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Suite du chapitre fur raàultere, . . 79. ■fiéfiexion d'un père de famiUe. . . 80. Affirmation par serment. . 81. Age. , ... 8a. Calcul dg la vie, ', ' .' , 85> • s' . ,,Googlc vx Table AûjiicuLTttRE. . . . .89. Des livrer ffeudonimes fur F économe gé- nérale. .... , , po. De l'exportation des grains.. . . ; 92, De la grande tf petite culture. . 93, Des dèfrichemens. . . , 94. jDff Iq grande ^roteSiôn due à t agricul- ture. . ... 97. Pojlcript. . . , . loi. Aïs;. I i ■' ibid. Raifons de ceux qui nient tair. . 104. Alchimistb. , . - 1 ■ . 108; AlcORAN, ou plutôt £E KORAN. . 112; Réelemens de Mdhomet fur les femmes. 115. ALEIANOaE. i ■ . i lié. Alexandrie. - . . w 129, Alger: . ; ; . ■ 133^ At-MANACHi- t . . . t^6. Alouette. ■ ; . . ' ^44. Amazones: ; -, * ■. 146. Ame. (Seftion première.) •. . ■ ^51. Seftion féconde. Des ioutèi de Loke fur famé. . ■ . . its6. SeÊlion troifieme. De famt des bêtès, £f de quelques idées creufes.' . iS9- Seftion quatrième. Sur farrik & fur ■^s- ignorances. ■ . . . . 165; Sefîtion cinquième. Du paradoxe de Wâr- hxmaayfur l'immortalité de famé. . iGsi ■ Seftion fixieme. DU befmn de la révélé- ■ tion.- . ■ . . . . 17*.' Seftion ■ feptienle. Jmé des fois ^ des ^ monftres. ■ . , , . tfS" Ameriq.de,- • . . : j 178.' Ahitië. i î . . i8a.' ...Cooi^lc ' -Ip B s A K T i C t 1 S. V|l Ahoitr. . . . . . ISI. AkonR-FROFRK. . ,' . itô', AmOUK SOCILÀTIQ.DB. . . I88i AUP LIFICJlTION. . ' \. ' 193. Ana, Anecdotes. . . 205, ' Jnecdote bazardée de Du Halltan: ' . 212. ■ :Anecdote fur CnAitLEs-QxitHT.. , 213. jiutre anecdote plus bazardée. . ibid. ^ -Anecdote far- Hix&i VJ'. , , . 214, De l'abjurathn de Henki IV. . ibid, . 'Autre bivue fur Hs-^iKi IV. . , 215. Bévue fur le rmrécbal rf" Ancre. . sus. Anecdote fur fbomme au majque de fer, 218, *' ■ ' ■ Addition de_ f Editeur. .■ 221. Anecdote fur Nicolas Foaquet fmnten^ dont des finances. . ' . . . 225. Petite aheedote. . ' . ' . ibid. Anecdote fur le tejiament attribué au Ç. de Richelieu. ' . - . . 22(5. Autres- anecdotes. , . . 229. Anecdote ridicule f^ Théodoric 330. Anecdote fur de_ maricbal de Luxembourg. 333. Anecdote fur Loois XIV. . ,. . ibid. J-ettre de Mr^ de V. fur pîufieurs anec- dotes. ' , » . " . ' 233. AMA.TOHIB. ■ f . . 241; Anciens et hode^nei. , . 145. ' Du cbevalier Temple. ' . . . ^ 250. De Boileau & de Racine. . . 252, I De Vinjufiice & de la mauvaife foi de' ' Racine dans la difpute contre Perraulc au fujet (^'Euripide, ^ des infidélités de Brumoy. . . . 253, De quelques comparaifons entre des ou- vrages célèbres. . , , jjp. .,Cooglc Tiii Table dis AxTxctzs, D'un .pajptg' (Tlîomere, * . 2^2; Ake. .. . . . atfp. Ame (^' J) d'or àe Machiavel . 274. Ane \de Q de Vérome. . . 275. Ange. . . , . . , 277. , Premipr chapitre du Shafta. . . 278, Second cbuj^e du Shafta. . . ibid. , Troi/ieme cb^itre. De la cbûte d'une partie des anges. , .■ . 279. Quatrùme cïfO^trt, Châtiment des anges cmpablef. . ; .■ . 280. . Précis du cinquième tbapitre. . . ibid. Des anges des Perfis. . . 282. . Des Miges chez les Hébreux. . . ibid. Savûir fi les Grecs & Us Remains ad- mirent des angçs? , , . . 285. Angoilles. . Race, S anguilles i formées de farine tS de jus de mouton. . ■ 287. A USA LES. . . . •. • 290. Annatbs. ..... . 294. Anneau de Satdknk, . . 29J. AnTJXiviTÉ. (Se£Ûon prâtnieré. . 29p. . Se£Ïion féconde. l>e Vataiquité des ufa- g". • ■ •- , . '.. 3°3' Section troineme, .Fêtes injiituèes fyr lés chimères. ..... ^06. Seétion quatrième. î)e . ^aatiqtàté des fêtes ^'on prétend avoir toutes Hié lu- eubres. . . . . . 307. SeéUoQ doquieme. De l'origine des arts.. 309. ANTROFprRAGEt. . . . 313. Apocaltfse. . . . . 323, QUESTIONS SSSSSSSiSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSiS.'iSSa INTRODUCTION. XUelques .gftns de lettres quJ ont étudié l'Ency- clopédie, ne propofeni; ici que des; q^efîions, & nft demandent que des éclairciflëmens ; iîs fe déclarent douteurs & non doaeuVs. Ils doutent furtout de ce qu'ils avancent; ils refpedtcnt ce qu'ifs doivent refpe^lcr ; ils founiettent leur railbn dans toutes les chofes qui font audelTùs de leur raiTon, & 11 y en a beaucoup. L'Encyclopédie eft un monument quî honore la Ft-ance ; auffl fut-elle perfécutée dès qu'elle fut entre- ' prife. Le difcouts préliminaire qui ia précéda était un veftibule d'une ordonnance magnifique & fagequî annonçait le palais des fdences ; mais il svercillàit It Jaloufie & l'ignorance de s'armer^ On décria ftMi- vrage avant qu'il parût; la baflfe littérattffe fe dé- chaîna; on écrivit des libelles dîffamatoicps . contre ceuK dont le travail fl'avait pas eocor paru. . ■ Mais à- peine l'Encyclopédie a-t-cllc été achetée 'que l'Europe en a reconnu l'utilité; il a fallu réimpli- mer en France & augmenter cet ouvrage immenfe qui efl: de vingt deux volumes in-folio ; on l'a contrefait en Italie; &des théologïHB même ont embelli & for- tifié les articles de théologie à la manière de leur pays; on le contredit chez les Sujflfeî : & les additions donc on le charge font fans doute entièrement oppofées 4 Preraiere partie, _ .A » Uin«..,G00glc fl Introduction.' la méthode jtalienoe, ^a que.le.Ieûeur impartial foie es éUt de juger. Cependant cette entreprife n'appartenait qu^ lit France ; des Franjais feuls l'avaient conçue & exécu- tée. On en tira quatre mille deux cents cinquante exemplaires, dont il ne refte pqs un feuj cIkz les li- braires. Ceux qu'on peut trouver par un hazard heu- reux fe vendent aujourd'hui dix-huit cents francs; ainfî tout l'ouvrage pourait avoir opéré une circulation de fept millitHis fîx cents cinquante mille livres. Ceux qui ne confîdéreront que l'avantage du négoce, verront que celui des deux Indes n'en a jamais approché. Les libraires y ont gagné envirm cinq cents pour cent, ce qui n'eft jamais arrivé depuis près de deux fiecles dans aucun commerce. Si on envifage l'économie politique, on verra que plus de mill& ouvriers, de- puis ceux quîjrccherchent la première matière du papier,' jufqu'à ceux qui fe chargent des plus belles gravures-, ont été employés & ont nourri leurs fa* millesr-^. ' Il y a un autre prix pour les auteurs, le ploiltr d'expliquer le vrai, l'avantage d'enfeigner le genre-hu- 'main, la gloire; car pour le faible honoraire qui en reVkit à deux ou trois auteurs principaux, & qui foi fi £:Q)ix)poTticnu]é. à leurs travaux immaifes, il jie <^t pas' être compté. Jamais on ne travailla avec -tant d'ardeur & avec un plus noble déjùtéreflèment. ' Ot vit bientôt de&.perfonpages recommand^Ies i),M...,,Gaoglc iNTftOnDCTIÔH, j ^ns COQS les rangs, oSicîcrs-générauX} magifltats^ ingénieurs, véritables getis de lettres, Vempreflfcr k décorer cet ouvrage de leurs ttcherdbes, foufcrire, & travailler à la fois: ils ne voulaient que la fatisfac* tion d'être utiles ; ils ne voulaient point être connus; & c'eft malgré eux qu'on a imprimé le nom de pIuûeuFs. Le pWIorophe s'oublia pour fervîc lés homiBesj l'intérêt, l'envie & le lanatifme ne s'oublièrent pas.- (^uelques jéfuites qui. étaient en poflfeflîon d'écrire fitf la théologie & fur les belles-lettres, penûient qu'il . n'appartenait qu'aux joumalines de Tnivoux d'eclèi-: gncr la terre; ils voulurent au moins avoir parc A: l'Encyclopédie pour de l'aident: car il eft à remar- quer qu*ancDh. jéfiiite n'a dooaé au public fes ouvrât ges fans les vendre. - DiÉiî permit en même Éenis que dent ou oxàs «ta* vuIficHmaiies .fe préfentaflbiE pour coopérer à I'Ëà>' cyclopédie; d« prerque tous les bons livres, comme celui de la &. ffijft de CAaro» , de la favante hiftoire compofée par le (âge de TAwi de prefque toutes I^ vérités. neû- . Tics, des expériences contre l'horreur du vuide, de la rotation de ]a terre, de l'ufage de rémétiqge, de la ■ gravitation, de l'inoculation. Tout cela fut condam- né d'abord, & reçu enfuitc avec la recoimailTance tar- dive du public. Le délateur couvert de honte eft allé à Mofcou exercer fon métier de maftrç. d'école , & là il peut fe faire crucifier, s'il lui en prend envie ; mais il ne peut pi nuire à l'Encyclopédie, ni féduire des magiftrats. Les autres ferpens qui mordaient la lime ont ufé leurs dents & celTé de iQOrdre. Comme la plupart des favans & des hommes d& génie qui ont contribué avec tant de zele à cet im- portant ouvrage, s'occupent à préfent du'foin de le perfeaionner & d'y ajouter même plufieurs volumes; & comme dans plus d'un pays on a déjà commencé des éditions, nous avons cru devoir préfenter aur amateurs de la littérature un elTai de quelques arti- clés omis dans le grand dictionnaire , ou qui peuvent fouffrir quelques additions, ou qui ayant été inférés par des mains étrangères, n'ont pas été traités ièlon les vues des direûeurs de cette entreprife immenfè. A3 .vGooglc s ÏKTBODOCTIOW, Ceft à eux que nous délions notre effbi, dont ils pouronc proidre croyais, puifqueye croyois eft abfolument barbare? Vous enfe^^ies la langue françaUe à un étranger ; ilçft d'abord furpris que vous prononciez /e croyais, Aj n. ......COOI^IC fe&Tvjais y j'mplafyaxs ; il vovs deouode pourquoi vous adoucilTez la prononciation de la dernière filial be , & pourquoi vous n'adpuciiTez pas la précédai. tej pour<]Uoi dans la conver&tion.vous nç dites pas ^> croyais, j'emplayait , &c. .Vous lui répondez, & vous devez lui répondre, qu'il y a plus de grâce &.de variété à faire fuccéder une diphtongue à une autre. La dernière fyllabe , lui dites -vous, dont le fon refie-dans l'oreille, doit être plus agréable & plus mélodieufe que les autres; & c'eft la variété dans la prononciation de ces filla- ises qui ^t le charme de la profodîe. L'étranger vous répliquera; vous deviez m'en aver- tir par l'écriture comme vous m'en averciffez dans I4 converfation. Ne voyez -vous pas que vpus m'eniT barraffez beaucoup lorfque vous ortographiez d'gii,e ■ façon & que vpus prononcez tfune autre? Les plus belles langues , ibis contredit, font cal- les ôîi les mêmes fillabes portent toujours une pto» nonciatiQD uniforme; vous dites anglais , pmugais.t françmt ; mais vous dites danois , fuédoii ; comment dévinerai-je cette différence , fi Je n'apprends votre langue que dans vos livres? Et pourquoi en pronpn» çant ongloM & portugais, meitez-voue un u à l'un & un a à l'autre? Pourquoi n'avezrvpus pas la mauvai» fe habitude d'écrire portt^ols , comme vous avez ^a mauvaife habitude d'écrire aaglois ? En ua mot ns parait-il pas évident que la meilleure méthode eft d'é» crire toujours par a ce qu'ott prMKMice par aV ■,,Googlc A- IV A, V*, troifieme peifonne au préfcnt de Findicatif du verbe avoir. C'eft un défaut faqs doute qu'un verbç ne foit qu'une feuleMeccre & qu'on exprime i/ a rai- /m, il a de l'e/prit, comme cm exprime il ej} 4 p^, fiSf il ejl à Lyon, Uoiiiiui tnancnt ycfllgla rurls. Il a ai choquerait horriblement l'oreille, fi on n'y Était pas accoutumé ; plufieurs écrivains ft fervent fouvent de cette plirafe: h différence^ qu'il y a^la fliftance qu'il y a entre eupa eft-il rien de plus lan- guilTant à la fois & de plus rude? N'eft-il pas aifé d'éviter cette imperfeClion du langage en difant finir ' plement , la diftanct , la dîffirenet entre eux. A quoi bon ce qu'il & cet ;y , qui rendent le difcours fec, Çc gui réunilTent ainfi les plus grands défauts^ Ne faut -il pas furtout éviter le concours de deux a? Il va à Pta^is , il a Antoine en averfim? trois & . quatre a font infuportables; Il va â AmetiSy (f de l/f ^à AfqueS' ' La poSfis ftançaife prqfcrit ce heurtçmeat dç vpyelles. Gardez qu'âne voyelle, ï courte trop b9tJe, . Ke foii d'une voyelle en fan chGmin heunée> Les Italiens ont été obligés de fe permetre cet achopemenr de fons qui détruifent l'harmonie natu- ■ relie , ces hiatus , ces bâiilenjeas quç les. Latins é- piwx, foignewç d'éviter. .;n;« ...Google ;îft A. Pétrarque ce fait duIIç difficulté de dire, Uaeyf fi if ytefJUiuel eauutt e biaue , D»l ialee laoga ne ha fuo ete faraka, L'JrioJle a dit; Nm Ja jiul eht fia Amor t Doftv» fariana aOa ckrifiiaaa feie. TMto gifo ehe renne a wui riyler$ Mra eytttittrtt ai baoa Rlnalda apcade. Cette maHieureufe cacophonie efl nécefTaire en Ita- lien j parce que la plus grande partie des mots de cette laïque fe termine en a, s, t, o, ». Le latin qui podede une infinité de termioaiToQs, ne pouvait guère admettre un pareil heurtement de voyelles ; & la langue françaifè eft encor en cela plus circonlpec- te & plus févere que le latin. Vous voyez très ra- Tement dans f^irgfle une voyelle foivie d'un mot com- meoçanc par une voyelle: ce n'eft que dans un pe> ■ Itit nombre d'occafions oti il f^uz ^prjijier quçlquo défcrdrc de l'efpric, ^riM aillent tepjt, OU lorfque deux Qwndéés peignent un lieu vafte 2c ■défcrF, In NepiOHê £gea. Homtre, il eft vrai, ne s'aiïUjetttt pas à cette rè- gle de rbarmoDie qui rejette le concours des voyd* ...Gooi^lc AtcrBABEr. . 13 lest & fuitoac des A; Jes Sneires de l'arc n'étaîe&c pis encor ccnmues de foa tans, & Honen était au- dcfliis de ces ânelfes: mais fes vers les plus barmo- * Bieux, font ceux qui font compofés d'un affemblagfi heureui de voyelles & de confonnes, C'eft ce que Boîleau recommande , dès le premier chant de l'^rt poétique. La lettre A chez prefque toiAes les nations devint une lettre facrée, parce quelle était la première: les ^yptiens joignirent cette fuperflition à tant d'au- tres : de là vient que les Grecs d'Alexandrie l'appel- laienc hier' alphai & comme anéga était ia dernière lettre, ces mots alplta & omég;a fignifierent le com- plément de toutes cbores. Ce fut l'origiBC de la ca- bale & de plus d'une myftén'eufe démence. Le^ lettres fervaient de chifFres & de notes de mu- fique; jugez quelle foule de connaiflânces fecrettes xela produifit; a, b, c, i, e^f, gy étaient les fepc «eux. L'harmonie des fpheres célefte» était compo- fée des fept premières. lettres; & un acrofticbe roi- dait raifcm de tout dans la vénérable antiquité. ^ ABC, on ALPHABET. 01 Mr. Du Matfais vivait encor, nous luidemitlt- derions le nom de l'alphabet. Prions les favans hom- mes qui travaillait à l'Encyclopédie de nous dire p>urquoi l'alpbabet o'a point de dgqi dans aucune ,, Google i4 A B C , ou À L PB À B Ê f. lei^ue de l'Europe; o^habith ne fignifie aucfe thofï ^tf A B & A S ne lignifie rien , ou tout au plus il lodiquedeuTc ions; Se ces deux Ibas n'mt. aucun ra-> port l'uii avec l'autre^ Beth n'eft poinc formé d'ai|p^^ lun elï-Ie premier, l'autre le fécond^ & oo ne fait pas pourquoi. Or comment s'eft'il pu faire qu'dn manque de' ter- mes, pour exprimer la porte de toutes- les fciences? La connaifTance des nombres, I*art de compter, ne , s'appelle point un deux; & le rudiment de l'art d'ex- primer fes penfëes, n'a dans l'Europe aucune expres- fioo propre qui le déflgne. -.L'ilphabet eft la première partie de la grammai- re; ceux qui polTedent la langue arabe, dont je n'ai pas la plus légère notion,, pouront dire R certe lan* gue qui a, dit-on, quatre-vingt mots pour figniâef un cheval, en aurait un pour flgnlfîer l'alphabet. Je fmïtefte que je ne, fais paa ph» le, chinois que. l'arafce; cependant j'ai lu dans un petit Vocabulaire que cette nation s'efl toujours donnée deux mots chinois^ pour exprimer le catalogue , la lifte des carafteres de fa langue; l'un eft Ao-rwi, l'autre Aat/>««(i): nous, n'avpns ni ho-ton ni haipien dans nos langues occiden- talfts. Les Grecs-n'a^^ieot pas été'plu^ adroits'que ' nous, ils difaient alphabet. (2) Séneqae le philofopht fe fçrt de la phrafe grecque pour exprinser un yieillard" comme moi qui iàit des queÛiODs fur la grammaire;' (0 PreiDier vol. de rbiltoire de U Cblne, de Du Halât. ' (ti Spit. lib. 5. . - - . , ,,Goo'^lc ABC, «( A t* HAB tr. ij J! l'appelle Skedm uaalphabetos. 6i cet alphabet, les Grecs le tenaient des Phéhicîens, de cette nation nommée U ptuple Uttri par les Hébreux mêmes , Ibrfque ces Hébreux vinrent s'étrfsBr auprès de leur pays. Il eft à croire que les Phéniciens, eo. commanî» quant leurs caraâeres aux Grecs, leur rendireoc un grand fervice en les ^livrant de l'embarns de l'é- criture égypciaque qœ C^rrep;- leur avait- apporta d'Egypte; les Pbénicieas enqualité de ii^;ocians ren- daient tout ^fé: &:.]e8 Egyptiens en qualité d'inter-' lirétes des Dieux rendaient tout difficile. , Je m'imagine oitendre lUt marohand Phénicien a- bordé dans l'AchaTé, dire à un Grecfoa cojrefptm» dant, non-feulement mes caraderes font aifés à écri- n, & rendent la penfée alnû que les ftHis de la volx^ inais ils exprimeat nos dettes avives Se paffîves; Mon akpk que vouS' voulez ^wononcero/pia, vaut ime.once d'ai^enc;. betlia en vaut deux;' ro en vaut cent:.^gnu en vaut dojx caits. Jç vqus dt^e deut cents onces; je vous.. paie un ro: relie un wqueje vous dois encore;; aous aurons bi»itât fait mt comptes. Les marchantls furent probablement ceux qui éta- blirent la fociété entre les hommes, en founiiflant k leurs befoinsî &' pour négocier,' il faut s'entendre. Les Egyptiens né commercèrent que très tard; ils ïvaieoÉ la mer oï borreurr c'était leur Typlim. Les ...Gooi^Ic iS ABCjoaALPHABET. Tyriens furent navigateurs de tems immémorial $ II» lièrent enfemble le& peuples que h oature avait fë-* parés , & ils réparèrent les malheurs oti les révolu- tions de ce globe avaient plongé fouvent une grande partie du genre-humain. Les Grecs à leur tour alle- jent porter leur commerce & leur alphabet commo- de chez d'autres peuples qui le changèrent un peu, comme les Grecs avaient changé celui des TyrtenSi Lorfque leurs marchands, dont on fit depuis desde^^ roi-dieux , allèrent établir à Colchos un commerce de pelleteries qu'on appella la toi/m. ^or . ils donne-' lent leurs lettres aux peuples de ces contrées, qui les ont confervées & altérées. Ilsn'ont point pris l'alphabet des Turcs auxquels ils font fournis, & dont jlefpere qu'ils fecoueront lej'oug, grâce à l'impératri- ce de RulEe. Il eft très-vraifemblable, (je ne dis pas très vraî; Dieu m'en garde) que ni Tyr, ni FEgypte, ni aucun Aliatique habitant vers la Méditerranée, ne comïnu- niqua fbn alphabet aux petffdes de l'Afie orientale.' St les Tyriens, ou même les Caldéens qui habitaient vers l'Éuphrate, avaient, par exemple, comnlurtf- qué leur méthode aux Chinois, il en referait quel' ques traces; ils auraient les Sgnes des vingt -deux', vingt -trois ou vingt -quatre lettres. Ils ont tout au contraire des lignes de tous les mot^ qui c(»n> pofent leur langue; & ils en ont, nous dit- on, quatre vingt - mille : cette méthode n'a rien de commun avec celle de Tyr. Elle eft foixante & • & dix-neuf mille neuf cents foixante & feize foii plus .vGooglc ÀBC*kiAlvhabxt. if fois plus favante, & plus embarraffée que la nôtra Joignez à cette prodigieufe difiïrence , qu'ils écrp veae de haut eo bas , & que les Tyriens & les Cal- déens écrivaient de droite à gauche ; les Grecs & Boit$ .de gauche i droitei . Examinez les caraûeres tartares, indiens, fiamoisj japonois , vous n'y voyez pas la moindre aoalogia avec l'alphabet grec & phéniciaii . Gepoidant tous ces peuplés j en y jragnant même ies Hottentots & tes CaA^i prononceat i-peu-près les voyelles & les confonnes comme nous , parce qu'ils ont le larinx fait de même pour l'eiTentiel, ain- fi qu'un payfan Grifon a Te golier fait comme la pre- mière ctlanteufe de l'opéra de Naples; La difiërence qui fait de ce manant une bafTe^taille rude > difcor- dante, infuportable, & dé cette chanceufe un defTus )de rofllgnol , eft (1 imperceptible , qu'aucun dnato* mifte ne peut l'appercevoir. C'eft la cervelle d'un foc qui refTemble comme deux goûtes d'eau ii la oervell* d'un grand génie* Quand nous avons dît que Ici mârctiands de Tyr fcnfeignerent léilr ABC aux Grecs , , nous n'avons pas pTéceiidii qu'ils eufl^rit appris aux Grecs à pa^' - 1er. Les Athéniens probablement s'extjrimaient déjà mieux que lès peuplés dé la baOe Syrie; ils avaient un goUer pliis flexible; leurs paroles étaient un pluâ heureux alTemblage de voyelles, de confonnes, & de diphtongues. Le langage des peuples de la PbéQiCi* Prtmert Pt^lié. B .vGooglc 'l8 A B Ci oi" A L 7 il * B E i. au contraire était rude, groffier, c'était des SkaftrétS', des AJlanth, des Skabaotht des Chamniam , des Ch> tihet, des Thapheth; il y aurait là dequoi faire en- fuir notre chanteufe de r<^»à"a de Naples. Figurez^ vous les Romains d'aujourc^hui qui aur^ent retenu Tancien alphabet étrurien , & à qui des aiarchand» Hollandafe viendraient apporter celui dont ils fe fer- vent à préfent. Tous les Romains feraient ibrt bieti de recevoir leurs carafteres ; maïs ils fe garderaient bien de parler la langue- batave. C'eft précifément ainii que le peuple d'Athènes en ufa avec les mate- lots de CaphthiM-, venant de Tyr ou de Bérith: ic» Grecs prirent leur alphabet qui valait mieux que cehJÎ du Mifraim qui eft l'Egypte : & rebutèrent leur patois. ' Philofofidùquement pariant , ^ abftradtioir refpeo' tueufe faite de toutes les indufïions qu'on pourait tir rer des livres facrés dont il ne s'agit certainement par ici» la langue primitive n'eft-dle pas une plaifàocv cbinexe? Que diriez-vous d'un homme qui voudrait recher- cher quel a été le cri primitif de tous les animauK, .&. comment il eft arcivé que dans une multitude de Cccles les moutons le foîcnt mis à bêler» les chats .à miauler, les pigeons à roucouler, les linetes à lî- fler? Ils s'entendent tous parfaitement dans leurs idio- mes, & beaucoup, mieux que nous. Le chat ne man- que pas d'accourir aux miaulemens très articulés &. .très, variés de la chatte; c'eft une merveiîleufe cho- .fe de voir dans le Mirebalais une cavale dreffer fes oreilles, fraf^ier du pied, slgicer aux braiemens ia- ,,Googlc AëC, oit AtPhÀBEï.' iff teiligîWes d'un ânà Chaque efpece a fa langue. Cel- le des Efquimaujc & des Algonquins ne fut poinC celle du Pérou: Il n'y a pas eu plus de lafigue pri- nWtive , & d'alphabet primitif^ que de cbêoM pritni- Ufs Si, que d^lidrbe primîrivft. Plufiéurs rabÎDs prétendent que la langue raere dtait ie famaritainS qneJques autres ont afluré que c'était le bas-breton: dans cette incertitude, on peut fort hieifi iîws pff^ifer i^s hatritans de Kimper & de Sa- marie, n'admettre aucune langue meta Ne peut j on pas ,' fans ofFenfer perfonne , iuppo» fer que Talphabet a commencé par des cris & dés es- clâmations? Les petits enfans difent d'eux-mêmes iih eh quand ils voient un ob/et qui les frappe; ta hi quatid ils pleurent , hu Im^ Jiou Im quand ils fe mo- quent, aie quand on les frappe? Et il ne faut pas les frappa-. A régarrfdes deux petits gai-çons que te rd d'EV ftVpte P/ammeticus (qui n'efl pas un nom égyptien) fit élever pour favoir quelle était la langue primiti-' Ve, il n'eft gueres poffible qu'ils fe foient tous deur tnis -à Crier bec bed pour avoir à déjeuner- Des exclamations formées par des voyelles» aulïî flaturelles aux enfans que te croaflement l'eft amc grenouilles, il n*y a pas fi loin qu'on croirait à un al- phabet comptet. Il faut bien qu'une mère dife à fon enfant l'équivalent de vien , tien, pren, tai-toi , t^- proche , va-t-en : ces mots ne fcmt repréfentatifs dç rien, ils ne peignent rie»; mais ils fe font entend» avec un gertè." ' '■' B 2 U:n;K.yG00glc 39 A B C , ou A L p H A B r t' De ces rudfmei» infonnes , il y a un chemfo im- laeafe pour arriver à la fintaxe. Je ftiis dFrayé quaiKt je fonge que de ce feul mot vieti, il faut parvrair ui> Jour à dire, jt /trait vinu ma mère, avec grand plat- Jîr, (f i'auràs obéi à vos ordres qui me feront toujours chers y fi en accourant vers vous je n'étais pas tombé à la renverfe; i$ fi wu épine de votre jardin ne m'élit pas entrée dam la jatnbe gauche, - Il fèmble à mon jmaginatioii étcmnée quit a fiJfa des fiecles pour ajufter cette phrafe ; & bien d'au- tres fiecles pour la peindre. Ce ferait ici le lieu de dire, ou de tScher de dire, comment on exprime & comment on prononce dans toutes les langues du inonde père, uwre, jour, nuit , terre, eau, boire, math gerj &c.; mais il faut éviter le ridicule autant qu'il eli pofllbl& Les carafteres alphabétiques préfentant à la fois le» tioms des chofes, leurnombre, les dates dos événe- mens, les i^ées des hommes, devinrent bientôt des niylleres axix yeux même de ceux qui avaient inven- té ces fignes. Les Caldéens, les Syriens, les Egyp- tiens, attribuèrent quelque chofe de divin à la com- binaifon des lettres, à la manière de les prononcer; ïh crarent que les noms lignifiaient par eux-mêmes, &■ qu'ils avaient en eux une force, une vertu fecret- te. Ils allaient jufqu'à prétendre qae le nom qui C- pà^Àtpmffarae était puifTant de fa nature; que ce- lui qui exprimait at^e était angelique; que celui qui donnait l'idée de Dieu, était divin. Cette fcience dc3 caraâeres entra i]éce0aireineQt dans la magie : .vGooglc ABC, «uAlfuabet. «i poioc d'opération magique > fans les lettres de Pal* pbabel. Cette porte de toutes les fciences,' devint celle de toutes ies erreurs"; les mages de tous les pays s'ài fervirent pour fe conduire dans le labyrinthe qu'ils s'étaÏEnt^conftruit , & o^ il n'était pas permis aux autres hommes d'entrer. La manière de prononcer des confbmies & des voyelles , devint le plus pro- fond des myfteres , & fouvent le plus terrible. Il y eut une manière de prononcer yiova, nom de Died chez les Syriens & les Ëgyptîens; par laquelle on fai- fait tomber tm homme rende mort. St. Climtat d'Alexandrie rapporte que Motfe fit mou- rir fur le champ le Roi d'Egypte Nechephrty en lui foi;flant ce nom dans l'oreille ; & qu'enfuite il Je jeflufcita en prononçant le même mot. (3) St. Clémeta d'Alexandrie e(b exaft , il cite fon auteur, c'eft le favant Artapan; & qui poura recufer le témoignage i'Artapanl Rien ne retarda plus les progrès de l'efprlt hu- main, que cette profonde fcience de Perreitf, née chez les Afiatiques avec l'origine de& vérités. L'uni- ver^ fut abruti par l'arc même qui devait l'éclairer. Vpus en voyez nn grand exemple dans OrigeiKy dans Qément d'Alexandrie, dans Tertullien , &c. &c. Ortgetu (4) dit furtout exprelTémait , fi en invo^ (3) StromiiM 01) T«pîllèries , liv. I, (4^ Orig. contre Celfe. no. 20J, »3 L)in;«.,G00Qlc '^ A'B C; ou A'lph ab e^- „ quant Dieu, ou en jurant par lui, on le nornirlB „ le Dieu d'Jbraham, d'Ifaac § de Jacob, on fera ,, par ces Homs des chofts dont la nature §c la for- „ ce font pelles , que les démons fe foumettent k „ ceux qui les prononcent ; mais 8 on le nomme ,, d'un autre nom, comme Dieu de la mer bruyante^ „ DiEv fupplantaleuTf ces noms feronc làns vertu, „ le nom i'Ifraè'l traduit en grec ne poura rien opé- ^, rer: mais prononcez-le en hébreu, avec les autres „ motp requis, vous opérerez la conjuration.'' ' Le même Origeni dit ces paroles remarquables, „ 11 y a des noms qui ont naturellement de la vertu , „ tels que font ceux dont fe fervent les fages par^ ,', mi les Egyptiens, les mages en Perfe, les brac^ „ mânes dans l'Inde. Ce qu'on nomme magie , n'eft j, pas un art vain & chimérique , ainfl que le préten*' t, dent les Stoïciens & les Epicuriens: ni le nom de „ Sabaoth, ni celui è'Adonaï, n'ont pas été faits pour „ des êtres créés; mais ils appartiennent à une théo: „ logie myftérieufe qui fe rapporte au Créateur ; de ,, là vjqic la vertu de ces noms quand on les arracga )» ^ qu'on les prononce felon tes règles « &c." C'était en prononçant des lettres félon la méthode manque qu'on forçait la lune de defcendre fur la ter- iç. Il faut pardonner à Virgile d'avoir cru ces inep- ties, & d'en avoir parlé férieuferaent dans fa huitie-^ îpc églogue, Camiine lU caJo pofunt ieiucere lanam, C^ fut ayef dfs moK KOitiçt 1« liin^ en leiit. ...Gooi^lc A'BBé-, ArBAÏS. 9^ - Eflfîn, l^i^bet fut l'OTigine de toutes les con- xailTaxices de l'homme & de toutes lès fotifes. ABBE, ABBAYE. V-^Eux qui fuient le monde font fàges : ceux qnl 4e confacrent à Dieu font'refpeaables. Peut-être le ïcins a-t-il corrompu une fi faime inflitution. Aux thérapeutes Juifs fuccéderent. les moines en Egypte, idialoi, Tnimoi. Idkt ne fignîfiait alors que JUitairt: ils firent bientôt corps; ce qui eft le con- traire de folitaire, & qui n'cfl pas idiot dans l'accep- tion ordinaire de ce terme. Chaque fociété de moi- îies élut fon fupérieur; car tout fe faifait à la plu- ralité des voix dans les premiers tems de l'églife. On cherchait à rentrer dans la liberté primitive de la na- -ture humaine, en échapant par piété au tumulte & 3 •fefclavage infépardbles des grands empires. Chaque fociété de moines choifît fon père, foa abba, fbo ab- Jsé ; quoiqu'il foit dit dans Tévangile : n'appeliez ptr- Jomie votre père. Ni les abbés, ni les moines ne furent prêtres dans }es premiers (lecles. Ils allaient par troupes entendre Ja roefle au prochain village. Ces troupes devinrent xonfîdérables ; il y eut plus de cinquante mille moi- pes , dit-on , dans l'Egypte. - St. BâfHt d'abord moine, puis évéque de Céfatép ea Cappadoce^ ât un code pour tous les moines, au i),M,«.,Googlc «4 AB*i>ABB&v«. quatrième Hecle. Cette r^le de St. B^file fut reçue en Orient &. en Occident. On ne connut plus que les mpines de St Bafiis; ils furent partout riches; ils fe mél^Tcnt de toutes les affaires ; jls contribuèrent aux révoltuionB de fempire, On ne connoifTait gueres que cet ordre, lorfqu'au (ïxjeEne pecle St. fynUt éxihWt unepuifTaqce nouvelr je au mont Caflln. (5) St. Grégwre le grand afl'ure dans fes dialogues que Dieu lui accorda un privilège fpécia], par lequel tous les bénédiâins qui mour- raient au mont Caflin feraient fauves. En confé- quence le pape Urbain 11^ par une bulle de lopa, déclara l'abbé du mont Caflîn chef de tous les mo-, oafleres du monde. Pafcal II lui donna le titre ffab- 'M dei abbit. Il s^ntitule patriarche de la/aime religion , cJiancelier collatéral du royaume àe Sicile y comte ff gou- wmeur di la Campante ^ frince de h paix, &c. &c. &c. &c. &ç, Tous ces titres (feraient peu de chofe , s'ils n'é- taiflBt foutenus par des richelTes immenfes. ' Je reçusj il n'y a pas longtems une lettre d'un dç mes correfpondans d'Allemagne; la lettre commence par ces mots; ,, Les abbés princes de Kemptem, El- „ vangen, Euderri, Murbach , Berglefgaden , Vis- „ fembourg, Prum, Stablo, Corvey, & les autret „ at^s qui ne font pas princes, jouiflent enfembh „ d'environ oeuf cents mille florins de revenu , qui f3 font dçux millioqs cinquante mille livres de yotre (f) Liv. II. clwp, 8, u:î-.;«.,GoO'^lc A bbAj a B B Aï E. 3^ „ Fiance au cours de ce Jour. De là je «melus que „ Jesus-Chri!.t n'était pas fi à fou aifc qu'eux." Je lui répondis: „ Monfieur, vpus m'qvoueres „ que les François font plus pieux que les AllçmaO? „ dans la proportion dé quatre & un vingtième à l'u- • „ nité; car nos fculs bénéfices cpnfiftoriaux de moi- „ nés, ceft-à-dire , ceux qui p^ent des annates au „ pape, fe montent à neuf millions de rente, à qua- „ rantCrneuf livres dix fiais Iç m»rc avec Je remedej „ fi: neuf millions font à deux millions cinquante mil- „ le livres com^ne un eft à quatre & un vingrieme, •„ De là je conclus qu'ils ne font pas afi'ez riches, & „ qu'il faudrait qu'ils en euffent dix fois davantage „ J'ai l'honneur d'être &c." il me répliqua pv cette courte lettrç : „ Moa „ cher monfieur , je ne vous entends point ; voua ,> trouvez fans doute avec moi, que nçuf millipn) „ de votre monnoie font un peu trop pour ceux qui „ font vœu de pauvreté; & vous fouhaitez qu'ils en „ aittit quatre-rvingt dix ! je vous fupplie de vouloir „ bien m'expliquer cette énigmç." J'eus l'honneur de lui répondre fur le champ. „ Mqn „ cher monfieur, il y avait autrefois un jeune hom- „ me à qui on propofait d'époufer une fianme de „ foixante ans, qui lui donnerait tout fon bien par „ teAameni: il répondit, qu'elle n'était pas affez ,, vieille." L'Allemand entendit mon ém'gme. (6) U faut fayoir qu'en i J7J on propofa dans le con» {6} Çitopin, JtfttmiieBils, Ub. j. U:n;K.yG00glc feil de He»i UI joi de France, de faire ériger eç commapdes fécuUeres toutes Jes abbayes de moines, & de donner Jes commandes aux officiers de fa cour & de fan ajTiîée: mais comme il fut depuis excom- numié iSt aflaffiné , ce projet n'eut pas lieu. Le comte à'Argmfw nùniflre de là guerre, voulut en J7JO établir des penfions fur les bénéfices en fa- veur des chevaliers de l'ordre militaire de St Louis; jiea n'était plus Honple-, plus jufte, plus utile: il n'eu put venir à bout. Cependant fous LotOs XU^t U princefle de Omti avait poffédé TaWiaye de St. De- jiis. Avant fon règne les féculiers pofTédaient des bà- Jléfices i le duc de :^/t huguenot avait une abbaye. Le père de Hugues Capet , ifétaît riche que par fes abbayes, & on l'appellaJt Ifi^uts l'aHé. On donnait àes abbayes aux reines pour leurs menus plaijlrs. Or gm mère de Louis d'outremr , quitta fon fils parce qu'il lui avait été l'abbaye de Ste. Marie de Laon, pour la donner à fa femme Geritrge. U y a des exemr pies de tout. Chacun tâche de faire fervir les ufïçes» )es innovations, Içs loix anciennes, abrogées, xènou^ . veHées,, mitigées, les chartes ou vraies ou fuppo» lees, le paflé, le préfènt, l'avenir, à s'emparer des biens de ce monde; mais c'eft toujours à la plus grande gloire de Dieu. Confultez l'j^alypfe de Jf/- Htoa par j'évéque dn JBetiai. ,, Google A B t: I !■ X ;E ,.s ,; py ABEILLES. ', ' I ,Rs abeilles peuvent paraître fiipérieures à la ra- ce humaine, en ce qu'elles produilênt de leur fuH- 'Jlance une fdbftance utile , & que dp toutes nos fe- çrétîpns il n'y en a pas une Teule qui foit bonne % rien, pas une feule même qui ng rende le genre^hu» jnain (Jéfegréabic, Ce qui m'a chaimé dans les efl^ins qui fortait (Je la ruche , c'çft qu'ils font beaucoup plus dojx que nos oifans qui fortent du collège. Les jeunes abeil- le alors ne piquait perfonne , du moins rarement & dans des cas exlracndinaires. Elles fè lailTent pren- dre, on les porte la maîn nue pailiblement dans la ruche qui leureft deffiaée; mais dès qu'elles ontap. . pris dans le«r nouvelle maifon à connaître leurs" in- térêts, elles deviennent femblables à nous, elles font la guerre. J'ai vu des abeilles très tranquilles aller .pendant Gx mois travailler dans un pré voifin cou- vert de fleurs qui leur convenaient- On vin: faucli^ le pré, elles fortirent en fureur de la ruche, fondi- rent fur les faucheurs qui leur volaient leur bien , ^ Jes mirent en fuite. - Je ne fais pas qui a dit le premier que les abcillrâ avaient un roi. Ce n'eft pas probablement un répu- blicain à qui cette idée vint dans la tète; Je ne fais pas qui leur donna enfuite une reine au lieu d'un )T3i, ni qui fuppoû le premier que cette reine était ilt A'VEXLLES. «De Mcjfalifie qui avait uù ferrai! prodigieux» fii paffait fa vie à faire l'amour & à faire fes couches , qui pondait & logeait environ quarante mille œufs par an. On a été plus loin ; on a prétendu qu'elto pspdajt trJDis çfpeces différentes, des reinçs, dps «f- claves nommés bottrdonSf & des fervantes nommées euméreti ce qui n'pftpas trop d'aççord avec les loix p^inaires de U nacuce. On a cru qu'un phyficïen , d'ailleurs grand obfer- vateur, inventa il y a quelques années les fours à poulets, iaven^s depuis environ quatre mille ans par les Egyptiens , ne confidérant pas l'extrême diffé- rence de notre climat & de celui d'Egypte ; on 9. idit encor quecephyjicien> inventa de même le royau- me des abei}le$ fous une reja^ , niere ^ troi;i efpeces. Plidieurs natutadifles avaient d^a répété cette in- vention ; il efl venu un homme qui étant pcfre/Tbiff de fix cents ruches, ^ cru mieux examiner ffan bien que ceux qui n'ayant point d'abeilles ont copié des vc^umes fur cette république induflrieufe qu'on no çonnait gueres mieux que celles des fourmis. Cet Iiomme eft Mr. Simm qui ne fe pique de rien, qui écrit très fimplement; mais qui recueille comme moi du miel & de la cire. Il a de meilleurs yeux que moi, il en fait plus que Mr. le prieur de Jon- val , & que Mr. le comte âa SpeQack de ta naturti il a examiné fes abeilles pendant vingt années; il OOtjs affure qu'po s'eft moqué dp npus, & gijll u'j ,;.Goog\c Abïillk«. 3^ a pas un mot de .vrai dans taat ce qu'oa a répété dans tant de livres. Il prétend qu'en effet il y a dafls chaque ruche une efpece de roi & de reine qui perpétuent cette race royale & qui préfîdent aux ouvrages; il les a deflinés , & il renvoie aux mille fif une nttits , & k l'hifioire de la reine i'Achem la prétendue reine abeil- ]e avec fon ferraiL II y a enfuite la race des bourdons qui n'a aucune relation avec la ptemiere, enfin la grande famille des abeilles Ouvrières qui font mâles & femelles, & qui forment le corps de la république. Les abeille» femelles dépofrat leurs ceufs dans les- cellules qu'el- fcs ont formées. Comment en efFet la reine feule pourait^elle pon- dre & loger quarante taille œufs l'un après l'autre? Le fyftéme le plus fimple eft prefque toujours Je véritable. Cepôidànt, j'ai fouvent cherché ce roi & cette reine, & je n'ai Jamais eu le bonheur de les voif. Quelques obfcivateurs m'ont afluré qu'ils ont vu la reine entourée de fa cour; l'un d'eux l'a por* tée , elle & fes fuivantes fur fon bras nud. Je n'ai point fait cette- expérience; mais j'ai porté dans ma main les abeilles d'un eflain qui fortaient de la mère ruche, fans qu'elles me piqualTent. Il y adesgen» qui n'ont pas de foi à la réputation qu'ont les abeil- les d'être méchantes, & qui en portent des eûàins •ratiers fur leur poitrine & fur leur vifage. VirgiU n'a cbanté fur les abcîiles que les erreiin ...Gooi^lc gj Abtttttè. de fon tems. II & fioiirzit bien que c& roi & tétéé teins ne fuffent autre chofe qu'une ou deux abeille» gui volent par liazard k Ja tête des autres* . Il faut bien que lorfqu'elles vont butiner les fleurs, i) y en ait quelques llcuif oVIès grands év^iemens font arrivés, eft, v^ nue enfin dans ncs climats , oîi ces faits étaient igno- rés. Nous difpuions fur tout ce qui s'eft paflè vas PremUrt Partit. C L) ..-.,« ...Google 24 A B k -1 % A V. i'Éuphrate, le Jourdain, & le Nil; fit cetnr qui font aujourd'hui les maîtres du Nil , du Jourdaia & de l'Eu phrate, j'ouiffent fans difputer. Notre grande époque étant celle à'Abraham, nou»-' différons de foixante années fur fa naJiTance. Voici le compte: , . „ (7) Thari vécut foixante & dix ans, & engendra „ Abramt Nacor & Jran. „ Et Tharé ayant vécu deux cents ciâq ans/ mou- „ rut à Haran. Le Seigneur dit à Jbram : (8) „ Sortez de votre „ pays, de votre famille, de la maifon de votre pe- „ re, &venez dans la terre queje vous montraraiy „ & je vous rendrai père d'un grand peuple." n paraît d'abord évident par le tMte, que Tharf ayant ea Abraham à foixante & dix ans, étant mort à deux cents -cinq-; & ^traftom étant forti de la Cal- dée immédiatement après la mort de fon père , 'û avait jufte cent trente-ciiïq ans , lorfqu'il quitta fon pays. Et t'eftà-peu-prèsle fentimentde^ïvatwsfwCï') dans fùn difcours aux Juifs; lïiab la Geœfe die: „ Abrtm avait foixante & quinze ans , lOTfqu'fl „ fortit de Haran. (lo) „ C'eft le fiqet de lit principale difpute fur l'âge d*^fcr«A«»; car il y en a beaucoup d'autre*. Com- (fi Gen. di. Xr. V». itf. vs. sa. (B) Gan. ch, ÏH. vs. I. (a) Aft. des Apût. ch»p. Vu. ^10) Geo. Gb. XII. va. 4- u:n;«.,GoO'^lc A B fi  R A li.' . fjjr fliëtit Mràkani était-il k la ^.i âgé de cent trente- tinq années, & feuletnene de foixante & quinze? St. ■ ^étante & Sti Ji^ùJUn difcnt que cette difficulté eft inexpHcable. Ùirm Calmet, qui avoue que ces dem (àinti n'ont pu réfoudre ce problème^ croit dénouer aiiëment le ticeud , en .difanc qu'Abraham était le ca- det des enfans de Tharé , quoiquela Genefe le nom' 'ne le premier & par conféquent l'aîné. La Genefé fait nattrë Abraham danâ la fôixante & dixième année de fon père; & Calmtt le fait naître dans la cent trentième. Une telle conciliation a été im nouveau fujet de querelle^ 'Danâ l'incertitude oîi le texte & \e commentaire nous latilfent , le meilleur parti êft d'adOrer fiins dis- {}uter.- II d'y à point d'époque^ dans ces ancien^ téms qui tfait produit une multitude d'opinicHis différenteif. Noua avion»,, fuivanC Moréri, foixante fit dix fyftô- mes de dirondogie fur l'hifloîre dictée par Dmv mê< me. Depuis Moréri il s'eft* élevé cinq nouveHes ma-^ ■ «CTCs de concilier lei textes de l'Ecriture; aiafi voi- là autsic de di{pute« fur Abraham, qu'on lui attri" bue d'années dans le texte quand^il fortit de Haran. Et de ces foixante Se quinze fyllêmes il n'y en a paj un qui nous apprenne au jufte ce que c'eft que cette ville , ou ce village de Harari , ni en quel endroit elle était. Quel etl le fil qui noua conduira dans ce labyrinthe de querelles depuis le premier veriec jufqu'au dernier? La réSgnation. C a ii,M.,,,,Coo'^lc . L'Efpiit Saint n'a voulu nous apprendre ni la chro* tiologie, ni ta phyGque, ni la logique; il a voulu faire de nous des hommes craignant Dieu. Ne pou- vant rien comprendre, noi;s ne pouvons être que fpum!s. " Il eft également difficile de bien expliquer com- tnentSara, femtre A'/lbraham, écaifauflî fafœur.' Jbraham dit pofitivement'au RoideGérar, par qiif Sara avait été enlevée.poyr fa grande. beautéà l'âge de quatre vingt-dix ars, étant grofle dlfaac: Elle ejî véritablement mafœur, étant fiUe de mon pere\ mais non pas de ma mère ; ^ j'en ai fait ma femme. , L'ancien Tcftament ne nous apprend point com- ment Sara était fœur de fon mari. Dom Caîmet, dont, le jugement & la fagacité font conni-S de tout le" monde, dit qu'elle pouvait bien être fa nicca ,'Ce n'était point probablement un incefte chez le» Galdéens, non plus que chez les Perfes leurs voifin* 1^ mœurs changent félon ks teiTrS , . & jelon lc& lieux. On peut fuppofer qa'Abrafiam fils de Thari idolâtre,, était encor idolâtre quand il épouf4 Sara, fuit qu'elle fût fafœur, foit qu'elle fût fa nièce. , Plufifurs pères de l'églife excufent moins Jbrahaut d'avoir, die en Egypte à Sara: Auffttât que les Egyp- tiem-vous auront vue, ils me tueront, ff vous pren- àront : dites donc , je v(ms prie , qm vous êtes ma fœur , afin que mon ame vive par votre grâce. Elle n'avait alors que foîxante & cinq ans. AinG puifque vingt- cinq ans après elle eut ua Roî de Cérar pour amant,' ,,Googlc A' B" R' «■ H A U. Jj dlepouvait bien avec vingt-cinq an» de moins înfpi- rer quelque paflîon au pharaon d'Egypte. En effet xe pliaraon' l'enleva de même qu'elle fut enlevée de- puis par MiTtieiee Roi de Gérar, dans le défert. ^èra/ioffi reçut en préfent à la cour de Pharaon, iiaucQupde bxafs, 4e breiis, d'ânes îfd"dne(fes, de cho- jasaux,de chevaux, de ferviteurs ff de fervantes. Ces préfens , qui font confidérabks , prouvent que les Pharaons étaient d^ja d'affez grands rois. Le pays de r£gy[>ce était donc d^'a très peuplé. ■ Mais pour rendre la contrdç habitable, pour y b^tirdes villes, il ^vait faille des travaux immenfcs , faire écouler dans uçe multitude de canaux les eaux du Nil, qui inoQi daient l'Egypte tous les ans, poidont quatre ou cinq mois, Sl qui croupifTaient enfuitç fur la terre; il a- vait fallu élever cts vilîcs vingt pieds au moins au- tlcQMs de CCS canaux. Dc^ travaux fi coofîdérables Semblaient deman^Ier quelques HecIcG. Il n'y a guère que quatre cents ans entre le délu- ge & le tems oîi nous plaçons le voyage à' Abraham chez les Egyptiens. Ce peuple devait être bien in- génieux & d'un travail bien infatigable pour avoir j en fl peu de tems, inventé les arts & toutes les fcien- ces ; dompté le Nil , & changé toute la face du pays. Probablement même ptufieurs grandes , pyramides é- taieni déjà Mties , puifqu'on voit, quelque tems a-i près, que l'art d'embaumer les morts était pèrfec* tionné; & les pyramides n'étaient que.Ies tombeaux "ïù l'on dépofait les corps des PrincCi avec les plus juguftes cérénuanies. , i U;n;«.yG00glc ^1 AsSAHAtC L'opmioQ de cette grande aucieimecé des pyraoK dqi e(l d'autant p]u$ vraisemblable, que trois cents S8S auparavant, c'eft-à-dirc, cent années après l'é- poque du déluge, lc;s Afiatiques avaient bâti dans \e$ plaines de Sennaar une tour , qui devait aller jus- qu'auï eieux. St. yérôme, dans fon commentaire fur Jfaie^ dit que cette tour avait déjà quatre mille pay de hauteur, lorfijiie Dieu defcendit pour détruirçcec ouvrage, Suppofons que .ces pas foient feulement de deux pieds & demi de roi , cela fait dix mille pieds ; par conféquent la tour de Babel était vingt fois plus hau> te que les pyramides d'Egj'pte, qui n'ont qu'envirou cinq cents pieds. Or quelle prodigieufè quantité d'in- ftrumens n'avait pas été nécelTaire pour élever un tel (Mifice! Tous les arts devaient y avoir concouru en foule. Les commentateurs en concluent que les bom» mes de ce tems-Ià étaient incomparablement plut grands, plus forts, plus industrieux que nos nations ïnodemes. C'eft-là ce que l'on peut remarquer k propos à'A^ traham , touchant les arts & les fciencey. A l'égard de fa perfonne , il eft vraifemblable qu'il fut un homme conTidérable. Les Perfans, les CaU déens le revendiquaient. L'ancienne religion des ma* ges l'appelTait de tems itiimémoriaf, Kish- Ibrahim, Jlfiiw Ibrahim, Et l'on convient que le mot Ibrak'n ' eft précifénjent celui ^Abraham; rien n'étant plus ordinaire aux AÇ^ciques, qui écrivaient raremetic les .vGooglc ■wjyelleB, gue de changer lï en a, 6t l'a en i -dans la prononciation. On a prétentlu même qu'^AraAwR écait It itronu des Indiens, dCHit la notion écaic parvenue aux peu- ples de l'Euphrate qui commerçaienc de tems imrsé- -morial dans l'Inde. Les Arabes le regardaient comme le fondateur de la Mecque. Mflhomet dans Ton £oran voit toujours .en lui Je plus refp3a:(J>le de fes prédécefleurs. Voici comme il eq parie au troîfieme fura ou chapitre. Abraham n'était m jtdf, ni chrétieni il était un mu- Jtàman orthodoxe i il n'était point du nombre de ceux «^ donnent das comptions à Dieu. La témérité de l'efprit humain a été pouflee jufqu'i imaginer que les Juifs ne fe dirent defccndans S Abra- ham que dans des tems très poftérieurs, lorfqu'iis eurenc enfin un établiffement fixe dans la Paleftîne. lis étaient étrangers , hafs & méprirés de leurs voi- sine. Ils voulurent , dit-on , fe donner quelque relief «n fe faHant paffer pour les defcendans à' Abraham ré- véré dana-une grande partie de l'Âfie. La foi que nous devons aux livres facrés des Juifs, tranche tou- tes ces difSeuItés. Des critiques non moins hardis fwit d'autres objec- ^tions fur le commerce immédiat qu'Abraham eucavec Ûisu y fur fes combats & fur fes vtâoires. Le Seigneur lui apparut aprts fa fortie dTIgyptc, & lui dit: Mettez ks yeux vers l'aquilon ^ ^orient , Is C4 .vGooglc 4o Abraham. ntdi fi? toccidsnt j je vous donne pour toujours à vont & à voire pojîérité jufqu'â la fin des fiecles (1 1) , in fem- picerainB, 4 tmt jamais, tout le pays qut vous vtyvi. Le Seigneur , par un fcconJ ferment, lui promit en- Juitê îotrt ce qui eji depuis U I^ilju/qu'à l'Euphrate. Çi-î) Ces critiques demandent comment Dieu a pu pro- ineicre ce pays immefifc que les Juifs n'ont jama's pofKdé; & comment Dieu a pu leur donner 4 tout' jamais la petite partie de la Palefline dont ils font' chafKs depuis fl longtems? ; Le Seigneur ajoute encor à ces promelTes , que la poflérité iX Abraham fera auffi nombreufe que la pouf- . itère de h terre, (13) Si on peut compter lapouJJUre de îa terre^ on poura compter auj^ vos defcendans. Nos critiques infiftent; & difent qu'il n'y a pas aujourd'hui fur la furface de la terre quatre cents mille Juifs , quoiqu'ils aieqt toujours regardé le ma- riage comme un devoir facré, ^ que leur plus grand objet ait été la population, On répond à ces difficultés, que l'églift, fubfti- (uée à la fynagogue, eft la véritable race i^Jbra^ ham ; & qu'en effet elle eft très nombreufe. ■ II eft vrai qu'elle ne pofTfede pcs la Paleftine ; mai? elle peut la pofTéder un jour, comme elle l'a déjà conquife du tems du pape Urbain II, dans la pre- mière croifade. En un mot, quand on regarde arec ■■<»i> Gcn. c-i. Xltt. v-'. 14 & 15. (iil ib. cil. XV. vj. i3. ...Cooi^lc Abraham.' 41'- Its yeux de la foi l'ancien Tellament comme une figure dir nouveau, tout eflr accompli, ou le fera, & la faible raifon doit fe taire. - - On hk encor des difEcuIrés- fur ]a viftoire d'Abra- ham ; on dit qa'il n'eft pas concevable qu'un étranger qui venoit faire paître fcs troupeaux vers Sodome ,■ ait battu avec trois cents dix-huit gardeurs de bceafi & de moutons un roi de Perfe, un roi de Pont y le roi du BaSilone, Ê? le roi des nations i & qu'il les ait pour- fuJvis jufqu'à Damas, qui eft à plus de cent'millcs ^ Sodome. - > Cependant une telle viftoire n'eft point impofîîble; on en voit des exemples dars ces teirs hérorqiics ; le bras de Dieu n'était point raccourci. Voyez Ci- ûèon, qui avec trois cents hommes armés de trois cents ct-uchcs & de trois cent lampes, défait une aS mée entière. Voyez Samfonofii cucTeul mille P^- lifïins à coups de mâchoire d'âne. Les hifloires phrophanes fourniflent même de pa- reils exemples. Trois cents Spartiates arrêtèrent l'ar- mée àeXerxis au pas des Tenriopiles. Il eft vrai gu'à l'exception d'un feul qui s'enfuît, ils y furertt tous taés avec leur roi Léonidas que Xerxès eut là lâcheté de faire pendre, au-lieu de lui ériger une fta- Ole qu'il méritait. Il eft vrai -encor que ces trois cents Lacédémoniens qui gardaient un paflage efcarpé ob deux hommes pouvarent à peine gravir k la fois» paient foutenus par: une armée -dé -dix mille Grecs diftributs dans des polies avantageux , au milieu des L) ..-.,« ...Google |,»- A B X A n A ïb lOcheEs d'Offa & de P^ion ; fit il faut encor bien re- marquer qu'il y en avait quatre mille aux Termopi- les mêmes. Ces quacre mille périreat après avoir loogt^i jcombattu. On peut dire qu'étant dans un endroit moins inexpugnable que celui des trois cents Spartia» t», ite y acquirent encor plus de gloire, en fe dé- fendant plus à "découvert contre l'armée Perfannequi les tailla cotis en pièces. ÂulTi dans 4e monument ^rigé depuis fur le champ de bataille, on fit mentioq de ces quatre mille victimes ; & l'on ne parle au- jourd'hui que des trois cents. Uoe- aâàon pli» mémcffahle encor, & bien moins célébrée, eft celle de cinquante SuiiTqs, (14) qui mi- ient,en déroute à Morgate toute l'armée de l'archi-; ^uc Léi^otd d'jltitrkbt, £ompofée de vingt miil« hommes. Ils renverlèrent feuls la cavalerie a^coups de pierres du haut d'un rocher; '& domierent le t(^s à quatorze cents Helvétiens de trois petits cantons (Je venir achever la défaite de l'arméa ^Cette journée de Moi^ate -cil plus belle que céMi ides Termopiles, puifqu'il efl plus beau de vaiQcrs ique d'être vaincu. LesGrecs étaient au oombredediic jnille bien armés; & il était impc^ble qu'ils aii^t ^aire à cent mille Perfcs dans un paysmonta^iewc M eft plus que probable qu'il n'y eut pas trente miUs Ferfes qui combactiFeaL Mais ici: quatorze cen» i^uilSis défont une arsiée de vingt miille bommes.^La '■ ii(0 en t3ts. ■ ,, Google A- B U s, ^ prt^ortton da, petit nâmf»e au gnod «qgœeote en- cor la proportioii (jç ]a gloire.... Ou mus* 3 ç.,gle A P K E Ç COMM-E. D'.A B^U S. AJ d'autre. Quoi qu'il.en foit, voici les plaintes, des. ba- rons & du parlement rédigées par Pierre Cugnûret. 1°. Lorfqu'un laïqat ajournait devant le jugp royal ou fejgneurial un clerc qui n'était pas même tonruré, mais . feulement gradué, l'officïal iîgnifiait aUx juges dé ne point palTer outre , fous peine d'excommunica- tion & d'amende. II". La jurifdiaion-eccléfiaftique forçait- k» laïque» de comparaître devant elle dans toutes leurs contefta- tions avecles clercs pourfuceelÉon, prêt d'argent, & en toute matière civile. 111°. Les évéques & abb^s établiflaint des notaires dans les terres mêmes des lal'ques. IV". Ils excommuniaient ceux qui ne payaient pas feurS dettes aux clercs ; & fi le juge laïque ne les coh-' traignait pas de payer, ils excommuniaient le juge.' V". Lorfque le jugé fécùlier avait faîfi un volet», il fallait qu'if remît au juge eccl'éfiaftii^ les eSèts* volés, finoD il était eiccommunié. _> Vl^ Un excommunié ne pouvait obtenir Jqn abfo lution fans payer une amende arbitraire. VU". Les officiaux dénonçaient à tout laboureur & manœuvre, qu'il ferait damné & privé de la fépul- ture, s'il travaillait pour un excommunié. VÏII". Les mêffles officiaux s'arrogeaient de: fMre ^ inventaires dans lés domaines .ntéote.\-du roi, fotw prétexte qu'ils favaieqt écrire. _ , ,,Googlc 4* A'?tEt dOHuts t/xità ik». fis fe feifalent pajef {hW acebtdep à imnoui teàu marié la liberté de coucbET avec fa ftmnw: ' x°. Us s'emîiaMentde tous les ïeflamaita, ' XI°- Ils déclaraient damné tout mort qui n'avait point ftit de tellamont, parce qu'an ce cas il n'avait tien lailK i l'églife; & pour lui lailTer du moins les honneurs de l'enterrement , ils làilàient an fon nom m teftament plein de legs pleut. Il y avait foixante-(œ Brieft à-peu-près femblablefc Pierre Rogef, archevêque de Sens, prit favantment a parole; c'était un homme qui palTait pour un valte génie, & qui fut dapois pape fous le nom de Cthmob VI- Il protefta d'abord qu'il ne parlait point pour être jugé, mais pour juger fes adverfaires, & pour ' jnftruire le roi de fon devoir. U dit que .J.tome 1« des libertés de l'éslif» tallicanc.^ - ..Gooi^lc Apfe'i, cq'mmied'abds. içt Tiem Bertrand évégue d'Aatuii entra dans dcplu» grands décaits. 11 afTura que rexcotnmuQJcacioQ n'é- tant jamais lancée :q\ie pobr un -^ché mortd., le coU' pable devait faire pénitence, & que la meilleure pé- nitence était de. donner de r3i;gent à Téglif^ Il re- préfenta que les juges eccléfîaftiques étaient plus c»- ' pables que les juge^ royaux ou iBigneuriouic de rendre: jtfllice, parce qu'ils avaient étudié les décrétaJes que les autres ignoraient. Mais on pouvait lai répondre, qui! fallait oMifler les baillifs & les prévôts du royaume à lire les décré-, taies pour ae jamais les ftUvre. Cette grande affemblée ne fetvit à rien ; : le roi croyait avoir befoin alors de ménager le papp né dan» foB royaume, liégeant dans Av%n(Hi, & ennemi mor- tel de l'empereur Lom de Bavière. La politique .dans tous les tems confèrva les abus dont fe plaignait là juâice. II refla feulement dans le parlcmsit une qaé- moire ineffaçable du difcours de Pierre CugnitreSt Ce tribunal s'afietmit dans l'ulâgc o^ il étaît.déja de 3'Qp- pofer aux prétentions cléricales; on aj^Ua toujours des fouences des oSciaux au parlement, & peu-à; peu cette procédure fut appeilée jtpptl comme d'àiius,. EnSn tous les parlemeiis du royaume fe font accot' dés à laifTer à l'églife fa discipline , & à juger mus les hommes indiftinâement fuivant les loùcde l'état, en confervant les formalités prefcrites p^ les or- doonances. ,, Google lus DBS M O^T-S, ABUS DES MOTS.; J_jEs livres, comme les Coflverfatioiis , nous dOti'' ricric rarement des idées précifes. Rien n'eft fi com-i iTiLin que de lire & de converfer inutilement. ■ . ' Il faut répéter ici ce que Lgeh a tant reçonftiïan- dé, défimjfez Us termes. . : -l ■"One datiie a trqp mat^ & n'a point fait d'ex:tâ:fii-' ce, elleafl: mafade;fon médecin hD.^pcend qu'il y: a dans elle une humeur peccafite j .des Jmpuretés.y- des obftmftioiis, des vapeurs, & lui prefcrit une dro- gué qui pùrifieh fon fang; Quelle idée nette peuvent donner tous ces mots? La malade 6c lé» parens xfA écoutent ne les comprennent' pas plus quC le médècnij Autrefois on ordonnait une décoflfion de plantes çhau-i des ou froides au fécond, au trcnfieme degré. - ' '" Un jurifconfulte, dans (on inftitut aimindj an» tiOncê que rinobfervation des fêtra & dimanehea éft 'on crime de Icze-majefté divine au fecond chef. Mat jejlé divine donne d'abord l'idée du plus énorme des Crimes, & du châtiment le plus affreux v de quoi s'a^ gft^il? D'avoir manqué vêpres, ce qui peut arrivct au. plus honnête homme du monde. ■ bans toutes les difputes fur la liberté un argamert- tani entâid prefqUe toûjoars une chofe, & fon advef- ïhire une autre. Un troifieme futvient qui n'entêiid ni le preniiCT, ni le fécond, & qui -n'en ■éft pas en- tendu. Dans Uin;«.yG00glc AbPSDËSUQTS; 49 . Dais ks dilpuces fur la libeteé, l'un a dans la tâta la puiflimce Lorrque cher tes fiileti l'un eomce l'riuire ^«im** > Et fur un Dieu filt homme lu catnbsi laimils. Tu (il iàn» uM-guciTs Si ffvlv» && ttngue F D « u:n;«.,.CoO'^lc A e k D t K i "t A C A D É M I E. JUEs académies font aux unîverfîtés ce que Page - mûr eft à l'enfance; ce que l'art de bien parler eft i la grammaire ; ce que la polUeffe eft aux premières leçon* làe la civilité. Les académies n'étant peint ftiercetial- res , doivent être abfoiument libres. Telles ont été les académies d'Italie, telle eft l'académie Françaife î & furtout la ibciété royale de Loodrâs. L'académie Françaife qui s'cft formée elle-mémci reçut à la vérité des lettres-patentes de Lmîr XIIl^ mais fans aucun falaire, & par conféquent fans au- cune fujétion. C'eft ce qui ei^gea les premiers hom- mes du royaume, & jufqu'à des princes , à demander d'être admis dans cet illuftre corps. La fociété de ' Londres a eu le même avantage. Lé célèbre Colbert éhnt membre dé l'acadéznie Françaife, employa guelques-uns de fes confrères à tompofer les infci'iptions & les deyifes pour les bftci- mens publics. Cette, petite .aftèmblée dont furent enfuite Radnf & Bàkaoy, devint bientdc Une acadé- mie à part. On peut dater même de l'année 166^ l'établiflêmàit de cette académie des infcriptions , nommée aujourd'hui des itlUt-Uttres ^ & celle de l'a- cadémie des fçienccs de i66^. Ce ftmt deux établif- ...Cooi^lc A. C A O É, H î «K. .J5 femens qu'on doit au même rnioiftre qui cODtribua en tant de genres à la rplendeur du fîecle de Ijoais Xlf^. 'Lorfqu'aprèe la mort de Jean-Baîijïe CoXbért & cel- le du marquis de JjtwooU , le comte de Pontchartra&i fecrétaire d'état eut le département de Paris , il chat- gea l'abbé Bignon iaa oeveu de gouverner les ûouvoQès '■académie^. Oo imagina des places d'ijpnoraire^ ,qui s'exigeaient nulle fcience, (t qui ét^ent fans rétri- bution; de« places de penEkmnaiies qui de^^ndal^t du travaH , défagréablement difl^lgu^ps de CEJIes de» 'fionoraires ; des places d'alTocii^s fanspenfiooj &..de3 places d'élevés * titre encor plus défagréable & fup- jirimé depuis;. L'académie des belles-lettres fut mife fur le'méme pîé. Toutes deux le foumirerft à la dépendance im- médiate du fecrétaire d'état , & à la diftinaîon ré- voltante des booorés, des penfioonés & des élevés. L'abbé Bigm^ ofa propo'fer le même règlement "à l'académie Frahçaife dont il était pieftibre. Il fut reçu avec une indignation unanime. Les moins opu- Jens de l'académie furent les premiers à rejetta-fes ofires, §i. à jEHéférer la Liberté & l'bomieuj à iks j>enfkns. \ • : -, L'abbé Bigmn, qui avec Tinteotion louable deifal- re du bien, n'avait pas alTez mén^é la nobleflë des Yentimens de fes confrères., ne remit plus le pied à l'académie Fraoçaife; il régna d^n; les autres tant que Je comte (le P-ontcIuirlraîn'fat en place. U réfumfu'c joéme les mémoires lus aux: féances publiques , qnq* '54 :"A' c'a demie. 'qirtl faille î'érildîtioo la ()Ius profonde & la prusiten- due pour rendre compte fur le champ 9nfable d» fautes de* . fis) Voifrs Je Afercure de France j[uin pxg, 15». Juillet 3, W- mm psg- M¥ Cf Août pig. lia. Aaaûe ij^Sg. ' 5A T A D A H. ' -' La-fociétë de Londres n'a jamais pris le titre «f»* ' tadémtt ■ ■ < , Les académies dans les provinces ont prbduk de» l^vant^ee' fignatés. Elles' ont fait naître - Témula- dD» } fbrcé au travail-, accoutumé lés jeunes gens k de bonnes leâurès, -dilSBpé L'ignorance: & les pr^ugéa de.quejques villes, infpiré la politeffé & chalTé. au- tant gii on le peut le pédantifme: A D A M. VJn a tant parlé', tant écrie à'yfdam, de fa fem- me ,' des pré-adamites &c.... les' rabins ont débité fur ^dam tant de rêveries, & il eft fî plat de répéter ce ^e les autres ont dit , qu'cdi bazarde ici fur Mam ^me idée affez neuve ; du moins elle ne fe trouve dasi aucun ancien auteur, dans aucun père del'é- ^fe, ni dans aucun prédicateur 09 théolc^ien» ou critiqua , où fcholiafte de ma connaiflance. C'cft le prO' fond, fecret qui a été gardé fur Jdam dans toute la vrre babîtablç, excepté en PaJefline^ juftju'au eems oti les livres jiii&. commencèrent à être OMious dans Alexandrie, lorfqu'il?. furent tradi/its en grec fous ^a des PtoUmixi, Encor furçni-iJs très peu cchiqusv Jes gros livres étaient très rares & très chers; Se de plus les Juifs de Jérufalem furent fi en colère con- coBtre ceux d'Alexandrie, leur firent tant de repro- ches d'avoir traduit leur Bibk en langue prophane. .vGooglc A D * M. SX leur direct tnst d'itgiire$'& cHercàt fi hayt m getr ^eur , que. tes J^iifs Alexandrins c&ch^renc leur tra* 4^âim mtm: jguVIS: le purçoï* : Elle fiit fi feerecte qu'aqoun auww'Gteç ou Ronwntfeii parle jufqii'a* tems de l'empereur Aurélien. Or rhiflort^ ^qffph avoué, dans ià réponfeà >i5>- pion, que les Juifs p'avEuent eii ibngtems aucun côm^ merce avec les aurces "nations, JV«w habitons (dlt^il^ va pays, éloigna ^ la mer i.nwf^w poui appliqwnr point au commerce ; rout ne communiquons point avec les autres peuples T a-t-il Jujet de s'étonner que natrt nation habitaift',/i lom^dfia mer^ ^ ,agtC' tant dt tu ritn écrirf', flit éti.0pmc fogaes i Rrantî' msls Aam sa rtilieu dts'hatîons , iis en fiirfnt toujours l^parés par leur inflituEJ'on. ]]< ne nangeticnt foinc avw les éuttigfits, 6t lie coniDUDiijuerent leuxa Tiviei ^ue irtf ta[4r' ■ n '......COOI^IC 58 A « 'H k xè ^ue^dans Alexandrie. LeurOangue écaic ua mé- iAigébzrbaFed'aBCiea PhénicicB^ & dfr Caldéen cor- rompo. . EHe était fi pravre qu'il ]ear isto^uaic plin £Ëurs modes dans la coqjugaUba de leurs verbet. De plos. De commHniquant k aucuti étranger Içun ïvres ni leurs «très, perfonne fiir la terre, excepté cijx, n'avait jamais entendu parler nî â!/Jdam_, À 4'Ew, ni SAbeU ni de Catn, ni de JW. Le Teill Abraham fut connu de« peuples odeotaux dans la iiiite des ten». y ■ ■ ■'Tels fMit tes-fecrett de h Provîfleocé qoelepere & la mère ds geore-biiniaiâ ffanJôt tôi^ours entié- ain, au polni: que les TOuvent dans aucun an- çi de Rotjie ,;m.de la ,,ies Arabes mêmes juft , Dieu daigna permet- te famille du (nonde qe plus jietite & la plut illc. . Coouneoc fe peut-U &ire. q^^ifom & Xw .aient été ^connus à tous leurs enfans? Coipmenc np fe trouva- t-jl B) en Egypte, ni. k Babilone aupune trace, aur cune tradition de dos pretnîers p^esf Pourquoi nt Çrphit , ni ZÀntir , joi "j^iamiris d*^ parlerent-ib point? -Car s'ils en avaient die un mot, ce mot aurait ^^té •élevé fani-doute pazHi/udt, & lurtout par "^mert^ jqui parlent de tout., excepté des, auteurs de la race ,,Coo'^lc .;A .» .A .M. J» " CWwflït (TAlRranirio qaî ripporte tjnt (tetémoi- gOc^es de l'antiquité , r^aarajc pas manqué de âvet oh paifagc dans lequel il atu^ écé fait menùoB d!^ ,piiès les réponfts que les bnnes tfai^ourd^iit oac fouvenc faites aux aunidnien des ■vaSSJeaax mardunds, de l'aveu des jéruites Portugais. Le Phénicien Sanchomatm, qui vivaif certainement avait le terne oti oous' ptsçoas Moïfi (ty), ic qui efl ci^ par Kufiie comme im auteur autentique, éoaae dix générations à la race humaine comme fak Uoïfe jufqa'au tems de JVài; & il ne parle dans ces ^ géoératioDS ni d'Adamj ni d'Eve^ ni d'aucuo de leurs defceodans , ni de Noi même. Voicj fcs noms dçs premiers hommes, fuîvant la cra^uftion grecque fiiite par Philon de Biblos. Mm^ Cenoif PhnXf Ubm, Vfou, Halieus, Chri/or, Tecnî- ttst ^grovif Amittt. Ce font-Iè les-dix premières gé- ^ératicB& Vous ne voyez fe nom de JVorf, oi iCAdmiàans aii- «me des antiques dynafties d'Egypte; ils ne fe trou- \cBt point chez les Caldéens, en ua mot la terre eo- culte public d*adoration à Dieu. Il eff vrai qu'on ne &a-(x perfonne ni en Alk, ni en Afrîcpie d'aller à la mbrquée, ou au temple du lieu; on y va de fon bon gré. Cette, afflwaice âijrait pu méjne (èrvir à réunir les cTprits des hommes , & à les rendre plus doux 0àns la fociété. Cependant on les a vus quelquef<»s s'acharner les uns Ciuitre les autres dans l'afyle mé; me confàcré à la paix. Les zélés Incmderent de fâng le temple de Jérufalem » dans lequel .ils égorgèrent leurs &eres. Nous avons quelquefois fouillé nos égli. iês de carnage. A l'article de la- CUne on verr» qœ l'empereur eft ]e ptemier pontife, & ccmbien le culte eft augufle & iln^de. AiÛeurs il eft fimple fans avoir rien de ma- jeftueux ; ccmmie <^ les réformés de cotre Europe ; & dans l'Am^it^ Anglaife. Dans d'autres pays il faut à midi des flambeaux d* dre qu'on avait ea abomination dans les premiers tem^ Un oguvent de leligieu&S) à^qui on voudrai^ ...Cooi^lc . K D 9 *< ^ v^ «3 Rmncber les cjergos^ enenk que k fiiniere de Ib fbi dl éieinte & quelemODcfevsfioù'. L'églifè Anglicane tient le miMeu encre les pont* peures'céiénKnâeé ïcxn^aa ft^ fiidKrdl& des calf vinifies. Les chantsy la {fenfe & les ^ndieaus éfaténr dés cérémonies eflbntirfle» aux fites fecréw de tout l'CK tient. Quitoique a lu, faiCque les ancietis- Egyp^ tieiwfaifaieht le tûur de leur» temples en diantant & en danfanc. Ptoiot dlnfbtiitiràt facerdotale chezl^ Grecs ftns des ctâias & dés: danfes. Les: Hébretuc prirent cettfc coutume de leurs voi&is; JDaèid ehatt* ulc & danfalt devant TardiC St, J^thitu parle d'un caQdqa&. cbantépar Jesd»> OiKisr même & par ks apôtres ^irës leur paqup(ig^ Ce cantique sfù eft parvenu jufgu^ khis, n'bft poiac mis dans le canon des livres facrés; mais on en re- trouve I^ fr^tnens dans la 237e lettre de St. Aa- p^m à-l'évéque 0»Mm 4 . . . A. vh^gii^'n.irô dit pas q«e cette tiyinae os fiit point dnntée; Il n'en r^trou've pas les.- pannes : il be coodamtE les prif- ciOianîAes qw- admecEaieol cette, bjrmiie daiu-ItuE'6- m^ie, .que fur rkKetpdéfiatioft^EiraéBjqitlltiaidD^ liaient, & qu'il CTqsv»- m^M^i Voioi'']ciandBpte:td qa'OQ le trouve.p^SBTo^tsdaiffiiAéW^^B^B*^ ' Jt veux dOia, & }t vcus Ctre HtU. ]t veux Ikuver , & je veux être Ikuvfi Jt veux n^eadter, Af {t vera On cngeiidrl. Jt ntn ctMntt; àÊi^-nuAjOfi . . r .vGooglc ft{ A D ù i t it. je. veux i>leBrav^[lcz< vous tou>de*aoubiit.~ ' ' — Je veux omer, & jc'vtiui Aetc orné. ' Je fuis ta lampe pour vausqui me voyei. Je (îiig ta porte poir.voui qui y fn^ptzL * Vous qui voyez ce ^ue ie_tâii>* ne diies [Krint ce ^im }'e OUi» J'ai joui tout cela dans ce dî[cours,& je n'ai pcnnt du tout éié jou^^ ^ Mais quelque difpute qui fe foit élevée au fi^ec |]6 ce cantique, ii efi certain que;]e chant, était emr ployé daos toutes les cérémonies religieufesi i MuAo» ft»t avait' trouvé ce culte étabU chez lee Araires; il l'eft daOs les Indes. II ne^paraftj»s qu'il foit en ufa* ge chez les lettrés de la Clûne. Les cérémonies ont partout quelque redëmblabce & quelque difFérence ; mais on adore Dieu par toute.la terre. Malheur l^n^ doute à ceux qui ne l'adorent pas comme nous , & î^iii font "dans l'erreur foit par le dogme, foît pour~ fes rites; Us font aiïis à l'ombre de là mort: maii plus leur malheur eft grande plus il fa^t les plaindre & les fupporter. : C'ed même une. grande confcdattôn pour nOus qt» tous les maboihécans, les Indiens, les Chincns, le> Tartares adorent un Dmu unique; en cela ils font ooa iïeres. Leur âtale Ignorance de ilos myAeres ficràs ne. peut que nous infpirer une tendre compas^ fioD pour, nos fîvres qui fé^Oeat. Ldn de noua tout efpnt' de .perfécution qui ne fervlraic qu'à les rendre jrrécoociliables. . Un DiED unique'étant adoré fiir tQute la terre coq; nue, faut-il que ceux qui le xeconnaifTait pour leur pete, lui donnent toujours le jpeâacle^ fe^eofaiis qui A O O R E 1. 6^ qui fe détellent, qui s'anathématifeot, qui fe poar- fuivent, qui fe maflacreot pour des argumens ? II n'eft pas aiTé d'expliquer au julîe ce que les Grec» & les Romains entendaient par adorer ; û 'l'on adorait les faunes , les fyivains, les driadcs, les naïades com- me on adorait les douze grands Dieux. 11 n'eîl [las vraifemblable qu'Aitittoùs le mignon ^'Adrien, fût adoré par les nouveaux Egyptiens du même culte que Sérapis; & il eft allez prouvé que les anciens Egyp- tiens n'adoraient pas les oignons & les crocodile!; de la mâme façon qa'ifis & Ofiris. On trouve l'équivo- que partout, elle confond tout. II faut à chaque mot dire, qu'entendez-vous? il faut toujours répéter, définijfa les ïermej. (Voyez l'article Alexandre.) Kft-il bien vrai que Simon qu'on appelle le magi' cien, fut adoré chez les Romains? il eft bien plus vrai qu'il y fu^ abfolument ignoré. St. Jujlin dans fon apologie auflî inconnue k Rome que ce Simon, dit que ce Dieu avait une ftatue éle- vée fur le Tibre (ou plutôt près du Tibre) entre les deux ponts, avec cette infcription, Simoni deo fanSo. St Irénée, 7>rfuWien, attellent la même chofe. Mais à qui l'atteflent-ils? à des gens qui n'avaient ja- mais vu Rome, à des Africains, à desAIIobroges.à des Syriens, à quelques habitans de Sîchem. Ils n'avaient certainement pas vu cette ftatue, dont l'infcriptioa eft Sem/awo deo fidio, &. non pas Simni/anâo deo. Ils devaient au moins confulter Dinys d'Halicar- Prsmîere Partit. E ,, Google 66 Adores. nafTe qui , dans fou (jEiatrietne livre, rapporte cette infcripdoD. Semo fanco étaic un ancien mot fabin qm fignifie demi-homme & deftii-dieu. Vous trolivez dans Tite-Live, Bma Semoni fanco cenfuerunt confe- tranda. Ce Dieu étaic un des plus anciens qui fuf- fent révérés à Rome; il fut confacré par Tar^n li fi^rbe, & regardé comme le Dieu des alUances & de la bonne foi. On lai facrifiaic un bœuf, & on écrivait fur la peau de ce bœuf le traité fait avec les peuples voifins. 11 avait un temple auprès de celui de OjttfiBW. Tantôt on lui préléntait des offrandes fous le nom du pcre Semt, tantôt fous le nom de Conçut jidius. C'eft pourquoi Ovif/e dit dans fesfaftes: Qatreiam noKOi ftnco , fidiort refirrem Al tibi S^Hn paltr. Voilà la divinité romaine qu'on a prife pendant tant de (iecles pour Sinon le mapcien. St. CyriOe de Jérulàlem n'en doutait pas ; & 5t. Augujlin dans fon .premier livre dtt hérifits diç, que Simon k magicita Jui-même fe fît élever cette ftatue avec celle de foa Hélmi par ordre de l'empereur & du fénat. Cette étrange fable dont la fauffeté, était fi aifée à reconnaître, fut continuellement liée avec cette autre fable, que St. Pierre & ce Simm avaient tous deux comparu devant iVMm; qu'ils s'étaient défiés à qui reflufciterait le plus promptement un mort pro- che parent de Néron même, & à qui s'élèverait le plus haut dans les airs; que Simm fe fit enlever par des diables dans im chariot de fèu ; que St. Pierre & ...Cooi^lc A b A R Ë (L êf Jh. PaliJ le firait twnbêr des airs pat leurs prières j tjull fe caiTa les jambes, qu'il en mourut, & que lifé' ton irrité fit mourir St. Faut & St. Pierre. Ahâiai, Moral y li^ge/ype, ont rapporté ce conte avec des détails un peu différens. Àmoèe, St* Oy- ria«de Jérai^a.lem,SéVereSid^e,PhilaJîri, St. Epi- phatUy îfidot-e de Damiette, Maxime de Turin, plu- fieurs autres auteurs ont donné coitfs fuceeffivement à cette erreur. Elle a été généralement adoptée, jufqu'à ce qu'enfin on ait retrouvé dans Rome une (iatue de Semo fancui dtus fidius^ & que le favaot: père Mahiihn ait déterré utl de ces anciens monu- tnens avec cette infdription, Sevani fan£o dn ficUo. Cependant iï eft certain qu*il y eut un SimA que les Juif^ crurent magicien, Comme il eft certain qu'il y a eu un AppoUoniot de Thyaile. Il eft Vrai enco- re, que Ce Simon ne danii le petit payl de Samarie, ranulfa quelque^ gueux auxquels il perfuada qu'il était envoyé de DiEO , & la vertu de Dieô mêma il bâtirait ainfî que les apôtres batilaient, & il éle- vait autel Contre autel Les Juift de Samafie toujours ennemis des Juifs de Jérufalem,' oferent oppofer ce Sftnwià Jesm-Chbist, reconnu par les apâtreS, par les difciples qui tous, étaiâit de la tribu de Betgamin ou dé celle de ^udot Il barifait comme eux; mais il ajoutait le feu au ba< tême d'eau, & fe difait prédit par St. ^ean-Batifie fdoo CCI paroles , eelid qui doit vaàt ofrU mai ^ El .vGooglc (S3 ADCt-TBRE. plus puîffàrtt qne mai, il vous batijera dans U St. EJ^ prit Êf dans le fin. (w) 5îfflo» allumait par deflls le bain baptifmal une fiamme légère avec du naphte du lac Afphaltide. Son parti fut afièz grand.; mais il eft fort douteux que {es difciples l'aient adoré. Se. ^uftin eft le feuJ qui le croie. Ménandrt fe dirait comme Simon, envoyé de Dieu & fauveur des hommes. Tous les faux meflîes,, & furiout BiTcochebas i prenaient le titre d'envoyé de Dieu; mais Barcochebas lui-même n'exigea point d'a- doration. On ne divinife gucres les hommes de leur vivant, à moins que ces hommes ne foient des Aie- xandrts ou des empereurs Romairs qui l'ordonnent expreffément à des efclaves. Encor n'eft-ce pas une adoration proprement dite ; c'eft une vénération ex- traordinaire, une apotbéofe anticipée, une flauerie autn ridicule que celles qui font prodiguées, à Oàa- W par t^irgiU & par Haract. ADULTERE. No s Ous ne devons point cette expreflîon aui Grecs. Ils appellaient l'adultère mmkeia dont les Latins ont fait leur irmehust que nous n'avons point francîfô. Nous ne le devons ni à la langue, fyriaque ni à {"hé- (1») Mntk ch. I. VI. ti. .vGooglc Adulterï. e^ trai'quc, jargon du fyriaque, qui nommait l'aduitete niuph. Adultère fignifiaiten latin, altération, aduUi- . ration , une chofe mife pour une autre , a» crime de faux^ faujfes clefs t faux conlraBs , fauxfeingi aduheratia De-là celui qui fe met dans le lit d'un autre futnom- mi adulter , comme une faufle clef qui fouiUe dans la ferrure d'aurrui. Ceft ainfi qu'ils nommèrent par antiphraft cocciXt coucou, le pauvre mari chez qui un étranger vénale pondre. (20) Pline le naturalijîe dit , coccix ova fubâit in nidjs alienis; itapUrique aliénas tixores factuht ma- Krts. Le coucou dépofc fes œufs dans te nid des autres oifcaux; ainfi force Romains rendent ' mères Ice femmes de leurs amis. La comparaifon n'ell pas trop jufte. Coccix fignifian: un coucou , nous en avons fait cwu. Que de chofcs on doit aux Romains ! mais comme on altère le fens de tous les mots ! le cocu, fuivant la bonne grammaire, devrait être le galant; & ctft le mari. Voyez la clianfon de Scarm C2i_). Quelques doiles ont prétendu que c'eft aux Grec? eue nous fouîmes redevables de l'emblème des cor- nes; & qu'ils ^éfignaient par le titre de bouc , aix, J'époujc d'upe femme lafcive comme une chèvre. (12) (10) L. 10. cil. 9. isi) Tous lu jours «ne cbaift Me cuùie an écu , Pour poritr i l'aife ' ' Voire «hien de eu, " ■ . A moi pauvre cocu. ta») Voyez Tanicle Seue. E3 ...Cooi^lc ar le code quidqutd ligatur àtMubile e^? On me permet la réparation de corps ^ de biens, & on né me permet pas le divorce. JU loi peut m'ôter ma femme., & elle me laiflfe un nom gu'on appelle /acr«B«rt? je ne jouis plus du maria- ge, & je fui$ marié. . Quelle contradiaion! quel es- clavagel & fous gudlès loix avons -nous reçu U Ce qui eft Hen plut étrange, c'eft que cette loi de mon ég^fe eft directement contraire aux paroles que cette églife elle-même croit avoir été pronon- cées par Jesus-Christ: C23) Qi^anque a renvoyé fa fem- me {excepté pour adultère) pèche s'il en pend wu autre.' Je n'examine pomt fi les pontifia de Rome ont été en droit de violer à leur plaifir la loi de celui .qu'ils r^ardait coomie leur maître, fi lors qu'un ^tat a befoin d'un héritier, il eft perniis de répudia celle qui ne peut en donner. Je ne redierche point £ une femme turbulente attaquée de démence, ou homicide , ou empoifonneufè , ne doit pas être ré- pudiée auffi-bien qu'une adultère; Je m'en tiens au ^trillt état qui me concerne , Dieu lâe permet àA me remarier , & l'évéque de Romç M me le pW; met' pas! (ti) uuxtu chip. ig. ' o„.„,Cooglc Al>tFJE,TES«. 'ff Le divorce a été ec ufage chez les catholiquea fous tou^ les empereurs; il l'a été dans tous les é< tats démembrés de l'empire Romain. Les rois do France, qu'on appelle fy la premere race, ont pres- que toup répudié leurs femmes pour en prendre de nouvelles. Enfin il vint un Origotre IX ennemi dés empereur^ & des rois, qui par un décret fit du ma- riage un joug infecouable; fa décretale devint la loi de l'Europe. Quand les rois voulurent répudia une femme adultère fçlon la loi de Jesus-Christ, ilsnQ purent ra venir à bout; il fallut chercher des ptéteX' tes ridicules, Loms li jeune fut obligé , pou^ faire foâ malheureux divorce avec EUomr à» Omenat, d'aJléi guer une parenté qui n'exiftait pas. Le roi Henri If |)Our répudier Sâ.,glc tS ÂâtJtffeEtË. jMinc. Elle M fe trouve poiat dans la Bible fyrja* 91e, elk D'efl point dans la veriion àViphilar. Voilà ce que difent les avocats de mon mailj qui «oildrajent non- feulement me faire rafér, ma^ me faire lapider. Mais les Avocats qui ont plaidé pout- moi difenf tjfx'Ammmus t auteur du trcùOeme fîecle, a reconnu cette biftoire pour véritable, & que û St. yMme la T^ette dans quelques endroits, il l'adopte dans d'au- tres ; qu'en un mot elle eft autentique aujourd'hui. Jtf pars de-là, & je di6 à mon mari, fi vous êtes fans péché, rafez-moi, enfermez-moi, prenez mon bien; mais û vous avez fait plus de péchés que moi, c'eft à moi de vous rafer, de vous faire enfermer, & de m'emparer de votre fortune» En fait de jullice Ids cbofes doivent être égales. Mon mari réplique qu'il eft mon fupérietff & mon chef, qu'il eft plus haut que moi de plus d'un poup- ée, qu'il eft velu comme un ours; que par confë- queot je lui dois tout, & qu'il- ne me dent rien. Mais je demande fi la reine ^oie d'Angleterre n'eit pas le chef de fon mari? fi fon mari le prince de Danoemarck qui eft fon grand-amiral, ne lui doit pas one obéinance entière; & fi elle ne le ferait pas con- damner à la cour des pairs en cas d'infidélité de la part du petit homme ? Il eft donc clair que fi les femmes ne font pas punir les hommes, c'eft quand elles ne font pas les plus fortes. ,,Googlc' 'Adolthrê, 7f SUITK DU CBAPITRB SUR L'ADDLTBKEL Pour juger valablement un procès d'adultère , fl feudrait que douze hommes & douze femmes fuOfcnc les juges, avec un bermaïdirodite gui eût la v(hx p^ pondérante en cas de partie. Mais il eft des cas llnguUers fur lefquels la raillerie ne peuc avoir de prife, & dont il ne noua appariieaC pas de juger. Telle efl l'avanture que rapporte 5fc jita;ufim dans foo fermon de la prédicacim de Jesoï- Christ fur la m<»tagoe. Siptimius Aejndims proconful de Syrie, fait em' prifonoer dans Ântiodie un cbréden qui n'avait pu payer au fifc une livre d'or, à laquelle il était taxé, & le menace de la mort s'il ne paie. Un homme ri- che promet les deux marcs à la femmç de ce matbeu- reux fi elle veut confentir à fes deûrs. La femme court en inftruire fon mari ; il la fuj^lie de lui fauver la vie aux dépends des droits qu'il a fur elle, & qu'il abandonne. £Ile obéit , mais l'homme qui lui doit deux marcs d'or la trompe es lui donnant un fac plein de terre. Le mari qui ne peut payer le fifc va être conduit à Ja Toon. Le proconful apprend cette in- famie; il paie lui-même la livre d'or au fifc de fes projH«s deniers, & il donne aux deux époux chrétiens le domaine dont a été tirée la terre qui a rempli le fac de la femme.. Il ell certain que 1(md d'outrager ibn mari, elle a . été dodle à fes volontés ; non-fetilement elle a obéi, -mais elle lui a ùuvé la vi& St. jiug^n n'ofs déci- .vGooglc dcr û elle eA coupable ou vertueafe, il craint de la coodamiier. Ce qui eft, k mon avis, affez (înguJier, c'cft que Bijle prétend être plus févere que St. Augujlin. (24) Il condamne hardiment cette pauvre femme. Cela ferait inconcevable fi on ne favait à quel point^ref- que tous les écrivains ont permis à leur plume de démentir leur cœur, avec quelle facilité on facrifîc fon propre fendaient à la crainte d'effaroucher quel- que pédant qui peut nuire, combien on eft peu d'ac- cord avec foi-même. Le nwtin rigorifle & le Ibir Ilbenio , L'écrivain quj d'Ephelè excuGt U mitront. lUndtérit (intAi rurP^iroDe, £t («nlAl fur St. Augullia. RÉFLEXION d'un PERE DE FAMILLE. N'ajoutons qu'un pecït mot fur l'éducation contra- difloire que nous donnons à nos filles. Nous les élevons dans le defir immodéré de plaire, nous leur en diftons des leçons ; la nature y travailhit bien fans nous; mais on y ajoute tous les rafineraens de l'art. Quand elles font parfaitement ftilées, nous les pu- nifTons fi elles mettent en pratique l'art que nous a- vons cru leur enfeigner. Que diriez -vous d'un maf- tre à danfer qui aurait appris fon métier à un éco- •]ier pendant dis ans , & qui voudrait lui cafler les jambes parce qu'il l'a trouvé danfant avec un autre? Ne pourait on pas ajouter cet article à celui des contradiflions? AF- (14) Diftionaure de Bxjk ircicle Adadjaia. ...Cooi^lc AFFIRMAXioU PAR-SERMENT. gf AFFIRMATION PAR SERMENT. i ne dirons rien ici far l'affinnaéion avec la* quejpïfe favans s'expriment fi Cuvent. Il n^ft peu mis d'affirmer, de décider qu'en géométrie. Parcoue ailleurs imitons le doûeur MéiaphraJU dtf Molière. Il fe pourait «- la chofe efi faifable t,. cela n'çft pas impoflible — il ftut Voir — adoptons le pe^t-Stn de kabelaitj le qui fais -je de Moatagne, le ma ii^uei des Romains, le doute d& l'Académie d'Athènes, dans les chofés prophanes s'entend: car pourle facréi on fait biea qu'il n'efï pa^ permis de doutcrj Il eft dit, à cet* article dans le diaîorinaire ency* fclopédique, que les primitifs, nommés quàtart eH Angleterre , font foi en juftice fur leur ftule affirma^ tion, fiins être obligés de prêter ferment; Mail lès pairs du royaume ont le même privilcige, ies pairs féculiers affirment fur leur honneur, & Içs pairs ectiléQalliques eti mettant la main fur leuf Cœur ; les qo^liers obtinrent là même piéii6rfii, fomme du te-ins de Deucalion & de Pirra, ni à coups de plume, comme le jéfuite Pétau-, qui fait naître fcpt cents milliards d'hommes d'un feul des enfâift du père A'orfj.en moins de trois cents ans. Charles XII leva le cinquième homme en Suéde pour aller faire la guerre en pays Étranger, 2t H « dépeuplé fa patrie. • Continiions à parcourir les idées 8t les thiffrft du calculateur Hollandais, fans répondre dé rien; pan» qu'il eft dràgereus d'être comptable. Calcul DELiviE. Sclbn lui, dans une ghinde ville, de vin'gt-fiK ma> Fiages il ne refte environ que huit enfans. Sûr mille légitimes il compte foixantc & cinq bâtards. De ièpt cehts enfans il en relie au bout d'un an environ j6o. gu boUe de dis ans - • ... . 445, ' au bout de vingt aqS - - . - - - 40/1 k quarante ans - . - - - *' 3od. k foixante ans - ....... 190J aubout de quatre-vingt ans. - - - 50. 4 quatre-vingt dix ans -, - - - - 5. ^ cent ans pcrfoime, - - - . ■ . i),M...,,Googlc M ' A Q % PaTflà ûD vràt que âe fept cents eofàns nés daM H tnêipe année, il n'y a que cinq chances pour«rriver 1 quatre - vingt dix ans. Sur cent quarante il n'y a qu'une feule cbapce, ^ fur un moindre nombre il n'y fa a point Ce n'eft d«ic qgê fiir un très grand nombre d'exi* fténcei qu'on peut efpérer de ppufl&r Ja fienne jufqu'à quatre-: vingt dix ans; & fur un bien plu» grand nom- bre encor que l'on peut efpéKt de vivre un (îecle. Ce font de gros lots à la loterie fur lefquels il ne ^ut pas compter, ^ même qui ne font pas ^ délirer a^r tant qu'on les délire ; ce n'^ qu'une Ifmgue mort. Combien trouve-t-cm de cçs vieillards qu'on appelle h«triiu$, dpnt le bonheur confUte à ne pouvoir jouir d'aucun plaiQr de }a vie, à n'en faire qu'avec peine ' deux ou Crois fonftions dégoûtantes , à : ne diftinguer ni les foDs, ni les couleurs, k ne connaître ni jouis- lànce ni efpérance , & dont tpute ]a félicité f ft de fayoir çonfufémept qu'ils foqt un fardeau de la cerrç batifés ou circoncis depuis cent années. Il y en a un fur cent mille tout au plus dans qm Voyez les Mes des mc»ts de chaque année & Paris & à LtMidres; ces villes^ à ce qu'on xlit, ont envirtm fepc cents mille habitans. Il eft aès rare d'y trouver à la fois fq>t' centenaires; & fouvcnt il n^ en a pas Unfeul.- 'En général, l'âge commun auquel l'efpece hujnainq pft rradue i la terre, don; elle fort, eft de vingt-deiuç .vGooglc Ace. <7 à vingt -trois ans tout au plus,' lyon lei meiUetir» obfervateurs. Pc mille eofans nés dan» une mâme amiée» les uns. meareoc à ûx mois» les autres à quinze; celui-ci à dix-huit ans» cet autre à create-fîz, quelques - uns ^ foixante; trois ou quatre oâDgenaires fans dents & fans yeux meurrat après avoir foufièrt quatre - vingts ans. Prenez un nombre moyen, chacun a fané fba fardeau vingt* deux ou vingt- crois années. Sur ce principe qui n'ell que trqp vrai, il eft «. yantageux à un état biçn admiuiflré, & qui a des fonds en r^fcrve , de conftituer beaucoup de rentes viagères.. Des princes économes qui veulent enrichir leur (anjUIe , y gagnent confidérablemcnt i chaque année la fon^tpe qu'ils ont à payer diminue, II n'en eft pas de même dans un état obéré. Com- me il paie un intérêt plus fort que l'intérêt ordinai- re, il fe trouve bientôt court; il eft obligé de faire de nouveaux emprunts , c'efl un cercle perpétuel de dettes fiç d'inqjiiétudes, Le> tontines, invention d'un ufbrier nommé !>»• titto, finit bien plus ruineufes. Nul foulagement pen* dam quatre -vingt ans au moins. Vous payez tou* tes kp rentes au dernier furvivant. A la dernière tontine qu'on fiç en France en i^si>t une fociété de calculateurs prit une clafTe à elle feu- le; elle choifit celle de quarante ans; parce qu'on donnait un dénier plus fort pour cet âge qiie pour I^ j^ges depuis un an Jufqu'à quarante ; & qu'il y a preS' ii,,,....,Coo'^lc gue anunt dç cbsicei poiu- parveirir de quaraate ^ guatrc-vJDgts ans , (|ue du berceau ^ quarante. On donnait dix pour ceat aux fxmtes âgéa de q'ja- lante années, & le dertiter vivant héritait de tous ks iftorts. C'eft im dis piU« mmiyais mwdlég que l'é- tat pai^ ftîte. ■ On croit avoir remaequé que les rentiers viagers vivent un peu plus longtenit que k^ autres boromc^ , de quoi les payeurs font affez fâchés. La raifon en tft peut-être, que ces rentiers font pour la plupart (les gcn! de boh feus , qui fc feiiterit bien conflitiiLS : des bénéficieis , des iélibatairts uniquement occupés tfeus-mémes , vivant en gehs qui veulent vivre longr teirs. ils diiènt; fi je fais un excès, le Roi fera mon héritier: l'cmprntirêur qui itie paie ma rente viagère, & qui fe dit mon ami, rira en me voyant enterrer; cela les arrête: i!( fe mettent au régime; ils végei tent quelques minutes de plus que les autres hommes. Pour confoler les débiteurs, il faut leur dire, qu'i quelque âge qu'on leur dpnne un capital pour des ren- ie$ Viagères, fQt'i^ fur la tête d'uii enfant qu' mal. nourris , à des métayers fans relTource qui cultivent maL Ce métayer ne rifqilant rien , parce qi/il n'a rien fourni^ ne donne jamaiâ à la terre ni les engrais, m les façons d(»it éltc a befoîn ; il ne s'enrichit point , & il appauvrit fon maître; & c'eft malheureufement le cas oii fe trouvent pluûeurs pcres«de famille. Le fervice des bœufs eft aufll profitable que celui des cbevaus, parce que s'ils labourent moins vice» on les falt'travaiiler plus de journées fans lesescéder; ÎI9 coûtent beaucoup moins à nourrir ; on ne les ferre t>oint, leurs hamois font moins difpendieus, on les revend, ou bien on les engraiflè pour la boucherie; atnfî leur vie &. leur mort procurent de l'avantage; ce qa'on ne peut pas dire des chevaux* Enfin on ne peut employer les chevaux que daïis les pays oh l'avoine e& à 'très bon marché, & c'efl pourquoi il y a toujours quatre à cinq fois moins de cilcure par les chevaux que par les bœufs.. Des d é fk icb emens. A l'article Défrichement , bti ne compte pour dé- frichement que les herbes inutiles & voraces que l'on arrache d'un champ, pour le mettre en état d'étïe enfemacé. L'art de défricher ne fe borne pas à cette méchode ufitée & toujours néceffaire. Il conGfte à rendre fer- tiles des terres ingrates gui n'ont jamais rien porté. II y en a beaucoup de cette oatuts , comme des terr^nii. ,,Googlc AcKICOLTUHt. fij nMé<^genx ou de pure terre à,briquej k foulon, fur laquelle il etl aufl] inutile de femer que fur des rot chers. Pour les terres marécageufes, cen'eflqucli parélTe & l'extrême pauvreté qu'il faut accufer, Q on ne les fèrCilife pas. Les fols puremenE glaifeur ou de craie, oa fimjjïe* ment de fable, font rebelles à toute culture. li n'y a qu'un feul fecret, c'eft celui d'y porter de la bonne terre pendant des années entières. C'eft oné eotre- prife qui ne convient qu'à. des hommes très riches; Je profit n'en peut égaler h dépenfe qu'aprè» un très long tems , û même elle peut jamais en approcher II faut quMid on y a porté de la terre meuble, îa mêler avec la mauvaife, la fumer beaucoup, y re- porter encorde la terre, & furtout y femer des grai- hes qui loin de dévorer le fol lui commum'quent une nouvelle vie. <5uelque8 particuliOTs tmt fait de tels eiTais ; mais. S n'appartiendrait qu'à un fouverain de clianger ainfi la nature d'un vafte terrain en y faifant camper de la cavalerie , laquelle y confommerait les fburages tir^ des environs. II. y faudrait des rumens entiers. Cette dépraife fe fàifanc dans le royaume, il n'y au- rait pas un dmier de perdu , & on aurait à la longue un grand terrain de plus .qu'on aurait conquis fur la nature. L'auteur de cet article a fait cet elTai eq petit , & a réufll. Il en eft d'une telle oicreprife comme de celle des canaux & des mines. Quand Ja d^>enfe d'un canal ne ferait pas conq)«ifée par les droits qu'il rapporte- ., Google '0 AcRlciÎLTUftl laitj ee ferait tet^un pour l'eut un prodigia^ avantage: Que la dépenfe de rexploîtadon d'une mine d'aï-' gent, de cuivre, de plomb ou d'étain^ & même dé charbon de terre excède le produit , l'cxploitation-eft toujours-très utile: car l'argent dépenfé fait vivre Iclr ouvriers, circule dans le royauriie, & le métal ou minéral qu'on en a tiré, eft une richefle nouvelle ôc parmarifente; Quoiqu'on feflfe il ftudra toujours re- venir  la fable du bon viéllaiti,^ qui 6t accroire i fes enfans qu'il y avait un tréfor dans leur ehamp; ils' remuèrent tout leur (léritage pout Je chercher j & il» i'apperçiuent que ktrnaileftm tréfor, La pierre philofophale de .l'agriculture ferait de fem^ peu & de i-ecueîllir beaucoup. Le grand Al- bert , le petit Albert , la Mai/on ruflique enfeignent douze fecrets d'opérer la multiplication du bleJ , qu'il feut tous mettre avec la JTéthode de faire naître des abeilles du cuir d'un taureau ^ & avec les ceufs de coq dont il vieftt des baOlics; La chimère de l'a- gricuhure efl de croire obliger la nature à faire plui qu'elle ne peut.- Autant vaudrait 'donner le fecret . de feire porter i une femme dix ei^msf quand elltï fie peut en donn» que deux. Tout ce qu'on dois feire eft d'avoir bien foin d'elle dans fa groflÈlTe. La méthode la plus fure pour recueillir un peu plus de grain qu'à l'ordinaire, eft de fe fervir du femoir. Cette manœuvre par laquelle m ftmtl la fols, on herfe & on recouvre, prévient 1# ravage du vent qui quelquefois difr^le grain y: & cehâ des oifeaux qui le AGltl"cULTTlR& PJt^ fe dëvoreiit. C'eft UQ avantage qui certaineaienc tfeft f>as à négliger^ De plus la femèncé eft plus régulièrement vetféfl & efpacée dans la terre; elle a plus de liberté de i'é* tfcndre ; elle peut produire des tiges plus fortes & ut) peu plus d'épîcs. Mais lé fëmoir ne convient ni i toutes fortes de terrdnsj ni à tdus le^ laboufeuT& il faut que le fol .fait uiii & fans caillouxi & ilfàut que le laboureur foit aifé. Un ftmoir coûté; & il en coûte encot pour le rliabillement quand il eft déi traqué. Il exige deux homnies & un cheval; plu- fîeurs laboureurs li'ont que 'des bœufs. Cette machi- ne utile doit âtre employée par les riches cultiva* teurs & prêtée' aux pauvres. De la grande protection niit A l' AGRICULTURE. Jpar quelle fetalité T^culture n'eft-éllc véritable- tnent honorée qu'à la Chine? Tout rainiftré d'état en -Europe doit lire avec attention lé mémoire fui- vant , quoiqu'il foit d'un jéfuîtè. 11 n'a jamaiâ étâ contredit par aucun autre miffionnairé, malgré laja- loufie de métier qui a toujours éclaté entre eux. 11 tu entiéremeiit conforme à toutes I(!s relations que flous avons de ce vafte empire. „ Au commencetnent du printém» chinois, c'eft- „ à-dire dans le mois de Février, le tribunal des „ mathématiques ayant eu ordre d'examiner qu^ fi était le jour convenable à la cérémonie du labou- M rage, détermina le 24 de la onzième lune, & ce Premùrt Partie, 6 U;n;«.yG00glc ^ ActlCULtUKK. „ fut pat le tribunal des rites que cejour i^ut aittioa- „ ce à l'empereui" dans un mémorial où le mêmer „ tribup^I des rites marquait ce que fa majefté do» j, vait faire pour fe préparer à cette féce. ,t Sekm cç mémorial, lo. L'empereur doit Qonl' „ m^ tes douze perfonoes illuftres qui doivent l'ac- », cw^figne' & labourer après lui; favoir, trois „ prlpç^ (Se oeuf pr^fidOTs des cours fouveraiucs. Si „ quelquea-UB? des préSdens étaient trop vieux ou ,, iafirmes, l'eQ^pereur nomme fes aHelTeurs pour „ tenir leur plscç. ,t 20. Cette cérémcHnc ne conlUte pas feulement k )f labourer la terre, pour exciter l'émulation par „ fon exemple; mais elle renferme encore un facri- 3x fiçe que l'empereur comme grand pontife offre au „ Chang-ti, pour lui démander l'abondance en (avear 5, de fon peuple. Or pour fe préparer à ce facrifice, 51'il doqt jeûner & ggrder la continence les trois jogrs „ pr^cédeos. (aO) L* même précaution doit être „ pbfervée par tous ceux, qui font nommés pour M aocosipagner fa m^edé, foit princes, foit autres, M fcàc fûndarii); de lettres, foit mandarins de guerre. t, 30. Lav^lledeeette cérémcnie, fa majefté chqi- •„ fit quelques fei^teurs de la preniiere qualité , & les u envoie à la falle de Jes ancêtres » fe proflcnier do- M, vant la tablette , & les avertir, comme ils feraient ^ s'ils étoi^t encor envie, (27) que le jour fUivsnt ^ il ofirira le gf^d facrifice. Caa> Cfld Tfu) mt Oiffli-il a>t pour d^iniire I» fblle csTpumie (t- b)ie lUni notre Occident, que le goBverooincnt ChipoU eSwWe» .<îM LfcFOV«rli« dfe: C^/^orux-veuf à (isard. /« merti cg^gtie ,,Googlc \i Voilà CD peu de mots ce que le tnémoriat da- i, tribunal des rites marquadc pour la perfoimc d«. i, l'empereur. II déclarait auffl tes préparatifli qu» ), les ditfêretd tribunaux ét^ent chaînés dé fyiie. L'uUr ), doit préparer ce qui ftrc aux Acrlfices. Un autr». >, doit compoftr les parolej que l**nq)ercur récite pi». ), faifant lé facriâce. Un troîGeme M jour de la hias, fk miellé fe modlt sivac ewHe I» }, cour ea babit de oérémonle au Dca defldaé à i^&Ar. u au Change te facrifics du princens, ftnkqaétint M le {me de &in cioftre AcdeocwArvcr lesUensde» „ la terre. C'eft pour cela qu'il l'âfi» avait que d» ji mettre la majn à la charme...... - „ L'empereur facrifia, & après le &crifîee fl étPi iy cendit avec les troi» princes & les neuf préfidea* n qui devaient labourer avec lui PIuQeurs grands Gs ...Gooi^lc „ feigneura poi^ent eux-mêmes les coffi^ précietxc „ qui renfermaient les graios qu'aa devajc femer, „ Toute la cour y affifla en grand lîlence. L'empe- „ reur prit la charrue , & ât en labourant plufieurs „ ailées & venues: lorfqu'il quitta la charrue, un „ prince du fang la cooduiHt & laboura à fon toun „ AJnâ du refte. „ Après avoir labouré ;eQ dSKrem endroits, l'em- „ pertur fema les difFérens grains. On ne labour* „ pas alors tout le champ entier , mais les jours fui- „ vafls les laboureurs de profeflion achèvent de le „ Tabourer. M II y avait cette année-là quarante-quatre ancien» ^ laboureurs , & quarante-deux plus jeunes. La cé< ^ rémonie fe termina par une récompenfe que Pem- M pereur leur fit donner. A cette relation d'une cérémonie qui eft la plus bel^ £» de toutes, puisqu'elle efl la plus utile, il faut j<ândre un édit du même empereur Timtchin. II ac- Qcffde des récompenfès & des honneurs à qm'conque défrichK-a'des terrains incultes depuis quinze arpena- Jttfqu'à quatre-vingt, vers la Tartarie; car il n'ycQ' • pcnnt d'incultes dans la Chine prc^irement dite; & celui qui en déftlcbe quatre-vingt devient mandario- éi huittone ordre, Que doivent f^te nos fouverains d'Europe en ap- prenant de tels exemples 7 ADMIRER ET ROUGIR ; MAIS SURTOUT IMITER. , . .vGooglc rojlfeript. J'ai lu depuis peu un petit livre fur les arts & mé- tiers , dans lequel j'ai remarqué autant de chores uti- les qu'agréables ; mais ce qu'il dit de l'agricolturé reflemble aflez à la manière dont en parlent plufleuri Parifîens qui n'ont jamais vu de charrue. L'auteur parle d'un heureux agriculteur qui , dans la contrée la plus déh'cieufe & la plus fertile de la terre, culd* vait une campagne jut lui rendait cent pour cent. Une favait pas qu'un terrain qui ne rendraicque^ cent pour cent, ncm feulement ne payerait pas ua feul des frair de la culture, mais ruinerait pour Ja- mais le laboureur, II faut pour qu'un domaine puif- fe donner un léger proât, qu'il rapporte au moina cinq cents pour cent. Heureux Parifiens,jouinbz de DOS travaux 1 & jugez de l'opéra comique I (Yoyez Farticle Bled ou BIQ ' AIR. vJn compte quatre élémena , gnatre efpeces autant que ma vue pput porter. Ce nuage s'épajffît pau-à-pei^ cache infenfiblement les montagnes, & s'élève aur diffus d'elles. Comment, fi l'air exîftait , cet ait dont chaque colonne équivaut ^ trente-deux pieds d'e^u , ne ferait-il pas rentrer ce nuage dans le feùf de 1^ tene dont il etl fprti ? Chaque pied cube de cq Ouagp efl; preffé par treqterdeuï pieds cubes i donc .vGooglc {} ge pounit jamais fiçtràr «de cerre qqe par i^ ^brç prodigieux , & beaucoup plus grand que celui des vents qui foujeyent les mers ; puifque ces mers n§ montent jamais à la trentième partie de la hauteur de ces niiages d^ijs I9 plus grairfe pffèrvefcençe des tenb pète^ L'air eft élaftfqoe, nous dit-on: mais les vapeuni de l'eau feule le font fouvent bien davantage, Ce que vous appeliez l'élément de Vcàr preflË dans une canne i vent , ne porte une balle qu'à une très pente disr .tance; mais dans la pompe à ièu des "bâtimens dYorck ^ Londres, le^ vapçur; font (yi e^t cçQt ^ pjus yiplentf On ne dit rien de l'air, contînuent-SIs, qu'on ne puifTe dire de même des vapeurs du globe ; elles pe- fent comme lui, s'InCnuent comme lui, allument le feu par leur foufle , . fe dilatent , fç coodenfent de même. Ce fyftéme femble avoir un grand avantage fur cer )ui de l'air, en ce qu'il rend parfaitement raifon dç ce que l'atmoft^iere ne s'étend qu'environ à trois ou quatre mijles tout au plus; au li^ que on admet J'air, 00 ne trouve qulle raifon pour laquelle il nç s'étendrait psS beaucoup plus loJb, & D'^mbrafTerait pas l'orbite ^e la luqe, La plus graijde objeftion que l'on falTe contre les. fyftêmes des exhalaifons du globe, eft, qu'elles per- dent leur élafticité dans la pompe 4 feu quand elle$ font r^oidies , au Ijeu que l'air eft, dit-on, toujoui; '95 .,o,Googlc io« A ï R, élaf^iM; mais premiéremenc il n'ait pas vrai ^uq l'élafbcicé de Ttk igfflè toujours; foa élaOîcicé eft nulle quand eo i^ ib^Jcft en équiklwe, & fana cela U n'y a point de végécauz & *f^n»aax gui ne cre. vaflfent & n'éclatalfcnt en cent morceaus;, fi cet air qu'on fuppofe être dans eiuc, confervait fon ékiftici- té. Les vapeurs n'agilTent point quand elles foM en équilibre; ç'eft leur dilatation qui fajt leurs gran^ji effets. En un mot, tout ce qu'ra attribue à l'air femble appartenir fcnfibleraait, félon ces philqfophes , ftux exhalaifons de noue globe. Si on leur ftii var que le feu s^éteine quand il n'eft pas entretenu par l'air, ils répondens qu'on fe mésM^, qu'il faut à un flwnbeau des vapeurs fô- ches & élaftiques pour nourrir fa flamme , qu'elle s'éteint fans leur fecours, ou quand ces vapeurs font ti'op grades , trpp fuIjAureufes , frqp groilîeres & fans reflbrt. Si on leur objeûe que l'air eft quelque., fois peftilenctei , ç'eft bien plutôt "des exhalaifons v^'oa doit le dire. E^ porttm avec elles des par-, tics de fu^re, de vitrk>l, d^rfOilc & à& toutes les planées miffitdds. On dit: Pdr efi pw dims 6e canton ^ cela fiffjMfle: a cMtm n'eji peint maréeàgeus; il n'a ni plantes ni msiieres pemicieufes dtmt les parties s'ex> halÉRt continuelletnait dans les corps (fes animauir. Ce nfeft point l'élément prétendu de l'air qui rend I^ campagne de Rome fi inal faine , ce font les eaux croupifTantes , ce font les anciens canaux, qui creu- fés fous terre de tous côtés , font devenus le recep- table de toutes les bêtes véninieufes, C'eft de là que sXxhale contiûQeflement un poifon n^ortçl. AUcz k ,,Coo^lc A I *f toj Frefeatj> ce o'eft pks le m£me ten'aûi, ce ne foqc plus ks mêmes f xhalaifoin, Mais pourquoi Félément fuppofé de l'air chat^e> rait-il dejiature à Frçfcati? Il fe chargera, dit- on ^ dans la campagne de Rome de ces exhalaifoos funeir tes, & n'^ trouvant pas 4 Frefcati il deviendra plus falutaire. Mais encore une foit, puifque ces exiia^ laifoDS exjAenc, puirqu'oi) les voit s'élever le jbir eq puagee, quelle néceffîcé de les attribuer à une autre ÈauTc? Elles moDteQt dans racmoQAov, eDes s'y dis* Cpent, elles changent de fprme.; le vent dont elles font la- première canfe, les emporte, ks fiipare; e^ les s'atcaïueDt, elles deviçonçot falutajreS| dç 0i«* ^Ues qu'elles étaient. Une autre ot^eftion-, c'en que ces vapeurs , ces ' lexhalaifoDs renfênnées daps m vafe de verre s'attar chent aux parois & tombent » ce qui n'arrive jamais ^ l'air. Mais qui vous a dit que G les exbalaif(»]s hu? mides tombent au ibnd de ce cryltal, il n'y a pas in- comparablement plus de vapeurs feclies & élaftiques gui fe foutiennent dans l'intérieur de ce vafe? L'air, ditesrTcxis , cft poriâé apiès une pluie, Mail nous fommes cb droit de vous foutenir qoe ce &mt les e!r* balaifoDS tartflrcs qui fe font piniâéei» que ks phis grollîeres, les plus aqueafés reotos k h terre, his- feoc tes plus fccfaes & les plus fines au deSiis de no» tétesj & i^c clïll cette d'oenûon & cette deibentt ^temative qui eiftretient le jeu continuel de la nature. , Voilà une partie des taifoos qu'oo peut, afi^œr ett ^veur ^e l'c^cn ^ l'^iQéiftdQ ft|e alxifle pa&t ...Cooi^lc lOg ALCQIHIjlTE. JJ y «a a de très fp^cjeufes & qui peuvflBt au moin? ^ire oaitre des doutes; mais ces doutes céderait tou- jours à l'opinion commune. On n'a déjà pas trop de quatre étémens. Si on nous réduifkft à trois, nous nous croirions trop pauvres. On dira toujours' l'élé- ment de l'air. Les oifeaux voleront toujours dans les airs, & Jamais dans les vapeurs. On dira toujours, tdrejldoux, l'tàr ejlfertint &}a.maisfei vapeurs fonf douces , font /ereiaes. jgssssasgsgssessssgGgssssssesEssssg ALCHIMISTE. V-^et Al emphadque met l'alcbimlfte autant au dec' fus difchimifte ordinaire, que l'or qu'il compofe eft au deiTus des autres métaux. L'Allemagne eft eDCOf pleine de gens qui çhercheqc la pierre philofophale, comme on a cherché l'eau d'immortafité à la Chine, & la fontaine de Jouvence en £urop& On a connu quelques perfoime; en Francç qui fe foqt ruinée^ dans cette pourfuite, Le nombre de ceux qui ont cru aux tranrmutattons eft prodigieux; celui des fHpoos fîit proportionné i celui dès crédules. Nous avons vu à Paris le feigneur Dammif marquis de Conventigljo , qui tira quelque* centaines de louis, de plulîeurs grands feigneurs pour leur faire la valeur de-deux ou trois écus en or. Le meilleur tour qu'on àt jamais fait en alchimie fbt celui d\m Rife-croix qui alla trouver Hen^ /« 4uc de Bouilloa, de la maifoii de Jt^nm, prince .vGooglc A L C 8 I M 1 s T ^ 109 Rjuvéraiû de Sedah, vers l'an 1620. „ Voui ù'ave* ,t pas, lui dit -il, une fouvèraineté proporcionoée à ,i votre grand ceurage. Je veux vous rendre plus ri- „ che que l'empereur. Je ne puis relier que deut' „ jours dans vos états; U iàut que j'aille tenir à Ve- „ nile la grande ailfemblée des frères. Gardez feule- „ ment le fecret ; envoyer chercher de la litharge „ chez le premier apoticaire de votre ville- ^éttez- ,> y un grain fêul de la poudre rouge que Je vous M donne; mettez le tout dans un creufet, & «d „ moins d'un quart d'heure vous aurez de J'or." Le prince St l'opératton * & la réitéra trois fois ed ^éfence du virtuofe, Cet hcnmie avait làic acheter auparavant toute la lithâi^ qui était chez les apoticai- res de Sedan , & l'avait fait enfuite revoidre charge de quelques onces d'or. L'adepte en partant fit préfenc de toute fa poudre tranfmutaote au duc de BoailUa, Le prince ne douta point qu'ayant feit trois onces d'or avec trois grains, il ne fît trois cents mille onces' avec ïroiâ cents mille grains ; & que par conféquent il ne fût bientôt poflëfTeur dans la femaine, detroi- œ-fept mille cinq cents marcs, &ra compter ce qu'il ferait dans la Mte. Il fallait trois mots au moini pour faire cette poudre. Le {Ailofc^jbe était prellS de partir ; 11 ne lui reftait plus rien , il avait tout donné au prince; il lui iàllait de la monnoie courante pour tenir à Venïfe les états de la philofophie hermé-" tique. C'était un homme très modéré dans Tes détïrs' & dans fa d^>enfe; i] ne demanda que vingt milli^ écus pour fon voyage. Lt duc de BvaiWm honteux du .;Googlc lia A L C B I K t 9 T à peti/ld eil dooru quaraare mille. Quand ît djt éj^ . Se toute la litharge de Sedan, il ne fit plus d'or; il ne revic plus foo philofopbe; & en fut pour Sca qua< lajjte mille écut. Toutes les jffétendues tran^mutatiônir alcfcimjfjue»' ont été faites à-peu-près de cette manière. Cbangei* une produâlon de la nature en une autre, eEl une opération un peu difficile, comme, par exemple, da ftr en argent; car elle demande deux chofes qui ne' font guère en notre pouvoir, c'eft d'anéantir le foi & de créer l'argent. Il y a encor des philofophes qui croient aux tran>- mutations, parce qu'il» ont vu de l'eau devenir pier- re, n» n'ont pas voulu voir que l'eau s'étant éva- potée a dépofé le fable dont elle était chargée, & que ce fable rapprochant Tes parties efl devenu une petite iMerre friable qui n'eft précifément que le fa- ble qui était dans l'eau. On doit fe défier de l'expérience même. Nous ne pouvons en donner un temple plus récent & plus frappant que l'avanti^ie qui s'eft pafTée de nos jours, & qui sft racontée par UQ cénitHa oculaire^ Voici rewraie da compte qu'fl en a rendu. j, n faudrait avoir toujours devant les yeur cepro- I, verbe efpagnol: De las cofat masfeguras ta vuu/e- g, fftra et dudar. Quand on a fait une expérience,* le j, meilleur parti eft de douter Iongtems.de , rain qui en fît ulkge à la chaffe. Elle fut jugée pluS „ fine & plus agiflante que toute autre. Le prince, „ dans un voyage à Verfailles , donna de la mémo j, poudre au Roi , qui l'éprouva foiivent & en fut ton* „ jours également fatisfuit. Le chimifte était fi flïf „ de fon fecret qu'il ne voulut pas le doflnerà moins ,, de dix-fept cents mille frsacs payés comptant, & Id „ quart du .profit pendant viogt années^ Le marché „ fui Ogné; le chef de la compafpiie des poudres, d« „ puis garde du tréfor-royal, vingt en Alface de la part a, du roi, accompagné d'un des plus Ihvanis chimifleft „ de France. L'AliNnaod opéra devant eux auprès ts 'de Colmar , & il opéra à fes propres dépens. Cétaic „ mie nouvolle fveuve de fa bcMoe-foi. Je ne vît „ point les travaux; mais le gaide da tréfor-royal „ étant venu chez moi avec le chimUte, je lui dis „ que s'il ne payait les dix-fepc cents mille livres „ qu'après avoir fait du falpêcre, il gardetaît tou* „ jours fon argoic. Le chimifta nt'afllira que le fal- „ pêtre fe ferait. Je lui répétai que je ne le croyais „ pas. Il me demanda pourquoi? C'efl- que let bom* „ mes oe font rien, lui dis-je. Ils uniflënc & ils défï)- „ niflbat; mais il n'iqifiarcieac qu'à la meure de&ùc „ L'AIIqipand travailla trois mois entiers, auboup ;» lilefqueU il aviHu foD impuilTaoce. Je ne peux .vGooglc ut ALCOKAiSy on && KC/KAET. j, changef la terte eu falpétre, dît-it; je m'en rttouw „ ne chez moi changer du cuivre en on II partit, ,, & fit de l'or comme il avait feit du falpêcre. „ Quelle lâuflfe expërients avait trompe ce pauvre „ Allemand , & le duc ion mahre , & les gardes du „ tréfor-royal^ & le cMmifte de Païis, & le roi? j, La voici. ,, Le tranfmutaééur Allemand avait vu Un morceail ,/de terre imprégnée de falpétre, &il en avait ex-- „ trait d'excellent avec lequel avait compofé là „ meilleure poudre -à drer ; mais il n'apperçuc pas „ que ce petit t^raïn était mêlé dès débris d'ancien' j, nés caves, d'anciennes écuries, & des rêftes dumor- „ tier des murs. Il ne confidéra que là terre, & il „ crut qu'il fuffiifait de cuire une terre pareille, pout „ faire le falpétre le meilleur." On ne doit cependant pas rebuter tous les hommes k fecrets & toutes les inventions nouvelles. Il en efi de ces virtuofes, comme des pièces de théâcrej fut mille il peut s'en trouver une de bcHme. A L C O R A N, ^ou plotôt LE K o R A N. V^E livre gouverne defpotiqoement toute FAfrique Septentrionale du mont Atlas au défert de Barca, toute l'Egypte, les côtes de l'océan Ethiopien dam l'erpacË deux cents lieues, la Syrie, l'AHe mineure. ...-.;« ..Gooi^lc AecoeAn, 00 LB KoraR. ■ IJJ tous tes pays qui entourent la mer Noire & la mer Cafpienne, excepté le royaume d'Aftracan, tout l'enï- pire de l'indouftan , route la Perfe , une grande partie àe la Tartarie, & dans notre Europe la Thrace; la Macédoine, la Bulgarie, la Servie, la Bofnié, totf. te la Grèce, l'Èpife, & pfefque toutes lei iflesjiï*. ■qu'au petit détroit d'Otrantë dii finifledt toutes c& iiiimenfes poITeiîionS. Dans cette prodigieufe éteaàoB de payé i\ n'y 4 pas un feul nnbométan qui aie le txmheiir de lire ooi livres -facrés ; & très peu de littérateurs parmi npu» connaifTent le Kerm. Nous nous en faifons [u^que toujours une idée ridicule, malgré les rechércheidà tios véritables favans; Voici los premières lignes dé ce livté. }, Louanget à DiEO, le fouverain de toiis les moà* ), des ; au Dieu de miférjcorde ,. au fcHiveraro du jiQUt s, de la juftice ; e'eft toi que nous adorons j c*e(t ds j, toi feul que nous attendons la proteâion. Goo^ ^j duis-nous dans' les voies droites; dans les voies dQ ), ceux^que m as comblés de tes grâces» non daoi ,, les voies des oty'ets de ta colère^ & deceivcqu} i, fe font égarés." . . , Telle eft rintroduâion ; apiès quM l'on voit trois lettres, j4,L, Jlf , qui Ibloa le favîant JoUrj ne s'en* tendent point, puifqae chaque commentateur les ex* plique à fa manière; mais felcn la plus commune, opinion elles Hgnifient, Allât JLaîïfi Magiit iioM^ ta Grâce f la Gloire. Fmtiart Partît. B U:n;K.yG00glc ^i4 ALCORAH* Ott Lt CORÂtf. . S^emet continue, & c'eft Dieq lui-ménle gid ■lui parte. Voici Ces ■praptes moc». „ Ce livre n'admet point le doute, il eft la dirée* '„ tion des juftes qui croient aux prorondeur» de la j, foi, qui obfervait les tems de la prière, gui ré- „ pandent en aumônes ce que nous avons daigné leur „ donner , qui font convaincus de la révélation des- „ cendue jufqu'àtoi, & envoyée aux prophètes avant fe toi. Que les âdelâs aient une ftrme aOurance dacs ^ la yie à venir: qu'iïs fbienc dirigea par leur M- ft gnâur, & ils feront heureux. ; ,j A l'égard des incrédules fl eft égal peut ttiï „ que tu les avertiffes ou non; ils ne croient pcs} « le fceau de l'infidélité eft fur leur cœur , & fur M leurs oreiU$« ;; les téod^re» couvrent leurs yeux^ Is ^punition terrible les attend.' fi Quelques-uns difent , iious croyon» en Ditxi, Se ^ au dernier jour; rniis au fond ils ne font pas cro' ^ fans. Ils imagineat tromper l'Etemel; ils & jCrom.' t, peitt eux-inémes fans le &voir,* l'infirmité eft dan» I, Jbuc cœur, & Dau môme atigmente cette tofinoi- j, té, Ac." . ,, On prétend que ces paroles ont cent fois pltis d'è- HOgie ai arabe. Et Cd; e^, l'ÂIt:oran pafl:e encor witjuTdluii pour le livre le plos élé^c &. te plus fu; l)]lBie-<|ui ait aicor été écrit dans cette 1 ' , Nous avons in^té à l'AIcoran une infinité de fotï>. fts qui n'y furent jamais. ' (Voyez l'article Ara & ,, Google ÀLCdBAS, OV LE KORA». ITf fcè ^ut principalement contre les Turc» devenus inahométans ^ que nos moines écrivirent tant de li- VreS, lorfqu'on ne pouvait gueres répondre autrement aux conquérans de Con(lantinq)le. Nos auteurs qui font en beaucoup plus grasd nombre que lesjaniflai- hAf n'eurent pas beaucoup de peine à mettre nos- ^mes dans leur parti ; ils k»n pçrfuaderene qu» MaMmèi ne les r^jïudait pas comme des animai» In- telljgens; qu'ailes étaient tinites efclaves par let loiX' de l'Alcdran; qu'elles ne poflëdaient aucun bien dans ce monde, & que dans Tautre elles n'avaient aucune part au paradift. Tout cela éll d'une fsufTeté éviden- te; et tout cela a été cru fermement. Il fuffifait pourtant de lire le fécond & le quatrie- iae fura (28) ou chapitre de rAIcorao pour être dé- trompé; on y trouverait les loix fuivantes; elles font traduites également par Du Rîer qui demeura' longtems à Conliantinople, par Maracci qui n'y alla jamais, & par Salks qui vécut vingt-cinq ans paroji les Arab^ Kéglemens de Mahomet sur lis femuxs.. ji N'époufez de femmes idolâtres que ijuand elles fe- j, ront croyantes. Une fervante mufulmane vaut „ mieux que la plus grande dame idolâtre. II. „ Ceux qui font vœu de chafleté ayant des fera- u mes, attendront quatre mois pour le détenolDCr*' C>SJ £0 comptant rintiDduflloii pour On chipitn. Hs v. .,,,Googlc Il9 AlCOKAH, ou le KORltf. ,j Les femmes Ce comporteront envers leurs matil „ comme leurs maris envers ellas^ lU. „ Vous pouvez faire un divorce deux fois sveé if votre femme; mais à la troifieme, û vous la ren» M voyez, c'eft pour jamais; ou vous la retiendrez a- „ vec humanité, ou vous la renverrez avec bontés „ Il ne vous eft pas permis de riai retedr de ce quo „ vous lui avez drainé. ÎV- rt Les honnêtes femmes font obéiffaiites & attftnti' „ Ves, même pendant l'abfence de leurs maris. Si „, elles font fages, gardez-vous de leur faire la moln- „>3re querelle; s'il en arrive une, prenez un arbitre „ de votre famille & un de la fienne* „ Prenez une femme, ou deux, ou trois, où qua-^ „ cte, «c jamais davantage. Mais dans la crainte de „ De pouvoir a^r équitablement envers plufîeurs ,. „ n'en prenez arfune. Donnez -leur un douaire con- „ venable; ayez foin d'elles, ne leur parlez jamais j, qu^vec amitié. VI. „ Il ne vous eft pas p^mis d'hériter âe voS fera- „ mes contre leur ^, ni de les empêcher de fema- „ rier à d'autres après le divorce pour vous.emparer „ de leur douaire , à moins, qu'elles n'aient été dé- ,, clarée* coupables de quelque crime. Alc'ora'n, od le Kora* 117 „ Si vous voulez quitter votre femme pour et „ prendre une aucre, quand vous lui auriez donné la „ vaieur d'un talent en mariage, ne prenez rien d'çUc. VI r. „ II vou? ell permis d'époufer des efclaves, mik „ il eft mieux de vous en abflenii» VIII. „ Une femme renvoyée eft obligée d'allaiter fou „ enfant pendant deux ans, & le père eft obligé pen- „ dant ce tems-là de donner un entretien honnéne „ félon fa condition. Si on févre l'enfant avant deux „ an? , ÎI faut le confentemçnt du père & de la me- „ re. Si vous êtes obUgé de le confier h, une nouri-' „ ce étrangère» vous la payerez raifonnablement.'* ^n voilà fuSifamment pour réconcilier les femmes avec Mahomet, qui ne les a pas traitées lî duremenc qu'on le dit. Nous ne prétendons point le juAifier dî fur fon ignorance^ ni fur foQ impoflur^; mais nous ne pouvons le condamna fuj- fa doârioe d'un feu) Dieu. Ces feules paroles du fura IS2, Disc eftitrn- tpie, étemel t H n'mgMdre point y il n'efi point engw- gmdré , ritrt n'efi femhlable à btL Ces paroles, dis- je , Jui ont foiunis l'Orient enoor plus que fon épée. Au refte, cet Alcoran dont nous parlons, eft un recueil de révélations Tidicules & de prédicadons- va- gues & incoh^^ntes, mais de làx très bonnes pour Je pays oti il vivait, & qui font -toutes encor fuiviet ijtQS avoir été jamais ^aiblies ou changées par d(% i),M...,,Googlc •lis AlCORAH» ou le KOBAIf. ÏDterprêtes mabomécans ^ ni par des (livrets i}put veairc. lâahomet eut pour ennemis noo-fculement leç poSr Ks de la Mecque, mais {Urtout les docteurs. Ceux- çi fouleverent contre lui les magiftrats qui donnèrent décret de prilède corps contre lui j tomme duemeot atteint & convaincu d'avoir dit, qu'il fallait adorer DïEO & non pas les étcàîes. Ce fut , comme on iait, la fource de fa grandeur, Quand oq vit qu'on ne pouvait le perdre, & que Tes écrits prenaient fa-: veur", on débita dans la ville quHI n'en était paS l'auteur, pu que du moins il fe faifait aider dans la compoGticHJ de fcs feuilles, tantôt par un favant juif, .tantôt par un favant chrétien ; fuppofé qu'il y ç^t alors des favans. ' ' " C'eft ainfî ,que parmi -nous on a reproché à plu^ d*ùn prélat d'avoir fait compofer leurs lèrmons & îeurs oraifons funèbres par des moines. Il y avait un père Hercule qui faifait les fermons d'un certain évéque; & quMd on allait à fps fermons, on difait, tUlmi entendre les travaux (l'Hercule. - Mahmtt TÉponi à cette imputation dans fon chapi- tre i6 , à l'occafioD d'une grolTe fotife qu'il avait di-; te. en chaire , & qu'en avait yivÊmÇnt relevée, Voic^ comme U fe tire d'affaire. » Quand tu lis le Kpraa adrelït toi à Dieu, aSu fi qu'il te préferve de Sataa...., il n'a de pouvoiç f, que fur ceux qui r „ feis de la part de Dmu avec la vérité. . . . D'aQtxtt „ difent plus mab'gnemenE , il y a un certain boa- 3, me qui travaille avec lui à compofer le Koran; ,, mais comment cet homme à qui ils attribuent met „ ouvrages pourait-il m'enièigner , puifqu'il parle » une langue étrangère, & que celle ïians laquelle „ le Koran çft écrit, çft l'arabe le plus pur? " Celui qu'on prétendait travailler zwecMahoaut était un Juif nommé Benfalen (29) , ou Benfalm. _ II n'cft gueres vraifemblable qu'un Juif eût aidé Mahomet k écrire contre les Juîft; mais la chofe n'eft pas ini' poffible, Nous avons dit depuis que c'était un moi- ne qui travaillait à rAlcorao avec Mahomet. Les uns tè nommaifflt Bok^a » les autres Ser^w. II eiî plaifaàt que Ce moioe aie eu un nom latin & us aom vabe, Quant aux belles difputes cbéolc^quea qui & {but éjevées entre les mufulniaiis> je ne m'en mélepat, c'eH au mupbti à décider. C'eft une grande quefUoa fi l'Alcoran eft étemel ou «'il a été créé ; les mufulmans rigides le crt^OBC é- temel. On a imprimé à la fuite de lliiftoire de Calcondâo pS) Voyez rAIeoran de Sella , pig. aaj. H 4 ■ i),M...,,Googlc %B« ALKRilHDKB. le triomphe de la Croix; & dans ce triomphe il eft dJt ^gue l'Alcoran eft arien, fabellien, carpocratien, cer* donicien , macicbéen, dooatînej origénien, macédo* iden , ébionicc Mahomet n'était pourtant rien de tout cela; il était plutôt Janfénifle; car le fonds de ià doârine eft le décret abfolu de la prédeftinatioo gratuite. AtEXANPRE, X L n'eft plus permis de parier d'Alexandre que pour, dire des choies neuves & pour détruire les febics his- toriques, phyfiques, & morales, dont on a défiguré 3'hiftoire du feul grand homme (juNan ait jamais vu parmi fes ccmquérans dé l'Afie. Quand op a un peu réâéchi fur Jlexudre, qurdaasi 3'âge fougueux des plaiûrs & dans l^vreffe des coo^ guêtes , a bâti plus de villes que tous tes autres vain^ queurs de l'Afie n'en ont détruit; quand on.,fonge quç c'eft un jeune homme qui a changé le commerce du monde, on trouve afTéz étrange que B'oikau le traite ^e fou , de voIeuE de grand chemin , & qn'il propofe au lieutenant de police la RMnie tantôt dç le faire eo^ ièrmei & tjntôt de le, faire pendrez . ^eyieux fi d^ Tofi temi poyr de Vo!>P au tribqnal du monde en^io-, . RoUin prétend qa'Âlexandre ne prit la ftimeufe viN le de Tyr qu'en faveur des Juifs qui n'aimaient p:s les Tyriens. Il eft pourtant vraifemblable qa'-^^lexviâra eut encor d'autres raifons, & qu'il était d'un rrcs fa- ge capitaine de ne point laiiTer Tyr mattreire de la mer lor^u'il allait attaquer l'Egypte. Alexandre aimait & refpeûait beaucoup Jérufalem fans doute; mais il femble qu'il ne fallait pas dire que Its yuifs damurent un rare exempU àt fidélité £? i^gns .' àt l'unique peuple qui connût pour km le urai Dieu, en rtfu/ant des vivres d Alexandre, parée ^'ils avaient prêté ferment de fidéUti â Darius. On fait afTez que les Juifs s'étaient toujours révoltés contre leurs fou- verains dans toutes ks occaflons: car un Juif ne de- vait fervir fous aucun roi prophar.". S'ils refuferent' imprudemment des contribuciotis ail vainqueur, ce n'était pas pour fe montrer efcla- H J lit Alexanore, ves fidèles de Dmus , il leur était exprcflëment piv donné par leur loi d'avoir en horreur toutes les na-t tions idolâtres ; leurs livres ne font remplis que ^'cïécrations contre elles, ^ de teptativçs féitérée* ^ç fecouer le joug. , S'ils refufoent d'abord les contributîrais, c'eft que ïes Samaritains leurs rivaux les avaient payées fang difficulté j & qu'ils cruroïc que Darius, quoique vain- cu, était encor afîbz pipil^t pour (çutenir Jérufa* ^em contre Sajnarie, U eft très faux que les Julfi fuffait alors le Jhtl ftuple gui connût le vrai Dieu , comme le dit ReUin, Les Samaritains adoraient le même Dieu, mais dans un autre temple i ils avaient le même Fentateuque que les Juifs ] & mâmç en caractères hébraïques. c'ell-à-dire tyriens, que les Juife avaipnt perdus. Le shifme entre Samarie & Jérufalem était en petit ce que k shifme eotre les Grecs & les Latins efl en grand. La haine était égale dçs dC4x côtés eq ayant le même fond de religion, AUxànire après s'être emparé de Tyr par le moyen de cette fameufe digue qui i^t encor Tadmiration de tous les guerriers, alla punir Jérufalem qui n'était pas loin de fa route. Les Juifs conduits par leur grand-prêtre, vinrent s'humilier devant lui iSç donna- de l'aident î car onn'appaife qu'avec de Targeot les conqui^rans irrités. Alexandre s'appaifa; ils demeu- rèrent fujets d'Akxatidre ainfi que de fes fuccçflcurs. Voilà l'hilloire vraie & vraifemhlable, .vGooglc • A I- P K A M D ïl I. ^ag Soliin répète un étrange conte rapporté environ iquatM centjs ans après l'expédition d'Alexandre par ^'hiftprien romancier, exagérateur, FlàvUn Jefephf ^ qui i'pn peut pardonner de faire valoir dans toutes les .occafims fa malheureufe patrie. RoUin dit donc, laprès Jofephi que le grand^prêtre Jaddus s'étanc pror ftcrné devant Alexandre , ce prince ayant vu le nom de yekova gravé fur une lame d'or attachée au bon- net de ^addtts, & entendant parfaitement l'hébreu, fe profteme à fon tour & adore Jaddus. Cet excèç de civilité ayant étonné Parménion, Akxaftdre lui dît qu'il connaiffait Jaddus depuis longtems, qu'il lu^ était apparu il y avait dix annéeç avec le même ha? J)ît & le même bonnet, pendant qu'il rêvait à la conquête de l'Afie, conquête à laquelle il ne penfaît point algrs. Que ce même Jaddus l'avait exhorté k paffer l'Hellefpont, l'avait aifuré que fon DiEumar-r chcrait à la tête des GrecSj & que ce ferait le Dmu tks Juif; qui le rendrait viâorjeux des Perfes. Ce conte de vieille ferait bon dans l'hiftoire des guatrtjih vJynjûB & de Robert le. Diablf^ mais il figu- re mal dans celle d'Alexandre. C'était une entreprifc très utile à la jeunglTe qu'une hifioire anciermf bien rédigée; il eût été à fouhaiter gu'on ne l'eût point gâtée quelquefois par de telles abfurdités. Le conte de Jaddus ferait rcfpeûable, jl ferait hors de toute atteinte, s'il s'en trouvait au moins quelque ombre dans le^ livres facrés ; mais comme ils n'en font pas la plus légère mentïqn, il çft très permis d'en faire fcntir Je riijiculc. ,,Googlc 124 Alexandre. On ne peut douter <\n'Altxandre n'ait fournis la paicie des Indes qui eft en deçà du Gange, & qui était tributaire des Perfes. Monfieur Holwell qui a demeuré trente ans chez les brames de Bénarès & des paya voïfins , & gui avait apprît non-feuletnent leur langue moderne, mais leur ancienne langue facrée, nous aflbre que leurs annales atteftent Vinvafion d'A- lexandre y qu^ls appellent Mahadukoit Kounha , grand brigand, grand meurtrier. Ces peuples pacifiques ne pouvaient l'appeller autrement, & il eH à croire qu'ih ne donnèrent pas d'autres fumoms aux ro^s de Perfe. Ces mêmes annales difènt (\\i' Alexandre entra chez eux par la province qui eft aujourd'hui le Candahar , & il eft probable qu'il y eut toujours quelques fbrter refles fur cette fronciçra Enfuite JUxandr» defcendie le fleuve Zombodipo, que les Grecs appellerent Smd. On ne trouve pas dans riûftoire d'JkxMdre un feul nom indien. Le» Grecs n'ont jamais appelle de leur propre nom una feule ville , un feul prince AGatique. Ils en ont ufé de même avec les Egyptiens. Us auraient cru dés- honorer la langue grecque s'i!» l'avaient affujettie à une prononciation qui leur femblait barbare , & s,'ilfi p'avaient pas nommé Memphis la ville de MopH, Monfieur Holvjell dit que les Indiens n'ont jamaisr connu ni de Forus , m de Taxilt ; en effet ce ne font pas là des noms indiens. Cependant, iî nous eo (;royons nos millionnaires, il y a encordes feigneurs pacancs qui prétendent défcendre de foruj. Il fe peut que CCS miflionnaircs les aient Sactés de cette orig^- .vGooglc . A t t X A » D » *• t^S ta, & que ces feigneurs l'aient adoptée. ÎI n'y ft point de pays en Europe oii la baiTdle n'ait inventé, & la vanicé n'ait reçu des généalogies plus chimé* riquesi Si Flavien j^qfeph à raconté une fable ridicule eon* cernant Alexandre &. un pontife Juif, Plutarque qui écrivit longteiKfi après jofeph paraît ne pas avoir épargné les fables fur ce héros. U a renchéri encor fur Qtànte-Curce; l'un & l'autre prétendent qu'^fexan- (fre, en marchant vers l'Inde, voulut fe faire adorer, non-feulement parles Perfe», mais auffi par lès Grecs; Il ne s'agit que de favoir ce qu'Alexandre, lesPél'-' fes, les Grecs, Quinte-Curce, Plutarque enteodiiens par adorer. Ne perdons jamais de vue la grande règle de défi» nir les termes. Si vous entefidèz par àâ(^& invoquer un homme comme ufle divinité, lui offrir de, l'encens & de» fa* crifices, lui élever des autels & des temples, il eft clair q\i'jilexandrt ne demanda rien de tout cela. S'il voulait qu'étant le vainqueur & le msdtre des Perfei, on le faluât à la petfanue, qu'on fe proflemât devant lui dans certaines occaflons; qu'on le traitât enfin comme un roi dePerfe tel qu'il l'était, il D'y a rien- là que de très raiftmnable fie de très comnium Les membres des parlemens de France parlent à- genoux au roi dans leurs lits de juftice; le tiers^tat parle à genoux dans les états-généraux. On lèrt k goiomc unverrede vin au roi d'Angleterre, Plufîeur» j-iS A i-é t k U î) iti rois de l'Europe fcmt fcrvis à genoux à leur facrèj On ne parle qu'à genoux au grand-mogol , à l'empe- Tcur de la Chine, à l'empereur du JapcAi. Les colaoi de la Chine d'un ordre inférieur fléehifferit les genoux devant les colaos d*un ordre fupérieur; on adore le pape, on lui baife lé pied droit. Aucune de ces cé- rémonies n'a jamais été regardée comme une adora- tion dans le lêns rigoureux, comme im culte de làtrîe. Ainlî tout ce qu'on à it de la prétendue aàota- tion qu'exigeait Al^xaiuire, n'eft fondé que fur uni équivoque. (Voyez Abus dts mou.) CcH OStavet fumommé Auguîe^ qui. fé fit réel- lement adorer, dans le fens le plus étroif. On lui éley^ des temples & des autels; il y eut des prêtre! à'AuguJU. Horace lui dit pofitivementi Jaratidafqai Itium per mmen fonlmui arat. Voili un véritable facrilege d'adoration \ & il n'elî point dit qu'on en murmurât. Les coDtradiaions. fut le Cïtraftere d'AUxattdn pa*- raîtraiçM i^us d^çjlçt à ccwicilier, fi- on ne favaic que ^es bomniçs, &-furtouc ceux qu'on appelle hi-' «j, font fopvçnt très diffïrens d'eux-mêmes; & que la vie & la mort des meilleurs citoyens, le fort d'u* ne province, ont dépendu plus d'une fois de la bon- . ne ou de la mauvaife digeftion d'un foQvmio bien ou mal oonfeillé. Mais coioment ctmcilier des faits improbables rap'. A Lfi t A H fi Ri. iaf pOTiés June manière contradiftoire? Les anJ diftw que CaU^hetu fut exécuté à mort & mis en cnrir par ordre A'Akxandri, poiw n'avoir pas voulu le v^ Êonnaître en qualité de fili de Jupiter. Mais la croir n'était point un fupplice en ufage cbd? les Grecs; D'autres difent qu'il mourut longtems après de trop d'embonpoint. Athénîe prétend qu'on le portait dans Une cage de fer comme un.oifrau, & qu'il y fut man^ gé de vermine. Démêlez dans tous ces récits la vé- tité, û vouj pouvez* Il V a de» avantwes que Quinte- Garce (uppofe étrd arrivées dans une ville , & Plutarque dans une au- tre ; & ces deux villes fe trouvent éloignées de cîn^ cents lieues. '-flexanA-e faute tout armé & tout fcul du haut d'una muraille dans une ville qu'il aflîégeaît; elle était auprès du Candahar feloo QiUtae Caret , & prèi de l'emboucbure de l'Iodus faivant «■- Quand il ett arrivé fur les côres du Malabar, oa yers le Gange, (il n'importe;) il n'y a qu'environ neuf cents milles d'un endroit à l'autre, il fak faifir dix phi. lofophes Indiens, que les Gtecs appeUaient Gywiujhr pbitet y & qui étaient nuds comme des finges. llleur I»opofe des queftions dignes du Mercure galaia àe f%. fl, leur promettant bien féi-icufement que celui qià aurait le plus mal répondu, ferait pendu le premier, après quoi les autres fuivraient en leur rang. Cela retTemble à î^abueodcnofiir qui voulait ablolu- ment tu» fes mages , «'ils ne devinaient pas un de les ,>.,glc lag Alekandrê. fonges qu'il avait oublié; ou bien au calife des MiîU G* une nuitt qui devait étrangler fa femme dès qu'elle aurait fini fon conte; Mais c'elt Pltata'que qui raf»- porte cette focîfe, il ftut la pefpeiler; il était Grec; On peut placet ce conté avec celui dé l'empoifori- ntment û' Alexandre par Jrijiàte; car PltUarque nous dit qu'on avait entendu dire à ud cet-tam ^wtémus^ qu'il avait entendu dite aii r6i Antigont qa'AriJîote atait erivoyé und bouteille d'eàu de Noriacris villd d'Arcadie ; que cette eau était fi froide qu^elIe tuaid fur le champ ceux qui en buvaient: qn'Antipater envoya cette eàu dans une corne d'unjJÎed de mulet; qu'elle arriva toute fraîche àBabilone; qa'JUxattdn ta but, & qu'il en mourut au bout de Sx jours d'u^ ne fièvre continue. Il eft vrai que Pîutar(lue doute dé cette ànécdott;- Ttfut ce qu'on peut recueillir de bien certain, c'eft qi'Âltxandre à l'âge de vingt-quatre ans avait con» quis la Pcrfe par trois batailles; qu'il eut autant de génie que de valeur; qu'il (îhangea la face de l'ACe, de la Grèce, de f Egypte, & celle dd commerce du mondé; & qu'enfin Botteaû he devait pas tant fe mo- quer de- lui, attendu qu'il n'y a pas d'apparence qutil en eut feit autant en fi peu d'années. Voy« l'afticTs Hiftoire. ALEXAN- ÀLEXAnDRte. A L EX A N DR I E, J. Lus de vingt villes portent le nom d'AlejcandrJê, toutes bâties par. yf/fxofhirr, & par fes capitaines qui devinrent autant de rois. Ces villes font autant dé monument de gloire j bien fupérieurs aux ftatucs que la fervicude érigea depuis aii pouvoir; mais la feule âe ces villes qui ait attiré l'attendon de tout l'hémif- pbere par fa grandeur & fes richeffes, eft celle qui devint la capitale de l'Egyptei Ge n'eft plus qu'un monceau de ruines. On fait alTez que la moitié do cette ville eft dans un autre endroit vers la mer. La tour du phare, qui était une des merveilles du mon- de , Q'esifte plus. La Ville fut toujours très florifTante fous le^ Ptà^ hmies & fous les Romains. Elle ne dégénéra point fous les Arabes: les Mammelucs & les Turcs, qui la c(Hiquirent tour^-tour avec le refte de l'Egypte, ne la laiffereot point dépérir. Les Turcs niémê lui conlerverent un refte de grandeur; elle né tônibaqué lorfque ïe paflkge du cap de Bffline-Efpérance ouvrit i TEurOpe le chemin de l'Inde, & changea une fecoot de fois le commerce du monde f^'AUxemdre avait •changé. Ce qui eft à remarquer dans les Alexandrins fou9 toutes les dOTiinations, c'eft leur induftrie jointe à la légèreté ; leur amour de« nouveautés avec l'appli-; Prmim Partit, 1 ,,Googlc t^ Alexanskik jçatiofi eu commerce & à toas les travaux qo) îê font fleurir; leurefpric contentieux & querelleur avec peu de courage; leur fuperftiticHi , leur débauche, tout cela n''a jamais changé. . La ville fut peuplée d'Egyptiens, 4e CreCs & de Juifs, qui xous de pauvres qu'iJs étaient auparavant devinrent riches par le commerce. L'opulence y in* iroduilît les beaux-arts, le goût de la littérature, & par cooféquent celui de la difpute. Les Juifs y bfiti^efit un temple ifiagnifiquô, sinfi ^'ilsen avaient un autre à Bubsfle; ils y traduî&ent leurs livres en grec qui étaitdevenu la langue du [wys* Les chrétiens y eurent de grandes écoles ; les animo- fiifés furent lî vives entre les Egyptiens naturels , le« Orecs, les Juifs & ks Chrétiens, qu'ils s^cofaienc continuellement les uns les autres auprès d«, gouver- neur , & ces. querelles n'étaient pas fon moindre reve- nu. Les féditions mêmes furent fréquentes & fanglaû- les. Il y en eut une fous l'empire de CaliguUii dans laquelle les Juifs, qui exagèrent tout, prétendent que la jaloufie de religion & de commerce leur coûta cin* iquante mille hommes que les Alexandrins égorgèrent. Le chrifliaiîfme que les Pantheiust les Origtnet, Itt Qémmtit amatt établi, Se. qu'ils avaient fait É&lârer pu leuts mœurs, y dégénéra au point qu'il ne fut plus qu'un efprit de parti. Les chrétiens pri< KM lesmœurs des Egyptiens. L'avidité du gain l'em- porta fur la religion , & tous les habitaiJs^Hvtfés to- tre I eut c'étaient d'kccord que dans l'ilnioiir' de Paient. ...Cooi^lc A tt X AND, s I ï. ,13/ Ceftieiiifet de cette femeufe Jettre de l'empereur Adrien au conful ^ervianust rapportée pat Fopi/-^, htf. (30;} i. J'ai vii cette Egypte que vous me vantiez tant,' )i mon cher Servien; je la fais toute entière par cœur; i, cette nation eft légère, iDce^ine, eZk vole aa „ changement. Les adorateurs de Sérapit fe ftmt •„ chrétien^; ceux qui font à la tête de la religion du „ Christ fe fonÊ dévots à Sérapis. U n'y a point a d'archi-rabin Juif, point de Samaritains, point (te ,i prêtre chrétien qui ne foit aftrologuc ou devin, oa j, baigneur (c'efl: à-dire entremetteur^^ Quand la ,', patriarche Grec (31) vient en Egypte, les un* j, s'emprefTent auprès de lui pour lui faire adorer j, Sérapis , les autres le Christ. Ils font tous trè» „ fédicieux , très vains, très querelleurs, La viUe j, eft commerçante, opulente, "peuplée; perfoonen*j ), eft oifîf; lès uns y fouflent le verre, les autres fe- j, briquent le papier. Ils ferablent être de tout raé^ ,, tier, & en font en effet. La goutte aui pieds 5c j, aux mains même ne les peut réduire à l'oifivetê. i, Les aveugles y travaillent ; Bargent eft un dieu'qué i, les chrétiens , les Juif^ & tous les hommes ferveô^ ')» également." Voici le texte latin de cette lettre. Cio) Tom. n. pu. 406. ., C31) Oo tf«duitid/i^/riflrrft<»,tennegree,pir tes mots , purtOT' thi grec ; puce qu'il ne pauc convcair qu'i l^i^rophuH des friB* dpiux niyfteres grec!. Les cliiêiien» ne commencèrent kconnalm te mot patriarclu qn'au cfiiquienK ricde. IM Aoniinii JnXM* Meai, les Juifi ne coiinii0ien[ poinc ce tiiic. . .vGooglc i^i ALBXANDktfe. FLAFII FOFISCI STRACUSll SATVRNîmjS. 'tOmi lêcuniU pt^ 406*. AoaiANI EPISTOLA, EXLIBRrS PhLEGOR- ' TIS LIBERTI EJUS PRODITA. 1 Adriamu A^itfhu Sèrtîaao cW. F^. JEgyptûm quam mihi laudabas, Serviane cariflime, totam didici, levem, peDdulam, & ad onuia famst noQQmentâ volitantem. Illi qui Serapio colun't , chri- fiiaiii font; & devoti fuût SeraJ)!, qui fe CHRisnepjf- Cppos dicimi. Nemo illic arcbifynagogus Judxorum, iiemo Samarites» nemo cbri(Uatioruin presbycer, nod jnathemaricus , doq arurp^E, non aliptes. Ipfe ille patriarcha quiim jEgyptum verierit, ab aliis Serapi- âem adorare, ab aliîf cogitur Christum. Genus ho- ininis feditîoGffimum , vatùflimum, injuriofiflimuni. CJvitas opulenta, dives, foecunda , io quâ oemo vi- vat ociofus. AJii vitrum conflanc, ab aliis chartï conficitur ; omnes certe lymphiones cujufcumque artis iBc videntur & habencur. Podagrofî quod aganc ha- bent; cœciquod agant habent^ cœct quod faciant; - ï» chiragri quidem apud eos otiofi vivunt. Unus îllis deus efl , hune chrîftiani, hune Judxi, hune om- nes vcnerantur & gentes. Cette lettre d'un empereur auflî comni par fon ef- prit que par fa valeur , fait voir ea effet que les chré- tiens, ainfi que les autres, s'étaient corrompus dan» cette viUe du luxe & de la difpute : mais les mœurs des jwemiets chrétiens n'avaient pas dégénéré par- tout; & qucnqu'ils eulToit Je malheur d'être dis long- .vGooglc A El C E Kl 3331 tem* partagés en différentes feftcs qui fe dé^eftaiene & s'accufaient mutuellemeot , les plus violens enne^ mis du chriftianîfme étaient forcés d'avouer qa'caj trouvait dati$ fon fein les âmes les pliis pures &, les plus grandes; il en eft même encor aujourd'hui dau des villes plus effrénées £c plus fplles qu'AIeUD* drie, _ ^ ALGER. J-rA philofbphie efl le principal ol^et de ce dfâion* naire. Ce ïi'eft pas en géographes que nous parlerons d'Alger, mais pour feire remarquer que le premier deffein de Louis XIF', lorfqu'il prit les rênes de IMtat^ fut de délivrer l'Europe ' chrétienne des ■ courfes con- tinuelles des corfaires de Barbarie. Ce projet (^32) aui ponçait une grande ame. Il voulait aller i la gloi- re par routes les routei On peut même qu'avec l'efprit d'ordre qu'il mit dans fa c les finance; & dans les afiairesi il eut je ni goût d'ancîemie chevalerie qui le portait à 1 généreufes & éclatantes, qui tenaient mêa du romanefque. L'idée d'avoir un port auprès d'Alger pour brider fe» pirateries , était peut-être de ce genra II y étwC en* cor excité par le pape Alexandre Vll^ & te caïdlnl . Cw) Voyej l'eipfiiiion de Glgtn^ p«r Pelljfon. I 3 iM ..■■..Google f Ai A' l' o' b' r. ^ Jtfinartfl iivant fa moit lui avait infpiTé ce defTeln, n avait même loDgtems balaûcé s'il |rait à cette eï- pédition en perfonne à l'eseiuple de Charles -Quint i mais- il devait pas afTez de vaiflèaur pour exécutai nue fi grande entreprife, foit par luirméme, foie pai Tes généraux'. Elle fut Mifmaueufe & devait l'être. Du moins elle aguerrit fa marine, & fit attendre dé lu^ qudques-unes de ces afUons nobles & héroïques aux; ^Belles la politique ordinaire n'était - point ;accoutu: mée i telles que les fecours défîntérelTés donnés aux Vénitiens afliégés dans Candie, & «ux Allemands pre$< fés par les artaes Ottomanes à St. Gbdtiart. .. Les détails de cette expédition d'Afnqjie le pcTï d^t dans la foule des guerres heureufes pu malheus leufes faites avec politique ou avecimprudpice, avec équité ou avec injuftice. Rapportons feulement cet? te lettre écrite il y a quçlquçs ^nées k \'qççaS^oa^ l3cs pirateries d'Alger. , ,' Mbnfieur,' qu'on n'aie point écouté is de Tordre dé Malthe, qui offrait, 1 fubfîde médiocre de cBaque ëtat élivrer'Ics mers des pirates d'Alger, de Tunis. Les chevaliers de Malthe vérjtàbiement les déittifeurs de 1^ „ chrétienté. Les Algériens n'ont a'ftucUement qùé fxt^PUX'v^fl'^uz de cinquante canoos, & cinq d'envi: tr_T^ quarante ; quatre de trwtSj Ifi ref^e De do^ b.pa^ être compté. «I ;ll efl b(n]teux qu'on vola tous ki jour; Içur^ A L G ■ M. S3Jr „ pedtet Ittrques enlever nos vaiffeaux mardiaud», „ dans toute la Méditerranée. lis cn^eoc même „ jufqu'aux Canariçs & jufqy'aox Açorcs. „ Leurs-milices compoféçs d'un ramas de Daciq[^, „ anciens Mauritaniens, anciens Numides» Arabes,^ •„ Tiffcs, Nègres même, s'embarquent prefque faûs „ équipage 'fur des chébecs de dix -huit à vingt pièces „ de canon ; ils infeftent tontes nos mers comme des „ vautours qui attendent une proie. S'ils vcneat un „ vaiffeau de guerre ils s'enfuient ; s'ils voient un „ vûfl^u marchand ils s'en emparent; nos amis, nos „ paren», hommes & femmes deviennent efclav-es; „ & il faut aller fupplier humblement les barbare» „ de daigner recevoir notre aident pour nous rendre „ leurs captifs. ,, Quelques étatt chrétiens ont fia hcmteafe pru* „'dence de traiter avec eux , & de leur fbunu'r de» p armés avec lefquelles ils nous dépouHIenr. On né- „ gocie avec eux en marchands ^ & ils négocient en „ guerriers; . „ RjQineftr^pliusifêqaede. t^irlmertoirsbrlt „ gandages; on ne le iùit pas. Mais que de c&ofes „ feraiedt utiles & aiféqi 911 fonCDé^igée» abfolu- „ ment ! La néc^té de réduire ces pirates eft rç- ^- connue dans' les confeils de tous les princes » 4c ,, perfonqe ne l'entreprend. Quand les nùnil^ de „ plutieurs coûts en parlent par hazard enlèmblef ^ c'eft le confeil tenu contre les chats. „ Les religieux de la rédemption des captif^ font I4 i),M...,,Googlc x^ Az.HAHAèn, „ h plQs bdle inflitueion monaftique; mais elle eft „ bleh bonceufe pour nous. Le royaume de Fez > „ Alger, Tunis, n'ont poàit de Mwrabota àt {a ré* f, âmption dtf captifs. C'eft qu'ils nçus prennent „ beaucoup de chrétiens, & dous ne leur prenons guer j) ret de mufiilman^. ,, Us font cependant plus attachés à leur religiot^ „ que nous i la nôtre. Car jamais aucun Turc , au< 9 cun Arabe ne fe fait chrétieni & iif ontcliez euiç „ mille renégats qui même Ie$ fervent dans leurs ex- „ péditions- Un Italien nommé Pila^ était en ,, 1712 général des galères d'Alget Le miramolin^ „ le Isey, le dey, ont des cbréciennes dans leur; „ ièrxails ; ^ nous n'avons eu que deux fil^e; Tur^ „ ques gui ^ent eu des amans à Paris. • „, La. milice d'A^ se oonCde qu'en douze mill^ „ hommes de troupes réglées, mais tout le refte eft „ foldat, & c'efl ce qui rend la conquête de ce pays „ û difScila Cqjendant les Vandales les fubjugue- „ reqç aifémenc, &. nous n'pfons.les atta^er, ijçc. A hM AN A c H, JLl eft peu îÀiportant de favoir û ahmmch vient de| anciens Saxors qui nefavaient pas lire, ou des Ara- bes qui éralent en effet ailrODOmes, ^ qui conpàis- faient un peu le cours des aftres, tandis que les peu- pi^ dtOccidçnt étaient pl^i^ésdant uqe igopr^ce ,,Googlc . A L M A H A C B. t37 igate !i leur baibari?. Je me boneid i a» petica obfervation. Qu'un philofDphe Indien embarqué à Mella vien- ne S Bayonne; je fuppofe (jue ce philofophe a du bon fens, ce qui eft rare, dît -on, chez les favans de rinde ; je fuppofe qu'il eft d^^àit des préjugés de récple, ce qui était rare partout il y a quelques années } & qu'il ne croir point aux influences des jUîres i je fuppofe «ju'il rencontre un foc dans nos cli- mats^ ce qui ne ferait pas fi rare, Notre fot pour le mettre au fait de nos arts & dç nos fciepces, lui fait préfent d'un ali^anach^de Liège compofé par Matîlaen I^mbtrge , & du Jlfe^d* ger boiteux d'^ntattft Slwa aflrologue & hiftorien, iqh primé tous Içs aqs ^ Gale, & dont il fe débite vingt mille exemplaires en huit jours, Vqus y voyez une belle figure d'homme entoqrée des lignes du zodiaquç ^vec des indications certaines qui vous démon^renc que la balance préfide aux tèlTes, le bélier à la tête, les poiHons au^ pied^j ainQ du rcllç. Chaque Jour de la lune vous enfKgne quand S feut prendre du beaume de vie du Sr. Le Lièvre , ou des pilules du Sr. Keyfej-^ ou vous pendre au col un fa- çhet de l'apoticaire Arnoad , vous faire faigner , vous faire couper les oncles, fevrer vos enfans, planter, ftmer, aller m voyage, ou chaufTer des foulicrs neufs. L'Indien en écoutant ces leçons fera bien de dire à fpn conduéteur qu'il qe prendra pas de iès_ almanaçhs. Pbiu- peu, que l'imbécille qui dirige noue Indien lui Uin;«.yG00glc 139 ALUANâCH, Utk voir ^dquesi une» de nos céréaumle^ réprooi' vées de tous les fages, &. tolérées en faveur de la populace par méprig pour elle ; le voyqgeur qui ver-, ra ces momeries fuivîes d'une danlè de tambourin, ne manquera pas d'avoir pitié de nous; il qoys prendra pour des fous qui' font aflez plaifans, &, qui ne font pas abfolumenc cruels. Il mandera au prélident du grand coll^ de Bénarès que nous n'avons pas le féru commun, mais que G fa paternité veut envoyer cfeei BOUS des perfiïçnes éclairées & difcretês , on poura faire quçique çbqfe dç dou« moyennaiic la grâce dç C'eft ainû précifément que nos premier» mil^omiai- tes, & furtout St. Fhtnçois Xavier ^ en ulèrent avec les peuples de la prefqu'iils de l'Inde. Ils fe trompo- xent encor plus lourdement fur les lifages des Indiens, fur leurs fcienccs, leurs opinions, leurs mœurs & leur culte. C'eft une choft très curieufe de lire les rela- tions qu'ils écrivent. Toute ftatue eft pour eux le diable; toute aflemblée eft un fabbat; toute figure (imbolique eft un taljfman; tout bracmane eft un forcier; & là-deffua ils/ont dea lamcniatioas qui ne finiflènt point. Ils efperent que la moïjptnfera abon- dante. Ils ajoutent par une métaphore peu congrue^ qu'ils travaillèrent efficactmtot à h vigne du Seigjneut , dans un pays où l'on n'a jamais connu le vin. C'eft ainû à -peu -près que chaque nation a jugé non-feu- Jlcaient des peuples éloignés , mais dQ fes vûilù% Les Chinois palTent pour les plus anciens faifeurst d'almaoacbs. Le phit beau droit de l'empefeur dt; la ...Coo'^lc AlMAHACH. ' 119 ^tne efl d'envoyer Ton calendrier à fea TafTaïuc & à -fcç voifins. S'ils ne racceptaieat pas , ce Terak une t)ravade pour laquelle on ne manquerait: pas de leur fair^ la guerre comme on la feifaic eq !Çiirope au^ lèigneurs tKà refiifaient l'hommage, Si qpU3 n'avons que douze conflellations, les Qih nois en ont vingt r huit , & leurs noms n'ont pas le pipindre raj^rt aux nôtres; preuve évidente qu'ils p'ont rien pri'ç.d^ zodiaque caldéen que nous avons pdoptê: mais s'ils, ont une aftronomie toute entière (lepuis plus de quatre mille ans, ils reffemblent à ^auhieu Lttnspers^e Se à Ântqiw Souci par les belles prédirions , iSc par les fecrets poyr la faqté dont 11$ farciflent leur almaqaçh impérial. Ils divifent le jour ea dix mille mitiufes, & favent ^ ppinc nommé quelle minute efl Êivorablé ou fui}efte. Lorfque l'empereur Çank-hi voulut charger les milTioailijrcs jéfuites de feire l'almanach , ils s'en excurerent d'abord , dit-on, £ir les Aiperditions extravagantes dont il faut le rem- plir (33}. y< crois htaucouip moifti que vous aux/upert* tUmt, leur dit l'emperear , faites-moi feultment an bo» tgiendrier ^ f^ hijjéz m«f fi^tms y mettfi touUs lewf /adai/^t. j L^ngéniëux auteur de il pkiraUté des mmdet , fe moque des Chinois, qui voient, djt-jl, des mille 6' foiles tomber à la fois dans la mer. 11 eA très vrai- ■ièmblable que l'empereur Oan-H s'en moquait tout «utàne que FomewUe. <^uelque melTagcr boiteux d«; ■}a Chine s^it égayé apparanmeqt ^ parler de ce» CW Voyi» ^a Ikldt & Panimin. .vGooglc J40 AtHAHÀca.] feux iôtecs comme Iç peuple, & à les praidre pour des érailes. Chaque pays a fes Cptife*. Toute l'an- tiquité a fait coucher le fqleil dans la mer ; nous y avons envoyé les éi^oiles fisrt longtema. Nou$ avons cru que les nuées touchaient au QxBO^çaSt que le firinanjent était fort dur, & qu'il portait un réfer- voir d'eau. Il n'y a pas bien Ipngtems qu'on fait dans les villes que le fil de la vierge , qu'on trouve foii- vent dan« la campagne, eft un fil de tqile d'araignée: Ne nous moquons de perfonne. Songeons que les Chinois avaient des aftrolables & des fpberes avant que nous fliffions lire } Se que s'ils n'ont pas pouflS fort loin leur aftronomie, c'eft par le même relpeû pour (es anciens <^ue nous avons eu potir Arifliite.. ÏI eft confolant de ftvoû- que le peuple Romaia, fopuhu ioïff rtx , fut en ce point fort au-deffous de Matthieu Lantbtrge & du l^JJager boiuta , & des &- ftrologues delà Chine, jufqu'au tems où Jules Cé/ar réforma l'année romaine que nous tencms de lui , & ' que nous appçlkws ençor de fon nom Katendrier Ju^ iim, quoique nous n'ayons pas de kalendes » & quoi? qu'a ^t été obligé de le réfttfmet lui-m4roç- . Les premiers Romains avaient d'abord une année de dix mois &if^t trtts cçnts. quatre jours ; cela n'é- tait ni folaire, ai lunaire; cela n'étajt que barbare. On fit enfuite l'année romaine djQ trois cents cinquiut ta-cinq jours, autre mécompte que l'on cQrrjge» comme on put, & qu'on corrigea Q mal^ que du tems de Cé/ar les fêtes d'été fe célétvaient «n hyver. Les généraux Romains triomphaient toujours; mai» ils ne favaient pas quel Jour ils triomphaient. A L U A » A C^ 141 ' Ci(/ir 'réforma tout, il lëinbla gouverner le ciel & h terre; Je ne fais par Quelle éôndeTceodance }x)UT les cOû-- tûmes romaines il commença l'année au tems oti elle ÉA cbmJnence pointj huit jours après le folftice dliy- ver. Toutes les nations de l'empifc Romain fe fou- niienc k cette innovation. Les Egyptiens qui étaient ea poiTçinoD de donner la loi en fait d'almanachs , la j^urent ; mais tous ces difiérens peuples ne cban^- Kotrioià iadiflnbutioQ de leurs fèces. Les Juifsj com- me les autres, célébrèrent leurs nouvelles lunes, leur Pkafi ou Pafcha le quatorzième jour de la lune de Mars, qu'on ai^)dle la lane rouj^ti& cette époque ar- rivait fouvent en Avril; leur Pentecôte cinquante jours après le Pkafl', là fête des cornets ou tromKttes le pfemier jour de Juillet; celle des tabernacle au quinze du même mois> & celle du grand fabbatb fepc jouis après. Les premiers chrétiens fuivirent le comput de Fem- pîre; ils cwnpterent par kalendes» nor.cs, & ides avec leurs maîtres ; ils reçurent l'année bilTextîle que nous avons encore & qu'il a fallu corriger dans le lèi- zieme lîecle de notre ère vulgaire, & qull faudra corriger un jour , maie ib fe conformèrent aux Juifs pour la célébration de leurs grandes fêtes. Ils déterminèrent d'abord leur Pâque au quatorze de la lune roulTe , jufqu'au tems oti le concile de Ni- cée la fixa au dimanche qui fuivait. Ceux qui la ce* lébraient le quatorze furent déclarés hérétiques, & les deux partis fe trompèrent dans leur calcul. Les fêtes de la Ste. Viei^e furent fubftituées autant Hi A t M A/N i c W qu'oa ie put aux nouvelles lunes ou néoménieé ; taai teur du Calendrier romain dit que la taifon en eft priftf (lu verfet des cantiques pii^a ttt /una^ belle comme k luna Mais par cette raifon fes fetes devaient ar- river le dimanche; car il y a dans le même verlèt tieStatafoit châSc comnts le foleil. (34) Les chrétiens gardèrent aufli la Pentecôte; Elle flit fixée comme celle des Juifs précifément cinquan- te jours après Pâques. Le même auteur prétend que les fêtes da patron remplacèrent celles des tabema^ clesi II ajoute ^e là St. Jean h*a été jmrtéé au ^4 dà Juin que parce que les jours commencent alors à dîi- minuer« & que St. Jian avait dit en parlant de Je* eui^HRisT, il faut qu'il croiffe & que je diminuej O* ftrttt iilam crefcere me aiitem minui. Ce qui eft très fingulier, & ce qui a été remarqua ailleurs, c'efl cette ancienne cérémonie d'allumer un grand feu le jour de la St. Jean, qui eft le tenu Ifl plus chaud de l'année. On a prétendu que C'était una très vieille coutume pour faire fouvenir de l'ancien embrafement de Ja terre qui en attKidait un fécond. Le même auteur du calendrier allure que la fêteda rAfTomptioD eft placée au 15 du mois d'Augufte nom- mé par nous Aoitjî, parce que te foleil eft alors dan* le ligne de la vierge. Il certifie auffi que St. Matthias n'efl fêté au moJs de Février que parce qu'il fut intercalé parmi le» : C34> Voyez Calendrier rtauln pag. 101. ft Tuiv, û:n;K.yC00glc douze apôtres, comme od intercale uq joo^ ea Fé* vrier dans les années biflèxtilesi II y auT^c peut-être dans ces îmaginationi aftitMio* Ihiqueà de quoi iàire rire l'Indien dont nous venonj de parler; ccptndant l'auteur était Je maftre de ma' " thématiques du daupliia fils de Louis XIF't & d'ail* kurs un ingénieur & un officier très eiHmable. Le pis de nos calendriers eft de placct toujours Ici .équinoses & les foUliceè oii ils ne font point, de dire !e foleil entre dans le bélier quand il n'y entre point» de fuivre l'ancienne routine erronée. Un aJmaoach de l'année pafTée nous trompe Tas6éé préfente, & tous nos calendriers font des alauoacba des lieclei palTés. Pourquoi dire que le foleil eH dans le bélier quadd Jl eA daas le taureau? pourquoi ne pas iàire au moins comme oa fait dans les fpheres célefles ^ oîi l'on dis^ tingue les fignes véritables des anciens fignes devenus faux? Il e6t été frès ctmveoable DOD-feulemeiit de coi» "mencer l'année au point précis du folilice dTiyver oa de réquinoxe du priûtems, mais encor de mettre tout les (îgnes à leur véritable place. Car étant démcm- tré que le foleil répond à la conftellatic»] du taurçaa quand on le dit dans le bélier, & qu'il lera eofuite dans les gémeaux & fucceflivement dans toutes les conQellations fuivantes au tems de l'équinoxe du ptilH- -cons, il faudrait faire dès à-préfent ce qu'on ferao- bligé de faire uo jour, lorfque l'erreur dévoue plu* .yCOOgIC 144 A -L O tJ E t T B. grande ftra plus ridicule. Il en eft ainfi de cem ef* reurs fenflbles. Nos Afans les corrigeront, dic-erté dé tenâ, é quel etcès de ri- dicule de trouver l'origitie dé tios termes lés plus tbâlmùtis &.Ies plus néceiraîres, dans le phénicien & le caldlen! Un hdmihé s'imagiile que liôtre mot À- ■ne vient du famaritain doma, qui Cgnifie, .dit-on^ màittut. Un autre rêveur Affars que 1^ mot bàdiri e[t cris d'un rèrme hébreu qui ûgniâe àjirologM ; & le diâionnaire de Trévoux ne manque pas dé fdré hoil- oeur de cettie découverte à foo kuteUri N*efï-îl pas piaifent dé prétendre que le niot habi- iaUoh vieiit, dti mot bèth hébreu? que kir éa bas-bré* ' ton Cgnlfîait autrefois mVfe? que lé même Air en hé- breu voulait, dire lin meir; & > iam: Di£U Y'i tjré de la poulScre: il lui a doôn^ ,, Google j, h vie comme à un autre homme: & après l'aVoS j, iaifTé quelque tems fur la terre il V& enlevé att «cieL"C3fi^ Ai^ès de tçjs difcotm le combat commence; liai mat cire une fléebe qui va blelfèr te Jeune Jbàa fiU de Si^ à côté du raÛIaot SergiaUli jbm tombe, dt expire > la nouvelle en vole à fa jeune époufe qui n'é* tait unie à lui que depuis quelques jours. Elle nO pleure point, elle ne jette pdnt de cris; mais elle court fur le champ 'de bataille^ je carquoît fur l'é- paule & deux flécbes dans les mains; de la premios qu'elle tire elle jette par terre le porte -étendart dei cbréti^» ; les Arabes s'en faillirent en criant allah ad %gr *, de la fecçHide elle perce un qsil de Thomas qui fiJ xttia tout fanglant dans la ville« L'hilknre arabe eft pleine de ,ces exemples; màÙ elle ne dit point que ces femmes guerrières fe bm>- 'laffint le teton droit pour mieux tirer de l'arc, encor moins qu'elles vécuflent fans bommes ; au contraire elles s'expofaient dans les combats pour leurs maria ou pour ieurâ amans, & de cela mièmé ori doit ccni' 'cliire que loin de faire des reproches à VArieJle & aii TaJJi d'avoir introduit tant d'amantes guerrières dans leurs poSmes , oa doit les Iduer d'avoir peint des jnœurs vnùeft & IntérelTanteâj ti y eut en efiet , éa tenis de la fblië des crdfar des i des femmes chrétiemies qui partagèrent avec leurs maris Jes ^tigues & les dai^ers: cet entouHaf (iS) C'eft ti crortnce des mitioaijtini. Li doârioe du chrit- tieni iatitidiens «viit depniï longtems coun - — ^'- ■ — ■-- ^Mtoi di&ient «ne ]uui«>' •« ae fut porté au point que les Génoifes entreprirenç de fe croifer, & d'aller former en Paleftine des ba- taillon^ de juppes & de cornettes; elles en firent uq yceu donc elleç foreqt relevées pu uq pape plus %i: igu'elles. Marpierîte 4'Anj . Amazones fur les bords du Thermodon n'eft qu'une fiftion poétique, cpmine prefque tout ce ^ue l'apci,, quité raconte.. AME. Çectio'h Prismiske, X^'Artide j^^ & tous les artides qui Henoent i la métaphyl3 nûfliioa ÛQcere aux dogmes indubitables de l'égliT^. Lft. révélatic^ vaut ininnc fans doute que toute ]t phil»< fo{^e. Les fyDémes exerçât l'eQvÙi mais U 4^ l'éciaiie & le guifle. . ■ Ne prononce-t-on pas fouvéot des. tnocs dont nous nVvods qt^uoe idée t^s coofùfè', ou même dont nou« c'en avons atioune? Le moté'ami n'eiî-jl pas dons ce • csç? Lorfijoe la languette, ou la fou[»ape d'un fouâec Cildéraagie, & que Fait ^i eft entré dans la capaci^, té du fouflet en ùxt par quelque ouverture furvtioo» différences ; Sç raSn Noos , Ti»: Nous ponë4ioDiS dqnç trois 9mes iiins avoir I^ plusi légère notiwi d'aucuna (37) 5t. Thomas d^Aquia ai; met ceg trois amra en qualité de péripatéticien ; & diftiQgue chacune de ceg trois âmes en trois parties. ^Jtché était dans la poitrine. Pneuma fe répandait dans tout le corps ; 5c Nous était dans la tête. Il n'y a point eu d'autre philofopWe d^ns nos école^ jurqu'à nos jours; & malhpur. ^ tout hpmtqe qui ai:\- riiJt pris une'd^ ces amei pour l'autre, Dans ce cahos d'idées il ^ ayaiç pour-bant un toon d^çilt. Les hpmmçs s^taiait bien apperçus que dans leurs palTions d'amour, de colère, de crainte, il s'ex- citait de? mouvemens dans leurs, ençrailles. Lç foi<^ & le cœur ifurent Iç fi^ des pafïîons. Lorfqu'on. ppnfe profondément, on fent une contention dans le?, organes de la tête. Donc l'ame intelieftuelïe eft dans, ie cerv^u. Sans refpiration point de végétation, pJDÎnc de vè; donc l'ame végétative eft dans la pdt.' tvnt qui reçoit le fouSe d^ l'ait, Lorfque les hommes virent en fongc leurs parens, ou leurs aniis morts, il fallut l>ien chercher ce qui l«ir était apparu. Ce n'était pas le corps qui avait été confumé fur un bûcher, ou englouti dans la mer, ■ âc Wangé dpa Bgjfibna. C'étajt pourtant quelque cho- f«, à ce qu'ils prétendaient; car ils l'avaient vu; 1? f J7) Sommi de St. Tkumat édition de L^oo 173S. L)in;«.,G00glc JJ4 A M =• *S«n A mort «vait p>r]é; Je fongeur l^vt!t iatftitigé. .Etali fe ;!/îeM? était-ce pntama'î était-ce nota avec, qui oq, avait converfé en ibnge? On imagina uq phaotôme», une figure légère; clétait rha, c'était ^ reur alors iigivérfdte; ils étaient, botàmes ; ibaistll| ne fe troinperé&t pas fur l'imnnvtalité , parce ga^llR efl: évidemment amicmcée dans les éYangilei, Nous avons un befoin fi évident de la décifion de l'églife infaillible fur ces points de philofophie , que nous n'avons en effet par nous-m^mcs aucune notioû, iuffifanie dé ce qu'on appelle ^prit pur, & de ce qu'on nomme matière. L'cfprit pur eft un mot qid jie nous donne aucune idée; & nous ne connaifTons 14 matière' que par quelques phénomènes. Nous la con* paiflbns fi peu que nou^ l'appelions /a&/îan«; or le inot/«iyîûn« veut dire ce qui eji dejfous ; mais ce des- fou» nouç. fera éternellement caché. Ce deffous. elï le îêcret du Créateur; & ce fecrct du Créateur eft par- (40) Ordibn contre les Grecj. (41) SI. BU. fur .Si, Slaih. pîig. 633. C43j Sur jSbtsIiam liv. U. cliip. VJl^ ,,Googlc ^i^ A H K SeBîimll tout. Noua ne fav<»is ni comment nous receven» l^ vie, ni comment nous la donnons, ni çotqi^çnt oou^ croiflbns, ni commente nous digérons, ni comment nous dormons , ni comment oou^ penfans* i^ corn- .ment noua Tentons. E^ grande difficulté eft de compmidre coquDeqf un éeçe, qi^ qu'il foit^ a dea penfée^ SlCTION SSCOHD. % J>» doutes de Lokejitr l'aau^ L'auteur de l'arcicle ^mt dans l'Encyclopédie ^ futvi fcrupuleulèmeot Jtaqutkti mais S^aquelot ne noui^ ^5)raid rien. Il a'éleve aulE contre Sjiie ; parce que iô modèle LtAe a dit : „ noua se ferons peut-être ja- '}, mais (43) capables de connaître fi un être maté- „ riel pôife ou ncm, par la raifoi qu'il nous eft im.- ^ poQîble de découvrir par la contemplation de nos 3., propres idées/ans ré^élittiont fi Pieu n,'a pcnnt don- « né ^ quelque amas de matière difpofée comme il jp le trouve à prq)o^ , la puilTance d'appercevoir ^ ,, de penfer ; ou s'il a joint & uni à la matière alnfl „ difpofée une fubftance' immatérielle qui pt^Ie. Car » par rapport à nos notions, il ne noûseftpas plus ^ çnal aifé de concevoir que Dœu peut , s'il lui plaît , „ ajouter à notre id^e de la matière la faculté dQ „ penfer, que de comprendre qu'il y joigne une au.-< „ tre fubftance avec la (acuité de penfer; puifque a, nous ignc»Y>ns en quoi confîfte la pehfée, & à qué^. ,, le efpece de fubftwce œt Etre coat-puîllWt 1^ {43) TnduftioB d* Offit. ,,.Goog\c i," trouvé k pTOprô (Tàfcconfef cette puilfance ipà ai j, faarait être créée qu'en vertu du bon plaifîr & dé ^i la bonté du Créateur. }e te vois pat quelte coh- ù tra^âien il y a que Died j cet être penTaoti éter:, ,^ iiel & tout -puiHànCi. donne î s'il veut, qaelqueè. M d^;T<^B de fenciAent» 'de percq)Cion & de penfée ^ „ ceitains amas de matière créée & infenfible} qu'il ^ joint enlèmUe comme il le trouve k propos;" C'était parier enbmomeproiÎDDdi religieux & moi flefte. (44^: 6n fait Quelles querelles il eut à eflUyer fur cette èpihion qui panit bazardée, mais qui en effet n'étair en lui qu'une fuite de la dmviâioo où il étdt de to toute-puiffanee de Drai , & de la fàibleffe de ITidnr-* me; il ne difait pas que la matiœ penflt: maïs ît difait que nous n'en favons pas aflez pour démon- trer qu'il eft imixjffîble à Dieu d'ajouter le don do la penfée â l'être inconnu, nommé matière, ^rès lui avoir accordé le àôa de la gravitation & celui dtt mouvement qui font également incompiéliet^Ies; Zfike n'était pas afibrément le feid qui eût avanc^ cette opinion; c'était celle de toute l'aadquicé} qui en M^^rdant l'ame comme une madeit très déliée^ {44) Vorei Te âifcôiiri prillmiulliré & Mr. Da&mieft. . „ On fcjB dicc_ qu'il ait. \a oijtipbyllqiie k-pea-ptls ccant f, îftvton ïvilt créé !■ phyQquc. .. pour connitite uocre ame, le* „ Uéea Oc Tei arcAioni, il n'^uili* point les livres, parce qulU ta il'lunJenc mal inlbull ; il Te coMmn de delccndre ptoftindÂent „ en lui-mfme; & «près a'tae, pour ainll dire conumplé Ion»- i, rans. a ne fit dani Ibn nilcé de i'Enleiuttiiieni humln q«e piï „ fenter aux hnmnies le miroir dans lequel U s'diiit vd. £n tM ^ tni)(j il (ddailli U raétipbjliqiie i ce qiTcUa doit ttn en eicf-, ■ M U phylique Éiytriacotale ût l'une" ...Google 158 ' Ame iSc&tài IL afliiralc par coQféqueot i]ue la matière pduya{t feiltlr 6: pÉnfer; C'était le ïeodmmt de GaJJimdt, comule on Id volé. Bans fes objeâicHis à D^earus. j. Il cA Tiai, dit. ,, .Gâpe'f^'r*]'^'^"' conoaillèz que vous peafez ; mai$: yi vtMs.igDorez qudje efpece d« fubdaace votôétes^ ù vous qui peoièz: Amâ qiK»que rdpéFacionde lapeo.. ,5 fée vous Ibit câoaue , k principal de voœ e^ocQ.. i, vous eft caché ; & vous ne fayez point quelle eft j, là iwtiire de cette fubftance dcidt l'une des opéra- „ dons eft de penfer: Vous reffemblez à an aveugle ,, qi^ -fsnoiat la chaleur du ibkij^ & étaot averti „ qi^'^l^e eil cï4fée par le fb^il , crpirajt «voir otA, ^ iiji^e claire &.,d4tJo^eniacKtss.1àn3 aucune feiif^don, lei ^lommes .-G^QO^at^amMb) imagioé dans ilesbétes yne or 9tt< .ADEténeOe:;. fti-pcrfiâBie n'avait poûfté la tént^té jufqu'à dJEe .Igu'iAie. lûîcie poflkde une aœofF^ritMt- le. Tout Je monde s'accordait pailiblement àcopvfr' .Bîrs que le hêtes avaient reçu de Dssx du féatimcnt^ ..Gooi^lc )Sb À u Ê. iSfètoft /i/. . 'de ia mémoire, des idées , & non pas ah eiptit puf, Peribnne n'avait abufë dti ddii d6 raifonner au pûiacde dire, que la natUre a àoaAé iâx bétes tob lej or- ganes âu fentiment pour qu'elles n'euffenc poidt.dé foicimeDt. Féribnne n'ayaJt die qu'elles crime q\iaûi OQ les blefle, & qu'elles fuient qirand on l«s pouïfuiti £ias éprouver ni doiileur ni craiate^ On ne niait ^int ïibt'i la tdute-puifTancé de Dieu'; ÎI avait pu ccnntitunlquér 9 là niatierfi oi^;atiiféé d^s -ëminatix le plaiCrj la douleur; le rèflbUvënira ta omt- binaifon dé tjuelquiS Idées ; il ivàlt {iii donner à plu- iieurs d'dicre éiiii cdninle au fiSge, à l'éléphant, au ichien de chafTej le taiénfc He fe perftaJoniier dani les arts qu'on leur apprend ; ncm-reulëmene il avaii JMi douer preft]iie tous les animaux camalfierfi du ta- lent de mieux faire la guerre dans leur vieillelTe ei* périmentée que dans leur jeuneflfe trop confiante; non- feulement , dis-je, ill'avait pu^ mais 11 l'avale iàit^ l'univers en était témoin: Periîra & Defcartet foutinrent k Funivers quil fe trompait, que Dieu avait joué dà gobelets, qu^ij av4' dopné tous les ît^nimens de k vie & de là feniatioQ aux animaux, agn qu'ils n't^fl^c xn feofà* tiOD, m vie i»i4>tenieiit dite. Maiç je ne fais quels ivétcndus philofophes, pour r^xmdre i la cbimefc . de Dtfianef » fe jetterent dans la chimère poi2e; ' ils dmnerent libéralement un efpnit ptfr aux tMpasa M aux mfeûes; in oftnim dutft aUpt fi^ Entre ces deux folies, Tune qui 6te le fentiment aux Organes du fentiment, l'aùtré qui loge un pur éf- prit L)in;L-..,C00^lc Ame. StStion îlî. itsi |)rit dans une punaife; on imagina un milieu; c'eft rindinfl; & qu'eft-ce que l'ioftinÛ ? Oh oh! c'eft unô forme fubftantielle; c'eft une forme pJaftique; c'eft ua je ne fais quoi} c'eft de l'ùiftinû. Je ferai de votre avis, tant que vous appellerez la plupart des cho- ïes , ie ne fais qmi't tant que votre philofophie com- mencera Se finira par je ne fats; mais quand voua affirmerez^ je vous dirai avec Prior dans tbn poëme fur les vanitiis du monde: ■ orez-voua aŒgnSf . pidins inruportables t Une ctnre diverTa ii àei efiïts femblibles? Avez-vous roefuté certe mince cloifon Qui femlile fiparer l'intlinfl de la laironî . Voui êtes tnal pourvus & de l'un & de l'autre; Aveugles infenfés, quelle audace eft la vôtre? L'ornueil eft votrk inftina. Conduitez-vou» nos pu Dsr» ces chemina gliOàns que voua ne voyez paal L'quteur de l'article Jme dans FEncyclopédie s'ex- plique ainfi. „ Je me repréfente Tame des bêtes com* „ me une fubftance immatérielle &. intelligente, mai» ,i de quelle efpece? Ge doit être, ce me femble, „ un principe aftif qui a des fenfatiofts, & qui n'a j que Cela. Si nous refléchlflbns fur la nature „ de l'ame des bêtes, elle ne nous fournit rien de „ fon fonds qui nous porte à croire que là fpiritua» „ lité la fauvera de l'anéantiffement." Je n'entends pas comment on fe repréfente une fub* fiance immatérielle. Se repréfenter quelque chofe,' c'eft s'en faire une image ; & jufqu'à préfenc perfonne n'a pu peindre l'efprit. Je veux que par le mot rt- frêfente, l'auteur entende, jeconçms\ pour moi j'a- première Partie. L ,, Google ife' Âme. ftStofi Ht voue que je ne le conçois pas. Je conçois encof moins qu'une amc fpîrituelle foîl anéantie, parce qutf je ne conçois ni la création, ni le néanr; parce que je n'ai jamais afiifté au confeil de Dieu; parce que je ôe fais rien du tout du principe des chofes. Si je veux prouver que ]'ame eft un être rëeï , on m'arrête en me difant que c'eft une faculté. Si j'af- firme que c'eft une faculté, & que j'ai celle de ptn- fCT, on me répond que je me trompe; que Dieu le maître étemel de toute la nature, fait tout en moi , & dirige toutes mes aftions, & toutes mes penfées; que fi je produifaîs mes penfées, je faurois celles que j'aurai dans une minute; que je ne le fais jamais; que je ne fuis qu'un automate à fenfations &. à idées, uéceflairemcnt dépendant, & entre les mains de l'E- tre fupréme, infiniment plu» fournis & hii que l'ar- gile ne 1^ au potier» J'avoue donc mon ignorance ; j'avoue que quatre mille tomes de métaphyfique ne nous enfeigneront pas ce que c'eft que holre amc Un philofophe orthodoxe difait à un philofophe hé' térodoxe , comment avez-vous pu parvenir à imagi- tier que l'ame eft mortelle de fa nature, & qu'elle n'eft étemelle que par la pure volonté de Dieu? Par mon expérience, dit l'autre. — Comment! eft- «e que vous êtee mort? — Oui; fiart fouvent. Je ((nnl^sen épilepfîe dans majeuneffe, &je vousafTu- re que j'étais parfaitement mort pendant pluGeurs heures. Nulle fenfation , nul fouvetùr même du mo- Wâat^ j'-étaia tombé. H m'arrive à préfent la même chofe prefque toutes les nuitt. Je ne feos jamais L)in;« ...Google A M F,. Sefliofj m. I&J précifément ie moment où je m'endors; mon fom- jneil eft abfolument fans rêves, je ne peux imaginer que par conjeâures combien de tans j'ai dornii- Je fui8 mort régulièrement fis heures en vingç-quatre, C'eft le quart de ma vie. L'orthodoxe alors lui foutint qu'il penfait toujours pendant fon fommeil fans qu'il en fut rien. L'hété- rodoxe lui répondit ; Je crois par la révélation que je penferai toujours dans l'autre vie; m^'s je vous «flùre qile je penfe rarement dans ceile-ci. L'orthodoxe ne fe trompait pas en afTuruit l'itn^ inortalité de l'ame ; puifque la foi & la raifon dfr montrent cette vérité; mais il pouvait fe trranpâr a» eiTurant qu'un homme endormi pebfb toujours. > Lois avouait franchement qu'il ne penfait pas tou- jours quand il dormait. Un autre ]^afophe a dit: k propre de l'hemme ejl de pet^fer; ftuUs ee n'efi pt$ fon ejfence. Laiffons à chaque homme h liberté & la confola- tion de fe diercher foi-niême, & de fe perdre dans fes idées. Cependant il elt bon de favoir qu'en 1730 i» ph^ lofophe elTuya une perfécution alTez forte pour avoir avoué , avec Loke » que fon enten^emesc n'était pas exercé tous les momeos du jour & de la nuit^ de même qu'il ne fe fervait pas 6 tout momeqt de fq» Ittas & de fes jambes. Non-feulement l'ignorance d« cour le perfécuta^ mais l'ignorance maligne de (^^ ques préteodus littérateurs fe dédiataa coocre Jepo- L 3 u:n;«.,.CpO'^lc idf A M s. SeStion IIT. iëcuté. Ce qui n'avait produit en Angleterre qae quelques difputes philofophiques , produifit eo France les plus lâches atrocités; un Françaij fut la viâime de Loke. Il y a eu toujours dans la fange de notre littératu* rc plus d'un de ces miférables qui ont -vendu leur plu- me , & cabale contre leurs bienfaîfleurs mêmes. Cet- te remarque eft bien étrangère à l'article Ame ; mai» faudrait-il perdre une occaiion d'eftayer ceux qui fe rendent indignes du nom d'homme de lettres; qui proftituent le peu d'efprit & de coofcience qu'ils ont à un vil intérêt, à une politique chimérique, qiù ^crahifl'ent leurs amia pour flatter des fots, qui broient en fecret la cigQe dont l'ignorant puilTant & méchant veut abreuver des citoyens utiles? Arriva-t-iJ jamais dans la véritable Rome qu'on dé- DOnçât aux confuls un Lucrèce pour avoir mis en vers le fyftéme d'Epicare7 un Cicérm pour avoir écrit plufieurs fois , qu'après la mort cm ne reffenc aucune douleur? qu'on acculât un P/i'iw, un Famn, d'avoir eu des idées particulières fur la Divinité? La liberté de penfer fut illimitée chez les Romains. tjes eCpTits durs, jaloux & rétrécis, qui fe font ef- ftffCés d'écrafer parmi nous cette liberté mère de DOS connaiflances, & premier reflbrt de l'entendement humain, ont prétexté des dangers chimériques. Ils n'ont pas fongé que les Romains qui poulfaient cet- te liberté beaucoup plus loin que nous, n'en ont pas moins été nos vainqueurs, nos légidateurs, ft -^e les difputei de l'école n'ont pas plus de rap* ,,Googlc A H B. SeSi n'en «-c-M pis faii la baie de Ta rcligionî ou Mi)/f ^taic iiiftriiit de ce dogme, ou il ne l'étaic pas. S'il l'ignorait, il ^lait indigne ite donner des lutx. S'il la favait H^ Il cacbaii, queLiioni vuulc2-vous qu'on lui donne? De quelque cO- té que \aoi vous touTniei vous toaibez ikana un abtnie qu'un évi- Suc ne deviii pas ouvtir. Votre dédicace aux francs penlàns, vos Liies plaifnnUiies avec shs , Se. vos twirilTus auprès de mylotd Harttivkkt ne vous Isuveront jias de l'opprobre dont vos contra- ditlions eontiiiuelies vous ont couvert; & vous appreodrïZ que quind on dit dcï tiio&s luidieE, il fauc les dire moddletQciitt .vGooglc 12% Ame. Seàioa VL I4 proteaion d'un itiiniftre d'éwt qu'immédiatcmcos »près avoir fait; foa livre. A SaJamanque, àCoïmbre, i Rome, il aurait été obligé de fe rétraûer & de demander î)aii3oti. En An- gleterre il «ft devenu pair du royaume avec cent mille Jivre» de rente; c'était de quoi adoucir fes mœurs. ^ :i.c 1 \ o vi Sixième, Cu be/Ôtn ai ]a révélatioTi. Le plus grand bien&it dont nous foyons redevablac lu nouveau Teftaraent , c'eft dç nous avoir révélé l'immortalité de l'ame. C'eft donc bien vainement que ■ ce Warburton a voulu jetter des nuages fur cette im- portante vérité. H) repréfentant continuellement dans fa légation de Moife , que Us anciens ^uifi n'avaient êucune comipffance de ce dogme néctjftàref & que Ut faducéem ne l'admettiâent pas du tem de notre Sei^ntttr Jesl's. 11 fait tous fes efforts pour corrompre & pour tor^ dre les propres mots prononcés par Jésus - Christ même. (49') N'avez vous pat lu ces paroles ^MeDiEO vous , a dites: je fuis le Dieu d'Abraham, fc'DiEU d'Ifaac if U DiEO de Jacob. Or Dieu n'ejl pas le Dieu det morfi, tuait det vîvms. H s'emporte j'ufqu'à donner à la pa- rabole du mauvais riche un fens contraire à celui de toiites les églifes. Sherlok évêque de Londres, & vingt autres favans, l'ont réfuté & confondu. Les philo., fophes Anglais même lui ont reproché combien il eft fcandaleux dans un évêque de manifefter une opinion S contraire au bien public. Ul'J St. Maitliien clisp. £2. vt. 31- & ôU A M a. Semon yi ï73 n iaxst d'autant plus bénir la révélation de l'immor* talicé de Tame & des peines & des récompeofes a- près la mort , que la vaine philofophie des homme» «1 a toujours douté. Le grand Cifar n'en croyait rieni il s'en expliqua clairement en piein féûat lorfque» pour empêclier qu'on fît mourir Catilinat il répréfen- ta que la mort ne laiffait à l'homme aucun Tentiment, que tout mourait avec lui; & perfonne ne réfuta cet- ce opinion. Cicéroa qui doute ea tant d'endroits, s'explique dans fes lettres auffi clairement que Céfar. Il iùit bien plus; il die devant le peuple Romain, dans fon orai- fon pour Clueatiur ', ces propres paroles , Quel mal lui a fait la mort ? A moins que notis ne /oyons ajfez îmhi- cilles pour croire des fables ineptes , ff pour iniginer qu'il eft condamné aufupplice des méchans. Mais fi et font là de pures chimères , comme tout le monde en efl convaincu, de quoi la mort ra-t-ellt privé, finm du/eif timeta de la.douleur? „ Nam nuoc quîdem quid tandem illi mali mors „ attulit? niS forte ineptiïs ac fabulis ducimur, uc „ exiftimcmus illum apud inferos impiorum Itippllcia „ perferre &c.? Quœ fi falfa funt, id quod omnes „ intelligunt, quid ei tandem aliud mors eripuit pne- „ ter fenfum doloris ? ; L'empire Romain était parcage entre deux grandes feftes principales ; celle d'Epicwe qui affirmait quels Divinité était inutile au monde, & que l'ame périt avec le corps; & celle des Stol'ciens qui regardaient 4'ame comme une portioa de la Divinité , laquelle ...Cooi^lc J74 A M É. Se3ton VI. après la mort fe réuniHàit k fon origine,' au grand tout dont elle irait émanée. Ainli , foit que l'on crût l'ame mortelle j (bit qu'on la crût immortelle ^ toutes les feftes fe réunifTairat à fe moquer des pei' nés & des récompenfes après la mortj Cette opinion était fi univerfelle , que dafts le temé m^me que le chrîftianifine commençait à s'établir, on cliantait à Rome fur le théâtre public , par rau- Coricé des magiftrats, devant vingt mille citoyenSi Pep imum nîMl ej! , ipfaque mari itihil efi. Rkn n'en ipris U idciC, la niuit mime n'cft ;rieD> Il nous refte encor cent tnonumens de cette cro- ■yance des Romains. C'eft en vertu de ce fentimenC profondément gravé dans tous les cœurs, que tant de héros & tant de (impies citoyens Romains- fe don- nèrent la mort fans, le moindre fcrupule; ils n'atten- daient point qu'un tyran'les livrât à des bourreaux. Les hommes les plus vertueux même & les plus perfuadcs de l'exiftençe d'un Dieu, n'efpéraient alors aucune récompenfe & ne craignaient aucune pei- ne. Nous verrons à l'article .^^mj)/re, que CU' ment qui fut depuis pape & faint , - commença par douter lui - même de ce que les premiers chré- tiens difaient d'une autre vie; & qu'il confulta St. Pief' re à Céfarée. Nous fommes bien loin de croire quft St. Clément ait écrit cette hiftoire qu'cwi lui attribue ; mais elle fait voir quel befoin avait le genre-humaîû d'une révélation précife. Tout ce qui peut nous fur- prendre, c'eft qu'un dogme fi réfaittiant & fi falutai-' te ait lailTé en proie à tant d'Eiorribles crimes des A M & SeSim FIL ns fiommes (jui ont fi peu de tems à vivre , & qui fe v«enc preflës entre deux éternités. Section Septième. vfmc âetfots & des tnonjlres. tîfl enfant mal conformé natt abfolument imbécil- le, n'a point d'idées, vit fans idées; & on en a vu de cette efpece. Comment définira-t-on cet animal? des dofteurs ont dit que c'eft quelque chofe eattc l'homme & la bête; d'autres ont dit qu'il avait ufte ame fenfitive, mais non pas une ame intelleauelle. îl mange, il boit, il dort, il veille, il a des fenfa- tiens , mais il ne penfe pas. Y a-t-îl pour lui une autre vie, n'y en a-t-il point? le cas a été propofé & n'a pas été encor entiéremenc léfolu. Quelques-uns ont dit que cette créature dev^t a- voir une ame , parce que fon père & fa mère en a- vaient une. Mais par ce railbnnement on prouverait queQ elle était venue au monde fans nez, elle ferait réputée en avoir un, parce que foo père & fa mère ca ayaieoc . Une femme accouche , fon enfant n'a point de men- ton, fon front eft écrafé & un peu noir; fon nezefl éfilé & pointu, lès yeux font ronds, famine neres- femble pas mal à celle d'une hirondelle; cependant, il a le relie du corps fait comme nous. Les parens le font batifer à la pluralité des vœx. II eft déiiidé -heinaie & ]M^&Qbur d'une ame immorislle. Maïs fi .vGooglc 178 Ame. SeSHanl^ï. cette petite figure ridicule a des ongles pointus, U touche faite en bec, il eft déclaré monlire, il n'a point d'ame^ on ne le faatife pas. On fait qu'il y eut à Londres en i-j26 une femtntf qui accouchait tous les huit jours d'un lapreau. On ne faifait nulle difficulté de refufer le batême i cet enfant , malgré la folie épidémique qu'on eut peodanc trois femaines à Londres de croire qu'en effet cette pauvre friponne faifait des lapins de garenne. Le chi- rurgien qui l'accouchait, nommé St. Andréa jurait que rien n'était plus vrai , & on le croyait. Mais quelle raifon avaient les crédules pour refufer une ame aux enfans de cette femme? elle avait une ame, fes enfans devaient en être pourvus aulïï ; foit qu'il» eulTent des maînâ, foit qu'ils euffâic des pattes, {bit qu'ils fuffenc nés avec un petit mufeau ou avec un pe* tit vifage: l'Etre fuprême ne peut -il pas accorder le don de la penfée & de la fenfation à un petit je ne fais quoi, né d'une femme, figuré en lapin, auflj bien qu'à un petit je ne fais quoi figuré en homme ? L'ame qui était prête k fe loger dans Je fœtus de cette fera* me, s'en retournera -t- elle à vuide? Loke obferve très bien à l'égard des monftres, qu'il ne feut pas attribuer l'immortalité' à l'ejctérieur d'un corps ; que la figure n'y fait rien. Cette immortali- • té, dit-il, n'efl: pas plus attachée à la fotme de foà vifage ou de fa poitrine qu'à la manière dont fa ba^- be eft faite, ou dont fon habit eft taillé. II demande quelle eft la jufte mefure de difFormi* té à laquellle vous pouvez recoimaitie qu'un en^t ,GoogL Ame. SeStiohyil ' Tjj a une ame ou n'en a point? quel eft le d^;ré préci» auquel il doit être déclaré mondre & privé d'ameï On demande encOr ce que ferait une ame qui n'au- rait jamais que des idées chimériques ? Il y en a qutl. <5ues-unes qui ne s'en éloignent pas. Méritent-ielïesî déméritent-elles? que faire de leur efprit pur? Que penfer d'un, enfant à deur têtes , d'ailleurs très biea conformé? les unsdifent qu'il a deus âmes puifqu'il eft mum de deux glandes pinéales, de deux corps calleux, de deux fenforium commune. Les au* très répondent, qu'on ne peut avoir deux âmes quand «n n'a qu'une poiti;îne & un nombril. ■ Enfin , on i fait tarit de queftions fur cette pauvrfc àme humaine, que s'il ftUait les déduire toutes, cet examen'de fa propreperfonne lui cauferait le plus in- iuportable ennui. Il lui arriverait ce qui arriva au cardinal de Potighac dans* un conclave. Son intendant laffé de n'avoir jamais pu lui feiré arrêter fes comptes,' fit le voyage de Rome , & vint à la petite fenêtre de fa cellule chargé d'une immenfe lialTe de papiers. Il lut près de dfiux lieures; Enfin , voyant qu'on ne ;]ui répondait rien, il avança la tète. U y avait près dq deux heures que le cardinal était parti. Nos âmes . partiront avant qiie leurs intendans les aient mifes ïufait. Mais foyons juftes devant Dieu; quelqu>: gnorans que nous foyons, nous & nos intendaD^ Prmiire Piirii(h H L)in;« ...Google tjt ' AlltKtq.Ui. AMERIQUE. XÙiSqa'oo M f*e lafle point de farc écs fyftém^ fur la manière dont l'Amérique a pu fe peupler, né noiU lafTons poinc de dire que celui qui fie naître àd mouches dans ces climats j y fit naître des hommes.' Quelque envie qu*cKi ait de difputw j on ne peut nici* ^ue l'Etre fuprême qui vit dans toute la nature, n'ait fait naître, vers le quarante-huitienie degré, des ani'* maux à deux pieds fiins plumes, dont la peau éft mê- lée de blanc 6c d'incarnat avec de longue^ b^bel tirant fur le roux-; des nègres fans barbe vers la ligne: en Afrique & dans les ifles d'autres nègres 9vec barbe fous la même latitude; les uns portant de la laine fur la tête, les autres des crins: & au nii-< lieu d'eux des animaux tous blancs, n'ayant m cris ci laine : mais portant die la foie blanche^ On ne voie pas trop ce qui pourût avoir empêché Dieu de placer dans un autre contment use etpece d'ânknaox du néme genre, laquelle eft couleut de enivre dans la mdme latitude , où ces aiHinauE fonC Hoirs en Afrique & en Afie, & qui eft abfolument iai<> berbe & fans poil éa» cette m^ ladtude oli les au- nes Gmt barbus. Jufqu'(rii nous emporte la fureur des fyftêmes join- te i la tyrannie du préjugé! On voit ces animaux; on convient que Dieu a pu les mettre oti ils font ; & •D M veut pas cooveair qu'il les y ait mis. Les mé- ...Coo'^lc  M é R i Q, Ù E. i7î( mes geiis qui ne font nulle difficulté lîavciuct que les ^aflors CjDt otiginaîres du Canada, prétendent que les hommes rie peuvent y être venus que par bateau. Se que le Mexique ri'a paé pu être peuplé que par queli ^ues defceodons de Magog. AutanC vaudraii-il dire que s'il y a des hommes dans la lude, ils ne peàvCDt y avoir été menés que par JJlolpke qui les y porta fur fon hipogriphej lorfqu'il alla chercher le bdn feds de Rolaàd renfermé dan^ ude bouteille^ Si de fon tèiris l'Amérique eût été découverte , & que dans notre Europe il y eût eu des hommçs affez fynêmatiques pour avancer avec le jéfuiteZldjfKott que les Caraïbes defcendait des habitans de Carie, & que les Hurons viennent des Juifs > il aurait biea iàit de leur rapporter la bouteille de leur bon-ftns , qui fans doute était dané la lurie avec celle de l'a- mant à' Angélique. La première chofe qu'on fait quand on découvre une île peuplée dans l'océan Indien, ou dans la mer du Sud; c'eft de dire: d'oîi ces gens-là font-ils venus? mais pour les arbres &. les tortues du pays, on ne . balance pas à les croire originaires ; comme sll étafc plus difficile h la nature de jàire des hommes que deâ tortues. Ce qui peut fervir d*èîcufë à ce fyftême, feft qu'il n'y a prefque pcânt d'île dans les mers d'A- mérique ficd'ACe, cil Ton n'ait trouvé des jongleurs^ des joueurs de gibecière, des chariatans, des fripons, & des imbécilles. C'eft probablement ce qui a fait penfer que ces anîmam étaient de la mêine race que nous. Ma. U:n;K.yG00glc AMITIÉ, V-/N a parlé depuis longtems du temple de l'ami- dé, & on fait qu'il a été peu fréquewé. Bn vieux Ittiffige oh voit fur 11 bçtde Le» noms fïcrés d'Orelle & de Pilade » Le inJdEitlon du bon PinicoUs, ; Su rage Acatbe & du tendre Niliis ^ * Tous grands héros, rous amis vériuhfts; Ces noms Tant bcau^i maU iU font dans les hb]e). On fait que ï'amitié ne fe commande pas plu» que l'amour & reftîme. uiime ton prochain ^ fignifie. Je. . coure ton prochain; mais non pas jouïs avec plaifir dé fa converfation s'il efi ennuyeux^ co^e-bii tajicrtts s'il ejl un babillard, préu-hti ton argent j'il tfi un dijjtpa^ tear. L'amitié eft le mariage de l'ame; & ce mariage eft fujet au divorce. C'eft un contraa tacite entre deux perfonnes ftnfibles &. veriueufes. Je dis fetifibles , car un moine, un folitaire peut n'être point mécliant, & vivre fans connaître l'amitié. Je dis vertueufet; car lesméciians n'ont que des compL'ces; les voluptueur oat des compagnons de débauche; les intéreflës ont des aflbciés, les politiques alTemblent des faÛieux,; le commun des hommes oififs a des liaifons; les prin- ces ont des courtifans; les hommes vertueux ont ftuls des amis. Céth^us était le complice de CatiUnat & Méctne A u o II «. (Bf le couttifab d'OSmu; ma^ Geérm étaic ^ami d'jSt* Que porte ce contrad: entre deiuc âmes tendres ft honnêtes? les obligadons en font plus fortes & plus faibles, félon les degrés de feoUbilicé, & le nombre ^es fervjces rendus içc, L'entoufiafme de l'amitié a été plus fijrt chez les Grecs & chez les Arabes, que chez nous, fyo) Lc« contes que ces peuples ont imaginés fur l'amitié font admirables ; nous n'en avons point de pareils. Nous fommcs un peu fecs en tout. Je ne vois nul grand trait d'amitié dans nos romans, dans nos failloiresi fur notre fhéâtre. L'amitié , était un point de religion & de légltla* lion chez les Grecs. Les Tfaébains avaient le régi- ment des amans; beau régiment! quelques-uns l'ont pris pour un régiment de non-cpnfbrmiftes , il fe trom- pent; c'eft prendre un accefllnre honteux pour le principal honnête. L'amitié chez les Grecs était, prefcrire par la loi & la religion. La pédéraftie était malheureufement tolérée par les mœurs, il ne faut pas imputer à la loi des abus indignes. (Voyez Amour focratique.^ I AMOUR. L y a tant de fortes d'amour qu'on ne fait à qui •Vrelfer pour le définir. On nomme hardiment amm- Ç50J Voyei ruticle jlnh. M 3' U:niK.yG00glc -11? A M p u K. un caprice de quelques jours, une liaifoD iàns atta- chement, un feiitiment fans eftime, des Onjagrées dq. ^gitbés, une froide habitude, une fantaifie romanef- ij/iPt un goût fuivi d'un prompt dégoût: on donne ce nom à mille chimères. ' " ' Si quelque^ philofophfji veulent examiner ^ fond cette matière peu phiJofophique, qu'ils méditent le ianquec de Platon^ dans lequel Sacrale amant hon- pête iL'AUibiàde & é'j^athm convttfe avec pux fur ^a métaphyfîque de l'amour. Lw^ece en parle plus ep phyficien : Pîr^k M% ^| pas de Lucrèce, amor omnibui idem. C'«ft l'étofTe de la pâture que l'imagination a brp- ^ée. Veux-tu avoir une idée de l'amour? voi lès inoineamr de ton jardin , voi tes pigeons, contemple, ïe taureau qu'on amené i la gpiiffe, r^arde ce fier cheval que deux de fcs valets conduifenc à la cavale paMîble qui l'attend & qui détourne fa queue pour le recevcâr; voi comme ies yeux étinceUàit^ entends fes henniffemens, contemple çfs fauts", ce^ courbet- tes, ces oreilles dreflëes, cette baiche qui s'ouvre avec de petiteç cpçvulfion^, ces narines qui s'Mflent, ce fouffle enflammé qui en fort, ces crins qui fe relè- vent & qui flpttent, ce mouvement impétueux dont il s'élance fur l'objet que la nature lui a dcftffé; mais ne fois point jaloux , & fonge aux avantages de l'ef- pece humaine; ils compenfent en amour tous ceux que la nature a donnés aux animaux, force, beauté, içgéreté, rapidité. ...Gooi^lc jïl y a mÂme des animaux qui oe connailïént point ^a joujflàDce. Les poiffons écaillés font privés de cette douceur; la ftmelle jette fur la vafe des mil- lions d'œufs ; le mâle qui les rencontre , pafle fur eux ^ les fêconde par fa femence, fans fe mettre eo pet- ne à quelle femelle ils appartiennent. La plupart des animaux qui s'accouplent ne go» fent de p\aiÛT que par un lèul fens, & dès que cec appétit efl fatisfait, tout eft éteint. Aucun animal, hors toi, ne çonnait les embralTcmens ; tout ton corpi eft fenfiblei te? lèvres furtouc jounrent d'une volupté que rien ne lafTe, & ce plaillr n'appartient qu'à toa cfpece; enfin,, tu peux dans tous les tems te livrer à ]'amour, & les aiyma^z n'coit qu'un tems marqué. S| tu réfiéchis fur ces prééminences, tu diras avec le comte de Rochejler, L'amour dan? un pays d'athée» ferait ador^ la Divinité, Ca.mine hs hommes ont reçu le don de perfeâioo- «er tout ce i^i^e la nature leur aççordç, ils ont per- feftiomjé l'amour. Là propreté, le fran de foi-mér ^e, en rendant la peau plus délicate, augmente le plaifir du ta£l , &. l'attendon fur fa fanté rend les or- ganes de la vGlupté plus fenfibles. Tous les autres, ^timens entrent enfuite dans celui de l'amour, com- me des métaux qui s'amalgament avec l'or: l'amitié y l'eflime vannent au fecours; les talens du corpi Sk às^ l'efprit fi^c Oicor de npuvelles cbaiœs. Ifam façU tf/kfuù bmrJùn ficmhu flUUr, ilarigerifqut ma£t 8 ouinJa ccrfore tiUtu ^t faeil^ infmftet /mun vir Jtgirt Vilain, > L u c R B C K. Lit. Fr i Mi ,:..: ..,,, Google On peut , CiQi tue belle , tae jongiepis limaUe. L'iciention , te gAut , les Siios , U propreté i ■ Uaefprii nsiuret, un lit loujonrs afiible, ïhHiueDt ï la Iiideur les tiùu'deU beauçâ. L'amour-pr<^re furtout (efTerre tous cej liens. Oq s'applaudit de Ton choix, & les Ululions en foule fonç les ornemens de cec ouvrage, donc la nature a pofé ]e< fopdejnens. Voilà ce que m as au-delTus dcç animaur ; mais Ç\ tu goûtes tant de plaijîrs qu'ils ignorent, que de cha- grins aulïï, dont les bétes n'ont point d'idée ! Ce qu'il y a d'affreux pour toi, c'eft que la nature a empqi- ibnné dans les trois quu-ts de la terre ie$ plaiûrs de l'amour, & les fourccs de la vie, par une maladie èpoiivan'table, à laquelle l'homme feul eft fujet, &. qui n'infefte que chez lui les org;anLs de ^a génii- lation. n n'en eft point de cette pefte comme de tant d'au- tres maladies qui font la fuite de nos excès. Ce Q'eft point la débauche qui l'a introduite dans le mon- de. Les Phrinéj les Lafr, les Flora, les Meffàlints n'en furent point attaquées ; elle ell née dans des i(le^ oh leç hommes vivaient dans l'innocence; & de là, elle s'eft répandue dans l'ancien monde. ' Si Jamais on a pu açcufer la nature de méprilèr, fob ouvrage, de contredire fon plan, d'^ir contre fes vues, c'eft dans ce fléau déteflable qui a fouillé la terre d'horreur &jde turpitude. Eft-ce là !e meil- leur dô mondes poffîbles? Eh quoi, fi Céfar y Antoi- nt, O^avtf n'ont point eu cette maladie, n'était-il ,, Google A M o u; s. ï8j ' Cas pdlïble qu'elle ne fît point mourir Firançoîs /? Non, dit-on, les chofes étaient ainfi ordonnées pour ie mieux ; je le veux croire; mais cela eft trifte pour oeux à qui Rabeleùs a dédié fou livre. Les philofopbes erotiques (me fouvent agité la queft tion fi Hiloî/e put encor aimer véritablement Abélari gjiand il fut moinç & châtré? L'une de ces qualité» faifait très grand tgrt à l'aiitre. Maïs confolez-vous', Mélard\ vous fûtes aimé; la racine de l'arbre^ coupé conferve encor un refte dç fevé; l'imagination aide le cœur. On ffe platt encbr à table quoiqu'on n'y mange plus. ■ Eft-ce de l'amour ? cft^ce un fimple fouvenir? eft-ce de l'amitié? C'e/i an je ne fais- quoi compofé de ' tout cela. C'eft urï fcntiment confus qui reflembjû aux pallions fant^- ftiques que les morts confervaient daiw ies champs Les héros qui pendant leur vie avaient brillé danç lacourfedes chars, conduiraient après leur mortdts chars imaginaires. Orphée croyait chanter encore. Séloife vivait avec vous d'illulions & de fupplémens. Elle vous carefTait quelquefois, & avec d'autant plus de plaiflr qu'ayant fiiit vœu au paraclet de ne vou^ plus aimer, fts carpfles en devenaient plus précieufes comme plus coupables. Une femme ne peut guerijs ' fe jirendre de paffion pour un eunuque, mais elle peut «xwjferver ft paillon pour fon amant devequ eunuque, pourvu qu'il ibit encor aimable. ■Il D'en eft pas de même, mefdamcs, poor un amant '"6^ iS$ Amouk^prokkc. gui a vieilli dans le fervice; l'estérieur ne fubQfl* plus; les rides eflraicQC; les fourcils blanchi* rdw* teot; les dents pieiduesdégouceac; les mfirnticés éloi- gnent. Tout ce qu'on peut faire, c'eft d'avoir la ver- tu d'écre garde-malade^ & defupporter ce gu'oo ^ aimé. C^A eofevelir un mort. iVMOyR-PRQPRE, pJlcùUt duis les E§^ dt narak^ faits ^pfts deux ou trois mille volumes de morale, (dans Ton Traiti 4r ta charité t cbap. £) dit, qui parle moyen desgibett £f des nuet qu'on a étahUs en commun y on riprime les. fenfies & ks deffeins vyrarmqtus de. Vamoar-frùpie de, thaque particulier. Je n'examinerai point (î on a des grbets ea commun, comme on a des '{nés & de^ bcûs en commun , &^ une bourfe commune, § li on réprimé des penféet avec des roues; mais il me femble fort étrai^ que Nicole ait pris le vol de. grand chemin & l'aflkQinat pour de l'amour-propre. Il faut diftinguer un peu mieux les nuance^. Celui qui dirait que Nkan a fait airafTiner fa mère par amour-fwopre, que Çartouclie avait beaucoup d'amour-propre, ne s'exprànerâit pas, fort correÛement. L'amour-propre n'eft point Une fcélerateH^, c'eft un fpntiment naturel à tous les hora-. mes; il e(t beaucoup plus voilÎQ de la vanité, que do. criipe. ' • ,,Googlc' Amoï!r-»ro?ri. 187 yn gueux des environs de Madrid demandaic noble- ment l'aumône; un paffanc lui dit, N'êtes-vous pas honceiffi de faire ce métier infôme quand vous pou- vez travaiUer? Monûeur, répondit ]e mendiant, je vous demMde de l'argent &. non pas des confeils; puà il lui tourna le dos en confervant toute la digoiré ca- hillanne. C'était un fier gueux que ce feigneur, fa vanité était bleffée pour peu de chofa II demandait l'aumône par amour de foi-méme, & ne fouSraic pas ia réprimande par m autre amour de Toi-même. Un miffionnaire voyageant dans l'Inde rencontra uq faquir chargé de chaînes, nud comme un linge, cou- çhé fur le ventre, & fe faifaot fouetter pour les pé- chés de fes compatriotes les Indiens , qui lui donnaient quelques liards dupay?; quel renoncement à foi-mê- me! difait un ^és fpeâateurs; reconcemenc à moi- même! reprit le faquir; apprenez que je ne me faiî^ fcffer dans ce monde que pour vous le rendre dan^ l'autre, quand vous ferez chevaux & moi cavalier. Ceux qui onç dit que l'amour de nous-mêmes e(l 1^ bafe de tous nos fetitimens & de toutes nos a^ons, ont donc eu grandç raifon dans l'Inde, en £fpagneJ & dans toutf la terre habitable : & comme on n'écrie point pour prouver aux hommes qu'ils ontun vifage,- il n'eft pas befoin de leur prouver qu'ils ont de l'a. mour-propre. Cçt amour-propre eft l'inflrumcnt de notre confervation; il reffemble à l'inftrument de la - perpétuité de l'efpece; il eft néceffaire, il nous eft cher , il nous fait plaifir, &. il ftut te cacher. ,,Googlc Amour soc»ati«îdi AMOUR SOCRATIQUE, Oj l'amour qu'on a aommé Jkrati^ & platomqta. p'étaic qu'un fentiment honnête, il y faut applaudir. Si c'était une débauche, il faut en rougir pour ^ Grèce. Comment s'eft-il pu faire qu'un vice, dcfïruûeur du genre-humain, s'il était général; qu'un attentat infime contre la nature, foit pourtant fi naturel? II paraît être le dernier degré de la corruption réfléchie; & ceperidant ileft le partage ordinaire de ceux qui n'ont pas eu encor le tems d'être cprrompus. II efl entré dans des cœurs tout neufs, qui n'o;it connu en- cof ni l'ambition ni la fraude, ni la foif des rîchef- ■fes; c'eft la jeunefle aveugle, qui par un inflinâ mal démêlé fe précipite dans ce défordre au fortir de l'en- ftnce , ainfî que dans l'aianifme, (Voyez Chuan/mi.) Le penchant des deux fexes l'un pour l'autre fe dé- clare de bonne heure; mais quoiqu'on ait dit des. A- fricaîncs& des femmes de l'Afie méridionale, ce pen- chant eft généralement beaucoup plus fort dans ITiom- "mc que dans la femme ; c'eft une loi que la nature a établie pour tous les animaux; c'efl toujours le mâle qui attaque la femelle. Les jeunes mâle» de noae efpece, élevés enfemble* fcntant cette force que la nature commence à déplo- yer en eux , & ne trouvant point l'objec naturel dq AmoOU SOCRATlQ^Ox jj^ ieitt inftina, fe rqettent fur ce ^i lui reflembte Souvent un jeune garçon par la fraîcheur defon teint^ par l'éclat fle fes couleurs, & par la douleur de fea yeux , leffemble pendant deux ou trois ans à une belle fille; fi on l'aime, c*eft parce que la nature fe méprend; on rend hommage au fexe en s'attachanti ce qui en a les beautés ; & quand l'âge a fait éra- noulï cette reflèmblance, la méprife cefife; Cllrign* juvtntâm ^tatit htve ver S frimct tarftri flotti. ' bn n*ighore pas que cette méprife dé la nature eft beaucoup plus commune dans les climats dour que dans les glaces du Septentrion; parce que Je fang y eft plus allumé, & l'occafion plus fréquente: auflî ce qui ne paraît qu'une faiblelTe dans le jeune Alcihxa- de , eft une abomination dégoûtante dans un mate- lot Hollandais, & dans un vivandier Mofcovite, Je né peux fouffrir qu'on prétende que les Grecs dnc autorifé cette licence. On cite le légifiateui S»' Un , parce qu'il a dit en deut mauvais vers: Tu citiàns un beau girf on > Tant qu'il d'auts birbe au ntEnton, Mais en bonne foi, Solon était-il légiiiatéur quand • il fit ces deux vers ridicules (51)? Il était jeune a- lors, & quand le débauché fut devenu fage, il ne mit point une telle infamie parmi les ioix de fa ré- publique ; accufera-t-on Théodore de Bezt d'avw prêché la pédéraftie dans fon égjife, parce que dans <5tJ TradufUw iCJmkt grand aumûnier de Ffinn. r ..,,, Google 19» Amour Socratiq^ue. fa jeuneffe il fit des vers pour le jeufle Càiidiâé i S; qu'il dit: ttmpleBor hune 9 Ulam Je fuis pour lui, je fuia pour elle. Il faudra dire qu'ayant chanté des amours honteux • danà fon jeune âge, il eut dans l'âge mûr l'ambitiwi d'être chef de parti, de prêcher la réfbfmçy de fe faire un nom. Hic •oir ff itle patr. On abufe du iexie de Phitarqae qui dans fes bà- varderies, au dialogue de l'amour^ fait dire à un in^ terlocuteur que les ièmmes ,ne font pas dignes du éé- HtabU amour; (52) mais un' autre interlocuteur fou- tient le parti des femmes comme il le doiê. On a pris l'objeftion pour' la décifion. Il eft certain, autant que la fcience àa l'antiquité' peut l'être, que l'amour focratique n'était point un amour inOme. C'eft ce nom d'anidur qui a trompé. Ce qu'on appellàit les amans d'un jeune homme^ étaient, précifement ce que font parmi nous les menins de nos princes; ce qu'étaient les enfans d'honneur, de» jeunes gens attachés à l'éducation d'un enfant dis- tingué , partageant lés mêmes études , lei mêmes travaux mîh'taires ; inftitution guerrière & faînte donc Ml abufa comme des fêtes noélurnes , & derf Orgies. La troupe des amans inftitués par La^us , était une troupe invincible de jeunes guerriers engagés par C51) Vojre» Tinlcle Femme. ,,Coo'^lc ÂmOVR SocKATIQ^O-X. T{)Î' ^méDt à donner leur vie les uns pour les autres, & t'eft ce que la difeipline antique a jamais eu de plu4 beau. Sextus ÊinpiHcui &3'aa.tTei , ont bèaa dire qu6 ce vice était recommandé par les loiï de la Perfe. Qu'ils ci'^ tent le texte de la loi; qu'ils montrent le code des Perfans; & fi cette abominatitm s'y trouvait je ne la . croirais pas; je dirais que la cbofe n'eû pas vraie, par la raifon qu'elle elt impodibla Non, il n'ed pas dans la nature humaine de iàire une lot qui contredit , & qui outrage la nature, une Ira qui aoéantiraic le geo- i^-humain fi elle était obfervée à la lettre. Mais moi, je vous motitrerai l'ancienne, loi. des Perfans rédigée dans le Sàdder. Il efl dit à l'article ou porte p, qa'Ù n'y a point dt plut grand péché. C'ell envain ^u'un é^ criyain moderne (32) a voulu juftifier Sextut Empi- riciu & li pédéraftie; les loix de Zoroajlre, qu'il nâ coonaiHait pas« font un témoignée irréprochable que ce vice ne fut jam^ recommandé par les Ferfes. C'eft comme fi on diCàit qu'il éft recommandé par les Turcs, lis le commettent hardimaot; mais les loix le puoîflènc. Que de gens ont pris àts ufages bontenz & tolén^s iam an pays pour les loix du pays.' Sextm Empiri' «tu qui doutait de tout, devait bien douter de cette (5}') Cet toivain moderne rit ud noDim^ Itvtktr repJtïHnr da co1ic(ie, qui dan* un libelle TcmpH d'erreur! en lout genre > & de la critique la plut groIQere , ofe citer je ne bis quel bouquin djini lequel on ippêlle Socrate Saïaut PtàiTa^la, Socraies faint b..' il n'a pai ixi lùivi dans ces boneurs pir l'Abbé FWKhfn, tnaîa ici ■bbf, rton moini groiCer, s'eA croâtpé eocor lourdement fur.2*- toajift & fur les ancieus Periàni. Il en a t\i vivctneoc leyiii fie u tenuii* lavtut dut ici lauguM orieDUiM. .vGooglc JS,t AMÔDE S0CRAtî(J.tJB;' jiïtjfprudence; S'i! eût vécu de nos jours , & qu'il eût vu deus ou trois jeunes jéfuites abufer de quel- ques écoliers, aurait -il eu droit de dire que ce jeti leur efl permis par ]cs confticuiiaos d'Ignace de lio- yolai . L'amour des garçons était fi commun à Rome; ^u'on ne s'avifait pas de punir cette turpitude dans iaquelle prefque tout le monde donnait tête bailKe. Oàavé'AuguJîef ce meurtrier débauché &. poltron qui ofa exiler Ovide , trouva très bon que yirgiti diantât Alexis; Horace fon autre favûfi fàifait de pe- tites odes pour Ligurinus. Horace qui louait Aitgujîe d'avoir réformé 1er moeurS', propofaitégalemeùt dans fts fatyres un garçon &; une fille (54); mais J'an- Cicnne loi Scantima qui défend la péciéraftîe; fubfifta toujours: l'etppereur Philippe la rénîit en vigueur ,• & chalTa de Rome les petits garçons qui faifaîent le mé- , tier. S'il y eut des ccolicrs fpirituels & HcenticuK comme Pétrone , Rome eut des profefTeufs tels que gifl'ntflin». Voyez quelles précautions il apporte dan^ le chapitre du précepteur pour confervCr la pureté de la première jeunelTe , earendum non folum erimné tttrpitudinis fed etiam fufpicione. Enfin, je ne crois pas qu'il y ait jamais eu aucune nation policée qui ait fait des lois contre les mœurs (fj)* A M- I54) Praflo ptier In^etus in qiim 'Coiitiàuo pat. f 55) On devrait condamner mefficdfs léJ non-conronniftes * préJenter rous les «ns i la police un ciiFint de leur façon. L'éx'- JMiiu iM Fbatalaet fui Cm le point d'Cice bi6lâ en pbCe de Cre- ,, Google A M P ï- I P 1 C A T I B. AMPLIFICATION. V-/N précènd que c'efl libe belle figure de riïétOrf., que; peut -être aurait-on plus raifon fi on l'appelJait un défaut. Quand on dit tout ce qu'on doit dire ,. on n'amplifie pas; & quand on l'a dit, fi on amplifie. on dit trop. Préfencer aux juges une bonne ou raauvai- fe aâion fous toutes fes faces , 'ce n'eft point ampli- fier; mais ajouter c'eft exagérer & ennuyer. J'ai vu autrefois dans les collèges donner des prix^ d'amplification. C'était réellement enfeigner l'art d'ê- tre diffus. Il eût mieux valu peut-être donner dea prix à celui qui aurait refiferfé fés penfées,' & quf par - là aurait appris à parler avec plus d'énergie 4. de force. Mais en évitant l'amplification, craignez la fécherelTe. j*ai entendu des profeflèurs enfeigner que certàJtJS ve Mitr avtnr tbvfé de qublqnes peti» Sivovtirda qui nmonnaient fo cheminée; des ptotedleurs le fàuverent. Il failnit une ViifHrfie;' on brûlï d's Chaufaurii fi place. Cela eft bien ftiiti rf neàur in rébus i on doit proportionner les peines aux d*llts ! Qa atiraienE dit Cifor, /«cibiede, fe roi de Bychinle Nicimudt, le roi de Francct Henri 111, & tant d'auirts rois? Quand on brûla det Chaufaurs , 00 re fcnda fur Ut mbliSimitif dé St. LatOt, mis en nouveau liin- cois au quinzième Ceelej SI aucun efl PtuMonni A »....^ -tof A« me,a à fMqut i& fiUin a«it>proin^, tm U doit ardf'r & luU. U muebtl font au baron, &c. SI. Louit ne dit pas ce qu II Hut fcire su baron, fi le baron ett foupçomié, & fe ij en eft prouvé. 11 faut obferver que par le mot defr...... .S», iouii entend le» hérétiques, qu'on n'appellaii point alors dun autre nom. Vap équivoque fil brûler à Paris det Chaufaan gentilbomBie Liorain. Derpriaux eut bien raifon de faire une liiiyre entre ii>BunnMiuc3 «lie a caufé bien plus de mal qu'on ne croit. PrmffTf jPflrtfe. Çï Ijif AMPLIPICATIdlf vers de Firgili font une amplification, par exemple ceux-ci: Ifox trai , s fladdum carpidMt fifa foforcm Corpora pir terrât, Jylvaque & f<^a quUrant '■ JSqaora ; ciim nuâio volyuntur fidira lapfu , Cum tacil omnii ager, picudft, piBaqae volucrci; Qiucquc kciii laii liquidas , qimqae efpera iumii . ^ itHTfl leneal, femna pofita fub noSt filent i ' ieiribaia curai , & cerda obFita laboTumi ^ «M fa il eft.biai clair que puifqu'^Awiu lui montra, fon fupcrbe ennemi Hippolite, elle ^àtH\ppoUtt. Si elle rougit & paiit à fa vue,, elle fut fans doute troublée: Ce ferait un pléonafme, une redondance oifeufe dans une étrangère, qui raconterait les amours de Ph*àre-y mais c*eft l^hedte amoureulè & honteufe de ùl pas* fion; fon cœur eft plein, tout lui échape. Ut yi^, ut perii, ut mt aaùu aijiuBt errer. Je le vis, je loiigU, je pâUi à (k vin. Peut-on mieux Imiter VirgHtl Je rends toui mon corps & tranfic & brûler. Mes yeux ne voyaient plus , je ne pouvais parier. Peut-on mieux imiter Sapho? ces vers quoîqo'iml- - tés coulent de fource; chaque mot trouble les amet N 2 .vGoogl'c iprf AMH.ÏFÎCAT10 1J. ftnfibles & les pénètre; ce n'eft point une amplifida' nofl, c'eft le chef-d'œuvre de 1& nature & de l'art. Voici, à mon avis, un exemple d'une amplifica- tion dans une tragédie moderne , qui d'ailleurs a de grandes beautés. Tidie eft à la cour d'Argos ; il eft amoureux d'une fœur d'fiieflre; il regrette fon ami Orefte & Ton père; îl eft partagé entre fa pafÏÏon pour EUàre & le dcs- fdn de punir le tyran. Au milieu de tant de foins Si d'inquiétudes, il feît à fon confident une longue des- cription d'une tempête qu'il a effuyée il y a longtems. Tu fais Cl qu'en ces lieux nou.s venioni eiiuepreadre; Tu fais que Pilimede, avant que de s'y rendre, I4e voulut point tcDier Ton retour dans Argos Qu'il n'eût loterrogi l'oncle de Ddlos. A de & qu'une parr de m'a cncor plus favqrifé que l'autre. y ai riuffi auprès -du parterre bien plus ^'mi gré dt! fmnàijfêurs ^ veut dirCj Itt conoaiflèiffs iSCont (loq- ''damné. Il faut que la diaion foit pure & fans équivoque. Le confident de Ttdéè pouvait lui dire je ne vous en? cde vos deCn; d'ail- leurs, vous deviez inftrutrc plutôt le pMk que voug -vemez dË Samos. Lei fpeâateurs Veulent fiïvoir d'oîi -vous veûez & ce que vous voulez. La longue def- i:ription redietcbée d'one ten^te .me détourne de ces objets. C'elt une sin|:di6catioD qui parait oifeu^^ ^ucriquelle préfcste de gKiAdes images. i.* mer Jîgétila UtaICt Mute fin inanjlanci. ..Gooi^lc A M ï L I F I C A T I O It: Iftt Toute rinconftance que la merfignaJe, ne/MnWe pas une espreflioa convenable à un héros, qui lioèt peu s'amafer à ces recherches. Cette mer qui ie m» Uns £5" qui s'élance en an mmtnt, apr^s avoir fignalfi toute fon itîconjlance, incéreffe-c-cllc aOl-z à la -fiaiatioo préfente de Tidée, occupé de h guerre? Eft-ce i lui de s'amufer à dire que la mer eft inconftante, 4 ^bicer des lieux -communs? L'air mugit, le jour fait; une épaife raptar Couvre O'an voile ajfreax /« vaguet ra foreur. Les vents dilïïpent les vapeurs & ne les épaiffiffent pas. Mais quand même il ferait vrai qu'une épaiflfe vapeur eût couvert les vagues en fureur d'un ««fe af- freux, ce, héros plein de fes malheurs préfens, M doit pas s'appefantir fur ce prélude de tempête, iase çe|i circoqftdnces qui n'apportiemaent qu'au poSte. KoB erat Ma locust Lafaudn icMfàet fiitU uns nuit fi pptfon^ t . ^ fiUoni iidoablés ouvre U clil & Vorde ; Et comme un tourbiaan, embrajfanl not vaiffiiaux. Semble en foarce de feu bouiUonatr far lu teia. N'eft-ce pas là une véritable ampliScation un peu ■ trop aïHKMlôe? Va tomierre qui oavïe l'eau & la «iel par des .filloas ; qui en mâme «ma eft cm tan" billon 4e &u , lequd embraflfe ho vailfcari , & qui bouillonne, n'a-t-il pas quelque chc^ de trop4»eu na» ■turcl , de trop peu vrai , flôcout dans la bonche^'-u» JianHne qui -dok s'exprimer avec une finïpKdté no ble & toochaaee, furtQut ^rèa pilleurs mois «le M ^ileftpaflfe? N4 • - I),,,.;-.,,G00'^|C Des ctmes de vagues qui fbnt rouler fous des abt' me?, des éclairs preffés & des gouffres de feu , fem- bient des expreHions un peu bourfouilées qui feraient Ibufièrtes dans une ode; & qvi' Harast réprouvait avec ont de raifon dans la tragédie. trojlcit ui]pulIas-& Telquipeililji vtA», Le pilou ilfrayé, que la pan^ inviranni, ■fuc Toehert qu'il fiiyall laUmiBu t'almBdoniM. On peut s'abandonner aux vents ; mais il nie feiQ: ble qu'on ne s'abandonne pas aux rochers. Notre nûffeaii foapl, nage iifperfé. Un vaiffeau ne nage point djfperfé; Pirgiit a diti Don en parlant d'un vai0&au* majs des hoinmes, qui Qdtfait naufrage. Apparent rari nanies lu gu^iie valto. Voilà Oii le mot fu^tr eft à ft place. Les débrj^ à'un vaiffeau flottent & ne nagent pas. Bts FsspxaU lus a traduit ainfi ce beau vers de l'Enéîde ; 'A petite un petit mmbrt Jt eeax jai mmtaieot le yaigiau, purent fe fauvet à la naget C'eft traduire P^r^U en Ible de gazette. Ob eu ce vafle gouffire que peint le poëCe, gwgîte vajh7 Oh eft l'opparmî rari nantesl Ce n'eft pas avec cette fé- cherdlk qu'on doit traduire l'Enéide. II faut rendre ttiiage pour image, beauté pour beauté. Nous fàiftms cette remarque en iàvear des commençai». On doit Jea avertir que Drs Fontaines n'a fait que le fquelct- %e ipforme de yirgile, comme il faui leur dire que .vGooglc Amplification. »oI la defcription de la tempête par "Itdie efl faurivt & déplacée. 3îiM« devait s'étendre avec attendriOement , fur la mort d& fon ami , & npa fur la vaine dcrcrip* tîon d'une tempête. Uli pliira mi!;:t ta carmlat, non ego pitacli ofendar tnacuUs. En faveur tJes beautés on panionnc mix iihau. On ne préfente ces réflexions que pour l'intérêt de farc, & non pour attaquer i'artifte. Pluficurs hommes de goût, & entre autres l'auteur du Télémaque , ont regardé comme une amplification Je récit de la mort d'Hippolite dans Racine, Les longs récits étaient à la mode alors. La vanité d'uO afteur veut fe faire écouter. On avait pour eut cette complaifarice ; elle a été fort blâmée. L'arclie* vêque de Cambray prétend que Théramene ne devait pas, après la cataftrophe A'Hippolite ^ avoir la forcé de parler fî longtems ; qu'il fe plaît trop à décrire les carnes menaçantes du monflre , & fes éciâWes jau^ 'nijfanles, &fa croupe qai fe recourbe ; qu'il devait dirÈ d'une voix entrecoupée: Hippoliteeji mort: an monjlrt l'a fait périr ; je l'ià vu. Je né prétends point défendre les écailles jauniiTafl»- tes, & la croupe qui fe recourbe; mais en général cette critique fbuvcnt répétée me paraît injufie. Ort veut que TKfrafBene dife fculement: HippoUte efimori, Je l'ai vu, een ejtfait. C'eft précifemait ce qu'il dit & en moins de mot» encore HippoUtf n'ejl plus. Le père s'écfieî Théramene ne reprend fcs fens que pour dire: jçj Am P LI F I C A T I q IH J'ai vu des moriels pirii le plus timible ; & il ajoute ce vcts fî nécefBire, fî çomSiaM, fi 46* fefpéraot pour Tkif^i Et j'ofe Jire cnCM, Teigneur, le nurins oougwble. La graJation eft pleinement obfçrvée j Igs ouaacoB fe font fentir l'une après faucre. Le père attendri demande: Quel IXeu M a ravi faik fU , guelie foidre foudaine. . . ? Et il n'a pas le cou- rage d'achever; il tefte muet dans fâ douleur; il at- tend ce récit fatal; le public l'attend as même. Tké-i.. fament àdit répondre; on lui demande des détails, fl doit en donner. EtaiE-œ 4 celui qui feit difcourir-JMniKTr & tous fes perfonnages fi longtems, ^ quelquefois jofqu'à lafa- «iélé, de fermer la bouche à Thhamme-? Quel eft le jpeâateur qui voudrait ne le pas entendre, ne pa* jouir du plaifir douloureux d'écouter les circonflance» de la more d'HtppoUte^ qui voudrait même qu'on en retranchât quatre vers? Ce n'eft pas là une vaine def- cription d'une tempête inutile à la piecoj ce n'eft pa« là une amplification mal écrite; c'eft la diftion laplus -pure & la plus touchante; enfin c'eft Racinf. On lui reproche le héros expiré. Quelle miférabte vétille de grammaire! Pourquoi ne pas dire, ce hirst expiré, comme on dit, il ejl expiré, il a expiré t H faut remerciçr Racine d'avoir enriclii la langue à la- quelle il a donné tant -de charmes , en ne difait ja-i mais que ce qu'il doit, lorfque les autres ^(cat tout ce qu'ils peuveot. .Cooi^lc Amplification.' S03 Bûileaw fut le premier qui fie Temarquer TampIiS- catipn vicieufe de la prcmïepe foene de Pompée. Quand les Dieux 'lîtonniis feiçbUienE le partager, phar&le ■ -dédài ce qu'ils n'oraienr juger. ^ Ces fleuves irinis de fang , & rendus ptuî lapide» Par le débordement de tant de parricides; Cet horrilile débris d'aigles, d'armes, de cliars. Sur ces champs einpet^s tSJnfufiuient lîparsj . Ces montagnes de morts, privés d'hqiineors fuptCmcs, Que la nature force à Te venger cus-mÉmes; Et donc les troncs pourris exlialeiit dons ks vcntï pe quoi faire la gnerre an refte des vivans, &c. Ces vers bôuflbuflés font ibïoiesï ils furprirent longeeras la multitude, qfli fortant à peine de la gïof» !fiéret(5,'& qui plus eft de l'infifnifité oii elle avait été plongée tant de fiecles , était étonnée & ravie d'en- tendre des vers harmonieux ornés de grandes images. On ti'en favait pas affcz pour fontir l'estrême ridi- cule d'un roi d'Egypte, qui parle corfime on écoli» ■de théttJriqœ, d*4jne bataille livrée au-delà de la aar ■Méditerranée, dans une province qui! no coDoait ^as , entre des "étrangers' qu'il doit également halï. -Que veulent dire desdiçuK qui'n'cint ofé juger entre lé gendre & le beau-pere , & qui cependant ont jugé par l'événement , feule manière dont ils étaient cen- fés juger ? Ptolamée parle de fleuves près d'un champ de batailîe oîj il n'y ■avait point de fleuves. Il peine ces prétendu^ ileuves rendus rapides par des déborde- mens de parricStfesv uti horrible tKbris de pcrchesqui portaient des figures d'aigles, des charéctes calTées, (car on ne connaiflàit point alors les chars de guer- re} enfin des troncs pourris qui fctengeijE, & ,glc jc* Anà, Anecdote s< Hcnti IP" appelte fea gardes, & fiiit fouetter on^ trageufement les convives, /lottr leur appreruire, dit l'Etoile, une autre fois à être plus courtois à l'endroit des gentilshommes. Quelques auteurs* qurdc nosiourS fe font tnélé» d'écrire la vie de Henri IF, copient l'Etoile fan» exameD, rapportent cette anecdote ; & ce qu'il y a àê pis , ils ne manquent pas de la louer comme une. belle aftion de Henri JF^. Cependant, le fait n'cft ni vfai , ni vrailemblablej & loin de mériter des éloges, c'eût été à la fois dRi» Henri /f^ l'aûion la plus ridicule, la plus lâche, la plus tyrannique £c la plus imprudente. Premièrement , il n'eft pas vraifemblable qu'en iffos Henri IF dont la phyfionomie était fi remarquable , ^ qui fe montrait à tout le monde avec tant d'affa- bilité, fût inconnu dans Creteil auprès de Paris. Secondement, V Etoile loin de conftater ce conte impertinent , dit qu'il le tient d'un homme qui le te- nait de Mr. Fitry. Ce n'eft rt îiifément trouver à manger dans te même cabaret. ' • Quatriémemait , cette aftion 11 tyrannique, Q in- digne d'un roi, &.mÊiQe de tout bonnête. bomiQ?s fi ABÀjAHfecDOTE». EOJ {jimiftable par ks loix dans tout pays , aurait et* ouffi imprudente que ridicule & criminelle; elle eut rendu Henri W exécrable à toute la bourgeoifie dé Paris, qu'iî avaic tant d'intérêt de ménager; ' Il ne fallait donc pas fouiller ITiiftoire d'un cOnle fi plat, il ne fallait pas «déshonorer Henri IV par une fi impertinente anetdate. Dans un livre intitulé Âiocâmts Littéraires y îm- t)iimé chez Durand en 1752 avec privil^e, voici ■ ce qu'on trouve tome 3 page 185. » Les amours de „ Lams XIF ayant été jouées en Angleterre, ce „ prince voulut auffi faire jouer celles du roi GtUt- „ lauTW. L'abbé Brueyr fut chargé par Mr. de Torcy „ de faire la pièce. Mais quoîqu'appkiudie , elle j, ne fut pas jouée, parce que celui qui en était l'ob* „ jet mourut fur ces entrefaites." Il y a autant de inenfonges abfurdes que de mots dans ce peudeUgpes. Jamaison ne Joua les amours de Louis XIV fur le théâtre de Londres. Jamais Louis XIV iie fut aflez petit pour ordonner qa'wi fît une comédie fur les amours du roi GwiUaww. Jamais le roi Guillaume n'eut de maftreflfe; ce n'é- tait pas d'une telle ftibleflè qu'on l'accufait. Jamaii le «atguis de Twcj ne parla à l'abbé Brutys. Ja- mais il ne put feire ni à lui, ni à perfonne une pro- portion fi indifcrete & fi puérile. Jamais l'abbé Brutyt ne fit la comédie dont il ell qucftion, Fiez-vous ■ après cela aux anecdotes. li eft dit dai» h mâme Evre, qfin I-aiùs XÏVJht ,,Coo'^Ig so8 An4,Anbgdote8. JS content de Vopéra d'Ifis, qu'il fit rendre un arrêt âà çonjeil , par lequel il efi permis à un homme de condi' iim de chanter à l'opéra^ l^ d'en retirer des gages /ans déroger. Cet arrêt a été taregijlré au_ parltmem du paris. Jamais il n'y eut une telle déclaration enregiftréo au parlement de Paris. Ce qui eft vrai , c'eft que Lui- ' U obtint longtems avant l'opéra d'^ , des lettres portant permiflîon d'établir fon opéra ep 1672^ & fit inférer dans fes lettres que les gentilshommes (^ Ut ^Tuoifelles pouraienf chanter fur ce théâtre fans déroger^ Mais il n'y eut point de déclaratioa enregiftrée. Voi yez Opéra. De tous les Ana , celui qui mérite le plus d'être mis au rang des menfonges imprimés, & furtout dei jnenfongesinGpides, cil Is Ségraijtana. Il fut compilé par un copifte de Ségrais, fon domcftique, & împrj- ïné longtems après la mort du maître. Le Mémgiana reVu par La Monnaye y cft le feilî dans lequel on trouve des chofes inUruftives. Rien n'eft plus commun dans la plupart de nos pe- tits livres nouveaux, que de voir de vieux bons mots attribués à nos contemporains, des inlcriptions, des /.^{grammes faites pour certains princes, appliquée^ à d'autres. Dans un livre qui a fait beaucoup de bruit , & oii l'on trouve des réflexions auflî vraies que profondes, il eft dit que le père Mallebrancke eft l'auteur de la frémotion phjfiijue. Cette iaadvertence embanull^ ,,Coo'^lc AnjïsAnec6oteA. 2(% plus d'un lefteur qui voudrait avoir la prémotiop phyfique du père Mallebrajtche , & qui ne peut la trou^ Ver. Jl efldtt dans ce livre, que Galilit trouva la rai- fon pour laquelle les pompes ne pouvaient élever les eaux au dcllusde trente deux pieds. C'eft précifémenc ce qje Galilée ne trouva pas. Il vît bien que la pe- fantcuir de l'air faifait élever l'eau ; mais il ne put fa- voir pourquoi cet air n'agilTait plus au deffus de tren- te-deux pieds. Ce fut Torkelli qui devina qu'une co- lonne d'air équivalait à trente deux pieds d'eau, & à vingt- fept pouces de mercure ou environ. Le même auteur plus occupé de penfer que de citer jufte , prétend qu'on fit pour Crmvall cette ëpitaplic. Ci gît le denniAeiiT d'un pouvoir légitima, Jurqu'à Ton derniei jour fiivorifi dès cieuij Donc les venus miïritaîCDt mieux Qui le HrËptre acquis par lin crimei Pat quel ddlin ftui-il, pat quelle étnnge loi, , Qu'à (ous ceux qui font ués pour poriet U couronne , Ce foit l'ururpileiit qui donne L'exemple de» vcniu que doit avoir un roiî Ces vers ne furent Janfais pour CronmotU , maii pour le roi Otâllaume, Ce n'eft point une épicaphe, ce font des vers pour mettre au bas du portrait dp ce monarque, il n'y a point. Ci git; il y a. Tel fus le àefiruîtettr d'an pouvoir légitime. Jamais perfonne en France nefuc affez fot, pour dire que Cromvail avait donné l'esemple de toutes les vertus. On pou- vait lui accorder de la valeur & du génie; mais le oom de vertueux n'était pas fait pour lui. Premitn Partie. O ,:..: .., ...Google jfilo A N A, An e c d t e s. Dans un mercure de France du mois de Sepcenï'^ bre 176s, on actribue à Pope une épigramrac- faite en inpromptu fur la mort d'un fameux ufurîer. Cette épigramme eft reconnue depuis deux cents' ans en An- gleterre pour être de Shakefpear. Elle fut faite en efifet fur le champ par ce célèbre poBte. Un agent de change nommé ^ean Dacombe , qu'on appeilait ■vuIgaJremenr dix pour cent , lui demandait en plaifan- tanc quelle éptaphe il lui ferait s'il vesait à mounr/ ^htàuJptOT lui répondit. Ci gic un Rnincier puilTint , Que nous appelloos dix pour centj Je gigenis cenc contre dis Qu'il n'ilt p)s itoi le pindij. Lorfquc Beliiîbuc «rriv» Pour s'emparer de celle tombe, On lui dit qu'empariez vous lïî Ehl c'eit notre imi Je;iD Dacombe. On vient de reoouveller encor cette aneieiiDe plai' Ênterie. Je ùia bien qu'un bomme d'^glib. Qn'oa redoutait fort en ce lieu, Vienr de rendre fon atue ï Dieu % .Idili je ne Eds 11 Dieu r> piilï. - Il y a cent facéties , cent contes qui font le touf coup à les c^ accufer, Il faut êtrç difcret. AurRB ANECDOTE PI.ITS HAZARDÉB. On a écrit que la ducheJTe de Montpeajbr avait ac- cordé fcs faveurs au moine jacquet Clément , pour ^encourager k aflTailîner foQ roi. Il eut été plus ha- bile de les promettre que de les donner. Mais ce n'eft pas ainG qu'on excite im prêtre fanatique au parricide ; on lui mojitre le ciel & non une femme. Çon prieur Bpurgoin était bjen plus capable de le dé: (ermincr que la plus grande beauté de la terre. II O3, .vGooglc iî D B L'E D I T É li R. 221 au duc d'Orléans régent* gendre de cet apcticairti me l'a redit plus d'une fois; Enfin i pourquoi Juî donner un. nom italien ? Oii le nomma toujours Marchiali! Celui qui écrit cet ar- ticle, en fait peut-être plus que le père Grijeti & n'en dira pas davantage. ADDITION DE L'EDITEUR* Xl eft furprenant de voir tant de Sçavans & tant d'Ecrivains plein? d'efprit & de fagacité fe tourmenter k deviner qui peut avoir été le fameux Ma/que defer^ fans que l'idée la plus fimpje, la plus naturelle & la plus vraifemblabie fe foit jamais préfentée à eux. Le fait, tel que M. de Voltaire le rapporte, une fois admis, avec fes circonftances ; l'exiûence d'un Prifonnier d'une efpecefi fingullere, mife au rang des vérités hiftoriques les mieux conftatées, il paroitque, non feulement rien n^eft plus aifé que de concevoir quel étoit ce Prifonnier, mais qu'il eft même diffici- le qu'il puiffe y avoir deux opinions fur ce fujeti L'Au ■ teur de cet article auroit communiqué plutôt foa fentiment, s'il n'eût cru que cette idée devoit déjà être venue à bien d'autres, & s'il ne fe fût pcrfuadé que ce n'étoit pas la peine de donner comme une découverte, une chofe qui, félon lui, faute aux yeux de tout ceux qui lifent cette anecdote. Cependant, comme depuis quelque tems cet évé- 322 Addition de l'EditiÎtr; nement partage leiefprits, Se que tout récemment oà vient encore de donner aii Public une Lettre dan» la- quelle on prétend prouver que ce Prifonnier célèbre ëtoic un fecrécaire du Duc de Mancoue (ce qu'il n'eft pas poflible de concilier avec les grandes marques de refpea que M. deSc. Mars donnoîc à fdn prifongier ,)' l'Auteur a cru devoir enfin dire ce qu'il en penfe de- puis plufieurs années. Peut-être cette conjeflure mettra-c-elle fin à foute autre rechercHe, k raoinâ que le fecret nefoit dévoilé, par ceux qui peuvent ea être les dépofitaires, d'une façon à lever tous leil doutes. On ne s'amufera point à réfuter ceux q"ui ont ima- giné que ce Prifonnier pouvoit être le Comte de Ver- mandois, le Duc de Beaufort ou le Duc de Mon- mouth. «Le Sçavant & très judicieux Auteur de cette dernière opinion a très bien réfuté les autres , ma;^ il n'a cfTentiellemcnt appuyé la fienne que fur l'impoili- bilicé de trouver en Europe quelque autre Prince, dont il eût été de la plus grande importance qu'on ^orât la détention. M. de Saint-foix a raifon, s'il t'entend parler, qiigdes princes dont l'exiftençe étoit connue; mais pourquoi perfonoe ne s'eft-il encore avifé de fuppofcr que le Ma/que de fer pouvait avoir été un PHnce inconnu ^ iUvé en cachette S* (font il iia* pmoit de laijfer ignorer totalement l'exiftençe? Le Duc de Monmouth n'étoît pas pour la France un Prince de fi grande importance, & l'on ne voit pas même ce qui eût pu engager cette Puiflance, au moins après la more de ce Duc & celle de Jacques ,,Googlc Addition de L'EDi-tEtJR. 323 il^ à ftire un fi grand fecret de fa détention, s'il eut . été en efftt le Mafque de fer. Il n'eft guère proba- ble non plus, que M. de Louvois & M. de St. Marsi cufTent marqué au Duc de Monmouth ce profond ref- peQ. ^ue M.' de Voltaire aflure qu'ils portoicnt an Mafque de fer: L'auteur conj'eàure, de la manière dont M. de Vol- taire a raconté le feit, que cet hiftorien céletwï eft àuHj perfuadé que lui du foupçon qull va, dit-il, ma- nifefter, .mais que M. de Voltaire, à titre de François n'a pES voulu , ajoute-t-il, publier tout net, furiout en ayant dit alTez pour que lemot de l'énigme ne dût pas être difficile à deviner.Le voici, continue-t-il toujours, félon moi : „ Le Ma/que de fer était fans d^ute un „ frère , (f un frert aîné de Louis Xlf^àont la mère „av^it ce goût pour le linge fin fur lequel M. de „ Voltaire appuie.- Ce fut en lifaat les Mémoires de „ ce terni, qui rapportent cette anecdote au fujet de „ la Reine, que me rappellant ce même goût du „ Mafque de fèr^ je ne doutois plus qu'il ne fut Ton* ,, fils, ce dont toutes les autres circonftances m'a- „ voient déjà perfuadé. On fçaît que Louis XIII. „ n'babitoit pJus depuis longtens avec la Reine, que 4, la naiflance de Louis XIK ne fut due qu'à un beu- „ reux hazard habilement amené , hazard qui obligea s, abfolument le Roi à coucher en même lit avec la :,, Rdnè. Voici donc comme je crois que la chofc 3, fera arrivée. La Reine aura pu s'imaginer que „ c'étoit par fa faute qu'il ne naiflbit pçint d'héritier' „ à Louis Xm. La nailfânce du mafque de fer l'aura „ détrompée. Le Cardinal à qui elle aura fait conâ- tH A D D r T I b N D fe t'E D r V E b fc ,; aénce du fait , aura fçu par plus d'une raifon tire*' „ parti de ce lècret; il aura imaginé de tourner cet „ événement à fon profit & i celui de l'Etat; Per- i, fuadé par cet esremple que la Reine pduvoît don- ^, ner des Enfans au Roi ^ la partie qui produilîi le „ iiazard .d'un fcul lit pour le Roi & pouf la Reinei „ ftit arrangée en conféquence. ■ Mais la Reine & le ji Cardinal également pénétrée de la nécelTité de ca- j, cher S Lmîs XÎIL l'exiftence du Mafque de fer , ji l'auront fait élever en (ècret. Ce fecret 6n aura „ été un pour Louis XW. jufqu'à la mort iju Car- „ dirial Mazàrin ; mais ce monarque apprenant alorfi 3, qu'il avoit un frère, & un frerc aîné que fa mère 3, ne pouvoit défavouer, qui d'ailleurs portoic peut, „ être des traits marqués qui annonçoient fon origi- j, ne, fdfant réflexion que cet Enfant, né durant lé s, mariage, né pouvoit fans de grands încoftvétiïéns iSt 5, fans un horrible fcandale, être déclaré illégitime s, après la mort de homs XIÎI, Louis Xlf^ aura jugé 3, ne pouvoir ufer d'un moyen plus fage Ce plus Jufte „ que celui qu'il employa, pour alTurer fa propre „ tranquillité & le repos de l'Etat , moyen qui Ifi , „ diipenfoît de commettre une cruauté que la Pol^ „ tique auroit fepréièntéc comme ' néceffaire à uft ' „ monarque moins confcientieux & mqins magnanimft j, que Louis Xlf: „ Il me femble, pourfuit toujours notre 'Auteur <' „ que plus on eft inftruic de l'Hiftoire de ces tems-là , „ plus on doit être frapfé de la réunion de toutes s, les circonftances qui prouvent en favear do cette ,> fuppoûtioQ. ÂBEO ■|),,,.;-..,C00'^|C Ah Ai Anecdotei, sj^ Ak£cdote sur Nicolas Fouq,uet surih* TENOAKT CEI FINANCES. Il e(t vrai que ce miniftre eut beaucoup d'amis dans fa difgrace, & qu'ils perfévérerent jufqu'à fon juge, jnent. il eft vrai que le chancelier qui préfîdait à cft jugement-, traita cet iÙuftre captif avec trop de dure- té. Mais ce n'éuit pas Mtckei U Tellier » comme oa l'a imprimé dans quelques ■ unes des éditions du SieçU àt Louis Xlt^t c'était Pierre Seguier. Cette inadver- tence d'avoir pris l'un pour l'autre, eft une faute qu'i| faut corriger. Ce qui eft très remarquable, c'çll qu'on ne fait oi mourut ce célèbre furintendant. Non qu'il importe de le lavoir; car Cn mort n'ayant pas caufé le moin' dre événement, elle eft au rang de toutes les choléa indifférentes. Mais elle prouve à quel point ÎI était .publié fur la fin de fa vie, combien la cmûdératioq qu'on recherche avec tant de foins e(l peu de cholèj qu'heureux font ceux qui veulent vivre & mourir in- (ïoimus. Cette fcience ferait plus utile que celle des Petite ânbcdôti!. . il importe fort peu que le Pierrt SrouJJilt poili- le- quel on fit les barricades , ait été confeiller - clerc. Le ^it ce qu'il avait acheté une charge de confeil* ler-clerc, parce qu'il n'était pas riche, & que ces OfGces coûtaient moins que les autres. Il avait des cnfansi & n'était clerc en aacun fens. -Je-ae fais rïea ^e fi inutile que de favoir ces minuties, frmwri Partit, JE ,\ ...Cooi^lc Û2fl -An A, Anecdotes. AWECDOTE SUR LE TESTAMENT ATTrIbSÉ AU Cahd. de Richelieu. Le père Grifet veut à toute force «jue le carfinaï de Richelieu ait fait un ihauvais livre: à la bonne îieure. Tant d'hommes d'état en ont fait ! maïs c'ell Uoe belle paflîon de combattre C longtems pour ta-" Cher de prouver que, félon le cardinal de Richelieu, les EJpagnots nos alliés , gouvernés fi heurCufcmene par un Bourboii,_/SB( tributaires de' l'enfer {^rendent Ut Indet tributaires de l'enfer; — Le teftaraent du car- dinal de Richelieu n'était pas d'un homme poli. Que ta France a-Vùtt plus de bons ports JUr la SIédî- ierranée ^e tme^ la mnarcÙe E/^agnale. — Ce lefta- inent était exagérateor, Que poia- avoir ein^aante miUefiîâaîs il en faut lever tent mille par ménage. — Ce teflament jette l'argent. jXff les fenêtres. L f^ kr/ipt'on établit un rannul i3tsp6t m augmnte U fiie des foldatt; — ce gui n'eft jamais arrivé .ni as France, ni ailleurs. ' .Qu'ii /««t faire payer la taille aux parlemens & aux iutret cours fuperi'eures. — Moyen infeillîble pour ga- gner leurs cŒuts , & reodre la magiftrature refpec table. . Qfi'H faut forcer Jawiblejft de fermrt&reftrolârdMf ^.«asakri^ — Pour mieux coofcrver tous fes priçife. ,, Google A R /j ÀM«flOOi:Eg, iBjt " !^*î de trente mlUoUt àfapprimer il y en a prêt de lept dont le rembourcement m devant être fait qu'au de* nier cinq, la fupprejjvm Je fera en/ept ùnnies&demi de puXffance. — De façon que, fuivant ce calcul, cinq pour cent en fept ans & demi, feraient ceoc francs, au lieu qu'ils ne font que trente-repc & de- ïni : & fî çn entend par le denier cinq la cinquième t)artie du capital, les cent ftancs fercmt rembourfôj en cinq années jufte. Le compte n'y ell pas; le tes* tuteur calcule affez mal. Qut Genêt était îa plus rîcht vUle (Fltt^e. — Gé ■ que je lui fouhaite. Qu'il fâut être bien ehajie. — Le teftateur leflfem- blait à certains prédicateurs. Faites ce qull^ dif^c^ & non ce qu'ils font. Qu'il faut donner une abbaye à la Ste, Chapelle de P«^ nV. ■— diofe importante dans la crife'oii l'Burope était alors , & dont il ne parle pas. Que le pape Benoit XI embarraffa beaucoup tes corde- tiers , piqués fur lefujet de la pauvreté y /avoir des fête* nus de Sr. François, ^aî s'animèrent à tel point qu'ils lui firent la guerre par livres. — Cholfe plus importan- te encore, & plus favante, fuftout quand où pretxi ^ean XXII pour Benint XI, & quand dans Un te(b' ment politique on ne parlé ni de la manière dont il feut conduire la guerre côntrÈ ]*Empite S TEfpigne, ni des moyens de faire la paix , ni des dangers pré* lèns, ni.des.refTouTces, ni des alliances, ni d« gé' aérauxi ni des miniftres qu'il faut employer» ai mg^ P a t^ AH A, Anecdotes aie du dauphin , dont l'éducation importait tant à l'é- tat; enfin d'aucun objet du miniHete. Je confens de tout mon cœur qu'on charge (puis- qu'on ie veut} la mémoire du cardinal de Richelieu de ce malheureux ouvrage rempli d'anacroniftnes, d'fgno- j-ances, de calculs ridicules, de fauITetés reconnues, dont tout commis un peu intelligent aurait été inca- pable ; qu'on s'efforce de perfuader que le plus grand miniftre a été le plus ignorant & le plus ennuyeux j comme le plus extravagant de tous les écrivains. Ce- la" peut faire quelque plailir à tous ceux qui déteftemc fa tyrannie. - Il eft bon mfimff, pour Jliiftoffe de J'efprit hu- jnaiij, qu'on fâche que ce déteftable ouvrage fut loué pendant plus de trente ans , tandis qu'on le croyait d'ijp grand minière. ■ Mais il ne faut pas trahir la véfité pour faire croi- re que le livre efl du cardinal de Richelieu. Il ne feut pas dire ça'pn a trouvé une fuite du premier cha- pitre du tefiamtnt politique , corrigée en plufteurs en- droits de la Tnain du cardinal de Richelieu ^ parce que cela n'eil pas vrai. On a trouvé au bout de cent ans un manufcric intitulé Narration/uccitite : cette narra- tion fuccinte n'a aucun rapport au teftamenc politi- que. Cependant on a eu l'artifice de la faire impri- mer comme un premier chapitre du teftament avec des notes, j • A l'égard des Dotes, on ne fait de queiks maii» plies (bat. .vGooglc A H A. A K e C D ô T E s. SSp Ce qui eft très vrai , c*eft que le teftament pré- tendu ne fit du bruit dans le monde que trente -huit ans après la mort du cardinal j qu^I ne fut imprimé que quarante-deux ans'après cette mort; qu'on n'en a jamais vu l'original ligné de lui, que le livre elt très mauvais , & qu'il ne mérite piexea qu'on ea parle. Autres anecdotes. Charles /, cet infortuné roi d'Angleterre , e(l;il J'auteur du fameux livre Eikon hafiliké'i ce roi aurait- . i\ mis un titre grec à fon livre ? Le comte deJlforrt, ^Is de Henri IF, blcffé à U- petite efcannouche de Cafleinaudari, vécut -il jus- qu'en 1693 fous le nom de l'hermite frère Jean' £e Mr. de V. sur plu- sieurs ANECDOTES. Nous croyons devoir terminer cet article des anee- ■ riowf par une lettre de Mr. de F', à Mr. Damihviîlt piiilofophe intrépide, & qui féconda plus que perfon» ne fon ami Mr. de l^, dans la cacaftrophc mémorable des Caîat & des Sirvejt. Nous prenons cette occafion de célébrer autant qu'il eft en nous, la mémoire da te citoyen , qui dans une vie obfcure a maître des vertus qu'on ne rencontre gueres dans le grand mon- de. Il faifait le bien pour le bien même, fuyant les hommes .brillans, & fcrvant les malheureux avec le zèle de l'entoufiafme. Jamais homme n'eut plus de tourage dans l'advcrfité & à la mort. Il était l'ami intime de Mr. de f. & de Mr. Diderot. Voici la let- tre en queflion, P.T ■ ' ■ L)in;«.,G00glc 934: Ama, Anecdote», ^u châtem de Femeyy 7 Mai 1762. ' . „ Par quel hazard s'eft-il pu faire, mon cher ami, que vous ayez lu quelques feuilles de l'Armée lit- téraire de makre Aliboron ? chez gui avez - voua trouvé ces rapfodîes? il me femble que vous ne , voyez pas d'ordinaire mauvaife compagnie. Le monde eft inondé des fotifes de ces folliculaires ,, qui mordenc parce qu'ils ont faim, & qui gagnent „ leur pain à dire de platces injures, „ Ce pauvre Frérm (ss) , à ce que j*^ ouï dire, eft comme les gueufes des rues de Paris, qu'on to- lère 'quelque tems pour le fervice ties jeunes gens " défœuvrés , qu'on renferme à BiflTtre trois ou Il quatre fœs par an, & qui en fortent pour repren. drc leur premier métier. ]'aj lu les feuilles que vous m'avez envoyécfc tcA'] t,e follkulaite dont on purlc. eft cclûi-ti inîme qui syjnt été diaOÏ des }i&>''^'s . " "mpoe .tes lil.eiles pour vivte, & qui «rempli Tm libelles d'anecdotes ptiiteiiJiics liHCraites. En voici une fur fun eoinpie. Ltttri lia Sr. Royou avuca* au parlement ik Brttasti*, Um'ftttf 411 mmm^ Eriron. Mardt maim û Mari i??o. „ FriroH époufe mi fcui il ¥ a croU ws, m Bretagne) mm ^ [lete donna vingt mille livres de (toi. Il les diffipa avec des hl. Ïm , & donna du mal il ma lœur. Apris quoi U U fit panw " pour Paris, dans le paniev du coche, & la fit coucher en clie- inin fur la paille. Je courus demander raifun ù ce malheureux. ' t leignil de fe repeiuir. Mais comme I faifaii le mdtier d'erpion , ' L qu'il fut qu'en qualité d'avocat j'avais pn* parti dans les '! troubles de Bretagne, il m'accnla auurÈs de Mr. de., & obtint " une lettre de cachet pour me faire enfermer. Il vint W'" '"'-'^ avec des archers dans la rue de» nojer» un lundi i. d« tieurt» '' du matin , me fit charger de chaînes, fe mit i c6t.i de moi dao* un fiacre , & tenair lui- même le bout de la clwine. . . &c 7. "kous ne jugeons pob< ici entre lea deu^ beauxfreres. Nous «ons la tetlre^rigiiiale. On dit que " "■'<■'"• "'• »" '"«^ d- piller de religion & de V"-' ■*■"* ' tuo Cnarcband d« viiu .vGooglc Ama. Anecdote j. 63^ ^ Je ne fuis pajs étonné que maître Mibùrm crie un „ peu fous les coups de fouet que je lui al donnés, g, Depuis que je me fuis amufé à immoler ce polis^ „ £bn à I3 rifée publique fur tous les théâtres de „ l'Europe, il eft jufte qu'il fe plaigne un peu. Je gf ne rai jamais vu , Dieu merci. Il m'écrivit une- M grande kttre il y a environ vingt ans. J'avais en^ „ tendu parler de fe$ moeurs, & par conféquent je „ ne lui fis point de répoofe. Voilà l'origine de tou- „ tes les calomnies qu'on dit qu'il débita contre moi „ dans fes feuilles. Il faut le laiûer faire , les gens „ condamnés par leur^ juges oat permilHon de leur f, dire des injures. „ Je ne fais ce que c'eft qu'une comédie italienne „ qu'il m'impute, intitulée, (^nd me mariera-t-onf „ voilà la première fois que j'en ai entendu parler. „ C'eft un menfonge abfurde. Dieu a voulu que „ j'aie fait des pièces de théâtre pour mes péchés; „ mais je n'a! jamais fait àe farce italienne. Rayez y, cela de vgs anecdotes. „ Jq ne fais comment une lettfe que j'écrivis i M mylord Littleton & fa réponfe , font tombées eo* „ tre les mains de ce Frêron ; mais je puis vous as- p, furer qu'elles font toutes deux entièrement falû- „ fiée*. Jugez r en; je vous en envoie les originaux- «1 Ces meflieurs les folliculaires reflfemblent aflea j, aux chiffonniers, quj vont ramaflant des ordures „ pour faire du papier. n Ne voilà - 1 - iï pa encore une belle anecdotCj ,, Google 930 An a, a tf b c d o t e s; j, & bien dipie du public, qu'une lettre de moi ai». ^ profeffeurHattw, & une lettre du profeflfeur Hal' „ Ur k moi ! & de quoi s'avifa Mr. HalUr de faire ,» courir mes lettres & leefienoes? & de quoi s'a-. „ vife un folliculaire de les imprimer & de les falfi- ^ fier pour gagner cinq fous? Il me la fait figner „ du château de Toumeic , oîi je n'ai jamais de> M meure. „ Ces impertinences amufent un moment des jeu- „ nés gens oififs , & tombent le moment d'après dam ,, l'étemel oubli oîi tous les riens de ce tems-cî tom- ,, bent en foule, ,, L'anecdote du cardinal àe Fleuri far îeQuemadmO' „ dumqac LouùXZf' n'entendait pas,eft très vraie. Je „ ne l'ai rapportée dans le Siècle de Loaîs Xiy que „ parce que j'en étais fur, & je n'ai point rapporté „ celle du NiticoTox parce que je n'en étais pas fur, ,j C'efl: un vieux conte qu'on mè ftif^it dans mon en- „ fance au collège des jéfuites, pour me faire fen- „ tir la fupériorité du père de la CJuàfe fur le grand-" „ aumônier de France. On prétendait que le grand- „ aumônier interrogé fur la fignificatioo de Niticerax, M dit que c'était un capitaine du roi Damdt & que Iq „ révérend père la Cluùfe aflura que c'était un hibou ; „ peu m'importe. Et très- peu m'importe encor qu'oa „ fredonne pendant un quart d'heure dans un latin „ ridicule un nitîcorax grolTiérement mis en mulïque. „ Je n'ai point prétendu bldmer Louit Xîl^ d'igno- „ rer le latin; il favait gouverner, il favait feire „ fleurir tous les arts, cela vaut mieur que d'entaa- A N A, A n'É c D t t s. 237 \y dre Cicirm. D'ailleurs cette igncttance du latin ne „ venait pas de fa faute, puifque dans fa jeuneflè il M apprit de lui-même l'icalien & l'eipagQol. > , Je ne iàis pas poutquoi l'homme que le foliicu» „ laire fait parler me reproche de citer le cardinal de a. Fleuri, & s'égaie à dire que j'aime. à cittr de grands 3t noms. Vous favcz, mon cher ami, que mes grands „ noms font ceux de Newton , de Loke , de Corneille • ' it de Raâiie , de La fontaine ^ de Soileau. Silenom „ de Fleuri était ■grand pour moi, ce ferait le nom „ de l'abbé Fleuri auteur des difcours patriotiques , £? . j, fanatts, qui ont fauve de l'oubli fon hijloire ecçli- 3, fiajîiquei & non pas le cardinal de Fleuri que j'ai a, fort connu avant qu'il fût miniftre, & qui, qcmd „ il le fut , fit exiler un des plus relpeûablcs hora- ^, mes de France, l'abbé Pucelle, & empêcha b^ne.- „ ment pendant tout fon miniftere qu'on ne foutint „ les quatre fameufes propofitions fur lefquelles eft ,j fondée Ja liberté françaife dans les chofes ecclé- ■if iiaftiques. , . „ Je ne connais de grands-hommes qoe ceux qUî s, ont rendu de grands fervices au geore-bumaiD. , tr Quand j'amaflai des matériaux pour écrire le i. Siècle de Louis Xiy, il fallut bien confulter des „ généraux,' des miniftres, des aumôniers, des da- p mes & des valets de chambre. Le cardinal de Jleu- „ ri avait été aumônier, & i] m'apprit fort, peu de . „ chofe. Mr. le maréchal de ViUars m'apprit bcau- to coup pendant quatre ou cinq années de tems, «ni- ,, Google , 238 AnA, AHEeDtixES. ^ mfi vous le favez ; & je n'ai pas dit tout ce ijull j, voulut bien irfappreiidre. „ Mr. ïe duc d'Jntin me fit part de ptufieurs anec- ,, dotes, que je n'ai donné que pour «s qu'elles, va' ^ laient. „ Mr. de Tofey fut lé premier qui m'apprit paf „ une feule ligne en marge de mes queftions, i^uo i, Louis X/f n'eut jamais de part à ce fameux tefta- j, ment du roi d'Efpagne Charkt II, qui changea là j, face de l'Europe. ■ j. Il n'eft pas permis d'écfire nile hiflojre confemi ^ poraine autr^ent, qu'en confultane avec aiUdui* „ té , & en confrontant tous les témoignages. H y ■„ a des faits que j'ai vus par mes yetùt, & d'autre» „ par des yeux meilleurs. J'ai dit la plus exaÊte „ vérité flir les chofes effentielles. . „ Le roi régnant m'a rendu publiquâmenc cette j.HA»ÂKSCIJOt^S. £39 f, dûnoe à qui voudra ; je De m'en foude pai plus que f, de rhiOoire des quatre fils Aimw. i, J'ellîme bien autant celui qui ne fait pas uM ff anecdote inutile, que celui qui la fait. j, Puifque vous voulez être inflruit des bagatelles i, &dei ridiculea, je vous dirai que votre malbcu- „ reux folliculaire fe trompe, qaaod il prétend qu'il ,, a été joué fur le théâtre de Londres , avant d'avoir „ été berné fur celui de Paris par yfrrfnM Carré. La „ traduftion , ou plutôt l'imitation de la comédie de à, VEcoJfalfe & de Frérony faite par Mr. George JC**- „ mon, n'a été jouée fur le théâtre de Londres qii'en „ 17&5, & n'a été imprimée qu'en 1707 dicz Betket „ & de Hondt. Elle a eu autant de fuccès à Lon» „ dres qu'à Paris, parce qne par tout pays on aime „ la vertu des Lindanes & des Ji^-iport, & qu'on dé* j, telle les folliculaires qui trarbouillent du papier, & pt mentent pour de l'argent. Ce fut l'illuffre Garrtck „ qui compofa l'épilogue. i\fr. George Kolittan m'a fait „ l'honneur de m'envoyer fa pièce ; elle eft intitulée n The English Msrchant. ,, Ceft une chofe alTez irialfante qu'à Loixfat», i ^, Pétersbourg, à Vienne, à Geoes, à Parme, & jut „ qu'en Suiffe, on fe foit également moqué de oe ^^ Frérm. Ce n'eftjas à fa perfonne qu'on en voulaic „ il prétend que ÏEcqffaife ne réuiïît à Paris, que ^, parce qu'il y eft detefté. Mais la pièce a réuiîî à „ Londres, à Vienne, 'oJi il eft inconnu. Perfonne j, n'en voulait à Powceaugmcj quand Pourceaugmif ^.3 fit rire l'Europe. ...Coo'^lc â40 AJ4Â, AuttiaoTEi. „ Ce font-là des anecdotes littéraires afltz bte* „ cocftatées. Mais ce font, fur ma parole, ]esv6- „ rites les plus inutiles qu'on ait. jamais dites. Mon „ ami, un chapitre de Cicéron, rfe efficiis, & de na- „ tura deorumf un chapitre de Loke, une lettre prci* „ vinciale, une bonne fàble de La Fontaine, des vers p de Boileau & de Racine^ voilà ce qui doit occupe? „ un vrai littérateur* „ Je voudrais bien favoir quelle utilité ta pubh'd 5j retirera de l'examen que fait le folliculaire , fi jé „ demeure dans un château ou dans une maifon dâ „ campagne. J'ai lu dans une des quatre cents bro- „ chures faites contre moi par mes confrères de la ^ plume, que madame la duchefle de Richelieu m'a- „ vait fait préfent un jour d'un carroffe fort joli , 6t „ de deux chevaus gris pommelés, que cela déplut „ fort à Mr. le duc de Richelieu. Et là-deHus on tf bâtit une longue hiftoire. Le bon de l'affaire, c'eft „ que dans^ce tems-Ià Mr. ie duc de Richilieu n'avaiC ]} point de femme. ■ „ D'autres impriment mon parte-feuille tetfoùvf, „ d'autres mes lettres à Mr. £.,,&' 4 madame Z>., à ' M qui je n'ai jamais écri c ; & dans c^ lettres toujouT| „ des anecdotes. „ Ne vient-on pas d'imprimer les lettres fritettâiOi ,t de la reine ChriJHne^ de Ninon VEiicks'i &c. &c. „ Des curieux mettent ces fotifes dans loirs bibliO- j, theques , & un jour quelque éx\ià\i ûa% gages d'un ,1 libraire les fera v:doir comme des moQumens pré- .vGooglc ANATOUiK. a4t fi cieux de l'hiftoire. Que] fatras! quelle pitjéf quai j, opprobre de la littérature! quelle perte de temsl j, je lis àftaeliement des areicles de l'EnCydlopé- j, die, qui doiveat fervir d'inftnifUon au gcore-tuï. t, main ; ipais tout D'eft pas égal &ç. &c. A N A T O M I E, Xj'Anatôinie aiwîienne eft à Ja moderne ce qu'étaient les cartes géographiques groflîeres du léizieme fiecie, qui De repréfentaieDt que les lieux principaux , & en- cor infidèlement tracés , en cooiparaiTon des cartes topographiques de nos jours, Oti l'on trouve jufqu'av moindre builTon mis à fa place. Depuis P'ifate jufqu'à Le Cat om fait de nouvel- les découvertes dans le corps humain; on peut fe. flat- ter d'avoir pénétré jufqu'à la ligne qui fépare à jamais les tentatives des hommes & les fecrece impénétrables de la nature. Interrogez SorelH fur la force exercée parte cœor daîiï fa dilatatîdQj dans fa diaftole; il vous affure qu'elle eft égale à urt poids de il ne man- gerait d'écrevilTes de fa via ANCIENS ET MODERNES. X^E grand procès des anciens Se des modernes n'eft pas encor vuidé; il eft fur le bureau depuis l'âge d'ar- gent qui fuccéda à l'âge d'or. Les hommes «jt tou- jours prétendu que le bon vieux tnns valait beau- coup mieux que le teras préfent. Nejlor, dans YSia- de, ea voulant s'inlinuer comme un fage conciliateur d^s l'elîjrit d'Achille iÇc d'AgaTiuhmon , débute par leur (lire. — j'ai vécu auti^oii avec des hommes qm vo- taient mieux que vaut ; non je n'ai jamais va , Sf je ne verriù jamtUt de Jt grands per/otmages que Drias, Ce' née, Ëxadius, Poliphéme égal aax Dieux, &c La podérité a bien vengé Achille du mauvais com- pliment de Ifejlofy vainement loué par ceux qui ne Jouent que l'andque. Perfonne ne- connaît plus.Drûuj oD n'a gueres «ïtendu parler A'Exa^us, tàdeCéoéet & pour PâUphême égal aux Dieux , il n'a pas une trop bonqg réputation , à moins que ce ne foit i&tàt de la pivinité que d'avoir un grand œil au ftont , & de ujaoger des hommes tout auds. ■' ^ï - ANCICMS SÏ HODERlTBIt Lucrèce te balance pas à dire que ta Kituw sdtf. généré. ;^fa it^t dula/i falus e piaula lata , Qpa mnc yix tiojlro grandcfcuni auBa làborej ConUiimufiut iovit , & virtt egricolarum. &c. J,i iiiture Iwguii; I« terre eft épuiffe; L'hontjne dégénéré dont la force ell uKe, FaEigue un Ibl ingnt pir fts bonib affaiblis. L'antiquité efl: pldœ des éloges 4'uiw aytrç m^ guité plus reculée. Les bonunu . en tout teniï. ont pénfé qu'«utre&iï Pe longs ruICéaus de Iflit ferpeniaienc dans ih» hois ( La lune imi plus gmiide, & )« niilt noiiM obIcùw( L'byvcr lé couronuaii de Seurs & de vfsdure ; Lniemms., ce roi du monde, & roi très ùAaéWl, S* contemplait ii l'aife, admirait Ton néam, ^ Et feirmi pour »gir Te plaifaii * rien (aire, fi^e* HivdCtf combat ce iwéjugé avec autant de finefli que de force dans fa belle épitre à Augujie. ja Fauc „ ildoaci dk-il, que nos poèmes fiaenc comme nos „ vil», (56) dœit les plus vieux f<»t toujours ffi* „ férés?" Ildit.enfujte; JpiBgiiùr quldquaa ripr^htiidl , mn qaia traffi (57) Cmpofiii"» ilUpiâire puleiur; fià gale mipèr ; /.'ec yeni'cm liniisuit {d hrmvrem S pfanh pofck itgeHlis m« UU fnvttt p!aiiJll4ae ftpuUki fififfm f(i 'mpiis»a ■ «W nefiraque Uvidat ii£l. Sxi , J'ai vu ce paflàge îmjté aJirii en vers fijniliere,; (««) Epifl, I. lib. y* (sr) ibiJ. ,,Gqoglc • Rendons tQHJoiirs juftice lu beau. E(l-il laid pour tut aouvetii? Pourquoi donner la préfiiience Aux mfcbana vers du temi jadis» C'eft en vain qu'il» fonc applaudis; Us Q*oiit droit qu'à noue iDdUtaencc. Les vieux livres fbnc des uélbrs. Dit la forte & malipie envie> Ce n'eft pas qu'elle aime les moni( Elle hait ceui qui font en vie. X.e favant Se iogéaîpuï FonuaelU s'exprime dia^Ga ce fiyet. », Toute la queflion de la prééminence entre tes ,, anciens & les modernes, étant ose fbis bien enten- „ due, fe rédaic à favoir, fi les arbres qui étaient „ autrefois dans qob campagnes étoienc plus grands „ que ceux d'aïqourd'hui ? En cas qu'ils l'aient été^ ,t Homère j P/afos, pimojlliene, ne peuvent être égE\- „ lés dans ces derniers liecles; mais fi nos arbres M font aufli grands que ceux d'autrefois, nous pou- „ vrais égaler Homère , Platon t &. Démofihene. „ EelaircilTons ce paradoxe. Si les anciens avaient ^ plus d'efprit que nous, c'eft donc que les cerveaux „ de ce tems-là étaient mieux difpoféi , formés de 9, fibics plug fermes ou plus délicates, remplis de t, plus d'efprits animaux ; mais en vertu de quoi les tt cerveaux de ce tems-là aucaient^is été mieiix dif- „ pofës ? Les arbres auraient donc été auflî plus >, grands & plus beaux; car Q la nature étut alors a, {dus jeune & plus vigoureufe , les arbres , auffi (, bien que les cerveaux des ht^nmes, aurai^t d& fè ^ fçntir de cette vigueur & de cette jeuneflc." (Di- . i),M,«.,Googlc greflîon fur 'les Ancitns & les Modernes. Tom, IV, 6dl» lion de 1743-) . Avec ta pomiâion as cet illuftre académicleD] es tfeft point là du tout l'écac de la queftion. I] ne s'a-; gic pas de favoïr, fi la nature a pu produire de no^ jours d'auj^ grands génies, & d'aufll bons ouvrages que ceux de l'antiquité grecque ^ latine; mais dç fa- voir fi nous en avons en effet. Il n'eft pas impoflîble %n9 doute qu'il y ait d'aufll grands chênes dans la fo< lét de Chantilli que dans celle de Dodone: mais, iuppofô que Ie)î chênes de Dodoije-cuffeqï pa-Ié, il ^içraie très clair qu'ils aaraient un gr^ avauçage fup les nôtres, qui probablement ne parlèrent j^niais, I,ft Motttt homme d'erprit ficdc talens, qui 3 piér rite des applaudiflemens dans plus d'un genre, a fou^ tenu, dans une ode remplie de vers heureux, le pars iti des modernes, Voici ,UQe de fes flançes. Ct'UQUTqiKù veut-OT qne j'eacenfs r r ' Cm prfieiidus Dieux ^onc je fora t ' En mcd 11 mtine IntcOigenc* -.'l.. ■■ J»i( Biauytà l«» v^jBta reffiitis. ', "• " ■' Cicnfon 11 nitnrt bizire,. , - .,, Poiir nous luj'ou/U'Jiui plus ivire, .„ . „ Que pcwf Im Greci & les Romainsf ' ." ! * /~ . Se nos »aii me» Jiiolltre, N'èS-elle {dui qoe.UiuirltTe XTti lefte poStr des bunuiouy r " On pouvait lui répondre, EftJmez vos afnés fanj ïes adorer. Vous avez une intelligence & des reflbrts «omine Virait & Horace en avaient; mais ce n'eft |)a8 peut^tre aWblument la même intelligence, Peu^ ,,Googlc Ahciems et moderne 6. 249 ïcre avaient-ils un talent fupérieur au vôtre, & ils l'exerçaient dans une langue plus riche & plus harmo- nÏBure q.ue les langues modernes , qiji font un mâan- ge de l'bprriWe jargon des Celtes & d'un latin co^ TPmpQ. La nature "n'eft point bizarre; mais il fe pouralt "qu'éHe eût donné aux Athéniens un terrain & un ciel plus propre que la Veftphalie & que le LinjoGi) à for;- pier certains génies. Il fe pouroit bien encor tjue Ift gouvernement d'Athènes, en fécondant le climat, eijt mis dans la tête de Hinofihenf quelque chofe que l'aiV de Clatnar & de la Grcnouilliere , & le gouverne- ment du cardinal de Richelieu ne mirent poiijt dans la tête d'Ower Taloti & de JirCme Bignon. Quelqu'un répondit alors à la Motie par le pec^ Çflyplst fgivant; ChM Lt Motte, imite & rfvew Ces Dieux donc tu ne defcends pu. > $i tu «ois qu'Koncc cil lsd ptre, Il 1 hit des enfans ingrats. Li Miure n'ell point bizan, Puut D>nch« elle eft fort ivtre , Mtû Racine en tuf bien tnité , . Tibutle était guidé par elle; Mais pour notre ami La Chapelle, (5!} fi^lis , (fH'clle a peit- de bonté t Cette dil^JUte eft donc une queflion de fiiit. L'an- tiquité a-t-eile été plue féconde en grands monumens de tout genre jufqu'au tems; de Plutaïqvty que lee fi* (5S) Ce La ChapeUe ivAt un receveur lânérsl dei: finances, qui tradqiiic tris pUceinant Tiiulk j mais cciTx qui dlnaieni cbez lui ^louviicnt Tes vers fort boni. ii,M.,,,,Coo'^lc 2^p ANCIENS ET MODERNES. ci« modernes ne l'ont été depuis le ûeçlç des Médick jufqa'k Louif XIF inclufivement ? Les Chinois , plus de deux cçatt ans avant ootré ère vulgaire, conftruîfirent cette grande muraille qui n'a pu les fauver fie l'invafion des Tarures. Les E- gyptiens, trois mille ans auparavant, avaient fur. chargé la terre de leurs étonnantes pyramides, ^uj ftvaîeiït environ quatre-vingt-dix mille pies quarrés dp ^ baze, Perfonne ne doute que fi on vouloit entrepren- dre aujourd'hui ces inutiles ouvrages, on n'en vint ai* fément à bout en prodiguant beaucoup d'argent. " L» ^nde muraille de' la Chine eft un monument de la crainw; les pyramides font des monuinens de la va- nité iï, de la fuperftitioD, Les unes ^ les autres ac leftent une grande patience dans les peuples , mais aucun génie fupérieur. Ni les Chinois, ni les Egyp- tiens n'auraient pu faire feulement une ftatue Celle que nos fculpreurs ep forment aujourd'hui. Du CHEVALIER TCUPLE. Le chevalier Temple, qui a pris à tâche de mbais- fer tous les modernes , prétend qu'ils n'ont rka ea architefture de comparable aux temples de la Grèce & de Rome; mais , tout Anglais qu'il était, il dévale convenir que J'églîfc de Çt. Pierre eft.iaçompafaUe- menf plus belle que n'étjit Iç capitule, C'eft une chofe cmieufe que l'afFuriince' avec h* quelle iJ prétend qu'il n'y a rien de neuf dana notre agronomie, rien dans la connaitTance du corps Iju- aaiti, û co a'eH pcut-étrC] dit-il,- la circolocion du ,, Google At^CIBNS ET M0DERNX9. i^t fang. L'amour de fon. opinion, fbndé fut ùm extrê- me amour-propre, lui fait oublier la découverte de; fstellitejs de Jupiter, des cinq luoes & de l'anneau ds ScaurWt de Ja rotation du fdal fur foa axe, de ta poCtioo calculée dç trois mille étoiles, des lois dm- 'nées par Képitr & patiJViWiïn aux orbes céleUcsj des c^ufes de la préceflîon des équinoxes , & de cenç autr» eonoaifrances dont les anciens, ge foupçoa> naieot pas même la pombilité. Les découvertes dans l'anatomie font en auJîî grand nombre. Un nouvel univers ai petit, découvert avec le microfcopc , étgjt compté popr rieo par Iç cheva- lier Temple; il fermait les yeux aux merveilles de fes contemporains , & ne les ouvrait <]\ie pCHjr acfini- rer l'anciopue ignorance. Il va Jufqu'à nous plaindre de n'avoir plus aucun refte de la magie des Indiens, des Caldéens, des E- gyptiens; & par cette magie il entend une profonde connailTance de k nature , par laquelle ils produi- faient des miracles fans qu'il en cite aucun, parce qu'en effet il .n'y. en a jamais eu. „ Que font deve- u nus, dit-il, les charmes de cette mufîque qui en- „ chantait fi fouvent les hommes & les bétes, les „ poiflbns, les oifeaûx, les lèipens, & changeait „ leur uaf lire?" Cet mnemi de fon liecle croit bonnement à la fà- Me d'Orphéi, & n'avait apparemment oitendu ni la belle mufîque d'Icaiie, ni même celle de France, qui  la vérité ne charment pas les ièrpens, mais qui- charment le?- oreilles des connafifours. ...Google 95* 'Ahcieks bt modernes. Ce qui eft encor plus étrange» c'eft qu'ayant tou- te fa vie cultivé Jes belles-lettres ^ i! ne raifoone paj mieux fur nos bons auteurs que fur dos philofopbes. 11 regarde Rabelais comme un grand-homme ; il cito les Amoart des Gauks comme ira de ncé meilleuri ou* vrages. G'écah pourtant un hc»nme farant, un. lxMn>^ me de cour, un homme de beaucoup d'efprit, uû ara- bafladeur, qui avait fait de profcndes réflexions fur tout ce qu'il avait vu. Il pofTèdait de grandes coo* noilTanqe^: un préjugé fuffit pour gâter tout cç nié* rite. De Boileac et de Racine, ' Soikm Se Raeinit en écrivant en faveur des an» ciens contre Perrault, furent plus adroits que le che# valier Temple. Us fe gardèrent bien de. parler d'aftro- nomie & de phyfique. Botleau s'en tient à juftîfîer Ho- nuTt contre Perrault , mais en glifTant adroitement fur Jes défauts du poëte Grec, & fur le fommeil que lui reproche Horace. II ne s'étudie qu'à tourner Perrault^ l'ennemi d!Homere, en ridicule. Perrault entcnd-il mal un paHage, ou tradùit-il mal un paflàge qu'il entend? voilà Soileau qui fâîlit ce petit avantage, qui tombe 'fur lui en ennemi redoutable, qui le traite d'igno- lanf, de plat écrivain : mais il fé pouvaif très bien ftire que Perrault fe fût fouvent trompé, & qus jxnirtant il eût fouvent raifon fur les contradiâions, les répétitions, l'uniformité des combats, les ]oq< gués harangues dans la mêlée, les indécences, les îd- conféquences de la conduite des Dieux dans le po<3« pie« enâa fut toutes les fautes où il prétendait quQ ,,.Goo'^lc Anciens et modernes. £54 ce grand poëte était tombé. En un mot, Boikaa fe moqua de Perrault beaucoup plus qu'il ne juftifia Ho* mtre. De i,*injdsttcê ef de la mauvaise foi de Raoms dans la dispute contre perrault au sujet d'Euiupide, et des infidélités de Brumoï. RaCtrls ufa du toéme artifice, car H était tout auflï ïnaliD que Boikau pour le moins. Quoiqu'il n'eût pas fait (îomme lui fon capital de la fatyre; il jourt du plaifir dç confondre fes ennemis fur une petite mépri- fe très pardonnable où ils étaient tombés au fujet d'Euripide, & &i même tetns de fe fentir très fupé- rieur à Euripide même. Il raille autant qu'il le peut ce même Petroalt & fts partifans fur leur critique de l'AlceJle d'Euripide ; parce que ces meffieurs malheu- reuîement avoient été trompés par une édition fau- tive à'Êuripide, & qu'ils avaient pris quelques repli- ques à'jidmete pour celles d'AlceJle : mais cela n'em- pêche pas qa'Ëuripîde n'eût grand tort en tout pays, dans la manière dont il fait parler Admne à fon père, re. XI lui reproche violemmeoc de n'être pu more pour lui. „ Quoi donc, lui répond le roi fbn père, à qui „ adreirez'vous, s'il vous plaît, un difcours (i hau- „ tain? Eft-ce à quelque efclave de Lidie ou de „ Phrygie ? Ignorez -vous que je fuis né libre fie „ Theflalien? " (Beau difcours pour un roi ficpour un père!) „ Vous m'outragez comme le dernier des ^ bOQu&et. Oti dt \^ loi qui die que les peies doh .vGooglc ej4 Alt cl ta a Eï HoûÊltNEA' „ vent mourir pour leitfsuirfans? Chaciiri eft icî- „ bas pour foi. J'ai rinnpli mes obtigacioiH mvcrS „ vous. Quel tort vous fais-je? demandai -je' que „ voua mouriez pour fnoi?La lumière vous eft pré- „ cieufeî me reft-elle moins? Vous m'accufei „ de lâcheté Lâche vous-même; voua D'avez „ pEs rougi de prefTei" votre femme der vous foire ,, vivre en mourant pour vous Ne vous fied-il „ pas bien après cela de traiter dç lâcbeS, ceux qui „ refufent de faire pour vous, ce que vous n'avez „ pas le courage de iàiref vous - même. .... Croyez- 3, moi, taifcz-vous — . Vous aimez la vie; les „ autres ne l'aiment pas.moîns..... Soyez fur que „ û. vous m'injunez eucor , vous entendrez de moi j, des duretés qui ne feront pas des menfonge* ". Le chœur prend alors la parole. „ C'eft afléz & j, déjà trop des deux côtés: cellbz, vieillard, ccITez „ de maltraiter de paroles votre fils. " . Ce cœur aurait dû plutôt ce femble iàire une forte répo-tmatide au fib d'avoir très brutalement parlé i fi>n propre père, & de lui avoir reproché fi aigre- grement de n'être pas mort. Tout le refte de la fcene efi dans ce goôt< Phérès à fort filt. Tu parles contre ton père fans ea avoir reçu d'ouf mge. A D M E T E. - Oh I j'ai bien vu que voua aimez à vivre longtemiK ,,Googlc AsclSNa ET MOOtKMSS. HJS P H 4 R È S Ëc toi y ne pone»-cu pas au combeau celle qui eft jnone pour coi? A D M E T £. Ah! le plus iofame des hommes, c'sA la preuve de ta lâchecé. / H É R i * Tu ne pouras pas au moins dire qu'elle eft morte pour moi. A DM E,T E. Plût au ciel I que tu fuiTes dans an état oh ta eufTes befoin de moi. L E P E a E. Fais mieux, époufe plufieurs femmes, afin qu'el- les' meurent pour te faire vivre plus longtems. Après cette fcene un domeftique vient parler tout feul de l'arrivée d'Hercule. „ C'eft un étranger , dit- „ il, qui a ouvert la porte lui-même, s'eft d'abord „ mis h table; il fe fiche de ce qu'on ne lui ferc n pas aOéz vite à manger, il remplit de via à tout „ moment fa coupe , boit à longs traits du rou< 3t ge & du paillet, & ne ceiTe de boire, & de chai>* j, ter de mauvaifes chanfons qui relTemblent à des „ hurlemens, fans fe mettre en peine du roi & de fa s, ftmme que nous pleurons. C'eft fans doute qud- if que fripcHi adroit, un vagabond, un aflaifia. Il peut être affez étrange qu'on prenne HercuU pour un fripon adroit; il ne l'eft pas moins qu'flèr- tule xnà â^Jdmtt fiïit iacoonu dans la mailba. Il ,>,>,glc ■sjS Anciens et MaDZRNEft l'efl: encor plus qa'BercuU ignore la mort d'jBcejUi dans le cems même qu'oa la porte au corai3eaih Il ne faut pas difputer des goûts; mais il étt f^ que de telles fcenes ne fôratent' pas foufTertes cbe^ nous à la foiia Brumoy qui nous a donné Je Tliédcte des Grecs f Ce qui n'a pas traduit Euripide avec une fidélité fcrupu- leufc, felc ce qu'il peut [iour Juftifler lâ fcene à^Ad' mete & de fon père; on ne devinerait pas le tant qu'il prend. * Il dit d'abord que Us Gitcs n'ont pas irouii' à redi- re â ces mêmes chofes qui font à notre égard des indt- eeneest des horreurs \ qu'ainfi il faut convenir qu'elles ne font pas toia-d-fait telles que nous Us imaginmrs tn un TRot que les idées ont changé. On peut répondre, que les idées des nations poli- cées n'ont jamais changé fur le refpeft, que les en- has doivent k leurs pères. Qui peut douter, ajoute- e -il, que les idées n'ment chcmgé en diffirens fiecUs fur des points de moràU plus On répond qu'il û'y en â guères.de f lus iiWpo^ tans. Un Français t continue -t- il, efiinfvlti; le préten» du bon -fens français veut qu'il courre les rtfques du 'duelf & gu'il tue ou meure pour recouvrer fon honneur* On répond que ce n'eft pas le feul prétendH bon* fCDf U;n;«.,.C00'^lc ANClÈNiS ÏT «rODfiRNtfc iST ftns français , mais celui de tdutes Ici liàcîoos (ta TEurope iàns excéptiOD. On ne fent pat qffez combien ente maxime paraitra ri' dicule àans.dtux nUîle ansi ëf dd juîl air on JWdtf jifiée dû terni ifEupipitte. Cette ittaxîflie èft éhielfc & fàtaléj inàis nai paS ridicule ; & bn ne l'eût Sflée d'auoan air du lemS d'Euripide. Il y avait l56au<;oup d'exemples da dUell . chez les Grecs & chez les Afîatiques. On voit,- dès le commencement du premier livre de l'Iliade^ JlchilVt tirant k hioitié Ton épéei & il était prêt à fe ikttre contre yfgamemno», li Minerve n'était venue le prendre par lès cjieveuï, & lui faire remet- tre Çaa épée dans ie foureau. Pîutdrqùe rapporte qu'Èphffiton & Crattri fe bat- tirent fcn duel; & qa' Jleàeandtv les fépfera. II eft d'ac- . Cord avec j|i»»« - Curce , qui dit que deux autres of- ficiers d'Alexandre fe battirent en duel: ÇSo) »*pBl^ bus armis duello ceriant. Et puis } quel rapport y a-t-il, je vous prie, en- tre un.duel, & les reproches que fe font JldmfU & fon père Fhiris .tour-à-tûur d'aimer trop la vie, & d'être des lâches? Je àe donnerai que cet exemple de l'aveuglemenC des tràduÛèurS & des commentateurs; puifque Bfu- tnoy , le plus impartial de tous, s'eft égaré à ce point que ne doit -on pas attendre des autres? Mais file* . firuiHoyt &. les Daciers éuient là, je leur deinJHBje<__^^^ C59J flfrf»" Cfl««, Liv. IX. ,»5r dam (^ boues pièces , M- aufS fupé* ,, Google Anciens et uodebke« a^ TjesT au pur, mais froid Térencei &, au farceur ^• Hfiophani, qu'au baladin Daacourt. Il y ^ donc des genres danà lefquels les moder- nes font de beaucoup fupérïeurs aux anciens, & d'au- très eii très petit nombre daos lefquels nous leur' Jbmnjes iriférieurS. C'eft à quoi fe réduit la dis- cute: DÉ (itietqiîEs coMi*ÀaAisoiîs' entre dEs ouvrages célèbres. , La raifdn Îe le goût veultoe , ce me femble, qu'on diflingue dans un ancien comme daiu un modeiDe Je bon & te mmvùst qui font très fouveift à côté l'ua de l'autrci On di^t fêntir avec trafllport tie ter* de ÔwwiBf » ce vers tel qu'on n'en trouve pas un leul ni dans Homère, ni dam Sophocle, lit dans Euripide qui ea. approche: Que voulez • vtius ipi'il It contn tcoîiT - Qui] notirflt- Se l*on doit avec la même fagâcité Se la même jufti- ce réprouver les vers fuivans. En admirant Je fubUmif tableau de la démine fco. ne 4e Ridi^ùm, les cootrafles frapans des petfoona- ges & la force du coloris, l'facmmu: de goâc verra par combien de: fautes cette (ituation terrible Cfl a- liienée, quelle! invraifemblances l'oite 'préparée ,' à quel point il a fallu que Rodogum ait démenti fon ca- faâere» & par quels chemins raboteus il a fallu pas* fer pour arriva' à cette grande Se tragique catas<' - irophe. J R a * L)vn;«.,GOO'^IC 200 AHCilENS Et litODEKftES. « Ce même juge équitable ne fe lafiera point de fen- dre juftice à l'artificieiife & fine contexture des tragé- dies, de RaeiiUt les -feules .peut-être qui aient été bien ourdies d'un bout à l'autre depuis JEfchilt jus- qu'au grand fîecle de Louis Xiy. Il fera touché de cette élégance continue , de cette pureté de langa- ge, de cette vérité dans lés caïaûeres qui ne fè trouvait que chez lui; de cette grandeur fans enflure qui "feule efl grandeur; de ce naturel qui ne ^égare jamais dans de vaines déclamations» dans des di^u- tes defôphiflé, dans des* penfécs auir/j^ufles que recherchées, fouvent exprimées en folécifmes; dand des plaidoyer de rhétorique plus faits pour les éco' les de province que pour la tragédie. Le' ttême homme verra dans Racine de la foiblelte & de i'uniformité dans^ quelques carafteres ; de la ga- lanterie, & quelquefois de la coquetterie même; des' déclarations d'amour qui tiennent de Ifdille & de i'é- l^ie plutôt que d'une grande paillon théâtrale. I] le plaindra de ne trouver dans plus d'un morceau très bien écrit} qu'une élégance qui lui plait, & non pat un torrent d'éloquence qui l'entratne; il fera fîché de n'éprouver qu'une faible' émotion, & de fe con- tenta' d'approuver quand il voudrait qœ Ton eljirit fût étcmè & f làns me |)ique^ d'y mettre de la r^olaricé. Je- vous en .défie, -dirent l'Ecoffais & l'Oxfordiei. 7- Eh bien, donnez-moi un fujet, répliqua le Floren- tin. Mylord Chtjierjield lui donna le fujet do frina tiûir, vainqueur à la journée de Crecy, & donnant la paix après la victoire. L'improvifaKur là recueUlit, & commença aisQ: ,, Mufe d'Albionj çénie ^ui préûdez aux héros^ j, chantez avec moi , non la colère oifive d'un hom- 3, me implacable envers fes amis & fes énaemisi oob^ iM ..,., Cookie j, (tel héfos que les Djaur fevorifcnt cour-à-tour fan^ ^, avdr attcuoe raifim de les iàvorifer; qchi lefiegt f^ d'upp ville qui n^eft. point pnfe; oon les exploit^ ■ ,, excravagans du fabuleux Fingal , mais les viâoires ^, véritables d'un héros aufli modçfle que brave, qui „ mit dc§ rois dans fes fers, & gui refpeûa fes enue- j, mis vaincus. • „ Déjà Geargey le Jtfivf de l'Ai^loterre, était dofi ^i, ccndu du haut de l'erapirée, mtHité fiir le cour- a, fier immortel devant qui les plus fier» chevaux db -,, Limoufin ftiirat, comme 1^ brebis bêlantes. & les ' „ tendres agneaux lé précipitent en foule les utisfur „ les autres pour fe cacher dans la bergerie à la vue „ d'un loup terrjble, qui fort du fond des forées, j, les yeux étïncelans, le poil hérîffé, la gueule écu- ,, mante, menaçant les troupeaijx & le berger de 1^ ' s, fureur de fes dents avides de carnage. . „ Martin y le célcflc proteûcur des liabitans de h „ ^rtile Touraine; GenevitM, douce divinité da „ peuples qui boivent les eaux de la Seine & de L( u. Marnç i DwiJ qui.porta fa tÔte entre fes bras, à „ lafped des hommes & des immortels, tremblaient ^_cn voyant IC fuperbe George traverfer le vafle fein ,, des airs. Sa tête cft couverte d'un cafque d'or orné „ âesdiamanà qui pavaient autrefois les places publi- „ ques de la Jérufalem célefte, quand ellç' apparut „ eus, moicels pendaat quarante révolutions journa- ,, lieres de l'aftre de la lumière, & de fa fœur incoo- ;; flanter, qui prête une douce clarté aux, fpmbres y nuits. ,,Gaoglc •„ Sa main porte la lance épouvMKaNe & facrée, „ doDtledemi-Dieti J^fulfôel^ eséoaccxtdes vei^eaiH ,, ceg du Trè8-faaut terrafTa fiiai le* {vetniCrQ jours à, du monde, l'écernel emienii du' moDde & Àj créa* ,, teur. Les plus belles plumes, des anges jqui aflî- „ fient autour du trôpe, détachées de leurs dos im- ,, mortels, flottaient fur fon cafque, autour duquel ,, volent la terreur, la guerre hortiicide, la ven- „ geànce impitoyable, & la mort qui termine touteç „ les calamités deç mïlbeureux niortels. Il relTem- j, blait à une comète qui dans fa courfe rapide frau* yy chit les' orbites des allres éconeés , laiûant loiq 3, derrière elledes traits d'une lumière pâle Se. terrîf f, ble, qui annc«icait aux fables hamaios la chute „ des rois & des nations. „ Il ^'arrête fur les rives de la Charente, & Icbruic |, de fes armes immortelles retentit jufqu'à la fphere B, de Jupiter &. de Saturne. Il fit deux pas , & il arri- „ va jufqii'auic lieux oîi |e âls du magnanime Edouard «, attendait le fils^ de l'intrépide Philipp* de f^alois." Le Florentin continua for cç wa pendant plus d'uQ quart heure. Les paroles (brtaient de fa bouche (com- me dit Homère) plus ferrées & plus abtMidantes quç Jçs neige? qui tombent pendant l'hyver; cependant fes pïrolea n'étaient pas froides; elle^ relFraiblaient plu- tôt aux rapides étincelles, qui s'échappent d'une forge çnflammée, quand les 'cyfclopes frappent les foudres de S^upiter fur l'enclume reCentiffantç, ■ Ses deux antagoniflej furent enfin obligés, de le faire taire, en lui avoiiaqt qu'il était pluç aifé qu'ils ne l'a- ...Cooglc %6i AnCIEKS et MpDERtIEa. vaiént eu, de prodiguer le; images gigaaterques».4i d'appeiler le. ciel , la terre & le? «ifera à fon fécqurs ; mais.ils foudomtc que c'était le comble de l'ar^, de mêler le t^re & 1« cqucbaitt ^u fublima Y a-t-il rien, par exemple, dit l'Oïfiîrdien, de plus moral, & en même tems de plus voluptueur, que de voir Jupiter qui couche avec fa femme fini le mont Ida? Myiord CAe/îff^W prit alors la parole; Meflîeurs, dic-il, ye vous demande pardon de me mêler de 1^ querelle, peut-être chej les Grec« c'était une chofç très intéreflante, qu'un DîQU qui couche avec fon ^ufe fui une incmtagne. Mais je ne vojs'pas ce qu'on peut trouver là de bien fin & de bien attar cliant. Je cOTviendrai avec vous que le fichu, qu'il a plu aux commentateurs & aux imitateurs d'appeller Ta ceinturt defénus^ efl une image charmante; mai» je n'ai jamais compris que ce fût un foporatif , id cpmmCDt Junm imaginait de rçcevçir les oareffea du maître des ' Dieux pour le faire dormir. VoîS un ' .plaifant Diai de s'endormir pour fi peu de chofeî je -vous jure que qijaqd j'étais jeune je ne m'aflbupilTaif pas û aifément. J'ignore s'il elt noble, agréable, in- léreffant, fpîrituel & décentde feire dire pai^ JeaotfM y Imiter t „ Si vouf voulez abfojument me carelTer, „ aJlons-Dous-en au çici, dans votre, appartenjent, „ qu^eft i'ouvrage de. f^ul^tàn^ ^ dont la pottç fcr- „ me fi bien qu'aucun de« Ûieux n'y peut çntrer." - Je n'entends pas non plus comment le fommeil, que yjeion prie d'gndoiipiir Jupittr-i pcuc-éure unDic^ ,,Googlc AME. 2ffj fi éveillé. Il arrive en un moment des iiles de LA- nos & d'Imbros au mont Ha; il eft beau de partir dé èeax ifles à la fiai; de-là il monte fur un fapin, i( ■ court auiîi-tBt aux vaifleaur dès Grecs; il cherclié Neptune; il le trbuvfe, i! le conjure de donner la vic- toire ce jour-là & l'armée des Grecs; & il retourne i Lemnos d'un vol rapide. Je n'ai rien vu de fi fi-etil- hot qile ce fotnmeil: Enfin, s'il fout abfolument coucher avec quelqu'un éansnn poème épique, j'avoue que j'aime cent fi)is mieux les rendez-Vous à'Alctne avfic Régert & d'-f/i mide avec Renaud. Venez, mon cberFIt^renrin^ me lirecesdeiKclBDta admîrables-de l'ArioJle & du Tajfe. Lé Florenrin ne fe fit pas prîtt-. MyloW Chefier* field fut enchanté. L'EcolJais pendant ce tcms-li relifait Ftngal; le profefleur d'Oxibid reHfait H»* 7M«»; & tout le monde était content. On conclut enfin , qu'heureux eft celui qiri di^é de tous les préjugés, eft fenfîWe au mérite des an* ciçns & des modeaîMS, apjvécje Jeurt beautés, con- nait leurs/autesj & les pardonne, ANE. Ajoutons quelque chofe à l'arricle Ane, concenMm^ Vâae de iaciw, qui devint d'or entre les nains d'-*. p^. Le -plus pl^iCanc de l'avanture e(t pourcdrie fjans Z^m; & ce plaifant eA^ qu'une daijie devint amourcufe de ce monfieuri lorfqu'il était âne^^ D'en voulut plus lorfgii'U ne fut qu'homme. Cas mé- tamoipbôfes étaient fort commuiievdaas toute fau^ tiquité., L'âne de ^kne avait parlé , & IcÈ favaos ont cru qu'il s'était expliqué en arabe ; c'était probable' ment un homme changé en âne par le pouyoî): de Biax chus. Car on fait que Bdcchui était Arabei. - FirgUè parl^ dcj la xaéiaKwtptx^Q de fimit ea ioap, con^me 4'iipe çhol^t^ès «dimirei S^ lupum fieri Marim , £f fé eandert 'fyhii. ïlaHa itsvKOa loup ft ttcba du* iet bois. Cette dottrinfi des métamorphofes était -elle déri- vée tîe* Vieflto' fables d'Egypte^ qui débiferent'^uâ jes Dieux s^taisne^ changés ea-animauic danjrkgaer^ «* contre Its géantst •■■ ■ Les Grecs, grands imitateurs; & grande enchéris- {èun lui ka fable» orii^calds , nétamorphofércnt prefque tDos les Tàsax en homitftB » ou en bétes,' pour lai £ùtâ nieiK rétiffi: dans leurs deffeins amou- jeux. ,.■,/. ,■.."■<■■ . Si les Dieux fe chatigeaient eo taurçaur , en dw Vaux, en cygnes, en colombes j pourquoi n'aurait- on pas trouvé 1& Récrée 4« faire k même opération fur les hommes? ' Plufîeurs cqmmeotateurs , en mAIianc le refpdft qu'ils devaient aux faintes écriture», (at dté l'exan- ,,Googlc * « » a?l i^ de i^iJ^codoifo/or changé en bceaf; mais c'était uri iniracle^ une vengeance divioe, une clwfe entière- inent hors de la fphere de la nature, qu'on oe de* vait pas examiner avec des yeux prophanes^ &, qui ne peut être l'objet de nos recherches. ' " , D'autres faivans,. non moins indlTcrets peilt-âire» ie font prévalus de ce qui eft rapporté dans VEvaa', ^ile de l'enfance. Une jeune fille eo ^ypte, étant en- frée dans la chambre de quelques fegimes, y vit uq muiec couvert d'une houiTe de foie , ayant à fon cou ub pendant d'âïene. Ces fï^mmes lui donnaient des baifets, & lui préfentaient à manger, en répandant étà larmes. Ce mulet était le propre frère de. ceé femmes; Los magîdeanes lui avaient 6vé la figura humaine; &-le Maître de la nature la lui rendiv bientôt. i Quoique'cet évkngjle fwt apocrj'phe , la vénéra- fioD pour le feul nom qu'il porte , nous empêche ie (^tailler cette avànture. Elle doit fervir féuiemeiK t ftire venr -ctmibîen les métamorphofes étaient à la hiode dans prdque toute la terre. Les dirétiens qui compoferent cet évangile, étatenc fans doute de boai hs foi. Ils ne voulaient pcnnt'compofer m Tom^ta Ih rapportaient avec (implicite ce qu'ils avaient ai- tendu dire. L'u^life qui r^tta dans la fuite cet évan* ^le avec quarante neuF autres , n'accufa pas les ain . teurs d'iihpiété & de prévarication î ces auteftïs ôbfi , Curs parlaient à la populace fclon les préfi^» 4» |eur rems. Ia Chine était peut-être le lèul pays exempt de ces fuperftitions, " . r ■., ,, Cookie syi ■ A H ±. L'àvanture des compagnons A'Ul'yffe , change éri bêtes par Circi , était beaucoup plus ancienne que le dogme de la métempfycoffe MnonCé fin Grèce, & erf Italie par Pyihagore. Sur quoi fe fondèrent lea gens> qui prétendent qu'il n'y â poiht d'erreur univerfelle, qui rie loit l'abuS de quelque vérité ? ils difèot qu*bn n'a vu des charls- tans , que parcÈ qu'on avait vu de vrais médecins l Se qu'on n'a cru aux fyax prodiges, qu'à ifaufe de4 Véritables. Mais avait -oh dés témoignages certains que des honuâes étâiait devenus loups, bœufs, ou chevauxj ou âOes ? cette erreur pniverfelle n'avait donc pour principe, qae l'amour du merveillcuit, & l'inclina-f tioa naturelle pour la fuperftition. Il fiiffic d'une q>inion erronée pour remplir l'uni' vers de fables. Un doûeur Im^ien voit que les bâtes ont du fcntiraenf, & de la mémobe. Il conclut qu'el- les ont une ame. Les hommes en ont une aufTi. Que devient l'ame de j^mme aprèi fa mort ? Que de< vient l'ame de la béte? Il faut bien qu'elles logent quelque part. £Iles s'en vont, dans le premier corps venu, qui commence à fe former. L'ame d'un brac- maoe loge dans le corps d'un éléphant , l'ame d'un Soe fe loge dans le corps d'un petit bracmane. Voi. là le dogme de la métempûcofe , qui s'établit iur un fîmple raifonnement. Mais il y a loin de là au doCTiTè de la mëtaiflctf- phofe. Ce n'eA plus une ame uns logis,, qui cbà-'- chç A H t. fl?j ■*he un gîte. C'efl ud corps , qui eft changé en un autre corps , fon ame demeurant toujours la même. . Or, certainement nous n'avons dans Ja nature aucua ;e3teniple d'un pareil tour de gobelets. ~ Cherchons donc quelle peut être l'origine d'une opinion fî extravagante & fi générale, Sera-t-il arri- vé qu'un père ayant dit à fon fils plongé dans de .ft- "îes débauches, & dans l'ignorance. Tu ei un cochon^ iàn cheval, un âne, enfuite l'ayant mis en pénitence avec un bonnet d'âne fur la tête, une fervante du vôiflnage aura dit que ce jeune homme a été changé en âne en punition dè-fes fautes? fes voîfînes l'aliroQC redit à d'autres voilines, & de bouche en bouche ces iiiftoires, accompagnées de mille circonflances, auroric fait le tour dii monde. Une équivoque aura th>mpé toute la tefre. Avouons donc encor ici avec BotUau, que l'équi- voque a été la mère de la plupart de nos ibtifes. Joignez à cela le pouvoir de la magie, reconnu io- CCHiteftable chez toutes tes nations; & vous ne lèrex plus étonné de rien. (Voyez Mdgie.') Encore un mot fur les ânes. On dit qu'ils foiiC guerriers en Méfopotamie; & que Mervan, lé vingt & unième calift, fut fumommé ï'âru pour fa valeur. Le patriarche Photivs rapporte, dans l'extrait âe lA vie d'IJîdore,iin'Am'monius avait un âne, qui fe con- nailTait très bien en poëfie, & qui abandonnait iim r»> . telier pour aller entendre des verB. PremiTtFmie. S U:n;K.yG00glc La fiible de Mîdat vaut mieux que le conte de PhoîiuST- DE L'ANE D^OR de MACHIAVEL. V^N connaic peu VAne de \Macliiaveî. II ne fut point achevé , & c'eft dommage ; tous les diftionnaî- res qui en parlent, dirent que c'eft un ouvrage de fa jcuneire; il paraît pourcanc qu'il était dans l'âge mûr, puifqu'JI parie des malheurs qu'il a eflliyés autrefois & très Jongtems. L'ouvrage, eft une fatyre de les' contemporains. L'auteur voit beaucoup de Floren- tins dont l'un eft changé en cliat , l'autre en dragon , celui-ci en chien qui aboie à la lune, cet autre en renard qui ne s'eft pas laifTé prendre. Chaque carac- tère eft peint fous le nom d'un animal.. Les fadions des Médias &de leurs ennemis, y font figurées fans doute; & qui aurait la clef de cette apocalypfe co- mique, fauroit l'hifioire. ficrette da.juipe tém X Si des srmhks de Florence. Ce poëme eft plein de morale & de phitofophie. Il finit par de très bonnes réflexions d'un grgs cochon, qui parle à-peu-près ainû à l'homme. Animaux ï de\tK pieds ,:&ni v£tMDens. &ni aram, P«iiic d'ongle, un mauvn^ cuir, ni plume, ni toifbn. Vous pleurez eu uaifTnnt, & vous avez raifun; Venu prévojrei vos idmix; ils méritent Vos I^nqûi Les gerroquets & vous oui le don de -parler. La nature vous lie des mslns Judunnculès ; Mils vous tic-ellc, héUs. des âmes venuenfbst El quel homme en ee-poini nous polirait ip\ni .vGooglc bÈ l.'%SS DE VëRONE. 27J L^omme cft plus vil que iiciiiSt plu méchniiti pli» Tiuvaget- JPolirons ou fiuieux, dins le critne ploRgés, Vous âpTomet toujours ou la crainte oU la ng^ Vous tremblez rie mourir , Bi von) voiiî Égorgel. Jamais 6e porc i'pocc on ne vit d'iirjuftices. Notre biuge e(l pooT nous le-ranipté de h pais Ami, que le bon DiF.b me prérerve t jamais - IDe Kdevedii lionlme & d'avoir tous te» wicet I Ceci eft J'original de la fatyre de l'homme que fit Boileau , & de la fable des campagnont d'UlyJfe écrite "par, La Fontaine. Mais il eft très vraifemWable que oi La Fontaine ni Boileau n'avaient entendu parler de l'Aie de Machiavel. DE L'ANË DE VERONE. JIl faut être vrai, & ne pdJnt tfomtict fon lec- teur. Je ne fais pas bien pofitivement fi l'âne de Vé- rone fubfifte encor dans toute fa fplendeur, parce (jue je ne l'aî pas vrf: mais îes voyageurs fpi l'ont vu , il y a qunraMb ou cinquante ans , s'accdtdenll 4 dire que fts reliques étalent renfermées aans leven* ^re .d'un âne artificiel fait exprès; qu'il était fous ïi garde dâ quarante moines du couvent dé ^fotre-Dame des Orgues à Vérone, & qu'on lé portait en proces- fion de^?[ fois l'an. C'était une des {dus aoclenoes re- liques de la ville. La tradition difaic que eet âne^. ayant porté notre Seigneur dans foa entrée à jérillit^ Icm, C^s)- n'avait plus voulu vivre eo cette, villej (<3j Vo)-« Jl/i/fl». Tome I. piges loi & loi. L)vnfL-..,.COO'^IC - 27<î De l'ane de*Vero1îk qu'il avaic marché fur la mer aufli endurcie que (k corne; qu'il avait pris fon chemin par Chypre, Rbo- de , Candie, Malthe & la Sicile; que de là il é- tait venu féjoumer à Aquilée; & qu'aifia il s'établit à Vérone, où il vécut très longtems. Ce qui donna lieu à cette fable , c'eft que la plu- part des ânes ont une efpece de croix: noire fur le doi Il y eut apparemment quelque vieil âne aux envi- rons de Vérone, chez qui la populace remarqua une ■plus belle croîs qu'à fes confrères: une bonne fem- me ne manqua pas de dire que c'était celui qui avait fervi de monture à l'entrée dans Jérufalem ; on fît de magnifiques funérailles à l'âne. La fête de Vérone s'établit; elle pafTa de Vérone dans les autres pays; elle fut furtout célébrée en France ; on chanta la piofe de l'âne à la mefTe. Ofknllf parliiat M)enta anges. j Nous entendons par ce mot , des miniltres de Dieu , des députés , des êtres mitoyens entre Dieu '& les hommes, envoyés pour nous unifier fes ordres. II y a aujourd'hui quatre mille huit cents quatre- vingts ans que les bracmanes fe vantent d'avoir par écrit leur première loi facrée, intitulée Lx Shajla, quinze cents ans avant leur féconde loi, nommée Veu- dam , qui Cgnifie la parole de Dieu. Le Shafia con- tient cinq chapitres. Le premier, de Dieu & de fit flttribats: le fécond, de la création des anges: le troi- fieme, de la chute des anges: le quatrième , de leur punition: le cinquième, de leur pardon if de la crii- Jion de i'komr^, S 3 . . .: U:n;K.yG00glc hi9 Ange. Il eft utile de remarquer d'abord la mqqicre dont CE livre parle de Dieu. PREMIEK CHABITRE DU ShASTA. „ DiEO eft un; il a créé tout; c'eft une fphere „ parfaite fans commencement ni fin. Dmu cwiduit j, toute la création par une providence générale ré- „ fultançe d'un principç déterminé. Tu nç reclier- „ cheras point à découvrir l'eiTent^ & la nature de ,; l'Eternel, ni par quelles loix il gouverne: une „ telle entreprife efl vaine & criminelle ; c'eft aflez „ que jour & nuit tu contemples dans fes ouvrages ,1 fa fagefle, fon pouvoir & fa bonté ". Après avwr fMyé à ce début du Shajîa le tribut fl'adiniratioD que opus lui devons, y^Y*^ ^ ^^^^ tion des anges. Secohd chapitre dd Shastjï- j,' L'Etemel abforbé dans la contemplation de fa „ propre exiftence , réfolut dans la plénitude des t, tems de communicjuer fa gloire & foQ eflfnce à }, des éttes capables de fentir & de partager la béa? fi litude, comme de fervir à fa gloira L'Eternel „ voulut, & ils furent. II les forma en partie de „ fon elTcnce, capables de perfeûion & d'imperfec- j, tion felwi leur volonté. - „ L'£cemel créa d'abord Birma, Fîtfnou, & Sib î j, enfuite Mozator, & toute la multitude des anges. ,, L'Ecémel donna la prééminence à Birma, h yUs- î5 nou & à Sib. Birma fut le prince de l'armée an- „ gélique j yitfnau & Su furent fe$ coadjuteurs, ■■ " ■■ ■ X Ange. ^^j „ L'Etemel divifa l'armée angéUque en plufieun -„ baEfiks , & leur donna à chacun un chef. Ils ,j adorèrent l'Etemel, rangés autour de fon trône, „ chacun ifâris le degré afligné. Ll^armonie fut dans „ les cieuK. Mcaazor chef de la première bande , „ entonna fc cantique de louange & d'adoration au „ Créateur, & la chanfon d'obéiflance à Birma fa „ première créature; & l'Etemel fe réjouît dans û „ nouvelle créatiffli ". Chapitre III. De la chute d'une partie des anges. „ Depuis la -création de l'armée célefte, la joie &, „ l'harmonie environnèrent le trône de l'Erernel dans „ l'cTpace de mille ans, multiplies par mille ans; „ & auraient duré jufqu'i ce que le teras ne fût „ plue. Il l'envie n'avait pas faifi Mozazor & d'au- „ tree princes des bandes angéliques. Parmi eux é- „ tait Raabon , le premier en dignité après Mo- „ zaztr. Immémorans du bonheur de leur créa- ,, tion & de leur devoir , ils rejetteren: le poH- j voirdeperfeaion,&exercerent le pouvoir d'imper- „ feftion. Ils firent le mal à l'afpea de l'Eternel; il^ „ lui défobéirent & refuferent de fe foumettre au , lieutenant de Dieu & à fes aflbciés Vit/mu & Sib-^ , & ils dirent , Nous voulons gouverner ; & fans j craindre la puiffance & la colère de leur Créateur, ' , ils répandirent leurs principes féditieux dans l'ar- , mée célefte. Ils féduifirent les anges, & entraî- ,, nerent une grande multitude dans la rébellion; & i elle 5'doigna du trône de l'Etemeli fit la crjfteirc* S4 L)vn;«.,G00glc „ faiCc les eTprits angéliques fidèles, & la doulei)^ „ Bjc connue pour la première fois dans le cieL Chapitre IV. Châtiment des arge^ COUPABLES. „ L'Eremel, dont la toute-fcience, la prefciencq ,; & l'influence s'étaid fur toutes cbofes , CKcept^ „ fur l'aûion des êtres qu'il a créé libres, vit avec'' 3, douleur &colerel3défe£tiondeM)Zâzorideiîdâ&iH;(, ,, & des autres chefs des anges. „ Miféricordieux dansfon courour, il envoya 5ir- „ ma, Vitjnou & Sib, pour leur reprocher leur cri-: „ me, & pour les porter à rentrer dans leur devoir: ,„ mais confirmés dans is\a efprit d'indépendance, ifs „ perfifterent dans Ja révolte. L'Eternel alors cora- „ manda à Sib de marcher contre eux armé de la' j, toute-puiflance, & de leg précipiter du fieu émînent *„ dans le lieu de ténèbres, dans t'onderd, pour yêtro „ punis pendant mille ans multipliés par mille ans." Précis du cinq.uieme chapitre. Au bout de mille ans , Birma, Fttfnou & Sib follt- Citerent la clémence de l'Etemel en' faveur des délin- quans. L'Eternel daigna les délivrer de la prifon de VOnderây & les mettre dans un état de probation pendant un grand nombre de révolutions du fbleil. It y {»it encor des rébellioijs contre Dieu dans ce tems de pénitence. Ce iiic dans un de ces périodes que Dieu créa la terre; les anges pénitens y fubirent pluûeurs métem- pficofes; une dès dcmiçres fit leur changement eq "Ange. 48^" vachci Ccft de-là que les vaches devinrent ftcrées d^s l'Inde; &. enfin ils furent métaniorphof^s en hommes. De forte que le fyftême des Indiens f«f les anges, eft préçîfément celui du jéfuitc Bougeant^ gui prétend que les corps des' bêtes font habités par des anges pécheurs. Ce que les bracmanes avaiciiç inventé férieufemenc, ifotigeanï l'imagina plus de qua- tre mille ans après par plaifanterie : fi pourtant ce badinage n'était pas en lui on refte de fuperftition mêlé avec l'efprit fyftématique,ce qui eft arrivé alTez' fouvent. ■ Telle eft l'hlftoire des anges chez !es anciens brac- manes, qu'ils enfeignent encor depuis environ cin-' qpanteCecles. Nos marchands, qui ont trafiqué dans rinde , n'en ont jamais été inllruits ', nos miflïonpaire^ ne l'ont pas été davantage; & les brames qui n'ont jamais été édifiés ni de leur fcience ni de leurs mœurs , se leur ont point communiqué leurs fecrets. Il 3 fallu qu'un Anglais , nommé Mr. Hofweli , ait t^abit^ trente ans à Bénarès fur le Gange, ancienne écol^ des bracmanes; qu'il ait appris l'ancienne langue fkr crée du Hanfcrit , & qu'il aie lu les anciens livres de la religion indienne, pour enrichir enfin notre Euro- pe de ces connaiflances fingulieres; comme Mr. Sais avait demeuré longtem? en Arabie pour nous donner une traduftion fidelle de l'Aleoran, & des lumière? fur l'ancien fabifme, auquel a fuc^cédé la religion mu- sulmane; de même encor que Mr. Ilide a recherché pendant vingt années en Perfe tout ce qui concerne ^3 religion des mages. s, i),,,.;-..,CooqIc ,8» Ji N G E. Des ahges oe^ Fesses. Les Perfes avaient trente & un anges. Le prc nrfer de tous , & qui e(l fervi par quatre autres anges , s'appelle Bahaman; il a rinfpeftlon de tous les aai- niaux excepté de l'homme, fur qui Dieu s'eft réfcrvé nne jurifaiflion immédiate. Diçp préfîde au jour oh le foleil entre dans le bér lier, & ce jour elt un jour de fabat; ce qui p^ou^■e que la fête du fabat était obfervée chez les Perfes dans les tems les plus anciens. Le fécond ange préûde au huitième jour, & p'appel- 2e Débadur. Le troifiemeeft Kur, àaat on a fait depuis proba- blement Cjrus; & c'eft l'ange du foleil. • Le quatrième s'appelle Afa, & il préfide à k lune. Ainfl chaque ange a , fon diftria. C'eft chez les Perfes que la doarine de l'ange-g^dien & du mau- vais ange fut d'abord reconnue. On croit que Raphasl était l'ange-gardien dç l'empire Perfan, Pes anges cbez les Hébreux. Les Hébreux: ne connurent jamais la chute des anges jufqu'aux premiers tems de l'ere chrétienne. l! faut qu'alors cette doflrine fecrette des anciens brac^ mânes fut parvenue jufqu'à eux. Car ce fut dars'co tems qu'on fabriqua le livre, attribué à Enoch , tou- cliani les anges pécheurs chaffés du ciel. Etach devait être un auteur fort ancien, puifqu'JI ..Gooi^lc A. N G E, ^83 «ivait, rfçtonles Juifs, dans la fcpttene génération avant le déluge ; tnais puifque Seth , plus ancien encor que lui, avait laiffé des livres ayy Hébreux, ils pou- vaient fe vanter d'en avoir aulïî d'EiiocIh Voici donc ce qti'Eaoch écrivit , félon eux. „ Le nombre des hcMnraes s'étant prodîgieufement „ accru, ils curent de très belles filles; les anges^ „ les brillans, Egregori ^ en devinrent amoureux, & „ furent encrainés dan? beaucoup d'erreurs^ Ils s'a- ' „ nimerent entre eux, ils fe dirent: CRoifl fions-nous ,, des femmes parmi les filles des homm* de la terre, „ Semiaxas leur prince, dit : Je crains que vous n'o- „ fiez pas accomplir un tel defTein, & que je né de- ,^ meure feul chargé du crime. Tous répondirent : „ Faifons ferment d'exécuter notre deflein, & dé- „ voiK»s4)ou8 à l'anathêm? fî nous y manquons Ils j, s'unirent donc par ferment, & firent des imprécar •n cions. Ils étaient au nombre de deux cents. Ils „ partirent çnfenjble du tems de ^uredy & allèrent „ fur la montagne appellée Hernonim à caufc de leur „ fermest. Voici le nom des principaux; Semiaxas , j, Atarci^ph, Araciel, Chobaiiel, Hofampjtch, Zaciel^ f, Parjnar, Thaufaïl, Samiel, Tiriel, Sumiel. - :■ ^ Eu:^ & les aticres prirent de$ féqunes l'an onze 9, cent foixante £( dix de la création du monde. De „ ce commerce naquirent trois genres d'hommes, les „ géans Nephilim, &c." L'auteur de ce fragment écrit de ce ftile, qui fem- Jïle appartenir aux premiers tems; c'efl la rnéme naf- ^té. il ne mangue paf de nommer les perfonnagesi U:n;K.yG00glc 184 A K G E. ' il n'oublie pas les dates; point de réflexions, poiàcds maximes; c'cft l'ancienne njaniera orientale. On voit que cette hiftoirc eft fondée fur le fîxieme chapitre de la Genefe: „ Or en ce tems il y avait „ des géans fur la terre; car les enfans de Dieu „ ayant eu commerce avec les filles des hommes, ^ eues enfantèrent les puiflkns du fledc'' Ijs livre d'Enoch & h Genefe, font çntiéremenc d'accord fur J'accouplement des anges avec les filles des hommes , &. fur la race des géans qui en naquit, iylais ni cet JEwocA, ni aucun livre de l'ancien Tefla- ment ne parle de la guerre deg anges contre Dieu, ni de leur défaite, ni de Içur chute ^aijs J'enfer, ni de leur Jiaine contre le geqre-humain. Prefque tous les commentateurg de l'ancien Tefta» - ment difent unanimement , qu'avant la captivité de Babilone les Juift ne furent le nom d'aucun ange. Celui qui apparut à Manui, père de Samfoa, ncvoui lut point dire le Ûen. Lorfque les trois anges apparurent à Abxgham , &; qu'il fit cuire un veau entier pour les régaler, ils ne lui apprirent point leurs noms. L'un d'eux lui dit: je viendrai voiu iwir, Jî Dieu me dôme vie, fûnn^* pTOcluùmf ^ Sara votre femme aura an fiU. Dom Calfjiet trouve un très grand rapport entre çe^- te hiftoire & la fable qu'Otiid* raconte , dans fes Fa- Jies, de Jupiter, de Neptune & de Mercure y qui ayant foupé chez le vieillard Iriéy & le voyant afflî-^ gé de ne pouvoir faire des enfens, pifferent fur le A N C E. é8^ cuir du véan qu7nV leur avait fervi, & ordonnerenc àinVdeJ'enfouir fous terre, &d'y laifler pendant neuf mois ce cuir arrofé de l'urine célefte. Au bout de neuf mois Jrii découvrit fon cuir; il y trouva un enfant qu'on appelia Onon, & qui eft aftueUement dans le ciel. Calvut dit même que les termes donc fe fervirent les anges avec Abraliam, peuvent fe tra- duire ainli : Jl naftra tm fils de von^e vtatt. Quoiqu'il en foi: , les anges ne dirent poinc leur nom à jlbrahami ils ne le dirent pas même k Mtiife\ & nous ne voyons le nom de Raphatl que dansTobie, 4u tems de la captivité. Tous les autres noms d'ai^ ges font pris évidemment des Caldéens & des Perfea. Raphaël, Gabriet, Uriel &c. font perfans & babîlo- niras. Il n'y a pas jufqu'au nom d'I/rtul qui ne fojt caldéen. Le favant Juif P/rifo» le dit expreirémene 4ans le récit de fa députation vers Caîigida. Nous ne répéterons point ici ce qu'on dit ailleurs des anges. Sav.oir si les Grecs et les Rouaihs admirent des anges? Ils avaient aflèz de Dieux & de demi-Dieux pour fe paffer d'autres êtres fubaltemes. Mercure faîfaic les comraiflîons île Jupiter , /nV celles àejunon; ce- pendant ils admirent encor des génies , des démons. La doûrine des anges-gardiens fut mife en vers par Héfiode contemporain û'Homere. Voici comme il s'eK- {ilique dans le poëme des travaux & des jours. DiDS ks cenii bicnlieureux de Saturne & de RJiée, Le mal hii inconoD, U fitigue ignoidei L)vn;«.,GOO'^IC Ég* A K O. El I.cs Siietif. pradigiuiem tout. Les buiUiiiï MabUs ■ ■ ' Hc Te dirjiutaiJt rien* foreiîj de vivre en paii, Fl'svaîent point corrompu leurJ.mœuiS inallérableii La mon, l'flirrenrc inOrC R tenilile auK coupables, ri'éillic qu'un dous paTige en ce fëjout martel , - Des platlirs de li leire aiix délices du ciel; Les liommes de ces icms Tont noa heureux génies; Nos damons lincunés , les foutien^ de nos vie; i Ils veillent pris de nous; ils voudraient de nos CœuiS Ectu'tec, s*il fe peut, le crime & les douleurs, &c. ' ■- Plas ùû fottiïlé dans l'antiquité, plus on voit coin- tàèn les nations modernes ont puifé -tour-à-toiif dan^ iCes mines aujourd'hui prefqa'abandonnées. Les Grec*, •qui ont fi laigtems palTé pouf inventeurs, avaient imité l'Egypte, qui avait copié les -Càldécns, «jm devaient prefque tout aux Indiehsi La doarine des anges-gardiens, qu'H^ife avait fi bien- chantée, ^Uc enûlrte fophiffiquée dans tes écoles; c'eft tout cfe qu'elles purent-foiit. Chaque homme eut fon- bon & fOD mauvais génie, comme chacuo eut fou étnile^ Sfi gcaiai netaU comei qui lemperat ajlnim. ■ Socraitt comme onfait, avait na hùn sfigc: lâals il faut que ce foit le mauvais qui-l'ait conduit. Ce ne peut être qu'un très mauvais ange qpi' engage un philofophe à courir de maîfon en maifon, pour dirp "aux gens , . par demande & par réponfe, que le pcre & la mère, le précepteur & le petit garçon font des Ignorans & des imbécillcs. L'ange-gardien a bien' de la t>eiiie alors à garantir fon^irotégé de la ciguë. On ne. connaît de Jlfarrar .ffru&û que fon mauyali BOge, qui lui apparut avant la bataille de Philippe. ,,Googlc .AIGUILLES. fi8<7 ANGUILLES. Race d'anguilles, formées de pajlinb et de jus de mouton. .\_^EIui qui a dit le premier , qu'il n'y a point de fotife dont l'efprit humain ne foit capable, était ua grand prophète. Un jéfuite Irlandais, nommé iWed- ham, qui voyageait dans l'Europe, en habit féculio*, fit , il y a quelques années, des expériences à l'aide de plufieurs microfcopes. Il crut appercevoir dans de la farine de bled ergoté mïfe au four, &, laiffée dans un vafe purgé d'air & bien bouché; il crutappcr- cevoir, dis-je, des anguilles qui accouchaient bientôt d'autres anguilles, 'il s'imagina voir le même phéno; mène dans du jus de mouton bouilli. Auffi-tôt plofieura philoftÇ)he8 dé crier rnerveilles; & dédite, il n'y i point de gËrme, tout fe fait, tout fe régénère par une fijrce vive de la nature. ■ Ceft l'attraftion, dlfalt l'un ; c'eft la matière organifée, prie humam, que ce malheureux emprenement tU plulieurs philofophes à bâtir un fyftéme univerfel ^r un fait particulier , qui u'écaîc qu'une méprife ridicu- le, indigile d'être relevée. Un ne douta p'as que la ■ ftrine de mauvais blé formant des anguilles , celle-do Ëon froment né produiiït des hommes. L'erréut ac- créditée jette quelquefois de û profondes racines, que bien des gens la foutiennent encor, lorfqu'elle eft recdnàùe & tombée dans le mépris , comme quct- *ques Journaux hiftoriques répètent des fàuffes nou- velles inférées dans les gazettes, lors même qu'elles Ont été rétraftées. Un nouvel auteur d'une traduûion élégante & exac- te de iMCrece, enrichie de notes favantes , s'efforce, dans les notes du troifieme livre, de combattre Lii- 'cfece même à l'appui des malhéureufes expériences de I^éedham, fi bien convaincues de fauffeté par Mr. 'Spalanzani ) & rejetcées de quiconque a un peu étu- dié la natura L'ancienne erreur, que la corruptioû eu. mei-è de la génération , allait reffufciter ; il n'y avait plus de germe: plufîeirrs perfoimes mandaient que , dans la ménagerie du palais de Bruxelles , un ^lapin avait fait des lapreaux à une poule. Ce que .Lucrèce, avec toute l'antiquité, jugeait impoinbla, allait s'accomplir. Ex imitlhut rthit i Omae genui nafd pofci , ttU fimliu egera. Ex undit hommes , ex terri fvjfit arirl Squaminiferum gmat, & miitcret; eraafere ealo, Armtnta & pecudet. . , . ftrre anmei atonie pi^tnl. Le baïaid ioccruin , de tout itors dirpolê. i^inimtl eft liuu serine^ &J'efiït oft &u'oiiIib ,,Coo^le Ancoillis.' mS^ On vem les humainii fonir du fond des mers, ' Les troupeaux bondiÛans tomber du liaut des alrï, Les poiSbnï ditis les bois nnifTurit fur la vertlitisi Tout pôiui loût produii'c; il n'ell plus ée natnte. Lticrect avait alTurément raifon en ce point de pby- JîquCj quelque ignorant qu'il fût d'ailleurs; & il eft . démontré aujourd'hui aux- yeux &; à la raïfon, qu'il h'eft ni de végétal, ni d'animal qui n'ait fon geirne. On le trouve dans l'œuf d'une poule comme dans le gïand d'un chêne. Une puiiTance foi-matrice , préfide à tous ces dévelûpemens , d'un bouc dé l'univers à l'autre. II faut bien rectHinkftre des germôà puifqu'on les voie & qu'on les feme, & que le chêne eft en petic conteùii dans le gland. Oa iait bien que ce n'eft pas UD chêne de foixante pieds de haut qui ell dans co fruit; mais c'eft un embrion qui croîtra par le fe- cofli^ de la terre & de l'eau, comme un enfasc croîc par une autre nourriture. Nier.l^xiftence de 'cet embrion iiarce qu'on ne con- çoit pas comment il en conricnt d'autres à l'infini, c'eîi. nier l'exiflence de la matière parce qu'elle eft dî- vifible à .l'infini. Je. ne le comprends pas, donc cela n'eft pas? ce laifonnémenc ne peut être admis contre JeÈ chofcs q le rtoLis voyons & qie nous touchons. Il eft excellent contre des fuppofitions, mais non pas contre les fajts. Quelque fyftême qu'on fubftitue , il fera tout auffi inconcevable, & il aura par.dêfTus Celui des germes le malheur d'être fondé fur un principe qu'on né coa* ' Première Partie. , ■ T ,, Google f^ A 1« t) A t, £ s. naît pas, â là place d'un principe palpabïe dont tout ]c monde eEl témoin. Tous les fyftémes fur la caufe de la génération, de la v^écation, de la nutrition, de la renCbilicé, de la penfée, font également inex- plicables< Monades , qui étiez ïe miroir concentré de l'uni- vers, harmonie préétablie" entre l'horloge de l'ame & Thorloge du corps, idées innées tantôt condamnées, tantôt adoptées par une 5othoac\e^ fmfffi:ium commu- ne , qui n'êtes nulle part , détermination du moment ôii l'efprit vient animer la matière; retournez au pays des chimères avec le targum^ le tdmud, la mshna, k cotefe, la chiromcmcit, les éUmens de Dtfiartes, & les tttms Tiiumaux. Sommcs-flous à jamais Coïidamné» à nous ignorer? Oui. (Voyez Génération.') -ANNALES. Oqg de peuples ont fubfifté longtems, & fubfident ènçor fans annales! -Il n'y en avait dans l'Amérique entière, c'eft-à-dire dans la moitié de notre glob«, qu'au Mexique & au Pérou, encor n'étaient-elles pas fort anciennes. Et des cordelettes nouées ne font pa» des livres qui puilTent entrer dans de grands détails. Les trois quarts de l'Afrique n'eurent jamais d'an* nales : & encor aujourd'hui chez les nations les plus favantes, chez celles même» qui ont le plus ufi; & ...Cooi^lc A « H % X. I A. a^f- abiifé de l'art d'écrire, on peut Compter tmijoars» du moins jufqu'à-préfoit , quatre-vingt-dix-neuf paru lies du-gaire-humaio fur cent qui ne favent paj ce qui s'eft pafTé chez elles au de-Ià de quatre généra- tions, & qui k peine connaiflènt le iiom d'un 6i- fayeul. Prcfquc toys les habitans des bouigs & de* villages font dans ce cas ; très peu de familles ont des titres dé leurs poireiîîons. Eôrfqu'il s'éleve des procès fur les limites d'un champ ou d'ab pré, le ju» ge décide fuivant le rapport des vieillards; le titro ell la polteflion. -Quelques grands événemens fe trans- mettent des pères aux eniàns; & s'alteieot entiéfo* ment en palTant de bouche en bouche ; ils n'ont point tfautrei annales. - Voyez tous les villages de notre Europe G policée^ fr éclairée, iî remplie de bibliothèques immenfes, & qui' iëmble gémir aujourd'hui fous l'amas énorme des livres. Deux: hommes tout au plus par village, l'un portant l'autre, favent lire & écrirç! La fociété n'y perd rien. Tous les travaux s'exécutent, on bâtir, on plante, on feme, on recueille comtne on fal&ic dans les tems les plus reculés. Le laboureur n'a pa» feulement le loiflr de regretter qu'on ne lui ait pag appris à confwna- quelques heures de la journée dans îa lefture. Cela prouve que le genre-liumain n'avait pas befoin de monumens hjfloriques pour cultiver le» arts véritableoKnt néceffaJres à la vie. Il ne Faut pas s'étonner que tant de peuplades man- quent d'annales , mais que trois ou quatre nations eo aient confervées qui remontent _à cinq mille a», 08 T a ' i),M...,,Googlc ffZ' A n n A E. -.J A crviron, après tant de révolutions qui ont faoulCTer* fé la terre. Il ne refte pas une ligne des anciennes annales égyptiennes , caldéennes , perfannes , ni de celles des latins &. des Etrufques. Les feules anna-, les un peu antiques, font les indiennes, les chinoi- i£B, les bébrafques. ÇVoyez Hijloire.) ; Nous ne pouvons aRwller annales des morceaux d'tiiflxiire v^es, & décbufus , fans aucune date, fans fuite, fans liaifon, fans ordre; ce font des énîg- Hies propofées par l'antiquité k la poftérité qui n'y entônd rien^ Nous n'ofons aflurer que Sanchoniaton qui vivait f dît'On, avant le tems oîi l'on place Moîfe^ (73) aie «otnpofé des annales. Il aiira probablement borné fes recherches à fa cofrac^ooie, comme fit depuis Hé' Jiode en Grèce. Nous De propofons cette opinion que comme un doute, car nous n'écrivons que pour oous inftruire,' & oon'pour eofeignen , Mds ce qui mérite la plus grande attention, c'eiî que Stmthoniaton cite les livres de l'Egyptien Thot , qui vivait, dit-il, Imit cents ans avant lui. Or, ^n- Çyz) On a dii qtic H Sanchonialon avoit vécu du lems de MaÏÏè , ou 3|)rù9 luit l'fvei|ue de Célirc^^ Eujibe qui cite pliiIlcuM àe Ht impaexa, «iimlt indiihiiahlcmenr cité ceux où il eitc éié lait niïn- ttiin de Moile & des prodiget fimuvlntihlcs qOT >«aleiii itnani ]■ ■mure. SamhoMaton ii'auiaiE ps» manqui' d'en p«rler! F.iifebc nuraic ftû viloir run lémorgnofie; il aursii proitvd l'exidence de /Ifolfe pat l'aveu autentiqii* d'un liivgni cnniemiiorain , d'itii homme ipii icri- wit dans nn'payi où les Juirs (e (ÎKnal aient. ( nu < les jours par des inirirclc>^. Eafel'i ne elle jnmïis SunchniiialantuT lej afiions die Hor- fi. Donc Sanchvniaiùn aviiic i!crk nuparRvant, On le priiliime, ni:iis avec U défiance que mut hoinme doii avoit de Ton otriniou , extepj » 4u^ u oTe alTutK que deux &,deux font qutiie< ,,Googlc A ij ,N A L E s. ap3 ehontaton écrivait probablement dans le fieclc Oti l'on place l'avanture de pfepk en Egypte. Nous mettons communément l'époque de la pro- motion du Juif ^ofeph aji premier ininiftere d'Egyp- te, à l'an 2300 de la créaeion. Si les livres de TJiot furent écrirs huit cents ans au- paravant, ils furent donc écrits l'an 1500 de la créa- tion. Leur date était donc de cent cinquante-(ix: ans avant le déluge. Ils auraient donc été gravés fur la pierre, fit fe feraient confervéç dans l'inondatioii amn verfelle; ■ . ■ -■ Une autre difficulté, c'efl: q'ae Sanchoniatm ne pair Je point du déluge , & qu'on n'a jamais cité aucun auteur Egypden qui en eût parlé. Mais ces difficul- tés s'é^anouilTent devant la Geiiefe in(ï»iréc pat VES-- prit faint, Nous ne prétendons point nous enfoncer ici dans, la chaos, que quatre-vingts auteurs onc voulu débrouil' leri en inventant des chronologies différentes; nous cous en, tenons toujours k l'ancien Teftament, No*ia demandons feulement, li du tems de Thtt cm écrivaic en hiéroglyphes ou en carafteres alphabé,tiqueï ? Si on avait déjà quitté la pierre & la brique peut du vélin ou quelque autre matière? Si Thot écrivit des annales, ou feulement UQe cqs« mogonie? ' S'il y avait d^- quelques pyramides bâties du tem^ ^e r/iot? , Ta • i),M...,,Googlc 994 A W H A T E !> Si la baffe Egypte était déjà habitée? -Si on avait pratiqué des canaux pour recevoir les faux du Nil? ' Si tes Caldéens avaient déjà enfcigné les art» aus ■ EgypticDs, & fi les Caldéens les avaient reçus des bracmanesî 'Il y a des gens qui ont réfijlu toutes ces que?* tions. Surquoi un homme d'efprit & de bon fens di' jkit un jour d'un grave docteur. Il faut que cet hont^ éie-lâfôit an granâ'ignoriint ,'çar S répond à to^ci qu'on lui demande. ANNOTES. A , Cet article du diaioonaire encyclopédique, tk: ♦amment traité, comme le font tous les objets de Ju- Tifprudence daiis ce grand & important ouvrage, on - ptxtt ajouter que l'Époque de l'établiflfement des artna- fts étant incertaine, c^ïft une preuve que Itexaftioû des annatct n'eft qu'une nfurpation, une Coutume tor- fîonnafre. Tout ce qui n'eft pas fondé lur uine loi au- Kntique eft un abuf. Tout abus doie être .réformé, à moins que la réfimne ne foit {du« dongereufe quft l'abus même. L'ufurpatîon commence par fe mettre, îfcu^à'îwu en pofffeflïdh: ï'équité, l'intérêt public jet- tent des cris, & réclament. La politique vient, qui ;gufte comme eUç peut l'uitupadqa avec l'équité. £b î'abus lefte. ,, Google A H H A T E T. J5jf , A l'exemple des papes, dans plufieurs diocefes, lej évêques» les ch^itres, <& les archidiacres établireni; des annates fur les cures. Cette otaQion fe Rom^n^ àroit déport en Normandie. La politique n'ayant au- fCun intérêt à maintenir -ce pillage, il ftit i^li en pla- fieurs oidroits; il fobfifto en ti'autres, tant le culte de J'aigent eft le premier culcç. En 1409, au concile de Pife, le pape Alexandre f^ renonça exprelTément aux annates ; Charles FU les condamna par un édit du mois d'Avril 1418; fe con- cile da Bâie les déclara flmoniaqaos; & la |»àg^ati* que faqflion les abolit de nouveau. Françfàs I, fnivant un traité particulier qu'il avait Alt avec Léon X,. qui ne fut point iniëté.dans lô Conc(H'dâtj permit au pape de lever ce tribut, qui Igl produifit chaque année fous le règne de ce prince , cent mine écus de ce tems-là , fulvant le calcul qu'en fit alors ^ac^t C9pelle avocat-général au parlemenç ^e Paris. Les parlemens, les univerfîtés, le clergé, la ra^ tlon entière réclamaient contre .cette exaftion ; • & Henri H, cédant enfin auiccrls de fon peuple, te» nouvella la loi de Charles VII par un édjt du 3 Sep* tembre 1551. La défenfe de payer l'annate fut encor réitérée pat Charles /X'aux états d'Orléans en 1560. ,1 Par anAi „ de notre confeil , f? fuivant les décrets des fiants cou* ji eiits^ mcitniKs wdomaoees dt tut prédk^ffm't'Tiis, i, S" arrêts de nos cours de parlement ; ordonnons £Uff „ tous tranfport d'or ^ d'argent iors {te notre rnyntmei T4 .vGooglc «90 ANÏIâTES. ■ ff paiement de àenieriy fous couleur (f^annates, twf- „ quant & autrement, cejfenntf à peiAe de quadrupk „ cmtfe hs cmtrevenans, ■ Cette loi promulguée dans ralTembléQ gâiécalede la nation , ftfnblait devoir être irrévocable. Mais deux ans après, le même prince fiibjugué pat la coût de Rome alors puifiante , rétablit ce que la nation en- tière § lui-même avaient abrogé. Henri U^ qui ne craignait aucun dai^çer., mais qui craignait Rome, confirma l«s aonates pat m ^'tdii 22 Janvier ij^C. Trois célèbres jurîfconfiiltes, Ikimalin , Laanoy & Duartn, ont fortement écrit contre les annates, qu'ils appellent une viritahle fimm*. Si à déOiut de le^ payet, le pape refufe des bulles» Duaren confeille ^ l'églife gallicanDe, d'imi;er celle d'Efpagne, qui, dant 3e domieme concile de Tolède, chargea Karchevê- que de cette ville, de donner, fur lereiFus du pape^ des proviCons aux prélats nommés.par le roi. G'eft une maxime des pluq certaines du droit fran-* çais , confacrée par l'article 14 d; nos kbenis(^j^),<;^ç l'évêc^ue dtiRome n'a ^ucu^ droit {[ff Iç temporel de^ bénéfices, & qu'il ne jouit des annaces que par la perr ïniffiondu roi: mais cette permiffion ne doic-elle pas avoir lyi ternie? 4 quoi nous fervent nos lumières G flous confervops toujours nos abus ? ' ' I^ calcul des femmes qu'on a payées , & que l'oa f74> Vov;t Libertés, mol ,,Googlc A K N A T E (, 297 IMÛO epcor au pape, eft effrayant. Le procuwur- général yean de Saint Romain a remarqué que du tems de Pie //, vÎDgt-deux: évêchés ayant vacqué en Fran- ce pendant trois années , il iàllut porter à Rome cent vingt mille écus; que foixante & une abbayes ayanç auflt vacqué , on avait payé pateillâ ftmi'niç à la cour de Rome; que vers le même tems on avait éncor . payé à cette cour, pour ks proviCons des prieurés, doyennés, & des autres dignités fans croiTe, cent mil- le écus; que pour chaque curé il y avait eu au moins une grâce expectative qui était vendue vingt cinq é- cus ; outre une infinité de djfpenfes dont le calcul montait à deux millions d'écus. Le procureur-génâ-al de SiUnt Romain vivait du tems de Lmàs XL Jugez à combien ces fommes monteraient aujourd'hui, jfu. gez combien les autres états ont donné. Jugez fi la îépublique Romaine, au tems de Lucullus,^ a plustî- lé d'or & d'argent des nations vaincues par fon épée, que ks papes, les peret de cej mêmes nations, n'eà ont tiré par leur plume, • . Supporqn; que le pFOcureur-général Saint Rimais fe foit trompé <^ moitié , ce qui ell bien difficile, ce refle-t-il pai ençor une fomme aflez confidérablç pour qu'on foit ^ drqit de cooipter avec la cbambrç ^pollolique, & de lui demandor une reftitution, &U Knflu que caoc â'^rgept n'a li^ d'apoftoligue ? U:n;K.yG00glc 855 AwNÇAU DE Saturne, ANNEAU pe; SATURNE. fL^E t^énomene étoanant, maie pas plus étomanç flue les autres, ce .corps foUde & luinipeux qui enn toure la planète de Saturt^ ^ qui l'éclaire & qui en fi& éclairé « f<^t pfir la faible réSe^Ofi des rayoos for Jaires, foie par quelque caufe ineonsuei était autre- Ibif une mer, à ce que prétend un rêveur qui fe di- fflic philoft^ç. Cette m», f^W lui^ s'eft endurcie ; ^le eft devenue tate ou rocher ; elle gravitait jadisi vers deuï ceotrçs , & pe gravite plu§ aHJourd'bui quQ vers un feolt . * Comme vous yallez, mon rêveur! oomtno voua nétamorphofez l'eau en rocher"! Ovide n'était n'eq ^près de vous. Quel merveilleux pouvoir vous avez fur la nature ! cette imagination ne dénient pas vos autres idées. O déraangeaifon de dire des chofes nou- Veïles ! ô ftireur des fyflêmes ! ô folies' dfe l'efprit hu- main 1 fi OD a parlé dans le grand diaionnaire ency- clopédique de cette rêverie, cVft fan» doute pour ea faire fentir Pénorme ridicule; fans qncà les aytres nat tions feraient fen droit de dire, Voiïà Fufage que font les Français des découvertes des autres peuples. Hwy getu découvrit l'anneau de Saturne , il en calcula le» apparences. Hook & Fhmjlead les ont calculées com- me lui. Un Français a découvert que ce corps foli-. de avait été un océan circulaire, ^ ce Français û'^ pas Qrano it £^g .vGooglc ANTifiUiTÉ. &3im I. ANTIQUITE, ^iVez-vons queIquefo« vu dans un viUage Fiera ^çmdri & fa femme PiTotielle , vouloir précéder leurs voifins à la procelïïon? Nos grands -pères ^ dîfènt-ils, Jimnaitnt les clochet avant que ceux ^i nous coudoiem^ 4ujourShui firent feulemnt frûpriétéres d'une établi. La vanité de fierfe Aoudri, de fa femme & de fes voifins, n'eo fait pas davantage. Les efprits s'échauf- fent. La querelle eft impcH'cante; il s'agit de l'boQr .ncur, Il iàut des fiteuves, Un iavant qui chante ai) lutrin, découvre un vieux pot de fer rouillé, mar* que d'uQ ^, proniere lettre du nom du chaudronnier qui fit ce pot. Bierre Amdri fe perfuBde que c'-étaîc un cafque de fes ancêtres. Ainfi Céfa:r defcendait d'ua héros & de la déeflfe Vinus- Telle eft l'hiftoïre des nations ; telle eft à peu de chofe près la coimaifl'aQca de^ prçnuenivitiqtâié. . Les favËt» d'Artnéaie iàtmtrgmt , que le pat comme fit depuis AnnibiUf pour aller voler lej garderobes des fénateurs Romains » qui avaient alors pour tous meubles une robe d'un mauvais drap gris , ornée d'une bande couleur de fang de bœuf; deux petits pom- meaux d'y voire, ou plutôt d'os de chien, aux bras d'une chaife de bois; & dans leur cuifioeuD morceau de lard rancet Les Gaulois, qui mtMiraieDt da iàm) , de trouvanf t>as dequoi i mangeri Rome, 3'«) allereot donc cher* cher fortune plus loin, ainlî que les Romains en uferent depuis , quand ils ravag^enc tant de pays l'ua après l'autre; ainfl que firent enfuite les peuples du Nord, quand ils détruifireot l'empire Romain. Et par qui olcore e(t-on très ftiblement hftruitdff Ces émigrations? C'eft par quelques lignes que le» Romains ont écrites au hazard ; car pour les Cel* tes, Velches, ou Gaulois, ces hommes qu'on veut faire paffer pour éloquens, ne favaienc alors eux A leurs bardtis (78) ni &e, ni écrire. Mais inférer de là que les Gaulois ou Celtes, coo« quis depuis par quelques légions detV/îir, & enfuite par une horde de Goths , & puis par une Iwrde de Bourguignons, & enfin par une borde de Sicambrea .vGooglc À N t i Q, tj i r é StSUoh îî. gcg loits un Godivic , avaient aBparavMC fubjugué la terre entière, & donné leurs nmns & leurs krix à l'Afie,- cda mt parait bien fort; la chofe n'eft pas math&naa tiqiicment ïmpoflîWe; & fi elle eft démuOrée^ je me tends: il lerait fort iocivi] de refijfo aux Velches co qu'on accorde aux Tartes. Section s t t o U d & De l'anliqtdté des ufages. Qui étaient les plus fous & les plus ancifflndmfflïé foos, de nous ou des Egyptiens, ou des SyriCDs, ou des autres peuples? Que fignifiait notre ^i de chê- ne? qui le premier a confacré un chat? c'en appa- temment cdaitjui était leplus mcommodé des fourisi Quelle nation a danfé la première, fois* des rameaux d'arbres, à l'honneur des, Dieux? Qui la première a fait des procédons & mis des fous avec des grelots 1 la téie de ces procelïïcm's? Qui promoia un Priape par les rues, & en plaça aux portes en guife demar- teaux ? Quel Arabe imagina de pendre le caleçon de fa femme à la fenêtre , le lendemain de fes noces ? Toutes les nations ont danfé autrefois à la nour Velle lune: s'étaient-elles donné le mot? Non, pas plus que pour fe réjouir à la naiflancede fonâls, ££ pleurer ; Ou faire femblant de pleurer à la mort de fon père. Chaque homme eft fart aife de revcàr la lune après l'avoir perdue pendant quelques nuits. Il eft cent ufages qui font fi naturels à nous les hopi- mes, qu'on ne peut dire que ce font les Bafqucs qui les ont enfcignés aux Phrygiens, ni les Phrygiens aus gafques. I),,,.;-..,C00'^|C 30|j A vr t puFres , s , MtmbUJf. ■ vous , lidlc^ - vu! , caurix a la viSime giie je f, JOUI inùmM , c^n que roai afaag-ex la chair 10 que •rom bavic~ , f, U Jang. youi mangerez la chair dti farts, vous boirez U /aag f, des prtacet de la terre & dei Mien , Sf iet- agneaux, ^ des ioMcr, ^ & des taureaux , tf des volailles ,if 4e leut les gras. Ceci ne peut regarder que les ullèaiix de proie , & lej Mm fé- roces. Mais In <écQnde putic t paru tànfé^ aux HdbrEux ni£D>M. „ fous vous rt^a^erez fur ma table da cheval S du fort eavaner , * „ de tous les guerriers, dît Je S'igt^nr, 9 j' mellrai ma gloire daat f. Ut tiatiara , &c. Il eft trts CMTain , que lei rois de BabUona «vaieni des ScytTiei dans Ictirs armées. Ces Xcythet Inivaienf du fimg dan; les crUnes de leurs enncniù vaincus, & mangeaient Jeurs fb^vaux , & quelquefuU ' de ia cbair taumaine. Il fe peut (rès bien qlie te propliSte ait nàt il- lufinn ï cette coutume barbare, & qu'il ait inenai:^ les Scytb^* il'jcce traites coRijrie ils iraîtaienc leurs eiuieniis. Ce qui rend cetie conjeftiiie •vraiTemliIable , c'en lejaot rie T*- Ht' youi Kuuigerez à ma leble le cheval & le cavalier. Il n'ï a pas d'apparence ou on ait adreffï ce dircoun »ox antfiwux ; 6i qu«n léui ait pirl£ de te mettre à table. Ce ferait le fcul endroit de l'EcriiH- re , où l'on aurait employé une figure li ërbnnanie. Le fens commun DOus apprend quVin no doit point donner k un nwt une acceptloa qui ne lui a jamai.t éié dnnitee dans aucun livre. Cell une rllfbn tris. puiDïnte pour juftifier les écrivains (fui «nt eiD tu tnimanx d diens ne mangeaient point d'hommes en 1711. Le jéfuite Srebeuf raconte qu'en ^640, ïé premier Iroquois qui fut converti, étant malheureufement y^ vre d'eau-de-vie, fut pris par les Hurons ennemis alors ^es Iroquois. Le prifonm'er batifé par le pwe Brebeuf fous le nom de ^'ofeph, fut condamné à la mort. On lui fit foufiir mille tourmens, qu'il fou- tint toujours en cfiantant , feloo la coutume du pays. On finit par lui couper mi p'ed, une main & la tê- te , après quoi les Hurons mirent tous fes membres dans la chaudière, chacun en mangea, & on en ofiïic un morceau au père Brebeiif (8^). Charlevoix parle, dans un autre endroit , de vings deux Hurons mangés par les Iroquois. On ne peut donc douter, que la nature humaine ne foit parvenue dans plus d'un pays à ce dernier degré d'horreur; & il faut bien que cette exécrable coutume foit de la plus haute antiquité, puifque nous voyons dans la fainte Ecriture, que les Juifs font menacés de man- ger leurs enfans s'ils n'obéiïTent pas à leurs lois. Il eft dit aux Juifs (84); „ que non-feulement ils auront „ la galle, que leurs femmes s'abandonneront à d'au- », très, mais qu'ils mangeront leurs filles & leurs fils m-^JX'mwmKs ^''^"*"^' * "'"*■ '^ Ch»Uy^3c, Tome t (84/ Deuterouome ,' C. XXVUI. y t. 53. .vGooglc 3tg ANTKdPdPHACEfi. ,, dans Fangoifle & ladévaftatloni qu'ils (è tlifputé- j,.ront leurs eoftns pour s'en nourrir; que le mari „ fie voudra pas donner à fa femme un morceau de M fon 61s , paroe qu'il dira qu'il a'en a pas trop poui' „ lui." . Il eft vrai ^ue de très hardis critiques prétendent, que le Deuteronome ne fut compofé qu'après le ficgc nais devant Samarie par Benadad ; fiege pendant lequel a eft dit au quatrième livre des Rois, que les mères mangèrent leurs ênfans. Mais ces critiques , en- ne regardant le Deuteronome que comme un livre écrit après ce Cege de Samarie, ne font que confirmer cet- te épouvantable avantute. D'autres prétendent, qu'el- le ne paie être arrivée comme elle eft rapportée dans le quatrième livre des Rois (85). ,i II y eft dit, que „ le roi dlfraël , en paflant par le mur ou fur le „ mur de Samarie, une femme lui dit: Szuvetmoif „ feigniur roi ; i! lui répondit: Ton Died ne te fauve- „ ra pas; eomtutnt pourais-je te fauver7 ferait- et ie „ l'aire ou au ■preffoir^ Et le roi ajouta: que veux-tuP „ &. elle répondit : roi ; voin une femme qui m'a „ A'î, donntz-tnoi votre fily , nous le mangerons ûujour' „ d'buî) Éf demain mas mangerons le mien. Nous ,, avons âme fait cuire mon fils , 6? nous l'avons mangé: „ je lui ai dit aujourd'hui, donnezmoi votre fils afingue „ nous le mangions, & elle a caché fon fils." Ces cenfeuTs prétendent (86) qu'il n'eft pas vraifem- (S'!') cil. Vt. v.t. Ifi. & fuivans. (.si)) La prâieDiioii de C£S Cenreurs eft cliimerique, puifque le ■ TCTie ne dit pu que ce fut Binaâad qui paOâ Tur le mur, xaih le ki)i ri'iriKïl qiii pouvait fans doute bûw paOiu fui le mur de ft Ca- piule< .vGooglc AMTlOPOPHAGtS. 3Ï9 - blabte, que le roi Benadad , en affiégeant Samarie , ait paire tranquillement par le mur ou fur le mur, pour y juger des caufes entre des Samaritains. Il eft encor moins vraifemblable que deux femmes ne fe foient pas contentées d'un enfant pour deux jours. 11 y avait Jà dequoi les nourrir quatre jours au moins: mais de quelque manière qu'ils raifonnent, ondoie croire que. les pères &, les mères mangèrent leurs enfans au fie- ge de Samarie , comme il eft prédit expreffémenC dans le Deuteronome. La même chofe arriva au fiege de Jérufalem par Nabucodono/or (87); elle eft encore prédite par Ezé' chiel. (88) Jérémie s'écrie dans fes lamentations ; (89) quùi àoTtc, les femmes mangeront-elles leurs petits enfans qui ne font pas plus §nmdt 9W la main ? Et dans un autre endroit: (90) les mères compatiffantts ont cuit leurs en- fans de leurs mains & les ont ma^is. On peut encor tirer ces paroles de Baruch ; l'homme a mangé la chair itfoafils& defafitk. Cette horreur eft répétée fi fouvent, qu'il faut bien<5u'elle foit vraie; (çi) enfin onconnait l'hiftoire rapportée dans fofsph de cette femme, qui fe nourrit de la chair de fon fils lorfque Titus afiîégeait Jéru- falem. Le livre attribué à Enoch, cité pax St. fu^ , dit, que les géans nés du commerce des anges, & des fil- les des hommes, furent les premiers antropoptia^es. (B7) r.iv. IV. des Rois eh. XXV, vi. %. :,Goog\c 320 AntropophageA Dans la huitième tioméJié attribuée à St. Clément i St. Pierre, qu'on lait parier, dit, que les enfàns de ces mêmes géans s'atveuverent de {kng humain, & mangèrent la chair de leurs femblables. II eu réfulta^ ajoute rauceuFj des maladies jufqu'alors inconnues; des moaftres de toute eJpece naquirent fur la terre; & ce fut alors que Dieu fe réfoIUt à noyer le genre-» humain. Tout cela fait voir combien l'opinion ré- ^]aote de l'exiftetice des antropophages étaic univer-' felle. Ce qu'tm fiiit dire â St. Pierre, dans l'hoiiiélie de Sti CUmentt a un rapport fenâble à la fable de Ly- caon t qui eft une des plus anciennes de la Grèce , £a «qu'on retrouve dans le premier livre des Métamorpho- Jit ài'Ovide. La Relation dit Indes i^ de la CM'flf, faite aQ iluitie-* meflecle^ par deujc Arabes, & traduite par l'abbé Renaudott n'eft pas un livre qu'on doive croire fana exatnenf il s'en faut beaucoup; mais il ne faut pas rejetter tout ce que ces deux voyageurs difeat, furJ tout lorfque leur rapport eft- confirmé par d'autres auteurs, qui ont mérité quelque créance. Ils alFu* rent , que dans la mer des Indes, il y a des iHes peu- . plées de nègres qui mangeaient des hommes. Ils ap^ pellent ces ifles, Ramni. Le géographe de Nubie les nomme Ramaàt ainli que la Bibliothèque orientdt A'Herbelot. Mare Paul qui n'avait point lu la relation de ces deux Arabes, dit la même chofe quatre cents ans a^rès eux. L'archevêque Navarettet qui a voy^é de- A W T ?l O P p P M A Ç E I. 3aj depuis dans ces mers, confirme ce témoignage: lor turapeos que çogen , es confiante que vivos fe los van comiendo. Tfxeira prétend que les favans fe nourriflaienc dç diair humaine , 5c qu'ils n'avaient quitté cette abo- iDÎp^lc coutume que deux cents ans avant lui. II ajoute, qu'ils n'avaient connu des mœurs plus dour ces qu'en embraflànt le mahométiftqe. Qn a die la m^me cbofe de la nation du Pégu, des Cafres, & de plufieurs peuplop de l'Afrique. Marc Paul, que nous venons déjà de citer, dit quç chez quelques hordes Tartares, quand un criminel avait été condamné à mort, on en faifait un repgs, îianno cojlorq un hefliale e orribile cofiumt, che quando akuno judtcato a morle lo tolgono e cuocono e mat^ gian'J'eh. Ce qui ett plus extraordinaire & plus incroyable, ■ ç'eft que les deux Arabes attribuent aux Chinois mêmes ce que Marc Paul avance de quelques Tar- , «rçs : qu'en générai les Clànoii mcmgent tous ceux qui ont été tués. Cette horreur efl; G éloignée des mœu;-g ChiQoifes, qu'on ne peut I? croire. Le père f ar«i- pin l'a réfuqép en difant, qu'elle pe mérite pas cje réfutation. Cependant, il ^t tiien. obferver que le hiiideme fiecle, tems auquel ces Arabes écrivirent leur vo- ^rage, était yn des fieclcs les plus funeftes pour le» Chinois. Deux cents mille Tartares palTerent la grande murailie, pillèrent Pékin, & répandirent ^ partout la défolation la plus horrible. Il ell t^è» vraifemblable qu'il y eut alors une grande fanjine. Première Partie. ■ %,- i),M...,,Googlc g22 AntBOPOPHAGE» La Chine était aufÏÏ peuplée tju'aujourd'huî. Il fô peut que dans le petit pieuple, quelques mi (érables aient mangé des corps morts. Quel intérêt auraient eu ces Arabes à inventer une fiible fi dégoûtante ? Ils auront pris peut-être, comme prefque tous les voyageurs, un exemple particulier pour une cou- tume du pays. Sans aller chercher des exemirfes fi loin, en voici un dans notre patrie , dans la province même où, j'écris. II eft attefté par notre vainqueur, par notre maître yulss Céfar. (ça) II afliégeait Aléxiedans -VAuxois; les afïïégés, réfolus de fe défendre jus- qu'à la dernière extréniité, & manquant de vivres, aîTcmblcrent un grand confcil, oii l'un des chefs, nommé Criîognat, propofa de manger tous les en- fans l'un après l'autre, pour foutenir les forces des combaPtans. Son avis pafTa à la pluralité des voix. Ce n'efl: pas tout; Critogridt, dans fe harangue, dit , que leurs ancêtres avaient' déjà eu recours à une telle nourriture , dans la guerre contre les Teu- tons & les Ombres. FinifTons par le témoignage dç Montagne. 11 parie de ce que lui ont dit les compagnons -de Fîllegagnorit qui f éventent du Brefil, & de ce qu'il a vu en France. Il certifie que les Brafiliens mangeaient: leurs ennemis tués à la guerre; mais lifezce qu'il 3Jou:e, (93) Où eft plus de barbarie d manger un homme mort qu'à le faire râtir par le menu , £f te faire fnevrtrîr aux cUent ^ pourceaux ^ comme nous avonr vu de fraîche mémoire, non entre ennemis aHcieni^ (^^ £cU^ Gtffl tiv. vn, (sa Liv, I, ch. sx^ A B D e A t Y ¥ s E. 323 puùi entre ymjïns B concitùyens ; if qui pis efi, foui prétexte de piété &f de religion. Quelles cérémonie» pour iiD( philofcçhe tel que Montagml Si Aiiacréon & lîbaUe ÉtaicaiE nés Iroquois, ils auiaienc donc mangé des hommes? Hélas! APOCALYPSE. -Ai. Il Joutons à rarticle A^aiypjt^ qye deux grandi hommes, mais d'une ^iideur fort différaite, oot commenté l'Apocalypfe dans le dix-feptieiae fiecîei L'un eft Newton, à qui vine pareille étude ne con- venait gueres; l'autre eft Bojfiifitii à qui CPCte eotre- prife convenait davantage. L'un & l'autre donne* rent beaucoup de prifç à, leurs, ennemis par leurs commentaires; &, comme on l'a déjà dit, le pre- mier confola la race ^>n»inç. delafupériDritéqu*il avait fur elle, &. l'autre réjoui; fesennetois. Les catholiques & les proteftâns ont tous expli- qué l'Apocalypfe en leur faveur; & chacun y & trouvé tout jade ce qui convenait à fes intérêts. ]ts ont furtout fait des merveilleux commentaires ùiT la grande béte à fept têtes &. à dis cornes, ayanE le poil d'un léopard, les pieds d'un ours, la gueule du liera, la force du dragon; & il fallait, pour ven- dre & acheter, avoir le caraftere & le nombfe d9 la béte; &. ce nofnbr-e était €66. BoITuet tr9uve que cette bête, était évidemment l'empereur Dioclétien, en faifant un acroftiche da i/ya nom ; Gtotius croyait que c'était Trajan. Un Xa l),M.;-,,,COO'^IC 3Z4- Apocilt(*s-i. curé de Se Sulpice, nommé La Chétardfe, omno par d'étranges avantures, prouve que la bète, étaic Julien. Jurieu prouve que la bête, eft le pape. Un prédicanc a démontré que c'eft LduîS XIV. Uû bon catholique a démontré que c'eft le roi d'Angle- terre Guillaume; il n'eft pas aifé de les accorde^ tous. Il y a eu des vives dillmtes, concernant les étoi- les qui tombèrent du ciel fur la terre, & touchant le foleil & la lune qui furent fra^^s à la fois de té* nebres dans leurs troi&emei partiel. Il y a eu plufieurs feritimens fur le livre, que l'ange fit manger à l'auteur de l'Apocalypfe, lequel livre fut dou% à la bouche & amer dans le ventre. ^arieu prétendait que les livres de fes adverfaires étaient défîgnés par là : & on rétorquait Ibn argu- ment contre lui. On s'eft querellé fuf cft verfeti „ J'entendis mt „ voix dans le ciel, comme la voix des gi'andes eauxi „ 6f comme la voix Sm grand tmnerre; & cette voix ,^ que j'entendis était conrné de/ harptui-s hârpansfur „ leurs harpes " II eft clair qu'il valait mieux rrf- pefter l'Apocalypfe que la commenter. Le Camus évêque du Bêlley fit imprimer au fiecle précédent un gros livre contre les moines, qu'ud moine défroqué abrégea ; il fut intitulé Apocdypfe , parce qu'il y révélait les défauts & les dangers de U vie monacale ; Méliton , parce que Méliton évêque de Sardes au fécond fiecle avait iJalTé pour prophète, t'ouvrage dé cet évêqae n'a rien des obfcurités dd l'Apocalypfe de St. Jean} jamais on ne pari» piui ...Cooi^lc APOCA't.TP9Ê. 32jr élalritnene. L'évêque reffemble à ce magiftrat qui difait à un procureur ; Vous êtes mfaujfairei «» fripon. Je ne fait fi je m'explique. L'évêqiie du Belley fuppute dans fou apocalypfe bu révélation , qu'il y avait de fon tems quatre- vin^- âi?c-huit ordres de moines rentes ou metidians i qui vivaient aux dépends des peuples fans rendre le moindre fervice, fans s'occuper du plus léger tra- vail. II comptait lix cents mille moines dans l'Eu- rc^. Le calcul eft un peu enfié. Mais il eft cer- tain que le ilombre dés moines était un peu trop grand. it aflure que les moines Ibnt les ennemis des évÊ< ques. Ses curés & des magifirats. Que parmi les privil^â accordés aux cordelieïs, Ife Gxieme privilège eft là lïlreté d'être fauve, quel- que crimS horrible qu'on aie commis, pourvu qu'on Éime l'ordre St. Français. (94) Que les moines reffemblent aux fînges, (9;) plu« ils montent haut^ plus on voit leur ca.- Que le nom de (96) rmne eft devenu ii infâme & fî exécrable , qu-il eft regardé par les moines même fcomme une fale injure & Comme le plus violent ou- trage qu'on leiir puiffe feire. Monèherlefteur, qui que vous foyèz, im mim'- fbe ou magiftrat, confîdérez avec attentico ce petiB morceau du livre de notre évêque, (97) „ Repréfentez - vous un convenu de l'Efcu- 3, rial, ou du moiït Caflln, oiil les cénobiftescmc (94') ^«p: >?. C9^ Pig: ios> " mands, fur les Français, fur l'Encyclcçédle, fur les Jtiïfs, A; iur Spinofa. Tom IF. Le PitroniTme de miftoire pu VAbbi Big..... en XXXVHL Chapitres. 1^1 Singularitji de U Nuuce tn XXXVIU. Cb^lusi. ...Cooi^lc CATALOGUE DE LIVRÏ:?. Tom« V. Biltours de l'Empereur JuIieD contre kl Chr^deDi. La CiDoniTaciot] de St. Cuculîn. Lenrts de l'Bve^ue d'Annecy k Volulre , ivec lei R'^poulctf Confeflîoti de ftii de Voltiire. Cinquième Homélie piwioncde ï Londres. Le cri des Nacionii i^âçj. Tdbw PÎ. Z.M Lettreâ d'AniibeiI . &c. induitei par TAbbé TampMet. ' -HUtoin: de la Félicité pir l'Abbé Voilèlioa. Supplémeiii aux Caufes Céltbres. Adam ft Eve ; poëme I^, Les trois fipkres, ToBU yiî. De la Paix perpétuelle par le Doéteur Guodheait, Mlruiïtion du GanlicD di^ Capacio» de ELagiilè k Frère Pédicul»* fy , partant pour M cèpe Tainte. . Tout «vDieu, CommenEaite fur Mglebranclie, par l'Abbé ie TiUadec. Dieu & les Hommes, nuvie Hieolorique, mais raifoimable, et XLIV. Cbapi(r«s. Tamt. FUI. Îéfleuons Pbilorophlques Tut h Marclie àf t|pi Idées. eCtre d'un Avocat 1 Mr> d'Alemben. Le Symbole d'un Laïque, ou la prvfeOion de fiA d'un faoQnne déUncéreflï. Diveifes Epiires écrites de la Campagne, Les Adorateurs ou [es Louanges de Uieii. . Requête à tous les Maglftn» du Royaume. Défenfe de Louis XIV. . penfées détachées de l'AVU* de St, Pierre. Dieu. RéponTe au 5y(l£nie de la N^tiirc. - Itcqufte lu Roi «u loa cqiireii pour lus fujeis du Roi qui ricla- ' ment la libené de la ^ançe, contre des moines Béaédlétins devenus chanoines de St. Claude en franche- Ceinte. Anecdotes Tur Frérou. CoUeâioni d'Aociem Evangile* , ou Monum»ii du premier Ha* de du ChrKtianirme, extraits de Fabricius, Grabrius & autre* âvans. Par rÂl>bé B>*'. 8vo. i voU Londres, 176g. i4 livret, — des Leures fur les Miracles. Svo. i vol. ir^r. k i Dlvld, ou l'HiftcJre de THomme félon le Cosuç de llieu, ouvra. ' ^e iraduit de l'Angloïs, mJ-iucl va a juiiit l^'TragéUii; de Saiit A David,. ïvo. t vql, 1761t. i 3 L'ryitf. Dérenfe pour mon Oncle, Hvti. 176Z. & L. t : 10. DIAiotinj^u^ Ptiilor