles font nos di/graces. Croiez-vous , lui r^ondit le duc de Ven- dôme, que Marlborov y aille plus fou- ,,vent que moi ? " Les fîiccès rapides des allies eimaient le cœurxle Tempereur Jofeph. Despotique dans Tempire, maître de landau, il voiait le chemin de paris presque ouvert par la prife de lille. Déjà même un parti hollandais avait eu la hardieflè de pénétrer de coiutrai jusqu'à verfailles, & avait, presque fous les fenêtres du château, enlevé le premier écuier du roi , croiant fe &fir de la perfon- ne du dauphin, père du duc de Bourgogne. La terreur était dans paris* L'empereur avait autant d'efpérance au moins d'établir fon frère Charles en efpagne , que Louis xxv dy conferver fon petit-^iîls. Déjà cette fiiccoflîon , que les efpagnob avaient voulu rendre indivifible, était par- tagée entre trois têtes. L'empereur avait pris pour lui la lombardie ^ le roiaume de naples» 4i6 LOUIS XIV. mplês. Charles fon fr^re avait encorkot* tdlogne âc une partie de Taragon. L'empe* reur força alors le pape Clément xi à reccm- naître rarchiduc pour roi d'efpagne. Ce pape, dont on difait qu'il refTemblaitàfaint* >.Pierre, parce qu'il affirmait, niait, fe rc* pentait & pleiu^it , av^ toujours reconnu Philippe V , à exemple de fon prédéce0èur} & il était attaché à la maifon de bourbon* L'empereur Ten punit ^ en déclarant d^en* dans de Tempire , beaucoi^ de fiéfs qui re*- levaient jusqu'alors de$ papes, &, fùrtoutpar- me & plaifance; en ravageant quelques ter- res eccléfiaftiques ; en fe fàiMant de h ville de comacchio. Autrefois im pape eût excom* mimié tout empereur , qui lui aurait difputé le droit le plus léger; & cette excommunia cation eût fait tomber Tempereiir du trône. ^ Mais la puif&nce des clez étant réduite au point où elle doit Tétre , Clément xi anim^ par la france, avait ofé im moment ie fer* vir de la puifEmce du glaive. Il arma d: s'en repentit bientôt. Il vit que lès romains, fous un gouvernement tout làcerdotal , n*é- taient pas faits pour manier l'épée. U d&« arma ; il laif& comacchio en dépôt à l'em- pereur ; il confentit à écrire à l'archiduc , à Mtre tris chir fils roi catioliquc enejfagne^ Une flote anglaife dans la méditerrannée , À les JUSQU'A 17c 9. 41Î les troupes alieaiandes fur fes terres , le for* cerent ûentôt d'écrire , à notre très cher fils roi des efpagnes. Ce jRifïrage du pape, qui n'était rien dans l'empire d'allemagne,poU'* vft quelque chofe fur le peuple ei^agnol , à qui on avait fait accroire, que rarçhiduc était indigne de régner, pmrce qu'il était protégé par des hérétiques qui s'étaient emparés c(e gibraltar. Kefiait à la monarchie e^ajgnole , au de- là du continent, i'ile de fàrdaigne avec celle de ficile. Une flote anglaife donna la far- i^Qg, daigne à l'empereur ^ car les anglais vou» laient que l'archiduc n'eût que l'e&agne. Leurs armes faifaient alors les traités de par- tage. Ils réfervérent la conquête de la fi- cile pour un autre tems , & aimèrent mieux emploier leurs vaifTeaux à chercher fur les mers les galions de l'amérique , dont ilrpri- rent quelques uns /qu'à donner à l'empereur de nouvelles terres. La france était auffi humihéeque rome & Î)lus en danger : les reffources s'épuifàient ; e crédit était anéanti; les peuples, qui avai- ent idolâtré leur roi dans fes proipérités,mur- piuraient contre Louis xiv malheureux. Des partifàns , à qui le minîftére avait vendu la n^on pour quelque argent comp- tant dans fes béions preiTans , s'engraif&ient 7. /. D d du 418 LOUIS XIV. eu malheur public , ôc xnfiikaietit à ce mal- heur par leur luxe. Ce qu'ils avaient prëti dftait oiflipé. Sans Tindum'ie hardie de quel- ques négodans, & furtout de ceux de fidnt- malo , qiù allèrent au pérou , & rapportéiCt trente millions dont ils prêtèrent la moitié à tétat, Louis xiv n'aurait pas eûdequoipaJfer fes troupes. La guerre avait ruiné Tétat^iSc des marchands le lauvérent II en fut de même en elpa^e. Les galions, qui ne furent pas pris par les anglais, fèrvirent à dé- fendre Philippe. Mais cette refToturce de Quelques mois ne rendait pas les récrites de ^Idats plus faciles. Chamillard, élevé au miniAére des finances & de la guerre fe démit en 1708 des finances qu'il laiik dans tmdés- ordre, que rien ne put réparer fcm ce régne; & en 1709 il quitta le miniftére de laguerre, devenu non moins difficile que l'autre. On lui reprochait beaucoup de fautes. Le public d'autant plus féyére qu'il foufrait, nefongeait pas , qu'il y a des tems malheureux où les fautes font inévitables. (*) Moiteur Voifin, qui après lui gouverna l'état militaire , & mon* * L'hiftoîre de l'exjéruite lan Motte, rédigée par la Martiniére , dit qire 1110 fieur de Chamillanl fiit déftitué du miniftére desl finances en 1703: dt quelavoixpubligifê y appelia Je maréchal d'Har* c(M^'t,Les fautes decetliiftor eu font fans nombre. JUSQJLJ'A 1709. 419 motifîeur Destmrêts qui adminiAra leis fînan* ces , ne purent ni faire des plans de guerre plus heureux , ni rétablir un crédit anéanti. Le cruel hiver de 1709 acheva de défelpe* rer la nation; Les oliviers, qui font une grande refiburce dans le inicb de lafrance, périrent Prelque tous les arbres fruitiers gelèrent: Il n'y eut pmnt d'e^érance de récolte. On avait très peu de magafins. Les grains , qu'on pouvait faire venir à grands Irais des échelles du levant & de Tairique, pouvaient être pris par les flotes ennemies , aufquelles où n'avait prefque plus de vaiifeaux de guerre à (^pofèr. Le fléau de cet hy vèr était général dans Teuropc : mais les enne- mis avaient plus de reiloturces. Les hollan- dais fiir tout , qui ont été fi long-tems les fadeurs des nations, avaient afTez de maga- fins pour mettre les armées florii&ntes des alliés dans Tabondance ^ tandis que les trou- pes de france, diminuées ^ découragées, femhlaient devoir périr de mifere. Louis XIV , qui avait déjà fait quelques avances pour la paix, fc détermina, dans ces circonftances flnieftes, à envoièr à la haie fon principal miniftre , le marquis deTord- ,Colbert , aflifté du préfident Rouillé. La démarche était humiliante. Ils virent d'abord à anvers deux magiArats hollandais, l'un nom- D d a mé 420 LOUIS XIV. m^Bius, l'autre Venderduflki, qui parlàrtit en vainqueurs, & qui rendirent aux mini* (Ires du plus fîèr de tous les rois, toutes les Bauteurs dont ils avaient été accables en 1672. Les états généraux n'avaient plus de fbt» houder depuis la mort du roi Guillaume j ÔC les magiftmts hollandais, qui appellaient dé* jâ leurs familles les famille f patriciennes, é* talent autant de rois. Les quatre commiâ^- res hollandais , députés à Tannée, traitaient avec fierté trente princes d'allemagne à leur folde. Qu'&n faje venir bolftein, difaient- ils : qu'on dife à hejfe de mur venir parler J* Ainfî s'expliquaient des marchands, qui dans la fimplicité de leurs vétemens & dans la frugaUté de leurs repas, fe plai&ient àécra* thr à la fois l'orgueil allemand qui était à leurs gages , & la fierté d'un grand roi au- trefois leur vainqueur. Us étaient bien loin éc s'en tenir à faire voir aux hommes , par ces démonflratîons de fiipériorité , qu'il n'y a de vraie grandeur que la puifiànce : • il$ voulaient, que leur état eût en ibuveraineté dix * Ceft ce que je tiens de la bouche de vingt perfoiïnes qui les entendirent parler ainfi à lille après la prife de cette ville. Cependant il fe peut» que ces expreiBons fuffent moins l'effet d'une fier* te groffiére^que d'un ftiie laconique aife^enufage dans les armées. • JUSQXJ'h 1709. 431 dix villes en flandre, entre autres , liile qui ibsàt entre leurs mains, de tournai qui n'y était pas encore. Ainfî les hollandais pré* tendaient retirer le fruit de la guerre , non feulement aux dépens de la irance , mais en-^ cor aux dépens de Taûtriclie , pour laquelle ils combattaient ; comme venife avait autre? fois augmenté fon territoire des terres de tous {es vbifins. L'écrit républicain eft au fond aufC ambitieux que Pefprit monarchique. Il y parut bien quelques mois après ^ car, lorsque ce fantôme de négociation fut éva-r nom ; Icnrsque les armes des alliés eurent en- cor de nouveaux avantages , le duc de Marl- borow, plus maître alors que fa fouveraine en angleterre & gagné par la holl^ide , fit conclure avec les états généraux en 1709^^ un traité, par lequel ils referaient maîtres de toutes lesvilles^ frontières qu'on prendrait ibr la france , auraient gamiion dans vingt places de la flandre aux dépens chi pals, dons hui, dans liège & dans bonn , & auraient en toute fouveraineté la haute gueldre. Ils feraient devenus en effet fouverains des dix- fept provinces des pais-bas ; ils auraient do^ miné dans liège & dans cologne. C eflain- fi qu'ils voulaient s'aggrandir fur les ruines ^méme de leurs alli^ Ils nouriflàient déjà ces projets élevés , quand le principal mini* Dds flre ^ LOUIS XIV. • Are dé fr^ice vint leur d^nander la pan; Il ne &ut pas être furpris, s'il fiit reçu avec dédain. Après ces préliminaires d'abaifleflient» ie ininiflre de Louis xiv alla à la haie recevoir, au nom de fon ma&re, le comble de Tou* trage. Il y vit le prince Eugène , le duc de Marlborow, Se le penfionnaire Heinfius. Tou$ trois voulaient la ^continuation de la guerre. Le prince y trouvait là grandeur fils dans Tefpace de deux mois , &, que pour fureté il commencerait par céder à jamais dix villes ^2 aux hollandais dans la âandre, par rendre mai Arasbourg & brifac , & par renoncer à la '^^^ ibuveraineté de Tal&ce. Louis xiv ne s'é- tait pas attendu, quand il refufait autrefois un régiment au prince Eugène, quand Chur- chil n^'était pas encor colonel en angleterre, & qu'à peine le nom de Heinfius lui était con- nu JUSQU'A 1709. 4aa nu, qu'un jour ces trois Hommds lui iitipofenii- entae pareilles loix. Le marquis deTofci re« partit iàns avoir même négocie, & rapporta au roi les ordres de fes ennemis. Louis xiv fit alors ce qu*il n'avait jamais fait avec fes iujets. Il fe juftiiîa devant euxj il adreflà une lettre circulaire , par laquelle , en rendant compte à fès peuples du fardeau qu'il était obligé de leur raire encor fbûtenir, il excitait leur in- dignation, leur honneur y & même leur pi- tié. Les politiques dirent, queTorci n'était allé s'humilier à la haie, que pour mettre les ennemis dans leur tort, pour juAifier Louis XIV aux yeux de Teurope , rechal de Bouliers, fon ancien, qui avait de» mandé à fervir fous lui. Bouflefs aimait vé- ritablement le roi & la patrie. Il prouva tn cette occafion (maigre la maxime d^un honune de beaucoup d'écrit) que dans un état monarchique , & furtout lOus un bon màk*e, il y a des vertus. U y en a £uit doute tout autant que dans les république», avec moins d'enthoufkfme peut-être, mais stvec plus de ce qu'on appelle hoimeur. Dès que les francs s'avancerait pour s'opposer à Tinvediâernent de mons , les al* liés vinrent les attaquer |»:ès dés bqjs de blan* gies & du village de malplaqt\^ Les deux armées étaient chacm* d'envi- ron quatre-vingt -mille ccvnbatt^ns j mait , celle JU&QJJ'A 17 09. 4if celle des alliés était fi!ip&iaire de quarante** deux bataillons. Les' français traînaient aveo eux quatre-vingt pièces de canon; les alliei cent-quarante. Le duc de Marlborow corn- manc&it l'aile droite, où étaient les anglais & les troupes allemandes à la folde d'angle* ta're. Le prince Eugène était au centre; Tilli & un c(»nte de NaiTau, à la gauche avec les hollandais. Le n^rèchal de Villars prit pour lui la i gauche, & laif& la droite au maréchal dej!^^ Bouflers. Il avait retranche fon armée à la hâte y manœuvre probablemoit convenable à des troupes infàîeures en nombre , long^ tems malheureufes , dont la moitié était eompofëe de nouvelles recrue, & conve» nable encor à la fituation de la france , qu u-? ne défaite entière eut mifè aux derniers abois. Quelqnes hifloriens ont blâmé le général dans fa difpoiition ; il devait , difàiv cnt«ils, fafshr une hrge trouée i au lieu de ia laijfer devant bu. Ceux , qui de leur ca» binet jugent aidi ce qui fe paflê fur un champ de bataille , ne font-us^ pas trop habiles ? Tout ce que je fai, c*efl ce que le maré- chal dit lyi-*méme , que les foldats, qui aiant manqué de p^iniin jour entier venaient de le recevoir, en jettérent une partie pour î D d 5 cou- 4)6 LOUIS XIV. courir plus leg^cement au combit B 74 eu depuis plimeurs fiécles peu de batailles plus difputées & plus longues } aucune plus meurtrière. Je ne diiai autre chofe de cette bataille , que ce qui fiit avoue de tout le monde. La gauche des enneims , oùcom« battaient les hollandais, fut prefque toito detniite&mêmepourfuivie la baïonnette au bout du fuiîl. Marlborov, à la droite , £d« fait & ibutenait les plus grands €&>rts. Le maréchal de Villars dégarnit un peu f(Hi cen- tre, pour s^opposèr à Marlborov ; & alors même ce centre fut attaqué. Les retran- diemens, qui le couvraient, furent empor- tés. Le r^nent des gardes , qui les dc&n» dait , ne rémb pas. Le maréchal , en accou- rant de Ùl gauche à fon centre, fut blefle, ic la bataille fut perdue. Le champ était pnché de près de trente nulle morts ou mourans. On marchait fur les cadavres entaiSb iuTi* tout au quartier des hollandais. La franee ne perdit guères plus de huit-mille hommes dans cette journée. Ses enn^nis en laiffé* rent environ vingt & un mille tués ou blefTés, mais le centre étant forcé, les dew( ailes cou* pées; ceux, qui avaient fait le plus grand JUSQ^ITA 1709. '■ 4?7 Le maréchal de Boufiers * fit la retraite en bon ordre, aide du prince de Tingri- Montmorenci, depuis maréchal de Luxem- bourg, héritier du coiu^ge de fès pères. L^annee fc; retira entre le qucnoi gardait comme uq autre Ei^ene , écrivirent to corps à Louis xiv , pour liû demander le duc de Vendôme. Ce prince, retiré dans anet , partit alors ; & & préfence valut une armée. La grande réputation qu'il s'était faite en italie, ôc que la maUieureufè campagne de lille n'av^t pu lui faire percfce, frappait les espagnols. Sa popularité, fa libéralité qui al- lait juf^ a la profufîon , fa franchife , fon amour pour les foldats, lui gagnaieiit les coeurs. Dès qu^il mit les pieds en efpagne, il hii arriva ce qui était arrivé autrefois a Ber- trand du Guesclin. Son nom^feul attira une foule de volontaires. Il n'avait point d'ar- gent j les communautés des villes, des villa- Ses& des religieux, en donnèrent. Unefprit 'enthoufiafine faifit la nation» Les débris de la JUÇQU'A 1711. 4J7 ia bataille de fkragoffe fc rejofenirent fous ^^^^ hiî à valladolid. Tout s'cmprclÈ de fournir 1710. des recrues. Le duc de Vendôme, fans laiflèr ralentir un momeitt cette nouvelle ardeur, .pourluit les vainqueurs, ramène le roi àma- drid, oblige Pennemî de fe retirer vers le Portugal, Je fuit, paflè le tage à la nage; lait prijfbnnier dans brihuega Stanhope avec 9 ,cinq-mille anglais, atteind le général Starem- ^^ l)erg , & le lendemain lui livre la bataille de ViUaviciofà. Philippe v,qui n*avaît point en- cor combattu avec fes autres généraux,animé feit'|jrâs mime ôtèr à*MarU boro^ le commàândein^t des armées fôc dtt printeihs 4e 1711, Muiboro^ preflàk encor Ee 5 la 44a LOUIS KiV. k ftance , - t^màk qefil éiak idt&racié 4ipf jÉjt cour. Un agent fecret de la mo/st propo» fait fons-main des condkions de paix à J^H" dresf mais le ininiftere nouveau de la reine tfofàit encor les accepter. Un nouvel événement, auffi imprévu çjue les autres, acheva ce grand ouvrage, L*enb- percur Joiephinouàit, & laii& k^ états de la maifon d'aûtriche , J'empire d'aMemagne, •vrll. * 1^ prétentions fur l*l^agne & fur l'amé- ■7".rique, à,fon frère Charles, qui iiit élu cm- ^eur :^l^és moi^ s^rès. . . Au, premier bimit xm XIV. Mais (jannd le général anglais «tourna dans Idndres à la fin de 1711 , on lui 'ê'ta'toils /es emplois. 11 trouva une nouvelle chnmbre-béfle^ & n'eut pas poiir lui la plu- ralité de la haute. La reine • en créant de nouveaux pairs, avait affaibli le parti du duc, & fortifié celui de la couronne. Il fut ac- cuféjconune Scipion, d'avoir malverfé : mais •' a JITSC^U'A I7T4- U% U fe tira d'aflSrire, à-pe^pçès de ïnêine , par (sL gloire & par la retraite. U était encor puU&at dans fà difgrace. Le princç Eugène u'hefita pas à pafsèr à londres , pour fécon- der fa faction. Ce prince reçut ^accueil qu* on devait à fon nom & à fa renoininçe, & leji refus qu'on devait à fes propofitions. h^ cour prévalut : le princci Eugène retourna fcul achever la guerre j <5c; c'était encor un nouvel aiguilloa pom" lui , d'efpérer denou*-, vellcs vidoires , fans conçagnon qui en par* tageat l'iionneur. Tandis qu'on s'aflGembie à utrecht ; landij^ que les miniftres de fraôce , tant iml-traité» à gertrudenbtrg , viemi^t négocier ^vec plus d'^alité } le maréchal de Vulars , rçtirci derrière des lignes , couvrait encor arras &; cambrai. Le prince Eugène prenait la vilk du Quênoi , & il étendait dans le pals un^ armée d'environ centrnùUç çombattans. Lç5 hollandais avaient fait un effort ; & n'aiant jamais encor fourni à toutes les depçnfe^ qu'ils étaient obligés de f^e pour la guerre, ils avaient été au de -là oe Içur contingent cette année. La reine Anne nç pouvait encor fe dégager ouvertement ; elle avait envoie k l'armés du prince Eugène le duc d'Oniion<| avec douze -mille anglais, & paîait encor beaucoup de troupes allemandei. Le {^ioiQf Eugène , 446 LOUIS XIV. Eugène, aiant hrùlé le ùahoarg ê^ocm^ s*anvançait fur Tarmée françaiiè. U ^opoùt au ducd'Ormônd de livrer bataiUb. Le gé- néral anglais avait été envoie pour ne point combattre. Lés négodations particulière? entre Tangleterre & la france avançaient. Une fufpeimon d'ann^s fut publiée entre lesr 1^ deux couronnes. LcMiis xiv fit remettre aux t7i^*anglais la ville de dunkerque, pois: fureté de fes engagemens. Le duc d'Omond iè reth'a v^s gand.^ Il voulut emmener avec les troupes de fa nation, celles qui étaieiit à la fblae de fà reine; mais il ne putfe faire fiiivre, que de quatre efcadrons de holfleia & d'un régiment £égeois. Les troupes du brandebourg , du palatinat , de Taxe , de Jjieflè» de danemarck, relièrent fous les drapeaux du prince Eugène , & furent paies par les hollandais* L'éléiSeur de hanovre ipéme, qui devait fuccédèr à la reine Anne, laii& malgré elle fes troupes aux alliés , & fit voir que il fà famille attendait la couronne d'an* gleterre, ce n'éts^^pas fur la faveur de la reine Anne qu*elle comptait. Le prince Eugène , privé des miglais, était encor fupérieur de vingt -mille hommes à Tannée françaife ; il Tétait par fa pdfition , par Tabondance de fes magafins ^ ^par neuf 008 de vidoircs. U JUSQJJ'A 1714- 447 ; Le, maréchal de ViUars ne put rempécheç de faire le fîége de landrecy. La irance, ^>ui£ee d'Kommes.dc d'argent, était dans la confternation. Les cijprits ne fe rafluraicnt point par les conférences d'utrecht , que les luccès du prince Eugène pouvaient rendre infrudueules. Déjà même des détachemens coniîdérables avaient ravage une partie de la Champagne, & .pénétré jusqu'aux portes de reims. Déjà Talarme était à verfaîlles, comme" dans le refte du roiaume. La mort du fils unique du roi , arrivée depuis un an 5 le duc de Bourgogne, la duchefle de Bourgogne , leur fils aîné , enifevés rapidement oopuis quel^ ques mois, & portés ^ns le même tombeau; le dernier de leurs enfans moribond 5 toutes ces infortimes domeftiques,jointes aux étran- gères & à la mifére publique , faifaient re- garder la fin du régne de Louis xiv,comme un tems marqué pour la calamité j & Ton s'attendait à plus de désaftrcs, que Ton n'a- vait vu auparavant de grandeur & de gloire. Précifement dans ce tems-j^ mourut en efpagne le duc de Vendôme, rfeiprit de dé- couragement , généralement répandu en irance & que je me fbuviens d'avoir vu, fai- ùàt cwor redouter que Teipagne , foûtenuë p»a: 44S L OU VS . XIV. par le diio de Voidâine, ne retcunbll: jpat & perte. Landrecy ne pouvait pas tenir loneten^ Il fut agite dans veriàilles, il le roi fe reti-» rerait à chambort. Il dit au maréchal d*Har-î courte ^u*cn cas d'un nouvieau malheur, il convoquerait toute la nobleflè de fbn roiau*^ me^ qu'il la conduirait àPennemi malgré £3n âge de fbixantç & quatorze ant^^ qu*il périrait à la tête, Unefautç, que fit le pince Eugéçie, dé- livra Iç roi & la France de tant d'inquiétudes. On p;'étend que fes lignes étaient trop éteur dues j que le dépôt de fesmagaiins dans mar-. chiennes était trop éloigné; ^qjfcie le général Albermale , porté à dénain entre marchien- nes &, le camp du prince , n'était pas à por- tée d'çtre fecouru alTez tôt^ s'il était attaqué. On m'a affûré quWe italienne fort belle , que je vis. quelque tems après à la haie, ôc ^ui était alors entretenue par le prince Eu- gène, était dans marchiennes 5 & qu'elle avait été caufe, qu'on avait choifî ce lieu pour fervir d'entrepôt. Ce n'était pas rendre ju- (lice au priiMt Eugène, de penfer qu'une femme pût avoir part à fes arrai^emens de guerre. Ceux qui fâvent qu'un curé &, vta confeilter de douai nommé le Févre d'Orval» fè promenant enfemble vers ces ^lartiers^ ima- î JUSQU'A 1714. 449 imâgincrent fe premiers qu'on pouvait aifê- ment attaquer dénain & marchicnnes , fervi-^ ront mieux à prouver, par quels fecrets de iàibles refibrts les grandes affaires de ce mon* de font fouvent dirigées. Le Févre donna fon avis à V intendant de la province j celui- ci , au maréchal de Montesquiou qui com* mandait fous le maréchal de Villars j le gé- néral l'approuva, àlëxécuta. Cette adion fiit en eflfet le falut de la france, plus encoi? ue la paix avec Tangleterre. Le maréchal e Villars donna le change au prince Eugène. Un corps de dragons s'avança à la vue du camp ennemi , comme fi on fe préparait à l'attaquer; & tandis que ces dragons fe reti* rent enfuite vers guife, le maréchal marche . U à dénain avec fon armée fur cinq colonnes. {"',^ On force les retranchemens du général Al- bemarle, défendus par dix-fept bataillons; tout eft tué, ou pris. Le général fe rendpri- fonnier avec deux princes de naflàu, un prin- ce de holftein, un prince d'anhalt, & tous . les officiers. Le prince Eugène arrive à la hâte , mais à la lin de l'adion , avec ce q'uil peut amener de troupes; il veut attaquer un pont, qui conduifait à dénain, & dont les français étaient maîtres ; il y perd du monde, & retourne à fon camp , après avoir été té- moin de cette dé£dte. T. I. Ff Tous 4537orms , de •^"'tous les païs d'alentour, il prend ce même landau que l'empereur eût pu conferver par là paix; il force les lignes que le prince Êu- fc^ gène avait fait tirer dans le brisgau ; défait jo 3ans fes lignes le maréchal Vaubonne 5 afiîé- oftob. ge (Jt prend fribourg , la capitale de raûtri* che antérieure. Le confeil de vienne preflàit de tous côtés les fecours qu'avaient promis les cercles de Tcmpire j & ces fecoiurs ne venaient point. U JUSQU'A 1714. 455 Il comprit alors que l'empereur , fans Tati- gIcterreence de la reine Anne. Il était triftc pour Louis xiv, que fes (ujets allaflent demander grâce à ime rei- ne d'angleterre ; mais il fiit encor plus trifte !)our eux, «que la reine Anne fut obligée de es refiifer. Le roi, quelque-tems après, fit élargir le canal de mardick ; ic au moien des eclufes , on fit un port qu'on difait déjà égaler celui de dunkerque. Le comte de Stairs , ambaflà- deur d'angleterre , s'en plaignit vivement il ce monarque. Il eft dit dans un des meilleurs livres quie nous aions , qne Louis xi v répon- Ffs dit 458 LOUIS XIV. Jît au lord Stairs : nmtfieur Vamhûjfadcur^ foi toujours iti U nuâtre chez moi, quelque» fois chez les autres; ne m'en faites pasfou" venir. Je fai de fcience certainc,que jainaû Louis XIV ne fit une réponfe fi peu conve- nable* Il n'avait jamais ete le maître chez les anglais : il s'en fallait beaucoup. Il Tétait chez lui ; mais il s*agiflàit de fevoir, s*il etak le maître d'éluder un traite, auquel il devait fon repos & peut-être une grande partie de ion roiaume. La claufe du traité iqui portait la demolî- i tion du port de dunkerq^e de de fes éclufes^ ne {Upulait pas qtf on ne ferait point de port à mardick. On a ofe' imprimer que le lord Bolimbrocke, qui rédigea le traité fit cet- te omiffion gagne par un preTent d*im mil- lion. On trouve cette lâche calomme dans rhiftoire de Louis xiv, foii$ le nom de hi Martinîére ; & ce n'eft pas la feule qui dés- honore cet ouvrage. Louis xiv. paraiflàit étie en droit de profiter de la négligence des •miniAres anglais , &, de s'en tenir à la lettre du traité ; mais il aima mieux en remplir TeC- )rit, uniquement pour le bien delà paix; éo loin de dire au lord Stairs , qu'il ne le fit pas fouvenir qu'il avait été autrefois le maître chez les autres, il voulut bien céder àfesre- préfentations ausquelles il pouvait réfifter. Il fit le JUSQJJ'A 1714. 459 fit discontinuer les travaux de mardîck au mois d'avril 1714. Les ouvrages furent dé- molis bientôt après dans la régence , & le traite accompli dans tous fcs points. Après cette paix d'utrecht&de raftat, Phi- lippe v ne joilit pas encor de toute Tefpagn^ il lui reftà la catalogue à foûmcttre , ainfî que les îles de majorque &d'ivica. U faut favoir que Pempcreur Charles^ aiantlaifïefa femme à barcelone, ne pouvant foûtenirla guerre d'e^ag;ne, & ne voulant ni céder fes droits ni accepter la paix d'iit- récht, était cependant convenu alors avec la reine Anne , que Timp^ratrice & fes troupes, devenues inutiles en catalogue, feraient transe- portées fur des vaiflèaux anglais. En effet la catalogue avait été évacuée ; & Staremberg en partant s'était demis de fon titre de vice- roi. Mais il laifïà toutes les femenccs d'une guerre civile , & Teipérance d'un promt fe- coiu^ de la part de l'empereur & même de l'angleterre. Ceux qui avaient alors Je plus de crédit dans cette province , imaginè- rent qu'ils pourraient fonnèr ime républi- que fous une protedion étrangère , & que le roi d'efpagne ne ferait pas alfez fort pour les conquérir. Ils déploiérent alors ce caractè- re que tacite leur attribuait il yafîlongtems* „ nation intrépide , dit-il , qui compte la vie „pouc 46o . LOUIS XIV. ;,pour rien, quand elle ne l'emploie pas à „ combattre. S'ils avaient fait pour Philippe v leur roi, autant d'efForts qu us en iîrent^alon contre lui 5 jamais Parchiduc n'eût difpute l'efpagne. Us prouvèrent par lau* opiniâtre refiftance , que Philippe v, délivre même de fon com« petiteur, ne pouvait feul les re'duire. Louis XIV , qui dans les derniers tems de la guerre n'avait pu fournir ni fôldats nivaiflêauxàfon / petit-fils contre Charles fon concurrent , lut en envoia alors contre fes lujets révoltes^ Une elcadrc françaifc bloqua le port de bar» celone , & le maréchal de barsdck l'afli^ea par terre. La reine d'angleterre , fidèle à fes traités, ne fccourut point cette ville. L'empereur d* Allemagne promit de vains fecours. Les aillé* gés fe défendirent avec un courage fortifie par le fanatifme. Les prêtres , les moines , coururent aux armes & fur les brèches » com- me s*il s*ctait agi d*une guerre de religion. Un fantôme de liberté les rendit fourds à toutes les avances qu'ils reçurent de leur maî- tre. Plus de cinq-cent eccléfiaftiques mou- rurent dans ce fîége les armes à la main. On peut juger, fi leurs difcours & leur exemples avaient animé les peuples. / ... JUSQU'A 1714. ^ 461 Ils arborèrent fîir la brèche iin drapesiU noir, & foûtinrent plus d'un aflàut. Enfin les aili^eans aiant pénétré, les aflîégés fe battirent encor de rue en rue 5 & retirés dans la ville neuve tandis que ^ancienne était prife, ils demandèrent encor en capitulant , qu'on leur confervât tous leurs privilèges. Us n'ob- u tinrent que la vie & leurs biens, La plupart ^*P'' de leurs privilèges leur furent 6tés. Soixante moines, condannés aux galéres,furent la feule vangcancc que Ton prit. Philippe v avait traité plus rudement la petite ville de xativa dans le cours de la guerre : on Tavait détrui- te de fond en comble , pour faire un éxem- pie. Mais fî on rafe une petite ville de peu aimportance, on n*en rafè point une grande, qui a un beau port de mer , & dont le main" tien eft utile à Tétat. Cette fureur des catalans, qui ne les avait pas animés quand Charles vi était parmi eux, & qui les tranfporta quand ils flirent fans fe- cours, fut la dernière flamnie de Tincendie, qui avait ravagé fî long-tems la plus belle partie de l*europe , pour le tcftamcnt de Charles 11 roi d'eipagne. CHA- 462 TABLEAU DE L'EUROPE ■■■■■■■■■■ ' I I I < CHAPITRE VîNGT-TROISIE'ME: Tableau de Peurope , depuis la paix d'utrecbt jusqiûen lyjo. J'ofe appellèr encor cette longue guerre , une guerre civiJe. Le duc de favoie y fut ai'oié contre fès deux filles. Le prince de Vaudemont, qui avait pris le parti de Parchi- duc Charles, avait été fiu" le point de faire prifonnier dans la lombardie , fon propre père qui tenait pour Philippe v. L'efpagne avait été réellement partagée en fadions. Des régimens entiers de calviniftes français avaient fervi contre leur patrie. C'était enfia pour une fuccelïîon entre parens , que la guerre générale avait commencé : & Ton peut ajouter, que la reine d*angleterre ex- cluait du trône fon frère, que Louis xiv protégeait, & qu'elle fut obligée de le pro- icrire. Les e/pérances & la prudence humaine furent trompées dans cette guerre^ comme elles le font toujours. Charles vi, deux fois reconnu dans madrid , flit chaffè d'elpagne. Louis XIV, près de fuccomber , fè releva par les brouilleries imprévues de Tangleterre. Le . . con» t JUSQJJ'A 1750-- 46J conièil d'efpagne , qui n'avait appelle le duc d'anjou au trône que dans le deflèin de ne jamais démembrer la monarchie, en vit beau- coup de parties féparées. La lômbardie, la filandre, reflérent à la maifon d'aûtriche : la maiibn de pruflè eut une petite partie de cet- te même flandre 5 & les hollandais dominè- rent dans ime autre ^ une quatrième partie demeura à la francc. Ainfi Thèritage de la maifon de bourgogne refta partagé entre qua- tre puiflànces ; & celle qui femblait y avoir le plus de droit, n'y conlerva pas une métai- rie. La fardaigne, inutile à l'empereur , lui refta pour un tems. Il jouit quelques années de naples, ce grand lîef de rome, qu'on s*eft arraché fi fouvent & fi aifément. Le duc de (àvoic eut quatre ans la ficile , & ne l'eut que pour fbûtenir contre le pape, le droit-fingu- lier mais ancien , d'être pape lui-même dans cette île j c'eft à dire , d'être , au dogme près^ fouverain abfolu en matière de religion. La vanité de la politique parut encor plus après la paix d'utrecht, que pendant la guerre. Il eft indubitable, que le nouveau miniftére de la reine Anne voulait préparer en fecret le rétabliflèment du fils de Jacques 11 fwr le trône. La reine Anne elle-même commen- çait à écouter la voix de la nature, par celle de fesminiftres; & elle était dans le defTeih de 464 TABLEAU DE L'EUROPE. de laifTer fa fuccefllon à ce irere , dont elle avait mis la tête «H prix malgré elle; Sa iBOit prévint tous ces ddlèins« La maifian de ha« novre , <)a elle regardait comme étrangelœ & Ju'elle n'aimait pas, lui fîiccéda^ fes mini* res fiirént perfécutés ; & le parti duprâ;en* * dant aiant tenté de foûtenir fes droits eni7i5; ce parti fut défait ^ la rébellion , (pii, fi la rei* ne Anne eût vécu plus long-tems^eutétéune révolution légitime, fut punie par le iàng qui coula fur les échafauds. L'intelligence & 1 union de la france & de Tefpagne , qu*on avait tant redoutée & qui avait alarmé tant d*états , flit rompue dès que Louis XIV eut les yeux fermés. Le duc d*or- léaus régent de france , quoiqu* irreprocKable fur les ibins de la confervatîon defonpupilc, fe conduifit comme s'il eût dû lui fuccéden U s'unit étroitement avec l*angleterre, repu* tée l'ennemi naturelle de la france } & rpin» pit ouvertement avec la branche de bourbon qui régnait àmadrid: & Philippe v, qui avait renoncé à la coiu'onne de france par la paix, excita ou plustôt prêta fon nom pour exciter des {éditions en france , qui devaient lui don- ner la régence d'un pals , oii il ne pouvait j*égner. Ainfi , après la mort de Louis xi v', toutes les vues, toutes les négociations , toute la JUSQU'A 1750. 465 la poUdque, changèrent de dans fil &mil]e& chez tous les princes. Le régent de France , uni avec les anglais, tttaqna Teipagne; de forte que la première guerre de Louis x v fut entreprife contre foa oncle j que Louis xi v avait établi au prix de tantdeiàng. Dans le tems de cette courte guerre, le miniflére d*eipagne voulut tromper ie duc de fiivoie; & le duc defavoie voulut tromper T empereur : & il réfiilta de ce cahos d'intri- gues, que les e^agnols dépouillèrent l'empe- reur de la fardaigne , & le duc deiavoie de la finie en 1718. Mai» forcés par la france qui les battait fur terre , iroduit avec fîx-mille efpagnols ; & il n'en coûta à Telpagne , que deux-cent-mille pifk>« les données à vienne. ..Cette JUSQU'A 1750. 4(Î7 Cette iàute du confeil de l'empereur no fiit ps au rang des fautes heureufes ; elle lui coûta plus cher dans la fuite. Tout était étrange dans cet accord ^ c'était deuxmaifon$ ennemies , (fii s'uniflài^it ^s ft fier l'une à l'autre; c'était les anglais, qui aiant tout fait pour détrôna: Philippe v,& luiaiœt arraché minorque & gifaraltar , étaient les médiateurs de ce traité ; c'était uA hollandais, Ripperda devenu duc & tout^puiflànt en efpngne , qui le fignait , qui fut di^racié après l'avoir figné^ & qui alla mourir enfuite dans le roiauine dç Maroc , où il tenta d'établir ime religion iu)uvelle. Cependant en france, la régence du duc d'Orléans,quefes ennemis fecrets& le bouler verfement général des finances devaient reur 4rt la plus orageufè ^esrég^aces, avait été la plus pamble &Ta plus fortunée. L'habitude^ que les français avaient prife, d'dbéir fous Louis XIV , fit la sûreté du régent & la tran- milité publique. Une confpiration , dirigée de loin par le cardinal Âlbéroni & mal trâ;- mée en france , fut découverte & dillîpée aus- fîtât que formée. Le parlement, qui dans la x^ence de la reine Anne avait fait la guerre xîvile pour douze charges de maîtres aes re- quêtes, & qui avait cafle les teflamens de Louis XIII <9t de Louis xiv avec nipin^ de formalités Gg a que 4(58 TABLEAU DE L^EUROPE. que celui d\\û particulier; eutkpdnela liber- té de faire dès remontrances , lorsqu'im eut augmenté la valeur numéraire des e^^éces trois fois au de-là du prix ordinaire^ Sa marche à pied , de la grand'-<:Iiambre aB;loa- vre 5ne lui attira que les railleries du peuple.^ L'édit le plus injuue qu'on ait jamais reiKhr, celui de défendre à tous les habitans d'tm roiaume d'avoir chez foi plus de cmq-ceitt francs d'argent comptant , n*excita pas le moindre mouvement. La difette entière des efpéces dans le public; tout un peiqde eft foule fe prelEmt , pour aller recevoir à uâ bureau quelque monnoie néceflaire à la vie i» en échange d'un papier décrié dont lairance . était inondée ; pluiieurs citoiens écmfes dans cette fotile , & leiu^ cadavres portés par le peuple au palaîs roial, ne produifirent pas une apparence de fédition. Ènfm ce fameux - fyftéme de Laws, qui femblait devoir ruiner la régence êc l*état, foûtint en effet Tun A l'autre par des conféquences , que per&nme n'avait prévues. La cupidité qu'il réveilla dans toutes les conditions , depuis le plus bas peuple jusqu' aux magiflrats, aux évéques & au princes, détourna tous les écrits de toute attentioa au bien public & de toute vue politique & am- bitieufe , en les rempliflant db la crainte de perdre #r JUSQjrA 1750. 469 pcrdie & de 1 avîdit© de gagner. Cetait un jeu nouveau & prodigieux, ou tous les citoi- ens pariaient les uns contre les auU'es. Des joueurs acharnes nerquittent point leurs car- t^ pour troubler le gouvernement. U arriva par un preffige dont les reflbrts.ne purent lire vifibles qa*aux yeux les plus exercés & les plus fins , qu'un fylléme tout chiinérique en- Éinta un commerce réel , & fit renaître la compagnie des indes, établie autrefois par le célèbre Colbert, & ruinée par les guerres. Enfin, s*il y eut beaucoup de fortunes parti- culières détruites, la nation devint bientôt plus commerçante & plus riche. Ce fyftéinc cclaira les eilprits , comme les guerres civiles aiguifent los courages. Après qw la confufîon des finances eut ceffé avec la régence, celle des affaires politi- 2ues ceflà auflî , lorsque le cardinal de Fleury it à la tête du miniftére. S'il y a jamais eu Quelqu'un d*heureux fur la terre, c'était Cuis oute le cardinal deFleury.On le regarda com- me un homme des plus aimables & de lafo- ciété la pkis^ delicieufc,jiisqu'à l'âge defoixaa- te& treize îuis; &' lorsqu'à cet âge, ou tant de vieillards fe retirent du monde,il eut pris en main le gouvernement, il fut. regardé comme lui des plus lages. Depuis 1726 jusqu'à 174^, tout lui proipéra. Il conferva jusqu'à près de Gg 3 quatre 47b TABLEAU DE LEUROPH quatre-vingt-dix ans , une tête faine, libre, & capable d'affaires. Quand on fonge , que de mille contem«> porains il y en a tirés rarement un feul qui parvienne à cet âge, on eft oblige d*avouer^ que le cardinal de Fleury eut une dfâftinée unique. Si fa grandeur fut fingulierc, en ce qu^aiant commencé fi tard, elle dura fi long- tcms fans auam nuage ; fa modération & Ta douceur deiès mœiurs ne le furent pas moinsk On fait quelles étaient les riclieffes 6c la magni* ficence du cardinal d'Amboife , qui afpirait à la tiare j & la fîmplicité arrogante de Ximé* nés, qui levait des armées à fes dépens, fes,&dansun peuple fans loix , iàns difcipline , ïàns connaif* îàntes, tel que de tout tems ont été les tarta- res. Il était fi étnujger à la france&fi peu connu, que lorfqu'en 1668 Louis xiv avait reçu une ambalfade mofcovite,on célébra par une médaille cet événement , comme Tam- bafli^de des ilampis. Gg 4 Cet 47» TABLEAU DE L'EUROPE. Cet empire aouvttfu c i-ini'ii^i ^donner des lobe au nord , après avoir abs^ta la iîiéde* La fe* conde puimnce, établie à £orce d'art à, fur des fondemens moins vafies, était la pmflç. Ses forces fe préparaient & ne fe déploiaie«| pas encore. La maifon d'aûtriche était reftée à*peu* près dans Tétat où la paix d'utrecht Tavai^ mSé, Langleterre conservait £iptiiilance fur mèr , &, la hollande perdait inieniîblemçnt * fa fîenne. Ce petit état , puiflànt par le peu d'indiiifaîe des autres nations , tombait en dé- cadence , pai^e que fès voifîns faifaient eux* mêmes le -commerce, dont il avait été le mai« tre. La fiiede languiflàit. Le danemarck était/ floriflànt. L'e^gne âc le pcntugal fubiiilaient par Tamérique. L/itiiie, toujours faible, était divifée en autantd^ts^u'au commeacfement du (îécle^fi on excite mantouc^ devenue pt« trimoine autrichien. La fàvoie donna 'alors nn grand fpeélacle au monde, & une ^ande leçon aux fouvermns: ' Le roi de fàrdaigne, duc de &voie ^ce Viâop- ÂmédéCytantôt allié , tantôt ennemi de la fran- ce&de Taûtriche, & dont l'incertitude avtût paiTé pour politique, laffé des affaires & de lui* même, abdiqua par un o^rice en 1730 , à Tâge de foixante quatre ans, la couronne qu'il avait portée JUSQU'A 1750. 473 « Parlée le pceniier de fa fiimille , & fe repeqgdt par im- autre caprice un an après. Lafocieté 9gne fSc la fàrdaigne. Ces trois puiilàn-» ces avaieiit leurs intérêts divers,^ touscon* couraiœt au^méme but , d'afïaiblir Taûtriçhe. ^. Les ducs de iàvoie ayaiçnt depuis long- teo^ acqrâ piBtit-à-petit leyrs états, tantôt en Vendant leurs fecours,aux cmperqirs, tantôt en ie déçlaç^pt cratre eux. Le roiCh^Ies* Emanuel ej^érait le milanak ; & il lui Ait promisjipar les aûnidresde verfailles Piaf ce tr^ké)Ie rpi Stanislas renonçait 4U rôi^ume qu'il a^it -eu deux fois , i^ 4p!{m n'avait pu. lui copferv^} il gardait ia titr^-de roi. Il Ini faUait ui^ autre dé- dommagement » & ce dédommagengient fut pour la france «ncor plus que pour hy* Le cardinal de Fleuryfecqntçpt^ d'abord dubai^ iQÎ3,que^jl^ duc de lorr^nç devait donnèri^ T.l Hh roi ^ « 4^ TABLEAU DE L'EUROPE. roli Stanisks ^ tMfèc in tév&^ti àla côilrcm^ ne de franoe) êc- la lorraiB^ M dev«t être cédée , qae lorique fon duc ferait en pleine ^{lêfllon de la tofcane. C'était f^e d^en* lire cette ceificm de la lorraine de beaucoup de hazards. Cetait peu pro£^ écs pkil grands fuccès, & des conjonâûres^lesplusfa* vorables. On encouragea le cardinal de Fteu* ty à & fervir de £es avantages : il demanda la lorraine aux^'mSnlies conditions ^e le* bar- Tois , & il l'obtint. ' Il n'en coâta*que quelque argent compa- rant, & unepenfibn de quatre-millions^cinq- ^entrmiile livres, faite au duc François jua- €pik to que k tofcane lui fut échue. - ' Ainfî la lorraine fut réunie à la couronne irréW)cablenient ; réunion tant de fois infutile- ment tentée» BarlMm roi polonais futtrsms» planté en lorraine $& cette province eut pow k dernière foi» un fouverain r^fîdent cho? elle, & il la rendit beureufe. La mai(bn Tegnante des princes lorrains devint fbuve- mine de k to£:anei Le fécond fils du roi d'e^agne fut transf^ & nâples. On auraîc |>u renouveler k médaille de Trajaû, regM aJUgnaiay let trintf donnée. * I^a m^on de frabce, à k fin de cette cotuv ie igoenre; fe^ trouva ékvée à un point et gi^eur qu^on n'eût pas iofé|)cévoir, dan«4e ^— ■ • tatns jUSQjrA 1750. 48> tem^des phis brillantes profpérilés de Louis xiv. Presque tout rherjtsge delà mgiron dé Ckarle«?quiiit,i'efpagfle, les. deux iîcilcs, le mexique, le pérou, étaient 'dans fes mains : âL enfin la maitoot d^autriche fink dans la per* fonne de Charles vi en 1740. Ce qui r^ait de lès dépouilles fut pAs d'être enlevé à fa fîile, éi paisN^é entre plufietu-s puifTances!» La irance lit étire un empereur^ avec Jameir nje fecilit^ que les empereurs avaient aupar- avant fait élite dps éledeurs de Cologne ^ des évêques de liège. La fameufe pragmati* quefanâton du d^mèr empereur autrichien^ qui aflikait à fa£lle la poiTemcHi jndivifible de tous fes âAts , pragmatique garantie parTem- pire , par TangleKTre , paria hollande , par la firance elle-menie, ne fut d'abord foûtenuë d^ perfoone. Vâeêieac de baviére, fils de celui qui avait ûé mis au ban deTempirOy fut cou- ronne fans obftacle dued'aûtriche àlintz«roi de bohème à pcague , empereur à francfbrt, par les armes de Louis xv^ La fille de tsmt «'empèreun fe vit une année entière fa«$ fe* €otirs,& fans autre eipérance que dans (cm cou- rage. A peine avait-elle fe»inéles yeu^^àfbn pâe, qu'elle avmt perdu la filéfîepsirlIrruptiT on d'un jeune roide prufle,dont la poftérité parlera long^tems. 11^ profita le: premier de^la coojonâure » & fit fervir à fa grandeur une Hh 2 armée / 484 TABI^AUAtJEX'^UKOPE. êvmdi diftiplt^e tomiiie ^^elles des '^amÊtBâ rorfnaim , iju©âfoii.pére fcmblait n'avoir for- tùéû que |poar la paradé & k montre La fiance , W prnlfe, kl (aM^labanere^attaquaient les reftes de k maifon d' autridie. On alla |Usqrf aux portes de Vienne^ fes alliés de- meuraient dans le fiAnce : le partage de ft» états pac^niTait affuré. Mais-oâ vit btentôt y litlt n'y a de vraie grandeur que «eeHe qui efl Fondée fitr fes propres forces^ L'éledeur d^ iehviére empereur fous le n^i de Charles vit« pl^kice très éclairé mais manquant des deux rtâ^rts neceâ&kes (des^tréfors (tSt de bonnes troupes, )ayâ«i de« alliés foiwent divifés,lïc- cable de inakdi^ ne pouvmt téû&t par lut mâme; & or n'aiâmais cc^nisf de graaeb étûti par la main 'd^autru}. ^Le^ plus grandi iifvantages furénê rapidement fiiivis des plus funeftes dé^sèifees: Touticequi devait fmap faijB)randeur,itt^fa ruine ;& ce qui devait 9C« cbWerJa reifle de Hongrie, (èrwt à Pélevcn Lii ànaifcm d'aâiriche rosâquit de fes cendres; Là reine de faoïfgcie troftva un puîfTant all^ daiîô George ii roi d'angleterre^ • elle eut en- fuite pom* elle le toi de£irdaigne, la hoUaade, de enfin jusqu'à l'empire de rufEejqui envoia la dernière anÂ^ de la guerre, environ lretite-<:inq •Emilie hommes à fsm fècobrs. Elle fy des ^'patx particulîé:^ avec kproffe '-■ • •• « di - Utr.SQlfA 1^50. 1181 êiih fâxc/Mais fortout fon couragp d*cfpril la. iècourut autant que fies alliée. I^ hoDgrît^ (|ui n'avait été pour fcîJ pcres qu'un éternel objet de gucîrfes dvile8,de réfi^ces &^e punitions , demt pour elle un roiawKuni, af{ec9ionne\ peuplé de (et défenfeurs» Oa combattît dans le co^r de Tallemagne » en italie, en flandre,& iîir les irontiéce^mâxie de la France , & fur les mers -de Pinde ê^ dp Famérique , à peu-près comme dans lagu^? re de 1701. Le cardinal de FleuFy , trop âgé pour foûtenir un fî pe(ànt ftrdeau^ prodigua à regret les tréfors de la françe dant^ce^ guerre entreprife malgré lui,& mourut^rèi n'avoir vu que des malheurs cau£^s par.d^ fautes. Il n'dvaic jamais cru avok befoind'u* hemarint : ce qui reftftît à k france de fiM:^ ces maritimes , fbt'abrolument détruit parles anglais}^ let provinces de france furent-cx* poiees* L'eiop^reur^que la france avait &iit» fut chaffé trois fois 4e fes |>iopres état& I^ mourut Tua des plus malheureux princes;^ k terre , pouc avoiiwété élevé aa faite H|ei grandeurs humaines. La reine derhongrif goûta le plaifîr & k gloire défaire élire empo» tcsat fon é^oux^Sc de recommencée uae opth velle maifon iaipériale. Louis XV , après avoir w mourir en 1749 h cardinal de Flcury , <5c après Tavoir pleuré^ Hh 3 gouver- y 49S TARt^AU tte LSUROPE. • « |ôiiveinta par hA-ïrittrit; êc fépara les àisa-^ «ea qifaVmeiTt proAiit les 'dernières amii^é du gbuVernWiient^ de forv miniflre. Il fut hewrcnx ptrfdut , excepté eit tolie , pnrce qu'il îHHH cqritfe.lui le rôiMdefîtrdaigûe, que le'Cftrdinal de' FletfryàviiJt aliéné. ' Uii^ cliofèremarqiuible danscetti^guerpci c'eft que jamais on ne vit tafit de fduverains à la <ête de leurs armées. Ift^nçobtéchxrsà* ne, grand-duc de tofcarte, dtpnistmpàvur» ifor plûfieurs fois à k tétt des troupe* Ari* chiennes. Doui "Carlos roi de naples, filsde Philip^ V, commandait fon armée àpvélétri. Lé roî dlanglotôfré George ii gagn» une ba- taille vers lé nfeîn. - . ; ■ • ' Le roi de f^fdaigile fiit pwtôut dîi étaient fes troupes , & toà^rs avec fiiccèt* Le roi dfe pruflV rempôtta cinq vtéîoîfts: Louis xv fendit la gloire&la (ùpériorinMl iâ nation à Ia4»ataitle dé fohtenoi^^ les oonferva^è celle 4e klifeld. Eftdn , après avoir fobjugaé en ))fé]fdilne tdtite la flandre, <9t pris- mâafbitht ^^lés nlains dumarélhal de^fascef aprk ivoffcbaffé les ennemis de pnwence, par ifélles du maréchal de Belle-ile ; après iUK)ir fSUvé géiies; {>ar le marech^ de RicheHeu*; aiant affermi le roi de hapies fur fon* trône » il ïfe uhe paîX'' aulfî glorieufe tagéc entre deux grands partis, qui fe mena* geaient ?un faulre , âc qui fbûtenaient cha^ cun^k leur côté cejTte balance, le prétexte de tant de guerres, laquelle devrait a0urèrune éternelle paix. I^s états de Timpératriçe rei- ne de hongrie,.& une partie de i'allemagne, la ruflîe, Tangleterre, la hollande, la ferdaî- gne , conipolaient une de ces grandes fac* tions. L'autre était formée p&f la iirance, Tefpagne, les deux iiciles, la pruilè, la fuéde. Toutes les puiffances reftérent armées ; & on efpéra un repos diurable , par la crainte même que les deux moitiés de l'europe fem- blaient inipirer Tune à Tautre. Louis II 1 4Si TAB.be L'EUROPE JUSQjrA 1750. Louis XIV awit le premier entretenu ces nombreufes arra^s , qui forcèrent les aotres princes 4 &ire les mêmes efforts ; de&rto qu'après la paix d'aix-la-chapelle, leipui^n* ces chrétiennes de l'eiffope pnt eu envjroa Un million il'hommes fous les armes; &on s-'eft flatté que de long-tems il n'y aurait au- cun aggreâeur, parce que tous les états étal- ât armés pour fe défendre. Voilà le précis peut-être encor trop long des plus importanS' évcueniens de 'ce néclè. Ces grandes .choies paraitroiK petites un jour,, quand elles lèront confon> dues dans la nuiltitiide immenfe des re- voIuti(HiG qui boulevorlènt la monde, & il n'en relierait qu'un &ible Jbuvenir, fi les arts peti'eâionnés ne répandaient lîir celîécle une glflire nntqne qui nepe'fîrajamais. Fin du premier ^me. 798G0560 I r ^ H-edCAf flf<;^^ ^■ooi h.Éi •