Google This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project to make the world's bocks discoverablc online. It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the publisher to a library and finally to you. Usage guidelines Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. We also ask that you: + Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for Personal, non-commercial purposes. + Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. + Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. + Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. About Google Book Search Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web at |http: //books. google .com/l Google A propos de ce livre Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en ligne. Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression "appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont trop souvent difficilement accessibles au public. Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. Consignes d'utilisation Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. Nous vous demandons également de: + Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un quelconque but commercial. + Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. + Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en aucun cas. + Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. A propos du service Google Recherche de Livres En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl V V|/\-770G./l (4^) 4 / \ QUESTIONS s V K L'ENCYCLOPÉDIE» PAR DES AMATEURS- HVITIMME ÏARTIE. M. PCC. LXXL, i X ^ ,/ ».L i A - V « y u^ OXFORO ^ ' X QUESTIONS LEmrcuWÉDiÈ. I L eût été k défirer que de tous I tes llvres'<k fur les loU'pai; P Boàiri ;, mbt'hii GkmHu , Ptifat. que; loi utile, adoptée- datis'tdUB les tribu- ftaUï' dï l'ËL^c^ ,<-lïâf:'fQ^ -lefliiAiScsfiloMir, foit fur les contrats , fur les finance , 'furlis délit ni Cl desi du ci dres. quel Huitième f ortie, A k*#r^'if» -t"0 IX* ! fqitieiii& fi on a un procès» on court char m avocat» On a dit que la lettre tuait & que refprit vivifiait ; mais dans le livre de Montefquteu refpril égare , & la lettre n'apprend rien. Dis CITATIONS FAUSSES DANS L'Es^RIT DES LOiX, DBS CONSÉQUENCES FAUSSES OPE l'auteur en tire , ET DE PLU» SUURS ERRLUES Q.U'lL ksT IIIFÛRTAMT ^DE DÉCOUVJIJJU *" Nous avons dé)a vn que ManttfquiHi (kit dire à l'auteur du prétendu Teibment du cardinal de Richelieo ^^^t fi dans k peuplé H fi trouvi quelque moÂpireux honnête homme % U ne faut pas ien firvbr. Ce teftament dit prédument tout le conrcaire. B impute & Phaarque d'avoir dit', qu'il n'y a de re(peâable en« amour que la fodo* miei% & que las femmes font indignes de Tat» lâchement d'un honnête homme. Fhuarque au contraire! détefte la fodomie » & dit pofi* tivement que ks ibmoici feiilet méritent not .bommagesbr :;, n cite Denis d'Halicarnafle qui dît, que Cbton Ubcrate, Sohn ordonna q$Con dmfiraiâ Usyiges dans ks quatre clajfes des Ashéniens. , penb d'HaKomafle n'en a pas dit un (eul .moti void fis paroks. ifimâti ^ dms [^ h§^ Es mit DtS LOIX. I rmtgue , Yappot riavaietù ioané aucune p mah kum gais de bien. C :e qu'ITcK ârate a jiu diri n '{ ' A Gètas la banque df St. Geot-gB efi gmvet- née p(tr le peuple , ce qui lui donne mu grande influence. Cette banque eft gouvernée par fîx cladès de nobles appellées jnagifiraturtS. . .. On fait que la mer qui fembîe vouloir cou. vrir la terre, efi arritéi par Uj tKOindrts her- bts Ç^ par let tmittâret graviers.- On ne (kit point cela i on fait que la mot eft arrêtée par les loix de la gravîtatûn » qui ne font ni gravier m herbe. Les Anglais , pour favorifer la liberté, ohà ité toutes les pmjjances intennédiairei qui for- maient leur monarchie. Au contraire , ils ont établi la chambre .d thent. Il n'y en a point dans la Chine, que Fauteur cfçàrde-comme un empire defpori. que. II nV^h W point chez le cKir f (fn-e /, Si perfonnë ricr 'fut pliis defpoiique ^ue lut Le Turc Amuraf II n'avait point de grand' VMîr. GengiuKan «"eft eut jamais. - La vénaUti des tharges efi bomu âant let états »i(m'ar'cbiqaes ,- parce qu'elle fait faire comme tm métier de famille ^ ce qtf'ott m vça- drait fqs entreprendre pour la vertu. EU - ce Montefîjuîeu qui a écrit ces lignes honteufes 'i ^uoi ! parce que les folies de français I avaient dérangé fes Bnâuces > il tà- lait qu'il vendît à de jeunes ignurans le droit de décider de la fortune ,' de l'honneur & de la vie des homnifs ! quoi ! ^cet pppr-gbre de» vient bon dans la rtidnaichie? & la place do magiitrat devieiit Uii métier de famille ï Si cette infamie était G bonne, elle, apurait au moins éré adoptée p'^r qMçlqÙÇ autre wi)nar- chic que ta'-ïrancè'. "lln'y a pas un feul état ■ fur la terre qui ait ofé (è couvrir; \d.',wi , tel opprobre. Ce moiiftreeft nç de la pipjiig^lité I la ' vanité G avaient lé cet in- larce qu'il l'on avait fois , di^ ( ËSPKITOiSLOIX. f ^m grand jutifconfalte , vendre le tréfor de tous les couvens & l'argenterie de toutes les églifiss , qtie de vendre ta juftice. Lorfque François 1 prit la grille d'argent de St. Martin , il ne Et tore à perfonne ; St. Martin ne fe plai- gnit point ; il fe pafle trèi bkn de Ta grille i mais vendre la place de juge « Sk faire |urec à ce juge qu'il ne Pa pas achetée , c'eft une baflèfle facrilègc. . V\sàgnons'M(mtefquieu d^avoîr deshonoré fon ouvrage pat^ de td$ paradoxes. Mais pardonnons ^ lui. "Son oncle ^vait acheté une charge de pré(ident en province , iSc il la lut Isdâa. On réti'oùvè rhomtne partout. Nul de nous n'eit fans faiblefle. Pow Ur\9ertus , Ariftùte ne petit croire qtf il y en ait de propre aux efclaves. Ariftotc dicen termes exprès ♦ Il faut ,qt^ ils ayent ies vertus nécejfaires i leur état% la tem^ pérance^ & la vi^ance. l)e. la républiq. liv. L chap. XIIL Je trouve dans Strahon , qt^ quand à Lad^ démone une finir époufait fon frère , eUe avaiP pour fa dot la moitié de la portion de fon frire. Strabon parle ici des Cretois » & non des* Lacédémoniens. Il fait dire à Xénophon « que dans Athi^ nés un homme riche ferait aii difefpoir quCon crAt qu'il dépendit du magiftrat. « L «I X ; Xénophon en cet endroit ne parle point d'Athènes. Voici fes paroles ; Dans les autref vtlks , les puiffans ne veulent pas qu\m les foupfonne de craindre les ntagifirats^ 9- Les loix de Vcmfe défendent aux nobles le commerce. Voyez r&iftoirc de Vcnife par le noble Teruta. ^ Las ancien^ fondateurs de notre répiu ^y blique , & nos légiflateurs , eurent granci j, foin de nous exercer dans les voyages & le p trafic de mer. La première nobleflè avait ^ coutume de naviger, (bit pour exercer le ^ commerce , foit pour s'inftruire. " Sagredo dit la même chofe. Les mœurs & noji les loix font qu^aujour* d^hûi les nobles en Angleterre & à Venife fie s'adonnent prefque point au commerce. Voyez avec quelle indujhie le gouvernement Mofcovite cherche à for tir du defpotifme , ^c. Èft - ce en aboliiTant le patriarcat & la mi« lice entière des ftrelits , en étant le maître abfolu des troupes » des finances & de Téglile , dont les deflTervans ne font payés que du tréfor impérial ; & enfin en fefant des loix qui rendent cette puiflance auiH fkcrée que forte ? Il eft.trifte que dans tant de citations & dans tant à'àxiomes , le contraire de ce que dit Vauteur foit prefque toujours le v rai y ESPEIT BBl LOIS. f Quelques leâeurs inftnuts 8*en Font apptr* ^us. Les autres fe font laifles éblouir» &oa dira pourquoi Le luxe de ceuoc qui limmmtquie U nkef^ faire fera égal à zéro. Celui qui aura le dou» He du niceffaire aura un luxe égal à un. Celui gui aura le double de ce dernier aura unluocê égal à trois , ^c. Il aura trois au delà du néoeflaire de Tau-^ tre , mais il ne s'enfuit pas qu'U ait troh de luxe ; car il peut^ avoir trois d'avarice % U . peut mettre ce trois dans le commerce % U peut le faire valoir pour marier fes filles. B ne faut pas fbumettre de telles propofîtions è Farithmétique : c'eft une dbarlatanerie. A Vemfe , les loioc forcent Us nobles à h niodefiie i ils font tellement accoutumés à Pi* pargne , qu^il n'y a que les courtifannes quipuif» fefit les forcer à donner de forgent. Quoi ! Pefprit des lois à Venife (èradt de ne dépenfer qu'en filles ! Quand Athènes fiit riche, il y eut beaucoup de courtifannes. H en fut de même à Venife & à Rome , aux Î|uatbrze , quinze & fèiziéme fiécles. Elles y ont moins en crédit ^aujourd'hid t parce quHl y a moins d'argeuL Eft-ce là Te^rit des loix ? Les Suions^ nation germanique f rendent bon^ neur aux ricbeJfeSf ce qui fait qtCHs vivent foui A iiij 1 s L o I XI fe gouvernement, d'un /eut. Cela fignifie hien mue le luxe Hi finguliérement propre aux pto^ narchies , ^ qu'il n'y faut point de loixfomp^ tuaires. Les Suions , félon Tacite» étaient des ha-* bicans d'une ifle de' POcéan au delà de Idk Germanie. Suinonufn hinc dvitates in ipfo Ocemo. Guerriers valeureux & bien armés, ils ont encor des flottes. Fraterviros arma^ que clajîbus valent. L^s riches y font confi- âérés* Eft & opibus honos. Ils n'ont qu'un chef 9 eoque unus imper itat. Ces barbares que Tacite ne connaiffait point , qui dans leur petit pays n'avaienç, ^a'un feul chef , & qui préféraient le poC feifeur de cinquante vaches à celui qui n'en avair que douze , ont -ils le moindre rap- ^^rt avec nos monarchies & nos loix fomp« tuaires ? Les SantHites ' avaient une belle coutume ^ ^ qui devait produire d'admirables effets. Le jeune homme déclaré le tfieilleur , prenait pour fa femme la fille qu'il voulait. Celui qui avaii^ les fujfrages après lui choififfait encor , ^ ainfi de fuite. / ^ L'auteur a pris le%Sunites, peuple de Scy- thie , pour les Samnites voidns de Rome. Il cite Nicolas de Damas , qui cite Stobée. Et on {^it. d'ailleurs que Stobée n'etl pas un bon garant. Cette belle coutume d'ailleurs feraiç , Esprit des loi x. 9 très préjudiciable, dans tout état policé. Car fi le gatqon déclaré le meilleur avait trompé les juges , il la fille > ne voulait pas de lui , s'il n'avait pas dé bien , s'il^ déplaifaic au pèf-e & à Ja mère » que d'inconvéniens & que de fuites funèlles ! Si on veut lire V admirable ouvrage de Tiu cite fur les mœurs des Germains , on verra que c^efi d'eux que les Anglais ont tiré l*idée de leur gouvernement politique. Ce beau fyjlème A été trouvé dans les bois, . La chambre des pairs & celle des commu* nés , la cour d'équité trouvées dans les boisai op ne l'aurait pas deviné. Sans doute les An* glais doivent auflî leurs efcadres & leur corn* merce aux mœurs des Germains \ & les fer» mohs de Tillotfon à ces pieufès forcières • Germaines qui fàcriâaient les prifonniers » & qui jugeaient du fuccès d'une campagne par la manière dont leur Qmg coulait. Il faut croire auffî qu'ils doivent leurs belles manu« &âures à la louable coutume des Germains ^ui aimaient mieux vivre de jrapihe que de travailler, comme le dit Tacite. Ariflote fnet au rang dés monarchies l*ef9U pire des Perfes ^ Lacédémone. Mais 9 qui ne voit que tune était un état defpotique , ^ t autre une république ? Qpi ne voit au contraire, pour peu qu'oa / M L O 1 X} aie la < que Lacéc^moné eut un (col roi petU daiit quatre cekit aRt , enfuhe deux rois kid qu^à PeKcinâbn dé la race des HéracUdif^ [i ce qui lait un période d'environ mille an» fi^ ? L'auteur ne fe trompe ïd que de cBx fiédes. LaJUriliti de PAttiqui y itablii le gouver^ nement populaire 9 ^ la ferfilUi de Lacidénunm tâtiftocratique. Où a-tii pris cette chimère? Noua tirons / mcor aujourd'hui d^Athènet efclave » du eo» ton 9 de la foye ,' à\\ ris » du bled , de l'huile » d€s cuirs } & du pays de Lacédemone rien. Vn ancien ufage des Romains défendait de faiYr mourir les files qui n'étaient pas nubiles^ Il fe trompe , More tj'adito ne/as virgines firangulotri. Défenfe d'étrangler les filles » nii« biles ou^ non. ' Tiffiye trûuva t expédient de les faire violer far le bourreau. Tibère n'ordonna point au bourreau de Violer la fille de Séjan. Et s'il eft vrai que le bourreau de Rome ait commis cette in(a« mie dans la prifon , il n'efl: nullement prouvé mie ce fût fur une lettre de cachet de Tibère. Qycl befoin avait - il d'une telle honeur ? En Suijfeon ne paye ptnnt de tributs ; mais M en fait la raijon particulière. Dans ceà 1 ESPRIT DES L O I X. Yt w&niagnes fiiriles , les vivra font fi chers Ç^ Je pays fi peuplé ^ qu'un Sidffê paye quatre fois plus À la nature qu'uk Turc ne paye me jidtan. . Tout cela^eft &uz. Il n'y a aucun impôt en Suiâe ; mais chacun paye les dixmes , kt cenfès , les laods & ventes qu'on payait aux ducs de Zéringue & aux moines. Les mon- tagnes , excepté les glacières , font très fer* dks i eues font la richeflèdu pays. La viande de boucherie cft la moitié moins chère qu'è Paris. On ne fait ce mie l'auteur entend^ quand il dit qu'un Suiiie paye quatre fois plus à la nature qu'un Turc au fultan. TL peut boire quatre, fois plus qu'un Tucc ; car il a d'excellent vin de la Côte , & le vin de la Vaux. Les peuples des pays chatlds font tîmiâes comme les vieillards , ceux des pays froids fonà courageux comme les jeunes gens. Il &UC bien fe garder de laifler échapper de ces propofîtions générales. Jamais on n'a pu &ire aller à la guerre un Lappon , un Sa^ moyède : & les Arabes conqmrent en quatre* vingt ans plus de pays que n'en pofledait l'empire Romain. Les Efpagnols en petit nombre battirent à la bataille de Mulberg les fbldats du nord de l'Allemagne. Cet axiome de l'auteur eft auffi faux que tous ceux du climaL Voyez Climat. i« L i.ij topez de Ganta avoue que leâmtfiir^quH Us EJpagnob ont fondé Pefclavage des j^érU fains. , eji qu'ils trouvèrent près de Ste* Marthe des paniers où les habitans avaient mis qUeU^ ques denrées , comme des cancres , des limaçùns » des fauterelles. Les vainquewrs en firent un crime aux vaincus « outre quUls fumaient du tabac 9 & qu'ils ne fe fef aient pas la barbe à Pefpagnole. ^ , . ^ Il n'y a rien dans Lopéz de Gamà qiii don* ne U moindre idée de cette fottife. Il eft trop ridicule^ d'inférer dans un ouvrage fécieux de pareils traits , qui ne feraient pas fupportables même dans les Lettres fer* fanes. Cefi, fur ndie de la religion que les Efpa^ gnols fondèrent le droit de rendre tant de peu^ fies efclaves , car ces brigands qui voulaient abfolument être brigands ^ chrétiens , étaient fort dévots. Ce n'eft donc pas fur ce que les Âmérî« cains ne fe fefaient pas la barbe à Pefpagnole & qu'ils fumaient du tabac ; ce n'dft donc pas parce qu'ils avaient quelques paniers de colimaçons & de fauterelles. Ces contradictions fréquentes coûtent trop peu à l'auteur. Loui's Xtll fe fit une peine extrême de la loi qui rendait efclaves les nègres de fes colo- Esprit DBS LOI X. i} net i mais quand on lut eut bien mis dans tef- frit que' c^ était la voie la plus Jure de Ut con- vertir , il y confefitit. Où rimaginatioii de l'auteur a- 1- die pris" cette anecdote? La première concefHon pour la traitft des nègres eft du 1 1 Novembre 1673. Loaïs' Xltl était' mort en 164Î* Cela refTembte au refus âe François 'I.jïe- couter Chrifiophe Colomb qui avait découvert les ides Antilles avant que Fratifois 1 na- quit. Perry 'dit que les Mofcovîtes fe vendent trit aifément. fen fais bien la raifo» * c^efi que leur Uberté nt vaut rien. ' - Nous avons déjà remarqué à l'article f/cii. vage , xjue Perry ne dit pas un mot de tout ce que l'auteur de l'Efprit des loixiui fait dire. '. Cejl 'à'' Achem- que tout le mondé çberfibe ife'vekdre. ■■-'•■ • , 1 ■■ ■■ • "■■ Nous- ^vbns n'eft plus (aux. Inzard chez les pe Aé Ceylan , de ^c éês Philîppiinfi!' , t geurs 't^ês' ■ mal ii farts et!' excepter erttrer aflbrémen promet de nous ( tope. 14 L o I X ', Dans les états mahométans , on eji hqh -fiule^^ ment maître de la vie ^ des bieits des fenu nies efclaves , mais encor de ce qu'on afpellç leur vertu & leur lyonneur. Où a - 1 - il pris cette étrange aflèrtion qû| efl; de la plus grande faufleté ? Le fura , ou chapitre XXIV 'de TAlcoran , intitulé la Lu^ mière, , dit expreflement , Traitez tien vos efclaves , ^ fi vous voyez en eux quelque niém rite 9 partagez avec euoç les richejfe^ que Dieu vous a données* Ne forcez pas vos femmes efi claves à fe prqfiituer à vous , ^c. ^ A Conftantinople , on punit de mort le maître qui a tué fon efctave ;i à moins quHl ne foit prouvé que refclave a levé la main fnc lui. Une femme efclave qui prouva que fon maître Ta violée , eft. déclarée libre avec des dédommagemens- , A Patme , la lubricité des femmes efi fi jp^ande , que les hommes font obligés de fi fàirçi^ certaines garnitures pour fe mettre à F abri de leurs entreprifes. Peut • on rapporter tériéufement cette ita* pertinente extravagancer ? quel eft Thommi; qui ne pouralt fe défendre des aâams. d'une femme débauchée fans s'armer d'un cadonat ? quelle pitié ! & remarquez que le voyageuc Honimc Sprinkel , qui fcul a fait ce co^te abfurde , dit en propres mots , Que les marisr à' Patanc font extrêmement jaloux de leuts^ EffRIT Hit LOIK. ff fimm > & ^iU m permettent pat m him meilkurs tmis de les voir » eUet ni lettrsfltet* Qpd efprtt des loix > que de grands fsr» cous qui cMlenaflènt leiûrs htaM^àt-^ktoÊé^ de peur qfit les femmes né vleamos y finiâU ier dans la rue ! . Les Oartha^nois , au rapport de Diaione^ trouvèrent tant ^argent aans les Pyrénéet^ fitils en forgèrent les ancres de kurs vaiffeattsL> L'auteur c^te le fixiéme Uvhd de Dfodons^ & ^ (îxiéme livre u'exifte pas. Dtodone étt ^^éme parle des Pbénîdeiis » & Bon {m des Carthagmoîs. O» »'j joMWx remarqué de jahi^ mac Mê^ means fur le commerce. Ce fut comme natiatt yivtde « ^ non comme commerçante 9 qfiik attaquèrent Carénage. C^ fut comme nation oommer4;attfie & fiasr^ rîère f comme le prouve le favant Htitt émê fom tcaité fur le commerce des ameM. tt f rouve que loag^eips avant la pcemièce guerat jpunique les B^maias s'étaient adonnes 4P commerce» ' On voit dam le traité qm ^ la p rm êê ra ffmrepumquet qu^ CarAagep princ^ Mttentiw i garder Fempirede la mer » IjS eelui de la terre. Ce traité eft de Vm f 10 i^Kov^ I / 76 '. ' L o" I Xî dit que les Carthagirtols^iie 'poiJtraÎMit èavîèi vers aucune ifle pt^ de l'Italie , & qu'ils fvai cuiraient la Sicile.; Aiiiff les Romains eurent rcnapirfe de la mer, pour lequel ils avaient combattu. Et Monfejqtihu a précifônerit prit le contre-pié d'une vérité hiftoriquc la rtièux conftatée. • Homo» •, dans ia'^'ttégsclMim a^iet< les îtoi. mains , déclara que tei Canhaginois'neJouffrL raient pas que as Romains fe lavajfent les maint dans les ynàrs de Siéilè. '■''■• . L'auteur fait ici un anacronifine de vingt- deux ans. La négociation • A'Hannàk cft dé l'an 488 de Rome, & le traité dç p^ix dont il «ft queftiott ell de 510. Voyez PMe. >i.t . s \ Une fut pas pertkis aux Romains de navîÀf au delà du beau promontoire. Il leur' fÛi àè' fitiJ^Meytrafiquerm ^èiié\ en ^ardttiineïoi j/^qtte\-e}Uepté àyCOréagé. ' ■'" ' - -^ '''■''• L'auteur fe& îti «n ariaci-onifftie 'dé'dttit cent ijpiacantc & clri<5(«fts/'(reft d'après p(JMI gue>l'autéur rappefti oe traité conclu •l'âtt% Rome 24^ , fous le confulat de Junht^^rték immédiatement après l'expulfion des rois; «ocor lesr; conditions'» ne foiit- elles pasôdé- lemeAt .rappqitées, Ofrihagmém verô W'ià ff^a^icehài'^eis^fyomontoàiMéi'mi ' ttem in Sardiniam atque Siciliam tibi Cakiha. immïis wtptrkbhnfihàxfigare niercemonii càufa licebat» Esprit des loix. if Jicehat. Il fut permis aux Romains de naviger pour leur commerce à Carthage , fur toutes- les côtes de l'Afrique en deçà du promontoU xe, de même que fur les côtes de la Sardaigno & de la Sicile qui obéiilàient aux Carthaginois. Ce mot fcul me^xernonii catifa , pour raifon de leur commerce y démomre que les Romains étaient occupés des intérêts du commerce dès la naiiiance de la république. NB. 1 out ce que dit l'auteur fur le com» merce ancien & moderne eft extrêmement erroné. Je paâè un nombre prodigieux de fautes capitales fur cette matière, quelques impor-» tantes qu'elles foient , parce qu'un des plus célèbres négocians de l'Europe s'occupe à Les relever dans un livre qui fera très utile. La Jlériiité du terrain d'Athènes y établit le gouver^iemèfit populaire , ^ la fertilité de celui de Lacéâémone le gouvernement arijiocra^ tique. Le fait eft qu'Athènes, était vingt fois plus riche quç Lacédémone. A l'égard de la bonté du fol , il faut y avoir été pour l'apprécier. Mais jamais on n'attribua la forme d'un gou* vernement au plus ou moins de fertilité d'un terrain. Venife avait très peu de bled quand les nobles gouvernèrent. Gènes n'a pas aflu.» rément un fol fertile , & c'eft une ariftocratie» Genève tien%plus de l'çtat populaire » ^ n'9 Huitième fartit* K l8 L o ï X ; pas cle fon crû de quoi fe nourrir quatre jours. La Suède pauvre a été longtems fous le joug de la monarchie , tandis que la Pologne fertile fut une ariftocratie. Je ne conçois pas comment on peut ainfi établir de prétendues règles continuellement dé- menties par Texpcrience. Prcfque tout le livre , il faut l'avouer . , eft fondé fur des fuppofitions que la moindre attention dé- truirait. ^ La féodalité ejt un événement arrivé une fois dans le monde , ^ qui n^ arrivera peut être ja» niais , ^c. Nous trouvons la féodalité , les bénéfices militaires établis fous Alexandre Sévère , fout les rois Lombards , (bus Charlemagne , dans Tempire Ottoman , en Perfe , dans le Mogol, au Fpgu 5 & en dernier lieu Catherine II im- pératrice deRuffie vient de donner'.en fief la Moldavie que fes armes ont conquife. Chez les Germains* il y avait des vajfaux ^ non pas des fiefs. Les fiefs étaient des chevauoê de bataille ^ dçs armes , des repas. Quelle idée ! il- n'y a point de vaflalité (ans terre. Un officier à qui fon général aura donné à fouper , n'eft pas pour cela fon vaflal. Du tems du roi Charles IX , il y avait vinp millions df hommes en France. ^ ÏSPUIT DES* LOIX. Je îl donne Puffendorf pour garant de cette aflèrtion j Puffendorf va jufqu'à vingt - neuf millions , & il avait copié cette exagération d'un de nos auteurs qui fe trompait d'environ/ quatorze à quinze millions. La France ne comptait point alors au nombre de fes pro- vinces la Lorraine , TAlfacç , la Franche-Com- té , la moitié de la Flandre, l'Artois , le Cam- hveGs , le Rouflillon , le Béarn ; & aujour- d'hui qu'elle poflede tous ces pays , elle n'a pas vingt millions d'habitans , fuivant le dé- nombrement des feux exadlement feit en 17^ i. Cependant , elle n^ jamais été (î peu- plée , & cela eft prouvé par la quantité de terrains mis en valeur depuis Charles IX. En Europe les empires n'ont jamais pu fub' Jifter. Cependant l'empire Romain sy eft main- tenu cinq cent ans , & l'empire Turc y do- mine depuis l'an 1453. La caufe de la durée des grands empires m Afie , c'efi qu'il n'y a que de grandes plaines. Il ne s'eft pas fouvenu des montagnes qui traverfent la Natolie & la Syrie , du Caù- caTe , du Taurùs , de l'Ariarat , de l'Immaùs , du Saron , dont les branches couvrent l'AHe. En Efpagne un a défendu les étoffes d^or ^ d'argent. Un pareil décret ferait femblable â B ij ab L o ï X j celui que feraient les états de Hollande , sllf^ défendaient la confommaiion de la canelle. On ne peut faire une comparaifon plus fauiTe , ni dire une chofe moins politique. Les Efpagnols n'avaient point de manufkâures i ils auraient été obligés d'acheter ces étoffes de rétranger. Les Hollandais , au contraire ^ font les feuls poâeflèurs de la canelle. Ce qui était railbnnable en Efpagne , eût été abfurde en Hollande. Je n'entrerai point dans la difcuflîon de l'ancien gouvernement des Francs vain- queurs des Gaulois ; dans ce chaos de cou- tumes toutes bizarres , toutes conttadiâoi- res 5 dans l'examen de cette barbarie , de cette . anarchie qui^ a duré li longtems , & fur leC quelles il y a autant de fentimens différeus que nous en avons en théologie. On n'a perdu que trop de tems à defcendre dans ces abî- mes de ruines. Et l'auteur de VEfprit des loix a dû s'y égarer comme les autres. / Après avoir vu qu'il y a des erreurs comme ailleurs dans VEfprit des loix , après que tout le monde eft convenu que ce livre manque de méthode , qu'il n'y a nul plan , nul or- dre , & qu'après l'avoir lu on ne fait guères ce qu'on a lu, il faut rechercher quel eft fon mérite , & quelle eft la caufe de fa grande réputation. E s ? R I T DBS L O I X: àf C'eft premièrement qu'il çft écrit avec beaucoup d'eiprit , & que tous, les autres livres fur cette matière font emiuieux. C^ft pourquoi , nous avons déjà remarqué , qu'une àame qui avait autant d'efprit que Montei^ quieu , difait que fon livre était de Veffrh fur les loix. On ne Ta jamais mieux défini. Une raifon beaucoup plus forte encor , c'sft que ce livre plein de grandes vues attaque la tyrannie , la fuperftitiot^ la maltote , trois choies que les hommes aéteftcnt. L'auteur confole des efclaves en plaignant leurs fers i & les efclaves le béniflent* Ce qui lui a valu les applaudillemens de l'Europe , lui a valu auffi les invéâives des fanatiques. Un de lès plus acharnés & de fes plus^ abfurdes ennemis , qui contribua le plus par fes fureurs à faire refpec^er le nom de Mon- tefyuieu dans l'Europe , fut le gazqtier des oonvulHonnaires. Il le traita de fpinofifte St de déifie , c'e(l-à- dire , il l'accufa de ne pas croire en Dieu , & de croire en Dieu. Il lui reproche d'avoir eftimé Marc-Aurèle^ EpiSùe & les ftoiciens , & de n'avoir jamais loué Jahfénius , l'abbé de &. Cyran & le .père QHefneL Il lui fait un crime irrémiflîble d'avoir dit que Bayle eft un grand- homme. Il prétend que VEffrit des loix eft un dip B iij •s L o î Xî ces ounagcs monftnicux , dont la France n'eft inondée que depuis la bulle Unigeniluf, qui z corrompu toutes les confcienceâ. Ce gredin , qui de fon grenier tirait nu moins trois cent pour cent de là gazette ec« défîaftique ) déclama comme un ignorant con- tre rintér*êt de l'argent au taux du roi II fui fécondé par quelques cuiftres de fon efpèce; ils finirent par reilèmbler aux efclaves qui font aux pieds de Ja ftatue de Louïs XIV i ils font écrafés , & ils fe mordent les mains. Montefquieu a prefque toujours tort avec lés favans , parce qu'il ne Tétait pas. Mais il a toujours raifon contre les fanatiques & contre les promoteurs de Tefclavage. L'Eu- rope lui en doit d'éternels remerciemens. LUXE. DAns un pays où tout le monde allait pieds nuds > le premier qui fe fit faire une paire de fôuliers avait - il du luxe ? n'é* tait -ce pas un homme très fenfé & très induftrieux ? N'en eft. il pas de même de celui qui eut la première chemife ? pour celui qui la fit. blanchir & repaflèr , je le crois un génie plein de reâburces , & capable de gouverneif «n état. \ -J Luxe. %3 Cependant , ceux qui n'étaient pis tccoUi^ tumés à porter des chemifes blanches» k pri* rent pour un riche eiFéminé qui corrompit la nation. Gardez- vous du luxe , difait Caitm aux Romains -, vous avez fubjugpaé la promet du Phafe ; mais ne mangez jamais de fai&ns» Vous avez conquis le pays où croit le çpton » couchez fur la dure. Vous avez volé à main armée For , l'argent & lés^ pierreries dtf^ingt nations , ne foyez jamais aiîèz fots pour vous en fer vir. Manquez de tout après avoir tout pris. Il faut que les voleurs de grand che- min {oient vertueux & libres. Lucullm lui repondit , Mon ami , (buhaite plutôt que Oirajfus , Pompii , Céfar & moi nous dépenûons tout en luxe. Il &ut bien . que les grands voleurs fe battent pour le par- tagc des dépouilles. Rome doit être aflervie , mais elle le fera bien plutôt & bien plus fû- rement par l'un de nous fi nous fefons và«* loir comme toi notre argent , que fi nous le dépenfons en fuperfluités & en plaifirs. Sou- haite que Pompée & Cifar s'appauvrilïent aflèz pour n'avoir pas de quoi foudoyer de$ armées. Il n'y a pas longtems qu'un homme de Norvège reprochait le luxe à un Hollandais. Qp'eft devenu, difait-il, cet heureux tems où un négociant partant d'Amfterdam pour Jes grandes^ Indes > lai^i un quartier de B m) ft4 L tJ ^ *• Ibœuf luttié dans fa cuiGne , & le retrotivàk à fon retour ? Où fontl vos cuillers de bois & Vos fourchettes de fer ? ti'eft - il pas honteux {)our un fage Hollandais de coucher dans Un lit de damas ? Va- 1 -en à Batavia, lui répondit Phomnie d'Amltèrdam ; gagne comme moi dix tonnes d'or, & voi fî l'envie ne te prendra pas d'être bien vêtu , bien nourri & bien logé. Depuis cette converlation on a écrit vingt Volumes fur le luxe , & ces livres ne l'ont^ ni diminué > ni augmenté» - MAITRE. QUe je fuis malheureux d'être né ! difaîc Ardajfan Ougli , jeune îcoglan du grand padisha des Turcs. Encore û je ne dépendais que du grand padisha. Mais je fuis fournis au chef de mon oda , au capigi bachi ; & quand je veux recevoir ma paye , il faut que je Aie profteme devant un commis du tef- terdar , qui m'en retranche la moitié. Je n'a* vais pas fept ans que Ton me coupa , malgré moi , en cérémonie , le bout de mon prépuce ; & j'en fus malade quinze jours. Le derviche qui nous fait la prière eft mon maître *} un iiaan eft enctre plus mon maître > le mollg M À 1 1 n s. »^ ttO: eïicot plus que Timan. Le cadi eft un éutre m^utre } le cadilefquier Teft davantage ^ le muphti Feft beaucoup plus que tous deu^. là enfistliWe. Le kiaia du grand- vifîr peut d'un mot me faire jetW dans le canal i & le grand -vifir enfin peut me faire ferrer le col a fon plaifîr ^ & empailler la peau de ma tète , fans que perfonne y prenne feulement garde* Que de maitres ! grand Dieu ! quand j'au- rais autant de corps & autant d'ames que j'ai de devoirs à remplir, je n'y poyrais pas fuf- fire. O Alkh ! que ne m'as - tu fait chat- huant ! je vivrais libre dans mon trou , & )e mangerais des fouris à mon aife fans maî- tre & fans valets. C'eft aflurément la vraie deflinée de l'honime ; il n'a des maitres que depuis qu'il efl perverti. Nul homme n'était ÎBÎt pour fervir continuellement un autre l^omme. Chacun aurait charitablement aidé fon prochain , fi les chofds étaient dans l'or- dre. Le clair -voyant aurait conduit l'aveu- gle ; le difpos aurait fervi de béquilles au cu^ de- jatte. Ce monde aurait été le paradis de Mahomet ,• & il eft l'enfer, qui fe trouve pré- dfemerit fous le pont -aigu. Ainfî parlait Ardajfan Ougli , après avoir re* ^\xtts étrivières de la part d'un de fes maîtres*^ Ardajfan 6^^//» au bout de quelques années» devint bâcha à trois queues. Il fit une fortune ^6 M A I T K Si j prodfgieufe ; & il crut fermement que tou^ ks hommes > excepté le grand Turc & le. grand - viHr \ étaient nés pour le ferVir , b toutes les femmes pour lui dopner du plailir félon fes volontés. r w MALADIE. MÉDECINE. JE ruppofe qu'une belle princeflè quin'au- ra jamais entendu parler d'anatomie , foit malade pour avoir trop mangé, trop danfé» trop veillé , trop fait toudi ce que font pla-^ fieurs princeiTes ^ je fuppofe que fon médedn^ lui dife , Madame , pour que. vous vous por- tiez bien il faut que votre cerveau & votre cerveUt diftribuent une moelle allongée , biea conditionnée , dans l'épine de votre dos juf^ qu'au bout du 'croupion de votre altefle ; & que cette moelle allongée aille animer éga- kment quinze paires de nerfs à droite , &. ' quinze paires à gauche. Il faut que votre^ cœur Te contrade & fe dilate avec une force^ toujours égale , & que tout votre fang qu'il envoyé à coups de pifton dans vos^ artères , circule dans tQUtes ces artères & dans toutes les veines «nviron ûx cent fois par jour. Maladie. 37 Ce iang , en circulant avec/^cette rapidité que n'a point le fleuve du Rhône , doit dé- pofèr fur (on paflage de quoi former & ^breu- ver continuellement la limphe , les urines 9 la bile , la liqueur fpérmatique de votre aU telle , de quoi fournir à toutes Tes fecr étions» de quoi arrofer infenûblement votre peau douce , blanche & fraiche , qui fans cela fe. rait d'un jaune grifàtre , fëche & ridée coiiu me un vieux parchemin. La PRIlfCI^9SB. £h bien , monûeur , le roi vous paye poufi 'me faire tout cela ; ne manquez pas de met* tre toute chofe à leur place , & de me fairv circuler mes liqueur^ de façon que je fois contente. Je vous avertis que je ne veux js^ mais fouiiÉrir. Le m t'9 % c i -r. Madame , adreflèz vos ordres à l'auteur delà nature. Le feul pouvoir qui fait coii^ rir des milliards de planètes Se de comètes autour des millions de foleils , a dirigé U courfe de votre fang. La PRIKCES^f. - Quoi ! vous êtes médecin , Se vous ns pou»' irci rien me donner ? / it M A L A D I ËÎ ^ Le MioEciif. Non, madame , nous ne pouvons que vous ôter. On n'ajoute rien à la nature. Vos valets nétoyent votre palais 5 mais Tarchitedle l'a bâti. Si votre altefle a mangue goulûment , je puis déterger fes entrailles avec de la caflè , de la manne & des follicules de féné ; c'eft un balai que j'y introduis , & je poufle vos matières. Si vous avez un cancer, je vous coupe un teton , mais je ne puis vous en rendre un autre. Avez- vous une pierre dans la veflîe , je puis vous en délivrer au moyen d'un dilatatoire j & je vous fais beaucoup" moins de mal qu'aux hommes : je vous cou- pe un pied gangrené , & yous marchez fur l'autre. En un mot , nous autres médecins laous reflèmblons parfaitement aux arracheurs de dents ; ils vous délivrent d'une dent gâ- tée fans pouvoir vous en fubftituer une qui tienne , quelques charlatans qu'ils puiâent être. La PRINCE^SSl. Vous me faites trembler. Je croyais qut tes médecins guériraient tous les maux. Lb médecin. Nous guéridons infailliblement tous ceux qui fe guériflent d'eux-mêmes. Il en eft géné- i^ement&^à peu d'exceptions présides msu \ \ Maladie. 29 ladies internes comme des plaies extérieures. La nature feule vient à bout de celles qui ne font pas mortelles. Celles qui le font ne trouvent dans Part aucune reflburce. La princesse. Quoi ! tous ces fecrets pour purifier le fang dont lii'ont parlé mes dames de cooi- pagnie ! ce baume de vie du Sr. le Uévrt, ces lachets du Sr. Arnaud , toutes ces pillur les vantées par leurs femmes de chambre ? L £ MÉDECIN. AHtant d'inventions pour gagner de Tar-i gent & pour flatter les malades pendant que la nature agit fetile. La princesse. Mais il y a des Ipédfiques. Le iviédbcin. Oui , madame , comme il y a Féau de' Jou- vence dans les romans. La princesse. £n quoi donc confifte la médecine ? Le médecin. Je vous l'ai déjà dit , à débarrafler , à nc- toyer , à tenir propre la maifon qu'on ne peut rebâtir. /. 2p Maladie. La princesse* Cependant il y a des chofes falutaires» 4'autres nuifibles. L B MÉDECIN. Vous avc2 deviné tout le fecret. Mangez , &, modcrément , ce que vous favez par ex* périeace vous convenir. Il n'y a de bon pour le corps que ce qu'on digère. Quelle méde- cine vous fera digérer ? l'exercice. Quelle ré- parera vos forces ? le fommeiL Quelle di- minuera des maux incurables ? la patience.* Qui peut changer une mauvaife conftitution ?. rien. Dans toutes les maladies violentes nous n'avons que la recette de Molière , feignare » purgare , & fî l'on veut , clijlerium donare. II n'y en a pas une quatrième. Tout cela n'eft autre chofe , comme je vous l'ai dit 9 que nétoyer une maifon à laquelle nous ne pou- vons pas ajouter une cheville. Tout l'art con- iifte dans l'a- propos. La princesse. Vous ne fardez çoint votre marchandifê. Vous êtes honnête homme. Si )e fuis reine, je veux vous faire mon premier médecin. * Le médecin. Que votre premier médecin foit la nature. C'eftelle qui fait tout. Voyez tous ceux qui M A L A D I 1. 31 jDtit poufle leur carrière jufqu'i cent années , aucun n'était de la faculté. Le roi de Francs ;a déjà enterré tine quarantaine de fes méde- cins» tant premiers médecins que médecins de quartier & confultans. La PR*IJNCBSSE. • Vraiment j'efpère bien vous enterrer nu/E MARIAGE. Section première. J'Ai rencontré un raifonneur qui difait : Engagez vos fujets à fe marier le plutôt qu'il fera poifible 5 qu'ils foicnt exempts d'im- pôts la première année , & que leur impôt (bit réparti fur ceux qui au même âge feront dans le célibat* Plus vous aurez d'hommes mariés , moins il y aura de crimes. Voyc:ç les rég^ftres af- freux de vq? greffes criminels ; vous y trou- vez cent garqons de pendus » ou de roués , •cofttre un père de famille.. Le mariage rend l'homme plus vertueux & plus fage. Le père de Emilie , prêt de com. mettre un crime , eft fouvent arrêté par fa / ?£ M A K I A O E. Sâ&. L femme , qui , ayant le fang moins brûlé que lui , efl: plus douce , plus, compatiâante , plus effrayée du vol & du meurtre ^ plus crainti- ve, plus religieufe. Le père de famille ne veut pas rougir de-' vaut fes enfans. H craint de leur laiifer l'op- probre pour héritage,; Mariez vos foldats , ils ne déferteront plus. Liés à leur famille , ils le feront à leur p9r trie. Un foldat célibataire n'eft fouvent qu'un vagabond , à qui il ferait égal de &rvic le roi de Naples* & le roi de Maroc. Les guerriers Romains étaient mariés i ils combattaient pour leurs femmes & pour leurs enfans ; & ils firent efclaves les femmes & les enfans des autres nations* Un grand politique Italien , qui d'ailleurs était fort lavant dans les langues orientales , ehofe très rare chez nos politiques , me difait dans ma jeuneffe : Carofiglio , fouvenez-vous que les Juifs n'ont jamais eu qu'une bonne inftitution , celle d'avoir la virginité en hor- reur. Si ce petit peuple de courtiers fuperfti- tieux n'avait pas regardé le mariage comme la première loi de l'homme , s'if y avait eu chez lui des couvens de religieufes , il étaitT perdu iàns reâbyrce. Sectiqh M A 11 i<»A o 1. SeSl. IL 33 Section seconde. , ' Le mariage eft un contrat du droit des gens , dont les catholiques romains ont fait un {acrement. Mais le facrement & le contrat font deux chofes bien différentes ; à l'un font at- tachés les effets civils , à l'autre les grâces de réglife. Ainfî lorfque le contrat fe trouve con- forme au droit des gens , il doit produire tous les effets civils. Le défaut de facrement ne doit opérer que la privation des grâces fpi* rituelles. Tel^^ été la jurifprudence de tous les fiécles W de toutes les nations , excepté des Français. Tel a été même le fentiment des' pères de Péglife les plus accrédités. Parcourons les codes théodofien & juftî. nicn , vous n'y trouverez aucune loi qui ait profcrit les mariages des perfonnes d'une au- tre croyance, lors même qu'ils avaient été contraâés avec des catholiques. Il eft vrai que Confiance ^ ce fils de Confian-^ (a) Coit fin aufli cruel que fon père , défendit aux théod. Juifs fous peine de mort, de fc marier arec txudeju^ des femmes chrétiennes (a) , & que Valenti- ^^^^ * ^^^ nien , Théodofi , Arcade » firent la même dé- * /fenfe , fous les mêmes peines aux feoiimes Hm$iime partie^ G / 34 M A & I A b B4» Se&. IL ' Juives. Mais ces loix n'étaient déjà plus ob- ïervées fous rempcreur Marcien i & JuJH-- nieu les rejetta de fou code. Elles ne furent faites d'ailleurs que contre les Juifs , & ja- mais on ne penfa à les appliquer aux maria- ges des payens ou des hérétiques avec les feâateurs de la religion dominante. ( b) Ub. Confultcz St. Augujlin » (b ) il vous dira qut deFid€& de fon tems on ne regardait pas comme illi. ùperïb. ci^g les mariages des fidèles avec les infidèles , cao. XIX. parce qu'aucun texte de l'Evangile ne le« ' '^* avait condamnés. Qua matrimonia cum infi- delibîfs nojhris temforibus jam non putantur tjfè pecçata ,• quoniam rêvera 'in novo Tejia^ tnento , nihil indi frdceptum efl , Ç^Jdeo aiU Ucere' creditum eji atu velut dubiéÊÊ dere^' li3tan. Auguftin dit de même, que ces mariages opèrent fouvent la converfîou de l'époux in* fidèle. Il cite l'exemple de fon propre père , qui embradk la religion chrétienne parce que fa femme Monique profeflait le chriftianifme. Clotilde par la converfion de Clovis^ & T/wo- delinde par celle à^Agiluf roi des Lombards , furent plus utiles à l'églife que fî elles euâènt époufé des prince^ orthodoxes. Çonfultex la déclaration du pape Benoit Jf/F du 4 Novembre 1741 , vous y lirez ces ^opres mots : Quod vero ffeSat ad ea con^ M A K I A o t. &af. IL 3f fu£ia quà abfque forma à Tridentino Jîatuta » ^contrahantur à catholicis cum hdoreticis , fivi catholicus vir h^eticam fxminam ducat - 9 five catMica fœmina Ixeretko viro nuhat. Si bujuf^ tnodi matrimonium fit contraSlum aut in pqfig* rum contrahi contingat , Tridentihi forma non fervatà , déclarât fanSitas fua , alio non con^ çiirrente impedimento , validum habendum ejfe^ fciens conjux , catholicus fe ijlius matrimonii 'Vinculo perfetuo ligatum in. Par quel étonnant contrafte les loix fran- çaifes font • elles fur cette matière plus fe- vcres que celfes de Téglife ? la première loi qui ait établi ce rigorifme erf France , eft redit de Lçuïs XI V du mois de Novembre l6%o. Cet édit mérite d'être rapporté. „ Louis &c. Les canons des conciles ayant ^ condamné Iqs mariages des catholiques 99 aved les hérétiques comme un fcandale S) public ^& uneyrophanation du facrement ; s, nous avons eftime d'autant plus néceifaire S) de les empêcher à l'avenir , que nous avons S) reconnu que la tolérance de ces mariages » expofe les catholiques à une tentation con* 9) tinucUe de fa pcrvcrfion &c. A. ces cau- )> fes &c. voulons & nous plait , qu'à l'ave- ^ nir nos fujets de la religion catholique, 9) apo/lolique & romaine , ne puiifent (bus 9) quelque prétexté que ce foit , contrader » mariage avec ceux de la religion prétendue C ij 36 Mariage. Se3. IL yy^ ré&)rmée , déclarant tels mariages non va« „ lablemenc contrariés , & les en&ns qui „ en viendront Illégitimes. " Il cft bien fitigulîcr que Ton fe foit fonde fur les loix de l'églife pour annuller des mâ« riages que Téglife n'annuila jamais. Vous voyez dans cet édit le facfement confondu avec le contrat civil ; c'efl; cette confuGon ui a été la fource des étranges loix de France ur le mariage. Sl Augufiin approuvait les mariages des orthodoxes avec les hérétiques , parce qu'il efpérait que Pépoux fidèle convertirait Tau. tre \ & Louîs XIV les condamne dans la crainte que l'hétérodoxe ne pervertiâe le fidèle ! Il exifte en Franche - Comté une loi plus cruelle ; c'eft un édit de l'archiduc Albert & de fon époufe Ifahcllc^àn 20 Décembre ^Î9y t qui feit défcnfe aux catholiqilfes de fe marier (c) An- j^ jgg hérétiques , à' peine de cônfifcation de ciennes o j 1?: / \ m orion-. corps & de biens. (0 ^ nancesde Le même édit prononce la même peine la.Frai^ contre ceux qui feront convaincus d'avoir che- mangé du mouton le vendredi ou le famedu Comté . Quçlles loix & quels légiflatéurs ! liv.v.tit. XVllI. ^ Cela eft exagéré. a) Quod attînet ad matrîmonia ah hctreticîs inter fe eUbrata , non objervata jorma à Tridentino prm" Jcripta , quaqut inpofterum contrahentur , dum modo noa aliud objlijcru canonicum ïmp^dimtntum ^ fan^itas fûê M A R I A 6 t. SeH. IL 97 .A quels hommes , grind Dieu, livrez^ vous Vunivers ! Sbction troisième. Si nos loix réprouvent les t^anages ddà catholiques avec les perfonne$ d'une religion différente ^ accordent - elles au moins les ef- fets civils aux mariages des Françiis prot6£> tans avec des Français de la même &âc ? On compte aujourd'hui dans lé royaume un million de proteftans , ^ & cependant la validité de leui: mariage eft encoc un problè- me dans jes tribunaux. .C'eft e^or ici un des cas où notre juriH prudence fe trouve en contradiâion avecles déciflons de l'églife , & avec elle • même. Dans la déclaration papale citée dans la précédente fedion , Benoit X/ F décide oue les mariages des proteftans ^ntradés iuu vant leurs rites , ne font pas moins valables que s'ils avaieht été faits fuivant les formes établies par le concile de Trente ; & que l'é- poux qui devient catholique, ne peut rompre ce lien pour en former un autre avec une perfonne de fa nouvelle religion, a ) fiatuit pro valldis hahtnda effe ; aàehque fi eoruigai utrumqi^e conjugem ad catholice iCcUfiœ finum fi rtci^ pire y eodem quo arUfà conjugali vïnculo ip/os anima teneri ; etiam fi mutuus confinfus coram parocho ca» thoUco non renoveiur» C««» à$ M A n I A^ O I. Se9. 111. Barae Levy , juif de naiâance » & ori|^ naire d'Haguenau , s'y était marié avec Mif$^ del'Cerfj de la même ville & de la même religion. Ce juif vint k Paris en 1752 , &' fe fit •batifcr le 13 Mai 17 H- Il envoya fommer fa femme à- Haguenatt de venir le joindre à Paris. Dans utie autre fommatton il confeti. tit que cette femme , en venant le joindre , continuât de irivre dans fa fede juive. . A ces fommâtions , Mendel- Cerf répondit Qu'elle ne voulait point retourner avec lui» & ^qu'elle le requérait de lui envoyer , fui- vant les formes du judaïfmç , un libelle de Jàvôtce , pour qu'elle pût fe marier à un au* tise juif. (^te répohfe ne contentait pas Levy ; il i)'envpya. point de libelle de divorce , mais il ;fit affigneir fa femme devant Tofficial de Strat bourg y qui , par une fentence du 7 Septembre 1754, le déclara libre de fe marier en face de Pcglife avec une femme catholique. Muni de cette fçntencc, \t juif chriftîanifé vient dans le diocèfe de Soiflbns , & y con- tradle des promeflès de mariage avec une fille de yilleneuve. Le curé refufe de publier les bancs. Levy lui fait fignifier les fomma- ^ns qu'il avait faites à fa femme , & ta fen- tence de l'officiàl de Strasbourg , & un cer- tificat du fecrétaiire de Tévèché de la même Ville ^ qui atteltàit que dan3 tous les tems il Ma k I a. 0^ 1. Si8. lit. 3f avait été permis dam te dlocèfè , aux juifs batités 4e Te remarier à des catholiques, & que cet ufage avait été conftamment reconnu par le confeil fotiverâin de Colmar. 'M^s ces pièces tfe parurent point fufitian- tes au curé de Villeneuve. Levy fut obligé de raf%ner devant Tofficial de Soiâbns. Cet officiai ne penfa pas , comme celui de Sdasbottilg \ ^ que le marittge de Levy avec Mendél- Cetf fût nul ôù-diflbluble. Par h iènccnce du 5 Février 175^ ^ il déclara le juif non recevable. Cthii-ci appella de cette ièntiftpce au parlement de Fati» « où il n^ut pour éontradiâeur que le miniftèrë public*! mais po^' arrêt du 9 Janvier 17$ S la fen« .tenqs âin! conârmée ^ ^*il fut défendu de -i^ouveau à Levy de contraâer aucun nfiariage pendant la vie de MendeL Cerf. Voilà donc un mariage eontraâé etitre .des Français juifs fui v^ut les rites juifs , dé« .claré valable par la première cdUr du Mms qudques années après la m^me quèfl ^n^^fiit' jugée différemment dans un autres parlement , au fujet -d'M markge contradQ entre deui^ Français proteftans» qui avaient été mariés en préfcnce de leurs pare|}i,,par un (p^ç^ft^ç de leur communion. JL^epoux Jj^ou^n ayait «hangé> i$^ setigion comme Yéptiui^LEÀ après «toiri f^ à m fec^md C iiij * Î0 M A R I A O E. SeS, îil. f t mariage avec une catholique , le parlement de<3rendble confirma ce fécond mariage, & déclara nul le premier. Si de la ' jurifprudence nous paflbus k la légiflation , nous la trouverons obfcure fur cette matière importante comme dans tant d'autres- ^ Par un arrêt du confeil du i ^ Septembre ,1685 9 il fut dit , ,3 Que les proteftans ^) pou-. ^) raient fe faire marier , pourvu toutefois .j, que ce fût en préfence du principal officier ^ dp juftice , 9c que les publications quide- ^ vaient précéder ces mariages , fe feraient \y au iiége xoydï le plus prochain du lieu de ,, la demeure de chacun des proteftaits , qui cd> f^ voudraient marier , & feulement à Tau- ,j dience. " ^ Cet arrêt ne fut point révoqué par Tédit qui trois femaines après fupprima Tédit de rNanfes. • ..-^ <. .-'-'.— ' Mais depuis la déclaration du 14 Mai. 1724 , minutée par le cardinal de Fleuri , les juges n'ont plus voulu préfider aux mariages des proteftans , ni permettre danis leurs audiences ^la publication de leurs bancs. ^) N*cft-il pas bien plaîfant qu'en France le Icobfeîl même ait donné aux proteAans le nom de ^ Mi^utmaiires , comme fi eux feuls avaienV'eii delà reli^on ; & que tes* antres n'eufTeiir étch^ue des ' pap ii{es:gouveriié9 par jdes arrêta & par des buttes. Mariage. StS. III. 41 ^ Vdisûée X V. de cette loi , veut que 1er formes' prefcrîces par les canons foient obfer« vées dans les mariage!^ tant des nouveaux, Convertis que de tous les autres fujetf; du xcÂ. On a cru que cette expreîlfion générale, 0OUS les antres ftgtts , comprenait les proteC- tans comme les catholiques ; & fur cette in« terprétation on a annuUé les mariages des proteflans* qui n'avaient pas été revêtus des formel canoniques. Cependant , il i^mUe que les mariages des>' proteftans ayant été autorifés autrefois par une loi expi'eâe , il huAt?h aujourd'hui , pour les annuUer ; une loi expreâe qui portât cette peine^. D'ailleurs , le terme de jwàveaux cotu vertis » mentionné datis la déclaration , parait iiMîqii^. que le terme qui fuît n'eft relatif i|u'aiigrocatholiques. Eiifin , quand la loi ci- vile eft obfcuref ou équivoque , les juges ne doivent - ils pas juger fuivant ie. droit naturel & le droit des gens ? Ne refulte-t-il pas de ce qu'on vient de Hre que fouvent les loix ont befoin d'être réformées , & lies princes de confulter un confeil plus itiftruit , de n \ivoir point de> mf« , niftre pc^re , & de fè défier beaucoup ddii courti(ahs en foutané qui ont le titre de le^rs confeflburs ? 41 M A R T y R f . M M A R,T Y R S. 1 * Arty r , témoin , martyrion, , témoignage* ^ La fociété chrétienne naiffimte donna d'dbord le nom de martyrs à ceux qui annotK paient nos nouvelles vérités devant les hoût« mes i qui rendaient témoignage i^jBSu s i qui conFeiTaient Jss^us , comme on donna le noni étfmu aux presbices ) aux furveillans de la iKxïiété , & aux femmes leurs bienfkiârices ; Ki^eft pourquoi, â'/k Jérôme a^ypelle fouvent dans (es lettrés , (on affiliée Paule , Sainte Paule» £t tous les premiers évèques s'appell^kni; fahttf. ' ' •■'- -**-*^*' "^^ Le nom de martyrs dans la ^ite tte-ftit plus donné qu'aux chrétiens moits olk foUfw mentes dans les fupplîoes $ & les petitles 6h«« pelles qu'on Imxt érigea depuis reçurent le nom de martyrion. .« Ceft une grande queftion pourquoi Tem* mke Romain autorifa toujours dani^ fon ieilv kifttSte juive , même après les deux horri- Jbles. guerres de Titus & à'HadriM f pour- quoi il totera le cultis iiîaquc à plufieuts re» prifes « & pourquoi il perfécuta fouvent le chriftianirme. Il eft évident que les Juifs qui «pa^raieiu chèrement kws fynagoguef , dénoû* paient les chrétiens leurs ennemis mortels » l M A R T Y R $. 4f & foulevaient les peuplés contre eux. Il oft «ncor évident que les JtfiFs occupés du mé. tier de courtiers & de i'ufure , ne prêchaient point contre l'ancienne religion de l'empire » & que les chrétiens tous engagés dans U *CQntroverfe prêchaient contre le culte public» voulaient l'anéantir , brûlaient fouvent lo$ temples ) brifaient les ftatUQ$ confacrées, com- me ârent Si. Théodore dans Amafée , & Si. I^olyeucie dans Mitilène. Les chrétiens prthodoxes étant fùrs que leur religion était la feule véritable , n'en to- . lérTuent aucune autre. Alors on ne les toléra guères* On en fupplicia quelques-uns qui moururent pour la foi , &; ce furent les ., Ce nom eft fi refpeâable, qu'on ne doit pas Iç prodiguer i il n'eft pas permis de preo* dre le nom & les armes d'une maifoo dont on n'e^ pas. On a éti^bli des peines très gpi* ves G^t^re ceu^ qui ofent fe décorer de la ffcoix de Malthe ou de St. Louis fans être ^ev^Bers de ces ordres Le favant Dodmll > l'habile Midleton r k judicieux Blondel , Tex^ TiUtmont , le fcnf. Uteur Lauttùy & beaucoup d'autres , tous z4- U$ pour la s^oire des vrais martyrs , OQt jrayé d^ leur catalogue une multitude d'in- connus à qui l'on pr^di^ait ce grand nom. Nous ayons obfervé fine qes iavans. vmmt 44 Ma r t y h s- pour cu5c Taveu fomiet Aborigène , qilî izm là Réfutation de Cflfe , avoue qu'il y a eu pçu de martyrs , & encor de loin à loin , & qu'il eft facile de les compter; ^ ' • Cependant , le bénedî<îlîn Rtiinart , quî s'intitule • Do« -Ruifiart •, quoiqu'il nefoît pas Efpagnol , a combattu tant de favansrpef- Tonnages. Il nous a donné avec candeur beaucoup d'hiftoires de martyrs qui ont paru fort fufpedes aux critiques. Plufieurs bons «fprits ont douté de quelques anecdotes , con« •eernant les légendes rapportées par Don Ruû fÊétyP , depuis la première jufqu'à la dernière. i^. St£. Simphorose et sept ENFAJlrS« Lés ferupults commencent par SteiSitHm phorofe & fes fept enfans martjhrifés avec file , ce qui parait d'abord trop imité dés fept Maccabées. On ne fait pas d'où vient cette légende , & c'eft déjà un grand fujet de doute. On y rapporte que l'empereur Adrien vou»- lut interroger lui • même l'inconnue Simpho* Yofe % pour fa voir fî elle n'était pas chrétienne. Les empereurs fe donnaient rarement cette peine. Gela ferait encor plus extraordinaire que fi Lotits X/r avait fait fubir un intemv* gjicoire à ;un huguenot. Vous remarquerez «ncor Q^u* Adrien fut. le plus grand protedeur 4«s chrétiens » loin d'être leur perfécuteur. M A K T Y H s. 4f n eut donc une très longue converfacioa avec Simphorofe -, & fe mettant en colère , il lui dit , Je te facrifierai aux Dieux , comme fi les empereurs Romains facrifiaient des fem- mes dans leurs dévotions, Enfuite il la fit jetter dans TAnio , ce qui fi'était pas un hcx'u £ce ordinaire. Puis il fit fendre un de fès fils Ëar le milieu du front jufqu'au pubis , un ;cond par les deux côtés ; on roua un troi» fiéme » un quatrième ne fut que percé dans Teftomac , un cinquième droit au cœur , ua fîxiéme à la gorge \ le (eptiéme mourut d'un paquet d'aiguilles enfoncées dans la poitrine. L'empereur Adrien aimait la variété. Il com- manda qu'on les enfevelit auprès du temple è! Hercule , quoiqu'on n'enterrât perfonne dans Rome • en^or moins près des temples ; & que c'eût été une horrible prophanation. Le ponfîfe du temple ( ajoute le légendaire ) nom. maie lieu de leur fépulture les^eft Biotanates* S'il était rare qu'on érigeât un monument dans Rotne à des gens ainil traités , il n'é* tait pas moins rare qu'un grand - prêtre fe chargeât de l'infcription , & même que ce prê- tre Romain leur fit une épitaphe grecque. Mais ce qui e(ï encor plus rare, c'eft qu'on prétende que ce mot biotmates fignifie les fept Ibppliciés. Biotanates eft un mot forgé , qu'on ne trouve dans aucun auteiir. Et ce ne peut être que par un jeu de mots qu'on lui donne cette fignifioation en abufant du mot thsnQti. 46 Martyrs. Il n*y a gucres de fable plus mal conftruîte* Les légendaires ont fu mentir , mais ils n'ont jamais fu mentir avec art. Le favant la Crofe bibliothécaire du roi de PruiTe Frédéric le grande difait , Je ne fais pas fi Riihiart eft fîncèrc i mais j'ai peur qu'il ne foit imbécille. 2^. StE. FÉL I C ITÉ ET EKCOR SEPT EKFAKS. Ceft de Surius qu'eft tirée cette ïégcnde. Ge Surius eft un peu décrié pour fes abfur- dîtes. Ceft un moine du feiziéme (îéclc qui raconte les martyres du fécond , comme s'il avait été préfent. Il prétend que ce méchant homme, ce ty^ ran Marc-Aurèle Antonin Pie , ordonna au préfet de Rome de faire le procès à S$e, Féli* cité y de la faire mourir elle & fes fepts enfàns , parce qu'il courait un bruit qu'elle était chré* tienne. ♦ . Le préfet tint fon tribunal au champ de Mars , lequel pourtant ne fervait alors qu'à la revue des troupes ; & la première chofe que fit le préfet , ce fut de lui faite donner un fouffliet en pleine aflemblée. Les longs difcours du magiftrat & dcj accufés font dignes de l'hiftorien. Il finit par faire mourir les fept frères dans des fuppli* ces diiïerens , comnie les enfans de Ste. Sm^ / R A R t Y R t. 47 fborûfe. Ce n'*eft qu'un double emplo'u Maif pour Ste* Félidfi il la laifle ià & n'en dit pat un mot. « , 3*^. St. PoiTCAUPE, Eujehâ raconte que St. Poly carpe a3rant con^ nu en {bnge qu'il ferait brûlé dans trois jours , en avertit fes amis. Le légetldaire ajoute « q^ue le lieutenant de police de Smyrne nom- mé Hérode , le £t prendre par fes archers ^ qu'il fut livré aux bètes dans Tamphithéâtre , que le ciel s'entrouvrit , & qu'une voix cé- leftc hii cria , Bon courage , Polycarpe» Que l'heure de lâcher les lions fur l'amphithéâtre étant palûfée , on alla prendre dans toutes les mdibns du bois , pour le brûler ; que le famt s'adrefla au Dieu des ardutttges » ( quoique \t mot d'archange ne fû}; point encor connu ) qi^'alors les flammes s'arrangèrent autour de lui en arc de triomphe (ans le toucher ; que * Ion corps avait Vodeur d^un pain cuit ^ mais qu'ayant ré(i(lé au feu , il ne put fé défen* dre d'un^coup de fabre ; que fon fang écei» f[nit le bûcher , & qu'il en fbrtit une co- fombe qui s'envola droit au ciel On ne fait ' pas précifément dans quelle planète. 4^. De St. P t o l o m é s. Nous fuivons l'ordre de Don Ruinart ; mais nous ne voulons point révoquer eu doute 48' Martyrs. le martyre de St. Ftolofijée qui eft tiré de l'a- pologétique de St. JUjlin. Nous pourions former quelques difficultés fur la femme accufee par fon mari d'être chrétienne, & qui le prévint en lui donnant le libelle de divorce. Nous pourions demander pourquoi dans cette hiftoire il n'eft plus que& tion de cette femme? Nous pourions faire voir quUl n'était pas permis aux femmes du tems de MarC'Atirèle de demander à répudier leurs, maris , que cette permiflîon ne leur fut don- née que fous l'empereur Jtdien ^ & que l'hif- toire tant répétée de cette chrétienne qui ré- pudia fon mari , ( tandis qu'aucune payenne n'avait ofé en venir là ) ppurait bien n'être qu'une fable. Mais nous ne voulons point élever de difputes épineufes. Pour peu qu^^l y ait de vraifemblance dans la compilation de Don Bjiinart , nous refpeâons trop le fujet qu'il traite pour faire des objeâiont. * Nous n'en feipns point fur la lettre des églifes de Vienne & de Lyon , quoiqu'il y ait encor bien des obfcurités. Mais on nous pardonnera dé défendre la mémoire du grand Mcarc-Aurèle dans la vie de St. Simphmen de la ville d' Autun , iqui était probablement pa- rent de Ste. Simphorofi. î^ Db y M il H T T K s: 4| « Ç^. De St. Simphoribn d'Autun. Lft légende , dont on ignore Pauteur , com« mence ainfî. ,^ L'empereur Marc-AurèU venait 3» d'exciter dans Tempire , une eâroyable tem- i^ pète éontte l'églife , & fes édits foudroyans ^ attaquaient de tous côtés la religion de » JiiSUS-CHRiST , lorfque St. Simphorim vu ^ vait dans Autun dans tout réclat que peut ,» donner une haute naiflànce & d'une rare ^ vertu. Il était d'une femille chrétienne , & ,3 Tune des plus confidérablcs de la ville &c* ** Jamais Marc - Aurile ne donfta d'cdit fan- glant contre les chrétiens, C'eft une calom- nie très condamnable. TiJlemont lui-même avoue , Qiie ce fut le meilleur prince qu*ayefU jamais eu les Romains i que fon règne fut un fié de £or ,• ^ qvCil vérifia ce qtiil àifait fou^ vent Câpres Platon^ que les peuples ne ferment heureux que quatid les rois feraient phihfoplies. De tous les empereurs ce fut celui qui pro- mulgua les meilleures loix \ il protégea tous les fagcs & ne perfécuta aucun chrétien , dont il avait un grand nombre à fon fervice. Le légendaire ' raconte que St. Sitnpborien ayant refufé dVidorer Cibèle , le juge de la ville demanda. Qui eft cet homme -là ? Or*il eft impollible que le juge d' Autun n'eût pas connu l'homme le plus confidérable d' Autun. On le &it déclarer par la fentence , coupable Umtiime ^ partie. D ^o Martyrs. de lèzc-raajefté divine ^.humaine. Jamais les Romains n'ont employé cette formule, & cela feul ôterait toute créance au prétendu martyre d'Autun. Pour mieux repouflèr la calomnie contre la m^oire facrée de Majx- Aurile , mettons fous les yeux le difcours de Meliton évêque de Sarde , à ce meilleur des empereurs » rap- porté mot- à -mot par Eufèh, Eufèhe 9> La fuite continuelle des, heureux fuccés pag. i8y, n qui font arrivés à l'empire , fans que fa tndud. ^^ félicité ait été troublée par aucune dif. de Coiifin ^^ gi^^c^ ^ depuis que notre religion qui était ^^ * „ née avec lui s'eft augmentée dans Ion fein , ^ eft une preuve évidente qu'elle contribue ^ notablement à fa grandeur & à fa gloire. ^ Il n'y a eu entre les empereurs que Néron ^ & Domitien , qui étant trompés par certains ,^ impofteurs , ont répandu contre nous des ^ calomnies , qui ont trouvé félon la cou^ ,5 tume quelque créance parmi le peuple. „ Mais vos très pieux prédéceflcurs ont cor. ^ rîgé l'ignorance de ce peuple , & ont répri- ^ mé par des édits publics la hardieile de ceux ^^ qui entreprendraient de nous faire aucun „ mauvais traitement. Adrien , votre ay eul , a ^ écrit en notre faveur à FtinJanus^gonvct^ ,, ncur d'Afic , & à plufîeurs autres. L'em. ^ pereur votre père , dans le tems que vous ^ partagiez avec lui les foins du gouverner ^ n^ent » a écrit aux habitans de'LariiTe, Martyrs. ji i, de Thcilklonique , d'Athènes , & enfin à ,5 tous les peuples de la Grèjce , pour réprv ,, mer les féditions & les tumultes qui avaient ^ été excités contre nous, " Ce paâage d'un év^qiïe ju^ès pieux , trop fage & très: véridique , £ufHt pour confoiv dre à j^èiais tous les mehf I - . • _ , , ft,* u '•(. . ■ " r: *i 6^. D*îUNR AUtRl StS. ,^ihlQljt SHl était queftion de contredire h U^nèt de Félicité :& de Perpétue y ilite ferait pa^diE- fidle de faire voir combien xtUe.tft rafpéâe. On ne t^onaait ces m^yms de Garthagç. qw par un écrit fanr date de ré^Uretle Salsbourg* On ne fait fous quel empereur elles furent fupplic^es. X Les vifions prodigieufes dont cette hiftohre eft ren^ie» ne décèlent pas un bîftorien bien fage. Une échelle toute d'or bordée de lances & d'épéei , un dragon 9U Jiaut derl'échiette, un grand jardin auprès du dragon , des brebis dont un vieillard j tirait le lait , un réfervoir plein d'eau , un ^con d'eau dont on buvait fans que Feau dimi. nuât» Ste. Perpétue fe battant toute nue con- tre un viWn Egyptien , de jeunes gens tout iiHds qui prenaient foti parti ; die* mfemt enfin mvenue^^on^me & athlète^très vijfou* D il \ 'f s M A H T T R s: reax. Ce font - là , ce m« femble , des îmagiJ nations qui ne devraient pas entrer dans un ouvrage refffeâable. Il y a encor une réflexion très important» i Ëdre ; c'eft oue le itile de tous ces récits de martyres arrives dans des tems fi difFérens » tft^ partout femblable , partout également puérile & ampoulé. Vous retrouvez les mè. mes tours, les mêmes phralès-dans rhiilûice d'un martyre Ibus Domitien , & d'un autre ibut GaUriùs. Ce font les mêmes épithètes • les mêmes exagérations. . Pour peu qu'on le çonnaiffe en ftile, on voit qu'une même main jbs a tous rédigés. Je ne prétends point ici Ëiire un livre con« tre Don Ruinart i & en refpedant toujours > en admirant , en invoquant les vrais martyrs avec la fainte^life , je me bornerai à faire fentir par un ou deux exemples frappans» combien il eft dangereux de mêler ce qui n'eft que ridicule avec ce qu'on doit vénérer. 7^. De Ste. Théodote de là ville D'AmCLRE , ET DES SEFT VIEBGBS , ÉCRIT PAR NlLUS TÉMOIN OCULAIRE» TIRÉ PE BOLLANPUS. ^ Plufieurs critiques , auilî émintns en {a« gefle qp'en vraie piété , nous ont déia&te connaître que k légende de SuThiodéte te cabaretier eli une pcophanation & une efpèce M A R T Y R $• fl empiété , qui aurait dû ècrt fupprimée. Voi» ci riiiftoire de Thiodote. Nous employecons fouvent les propres paroles des ifâff/ jfocè^ recueillis par Don Ruinârt. Son métier de cabaretier bd foumiffàit kf moyens d'eocerccr fes fimSions ipifcopaiis. Co- taret illufire , confaaré à la piéti Ç5 non à la débauche. . . . Tantôt Théodùte était médecin , tantôt ilfournijjait de bons morceaux auxjîdi* les. On vit un cabaret être aux chrétiens , ce que Porche de No^fut à ceux çneDisu vouluù fauver du déluge, a) Ce cabaretier Théodote fe promenant près du fieuve Halls avec fts convives vers un bourg voiûn de la ville d^Ancire. Un gazon frais Ç^ mollet leur présentait un lit diUdeu%i une fource gui fartait à quelques pas de là au pied JCun rocher , ^ qui par une route cou^ ronnée de fleurs^ venait fe rendre auprès d^eux pour les difaltérqr 9 leur <^râit une eau clou re Ç^ pure. Des arbres fruitiers miles d^ arbres fauvages leur foumiffaient de l'ombre Ç^ d^ fruits , ^ une bande defavans, rojjfignols , que des cigales relevaient de tems en tems , y for* maient un charmant concert , ^c. Le curé du lieu , nommé Fronton , étant ar« rivé » & le cabaretier ayant bu avec lui fiic a") Ce qui eft fous-llenè eft mot • à- mot dins les AStsJincércsy tout le refte eft entièrement confonne* On Ta feulement abrégé pour éviter Temiui du ftilc déclamatoire de ces aâcs. D iij t4 Ma k t y h s. Phcrbc , dont le verd naijjant était relevé par 4e f nuances diverfes du divers coloris desfieurs f dit au curé, Ah', père ^ quel plaifir il y aurait à bâtir ici tine chapelle f Oui , dit Fronton , mats il faut commencer par avoir des reliques. Allez > allez , rq^rit St. Théodote > vous en aurez bietitàt fur ma parole , ^ voici mon anneau que je vous donne pour gage , bàtiffez H)ïte la chapelle. Le cabaretier avait le don de prophétie 9 & &vait bien ce qu'il difatt I) s'e va a la ville d'A'ncire , tandis que le curé Fronton fc met à bâtir. Il y trouve la perfccution la plus horrible , qui durait depuis très longtems. Sept vierges chrétiennes , dont la plus jeune avait foixante & dix ans » venaient d'être con- damnées , feion Tufagic , à perdre leur pucela- ge par le miniftèrc de tous les jeunes gens de la ville. La jeunefle d*Ancire, qui avait pro- bablement des affaires plus preâantes , ne s^emprefla pas d'exécuter la fentence. Il ne s'en trouva qu'un qui obéit à la juftice. Il s'adrefla à Ste. Técufe , & la mena dans un cabinet avec une valeur étonnante. Témfe fe jetta à fcs genoux , & lui dit. Pour Dieu, mon fils , un peu de vergogne > voyez ces yeux éteints , cette chair demi - morte , ces rides pleines de crajfe , que foixante ^ dix ans ont crenfé fur mon front , ce vifage couleur de terre. . * . . quittez des penfées fi indignes cttm jeune homme comme voits , Jgsus • Chkist Martyrs. f f vduf tn conjure par ma touche. Il vota le ie-^ mande comme une grâce » ^ fi vous la lui ac^ cordez 'voHS pouvez attendre tout de fa recon^ naijfance. Ce difcouts de la vieille & Ton vil^ge firent rentrer tout-à-coup l'exécuteur en lui* même. Les fepc vierges ne furent point dé- florées. Le gQ^vern)éHr irrité chercha un autre fup. plice i il les fit inider fur le champ aux myfl tcres de Diane & de Minerve. Il eft vrai qu'on avait inftitué de grandes fêtes en Thon* neur de ces divinités ; mais on ne connaît point dans l'antiquité les myftères de Minerve Se de Diane. St. Nil , intime ami du caba* retier T})éodote , auteur de cette hiftoire mer- veilleufe , n'était pas, au ^L .On mit , félon lui , les fept belles demou Klles , toutes nues fur le char qui portait la grande Diane & la fage Minerve iu bord d'un lac voiiin. Le Thucidide S>. Nil parait encor ici fort mal informé. Les prètreiTes étaient toujours couvertes d'un voile ; & jamais les magiftrats Romains n'ont fait fervir la déeâè de la çhafteté & celle de la fageâè par des filles qui montraflènt aux peuples leur devant & leur derrière. St. Nil ajoute que le char était précédé par deux chœurs de ménades qui portaient le tirfe en main. St. Nil a pris ici les prètreflcs de Minerve pour celles de Bacchus. Il n'étais pas verfé dans la liturgie d^Ancire. D lUj %6 Tfi A % T r i $!^ I^e cabaretier en entrant dans la ville vie ce funefte rpedlacle-, le gouverneur , les mena* des , la charrette , Minerve , Diane & les fept pucelles. *I1 court fe mettre en oraifbn dans une hutte avec un neveu de Ste. Técufe. Il prie le ciel que ces fept dames foient plu-^ tôt mortes que nues. Sa prière eft exaucée s il apprend que les fept filles au*- lieu d^ètre dédorées ont été iettées dans le lac , une pierre au cou , par ordre du gouverneur. Leur vir- ginité eft en fureté. A cette nouvelle le faint Je relevant de terre &fe tenant fur les genoux , tourna fes yeux vers le ciel i @ parmi les di- vers tnouventens H! amour » âe joie @* de recon- naijfance quUl rejfentaii , il dit ^ Je l'Ous rends grâces , Seigneur , de ce que vous n^avez pas rejette lu prière de votre ferviteur. Il s^ endormit 9 & pendant Jon fommeil^ Ste. Técufe la plus jeune des noyées lui apparut. Eh quoi ! mon jUs Théodote , lui dit - elle , vous dormez fans pehfer â nous 9 avez -vous oublié fi' tôt les foins que fai pris de votre jeunejfe? ne fouffirez' pas , mon cher Théodote ^ que nos iorps foient mangés des poijfons. Allez au lac » mais gardez- vous d'un traître. Ce traître était le propre neveu de Ste. Técufe. Jomets ici une foule d'avan^res miracu- leufes qui arrivèrent au cabaretier pour venir i la plus importante. Un cavalier célefte armé / ^ M A R ¥ 7 il s. S7 ie toutes pièces , précédé d'un flambeau ce- lefte , defcend du haut de l'empirée , conduit au lac le icabaretier au milieu des tempêtes » écarte tous les foldats qui gardaient le rivage , & doime le cems à Théodore de repêcher les iept Vieilles & de les enterrer. Le neyei;^ de Técufe alla malheureufement tout dire. On faifit Tbéodote , on eflàya en vain pendant trois jours tous les fupplices pour le faire mourir. On ne put en venir à bout qu'en lui tranchant la tèté s opération à laquelle les (aints ne réfîftenc jamais. Il refait de Tenterrer» Son ami le curé Fronton , à qui Jidéodote en qualité de caba- retier avait donné deux outres remplis de bon vin , eny vra les gardes & emporta le corps. Alors Théodote apparut en corps & en ame au curé ; Eh bien , mon ami , lui dit -il» ne t'avais «^ je pas bien dit que tu aurais des reliques pour ta chapelle ? Ceft^là ce que rapporte St. Nil 9 témoin oculaire, qui ne pouvait être ni trompé ni trompeur. CeftJà ce que tranfcrit Dm Rtd* nart comme un aâe fincèro. Or tout homme fenfé , tout chrétien &ge , lui demandera fi on s'y ferait pris autrement pour deshono- rer k religion la plus fainte , la plus auguftc de la terre , & pour la tourner en ridicule. Je ne parlerai point des onze mille vierges» je ne difeuterai point |a fable de la légion f 9 M A K T Y A t. Thébaîne ^ compoféc , dît Tautcur , de (ïx mille Gx cent hommes , tous chrétiens venant d'O- flerit par le mont St. Bernard , martyrifëd Tan 2^6 i dans le tems de la paix de l'cglife îa'^plus profonde , j& dans une gorge dé mon- tagne où il eft impoflîble de rrtettre trois cenk hommes de front î fable écrite ^lus de cent cinquante ans après l'événement } fefcle dans laquelle il eft parlé d'un roi de Bourgogne qui n'exîftaît pas j fable enfin reconnue pour abfurde par tous les favans qui n'ont pas perdu la raifon. Je m'en tiendrai au prétendu martyre de Si. Romain. t^i Du MARTYRS DE Sr. RoMAIlf- SL Romain voyageait vers Antioche ; il Upprend que le juge Afelepiade fefait mourir les chrétiens. Il va le trouver , & le défie én le faire mourir* Afelepiade le livre aux bourreaux s ils ne peuvent en venir à bout Oti prend enfin le parti de \e brûler. On ap- ^orte des fagots. Des juifs qui payaient fe moquent de lui % ils lui difent que Dieu tira de la fournaife Sidrac ^ Mifac.Si Abdenmgpi Itiais que Jésus -Christ laifTe brûler fes fer viteurs. Auffi - tôt il pleut , & le bûcher s'éteint. ' L'empereur ( qui cependant était alors à Rome i & non dans Antioche ) dit , J^ le ciel J M A ii T •¥ n ». f ^ ft déclare four St Romain , ^ qu'il ne veut rienavoir à démêler avec leDitv du ciel. Voilà , coiîtinue le légendaire , notre Anaftias déli^ U légeii- vré du feu âuffi- bien que celui des Juifs. Mais ^V^^ "* Afclepiade , homme fans honneur , fit tant par q^-y jj^ fes baffes flatteries , qu'il obtint qtCon coupe- avec fon rait la langue à St. Romain. Un médecin qui Ananioi^ fe trouva U coupe la langue au jeune homme , Êsf Remporte cheZf^lui propremefit enveloppée dans un morceau aefoye. Vanatomie nous apprend , ^ V expérience le confirme , qu^un homme ne peut vivre fans langue. ' Romain fut conduit en prifon. On nous a lu plufieurs fois que le St. Efprit defcendit en langue de feu i mais St. Romain qui balbutiait 'comme Moïfe , tandis qu^ il n^ avait qu^mie lan- gue de chair y commença à parler difUnSement dès qtCil n'en eut plus. • Oh alla conter le miracle à Afclepiade com* me il était avec t empereur: Ce prince foupçon* na le médecin de l'avoir trompé i le juge mena^ ça le médecin de le faire mourir. Seigneur , lui dit - il , fai encor chez moi la langue que j'ai coupée à cet homme j ordonnez qtfon m'en donne un qui ne foit pas comme celui - ci fous tme proteSion particulière de DiEU ^ permettez que je lui coupe^ la langue jufqu'à l'endroit ou celle^ ci a été coupée ^ s'il n'en meurt pas , je cpnfens qu'on me fajfe mourir moi-même. Là dejfus on fait venir un homme condamné à mort $ ^ le y / go M A E t t 11 d. fnédêcht ayant pris la Mefure fur ta lahgUê âê Bomain » coupe à la même diftance celle au cri^ MsHelf mais à peine avait *Û retiré foH rafoir que le criminel tombe mort. Ain/î le miracle Ju^ avéré à la gloire de DlbU ,& à la confolatioH disjldèles. Voilà cje que t)on Èuinart raconte férîeu** fement ; prions D^tu pour le bon fens de Don Buinarté Section second e« Extrait d'une lettre écrite à un do9eur apôlth gijie de Don Ruinart* Vous parlex toujours de martjrrs* ,Eh l Monfieur , ne fentez^vous pas combien cette itiirérable preuve s'élève contre nous. Infenfés & cruels que nous {bmmcs , quels barbare» tût jamais fait plus de martyrs que nos bar- batds ancêtres ? Ah ! Monfieur , vous n^avez donc pas voyage ! vous n'avc2 pas vu à Con- fiance la place où Jérime de Prague dit à un des bourreaux duf concile qui voulait allumer fon bûcher par derrière ; Allume par4^vant4 fi f avais craint les flammes , je m fer eus pas ijenu ici^ Avez . vous jamais pafle dans Paris par la Grève > où le confciller • clerc Anne Dubourg neveu du chancelier $ chanta des cantiques '• M A R T T E C. S^. IT. *^ 61 iVant fbn fupplîce ? Savez * vous qu'il fbt exhcârté à cette héroïque confiance psa une jeune femme de qualité nommée Madame de la Caille , qui fut brûlée quelques joues après lui îi ËUe était chargée de fers dans un cachot ^voifin ;diu lien , & ji^e recevait le jour que par une peâte grille pratiquée en haut dans ie vt!k\xt .i|Ui réparait éèa i deux cachots. Cette. ienune entendait le oooièilleir qui difptttaii la vie contre Tes juges par les formes des loir. JaiJJiZ'lÀ y» lui cm^t elle , ces indignes formes^ ;waignct - vous dt.moterit pour voiretDihD ? VGÎià ce qu'un indigne hiftorien tel que le jéfuke Daniel n'a garde de- rapporter 9 & ce qim ù'Aukigpé & liés contemporains noue certifient. .. Fauc-il vous montre^: ici la foule de^ceox -fgi^x furent exécutés à Lyon dans la ^laee des Terraux depuis 1 146 ? faut - il vous (kire voir Mlle, de Cagnok ftiivant dans une char* .fette cinq autres charrettes chargées d'infor» itunés condamnés aux flammes , parce qu'ils avaient le malheur de ne pas croire quUui homme pût changer du pain en Dieu ? Cette .fille maUieureufemént perfuadée que la reli- gion réformée eft ta véritable , avait toujours xépandii des làtgefiTes^pamni les pauvres. de Lyon. Ils entouraient en pleurant la charrette . où elle était traînée chargée de fers. Hélas ! ' lui eriaît^it . ils , nous va recevrons plus (Cau^ tnhu de vous. £h bien » dit ^ elle t vous en re* éa * M A H T y.R s. Se&. ïf. tevrez encor , & elle leur jctta fcs mules cîd velours que fes bourreaux lui avaieiit laiC féet. , ' Avez -vous vu la place de rEftrâpadc à Paris 'i elle fut couverte fous Frmfàots T-dc corps réduits en cendre. Savez ^ vous comme on les fefait mourir? bn- les ftifpeitâail à de longues bafcules qu'on élevait & qu'tfn bai£. {ait tour-à-tôur fur-ûn vafte buchér,à6n de leur faire fentir pUs'topgtems toutes les hor-^ reurs de la mort la plus dôtiloureufe. Û][rtiie jettait ces corps fUip l'es charbons ard^ns qtie lorfquHls étaient prefqué entièrement riltis , & que leurs membres retirés , leur p^sfu fan. g1ame«& confumée , leurs ^^eux brùléi^^leiir vifage défiguré ne leur, laiflaient pks rappia. renoe-de la. figuré Aunwmer JLeJéûutc Daw/i?/'ftippoft fur la foi d^iin înfiimc éorivain de ce ffe|ite-là , que FronpoiAl <)it publiquement qu'il traiterait ainfi: le x^aH- phin fon fils s'il dontiaiit dans le$ opimotis des réformés. Ferfonne ne crodira qu'un roi ^ui ne paiFait pas pour un Néron , ait jamais prôiloiicé de fi abominables paroles. ^ Mais la vérité eft que tandis qu\)H tefait à Paris ces facrifices d^ fauvages-qui furpaflent tout jee que rinquifition a jamais fait de plub hdrti. Jbïc , François I plaiifantait avec jès cdurtifans, '& cpiichait avec (à mâtteSt. Ce ne font pas là y Mpnûeur , des hiftpires de Ste. PoiotHim^ ns , de St$. Urfuk & des onzç mille vierges s M A R T Y K «. SeS. IL 6% c^^eft im tiàx. fidèle de ^e que l'hiftoke a d^ mokiâ incertain. Lm nombre des marms réformés (bit Wu» dois , toit Albigeois , foie Evaiigéliques , eft tnnombrable. Un de vos ancêtres ^ du tnoinf un /homme de votre nom^ Pierre Bârgier^ fot brûlé à Lyon en jf fa avec Kené Fo^ei parent du diancdier Pàyet. On jecta dans lé même, bûcher Jean Chambon , Louis Dimonet^ Lonis. DéMarfaÇy Jbiennâ De Gravot ,.& cinq }euhes écoliers. Je vous ferais tremUer û )c vous fefàis voir la lifte é^ martyrs que les •proteftans ont confecvée^ < 5 Fierrr Bergiet' châtiât .un pfaume de M»^ foà en allant au fopf^ce. Dites-nous en bonne foi fi vouç chanteriez un pfaume latin en 'pa- reil cas ? Dites - n^us fî le fupplice de la po.. tence » de la roue ou du feu eft une preuve de la religion. Çeft une preuve fans doute de la barbarie religièufa. C'eft une preuve que d^un côté il* y^ a des bourreapic » & dt Tautré des perfuadés. Non , fî vous voulez rendre la religioii chrétienne aimable , ne parles jamais de mar^ tyrsw Nous en avons fait cent fois , mille fbi^ plue: que tous les payens.vNous ne voulone po^t répéter ici ce qu'on a tant dit des niaÇ. facres des Albigeois , des habitans de Mériji; d6r, de la St. Barthelemi , de foixante ou quatre* vingt mille Irlandais protellans égor^ gés > aflpmmés » pendus » brûlés par les patho^ ^4 M A 1^ T Y n 8. Si8. IL liques ; de ces millions dlndiens tués oomme des lapins dans des garennes aux ordres de quelques moines. Nous firémiflbns , nous gé- aiiflbns ; mais il £iut le dire ) parler die mar* tyrs à des chrétiens , c'eft parier de gibets & de roues à des bourreaux & à des^ recorck. Que pourions-nous voils repréfenter encor , Monfieur , après ce tableau auflî vrai qu'épou- vantable que vous nous avez forcés de vous tracer de nos mmns tremblantes ? Oui , à la honte de la nature « il y a encor des fana- tiques aflèz barbares , des hommes aflèz du gn9^ de Tenfer , pour dire qull &ut faire pérvf dans ks fupptU:es tous ceux qui ne croyeiv^ pas à la religion chrétienne que Ton a tanè deshonorée. Ceft ainfî que penfent encdt les inquifiteurs , tandis que letf rois & leura minières devenus plus humains , émouflènt dans toute l'Europe le fer dont ces mon& très font armés. Un évëque en Efpagne a proféré ces paroles devant des témoins ref^ peâabtes de qui nous les tenons ; Lis tmmfire Hitat qui afigni Pexpulfion d$5 jifuitcs mérite la mort. Nous avons vu des gens qui ont toujours à ta bouche ces mots cruels can^ trainte & châtiment , & qui difent hautement que le chrtftianifme ne peut fe conferver que par la terreur & par le (ang. . Je ne yeux pas vous citer ici un autre évè- que de la plus baflè nai£&nce, quiféduit par un fimatique s'eft expliqué avec plus de fu^^ reuï M A R T Y R Sv SeS^lT. tfÇ. tçur qu^on n'en a jam^s reproché aux JD/ou ^éfiens & aux Vécius. La terre entière s'eft élevée contre les je- fuites , parce qu'ils étaient perfécutcurs j mais qu'il fe trouve quelque prince aflèz peu éclai- ré, affez niai cohfeiHé , afTerfaiUe pour don- ner fa cpnôaiiQe à un capucin » à 4in corde- Ucr , vous verrez les^ cdrdèlîets & les capui oins auffi infolen^jaufliintngans, auiE per- fécûteuts , auifi ennemis de Ta puîflatice civile ^ue Jes jéfuitçs l'ont, été. Il faut quç, la msu giftfaturç foit. partout ijccupée^fàns.cefle à réprimer les attentats dès môinésV'D y a main- icu^nt dans PaVis un cordelicr qui ptêché aveé la même impudence'à la .même foreur que le cordelier Fçti - Ardent htkçh^it dutenâsdela ligue. ; ^' Quel homme a Jamais été plus pe^fécliteut chez ces mêmes cordeliers que leur prédica- teur Pùrjfon FJl exerça fur eux un pouvoir fl tyranniqué f que le miniftère fût obligé de' 1$ faire dépofer de fa place de provincial & de l'exiler. Que n'eue -il point fait .contre» les ïaïques ? Maîs cet àri, dit , un homma été majfacréi tçn. c^ cas on eptend ^u'il a été tué de plu- iiçurs çaiîps avec barbarie. La PQefie fe fert du mot tnaffacré pour tue , a^Mihé. > * - » Quçjpar (c$.propfçs m^ins ton père wffacré, C1NKA4 Un Anglais a &it un relevé de tous les maflacres perpétt^ pour caufe de religion depuis le» premiers fiécles de notre ère vul- gaire. En voici la tradi^on. MassâcheI 6f . l,es chrétiens avaient déjà excité quelque$ troubles à Rome lorfque Pan 35 1 de nôtre ère vulgaire , le prêtre Novaticn difputa ce que nous appelions lu dmre de Rome , la pa- pauté au' prêtre Corneille : car c'était déjar une place importante qui valait beaucoup d'argent. Et précifém^t dans le même tems la chaire de Catthage fut difputée de mêmç par Cyprien &un autre prêtre nommé jNa-f "Vat qui avait tué fâ femme à coups de pied dans le ventre* a ) Ces deux fchifmes occà. fionnèrent beaucoup de meurtres dans Car- thage & dans Rome^ L'empereur Déciur fut obligé d^ réprimer ces fureurs par quelques fupplices , c'eft ce qu'on appelle la grande , la terrible perfécution de Décius. Nous n'ea parlerons pas ici y notis nous bornons aux meurtres commis par les chrétien^ ^r d'au* très chrétiens. Quand * nous ne compterons que deux cent personnes tuées" ou griéve- mm blefTées dans ces deux premiers Tchif^ mes qui ont été le modèle de tant d^autres^ nous croyons que cet articki ne fera pas trof) fort. Pofôns donc « ^ < %oc^ Dès que les chrétiens j^euVetlt fe livrer impunément à leurs vën-" g«[ices Ibus Conftantin , ils uSMTu tient le jeum CamUdkH b) fils de *^â^- Mtftinre eccléfiafiiqui» .JVî Année ji}* 6^ Massacres. I>e r autre part. 20O, Vemçcttut Galère , refpérance de Femptre y & que Ton comparait à iliîrrf f //^ i un én&iit de huit ans fils de L'erupereur Maximm i une fille du même i&mpereur âgée de fept ans ; ^ ^^impératrice leur mère fut trainée hors de fou palais avec fes femmes dans les rues d'Antioche , & fu«' rent jettées avec elle dans TOron- . te. L'impératrice Valérie veuve de Galère & fille dp Dioclétien fut tuée à Theflàlonique en 3 1 5 , & eut la, mer pour fépulture. • . . { Il eft vrai que quelques auteurs n'accufent pas^ les chrétiens de ce me^rtr^ ^ & Timputent à Licmius j ' rqais rédigions encor le nombre de ceux que les chrétiens égorgèrent dans^ cette occaGon à deux cent. Ce n'efl: pas trop. . ci. • • • 200^ Dansieicbirme des donatiftes en Afrique , oje^ ne peut guères comp- ter moins de quatre cent perlonnes > aflbmmées à copps dQ mafTues , car les évêques ^le, voulaient pas qu'on ' ": le battit à coup d'épées. pofe. . 400.' On fait de quelles horreurs & de combien de guerres civiles le finil ■PtfMB 800. M A s s il ,c RE s: 800. De t autre fart. , mot de confubJianUel fut i'origîne & le prétexte. Cet incendie em- bra(a tout Tempire à pluideurs re- prifes Se fe ralluma dans toutes les provinces dévaftées par les Go^s , les Bourguignons , les V^an^ dales pendant près de quatre cent annéfi^s. Qi^and nous ne mettrons que trois cent mille chrétiens .égor- . gés par des chrétiens pour cette querelle , fans compter les &miiles errantes réduites à la mendicité » fp ne poura pas nous reprocher d'à* voir enâé nos comptes. cL La querelle des iconoclaftes & des iconolâtres n\ pas certainement coûté moins de (pixante mille vies. 60000. Nous ne devons pas paâèr fous (ilence les cent mille manichiens que rimpér^trice Théodora , veuve de Tljéqpyie y fit égorger. dans.Pem- pire Grec en 84^, C'était une pé* nitence qye fon confçifeur lui avait ordonnéef , parce que jufqu'à cette , époque on n'en avait encor pendu , empalé , nové que vingt mille. Ces gens -là méritaient bien qu'on les tyât tous pour loi^r apprendrequ'il 30000a' a^osoo. ^*p Massacres. De Fauffe part. l6o%0<^ n*y a qu'on bon principe & point de mauvais. Le tout fe monte à cent vingt mille au moins^ ci. . izoOQO» N'en comptons que vingt mille dans les fédicions fréquentes exci- tées par les prêtres qui fc difputè. rent partout des chaire^ épifcopales. n faut avoir une extrême difcrétion. pofe. • • • • ^ 20000* On a fopputé que l'horrible fo* lie des (aintes croifades avait coûté la vie à deux millions de chrétiens. Mais je veux bien par la plus éton- # Hante réduâion qu'on ait jamais faite Jes réduire à un million, ci. loooooo. La croifade des religieux cheva- \\(ttn porte « glaives , qui dévaftè- rent fi honnêtement & fi faintemeiit tous les bords de la mer Baltique , doit aller au ni6ins à cent mille morts, ci. . . . . looooow Autant pour la croifade contre le Languedoc ^ où» l'on ne vit longtems que les cendre^ des bûchers & 9es oflêmens de morts dévorés par les loups danè les campagnes, ci, . ^ooooo. Pour lés croifades contre les èm- pewurs depuis G^o^c F//, nous Massacres; 7if 1700800. 300000. f0000« De r autre fatt. voulons bien n'en compter que trois cent mille« ci. Le grand fchifme d'occident au quatorzième (îécle fit périr aâez de monde pour qu'on rende juftice à notre modération ^ fi nous ne comp- tons que cinquante mille vidUmes de la rage papale , roàihia fapak , comme difent les Italiens, ci. La dévotion avec laquelle on fit brûler à la fin de ce grand fchifme dans la ville de Confiance les deux prêtres Jean Hus & JérôfHe de Pra- gue , fit beaucoup d'honneur à l'em. pereur Sigifinond & au condle ^ mais elle caufa , je ne fais comment , la guerre des huffites , dans laquelle nous pouvons compter hardiment cent cinquante mille morts. cL ifooo?^ Après ces grandes boucheries» nous avouons que les maâkcres é% JVIérindol & de Cabrières font bien peu de chofe. Il ne s'agit que de vingt>deux gros bourgs mis en cm* ares , de dix - huit mille innocens égorgés , brûlés , 4'^n&ns à h mammelle jettes dans les flammes , de filles violées ^ coupées eniuito m) a^eoSoe, 73 M A 8 s A C R E Sf« De Pautre part. 2200800* par quartiers 9 de vieilles femmes qui n'étaient plus bonnes à tien & qu'on fefait fauter en l'air en leur enfonçant des eartouches chargées^ de poudre dans leurs deux oriÊces. Mais comme cette petite exécu- tion fut faîte juridiquement , avec toutes les formalités de la )uftice , par des gens en robe , il ne iaut pas omettre cette partie du droit fran* çais ; pofe donc. , . . j $ooo« Nous- voici parvenus à la plus fainte , à la plus glorieufe époque du chriftianifme que q[uelques gens ftns aveu voulurent réformer au commencement du feiîiéme fiécle. Les faints papes , les faints é vè* ques , les faints abbés ayant refufé 4p s'amender , les deux partis mar- chèrent fur des corps morts pendant deux fîécles entiers , & n'eurent que quelques intervalles de paix. Si l'ami ledeur voulait bien fe donner la peine de mettre enfem- ble tous les aflaifinata commis de- puis le rèpie du feint pape Léon X jufqu'à celui du fairit pape C/e- PHUf IJÇ , aflaffin^ts foit jiuridiques , , mm S2 18800 [ M A s s A c K E s: 73 De T autre fart.. a2l88oa (oit non juridiques , tètes de prè« très , de fécuiiers » de princes abat* tu^ par le bourreau , le bois ren* chéri dans plùfieurs provinces par la multitude des bûchers allumés , le fang répandu d'un bout de l'Eu* rope à l'autre , les bourreaux laâes en Flandre , en Allemagne , en Hol- lande , en France , en Angleterre même , trente guerres civiles pour la tranflubftantiation , la prédeftina- tion , le furplis & l'eau bénite , les > maflacres de la St. Barthelemi , les maâacres d'Irlande , les maflacres des Vaudois , les maâacr^ des Ce- vennes &c. &c. &c; &a , on trou- verait fans doute plus de deux mil- lions de morts ianglantes avec plus de trois millions de familles infor^. ' , tunées , plongées dans une mifère pire , peut-être , que la mort. Mais comme il ne s'agit ici que de morts , paflbhs vite avec horreur , deux millions, ci. * • . • 2booeo n'exagérons / 74 Massacres. Derautrepmt. 4218800; rien , rédui{43 s elle dit que dans la conjuration dl|^ lande il périt cent cinquante«.quiatre mille prâu teftans par les mains des catholiques. Crois • ^ il tu veux, avec l'avocat Brooke^ qu'il n'y eut que quarante mille hommes d'égorgés fiins aéfenie , dans le premier mouvement de cette fainte èc catholique confpiration* Mais quelle que foit ta fupputation » tu defcens des ailafl fins ou des aflaflinés. Choifi & tremble. Mais toi , prélat de mon pays , réjouis • toi , notre jàng t'a valu cinq mille guinées de rente. J'ai été fortement tenté d'écrire contre cet auteur Angkd^ ; mais (on mémoire ne m'ayant point paru enflé , je me fuis retenu. Au refte» j'efpère qu'on n'aura plus de pareils calculs à &ire. Mais à qui en aura t>on robUg|ation ? mmÊÊÊ^ 7^ Matière; MA T I È R E, Dialogue poli entre un émrgum^ne & tm philofophi. L' i N E R G U M k N B. Oui , ennemi de Dieu $c des hommes^ qui crois que Di£U eft tout- puiâant, & qu'il eft le maitre d'ajouter le don de la penfée à tout être quUl daignera choifir , je vais te dénoncer à mônfeigneur Tinqùifi^ tcur 5 je te ferai brûler ; prends garde à toi , )e. t'avertis pour la dernière fois. Le philosophe. Sont- ce là vos argumeris ? eft-ce ainfi que vous enfeignez les hommes ? j'admire votre douceur. L'i N E R G y M è N £• . Allons , je veux bien m'appaifer un mo-' jnent en attendant les fagots. Répohds-moi f qu'cft-ce que Tefprit? Le philosophe. Je n'en fais rien. L' é N E R G U M. È N B. Q!;i^eft*ce que la matière? Matière; 77 Lephilosophe. Je n'en fais pas grand choie. Je la crois étendue , folide , réfiftantc, gravitante , divil iîble , mobile $ Dieu peut hii avoir donne mille autres qualités que j'ignore. •Vi N E n G u m^è'n 'e. El G U M^" Mille autres qualités , traître 5 je vois où tu veux venir 5 tu vas me dire que Dieu peut animer h matière > qu'il a.donné.l'inftindk aux animaux ^ qu'il eft le maitre de tout. .Le philosophe. Mais il fe . pourait bien faire qu'en efiêt il eût accordé à cette matière bien des pro-^ priétés que voulue fauriez pon^prendre. L'i N E K G V. IMT È K E. r 4 Que je ne faurais comprendre ,Tcéiérat ! L B P H I L O s 6 P H È. Oui , (a pùi^aîxce va plus, loin que votre entendement. * L'ÉNEROUMÈNB. Sa puiâance \ fa puiilànce ! vrai difcouri. d'athée. Lb PHILOSOPHE. J'ai pourtant pour moi le témoignage d? pljuiîeurs faints pères. ,/ 78 Matière/ L'a 9 E R Q U M È N E. Va 3 V8( ^ ni Dieu $ ni eux , ne nous entpft. cheront de te faire brûler vif j c'eft un fupt- plicê dont on punit les p^icides & les phi- iofbphes qui ne font pas de notre avis. L B .F H I L S f V B. £ft% ce le diable ou toi , qui a inveaté cette mamère d'argumenter f VÈ N E R O U M è N B. Vilain pofledé , tu ofes me mettre, de ni. veau av6ç te diable! ( IciTinergfmit^ donne tm grand fouffitt au ffbUofoph gpti k lui rend avec ufure. ) L B ^ H I L O s O P H B. A moi led {AiSofbphes. L^É 19 B R O V M È N ?. A vtiiA là ftinte Hermandad. . j( Ici une. demi*' dQuzaine de pfiUoJhphes arri^ vent d!uyi cbté , ^ on voit accourir de tautr& cent dominicains avec cent famiUers de Pinqm^ fition ^ cent alguavis. La partie n'eft pas Hnabh,) ^ M E s 8 I I. 79 MESSIE. AVERTISSEMENT. Cet article efl de Mr. P. D. B. d^Ufje ancien^ He famille noble de France , établie depuis âeun icent ans en Suiffe. Il ejl premier payeur d'une ville célèbre. Sa fctence efi égale à fa piété. Il contpq/a cet article pour le grand DiSionnairê tncyclopédique y dans lequel il fut inféré. On en fupprima feulement quelques endroits , dont Us examinateurs crurent que des cathoUqtus Vf oins favans ^ moins pieux que P auteur , pou^ raient abufer. Il fut reçu avec Papplaudijfe* ment de tout Its faget. On ^imprima en même temi dans un autre petit diBionnaire $ ^ on P attribua en France^ à un homme qt^ùn n^était pas fâché d^inquiéter^ On fuppofa que Particle Jtait impie , parce qr^on le fuppofait d^uH laïque y&onfe déchai^ na contre t ouvrage ^ contre fauteur préten^ du. Vhomfne accufé fe contenta de rire de cette mépnfe. Il voyait avec €omfaJJfkn foui fes yeux cet exemple des erreurs ^ des injufi tke$ que les hommes commettent tous les jours dans kurs jugemens , car il a^mit le manufcrit du fàge ÇJ féevant prêtre , écrit tout entier de fa main. Il le pojfède encore. lijh'a montré à qui ^wdrot î examiner. On y verra jttfqtC aim |o M E s s I iy ratures faites alors par ce laïque ntême , powli f revenir les interprétations malignes. Nous réimprirmm dona aujourd'hui cet artu de dans toute l'intégrité de Voriginal. Nous en avons retràncU pour ne pas répéter ce que nous avons imprimé ailleurs y niais tious rCa^ vonspas ajouté unfeul f^ot^ Le bon de toute cette affaire » c*ejl qu^urt confrère \ de ï auteur refpeSlable ,, écrivit les chofes du monde les plus ridicules .^ contre cet article MeJJîas , ce terme vi^tit de Thé- jL rJL breu \ il eft fyuonymfi au mot grèç Clyrift. L'un & l'autre font 4es termes confacrés dans la religion , & qui ne fe donnant plus aujourd'hui qu'à l'oint par excellence « ce (bu* verain libéraàsur que Tancien peupW Juif a(r> tendait , après la venuef duquiçl il ib^pire encore, & que les chrétiens trouvent Hitans b perCoonç dç j£$us ûls^de Mme 3 qu% rcgar^ M B s s 1 e. Sf regardent comme l'oint du Seigneur , le mefl fie promis à Thumanité ; les Grecs employent auffi le mot à^ Elcimmitos qui figniôe la même diofe que Cbrifios. Nous voyons dans Tancten Teftamcnt que le mot de MeJJie ^ loin d'être particulier att libérateur après la venue duquel le peuple d'Ilraél foupirait , ne Tétait pus feulement aux vrais & fidèles Serviteurs de OiEU» mais que ce nom fut fouvent donné aux rois & aux princes idolâtres, qui étaient dans la main de TEternel les miniftres de fes vengeances , ou des inftrumens pour Texécution des con« feils de fa fagedc. C'eft ainfî que l'auteur de TEccléfiaftique dit d'Elizée , qui ungis rçges ai Ecdé- fœnitentiam , ou comme Pont rendu les Sep- ^^^ ^^ tante , ad vindi3am. Vous oignez les rois pour ^^^ô'** eocercer la vengeance du Seigneur. C'eft pour* ^* i|uoi il envoya un prophète pour oindre Jébu . toi d'Ifraël. Il annonça Tonâion facrée à Hazaél roi de Damas & de Syrie , ces deux princes étant les MeJJies du Très- Haut pour '^: des venger les crimes & les abominations delà ^^'j** maifon à^Achab. ^ lu Mais au XLVe d'Efàïc jr- i. le nom de ij, 14, Mejffie eft expreflement donne à Cyrus. Ainfi a dit r Eternel à Cyrus fon oint , fon mejjîi , Auquel j'ai pris la main droite afin que je ter-* raffe les nations devant lui , ^c. Ëzéchiel au XXVIII« de fes révélations» Huitième partie» F i 8» Messie* ^ . 14. donne le nom de MeJJfie au roi d^ yr , qu'il appelle auffi chérubin , & parle de lui & de fa gloire dans des termes pleins d'une emphafe , dont on fent mieux les beau- tés qu'on ne peut en faifîr le fens. „ Fils de „ rhoftimc , dit l'Eternel au prophète , pro- ,, nonce à haute voix une complainte fur ^ le roi de Tyr , & lui dis , Ainfî . a dit le ^ Seigneur VEternel, tu étais le fceau de la ^ reflemblance de Dieu , plein de fagefle & ^ parfait en beautés i tu as été le jardin ^ d'Héden du Seigneur , ( ou fuivant d'au* ,3 très verfîons ) tu étais toutes les délices ^ du Seigneur i ta couverture était de pier* ,, res précieufes de toutes fortes , de fardoine, „ de topaze , de jafpe , de chryfolite , d'onix, ,5 de beril , de faphir , d'efcarboucle , d'cme* ^ raude & d'or. Ce que favaient faire tes 3^ tambours & tes âûtes a été chez toi; ils jy ont été tout prêts au jour que tu fus créé , j, tu as été un chérubin , un MeJJie pour ,j fervir de protedion ; je t'avais établi ; tu ^ as été dans la fainte montagne de Dieu» ,, tu as marché entre les pierres flamboiantes, ,, tu as été parfait en tes voies , dès le jour ,, que tu fus créé, jufques à ce que 1^ perver- ^y uté a été trouvée en toi. Au refte le nom de MtJJiah , en grec Q\mfi^ fe donnait aux rois , aux prophètes , & aux grands-prètres des Hébreux, Nous lifons dans M s $ s 1 c; 83 îe t^Aes Rois , ch XII. jr.S. Le Seigneur ^ fon MeJJie [ont témoins * c*eft-à.dire , le Seu gnetir @ le Roi quUl a établi. Et ailleurs , ne touches point mes oints ^ ^ ne faites aucun mat à mes frtjipkites. David, animé deTelprit de Di£(J V donne dans plus d'un endroit à Saiil fon beau • père qui le perfécutait , & qu'il ti'avaic pas fujet d'aimer 5 il dortne , dis- je , k ce roi réprouvé 9 & de deflus lequel refprit de l'Eternel s'était retiré , le nom & là qua- lité d'Oint, de MeJJîe du Seigneur. Ditu wtf garde , dit - il fréquemment , de porter ma main fur Point du Seigneur , fur le MeJJie de Dieu. Si le beau nom de Méjfîe , d'oint de TË* tetnel , a été donné à des rois idolâtres 5 à des princes cruels & tyrans , il a été très employé dans nos anciens oracles pour défîgner véritablement l'oint du Seî. gneur , ce Mef&e par excellence , objet du . défir & de l'attente de tous les fidèles d'If- jraël. Ainfi Anne mère de Samuel conclut fon L Roîs ; cantique par ces paroles remarquables , & qui ch. x^« ne peuvent s'appliquer à aucun roi , puif ^' *•• qu'on fait que pour lors les Hébreux n'en avaient point. Le Seigneur jugera les extré^ mités de la iefre ^ il donnera t empire à fon Rôi, il relèvera la corne de fon Chrijl, de fon MeJJte. On trouve ce même mot dans les oracles fuivans ; Pfaume II. '^. 2. Pfaume F' ij g4 Messie; XLIV. i^.8.Jérémieiy. iJr. 20. Daniel JX^* i/-. 16. HabtcucIIt Sl^. 13. Que fî Ton rapproche tous ces divers ora* clés y & en général tous ceux qu'on appli- que pour l'ordinaire au Meflîe , il en réfulte des contraftes en quelque forte inconcilia- blés , & qui juftifient jufqu'à un certain point Fobftination du peuple à qui ces oracles fu- rent donnés. Comment en effet concevoir avant que l'é- vénement Teût fi bien juftifié dans la per- fonne de Jésus fils de Marier comment con« cevoir » dis - je , une intelligence en quelque forte divine & humaine tout enfemble , un être grand & abaifle qui triomphe du dia* ble , & que cet efprit infernal , ce prince des puiflances de Pair, tente , emporte & feit voyager malgré lui , maître & fervitéur , roi & fujet , facrificateur & vidime tout enfemble*! mortel & vainqueur de la mort, riche & pauvre , conquérant glorieux tlont le règne éternel n'aura point de fin , qui doit foumettre toute la nature par fes prodiges , & cependant qui fera un homme de dou- leurs, privé des commodités , fouvent même de l'abfolument néceflaire dans cette vie donc il fe dit le roi , & qu'il vient comblé de gloire (& d'honpeurs , terminant une vie innocen- te, mglheureufe, fans ceâe contredite & tra« Messie. Sf veifèe , par un fupplice également honteux & cruel , trouvant même dans cette humU liation , cet abaiâement extraordinaire , la fource d'une élévation unique qui le conduit au plus au point de gloire , de puiâànce & de félicité , c'eft.à-dire, au rang de la première des créatures. Tous les chrétiens s'accordent à trouver ces caraâères en apparence , G incompati* blés dans la perfonne de Jésus de Nazareth qu'iis^ appellent le Cljrifi i fes feâateurs lui donnaient ce titre par excellence , non qu'il eût été oint d'une manière fenfible & ma- térielle , comme l'ont été anciennement quel, ques rois , quelques prophètes , & quelques facriÊcateurs , mais parce que TePprit divin l'avait défigné pour ces grands offices » & qu'il avait recju l'ondion fpirituelle néceflaire pour cela. A) Nous en étions là fur un article auffl important , lorfqu'un prédicateur Hpllandais $ plus célèbre par cette découverte que par les médiocres produdions d'uiv génie d'ailleurs faible & peu inKruit , nous a fait voir que notre Seigneur Jésus était le Chrift , le Meffie de Dieu , ayant été oint dans les trois plus A) On fupprîma dans les diâlonnalres ( depuis A jufqu'à B ) tout ce paragraphe concernant le prédn cateur Hollandais , parce qu'on le crut hors d'œuvro^ F uj \ $6 M E S s I B. grandes époques de fa vie , j)our être nitre roi 5 notre prophète & nof i;e facrificateur. Lors de fon batème , la voix dii fouverain maître de la nature le déclare fon fils., fon unique , fon bien-aimé > & par-là même fon repréfentant. Sur le Tabor , transfiguré , aflbcié à Moïfe & à Elle , cette même voix furnatureUe Tan- nonce à l'humanité comme le fils de celui qui anime & envoyé les prophètes , & qui doit être écouté par préférence. Dans Gethfemané , un ange defcend du ciel pour le foutenir dans les angoiifes ex* trêmes où le réduit l'approche de fon fup. plice ; il le fortifie contre les frayeurs cruelles d'une mort qu'il ne peut éviter , & le met en état d'être un facrifiçateur d'autant plus ex- cellent qu'il efb lui-même la vidime innocente & pure qu'il va offrir. ' Le judicieux prédicateur Hollandais, dit ciple de rilluftre Cocceius , trouve Phuile (à- cranientale de ces diverfes ondions céleftes, dans les figues vifîbles que la puiflànce de Dieu -fit paraître fur fon oint , dans fon ba- tème l'ambre de- la colombe , qui repréfentait lj5 St, Efpric q;ui defcendic fur lui. Au Tabor, la nue miracideufe qui le couvrit. En Gethfe- mané , lafueur degrufneaux de fang dont tout fon cprps fut couvert. Après cela, il faut pouffer l'incrédulité ï fpa comble pour ne pas reconnaître à ces M B s s I E. ^ tn^s Toint du Seigneur par exctUence , le Meflîe promis > & Ton ne pouraic fans doute aflez déplorer Taveuglement inconcevable du peuple Juif, s'il ne fut entré dans le plan de rinènie fagelTe de Dieu , & n'eût été dani fes vues toutes miféricordieufès , eâèntiel à raCcompliâfement de fon œuvre , & au falut de l'humanité, fi) Mais auilî il &ut convenir que dans Tâtat d'oppreffion fous lequel gémiflàit le peuple Juif, & après toutes les glorieufes promenés que l'Etemel lui avait fait fi fouvent , iVde«> vait foupirer après la venue d'un Meflîe , l'en- vifager comme l'époque de fon heureufè délivrance ; & qu'ainfi il eft en quelque forte excufable de n'avoir pas vouhi reconnaître ce libérateur dans la perfonne du Seigneur Jésus , d'autant plus qu'il eft de l'homme de tenir plus au corps qu'à l'efprit , & d'ë- tre plus fenfible aux befoins préfens , quç flatté des avantage à venir , & toujours in- certains par > là même. Au refte , on doit croire o^Ahroham , & après lui un aflèz petit nombre de patriar- ches & de prophète^ , ont pu fe (aure une idée de la nature du règne fpirituel du A^efSe ; mais ces idées durent refter dans le petit cercle des infpirés \ & il n'eft pas étonnant qu'inconnues à la multitude , ces notions & F aij 1 88 M t s 8 X I. , foient altérées au point que lorfque le Sauveur parut dans la Judée , & peuple & Tes doc- teurs , Tes princes . mêmes , attendaient un monarque , un conquérant , qui par la rapidité de fes conquêtes devait s'aiTujettir tout le monde ; & comment concilier ces idées flat- teufes avec l'état abjed ♦ en apparence mifi. rable de Jbsus- Christ. Auffi fcandalirés de Tentendre s'annoncer comme le Mellie , ils le perfécutèrent , le rejertèrent, & le Brtnt mou- rir par le dernier fupplice. Depuis ce tems- là , ne voyant rien qui achemine i Taccom- pliflèment de leurs oracles , & ne voulant point y renoncer , ils fe livrent à tout-es fortes d'idées plus chimériques les unes que les autres. Ainfi 9 lorfqu'ils ont vu les triomphes de la religion chrétienne y qu'ils ont fenti qu'on pouvait expliquer Ipirituellement , & appli- quer à Jesus-Chkist la plupart de leurs anciens oracles , ils Te font avifés^, con- tre le fentiment de leurs pères , de nier que les paifages que nous leur alléguons duilènt s'entendre du Meflie » tordant ainfi nos fain- tes Ecritures à leur propre perte. > Quelques - uns foutiennent que leurs ora- cles . ont été mal entendus ; qu'en vain on foupire après la venue du Mellîe , puifqu'il ' eft déjà venu en la perfonne A'Ezéchias. C'é- tait le fentiment du fameux HilUL D'autres Mess i e. 89 plu$ relâchés , ou cédant avec politique aux tems & aux cîrconftances , prétendent que la croyance de la venue d'un Mcffie , n'eft point un article fondamental de foi , & qu'en niant ce dogme-on ne pervertit point la loi , on ne lui donne qu'une légère atteinte. , Ceft ainfi que le juif Albo difait au pape , que nier Ja venue du Mellîe , c'était feulement couper une branche de l'arbre fans toucher à la racine. Lt fameux rabin Salomon Jarchy ou Ba^ fchy^ qui vivait au commencement du dou- ziéme fiécle , dit dans /es Talmudiques,que les anciens Hébreux ont cru que le Meflîe était jié le jour de lafi^rnière deftrudtion de Je- rulklemxpar les armées Romaines \ c'eft , com- me on oit , àpjpeller le médecin après la mort. Le rabin Kimchy qui vivait auffi au douziè- me fiécle , annonçait que le 'MeJJb dont il crpyalt la venue très prochaine , chafferait de la Judée les chrétiens qui la pofledaient pour lors 5 il eft vrai que les chrétiens perdirent la Terre-Sainte j mais ce fut Salàdin qui les vain* quit : pour peu que ce conquérant eût protégé les Juifs , & fe fût déclaré pour eux , il eft vraifemblable que dans leur entoufiafme ils en auraient fait leur Meflie. Les auteurs facrés , & notre Seigneur Jésus li}i - même «comparent fou vent le règne du MeJJle & réternelle béatitude à des jours de noces , à des feftins i mai$ les.talmvidiftes 90 Messie* ont étrangement abufé de ces paraboles i félon eux , le Meffie donnera à Ton peuple rad ^ femblé dans la terre de Canaan , un repas * dont le vin fera celui qu^ Adam lui-même fit dans le paradis terreftre , & qui le conferve dans de vaftes celliers , creufés par les anges au centre de la terre. On fervira pour entrée le fameux poiffon , Appelle le grand Léviathan , qui avale tout d'un coup un poiiTon moins grand que lui f lequel ne laiâe pas d^avoir trois cent lieues de long f toute la maflè des eaux eft portée fur Léviathan. Dieu au commencement en créa un mâle & un autre femelle ; mais de peur qu'ils ne renverfaiint la terre , & quHIs ne rempliflènt l'univers de leurs femblables , DiBU tua la femelle , & la fala pour le feftin ilu MeJJîe. Les rabins ajoutent qu'on tuera pour ce repas le taureau Béhémoth , qui eft fi gros qu'il mange chaque jour le foin de mille montagnes : la femelle de ce taureau fut tuée au commencement du monde , afin qu'une efpèce fi prodlgieufe ne fe multipliât pas , ce qui n'aurait pu que nuire aux autres créa- tures i mais ^Is apurent que l'Eternel ne la fala pas , parce que la vache falée n'eft pas fi bomie que la léviathane. (^es Juifs ajoutent encor fi bien foi à toutes ces rêveries rabî- niques , que fouvent ils jurent fur leur part du bœuf Béhémoth , comme quelques ■V Messie. 9r ihrétiens impies jurent fur leur paît du paradis. Après des idées fi grofEères fur la venue du Meffîe , & fur fon règne , faut - il s'éton- ,ner , fi les Juifs tarit anciens que moder- nes 9 & plufieurs même des premiers chré- tiens , malheureufement imbus de toutes ces rêveries , n'ont pu s'élever à Tîdée de la nature divine de Point du Seigneur , & n'ont pas attribué la qualité de Dieu au Mtjjie ? Voyez comme les Juifs s'expriment ^ là - deflus dans l'ouvrage intitulé Juàdà Lùjî* tant qu£jliones ai Ciiriftianos b ). „ Reconnaî- j5 tre y difent - ils , un homme - Dieu , c'eft ,, s'abufer foi-même, c'eft fe forger un monC ^ tre , un centaure , le bizarre compofé de yy deux natures qui ne fauraient s'allier." Ds ajoutent que les prophètes n'enfeignent point que le MeJJie fbit homme - Dieu , qu'ils diftinguent expreflcment entre DiEu & Da- vid , qu'ils déclarent le premier maître & le iècond ferviteur ,' &c. Lorfque le Sauveur parut , les prophéties , quoique claires , furent malheureufement obd curcies par les préjugés fucés avec le lait. Je- sus-G»MST lui-même , ou par ménagement » ^u pour ne pas révolter les efprits , paraît extrêmement réfervé fur Tarticle de fa divi- nicé i ii voulait , dit St. Chryfoftome , accon^ b) Q««JÎ, I. II. IV. iXXIII. &ç. 9% M B 8 f I E« fumer infenjiblement fes auditeurs à croire tôt myftère fi fort élevé au-dejfus de la raifon. S'il prend Vautorité d'un Dieu en pardon^ nanc les péchés , cette aâion foulève tous ceux qui en font les témoins i Tes miracles les plus évidens ne peuvent convaincre de fa divinité , ceux même en faveur defqucls U les opère. Lorfque devant le tribunal du fou- verain facrifickeur , il avoue avec un modefte détour qu'il eft le fils de D i E u , le grand- prêtre déchire fa robe & crie au blafphèmc. Avant l'envoi du St. Efprit , les apôtres ne foupqonnent pas même la divinité de leur cher maître \ il les interroge fur ce que le peuple penfe de lui ; ils répondent , que les uns le prennent pour Elle , les autres pour Jérémie , ou pour quelqu'autre prophète. St. Pierre a befoin d'une révélation particu* lière pour connaître que Jésus eft le Chrift» le fils du Dieu vivant. Les Juifs rpvoltés contre la divinité de Jbsus* Christ ont eu recours à toutes for* tes de voies pour détruire ce grand myftère; ils détournent le fens de leurs propres ora- cles , ou ne les appliquent pas au MeJJtei ils prétendent que le nom de Dieu , Elpï» n'eft pas particulier à la Divinité , & qu'il fc donne même par les auteurs facrés aux juges» aux magiftrats , en général à ceux qui font élevés en autorité; ils citent en effet un très grand nombre de paflàges des faintes Ecritu* M I s s I f. 93 tes , ^uî juftifienî cette obfçrvation , mais qui ne donnent aucune atteinte aux termes exprès/ des anciens oracles qui regardent le MtJJîe. Enfin ils prétendent que (î le Sauveur, & après lui les évangétiftes , les apôtres & tes * premiers chrétiens , appellent Jésus le fils de Dieu , ce terme augufte ne fignifiait dans ks tems évangéliques , autre chofe que i'op- pofé des fils de Bilial^ c'èft-à- dire, homme de bien , ferviteur de Dieu 5 par oppofitioa a un méchant , un homme qui ne craint point Dieu. Si les Juifs ont contefté à Jésus- Christ la qualité de MeJJîe & fa divinité , ils n'ont rien négligé auflî pour te rendre méprifable , pour jetter fur fa naiffance, fa vie & fa mort, tout le ridicule & tout l'opprobre qu'a pu imaginer leur criminelacharnement. De tous les ouvrages qu'a produits l'aveu- glemeht des Juifs , il n'en eft point de plus odieux & de plus extravagant que le livre an«i cî^n intitulé Sefher Toldos Jefchut , tiré de la poujffière par Mr. Vagenfeil dans le fécond tome de fon ouvrage intitulé Tela ignea , ^c^ Ceft dans ce Sefher Toldos Jefchut , qu'on lit une hiftoire monftrueufe de la vie de notre Sauveur forgée avec toute la pafEon & la mauvaife foi pollîbles. Ainfi , pgr exemple » iis ont ofé écrire qu'un nommé Panther ou Vanàera habitant de Bethléem , était devenu p4 M B s $ 1 tf. amoureux d^une jeune ibmme tneriée à jokd^ nam. Il eut de ce commerce impur un fiis qui fut nomtpé Jefua ou Jeftu Le père de cet enfent fut obligé de s'enfuir , & fc retira à Babilone. Quant au jeune Jefu » on Ven* voya aux écoles ^ mais ^ ajoute l'auteur > il eut l'infoletice de lever la tète , & de {ë découvrir devant les facrificateur« 5 au « lieu de paraître devant eux la tète baiflee , & le vifage couvert i comme c'était la coutume i hardiefle qui fut vivement tanfée ; ce qui donna lieu d'exa« miner fa naiâance , qui fut; trouvée impure 9 & l'expofa bientôt à l'ignominie. Ici le fage & favant auteur détaille les ab« furdités de ce livre , & les réfute enfuite. Il pafle en revue tous les faux meffies t & particulièrement Sabathei Sévi qui fit tant de bruit en 1666. Voyez fon article dans VHtfioire générale des mœurs ^ de Peffrit^ des nations. MÉTAPHYSIQUE. JRans nàturam , au delà de la nature. Mais cje qui eO; au delà de la nature eft-il quelque chofe? par nature on entend donc matière i & métaphyfique cft ce qui n'eft pas matière. MÉTAÎHYSIQ.UB. S>^ Par exemple , votre raîfonnement qui ii'eft ni long ni large ^ ni haut , ni folide , rd pointu. Votre ame à vous inconnue qui produit votre raifonnement Les efprits dont on a toujours parlé , auxquels on a donné longtems un corps (î délié qu'il n'était plus corps , & auxquels on a ôté enfin toute ombre de corps , fans (avoir ce qui leur reliait. ^ La manière dont ces efJ3rits Tentent fans avoir l'embarras des cinq fens , celle donc ils penfentfans tète , celle dont ils fe communi- quent leurs penfées fans paroles & fans lignes. Enfin , DiBU que nous connaiflbns par fes ouvrages , mais que notre orgueil veut définir ; Dieu dont nous fentons le pouvoir immenfe , DiEii entre lequel & nous eft i'abime de l'infini , & dont nous ofons foa- der la nature. Ce font là les objets^ de la métaphylique. On pourait encor y joindre les principes mêmes des mathématiques , des points fans étendue , des lignes fans largeur > des furfe- ces fans profondeur , des unités divilibles à l'infini &c. Bayk lui-même croyait que ces objets €taient^ des êtres de raifon 5 mais ce ne lont en eâ^t que les chofes matérielles conlidérées dans leurs maifes , dans leurs fuperficies , 4ans leurs limples longueurs ou largeiurs i 4 95 MéTAPHY«IQ.iyif dans les extrémités de ces (impies longueurs ou largeurs. Toutes les mefurés font juftes & démontrées , & la métaphyfique n*a rien à voir dans la géométrie. C'eft pourquoi on peut être métaphyfîcieti fans être géomètre. La métaphyfique eft plus amufante h c^eft fouvent le roman de l'efprit. En géométrie , au contraire , il &ut calculer » mefurer. Ceft une gène continuelle , & plu. fîeurs efprits ont mieux aimé rêver douce^ ment que fe fatiguer» M I R A C L ES. DÉfiniâe2 les termes , vous dis-ie , ou jamais nous ne nous entendrons. Miror culwn res miranda , frodigium , portmtwn tnonjhrum. Miracle , chofe admirable ; proii^ gtiim , qui annonce chofe étonnante ; porten- tum , porteur de nouveauté ; monfirtwt , chofe à montrer par rareté. ^ Voilà les premières idées qu'on eut d'a- bord des miracles. Comme on rafine fur tout , on rafina fur cette définition ; on appella miracfe et S|ui eft impofiible à la nature. Mais on ne bngea pas que c'était dire que tout miracle eft M I E A C L t «4^ -^f td réelleriienc impoiliblet Car ^qu'eftce àue^ h nature ? vous entendez par ce mot Tordrii éternel des choies. Un miracle ferait donc im^ poffible jdans cet ordre. En. ce^ {èns DiEU nei pourait faire de miracle^ Si vous entende:^ pat mirade un t&t âonb vous ne pouvez voir la caufe., eu ce fens tout efl: miraclei Uattraâion & la direétion de Taimant font des miraclôs continuels. Un Umaqon auquel il revient une tète eft un miracle. La naiûaïKe dé chaque animal , la produdtion de chaque végétal {ont des mjià« çles de tous les jours. > Mais nous fomnies fî accoutumés à ceit prodiges , quMls ont perdu leur nom d'admU xables , de miraculeux. Le canon n'étonne plus les Indiens. , Nous nous ibmmes donc lait une autre idée de miracle. C'cft , félon TopinionJ vul- gaire , ce qui n'était jamais arrivé , & ce qui n'arrivera jamais. Voilà l'idée qu'on fe forme de la mâchoire d'âne dQ'SamfoH > des difcour» de l'ànefle de Balaatn , de ceux d'un ferpent Avec Eve , des quatre chevaux qui enlevèrent Elie i du poiflbn qui garda Jonas foixante Sc douze heures dans fon ventre , des dix plaies d\^gypte , des murs de Jérico , diâ foleil & de Itf lune arrêtés à midi , 4^g* IRc. &c. &c. Huitième $(frtiu G \ /pS M I 11 1 C L Ê ». • Pour croire un miracle , ce n'eft pas zftet 4e ravoir vu i car^ on peut fe troriiper. On appelle un fot , témoin de miracles : & non<<» feulement bien des gens penfent avoir vu •ce qu^ils n'ont pas vu , & avoir entendu- ce qu'on ne leur a point dit \ non-feulement ils font témoins âe miracles > mais ils font» fujets de miracles. Ils ont été tantôt mah* des , tantôt guéris par un pouvoir furnatu- reL Ils ont été changés en loups ^ ils ont traverfé les airs fur un manche à balai $ ils •nt été incubes & fuccubes. n faut que le mihicle ait été bien vu pat Vn grand nombre de gens très fenfés , fe portant bien , & n'ayant nul intérêt à la chofe. Il faut furtout qu'il ait été folem-* nellement attefté par eux. Car fi on a befoin de formalités autentiques pour le; aâes les plus fimples , comme l'achat d'une maifon , vn contrat de mariage , un teftament ; quelles formalités ne fkudra-t-il pas pour confiatec des chofes naturellement impofSbles , & dont )e deftin de la terre doit dépendre ? Quand un miracle autentique eft fait , il ne prouve encor rien ; car l'Ecriture vous dit en vingt endroits que des impofteurs peu* vent faire des miracles ; & que fi us homme après en avoir &it , annonce un autre Dieu ^u» ^ D(fiv des Juiis » il &ut le lapider» \ Ai i R A C L È 1 $i| On exige.donc que la dodlrine fôit appuyée ^àr les miracles , & les miracles par ht dodrine. Ce ii'eft point éncox afler Conimé uti •fripon peut prêcher une tr^s bonne morale pour mieux féduire 9 & qu'il efl: reconnu que des fripons , comme les forciers de Pha- raon 9 peuvent faire des miracles , il faut x}ue ces miracles foient atinoncéâ pfat des prophéties; Pour être fur de la vérité dé ces prophé- tics , il faut les avoir entendu annoncer clai- •tement , & les avoir vu s'accomplir réelle- hietit. ( Voyez Prophétie. ) Il faut pofledéi^ parfaitement la langue dans laquelle elles font' corifervée^. ' ' Il ne fuffit pas même que vous foyez té- moin de leur accompliifemeht niiraculeux : car vous pouvez être trompé par de faufles apparences. Il eft néceflaire que le miracle & la prophétie foient juridiquement confiâtes pair les premiers de la nation ; & encor (e trouvéra-t-il des douteurs* Car U fe peut que la nation fbit intéreflee à fuppofer une pra« phétie & tm miracle j & dès que Tiptérèt ^'en mêle, ne comptez fur rien. Si un mira» cle prédit n'eft pas auifi public , aixiS avéré, qu'une éclipfe annoncée dans l'almatRach^ 9 y / Q / "toc M I R A C L B'^. foyez fur que ce miracle n'eft qu'un tour de gibecière , pu un conte de vieille. Les miracles des premiers tems du chriC tianifme font inconteftables % mais ceux qu'oa £iit aujofurd'hui n'ont pas la même autencû cité. Citons à ce propofce que j'ai lu dans un petit livre curieux. , On fouhaiteràît , par exemple r pour ^y qu'un miracle fut bien conftaté , qu'il fût ,5 fait en préfence de l'académie des îciences 55 de Paris , ou de la fociété royale de Leti'- ^ dres , & de la faculté de médecine , aflîC ,5 tées d'un détachement du régiment des ,, Gardes , pour contenir la foule du peuple , ^ qui pourait par fon indifcrétion empêcher 53 l'opération du miracle. ' ,5 On demandait un jour à un philofophe ^ „ ce qu'il dirait , s'il voyait le foleil s'arrè^ y, ter , c'cft-à dire , fi le mouvement de la ,5 terre autour de cet aflre ceflait ; fi tous les 55 morts relfufcitaient , & fi toutes les mon« 55 tagnes allaient fe jetter de compagnie dans 55' la mer , le tout pour prouver quelque vérité 5^ importante , comme par exemple , la grâce 5JJ verfatile?.Ce que je dirais , répondit le ^ philofophe , je me ferais manichéen 5 je ^ dirais qu'il y a un principe qui défait ce que „ l'autre a fkit. / Miracles. SeS. IL ko? S£CTION SECONDE. Un gouvernement théocratique ne peut ^tre fondé que' fur des miracles , tout doit y être divin. Le grand fouverain ne parle aux hommes que par des prodiges j ce font là fes minittres & fes lettres - patentes. Ses ordres font intimés par TOcéan qui couvre toute la terre pour noyer les nations , ou qui ouvré le fond de fon abîme^ pour leur donner pat fage. ■ Âuflî vous voyez que dans Phiftoire juive tout e(l miracle depuis la création à^Adam & la formation d^Eve , pétrie d'une côte d'Adam , jufqu'au melch ou roitelet Safil»' Au tems de ce Saiil la théocratie partage ' cncDr le pouvoir avec la royauté. Il y a encor par conféquent des miracles de tems en tems ; mais ce n'eft plus cette fuite éda^-. tante de prodiges qui âouneut continuelle- ment la natyre. On ne renouvelle point les dix plaies d'Egypte ; le foleil & la lune ne s'arrêtent point en plein midi pour donner le tems à un capitaine d'exterminer quelques fuyards déjà écrafés par une pluie de pierreux tombées des nues. Un Samfon li'extermine plus mille Philiflins avec une mâchoire d'âne. Les âneilès ne parlent plus , les murailles ne tombent plus au fon du cornet ; les viUes ne &at plus abîmées dans un lac par le feu du G iij / y 'ÏC2 M l K A Ç (. E S. SeSIf. IL ciel ; la race humaine n'ed plus détruite par le déluge. Mais le doigt de Difeu fe mani- , fefte encore ; Tombre de Saiil appâtait à une magîbienne. Dieu lui-même promet à David qu'il défera les Philiftins à Baal-pharafim. Roîs liv. Dieu affembk fbn armée célejle du tems %iu cluip. d'Achab , ^ demande aux efprits , Qui ç/î-c« ^xiu qui trompera Acbab , Ç^ qui le fera aller à la , guerre cofttre Ramoth en Galgala ? ^ un on ne voit pas que Çifçvr eii* eut avec Vénus ^K{\xo\ qu'il def- ocndît d'elle en drpite ligne. Le monde va' t:oûjours » diuon , fe raânant un peu. • Mais après s'être tiré d'un bourbier pour quelque. tems , il retombe dans. un autre ; à des fîécles de politeâè fuccèdent des fiécles' de barbvie. Cette barbarie eft enfuite chaC iee i puis elle reparait 5 c'eft l'alternative con^ liquelle du jour & de la nuit. , 5 B Q t l O N T R O I SI i MB, ' ' ' • ' \ ] ': r , pç Ceuoê qui ont eu la témérité impie de .Mer abjolufiient là fé alité des miracles de * Jbsu^-Chiosx. • fi'lPftrtnî les modernes , Thmas Vf.o^n doc Isejur, de Ç^inbrid^ , fut le premier y ee me dfcmble y.qui ôfan'adînettre dans les Evangi- les qu'un fens typique i^ allégorique , cntié-i jrement fpirituel , & qui foutint effrontément iqu'»\icun' des ^rtnracles de;Jwu$ n'avait été i^m^ïït <)rpéré. ^l ççrivit ftns ;méthqcle , t > \ MiKACLBS. SeB. IIL lof fans art , d'un ftile confiw & greffier ; mais non pas fans vigueur. Ses fix difcoprs con- t tre les miracles de Jksus- Christ fe ven. daient publiquement à Londres dans fà pro- pre maifbn. Il en fit en deux ans , depuis 1737 jufqu^à 1739 , trois éditions de vingt mille exemplaires chacune ; '& il eft difficile aujourd'hui d'en trouver chez les libraires. • Jamais chrétien n'attaqua plus hardiment le chriftianifme. Peu d'écrivains refpedèrent moins le public , & aucun prêtre ne fe déclara plus, ouvertement l'ennemi des prêtres. Il . ofait même àutôriler cette haine de celle de Jésus -Christ envers les pharifiens & le$ fcribcs > & il difait qu'il n'en ferait pas comme lui là vidlime , parce qu'il était venu dans un jtems plus éclairé. Il voulut à la vérité juftifier là hardieflè en fe fauvant par le (eus myftique; mais il em- ployé des expreffions fi! méprifantet & fi in- Jurièufes 5 que toyte oreille chrétienne en ci^ ôfFcnfce. : > . ' Si on; l'en ctolt , le diable envoyé' par Tom. L jBsus-^CHRisT.dans.le corps de deux mille pag. }<• cochons , çfl; un vol fait au proptiétaire de ces animaux. Si on et^ difait autant de Mahe^ met on le prendrait pour un méchant forcier àvizard^ un efclave Juré du dîablcij^ afi^orn favetù thç dcvii Et file maître deij cochons , .1 ? / 1 106 Miracles, Se3. IIL & les marchands qui vendaient dans la pre-^ mière enceinte du temple des bètes pour les Tùi^A» {àcrifices , & que Jbsus chaâa à coups da FS' 39- fouet , vinrent demander juftice quand il fiit arrêté , il eft évi4«nt qu'il dut être con« damné , puifqu'il n'y a point de jurés en Angleterre qui ne Teuflènt déclaré coupable. Pag, f t, n dit la bonne avanture à la Samaritaine comme un franc Bohémien ; cela feul fuifi. fait pour le faire chaflèr comme Tibère en ufait alors avec les devins. Je m'étonne , dit il , que les Bohémiens d'aujourd'hui, lœ Gipfy 9 ne fe difet^t pas les vrais difciples de J:isus , puifqu'ils font le même métier. Mais je fuis fort aife qu'il n'ait pas extorqué de l'argent de la Samaritaine comme font nos prêtres modernes , qui fe font largement payée '*£• SJ- pout leurs divinations. Je fuis les numéro des pagres. L'auteur paue de là à l'entrée de Jésus - Chuist dans Pag. 65. Jérulàlem. On ne fait , dit- il , s'il était monte fur un âne , ou fur une âneâe , ou fur un ânon,, ou fur .tous les trois à la fois. Fag, 66, Il compare Jésus tenté par le diable à . St. Dunftan qui prie le diable par le nez , & il donne à St. Dunjlan la préférence. • A l'article du miracle du figuier féché pow n'avoir pas por.té des figues hors de la iki- I MiHACLES. SeB. Ut. 107 ion ; c'était , dit- il , un vagabond , unTroifié^ gueux , tel qu'un^ère quêteur » a wanderer me di(« ^ mendicant like a frygr » & qui avant de ^^"^^ fe faire prédicateur de grand chemin , n'avait P'Ç *• . . été qu'un miferable garçon charpentier ^no, hetiet than a» joumey man carpeftter. Il e& furpreuant que la cour de Rome n'ait pas parmi fes reliques quelque, ouvrage de fk {açon , un efcabeau , un caflè - noiktte. En un mot , il eft difficile de pouflcr plus loin le blafphème. p Il s'égaye fur la pifcine probatique de ^ Betfaida , dont un ange venait troubler l'eau tous les ans. Il demandç comment il ie peut que ni Flavien Jofepb , ni Philon n'ayent point parlé de cet ange , pourquoi St. Jean eft le feul qui raconte ce ràiracle aniiuel , par quel autre miracle aucun Romain ne vit '^^S* ^ jamais cet ange , Sç n'en * entendit jamais parler. L'eau changée en vin aux noces de Cana t excite , félon lui , le -rire & le mépris de tous les hommes qui ne font pas abrutis par U fuperftition. ■ - , . • Quoi ! s'écrie-t-il , Jean dit cxpreflement Quatrîé- que les convives étaient déjà yvres , methuf ^ç ^jf. ^ fojif & Ol£U defcendu fur la terre opère ion cours premier miracle pour les &ire boire encore ! pag» } <• / lo8 M ï R A c L B s. SeS. IIL Dieu fait homme commença fa mîflîoti par aflîfter à une çoce dt village. Il n'eft ) pas certain que Jésus & fa mère fuflènt yvres lP*fr3** comme U relie de la compagnie, Whether . Jefus and his mothcr them felve ivçre ail eut as were others of the compcmy , if is not cer^ tain. Quoique la familiarité de la dame avec un (bldat (àile préfumer qu'elle aimait la bou- teille 9 il parait cependant que fon iils était en pointe de vin , puifqu'il lui répondit avec Pag. ^ tant d'aigreur & d'infolence , Wafpîshly and Jnapishly. Femme , qu*ai« je à foire à toi ? Il parait par ces paroles que Marie n'était pdint vierge , & que JesuS n'était point fon fils ;- ^ autrement , Jésus n'eût point aînfî infulté fon père & fa mère , & violé un des plus facrés commandemens de la loi. Cependant , il foit ce que fa mère lui demande , il remplit dix- huit cruches d'eau & en foit du punch. Ce Ibnt" les propres paroles de Thomas Woljlm. Elles faiûifent d'indignation toute ame chrétienne. C'eft à regret ,' c'eft en tremWant que je rapporte ces paâages ; mais il y en a eti foi> xante mille exemplaires de ce livre , portant tous le nom de l'auteur , & tous vendus publiquement chez lui. On ne peut pas dirô que je le calomnie. • C'eft aux morts reflufcités par Jésus- Christ qu'il en veut principalement. Il %• M I K A € L 1 s. &af. ///. lojf affirme qu'un mort reflufcité eût été Tobjeç de rattention & de rétomiement de Tunû vers > que toute • la magiftrature juive , quQ furtout Filate en auraient fait les procès ver-> baux les. plus autentiques ; que Tibère ordon^ naît à tous les proconfuls » préteurs , pré(i« dens des provinces de l'informer exaâement de tout » qu'on aurait interrogé Lazare qui avait été mort quatre jours entiers , qu'oa aurait voulu favoir ce qu'était devenue £00, ame pendant ce tems-là. Avec quelle curipGté avide Tihère , & tout le fénat de Rome ne l'eût - il pas interrogé % & non^feulement lui , mais la fille de Jan? & le fils de Naïm ? Trois morts rendus à la vie auraient été trois témoignages de la divinité de Jésus , qui auraient rendu en un moment le monde entier chrétien. Mais au contraire , tout l'univers ignore pendant plus de deux fiécles ces preuves éclatantes. Ce n'éfl: qu'au bout^ de cent ans que quelques hommes obfcurs fe montrent les uns aux autres dans le plus grand fecret les écHts qui contiennent ces miracles. Quatre-vingt-neuf empereurs , eq comptant ceux à qui on ne donna que le nom de tyrans , n'entendent jamais parler de ces réfurredions qui devaient tenir toute là nature dans la furprife. Ni l'hiftorien juif Flavien Jofeph , ni le fayanc JPhihn , ni aucun hiftorien Grec ou Romain ne fait mention de ces prodiges. Enfin , IVolf- \ \ \ î la MlÀACLES. Se&. Ut. ton a l'impudence de dire que Thiftoire dii Lazare cft fi pleine d'abfurdités , que St. Jeail radotait quand il récrivit. Is fô hrimfuU of abfurditiei that St. Jofm , tvben h wrote it l)ad iivd beyand bis fenfès. pag. 38.tom. IL Tôm. IL Suppofonè , dit Wolfton , que Dieu en* PS* 47* ^^y^^ aujourd'hui un ambaââdeur à Londres pour convertir le clergé mercenaire , & que cet ambaâkdeur reflufcitât des morts , que diraient nos prêtres? f II blarphëttie l'incarnation , la réfurreâion , Tafcenfion de Jesus-Christ fuivant les mê- Tmà. IL mes principes. U appelle ces miracles , l'im* difcours pofture la plus efFrontée & la plus manifefte >*tP**7« qu'on ait jamais produite dans le monde. The mofl mantfeji , ^ the mùfl barefaced im^ pofture thât ever vas put upon the world. Ce qu'il y a peut-être de plus étrange encore , c'ed que chacun de ces difcours eft dédié à un -évèque. Ce ne font pas alTuré- ment des dédicaces à la françaife. Il n'y af ni compliment ni fiatterie. Il leur reproche lei^r orgueil , leur avarice , leur ambition , leurs cabales ; il rit de les voir fournis aux loix de l'état comme leâ autres citoyens. A la fin , ces évêques laâes d'être outrai gés par un fimple membre de l'univerfité 2e Cambridge » implorèrent contre lui les M I K A C L B s. Se3. lit. III loix au2tquels ils font aflbjettis. Ils lui in* tentèrent procès au banc du roi pardevant le lord juftice Raimm en 1739. tVolfton fut tvXs ' en prifbn & condamné à donner caution pour cent cinquante livres fterling. Il ne mourut point tn prifon , comme il eft dit dans quelques-uns de nos diétionnairçs fait» au. hasard. Il mourut chez lui à Londres après avoir prononcé ces paroles , 7%î/ is a fajf that every man mufi €onie to. Ceft un pas que tout homme doit faire. Qpelque tems ayant & mort , une dévoti le rencontrant dans la rue , lui cracha au vifagô s il s'efluia , & la falua. Ses mœurs étaient fimples & douces s il s'était trop en- tète du Tens myftique , & avait, blarphémé le lens littéral. Mais il eft à croire qu'il fe repentit à la mort , & que Dieu lui a fki( mifericorde. En ce même tems parut en France I9 telbment de Jean Mêlier cùré de But & d'Etrepigni en Champagne , duquel nous avons déjà parlé à l'article ContradiSion. C'était une chofe bien étonnante & bien trifte , que deux prêtres écriviflcnt en mème^ tems contre la religion chrétienne. Le curé Milier eft cncor plus emporté que Wolfton 1 & ce qui eft plus déplorable , c'eft qu'il écri- rait des blafphèmes contre Jfisus- Christ ii2 Miracles* SeSf. III. prefque dans les bras de la mort. Trop pé». nétré de quelques injuftices de Tes {upérieurs ^ trop frappé des grandes difficultés qu'il trou-r vait dans TEoriture , il fe déchaîna contre elle. On a imprimé plufieurs abrégés de fon livre : mais heuréufement , ceux qui ont en main Tau* torité , les ont fupprimés autant qu'ils l'ont pu^ Un curé de Boilne-Nouvelle près de Paris écrivit encor fur le même fujet j de forte qu'en même tems l'abbé Recheran & les aiu très convulfionnaires fefaient des miracles » & trois prêtres écrivaient contre les mira* clés véritables. / ^ • Le livre .le plus fort contre les miracles & contre les prophéties , eft celui de mylord Bolingbroke.'à) Mais par bonheur , il eft fi vo- lurairwux , fi dénué de méthode , fbn ftile «ft fi verbeux , fes phràfcs fi longues , qu'il feut une extrême patience pour le lire. Il .s'eft trouvé des cfprits qui étant en- chantés des miracles de Moïfe & de Jofué^ n'ont pas eu pour ceux de Jésus -CitRisT la vénération qu'on leur doit y leur îmagi* nation élevée, par le grand fpeâade de la mer , qui ouvrait fes abîmes & qui fiifpen-r ^ dait fes flots pour laiflTer pafler la horde hé- braïque j par les dix plaies d'Egypte , par les aftres qui s'arrêtaient dans leur courfe fur Gabaon tf) Eafix volumes» ' *^ I À M t K A C L B s. SeU. m nj 'Cabaon & fur Aïaloti &c. ne pouvait plus fc rabatirer à de petits miracles comme de Teau (Rangée en vin i un. Bguier feché , des cachons noyés dans un "Tac. Vaghenfel dlfatt avec impiété , que c'était entende ïfte chanfon de viltagè au forcie d'un grand concert. H4 Miracles. Se3. III. la religion chrétienne ; ce font desjuiFs dîA n^ens qui Te fonc joints à des platoniciens. Il n'y a pas un dogme du chriÂiaiùrme qui ait été prêché par JEsus-CnaiST. ^ Ced ainH que r^onnent ces hommes té- méraires , qui ayant à la fois refprit hux & audacieux , ofetit juger les œuvres de Dieu ■ & n'admettent les miracles de l'anciçi^ Tefjhu Aient qu« pour rejetter tou? cpuy du nouveau. "De' ce nombre fut malheureuff meut ce rtiàlheureux prêtre de Pont-à^Mquâbn en X^rca.me,nomïaé Nicolas ^itfoive-i on ne lui connâik point. ct'ag.tre nom. Ayant ret^u ce qu'on appelle Tes quatre mineurs en Lpr- raiiie, lé prédîcant Jèrri en paffant à Poiit. à-MouiTon 'lui do^ha de grands Icrupules* iifije(irs étaient ! defefpécé de £t enacer par t^^nte , & fut ;>«W- i.io ,, tis ,, â çryt iqu« Ibtii-cpijtreiiles ^1. plufï .,^^LHI ^nçs^ ;Oii ,tiV, Rafieuç „U;ayft t avec. UR petit ivùt perfuadé ^ • i^w^ peint, .do Miracles, ^^âf. ///. iif D^abprd le roimftre NTColar/1nioinei*zhStint de* prononcer le nom de Jésus- Christ dans fes fermons & dans Tes prières. Mais bientôt échauffé & enhardi par l'exemple des iaints juifs qui profeflkiént hardiment le judaïfme devant les princes de Tyr & de Babilone » il s'en alla pieds nuds à Genève oonfefler devant les juges & devant les.* noncer le nom de Jésus -: Christ , ou du xm>ins à l'entendte prononcer fans grincer Us dents comme il lui arrivait toujours. Ils ajoutèrent que les loix foufiraient les juifs , qu'il y en avait huit mille à Rome , que beaucoup de msurchands font de vrais juins ; Sl que pmfque Rpms admettait huit mills TT •• H ij titf M I & A C L B s. SiS. IW enfàns de la fyhagogue , Genève j^ouvait bîeti en tolérer un. A ce mot de toUrana^ les autres pafteurs en plus grand nombre , grinçant des dencs beaucoup plus q\x^ Antoine au nom de Jbsus* Christ , & charmes d^atUeurs de trouver une occafion de pouvoir (aire brûler un homme, ce qui arrivait très rarement» (tirent abfolument pour la brûlure. Ils dé. cidèrent que rien ne fervirait mieux à ra£. fermir le véritable chriftianirme ; que les Eu pagnols n'avaient acquis tant de réputation dans le monde que parce quHls fefaient brû« 1er des )ui(s tous les ans ; & qu'après tout » fi .Tancien Tèltament devait l'emporter fur le nouveau , Di£U ne manquerait pas de venir éteindre lui •« même la flamme du bûcher , comme il fit dans Babilone pour Sidracs Mifac & Abdenagoi qu'alors on reviendrait à l'ancien Teftament ; mais qu'en attendant il falait ab/blument brûler Nicolas Antoine^ ^ Partant , ils conclurent /^ ôter U médiane $ ce font leurs propres paroles. Le fyndic &ra/«. & le.fyndîc Godefroi 9 qui étaient de bonnes tètes, trouvèrent le raifonnement du fànhédrin Genevois admi- rable y & comme les plus forts v i's condam« nèrent Nicolas Antoine le plus faible va moo^ rir de la mort de Calanus & du confeiller Dubourg. C^a fut exécuté le 20 Avril 169% dans une très belle, place champêtre appellée JPlain-falais » en ptéfence de ving^t mille honi| JMiRACLBs. SâB. UL itff mes^qui béni&ient la nouvelle loi, & le grand tsns du fyndic Sarajm & du iyndic GodefroL Le Disu d'Abraham , à'ifaac & de Jacîà ne renouvella point le miracle de la ibur« naife de, Babilone en faveur à' Antoine. Abauzît , homme très véridique , rapporte dans Tes notes, quHl mourut avec la plus grande cohftanee , Se qu'il perfifta fur le bu* cher dans Tes fentimens* il ne s'emporta point contre Tes juges lorfqu'on le lia au poteau ; il ne montrs ni orgueil ni bafleflè » il ne pleura point , il ne^ foupira point , il fe téiîgna. Jamais martyr ne confbmma fon fàcrifice avec àlne foi plus vive i jamais phi« lofophe n'envifagea une mort horrible avec plus de fermeté. Cela prouve évidemment que fa folie n'était autre chofe qu'une forte perfuaiion. Prions le Dieu de l'ancien & do nouveau Telhment de lui &ire miféricorde. • J'en dis autant pour le jéfuite Malagrida qui était encôr plus fou que Nicolas Antoine , pour l'ex-léBiite PatouiUet. 4 pour l'ex-jéfoite Paulian 9 fi jamais on les brûla Des écHvains en grand nombve qui oot eu le malheur d'être plus phitofophes que chrétiens, ont été aflèz hardis pour nier les miracles de noire Seigneur. Mais après lés quatre prêtres dont nous avons parlé , il ne &ut plus citer perfonne. Plaignis que nous n'approuvons poifttdu tout cette plaifanterie. ) Si fon excellence monfîeur le comte n^eft p^ perfuadé de Tautenticité de nos miracles t en récompenië fon excellence madame la t^anitelTe avait une foi qui était bien confb- lante. J'ai eu Tagrément de lire quelquefois St. Matthieu avec elle , quand monfeigneur JSfait Çiêérm , Virgile , EpiSete , Horace ou Mè^C' Antoniff dans fon cabinet. Nous en .«U<»QS un jour^à ces paroles du chap. XVIL M I K A C L 1 s. SéSt. If. if^ Je vous dis en vérité que quand vous auret de la foi gros CQmme un grain de moutarde » vous direz à mie montagne y range - toi de là « & aujjî-tbt la montagne fetranfporter a de fa place. Ces paroles excitèrent la curiofîté, & le zèle de^ madame. Voilà une belle ocx^* fioii , me dit -elle, de convertir monfieur ii%on mari. Nous avons ici près une ttion* tagne qui nous cache la plus belle vue du . monde : vous avez de la foi plus quHl n^ "^n a dains toute la moutarde de Dijon qui eft dans mon office \ j'en ai aufli : difons un mot à la montagne , & (virement nous au^ ^ rons le plaifir de la voir fe promener par 4es airs. J'ai lu dans Thiftoire de St. Dunf tan y qui eft un &meux iàint du pays du jéimterNéedlmm , quHl fit venir un jour une montagne d'Irlande en Baâe- Bretagne, lui donna fà bénédiction & la renvoya chez elle. Je ne doute pas que vous n'en Ëifliez autant que St. Dunjian , vous qui êtes réformé. Je m'excufai longtemé fur mon peu de crédit auprès du ciel & des montagnes: Si * Mt.Clap. profeâèur en géologie était ici, lui dis-je , il ne manquerait pas ians doute de {aire ce que vous propofez pi y a même tel fyndic qui en un beibin ferait capable de vous donner ce 4ivertiâèment ; mais (on- gez que je ne fuis qu'un pauvre propofant, un jeune chapelain qui n'a fait encor au« H uij Mfê Miracles. Si9. IV. cxxa miracle , &'^iii doit fe défier de tèà forces* ^ Il y a commencement à tout , me répli- qua madame la comteâe > & je veux abfo- lument que vous (ne tranfportiez ma mon- tagne. Je me défendis longtems , cela liû donna un peu de 'dépit ; vous £dtes , q^e dit-elle , comme les gens qui ont )ine belle voix & qui refufént de chanter quand on les en prie. Je répondis que j^étais eiprhumé , & que je ne, pouvais chanter. Enfin , elle me .dit en colère que j'avais d'aflèz gros gages pour être complaifant , & pour &ire des mi- racles quand une femme de qualité m'en de- mandait. Je lui rfpré&ntai enoor avec fou- miflion mon peu d'adreâe dans cet art. Ck>m« ment , dit • elle , Jecm- Jacques Rouleau qui n'eft qu'un miférable laïque , fe vante dans fes lettres imprimées d'avoir fait des miracles à Vçnife , & vous ne men fer^z pas ? vous qui avez la dignité de mon chapelain , & à qui je donne le double des appointemens que Jean- Jacques touchait de Mr. Langfet de Gergi fon maître , ambafi&deur de France,^ ^ Enfin je me rendis $ nous priâmes la mon- tagne l'un ^ l'autre avec dévotion^e vou- loir bien marcher. Elle n'en fit rien > le rouge monta au vlfage de madame. Elle eft très filtiçre , Sf, veut fortement ce qu'elle veut* M I R A ç L ^ s/SéSMV. I2k tl ft pourait faire , nfe dit* elle , qu'on dût entendre félon vos principes le contraire de * ce qu'on Ut dans le texte. Il oft dit qu'avec un peu de moutarde de foi , on tranrporcera une montagne i cela fignifie peut-être qu'a- vec une montagne de foi on tranfportera un peu de moutarde. Elle ordonna fur le champs à fon maître - d'hôtel d'en faire venir un pot. Pour moi , la moutarde me montait au nez j je fis ce que je pus pour empêcher ma- dame de (aire cette expérience de phyfique ; elle n'en démordit point , & fut attrapée à {k moutarde > comme elle l'avait ét& à & montagne. • Tandis' que nous fedons cette opération , arriva monfieur le comte , qui fut aflèz fur« pris de voir un pot de moutarde à terre entre madame la comteâè & moi. Elle lui apprit de quoi il était queftion. Mr. le comte avec un ton, fnoitié fétieux , moitié railleur, lui dit q&t les miracles avaient ^efle depuis la réforme ; qu'on n'en avait plus befoin , & qu'un miracle aujourd'hui efl; de la moutarde après diné. Ce mot feul dérangea toute la dévotion de madame la comteâTe. Il ne faut quelquefois qu'une plaifanterie pour décider de la manière dont on penfera le refte de fa vie. • Madame la comtefle depuis ce moment là « çtut auifi peu aux miracles modernes que fon 1 / m M I K A G L B s. 5iâr. IK nOktu t)t forte que je me trduve dujourcThiil le feu) homme du château qui adc le fens commun 5 c'eft-à^dire» qui croye aux mi- raclesâ . Nous kÉpèroNi eXprfssIment que ce-Tte llAltLERlt EST TROP FORTE, QUOIQU'ELLE SOlt * 0E Mr. TheRO , ET QUE s'iL Y EN A DANS LI CURÉ Rabelais et dans le doyen Swift l^'lNFlNlMENT plus HaRD1E$ , CELA PtVT SEV- ^MENT diminuer la FAUTE DE Mr. ThERO, MAIS NON PAS LA JUSTIFIER. MON D E. c DV MEILLEUR DE9 MONDES POSSIBLES* EN courant de tous côtés pour m'inf- truire , je rencontrai un jour des difci' {rfcs de Platon. Venez avec nous $ me dilf 'un d'eux ^ vous êtes dans le m^lleur des mondes i nous avons bien furpafle^ notre maî- tre. Il n'y svait de ion tems que cinq mon« des polfibles , parce qu'il n^ a que cinq eotps réguliers $ mais aâuellement qu'il y a une infinité d'univers poflîbles , Diiu a choifi le meilleur } venez , & vous vo^ en trouverez bien. Je lui répondis humblement : Les mondes que Dieu pouvait créçr, étaient Ott meilleurs » ou parfaitement égaux , ou M O K D ¥• 123 pires s il ne pouv^c prendre le pire i ceux qui étaient égaux , fuppole quUl y en eût 5 ne valsent pas la préférence ; ils étaient entié* rement les mêmes : on n'a pu choifir entro eux : prendre l'un , c'eft prendre l'autre. U était donc impoflible qu'il ne prit pas le meiU leur. Mais comment les autres étaient- ils poifibles , quand il était impoifible qu'ils exifiaâènt ? Il me fit de très belles diftindtions , aflfu* tant toujours fans s'entendre , que ce monde* d eft le meilleur de tous les mondes réelle, ment impoflibbs. Mais me (entant alors tour* mmté de la pierre , & foufirant des douleurs infupportables , les citoyens du meilleur des mondes me conduifirent à l'hôpital voifin» Chemin fefant » deux de ces bienheureux ha* bitans furent enlevés par des créatures leurs femblables : on les chargea de fers , l'un(pour quelques dettes , l'autre fur un fîmple foup- çon. Je ne fais pas fi je fus conduit dans le meilleur des hôpitaux poffibles ; mais je fus entaile avec deux ou trois mille miférables qui fouifraient comme moi. U y avait là plu. fièurs défenfeurs de la patrie , qui m'apprt* rent qu'ils avaient été trépanés & diâequés yivans , qu'on leur avait coup^ des htzs » des jambes , & que plufieurs milliers de leurs gé- néreux compatriotes avaient été maflacrés ^u l'une des uente batailles données dai^s 134 M O V B C^ }a dernière guerre , qui eft environ la centi millième guerre depuis que nous connaiâont des guerres. On voyait aulfi dans cette mai* fon environ ^mille perfonnes des deux fexes qui reflcmblaient à des foeAres hideux , de , qu'on frottait d'un certain métal , parce quHIs . avaient fuivi la loi de la nature , & parce-quo la nature avait je ne Tais comment pris la précaution d'empoifonner en eux la fource de la vie. Je remerciai mes deux conduâeurs. Quand on m'eut plonge un fer bien tran. chant dans la veifie , & qu'on eitt tiré quel- ques pierres de cette carrière y quand je fijs guéri ^ & qu'il ne me refta plus que quelques incommodités douloureufes pour le refte de mes jours , je fis mes repréfentations à mes guides ; je pris la liberté de leur dire qu'il y avait du bon dans ce monde , puifqu'on m'a« vait tiré quatre cailloux du fem de mes en- trailles déchirées > mais que j'aurais encore mieux aimé que les veflies enflent été des lanternes , que non pas qu'elles fuflènt des carriètes. Je leur parlai des calamités & des É crimes innombrables qui couvrent cet cxcel* lent monde. Le plus intrépide d'entre eux , qui était un AUemand , mon compatriote, m'apprit que tout cela n'eft qu'une bagatelle. Ce fut , dit - il > une grande faveur du ciel divers k genre • humain , que Tarqmn vio- M O K P 1. «T Ut Liîorict , & que Lucrèce fe poignardât • parce qu'on chaâa les tyrans , & que le viol, le fuicide & la guerre établirent une répu« blique qui fit le bjtmheur des peuples con- quis. J'eus peine à convenir de ce bonheur. Je ne coççus pas d'abord quelle était la fé. ficité des Gaulois & des Éfpagnols , dont mi dit que Céfar fit périr trois millbns.' Les dévaftations & les rajpihes me* parurent auffi Î|udqu€ chofe de délagréable. Mais le défea- eur de l'OptimiTme n'ea démordit point ; il sne difait toujours comme le. geôlier de Don Carlos ; paix , paix , . c'ejt pour votre bien. Enfin ; étant pouâe à bout > il me dit quUl ne fklait pas prendre garde à ce globule de la terre , oii tout va de travers \ mais que dans rétoile de Sirim^ dans Orion , dans l'œil du Taureau , & ailleurs , tout eft par&it. Allons • y donc , lui dis -je* . Un petit théologien me tira al(»rs par le bras*, il me confia que ces gens . là étaient des rêveurs , qu'il n'étî^it point du tout n&i oeflàire qu'il y eût du mal fur la terre , qu'elle avait été formée exprès pour qu'il n'y eût jamais que du bien ; & pour vous le prou, ver y fâchez que les chofes fe paiTérent ainfi autrefois pendant dix ou douze jours. .Hélas ! lui répondis, je, c'eft bien dommage « mon lévciend père » que cela n'ait pas continué» ïtg M o Y s s; qui cite expteflement les livres de Moyfe , cft iMigin minittre de la reine Zénobie du te'm$ de l'empereur Aurélien. * Il eft à remarquer que fauteur du Mercure Trifmégifte , qui certainement était E^a^pjticiiï ne dit pas un feul mot de ce Moyfe. Si un feul auteur ancien avait rappôtté un feul de ces miracles » Eufèbe auipait (ans doute triomphé de ce témoignage. Toit dan^ foH hiftoire, foit dans fa Préparation évatu gilique. * .11 reconnait à la vérité des auteurs c^ui ont cité fon nom , mais aucun' qui ait cité 6s ::prodiges. Avant hii , les Juifs Jàfepb & Phihn qui ont tant célébré^ leur nation, ont recherché tou& les écrivains chez le& quels le nom de Moyfe fe trouvait i mais il i^y en a pas un feul qui fafle I^l moindre mention des aâions.tperveiUeufes qii^oa lui attribue. i\ Dans ce (îlènçe général du monde poxv^y voici comme lés incrédules raifonneiiit . avec une témérité qui fe réfute d'elle-mèmei^ Les Juifs font les .feuls qui ayent ea le Pentatéuqûe qu'ils àitribuent à ^dfcj^i II aft dit dans leurs livres mçme \ quç et Fei^a- teuque ne fut connu que fous leur, roi /o- fias , tronte-fix ans avant la première ddîtmic* tion de Jérufalém & de la captivité i 9^ n'en trouva qu'tttl feul exfmplake chez le ^ M O Y s t: I2> JK>ntife Helcias , qui le détewa au foiid d'ua iv. Rcfii coffre fort en comptant de l'argent. Lepon- et xiu tife renvoya au roi par fon fcribe Saphan. & Pata- Cela pourait, difaient-ils , obfcurcir Tau- ^'P^"?-"^i tenticité du Pentateuque. xxxiv^ En effet , eût«il été poffiblc , que fi le Peu- '^ tateuque eût été connu de tous les Juifs, Salomon , le fage Salomon yifpiré de Dieu même , en lui bâtifTant un temple par fon ordre , eut orné ce temple de tant de figures contre la loi exprefle de Moyfe ? Tous les prophètes Juifs qui avaient pro* phétifé au nom du Seigneur depuis Moyft îufqu'à ce roi Jofiiis « ne fe feraient • ils pai appuies dans leurs prédications de toutes les loix de Moyfe .^ n'auraient - ils pas cité mille fois fes propres paroles ? ne les auraient* ils pas commentées '{ aucun d'eux cependaat n'en cite deux lignes ; aucun ne rappelle le texte de Moyfe i ils lui font même contraires en plufieurs endroit^. §elon ces incrédules , les livres attribuée à M(yyfe n'ont été écrits que parmi les Babi. Ioniens pendant la captivité , ou immédiater ment aprps par Efdras. On ne voit en efict que des terminaifons perfaAes & caldéenne^ dans les écrits juifs ; Bahl , porte de Dieu i Phégor^beel , ou BeeUphégor , Dieu du précû pice; Zebutb-'heel , ou Beel-Zehuh ^Viïtnàtt Uifeâes \ Betbeh muifou de Dieu : Da^ic/» î% Huitième f ortie. J t ft^ 130 M o y s E. gementde Dieu; Gabriel, homme de Dieu; Jahel , affligé de Dieu 5 Jaïel , la vie de Dieu ; Ifraél , voyant Dieu 5 Oziel , force de Dieu > Raphaël^ fecours de Dieu s Urielf le feu de Dieu. AiuG tout eft étranger chez la nation Jui- ve , étrangère , elle-même en Paleftine ; ctr* concifion » cérémonies , iacrifices , arche , ché- rubins , bouc hazazel ; batème de juftice , ba« tême fimpfe , épreuves , divination , expli- cation des fonges , enchantement des fer- pens , rien ne venfdt de ce peuple s rien ne fut inventé par lui. Le célèbre mylord Bolinghroke ne croît point du tout que Moyfe ait exifté : il croit voir dans le Pentateuque une foule de con- tradidlions & de fautes de chronologie & de géographie qui épouvantent; des noms de plulieurs villes qui n'étaient pas encor bâ- ties , des préceptes donnés aux rois , dans un tems où non-feulement les Juifs n'avaient point de rois , mais où il n'était pas proba- ble qu'ils en euâènt jamais ; puis qu'ils vi- vaient dans des déferts fous des tentes à la manière des Arabes Bédouins. '/Ge^ qui lui parait furtout de la contra- 'didion la plus palpable , c'eft le don de qua- rante-huit villes avec leurs fauxbourgs faits \iuz; lévites i dans un pays, où il n'y avait Mots té lit ^^ 4iti fe.ul village : c'eft principalement fur ces quarante . huit yilles qu'il teimct Abadie ^ & qu'il a^ n)ènie la xlui:eté de le traiter avec Phorreur & le mépris d'un feigneur de h chambre haute & d'un miniftre d'état pour un petit prêtre étranger qui veut; &irc le raifonneur. Je prendrai la liberté de re^réfenter au vicomte de Bolingbrokc , & à tous ceux qui penfent comme lui > que non - feulement la nation Juive a toujours cru à l'exiftence de Moyfè 9 & à celle de fes livres ; mais que Jesus-Chkist même lui a rendu témoigna- ge. Les quatre évangéliftes , les A&ef deî apôtres la recoïmaiflènt ; St Matthieu dît expreflement que Moyfe & Elie apparurent à Jesvs-Christ fur la montagne , pendant la nuit^ de la transfiguration , & St. Luc en dit autant* Jésus -Christ déclare dans St. Matthieu qu'il n'eft point venu pour abolir cette loi » mais pour l'accomplir. On renvoyé fouvent .dans le nouveau Teftamcnt à la loi de Moyfe 1^ aux prophètes ; l'églife entière a toujours i:ru le Pentateuque écrit par Moyfe i & de l^us de cinq cent fociétés di^rehtes qui ih font établies depuis fi longtems dans le chrîC» rtkniffne , aucune n'a jamais douté de l'exiC teuce de ce. grand prophète : U faut donc ft^umettrc notre raifon, comme tant d'hom^^ lues oqt fournis la leur. u / 1)2 M O 7 S B* Je fais {ort bien que je ne gagnerai rîeh fur rcfprit du vicomte ni de fes femblables. Ils font: trop perfuadés que les livres juifs na furent écrits que très tard : qu'ils ne furent écrits que pendant la captivité des deux tri. buS' qui. reftaienc. Mais nous aurons la coa*, folation d'avoir l'églife pour nous. D B LA VIE DE MOY&E. Livre afooyphe de la plus Ijaute antiqtutA, Uancien livre qui contient la vie & la mort de Moyfci parait écrit du tems de la captivité de Babilone. Ce fut alors que les Juifs com< mencèrent à connaître le$ noms^ que les CaU déens & les Perfes* donnaient aux anges. (Voyez Anges. ) C'cft - là qu'on voit les noms de Zinguielf Samael , Tfakon » Lakab , & beaucoup d^au- très dont les Juifs n'avaient fait encor au- cune mention. Le livre de la mort de Moyfe parait pof- térieur. \\ eft reconnu quç les Juifis avaient plufievirs vies de Moyfe très anciennes , & d'autres Uvrels y indépendamment du Penta- teuque. , Il ét^it appelle Motn & non pas Moyfe; & on prétend que Mo (ignifiait de Peau , & m la particule de. On le nomma auffi du nom générai Melh $ on lui donna ceux de Jmhimt Mo Y s b: 13* ^Mamofi y Tehmofi , & furtout on a cru que c'était le même perlbntiage que Manéthou appelle Ozarziph. Quelques* uns de ces vieux manuicri^ hé- * braiques furent tirés de la pouffiére des Jui& vers Tan if 17. Le favant Gilbert Gaumin , qui poflfédait la langue parfaitement , les traduiût en latin vers Tan 1635. Us fiirent imprimés enfuite & dédiés au cardinal de Bérule. Les exemplaires font devenus d'une rareté extrême. Jamais le rabinifme , le goût du merveil- leux , rimagination orientale , ne fe déployai rent avec plus d'excès. Fragment de la vib de Moysb. Cent trente ans aprè^ rétablilTement des Juifs en Egyp^ , & foixante ans après la mort du patriarche Jofeph , le pharaon eut un fonge en dormant. Un vieillard tenait une balance ; dans l'un des bailins étaient tous les habitans de l'Egypte , dans Fautre était un petit enfant » & cet enfant pefait plus que tops les Egyptiens enfemble. Le pha- i^aon appelle aufu * tôt fes shotim , fes fages. L'un des fages lui dit : ô roi ! cet enëint *cft un Juif qui fera un jour bien du mal à votre royaume. Faites tuer tous les enfens des Juifs , vous fauvercz par- là votre em- I^ire , fi pourtant on peut s'oppofer aux or« dres du deftin. ^r • • • J34 M o Y s E* Ce confeil plut à Pharaon ; il fit venir îes fages - femmes , & leur ordonna d'étrangler tous les mâles dont les Juives accoucheraient.. Il y avait en Egypte un homme nommé Abraham fils de Keath , mari de Ifocabed fœur de fon frère. Cette Jocabed lui donna une fille nommée Marie qui fignifie perfé« cutée , parce que les Egyptiens defcendans de Cham perfécutàient les Ifraëlites. Jocabed accoucha enfuite d^Aaron , qui fîgnifie con- damné à mort , pai:ce que te pharaon avait condamné à mort tous les en(ans Juifs. Aa- ron & Marie furent préfervés par les anges du Seigneur qui les nourrirent aux champs & qui les rendirent à leurs parens quand ils furent dans l'adolefcence* Enfin , Jocabed eut un'troifiéme enfant : cç fut Moyfe ( qui par conféquent avait quinze ans de moins que fon frère ). Il fut expofé fur le Nil. La fille du pharaon le rencontra en fe baignant , le fit nourrir & Tadopta pour fon fils quoiqu'elle ne fût point mariée. Trois ans après , fpn père le pharaon prît une nouvelle femme ^ il fit un grand fe(Hn , fa femme était à fa droite , fa fille était à fa gauche avec le petit Moyfe. L'enfant en fe jouant lui prit fa couronne & la mit fur fa tète, Balaam le magicien , eunuque du roi , fe reflbuvint alors du fonge de fa majeft^» M O Y 8 E. 13Ç Voilà , dit -il j cet enfant qui doit un jouf^ vous faire tant de mal ^ refprit de Dieu eÛ: en lui. Ce qu'il vient de faire eft une preuve qu'il a déjà un deflein formel de vous: décrô* ner. Il faut le faire périr fur le champ. Cette idée plut beaucoup au pharaon. On allait tuer le petit Moyfe , lorfque Dieu envoya fur le champ Ton ange Sabricl déguifé en officier du pharaon , & qui lui dit ; Seigneur , il ne &ut pas faire moUrir un enfant innocent qui n'a pas encor l'âge dfl( difcrétion j il n'a mis votre copronne fur & tète que parce qu'il manque de jugement. Il n'y a qu'à lui préfenter un rubis & un charw bon ardent ; s'il choifit le charbon , il eik clair que c'ell un imbéciUe qui ne fera pas dangereux ; mais s'il prend le rubié , c'effc . figne qu'il y entend finefle , & alors il &u( le tuer. Auilî* tôt on apporte un rubis & un char« bon ; Jiiqyfe ne manque pas de prendre Ld rubis ; mais l'ange Gabriel par un léger dé< main , glifle le charbon à la place de la pierref prédeufe. Moyfe mit le charbon dans fa bou-; che 9 & fe brûla la langue fi horriblement qu'il en reft a bègue toute fa vie ; & c'eft laç ^ raifon pour laquelle le légiflateur des Jiû£( * ne put jamais articuler. Moyfe avait quinze ans & était favori du pharaon. Un Hébre« vînt fe plaindre à li4 I»»»» t?4 M o T s i; de ce qtfun Egyptiçn Pavait battu ûpth avoir couehé avec fa femme. Moyfe tua l'£* gyptien. Le pharaon ordonna qu'on coupât la tête à Moyfe. Le bourreau le frappa ; mais Dl£U changea fur le champ le cou de Moyfe en colonne de marbre ; & envoya l'ange Michel qui en trois jours de tems conduiQt Moyfe hors des frontières. Le jeune Hébreu fe réfugia auprès de Mé^ cano roi d'Ethiopie qui était en guerre avec ko Arabes. Mécano le fit fon général d'armée , & après la mort de Mécano Moyfe fut élu roi & époufa la veuve. Mais Moyfe , hon- teux d'époufer la femme de fon feigneur , ii'ofa jouir d'elle , & mit une épée dans le lit entre lui & là reine. Il demeura quarante ans avec elle {ans la toucher. La reine irritée convoqua enfin les états du. royaume d'EU thiopie , fe plaignit de ce que Moyfe ne lui fèfait rien , & conclut à le chafler & à met- ^e fur le trône le fils du feu roL Moyfe s'enfuit dans le pays de Madian chez le prêtre Jétljro. Ce prêtre crut que fa fortune était faite s'il remettait Moyfe entre les mains du pharaon d'Egypte , & il com- mença par le faire mettre dans un eu de * baflè - foife , où il fut réduit aq pain & à l'eau. Moyfe engraifli à vue d'œil dans fon cachot. JirVi^rp en fut tout étonné. Il ne favait pas. M o Y s e; 137 isfae fa fille Sèpbora était devenue amaureufe du prifonnier & lui portait elle - même des perdrix & des cailles avec d'excellent vin. Il conclut que Dieu protégeait Moyfe^ & ne le livra point au pharaon. Cependant , le bon homme Jétlrro voulut marier fa fille 5 il avait dans fon jardin un arbre de faphir fur lequel était grave le nom de Jaho ou Jél)ova. Il fit pubUer dans tout le pays qu'il donnerait fa fille à celui qui pQurait arracher Parbre de faphir. Les am-^s de Séphora fe préfentèrent , aucun. d'eux ne put îëulement faire pencher Tarbre. Moyfe qui n'avait qi^e foixante & dix-fèpt ans » far- racha tout d*un coup fans eSbrt. Il époufà Séplx)ra dont il eut bientôt un beau garçon nommé Gerfon. Un jour en fe promenant il rencontra DiEH^ dans un bûiâbn , qui lui ordonna d'aller faire des miracles à la cour du pharaon : il partit avec fa femme & fon fils. Ils rencontrèrent chemin fefant un ange qu'on ne nomme pas » qui ordonna à SépJjora de circoncire le petit Geyfon avec un couteau de pierre. Dieu en- voya Aaron fur la route ; mais Aaron trouva fort mauvais que fon frère eût époufé une Ma* dianite i il la traita de putain & le petit Ger^ fon de bâtard ; il les renvoya dans leur pays jp9r le plus court. 138 M o Y s eJ Aaron 8c Moyfe s'en allèrent donc tout feuls dans le palais du pfaataon. La porte du- palais était gardée par deux lions d'une graiw deur énorme. Bcdaam Tun des magiciens du roi , voyant venir les deux frères , lâcha fur eux les deux lions ; mais Moyfe les toucha de fa verge , & les deux lions humblement profternés léchèrent les pieds à! Aaron & de Moyfe. Le roi tout étonné fit venir les deusc pèlerins devant tous fes magiciens* Ce fut à qui ferait le plus de miracles. L'auteur raconte ici les di)c plates d'Egypte à-peu^près comme elles font rapportées dans l'Exode. Il ajoute feulement que Mqyfe cou. vrit toute l'Egypte de poux jufqu'a la hauteur d'une coudée , & qu'il envoya chez tous les Egyptiens' des lions , des loups , des ours , des tigres , qui entraient dans toutes les maiibns , quoique les portes fuflènt fermées aux verroux , & qui mangeaient tous les pe^^ tits enfans. Ce ne fut point , félon cet auteur , les Juife qui s'enfuirent par la mer Rouge , ce fut le pharaon qui s'enfuit par ce chemin at)ec fon armée ; les Juifs coururent après lui , les eaux fe feparèret\t à droite & à gauche pour les voir combattre ; tous les Egyptiens » ex- cepté le roi , furent tués fur le fable. Alors ce roi voyant bien qu'il avait a&ire à forte M O Y s B. 129 partie, deman'da pardon à Dieu. MiànulSc Gabriel furent envoyés vers lui 5 ils le trand portèrent dans la ville de Ninive où il régna quatre cent ans* Il n'eft guères poflible de dire prédTément et! quel tems cette hiftolre fut écrite ; mais elle eft certainement d'une très haute anti« quité. Ceft le vrai génie oriental Les rabins n'ont jamais eu tant d'imagination. Ils ne font qu'abfurdes. Cela porte villblement le carac- tère des plus anciennes fables. NATURE. Dialogue entre lephilofofhe & la nature^ L E P HILOSOPHB. Qui es - tu , nature , je vis dans toi , il jr a cinquante ans que je te cherche 3 & je n'ai pp te trouver encore ? La nature. Les anciens Egyptiens qui vivaient , dit- on , des douze cent ans , me firent le mèmere^ proche. Us m'appellaient Ifis ,- ils me mirent un grand voile (ur la tèt« , & ils dirent que perfonne ne pouvait le l^er. / t40 Nature. Ll PHILOSOPHB. C'efl ce qui fait que je m'adrefle à toi. J'ai bien pu mefurer quelques-uns de tes globes , connaître leurs routes , afEgner les loix da mouvement i mais je n'ai pu favoir qui tu es. Es . tu toujours agiflante ? es - tu toujours pailive ? tes élémens fe font -ils arranges d'eux • mêmes , comme Peau fe place fur le fable , rhuile fur Peau , l'air fur l'huile ? as- tu un efprit qui dirige toutes tes opérations » comme les conciles font infpirés dès qu'ils font aCemblés » quoique leurs membres (oient quelquefois des ignorans ?, de grâce > dis- moi le mot de ton énigme* La nature. y Je fuis le grand tout Je n'en fais pas da- vantage. Je ne fuis pas mathémadcienne ; & tout eft arrangé chez moi félon des loix ma- théhiatiques. Devine fi tu peux commeat tout cela s'efl: &it. Le prilosophe. Certainement , puifque ton grand tout ne fait pas les mathématiques , & que tes loix font de la plus profonde géométrie , il faut qu'il y ait un éternel géomètre qui te dirige , une intelligence fuprème ^ui préfîde à tes opérations. • N 4 T U R E. 141 LÀ NATURE. Tu as raifon ; je fuis eau > terre , feu , ath* mofphère , métal , minéral , pierre , végétal , animal. Je fens bien qu'il y a dans moi une inteltige!Ke ; tu en as une , tu ne la voi^ pas. Je ne vois pas non plus la mienne 5 je fens cette pùiflance invifible ; je ne puis la connaître : pourquoi voudrais-tu 9 toi qui n'e$ qu'une petite partie de moi - même , favoiy té que je ne fais pas ? Le phil. osophs. Nous fommes curieux , & depuis Tlmlà toRs les raifonneurs ont joué à colin-maiilard^ avec toi ^ ils ont dit , je te tiens , & ils ne tenaient rien. Nous ife^mblons tou$ à Ixion ^ il croyait embraifer Jr£»o;i , & il ne jouiflàifi que d'une nuée. L A N*A T U R E. Pui(que je fuis tout ce qui ed; , comment^ un être tel que toi , une n petite partie di moi-nlème pourait - elle me faiiîr ? conten* tez. vous atomes ^ mes enfàns > de voir queU ques atomçs qui vous environnent, de boire quelques gouttes de mon lait , de végéter '^[ûèîques mofnens fur mon fein , & de mou^^ JÎr fans avoir coium votre mère & votrf iRourrice, ^ !f43 N A T ty R Ë* Le philosophe. Ma chère mère y dis - moi un peu pourquoi tu exifles , pourquoi il y a quelque chofe ? L A N A T U R E. Je te répondrai ce que je réponds depuis •tant de fîécles à tous ceux qui m'interrogent; fur les premiers principes ^ ;> tC en fais rien. Le philosophe* Le néant vaudrait - il mieux que cette mvX^ titude d'exiftences faites pour être continuel- ment difibutes , cette foule d'animaux nés & r^roduits pour en dévorer d'autrest & pour être dévorés , cette foule d'êtres fenG. Jbles formés, pour tant ^q fenfations douloo- reufes ; cette autre foule d'intelligences qui fi rarement entendent raifon , à quoi bon tout cela , nature ? La nature. Oh ! va interroger celui qui m'a feite. \ NOUVEAU , NOUVEAUTÉS. IL Temple que 1e^ premiers mots des Méta-i morphofes d'Ovide , in nova fert ammus ^ foicnt la devife du genre. humain. Perfonnc h'efl: touché de l'admirable ifpeâacle du foleU Nouveau, KouvEAUTÉs. 14} qui fe lève , ou plutôt (èmble £b lever tous leg jours s tout le monde court au moindre petit météore qui parait un moment dans cet amas de vapeurs qui entourent la terre , & qu'on appelle /e^^ Vîlia funt nobis quacumque priorihus annis , Vidimus 6* fordit quidquid fpeâavimus olintm Un colporteur ne fe chargera pas d'un Vir- gile , d'un Horace , mais d'un livre nouveau » ^t-il déteftable. U vous tire à part , & vou» dit ; Monfîeur » voulez - vous des livres tle Hollande? Les femmes fe plaignent depuis le comment cernent du monàt des infidélités qu'on leur fkit en faveur du premier objet nouveau qui ie préfente » & qui n'a fouvtnt que cette nom veauté pour tout mérite. Plufieurs dames (il &ut bien l'avouer , malgré le reipeâ inmii qu'on a pour elles ) ont traité les hommes comme elles fe plaignent qu'on les a traitées; & rhiftoire de Jocondt eft beaucoup plus atv cienne que VAriofte. Peut - être ce goût univerfel pour la nou-^ veamé eft-il un bienBiit de la nature. Oâ nous crie , Contentez • vous de ce que vous svei , ne défirez riett au delà de votre états réprimez votre curiofîté , domptez les inquié- tudes de votre efpcit. Ce font de très bpnnes •« 144 NOUVBJIU, KOUVEAUTEl maximes ; mais fî nous les avions toujours fuivies , nous mangerions encor du gland » nous coucherions à la belle étoile , & nous n'aurions eu ni Cor^mlle , ni Racine 9 ni Mo^ ' Hère y ni PouJJIn , ni le Brun , ni k Moine > ni Finale. OPINION. Quelle efl: Topinion de toutes les nations «du nord de TAmérique » & de celles qui l^ordent le détroit de la Sonde fur le meilleur des gouvernemens , fur la meilleure des reli* gions n Tur le droit public ecclé(iaftique , fur la manière d'écrire Thiftoire , fur la najture de la tragédie , de la comédie , de l'opéra , de réglogue , du poëme épique , fur les idées innées , la grâce concomitante & les miracles du diacte Paris ? il eil clair que tous ces peuples n'ont aucune opinion fur les choies dont ils n'ont point d'idée. Us ont un fentiment confus de leurs cou* tûmes , & ne vont pas au delà de cet inftinâ. Tels font les peuples qui habitent les côtes de la mer Glaciale dans l'efpace de, quinze cent lieues. Tels font les habitans des trois quarts de l'Afirique , & ceux de prefque tou« tes les iiles de l'Afîe » & vingt hord^ de ♦ Xartares % O p I K I • n^ I4f Tartares » & pre(que tous les hommes uni- quetuent occupés du foin pénible & toujours renaiflant de pourvoir à leur fubfiftance. Tels font à deux pas de nous la plupart des Mor^ laques & des Ufcoques , beaucoup de Sa- voyards & quelques bourgeois de Paris. Lorfqu'une nation commence à fe civili* fer , elle a quelques opinions qui toutes font (aufles. Elle croit aux revenans , aux for- ciers , à l'enchantement des ferpens ; 4 leur immortalité , aux poifef&ons du diable , aux cxorciffnes 9 aux aruQpices.. Elle eft perfuadée qu'il faut que les grains pouriâènt en terre pour germer , 8c qw les quartiers de la lune font les caufes des accès de fièvre» Un talapoin perfuade à fes dévotes que le Dieu Sammonocodom a féjoumé quelque tems à Siam , & qu'il a raccourci tous les arbres d'une forêt qui l'empêchaient de jouer à fou aife au cerf- volant , qui était fou jeu &VQri. Cette opinion s'enracine dans les tètes , & à la fin un honnête homme qui douterait de cette avanture de Sammono* t^dom 9 courrait rifque d'être lapidé. Il faut des (iécles pour détruire une opinion popu- laire. On la nomme la reine du monde i elle Pefl; fi bien , que quand la raifon vient la conw ibattre , la raifon efl condamnée à la mort» , HnitHme fmrtie^ K V 14^ Opinion. Il faut qu'elle renaifle vingt fois de fcs ccn-' drcs pour chaffer enfin tout douceme^it Tu- furpatricc. ORAISON , PRIÈRE PUBLIQUE, ACTION DE GRACES, &c. IL ^ftc très peu de formules de prières* publiques des peuples anciens* Nous n'avons que la belle hymne à^ Horace pour les jeux féculaires des anciens Romains. Cette prière eft du rithme & de la mefurc que les autres Romains ont imités longtems après dans l'hymne Ut queant Iaxis refonare fibris. Le pervigiliùm veneris eft dans un goût plus recherché , & n'eft pas peut- être digne de la noblci. fimplicité du règne d'AugnJie. Il fe peut que cetre hymne à Vénus ait été chan- tée dans les fêtes de la déeiTe i mais on ne doute pas qu'on n'ait chanté le poëmc d'Ho- race avec la plus grande folcmnité. Il faut avouer que le pocme féculaîre iVHO" race eft un des plus beaux morceaux de l'an- tiquité , & que l'hymne Ut queani Iaxis eft un des plus plats ouvrages que nou5 ayons eys dan$ les te;ps barbares de la décadence i$ * O K A I s O K. 147 la langue latine. L'églne catholique dans ces tems - là cultivait mal l'éloquence '& la poë- fie. Pn fait bien que Dieu préfère de mau- vais vers récités avec un cœur pur , aux plus beaAc vers du monde bien chantés par des impies. Mais enfin de bons vers n'ont jamais rien gâté , toutes chofes étant d'aiU leurs égales. Rien n'approcha jamais parmi nous des jeux féculaires qu'on célébrait de cent dix ans en cent dix ans. Notre jubilé n'en eft qu'une bien faible copie. On dreflait trois autels magnifiques fur les bords du Tibre^ Rome entière était illuminée pendatit trois nuits > quinze prêtres dilhibuaient l'eau lufl traie & des cierges aux Romains ^ aux Ro« maines qui devaient chanter les prières. On facrifiait d'abord à Jupiter comme au gtand Dieu , au maitre des Dieux , & enfuite à Junon , h Apollon » à Latone , à Diane , à C^ rès , à Pluton , à Proferpine , aux parques comme à des puiâances fubalternes. Chacune de ces, divinités avait fou hymne & fcs céré- monies. Il y avait deux chœurs , l'un de vingt -fept garçons , l'autre de vingt -fept filles pour chacun des Dieux. Enfin , le der- nier jour les garçons & les filles couronnés de fleurs chantèrent l'ode d* Horace. Il eft vrai que dans les maifons on chan- tak à. oijble (es autres^ odes pour le peth K» • * V I4S Oraison. Ligurînus « pour Liafciis & pour d'autres pè^ tits fripons , lefquels nMttfpiraient pas la plus grande dévotion. Mais il y a tems pour tout ; piSoribus atque poetis. Le Carrache oui deffina les figures de VAretîH^ peignit auffi ies faints ; & dans tous nos collèges nous ayons pafle à Horace ce que les maîtres de Tempire Ro- main lui palTaient fans difficulté. Pour des formules de prières , nous n'avons que de très légers firagmens de celle qu'on récitait aux myftères d^IJis. Nous Pavons citée ailleurs , nous la rapporterons encor ici parce qu'elle n'eft pas longue & qu'elle eft belle. , Les puijfances célejles te fervent i les enfers te font fournis i r univers tourne fous ta main; tes pieds Jbulent le Tartare ; les ajires répon^ dent à ta voix i les faifons reviennent à tes ordres i les élimens t'obéïffent. Nous répéterons auffi la formule qu'on . attribue à l'ancien Orphée , laquelle nous pa- raît encor fupérieure à celle d'Ifis. Marchez dans la voie de la juflice , adorez le feul maître de Funiversi il eft un^ il efifeul far lui-même i tous les êtres lui doivent leur eodftencèiil agit dans eux ^ par eux s il voiP tout y & jamais il n^a été vu des yeux mortels. Ce qui efl; fort extraordinaire , c'eft que dans le' Lévitique , dans le Deuterouome des Juifs , il n'y a pas une feule prière publique , pas une feule formule. U femble \ O R A.i s o it: 10 qne les lévites ne furent occupés qu^à par« tager ^ les viandes qu'on leur ofirait. On ne voit pas même une feule pfière infticuée pouc leurs grandes fêtes , de la Pâque , de la Pentecôte , des Trompettes , des Tabernacles » de l'expiation générale , & des néoménies. Les favans conviennent aflèz unanimement qu'il n'y eut de prières réglées chez les Juifs , que lors qu'étant efclaves à Babilone , ils en prirent un peu les mœurs , & qu'ils appri- rent quelques fciences de ce peuple fi policé & fi puiflant. Ils empruntèrent tout des CaU dées perfans jufqu'à leur langue , leurs ca- raétères , leurs chiiïres i & joignant quelques coutumes nouvelles à leurs anciens rites égyptiaques , ils devinrent un peuple nou- veau » qui fut d'autant plus fuperilitieux » qu'au fbrtir d'un long eîctavage ils furent toujours encor dans la dépendance de leurs voifîns. In rébus acerbis acrius advertunt atù'- mos ad rellîgionem. * ^ Pour les dix autres tribus qui avaient été difperfées auparavant , il efl: à croire qu'elles n'avaient pas plus de prières publiques que les deux autres , & qu'elles n'avaient pas même encor une religion bien fixe & bien déterminée » puisqu'elles l'abandonnèrent fi fedlement , & qu'elles oublièrent jufqu'à leur nom , ce que ne fit pas le petit nombre de pauvres intoi^unés qui vint rebâtir Jérufalenu K uj Ceft donc alors que cjbs deux tribus^» tm plutôt ces devix tribus & demi femblèrenc 6'attacher à des rites invariables -, qu'ils écri- virent , qu'ils eurent des prières réglées. .Ceft alors feulement que nous commençons à voir chez eux des formules de prières. Efdras or- donna deux prières par jour , & il en ajouta une troifiéme pour le jour du fabbat. On dit même qu'il inftitua dix - huit prières , ( afin qu'on pût choifir , .) dont la première com- mence aind : ^ „ Sois béni , Seigneur , Dieu de nos pères , ^ Dieu i^ Abraham , à^Ifaac , de Jacob , le I, grand Dieu , le puiflant , le terrible , le haut ,) élevé , le diftributeur libétal des biens , le ^ plafmateur & le poilèâeur du monde, qui te j, fouviens des bonnes adions , & qui envoyés p un libérateur à leurs defcendans pour l'a- ^ mour de ton nom. O roi , notre fecours, ^' notre fauveur , notre bouclier, fois béni 19 Seigneur , bouclier i^ Abraham. ♦ . On âflure que Gamaliel qui vivait du tems de Jésus- Christ , & qui eut de fi grands démêlés avec St. Paul^ inftitua une dix- neu- vième prière, que voici, r M Accorde la paix , les bienfaits » la béné- ^ diâion , la grâce , la bénignité & la piété ^ à nous Sf, à Ifraél ton peuple. Bénis-nous , I, ô notre père ! bénis- nous, tous enfemble n par la lumière de ta facei car par la lumière O K k l s O TBL ICI ^ de ta face tu nous as donné , Seigneur notre ,3 Dieu , la loi de vie , l'amour , la bénigni- ,, té , Véquicé , la bénédidlion , la piété , la .„ vie & la paix. Qu'il te plaife de bénir en ^ tout tems , & à tout moment ton peuple ,j d'Ifraël en lui accordant la paix. Béni fois- ^ tu , Seigneur , qui bénis ton peuple d'IGraêl ;,^ en lui donnant la paix ; Amen. Confultez fur cela la Mtshna volu;ne I^r. Il y a une chofe aiïèz ^portante à obfer- ver dans plufieurs prières % c'eft que chaque peuple a toujours demandé tout le contraire de ce que demandait Ton voiiin. Les Juifs priaient Dieu , par exemple , d'ex- terminer les Syriens , Babilonicns , Egyptiens ; Jk ceux-ci priaient Dieu d'extern>iner les Juifs jauflî je furent-il^ comme les dix tri- .bus qui avaient été qpnfpndues parmi tant de nations ^ & ceuX'^ci furent plus malheu- reux i car s'étant obftinés à demeurer féparés 4$ tous autres peuples , étant au miliep -des peuples , ils n'ont pu jouir d'aucun avan- tage de la fociété humaine. De nos jours , dans nos guerres fî fouvent entreprifes pour quelques villes ou pour quel- ques villages , les Allemands & les Efpagnols quand ils étaient les ennemis des Français , jpriaîent la Ste. Vierge du fond de leur coeur de bien battre les Welches & les Gavachcs } 'ïdu péché originel , laquelle n'était point encor développée ; mais feulement pour montrer que les pallions qui peuvent corrompre tous Picnt K 1 G ï K 1 lV if f fôs hommes , n'ont pu avoir cncor aucune prife fur cet enfant innocent. Il ne dit point, cette créature d'un jour ne fera pas damnée fi elle meurt aujourd'hui. Car pcrfonne n'a- vait erwîor fuppofé qu'elle ferait damnée* St. Clément ne pouvait combattre un fyftèmc abiblument inconnu* Le grand Orlgène eft encor plus pofitif que St. Clihîent d'Alexandrie. Il avoue bien 4)ue le péché eft entr& dans le monde par Adam , dans fon explication de l'épitre de St. Paul zux Romaine ; mais il tient que c'eft -la pente au péché qui eft entrée , qu'il eft très facile de commettre le mal , mais qu'il n'eft pas dit pour cela qu'on le commettra toujours, & qu'on fera coupable dés qu'on fera lié. Enfin, le péché originel {ous Origène ^ nt confiftait que dans le malheur de fe rendre femblable au premier homme en péchant comme lui. Le batème était ncceflaire , c'était le fcean •du chriftianifme , il lavait tous les péchés ^ mais perfonne n'avait dit encor qu'il lavât les pé« chés qu'on n'avait point commis. Perfonne n'alTurait encor qu'un enfant fut damné & brûlât dans des flammes éternelles pour être mort deux minutes après fa naiâance. Et une preuve fans réplique , c'eft qu'il le paâa beau- coup de tems avant que la coutume de bâti* -^ 1^6 PicHi origxkblT fer les en&ns prévalût. Tertùllien ne voulait! point qu'on les batifàt. Or , leur refufer ce bain facré , c'eût été les livrer vifiblement à la damnation , fi on avait été perfuadé que le péché originel ( dont ces pauvres innocexis tie pouvaient être coupables ) opérât leur ire- probation , & leur fit fouSrir desTuppUces infinis pendant toute Pcternité , pour un &it dont 11 était impoffible qu'ils euflfent la moindre connaiflance. Les âmes de tobs les bourreaux fondues enfemble , n^auraient pu rien imaginer qui approchât d'une hor« reur fi exécrable. En un mot , il eft de fait qu'on ne bati&it pas les enfans. Donc il eft dé- montré qu'on était bien loin de les damner. Il y a bien plus encôr \ Jbsus- Christ n'a jamais dit » r enfant non batiféfera damné, a) \jts en&ns au berceau étaient à bien plus forte raifon privilégiés. Notre divin Sauveur ne ba« tdfa jamais perfonne. Paul circoncit fon difciple Timoéée , & il n'eft point dit qu'il le batilàt. Eu un mot , dans les deux premiers fiécles le batême des enfans ne fut point en ufage^ donc on ne croyait point que des enfans a ) Dans St. Jean , Jésus dit à Nicodim chap. IIL que le vent « refprit foufRe oii il veut , que per*- fonne ne fait où U va , qu'il faut renaître « qu'on ne peut entrer dans le rof aume de Dieu fi on ne renaît par l'eau & par Tefptit. Mais il ne parle point des enfans. t ftcnt ORIGIliEL. 157 fuflcnt victimes de la faute à^Adam. Au bouc de quatre cent ans on crut leur falut fort en danger , & on fut fort incertain. Enfin, Filage vint au cinquième Gécles il traita l'opinion du péché originel de monCi trueufe. Selon lui , ce dogme n'était fondé que {ur une équivoque comme toutes les autres opinions. Dieu avait dit à Adam dans le jardin. Le jour que vous mangerez du fruit de t arbre de la fcience vous mourez. Or , il n^en mou« rut pas , & DiCu lui pardonna. Pourquoi donc n'aurait-il pas épargné fa race à la miU fiéme génération ? pourquoi livrerait-il à des tourmens infinis & éternels les petits enlans in« nocens d'un père qu'il avait reçu en grâce ? Pelage regardait Dieu non* feulement com« me un maître abfolu ; mais comme un père qui laiflànt la liberté à fes enfans , les récom« penËdt au delà de leurs mérites , & les pu« niffiiit au deflbus de leuft &utes» ^ lyui & fes difciples difaient , Si tous les hommes naiflènt les objets de la colère éter- nelle de celui qui leur donne la vie ; fi avant de penler ils font coupables , c'eft donc un cri- xne aflSreux de les mettre au monde. Le ma* riage eft donc le plus horrible des forfaits. Le mariage en ce cas n'eft donc qu'une émanation du mauvais principe des manichéens ; ce n'eft plus adorer Dieu » c'eft adorei^ le diable* \ \ \ V ; 158 PÉCHÉ ORIOIKEL* Pelage & les fiens débitaient cette dodrine en Afrique, où St. Auguftin avait un crédit immcnfei II avait été manichéen ; il étaiç obligé 4c s'élever contre Filage. Celui - ci ne put rcfifter ni à Auguftin , ni à Jérôme. Et enfin 9 de queftions en queftions la difpute alla fi loin qu^ Auguftin donna fon arrêt de damnation contre tous les enfans nés & i naître dans l'univers , en ces propres termes ;, La foi catholique enfeigne que tous les hommes vaijfent fi coupables , que les enfans mêmes font certainement damnés quand ils meurent fans, avoir été régénérés en Jésus. C'eût été un bien trifte compliment à faire k une reine de la Chine ou du Japon , ou de Tln-^ de , ou de la Scychie , ou de la Gothie , qui ve- naît de perdre fon fils au berceau, que de lui di- re. Madame » confolez-vous , monfeigneur le prince royal eft aduellement entre les griffes de cinq cent diables qui le tournent & le retour- nent dans une grande fournaife pendant tout^ l'éternité , tandis que (on corps embaume repofe auprès de votre palais. *La reine épouvantée demande pourquoi ces diables rôtiifent ainfî fon cher fils le prince royal à jamais ? On lui répond que c'eft parce que fon arrière grand- père mangea autrefois du fruit de la fcience dans un jardin» Jugez ce que doivent penfer le roi , la reine 9 tout If coufeil y & toutes les belles damesi» PiCHiioKiomBL. If9 Cet arrêt ayant paru un peu dur à quel- ques théologiens, ( car il y a de bonnes amcg partout ) il fiit mitigé par un Pierre Clrri^ fologue , ou Pierre parlant dor , lequel ima» gina un fkuxbourg d'enfer nommé les Lim^ hes , pour placer tous les petits garçon^ & toutes les petites ''filles qui feraient morts fans batème. Ceft un lieu où ces innocens végètent fans rien fentir , le fé^our de l'apa- thie 5 & c'eft ce qu'on appelle \e paradis desfofs» Vous trouvez cncor cette exprelfion dans Milton , The paradife of fools. Il le place vers la lune. Cela eft tout- à- fait digne d'un poème épique. Explication du péché originel. La difficulté pour les limbes eft demeurct la même que pour l'enfer. Pourquoi ces pau* vres petits font - ils dans les limbes ? qu'a- vaient -ils fait ? comment leurame qu^ils ne pofledaient que d'un jour était elle coupable d'une gourmandife de fîx mille ans ? St Augufiin qui les damne i dît pour raî- fon que les âmes de tous les hommes étant" dans celle d'Adam , il eft probable qu'elles forent toutes complices. Mais comme Téglife décida depuis que les âmes ne font faites que quand le corps eft. commencé , ce lyftême ' tomba malgré le nom de {on auteur. t 1^0 Fée. Hé ORIGINEL* D'autres dirent que le péché originel s'é- tait tranfmis d'ame en ame par voie d'éma- nation , & qu?une ame venue d'une autre arrivait dans ce monde avec toute la corrup. ^tion de Tame - mère. Cette opinion fut con- damnée. Après que les théologiens y eurent Jette leur bonnet , les philofophes s'ef&yèrcnt. Leibnitz en jouant avec fes monades , s'amufà à raâèmbler dans Adam toutes les monades humaines avec leurs petits corps de monades. C'était moitié plus que St. Auguftin. Mais cette idée digne de Cyrano de Bergerac n'a pas fait fortune en pluiofophie. Mallebranche explique la chofe par Pin- fluencc de l'imagination des mères. Eve eut la cervelle fi furieufement ébranlée de l'en- vie de manger du fruit , que fes enfans eu. rcnt la même envie , à - peu - près comme cette femme qui ayant vu rouer un homme accoucha d'un enfant roué. Nicole réduit la chofe à une certaine in^ cUnation , une certaine fente à la concupifcence que nous avons reçue de nos mères. Cette in-- clination rHefi pas un aSe ,• elle le deviendra m jour. Fort bien , courage , Nicole. Mais •n attendant , pourquoi me damner ? Ni- cole ne touche point du tout ^ la difficulté ; elle fÈcni ORIGINEL. léi elle confîfte à favoir comment nos î^mcs d^au- jourd'hui qui font formées depuis peu , peu* vent- répondre de la faute d'une aptre amç qui vivait il y a fi iongtems. Mes maîtres , que felait - il dire fur cette matière ? rien. Auffi je ne donne point moij explication , je ne dis mot. f^mm O R T G G R A P H E. QUant à Tortographe de la plupart des livres français, elle eft ridicule. Prefque tous les imprimeurs ignorans impriment Wifigoths , Weftfhaliç , Wirtember^ , We^^ teravicy &c. Ils ne favent pas que le double V aile* mand qu'on écrit ainfi W , eft notre V con- fonne , &. qu'en Allemagne on prononce Ve- terayie , Virtemberg , Vellphalie , Vifigoths, Ils impriment Altona au -lieu d'AIeena, ne fâchant pas qu'en allemand un O fur^ monté de deux points vaut un E. Us ne favent pas qu'en Hollande oe fait om Se ils font toujours des &utes en imprimant cette diphtongueT Celles que commettent tous les jourç Içj traduâeurs des livres font innombrables» Hmtiéme fartiç^ L ♦ \ \ 164 PAULpMENT. que nous donnâmes ce nom à ces aflèmblées dès que nous avons écrit en langue franqaife • ^ les Anglais qui prirent toutes nos coutu- mes ) appellèrent fùrlement leurs aâèmblées des pairs. Ce mot , fource de tant d'équivoques , fut affêâé à plufieurs autres corps , aux officiers municipaux. des villes, à des moines, à des écoles > autre preuve d'un antique ufage. On ne répétera pas ici comment le t(A Philippe le bel qui détruifît & forma, tant de chofes , forma une chambre de parlement à Pariss pour juger dans cette capitale les grands procès portés auparavant partout où fe trouvait la cour y comment cette chambre qui ne fié- geait que deux fois Tannée fut falariée par le roi à cinq fous par jour pour chaque confeiller ju« ge; chambre néceâàirementcompofée de mem- bres amovibles , puifque tous'avaient d'autres emplois i dé forte que qui était juge à Paris à la Touâaint , allait commander les troupes à la Pentecôte j comment cette chambre ne jugea de longtems aucun procès criminel. Comment les clercs ou gradués enquêteurs , établis pour rapporter les procès aux ïhu gneurs confeillers juges , & non pour donner leurs voix , furent bientôt mis à la place de ces juges d'épée qui rarement favaient lire & écrire. Par quelle &talité étonnante & fimefte 1^ P A R L I M B K T. i6f premier procès criminel que jugèrent ces nou« veaux confeillers gradués , fot 'celui de Cbor* ks VII leur roi alors dauphin de Ftance , Îiu'ils déclarèrent fans le nommer , déchu de on droit à la couronne ; & comment queU ques jours après ces même juges fubjugués par le parti anglais dominant , condamnèrent le dauphin , le defcendant de Si. Lotus au ban-^ niflement perp<^tuel le 3 Janvier 1420 ; arrêt auffi incompétent qu^infame, monument éter- nel de Topprobrè & de la défolation où la France était plongée , & que le préfident Hif- nault a tâché en vain de pallier dans fon abrégé aufli eftimable qu'utile. Mais tout fort de fa fphère dans les tems de trouble. La démence du roi Charles VI , Taflaffinat du duc de Boiu:« gogne commis par le dauphin , le traité folem- nel de Troyes , la défedion de tout Paris & des trois quarts de la France , les grandes qualités , les vidoires , la gloire , l'efprit , le bonheur de Henri F, folemneUement déclaré roi de France \ tout femblaic excufer le par- lement. Après la mort de Chcirles VI en 1422 , & dix jours après fes obfèques » tous les membres du parlement de Paris jurèrent fur un miflèldans la grand'chambre , obéïflànce Ik fvlélité au jeune roi d'Angleterre Henri VI fils de Hen^ ri Vi & ce tribunal fit mourir une bourgeoifo de Paris qui avait eu le courage d'ameuter pluiîeurs iûtoyens pour recevoir leur roi lcgi« L nj \ dme dans fa capitale. Cette refpedable boiif« geoife fut exécutée avec tous les citoyens fidè^ les que le parlement put faifir. Charles f^ll érigea un ai^tre parlement à Poitiers ; il fut peu nombreux , peu puiâknt ) & point payé. Quelques membres du parlement de Paris dégoûtés des Anglais, s'y réfugièrent. Et en- fin , quand Chartes eut repris Paris , & donné une amniflie générale, les deux parlemens fu« rent réunis. Parlement. L'étendue de ses droits* Machiavel dans fes remarques politiques fur Tite • Live , dit que les parlemens font la force du roi de France. Il avait très grande raifon en un fens. Machiavel Italien voyait le pape com- me le plus dangereux monarque de la chrétien- té. Tous les rois lui fefaient la cour \ tous vou- laient rengager dans leurs querelles s & quand il exigeait trop , quand un roi de France nV fait le refufer en face , ce roi avait foii parle- ment tout prêt qui déclarait les prétentions du pape contraires aux loîx du royaume , lorfionaires , abufivés , abfurdes. Le rm «'ex- cufait auprès du pape en difant qu'il ne pour- rait venir à bout de fon parlement C'était bien pis encot quand le roi & le pape fc querellaient. Alors les arrêts triom- phaient de toutes les bulle$ \ Se la tiare était tttivèrfse par la main de juftice. M^ ce Parlemeut. 1^7 corps ne fit jamais la force des rois qiuind ils eurent befoin d'argent. G>mme c'en avec ce feul refibrt qu'on eft Hk d'être toujours le maître , les rois en Voulaient toujours avoir i il en &lut demander d'abord aux états * géné« raux. La cQur du parlement de Paris féden- taire & inftituée pour rendre la juftice , ne fe mêla jamais de finance jofqu'à François L La fameufe réponfè du premier préfident Jean de la Vaquerie au duc d'Orléans ( de^ puis Louis XII ) en eft vne preuve aflèz forte ; Le parlement efi pour rendre juftice au peuple j ies finances , la guerre , le gouvernement du roi ne font point defon rejfort. On ne peut pardonner au préfident Hé^ nault de n'avoir pas rapporté ce trait qui fervit longtems de bafe au droit public en France , fuppofé que ce pays connût un drdit publia Parlemekt. Droit d'enregistrer. * • Enrégiftrement » mémorial 9 journal , Uvre de raifon. Cet ufàge fut de tout tems ob- fervé chess les nations policées , ^ fort nér gligé par les barbares qui vinrent fondre fur l'empire Romain. Le clergé île Rome fut plu^ attentif, il enrégiftra tout , & toujours à foQi avantage. Les Vifigoths , les Vandales , les Bourguignons 9 les Francs , & toÂis les autres iauvages n'avaient pas feulement de régiftres L uij îeî p ▲ R t E M B K t; pour les mariages , les nsdâànces & les mort^ Les empereurs firent à la vérité écrire leurs traités & leurs ordonnances ; elles étaient confervées tantôt dans un château , tantôt dans un ^utre ; & quand ce château était pris par quelque brigand , le régiftre «était perdu. U n'y a guères eu que les anciens aâes dé- pofés à la Tour de Londre qui ayent fub6fté. On n'en retrouva ailleurs que chez des moi- nés , qui fuppléèrent fôuvent par leur indut trie à la diiette des monumens publics. Quelle foi peut -on avoir à ces anciens monumens après Tavanture des &uâès décrê. taies qui ont été refpeâées pendant cinq cent ans , autant & plus que TEvangile; après tant de faux martyrologes , de ùluScs légendes 8c de faux aâes ? Notre Europe fut trop long* tems compofée d'une multitude de brigands qui pillaient tout , d'un petit nombre de &uâaires qui trompèrent ces brigands igno« rans , & d'une populace auifi abrurie qu'in- digente , courbée vers là terre toute l'annéei polir nourrir tous ces gens - là. On tient que Philippe -Augufie perdit fbn dbartrier , fés titres ^ on ne fait pas trop à queUe occafîon 5 ni comthent 9 ni pourquoi il fefait tranfporter aux injures de l'air des parchemins qu'il devait foigneufement en* fermer fous la clef. On croit qù'Etienm Boileau prévôt de Pa.' tis du tems de Si. Louis , fut le premier qui pAKLlMÉNt. 16^ Ont un journal , & qu*il fut imité pat Jean de Monlluc greffier du parlement de Paris en 131 3 9 & non en 1256; faute de pure inad- venencedans le grand Didionnaire au mot Enrégiflretnent. Peu- à -peu les rois s'accoutumèrent à faire enrégiftrer au parlement pUifieurs de leur.s ordonnances, & furtout les loix que le par« kmem était obligé de maintenir. * Ceft une opinion commune que la pre il défen- dait les loix contre les rapines. Il montra que la cour Romaine avait extorqué en trente années quatre millions fîx cent quarante^cinq mille écus de la France. Ces iimonies mul- tipliées , ces vols réels commis fous le nom de piété , com^nençaiçnt à faire horreur. Mais la cour Romaine ayant enfin appaifé & fé« duit Loms XI , il fit taire ceux qu'il avait &it fî bien parler. Il n'y eut aucune remontrance fur les finances du tems de Louts XI , ni de Charles VIII , ni de Lotiis XII i car il ne faut pas qualifier du nom de remontrances foietTU pelles ) le refus que fit cette compagnie de y P A K L £ M E N T. I7I prêter à Charks VIII cinquante mille francs pour fa malheureufe expédition d'Italie en 1496. Le roi lui envoya le fire à'Albret , le fire de Rieux gouverneur de Paris , le (Ire de Graviie amiral de France , & le cardinal Diu moine pour la prier de fe cottifer pour lui prêter cet argent. Etrange députation ! les régiftres portent que le parlement repréfenta , la f^éeeffîté & indigence du royaume , & le cas fi piteux , quod non indiget manu faribentis. Garder Ton argent n'était pas une de ces re- montrances publiques au nom de la Franee. Il en fit pour la grille d'argent de St. Mar- tin que François I acheta des chanoines , & dont il devait payer l'intérêt & le principal fur fes domaines. Voilà la première remon- trance pour aiFaire pécuniaire. La féconde fut pour la vente de vingt charges de nouveaux confeillers au parle- ment de Paris , & de trente dans les pro- vinces. Ce fut le chancelier cardinal Duprut^ qui proftitua ain(î la juilice. Cette honte a duré & s'ed étendue fur toute la magiftra- ture de la France depuis ïf 15 jufqu'à 1771, Vefpace de deux cent cinquante - cinq ans» jufqu'à - ce qu'un autre chancelier a com- mencé à effacer cette tache. Depuis ce tems , le parlement remontra fur ti>ures fortes d'objets. Il y était autorité par redit paternel' de Louïs XII père du -\ 17a P A R L E M E K r.' peuple ,• qu*on fuive toujours la loi malgré lef ordres contraires à la loi que rimporttmké fourait arracher au monarque. JVprès François 7, le parlement fut tontu iiuellement en querelle avec le miniftère. , ou du moins en défiance. Les malheureufes guer- res de religion augmentèrent (on crédit i & . plus il fut nëceflaire , plus il fut entrepiynant. Il fe regardait comme le tuteur des rois dès le tems de François IL C'eft ce que Charles IX \}}i reprocha au tems de fa majorité par c^ propres mots. ,5 Je vous ordonne de ne pas agir avec ^ un roi majeur comme vous avez feit pen- 3, dant fa minorité ; ne vous mêlez pas des ,, affaires dont il ne vous appartient ^as de ^ connaître ; fouvenez - vous que votre com« 99 pagnie n'a été établie par les rois que y^ pour rendre la juftice fuivant les ordon- ^ nances du fouverain. Laiifez au roi & à ,, fon confeil les affaires d'état ; défàites- ,5 vous de l'erreur de vous regarder commet ^ les tuteurs des rois , comme les défeufeurs ,, du royaume , & comme les gardiens de „ Paris. " Le malheur des tems rengagea àan\ïe parti de la ligue contre Henri II L II Sou- tint les Guifes au point qu'après le meurtre ^de Henri de Guife & du cardinal ion pràce » Parlement. 173 il commença des procédures contre Henri III 9 & nomma deux confeillers, Pichon& Courim» pour informer. • . Après la mort de Henri III » il fe déclara contre Hetpri le grand. La moitié de ce corps était entraînée par la fadtion d'Ëfpagne , & Tautre par un faux zèle de religion. Henri IV eut un autre petit parlement au- près de -lui ainG que Clwrles VU. Il rentra comme lui dans Paris par des négociations fecrètes plus que par la force , & il réunit les deux parlêmens ainfi que Charles VU en avait ufé. Tout le miniftère du cardinal de Richelieu fut fignalé par de$ réfiftances fréquentes de cette compagnie $ rédftances d*autant plus fermes qu'elles étaient approuvées de la na« tion. * On connaît aflèz la guerre de la fronde « dans laquelle il fut précipité par des fadtieûx. La reine régente le transféra à Pontoife par une déclaration du roi fon fils déjà majeur » datée du 3 Juillet 1 65 2. Mais trois préfidens feulement & quatorze confeillers obéirent. Louis XIV en 1655 t après Tamniftie , vint â la grand^chambre , le fouet à la main , dé- fendre les affemblées des chambres. En 1^579 il ordonna ^'enrégiflcement de tout édit » & 174 Parlement. ne permit les remontrances que d^ns la hui« taine après renrégiftremenc. Tout fut traa* quille fous fon règne. Sous Louis XV. Le parlement de Paris avait déjà, du tcms de la fronde , établi Pufage de ne plus rendre la iuftice lorfquHl fe croyait lézé par le gou« vernement. C'était un moyen qui femblait devoir forcer le miniftère à plier fous (es volontés , fans qu'on eût une rél^eliion à lui reprocher comme dans la minorité de Louis XIV. H employa cette reflburce en 171 8 « dans la minorité de Lotus XV. Le duc d'Orléans r 6^ gent l'exila à Pontoife en 17^0. La malheureule bulle JJnigenitus le mit quelquefois aux prifes avec le cardinal de Fleuri. Il ccfla encor fes fonélîons en 17c i dans les petits troubles excités par Chriftophe Je Beaumont archevêque de Paris , au fujet des billets de confeflion & des refus de facre- mens. Nouvelle ceffation de ferviee en 1753. Tout le corps fut exilé dans plufîeurs villes (routières i la grand'chambre le fut à Pon« toife. Cet exil dura plus de quinze mois » depuis le 10 Mai 1753 t jufqu'àu %^ Au- P A'R L B M E N T. m gufte I7i^4. Le roi dans cet efpace de tems fit rendre la juftice par des confeillers d^état & des maîtres des requêtes. Très peu de caufes furent plaidées devant ce nouveau tri- bunal. La plupart de ceux qui étaient en pro- cès aimèrent mieux s'accommoder ou attendre le retour du parlement. Il femblait que la chicane eût été exilée avec ceux qui étaient inftitués pour la condamner. On rappella enfin le parlement à fes fonc* dons , & il revint aux acclamations de toute la France. Deux ans après fon retour , les efprits étant plus aigris que jam^s , le roi vint tenir un lit de juftice à Paris en 1756 le 1 3 Décembre. Il fupprima deux chambres du parlement » & fit plufîeurs réglemens pour mettre dans ce corps une police nouvelle. A peine fiit-il forti que tous lès confeillers donnèrent leur démill fion , à la réferve des préfidens - à - mortier & de dix confeillers de grand'chambre. La oour ne croyait pas alors pouvoir établir un nouveau tribunal à fa place. On fut de tous les côtés très aigri & très incertain. L'attentat inconcevable de Damiens parut recondlier pendant quelque tems le parle- ment avec la cour. Ce malheureux non moins infenfé que coupable , accufa fept membres du parlement dans une lettre qu'il olh diâer tj6 Parlement* pour le roi même , & qui lui fut portée. Cette accufation abfurde n'empêcha pas le roi de remettre au parlement même le jugement de Pamiem , qui fut condamné au fupplice. de Ravaillac par ce qui reftait de la grand'cham* bre. Plufîeurs pairs & des princes du fàng opinèrent. Après Texécutiori terrible du criminel faite le 28 Mars 1757 , le miniftère engagé dans 'une guerre ruineufe & funefte , négocia avec ces mêmes officiers du parlement qui avaient donné leur démiilîon s les exilés furent rap- pelles. Ce corps , à force d'avoir été hufnilié par la cour , eut plus d'autorité que jamais. j[l (ignaja cette autorité en aboUifant par un arrêt l'ordre des jéfuites en France , & en les dépouillant de tous leurs biens ( par l'arrêt du 6 Augufte 1762 ). Rien ne le ren- dit plus cher à la nation. Il fut en cela parfai- tement fécondé par tous les parlemeiis du. royaume. , Il s'unifiait en effet avec ces autres parle- mens» & prétendait ne faire avec eux qu'un, cprps , dont il était le principal membre. Tous s'appellaient alors clajfes du parlement 7 celui de Paris était la première clalfe ; chaque clafTe fefait des remontrances fur les édits , & ne le$ enrégiftrait pas. Il y eut même quelques - un$ de ces corps qui pourfuivirent juridiquement les commandans de province ça voyés à ey^ de i de la part du roi pour feîre enrégiftrcr. Quel- ques ciaiTes décernèrent des prifes de corp^ contre ces oflficicîrs. Si ces décrets avaient été, mis à exécution , il en aurait réfulté un eiFet bien étrange. Ceft fur les domaines royaux que fe prennent les deniers dont on paye les frais de juftice ; de forte que le roi aurait pày^ de Tes propres dotnaînes les arrêts rendus par ceux qui lui défobéiâkîent contre fes officiers principaux qui avaient exécuté fe^ ordres^ r Cette étonnalfite atiardhîc hé pouvait pas; fubfifter \ il falait ou que la couronne. reprit ion autorité , ou que le^ parlement préva* luiTent* On avait befoin dans des conjonâures fi critiques d'un chancelier tel que celui de THi}* fitâd , on le trouira. Il fklait changer toutef Tadminidration de la juftice dans leroyaunie, & elle fut changée. Le roi commença pair cfïayer dé rartienct! le parlement de Paris ; il le fit Venir à un lit de juftice qu'il tînt à Verfailles Icf ^ Décembre' 1770, avise tes princcfs ^ tes pairs & les grands^ officiers de la couronne. Là , il iui défendit de fe fevvh: jamais des fermes d^uniié , àHndi^ vifibilité & de clàlfeS. D'envoyer aux autres parlèmens d'aufreS mémoires que ceux qui font fpécifiés par lesi ordonnances^ Huitiimt fcnrtiCé llk Ï78 Parlement.' Dcceflêr le fervice , finon dans les cas que ces mêmes ordonnances ont prévus. De donner leur démiffion en corps. De rendre jamais d'arrêt qui retarde les enrégiftremens > le tout fous peine d'être cafles. Le parlement fur cet édit folemnel , ayant encor ceffé le fervice , le roi leur fit porter des lettres de juflîon; ils défobéirent. Nou* velles lettres de juflîon , nouvelle défobéiC fance. Enfin , le monarque poufle à bout , leur envoya pour dernière tentative le 20 Janvier à quatre heures du matin des moufquetaires oui portèrent à chaque membre un papier à ugner. Ce papier ne contenait qu'un ordre de déclarer s'ils obéiraient ou s'ils refufer^ent» Plufieurs voulurent interpréter la vo!onté-du roi : les mousquetaires leur dirent qu'ils avaient ordre d'éviter les commentaires , qu'il falait un oui., ou un non. Quarante membres fignèrent ce oui , les autres s'en difpenlerant. Les oui éifant venus le lendemain au |)arlement avec leurs cama- rades , leur demandèrent pardon d'avoir ac- cepté , & fignèrent 120;^ i tous furent exilés. La juftice fut encor adminiftrée par les confeiilers d'état 8c les maîtres des requêtes comme elle l'avait été en 1753; mais ce ne fut que par provifion. On tira bientôt de ce chaos un arrangement utile. P'abord le roi fe rendit aux vœux des peu* P A ft t li M B « t. 1731 p\es qui fe plaignaient depuis des (îécles de deux griefs ^ dont l'un était ruineux , l'autre honteux & difpendieux à la fois. Le premier était le reflbrt trop étendu du parlement de Paris , qui contraignait les citoyens de venir de cent cinquante lieues fe confumer devant lui en frais qui fouvent excédaient le capitaL Le fécond était la vénalité des charges de judi^ cature i ;i^énalité qui avait introduit la forte taxation des épices. Pour réformer ces deux abus, fîx parlemens nouveaux furent inftitués le 23 Février de la même année, fous le titre de Confeils fupirieurs^ avec injondlion de rendre gratis la juftice^ Ces confeils furent établis dans Arras,Rlois, Chàlons , Clermont , Lyon , Poitiers , (en fui- vant Tordre alphabétique. ) On y en ajouta >â'autres depuis. ^' ^ Il falait lurtout former un nouveau parler ment à Paris , lequel ferait payé par le roi fana acheter fes places , & fans rien exiger des plaideurs. Cet établiflement fut fait le 1 3 AvriL L'opprobre de la vénalité dont François I & le chancelier Duprcu avaient malheureufement fouillé la France , fut lavé par Louis XV & par les foins du chancelier de Maupeou , fe« cond du nom. On finit par Ja réforme der tous les parlemcns ; & on efpéra de voir té* &rmer la jurilprudence. ÇPar Mr. D. avocat. ) V ïga Patrie. m ' PATRIE. NOus nous bornerons ici félon notre ufàge à propofer quelques queftions que nous ne pouvons réfoudre. Un juif a*uil une patrie ? s'il eft né à Cotm- bre , c^eft au milieu d'une troupe dMgnorans abfurdes qui argumenteront contre lui ^ & aux- quels il ferait des réponfes abfurdes , s'il oiait répondra. Il eft furveillé par des inquifiteurs qui le ferpnt brûler s'ils fa vent qu'il ne mange point de lard , & tout fon bien leur appar- tiendra. Sa patrie eft- elle à Coimbre ? peut- il aimer tendrement Coimbre ? peut- il dire comme dans les Horaces de Pierre Corneille » Mon cher pays & mon premier amour, , « • Monrtr pour la patrie e^ un fl dtgnc fort Qu'on briguerait en foule une fi belle mort. -— Taraire ! Sa patrie eft* elle Jérufalem ? il a ouï dire yague- ment qu'autrefois fes ancêtres , quels qu'ils filiTent , ont habité ce terrain pierreux & ftéri- le , bordé d'un défert abominable , & que les Turcs font maîtres aujourd'hui de ce petîc pays dont ils ne retirent prefque rien. Jéru- &lem n'eft pas fà patrie. D n'en a point i il n'a pas fur la terre un pied quarré qui lui appartienne. Patrie. igf LeGuèbre plus ancien , & cent fois plus refpcdable que le Juif , efcla ve des Turcs , ou des Perfans , ou du grand-mogol/, peut-il compter pour fa patrie quelques pyrées qu'il élève en fecret fur des mofttagnes? Le Banian , l'Arménien , qui paflènt leur vie à courir dans tout l'Orient , & à faire le' métier de courtiers, peuvent-ils dire, ma chère patrie , ma chère patrie ? Ils n'en ont d'autre que leur bourfe & leur livre de compte. î^rmî nos nations d'Europe , tous ces meur- triers qui louent leurs fervices , & qui veru dent leur fang au premier roi qui veut les payer , ont- ils une patrie ? Ils en ont bien moins qu'un oifeaiKde proie qui revient tous les loirs dans Ici creux 4u rocher où fa mère fit fon nid. Les mmnes oferaient-ils dire qu'ils ont une patrie ? elle eft , difent^ils , dans le ciel i à la bonne heùr^ ; mais dans ce ntonde je ne leur en connais pas. Ce mot Aépatrit fera- t-il bien convenable dans la bouche d'un Grec , qui ignore s'il y eut jamais un Miltiade , un .Agifijas , & qui fait feulement qu'il eft l'efclave d'un janit faire , lequel eft efclave d'un aga , lequel eft efclave d'un bâcha , lequel eft efclave d'un M xi j ^^ P A T K I 2* vifir , lequel efl: efclave d'un padisha que nous appelions à Paris le Grand- Turc ? Qu'eft-cc donc que la patrie ? ne ferait- ce pas par hazard un bon champ , dont le pcf- feâeur logé commodément dans une maifbii bien tenue , pourait dire , ce champ que je cultive , cette maifon que j'ai bâtie font à moi \ 'fy vis fous la proteâion des loix qu'au, cun tyran nç peut enfreindre. Quand ceux qui po0edent , comme moi , des champs & des maifons s'aâèmblent pour leurs intérêts commuais, j'ai ma voix dans cette aifemblée; }e fuis une partie du tout , une partie de la communauté , une partie de la fouveraineté s voilà ma patrie. Tout ce qui n'efl: pas cette habitation d'hommes , n'eft-ellc pas une écurie de chevaux fous un palefrenier qui leur donne à fon gré des coups de fouet ? Section seconde. Un jeune garqon pâtiffier qui avait été au collège , & qui {avait encor quelques phrafes de Cicéron , fe donnait un jour les airs d'au mer fa patrie. Qy 'entends, tu par ta patrie ? lui dit un voiûn , eft- ce ton four ? ^ft. ce le village où tu es né & que tu n'as jamais revu ? eft-ce la rue où xlemeuraient ton père &ta inère qui fe font ruinés , & qui t'ont réduit è enlbi^ner de$ petits pâtés pour vivre ? Qft-ç9 f Patrie. SeS. IL . i83 rhôtelnde-ville où tu ne feras jamais clerc d'un quartioier ? eft-ce Téglife de Notre- Dame où tu n'as pu parvenir à être enfant de chœur , tandis qu'un homme abfurde eft archevêque & duc avec dix mille louïs - d'or de rente ? *Le garçon pâtiflîer ne fut que répondre. Un penfeur qui écoutait cette converfation » conclut que dans une patrie un peu étendue il y avait fouvent plufieurs millions d'hom- mes qui n'avaient point de patrie. Toi , voluptueux Pariden , qui n'as jamais feit d'autre grand voyage que celui de Dieppe pour y manger de la marée fraîche ; qui ne connais que ta maifon vernie de la ville , ta jolie maifon de campagne & ta loge à cet opéra où le refte de l'Europe s'obftine à s'en- nuier ; qui parles aâez agréablement ta langue parce que tu n'en fais point d'autre , tu aimes tout cela , & tu aimes encor les filles que tu entretiens , le vin de Champagne qui t'arrive de Rheims , tes rentes que l'hôteUde-villc te paye tous les fîx mois , & tu dis que tu aimes ta patrie! En con&ience , un financier aime-t-il cor- dialement fa patrie ? \ L'officier & le foldat qui dévafteront leur quartier d'hy ver fî on les laifle faire , ont-ils un amour bien tendre pour les payfans qu'ils ruinent ? Où était la patrie du duc de Guife k M uij i84 Patrie. Se8. IL balafré , était-ce à Nanci , à Paris , à Madrid,^ à Rome? Quelle patrie aviez - vous , cardinaux de h ^alu^ , Dufrat , Lorraine , Mazin-in ? ^ Où fut Ib patrie à' Attila & de cent héros de ce genre , qui en courant toujours n'é- taient jamais hors de leur chemin ? Je voudrais bien qu'on me dit quelle était la patrie d' Abraham ? Le premier qui a écrit que la patrie eft par- tout où Ton Te trouve bien , eft je crois EuriU pide dans fon Fhaëton. Os pantakos gc patris es bos/u)ufa ge. Mais ie premier homme qui fortit du lieu de fa nailiance pour chercher ailleurs fon bien<« être , Pavait à\t avant Ipi, P A U t. Q.U BSTIONSSVK. V kJTÙ L Es épitres de St. Paul font fî fublimes i I qu'il eft fou vent difficile d'y atteindre. ^ . Flufîeurs jeunes bacheliers demandent ce aux^Co- ^"® fignifient précifément ces paroles ? rintbiens n Tout homme qui prie & qui prophétife f h. ijç« ^ avec un voile fur fa tète fpuiUe fa tète. ^ Paul; igf Que veulent dire celles-ci ? „ Jai appris [. Corînt; \^ du Seigneur que la nuit liième qu'il fut ch. xi. ^3 faifi il prit du pain. " i^. %i% Comment piut'ii avoir appris cela de Jesus- Christ , auquel H }{ avait jamais parlé , ^ dont il avait été le plus cruel efinemi fans Pa^ voir jamais vu i* efi-ce par infpiration , ç/?- ce par le récit de fes difciples ? ejt-ce lorf- qu^une lumière célefte le fit tomber de cheval ? il ne nous en injlruitpas. Et celles - ci encore ? „ La femme fera fau- j. Tîmo-i ^ vée Gl elle fait des en&ns. ^ tk^eciu Cejl ajfurément encourager la population , il ne paraît pas que Paul ait fondé des couvens de filles. Il traite d'impies , d'impofteurs , de dîabo- Timot^ liques , de confciences cangrcnces , ceux qui <^h» *v% prêchent le célibat & Tablîinence des viandes. Ceci eft bien plus fort. Il femble qu^il prof-' crive moines , nonnes , jours de je&nes. Éxpli^ quez - moi cela , tirez - moi d^ embarras. Que dire fur les paflàges où il recommande Tîmot. aux évèques de n'avoir qu'une femme ? chap m; Vnius uxorisvirum. ^ ^ ' "^ Cela efi pofitif Jamais il n'a permis qu'un ^^^P* '• évique e&t deux femmes , lorfque les grands pontifes juifs pouvaient en avoir pliifieurs. Il dit poGtivement que le jugement der- nier fe fera de fon tems , que Jtsus det fufcitant & le mettant à fa droite. EJl'Ce là conftater la divinité de Je SUS ? « „. V ous avez rendu Jésus de peu inférieur breux ch. ^"^ anges en la couronnant de gloire. II. S'il efl inférieur aux anges ç/î-i/ DiEu ? j. vt ^^ P^'^ '^ ^^^^^ ^'"^ ^^"^ pluHeurs font nuiasch' ^^^^^ » ^^ 6^^^® ^ '^ ^^^ de DiEU ont plus y, * abondé par la grâce d'un feul homme qui eft Jésus- Christ. Pourquoi P appellera tofijours hmme ^ ja^ mais Dieu ? Si à caufe du péché d'un feul homme la mort a régné , l'abondance de grâce régnera bien davantage par un feul homme qui efl: Jésus- Christ. Toi^ours homme , jamais Dieu , excepté un feul endroit contefiépar Erafme , par Grotius » par Le Clerc , ^c. • Paul, 187 Nous fommes enfàns de Dieu , & cohéri- item cK} tiers de j£sus. Christ. xvi^ • JNT'ç/î - ce pas toujours regarder Jfisus conu me Pun de nous 9 quoique Jupérieur à nous par les grâces de Dieu ? A Di£u feul fage , honneur & gloire paç Jésus- Christ. Ce mot Dieu feul , ne femble - / - il pas eoc* dure Jzsvs de la divinité ? Comment entendre tous ces paâàges à la lettre fans craindre d'offènfer Jesus-Christ ? comment les entendre dans un fens plus re« levé fans craindre d'offenfer Dieu le père? Il y en a plufieurs de cette efpèce qui ^ ont exercé Tefprit des favans. Les commen* tateurs fe font combattus ^ & nous ne préten- dons pas porter la lumière où ils ont laifle Vobfcurité. Nous nous foumettons toujours de cœur & de bouche à la déciiîon de l'égUfe* Nous avons eu auflî quelques pemes à bien pénétrer les paflages fuivans. ,, Votre circonciiion profite fi vous ob- Epit. wé j, fervcz la loi juive j mais fi vous êtes pré- ^"'f* de j> varicateurs de la loi , votre circondfion ^^"ijL S) devient prépuce. /«'^Ro- ,) Or nous fa vous que tout ce que la loi dit mains ^ '39 à ceux qui font dans la loi , elle le dit afin cfa. lu 3» que toute bouche foit obftruée , & que tout Ch. mi ^ le monde foit fournis à Dieu » parce que p toute chair ne fer^ pas jullifiée devant lui 188 P A H l; ,5 par les œuvres de là loi , car par la loi vient j, la connaiffance du pécKé. CH. iv; » Car un feulDifcU juftifie la cîrconcifioii fuite au ^ par la foi , & le prépuce par la foi. Détrui- ^^* ^* H fons-nous donc la loi par la foi ? à Dieu ne ,5 plaife. Car fi Abraham a été juftifie par fes jj œuvres, il en a gloire , mais non chez DiEU.^ Nous ofons dire que l'ingénieux & profond J^om Calmet lui-même , ne nous a pas donné fur ces endroits un peu obfcurs , une lumière qui diffipât toutes nos ténèbres. Cefl: fans doute notre faute de n'avoir pas entendu les commentateurs , & d'avoir été privés de l'in- telligence entière du texte , qui n'eft donnée qu'aux âmes privilégiées. Mais dès que l'ex- plication viendra de la chaire de vérité, nous entendrons tout parfaitement. ( Par le pajieur Lélic, ) PÈRES , MÈRES , ENCANS : Leurs devoirs. ON a beaucoup crié en France contre l'En- cyclopédie , parce qu'elle avait été faite en France , & qu'elle lui fefait honneur ; on n'a point crié dans les autres pays i au cdii- » traire, on s'efl; emprefle de la contrefaire ou ' de la gâter , par la raifon qu'il y avait à gagtiec quelque argent. P È R E s , M è R E s. Jg9 > Pour nous qui ne travaillons point pour la gloire comme les encyclopédiftes de Paris , nous qui ne fommes point expofés comme eux à Tenvie, nous dqnt la petite fociété cft cachée dans la Hcfle , dans le Virtembcrg , dans la SuiHè , chez les Grifqns , au mont Krapak , & qui ne craignons point d'avoir à difputer contre le dodleur de la comédie italien- ne ou contre un dodeur de Sorbonne , nous qui ne vendons point nos feuilles à un libraî-* re , nous qui fommes des êtres libres , & qui ne mettons du noir fur du blanc qu'après avoir examiné autant qu'il eft en nolis , fi ce noir poura être utile au gejire- humais^, nous enfin qui aimons la vertu , nous expo- lèrons hardiment notre penfée. Honore ton père & ta mère fi tu veux vivre longtems. J'oferais dire , Hoi^ore ton père & ta mère ,^ dufles*tu mourir demain. . Aime tendrement , fers avec joie la ;iièrer qui t'a porté dans fon fein & qui t'a nourri de fon lait , & qui a fupporté tous les dégoûts de ta première enfonce. Remplis ces mêmes devoirs envers ton père qui t'a élevé. Siècles à venir , jugez un Franc nommé Louis XI JI , qui à l'âge de feize at]s commença par faire murer la porte de l'appartement de fa mère , & l'envoya en exil fans en dojmer la moindre rai fon. , maiç feulement parce que fon &vori le voulait. fjd P i: It E s,M fe R E sV Mais , Moiifieur ^ }e fuis obligé de Vovd^ confier que mon père eft un yvrogne, qui nié fit un joiir par hazard , fans fonger à moi i qui ne m'a donné aucune éducation que celle de me battre tous les jours quand il revenait yvre au logis^ Ma mère était une coquette qui n'était occupée que de faire Tamour. Sans ma nourrice qui s'était prtfe d'amitié pour moi , & qui après la mort de fon fils m'a re^u chez elle par charité ^ je ferais mort de mifère. Eh bien ^ aime ta nourrice , falue ton père & ta mère quand tu les rencontreras. Il eft dit dans la V'ulgate , hoHora patrem tuum & matrem ttutm , & non pals , dilige. Fort Weh , Monfieur , j'aimerai mon père & ma mère s'ils me (ont du bien ; je les hono*' ifcrai s'ils me font du maU j'ai (toujours penfé ainfi depuis que je penfe , & vous me confira siez dans mes maximes. Adieu mon enfant , je vois que tu profpére^ ras , car tu as un gram de filofofie dans la tète« * Encor un mot , Monfieur ; fi mon père s'appellait Abraham j & moi Ijaaa & fi mon père me difait, Mon fils, tu es grand & fort» porte ces fagots au haut de cette montagne pour te fcrvir de bûcher quand je t'aurai coupé la tète , car c'eft Dieu qui me l'a ordonné ce matin quand il m'eft venu voir j que me confcitleriez - vous de faire dans cette occa* iion chatouilleufe ? X P fc R E s , M Ê R E s. Ï9t Aflez chatouilleufe en effet. Mais toi , que ferais . tu ? car tu me parais une aflez bonne tête. Je vous avoue , Monfieur , que je lui deman- derais fon ordre par écrit , & cela par amitié pour lui Je lui dirais , Mon père , vous êtes chez des étrangers qui ne permettent pas qu^on aflalîîne fon fils ians une permiilion expreile de Dieu duement légaîifée & controllée. Voyez ce qui eft arrivé à ce pauvre Calas dans la ville moitié firançaife , moitié efpagnole de Touloufe. On Ta roué , & le procureur- général Riquet a conclu à &ire brûler madame Calas la mère , le tout fur le fimple foupçon très mal conçu qu'ils avaient pendu leur fils Marc-Antoine Calas pour l'amour de DiEU. Je crain^drais qu'il ne donnât fes ondulions contre •vous & contre Votre fœur', ou votre nièce madame Sara ma mère. Montre2^iQû| encor un coup une lettre de cachet pour me couper le cou , fîgnée de la main de Dieu, & plus bas Raphaël^ ou Michel 9 ou Belzé^ huth , fans quoi ferviteur •> je m'en vais chei Pharaon égyptiaque , ou chez le roi du défert de Guérar , qui ont été tout deux amoureux de ma mère , & qui certainement auront de la bonté pour moi. Coupez fi vous voulez le cou de mon frère Ifmaé'l , mais pour le mien je/ vous réponds que vous n'en viendrez pas à bout. Comment î c*eft raifonner en ^rai fage. Le j \ 192 PÈRES, Mère ^i* Didionnaire encyclopédique ne dirait paâf mieux. Tu iras loin , te dis-je , je t'admire de ji^avoir pas dit la moindre injure à ton père Abralyam , & de n'avoir, point été tenté de le battre. Et dis-moi » fi tu étais ^ce Crcan que fon père Clotaire roi Franc fit brûler dans une grange , ou Don Carlos fils de ce renard Philippe II , ou bien ce pauvre Alexis fils de ce czar Pierre moitié héros & moitié tigre? ;. Ah ! J^onfieur , ne me parlez plus de ces horreurs : vous me feriez détefter la nature liumaine. : P È ,P ÈT.R ONE* TOut ce qu'on a débité fur Néron m'a (ait examiner , de plus près lafatyre attri^ buée ' au jconful Caius Pepronius , que Néron ^vait ftcrifié à la jaloufie deTigillin. Les nou- vçatUK compilateurs de rhUloire romaine n'ont pas manqué de prendre les fragniens d'un jeune écolier , nommé Titus PetroniuSi^owt ceiix de ce conful , qui , dit-on , envoya à Né-* Yon avant de mourir cette peinture de fa cour fous des. noms empruntés. Si on retrouvait en effet un portrait fidèle des débauches de Nirori dans le Pétrom qui nous De PiTRONH. m nous refte , ce livre ferait un des morceaux les plus curieux de rantiquité. Natiâot a rempli les lacunes de ces frag- mens ,& a cru tromper le public. Il veut le tromper encore en aflurant que la fatyrc de Titus Peti'onius jeune & obfcur libertin , d'un cfprit très peu réglé , eft le Caius Pe- trdiiius conful de Rome. Il veut qu'on voye toute la vie de Néron dans des aVanturcs des plus bas coquins de Tltalie , gens qui fortent de récole pour courir du cabaret au bordel , qui volent des manteaux , & qui font trop heureux d'aller diner chez un vieux fous-fer-, mie;: marchand de vin , enrichi par des ufu« rejs , qu'on nomme Trimcdcion. i/i- Les commentateurs ne doutent pas que ce vieux financier abfurde & impertinent ne foie le jeune empereur Néton , qui après tout avait de rerprit& des talens. Mais en vérité, com- ment reconnaître cet empereur dans un foc qui fait continuellement les plus iniipides jeux de mots avec £bn cuifinier ; qui fe lève de table pour aller à la garderobe j qui revient à table pour dire qu'il eft toutmenté de vents ^ qui confeille à la compagnie de ne point fe retenir ; qui aifure que pludeurs perfonnes font mortes pour n'avoir pas fu fe donner à propos la liberté du derrière \ & qui confie > fes convives que fa grofle femme Forfunatif Huitième farfif. N 194 ^ ^ PÉTRONE. &it fî bien fon devoir là delTus , qu'elle Tenv* pèche de dorniir la nuit. Cette mauflàde & dégoûtante Fortunata eft , dit-on , la jeune & belle ABé maitreflè de Pempereur. Il faut être bien impitoyabtementr commentateur pour trouver de pareilles red femblances. Les convives font , dit*on , les fevoris de Néron. Voici quelle eft la couver-' fation de ces hommes de cour. * L'un d'eux dit à l'autre : „ De quoi ris tu , j, vifage de brebis ? fais - tu meilleujre chère ^ chez toi ? Si j'éfiais plus près de ce caufeur , ,3 je lui aurais déjà donné un foufflet. Si }e ,) piÛkis feulement fur lui , il ne faurait où ,3 fe cacher. Il rit : de quoi rit-il ? — Je fais ^ un homme libre comme les autres ; )'ai ,, vingt bouches à nourrir par jour , fans „ compter mes chiens ; & j'efpère mourir de yy faqon à ne rougir de rien quand je ferai jj mort. Tu n'es qu'un morveux : tu ne fais ^ dire ni a ni ir : tu reflembles à un pot de yy terre , à un cuir mouillé qui n'en isft pas ,, meilleur pour être plus fouple. Es-tu plus „ riche que moi ? dine deux fois. ^^ Tout ce qui fe dit dans ce fameux repas de Trimalcion eft à «peu -près dans ce goût. Les plus bas gredins tiennent parmi nous des difcours plus honnêtes dans leurs tavernes*. C'eft-là pourtant ce qu'on a pris pour la galatv- terÂe de la cour des, céfars. Il n'y a point De Pétrone. ijf d'exemple d'un préjugé fi groflîer. Il vau- drait autant dire que le portier des chartreux eft un portrait délicat de la cour de Louis XI V. Il y 3 des vers très heureux dans . cette fatyre , & quelques contes très bien faits , fur- tout celui de la matrone d'Ephèfe. La fatyre de Pétrone eft un mélange de bon & de ihau- vais , de moralités & d'ordures ; elle annonce la décadence du fiécle qui fui vit celui d'^u- gujle. On voit un jeune homme échappé des écoles pour fréquenter le barreau , & qui veut donner des règles & des exemples d'é- loquence & de poëfie. Il propofe pour modèle le commencement d'un poëme ampoulé de fa faqon. Voici quel- ques - uns de fes vers : Craffïi^ Panhus habet : Lybicojacet aquore Magnus, Julius ingratam perfudit fanguine Romam ; Et quafi non pojftt t9t tellus ferre fepulchra , Divijït cineres» ,5 Craflus a péri chez les Parthes; Pompée 55 fur les rivages de Lybie j le fang de Céfw 55 a coulé dans Rome \ & comme fî la terre 55 n'avait'pas pu porter tant de tombeaux , . 55 elle a divifé leurs cendres. " Peut -on voir une penfée plus (kuile & plus extravagante ? Quoi ! la^ même terre ne pouvait porter trois fépulcres ou trois urnes ? & c'cft pour cela que Crajjus , tomfk VT *• N ij Ijtf TE) E PÉTRONE. & Céfar font morts dans des lieux difTérens* Eft.ce ainfi que s'exprimait Virgile?' On admire , on cite ces vers libertins : Qualis nox illa «, 'Dii Deaque ! Quant mollis thorus ! Hûtjîmus caUnUs ^ •Et transfudimus hinc & hïnc labcllis Errantes animas» Valtte cura. Mortalis ego fie perire cœpi. Les quatre premiers vers font heureux ; & furtout par le fujet ; car les vers fur Ta. mour & fur le vin plaifent toujours quand ils ne font pas abfolument mauvais. En voici une traduétion libre. Je ne fais iî elle eft du préfident Bouhier. Quelle nuit! ô tranfports,ô voluptés touchantes! Nos corps entrelacés & nos âmes errantes Se confondaient enfemble & mouraient de plaifir. C'efi ainfi qtt*un mortel commença de périr. Le dernier vers traduit mot - à • mot eft plat , incohérent , ridicule ; il ternit toutes les grâces des précédetis ; il préfente l'idée fu- nefte d'une mort véritable. Pétrone ne fait prefque jamais s'arrêter. Ceft le défauf d'un jeune homme dont le goût eft encor égaré. Ceft dommage que ces vers ne foient pas faits pour une femme 9 mais enfin il eft évident qu'ils.ni font pas une fatyre de Héron. Ce font De F i t r o k ij. 157 les Vers d'un jeune homme diflblu qui célèbre £ès plaiGrs infemes. * De tous les -morceaux de poëfîe répandus en foule dans cet ouvrage , il n'y en a pas un feul qui putâe avoir le plus léger rapport avec la cour de Néron. Ce font tantôt des confèiis pour former les jeunes avocats à l'éloquence de ce que nous appelions le Bar^ reaii i tantôt des déclamations fur llndigence des gens de lettres , des éloges de l'argent comptant -, des regrets de n'en point avoirs des invocations à PriapCj des images ou ^mi. poulées ou lafcives; & tout le livre eft hk lamas confus d'érudition & de débauche , tel que ceux que les ancienSL Romains appel, latent Satura. Erlân , c'cft le comble de l'aK. fur dite d'avoir pria defiécle en fîécle cette fatyrê pour l'hiftoire fccrèttc de Néron. Mais dès qu'un préjugé efl: établi , que de tems il fout pour le détruire î P HIL S G P H I E. t * ' Ecrivez filofofie j ou philofophie , comme il vous plaira ; mais convenez que dès qu'elle paraît » elle eft perfécutée. Les chiens à qui vous préfentez un aliment pour lequel ils n'ont pas de goût, vous mordent. "VT • • • N uj. X9â pHitoso?» t S« t Vous direz que je répète ; mais il &ut t9^ mettre cent fois devant les yeux du genre-* humain que la facrée congrégation condamna Galilée 5 & que les cuiftres qui déclarèrene excommuniés tous les bons citoyens qui (e foumettraient au grand Henri I V , furent les mêmes qui condamnèrent les {eules vérités qu'on pouvait trouver dans les ouvrages de Defcanes. Tous les barbets de Ja fange théologique nboyant les uns contre les autres , aboyè^- reut tous contre de thou « contre La Motte kiMc^eTf contre Bayle. Que de rottifes ont été écrites par de petit? écoliers Welches Contre le fa^e Locie ! . Ces Welches difent que Céfar j Cicéron^ Sinèque i Pline , Marc - Aurèle , pouvaient être philofophes^ mais que cela n'ed pas per« mis chc55 les Wslchcs, On leur répond que cela eft très permis & très utile chez les Fran- çais \ que rien n'a k\t plus, de bien aujt Anglais , & qu'il efl; tems d'exterminer la bai:barie» Vous me répliquez qu*on n'en viendra pas à bout Non , chez le peuple & chez les imbécilles ; niais chez tous les honnêtes gens votre affaire eft faite. wÈÊÊÊmmtÊÊÊÊàm P L A G .« A ï. if^ PLAGIAT. . * ON die qu'originairement ce mot vient du latin plaga , & qu'il fignifiait la con* damnation au touet de ceux qui avaient vendu des hommes libres pour des efclaves. Cela n'a rien de commun avec le plagiat des au- teurs V tefqueis ne vendent point d'hommes , foit efcl^ves , foit libres. Us fe vendent feu- lement eux-mêmes quelquefois pour un peu d'ai'gent. C^and un auteur vend les penfées d^un autre pour les fiennes ,. ce' larcin s'appelle plagiats On pourait appcUer plagiaires tous les compilateurs , tous lei fefeurs xle diâion- naires, qui ne font que répéter à tortv& à travers , les opinions , les erreurs » les impo£. tures , les vérités déjà imprimées dans des didionnaires précédens i mais ce font du moins des plagiaires de bonne foij ils ne s'arrogent point le mérite de l'invention. Ils ne prétendent pa$ même i xehii d'avoir-dé- terré chez les anoiena les matériaux qu'ils ont ailèniblés i ils n'ont fait que copier les laborieux compilateurs du feiziémè (îecle. Ils vous vendent en in- quarto ce que vous aviez déjà en in -foliq. Appeikz-Ies , ii vous voûtez , libraires » & non pas auteurs. Rangez -les N iii) ^ . |>lut6t clans la cla^e des fripiers que dati^ Celle des plagîairesi' Le véjfitable plagjat eft de donner pour Vôtres les ouvrages d'dutrtii 5 de coudre dans vos rapfodics de longs paflages d'un bon^li- vrc avec quelques petits chartgemens; Mais le ledeur éclaké voyant ce morceau de *dr^p ..d'or fur un haëit de bure,^recontiâit bient6c . le voleur mal -'^àrcât* ■ ' , / Ramzai qui ^ptôs avoir été presbytérien dahs fdn village d'Ecoflè , enfuite angUcatt à Londres , pois quakrp ^^Sc qui -pérfuada en- fin au célèbre Fenelon archevêque de Canii. brai quUl était catholique , & même qu'il avait beaucoup de penchant pour l'amour pur j ?Ramzaii dis^je-,'%, les voyages de Cyrus% parce que fon^ maître avait fait voyager Té^ Hémaqm. Il n'y ajjufques-là que de l'imita* tion- Dahs -' ces voyages il copie les phrafes ^ les raifbnnemcns^fd'un ancien auteur Anglais qui intiroduieifim xjeunef folitaire diâequant fa chèvre morte; & remontant à Difiu par fa* chèvre Cela reffemble fort à uu plagiats Mais en conduifanl: Cyrus en Egypte , ikfe fert» pour décrire ce pay$ fingulier, des mêmes ex- pteflîons employas par Bojfuet i il le copîis mot pour mot fans le citer. Voilà un plagiat dans toutes les fotmes. Un dô nvés'iamis le lui reprochait un jour; Ramzai lui répondit qu'on pouvait fe rencontrer 3 & qu'il n'était Plagiât. «ôï |^a$ étonnant qu'il penfàt comme Tendon^ & qoHl s'exprimât comme Bojfuet. Cela s^a^j. pelle êtrejier comme un Ecojfais. Le plus fîngulier dé tous les plagiats eft peut - être celui du père Barre , auteur d'une grande hiftoire d'Allemagne en dix volu* mes. On venait d'imprimer MHifioire de Char^ lesXJt s & il en. prit plus de deux cent pa- ges qu^il i«féra dans Ton ouvrage. Ilfiiit dire à un duc de Lorraine précifement ce que Charles XII a dit. ,11 attribue à l'empereur Amauld ce qui eft arrive au monarque Suédois. Il dît de l'empereur Rodolphe ce qu^on avait dit du roi Stanislas. Valdemar xoi de Dannemarck » fait & die Êrécifément les mêmes chpfes que Charles à ender , &c. &c. &c., \ . ./ r Le plaifant de Tanàîre , eft qu'un. journa* lifte voj^ant, cette prodigieufe reflemblance entre ces deux ouvrages » ne manqua pas d'imputer le plagiat a l'auteur de VHifioire di Charles XII ^ qui avait pourtant écrit vingt ans avant le père Barre. C'eft furtout en poëfie qu'on fc permet louvent le plagiat , &* c'eft aflurément de tous les larcins le moijiis dangereux pouf la fociété. ■MM«*MH*aMfei 202 Polype^: «i POLYPES. EN qualité de douleur il y a lotif tems que j'ai rempli ma vocation. Quand on m'a voulu perfuader que les gloflbpètres que j'ai vues fe former dans ma campagne , étaient originairement des langues de cnietis marins^ que la chaux employée à ma grange n'était co.mpofée que de coquillages ; que les coraux étaient le produit . des excrémèns de certains jietits poifTons 5 que la mer par fes courans îi formé le motit Cenis & le mont Taurus, & que Niobé fut autrefois changée en marbre. Ce n'eft pas que je n'aime l'extraordinaire, le merveilleux autant qu'aucun voyageur, & qu'aucun' homme à fyftème. Mais pour croire fermement , je veux voir par mes yeux , toucher par mes maîris , & à plufieurs rcpri- Jcs. Ce n'eft pas même aflcz ; )c veux cncor être aidé par les yeux & J)ar.les mahis des autres. Deux de mes compagnons qui font comme moi des queftions fur l'Encyclopédie» ^ font longtêms amufés à confidérer avec moi en tout fens pluGeurs de ces petites tiges qui croiflènt dans des bourbiers à côté des lentilles d'eau. Ces herbes légères qu'on ap- P O t Y t É s* âoî pelle polypes Scan Jouce > ont plufîeûte ra- cines 9 & delà vient qu'on leur a donné le nom de polypes. Ces petites plantes paraiites ne furent que des plantes jufqu'au commen- cernent du iiécle où nous fommes. Leuven^ hoeck s'avifà de les (aire monter au i^ng d'à-* nimal. Nous ne favons pas s'ils y ont beau- coup gagné* Nous penfons que pour fetre réputé anî- mal , il faut être doué de la fenfation. Que l'on commence donc par nous Ëtire voir que ces polypes d'eau douce ont du fentiment , afin que nous leur donnions parmi nous droit de bourgeoifie. Nous n'avons pas ofé accorder cette dignité à la fenfitive , quoiqu'elle paritt y avoir les plus grandes prétentions. Pourquoi la don* nerions-nous à une espèce de petit jonc? eft - ce parce qu'il revient de bouture ? Mais cette propriété eft commune à tous les arbrerf qui croif^nt au bord de l'eau , aux fautes-, aux peupliers , aux trembles , &c. Ceft cela même qui démontre que le polype crfl un vé^ gétal. Il eft jS léger, qu'il change de place au moindre mouvement de la goutte d*cau qui le porte. Delà on a conclu qu'il marchait. On pouvait fuppofer de même que les peti- tes iîiles flottantes des marais de St. Omet font; des animaux > car elles changent fou« veïit de place. « ' * \ âo4 P o L t p B *: On à dit , fes racines font fes pieds , ft tige eft fon corps, fes branches font fes bras; le tuyau qui compofe fa tige eft percé en haut , c'eft fa bouche. Il y a dans ce tuyau une lé- gère moelle blanche , dont quelques animaK culejs préfqu'imperccptibles font très avides; ils entrent dans le creux de ce petit jonc en le fefant courber , & mangent 'cette pâte lé- gère; c'ell le polype qui prend ces animaux avec fon mufeau & qui s'en nourrit , quoi- qu'il n'y ait pas la moindre apparence de tète , de bouche , d'eftomac. Nous avons examiné ce jeu de la nature avec toute l'attention dont nous (bmmes ca- pables. Il nous a paru que cette produélion appellée /?o/v/Ff 3 reâemblait à un animal beau- coup moins qu'une carotte ou une afperge. £n vain nous avons oppofé à nos yeux tous les raifonnemens que nous avions lus autrefois. Le témoignage de nos yeux Ta emporté. Il eft trifte de perdre une illufîon. Nous Javons combien il ferait doux d'avoir un ani- mal qui fe reproduirait de lui-même & par bouture , & qui ayant toutes les apparences d'une plante , joindrait le règne animal au végétal. , Mais , (î vous voulez quelque chofe de plus extraordinaire , quelque chofe de plus digne >• Polypes. 20^ He robfervation des philofophes , regardex le colimaqpn qui marche un mois , deux mois entiers 9 après qu'on lui a coupé la tête ; re- gardez la limaflè incoque à qui une tète re. vient. Cette vérité dont tous les enfans peu- vent être témoins , vaut bien l'illufion des polypes d'eau douce. POPULATION, IL nV eut que fort peu de chenilles dans mon éanton l'année paiféc. Nous les tuâ- mes prefques toutes. Dieu nous en a donné plus que de feuilles cette année. N'en eft - il pas ainfi à - peu - près des au- ' très animaux , & furtout de i'efpèce hu«. maine ? La &mine , la pelle & la guerre , les deux fœurs venues de l'Arabie & de TAmé- - rique , détruifent les hommes dans un canton. On eft tout étonné de le trouver peuplé cent ans après. J'avoue que c'eft un devoir facré de peu- pler ce monde , & que tous les animaux font forcés par le^ plaidr à remplir cette vue du grand Demiourgos. Pourquoi ces peuplades fur la terre ? & à guoi bon former tant d'êtres deftinés à fe SOrf POPULAT 10 K. dévorer tous , & ranimai homm« ^ qui fembte né pour égorger fon femblable d'un bout de la terre à l'autre ? On m'aflure que )e faurai un jour-t:e fecret ^ je le fouhaite en qualité de curieux. B eft clair que nous devons peupler tant que nous pouvons. Car que ferions - nous de notre matière feminale ? ou fa furabondance nous rendrait malades y ou fon émiflion nous rendrait coupables. Et Takernative eft trifte. Les fages Arabes , voleurs du défèrt > dans les traités qu'ils font avec tous les voyageurs, ftipulent toujours qu'on leur donnera des fil- les. Quand ils conquirent TEfpagne , ils im- pofèrent un tribut de filles. Le pays de Médn paye les Turcs en, filles. Les flibuftiers firent venir des filles de Paris datts la petite ille dont ils s'étaient emparés. Et on conte que Romulus i dans un beau fpeâacle qu'il donna aux Sabins » leur vola trois cent filles. J? ne conçois pas pourquoi les Juifs , que d'ailleurs je révère , tuèrent tout dans Jérico jufqu'aux filles , & pourquoi ils difent dans leurs pfaumes qu'il fera doux d'écrafer les enfans à la mammelle , fans en excepter nonu mément les filles. Tous les autres peuples , foit Tartareti foit Cannibales » foit Teutons ou WeldHS» Population. 207 mt eu toujours les £Ues en grande recom* mandation* Avec cef heureux inftincft , il femblè que la terre devrait ^tre couverte d'animaux de no- tre efpèce. Nous avons vu que le père Petau en comptait près de fept cent milliards en deux cent quatre- vingt ans , après Pavanture du déluge. Et ce n'eft pourtant pas à la fuite des Mille ^ une nuit qu'il a fait imprimer ce beau dénombrement. Je compte aujourd'hui fur notre globule environ neuf cent millions de mes confrères , tant mâles que femelles. Vallace leur en ac- corde un million. Je me trompe , ou lui : fie peut » être nous trompons - nous tout deux ; mais c'eft de peu de chofe , que d'un fur mille- Et' dans toute l'arithmétique des hiftoriens on ie trompe bien davantage. Je fuis un peu furpris que notre arith-" méticien Vallace qui pouflè le nombre de nos concitoyens jufqu'à un million , prétende dans la même i^age , que l'an s 66 de la créa* tien, nos pères étaient dfx nombre de 1^70 millions. Premièrement , je voudrais qju'on m'établît 1»ien nettement l'époque de la création s &> comme nous avons dans notre Occident près de quatre - vingt fyftèmes fur cet événements il eft difficile de rencontrer jufte. ao8 PaPULATION. En fécond lieu , les Egyptiens , lès Cat déens , les Perfans , les Indiens , les Chi* Dois , ayant tous des calculs encore plus diiïe* rens , il eft encore plus maUaifé de s'accorder ;ivec eux. Troifiémemcnt , pourquoi en ^66 années le monde aurait - il été leize cent foixante 8ç fix fois plus peuplé qu'il ne Veft de nos jours ? Croit- on de bonne foi que Tan 1771 de notre ère vulgaire , nous foyons parvenus en Angleterre , en Allemagne , en France , en Italie y à former une population feize cent Ibixante & Gx fois plus conlidérable que du tems èiEghcrt , de CharUmagne & du pape téon m , qui vivaient tous il y a neuf cent fbixante & fix ans? Suppofez alors (quatre millions d'hommes en Angleterre : il faudrait , fui vant ce calcul, qu'elle contînt à préfent fix mille quatre cent quarante millions d'Anglais s Se que nous eut fions plus de Français à proportion. Sup- pofpns le double en France ; elle contien*. drait aujourd'hui douze mille huit cent qua- tre •vingt millions d'individus. Pour fauver cette abfurdité , on nous dît qu'il n'en allait pas autrefois comme de nos jours 5 que l'efpèce était bien plus vigou- leufe , qu'on digérait mieux , que pnx con- fcquent on était biçn plus prolifique , & qu'on vivait j Population. aqfli Hâvait plus longtems. Que n'ajoutait • on que le foleil était plus chaud & la lune plus belle ? On nous arllégue que du tcms de Céfar , quoique les hommes commençaient fort 2 dégénérer , cependant le monde était alors une fouirmillière de nos bipèdes , mais qu'à préfent c'eft un défert. Voyez feulement les Suifles , nous dit Vallace ,* ils étaient , au rap.* port de Céfar , au nombre de trois cent îbixante & huit mille , quand ils quittèrent fagement leur pays pour aller chercher fori tune à l'exemple des Cimbres. Te ne veux que cet exemple pour faîrd rentrer -en eux-mêmes les partifans un peu outrés du talent d'engendrer , dont ils gra« tifient les anciens aux dépens des moder« nés. Le canton de Berne par un dénomt** brement exad, poâede feul le nombre des habitans quûdéfertèreht l'Helvétîe entière du tems de Céfar. L'efpèce humaine eft donc plus que doublée dans PHelvétie depuis Cette avanture. ' - ; ' Je crois de même 1* Allemagne , la Franccr; l'Angleterre bien plus peuplées qu'elles^ né l'étaient alors. Ma raîlbn eft la prodigieufe extirpation dés forêts & le nombre des gran- des villes bâties & accrues depuis huit cent ans t & le nombre des arts augmenté e]| H^HHme f ortie. O \ 2IO Population. proportion. Voilà , je penfe, une répônfè pré- cife à toutes les déclamations vagues qu'on répète tous les jours dans des livres où l'on néglige la vérité en faveur des faillies, & qui deviennent très inutiles à force d'efprit. L'ami des hommes fuppofe que du tems de Çéfar on comptait cinquante - deux mil- lions d'hommes en Efpagne ; Strabon die qu'elle a toujours été mal peuplée parce que le n;iilieu des terres manque d'eao. Strabon parait avoir raifon , & l'ami des hommes pa- raît fe tromper. Mais on nous effraye en nous demandant ce que font devenues ces multitudes prodi- gieufes de Huns , d'Alains , d'Oflrogoths , de Vîfigoths , de Vandales , de Lombards , qui (e répandirent comme des torrens fur r£u- rope au cinquième fiécle. Je me défie de ces multitudes ; j'ofe foup- çonner qu'il fuffifait de trente ou quarante mille bètes féroces tout - au - plus , pour venir jetter l'épouvante dans l'empire Romain gou« verné par une Pulchirie , par des eunuques & par ^des moines. C'était aflèz que dix mille barbares enflent pafle le Danube , pour que dans chaque paroiflè on dit au prône qu'il y en avait plus que de (auterelles dans les plaies d'£gypte ; que c'était un fléau de DiBU ; qu'il falait faire pénitence & donner fbn argent aux couvens. La peur i^ûflàit tous les luE^it^is > FOÏULATIOK. 311 ils fuyaient en foule. Voyez feulement quel eStoi un loup )etta dans le Gevaudan en 176^. Mandrin , fuivi de cinquante' gueux , met , une ville entière à contribution. Dès qu'-ÎI eft -entré par une porte , on dit à l'autre q^'il vient aveg quatre mille combattans &'du canon. ' Si jlftila fut Jamais à la.tcte de cinquante mille aâàflîns ammés , ramages rde province en province , on lui en donnait cinq cent mille. Las millions d'hommëi' qiii' fuiyaîsnt les Xerxès, les' Çyrus , les Thmtltit , les trente ou trente . quatre millions 'd^Ëgyptiens , 8i la Thèbe - aux - cent- portes » ^ quidqàid Gracia wendax atiâet in. bifiûriâ , - reâèmblent aflê^ aux dnq cent miitle hommes à? Attila. Cette «ompagnie de voyageurs XUtaït été difficile à nourrir fur la route. ■ ' \'"' Ces Huns venaient ( là je conclus qu'ils v nombre. La Sibérie n'i ^tus fertile que de noi ■fous le règne de Thom telle que Tobolsk , & < puflènt nourcir un gran Les Indes , la Chine neure , étaient très peuplées ; je lé crois fans peine: & peut-être ne le {ont 'ils pas moins de nos jours , malgré la ragé deftruâive des invafîons & des guerres. Partout où la naturft* a nus des pâturages , le taureau fe tnade i aw JP P U L A T I o bt. la geniflè* ^ k JbéUer à la brebis # & Phomme ; à la fçmme. : . > Le§ défertstîe Barca , de l'Arabie , d'Or^b , fi^ Sinai 9 de Jérufalem , de Cobi &a , ne fii- jrent jamak peuplée » ne le font point , & ne le feront jgmais -^ à moins qu'il n'ai:rive queU que i^évolutiem qui change en :bonn^ terre la* JbQurable c^s horiûUes plaines de fable & de ^ ! Le terfsjlnide la, France' eft aflèz bon , & jil 'Çft fvifi|à49«n4i|t >Gt)uvçi^ de çpnibmma- teiHTs 5 pyifqii^en. >t«w genre il y a plus de .poft.i)t|an^,que,4e^plaoes} puifqu'il y a deux 69nt inilU. i l^éaQST qui gu.eufeijt d'un bout fdu/pays à\r4Wi:«:.t & qui foutiennent kur 'diét[f{)^bljs vÎQ^^ux dépens des ûçhes s enfin , puifque la France nourrit près de cent, mille mpit^^l^^di^l^jaKican n'a fait fervir fes mains à produijrerWi ipic de froment. C * , ■ 1 j . . ti J f . J ^ . ■ • . \ . Vows Jifeîz d^tis le grand Diâiomiâire ency- ;Clopédiquef5oà^'4fticle Population,^ ces paro* 4c5,, 4ans ^^p^ks il n'y a, pas un moi:, de vrai. ^La Frmç^) i,tfi,^cruerétendue multiplication font des chimères abfurdes. Si une famille d'hommes ou de fînges mul- tipliait en cette hqpn , la terre au bout de deux cent ans n'aurait pas de quoi les nourrir. La nature a pourvu à conferver & à reC traindre les efpèces. Elle reâemble aux par- ques qui filaient & coupaient toujours. Elle n'efl; occupée que de naiflànces & de det truétions. Si elle a donné à l'animal homme , plus* d'idées , plus de mémoire qu'aux autres ; û elle Ta rendu capable de généralifer fes idées & de les combiner ; fi elle l'a avantagé du don de la parole ; elle ne lui a pas accordé celui de la multiplication comme aux in- ieâes. Il y a plus de fourmis dans telle lieue quarree de bruiéres , qu'il n'y a jamais eu d^hommes fiir le globe. Quand un pays poflede un grand nom- bre de feinéans , foyez fîir qu'il eft aflèz peu^ plé , puifque ces fainéans font logés , nour- ris , vêtus » amufés , refpedés par ceux qui travaillent. S'il y a trop d'habitans , fî toutes les pla- ces font prifes , on va travailler &, mourir k St. Domingue , à la Martinique 5 à FhifedeU phie , à B^on, \ ai8 Population; Le point principal n'eft pas d^avoir du fuJ perâu en hommes , mais de rendre ce que nous en avons le moins malheureux qu'il e(t poffible» Remercions la nature de nous avoir don<« né l'être dans la zone tempérée , peuplée prefque partout d'un nombre plus que fuffi- Tant d'habitans qui cultivent tous les arts; & tâchons de ne pas gâter notre bonheur par nos fottifes* POSTE. Autrefois (î vous aviez eu un ami i ConC tantinople & un autre à Molcou % vou$ auriez été obligé d'attendre leur retour pour apprendre de leurs nouvelles. Aujourd'hui , fans qu'ils fortçnt de leur chambre , ni vous de la vôtre , vous converfez familièrement avec eux par le moyen d'une feuille de papier. Vous pouvez même Feur envoyer par la pofte un fachet de l'apoticaire Arnoud contxe l'a* poplexie ; & il eft reçu plus infailliblement qu'il ne les guérit. Si l'un de vos amis a befoin de faire tou« cher de l'argent à Pétersbourg & l'autre à Smyrne , la pofte fait votre aâ^e. F o s T I. 219 Votre maitreâè eft.elle à Bordeaux , & vous devant Prague avec votre régiment, elle vous afTure régulièrement de fa tendreilè} vous (avez par elle toutes les nouvelles de la ville, excepté les infidélités qu'elle vous fait. Enfin , la pofte efl; le lien de toutes les aSaires , de toutes les négociations i les ab* fens deviennent par elle préfens ^ elle e(t la con{bIation de la vie. La France où cette belle invention fiit renouvellée dans nos tems barbares , a rendu ce fer vice à toute l'Europe. Aufli n'a • t - elle jamais corrompu ce bienfait i & jamais le miniftère qui a eu le département des poftes n'a ouvert les lettres d'aucun particulier ^ excepté quand il a eu befoin de favoir ce qu^elles contenaient. Il n'en eft pas ainfi , dit - on , dans d'autres pays. On a prétendu qu'en Allemagne vos lettres^^n paâant par cinq ou fix dominations diiFérentes , étaient lues cinq ou ûx fois , & qu'à la fin le cachet était fi rompu qu'on était obligé d'en remettre un autre. Mr. Craigs fecrétaire d'état en Angl^erre ^ Ile voulut jamais qu'on ouvrit les lettres dans \ les bureaux \ il difait que c'était violer la foi publique , qu'il n'eft pas''pcrmi8 de s'emparer d'un iecret qui ne nous eft pas confié , qu'il eft fouvent plus criminel de prendre à un hom- lae fes penfêes que fon argent i que cette tra« a2ô P o s T E^ liifon eft d'autant plus mat -honnête qu^oit peut la faire fans nCque , & fafns en pouvoir être convaincu. . Pour dérouter remprcflèraent des curieux» on imagina d'abord d'écrire une partie do Tes dépèches en chiffres. Mais la partie en ca- radères ordinaires , fervait quelquefois à &ce découvrir Tautre. Cet inconvénient fit pcr- feâionner Part des chiffres qu'on appelle ^^ nogrftphie. ' On oppofa à ces énigmes l'art de les dé- chiffrer 5 mais cet art fut très feutif «& très vain. On ne réuflît qu'à faire accroire à des gens peu inflruits qu'on avait déchiffré leurs * lettres , & on n'eut que le plaifir dé leur don- ner -des inquiétudes. Telle eft la loi des pro- babilités que dans un jchiffre bien fait il y a deux cent , trois cent » quatre cent à parier contre un , que dans chaque numéro vous ne devinerez pas la lyllabe dont il efl répré* fentatif.. % Le nombre des hazards augmente avec la combinaifon de ces numéros > & le déchiâte- ment devient totalement impoflîble quand le chiffi| eft fait avec un peu d'art. Ceux qui fe vantent de déchiffrer une let- tre fans être inftruits des affaires qu'on y traite & fans avoir des fecours préliminai* res , font de plus grands charlatans que ceux qui fe vanteraient d'entendre une langue qu'ils n'ont poiht apprife. • p o s T B. ' m Quant à ceux qui vous envoyent familjc^ remei^t par la pofte , une tragédie en grand papier & en gros caractère avec des feuilies blanches pour y mettre vos obièrvations » ou qui vous régalent d'un premier tome do métaphyfique , en attendant le fécond , on peut leur dire qu'ils n'ont pas toute la di(l orétion reqùife , & qu'il y a même des pays^ où ils rifqueraient de faire connaître au minif^ tère qu'ils font de mauvais poètes & de mau^ vais métaphyfîden^. ' j ■ t ^j * * PRÉTENTIONS. ÏL n'y a pas danâ notre Europe un ieul prince qui rie sfintitulé fétveriiin d'un pays poflede par ion voiiîri. Cette manie po* Udque eft inconnue dans le refte dii monde; jamais le roi de Boutan ne s'eft dit ^mpereut ^ia Chhie^ jamais \e conteish Tartane né ^rit le titre de roi J^E^^te. -Les plus belles prétentions^ ont toujours été celles des papes y deux clefs tti fài&toir l^s mettaient viublement en poifeiSon'du i;oyaume des cieux. Ils liaient & ils <)éliaient tout fur. la terre. Cette ligature les rendait maître du continent ; & les fileté Ue Si. Piin$ bttf^ dor^t le 4oti9âtii0 4es mtts,' - %%t P R i T E K T i; O N s. . Flulîeurs favans théologiens otit cru que ces Diqyx diminuèrent eux - mêmes quelques articles de leurs prétentions » lorfqu'ils furent vivement attaqués par les titans nommés luthériens , anglicans ^ calvinifiis^ &a &c. Il eft très vrai que plufieurs d'entre eux devinrent N plqs* rnpdeftes , que leur cour célefte eut plus 'de dépence ; cependant , leurs prétentions Te font renouvellées dans toutes les oceafions* J^ n'en veux pour preuve que la nduit^ d^Aldohrandin > Clément VIJI9 envers le grand Henri I Vj quand il &lut lui donner une ab- ^ folution dont il n'avait que (aire , puifqu'il était abfeus par les évèques de fon rc^ume & qu'il était viâorieux. . I—. - ' . - * T • . - -* Aldobrandin refufa d'abord pendant une ^nnée eiitièrj? ^ i& n^ voqlut pas reùonnai- jtrc le ^uc d^ Nevers pour ambafladie^ ifi France. A la ^n il confentit; à ouvrir la porte ^u royaume «des cieu^ à Henri » aux condi- tions fui ysip tés. i?p Que Jffw-/ demanderait pardon de s'è- . tre &it ouvrir la porte par des fous - portiers (el^. qu^ des évoques » au -lieu de »'adreâèr au grand - portier. a*^. Qii'il s'avouerait déchu du .trône de France jufqu'à . ce qu' Aldobrandin le réhabili- tât par la plénitude de (a puifl^ce^ 3^t Qp'il f^ ferait facrer & courofuier uni féconde fois , la première étant nulle 9 piûi^ P R 4 T ï 1^ T 1 N s. 223 qu'elle avait . été &ite fans Tordre e;Kprèt û^Alâobrandin. 4^. C^u'il chaflerak tout les proteftans de Ton royaume , ce qui n'était ni honnête ni poffible. La chofe n'était pas honnête parce que les proteftans avaient prodigué leur fang pour le faire roi de France. £1 le n'était pas pofEble parce que ces diffidens étaient au ilom- bre de deux millions. 5^. Qu'il ferait au plus vite la guerre au grand - Turc , ce qui n'était ni plus honnête ni plus poiHble i puifque le grand. Turc l'a- vait reconnu roi dans le tems que Rome ne le reconnaiflait pas , & que Henri n'avait ni troupes , ni argent , ni vaifleaux pour aller faire la guerre comme un fou à ce granil- Turc fon allié. 6^. Qu'il recevrait couché fur le ventre tout de fon long l'abfolution de Mr. te légat félon la forme ordiîiaire , c'eft-à-dire , qu'il ferait fuftigé par Mr. le légat. 70. Qu'il rappellerait les jéfuitcs chafféii de fôn royaume par le parlement , pour PaC fiflîhat commis fur fe perfonne par Jccnt Châtèl leur écolier. ■ j J'omets plufieurs autres petites prétentions. Henri en fit modéref plufieurs. Il obtint fur- tout avec bien de la peine qu'il ne ferait fouetté* que par procureur & de la propre, »ain à'Aldobrandin. 224 PK^TEKtlONf. Vous me direz que fa (ainteté était forcée à exiger des conditions fi extravagantes p^ le vieux démon du midi FUlippe II , qui avait» dans Rome plus de pouvoir^que le pape. Vous comparerez Aldobrandin à un foldat poltron que fon colonel conduit à la tranchée à coups de bâton. ^ Je vous répondrai qu'en effet Clément VI II craignait Philippe II , mais qu'il n'était pas moins attaché aux droits de fa tiare ; que c'était un fi grand plaifir' pour le petit - fils d'un banquier de donner le fouet à un roî de France , que pour rien au monde Aldobratu din n'eût voulu s'en départir. • Vous me répliquerez que fi un pape va», lait réclamer aujourd'luii de tellçs préteo^ tions., s'il voulait dontier le fouet ap roi de France , ou au roi d'Efpagne , ou au roi de Naples , ou au duc de Parme , pour avok chaâe les révérends pères jéfuites , ilrifque- rait d'être traité comme Clément Vit le fut j)ar Charles y Quint y & d'efluyer'deshyrailia- tions beaucoup plus grandes » qu'il faut (a« crifier les prétentions à fon utilité ; qu'oa doit céder au tems \ que le shérif de la Mec- que doit proclamer AU - beg roi d'Egypte , s'il çft viâorieux & afïèrmL Je vous répondrai que vous avez raifon. . PRÊTREÎi Prêtres: tlf PRÊTRES DES PAYENS: jn\ Oh Navarette dans une de fes kttres jf-^ à Don Juan.^Autridie , rapporte ce difcours du datai- lama à {on confeil privé. ^ Mes vénérables frères ; vous & mol nous y^ (avons très bien que je ne fuis pas immor» ^ tel ; mais il eft bon que les peuples lo ^ croyent* Les Tartares du grand & du pe* 9 tic Ttûbet font un peuple de col roide & ^ de lumières courtcis , qui ont befoin d'uii a> pug pefant & detgroâès erreurs. Perfua. 39 dez*leur bien mon immortalité : dont ^ ^ gloire rejaillit fiir vous , & qui vous pra-. ^ cure honneurs & richeâes. ,5 Quand le tems viendra où les Tartares 39 feront plus éclairés , on poura leur avouer 33 alors que les grands -lamas ne font point 33 im^iortels » mais que leurs prédéceflèurs 33 l'ont été % & que cg qui était néceflaire 33 pour la fondation de ce divin édifice , ne ,3 î'eft/ plus quand l'édifice eft a&rmi fur 33' un fondement inébranlable. 33 J'ai eu d'abord quelque pdne à faire ,3 diftribuer aux vaflaux de mon empire , les 9» agrémens de ma chaife percée » proprement »» enchâiles dans des cryfbux ornés de cuh* •, vife doré \ mais ces monumens ont éts èf i^çus. avec tant derefped, qu'il a fiilii Jùiifiémi partit. ? p trt T R B f . „' continuer cet uiàge , lequel^ après tout ne „ répugne en rien aux bonnes mœurs, & 9, qui fait eittrer beaucoup d'argent dans ,, notre tréfor làcré. < ;;'Si jamais quelque raifonneur impie pec« „ fuade au peuple que nqtre derrière n'eft pas- „ auffi divin que notre tète , fi on (è révolte ^, contre nos reliques , ' vous en foutiendrez ^ la valeur autant que vous le pourez. Et (i ,',.' vous êtes forcés enfin d'abandonner la (ainn^: ,, teté de notre eu , vous conferverez toù^ „ jours dans Teiprit des raifonneurs le pro-» n fond refpeâ qu'on, doit à notre cervelle r iy ainfî' que dans un traité avec les Mon* „ guler nous avons cédé une mauvaife pro^ „ vince pour être pofle^urs paifîUes de$ „ autres. „ Tant que nos Tartares du grand & du „ petit Thibet ne fauront ni lire ni écrire , s, tant qu41s feront groilîers & dévots , vous ,) pourez prendre hardiment leur argent « „ coucher avec leurs femmes & avec leurs* M filles i & les menacer de la colère du Dieu ^ Fo s'ife ofent fe plaindre* ,3 Lorfque le tem« dé raifonner fera arri^ „ vé (cîu: enfin il' feut bien qu'un jour Jes ^ homqtes raifonnent ) vous prendrez alors „ une conduite toute oppofée ; & vous diresi ^ ^) le Gontraire: de ce que vos prédéce£»rs fi ont dit, car vous devez changer de brids ^ k meftire que les cheVaux deviennent plus P R ÊTRES. 327" Çy difficiles a gouverner. Il iaudca que votre ^ extérieur foit plus grave , vos intrigues' ^ plus myftérieufes , vos fecrets mieux gar- ^ dés , vos fophifmes plus éblouïâàns , votre „ ' politique-phis fine. Vous êtes alors les pi. jy lotes d'un vai^u qui &it eau de tou^ ,) côtés. Ayez fou$ vous des fubalternes qui 33 fuient continuellement occupés à pomper ly ^ à cal&tér , à bouclier tous les trous. Voii^ ,3 vôgber^z aVec plus de peine; mais enfin „ vous voguerez , & vous jetterez dans l'eau fy ou dans le feu , félon qu'il conviendra^ 3^ ïé tBîeûïr tous ceux qui voudront «ca.* ,3 miner. il vqus $ivez bien radoubé le .^aif. 35 feau. - \ ^ . . • - 3, Si les incrédules font ou le prinqe ,des. ,,T Kalkas , Qu'Ole contaish des Calmouks , 04 „ un prince de ÉJàfàn , ou t^l autre grand 33 feigneur qui ait malheureiïfètnént trop d'e& 33 prit , gardez - voué bien de prendre que-' 3, relie avec eu^. ^efpeâez. les /dites LieW 33 toûjourei^ que vous efpérez qu'ils tentrei ,^ ront dans là l^nne S^e. Mais j^our le^ 3^1 iimples citoyens , né^ les' épargnez )amais ; 33 plus ils feront gehs de bien i plus vous d&: 33 yrez travailler à les exterminer. ; car ce ^' Qmt les ^tis d'honneur qui foiit les plus 33 dangereux" pour vous. -^ 33 Vous ^rez la fimpUcité de la colombe , la^^dencef du ferpent , & la griilè du lion fcliWi tes lieux & félon les tem«^ ^ ¥ 1} 55 1 ^ ■ %ZZ P R fe T,R E s; Le, dalai - lama avait à peine prononcé ces paroles que la terre trembla , les éclairs cQurtîrent d'un pôle à l'autre , le tonnerre gronda , une voix célefte fe fit entendre » ADOREZ DIEU ET NON LE GRAND LAMA. Tous les petits lamas foutinrent que la voix avait dit , 'Adorez JDi^V & le grand lama. On le crut longtems daps le royaume du t'hib'et i & maintenant on ne le croit plus. 1 1 1 •■■ ' PRIVILÈGES, CAS PRIVILÉGIÉS. '* 1 » ' ï t - • i - j ' L'Ufage qui prévaut preTque toujours con*^ tte la raifon , a voulu qu'on appellât jpri* viligiis les dç|iti$ d0s ecç}46aftiques & des mornes, cçiitre l'ordre ciyiU ce qui eft pour- tant très coiTimun ; & qy'ofi. çon)mât àéliti communs ceux qui n^ fqgarden^ que la dif- çipline eccléfiaftiqués ças^^^lpn^Jk.pQlicQ civile ne sVmbarraiTe pas , ^ qu^ fçfU abandonnés à k liiérarchie facerdotale. , L'églne n'ayapt de jurifdiétioii qtie celle que les (buverains lui ontacaof^ée , & Je$ ÎUgej$ de Pégli^fe n'état^t ^ainG quç des juges priviTégiés par Iq fouverain , qii devrait ap- peller cas privilégiés cepx; qui foui; de leur .-3 C A s r R I V I L i o 1 i s. S2^ compétence , & délits communs ceux qui doi- vent être punis par les officiers du prince. Mais les canoniftes qui font très rarement eisaâs dans leurs expreflions , furtout lorC- quHl s'agit de la jurifdiâion royale , ayant regarde un prêtre nommé officiai comme étant de droit le feul juge des clercs , ils ont qua. liûé de privilège ce' qui appartient de droit «con#lun aux tribunaux laies : & les ordon- nances des rois ont adopté cette expreffîon en France. SMl faut fe conformer à cet u(age, le juge d'églife connaît feul du délit commun \ mais il ne connaît des cas privilégiés que concur- remment avec le juge royal. Celui ci fè rend au tribunal de Tofficialité , mais il n'y eft .que l'afleflcur du juge d'églife. Tout les deux font ailiflés de leur greffier , chacun rédige féparément , mais en préfence Tun de l'autre , les aâ:e3 de la procédure. L'official qui pré- (îde interroge (èul l'accufé ; & fi le juge royal a des queftions k lui faire , il doit requérir le juge d'églife d^ les propofcr. L'inftrudion conjointe étant achevée , chaque juge rend féparément ion jugement. Cette procédure eft hériflee de formalités , * & elle entraîne d'ailleurs des longueurs qui ne devraient pas être admifes dans la juriG. prudence criminelle. Les juges d'égUfe qui P iij n^ont pa^ (kit une ét^de des loix & des fortn^u lités , n'mftruifent guères de procédures ctu minelles fans donner lieu à des appels conu me d'abus qui ruinent en frais le prévenu 9 le font languir dans les fers , ou retardent fa punition s'il eft coupable. D'ailleurs-, les Français n^ont aucune loi précife qui ait déterminé quels font^ ca| privilégiés. Un malheureux gémit foQvent une année entière dans les cachots avant de favoir quels feront fes juges. Les prêtres & les moines font dans Tétat , & fujets de l'état. Il eft bien étrange , que lorfqu'ils ont troublé la fociété , ils ne foient pas jugés comme les autres citoyens , par les feuls officiers du fouverain. Chez lès Juifs , les grands* prètresi même n'avaient point ce privilège , que nos loîx otit accordé à de limples habitués de paroifle. Salomon dépofa le grand - pqntife Ahiathar , fans le tenvoyer à la fynagogue pour lui faire (tf) «fon procès, fl) Jbsus- Christ accule devant 111. nv. yj^ jyge fgculier & payen , ne recufa pas (a chap II? )urifdiÀion. St. Paul traduit au tribunal de ir^id & ^^^^^ ^ ^® Fejlus , ne le déclina point. • L'empereur Confiantin accorda 3'abord ce privilège aux évèques. Honorius & Tbéodqfe te jeune retendirent à tous les clercs » & JuJ^ tinien le confirma. En rédigeant Tordonhance criminelle de 1670,1e confeiller d'état Pujfbrt & le pré- iîdent de Novion étaient d'avis^ ( i ) d'abolir (*)Pro- la procédure conjointe , & de rendre aux }tu c^* ^«>^- gcs rpyaux le droit de juger feuls les clercs îî**^* accufés de cas privilégia Mais cet avis raï- ^^^^^^^ fonnabje fut combattu par le premier préfi- p,g. A dent de Lamoigfion , & par l'avocat • général & 44. Talon. £t une loi qui était &ite pour réformer nos abus , confirma le plut ridicule de tous. Une déclaration du roi du 26 Avi;il 1657» défend au parlement de Paris de continuer la procédure commencée contre le cardinal de Retz accufé de crime de làe - ma jefté. La même déclaration veut que les procès des cardinaux , archevêques & évèques du royau- ^ me, accufés de crime de lése-^majefté, foient ' inftruits & jugés par les juges eccléâaftiques ^ comme il eft ordonné {lar tes canons» M^s cette déclaration contraire aux ufà- ges du royaume , n'a été enrégiftrée dans aucun parlement , & ne ferait pas fuivie. Nos livres rapportent plulseuns arrêts qui ont décrété de prife de corps , dépofé , confifqué les biens , & condamné à raimnde & à d'au* très peines , des cardin»)z , des archevêques $i des évêques» Ces peines ont été prononcées contre l'évèque de Nantes par arrêt du 2f Juin I4S5* Contre Jean de la Baiue cardinal & évêque d'Angers , par arrêt da 29 Juillet 14^. P iiij mt Cas iPRiTiLÉGiii' Contre Jean Hébert évèque de Con(lanC0 en 1480. . Contre Louis de Rochechomri évèque de Nantes en 1481. Contre Giofroi de Pompadour éivèque de Périgueux , & George d'Amboife évoque de Montauban en 1488* Contre Giofroi Dintiville évèque d'Auxerrc eniÇ3i- Contre Bernard Lordaù évèque de P»* 4iùers en 1537. > Contre le cardinal de Châtilloft évèque ds :Beâuvais le 19 Mar^ 1^69. Contre Géofroi de la Martonie évèque jd*Amiens le 9 Juillet 1594. Contre Gilbert Genebrard archevêque d'Aîx le 26 Janvier 159^. Contre Guillaume Rqfe évèque de Senlis le s Septembre 1598. . , Contre le cardinal de Sourdis archevêque de. Bordeaux le 17 Novembre 161 f. Le parlement de Paris décréta de prife de corps le çi!lrdinal de Bouillon , & fit làifir fee biens par arrêt du 20 Juin 1710* . . Le cardinal de Mailfy archevêque de Rheims fit en 1717 un mandement tendant à dé^ truire la paix eccléfiaftique établie par le gou« verndment. Le bourœau brûla publiquement lé mandement par arrêt du parlement. Le Sn Latiguet é5^è<)ue de Soiflbns ayant foutenu qu'il ne pouvait être jugé par la juf« f Cas PtiiYtti^iiî. iii tide:clu roï , même pour crime de lèze-majeftc , il fuc condamné à dix mille livres d'amende. . Dans les troubles honteux excités par les refus de faaremens , le iimple préfidial de Nantes condamna Tévèque de cette ville k fix mille francs d'amende pour avoir reRid , la communion à ceux qui la demandaient^ En 1764 Tarchevèque d'Auch , du nom de MontiHet , fut condamné à une amende \ & fon mandement , regardé comme un libelle ^iifiàmatoire , fut brûlé par le bourreau à Bor« deaux. Ces exemples ont été très firéquens. La maxime que le$ eiccléfîaftiques font entière^ ment fournis à la juftice du roi comteie les autres citoyens , a prévalu dans tout le royau« me. Il n'y a point de loi expreffè qui For- donne. Mais l'opinion de tous les jurifcon- fuites , le cri unanime de ta nation , & le bien de l'état font une loi. ' PROPHÈTES. LE prophète Jurim fot fiflé , les prophètes I des Cévennes furent pendus ou roués \ les prophètes qui vinrent du^ Languedoc & du Dauphiné à L^idres furent mis au pilori 5 les prophètes anabatiftes furent condamnés | 2H P & O F H 1 T S S. divers iuppUces ; le prophète Savâmroh cuit à Florence. £t s'il eft permis de join^- dre à tous ceux-là les^ véritables prophètes Juifs , on verra que leur deftinée n'a pas été moins malheureufe^ le plus grand de leurs {prophètes » St. Jeatu Bat^e , eut le cou coupé. . On prétend que Zacharie fut tfflàffiné i mais heureufement cela n'eft pas prouvé. Le (MTO- phète Jeido ou Aiio qui, fut envoyé k Bé- thefà condition qu'il ne maiigerait ni ne boi^. rait , ayant cnalheureufement mangé un mor* ceau de pain , fut mangé à fon tour par un lion , & on trouva Tes os fur le^rand cbe^ min entre ce lion & (on âne. Joitws fat avale }|ar un poiâon ; il eft vrai qu'il ne rdfta dans on ventre que trois jours & trois nuits i mais c'eft toujours paflèr foixante & douze hàiu res fort mal à fon aife. Habacuc fut tranfporté en Pair par les che- veux à Babilone. Ce n'eft pas un grand maU heur à la vérité ; mais c'eft une voiture fore incommode. On doit beaucoup fbuifrir quand on eft fufpendu par les cheveux . TeTpace de trois cent milles. J'aurais mieux aimé une paire d'ailes » la }U(ïitm Borak ou l'hyp- pogriphe. Micbie , fils de Jûtnill» , ayant vu le Seu gneur^llis fur fon trône avec l'armée du ciel / / Prophète*. 23f à droite & à gauche , & le Seigneur ayant de* mandé quelqu'un pour aller tromper le roi Achab , le diable s'étant prérenté au Seigneur » & s'étant chargé de la commiflion , Michée rendit compte de laip^rt du Seigneur au roi Achab de cette avant ure célefte. Il eft vrai que pour récompenfe , il ne reçut qu'un énorme fbufflet de la main du prophète Sédé^ fùai il eft vrai qu'il ne fut mis dans un ca«. chot que pour quelques jours \ mais enfin il eft défagréabte pour un homme infpiré d'être foufHetlé & fouré dans un eu de bafle-fofle. On croit que le roi Amafias fit arracher le^ dents au prophète. Antos pour l'empêcher de parier. Ce n'eft pas qu'^n ne puiâ^ abfolu- ment parler fans dents i on a vu de vieilles édentées très bavardes ; mais il faut pronon- cer diflinâemcnt , une prophétie , & un pro*. phète édenté n'eft pas écouté avec le relpeâ qu'on lui doit. Baruch eâuya bien des perfécutions. Ezi^ chiel fut lapidé par les compagnons de fon efclavage. On ne lait fi Jérimie fiit lapidé , ou s'il fut fdé en deux. Pour Ifaïe , il paife pour conftant qu'il fut fcié par ordre de ManaJJi roitelet de Juda. Il faut convenir que c'eft un méchant mé* tier que celui de prophète. Pour un feul qui » aj&. Prophéties* SeB.iIZ Tom. n. Jwrieu prophétife expreflement que le tem»^ P^g' 133 de la grande révolution & de la ehûte entière ^ ' 3.4« ^ du papifm'e tombera jugement fur Pan 1 6S9 » que fejlime , dît - il , être le tems de la veiu dange apocalyptique i car les deux témoitts ref^ fuf citer ont en ce temsJè. Après quoi la Frarta doit rompra avec le pape avant la findufiicle , ou au cqmntfncenient de P autre , f§ le rejie de Petnpire anticlyrétien s* abolira partout. \ Cette particule disjon<^\re ou , ce ligne du doute n'était pas , d'un homme adrà î| aflfura que c^était pour 1690^ Et ce qui eft étonnant , c'eft que cette édi^ tion fut : fuiy^ immédiatement d'une' aiitre. l\ s'en eft £Ju beaucoup que le Diélonu^ûre de BayU^t. eu une pareille, vogue s mairf l'ouvrage de; l^yle ett refté , & Pierre Juriétâ n'eft p^ même demeuré dans la bibliothà^ que bleue^ ayeç Hoftradamus. -j On n'^yai^ pas^^lors pour un feul' pt^$ phête. Un 'presbytérien Anglais qui étudîaie à Utrechi; , wotlb^it tout xx que dtfait JurieU fur les fept phicdes & Jes fept Érompettes de f Apocalypfc , fur le règne (te. jnUle ans , fiii » ' * - 11. F 11 b ^ H i 1 1 B s. Se&. 1. a^i"- èmÊmaÊÊmmÊÊmmmmmm^mm i| i i ' i " i i P R O P, H É T I E S. Section première. IL eft enc(^ des prophètes , nous en avions deux à Biâ^tre en 1723 \ l'un & l'autre & diraient Elit. On les fouetta ^ & il n'en fut plus queftion. \ • . Avant les prophètes des Ce venues qui ti« ssûent des coups de fufil derrière les hayes a>Q nom du Seigneur eh ^1704, la Hollande eut le fameux Fierre Jurîèu qui pubHa l'ac- complijjhnent des prophéties. Mais*que la Hol- lande n'en (bit pas trop fière. Il était né en France dans une petite ville appel lée A/«^ i dé la généralité d'Orléans. Mais il feut avouer que ce ne fut qà^ Roterdam que Dieu l'ap.' pcUa à la prophétie. / Ce Juriiu vit clairement , comttie bien d'au- tres , dans rApocâlypfe ^ué* le pape était la bète*, qu'elle ttmk poctilum ^aureum plénum' j'^^^^l^ mbonmaiionum , la coupe d'or, pleine d'abomi- pag. i8^« nations \ que les quatre premières lettt'es de ces quatres mots latins formaient \é mot pàp à ^ que par conféquent fpn règne allait finir, que les Juife rentreraient dans Jérûfatem » qin'ils domineraient fur le monde entier pen- dant mille ans , après quoi viendrait l'ante- chrÛt , puis JitfJs aflis fur Yine nuée jugerait ka vivaus^ & les mort^ 240 PR OPHÉTIES. &(^. /li Rahan fut étonné des blaTphèmes qu^il^ Î)rononqaicnt contre notre Sauveuj , PappeU ant bâtard, impie , j^ls de Eanther >, & difanc qu'il n'eft pas permis de prier Dibu fans le IVangtfi'- maudire. QuodnullaoratiofQJjetapudï>BvvL Tius in accepta ejje nifi in eà Dominum nojlrum Je- frotmis sxJM Christum mal^dicant. Cpnjitentes eum m- Î3- ejfe impium ^filimn irnpii , id i^ 7î^cio cujus Atlmici quem ' nominàrit Pandera à quo dicuM matrem, Domini adulteratanL Ces horribles prophahatiops , fç trouvent enplufîeurs endroits dans leTahnud, dans les livres du" Nizachoîi , dans la (uîpute de Riu tangei , dans;cellç$ AQ;jechipl & ,^e Nacma^ vides intitulées \é Rempart de la foi i Se fur- tout dans Tabominablc ouvrée du Toldos Jefchut./' '' ' ' ; . , Ce& furtout dans ce prétendu Rempart delà foi du rabin 7/àa^,,que Tcuir interprète toutes les prophéties qui annoncent Jesuç- CjfiRisTenles appliquante d'autres perfonnes. C'eft.là qu'on laflure qu^ la Trinité n'eft figurée dans rfuciiri livre hébreu , & qu'on nV trcfuvô' pa^ la pins légère tface de notre fainte religion. Au contraire , ils allèguent ces €^droits. qui ^ , Çelo« .eux , i^ifent q^e la. loi irioiaïqùe doit durer, étçrnçllçmènt '\ Le fameux^ paifage qui doit 'confondre leç Juîfe & feiife'iffiçmpher la religion chrétienne, Prophéties. &af.7Z; 341 de Taveu de tous nos grands théologiens , eft celui dlfaïe j Voici une vierge fe}'a enceinte , elle efifantera un fils , & fon nom fefa.Em^ manuel i il mangera du beurre ^ du miel juP^ qu\i-ce qu'il facfye rejet ter le mal ^ cboifir le bien .... Et avant que F enfant facile rejet-^ ter le mal ^^ cl)oifir le bien , la terre que tu as en détejiation fera abandonnée de fes dejix rois .... Et P Eternel fiflera aux mouches des ruijfeaux d^Egyfte , ^ aux abeilles qui font au pays d'Affur .... Et en ce jour - là le Seigneur rafera avec un rafoir de louage le roi d'Affur % la tête ^ le poil des génitoires , Ç^ il ache* vera aujjî la barbe. ...Et P Etemel me dit^ prends un grand rouleau ^ y écris avec une touche en gros caraSère , qu'on fe dépêche de butiner , prenez vite les dépouilles . . . . Donc je pris avec moi de fidèles témoins ^ favoir Urie le facrificateur , @ Zacharie fils de Jebere* cia... . . Et je couchai avec la prophète (fe y elle conpu & enfanta un enfant mâle 1 ^ TJ?- ternel me dit appelle P enfant Mal^er-falaL has bas. Car avant que P enfant fâche crier mon père Ç^ ma mère on enlèvera la puiffanci de Damas , ^ le butin de Samarie aevant le roi d^Affwr. . Le rabin Ifaac affirme après tous les au<^ très doâeurs de fa loi , que le mot hébreu aima lignifie tantôt une vierge , tantôt une femn^e/ mariée ; que Buth eft appellée almii lorfqu'elle était mère s qu'une femme aduU Hiàtiéme partie. Q. - / \ i,12 PROPHiTIBS. S(?af. //. tère cft quelquefois même nommée alma^ quUl ne s^agic ici que de la Femme du pro- phète Ifdie i que fon fils ne s'appelle point Emmanuel i mais Maher -falal^ bas - bits ; que quand ce fils mangera du beurre & du miel , les deux rois qui ailiégent Jérufalem feront chafles du pays , &c. Ainfi ces interprètes aveugles de leur pro- pre religion & de leur propre langue , com- battent contre Téglife , & difcnt obltinémenc 2ue cette prophétie ne peut regarder Jesus- rHRisT en ^ aucune manière. On a mille fois réfuté leur explication d?tM tios langues modernes» On a employé la force» les gibets , les roues , les flammes i cependant ils ne fe rendent pas encore. // a porté nos maladies , & ilafoutenu nos douleurs , ^ nous r avons cru (fffiigé de plaies , frappé de Dieu & affligé. Quelque frappante que cette prédiôion puifle nous paraître , ces Juifs obftinés difent quMle n'a nul rapport avec Jésus-Christ, & qu'elle ne peut regarder que les prophètes qui étaient perfécutés pour les péchés du peuple. Et voilà que mon ferviteur profpérera , fera Ixmoré , ^ élevé tris haut. Ils ; difent encor que cela ne regarde pas Jesus*Chkist t mais X>ax{^> que ce roi en PRO?HtTIES. $e3. IL h4i _ < ^fcfiet profpéra , mars q,ue Jésus quUls mécoti* nurçnc ne pKolpérapas. , Voici que je ferai un nouveau pa3e avec la maifon d*Ifraéï & avec la maifon de Juda. Ils difent que ce pafisige ne fignifie , félon la lettre & félon le fens , autre chofe finon ,* je renouvellerai mon pade avec Juda & avec IfraëK Cependant , leur pade n'a pas été re- nouvelle ; on ne peut faire ^un plus mauvais marèhé que celui qu'ils ont (ait i n'importe» Hs font obUinés. Et toi , Bethléem d!Ephrata , qui es petite dam les milliers de Juda , // fortira pour toi un dominateur en Ifraé'l , & fa fortie eji de* puis le commencement jufqu^ au jour Xà jamais. Ils ofent nier encor que cette prophétie ibît pour Je susi- Christ. Ils difent qu'il eft évident que Miçhie parle de quelque capitaine natif de Bethléem , qui remportera quelque avantage à la guerre contre les Babiloniens } car il parle le moment d'après de l'hiftoirè de Babilone & des fept capitaines qui élurent Darius. Et iî on démontre qu'il S'agit dfi Mefïïe , ils n'en veulent pas convenir. Ces Juifs fe trompent groflîérement fuf Juda qui devait être comme un lion , & qui n'a été que comme un &ne fous lesPerfes, fims AUxandre , fous les SeîeUcides » foui^ aij I I 244 P K F H IS T I B s. Se9. IL les Ptoloméés , fous les Romains , fous Xts Arabes & fous les Turcs. Ils ne favent ce quUls entendent par le Shilo y & par la verge , & par la cuijfe dejuda^ La verge n^a été dans Juda qu'un tems très court *, ils difent des pauvretés > mais Tabbé Hûuteville tCen dit - il pas beaucoup davan- tage avec fes phrafes^, fon néologifme & fbn éloquence de rhéteur , qui met toujours des mots a la place des chofes , & qui ie propofe des objeâions très difficiles pour n'y répon- dre que par du verbiage ? Tout cela eft donc peine perdue. Et quand Tabbé Français ferait encor un livre plus gros 9 quand il le jomdrait aux cinq ou fîx mille volumes que nous avons fur cette ma- tière , nous en lirions plus iatigués fans avoir av^ancé d'un feul pas» On fe trouve donc plongé dans un chaos qu'il eft impoffifalç à la fôble0e de Tefprit humain de débrouiller jamais. On a befoia encor une fois d'une églife infaillible^ui juge fans appel. Car enfin , fi un Chinois » un^ Tartare , un Africain réduit au malheur de n'avoir que du boa fens , lifait toutes ces prophéties, il lui ferait impoffible d'en faire i'apjplic^tion ni à jESUi -Christ , ni aux Jiiifs » ni à perfonne. Il ferait dans l'étonné* nient y dans l'incertitude, ne concevrait rien » n'auraiit pas une feule idée diftinâe. U nç ^ / ^ PROPHiTiBs. SiSf. IL â4f pouraît pas faire un pas dans cet abime ; tt lui faut un guide. Prenons donc Tégliiè pour notre guide. PROPRIÉTÉ. T Ihirty , mid propirty : c'eft le cri anglaise. -JLj n vaut mieux que St. George Ç^ mon droit , St. Denis & mon joie : c'eft le cri de la nature. ; De la SuifTe à la Chine les payfans poflS;;. ident des terres en propres. Le droit feul de conquête a pu d^ns quelques pays dépouiHec les hommes d'uii droit fi liatiirel. '^ L'avantage ^général d'une nation eft céluî du fouvèrain , "du magiffrat & du peuple , pen- dant la paix & pendant la guerre. Cette pofl feifion dès^ terrd^ accordées '4ux'pkyfans eft< «Ue également utite au trône & afux fiijets dans tous les tems ? Polit qù^élIe le foit iad irône , il faut qu'elle puMè produire un rè* venu plus cfotlfâérable & fHué de foldats. ~ ir faut donc voir ii le cbmtnerce & la po« pulatibn augmenteront II eft certain que le podèâeiir f^n terrain cultivera beaucoup mieux fqh héritage que celui d*amrui. L'eÇL prit de propriété double la force de l'homittieit Q. uj f,f\^ ;: Pu© f % I 4 T & • iOn travaille pour foi & pour fa &mille avec plus cle vigueur & de plaidr que^ pour un maître. L'efciave qui efl; dans la puiilance d'un autre , a peu d'inclination pour le mariage. Il craint fouvent même de faire des efclaves tbmmc lui. Son' tnduftric eft -étoulKe 5 fon ame abrutie : & fes forces ne s'exercent jamais dans toute leur élafticité. Le poflefleur au contraire défîre une femme qui partage (on bonheur , & des en&ns qui l'aident dans {on travail. Son ét>oufe & fes fils font (es riched fes. Le terrain de ce cultivateur peut deve- nir dix fois plus fertile qu'auparavant fous les mains d'une famille laborieufe. Le com- jnerce général fera augmenté. Le tréfor du prince en profitera. La campagne fQumira plus de foldats. C'eft donc évidemment Ta^ yantage du prince. La Pologne ferait trois foi^ plus peuplée ^ plus rich^ fi le payfàn ;^^ctait pas efclave. ,. Ce n'en eft pas moins l'avantage des fei- gneu|:% ^Vn ie^gneur poflede dix mille arr pteiis de terre cultivés par des ferfs ; dix millç prpens ne lui piirocureront qu'un revenu très faibje ^ fouvent abforbé par les réparations 9 & réduit à rien par l'intempérie des faifons. Qpe fera-ce<4 fi la terre eft d'une plus vafte éfendue , & fi le terrain eft ingrat ? Il ne féra^pe le maître ^'une vafte^ foTitude. Il ne' fera réellement riche qu'autant quei fes vad ^aux le ferpnt. $ofi bonheur dépend du leor^ P E O P R I £ T iu 247 Si ce bonheur s'étend jufqu'à rendre la terre trop peuplée , fi le terrain manque à tant de mains laborieufes , ( au • lieu qu'auparavant les mains manquaient au terrain ) alors l'ez;. cédeii|; des cultivateurs néceâaires fe répand dails les villes » dans les ports de mer , dane les atceliers des artiftes , dans les armées. La population aura produit ce grand bien -, & la poiteflion des terres accordées aux cultiva- teurs , fous la redevance qui enrichit les fci- gueurs > aura produit cette population. n y a une autre efpèce de projprlété non mohis utile , c^eft celle qui eft affranchie de toute redevance , & qui ne paye que les tri. buts généraux , impofés par le louverain » pour le bien & le maintien de l'état. C'eft cette propriété qui a contribué furtout à lu richeSè de l'Angleterre , de la France 8c des villes fibres d'Allemagne. Les fouverains qui affranchirent les terrains doQt étaient compofés leurs domaines , en recueillirent d'abord un;grand avantage s puis qu'on acheta chèrement ceè franchifes. Et ils en retirent aujourd'hui un bien plus grand , furtout ei| Angleterre & en France , par les progrès de l'induftrie & du commerce. L'Angleterre donna un grand exemple au feiztéme fjécle , lorfqu'on affranchit les ter« res dépendantes de l'églife & des moifick Xi iiij 94S f K 9 % î i t i. t)*était une chofe bien odieufe , bien prijtu diciable à un état de voir des hommes > voués par leur inftitut à rhumilicé & à I^ pauvreté , devenus les maîtres des plus belles terres du royaume , traiter les hommes < leurs frères , comme des animaux de fervice \ faits pour porter leurs Ëirdeaux. La grandeur de ce petit nombre de prètreç aviUffait la nature humaine. Leurs riôheflès particulières appau* Yriûait le refte du royaume.' L'abus a été dé- truit ; & l'Angleterre efl: devenue riche^ Dans tout le refte de l'Europe , le commerce h^a fleuri , les arts n'ont été en honneur , les villes ne fe font accrues & embellies , oue quand les férk de la couronne & de réglife ont eu des terres en propriété. Et ce qu'on doit foigneufement remarquer , « c'eft que G, réglife y a perdu des droits qui ne lui ap. p'artenaient pas , la couronne y a -gagné l'ex- tënfion de fes droits légitimes. Car l'égUfe, dont la première inftitution eft d'imiter fon légiflateur humble & pauvre , n'eft point Faite originairement pour s'engraiifer du fruit des travaux des hommes ; & le fouveraîn, îqui repréfènte l'état , doit économifer le fruit de ces mêmes travaux pour le bien de Tétat même , &xpptir la Iplendeur du trône. Par- toiit où le peuple travaille pour l'églife, l'é. tat eft pauvre. Partout où le peuple travaille pour lui & pour lé fou verain , l'état eft riches Ceft alors que le commerce étend par- tout Tes branches. La marine marchande de- vient l'école de la marine militaire. De gran- des compagnies de commerce fe forment. Le lôuverain trouve , dans les tems diiHciter, def relfources auparavant inconnues. Ainfî dans les états Autrichiens , en Angleterre , en France, vous voyez le prince emprunter fa- cilement de Tes fujets cent fois plus qu'ils n'en pouvaient arracher par la force , quand le» peuples croupilfaient dans la fervitude. Tous les payfans ne feront pas riches ; Se il ne faut pas qu'ils le fbient. On a befoin d'hommes qui n'aycnt que leurs bras-, & de la bonne^volonté: Mais ces hommes mêmes , ' qui femblent le re^ut de la fortune , partiel, peront au bonheur des autres. Ils feront li- bres de vendre leur travail i qui voudra le mieux payer. Cette liberté leur tiendra lieu de propriété. L'ef faldire les fouriend leur (àmilte dans Utîlps. C'cft furtoi méprifables aux y la pépinière des fc trc julqu' la fàuh nime , tout profpt velle force par ce fèul reflort. Apvs avoir tu s'il eft avantageai à' nà état que les cultivateujn fotoit propriécaîtei. »tO P E O V H I t T tf» il refte à voir jufqo'où cette conceffion peut s'érendre. Il eft arrivé dans plus d'un royaur me, que le fèrf affranchi étant devenu riche par fon induftrie , $'e(l mis à la place de fes anciens maîtres appauvris par leur luxe. Il a acheté leurs terres , il a pris leurs noms» L'ancienne nobtefle a été avilie ^ & la nouvelle n'a été qu'enviée Sç méprifée. Tout a été confondu. Les peuples qui ont fouifert ces iifurpations , qnt été, U, jouet des nations qui fe font préfervées de ce âéau. .. Les erreurs d'un gouvernement peuvent être une leqon pour les autres. Ils profitent 4u bien qpUl a fait ; ils évitent le mal o« il eft tombé. Il eft (î aifé d'oppofer le (rein des loix i la cupidité & à l'orgueil des nouveaux par- venus^ de fixer retendue des terrain^ rotu* riers qu'ils peuvent acheter ; de leui; inter- dire Tacquifition des grandes terres fei|neu- riales i que jamais un gouvernement mmt & fage ne pour^ fe repentir d'avoir aflran- dii la fervitude & d'avoir enrichi rin4igenc& Un bien ne produit jamais un mal que lorfl que ce bien eft pouffe à un excès vicieux » & ïalors il ceflc d'être bien. Les exemples des autrjES nations avertirent -, & c'eft ce qui fait que les peuples qui font policés les derniers, Airpaflent fouvent les maitres d^nt ils ont pris Jes léchons. PlfLOVIPfKl^t. €tSf PROVIDENCE. J'Etais à la grille lorfque fœur Fejfue difaît à fœur Confite ^ La providence prend un loin vifible de moi , vous favez comme j*ai- me mon moineau ; il était mort il je n'avais pas dit neuf Ave Maria pour obtenir fa gué- rifon. Di£U a rendu mon moineau à la vie ; remercions la Ste. Vierge. Un méthaphy iîcien lui dit , Ma fœur ^ il n'y a rien de fi bon que des Ave Maria , fur- tout quand une fille les récite en latin dans un fauxbourg de Paris ^ mais je ne crois pas que Dieu s^occupe beaucoup de votre moû neau tout joli qu'il eft ; fongez , je vous prie » qu'il a d'autres ai&ires. Il faut qu'il dirige ^^ntinueliement le cours de feize planètes & de l'anneau de Saturne , au centre defquels il a placé le foleil qui e£t auilî gros qu'un million ^e nos terres. H a des milliards de mil- liards d'autres foleils » de planètes & de co- mètes à gouverner. Ses loix immuables & %fôn concours éternel font mouvoir la nature entière ; tout eft lié à fon trône par une chaî- ne infinie dont aucun anneau ne peut jamais être hors de fa place. Si des Ave Maria avaienjt lait vivre le moineau de fœur Fejfue un in(l tant de plus qu'il ne devait vivie , ces A'i^f ftT> P n ô y I D c K c e: Maria auraient violé toutes les loix po(^ de toute éternité par le grand- Etre, vous auriez dérangé Tunivers^ il vous aui;aît fàlu un nouveau monde; un nouveau Diku , un nouvel ordre de chofcs. SoiurFessvi. Quoi ! vous croyez que Df BU fafle fî peu de cas de. fœur Fejfue ? Lb métaphtsiciin. Je fuis fâché de vous dire que vous n'êtes comme moi qu'un petit chaînon impercepti- ble de la chaîne infinie s que vos organes , ceux de votre moineau & les miens , font deftinés à fubfifler un nombre déterminé de minutes dans ce fauzbourg de Paris. S OE U R F s s s V E* S'il eft aînfi , j'étais prédçftinée à dire un nombre déterminé SÀvt Maria. Le métaphtsicibu* Oui i mais ils n'ont pas forcé DiBU à prp- longer la vie de votre ' moineau au delà de fon terme. La conftitution du monde portait que dans ce couvent» à une certaine heure; vous prononceriez comme un [Perroquet cer- taines paroles dans une certaine langue que vous n'entendez point ; que cet oifeau né comme vous par l'aâion irréfîflible des Providbkcs. 9Si loix générales , ayant été malade fe porterait mieux i que vous vous imaginei;iez l'avoir guéri avec des paroles , & que nou$ aurions enfenable cette converfation. S ofi u R F K s s u B. Monfieur , ce difcours fent Phéréfie. Mon confeâeur , le révérend père dé Mtnou , en inférera que vous ne croyez pas à la pro- vidence. Le M^T A PHYSICIEN. Je arois la providence générale , ma chère fœur , celle dont eft émanée de toute éter- nité la loi qui règle toute chofe » comme la lumière jaillit du ioleil \ mais je ne crois point qu^une providence particulière change Téco- nomie du monde pour votre moineau ou pour votre chat. s OB u R F E s s u E. Mais pourtant , fi mon confeflêur vous* dit comme il me Ta dit à moi , que Die v change tous les jours fes volontés en faveur des âmes dévotes ? Le MiTAPHYSIGIBN. n me dira la plus platte bètife qu'un coiK ieSkxxx de filles puiâè dire à un homme qui fenfe^ / 9Ç4 P R O V I p E N C «. S 0£ U K F E S S U £• Mon conFefleur une bète ! fainte Vierge Marie / Le métaphysicien*^ Je ne dis pas cela ; je dis qu'il ne pourait juftifier que par une bètife énorme , les &ux principes qu'il vous a infinués , peut - être fort adroitement , pour vous gouverner. S OE u R F Ë s s u E. Ouais ! j'y penferai; cela mérite réflexion* '- PUISSANCE, TOUTE- PUISSANCE. \ JE fupppfe qiie cpltii qui lira cet article eft convaincu que ce monde eft formé avec intelligence , & qu'un peu d'aftronomie & d'anatomie fufEfent pour faire admirer cette intelligence univerfelle & fuprème. Encor une fois , Mens agHat molem. Peut- il favoir par lui-même fi cette in- telligencfe eft toute - puiflànte , c'eft-à-dirc infiniment puiflante ? a- 1- il la moindre no- tion de PiniBni pour compreiidre ce que c'eit qu'une puiffance infinie ? • * T O U T B-P U I S S ANC B. Sf f Le célèbre hiftorien phiîofophc David Hu- Particu- nie dit , ^ Un poids de dix onces eft enlevé larpr^U ^ dans la balance par un autre poids ; donc^^^'i^^ ^ cet autre poids eft de plus de dix onces \ P^fr 3S9* ^ mais on ne peut apporter de raifon pour- ^ quoi il doit être de cent. ^^ On peut dire de même ^ Tô reconnais une intelligence fuprême aflez forte pour te For- mer , pour te conièrver un tems limité » pour te récompenfer , pour te punir. En (ais-tu aflez pour te démontrer qu'elle peut davantage 'i Comment peux - tu te prouver par ta rai* ton que cet Etre peut plus qu'il n'a fait ? La vie de tous les animaux eft courte. FoU« vait - il la &ire plus longue ? 'tous les animaux font la pâture les uns des autres fans exception. Tout nait pour être dévoré. Pouvait-il former fans détruire ? Tu ignores quelle eft fa nature. Tu nie peux donc favoir fi (à nature ne l'a pas forcé de ne faire que les chofes qu'il a faites. Ce globe n'eft qu'un vafte champ de det trudion & de carnage. Ou le grand « Etre a pu en faire une demeure éternelle de délices pout tous les ètt;es fenfibles , ou il ne l'a pas pu. S'il l'a pu & s'il ne l'a pas fait , crain de le regarder comme mûlfefant. Mais s'il ne l'a ^pas pu , ne crains point de le regarder comme x une puiilànçe très grande circonfgrite para nature dans Tes limites.^ ^ •«•*'■ t Qu^elle foit infinie ou nou , cela ne tUr^- porte. 11 efl: indifférent à un fujet que Ton maître poflede cinq cent lieues de terrain ou. cinq mille, il nVn eft ni plus ni moins fujet. Lequel ferait plus injurieux à cet Etre înef. febie ou de dire , il a fait dès malheureux fans pouvoir s'en difpenfer , ou il les a faics pout fon plaifii; ? Plufieurs fedes le repréfentent comme crueU d'autres, de peur d'admettre un DiBU méchant , ont l'audace de nier fon exiftence. Ne vaut- il pas mieux dire que probable, ment la néceâicé de fa nature & celle des cho- fes ont tout déterminé ? Le monde efl: le théâtre du mal moral & du mal phyfique ; on ne le fent que trop; & fe Tout eji bien de Shaftsburi , de Bolif^- hroke & de Pope , n'eft qu'un paradoxe de bel efprit , ulile mauvaife plaifanterie. Les deux principes de Zofoajlre & de Ma^ nés tant reâaifés par Bayle , font une plsd- fanterie plus mauvaife encore. Ce font , com- me on l'a déjà obfervé , les deux médecins de Moliire dont l'un dit à l'autre , PaiTez moi l'émétique , & je vous paflerai la fàignéç. Le manichéifme efl; abfurde \ & i voilà pourquoi il a eu un fî grand parti J'avoue que je n'ai point été éclairé par tout ce 4be dit BayU fur les manichéens & * (m ToUTE-PUISSANCi* 20 fui: les pauliciens. C'eft de la controverfe ; j'aurais voulu de la pure philofophte. Pour* quoi parler de nos myftères. à Zoroajtre ? dès que vous ofez traiter nos myftères qui ne Veulent que de la foi & non du raifonne-. ment » vous vous ouvrez des précipices. Le fatras de notre théologie fcolaftique n*a rien à faire avec le fatras des rêveries de Zoroafire. Pourquoi difcuter zmc ZofvaJIre le péché originel ? il n'en a jamais été queftion quf ^u tems de St. Auguftin. Zoroafire ni aucun légiflateur de l'antiquité n'en avait entendu parler. Si vous difputez ^vec Zoroafire ^ mettez fous la clef l'ancien & le nouveau Teftament qu'il ne connaiâait pas i & qu'il faut révérer fans vouloir les expliquer. : Qu'aurai- je donc dit à Zoroafire ? ma raifon ne peut admettre deux Dieux qui fe combattent , cela n'eft bon que dans un poi- nts où Minerve fe querelle avec Meirs. Ma faible raifon eft bien plus contente d'un feui grand - £tre dont l'eflence était de faire » St quia fait tout ce que fa nature lui a permis ^ qu'elle n'eft fatisfàite de deux grands êtres dont l'un gâte tous les ouvrages de l'autre. Votre mauvais principe Arimane n'a pu dérangef une feule des loix agronomiques &. phyii* ' ques du bpn principe ^ Oro^aie i tout 0SiX^ Huitiime ^rtif. ^ a58 ToUTB-PUISSàNCE. che avec la plu» grande régularité dans là deux. Pourquoi le méchant Arimane n'au- rait- il eu de puiâance que fur ce petit globe de la terre ? Si j'avais été Arimane j'aurais attaqué Orof- tnade dans fès belles & grandes provinces de tant de foleils & d'étoiles. Je ne m& ferais pas borné à lui (aire la guerre dans un petit village. Il y a beaucoup de mal dans ce village. Mais d'où &vons«ttou8 que ce mat n'^t pas inévitable ? / Vous êtes fcMTcé d'admettre une intelligence répandue dans l'univers i mais i^. lavez, vous , par exemple , û cette pui&nce s'étend jufqu'à prévoir l'avenir. Vous l'aves affiiré .mille fois ; mais vous n'avez jamais pii ni le prouver , ni le comprendre. Vous ne pouvez favoir comment un être quelconque voit ce qui n'eil pas. Or l'avenir n'eft pas i donc nul être ne peut le voir. Vous vous reduiïèa à dire qu'il psévoit s mais prévoir c'eft con- jeâurer. a ) Or un Dieu quii, félon vous , conjeâare ; peut te tromper. Il s'eft réellement trompé dans votre fyftême ; car s'il avait prévu que foh ennemi empoifonnerait ici - bas tou- tes fes.œuvtes , il ne les aurait pas produites } il ne fe ferait pas/ prqsaré lui -même la hontt d'être do^idnuéUeœeiit taincu. * ' s) Ceft le femlneat 4ef focioiem; T0UTE*FUIStàHCB. *S9 ' 2^. Ne lui fais- je pas bien plus d'honneur en difant qu'il a (ait tout par la nécei&té de ia nature , que vous ne lui en faites en lui fufcitant un ennemi qui défigure , qui fouille p qui détruit ici- bas toutes fes œuvres ? 3^. Ce n'eft point avoir de Die v une idée indigne j que de dire qu'ayant formé det milliards de mondes où la mort & le mal n'habitent point , il a (alu que le mal & l^ mort habitaflènt dans celui, cl 4^. Ge n'eft point rabaifler Dieu que de dire quil ne pouvait former l'homme fans lui donner de Tammir-propre ^ que cet amour- propre ne pouvait le conduire fans l'^rer prefque toujours ; qu^ fes paillons font né^ ceâaires , mais qu'elles font funeftes ; que la propagation ne peut s'exécuter fans défirs ; que ces défirs ne peuvent animer l'homme (ans querelles , que ces querelles amèneat tiéceâairement des guerres , &c. f ^. En voyant une partie des combinatfons du règne végétal , animal & minéral , & ce globe percé partout comme un crible d'où tant d'exhalaifons s'échappent en fcHile » quel fera le philofbphe aâèz hardi ou le KX>lafHque aflèz imbécille pour voir clairement que la nature pouvait arrêter les effets dâ volcans , les intempéries de l'atmofphère » la violence des vents , les pe^es & tous ks fléaux deftruâeurs ? 6^. Il &ut être bien puiflànt , bis0 fort» t60 T OUTJT-PUISSAKCC.* bien induftrieux pour avoir formé des ttons qui dévorent des taureaux , & produit des hommes qui inventent des -armes pour tuer d'un feul coup non - feulement les taureaux & les lions , mais encor pour fe tuer les uns les autres. Il faut être très puiâant pour avoir &it naitre des araignées qui tendent des fi- lets pour prendre des mouches ; mais ce n'eft pas être tout- puifl^t , infiniment puiâ&nt. y''. Si le grand - Etre avait été infiniment puiâknt , il n'y a nulle raifon pour laquelle il n'aurait pas fait> les animaux ienfibles infini- ment heiureux s il ne l'a pas fait , donc il ne l'a pas pu. 8^. Toutes les feâes des philofophes ont échoué contre l'écueil du mal phyfique & moral. U ne refte que d'avouer que Dieu ayant agi pour le mieux n'a pu agir mieux. 9^. Cette néceifité tranche toutes; les di£ ficultés 6c finit toutest les difputes. Nous n'a- 55 55 95 55 55 9» 55 5» moine. ^ %66 L8I Dtvt FVISSANC19; Telles fimt fes propret paroles ; il en refaite qu^elle fait foutenir l'églife & la contenir ; qu'elle refpeâe l'humanité autant que la te- ligionr qu'elle protège le laboureur autant que le prêtre ; que tous les ordres de l'état ooi\'ent la bénir. * Jaurai encor l'indifcrétion de tran&rireid un pafTage d'une de Tes lettres. ^ La tolérance eft établie chez nous , elle ^ fait loi de Peut i il eft défeiidu de perfécu* ^ ter. Nous avons , il eft vrai , des fknati- ^ ques , qui faute de perfécucion , fe brûlent ^ eux * mêmes } mais ù ceux des autres pays j^ en fefaient autant , il n'y aurait pas grand y, mal, le monde en ferait plus tranquille» ^ & Calas n'aurait pas été roué» ^^ Ne croyez pas qu'elle écrive ainil par un enchouGafme paflàger & vain qu'on défa^ voue enfuite dans la pratique , ni même par le défir louable d'obtenir dans l'Europe les fat^ frages des hommes qui penfent & qui enfei* 5nent à penfer. Elle pofe ces principes pour ba& e fon gouvernement. Elle a écrit de là roaio dans le confeil de légiflation , ces paroles qu'il faut graver aux portes de toutes les villes. „ Dans un grand empire , qui étend fa domination fur autant de peuples divers qu'il y a de différentes croyances parmi les hommes , la faute la plus nuiGble ferait ^ l'intolérance. 1," Remarquez qu'elle n'béfite pas de mettrs y Le« deux îtrissâncts- 2^7 ^intolérance au rang des fautes , j^ai prefque dit des délits. Àinfî une impératrice defpoti*^ que détruit dans le fond du nord la perfécu. tion & Tefclavage. Tandis que dans le midi-*"» a) Jugez après cela, monfieur, s'il fe trouvera un honnête homme dans l'Europe qui ne feita pas prêt de (igner le panégyrique que vous méditez. Non-feulerpent cette princeflè eft to- lérante , mais elle veut que Tes voiSns le foient* Voilà la première fois qu'on a déployé le pouvoir fuprème p'our établir la liberté de confciencô. C'eft la plus grande époque que )e connaifle dans Thiftoire moderne. C'eft à-peu- près ainfi que les anciens Fer* fans défendirent aux Carthaginois d'imfmh- 1er des hommes. Plùt-à-DiE.u qu^au-Heu des barbares oui fondirent autrefois dés plaines de la Scythie & des montagnes de l'Immaus & du Caucafe vers les Alpes & les Pyrénées pour tout rava- ger , on vit defcendre aujourd'hui des armées pour renverfer le tribunal de l'inquifition t tribunal plus horrible que les facrifices de fang humain tant reprochés à nos pères ! Enfin , ce génie fupérieur veut faire enten« dre à fes voifins .ce que Ton commence à comprendre en Europe , que des opinions mé* taphyfiques inintelligibles ^ qui font les filles tf) Ceci eft tiré d'une lettre du citoyen du mont V Krapac , dans laqikUç fe ciouve l'extrait de la lettre de f îoipératrice. àei Les DEUX pvissANCBsJ de rabFurdité , font les mères de la difcorde; & que régli(e au -lieu de dire , Je viens appoir- / ter le glaive & non la paix» doit dire haute- ment ^ J'apporte la paix Se non le glaive, Auffi l'impératrice ne veut-elle tirer l'épée que con- tre ceux qui veulent opprimer les diffidenis. QUESTION, TORTURE. J'Ai toujours préfumé que la que(Hon , h torture avait été inventée par des vo- leurs qui étant entrés chez un avare & ne trouvant point fon tréfor , lui firent fouârir mille tourmens jufqu'à-ce quUl le découvrit (3n a dit fouvent que la queftion était un moyen de fauver un coupable robufte , & de perdre un innocent trop faible ; que chez les Athéniens on ne donnait la queftion que dans les crimes d'état ; que les Romains n'ap- pliquèrent jamsrts à la torture un citoyen Ro- main pour lavoir fon fecret. Que le tribunal abominable de rinqoi& tion renouvella ce fupplice , Éc que par con- iequent il doit être en horreur à toute la terre. Qu'il eft auffi abfurde d'infliger la torture pour parvenir à la connaiilànce d'un crime, qu'il était abfurde d'ordonner autrefois le duel pour juger un coupable ; car fouvenç le % coupable était vainqueur , & fouvent le coo« Q.U B s T I O K. 269 pable vigoureux Se opiniâtre réfîfte à la quel! tion tandis que rinnocent débile y fuccombe. . Que cependant le duel était appelle le ju^e^ ment de Dieu , & qu'il ne manque plus que d'appeller la torture \^ jugement de Dieu. Que la torture eft im fupplice plus long & plus douloureux que la mort > qu'ainG oti punit Taccufé avaqx d'être certain de fou crime ^, & qu'on le punie plus cruellement qu'en je fefant mourir. Que mille exemples fuheftes ont dû défa- bufer les légillateurs de cet ufage aiïreux. Ope cet ufage eft aboli dans pludeors pays de TEurope , & qu'on voit moins de grands crimes âan& ces pays, que dans le ti6tr« dju la torture eft pratiquée» On demande après cela pourquoi la. torture eft toujours admife chez les Fran<;ais qui paflènt pour un peuple doux & agréable ? ^ V. On répond que cet affreux uf^ge. fabûAe encor parce qu'il e& établi ; on avoue qu'il y a beaucoup de perfonnes douces & 9gréa. blés en France , mais on nie que le peuple ibit humain. Si on donne la queftion à des Jacques Cil- ment , à des Jean Châtel t à des Ravaiflac , à des JDai^if»/ , perfonne ne murmurera , il s'a* git de la vie d'un roi & du falut de tout l'état. Mais que des juges d'Abbeville condamnent à la torture un jeune officier pour favoir quels font les enbns qui ont chanté avec lui 270 Q^v 1 s T I O K. une vieille chanFon , qui ont pafle devant une proceflion de capucins fans 6ter leur chapeau i j'ofe prefque dire que cette horreur perpétrée dans un tems de lumières & de paix, eft pire que les maflàcres de la^St. Barthelemi commis dans Jes ténèbres du fanatifme. Nous Pavons déjà infinué i & nous vou« drions le graver bien profondément dans tous les cerveaux & dans tous les cœurs. RAVAILLAC. J'Ai connu dans mon enfance un chanmne de Peronne , âgé de quatre - vingt douze ans , qui avait été élevé par un des plus fu- rieux bourgeois de la ligue. Il di(ait toujours i Feu monfiitar de Bavaillac. Ce chanoine avait confervé plufieurs manufcrits très curieux de ces tems apoftoliques , quoiqU^ils ne fiflent pas beaucoup d'honneur à fon parti y en void un qu'il laifla à mon oncle. » DIALOGUE £un page du dm de Sully « @ de ntattre Filefac , diseur de SarbomUf Pun des deux confejjeurs de Ravaillac Maître File sac. Dieu merci , mon cher enfant , Ravailk eft mort comme un {kint. Je Tsû cntendtt R'AtAlLLÀC. 271 en conFelHon •> il s'cft repenti de fon péché , & a (ait un ferme propos de n'y plus retom- ber. Il voulait recevoir la fainte communion ; • mais ce n'eit pas ici Tulage comme à Rome -, ÙL pénitence lui en a tenu lieu , & il eft cer- tain qu'il eft en paradis. L B P A O B. Lui en paradis ? dans le jardin ? lui ! ce monftre ! Maître Filesac. Oui , mon bel enfant , dans le jardin » dam le ciel 9 c'eft la même chofe. L B p a a B. Je le veux croire y mais il a pris un màu« vais chemin pour y arriver. Ma ztrb FiLBSACé Vous parlez en jeune huguenot Apprénea( que ce que je vous dis eft de fol II a eu Pat- trition, & cette attrttion jointe au facrement de ûonfeffion, opère immanquablemioni iàtva- tioa , qui mène droit tn paradis o^ il prît tnaintenant Diçu pou|: vous. L B B A O B. V Je ne veux point du tout qu'il parle à Dieu de «oi. X^Hl aiUe au diable avec Tes prières ^ fo9 àttricion. ^ a?» R A V A I L L À C. Maître F i l e s a c. Dans le Fond c'était une bonne ame. Son ièle Ta emporté , il a mal fait , maiscç n'était , pas en mauvaife intention > car dans tous fts interrogatoires il a répondu qu'il n'avait aflat fine le roi que parce qu'il allait faire la guerre au pape , & que c'était la feire à DiEU- Ses fcntimens cuient fort chrétiens-^ Il eft fauve , vous dis - je s il était lié , & je l'ai délié. L B P A Q B. Ma foi , plus je vous écoute , plus vous me paraiiTez un homme à lier vous - même. Vou$ me faites horreur. Maître Filesac. Ceft que vous n'êtes pas encor dans b bonne voie ; vous y ferez un jour. Je vous ai /toujours dit que vous n'étiez pas loin du royaume des cieux , mais le moment n'eft pas encor venu. L E P A O B. ' Le moment ne viendra jamais de me faire croire que vous avez envoyé Ravaillac en paradis. Maitrb Filesac D^ que vous fèreiz converti , comme je Tefpère , vous le croirez comme moi ; mak en attendant , fâchez que vous & je dyc de Sulh R A Y ▲ I L L A c: â7| $ulfy votre maître , vou,8 ièrez danmé^ à topto éternité zvtç Juda Ifcarioti & le mauvais riche , tandis que Ravaillac çft dans^ le fein L s P A G B. Ck>mment coquin ! Maître FiLBSAa Point d'injures , petit fils ; il eft défendu d^appeller Ton frère Raca. On eft alors cou- pable de la géhenne ou gebenne du feu. Souf* ^ez que je vous endoârine fans vous âchen L s P A G 8. M Va , tu me parais fi raka que je ne me ô*^ cherai plus. Maître Filesac. Je vous difiiis donc , qu'il eft :de foi q^t vous ferez damné % & malheureufement nptrp cher Himri IV Peft déjà, coi&me la Sorbo|in9 Favait toujours prévu. L E; P A O E. Mon cher maître damné ! attends , attends i fcétérat » un bâton , un jb^çtn. Mai t ft e Filesac. , Caltnçz .. voi4S^ , pe^C fil$ , vous m'avez promis de m'ccouter patiemment. N'eft?il Hmtiinii fartiê. S \ ^74 R À Y A ï t' L A C. ^^i vrai que • le grand Henri éft mort fan* confefEon ? n'eft-îl pas Vrai qu'il était en pédié mortel , étant encor . amoureux de madame la princeflè de ùmàé , & qu'il n^a pas eu le tems de demander le facrement de péni- tence \ Dieu ayant permis qu'il ait été frap- pé à l'oreillette gauche du ' cœur , & quç te fang l'ait écoti^ en un inftant ? Vous ne trouverez aiTurément aucun bon catholique qui ne vous dilë les mêmes véritçs que moi. L B F A 6 B. Taià ^ toi , ' ttiaitre fou % fi je croyais que tes dodeurs enfidgpaflènt une doârine ii abominable » j'irais fur le champ les brûler dans lisurs loges. MaitheFilssac. Encor une Fois , ne vous emportez pas» ^9^s l'avez ^preMnid. Monfeigneur le marquis Bè Vànchihi qUi eft un bon catholique , faursdt bien Vous empêdier d'être aflez facrilège pour maltraiter mes confrères» L B^ ^F À G B. ^ M^*s en confèîehce , maître Filefad eft-il bien vrai que l'^mfenfeainfi dans ton parti 'i M Al t HE Fi l e t'AC. * Soyez -en' très (ik } c'eft notre catc. chifine* i • /■^ \ |l A Y A I L L A C. a7f Le page. »•• -^t» Ecoute \ il faut que je t'avoue qu^un de tes forbouîquéurs m avîdt prefque féduit Tan pafl^. Il m'avait fait efpérei: une penGon fur un bénéfice. Puifque le roi ,\ie di&it - il , a entendu la. méfie en latin , vous qui n'êtes qu'un petit gentilhomme , vous poUriez bien l'etitendre aufll fans déroger. Dieu a foin de fes élus , il leur donne des mitres , des croflès , & prodigieufement d'argent Vos réformés vont à pied 9 & ne favent qu'é* crire. EriHn , j'étais ébranlé \ mais après ce que tu viens de me dire , j'aimerais cent /ois mieqx mç (aire mahométap que d'être de ta feâe. ^ Ce page avait tort On ne doit point & faire mahométan parce qu'on eft afflige j mais il faut pardonner à un Jeune homme fenfible , & qui aimait tant Htnri IV. Maître Filefac parlait fuivant fa théologie» & le petit ^ge félon fon cœur. > f s ij lifG R B 1. 1 o I o y. €tB.I. RELIGION. * ^ Section première. I ' > ^ LEs épicurkhs qui n'avaient nulle reli- I gion , recommandaient Téloignement des affaire^ publiques , l'étude & la concorde. Cette feâe étiait une fociété d'amis ; car leur princi- pal dogme était l'amitié. Atticus, Lucrèce $ Memmius & quelques hommes de cette trem* peé pouvaient vivre très honnêtement en- iêmble , & cela fe voit dans tous les pays i philofophez tant qu'il vous plaira entre vous. Je crois entendre des amateurs ^ui fe donnent un concert d'une mufique favante & rafinée ^ .mais gardei; - voiis d'exécuter ce concert de- Srant le vu^aire ignorant & brutal ; il poorait Vous caflcr vos, inftru mens fur vos tètes. Si vous avez une bourgade à gouverner , il taut qu'elle ait une religion. Je rie parle point ici de* la nôtre ; elle cft la feiile bonne , la feule néceflàire , la feule prpuvée, & la^ féconde révélée. Aurait - il été pofllble à Tefprit humain , je ne dis pas d'admettre une seligion qui ap- prochât de la nôtre , mais qui fût moins mauvaife^ que toutes les autres religions de Religion. Se&. L 377 l'univers ^tiCetiiblô ? & quelle fende cette religion? .Ne ferait* ce point ceHe qui nous:propo. &rait Tadoration de l'Etre fuprëme » iiniquet. infini , éternel , formateur du monde^ « qui le meut & le vivifie , eut nec fimile fiec fecufu dum , celle qui nous réunirait à cet Etre des êtres pour prix de nos vertus , & qui nous en féparerait pour le châtiment de nos crimes ? Celle qui admettrait très; peu de dogmes inventés par la démence orgueilleufe , éter* nels fujets de difpute > & celle quienfeignerait; ijne morale pure , fur laquelle on de difputa jamais? ' ^ Celtîç qui ne ferait poiné confiftei l'eflènçe du culte dans des vaines cérémonies , com« me de vous cracher dans la bouche , de vous ôter un bout de votre prépuce , ou de vous couper un tefticule , attendu qu'on peut rem« plit tous les devoirs de la fociété avec deux tefl;tctt}es » & un; prépuce entier , & Ans qu'on vous crache dans la bouche ? ^ Celle de ier\4r fon prochain pour Pamouc de Dieu au- lieu de le perfécuter, de,Pé« gorger au nom de Dieu ; celle qui tolérerait tqutes ks autres , & qui méritant a^nfi la bienveillance.de toutes , ferait feule capable de faire du genre -humain un peuple de frères ? Celle qui aurait des cérémonies augures dont le vulgaire ferait firappé , fans avoir des s iij ■ f S,yS Religion. Se3. L ihyftèrM ^i pouraicnt révolter les fages & irriter les incrédules. Olie ^ui ofFiiraif aux hommes plus d'en* eouragtmens aux vertus fodales , que "d'ex* pfations pour les perverfités. Celle qui aiTurerait à iès miniftres un re- venu ââèi honorable potlr les (aire fubfifter avec décence , & ne leur laiâerait jamais ufur- pér des dignités & un pouvoir qui pouraient en faire des tyrans. Celle qui établirait des retraites commodes pour la viéilleilè & pour la maladie ,inais jamais pour la faincantilk ' Une gîande partie de dette religion eftdé^ ja dans le cœur de plufieurs princes ,- & elle fera dominante dès que les articles de paix perpétuelle que Tabbé de St. Piej^eû prbpofës feront figtlés de tous les potentats. SâCTION SECONDE. * * * ' Je méditais cette huit 5 j'éfaîs'abfotbé daiw la contçmplatioh de ta nature ; ^'adhur^s TirA- nieniité , le cours , les rapports de ces globes infflnî$ tjue le vulgaire njé fait pa^ admirer. ^ /Jadthîràis encor plus l'intelHgéfifce qui pré^ fiâé à ces yaftes reflort^. Je nie difâis*, il ftut Être aveugle pour n*ètré pôë^ ébléuï de ce fpedaclè ; il 'fkut étire ftupide p6ur n^en pas reconnaître l'auteur s il faut être fou pour ne pas Fâdôrer. Quel tribut d'ad^ation dois- je hit Tendre ? ce tribut ne doit 4l. pas être le K E L'i t5 I o ir. SeB. IL ft7j> même Sans toute retendue de l'e{paoè,.piii{l que c'eft le même pouvoir fuprème qui régne également dans ciette étendue ? Un être penfant qui habi^ dans une étoile de la voie laâée , ne lui doit-il pas le même hommage que l'être peniànt for ce petit globe où nous fommes ? La lumière e(l uniforme pour^l'aftre de Sirios & pour nous.^ La moi raie doit être uniformç. Si un animal &ntant & peii£int dans Si^ tins eft né d'un père & d'uhe mèoe . tendra qui ayent été occupés de fon bonheur^ il leur doit autant d'amour: & de fbitis que nous en devons ici à nos parens. Si queU qu'un dans la voie ladée voit un ' indigent eftropié $ s'il peut le foulager & sHl ne. It (ait pas , il eft coupable envers, tous les globeéi Le cœur a partout les mêmes devoirs , fuf les marches du^trône de Dieu $ s'il ann trô« ne , & au fond de l'abime , s'il eft un afakiie; ' J'étais plongé dans ces idées , quand ^un de ces génies qui, remplirent les internions des , ddfGendit ve» ^oi Je reconnus cette même créature arienne qui m'avait appara autrefois pour m'apprendre combien les juge, mens de Dieu dînèrent des nôtres , & conu bien une bonne aâion eft préférable à la controverfe. ( Voyex l'article Dogme. ) Il me tranfporta dans- un defert tout cou« vert d'oflemens entafles s & entre ces mon* S»»»» mj iStSo ft.E L 1 G I o K. SeS. IL é cèaax de. morts il y avait des allées d'arbres toujours verds , & au bout de chaque allée un grand homme d'un afpeâ augufte,qui f egardait avec compailîon ces triftes reftes. Hélaè!! mon archange , lui dis- je , où m'a-» ^ vez^ vous mené P à la défolation , me répon* dît .il Et qui font ces.beaux patriarches que je. vois, immobiles &^ attendris au bout de ces allées vertes » & qui femblent pleurer fur cette foule innombrable .de morts ? Tu le fauras , pauvre créature humaine , me repli* quaie génie des intermondes i mais aupara« vaut. il faut que tu pleures. :!i IL commença par le p^mter amas. Ceux« cU/dib^il , font les vingt^trois mille Juifs qui daitfèrent devant un veau , avec les vingt- quatre mille qui furent tués fur des filles Madîanices. Le nombre des maflacrés pour desoiélits i ou des nvéprifes pareilles , fe monte à près de trois cent mille. ;nhère où leurs corps naquirent , & où ils furent livrés à tant de trépas diiférens ? Pourquoi réunir ici tous ces monumens abominables de la barbarie & du fknadfme ? ^ Pour t'inftruire. T i Puifque tu veux m'inftruire , dis -je au génie , apprends * itioi s'il y a eu d'autres peuples que les chrériens & les Juifs à qui le zèle , & la religion malheureufement tqur« née en fànatifme , ayent infpiré tant de cruau<* tés horribles. Oui , me dit-il ; les mahomé* tans fe font fouillés des mêmes inhumanités > msds rarement > $c lorfqu'on leur a demanda amthan » miféricorde , & qu'on leur a oHert le tribut , ils ont pardonné. Four les autres nations , il n'y en a au« cune depuis l'exiftence du monde qui ait )a* mais fait une : guerre purement de religion^ Suis-moi maintenant. Je le fuivis. Un peu au delà de ces piles de morts nous trouvâmes d'autres piles ; c'étaient des^ facs d'or & d'argent , & chacune avait Ton édquette. Stdfiance des hérétiques maffa^ orés au dix-^huitiéme fiécle^ au dix-fept ^ au fiiziéme. Et . ainfi en remontant : Or c^ m - gent des Américains égorgés > &c, &c. Et iii R E L I G I O *. Se&. IL foutes ces piks étaient furfnôntées de croix t de mitres , de croâès , de tiares enrichies de j^îerreries. Quoi ! mon génie , ce fut dotic poar avoir tes richeâès qu'on ' accumula ces -morts? — « Oui , mon fils. ' Je verfaî dés larmes ; & q^and )-eus me* xité par ma douleur qu^îi me menât au bout .des allées vertes ^ il m'y conduidt. Contemplé , thé^k.il, ks héros de l'hu- manité qtii oht été les hienJlàiflears de la terre , & qui fe fôtlt tous réunis à bannir du monde autant qu'ils l'on pu , la violence ^ la rapine. Interroge. les« Je courus au premier de la bande ^ il avait une couronne fur la tète , & un petit en- cenfoir à la main^fje lui demtodai humble- ment fon nom^ Je fuis Nanta PompiUus y me dit-il j je fuc^édai à un brigand. & j'avais des brigands à gouverner : je leUr enfeign^ la^vertii & lé culte de DiBU^ ils oublièrent après moi plus il'une fois l'un & l^autrei je défendis qu'il y eût dans les temples aucun limulacte, parce que la Divinité qui anime la nature né peut être repréfentée. Lès Ro* mains n'eurent fous mon règne ni guenes ni féditions $ & ma religion ne fit que du bien» Tous les peuples voifins Vinrent hono* rer mes funérailles i ce qui n'eft arrivé qu'à moi. R Ê L LG I o N. SeSt. IL agj ' Je luibaifad la ihaiti , & j'albrmi (ecotid; c^était un beau vieillard d'eaTirdn cent^ans» v6tu d'une robe blanche ; il niettaitSe doigt médium fur fa *bouche ; & de Vmttt tiliaia il )ettait des fèves derrière lui. Je reconnus Fytbagore. Il m'aflbra qu^il n'avait jamais eu de cuiâè d'otr & qu'il n'avait point été coq; mais quHl ayak gouverné les Groroniates avec autant de juftice que Nunta gouvernait tel Romains , à - peu - près de fon tems ; & que cette jufticè était k oSiofe dU monde la (Aus tiécefiàire & là pjus larei J^ppiâs q[de les pydiagôriciens fefiûent leur examen de con^ icietice dedx ibis . par jaar. h^ ;honnèfasi gens ! k qxk lious: fcmimès Itmixëeux.'! Mdli nous qui n'avons. été pendant ti^ize (cent am quQ ^dles^ aÛaflin^^ nàus dîTons- que ces fages Paient des oçgtwiHeux. r ;• î.'r: x. : Je ne di^ mot à pythkgonè pour lui plai^ te s & jepai&i à Zoroafire qui 'Vocoupaît jk c^mcentrer le feu célefte dans^le fbi^^r dhm miroir concave ^ au milieu 'd^un veftibute à cent portes qijd toutes conduiferit à la & Les pré- g^. Sih: la principale de cei petites , je las ceptesde ces paroles qui font le précis de ijoiute \^Zoroa(lre morale ,*& qui abrègent toutes les difputes^^Jj^'P* des cafuiftes : , poms^Bi DANS LE DOUTE SI UNE ACTION ïbnt au EST BONNE OU MAUVAISE, ABSTIEN. nombre TOI. dccfiit. / 2S4 R 1 L J o I o v.iSeSi^Ifi Certainement ^ dis - je à mon génie , les barbares qui ont immolé toutes les' viélhnes dont j'ai va les oflemens » n'avaient pas lu ces belles paroles. Nous vîmes enfuite les Zaleucus • les Tha-^ Us , les Anaximandres & tous les fages qui avaient checcHé la vérité & pratiqué la vertu. Qpand nous fumes à Socratej je le irecon* nus.bien vite àfon qez épatée £h bien, lui dis«.je , vous voilà donc au nombre des ^on« fid^ns du Tràs - Haut ! tqus; les. habitans de TEurdpe V excité ^ les Turcs & les Tattares de Crimée qui ne fayent rien « prononcent votre nom avec ttCpàSt. On b révère i on l'aime ce grand nom , au point qu'on a voulu favoir ceux de vos perfêcuteurs. On con- nait MeHtus & Anittis à caufe de vous , œmme on connait Ravaillac à caufe de Henri/ IV. iMais je ne connais xjue ce nom é^Anitus. Je ne fais pas précifément quel était ce fcélératpar qui vous fûtes calomnié » & qui vint à bout de vous faire condamna à la ciguë. Je n'ai jamais penfé à cet homme depuis won avanture , me répondit Socrate i mais puifque vous m'en faites fouvenir , je le plsûns beaucoup. C'était un' méchant prêtre qui Religion! SeS. IL agf ièlait fecrétemcnt un commercé de cuirs , Voycij négoce réputé honteux parmi nous. Il en- ^^f^^. voya fes deuiç enfans dans mon école. Lçs''**^ autres difciples leur reprochèrent leur père le corroyeur. Ils furent obligés dé (brtir. Le père irrité n^èut point de cefle qu'il n'eût ameuté contre moi tous les prêtres & tous les fophiftes. On perfuada au confeil des cinq cent que j'étais un impie , qui ne croyait pas que la Lime, Mercure & Mars fiiflent des Dieux. En effet , je penfàis comme i préfeht qu'il n'y a qu'un Dieu , maître de toute la nature. Les juges me livrèrent à l'em- poiTonneur de la république ; il açcourcit- ma vie de quelques jours ; je mourus tranquille- ment à l'âge de foixante & dix ans : & de- puis ce.tems-là je pafTe une vie heureufe avec tous ces grands^hommes que vous voyez & don^ je fu^ le moindre. Après ^voir jouï quelque tems de l'entre- tien de Socrate i Je m'avançai avec mon guide dans un bo(quet fitué au*deâus des bocages où tous ces fages de l'antiquité fem- blaient goûter un doux repos. ' Je vis un homme d'une 6gure douce & (impie qui me parut âgé d'environ trente- cinq ans. Il jectait de loin des regards de compaffion fur ces amas d'pflemens blanchis , & travers defquels on m'avait fait pafler pour arriver à la demeui^e des fages. Je fus étonné • * a%6 R B L I G i o N. SeShIL de lui trouver les pi^d$ eoflés & fanglaiw, les mainij de même , le fimc perCé , Sç, les côtes écorchées de coups dp fouet ^h bon Dieu , ïui dis je, cft-il poflîWe qu'un jufte, un fagê , ù)it dans cet état ? )p viens^ d'en voir un qui a été traite d'une manière Jbien odieufe : mais il n'y a pas de comparaifon en- tre Tpn fupplice Sç le vôtre -, 4e mauvais prê- tres & de mauvais juges l'ont empoifonné. Eft ce auffi par des prêtres & par des juges que vous avez été afTaflîné fi cruellejnent ? Il me réppndit oui avec beaucoup d'afi- bilitc. m Et qui étaient donc ces monftres? C'étaient des hypocrites.^ . Ah ! c'eft tout dire » je comprends par ce feut mot qu!ils durent vous condamner au dernier fupplice. Vous leur aviez donc prouvé comme Socrate que la lune n^itait pas une déejfe , ^ que Mercure n^ était pas un Dieu ? Non , il n'était pas queftion de ces pfa^ nçtes. Mes compatriotes ne favaicnt point du tout ce que c'eft qu'une planète j ils étaient tous de francs ignorans. ^ Leurs fu« perftitions étaient toutes di£érentf s de celles des Grecs» Vms voulûtes donc leur enfeigner ifne n&u- ifèUe religion ? R.B L l G I O N. Se&. IL 287 Point du tout 5 je leur difais amplement » /limez Dieu de tout votre cœur , & votre prochain comme vous-même', càrc'eft-là tout rhomme. Jugez fi ce précepte n'cft pas auili ancien que l'univers s jugez fi je leur apportais im culte ncniveau. Je ne ceC fais de leur dire que j'étais venu non pour abolir leur loi , mais pour Paccomplii: i j'avais obfervé tous 'leurs rites; circoncis comme ils l'étaient tojus , batifé comme l'étaient les plu$ sélés d'entre eux , je payais comme eux le corban , je fefais comme eux la Fâque en mangeant debout un agneau cuit dan9 des laitues^ IVfoi & mes amis nous allions prier dans le temple ; mes amis même firéquentè*. l'eut ce temple après ma n^ort; en un mot, j'accomplis toutes leurs loix fans en excep« ter une. Quoi Kces mifirabks n^ avaient pas même à voHf reprocher de vous être écarté de leurs loioç^ ? - Non , fans doute. Pourquoi donc vous ont^ ils mis dms Fêtai •0H je vous vois? Que voulez -vous que je vous dife Mis étaient fort orgueilleux & kitéreiTés. Us vi. rent que je les connaiflàis i il^ furent que je les teraîs connaître aux citoyens i ils étaient les plus forts s ils m'ôtèrent la vie. Et leurs 1 E8S R B L I 6 I o K** Se8^ IL femblables en feront toujours autant , s'ils le peuvent , à quiconque leur aufa trop rendu juftice* Mais 9 ne dites -vous , ne fit es - vous rieH qtd fàt leur fcrvir de prétexte ? ' Tout fert de prétexte aux méchans. Ne leur dites ^ vous pas rnie^fois que vous étiez venu apporter le glaive & non la paix ? C'eft une erreur de copifte s je leur dis que j'apportais la paix & non le glaive; je n'ai jamais rien écrit. On a pu changer ce que j'avais dit fans mauvaife intention. » Vous fCavez donc contribué en rien par vos difcours ou mal rendus , ou mal interprétés 9 à ces monceaux affreux d^ojfemens que fai vus fur ma route en venant vous confulter? Je n'ai vu qu'avec horreur ceux qui fe font rendus coupables de tous ces meut- très. s* l Et ces monumens de puijfance^ de rtchiffe^ ^^i orgueil ^ d'avarice^ ces tréfors <, ces ome^ mens , ces fignes de grandeur que fai vus ac- cumulés fur la route en cherchant la fagejfe^ viennentMs de vous ? Cela efl: impoffible ; j'ai vécu moi & les miens dans la pauvreté & dans la baflefle; ma grandeur n'était que dans la vertu* J'étab^ \ RELIGION. Sca.ll. SSjl J'étais prêt de k fufpUer ie vouloir bien me dire au jufie qui il était. Mm guidé nfa^^ vertit de n'en rien faire. Il me dit que je frétais pas fait pour comprendre ces myjleres fublimes. Je le conjurai feulement de m^ap^ prendre en quoi confifiait la vraie religion. Ne vous l'ai -je pas déjà dit i aimez DiBU &. votre prochain comme vous« même. Quoi ! en aimant DiEU on pourait manger gras le vendredi ? Jai toujours man^é ce qu'on m'adonne; car j'étais trop pauvre pour donner à dîner à perfonna ^ En aimant DiEU , en étant jujle , ne pou-^ Yoit-on pas être ajfez prudent pour ne point confier, toutes Us avantures de fa vie à ut^ ihcormu ? ' . Ç'cft ainfî que j'en ai toujours ufé. Ne pour ai je en fefant du bien me difpen* fer d'aller en pèlerinage à St. > Jacques de Compojielle? Je n'ai jamais été dans ce pays-là. Faudrait- il me confiner dans une retraite avec des fots ? Pour moi j'ai toujours fait de petits ifoyages de ville en viUç. Huitième partie. T \ S99 Religion. Se&.IL Me faudrait 'il prendre parti pour légUfe grecque ou pour là latine ? Je ne fis aupune difiereuce entre le juif & le famaritain quand je fus au monde. th bien , sHt efi ainfi , je vous prends potar tnon^fetU maitre. Alors il me fit un figne de tête qui me remplit de confolêtionJ La Sifioa difparut ^ la bonne coftfcience me refitu RESURRECTION. S E C T I OH P R B M I È R E. De la rifurrtSim des anciens. ON a prétendu que le dc^me de \à réïur* redion était fort en vogue che2 les Egyp- tiens , & que ce &t rorigtne de leurs em- baumemens & de leurs pyramides. Je crois tnèmé que je Tai cru autrefois. Les tins di- {aient qu^on reflufciterait au bout 4c mille ans ^ d'autres voulaient que ce fût après trms mille* Cette différence dans leurs opinions théologiques femble prouver qu'ils n'étaient pas bien fîûrs de leur fiât. D'ailleurs nous ne voyons aucun homme refiTufcité dans l'hiftoii^e 4'£gypte » mais noua ^ R E SI^REBCTION. SeS. L 39I « en avons quelques ^uns chez les Grecs. Ceft donc aux G%scs quHl faut s'informer de cette inventio|i. de teflufciter. Mais lés Grecs brCdaientfouventles^ corps « & les Egyptiens les embaumaient » afin que ^ quand Tame qui était une petite figura aérien, ne reviendrait dans fon ancienne demeure , elle la trouvât toute prête. Cela eût été bon fi elle eût rc^ouvé les organes i mais l'em« banmeur commençtit par ôter la cervelle & vider les entrailles. Comment les hommes auraient • ils pu reflufciter fans inteftins &i fans la partie médullaire par où Ton penfè ? ou reprendre fon fang , & lymphe & les au* ires humeurs ? Vous me direz qu'il était encor plus di& ficile de reâufciter chezJes Grecs quand il ni reftait de vous qu'une livre de cendres toutii au- plus , & encor mêlée avec la cendre du bois des^aromates & des étof&s» Votre objedion eft forte ^ & )e tiens com^ me vous la réfurreétion pour une chofe fort ex- traordinaire ; niais cela n'empêche pas qu'il» thalidfi fils de Mercufi ne mourût & ne refl fufcitât pluûeurs fois. Les Dieux reflufdtèrent télops quoiqu'il eût été mis en |:agoût , & que Ciris en eût i^)a mangé une épaule. Vous ^vez %u'Efailafi avaut ïctiàfn la vie à Hi^9Ht§p m ê ■s 2^2 RESi01lR£CTION. ^e comment ferez - vous le même hoi^me ? 6^. Il n'y a qu'un certain nombre de par- jdcules terreftres qui puiflênt conftituer un animal Sable ^ pierre , minéral , métal n'y fervent de rien. Tou^e^ terre n'y eft pas pro- pre ; il n'y a que les terrains favorables à la végétaûpa qui le {oient au ^ettfe. animal. Qpand au bout; de plu(iéu];^^çl^ ^il (faudra que tput le monde refTu^fi^.,. oi| tcof^^ la terre, gf^ré' à lormei: tqu$,p)js corps ? . ; ' '' ' " ■' , ' - 7*** J[e fuppole 'u|ie ifle dont la partie vé- gétale puifle I fournir , à 1^ fois à mille hom- mes 9 & à cinq ou fix mille animaux pour la xioi^ix^Uipe fki le &rtici de ces mille hommes; au bout de cent mille^ génémtibns nous aik T*** • % mj \ ê %9$ R B 5 U R i B G T i N. Se9^ If. rons Bti milliard d'hommes à reffiifcîter. La matière manque évidemment Âîauriaque opus ejluterefcantpojltrafacla* 8^« Enfin quand on a prouvé ou cm pro». yer'qu^il faut tin miracle auiO grand que le idéhigé'univerfel you les dix plaies d'Egypte pour èpérei^ la réfurreâion du genré^humain dans la vallée de Jofaphat , on demande ce que font devenues toutes les âmes de ces corps en attendant le moment de rentrer comme ce font aujourd'hui les canons qui les main- tientwpt [/Céj^y avaitibîcn r^Jpn ^^. dire , qu'avec de ror pn a des hommes ^^ & qu'avec det hommes pn a de Pôr, Voilà tout le (ècret. ^ Ce fcçret avait été connu dès longtèm^ en Àtîe ^ en Ègy^tR. Jl*cs princes & les prêtres partî^èrent autant quiljs le purent Xe prinipe dif^it au prètrp » uet( f voiU de ' l'or j mais il ^t qpe tu aifermiâes m^ pou* voir , & que tu prophétifes en ma faveur i jf Arai oint » tu foras oint. Rends des oracles f jais des miracles ; tu ièras bien payé • pour- vu que je fois toujours le maître. LeorStre fe fefait donn^ terres & mon noie , & il prc fhétifait ppuf lui-même, rendaiij^ des orncles jpour lui ^ même « ch^âàit le foûverain tm r % 9 % "4$^ /oovaiit 5 & & mecfiûc à fa plaee. AînQ là çhœn ou chodin d^Ëgypce > les mgg de Perfe» les Caldeens devers Babilpite , les chmû iê ^yrie , ( fi je m^ trompe de mm il a'knporce rires ) tous ces gens - là voulaieAC dominer, y eut des guerres fréquentes entre le trône & Tatitel en tout pays , jûfques chet h mi* fôrabie nation juite. » Nous \t favMs bien depuit defUîe cent im ^ m>\ss autres habitans de la faànt tempâ. vée d'Europe. Nos efprits ne tiennent pas ^trop de cette 4?eiiipérature ; nous Tavons ce or'U nous en a c&t»é. Et for & Targent iont vilement le moiÂle de tout i que plu- ^(^mrs de 4M rois d'fiurime envoyent enc6r m^f^mâ'lM de îor & de mgent à Rome , où des prêtres le partagent dès quil eft arrivé. ^ « - . , «■■ * . - •. « Lorfque dans cet éternel conflit de jurif. diâion , les chefs des natiptis om été puiflàns , chaeun d'eux a manifefté fa prééminence à ia mo^e. C^^étaH: un ç^kne, (Ht-On,decnu cher en préfence du roi des Mèdes. Il faut frapper k t«m ^ fca iront neuf &is de- vant le roi ^ la Citine. \hk coi «i'Anglettrte fanai^a de ne jamais boire u« verK de bierre fi on ne le lui préCsmait à genoux» Un autre fe ftk baiter fpti pied droit Lee cérénK>niei dill&pmt > «tais «ous m tout tems ont w(nAn voir Taisent des peuples. B y a des pays où ! ^oà K ï: Ton (ait au «krall , au chazan une penfîoà: comme en Pologne, en Suède , dans la Graiu de-Bretagne. Ailleurs , un morceau de papiœ fuffit pour que le bogdan ait tout Targent. q[U-iI défire. Et' pui^ , écrivez fur le droit des gens , iuc la théorie de Pimpôt , fur le tarif , fur Xefode^ rum manfioftaticum viaticum , faites de beaux calculs fur la laïUe prof^ordonnélle , prouve» par de profonds raifonnemens cette maxime fi neuve que le berget doit tondre fes mou- tons » & non pas les écorcber. Quelles ibnc les limites de la prérogatuM des rois & de la liberté des peuples ? Je vous confeille d'aller examiner cette queftiondans* rhôtel . de * ville d' Amfterdam à tète rci \ R O M £• COUR DE ROME. L?£vèque de Rome avant Confiantin , n'é« tait aux yeux des magiftrats Romains , ignorans nie notre (àinte religion , que le chef d'une iàâîon fecrète , fou vent toléré par le gouvernement , & quelquefois puni do dernier fupplice. Les noms des premiers difdples nés jpi& » & de leurs fuccefleurs t R o m b; \ 301 l^ui gouvernèrent ie petit troupeau caché dans la grande ville de Rome v furent abfo- lument ignorés de tous les écrivains Latins. On fait aîBlèz que tout changea , & comment tout changea fous Confimthu L*évêque de Rome protégé & enrichi,, iut toujours fujtt des empereurs , ainfi que l'évëque de Conftantinople , de Nicomédie , & tous les autres évèques , fans prétendre i la moindre ombre d'autorité fouveraine.. La Vitalité qui dirige toutes les affaires de ce monde , établit enfin la puiâance de la cour eccléfiaftique romaine par les mains ^es bar- bares qui détruidrent l'empire. L*andenne religion fous laquelle les Ro« msdns avaient été vidorieux ' pendant tant de fiécles , fubfiftmt encor avec . fplendeur • quand Akaric vint afliéger Rome Tan 408 de notre- ère vulgaire ; & le pape Innocent I n'empêcha pas qu'on ne facrifiât aux Dieux dans le capitole & dans les autres temples, pour obtenir contre les Goths le fecours du (ûeL Mais ce pape Innocent fut du nombre des députés vers Aluric , û on en- croit Zo^ zinfe & Orofe. Cela prouve que te pape était dé}a un perfonnage confidérable. / Lorfqu*^////a vînt ravager l'Italie en 4^2 » jpar le mèoie droit que les Romains avaient 30> Rom b.^ exercé fur tant de peuples , pat le droit d^ Clovif & des Goite i & des V^;idales , & des Hérulcs , l'empereur -envoya le pape léon I , aflifté de dpux performages cônfiu laires , pour négocier avec Aftila. }e ne do\M pas que St. Lion ne fût accompagné d'un ange acmé d'uite épée flamboyante ^i fie trembler le roi des Huns , ^i qu'il ne crue pas aux anges ,,& qu'une épée ne M ftc pas peur. Ce miracle eft très bien print dans le Vatican i & vous fentez bien qu'on ne l'eût jamais peint s'il n'avait été vraL Tout ce qui me fâche , ëeft que cet ange iaiflàt prendre & façeager Aquilée "& toute rUlirie , & qu'il n'empêcha pas enfuke Ge9$^ feric de ciller Rome pendant quatorze jours : ce n'était pœ apf^emmêiit l'ange exti&ttà^ uateur. Sous les exarques , le crédit des ptpct^ augmenta ; mais ils n'eurent eiîcor nulle ombre de puiffance civile. L'ëvèque Romain élu par le peuple demandait , félon le pcotcu cole du JXarium rofftamm , la prote<^n de l'évèque de Ravenne auprès de l'exarque , qui accordait ou refufait la confirmatbn à l'ëii* L'exar ne fou& Rome* 303. fat fms que les Lombards ufurpaâènt cette capitale Su fuflènt tr^p puiflàns j rien n'eft plus naturel encore. On prétend que Pépin & fon fils Char^ lemàgne donnèrent aux évêques Romains plufieurs terres ^t Texarcat , que Ton nomma ks jufiices de St. Pierre. Telle eft la prc. mière origine de leur puiHance temporelle* Il parait que dès ce tems - là ces evèques longeaient a fe procurer quelque chofe de plus coniîdérable que ces juftices. Nous avons une lettre du pape Adrien I ii Charlemagne , dans laquelle il dit : /la //• héralité fienfe de Cottftantin 1$ grand , wrpf - reitr de fahite mémoire , éleva , ^ eocalta du tems du bienheureux pontife romain Sihejlre^ lafainte églife romaine , ^ lui conféra fa puif-^ fance dans cette partie de f Italie. On voit que dès - lors on commençait t vouloir faire croire la donation de Confiant tin , qui fut depuis regardée pendant cinq cent ans , non pas abiolument comme uit article de foi i mais comme une vérité inconted table. Ce fut à ]a fois un crime de lèze-majeftâ & un péché mortel , de former des doutes fuc tette donation. ( Voyez l^article Donations. ) Depuis la mdrt de Charlemagne ^ Tévêquc augmenta fon autorité dians Rome de jour ^ CQ jour î^Qials il s'écoula des fîécles avant 304 K o M B* qu*il y fût regarde comme fouvenûn. Rome eut très longtetiis un gouvernement p^ri« cîcn municipal. Ce Jean XII que' Tempercv Allemand Othon I Et dépofer dans une t^^ice de con- cile en 963 comme (imoniaque, inceftuéuzi fodomite , athée & ayant fait pade avec le diable ^ ce Jeatti XII , dis- je . était le pre- mier homme de lltatie en qualité de patrice & de cohful avant d'être é vèque de Rome \ & malgré tous ces titres , malgré le crédit de la fameufe Marofie fa mère , il n'y avait qu'une autorité très centeitée. Ce Grégoire VII qui de moine étant de. venu pape , voulut dépofer les rois & don- ner les empires , loin d'être le maître à Rome , mourut le protégé , ou plutôt le pri- fonnier de ces princes Normands qonqué- rans des deux Siçiles , dont il fe croyait le feigtieur fuzeraîn. Dans le grand fchifme d'occident , les papes qui fe difputèïrent l'empire du monde, vécu- rent fouvent d'aumônes. Un fait a0ez extraordinaire , c'eft que les papes ne furent riches que depuis le tems où ils n^ofèrent fe montrer à Rome. Bertrand de Got , Clément V le Bordelois , qui pafla fa vie en France , vendait publi- quement les bénéfices , & laiâa des tréfoff immenfes , félon Villanu Roms. 3of Jean XXII fon fucceâèur ftit élu à Lyon. Oh pyrrétend qu'il était, le fils d'un favetier 4e Cahors. Il inventa plus de ' manières d'ez« torquer l'argent de Téglile , que jamais k» traitans n^onff inventé d'impôts. Le même Villani aflure qu'il laij9à à {a mort vingt -cinq millions de florins d'or. Le patximoine de St. Pierre ne lui aurait pas afllirément. fourni cette fomme. > En un mot» jufqu'à Innocent VIII qui fe rendit maitre du château St. Ange , les papes ne jouirent jamais dans Rome d'une (ou- veraineté véritable. Leur autorité fpiritùelle fut làns doute le fbndeAient de la temporelle. Mais s'ils s'éts^ent bornés à imiter la conduite de St. Pierre 9 dont on fe petfuada qu'ils rempIiCf {aient la place, ils n'auraient jamais acquis que le royaume des cieux. Us furent toà«' jours empëdier les empereurs de s'établir à Rome malgré ce beatf npm de Roi des Ro^ mains. Là taâion &iir/^ ^'emporta toujours en Italie fur la &âion GiheUne. On aimait ii^ieux obéir à un prêtre ItaUeh qu'à un roi Allemand. \ ' . Dans les guerres civiles que la querelle de^ l'empire & du iacerdoce fufcita pendant plus de cinq cent années , plufieurs feigneurs obtinrent des fouverwi,etés tantôt en qua* Huitième partie. Y lité de vicaires de l'empire , tantôt cotlimè vicaires du St. Siège» Tels forent les prin- ces à!Eji à Feriare ; les Bentivoglio à Bo» logne , le? Malatefla à Rimini , les Manfredii à Faenza , les. Baglmte à Pérouie , les Ur^^ fittsdo^as Atlguilara & dans Servetri , les Colomes dans Ollie '^ les Riaria à Forli , les ^antefeUro dans, Urbin , . les Varano dans Camerino , ks 1 G^ax;ma dans-Sinigaglia. ; Tous cçs feigneurs avaient autant de droits aux terres qu'ils pofledaient« que les papes eQ.^^vaiç^nt aiï:pai:rinioiiie de St. Pinire. Les unes & les autres étaient fondées -for des donations. ' t : On fait Qottime le pape Aîexmtdre VI fô fçifvk de fôn bâtard Céfar de B&t'gia pour çnvahir toutes ces ptiticipautés. ;i,L^ rpi Louis XII àktuit de ce pzpe la Q^ti^n de Toti mariage aiprès dix huit an- ^éf^rde ]oviiffmtiQ\9, concbtioii qu'il aiderait i'wfurpateur. '\ ■ JL^' .a£&innata'. commis par Clovis pour s^empareiT des^ ébts ^dcs petits' rois fes voi- i^9« ^ lai'upproohent! pas. des hoiireurs exécutées par Alexandre FI & par ion fils. L'hiftoire de Néron eft bien moins abo- minable. Le prétexte de la religion n'aug- mentait pas; l'atrocité de fes crimes. Obfer- vez que dans le même tems les rois d'ECpa* gw & de Portugal demandaient à ce papir 5 t'un l'Amérique & l'aucrtï l'Arîe , 8ç que et riionftte les donna au nom du Dieu qu'il reprérehtàit. Obfervez que cent mille pélc- tins couraient à fon jubilé & 'adoraient fn perfonnç. ' Jtths lî acheva ce v^u' Alexandre Vt avMÈ commencé. Louis XII né pour être la dupe de tous lès voifins , aida Jults à prendre Bologne & Péroufe. Ce malheureux roi», pour prix de Tes fervices , fût chafTé d'Italie & excommunié par ce même pape quc-l'ar- chevêque d'Auch Ton ambaflàdeur à Rome appellùc votre méchanceté , au • lieu de \ott* fainteté. Pour comble d' inê,..âe. Bretagne fa femm ''ipiP^ rieufe , lui difait pouiç avoir. h\t la gueri • a - Si LémX & C it_^ d'Itats'qui fe déti _. . iunio» ^ pa[tale , ils ne reftèrent pas moins abfolus far les provinces fidellcs à, la foi catholiquel - - Ea Cdut romaine excommunia Henri Ilî , ic déclara Hewjv ÏV indigne de régnçr. Elle tire.ericor beaucoup d'argent de tous les états catholiques d'Allemagne , de la Hotv frie . de ta Pologne , de l'Ëfpagne & de la rancc. Ses ambaflàdeurs ont la préféance fur tous les autres ; elle n''e{l pTuç'^ez puif^ fante pour- faire la guerre } & fa ^iblefle y ij 1 gos Rome. Êit Ton bonhàir. .L'Etat Eccléfîaftique eft le fêul qui ait toujours jouï des douceurs de la paix depuis le faccagement de Rome par les troupes de Charles Quint. Il parait que les papes avaient été fouvent traités comme 01%^ Dieux des Japonois , à qui tantôt on pré- fente de^ oâirandes d'or , & que tantôt on jette dans la rivière. :S ALIQUE, LOI SALIQUE. CElui qui a dit que la loi falique fut écrite avec une plume des ailes de Taigle à deux tètes , pair Taumônicr de PharamonJ » au dos de 1^ donation de ConJlantin\ pourait bien ne s'ètrë pas trompé. Ceft la loi fondamentale de Pempire Fran- f!;ai^, (!Êfent de braves jurifconfultesAe grand P^f &S8 Jér6me Bignon , dans fon livre de \^ Excellence ^ ^'"" de la France , dit que cette loi vient de la loi y*n^ U n'eft pas démontré quei'ex^ y iij $19 Loi saliq.ub. çluiipn de$ filles foî(; une loi fondamentale de^ iCaules. Des loix fondamentale $• La loi fondamentale de tout pays eft qu^on féme du bled , fi Ton veut avoir du pain ; qu'on cultive le lin & le chanvre , fi on veut avoir de la toile ; que chacun foit le m^tre dans fon champ , foit que ce champ appar- tienne à un garqon ou à une fille s que le Gau- lois demi- barbare tue tout autant de Francs entièrement barbares , qui viendront des bords du Mcin qu'ils ne favent pas cultiver , ravir fes moifTons & fes troupeaux : fans quoi le Gaulois deviendra ferf du Franc , eu fera af- fafiîné par lui. Ceft fur le fondement que porte l'édifice. L'un bâtit fon fondement fur un roc , & la maifon dure ; l'autre fur du fable , & elle ««'écroule. Mais une loi fondamentale , née de la volonté changeante des hommes , & en mè- xne tems irrévocable , eft une contradiâion dans les termes , un être de raifon , une chimère , une abfurdité : qui kàt les loix peut les changer. La 'bull^ d'or fut ap. pellée loi fondamefitale de t empire. Il fut ordonné qu'il n'y aurait jamais que ftpt éleâeurs tudefques , par la rai{bn péremptoire qu'un certain chandelier juif n'avait eu que ièpt branches,» ^ qu'il n'y a ^e ibpt don$ Lqi $âLiaii8L 3ir du St. Efpcit. Cette loi fondamemafô fat qua- lifiée à' étemelle , par la toufe - puiflance & certaine fcience de Charles IV. Dieu ne trou- va pas bon que le parchemin de Charles prit le nom à* éternel. Il a permis que d'autres empe- pereuts Germains , par leur toute - puiâance & certaine fcience , ajoutaffent deux branches au chandelier & deux préfens aux fept dons du St. Efprit. Ainfi les éleâeurs font au nom- bre de neuf. C'était une loi très fondamentale , que 1^ difdptes du Seigneur Jésus n'euâènt rien en propre. Ce fut enfuite une loi encore plus fon- damentale , que les évêques de Rome fuâènt très riches , & que le peuple les choisit La dernière loi fondamentale eft qu'ils font fou*- verains , & élus par yn petit nombre d'honu mes , vêtus d'écarlate , qui étaient abfolu- ment inconnus du tems de Jésus. Si Tein- pereur roi des Romains toujours augufte , était maitre de Rome de &it comme il Teft par le ftile dé fa chancellerie , le pape ferait îbn grand - aumônier , en attendant quelque autre loi irrévocable à toujours qui ferait dé- truite par une autre. Je fuppofe (ce qui peut très bien arriver) qu'un empereur d'AUemagnç n'ait qu'une fille 9 & qu'il foit un bon homme n'enten- dant rien à la guerre .$ je fuppofe qi(è iî Cflh V uij / 313 Loi s à l i ati e.* therifti II ne détruit pas Tempire Turc qu'elle a fort ébranlé 4ans Tan 1771 où 'j'écris ces rêveries , le Turc vienne attaquer mon bon prince chéri des neuf éleâeurs , que fa fille (è mette à la tète dès troupes avec deux jeunes éleâeurs amoureux d'elle , qu'elle batte les Ottomans comme Dibcra battit le capitaine Sizara & fes trois cent mille foldats » & fès trois mille chars de guerre dans un pe- tit champ pierreux aux pieds du mont Tha- bpr, que ma princefle chaâe les mufulmans jufques par delà Andrinople ; que fbn père meure de joie ou autrement , que les deux amans de ma princeilè engagent leurs fept confrères à la couronner , que tous les prin- ces de l'empire & les villes y confentent ; que deviendrai loi fondamentale & éternelle qui porte que le faint empire Romain ne peut tomber de lance en quenouille , que l'aigle à deux tètes ne file point , & qu'on ne peut fans culotte s'aflèoir fur le trône impé* rial ? on fe moquera de cette vieille loi , & ma princeâè régnera très glorieufement, COMMBNT Lk LOI S A L I Q^U B s' B S T^ £ T A B L I E. On ne peut contèfter la coutume paflee en loi , qui veut que les filles ne pUiflene hériter la couronne de France tant qu'il refte iWi mâle du ikng royal. Cette queftion eft d». L e I ^ k L i (IV té $1^ ^ée depuis lôngtems , le fceau de l'antiquité y eft appofé. Si elle était defcendue du ciel , elle ne ferait pas plus révérée de la nation franqaife. Elle s'accommode mal avec la galan- terie de cette nation : mais c'eft qu'elle était en vigueur avant que cette nation fut galante; Le préfixent Hénault répète dans (a Chro^ Mcpie ce qu'on avait dit au )ia[2ard avant lui , que Clovis rédigea la loi falique en 5 î i , Farinée même de fa mort. Je veux croire qu'il avait rédigé cette loi , & qu'il favait lire & écrire , comme }e veux croire qu'il avait quinze ans lorfqu'il fe mit à conquérir les Gaules : mais je voudrais qu'on me mbntrât à la bibliothèque de St. Germain- des- Prés i ou de St. JVf artin , ce càrtulâire de la loi {all- oue (igné Clovis y ou Clodvic^ ou Hildovici par «là du moins on apprendrait fon véritable Hom que perfonne ne fait. * * ■ * Nous avons deux éditions de cette loi fali« que , Tune par un nommé Hérùld, l'autre pat Franpis Pithoux , & toute deux, font di£ë« rentes , ce qui n'eft pas un bon (igné. Quand le texte d'une loi eft rapporté différemment dans deux écrits , non - feulement il eft clair que l'un des deux eft: &ux , mais il eft fort probable qu'ils le font tout deux. Aucune coutume des Francs ne fut écrite dans nos premiers (lécles ; il ferait bien étrange que la loi des Saliens l'eût été. Cette loi^ft eu \ f 314 La I . s A t t a V F- latin i & il n'y a pas d'apparence que ni C/ns vis y ni fes prédéceâeurs parlaient latin dans leurs marais iutre les Spuabes &. ks Bataves* > * '> \ On fuppofe que celte loi peut re|^r4er les rois de France ; & tous les f^vans convien? nent que les Sicambres , les Francs , les Sa- Hens n'avaient 'point de, rois , ni mà^e jaucuii chef héréditaire. Le titre de la loi falique commence par ces mots , In Chrifii nomne. £lle a donc été faite hors des terres faliques , puifqua le Christ n'était pas plus connu de ces barbares que du refte de la Germanie , & de tou^ les pays du Nord. On fà\t rédiger cette loi falique par quatre grands jurifconfultes Francs v ils s'appellent dans l'édition de Hérold , Vifogaft » Harogaft , Salogaft & Vindogq/i. Dans l'édition de Pi- thoux , ces noms font un p'eu difFérens. Il Ce trouve malheuroufement quis ces noms font les vieux noms déguilés de quelques cantons d'Allemagne. Notre ipagot pour ce coup Le nom d'un port pour un nom dliomme. En quelque tems que cette loi ait été ré« digée en mauvais latin , on trouve, dans l'arti* de touchant les aleus , que nulle portion de terre falique ne pajfe à la femme. Il eft clair que cette prétendue loi ne fut point; fuivie. Loi s a b I q. u Bi 31c Premiérisment , on voit par les formules de Marculfhe qu'un père pouvait laiflêr Tes aleus a fa Elle , en reqoncjant à certaine loi falique 9 impie & abominable. Secondeoient > fi on applique cette loi aux fie& , il efl: clair que les rois d'Angleterre qui n^étaient pas de la race Normande , n'avaient qa tous leurs grands fiefs en France que par les filles. Troifiémement , fi on prétend qu'il eft né- ceflàire qu'un fief Toit entre les mains d'un homme , parce qu'il doit fe' battre pour fon feigneur , cela prouve que la loi ne pouvait être entendue des droits au trône; Tous les ieigneurs de fief fe feraient battus tout auiQ bien pour une reine que pour un roi. Une ireine n'était point obligée d'endoffer une cui- rstilè , de fe garnir de cuiâars & de braflars , & d'aller au trot à l'ennemi fur un grand cheval de charrette , comme ce fut longtems la mode. Il eft donc clair qu'originairement la loi fa- lique ne pouVait regarder en irien la couronne i ni comme alléu ni comme fief dominant. ' Mézerai dit , que Vimbécillité du feoce «e tertnet pas de régner. Mézerai ne parle ni en nomme d'efprit ni en homme poli. L'hiftoire le dément aflèz.' La reine Anne d^Artglcterre 3 ui humilia £o«/> XIV $ l'impératrice reine e HiM^rie jjui réfifta au roi Lwïf XV 5^ t N iiè Loi s a l I q. u e. fréie^ic le grand , à Félcdeur de Bavière & ^ tant d*autres princes \ Elizabeth et Atigleterré qui empêcha notre grand Henri de iuccom* ber s l'impératrice de Ruilie dont nous avons déia parlé , font aflez voir que Mènerai n^eft pas plus véridique qu'honnête. Il devait favoir que la reine Blanche avait trop régné ea France Tous le nom de fun fils , & Anne de Bretagne fous Louis XIL Vili dernier écrivain de VHifioire de France, devrait par cette raifon même être le meiU leur , puifqu'il avait tous les matériaux de fes devanciers : mais il n'a pas toujours fit profiter de fes avantages. Il s'emporte en in- veâives contre le fage & profond Rapin de Toiras i il veut lui prouver qtie jamais au- cune princeflTe n'a fuccédé à la couronne tant qu'il y a eu des mâles capables de fuccéder. Qn le fait bien i & jamais Toiras n'a dit le contraire. Dans ce. long âge de la barbarie , lorfqu'il ne s'agiilait dans l'Europe que d'ufurper & de foutenir Tes ufurpations , il faut avouer que les rois étaient fort fou vent des che&4G bandits , ou des guerriers armés contre ces bandits ; il n'était pas poflible de fe foumet- tre à une femme ; quiconque avait un grand cheval de bataille ne voulait aller à la rapine & au meurtre que fous le drapeau d|un homme » monté comme lui fur un grand t, o I 8 A L I Q. ir si Sï7 cheval. Un boucUer ou un cuir de bœuf jèrvait de trône. Les califes gouvernaient par l'Âlcoran , les papes étaient cenfés gouverner par TEvangile. Lé Midi ne vit aucune femme régner , jufqu'à Jeanne de Napks , qui ne dut £i couronne qu'à la tendreàe des peuples; pour le roi Robert fon grand- père , & I leur haine pour André fon mari. Cet André était à la vérité du iàng royal , mais né dans la Hongrie abrs barbare. 11 révolta les Na- politains par fes mœurs groffières ,^at fon y vrbgnerie & par fa crapule. Le bon roi J{o- kert fut obligé de contredire Tufage immémo* jnal^ & de déclarer Jeanne feule reine par fon teftament approuvé de la nation. On ne voit dans le Nord aucune femme régner de fon chef jufqu'à Marguerite de Val^ demar » qui gouverna quelques mois en fon propre nom vers Pan I377f II eft étrangef S|tte le préfîdent Hénault Tait oubliée dans* on abrégé chronologique. L^Ëfpagne n^eut aupune reine de fon chef jufqu'à rhabile Ifabelle en 146 1. En Angleterre , la cruelle & fuperftitieufe Marie fille de Henri VIII ^ eft la prethiête qui hérita^ du trône « de même que la faible' & coupable Marie Stuart en Ecoâe au feiziéme * fiécle. Le v^fte pays de la Ruflîe n'eut jamais de fouvelaiiie jûlqu'à la veuve de Fie}re k grand. ^_ Toute TEurope j que dis - je , toute la tertt était gouvernée par des guerriers au tem^ où Philippe dé Valois fbutint fon droit coii. tve Edçuard III. Ce droit d^n mâle qui fuc cédait à u^ mâle , fenvblait la loi de toutes les nations. Vous êtes petit -fils de Philippe U bel pv vqtre mète^, difait Valois à font comp& titeur ; piais comme je l'emporterais fur la mère, je remporte à plusi forte raifon fur le fils. Votre mère n'a pu vous tranfmettre un droiç qu'elle n'avait pas. Il fut 4onc reconnu en Fxancequele prince du.fangle plus éloigné .^^eraitil^héritiar delà couronne au préjudlisfi^de.laifillé) du roi Cék une loi fur laquelle perfonne ne difpute mx* jpprd'hui. Les autres nations ont adjugé de^ puis \t trOne à dea princeflês. La France à çonfervé l'ancien Ufage. Le tcms a donné ï cet ufage la force de la loi la plus fainte. En quelque tems que la loi falique ait été ou &itc , ou interprétée i il n'importe i die eiifte , elle cft refpeOable , elle eft utile ; & fon utilité l'a rendue fkcrée. * • > EXAMEK SI LES ITTLLES DANS TOUS LB« CAS SONT FRIPES DE TOUTE HÉllé* DITE JPAR CETTB LOI SAI.IQ.UE. J'ai déjà donné l'empire à une fiife mal- gré la bulle d'or. Je n'aurai pas de peine ï gratifier une fiUc du royaume de France. Je L Ô I s AL I ^ ft É. 319 Ibîs p\m en droit de difporer de cet état qu« k pBpt Jukr H' qnl en dépouilla Louis XII^ tcf le transféra de Ton 'atitorité privée à Tem- pereiir Maximilien. Je fîiis plus autortfé à parler érf^ faveur dés filfes de la mgifon ^t France q(tje le pape*^ÇW^ôftrf*X//J, & ïecor- delier Sixte- Quiitt tic réiaîettt à exclura dû « trône nos princeç du fang , fous prét^te, difaient ées boris^pifètrcs , que Henri IV Se les* princes de Condé étaient race bâtarde ^ détefiàhte de" Bourbon i belles & iaintès pal roleï , âorit À fout fe fouvcnir à jamais , peut ôfee convaincu de ce 'qû*oh doit aux évêquei de Rome, je puis donnetma voix daiis les état^ •généraux : & aucuii pape n'y peut avoir de furoage. Je donne donc ma voix fans difl £cuité dans trois ou quatre «cent ans , à une fille de France , qui réitérait feule defcendàntiif en droite ligne de fA^ues Ccn>et. Je la fais reine pourvu qu'elle (bit bîeti élevée, qu'elle ait refprit jufte , & qu'elle he foit point bi:; ^te: JHnterprète en fa faveur' cette loi qui dit ^le fille ne doit ^niie fiiccélér. J'entend^ qùreflè ivhéritera mie tant otf il y aura mâle. Mais dès que mâles déf^llent; je prouve que ^ le royaume efl à elle , par nature qui Tor- dohne 5 & pour le bien dé la nation. J'infyîte toui les bons Français à ftiontrei? le même réfpeift pbur je fang de tant de rois. Je crois que c'eft l'uniqàe moyen de prévenir tés \feaioits qui démembreraient l'état Je $10 LqI 8AIiiaVB« propofe qu'elle régne de, fon chef & i|u'oa la marie à quelque bon prince , qui prendra le nom & les armes 5 & qui par lui- même poura pofleder quelque canton , lequel fera annexé à la Fran^^ i ainfi qu'on a conjoint Marié' Thérife de Hongirie & Fraîtçois duc de Lorraine « le meiiïeur prince du monde»^ ] Quel eft le W elche qui refufera de la re- connaître , à moins qu'on ne déterre queL que autre belle prinçefle iiTue de dHnrlemagne^ dont la famille fut chaflejBpar Hugues Oiptt malgré la loi falique ; ou bien qu'on ne trou- ve quelque princeilè plus belle encore , qui defcende évidemment de Chvis , dont la &. mille fut précédemment chaifée par fon do^ ineftique fefin » & toujours en dépit de la \oï faÛque ? Je n'aurai certainement nul befoin d'intri* |ue8 , pour faire facrer ma princeflè dans Rheims , ou dans Chartres , ou dans la cha- pelle du Louvre i car tout cela eft égal ; ou inème pQur ne la point &ire facrer du tout( car on régne tout auâl bien non facré que lacré. Les rois , les reines d'£fpagne n'obter- vent point cette cérémonie. . Parmi toutes les familles des feçrétaires ^p. roi , il ne fe trouve perfonne qui dif- pùté le trône à cette princeâe capétienne. Les plus iliuftrss maifons font fî jàloufei Tune de Pautre » qu'elles aiment bien mieut obâc toi SâLIQ.trB4 321 obeïr à la fille deis rois qu'à uû àt leuîâ égaux. Reconnue aifément ie toptê la France^ elle reçoit l'hommage de tous Tes fujecs aveO une grâce majeftueufe , qui la fait aimer au* tant que révérer ; & tous les poètes font des vers en l'hoiineur de ma prihceâe» S A L O M 6, N. PLufleurs fois ont été de grands dercff^ & ont fait de bons livres^ Le roi de* PrulTe Frédéric le grand eft le dernier exem« pie que nou^ en ayorts. Il (Ira . peu imité ^ nous ne deyons pas préfumer qu'on ti^ouve beaucoup de moharques Allemands qui faf^ fertt des vers français, & qui écrivent l'hit toire de leur pays Jacques I en Angleterre, & même Henri VJII otïi écrit. Il faut en Efpagne remonter jufqu'au roi Alphonfe Xi tncor eft.il douteux qu'il ait mis la main aibc tables alphonûnes^ La France ne peut fe vanter d'avoir eu un roi auteur4 L'empire d'Allemagfie n'a au* cun livre de la main àû iès empereurs ) mais l'empire Romain fe glorifie de Céfar.Si da MarC'Aurèle. On compte en Afie plufieurs écri« crains parmi les rois. Le préfent empereur 49 Huitième fortii. X \ j2Z S A L O M O «. T la Chine Kien - long pafle fartout pou* vtû grand poëte. Mais Salomqn ou Soleyman l'Hé* breu a encor plus de ^réputation que iS^ httg le Chinois. C'cft une grande queftion en théologie fi Salomon eft plus renommé par Ton argent comptant , ou par fes femmes , ou par fes )Svxe%. Je fuis fâché qu'il ait commencé ion règne à la turque en égorgeant fon frère. L'Ecriture lie^ diit point (i Salomon difpu- tait à Adonias la concubine de fon père ; mais e)le dit que Salomon » fur la feule demaade é^Adoftias^ le fit aâàfliner. Apparemment que DlBU , qui lui donna f efprit de fageâè , lui tefufa alors celui de juftice- & d'humanitë, comm^ il lui refufa depuis le don de la con- tinence. Il eft clit dans le même livre des Rois , quHl était makre d'un grand royaume, qui s'étendait de l'Euphrate à la mer Rouge & à la Méditerranée ; mais malheureufément il cft dit en même tems /que le roi d'Egypte avait conquis le pays de Gazer dans le Ca^ tiaan , & qu'il dbnna pour dot la ville de Gazer à fa fiile , qu'on prétend que Salomon époufa 5 il eft dit qu'il y avait un roi à Da: tnàS : les royaumes de Sidon & de Tyr ftoriflàient : entouré d'états puiflàns , il ma- tiifefta fans doute la fageâe', en demisûi^fit s A L O M O K. 32^ V en paix avec eux tous. L*abondatlcé extrême qui enrichit fon pays ne pouvait être que le fruit de cette fageâe profonde ^ puifque du tems de Saiil il n'y avait pas un ouvrier ea fer dans fbn pays. Nous faVons déjà re* marqué. Ceux on lui en donne fept cent , qui postaient h nom de rtms j &- es qui eil s A L O M O XV 3a< étrange , c^eft quHl n'avait que ttois cent concubines , contre la coutume des rois, qui ont d'ordinaire plus de maitrefles que de femmes. Il entretenait quatre cent douze mille che- vaux , fans doute pour aller fe promener avec elles le long du lac de Genézareth , ou vers celui de Sodpme , ou vers le torrent de Ce- dron , qui ferait un des endroits les plus délicieux de la terre , fi ce torrent n'était pas à fec neuf mois de l'année , & fi le ter- rain n'était pas un peu pierreux. Quant au temple qu'il fit bâtir , & qiie les ^Juife ont crtj le plus bel ouvrage de l'ur ni vers ; fi les Erammites , les Michel- Anges & les Palladio avaient vu ce bâtiment , ils ne l'auraient pas admiré : c'était une efpèce de petite fortereâe quarrée , qui renfermait une cour , & dans cette cour un édifice de quarante coudées de long , & un autre de vingt; & il eft dit feulement que ce fécond édifice , qui* était proprement le temple , l'o. racle , le faint des faints , avait vingt cou* dées de large comme de long, & vingt de haut. Mr. Souflot n'aurait pas été fort con^ tent de ces proportions. Lés livres attribués à Salomon » ont duré plus que fon temple. Le nom féal de l'auteur a rendu ces livres refpe^lables : ils dévouent être bons , puifqu'ils X iij \ 92^ S^A L O M O If; étaient d^un rai , & q\,ie cq roi paflait pour te plus fa^e des hommes. Le premier ouvrage qu'on fui attribue ^ cft celui des Proverbes. C'eft un recueil de ma^times qui paraiilent à nos efprits rafinés quelquefois triviales , baiTes 5 incohérentes « lans goùc « ians choix & fans deifein. Ils ne peuvent fe periuader qu'un roi éclairé aie compoié un recueil de fentences dans ûrquelles on n'en trouve pas une feule qui regaide la manière, de gouverner \ la politi- que , le$ mœuis des courtifans , les ufages d'une cour. l's font étonnés de voir des cl^apirres entieris où il n'eft» parlé que de gueufes , qui vont ' inviter les paffahs dans les rués à coucher avec elles. , lis fe révoltent contre les fentences dans ce goût, H y a trois chnfes infatiahles , ^ un^ qua* Uiéme qui . ne dit jamais , c^efi ajfez i le /?- fulcre , ia matrice ^ la terre , qui tieji jamais fajfajiée d'eàu 9 ^ le feu ^ qui eji la quatrième ^ tte dit jamais , cell ajfez- Il y a trjois chofes difficiles , ^ f ignore en- tih-ement la quatriémf. La voye d'un aigle dam l'air , la vqye d'ufi ferfent fur la pierre <% la voye dun vaiffeau fur la mer , ^ la vqyi £un Ijomme dmts wé fehwie. Il y a quatre chofes qni font les plus petites de la terre , ^ qui font plus fages que les f^gBs ^ Us fourmis , petit peuple qui fe prépare / € A L O Iil Q N. 397 sme nouniÉwre pendant la motion s le Hivre » peuple faible qui couche fur des pierres i la fauterelle , qui n'ayant pas de rois , voyage far troupes j le lézard , qui travaille de fes mains ^ qui demeure dans les palais jdcs rois. £ft**ce à un grand roi 9 difent41s > au plus (âge des mortels , qu'on ofe imputer de tels difcours ? Cette critique eft £brte ^ il faut: parler avec plus de refpeét Les Proverbes ont été attribués à îfate^ à Elzia » à Sàbna , k,Eliat3n , k Joaké , & à plufieurs autres. Mais qui que ce foit qui ait compilé ce recueil de (entences orienta^ les , il n'y a pas d'apparence que ce foit un roi qui s'en (bit donné la peine. Aurait-3 dit , que la terreur du roi eji comme le ru^ giffement du lion ? C'eft ainjjl que parle un iujet ou un efclave , que la colère de fon maître &it trembler. Salomon aurait - il tant parlé de la Femme impudique 'i Aurait • il dit , ne regardez point le vin quand il pa^ y ait cltàr , ^ qu^ fa couleur brille dans h verre? Je doute fort qu'on ait eu des verres i boire du tems de Salomon^ c'e(^ une in« vention fort récente 5 toute l'antiquité bu- vait dans des taifes de bois ou de métal ; iSc ce feul paifage indique peut * être que cette i;(^le(^iou juive fut compofée dans / , \ ^28 s  L O M t. Alexandrie » ainfi que^ tant d'autres livret Juifs, a) L'Eccléfiafte , que Ton met fur le compte de Salomon , eft d'un ordre. & d'un goùc tout dittërent. Celui qui parle dans cet ouvrage femble être détrompé des'illufions de la gran- deur 9 laiié de plaiôrs ^ & dégoûté de la icien* ce. On l'a pris pour un épicurien , qui répète à chaque page que le jufte & l'impie font fuiecs aux màmes accidens , que l'homme n'a rien de plus que la bète , qu'il vaut mieux ^ n'ècri pas né que d'exiiler » qu'il n'y a point d'autre vie , & qu'il n'y a rien de bon & de raifonnable que de iouïr en paix du &uit de fes travaux avec la ièmme qu'on aime. On a cru voir un matérialifte à la fois fenfuel & dégoûté , qui paraiflait avoir mis au dernier verfet un mot édifiant fur ÙlEU » pour diminuer le fcandale qu'un tel livre de* vait caufer. Les critiques ont de^a peine à fe perfua* der que ce livre foit de Salomon. Il n'eft pai; naturel qu'il ait dit : mallmir à la terre qui a un. roi enfant. Les Juifs' n'avaient point eu encor de tels rois* . rr ^ ) Un pédant a cru trouver une erreur dans ce paffage : il a prétendu qu'on a mal traduit par le fnot de verre le gobelet qui était , dit - il , de bois ou de métal ; mars cornaient le vin aurait^ il brillé da^s un gobelet de oièul pu de bois 7 $c jpvùi^ qu'importe i s A L O M K. . 329 II n'cft pas naturel qu'il ait dit , fohfervâ le vifage du roi. Il eft bien plus vraifem- blable que l'adteur ait voulu faire parler Sa^ lomon , & que par cette aliénation d'efprit , qu'on découvre dans tant de rabins , il aie ^blié fouvei\t dans le corps du livre que c'était un roi qu'il fe&it parler. Ce qui leur parait furprenant , c'efl: que l'on ait confacré cet ouvrage parmi les livres Canoniques. S'il (alait établir aujourd'hui le canon de la Bible , peut -• ^tre n'y mettrait* on pas rEcclédafte s mais il fut inféré dans un tems où les livres étaient très rares , où ils étaient plus admirés que lus. Tout ce qu'on peut (aire aujourd'hui , c'efl: de pal- lier autant qu'il eft pollible l'épicuréifme qui régne dans cet ouvragé. On a (ait pour l'Ëc- cléfiafte comme pour tant d'autres chofes qui révoltent bien autrement Elles furent éta- blies dans des tems d'ignorance } & on eft forcé , à la honte de la raifon ^ de les fou* tenir dans des tems éclairés , & d'en dégui- fer ou l'abfurdité ou l'horreur par des allé^i gories. Ces critiques font trop hardis. Le Cantique des Cantiques eft encor at« tribué à Sahmon , parce que le nom de roi s'y trouve en deux ou trois endroits , parce qu'on fait dire à l'amante , qu'elle eft belle comme les peaux de Salomon , parce que l'a- mante dit qu'elle eft notre , & qu'on a cru i^ue 330 S A L O M O N. Salomon défignait par* là fa femme Egyji^ tienne* ( Ces trois raifons n'ont pas perfuadé. ,1^. Quand Tamante , en parlant à fon amant» dit : le roi m*a menée dans fes celliers , elle parle viiiblemenc d'un autre que de foa amant : donc le roi n'efl: pas cec amant: c'eft le roi du feftin , c'eft le paranimphe , c'eft le maître de la maifon qu'elle entend : & cette juive elt fi loin d'être la maitreflê d'un roi , que dans tout le cours de l'ou- vrage c'elt une bergère , une fille des champs .qui va chercher fon amant a la campagne & dans les rues de la ville , & qui efi: ar- rêtée aux portes par les gardes qui lui volent ia robe. 2^. Je ftds belle comme les peaux de SO' lomon , eft l'exprelfion d'un villageoifc qui dirait , Je fuis belle comme les tapideries du ïoi : & c'eft précifément parce que le nom de Salomon fe trouve dans cet ouvrage qu'il ne faurait être de lui. Quel monarque ferait une comparaifon Û ridicule? Voyez , dit l'a^ mante au Ille chapitre , voyez le roi Solo* mon avec le diadème dont fa mère la con- rùnni an jour de fon mariage. Qui ne re- connait à ces expreifions la comparaifon or- dinaire que font les filles du peuple en par- lant de leurs amans? Elles difent : il eft beau ^mliie un prince , il a un air de roi , &c. .3^» Il eft vrai que cette bergère qu'oB \ s A L M O H. 331 fait parler dans ce cantique amoureux , dit qu'elle eft hàlée du foleil , qu'elle eft humé Or (î c'était- là la fille du roi d'Egypte, elle n'était point fi hâlée. Les filles de qualité en Egypte font blanches. Cléopatre l'était ; & en un mot , ce perfonnage ne peut, être à la fois une fille de village & une reine. . Il fe peut qu'un môniarque , qui avait mille femmes , ait dit à l'une d'elles , qu'elle tne baife £un baifer de fa bouche , ceir vos te^ tons font meilleurs que le vin- Un roi & un berger , quand il s'agit de baifer fur la bou- che, peuvent s'exprimer delà mèmemaniere. Il e(ï vrai qu'il eft aâèz étrange qu'on ait prétendu que c'était h fille qui parlait en cet endroit , & qui fefait l'éloge des tétons 4e (on amant. On avoue encor qu'un roi galant a pu dire à (à maicreiTe , Mon bien- aimé ejl comme un bouquet de myrrhe , il demeurera entre mes tenons. Votre nombril efi comme 'une coupe dans laquelle il y a toujours quelque chofe à boire $ votre vehtye efi comme un boijfeau de fro* ment , tfos tétons font comme deux faons de chevre0 , ^ v&tre nez eft corHme la tour du mont Liban. J'avoue que les églogues de Virgile font d'un aUtre ftilc ,• mais chacun a le ficn , & un Juif n'eft pas obligé d'écrire comme Vir^jile. 832 S A L O M O N. On n*a pas approuvé ce beau tour d'â©^ quence orientale. Notre fœur ejl encor petites elle rCa point de tetms ,• que ferons nous de notre fœur ? Si c*eji un mur , hâtijfons dejfusi fi c'efi une forte , fermons - la. A la bonne heure que Salomon le plus fage des hommes ait parlé aind dam Tes go- guettes. Mais plufieurs rabins ont foutenu que non -feulement cette petite églogue vo- luptueufe n'était pas du roi Salomon , mais qu'elle n'était pas ^utentique. Théodore de Mopfuèté était de ce fentiment , & le célè- bre Grotius appelle le Cantique des Canti- ques un ouvrage libertin , Flagitiofus i cepen* dant il eft confacré , & on le regarde comme une allégorie perpétuelle du mariage de Je>- sus- Christ avec.fon églife. Il faut avouer que l'allégorie eft un peu forte , & qu'on ne ' voit pas ce que l'églife pourait entendre quand l'auteur dit que fa petite fœur n^a point de tétons. Après tout , ce cantique eft un morceau précieux de l'antiquité. C'eft lé feul livre d'amour qui nous foit refté des Hébreux. II y eft fouvcnt parlé de jouïflànce. C*eft une églogue juive. Le ftile eft comme celui de tous les ouvrages d'éloquence des Hébreux , ians liaifon , fans fuite, plein 'de répétitions , con< fus , ridiculement métaphorique ; mais il y a des endroits qui refpirem la naïveté &. l'amour. s A L O M O K. 333 Le livre de la Sageâie eft dans un gouc plus férieux s mais il n'efl; pas plus de «Wo- mon que le Cantique des Cantiques. On Tat^ tribiie communénient à J^us fils de Sirac , d'autres à Plnlon de £iblos s mais quel que foit l'auteur , on a cru que de fon tems on n'avait point encor le Pentateuque , car il dit au chap. X. ({u^Ah-aham voulut immoler Ifaac du tems du déluge; & dans un autre endroit , il parle du patriarche Jofeph comme d'un roi d'Egypte. Du moins c'eft le fens le plus naturel. Il y a grande appareiîce que Salomon ét^it ridie & {avant , pour fon tems & pour fon peuple. L'exagération , compagne infépara- ble de la groifiéreté , lui attribua des richeflès qu'il n'avait pu pofleder , & des livres qu'il n'avait pu feire. Le refpéâ pour l'antiquité a depuis confàcré ces erreurs. ,. Mais que ces livres ayent été écrits par un Juif, que nous importe ? Notre religion chirétienne cft fondée fur Ja juive , mais non paa fur tous les livres que les Juifs ont faits. ^^^ , SOMNANBULES ET SONGES. J'Ai vu un fomnanbule , mais il fe con- tentait de fe' lever , de s'habiller , de foi- re la révérence ? de danfer le menuet aflc:& $H s O M V A 1( fi Ù L E S. {)ropremenc , après quoi il fe deshabillait 5 Te recouchait; & continuait de dortpin Cela n*approehé pas du fomnanbule de rEncyclopédie. C^était un ^^uiie féminarifte qui fe relevait pour cotvtpéitt un 4è«non en dormant ♦ l'écrivait , correélemerrt , le Telifait d'un bout à l'autre , ou du moins iycoymt le relire , y fefait des corrcdions , ratiïrait des lignes , en fubftituait d'autres , renpiettaît à fa place un mot oublié > compofait de la mu* fique , la notait exaiîlement , après -avoir ré- glé Ton papier avec fa canne , & plaçait les paroles fous les qôtcs fans fe trottiper, &c. &c. Il ett dît qu^un £«:chevèque de Bordeaux a été témoîn de toutes ces opérations , & d« beaucoup d^utres auflî étonnantes. H (èrait à fouHaiter que ce prélat eût donné lui même fon atteitation figrtce de fes grands • vicaires t bu du moins de Mr. fon fecrétaîre. Mais fuppofons que ce fomnanbule aitiàît tour ce qu'on lui attribue , je lui ferai tou- jours le* même»' quetHons que je ferais à un Simple (ongeMi\ Je -Um dirais , VeusMie^iibogé plus fortement qu'un autre , mais c'eft par le même principe. Cet autre n^a eu que la fié* vre , -& vous avez eu le tranfport au fiej- veau. Mais enfin , vous avez reçu l'un^^A l'autre des idées , des fenfarions auxqueHes vous ne vous attendiez nullement 9 vous avez s O M N A N B t E S. 33< {ait tout ce que vous n'aviez nulle envie (k faire. De deux dormeurs l'un n'a pas une feule idée , l'autre en reçoit unç foule j l'un eft înfenfiblé comme un marbre , l'autre éprou- ve des défirs & des jouïïfances. Un amant fait en rêvant une ohanfon pour fa maîtreflei qui dans fon délire croit lui écrire une lettre tendre , & qui en récite tout haut les paroles. . Scribit amatori meretrix dat adultéra munus In noElis fpatio miferorutfi vuln^ra durante S'cft-il paffe autre chofe dans vôtre ma- chine pendant ce rêve fi puWant fur vous,' que ce qui fe pafle tous les jours dans votre machine éveillée ï Yous , monfieur le-féminarifte ,né avec le ^on de rimîtation , vous avez écouta cent iermons , votre cerveau s'eft monté à en faî. re î vous en avez écrit en veillant , pouiTç par le talent d'imiter ; vous en écrivez de même en dormant. Comment s'eft-il pu faire que vous foyez devenu prédicateur en rêve , vous étant couché fans aucune volonté de, prêcher ? rcflbu venez vous bien de la pre- mière fois que vous mîtes par écrit Terquifle d'un fermon pendant la veille. Vous n'y penfiez pas le quart d'heure d'auparavant ; vous étiez dans votre chambre livré à une f i ^ %i6 S O M K A N B t7 L B s. i rêverie vague fans aucune idée déterminiez votre mémoire vous rappelle iàns que yotro volonté s'en mêle , le fouvenir d'une certaine fète. Cette fèce vous rappelle qu'on prêche ce jour- là; vous vous fouvenez d'un texte^ ce texte fournit un exorde y vous avez auprès de vous encre & papier 9 vous écrivez des chofes que vous ne penliez pas devoir ja« mais écrire. . Voilà précifément ce qui vous cfl: arrivé dans votre adle de noâambule. Vous avez cru dans l'une & l'autre opéra- tion ne iàire que ce que vous vouliez ; & vous avez été dirigé {ans le fa voir par tout ee qui a précédé l'écriture die ce fermon« De même lorfqu'en {brtant de vêpres vous vous êtes renfermé dans votre cellule pour méditer , vous n'aviez nul deâein de vous occuper de votre voiGne , cependant fon ima* ge s'eft peinte à vous quand vous n'y penfîez pas ; votre imagination s'elt allumée fans que vous ayez fongé à un éteignok » vous favcz ce qui s'en eft enfuivL Vous avez éprouvé la même avanture pen- dant votre fommeiL Quelle part avez- vous eu à toutes cei modifications de votre individu ? la même que vous avez à la courfe (|e, votre fang dans; vos artères & dans vos ,v^ines , à l'arrofe* ment de vos vaiifeaux lymphatiques, au \^M» tement de votre cœur & de votre cerveau» s O M N A 21 B U t B s. 3S7 Jai lu Varticle Songe dans le Di(âiQnnaire encyclopédique , & je xCy ai rien cprupris. Mais quand je recherche la caufç dç mes idées & de mes aâions dans le fommeil & dans la veille , je n'y comprends^ pas dav^ntag^^ Je fais bien qu'un raifonnno: qui vou» drait me prouver que quand je vetlle > & que je ne fuis ni frénétique ni yvre , «je fuis alors un animal agent , n^ laiflerait pas de m'em-i barrafler. Mais je rembarrafleraiâ bien davantage ^ en lui prouvant que quand il dort il eft entiè- rement patient , pur automate. Or, dites -moi ce que c'eft qu'un animal qui eft abfolument machine la moitié de fa vie , & qui change de nature deux fois en vingt - quatre heures ? SOPHISTE. UN géomètre un peu dur , nous parlait ainH. Y a-t-il vkn dans la liuérature de plus dangereux que des rhéteurs fopfaiftes ? parmi\ ces fophiftes y en eut - il jamais de plus inintelligible & de plus^ indignes d'être entendus que le .vin Platon ? J La lë^le idée udle qu'on puiâè peut - être trbuver chez lui , eft l'i^nmortaUté de VâiO€^ Huitième fartic. Y 33S S f H I s T t: qui émt déjà établie chez tous les peuples policés. Mais comment prouve - 1 - il cette immortalité ? On ne peut troD remettre cette preuve fous nos yeux pour nous faire bien appréder ce fameux Grec. Il dit , dans Ton Phedm , que la mort eft îe contraire de la vie ; que le mortnait du vivant & le vivant du mort , & que par coniequent les âmes vont fous terré après notre mort. S'il eft vrai que le fophifle Platon , qui fc donne pour ennemi de tous les (bphiftes, raifonne prefque toujours ainfî , qu'étaient donc ces prétendus grands - hommes , & à quoi ont-ils fervi ? Le grand défaut de toute la phtlofophie platonicienne était d'avoir pris les idées abfl ^traites pour des chofes réelles. Un homme ne peut avoir fait une belle adion que parce qu'il y a un beau réellement exiftant , a^^el cette adtion eft conforme ! On ne peut faire aucune adlion làns avoir l'idée de cette aâion. Donc ces idées exiftent je ne fais où , & il faut les confulter ! DiBU avait l'idée du monde avant de le former « c'était fon logos. Donc le iponde était la produdHon du logos ! Que de querelles tantôt vaines , tantôt fanglantcs cette manière 4'argumenter ap* porta -t. elle enfin fur la terye ! Plafonne St doutait pas que fa dpârine pût un jour s o f H I S T i; 339 A'vifcr une églife qui n'était pas ^cncor / née. Pour concevoir le juftc mépris que méri* tent toutes ces vaines fubtilités , life? Démof- thène i voyez fi dans aucune de (es harangues il employé un feul de ces ridicules fophifmes. G'eft une preuve bien claire que dans les affaires férieufes on ne fefait pas plus de cas . de ces ergoteries que le confeil d'état n'en fait des thèfes de logique. Vous no. trouverez pas un leul de ces fô- phifmes dans les orai(bns de Cicéron. C'était un jargon de l'école , inventé pour jamufér l'oifîveté : c'était le charlatanifme de refprit. STYLE. LE ftyle des lettres de Bahac n'aurait pas été mauvais pour des oraifons fu« iièbres. Et nous avons quelques morceaux de phyfique dans le goût du poëme épique & de l'ode. Il eft bon que chaque chofe (oit à fa place* Ce n'eft pas qu'il n'y ait quelquefois un grand art , . ou plutôt un très heureux natu-^ rel à mêler quelques traits d'un ftyle majeft |Uf ux dans un fujet. qui demande de la fim« Y ij L 34** Style. pUcité ; à placer à propos de la fînefle , de ht délicatefle dans un difcours de véhémenct & de force. Mais ces beautés ne s'enfeignent J)as. Il faut beaucoup d'efprit & de goût. R brait difficile de donner des leçons de Pun & de Tautré, Il eflrbien étrange que depuis que les Fran- cis s'avifèrent d'écrire , ils n'eurent aucun livre écrit d'un bon ftyle jufqu'à Tancée i6f4 6\x les Lettres provinciales parurent. Pour- Quoi perfonne n'avait - il écrit l'hiftoire d'un Kyle convenable jufqu'à la Conffiration de Venife de l'abbé de St. Real ? D'où vient que Pilijfon eut le premier le vrai ftyle de l'éloquence cicéroniehne dans fes mémoires pour le furintendant Fouquet ? Rien n'eft donc plus difficile & plus rare que le (tile convenable à la matière que l'on traite ? N'afFeâe2 point des tours inuHtés & des mots nouveaux dans un livre de religion comme l'abbé Houteville, Ne déclamez point dans un livre de phyiique. Point de plaifaa« terie en mathématique. Evitez l'enâurt & les figures outrées dans un plaidoyer. Une pau^ vre bourgeoife yvrogne bu y vrognefle meurt d'apoplexie ; vous dîtes qu'elle cft dans la région des morts : on TenlevéUt : vous afilu Ita que fa dépouillé mortelle eft confiée à la ierre. Si oa ibnoe pour fon taterrement \ s T Y L B^ t4I c^eft un fbn Junèbre qui fe (ait entendre dane les nues. Vous croyez imiter Cicéron $ ,9f vous n'imitez que maitrç petit Jgan. J^ai entendu fouvent demander fi dans nt)s meilleures tragédies on n'avait pas trop foOi» vent admis le ftyle familier , qui eft fi voifidi du ftyle fimple & naïf ? Par exemple » dans Mithridate , Seigneur , votis changez de vifage , cela eft fimple & mèl me naïf. Ce demi -vers placé où à eft , fait un effet terrible y il tient du fublime. Au -lieu que les mêmes paroles de Bérénice dans Aq- tipchus , Prince , vous vous troublez ^ cban^ gez de vifgge , ne font que très orcUnairesi c'eft une tranfition plutôt qu'une fkuation. Rien n'eft fi fimple que ce vers \ Madame , j'ai reçu des lettres de Parméc. mais le moment où Roxane prononce ces pa^^ rôles fait trembler. Cette noble fimplicité eft très fréquente dans Sadne , & fidt une de fet principales beautés. Mais on fe récria contre plufieurs vert qid ne parurent que âmâliers. Il iuflit ; & que* fait k reine Bérénice l ' A-t-on vn de ma partie roi deComagèac. Sût^il que jt l^attends,-» J*ai couru chez la reines Il en éuit forti lorfque j'y fuis couru* On (ait qu'elleeft charmaott; & de fi belles maini ^ Semblent vous demander renpire des humains^ Y iij 4* & T * t ii Comme irons ]e m*y perds d'autant plus (pitYf peofo ^uoll feigneur » le (ultan reverra (on Tifage. Maïs à ne point mentir Votre amour dés longtems a dû le prcffentîr. Madame , éncormi coup , c'eft ï vous de'cboifir« ÉUe veut , Acomat , que je Tépoufe. — Eh bien* Et je vous quitte. — Et moi je ne tous quitte pas« Oois-tu fi }e ripottfe Qu^Andromaque en (on coeur n*en fera pas jaloufe.' Tu vois que c'en eft fiiit , ils (e vont èpoufer. Pour fcfèn (aire , il Êiudrait que vous les prévinffiez^ Attendez.— Non , vois -tu » je le nierais en vain. On a trouvé une grande quantité de pa« reils vers trop profàïques , & d'une familia^ rite qui n'eft propre que de la comédie. Mais ces vers fe perdent dans la foule des bons > ce font des iils de laiton qui fervent à joindre des diamahs. * Le ftyte élégant eft fî néceflaire i que (ans lui la beauté des fentimens eft perdue. H fu& fit feul pour embellir les fentimens les moins nobles & les moins. tragiques. ^ Croirait- on qu'on pût , entre une reine inceftueufe & un père qui devient parricide» introduire une jeune amoureufe , dédaignant de fubjuguer un amant qui ait déjà eu d'au- tres maitreiTes , & mettant fk gloire à triom- pher de l'auftérité d^un homme qui n'a jamais rien aimé ? C'eft pourtant ce qu'Aride oiç Style. 343 dans lei fujet tragique de Phèdre. Mais die le dit dans des vers fî féduétears , qu'ont lui pardonne ces fentimens d'une coquette de comédie* Phèdre en vain s*honerait des foupîrs de Thèfée. Pour moi je fuis plus fiere & fuis la gloire aiféc » P'obtenif lui hoilinis^e à tant d*auj|res oflFert , ^Et d'entrer daii$ian eoeur de toutes parts ouvert. Mais de £iire fléchir un courage inflendbie , De porter la douleulr dans une ame inftn^blc » - XKenchainer un captif de fes fers étonné ' Contre un joug qui lût plait vainement moéiné ; Voilà ce qui me plait , voiU ce qui m'irrite. Hercule à défarmer coûtait moins qu*Hippolite^ Et vaincu ptusfouvent & plutôt furmonté. Préparait moins degloire auxyeux qui l'ont dompté. . .Ces vers ne font pias tragiqyes ; niais tous les vers ne doivent pas l'être ^& s'ils ne font* aucun effet «u théâtre , ils charment à la lec< tiice ,.par la feule é%ance du ftyle. ' Prefque toujours les chofes qu'on dit , firap* pent moins que la manière dont on l^-dit ; car les hommes ont tous à -peu -près les ^ mêmes idées de ce qui eft à la portée de tout r le nionde.>L'ezprei&>n , le ilyle&it toute 4a difierence. Des déclarations d'acnour» des ja« loufîes » des ruptures , des raccommodemens , foiiinent le tiflU de ïsl plupart de nos piécçf Y iiij $44 S T Y L E« 4e théâtre , ^ furj^^it d(i cell^ ^e Racinéil ondées fur ces pftîts moyens. Combien peu 4e génies ont -ils fu exprimer ces nuance^ que tous les auteurs ont voulu peindre! Le ftyle rend fingulièrcs les chofes les plus com- munes , fortine les plus faibles , donne de la grandeur aux plus (impies. Sans le flyte , il eft impoffibte ^u'il y ait un feui bon ouviuge en amun genre d'éloquence & de .poèfiei La pfofuiioti des mots eft le grand vice du ftyle de prefque tous nos pbilofophes & anti- phiiof^^hes modernes. Le Syj^ime de la wt^ ture en e^t un grand exemple. Il y a dans ce livre confus quatre fois trop de paroles i & c'eft en partie par cette raifon qu'il eft fi confus. Page 1. L*autcuT de ce livre dit d'abord que ITiom* me eft i'oi\>Tage de la nature , qu'il exifte d^fis la MWas y qu'il ne peut même {brtir de la tiature par la pentée &c. ; que pour un être formé par la nature & circonicrit par elle , il n'exifte rien au delà * du grand • tout dont il &it.pàdrtie » & dotit il éptouve les in- ApeAgos': .^'assifi les êtres qu'on fuppofe au deflus ê» lai nature ou diftingués d'elk-mèmc» feront toûjoiurs des chimères. . . IlaîoutQieârftéte', Il neuùmfirajammspojl fihfe dt 9tûHS en former des idées vériuAla^ J^tis comment peut^on fe former une idée Toit Ëniâei foit véritable d'iuie chimère » d'une .1 j > N Style, 34f Aok quV h'fxifte point ? Ce» patoles oifcu- fes n'ont point de fens , & ne fervent qu'à rarrondiâèment d'une phrafe inutile. ^ Il ajoute enc^r qu'on ne pow^ jamais feform mer des idées véritables du lieu que ceschimirei occupent , ni de leur façon d'agir. Mais com« nient des chimères peuvent •. elles occuper une place dans refpace ? comment peuvent- elles avoir des &u;ons d'agir ? quelle ferait la façon d'agir d'une chimère qui eft lenéant? Dès qu'on a tdit chimère on a tout dit. Om« ne fuper vacuum pleno de peâore manat. Qne thomtne apprenne les hix de la^nature » Pag^ s; qtCilfe fimmette à ces loix auxquelles rien ne peut le fotifiraire i qu'il confente à ignorer les cau^ fits mtokrêes pour lui d'un voik imfenitrable. Cette féconde phrafe n'eft pomt du tout une fuite de la première. Au contraire , elle femble la contredire vidblement; Si l'homme apprend les loix de la natute ^ eBes ne font point pour lui entourées d'un voile impéiié- tcable. Ce font des expreffiôns triviales échap» peesa recnvam. . Qiiil fubiQe fans murmurer 1er arrêtf if une force univerfiUe qui ne peut revenir fur fet pas 9 ou qui ne peut jamais s* écarter des ri* gltsque fon ^ence 2ui prefcriK Qp'eijl* ce qu'une force qui ne revient point fur fes pas ? les pas d'une fiDrcè ! & non con« tent de cette fàuflè image , il vous en propofe une autre fi vous l'aimez mieux i & cette autre / J4^ Style; t eft une règle prefcrite par une eflettce. Plrdl que tout le livre éft malheureufement écrit de ce ftyle obfcur & diifiis. Tout et que feffrit humain a fucajfhemmt inventé pour changer ou perfeSHonner fa fa* fon iPétre 9 n^eft qtCune conféquence nécrf^ faire de VeJJence propre de Nyomme & de celte des êtres qui agijfent/ur lui.. Toutes nos infii^ iutions , nos réflexions , nês connaijfances , n^onP pour objet que de nous procurer un hofnheur vers lequel fU)tre propre nature nous force de tendre fans cejfe. Tout ce que nous fefons ou penfons , tout ce que nous fomtnes ^ que nous ferons , n^eft jamais qtCune fuite de ce que la nature nous a faits. je n'examine point ici îe fond de cette méeaphyfique ; . je ne recherche point conu ment nos inventions pour changer notre &- çon d'être &a font les efiêts nécà&ires d'une eâènce qui ne changefnt point. Je me borne au fty le« Tou:t ce que nous ferons rCefi jamais } quel fblecifme ! Une fuite de te que la nature nous a faits ; quel autre folédfme ! il falait dire , ne fera jamais qtCune ftute des loix de la nature. Mais il l'a déjà dk quatre fois en trois pages. Il eft très difficile de fe faire des idées net^. tes fur Dieu & fur la nature^ mài% il eft cncor.plus difficile de fe faire un bon ftyle. \ s U ? B K s T I T t H. 347 SUPERSTITION. V JE vous ai entendu dire quélquefoiis , Nous ne fommes plus fuperftitieux } la réforme du feiziéme (iécle nous a rendus plus pru-r dens f les proteftans nous ont appris è vivre. £t qu'e(tce donc que le fang d'un St. JcnU ^ier que vous liquenez tous les ans quand vous rapprochez de fa tète ? Ne vaudrait - il pas mieux faire gagner leur vie à dix mille gueux en les occupant à des travaux utiles > que de faire bouillir le fang d'un faint pour les amufer ? Songez plutôt à faire bouillir leur marmite. * Pourquoi béniflez - vous encor dans Romo les chevaux & les mulets à Ste. Marie ma* jeure? Que veulent ces bandes de flagellans en Italie & en ' Efpagne qui vont chantant & fe donnant la difcipfine en préfènce des dames? penfen&.ils qu'on ne va en paradis qu'à coups de fouet ? Ces morceaux de la vraie croix qui fuffi* raient à bâtir un vaifleau de cent pièces ds canon ^ tant de reliques reoohnues pour feuf- (es , tant de faux miracles , font • ils des m6« numcns d'une piété éclairée ? i 348* SUPBRSTITIOir; La France fe vante d'être moins fuperfti.' ticufe qu'on ne Teft devers St. Jacques de G>mpoftelle , & devers Notre* Dame de Le. rette. Cependant , que 4e facrifties où vous trouvez encor des pièces de la robe de la Fierge , 6f% roquîlies de (on lait , de rognu-' res de Tes cheveux ! & n'avez- vous pas en- cor dans ré^ife du Puy. en Vêlai le prépuce de fon fils confervé peédâifement ? Vous oonnaîâlès tom râbomiiiaUe ftrce ^ui fe joue depuis ks premiers, jours du quatorzième fiéde dans la chapelle de St. Louis • au palais de Paris » la nuit de diaque jeudi faint au vehdredL Leé pofledés du royaume fe donnent rendez- vous dara cette églife s les convulfions de St. Médard n'ap^ prochent pas des horribles fi mag r e e s , des hurlemens épouvsncables • des eoucs de force que font ces malheureux. On kur donné i baifer un morceau de la vraie croix eo- chââSs dans trots pkds d^or^ & àmi de pler« rtriès. Alors les cris & les contorûons re- doublent; On appaile le diable en donnant quelques fous, aux énergumènes. ifais pour les mieux contenir , on a dans VêgWh cin^ quante archers do guet » la bayorniette au bout du fufit La même etiéorafale oomédie & joue à St. Maur. . Je vous citerais vingt exemples fom** blables -, rougifiz^ & corrigez^ vous. I < ê s VF E K s T I T I OK. '349 Il eft des fages qui prétendent qu'on doit kdfler aux peuples kurs fuperftitions comme on leur laifle leurs guinguettes » && Ope de tout tems il a aimé leg prodi- ges , les difeurs de bonne avantore , les pé. lérinages & les charlatans > que dans l'anti- Îiuité la plus reculée on célébrait Baccbus auvé des eaux , portant des cornes , fefant jaillir d'un coup de fa baguette une fourcc de vin d'un rocher , pa^nt la mer Rouge à pied fec avec tout fon peuple , arrêtant le foleil & la lune , &c. Qu*à Lacédémone on conferv^ît les deux œufs dont accoucha Leda , pendans à la voûte d'un temple j que dans quelques yilles de la Grèce les prêtres montraient le couteau avec lequel on avait immolé Ifhigénie , &c. Il eft d'autres fages qtii dlfent , aucune de ces fuperftitions n'a produit du bien 5 plu- îîeur^ ont fait de grands maux. Il &ut donc les abolir. Section SECONDE. Je vous prie , mon cher ledeur , de jettci; tin coup d'œil fur le miracle qui vient de «'opérer en Baffe « Bretagne dans Pannée 1771 de notre ère vulgaire. Rien n'eft plus auten* tique ; cet imprimé eft tevètu d^ toutes les htisit^ légales. Lifez. 3T0 SUPERSTITI O >; RECIT furf venant fur F apparition vîfihk ^ miraculeufe de N. S. J. C. au St. Sacre^ ment de t autel , qui s'ejl faite , par la toute* fwffance /i^ Dieu , dans Pégliji paroijjîale , de Paimpole , près Trèguyer en Baffe - Bre^ tagne j le jour des Rois. Le 6 Janvier 1771 , jour des Rois, pen- dant qu'on chantait le falut , on vit des rayons de lamière (brtir du faint facrement, & l'on apperçut à Pinftant N. S. Jésus en fi. gure naturelle , qui parut plus brillant que le loleil , & qui fut vu une demi-heure entière , pendant laquelle parut un arc-en- ciel furie faite de l'églife. Les pieds de Jésus reftèrent imprimés fur le tabernacle , où ils fe voyent encore , & il s'y opère tous les jours p^ii- iieurs miracles. A quatre heures du foir JB- sus ayant difparu de deflus le tabernacle, le curé de ladite paroiflè s'approcha de l'au- tel , & y trouva une lettre que Jésus y avait laiflee : il voulut ta prendre , mais il lui fut impoilible de la pouvoir lever. Ce curé , ainfî que le vicaire , en furent avertir Mgr. l'évè. que de Trèguyer , qui ordonna dans toutes les églifes de la ville les prières des quarante heures pendant huit jours , durant lequel tems le peuple allait en foule voir cette fainte lettre^ Au bout de la huitaine , Atgr. l'évèque y vint en proceffion , accompagné de tout le clergé fêcuUer & régulier de la ville ^ après ttojs Svpirstition; s^i jours de jeûne au paki & à l'eau. La procef- Gon étant entrée^ dans Téglife , Mgr. Tévèque fe mit à genoux fur les degrés de Tautel ; & après ^oir demandé à Dieu la grâce de pour- voir lever cette lettre , il monta à Tautel , & la prit fans difficulté : s'étant enfuite tourné vers le peuple , il en fit la leâure à haute voix, & recommanda à tous ceux qui favaient lire de lire cette lettre tous les premiers ven- dredis de* chaque mois i & à ceux qui ne fa* valent pas lire , de dire cinq pater & cinq av$ en rhonneut des cinq plaies de Jesus-Christ» afin d'obtenir les grâces promifes à ceux qui la liront dévotement , & la confervati rien n'en peut difpenfer ^ 1/ 9^4 SUPERSTITIOîT. ,, il faut choifir un parti , ou celui d'aller à la ^ gloire 5 ou marcher au fupplice. Le nombre ,, d'années que les hommes paflènt fur la ter- ,, re dans toqtes fortes de ptaifirs fenfuels & ^ de débauches exceilives , d'ururpations , àe ,, luxe, d'homicides , de larcins , de médifan- yy ces & d'impuretés , blafphémant & jurant ^ mon faint nom en vain , & mille autres cri. yy mes , ne permettant pas de fouffirir plus ,, longtems que des créatures , créées à mon 3, image & reâemblance, rachetées par le prix yy de mon fang fur l'arbre de la croix , où j'ai yy enduré mort & paflion • m'offenfent conti^ ^ nuellement , en tranfgreflant mes comman- 3, démens & abandonnant ma loi divine ; )e yy VOUS avertis que fi vous continuez à vivre ,, dans le péché , & que je ne voye en vous ni j, remords; ni contrition , ni une fincère & ^ véritable confeflîon & fatisfeékion , je vous ,3 ferai fentir la pefanteur de mon bras divin. yy Si ce n'était les prières de ma chère mère, ^ j'aurais déjà détruit la terre, pour les pé- ^ chés que vous commettez les uns contre jy les autres. Je vous ai donné fix jours pour ^ travailler , & le feptiéme pour vous repo« yy fer , pour fànâi&er mon faint nom , pour ^ entendre la fainte mefle , & employer le ,, refte du jour au fervice de Dieu mon père. ,3 Au contraire, on ne voit que blafphèmes & 55 yvrogneries i & le monde eft tellement yy débordé » qu'on n'y vo^t que vanité & yy men* 9i S.wi BitST I Ti o y. 3ÎI J^ meufonges. Les chrétietis , au-lieu d'a^oii;^ ^ jcompallipn des pauvres qu'ils voyent à leiir^^ ^ portes v& qui font rn^çs mfmjbres /^pour p^r^^ ,1 veiûr aîi loyaumç céleite > ils aiment miôus;^ ^ mignarder des chiens & autres aninipiuiç , £ç ,) lailfer mourir de faim & de (bif ces, o\^%$ ^^ ^ en s^bandonnant en^^Ci^ment; i^ MMn^^ ^ pair leur avarice » gourm^dife ^^a^t^^e^' ^ v;c9s^ r; l'au - lieu d'adSîfter ]esr pauvre^.^ jl]( ^ aiment mie;ux facrifier tput à leurs pl^^9 ^ & jdéb^uches* C'eft ai,B qu'ils me d^lar^^^ ta giierre. f.t vom , pères & mères plstfi^, _ d'iniquités , vous ibulfrj^s; yç^ enHins jurer ^ &,l:)la(phémer mon. faint nom t^au- lieu df ^ leur donner une bonne 4f}pcationj vou$ ^ leur amaflbs , par aya^içe t des biens. qui ^ font dédiés à ^a/o». Jp ycHi^ dis par la bou^ ^ che de Dieu mon père, ^tm^ chèri? mère, M de tous les ' chérubins !& féraphins, & pai; n Sf. Pierre le chef de mon égUfe y que fi vp;u9 ^ ne yousamandez , je; vops.eiiverrai d^ ma* j^ l^es extraordinaires gui périra tout) vouf, „ feâenti^ez la jufte colère de DiEun^pn p&* 9» ï^ i VQUS ferez j;éduit^ à JMI tel état^* qù^ ^ vous n'aurez connail^cu^a d^s uns des au<». 9, très. Ouvrez les yeju^ & contempler msi^ y croix , que je vp)4fi; ^i. laiâee pour arme ^ contre rennemi du g/çn^Crhumain , & pouif ^ vpus fervir de guide à Ifi. gloire éternelle ; ^ regarde:^ mon che£cburpnné d'épines, me« ^ pieds & mes maîps pf rçp ^ de cloi^ f )'^ 3^f 4 SuTEHSTittoir. ^ réfmndu jufqu'à la dernière goutte de tnea ,^ fang pour votre rédemption , par un pur y^ amour de père pour des enfans ingrats. ^ Faites des œuvres qui puiâênt vou$ attirer ^ ma miféricorde i ne jurez pas mon faint ^* nom i priez - mol dévotement ; jeûnez ^ fou vent , & particulièrement faites T^u- ^ mône aux pauvres , qui font mes mem« ^ bres ; car c^eft de toutes les bonnes œu« ,, vres celle quim'eft la plus agréable: ne ^ méprifez ni la veuve ni l'orphelin ; refti- ,) tutz ce qui ne voiis appartient pas ; fiiyez ^ toutes les occafions de pécher i gardez foi- ^ gneuCement mes commandemens i hono* ^ rez Mitrie , ma très chère mère. )^ Ceux ou celtes qui ne profiteront pas ^ des avertiflêmens que je leur donne , qui ,, ne croiront pas mesr paroles , attireront 3^ par leur obftination mon bras vengeur ^ fur leurs tètes ; ils feront accablés de mal- ^ heurs , qui feront les avant - coureurs de ^ leur fin dernière .& thalheureufe , après ^- laquelle ils feront précipités dans les flani» 5, mes éternelles , 'où ils Hfbufftîront dés pei- ^ nés fans fin ; ^tii Ibnt le' juft& châtiment ji f éfervé à leuts crimel ' ^ Au contraire ,' ceux ou celles qui feront ^ un faint ufagé dés* avertiflêmens de Dïeu, ^ qui leur (ont dohnés par cette lettre , appai« ^ feront fa colère, & obtiendront de lui» ^ après une confeifîon fîncère de leurs £io« SUPERSTITION. 3Çf 1^ tes , k rémiflîon de leurs péchés , tant ^ grands foicnt-îls. ** Il faut garder foigneufemmt atte lettn , m f honneur de notre Seigneur Jésus - Christ. Avec permiflîon. A Bourgfis le 30 Juillet 1771. DE BtiAUVOii. » Lieuu Gén. de police. / s U P PL I CES. 1 t Oui , répétcms, un pendu n'cft bon à rien. Probabl^nent quelque bourreau auifi diarlatan que cruel , aura fait accroire aux im^ bécilles de fon quartier que la graifle de pendu guériflàit de. Pépilepfîe. Le cardinal de Èichelieu en allant à Lyon {è donner le plaifir de faire exécuter Cinq- Mars & De T^u , apprit que le bourreau frétait caflfê la jambe \ quel malheur , dit * it jiu chancelier Seguier » nous n^ avons point d^ iourreaùf J'avoue que cela était bien trifie; C^était un fleuron qui manquait à fa cou* ronne. Mais enfin on trouva un vieux bon homme t]ui abattit la tète de Pinnocent ft fage De Tbou en dou2e coups dé fabre. Dd quelle néceflîté était cette mort ? quel bien pouvait faire l'aifaflînat juridique du] mar^ chai de Marillacf Z ij 3Ç« SUPFLICBSi Je dirai plus; fi le duc Mnsdmilien di Sully n*avait pas force le bon Hemi IV k faire exécuter le maréchal de Biron couvert dç bleflures reçues. à fon fervice , peut- ètxe Henri n'aurait il pas été aflafHné lui même; peut-être cet aâe de clémence fi bien place après la condamnation , aurait adouci Pef- prit de la ligue qui était cncor très violents peut-être n'aurait- on pas crié fans ceflè aux oreilles . du peuple , le roi protège toujours les hérétiques , le roi maltraite les bons csu tholiques ;4e rçi ^ft un avarç , le rod eil un vieux débauché qui à Tâge de cinquante - fept ans eft amoureuse de la jeune princèfie de Çondi , ce qui réduit fon mari à s'enfuit du royaume avec fa femme. Toutes ces flam?, mes du mécontentement univerfel n'auraient pas mis le feu à la cervelle du &iiatique feuillant Rav^Hlad . ■ ^ Quaçt à ce q.u'on appelle communément As jufiice , c'cft-à-dirç , Tufage de tuer un homme parce qu'il aura volé im écu.à (on maître « ou de le brûler comme jSïwo» Marin y pour ^avoirdit qu'il a eu dei converfations avec le, St. Elprit*, 5c comme on a brûlé un vieux £)u de jéfuite nommé Malagrida pour avoir 4Pîprimé;l€^ entretiens; que la fainte Vierge Marie avait avec fa mère St^^ Anne quand elle était da^s fon ventre ,&&( cet ùfage^ ïi ea faut convenir , n'eft ni humain i^iraie s u p F L I ç i s: 3f7 fbnnable , & ne peut jamais être de la moin* dre utilité. Nous avons déjà demandé à Tarticle Quef^ tion quel avantage pouvait réfulter pour Té^ tat de la mort d'un pauvre homme connu fous le nom du fou de Verberie^ qui, dans * un fouper chez des moines , avait proféré des paroles infenfées , & qui fut pendu au-licu d'être purgé & faigné. "Nous avons demandé encore s'il était bien nêcedàire qu'un autre fou qui était dans les gardes du - corps , & qui fe fit quelques tail- lades, légères avec un couteau à l'exemple des charlatans , pour obtenir quelque récom- penfe , fût pendu auilî par arrêt du parle« ment ? était-ce là un grand crime ? y avait- il un grand danger pour la fociété de laifler vivre cet homme ? . En quoi était - il néceflàite qu'on coupât la main & la langue au chevalier de la Barre? qu'on rappliquât â la tqrture ordinaire & extraordinaire , & qu'on U brûlât tout vif? telle fut fa fcntence , prononcée par les Solons fy les Lycurgues d'Abbe ville. De quoi s'agit feit-il ? avait-il aflaffiné fon père & fa mère t craignait-on qu'il ne mit le feu à la ville? on l'accufaic de quelques irrévérences fi f&- crètes , que la fentence même ne les articula pas. Il avait » difait • on , chanté une vieille Z uj »rs s tr » f t 1 « fe si chanfotl ^ne perfonne ne connaît ; il âvaît Vu paâèr de loin une prdcefHon de capucini fans la faluer* Il &ut que ches certains peuplés le plai(if de tuet fon prochain en cérémonie , comme dit Boiltau , & de lui faire fouf&ir des tour* mens épouvantables , foit un amulèment bien agréable. Ces peujples habitent le quarante- neuvième degré de latitude ; c'eft précifément la pofition des Iroquois. faut efpérer qu'oa les civilifera un jour. Il 7 a toujours dans cette nation de bar* bares , deux ou trois mille perfonnes très aimables , d'un goût délicat , & de très bonne compagnie ^ qui à la fin ppliront les tutrest Je demanderais volontiers à ceusc, qui ai« ment tant à élever des gibets , des échaâàuts f des bûchers , &-à faire tirer des arquebufa- des dans la cervelle ^ s^ils font toujours en tems de femine , & s'ils tuent ainfi leurs femblables de peur d'avoir trop de monde à nourrir ? Je fus effîayé un jour en voyant la Kftc des déferteurs depuis huit années feulement! «in en comptait foixante mille.^ C'était foi- Xante mille compatriotes auxquels il ^Isûc oftâèr la tète au fon du tambour > & avec s u p ? X 1 c B f ; ^ 3^5 lefquels oh aurait conquis une province , s^ils avaient été bien nourris & bien conduits. Je demanderais encore à quelques-uns dt ces Dracons fubalternes , fî dans leur pays il n'y a pas de grandes routes , & des che- mins de traverfe à conftruire , des terrains incultes à défricher , & fî les pendus & les arqudbufés peuvent leur rendre ce fervice^ Je ne leur parlerais pas d'humanité , nriai$ d'utilité : malheureufement ils n'entendent quelquefois ni l'un ni l'autre. Et quand Mn Beccat'ia (ut applaudi 4e l'Europe pour avoir démontré que les peines doivent être prck portionnées aux délits , H le trouva bien vite chez les Iroquois un avocat gagé par uit prêtre , qm toutint que torturer , pendre ^ rouer , brûler dans tous les cas , eft toilU îours le meilleur. Sbction sboonde. C'eft en Angleterre , furtout , plus qu'eq aucun pays , ^ue s'^ft Çgnalée la tranquille fureur d'égorger les hommes avec le glaive pr&endu de la loi. Sans parler de ce nombre prodigieux de feigneurs du fang royal , de pairs du ^royaume , d'illuftres citoyens péris îur un échafi&ut en place publique , il fu£. firait- de réfléchir fur le fupplice de la reine?* Jbim Boulm 9 de. la reine Catherine Howard » mj ^ \ / •J$à^ à 9 7 F X I C £ ^. de la rciilc Jeanne Grai , de la reine Hi&ii Stuart^àaxoi Charles /,pour juftificr celui qui a dit que c'était au bourréaa d'écrirai l^iftëire d'Angleterre. Après efctte ifle y oii prétend que la Franc» eft le pays où les fupplices ont été les plus communs. Je ne dirai rien de celui de la teine Brunehaut , car je n'en croi» rien. . J» {3a£ê à travers mille échaffkuts , & je m'ar- rête à celui du comte MontécucuU qui fut écartelé en ptéfence de François I & de toute là )Cour i parce que le dauphin Frimçqis était mort d'une pleuréfie. '.- Cet événement eft de J^3ô, Hiatles-Omi viâorieux de tous les côtés en Europe & en Afrique ^ ravageait à la (bis la Provence & la Picardie. Pendant cette campaghe qui com- mençait pour hii avec avantage , le jeun? dauphin âgé de dix- huit ans , s'échauffe à jouer à la paume danr la petite ville de Tournon. Tout en fueur il boit de l'eau glacée ; il meurt dé la pfeuréiie le cinquième jour. .Toute la cour, toute la Fralice crie que l'empereur Charks-Quitit a fait èrtçoifoiw» ner le daupMn de France. Cette acàsËrtiofl iîUflî horrible qii'atbfurde j eft répétée jufqu'à taos jours. Malherbe dit dans une detfeà odes i tiançoi^ quand li CaUtllé inégale à fifs ztûm^ . ; ' Lut vola fo9 dauphin \ tvfttttth iii ftembhit d'un fi grand coup devoir )ecter àei Urmei Qui nVuffent jainais fia, . Il n'eft pas qneftion d'aaminer fi l^eftipe* reur était inégal aUx artiies de François t parce qu'il fortit de* Provence après Vivait épuifée 5 ou fi c'eft voler un dauphin qu« de l'empoifbnner , ou fi on jette des larmes d'un coup , lefquelles n'ont point fin. Ces mauvais vers font voir feulement que Tem» poifonnement de François dauphin par Char^ les- Quint » pafla toujours en France pour uns vérité inconteftable. Daniel ne difculpe point Tempereur. H& nault dit dans fon abrégé , François fils aine dw roi efi empoifonné , non fans foupçon de -poi/on. Ainfi tous les éctivains fe copient les uns les autres. Enfin , l'auteur de Thiftoire ds François / « ofe , comme moi , difcuter le fait* Il eft vrai que le comte Moniécuculi qui était au fervice du dauphin , fut condamné par des commifiaires à être écartelé , comme coupable d'avoir empoifonné ce prince. Les hiftoriens difent que ce Monticucutl était fon échanfon. Les dauphins n'en ont; point. Mais je veux qu'ils en enflent alors i comnient ce gentilhomme eût* il mêlé fur le champ du poifon dans un verre d'eau fraî- che 'i àvait-il toujours du poifon tout prêt /" %Si S xr > » 1 1 e I S; dans fa poche pour le moment où foh mal^ tre demanderait à boire ? il n'était pas feul avec te dauphin qu'on eflus^t au fortir'dtt jeu de paume. Les chirurgiens qui ouvrii- rent fon corps dirent (à ce qu'on prétend) que le prince avait pris de Tarfenic. Le prince en Tavalant aurait fenti dans le goGer des doi^leurs infupportables 9 Peau au^ raie été colorée ; on ne l'aurait pas traite d'^ne pleuréde. Les chirurgiens étaient des ignorans qui difaient ce qu'on vouhdt qu'ils diiTent : cela n'eft que trop commun. Quel intérêt aurait eu cet officier à feire mourir fon maître ? de qui pouvait - il efpérec jjus de fortune ?.. Mais , dit -on, il avait auifî l'intention d'empoifonner le roi. Nouvelle TA BLE DE S ARTIC LES contenus dans cette huitième partie. - >\ • \ Loix; Esprit des loix. Pag. i. Lux E. . . . • 2Z. M Al T R B. • .... A4. Mal ad i e. Mi d e c i n e. . a^. Mariage. Seéhon première. ^ 3 1. Seâion féconde. • . . •33* Section troiQéme. . . . • 37, Martyrs. . . • . 42. x^. Ste. Siteiphorofe & feptenfans. 44. 2^. Ste. Félicité & encan feft enfans. 4*. '3^. St.Polycarpe. ^ > . • 47. 4^. De St. Ptoloméa. . . • iWd. ç^. De St. Simphbrien d'Auiun. . 49» é^ D^/w tf«/re Ste. Félicité ^ Ste. 'jPorpétus. ^ • t • fï- è » ^ 3^8 T A B t 4 7*. De Ste. Théodote Jf la ville ^A^ cire , ^ ^e/ /ff / vierges , ^w/ ^«f Nihis témo^ oculaire , /ir^ 4r Bol- landus. ^ . » • - Pag. 52, 8?. Da martyre Je St Romain.. , cg^ Seâton féconde. Egarait d'une lettre ^ tpi dçSleur afologifie ^^ DpnRui- naît» » * » » • « fiio» Massacres. Article ie Mr.Tttnchzxà. 66. Matière. Dialogue poli entre un iner- gunfine ^ un philofophe. , . ♦ - 7^.' Messie. Avtrtijfemént. '. / ^79* MAt APH Y s 1 4U E,. . • 94- Ml racles/^ » / • 9^, Seâion fécondé. . . ,1 101/ Seâion troifiénie. De ceux qui ont ^u " la témérité impie' de nier abfolumenf h 'réalité des miricUs de Jfesl^Sw Christ. . , - . • 104; Miracles modmineSm Seélioa . quatrième. > . . • • ,. » , 4l8« Monoe. D^ meilleur des mondes pqfflbles. i^a. Morale^» « • . 13^ « DES AUTlGh E $; ^$$ •-IJe I? yie dç Moyjc. Uvre apoayphâ î; i V î de la^-plus haute antiquitii j- Pag* t^fl _^ Rragmjmt dç la vie de Moyfft j s. / ii^J. Na:tur.b. Dialogue enM U'fhihfûphé'^ ^^ '^ :^r^^ la nature. • .• . 1^9; dRAttON , ÎUlfeRB PUBtltlÛB ,' ActldK ' •' 1>B GRACES ; &C. • • • \ . ' lAtf; O R D I N À t ION. . ' V . ' IÇZ* OlflGINBX, PÉCHÉ dkïCiNEL. I54, ^'^ Êxplimtim du péthé criginet^ . 'içpi » t j t .****/, R T O G R A P H E. . . . X6ï^ FÀ R L E MENT. ïiepuis] PlpfiçpC Ic •' bel , j^/^zi'i Charles VÎT. . ' ikj; Parlement. -ZV/^^tf de fes' droits» icé] ^/S^tletnent. Droit d'enrégifiref'. . i<Î7i . ^imoHtrmcès des pdrkmem. '^ . - lyoû .cÇSwx Louis XV. . . /?:;o:-"^ )lt4* Patrie. • . v v* ^ . ' igdî Sedicat ftcQnde.i <• /i . . It2# Pau l. Quejtions fiir Pa^L .^ v ♦ » i84# PèrbsV M^àEs.,: EneaijIs lihmJévoirs. ilS# P;4.x R o n E . ( de ). ^ .;- l 19^ Bnitiéme pmii^^ A a \ \ 87P Table PHfiOBOïHlg. . ; Pàg,l|7. Bx.AOlAt. . , ; ,jy BPLTPBS. .... n^ ÇOtsth., .. , , , 3,j^ P^^jÊTRBSDBS fAYBHï. , .. OJJ, pRiyït,fcaB^ , Cas FRiviUoi^s. ,. 22^ Prophètes. . . ; «a» PRpPHÉTiEs. Seâion première 1517, rnoPRiÉTi. . . . 34^. PitOVIDBNCB. . , . ,ç,, PUISS4KCÉ«T0ÛTB- PUISSANCE. 1 2^4, P,0.,1SSAMCH , Ijiç* DRVX PÙlSSANCBS, . a^i. ÇL0B8TION,TORTVRB. ,2^ RAîVAILLAC. . V . . 27a R B 1 1 e.i o N..,8e(£tto»i ptemià». , a?*: ..^.^edioa féconde. ..... i , ayj, &1^8 V R.RBCTIOjr. .t Scûion 4»remière. i3e Zt réfiai'eSHm .Vil des anciens, .[■y.- '..■', .■..■-,'•.■.. 1 -ajOL > • » * « ( DESAETIGLBI. 37Î R o M B. CQtar ai Bxme. • • • 30QU SaLIQlUB,L0I SALiatJB. • jOg. Iks lobe fondamentales. • • 310. Comment la, loi falique $*efi itaUh/ 31 a» Examen fi bs filles dans tous les cas font privées de toute hérédité par cette hi falique. • • • • 3l8* S A L o M O K. • \ . iZU sommakbulbs bt sokgbs. 333* Sophiste 337« S T T L ^. . • • . 339* Superstition. • • • 347* Sedion féconde. • • • 349* Supplices» • « • 3ff* Seâion féconde. • # • 9^9. ««■■ ■• " ;• i -f I M < < ••, >t^■ •» V ,'•■•'.'►. -.r.V ' • .- .. .t ^ * t. » . . 1 r • - .'o-S .!££ /'Ç ••JE •ÇfÇ .?:'6 .'.'.>.. • t t . :\ ^ i-. O J A ? I /<: a ;) .1 o 6 T J 2 i: J j ;i :-: a y. ir. l :^ / » z' , ,ç, ««», ..^yÇj^. J, 84?579 QiourJ k