2 — «<> — P * 4 — * — * 2. % - . : 8 N 8 . _ & — * * , . - * * = ==>. - G = 2 0 1 1 0 4» 8 _ - 4 * = © - q 1 = . = $ = * 9 XI - - * 9 - — * & . L >, $* . AS , g . f ", — 3 2 8 y % - "_ 1 * , e ” i - 2 — . 7 95 „ * 5 — F - Ss. 0 % 7 - = L : has. 0 6 % b x . 1 . K | 1 . : % \ S8 8 .” By | TI # ; * 8 ' £ : N | fat "i s * af 2 An 3 2 " g : 7 8 8 : | ; _ _ / 1 — 0 . * - = : 2 "WY ; - K * = 82 ” * po * Fi - wo * FR, = * 2 22 9 7 „ - - & , . - — F 8 B '. $64 > Ea », hd $ a * 7 | * 4 1 = 1 N 1 * + . — 9.4 „0 % by of 5 9 „55 5 * = by * 7 4 * ” | | F-- 1 N Ne 5 . . k ' P * * : v 5 * . . « ; = , x 12 . 11 ; . . . * * . * | , * . . \ 4 : | 74 o 8 8 — k : - — gm. ————_ = | , ; - YL > - 2 5 % - 2 . IJ — * — — — — -Y C : * * ” I— . . o % * - * - * — . * - ” T \ * o * OI 4 * _ * OC — = — — 2 - - . . *% CY * I 4 1 9 n - 4 i wot » 4. * 9 = * » * * VP * 1 FRONTISPICE . - — * 4 - £0 Foy * n oo NET GOE NOCTURNE | 1 75 5 | Fiat a Duc Oe RICHELIET, Octente a ta Barblle pour la Pr WO. ALES TO EG y 7 1 * ; ] * = h 1 4 I "= . by «i F £3 4 x \ f 40 | ; gun nemme e Jos Oans wn . nchot 2 Oct Prencarres % Sung 7 | | r Nute. "FSH: lait Tome UM. Page 171 10 7 ö Duc DE RICHELIED,, PAIR DE FRANCE,PR rnERGEeNTILOnE: Pept fervir. 4 Piftoire: ges- Cours dz Lois I, de Ja. Rege ne dic. Duc AL O, de Louis XP, & > cells. des S © premieres : unde du * Regne - | de Louis. XY. 8 Rot Bas E Rerrivnaank DE 14 LinznrI- oſt dans bs Bibliotlegue ,) de Richelieu, & & apies \ wo ivchs r Selgneure, Mini ſtres & Milttaires, fs Conter porains . a” 4 LONDRES;. ak be A MARSEILLE, aA £6 ches We ere, „ . * 1790. „ 4Y . C. rreſpondances - &: Mymoizes; thalt#/crits 4: 5 = v Fa, CHANMBRE v 01 7. EROS Z SRI ARES] 2 des Portraits , - d s Plans e 3 : raue Tons 5 2070, 4 , 12218 V ” Ee Es Libraire, Gerard ebe, = 1 1 : 8 * 5 2 . — «a. = 4.7 F-. * - $4 . —- I * - gi - of ' p » 4. 9 * — * — 4 1 * . . 82 4 Fd 70 * . * — 8. -. < 2 © 4 - * = . * — * o # 0 * » * * . 4 . * * 5 = #* * 1 1 47 - 3 * — * 0 * | a - 4 $4 . * = . 4 I" — 1 * * * ” . 4 * * > — P REMARQUES PRELIMINAIRES SUR CE VOLUME, ADRESSEE Ss 1 2 L'ANCIENNE MAGISTRATURE, * | | \ \ * 99 1 } | 4.7 f 4 * . e "= HomoORABLES MAGISTRATE, qui vez aids LE PEUPLE FR ANG OIS + ſecouer ſes chatnes , A vous 25 p adreſſi 2 ome III. .q — — * — 22 —— — . ” ce e Tome troifieme „ gui renfurme. 4 . ſtir de vos combats & de vos efforts contre le Mi- niſtere, & lie tableau de votre long afſujetiſſe- : ment, — Honorables Citoyens, de * 5 ultan audacieuæ, qui venoit „ un fouet d la main, dans le Sanfuaire de: la Juſice, vous defendre de lui faire des remontrances. Voyer ce Prince, que vous declare Regent du Royaume en 1715, & qui vous exile 4 Pontoiſe & 2 Blois en 1722. Voyer ſon Miniftre,qui, pour obtenir le pourpre - Romaine , preſente 2 votre choix, ou une Bulle pour enregiſtrer » on des Billets de Bangue- pour rembourſer & ancantir vos _ Sauen cou gue Chai, Son. Meeupeu , Terry, Gg. f. dents gemi nau £4114 ſortis de vatre ſein, & denanus Miniſires, vous condamnoiens 4 Paxil „Ala pore de vos Charges, liyroient vos perſonnes d des Satellites, vous re- leguoient dans des Iſles , vous jettoient dans des cachots. Honorables Magiſtrats! vous eres Francois, & vous regretteriez cette condition & ces ages, ou Dus | bois, Law d. Argenſon, d Aiguillon , Calonne , Meaupou, Terray, Lamoignon , Lomenie de | Bienne, trouvoient en vous des vidlimes , ou des inſtrumens de leurs caprices ou de khr ambition. Les Merontens du peuple Juif, ddlivrd du deſpotiſme des Pharaons , ſoupiraient encore apres les oignons de PEgypte. ... Oubliex,; : Honorables Citoyen, notre ancienne os ſrt; prenet votre rang au milieu Jun Peuple libre; qui erte la Loi, qui la prononce ; & qui en la didant d a Rois, en n.. 1 Po * * © * tentats de JL ublieq vos vaines re- | montrances Pfaraons. i regrettet plus le rene des * * — — — — - — 5 rer rere eee — * — — 1 — — . I a r Fad 1 CHAPITRE PREMIER: 5 27. Edfys ob aud 1 * 5 5 ha . 0 % 1 itn de. 1 . France gh Ll fe Ae iu noc Auna. — — buffer beaucoup du deſpotiſme du feu Roi; quoique la. circonſ- tance d une minorice füt une occaſion _ favorable de ſecouer. ſes, chaines,, fur-tour ſous yn. Regent ſi occups de fes plaiſirs, la liruation — & 125 motale de la France, voppoſolt 2.1 dars e Your! dens le Gouyernement, % F012d {,-PaSvuon Les peuples | pulillanimes. &. bemblans, ae — le fatucuſe, proyince de Lan- guedoc-adminiſr&e. pardes Barons 4s das Prelats, Cle voi des ſtatues & Louis XIV, \ &, les autres except“ la Bretagne, cternellement a re 's * dong de nos ois c ent mY at $a n H buzi lik UP era g- - hubs bebe e nie hell querellas de yanite contre des Pai: 2 m1 6 ale . Pile fe db Hei vive — | Toms In? alt lnoe el . in Ave; 2 — AH 5 des airs d*criquerte, pour des genealogies, & pout un ſalut; le Parlement ſeviſſoit contre dle Gab ls Clergs moliniſte vout6ft Ecraſer le. Clerge junſwiſt & Tarraquoit par de ſourdes mendes; le clerge janſeniſte &toit encore protege” par les perſonnages qui woient la con- | Hance intime du Regent; la Cour du Regent gtgit | battue, Pourſuivie par les reſtes de Tanci Cour , & ces teſtes. domines & conduits par lb _ Princes legiti mes, cabaloient avec Ergee contre r&gence du Duc d Orleans. , Du ſein de ces diviſions qui 8 le deb potiſme, & après la retraite de d Agbeſſeau cdi Noailles & de Rouillé, il sclevvit un Miniſtere nouveau, celui de Dubois, de Law & de dA genſon; malt celle ciidrineemice pouvoienf-ils operer en France; le premier btüloit de devrnir | cardinal & davoir en beniſices, le traitement ac - corde 4 la pourpre 3 e Vnement apprir auth.qu's aimoir Vargent-: le ſecond voulvjr etre b prometroic de verſer dans le treſot du Not tout le numcraite du royaume, de changer pour du papier avec lequel il pretendoit meme payer les Aettes de l Etat; le troiſieme vouloit de Pargent ; des r & un établiſſement lide pour ſa maiſon, - Ain6la Cowvergemtent n rait Teal i dang le „projets du nogyeau; Miniſtere. 1 mais hans ce coupable Triumyicat qui fe, ligus par une ſotte de traité. Dubois offrit à Paſſosiatian de lui livrer le Regent, dont il diſpoſoit enticremeiſt par Tempire qu il avoir. fu prendte ſon, ſur efpgje des fa tendre enfance; Lay annonęa une pre- chaine converſion de Patgent du Royaume cn H- pier, & d Atgenſon promit de gouveener P Rt & d'humilier les Parlemens, dont on craignoit Ia reliſtance : enfin la fants plus que chancelanze du jeune Louis XV, annongant une mort ptochaint; on promit au Regent de Pelever ſur le tthae du jeune Monarque, & d loignet la Reine d Eſpagne, qui, deteſtes) au- delà des - Pyrenees, S devote ambition, defiroit ee de ee Ia Franck“ F Maamk ett e Pe Divers ohſtacles 8 voppbſer bd ges ambicions. 5, il fallgic. S aſſurer de la :cqurpap- turne du Regent, complice de ſes plaiſits, Law promit defournir de Tangent aux cout, & Dubois, regu dans les orgies; ayant Fart de les rendtei phys piquantes & plus varices, plus agreables au R gur ſe diſoit, capable d eloigner le Prince e | --» Nous) ayons, dit que cer, Abbe alpiroit au xap- dinalat : 'Empereur loi arch promis cw, li- gnittz, Vil, pouvoit detouther, de la maiſon, & - triche. Vorage qui la menaggit o om occupens NR. ne. deut af nen. — Tan : Bnet 4 re « n E — E . ˙ ney 7" 5 ET - _= KT” 4} r — — 1 1 *Y efforts en Italie pour depouiller PEmpereur. Mais | comment obtenit da Pape ( qui tefuſoit meme les bulles des Eveques Francois , nommès par le Ré- gene); une dignité ſi Eminente en faveur d'un perſonnage digne du mepris de toute Europe? Dubois qui en ſentoit toute la difficult, tẽſolut de prevenir les obſtacles, en n&gaciant avec Ce- ment XI, & avec les Jeſuites, pour faire caſſer le teſtatent de Loujs XIV : il avoit engage le Rigerſt As attacher au Parlement, & au parriJanſe niſte, A appeller leurs chefs au conſeil de conſcience, & à . exiletles principaux de la faction de Molina: & afin de ſe rendre favorable la Cour de Rome, quand on intereſſeroit à lui pour le chapeau, il-promir de perſecuter fi bien les Janſeniſtes, qu il teur feroit accepter la Bulle ſole mnellement: 7 vengagea mime A conduire les Porlemens à Fentegiftcement” de cette Bulle, 2 2 8 my 7 941 1999 1 5 7 Om avoit * Saen dte tele pat une autre ſorte :Oobſtacts ta converſion de hargent du royaume en Papfetʒ on toit perſuade que les Parlemens v oppoſe- - r6jeritav progres de la ealamite publique; qui deveit - reſatrer de certe rẽvolutioir: d Argenſot ſe chargea —Fanéantir la refiffince &!Vorgueit'de la Magiſtra- -'yhes „de hexiler , de la difperſer meine, gil etdit Aceh; & Lax parla d en rembourſer les Offices e fon Pepier. Le "Triumwviratin"voir 2-craid= | 8 os + projets du nouveau Miniſtere. 85 1 dre qu'un ſeul perſonnage dont je vais parks L'abſence de Dubois, pendant ſes negociations 2 Londres, avoir laiſſe approcher, de la ers du Regent , le fameux Leblanc, _ qui. tendoir” g ce Prince es ſectets & inconnus, me | 3 la ſociers nocturne. Cette precogative , dont Leblanc sctoit emparé, (toit un largin, fat 2 Abbe Dubois „chargé des memes ſoins det 8 Teuſance du Duc. Ne pouvant floigner Leblanc, il fut reſolu avec d Argenſqn , den faire un Miniſtre & de Pappeller tous les comp plots, On avoit 3 craindre ericore les canleilt de Regence & celui des affaires rangers N de petſonnages integtes, reſtes de Vandienne Cot trop attaches à des principes :. il far gelen de les diſſondre , &. de rctablit Pancienne puillance i independante des Miniſtres: egfin, 5 le Tons avoir à redouter auſſi la probire n Regent , & Vhonnerers de ſa mere, fe de merite, Allemande dans ſes propos, & ö redoutable par la publicité qu'elle leur fonnoic, 4 II metoit pas sür que Vargent dit toucher ſon cœur; mais Law, un des plus beaux 'hamimies de ſon tems, ſe changed de lui faire Ia cut & de lui plaite; & la princeſſe sen accommoda: car dans ſon vieux ige, elle avoit encote le tem- . I 's Situation de a Frusce, Ot. 1, ehfif Techs t trois reſolutent d'vcruper fi bien le Regent de ſes plaifirs, qu'il ne püt ni connoltre Hits" en derdil, n le but du TYiuryirar, bi Is prögtde, I del af du Oftsmne que neſſean” wa Nonilles wwoient 6 yl Ne rank Us” 15 gatfes. | REES | „ Ag ao rot little — 7 dans Abbe Pubois, , le deſir dans le girdt-tes-ſeeaus Offever ſa maiſon , & gen faire” une” maiſon Mihiſterielle, deboidat bouleverſer 14 Frallce * cc beau Royiuits devoit etre Here zun p tipes de Dubois & dun aventüriet, malgte les recla- mations des Patlemens, de Agen & de Noulles Detaillns es operatiotis de ter inflire Tiditett Wus un Prince Hontiéte hofatie, clair- Vvoanr\,, mais trop boible, trop amc des Phalfts, & ſedult park 15 nouveaut de tous ee 5 lans; 9! w4, 43 £4 | 16 13k 8 9 Naas. f 5 29900 « 1 : * - {2% 177 5 i; rt firs? > 1910 1 2b Zis gen 1 2 0 1099 f 8 . - 4 | N eng w! toab btw bt , SHS bb Hd er 3 7 q £7 4694 eee 5107 ii m a 4 229 1101280 1 Noi © hot e d hy wet ren; 55 * 4855) BÞ 2119 dit 8387 of che 2200 9D : OSA RE "ON rt 423 1 tal 55 * He 48. = 44 v3 & G — 4 $7313 1 2 4D $ "<7 & 1 18 F727, : : - * hy — nn. 1 57 { 10395 Seve nts © oor 5017 ovens) AA i; K 4- * Mn 4 . ö * Ls EST” 65 g 4 7 , = PI, Mot d C EE” EC [ 2 OTE —— a 935 * rler an ae mb £7 2 Premigre. eptration du Rouveau. CHA, PJAK 25000 1 Blau 21 ETL EA 256 remiere operation du n 4 gi, Mi: 724 . arlement. 141228 vom! 113 ©; ame pb Holy, ; 2052514 fignarure ay 2555 ge SS 2 Cexagiter an Regens dans des memoires'emb des conteils wy 2 ans rel que la, 5 gk ea gelehnt diſ ne 2 crer , ont Me _ affaires z. 5 3, gol u de de ins, on \projer d Fs 127 BARR, 155 d Huxelles , par (es tergiverſari Hfeudise aux affaires ge 2 os Few a e fin 155 1 Piodgos 25 ng | 29024115 Lad; 3.31 1 i LA Dubois, u 25 175 . | ha up Ä > „„ 2 08 We e = 2 _ - 2 . 2 r = - 1 * 3 8 "Prepiiths Mine du nouveau ate; * des eſpeces, & une a ati Can tiers dans la valeur numeraire d'or & d it , LEdit fut entegiſtte 2 la Cour des Monngics, Cee Edit * donndit une plus grande valeut à A houvelle noise, & qui avoit ée imagin&\ pour le profit A Gouvernement, eut Pjnconvenient inc vitable engager les &fritigers & fare le meme profit : nf refondojent, ces elpeces , & nous gonnel ur ſoixatre livres ce quiils' avoient re Tar he Le Parlement de Patis qui avoir:preve ces nconyeniens , , fit des ai „ nd 2 t pas Ecouts: : on. Tut teßondt qu 4 1 Court tes Monuoies & EtoIt une Court ſuptriciite. Le \Charhbres ſe raſſembletent donc pour delibetet 46 noliden, > & elles defendirent les nouvelles ſpecs; DAr- genſpg, pak u un Arrẽt du bonlell, N Artzt Le Farlement encore plus” irrict © „ arkkta "Ie. Cc res alfemblees pour, h trol eme hl 4 ret : | voyer e paquerau Regent, mème labs Bier Aeta | Conſeil. Le Regent encore plus fetme; appella = troupes 3 ſon ſecours, pi en impoſerent gu Pats E: & on vit 18 'J Ned 1 fete Preſi dent, 4 la tete une Putarich, dul en vain, Ar retiter PEdit des Monnéles. 2 Ic hnbte de Caper Vive fenfbtedr le Tr lement avec la Cour des Aldes; tft. en ib | toute bee le Ugüt & toni? E400 & / comes Ae , ; d&ja fi hai de la Robe entiere: alors le Garde des Sceaux reconnut qu'il falloit employer contre elle la raiſon des Rois: un lit de | Juſtice fur reſolu \; des Lertres-de-cachet Vannon- cetent au Faeast on deployi tour Pappareil ng de l fplendeur du Tröne, & tout ce que pre- ſentoit de formidable x yea de la Mogi, | Vaſpes militaire de la Maiſon du Rol. Le Regiment des Gardes ſous les + | 'enveldpper' ce Lit de Juſtice, quf fut tet Tuileries. On fe vit ſe repandre 03 Richelieu, fur le quai & dans le] jardin du'Chareau' 3 les Gendarmes, les Chevaux-Legers, les Mouſque- *raites ac bient brit de ſe renir prets; leuts chovauæ er6iehir fellés & btidth; & les Officirs, be fois par heute, alloieat” ptendre les ordres du Regent": Antje diipecifns* Adr concentts toutes ſes forcts) 8 combinik le pouvoit thilltaite "qui ex2- cute aü pouvoir tytannique qui cbinmäfde, -& avoit prepare ſes Letttes de: cachet & ſes bayonheries poder repouſſer les raifons & les ri a 'Patfeiment.” MI, 22s T of aud. ahnt Cet appareil avoit ce Anke, 5 Tenge dechaté de n reprefenta- dos cbntraires à da volotre'on au defir du Nor; & bet apparel! Hitdirs ctoit tel qu il (ailit ᷑epou· Vaute tous les Uſptits Dine un 1 iſtanr toute 14 % " # — ä — . ˙ . —ͤĩ ů ů rt ˙ 2 — — — — — | —— a x. = r — — — 1 —— . ˙‚—C¾ſ . YI TRI EO 7 i a LA — — N EET — — . — 128 — — — — 1 — — — — - - - 4 — — ——— r pu —— * 3 ? 5 ——— E's : , - —_ —_— ns * — * N 7 . F & — — — Ax . poſa d' envoyer à chaque Membre 1 voiture 3 4 I. * a> v *® que le, Mminiſtre alloit odonngßz mais, le fg \ . 0? Premiers operation dy gal miniſters; ; Capitale, ;accourumee 3 Fobcifſence, , fut conf ternce de appareil de ces troupes en armes; & comme le Conſeil craignoit * le Parlement ne refusät de venir partici per à la cere monie qui devoit Phumilier & le montret aus peuplesc comme Vinſtrument paſſif des volontis des Miniſtres, fougueux 4 Argenſon opinant le premier 8 Pro- & des Officiers pour les prendte au caller. Villeroy. & Villars s 'appolerent à ces vio declarant que | le Patlement 40. topt di om on obeir aux lettres cloſes du fouyerains mn On vit venir en effet le Parlement eu hes xouges , 2 pied: & avec; un air he” Sorge Pour aſſiſter au Lit de. juſtice. Il erut que le peuple ſeroit ſenſible aux, actes de. violence des de Law toit deja en, tayeur dans Tetprix Parifiens , des Frangois, & des Court; S. le peuple qui.cropoir. gagner,cn.6changeant la vicille monnoie pour la aguyelle, zee kern [quanties: | a actions d aprtiancatives, une maſſd, En I dacgent- quaide Maniac ne ponνεαανlMhᷣ l ſortit des] Ats du, neil quiicordarmierentile: » | Equivalente4 celle que les ennemis de Law en avoient fan forms! i: ẽww ⁹ ꝗ I -mulcipticariow enomme des billets; ler vf poſitions des Purlemens ; les ſerulations des agioreurs,, I dn u mouremenf de la banqut donnoient de nouvelle iddes, perſuaderent bieacht * public ny peas le pon A qui 3 a Ted — France ; care crainte ſe ripandit 3 le public taviſa de realifer , & C eſt ici lx ſeronde dpoyucde Heme. Law & Dubwis, des primes du Sung y tes raatcreffles „ les feworis f des Durt ung, vet toutes les perſonnes bied avis Ifcrmichiteile alors. Les uns entiſſotent Por & Pargynt , eu- blu ils acquerr t de terres des aN s,jE. qe . payoieur le double de [leur valeur en billetey les re vitilles dettts), d Mgitinsee „ dehetöiest de bijoux', des diarnatis, de Pargentetie, den mar- andiſes & tout te qui ſe ptelkmbit: cer e. rations diſeeddivoiene le y che; 8 L lui-· meme an * * d&j3 acherd les e Rei: os e de Tancarville , de la Marche t plaGeurs aunts qui en firent (ar-le-champ un trderriche Seigneur en France, il voulut encore en acheter ung du financier, voulut $56, pay6, en argen manboye+ . Law , ſentant route; la valeut de la demande du Preſident, & reconnoiſſant combien il crait de ſes interèts de ne pas avilir ſon papier , lui fir 8 apporter, ſans heſuet 4 quatre cens mille ſrantcs en gent · pſſectif, di clarant qu il pecferoir de fe. da- liyrer ᷑ un metal qui lui coir à chargt pat (a maſſe & par Pembarras qu'il lui cauſoit z mais Law fur quand, — 1 an du age. „E fut*obfige de*retidre ka refre le pete navoit pu lui vendre, & option le privreſticad; en naplity Le* asg qui avoir fait achecer en argevt, comprans obige Law de ſe contenter du: papicr de ſa banque, le | jours avant la chte Fs Tout le Monde ſe dptchoir alors de r les uns ſe jengicaz dapy les .atarthandiſcs & = dau autres accapatant le ſucre, le cat & i aurens denrees,, {6 rendoient.. cqupables: de divert = nopoles 3 un finangig;, nom Vetneſobet » fameux agioteut, Raliſa vente millionh , & n cninte de les petdm les Ai i pf ett (ds | 8 Ouatrieme operation du WE te. | Royaume + des laquats incelligens; agtothfit pot leur compte, devinrent millionaites; ö Vit des millionaires auſſi perdre leuts fonds” quand fe \papier fur avili: Law qui ſevitoic que Pepodtc- de la cliũte de fon ſyſteme S Vangdit; Pröpöh en Regent pour en Poker le credit de N nommer . la! place de Gontröleut Gn: mais comment y- patvenity'f” Etvit Luterien; & par conſequent exclu depuis les nouvelles lex de Louis XIV, de toute place miniftriele vl fallut donde ſe convetrir & faite une ſöle nee | me eee tr a tul zu lf u . n "9 Mean 2 au d 1551 Z-ofqmt n * x: by es Wi U$H „ abn. = wes Jp 5 Converſ and L Laws commencement. * ieee du Cardinal Tenein- 3up „ n 2 b ihne ib eee e — — La” =. e Woot n 31 b 225 471 b nem e e L eee en Jui ſe el A tour, 5 & qui Prüleit de savanrer, Vofffit t weite 5 fonetion;'& bet abe jou2"dink'ls ſire” ut rel _ role en Frince qu'il et ibren n eſſentielꝰ de le ſuirte 4 e, & de- N Hire Kennbltfee FR de liel een lu, & il fermbleroir- tits sb 5 no = . Q 9» 2.25 —— Law; be. {0887 + repable-I-pluſieurs' que je gardafſe le Hence mais Phiſtoire eſt un t6moin/, Ia verite en eſt 1a baſe; crayonnous done le potrrait de Abbe avec Süchte ant es dnuef auf V Abbs Tenein / qur vivoir-alors' aver une de ſes ſeenrs!, toit depuis pen deſcendu Pant ma- niere de grenier od la pauvrers avoir rfelegue, & ſe ſentoit bien diſpbſs de tout fare pour 2vancer ſa fortune Cette fut; qu'il avoit fait xpoſtafior , wwoit- kel: elite 1. Sncble; 0 elle avoir attirẽ dans ſon een; par ſe prices, fon eſprir;, & par- des propos 'preſyue libertins, tout ce qu il y avoit* de vluptueux 2 Gd dans la tobe & 'Pepd&Le deſir d ccablir det arigues dans une ſphete plus vaſte, Ia tour- | mentoit , quand ue ſearidalenſe grofſeſſe er en- gage riſen: 14 faite enlever', et atten- daot de Nome une ſeculaiftion que Pabbe b. bon premier amant -A Pur 3. obtint” en 15145, Madame de | Tencin', arrive I Paris eee kes gent dren, & fr che) Fogtenelle, Bon des amis, fais des kala deer lehne ele N N intrigue 4 Bebeh', TAI" "(6a elprir, Tut | onvrit "fa mifbn; 1Fen" Being de H eme. | & h preſerits' ah” Fink Nopal; elle Letablit aux bent de Tt P deln bete duns Eat f. 5 aal mu X16 ae 220 20 "or, 30 IS 2 2 | Convecſion ie La. . fut le rendez-vous de In grande cempagdie parmi les jeunes gens ſpirituels & voluptueux, & Gel 2 eee paroiſſoit comme un jeune eccleſiaſtique, dévoré d umbi- don, hardj., earreprenapr, {pirinuel ; peu rebure klein Cartifces. n $6.1 N. It Il avoir paru Abbe ssker, ſous le ſen | Roi. „aux Jeſuires & aux Sulpiciens , comme la ſource des graces: ces Compagnies recompenſoient _ efſectivement quiconqus avoit le palent de les ſerxit en defendant la Bulle; & Hintriguant Abbe ne ceſſam Caſlieger leur dé votes cellules , alloit 3 h recherche de quelques ſetvices capables de plaire 3' ces Meſſieurs: Tencin croir pourragy-un de ces jeunes ecclefiaſtiques libertins, ſpirituels & proptes à. tout, capable ſur · tout de defendre cent Bulles , ſi Pautorité Felir exige ; mais inca- ä pables Zallocier une conduite 2 on fenſs de Pe vangile. Le Roi Louis ao dave: ces Siet rances , & le Cardinal de Noailles, chef des Jan- e, trouva qu'un tel perſonnage n'avoit point les qualités requiſes pour etre revetu d une Pre- lature 3 Abbe cependant i introduiſoit par- aut, il intriguoit & gagnoit du bien par le moyen d&Vagioage offrant ſes ſerrices aux Courtiſans des-.Jdifficalres' ou des mauvais AY ſouple & l!!! ß mn” Se H#” YyaoR © ni ſt it * 1 7. 8 +» . 7 aur Princes; aux amis du Regent," S ſœur, qui Paidoit dans toutes ſes inrrigus, le preſentoit par- ——— —L— dou- reuſes ou difficiles dans celles out il fant donner un ſens i la loi; la voie des commiſſions eft-crile des - Miniftres; Pahbé allait Il retherche-de commiſkions,:& Ia comverſion de Lay en fut une car pour etre Coneröleur General ,; il falloit Erce abſous de en hareſie. Pour Fm abſous, il falloit d'une Capirale bonne volanté, en e eee ie dulgent au jeune libertiu qui ſe marie La, en eſſer; Wütdit point mati; 1 dans le contübinage, aver unt femme enlevde, want 12 'eomfverfion; Il falloit; felon les Wr its tpatarion ; La avoit done befbin Andulgent dul le dechrar bien converri'& qui kl te fa kme. me PEvangile , une vw * 21. Ai devote, devoir Etre un -parſimbazefi 4; * 47 2 ”= NL — d\Lhate po e anos. nerai point. diſoit Dubbis ni un Cure, fi un | Habitue de Haroiſſt geen gens 4#ſout trop arias les trop auſteres ; ous autres, Hb de Tendin; Somme d'un grand talent, huet je connois d Hd il. eſt rapiable::de convertir : &de recevoir| & confeſſe> Ma. LaivnG toute: ſa mι,ẽ4⸗ñN (ts Tencin fur, done choiſi pour; cùnvertir le Mi- niſtre des ſitances d montra dais cette commiſ · ſioon la vatic tt dla gen talen ; il. Linſtatiſit, il le convettit , il le canſſſa z il lui Jaiſſaiſa femme il xegut mẽmes avec ſolemniii j Fabjuration de Bhid+ dci que. AMelun je zg ſeptembre 191 A maisil urn & pas un honntte homme. Pout t viter tant Feclat & le ſcandale Qyne ce c monie auſſi inomie il fallur c loigner de la. Capitale ; cat on avoit à craindię les auvemens popplziges, les. deyots G leurs-hutes; | wat le monde hauſſoir les, .Epaules...&& gemils. beit dans les ſocigteg, quand on,parloig,de a por FChaine conyerhon. de Law. On: ne lui, pardonaa Fa de rromper;le,public far, gerte cg on applaudit-- A. vingr pieces. dg yers uh farens repandues dans ce tem- li. En yoici un fragments. le Colonel dy Regiment de la, Calate, , aflgciarign. burleſque , qui-pſaiſaugoir ſur rous,les Eycnemeng , ſt (uppole dgnger J. Tencin lg hear define de Michſſipi. . TR. An {one br Nous ; — Et feroit devenu la proye * 7 ci 1 De F eretique Devo ps. 22 =. #©.. * Nom Colonel de kn Calotte\, jab | — ee _— Pour . 5 . que ie Dead Ae N'infe&e notre Regiment Ne r Et pour mettre dans la voye, $07". Qaicunque fervic furt ß, * 4 A ces cabtiſes, vu la {tiene , Bones moturs , doArite , Uloquence' * Er tele que PAbbe Tee b deep det A fait parokre ſur-toht acre g 7 Fou le falur do ſen pochen ,, ö Neid; 3 e a rg . ered ng. be Fd Grades cinch; {939 f les biens de c mmνν,j! 1 5 * 1 = X 1 5 3 . 7 9 ? * ” 4 94 er | Sur les brouillards dudit pays, Qui du ſyſteme ſont le prix; | ben qu ls Coe bs Roms | De Jon. Dalles . 1 generale des Coltfans & du public, preceda les orages qui s eleverent parmi les devors & les Habituds des Patoiſſes de ce tems- n, contre Pouvrage de PAbbe Tencin; le Cure oe fone Roch qui wavoit pas aſſiſte à la con- | verſion, douta de {a realite, & reclamoir je ne fais _ droit curial. Tenein defendant la con- verſion, alla trouver le Cure, & lui dit que M. Law | Etoit parfaitement bien converti, & qu'il ctoit diſpoſe à le prouver 3 ſon Cure & au public, en rempliſſant les devoits de paroillien ', & en | prouvant par des largeſſes ſon attachement a religion; il offtit au Cure de le faire communier A l grand'meſſe avec ſa femme", & de lui faire - xendrele pain beni avec — I! promit en- core de Pengager à donner du papier à la Paroiſſe, pour en accelcrer les rẽparations: enſorte que le | - Cure, charm# des offres fi Edifiantes de Ten- ein, crut Law effectivement bien converti : le bruit Ferant enſuite 2 N que Lay de- voit communiet & rendre le pain · beni, les Pariſiens, curieux de nouveautes & de 4 , _ HI tommencement de munteren Panda 4 grande affluence x pour voir le Miniſtre coumu- nier 3 ce qui, jerry. tour. ce gun. V avvit Games ine pieuſes & honngtes dans la cenf- ternation ; car on, Ctoir religicux A, Paris & on ne yivoit. pas dans Tindifference ſur les myſteres de la Religion. Lay jouiſſair alors 3 Paris | du reſpect de tous les Ordres de I Etat: les Du- cheſſes lui baiſoient les mains, & les Princes lui rendoient frquemment des Ni. Avant que le ſyſteme rombir en diſcredit, ce perfonnage toit devenu fi important aux yeux de toute la France, qu'il ſe permettoit de veritables impudences, qu on racontoit comme des traits ſumpleinent hardig. 5 Preſſe un jour audience par un grand concouts k de perſonnes « qui avoient 4 lui parler, & you- I lant ſe retiter pour des beſoins urgens , les Dames 1 N p lui dirent: Monſeigneur , fi vous n'aver d'qutrs | beſoin gue celui de piſſer, ne vous en alley, pas ; | piſſe ici, cout - nous. Lw, ſans 8 1 N ner, uſa de la permiſſion , & 2p | eine . aſemblce. 82 ö Mn es 80 hut eee por! baſh aiſkmint foo. | Ttconnante converſion: & quand elle fut tre- DIY rout le parti indomptable des Janſd- | STE . N inv eclata en murmures contre k „ ig 6 * * — d 2 PO, | ep de 408 relpectable. Le e SEN | & Tefuitique., \mibins delicar en cre loqac ' attach ati terEmanial , ſoutenoit la verité de la con petſion faite par ſon eleve Tencin. Un &due- ment tel que lu cbnverſſon de ce Mitüſtre, bolt pour eux ne $pogut de notte hiltolre, & Tous rage de 12 Providence. Ct dans ce conffit des avis £6 nrradictoites , „ qu'on detouvyir qe Madame „ qui exigeoit les teſpects de toutes les Dam 41a Cour & de la Ville, Hetoit qu; une concubinle, — etifevee aurtefbls 4 un Negociant Anglois , & que Lay lui meme avoit ete br 3 mort dans lon pays: alors on dit dans rout Paris, qu "avant d'en faite un Eatholique Romain, Tenein eũt di en faire um honhere homme, & reprimer FT Esticiibinage , au lieu de le toleret, Aux talens de Papoſtolat , FAbbe j ſoig pit det de VAgicicur : car c'&toit 13 ſon unique teffource, Noailles ayant refuſe de le recompettſer de la canverfibn. : mais Law Pen dedommagea bien amplement, en Vaidant'a ſe livrer au com- metce des actions de Miſtiffpy : il etoit une des eolonnes de Ia rue Quincampoix; & le Miniſtre le letvoit de fui comme Cur komme Mic pour le ſacs, de fes commiſſions: on lui donnoit des avis | 40 la haulſe & de la baiſſe, avant que le public fr ltftcuit, des cauſes mitiſteridffes qui preparvicn * ae Miniſtere changeoi toute la e eee ) | a a t 5 r a on ciéoit flip 1 ©affoiblifſoir,dpprane, „ n \ ö des rences., des offices, ſe iprepatoit ene : aux actions, Vainemenr eit l regours 3 ls prof 4 cription - de Pargent 3 yainemear. forcgir- il de 6 porter Fargene h la Banque, Plus wainement en- c core fur-il defendu de ee: r 35 5 =y 1 pf. A 14 oY au-dell 1 50 liv, ſous eine de Eileation 40 2 Profit des Ahonctateuts & de 10 870 iv Gamende. Cet art Nerat r perdre . 1 diſc diter la Banque. On denonga Nicolai, . comme | poſſedant , "contre les ofilies du Radi, „übe gtande ſomme Tatgenit qi avoit ralifer, * quiil't tenoit cachee ; mon arge t " repondlc | Rtemient Nicolai; eft au ſervice 2 7 mal "it b Pharos perſonne. © * 5 9 Ai 2 4 21 y 22371! * 1 ſureur pour! te"; papier, „Fed er wötedt 13; avoir ers telle, que Lite A ole per thiads' Ty Pokey g que Targent & 16 Aolene E Gatte 3 abe K dangereux, & * Ran 1 tems, qui nEtölt pas loin metauæ yaugroient bientöt gue po p. ih Yes” * — & 9 1 vaiſſelle , & qu il fe edel ors au prix du culvre & du fer; les bons Patlſtens le crutent un moment: ceperidarit les billkers , ces repreſen rations fantaſtiques des richeſſes , avöjent fait un tel progres, & la maſſe Fen Croit kellernegt accrue que les marchandifes' hauſferent Prodigienſement 1 Taune de drap de 15 liv.” fe Vendit 59 ty, w 1a livre de café qui ſe donnoit pour citquinte ſols, fe vendatr 18 liv. ; les civil s Qu won i ellen | travailler Pour quinze fols, voultoient 3 1 eauſe du prix des ſubſiſtances ; alors "che "Gui p'ccoir nd "agiorttir, , Falſoir” pour un homme tis | 2% eee E”-.O IT *. 2, — aommencement da la fortune du Card. Tencin. 39 39, mide ou un ſot; & les Princes , les Prelats, Jes. | Grands Seigneurs les Miniſtres ſus-rour, Law lui- 2 meme, agiotoient., par le moyen-des-gourtiers.qui gaguoient autant que leurs: commettans, par les retenues q ils, Geng ſax, eux: les Ducs de, la, Foxce , de, Cuicheb d Antin, Ie Prince de Rohan, &Eftrees & Lęuvigni, des Frinces Ecrangers , le. Prince des Deux : Ponts, gagocrent, des richeſles qu'on diſdit immenſes: on. achetoit aux Couvens des rents, vn leur dongoit des billets avec fall quels ils gemhourſoient, &, an, ſe mettoit 3, place, Lakajey. Seerdraire des Commandemens Duc de, Bourbon, coir. à la, gte d une ſocitis d'agioteurs, hommes & femmes, qui gagnerent. 89 millions des valets allant agir pour leurs mal tres & Sgiotzm pour ceux „, les, quittoient dans quinze jours , Gant deyenus plus riches. que ceur meme qui les commandoient 3 quelques femmes, | publiques, vendans leurs chatmes, enticherent 3 — de finance, qui eut le genie Part , devint millionnaire le Prince de Conti ne profita que de 4 4 4 millions , étant mal | ſervi pat ſes agens ; il pays ſes dertes & tetira la Principauti de Martigues & le Duche de Mer- cœur. On aſſura que M. le Duc, {i contraire aux nes de Law, fur gagnd à force de billets qu on a qui paroiffoit habile à la ſyſteme: Madiine Serbe; fn — pie E. per; de b gt Bene Madatne de Nefle. Tous les favoris du Regent furent recompenſes 1 pour ne/pointarraquer les prineipes de Lay, ex- copts Broglio, jeune libertin, mais hohnste 8e facetitu, qui Aber hes edo 4 Duke qu'il ne ſor- tiroit lamais du Noyaume, Spied On ſe jouoir des"ptoprictcs dabs de _ ap ſyſteme ; & du jeu des proprittto A Wlub libette, il wy avoit'qulan pas. 1 — awolt tellement habitus les ape ape nm leurs biens & leur vid Gojent la : phoptibre?-diy Prince; qu on ne ttouva point ẽtrangb x Flriz qu om enlevat les mendiatis valides , les dorheſtiques ſane place, les journaliers, les gargotiy de mo tiers Pour les envoyer peupler le Miki; des jeunes filles fans Cat ; n'troient pas bpargnides x & le gouvernement avoir trouvé- le. moyen Jen avoir beauẽbüp, en donnant 10 lv. pour Penlevement une perſonne , avecdespratificacions = patriculieres, lorſ {oe prenalivie CP, ack 7 propagatin . | Vn jour de Dinvinetie\ les Reden leren: dhe Vepres , & ſe trouvant en grand nombre, ſe demandoicht entrieux' , ſans ſe conneitte, der nouvelles de leurs enfang : "incontinent "un | 3 n Ts commentemens ils iu furruns du Cuα. Tuncin. yp. * contre les enlevemens; on tomba ſur tes-archers ; 2 * on en m̃aſſaera quatarze: le jour ſuivam il y en oe IC gent ,-qui-+txouva-que le Peuple avoir: raiſen , que les Miniſtres avoient tort , vouldr qu'on fir —— le Conſeil ſe borna à donner des regles aux enleve- mens: il déclara qu dn ne pburroit enlever qus les mendians, les gens fans aveu , & qu'il f 2.98 | tend de® had berge 2 ae | „ le reſte qui fu pal, fut conduit dane, des chat | rertes en Bretignt 7 pour y ire 'embirgqus on | lioit les'pieds "8 les tains 4 bes miſcrables; & on les mit en det dans des prifene bes dane r 00 IF. OY - 4 ſoſſes des Villes de Bretagne. Tis y peritent u- 8 de faim ou de fivi&, attendzut leur embütephe- . 3 went ,/ que la chüte du ſyſteme empseba: aa 4 J cour — chen voyer à Miffip. f - 2-4 4440370 os. ee 38203 \abgh; 1 1 1 + 31200 £ 2." 1944 Fan ue 1. Ace PH a 5 3 | Da | | 4 02 648 FE inn 54.47 Re r f iN | | 0% bt Xi oy aaa ome? as | | } | a6 en 14534475 ob eee 4 / X 403528 1 [Xs «3 ot ante n 2 | | e * 6 wy 245 516 | +: i BL - S114 TUE 24 0p a | | | "| = R © * 8 0 —— tn —- — — „ din eee ute, 7 211 * 71 Nan. 9 1 2 air K 2 * FE Bug et avord du 1 2 58 Miniſter; * Laboliin ws Parent. e, un, lter 6 rind n | * ep 60 3 . "+ £2 2. ul - : A" 2 N * = * FI 114 . „ eee ee IDzpurs ie Lir de Jultice des Tuileries,) Is Parlement ayoit garde le ſilence; car ce Corps, con{Equent dans {es principes d ambition , & ayant le ſentiment; de ſon etart douteux & ptecaite, ſe tait , quand les Rois lui commandent le fouet ala main- , ou lorſque le Peuple, dont il eſt ſenſe defendre les interets , ne le ſoutient point par des mouvemens: le — dailleurs agiotoit, non en corps, mais ſes Membres tachoient de Senti- chir comme les autres: & Novion, comme on Ta yu , avoit eu Fart de jouer le Miniſtre meme des Finances, en changeant fa. terre en argent effectif, & en la reprenant avec des billets; en ſorte qu avec des billets il eur & ſa terre & ſon argent. Mais quand Law be, par s un amre ade mi- niſteriel, depouiller les Agioteurs de la moitie de la valeur de leur papier, il fallut waiter alla IE on protmit de ne Payer que le billets ds dite liv. ce qui ne le contenta pas; I Sttroupa done z & Pautorite' armer des ee der e re- rr e RTE TW RI” Yo i» . x avec le Parlement qui See ſe lentant for g Royal chez le Regent , qui le recur #vec diſtinction, & lui dit qu'il vou- loit ſe reebriciltier avec t Parlemene:'VEdir de diminution fut t voquẽ; ; mais Pedifice avoit com- wencé dterouler'?” & quand ces billets, d&jd decries ," billets que toutes les temontrances ne pouvotegll 'Telever-, furent retablis dans leur an - cienne valeur tot le monde ſe porta en foule a Banque pour retirer de Tatgene: alors on reconnut abus du ſyſteme ; les paiemens furent ſuſpendus; & le Peuple vabandotma à {a fureur: pouſſer les attroupemens. £1139 564 D'Argenſon, une fois erich; Kill ae 5 Sarracha aux freres' Pätis, & ſe ringea du core du Parlement, betta dire, qu cbte du plus fort: car, cette Cour, eficouragee par Fopinion pa- | bras continuoir de ſoutenit aver fermete ſon oppoſition contre Law. Jamais auſſi elle 'n*avoir attaque des operations miniſterielles auſſi odieuſes c jamais les Miniſtres nes etoĩent jouẽ ſt impudemment de la fortune & de la propricte des Frangois pur rab lsof ds Purlemint , 45 ier k ſa cauſe, celle des mecontents/ Le Parlemetit | Charges par des billets. Le Palewent duf fr 44 Projet avert du naumamm Miniflere ; de ſunples Arte ts du Conleil : auf furent-is conſ- 3 Den i r vour principes de Law , 5 * 2voir, * „ apf ; eie oni 4 eur un moment. Dubois „ Lawz le Duc de la Force avoicnt camema le Rigent, en lui montrant dans la Magiſtrature une multitude de mecontons ligues contre Vautorite ſactie d un Nai mineur, allant juſqu a propoſer Pan santiſſe- men de ane Magiſtrazure ; , Wil Kalloit _ par un ate de vigueur, en 5 Jes informs. de ce ſtratageme , avoir ptapoſc de faire | -enlever le Commbleur-General', de lui parfaire,fyr le; champ hy apa en baute ag la Cour du Palais. 3 5301.38 Lay, ene ee parce ql avoit ge Fats chevaux, ſe rendit a la hate, avec Pubais chez le Rigens, & dir quiil meroit A la «raiſon Meſſieurs da-Parlement, dont il rewhourſerair Ies Charges avec du papier, & Dubois fit obſerw er au Prince que ſes projets ẽtoient tels. que par une facile optratian, il dettuiroit la uenalire-. des charges, depuis < long: tens odieuſe, aux Frap- Fois , & qui il ferpic rendre la juſ irement, -que la Magiſtrature ainſi reformee , - devierdrait dans VErat , le Corps le plas.eſpe4e rep, ä | au Regent :, & Law & Dubois ſe concertoieng r m 4. 604 a A. 4 4. >» mo * ee e | "i PT, wen ſeroit plus le firdeau.. Ces nou- velles iddes, ces vues du bien public plaiſoient pour former un de deſtruction de toute Ma- giſtrature. Voici les. ElEmens de leurs er qu'il preſenterent en gros, & ſur. le champ. La baſe de la revolution croit de rendre. au Roi tous les Offices de judicature , de les ravir Þ chacun des Magiſtrats , & d'en rembourſer la fi- nance en billets de banque, qui avoient cours, en eteignant, par cette opa tation cette e dey dettes de VErat, | / Des Commiionsrirocables pour render la jul⸗ | tice, deyoient occuper enſuite les places abokes, | & les Offices qu un vouloit ſubſtituer, ne devoient durer qu'un an, ſi on u' ctoit pas content du Ma- giſtrat, qui, au contraire pourroit Etre continus dans ſa charge, Sg conſentoit de concourir avec | le Mini ſlere 4 la r&forme des finances & au ſues ces des projets du Gouvernement. Enfin Dubois & Law ſe prppoſoient d adminiſtrer la juſtice gra | tuitement aux peuples; ce qui etoit pour eu, le chef c cuvre de toutes les ſpeculations , & de e ener reeprile. Las r as debut pes wad tendre à la reconnoiſſance des Princes, lotſqu'a- | 8 N. Fi 46 MP nerd du nouveau Ame; | pres des ſervices qui leur ont attire quelque con» | fideration de la part des chefs quiils obligent, i leur arrive de manquer un de favoriſer leurs paſſions. Auſſi le Regen oublia-t- il bien- tot qu'il tenoit tout ce al dit, d'un ſimple Art du Parlement: il oublia ſes negociations avec cette Compagnie, ſes ſoumiſſions & les con- ditions qu'il avoit accordees , moyennant qu'on lui adjugeir la regence ; il ne ſe reſſouvint que des anciennes maximes de ſervitude du parlement, aux- quelles le feu Roi avoit conduit inſenſiblement cette Compagnie, apres lui avoir dre la prerogative meme de faire des doleances & des repreſentations que les Vandales & les conquerans Ecourent des peuplesconquis & enchaines ; le Regent avoit meme fait declarer qu'elle ne tenoit ſon autorits que de l miſſion du Monarque, dont les membres du Parlement n ctoient que les Officiers. Cette doc- trine de Louis XIV „ auparavant avouce des Par- lemens, favoriſoit beaucoup les projets de Law & de Dubois; mais ils redoutoient encore, & aver raiſon, les obſtacles que les Cours ſouveraines | Pourroient oppoſer à leur propre deſtruction. Fermement reſolus neanmoins de perdre un corps capable de toute ſorte de teſiſtence au projet inoni d ee le e ö Ly & Dubois e eee 0 e ee — a at * 0 % a F 7 8 droit les proprietes, & ce qu'il y a de . Pabolition du — pourſuivirent ce grand projet, quiils be, bord approuver du Regent. Heureuſement les bonnes . 95 40 2 A . 4 — | reunirent contre Payenturier & contre I "ud elles demontrerent tout ce qu'il y avoit extra- vagant & d injuſte dans ce projet. On repreſents i qu'on ne trouveroit point de Juges capables q diſpoſes de ſucceder à la veritable Magiſtrature, laquelle, quoique ſeparee des autres Corps de TErat, etoir allice 2 la haute Nobleſſe, & diſpo- ſoit d'une armee de Procureurs, d Huiſſſers, de Clercs & Sectetaires, qui, tape la fois juges & & parties des delits, employeroient le facts & lo profane, pour reliſter au Miiſtere , pour conſers ver leur etat. On demanda quelle autre eſpete da force on -pouvoit oppoſer 4 la force qui defen- dans la vie civile: on conſidera que dans. les. Provinces, il eſt des Capitales 3 chies du ſeul produit des procedures, & quune | telle revolution , les r6duiſant 2 la famine, y al lumegoir le ferl de Ia diſcorde. On dit qu il n e contenir, parce qu'elles ſeroient livrces ncceſſai- rement d une d&folarion ertréme & peur-btte à des ſeditions, & qu'il falloit done les gagner & les engager a ſe ſoumerire aux plans du Miviſterg „ | 3 \ 7 - 5 771 3 alla encore plus loin que tous, & ; apres avoir, obſerve” que la Maiſon de Boutbon devoir'Te trbne au parlement, dont Jes arts fait- verene la loi ſalique, il dir qwil ctoit bon de | "conlerver des Corps qui ctoient les plus zcles de- fenſeurs des loix fondamentales de Etat: il ob- ſerva que, malgre les abus ſelitteur, dont le Parlement gcroir fi ſouvent rendu coupable | il | | ku Abr du nouveau Miniſter 4 "Te Due de Saint- Simon, 'Vennemi declare des falloĩt encore le conſerver comme une ve | neceſſaire a Pexcts de la puiſſance royale, k Texet. . eice de la tyrannie, à la volonte un Charles TY, Fun Louis XI, ou un Neron , ſi jamais un ty- tan devoit regnet en France. Il dit que ce Corps Etoit nebcefſaire à tous les rois, bons ou mauvais, comme un boulevatt contre bY Miniſtres, des Hioris, des maittefles , des confeſſeurs dangeteur ou deſpotiques, & comme une barriere impene- "trable aux enttepriſes de Rome, du Clergé na- 4 Von & dun Ordte religieux (tes Jetuites) qui * ., potireit gouverner un jour la conſcience ꝙ un Mo- "narque idiot, timide & ſoumis aux maximes des e ie cx dere Ins deftineroir. ' Toutes | een een eee Te Bogane, qui avoit toujdurs Felprit juſte & le cœut droit das ks plus grandes affaires du Gouvernement. II A Parlement, que 6 Dubois Tiengen du Parten, "ag Dubois deſiroit; mais on allarma leb Theft de la Magiſtrature, en leur faifancentendre tju on avoir = tous les moyens de les humilier &, de les ancan- tir, ils perſiſtoient dans leurs ſyſteme de teſiſ- tance aux operations du Gouvernement. C dant Law & Dubois ne ſe erutent Point va & 3 de reprendre le projet dang un 7 plus favorable: mais Dubois decertnina le Regent 2 date le rdleu f geadhit; 2 15 louſtraite aux bourſuuteh du Patlithent Al fut ur du peuple; il fut recon qu'il etoit ncceſfate que Law le demit "Je i plice 3 5 Padminifkration fut confite à Desforrs /®Otuilifon . Houfſaye & Fagon 4 Wale comment gonverner le departement des F- | nances? le Treſor toyal étoit vuide: ' Vargent erait cache par les 2 | | * le commerce 9 ktoit perdu & 12 plupatt det famülles deb fins reſpectables, des agioteurs ux meme Koient ruins. Ceeſt dans ces ttiſtes circonſtinces que le e ee biene ſur ſes * ©: $429 | Wo 8 e rar; N mar s 1 hc; 2. th zu hne i 6 Ny 1 tes And f a N je gagnai des Millions; ; Ra , es & = de K - le | ve . , * Ly IS, es ux & 4 * es es ui „ 1 ne 218 * Projet avort! du nouveau Miniftere, Se. n eee 1 01K . e eee 2 11 7 ts ” Eoin en effet Thiſtoire . du 4 . 1 , . France, relolut alors de rappeler 2A Mercredi jarrangeai ieee ot Sb de l Le Regent * dkconcents des Ca mais pour cela, il falloir doigner Argen qui occupoit ſa place; F il obligea, Law loi-m 1 A lui en apporter la nouvelle "Ky CAgucſſeas x. | fula les Sceaux ; e e i ks | reprit. | as G19 /CHAPITRE VIIL. WY ns FN | 2 4 operations als Nouveau Mini ro le K 5 9 oe * " _— WITT} Len 1 af % 7 — Avaxr 4 de montrer par 1 arts PAbbe ; Dubois parvint & perſccuter les Janſeniſtes „ qui avoient ſi bien ſervi le Duc d'Qrldans quand il fallut caſſer le Teſtament de Louis XIV, il eſt ji F Caor:dg:Foulonlt 246 piles Tellirg,aypic;;el&/6-4;Epiſtopan dg ue. Ft n6celfaire de.moniree eat Jenralfairet, de France zess Cour, de RUM Sede Joy Yeptetices3 l' pre re et ar r furtout / parce” wil telt les trapaflür; qu aver que lui eulen toit epidle. 2162 | fas teig Sole, de Sadat de Rohn Tt 46. KLetit, W i vol Le Gurdinal del _— plaher hautement p &-Ibn inéebntenttmett Sant été rapports 3 Reck te Pape grönda toute Au Ma ibn de ce ln lettre du Cardinal de Rohan; & apkes de ſongues rechet- che fo αõBa qui! b igtentkt d M cbs ſoignetiſcnbent : II voololt" Fepaper a Nuten pt ung reponſe mais Il enépkiges IA leite u de i delicateſſe des abe esd epi 1 1 . 80 | + nog aol Wetoit pas 23 il ſe reflouvengir qual. woit jadis & violent pour ſa Bulle fameuſe. , & quand il, Teut donne t, les, oppoſttions &oiene deyenucs, pour lui un.chagzin cuiſant, Ia faſtion. Janſeniſte reconnoiſſant que les Jeſuires Vavoienr extorquee, pour en emen er nice, de leur, envie, & de leut vengeanco. A fio FOAObre, le Cardinal de la Tedmaille, notre Miniftce; 3 Rome, lui preſenta; la; Declas ration, du Roi, pour impoſer lence aux, deux | partis Moliniſte & Janſeni ſte; mais le Pape ctoit bien loin de defer qu on Suat le eme gu ls Bulle; il youloir qu'on Ia, defendit, qu'on ls | proclamar ,. & laiſſa 1a Tremoille dans L incerti- rude ſur. ce qu qu'il feroit relativement 4.ce ſilence commande ; mais il dit qu il y, penſeroit. La, Tus molle youloir Pengager &.gexpliquer.» & le. Fee aigri , lui dit qu'il parlereit par des faits. Clement &oit dans cette circouſtance, dans la plus grande perplexitè & dans Firrẽſolution; car on Payait perſuade de faire arrcter & de renfermet dans le bor Urbain, Petetborough, Paird' Angleterre, qui vo geoit en Italie pour attentet, diſoit· on, Ala vie du Precendant;, & la Nation Anglaiſe outragee d'aygir un Pair renferme dans un chateau du,Pape , pouſ- foir de li hauts ctis, due + Veur hies · 44 5 diſoient que e cꝰetoit la ruide extreme de 1a Maisch tes ecourer/ Le Cardinal” Ottobonni Erivoit"ak Cardinal Alberony”, lui propolint centre / 4 Seebeben "Re 6 Udlivix: ave pollteſſe; de Noi Geste Patte: ach demo her une *thadre pour bontbarder" C. Vit Bes, 21 21 14 1 14 109 2103 WY 275 Ad commencement de Tannde Mete les Miniſtres & tous les devots de Paris 4voiet lex'yeux ouvert ſur Palliznce que le Nögent roiſſoit vouloir contractet aver I' Angleterte; ifs de Stuart, ils cabaleient de toutes mariotes conte les reſolutions du Regent; & dchojent de ſe H- guer avec toutes les Puiſſances qui aurofent voulu 1 renir une conteſpondahce' avec la Cour de Rome, relativement 2 la France; liguge contre la Bulle, contre le catholiciſme & contre la royaũte Aegi c Angleterte. II envwoyeit des mkmioites dc des plans contre le Regen. La Cour de Rome irritce ailleuts de ce que le Regent ne defendoit point les intérétt de la Bulle unigenitus, avec tout le ele que Louis XIV auroit montré, fe plaighir pat un Bref de ce que la Declaration du Rol impoſoſt ſilence aux Howe 1 \partis ; le Regent te⸗ gut gtacieuſement Bentivoglio, & le Bref dont By — la eke ant Caccordet Ps e 1 # obtenir la paix, 4 hk faveur, d une eſpece a, reve & de ſuſpenſion d aigreut & 1, Choſtilixds; entre les deux factions, t a; Manes. 44h moin, comme cette demarche wavoit deplu qu' aux fanatiques des deux partis : le Nonce repartit que le Pape ẽtoit offenſe de ce que pat cerre declaration ſur Je lente, les Herdriques 86, des Catholiques-6toient mis dans la balance, & de ce qu'ils (toiens auſſi favorablement wdirds les uns que les autres; que cependant on voyoit dans les acceptans la Bulle , des Chegtiens ſoumis & des ' rebelles, qui ſemoient Verreur dans I Etat z, il dit ſe plaignit de L Arret audacieux du Parlement e Rennes. Le Regent répondit qu'il a excuſoit pas le plaidoyer de Avocat general du Parlement de Rennes, qu'il trouvoit plein dextravagances,s mais en cela meme, il pretendit demontrer la nceſſſus du ſilence. Le Nonce ſe plaignic en meme-teqns de ce qu'il avoit permis que cet Arret & le Plajs doyer fuſſent publics affiches, crics publiquemeny dans les rues & ſoutenus de la Sorbonne && de _ Archevèque de Paris; le Regent pour appailer le Nonce, repliqua que cette Sorbonne n'eroit plus compolce: que d'inſolens ambitieux, N \ ” = = . 7 le parti Jan ſeniſte eſt àumiliſs- yg, . 454 * ” 4 Une pouvoit plus contenir ; le Nonce ajouta encore _ Js Suite dis optrations du nouveau Miniſtere; que le Pape perdroit toute eſperance de concilias _ tion, quand il verroit paroltre Pappel du Cardi- e e n en, s Jour MENace, 900 —— anc Cour ee eee & jour en jour plus epineuſes. Linquiſition avoit | ſ&vi contre les appellans, & le Nonce du Pape | ſpulevoit les Prelats, les "[eluires, les devors, & Saint Sulpice contre les ennemis de la Bulle & contre les partiſans du nouveau Gouvernement. Le Parlement ſoutenoit de toutes ſes forces les Jauſeniſtes, & les Chambres brouilldes entr elles, ne ſe reuniſſoient que contre Rome. Ceux à qui le Pape avoit refuſe des Bulles pour les Prelatures _ arnxquelles le Régent les avoit nommés, agil ſoient ſourdement contre Clement XI, & toute 1 de France mmm 7 Went og , PF ee que ene dans ces terribles circonſlances, inſpiroit au Pape de ſe liguer au Corps Epiſcopal , en general de- voue 2 la Cour de Rome & ſoumis à la Bulles je Pape dans ce cas devoit écrite aux Cardinaus de Biſſy & de Rohan, Generaux de armee Mo- liniſte, que tout projet d' accommodement avec les Janſeniſtes toit rompu. Ces deux Cardinaux; vſoutoir Bentivoglio dans ſes depeches, ſe me- le . Janſtnifteaft humic. 1 2 moient A la the de avant garde, viron cinquante Evèques; aſſea bien intentionnes pour ſourenir Vaurorite du Souverain Pontite.z ils condamnerojent Pappel, & le Pape viendroit enſuite à la tete au Corps de bataille, fulmine) roit des ſentences, ẽloigneroit de {a Communion les appellans & eppoſans, & on verroit alats apy, procher de Varmee militante les Prelars plus trans | quilles ou courtiſans, - &..Sunir, aux inquante _ premiers... . ajoutoit d'ailleurs que tout le Clergs de France etoit anime: contre les Parlemens , contre leur hardieſſe & leuts entre piles, puilquil avoient ole nfcemment briler des, 8 Mandemens; il diſoit qu'il avoit des intelligen- ces avec le Haut-Clergé, & que le Pape ſeroit ſoutenu dans le combat. Il recommandoit au Son- verain Pontife de retenir ſur · tout les Bulles refuſtes depuis ſi long · tems aux Eytques nommes, diſant qu'ils ctoient les Crcatures de la Maiſon de Noailles, 2 cette Maiſon & ſes partiſans maveient d autre teligipn que celle des circonſtances & celle qui paroiſſoit er 2 l. Cour ; il ajoutoit, dang ſes depeches. ſecrettes, que les Noailles, -dank J tous les temps, avoient pour maxime d'crre. dis viles en deux faftions , que chacune Evſoit [A | cour à Pun des principaux, partis, aſin d etre tou- * be Geng . % | 8 . ſecourir la partie vaincue; il ajoutoit des exeniples de cette verire , tires de Thiſtoire A & de celle du Regent; il aſſuroit que quoique dans ce moment le Duc de Noailles Janſeniſte, ſe trouvat diſgracie , ſes Creatures n'ctoient pas moins nommees aux Eveches; il diſoit qu'il falloit - | perdre ces Prelats, ne pas permettre que des ſujers dont on toit pas aſſure puſſent atriver | | FEpiſcopat, & oppoſer 3 la phalange du Cardinal de Noailles, le General de Parmde ennemie. Mais le Regent etoit de plus en plus irrits & des longueurs de la Cour de Nome, & des troubles domeſtiques de la France , pour une Bulle ; il vouloit la paix ſincerement; & apres des nego- ciarions , apres cent eſſais divers, il avoit teſolu den venir 2 la derniere raiſon des Rois envers In Cour de Rome, non en lui faiſant une guerre ſanglante; mais en decompoſant Pedifice politique de 5 puiſſance ſpitituelle dans le Royaume: il ne manqua pas &ecrivains profonds dans Phiſ- toire de Vetabliſſement du pouvoir du Souverain Pontife, qui vouloient le reduire à a fimplicits primitive & republicaine de PEgliſe, lorſquelle n'agiſſoit que par des decrets conſentis par P Rgliſe univerſelle. Le Regent s adreſſa à ces Erudits, & au Duc de Saint Simon qui eur otdre de converſer avec eux „ & de rechercher les moyens Corey 715 Abs | ber h. Cour: 4 Rare de ir Note, a des | oh 25 ; monierervit à la ice de la terre comme Er a Arne prone i | par "Is Partifans 4d 3 de Lou XIV; . Arbe que les Tefuirts & les Sulpi piciens & etoient unis pour fa defenſe, & qu ils itdſent pres 4 tout entreprendre pour queelle füt vigourcule & triomphante: 5 venit le Rede des Jeſuites & le Superiedt Genfral de Saint Sulpice , & dit 2 tous deux efifemble , quill allsir rendre leuts Compagnles! 'objet du mäptis de toute la France , , vils ſe Ugublenr p tut” long · tems avec 1 Cour de Rome pout Aoigner de 155 Sieges les Prelats quil avojr_nommes Eveques ; II leur dir r qui dels leurs tntrigites ſecretes, & qu Fil les pocrites & des turbulens qui, ſous 3 deferidte la Bulle & ſe donner la gloite de fendre la Religion, vouloient perdre VErat s 5 fomenter® des troübles z fl leut montra des dé: peches intercepteeb & les appella"traittes T i Pattie; & Sadreffane't MM, de Saitit Sulpice 5 = il dit à leur Chef qufils &toient Cautant plus dangereux, que ſo Textérieur te 14 trangquillits , d. l Wodeftie & de M picke, ils Eibent agir urg melens cle yes & l, one H fir cet 22 16 URINE une * — 8⁰ Suits doc opdrrions du nougeet Minjft'e fois 6claircs, ſeroient-indignds de {e voir les i mens de ambition de quelques Religieux qu quelques Precres fairs, par Ear, pour raccuper dans Pintecieur de leurs maiſons de la picte, plat6e que Tinreigues e: & i 5 Le i 8 la ſolution des problem es hiſtoriques , qui voient terminer les differends avec 288 de Rome; & on ſuſcita tous les Theologiens-cour- tiſans . intereſſes à reſoudre les queſtions au gre de la Cour de France; on leur demandoit : Si le refus du pape de donner des bulls nat re I Convient- il pour le bien de L Elac de la — 4 due le Fe taifſe auſſi e les Fglle vacantes? Que corvient-l de faire pour oblige le Pape à donner des bulles? | Seroitce un moyen montage que. 4 4 ode RY aucune expedition 2 Rome? Comment eee rnement-de PEgliſe. 1 8 Les reponſes 2 ces 8 la Frangaiſe, pour conſervet pexpreſſion dex Ultramonrains ; c eſt. & dire qu elle obligerent le Pape à accotder les My a 2 pere Nen ef Be GY n dont la Cour de Rome joutt dins'te de France „MN a ob _ Le/Sauverath Portife en Goir Gonſterns ; mals Pena erat ur H et Pute du xoir remix fermecbrarole tonlel iredligiewedu Ae · gent, qui alloit »8ree bien embarcalſs de u als | hance peochaine”qyee-levi: Angloſsh dae le Pape devoit Fartacher' avec ente atpigeles q ν ſous Hetendatt du Roi-Fachues, 'allolenit faire ue deſoente tains'fev PUNRMons' de PULubpareur' de MO lArgfererrdy ſes wage & düebheprtör Perihaiit + a & la Religion I a0 ö qque Is Gude Rem | avoir un ene reourable dans Hes Parkethend; | X mais I acute ue l pte — nit Meſmes etoit bien intentionnd pour le S. 8 — ſolliciroit ls Fape de hut dccubdares g | „ diſoir us le Pape aurtit (ouvent beſolidttyrv- | mier Preſident j que lesr6compeniſerne Uiphdſoiene £33 ay Magiftbir 4 gif role epd d v0 SOS 250 CE et e IR IL nnn —— _———— n 8 6 Suithaes.opphyrionealamownth MN Ie Gardinal» Miaiſtee lai-deriviserque Je Pepe i accordott les faveurꝭ n © nlyecation Jacks bons offices/eyyets./)a,,Contndt Rowen hu ber ee moregg le Regen tqrurgtois-dea'dillituls I: faiee accepter aux-Queſs, du a ftarle mebgL novstions dane” il omenagalt dove rs tife ; le Nonce ajoutoix que 16:Papiiflesbiſinin, it: covficmeroiyla Counde Flange! days: la duizciit = opinign-2oid-elle eſt wil: baun än beader f ta nicer; & hui enlever quel, h rogatives4-ou/mfine U Rae d Gignes pour. - mahrifer;þ dint. que; le Régebt uit op alone donc des weritables, fideles q pour ciaindre: Kutreprit guelque : caupn sonen le dignits d bs droits de ile C ur de Rodec Eunneciꝶ il aſlanas due le lux für meyemffferntin cd Gniedple Bome d preſent qu olle vi emb les fo 42 Kois de mond la force, e coutage c la pddiente 1 des ontiſes de - 1a primirize. Egliſe. at = cer alps&-le Ragens reculergit eſſrol. 661 (rok Minu. iu danoigteahi ned 2025 i 1::Oh,.diptehesidu:-Nonte:Beadroplioufuttve deæchiſters 8c dixachetses à la grande Poſta, * Mee nl, Confei! des Affaire Kerengerts. Un appritbqunb Exequts, quels Docteurs & Nut, 1 perſomiates o excitoient des- ttoubles en: France | one le Cn d Nanlles. Mals la, Cant 4. enir ferme z vincent ſuſciti -t- un contre de | Pape les Cardinpux les plug/arraghds 4 la halle, REL RESECTECTRTE MG EF TWS OT WOW a Wo = \ | le parti Jun ſeniſte eſt humili ige en an 1 7 * Rome, plus: ſage encore: que Bentiyoglio N Git fougueux, teſdlut d accorder les balles, en fie a promeſſe au Cardinal de l Trimoille W hai declara qu'elle he cherchoit plus que les moyen en les accardane, de ſin ver I H uteur du St: Siege. Vainement les Jeluires, tes>Sulpiciens , tous les deyors de Pancien tems de Bonis NIV: a Rome, pour iehorter Ia Cour de Clemegr 2 Clement XI oleur fit declaree;; par le Cirdinal Miniſtre, Paulae: gat arif aß à profes- conceder les bulles, pour he paz dunner aux! en- venis de I Pguſe Romaine un ttaere“ cnndes tefuſant, Centretenir le feu quliliavoient Abs, i Loceaſin del da bulle 3 4 Fee ute agg. nuement qu il manquoit de prœuwes (uffifantes pour Juſtifier: lon. refus des pulles, quand oon | lui rappeUoir les conditions du Concardary enfin il diſoit: que le Regent de France ;ayanrddtegdu | aux ſujear-du-Roi'de ſollicirer 4-Rpmb Fexpddb> = tion des bulles pour rout bdndfee cle feul vu Rome en avoir 'refult ; "no pohrdit enter en parallele aver les aux) reeks:qui"'devoitmziid- ſulter de la diterminatiom extiacrdinaire-duw' Duc Oda e 1X ene e ee ee * N Suite devopetatibns de riouveay Miniftere ; e Pape aſſurbit; en meme tam, les 2616 Partiſans de Vautoritt de la Cour de Rome, quben urcosdam les lle, Phonneur du · Sti Siege toit intenu dang toure ſon incegrirs | le Cardinal ion ſeroit accepree.dans les Dioteſei des Byeques Suit aoit relblu:degourvoir aaiane! ab 217% 73 Nals certe condeſcendance-thu-Pape , effet 1 char ſi — —ů— a um offer f prodigieur dans! Peipric des 2616 | pariiſans de fon. auenrinb en Frunde } 4u'ils pot eren contre ui les plus hauts xi & parce que oe Pape md plus ꝗ inſtrumerita do leut baine contre les Prilats nommes & contre le Cardinal a Nbailles, ill & gtoit plus\ qu um Pontife. pelt igue qui-commeticait. dans ſa vieilbeſſe & radoterz Bentivoglio quir#coutoit leurs plaintes, les ani- anoit;dayantage: par celle qu'il portoit lui- meme dur lz.conduics du Pape, tandis qut dans ſes idepedhestil ne ceſſoit de faire Je tableau entote -Exagore| des»Koubles que la conceſſion des Hulles occaſtonnoit. Le Pape pous apjinifer leur fu- eur, fals de leur aceorder quelqut vauantage, | —— nommes eden les — —— 2) 11 - C'eſt ainſi que Clement XI nn ptet | pour aviſet aux moyens de reprimer: le. Pape. r ͤ . ̃ᷓò ů 7 . 1412, 6 mee la Cout de Romé;z r; lorſqu il: propoſa dans le Conſiſtoire les Egliſes de France, on avoit nominad une commiſſiaon 4 Paris; Le Duc d' Ayen, dant la belle · fille c tait a nicce du Catdinal de Noaittes:, avoit ouvert: Eis de faire un appel general au ſmut Concile a a de la Nation: le Duc de Noailles Payoit appuy6$ & ils avoient 66 ſoutenus par le Due de Saint - Simon, qui, quoique religieux & deyor., deve - noitfurieux, quand on patlait de la Cour de Rome. Le Comte de Toulouſe avait adhért auſſi à c ſentiment , * le Regen me Trois 1 cam tredit. 524-101 z a νE,ł-i FN Mas le Püince de Con, le Genes les Marechaux de Villeroy & de Villars setdiend forremenit- oppoſes à ceme propofion nen | qu'il: ne yowloit pas changer de religion. dana vieux .. non £92, eee 811 i Malgté cette diviſion Aube le Conſeil de R. gence ſur des affaires extremes , le Pape! vouloit toujours accorder quelque ſaveut au parti qu il avoit humilic ,. en accordant des Nullea. Ce parti- IA toit conſternꝭ : il ait meme beſain d encou. ragement., frappe depuis quelques jour de Ja nos relle ſcandaleuſe, diſoittił, qui courus 9 Pale Tome III. | que le Conſeil de Regence vouloit, au hom de 68 Suite des — 1a. Nation, que le Patlement appellat au futur Concile, de la ſameuie Bulle; c'eſt pour crtte grande affaire que les conferences du Palais · Nopal, relatives d la Bulle,; redoublerent de travail &. ckactivitcl: car on ſqavoit que le Pape parloit de declarer le Cardinal * ſepare de FEgliſe Romaine. : £25128 0 251. n Agr — — kcoĩt een car in faction Jeſuitique 8 Sülpicienne, voyant's incertitudes du Pape, ayoir écrit — foudroyantes contre ſon eſpece de rranquillte'; diſant qu'il ſe trouverdit enot en France. des Chre- tiens capables de monter ſur les echaffauds, pout le maintien de la foi &. de:PRpliſe 3- elle asu que ſi le Souverain Pontiſe dvoir jugẽ bon/$ac- eotder>leb Bulles aux crtatures du Cardinal de Nonilies 3. ad moins devot · il conſerrer de- ſendre Pantotir: de la Hulle dans toute ibn int · | grits. On apprit que ces lettres arr6td&©1, vo- verſes c dschiffrées à da poſte , auoient pioduit un grand effet dans leſptit du ontiſe ; ſans voſſe fottant: dans des petpctuelles incertitudes; En- courage donc pat ces depches , & yoyant:quelies mnpec & levoient cone In, de I' Egliſe i diſoir qu il nie. plus permis dlattendre de cCalme que de la ſcule allſtante divine; & Hübe A ; * 0 * wal [AAA einern EE SEES OLDS le parti Jan feniſte eft fumilio. on ne pouyoit. plus y remediet pat les voies humaines: en con{&quence le Pape ayant implore P'aſſiſtance du Saint - Eſprit, la fete de la Pentecote , & fait intervenir les prieres des Fidelles, & accorde deg Indulgenees à ert effet, il reſolut de communi» quer à la Congregation du Saint-Office (de In- guiſition) le bref qu'il avoit dreſſè au ſujet des troubles occaſionnes par le refus d'obeir à ſa Bulle: il Ecoura-encore les avis des Cardinaux dg i la Congregation de P Inquiſition, pour Haider de leur zele, de leut bon elprit, & de leur connoiſſance dans les affaires: il toit donc prét d éclater, 0. le Cardinal de la Tremoille regut une lettre adreſſce par un courier, & tcrite au Pape par pendre ſes teſolutions, ſe flattant de ramenet le Cardinal de Nozilles, & dabtenit de lui & de ſes principaux partiſans, le gente de ſoumiſſion que le Pape demandoit, C eſtra - dire, une obdile, ſance abſolue & ſincete à la Bulle. eb Mais le Catdinal de Rohan, autre general de la faction Moliniſte, ne penſant point comme Bifly „ fit entendre -d Paris au Nonce, que la ſeparation; de Rome d avec Noailles, Arche veque de Paris, & Chef du Conſeil de conſcience, jet teroit la Cour de France dans la petple xis & quelle finiroit par abandonnet ce Cardinal 2, l, s | K 2 Be 68 Suite des operations du nouveer Miniftere 3 diſoit au Nonce que Noailles trembloit de pcur que le Pape n' effectuãt ſa menace, & lui ajoutoit que ſans balancer davantage, le 1 een AU NOM DE DIEU; & partir. 0 Pluſieurs EvEques ſe preparoient en en tems à ſe declarer eux-mEmes ſépares du Cardinal de Noailles, par des mandemens bien fanatiques, bien quereleurs, & capables de ſuſcitet des guerres giviles : & les Moliniſtes outres, ne ceſſant de repreſenter le Regent comme — de PEgliſ, & le partiſan ſecret de toutes les actions du Car- dinal de Noailles, ne ceſſoient de tepandre la calomnie que les operation de la Tn ſerojent telles que le Roi en mourroirt. | - Enfin , le Cardinal de Noailles al * a fin de Juille 1718, de recevoir la Conſtitut oui & les une conferences du Palais-Royal fu- rent ſuſpenduds : mais. il y conſentit, moyennant des explications- que rejetterent alors les Chefs des Conſtitutionnaires, craignant de perdre leur influence ſur les affaires, quand cette grande querelle ſeroit termince : ils demandoient 4 exa- miner le mandement par lequel le Cardinal vou- loit accepter; & ſe preparoient à trouver dans cer acte de nouvelles preuves de ſa reliftance 2 la foi de PEgliſe. Le projet de ce mandement paerut en effet, au grand étonnement des Chefs le parti Jan ſeniſte eſt humilid. 69 des deux partis , qui en furent tous ſtupefaits & comme frappes, voyant leut importance dam Egliſe decliner par les ſoumiſſions du Cardinal: ce Prelat acceptoit la Bulle, & condamnoit ſes propos ſitions dans le ſens de PEgliſe, Le Cardinal de Noailles en avoir remis le projet au Maréchal 4 Uxelles, qui devoir le lite en preſence des Cir- dinaux de Rohan & de Biſly , fans en laiſſer prendre aucun extrait. Alors les Chefs Moliniſtes, dcconcertes, reſolurent d attaquet le mandement , quand il ſeroit 1, 6. dy crouver des he- reſies. t C'eſt dans ces aan que Dubois WR reſolu de negocier avec Rome, pat la voie des Je» ſuites, pour devenit Cardinal. Miniſtre desaffaites n Errangeres , il eroit inſtruit de mille manieres des N embatras & de la ſollicitude du Pape: il reſolut de le ſervir pour en obtenir le chapeau : il promit de rendre le Regent Moliniſte, de rappeller les Jeſuites à la Cour & au confeffionnal. du jeune Roi, d'loignet les Janſeniſtes, de ſoumettre les Parlemens , & rendre la Bulle Unigenitus triom- phante. A ce prix - la il devoit etre fait Cardinal; Autrefois, pour humilier un Corps teſpectable par ſon ſavoir 8 ſes mæœuts, le Jeſuitiſme i jaloux de ſon naturel & ambitieux, imagina une heréte , la denonga, violtema le Pape &c le E 3 , * my : wn ww 671 @ 9 tr. 4 VG. : 70 Suite des operations du nouvenm Miniſtere ; Roi Louis XIV dans ſes vieux jours , pour la faire condamner. Pour Etre declare Regent le Duc d' Orleans & Dubois titerent du nfant & de la perſecution le Janſeniſme abbattu, parce qu il avoĩent beſoin du Parlement A 3 la we Betoit refugice. | © Pour devenir Cardinal, Dubois 1 le Moliniſme qui diſpoſoit encore du Cardinalat , le tendit de nouveau triomphant, & 'perſ6- cuta le Janſeniſme. Ainſi dans tous les tems, religion fur Pinſtrument des caprices des Miniſtres, Son chef, Clement XI, le voyoit & en gemiſſoit, & comme le vaiſſeau battu par toutes ſortes de vents, il toit pouſſe & repouſle- depuis long- tems par des forces contradictoires: mais il avoit le caractete necefſaire dans ces agitations; & fa foibleſſe meme ou plutòt fa facilitè fut le ſalut de PEgliſe. Fidele aux grands principes de fa religion, il montroit de la condeſcendance aux Rois qui avoient du caractere, & ſur- tout aux piemiers Miniſties. L'Intriguant Lafficeau, Jeſuite detat & de caractere, toit charge à Rome des interets de Dubois, & aveit ttaduit en beau | frangois une homelie du Pape, qui goù'a la maniere du Traducteur, & le diſtingua. Dubois conſia 4 Laffireau les affaires do France, & de- manda le chapeau de Cardinal: un prſent de cent it, de a, oit fa ur fa ux ux ite es u la is e at ſe perth, anſtniſte eſt lanuli⸗ * . mille * fait aux neveux du Pape & coimme ils rergiyerloienr encore, le preſent, fur fait trois fois: le Pape neangnoing ne donnoit paint le cha- peau; il mourut meme ſans le donget & ps, h douleur extreme de voir Pincertimde ff e de Dubois, qui vouloit tant6e proteger le Jeluitiſwe, & tantõt clever encore le Janſeniſme Kun diſoit avoir des eker | — s l a 'S oY N | | 7 1 tr +24 ” CHAPITRE 1x eee Le Regent Sal le ſecret & 55 que de fer; nouvelles A necdores LY ce Filet. * \ | 4 5 as; 4 wi , ” ; F =; x © N , 1 * 18 1 4s © i 6 ® 7 TI e 114 dy WL Wn . Gus le 2 Rail ws.q un tems ol dans tous les ordres la, ſociete on. le demandoit quel toit ce fameux perſopnage connu ſous le nom de Maſque de fer ? Mais je vis cette cyrioſite ſe ralentir quand Cing- Mars Payant conduit à la Baſtille on affecta de dire qu'on i Pordre- de tuer ce priſonnier vil ſe faiſoit .conngitre. z Cing- eee eee ay E 4 72 Te Regent devoile le ſecret du Maſquede fer ; Heur de devoiler qui il étoit, ſubitoit le meme ſort. Cette menace d aſſaſſiner ce prifonnier & les curieux du ſeeret, fit dès-los une telle imp preſ- ſion qu'on ne parla qu demi mot, tant que le feu Roi vecut, de ce beg myſterieux. L' Auteur anonyme des Memoires ſecrets de la Cour de Perſe , publics chez PErranger , quinze ans apres la mort de Louis XIV ; eſt le premier qui ofa parler du n & rapporter quelquey | anecdotes, | Depuis ce tems u, la liberté ſe 3 tous les jours avec plus de hardieſſe en France, dans la ſocitte & dans les libres, & la menioke de Louis XIV perdant de plus en plus ſon an- cienne influence, on raiſonna librement ſug cc priſonnier ; cependant on me demande encore & la fin de mes jours, & ſoixante & dix ans apres la mort de Louis XIV, guel toit ce A au Maſque de fer. "> | hit la queſtion que je Kaifols en Tore: 4 1: Princefſe adorable que le Regent aimoit, 'i mais dont il etoit deteſtè q parce qu elle maimoit g 1 eperduement & parce qu'elle ne devoit avoir que | du reſpect pour ce Prince: cependant comme on 8 ä ẽtoit perſuade dans ce tems H que le Regent „ 5 Etoit inſtruit du nom, des aventures & des cauſes | de Femptiſonnement du Maſque , je tentai, plus nouvelles Anecdotes ſur ce priſonnier. 71 curieux & plus hardi que tout autre, q artaeher du Régent par le moyen de ma Princeſſe, le grand ſecret; elle toit accoutumee à tebuter le Duc Orléans, & à lui témoigner une grande averſion; mais comme il fut toujouts paſlione- ment amoureux delle, & comme à 1a moindre lueur de quelque eſpètanee de bonheur, il lui accordoit ce qu'elle lui demandoit, Pinterreſſai ma charmante Princeſſe, dejd fort curieuſe de ſon naturel, dans mon projet & je Pengagai 2 faire entendre au Regent qu'il ſeroĩt heureux & qu'il ſeroit ſatisfait, il vouloit permettre la lecture des Memoires du b de fer r.. | avoit. A Le Duc ꝙ Otleans mavoit zamals Xdvoils 44 ſecret d'Etat; il Eroir dune circonſpection inouie ſur cer article, cat Dubois ſon Precepreur Vavoit accoutume à le garder, & il n'eſt pas hors de propos d' obſerver ici que les Gouverneurs des Princes quit ſe propoſent de - Safſujettir leurs Eleves, fondent leurs eſperances ſur la nullite de leur caractere, ſur leur penchant pour les plaiſirs, fur leur defaur d inſtruction & fur leut facilite, ont tous Padrefle de leur inſpirer le goũt du ſecret, le catactere ſilencieux dans un Prince ctant la baſe de-Pedifice que les Arn Wie ambitieux ont deſſein d' lever. ee — Le Regent devoile le ſecret du Maf, zue de fr; - Le Duc Orléans dont la conduite avoit tou- jours ets libre avec les compagnons de ſes plaiſirs, avoit été avec eux dans la plus grande teſetve, il toit tres - ſectet & il nꝰ toit pas probable qu il delivrat ce Memoire , qui pouvoit dévoiler la eondition & Porigine du priſonniet Maſqus; on fur meme, dans la ſuite, que le jeune Roi Louis XV, avant ſa majorite, deſoloit ſans ceſſe le Regent pour apprendrg quelques circonſtancys | relatives a ce malheureux, & que a curioſit alloit en | augmentant, à meſure que le D uc d' Orléans ſe tenoit dans une plus grande. r6- ſerve & qu il rẽpondoit au Roi que le degoir de ſa place lui preſcrivoit le plus profond ſilence juiqu'a la majorite : auſſi la demarche de la Princeſſe aupres du Regent me paroiſſoit- elle au moins inutile; mais Tramour, & un amour auſſi ee een df 3c Cai ws Lok e — * n 15 e | - ke h 1 le aer lui ddlivis. donc Ecrit, qu'elle m' envoya le lendemain enveloppe d'un billet chiffré, que les Loix de Hiſtoire veulent que je rapporte ici en entiet, comme un monument eſſentiel de notre hiſtoite dont je garentis Pauthenticite : car la Princeſſe m'ecrivoit en chiffre quand elle me parloit le langage de la galanterie, & me diſoit dans ce billet quel trait avoit ètè conclu; de fon côté, pour avoir le Mcmoire , & du còté du Régent, pour arri ver au but ſi daſirè. Lhiſtoire defend les détails mais en empruntant le langage modeſte des Patriarches, je puis dire que ſi Jacob pour avoix en mariage, celle des filles de Laban qu'il aimair le plus, fut oblige de Vacherer deux fois ; le Regent exigea de la Princeſſe encore plus que le Patriarche. Voici le billet chiffre, ** Memoicc hiſtorique le ſuivra : : | 34. 2. Ic 17. 12. 9. 2. 20. n 10. 3. 21. 1. II. 14. I. 16. 16. 12. 17 14. 2. 1. 21. 11. 20. 17. 12. 9. 14. 9. 2» 8. 20. Jo 20. 2. 2. 17. 8. 1. 2. 20. 9 2k. 21. 1. 56. 12. 17 15. O0. 14 1. . 14 12. 9. 21. A hn . 16. a0. 14. 8. 1000 Anne a hy dies 85 * Peducation du Prince infortune, ſouſtrait par les Carui- naux de Richelieu & Magarin d la Societe:; | & rim 7 bens de Louis XIV. tft has th Gouverneur 4. a Prince 1 2 de la mort. f * 8 y TH 1 0 » Le: Prince infortune que ng & v garde juſques vets da ſin de wes jours, naſquit nouyilles Anecdotes ſur ce priſonnier. 75 | 76 Te Regent devoile le ſecret du Maſque de fer; » le 5 Septembre 1638, a 8 heures & demie „du ſoir pendant le ſouper du Roy. Son /frere » 2 preſent regnant , eſtoit ne le matin,a midy >» pendant le diſner de ſon pere; mais autant la » naiſſance du Roy fur ſplendide & brillante, „ autant celle de ſon frere fir rriſte & cachet „ avec ſoin, car le Roy adverti par la Sage- „ Femme que la Reyne devoit faire un ſecond „ enfant, avoit fait reſter en {a chambre le | » Chancellier de France , la Sage-Femme , le » premier Aumoſnier, le Confeſſeut de la Reine, > & moy, pour eſtre remoins de ce qu'il en >» arriveroit. & de ce qu'il vouloir faire Sil nglf- » ſoit un ſecond enfant . | „ Deja depuis long-rems le Roi eſtoit atregl pat propheties que ſa femme feroir deux fis; „car il eſtoit veneu depuis pluſieurs jours des „ Paſtres a Paris qui diſoient en avoir eu inf- » piration divine, ft bien qu'il ſe diſoit dans „ Paris que ſi la Reyne accouchoit de deux » Dauphins comme an l'avoit predirt, ce ſetoit „ le comble du malheur de PErat ; FArchevEque „de Paris qui fit venir ces devins, les fits ren- „ fermer tous les deux a Saint-Lazare, parce que „ le Peuple en eſtoit eſmeu, ce qui donna beau- „ coup 4. penſer au Roy 3 cauſe des troubles & quwil avoit lieu de craindre dans {on Eſtat. nouvelles/ Anecdotes ſur ce priſonnier. 7 „Arriva ce qui avoit eſte predir par les devins, » ſoit que les conſtellations en euſſent adyerti „ les Paſtres, ſoit que la Providence voulut » advertir Sa Majeſte des malheuts qui pouvoient „ adyenir à la France. Le Cardinal à qui. le „ Roi, par un Meſlager avoit fait ſgavoir cette » prophetie.z avoit reſpondu qu'il falloit en. » adviſer , que la naiſſance de deux Dauphins » n'eſtoit pas une choſe impoſſible & que dans » ce cas il falloit ſoigneuſement cacher le ſecond, » parce qu'il pourroit à Payenir vouloir eſtre » Roy, combattre ſon frere pour ſoutenir une » ſeconde ligue dans Etat & regner « . „Le Roy eſtoit ſouffrant dans fon incertitude, » & la Reyne, qui pouſſa des cris, nous fit. „ craindre un ſecond accouchement. Nous en- » voyaſmes querit le Roy qui penſa tomber a la » renverſe , preſſantant qu'il alloit eſtre pere de » deux Dauphins : il dit à Monſeigneur VEveſque » de Meaux, qu'il avoit ptie de ſecoutir la » Reyne , ne quitys pes mon eſpouſe juſgu d ce » gu elle ſoit delivrde ; j'en.oy une inguietudo » mortelle, Incontinent apres ,-il nous aſſemble, » PEveſque de Meaux , le Chancellier , le fieur » Honorat, la dame Peronete, Sage-Femme , & » moy , & il nous dit en preſence de la Reyne, » ain qu'elle peut entendce 3 que nous en reſ- — —⅝ 2 ——_—_—___— Ä Te Regent devoile le ſecret du Maſque de fer ; » pondrions ſur notre teſte fi nous publions ls v naiſſance d'un ſecond Dauphin, & qu'il vou » loit que ſa naiſſance fut un ſectet de ] Eſtat » pour prevenit les malheurs qui pourroient „ atriver, la Loy Salique ne declarant rien; ſur * heritage du Royaume en cas bes W de „ deux fils airs des Roys „ nn Ce qui avoit te preſdit . h Reine „ accoucha pendant le ſouper du Roy dun Dau- „ phin plus mignard & plus beau que. le pre „ mier qui ne ceſſa de ſe plaindre & de crier » comme vil ent deja eſprouvẽ du tegret d entret » dans la vie od il auroit enſuite tant de ſouf - „ frances I endurer; le Chancellier dreſſa le » verbal de cette merveilleuſe naiſſanee, unique » dans notre Hiſtoire: enſuite; Sa Majeſte » ne trouva pas bien fait le premier Pro- „ cès- verbal, ce qui fit qu'elle le bruſla en notte „ preſence, & ordonna de le refaire pluſieurs fois ». juſqu's ce que Sa Majeſts le trouva de ſon 5. gret,, quoique pur remonter M. PAumoſnier, „ qui pretendoit que Sa Majeſte ne pouvoit ca- »- cher la naiſſance d'un Prince à quoy le Roy » reſpondit qu'il ak avoit en 1 une _—_ * It. N-: 5 » Enſuite le Roy nous 4 2. > ment: le Chancellier le ſigua d abord, puis M. — — ” 33 nouvelles Anetdotes ſur ce priſonnier.. 79 » PAumoſnier, puis le Confeſſeur de la Reine, » & je ſignay apres. Le ſerment fut ſignè auſſi pat „le Chirurgien & par la Sage- femme qui delivre » la Reyne'; & le Roy attacha cette piece au Pro- » ces- verbal, qu'il empotta , & dont je nai jamais » ii parler: je me ſouviens que Sa Majeſte sen. » rretint avec Monſeigneur le Chancelier , fut la „ formule de ce ſerment & qu'il parla long-rems » fort bas de Monſeigteur le Cardinal. Apres » quoi la Sage- femme fut chargee- de enfant » detnier n; & commit on a toujours craint quelle „ne parla trop ſur fa naiſſance, elle m'a dit » qu'on Payoit ſouvent menacee de la faire mou- „tit ſi elle venoit à parler; on nous defendic » meme de jamais parler de cet enfant entre nous „qui estions les témoins de fa naiſfance ». » Pas un de nous n'a encore violé fon ſer- » ment ; ; car fa Maſeſte ne craignoĩt rien tant » apres elle, que la guetre civile, que ces deux „enfans, nes enſemble, pouvoient ſuſciter, & le | Cardidal Pentretint roujours dans cette erainte, | - quand il sempata enſuite de la Sutintendance * wo 5 8 A Tag F 7 8 8 7 7 1 FS 2 8 & F LACY * » de education de cet enfint. Le Noy nous 0 » otdonna auſſi de bien examiner ce malheureux « » Prince qui avoit une verrue au- deſſus du coude a » gauche, une taſche jeaunitre à ſon col, du . X ! } 8 . - Bo Te Regent divoile le ſecret ds Maſgue de fir t » de fa cuifle droite; parce que fa Majeſté, en „cas de dects du premier ne, entendoit, & » avec raiſon y mettre en ſa place enfant royal „ qu'il alloit nous donner en garde; i il » requit notre ſeing du procès. verbal qu'il fit „ ſceller d'un petit Sceau royal, en notre pre» » ſence, & nous le ſignames ſelon l'ordre de ſa » Majeſte, & apres elle. Et pour ce qu'il en fut » des Bergers qui avoient propheriſe fa naiſſance, v» jamais je wai pu en entendre parler 3 mais » auſſi je ne m'en ſuis enquis. Monſieur le Car- „ dinal, qui prit ſoin de cet enfant er „ aura pu les depayſer. 4467+; V Pour ce qui eſt de Penfance info Prince, » la Dame Peronnette en fit comme q un enfant, v» ſien d'abord ; mais qui paſſa pour le fils baſtard » de quelque Grand Seigneur du tems, parcequ'on » reconnur , aux ſoins qu'elle en prenoit & aux de- » penſes qu'elle faiſoit, que c'eſtoir un fils riche & >» cheri , encore qu'il fot deſavoue. 1 88109 <9 Quand le Prince fur un peu grand , MonGeur » le Cardinal Mazarin, qui fut charge de ſonigdu- >> cation ,-aprds Monſeigneur le Cardinal de Ri- chelieu, me le fit bailler pour Vitiſtcuire & Pele v leyer comme enfant Pun Roy z mais en ſecret : N th Dame Peronette lui continua ſes offices:jub „ la mon, avec + aunchement delle à lui. & » & de lui d cle, encore; davanrege le Fin 4+ ti inſtruis en ma maiſon en Bourgogne 4 weg » out le ſoin qui eſt deub dun fils de Roy, & » ftere de Ro.. iul water om Ne „ J.ai ede frdquentts,eomvenlations. ante ls » Reyne y- mere , pendant les trouhles de la France, » & ſa Majeſte me parut craipdre que {6 jamais la » naiſſance de cet enfant, Eroit connue du via » de ſon frers Je jeune, Roy. quelques megontens „en priſſent raiſon: de ſe fevelter, parce, que. » pluſicury,, le dernier nd de v deux enfans jumeaux, eſt le premier congu , & | par conſe quent qu iI eſt Roy de Arcit; tandis que » cc ſencimens, n'eſt. ee par d autres de Kren 75 » cet tal. e. 411 + e n f a d » Cents, erninge n une put "= © anden ovine preuves z par crit, de 4 25 ; quien cas d Cvenement & de x mort mh Rog oath entandoit t ite recans| * 2 » noitre ſon frers v, quoi qnielle n un autre enfant: Mo elle ee dic ſell erraten, 1 1 F "Yn"; is. ai donne . Frince infortuns, wre &da- fe e que Fan, me donnit a » moi-mEme , && les filg 466 Dringes, ayours, nen vont pas eee. ee que j ai a me » reprochor Coſt avoir fait le malheur du 7 Tome III. ; 5 parker , le laiſſant accroire , #2 Le Regent doi le ebrer di Muſyiue de fir 5 quoique ſans" le vouloit᷑ ; car comme A avoir } » 19 am, une envie ttrange de ſavbir qui il eſtoir » „ & me il voyoit en moi la reſolution de le lui > faire , me montrant à lui plus · ferme: quand il ambtzblolt de prieres 3 il reſolut des- lors de c „cher {a curiolits , & de me faire Aceroite qu'il 5 penſoit qu i Gott mon fil, n6 ꝙ amour illegitime; » je lui dis fouvent, la-deſſus, quand il mp - > pelloit fon pere; quand nous &rions ſeuls; quil „ ſe ttompoit; mais je ne lui combattois plus ce > ſentiment qu il affectoit peut · etre pour me faite mor, qu'il toĩt mon 5; fils, ſans coinbattre en lui ce ſentiment, & lui ſe » repoſant la deſſus, mais cherchant ns ds » reconnoirre qui il eſtoit. Deux ans S eſtoient cu · „les quand une malkeureuſe de ma 5 part, de quoi ja bien à me reptocher' lu fir > connoltre qui il eſtvir , it favoit qus le Roy tin. 35 voyoir , depuis peu de temt; „des Meſfagets'; & „feu lemibeur de lar i calſhtck | des fetrres de la Reyne & des Cardimaurx ?'A lut unt partic & devin Pautre,' par fa zn oedinarre,, „& il m'a avoite, dans la ſais ib ator t- beit la kee k. phi expredive & i. flas mar o quante ſur la naiſſance. 21 % Faure » Je me teſſouviens quꝭune habitude hargneuſe * & beitale ltc: & fen ami & fon reſped Un 01 nouvelles ne * » pour, mpL, dans lequel je I's op Are „ je ne pub 4 abord reconnpiue If 1 8 » chapgeaens, 3, Car je rag me. ſis agyi ais „ comment #þ ayoir fouills dans ma caleree , de . » jamais il 95 voalu men, qdyouer les N a » ſoit gull We. eſte aide aide par gue ques MES » quiil.n's pas voulu . Fe ee, u . ” ait eu Tunes u 221 2 * Finds | » 1] commir mv, Jef erp Ter Lim 4 55 » de me. 9 7 reue dy fe Roy - Louis AL &. ar 19 5 . . reſ- e pondis du ds en. reif dg; N v tend eee der e 2 leuts 2 c — . — + lar r 5 Fr eps D617) Dijo 29115 la fur bit nour V aller yoir un We gl 06 gr po 42 ” 5 OY » EPI 2. 3 qui i l ove = » avec fon 55 Wie bY r | rp 1 os tom 0 1 1 7 ac G Lok Pa ” "ns NA Je. Mr. le ing Ef | r- „Le. 4 Prince ag 6 el beau comme | ave Pamour & Vamour | voir 55 tres bi ien Tervi 2 oe arte; I frete ; 4 car, Uel- uſe r | a puis N wois, une jeune Cee de 5 = & 4. „ Frers, & voild qui je Tubs), en ie * 84 Le Raja Moll le - ſecret du 2 Je fer; „ 1a mallon, eftbir de fon goaſt, & il la careſſi » ſi view & 1a contenta de meme; que, malgte ” ls defebſe 1 rous le Domeſtiqaes d. f tie „ lui donner que par ma permiſſion; elle lui » doritia un pottraie du Roy. te Yds * Prince ſe recontiur , & il le Pouybit bien, ” puiſqu un portrait pouvoir ſervit 3 Pun & 1 „ Vaurre , & cetts vue le mit en une telle fu- * » feur, 01 vint T moy en e dilant :Goild'n mon » une lettre du Cardinal Ml An wil avi * volee ; 4 1 ſcene fut belle dans hk Waist «, „ La crainte de 9 voir le Prince, "Pecha apper & 15 accourit au mgriage br n . craindre eſptchai un Meſſage: un patcif OEM un ; ” au Roy „ pour 5 po ouyerrure & m ma ” r I; du belvin de AW inftru@ions. | * Le Roy fir enybyer 'fes ordres, p ar le Cat- » dinal , qui furent & n abus nel "bus le s deux Juſgu a des ordres nouveaü, lui Hie » entendre que Ia Pretention eftoit la chf de » notte maälheur commun: Vai ſbufferk ate lui * dans notre. ptiſon — Juſqu au moment que jc » crois due Pare: de pirtir' de ee monk ct E . par mon age en Haut, & je ne » puis fefuler 2 1a tranquillie de AE e ni „ 4 Ty elle, „ une ßere de eck qi nouvelles Anecdates ſur ct priſongerr 85 „ lui indiqueroit les moyens de ſortic/ de Peſtat » ignominieux ou il eſt, 6. k Roy Fenoit 4 » mourir ſans enfans. Ua. iMG is job | v obliger aw ſecret ſur. des anecdotes ingroyables » qu'il eſt. neceſſaire de hier l. 1a. poſterice « ? Voila le Memeire hiſtorique que delivra le Reg ent X la Princeſſe , & qui doit occaſionnet une ful de queſtions de la part des curieux des anecdotes piquantes, On demandeta en effet quel etoit ce Gouverneur du Prince? Etoit- il Bour- guignon ? Ou ſimplement FPraprictaite Sun cha- reau ou d'une maiſon en Bourgogne ? A quelle diſtance de Dijon troit ſa poſſeſſion ?. C'ttoit = fans contredit un humme remarquable , 2 p fic 1 yt Cour. Lond Bll. nn | intime confiance , par charge ou en qualité de ET de la Reine & du Cardinal de Richelicu.; Le Nobiliaire de Bourgogne pourroit- il nous dire quel perſonnage dans cette Propince F diſparut de la focicte après le mariage de Louis XIV, avec un jeune Eleve environ ringt ans , inconhu, & dont il avoit ſoin dang | {a maiſon. ou chateau 2. Pourquoi ce Memoice e qui parole avoir pres d'un ſiecle de yetuſte, eſt- : nora? A et dicts par le moribond pouvoir brre ligne de lui? Comment ce 2 eſt· il ſorti de la priſon... Voila les idee 86 Te Regent dci le ſtert dn Maſh tle fer; que ce Memoire ſuggerera ; il ne cerftfie” pas que ce ſeunie Prince far le meme priſoner que celui qui nous elt connu ſous le nom de pri- ſonnier au Maſque z mais tous ces fairs convien- nent ſi bien à ec petſonnage myſterirux dent nous avons quelques aneedotes, qu ik ſemblent remplir h gtande lacune de ſes membires , & aous en faire connoltre le commeticement' : je vais joindre iti les anecdotes authentiquts| que nous avons depuis quiil fur Horé Cihq-Mars, comme le complement ou la continuation de ſon hiftoite; fans parler des debat lirteraireb qu 'i excita, En effet les Memoires de la Cour de Perſe zvoient 6 à peine publics , qu'une foule de gens de Letires fe diſputerent ſur le ſond du ſecret: Voltaire qui rappoita des fas, Ser qui ne le dévoila pas quoiqu i füt plus inſtruit que eg Saint-Foix, le Pere Griffer; 1z'Riviere, Linguet „ la Grangechancel , Abbé Papon, Palteau, M. Delaborde, pluſieurs Auteur dans divers Fust & notamment dans le Journal de Paris, ont public diverſes anecdores ; je Vis rap- porter celles qui paroiſſem les plus zutfentiques, me contentant d'ecrire en lettres faliques les expreſſions qui mont paru caracteriſer dans ce priſonnier un ttes· grand perſonnage , > ay indiquer c—_ ce qu il eroit, | a. en rot ; oy Le premier Auteur qui ait parle du perſon- nage, eſt 1 anonyme des Memozres ſecrets de 4a Cour de Perſe; it cite quelques Hats certains & qu'on a toujours pris pour t tels; mais il ſe rrompe fur le fond du ſectet, croyant que le priſonnier Maſque &toit le Comte de Vermandois : ce "} £t - priſonnier , dir-il , fut remis au Commandant » des iſles, Sainte- Margueritte qui avoir rec » davance Tordre de Louis XIV, de ne le haiffer » voir 4 perſonne. Le Cammandaat de iſle » Sainte - Margueritte traitoit fon priſonnicr avec » le plus profond respect; il le ſervait lui-nigme Ye » & prenoir les plats la porre de Papparrement, „ de la main des Cuiliniers, dont ancun n > jamais vu le viſage du priſonnier. Ce Prifice » Favila, un jour, de grayer ſon nom ſar le dos » Pune, aſßette avec la pointe d'un eoureay ; un » eſclave entre les mains de qui elle tomba, crux » faire fa cour en Ia portane ay Commandant, » & ſe flatta Ferre recompenſc . mais ce la Baſtille, 12 84 » Louis XIV, en reconnoiſſance de la fidelice. de Fg; 88 . Le Regent dirdile le ſecret du Moſque de fir; » ce. Commandant, lui en donna le gouverne- » ment ; il Etoit en effet de la prudence, de faite » ſuivre au Maſque le fort de celui à qui on » Pavoit confie , & c'elir «6 agir eontre toutes les 23 regles que de ſe donner un nouveau confident 2 qui auroit pu &re moins fidele & moins » exact. On prenoit la precaution, a Pille Sainte — Marguerite & 3 la Baſtille, de faire met » yn maſque au Prince lorfque pour” cauſe de „ de maladie, ou pour quelqu' autre ſuſet, on „on „ Etoit oblige de Pexpoſer a la yue de q „ Pluſieurs perſonnes dignes de foi ont alfcine; avoir yu ce priſonnier Maſque , & ont en » qu'il tutoyoit e Gouverneur, ui du he * traire lui rendoit des refpeds infinis * Quel ques mois apres la mort du Cardind Ma * zarin „(dit Voltaire dans le ſiecle de Louis XIV, 2 qui eſt le ſecond Ouvrage od il ait ete parle „ du prifonnier ) il artiva un dvenement qui n y point d exemple ; & ce qui' eſt non mois 3» etrange, ceſt que tous les Hiſtoriens ont igno- „ x6. On envoya dans le plus grand ſecret, au » chateau de Pile Sans Marvel, dans la mer v de Provenee , un priſonnier inconnu, dune „ taille au - deſſus de la mediocre, ſeune & de » la figure la plus belle & la plus noble. Ce u priſopnier, am la route , portoit un mafquo | 2 nouvelles Auecdotes ſur ce priſonnlar 89 » dont la mentonniere avoit des refſorts d aciet „ qui lui laiſſoient la libettẽ de manger avec » le maſque ſur le viſage: on avoir. ordte do lo- » tuer Sil ſs decouvroit. Il reſta dans Viſle juſ » qu's ce qu'un officier de confiance nomms- » Saint-Mars, Gouverneur de Pignerol, ayant ts fair Gouverneur de la Baſtille en 1690, » Palla à Elle Saint-Matgueritte, & » le conduiſit à l Baſtille toujours 'maſque. Ts „ Marquis de Louyois alla le voir d vette Iſie » avant ſa tranſlation, & lui parla debout &. 2» ayec une conſiderution qui tenoit du reſpect᷑. » ee ee ee e » auſſi bien qu on peut I'crre! dans ce Chàteau. « On ne lui refuſoit rien de tout ce qu'il deman- » doit, Son plus grand goũt était pour le linge „d'une fineſſe extraordinaire, & pour les den- » telles. II joueit de la guittate; on lui faiſoit la » plus grande chere, & le Gouverneur d uſſeyoit » rarement devant lu: un vieux Medecin de la » Baſtille, qui ayoit ſouvent trait cet homme ſin- » gulier dans ſes maladies , a dit gail A avoit ja- » mais yu ſaꝶ viſage, quoiqu'il ear ſouvent exa - » mine {a langue & le reſtant de ſon corps; il toit v admirablement bien fait , diſoit ce Medecin, + fa ben Gee buen engt I if par a les ſeuls ſons de fa voix, ne fe plaignant jamai | 90 Te Regent devoile le ſecret du Maſque de fer; "de ſon état, & ne laiſſant point entre voir ce » qu'il pouvoit etre. Un fameux Chirurgien ,, „ gendre du Medecin dont je parle, & qui a ar- v partenu au Mardchalde Richelieu (I), eſt te moin » de ce que f; avance, & M. de Bernaville, ſuc · ceſſeur de Saint Mars, me Va ſouyent confirme; cet inconnu ndurut en T1504, & fut enterrd „la nuit à la Paroiſſe de Saint Paul. Ce qui » redouble Pttonhement ,. eſt que quand. pn. ( ». Penvoya. aux Iſles Sainte Margueritte, il ne „ diſparut dans 'Europe. aucun homme conk- derable. . M. de Chamillard fut le dernier » Miniftre qui ſut cet ctrange ſecret. Le ſecond „ Marcchal de la Feuillade, fon gendre, m'a dit 'a la mort de fon beau- pere, il le conjuta, » 4 genoux , de lui apprendre ce que c ctoit que » cet inconnu qu on ne connut jamais que ſous » le nom de'Phomme au maſque de ſer ; Cha- » millard lui repondit * c'ctoit le SECREP » DE E'Frar, & ur avoir fait . de „ ne le reveler jamais. „ Le. Gouverneur mettoit lui- meme 1 5 ». ſur la table du maſque , quand. il &toir. aux © | Iſles, * e * Pavoir enfermé. Un N . ? * Fe Tf) 184 A 1 a—_ # - — (1) Ce qui eſt en leures iraliques. 4 cis ue dads les dernieres Eduions des Cuvres de M. de Voltaire. ; » jour le prifonnier- &tivir for: nom, avec un „ coureau , ſur une aſſiette Tufgent , & jetta » Paffierte park fendire,'vers uti biteau qui Eroit' „au pied de la Tour: Un Pecheur, à qui le » bareau appartenoſt , ramaſſi Taflette & la potta » Pecheur, avez-yous lu ce qui eſt Uhr cette » aſſiette? & quelqu un Fast il vue entre vos » mains? Je ne Jais' pas lire, repondit le Pe- » Pa vue. Oe Ce 'Payfan fur retenu juſqu'a ce que „ jamais lu, & que Paſſictte Wavoit étb vue de » perſoniie.' Ant, tal dit-iI, eng er Ren- » heureurx de ne ſavgir pas lire. Pack les te moini » encor a1) _—_ „core M. de Voluite, dans des mflnges, ) eſt le premier atlf de homme af 3 maſque de 5 2 » 2 1 tdix = *-inffrit 4. te anecdote , qui — A as. 2 De % . 69 — page $7 tg qoy os lo Pickens ou Payſan ou eſclare, far mis à mom: eſt- ct le mime __ luſicurs fois Ion yom ſur une affiene d'argent? nouvelle Anecdotes for ce prifvnnier.”* ot » cheur , je viens de ta trouver, pehſonnt ne » le Gouverneur nat bien infortns” quit. navoit v de ce fait, fly ea wm, digne de fol, qui vit „L Auteut du fiecle de Lbul XIV, (dis en- une hiſtöite avetde. Ceſt fait avec des variantes ? Ou bien le Maſque Erivi-il | » au Gouverneur. Celui-ci , ctonné, demanda au X 32 Le Regrntdeyaile le ſecret du Maſque 4 fr „ ctonne le fiecle preſent, qui etonnera la poſte- » rite, & qui n'eſt que trop veritable. On Va- » voit trompe ſur la date de la mort de, cet in- » connù, fi ſingulicrement inforrune , il fut en- „ tene 4 Sint Paul , le I, Mars 1703 & non „en 1704. 22 avok 4 dubeel enferms. 1 Pignerel, » avant de I'etre aux Iſles de Sainte Margueritte, >» & enſuite 2 la Baſtille , toujours ſous. la garde | > de ce meme homme, de ce Saint-Mars qui | » le vit mourir; Le pete Griffer ,, Jeſuite, 3 » communique au Public le Journal de la Baſtille: » qui fair foi des dates. Il a eu facilement ce » Journal , puiſqu'il avoir em ploi delicat de » confeſſer les priſonniers renfermẽs a la Baſtille. _ ». Lhomme, au maſque > fer, eſt une enigme „ dont chacun veut deviner le mot. Les uns ont » dit que Cctoit le Duc de Beaufort; mais le » Duc de Beaufort fur rus par les Tures 3 la > defenſe de Candie, en 1699: & homme ay » maſque de fer &roir 3 Pignerol ca 1662, D'ail- >» leurs, comment auroit-oh. arrete le Due de n milieu de ſon Arme? comment n Pauroit-on transferé en France, ſans que per- „ ſonne en ſir. rien? & pourquoi Pelt-on mis » en priſon, & pourquof ce maſque? 2 Les autres ont reve le Comte de Verman- 2 6 — > Dad SS ov Em . _” TY „% 0 Hos CD ©S =» - nouyelles' Anecdotes ſur ce pr ſinter." 44 » dois, fils naturel de Louis Mv, mort publi- » quement de la petite verole en 2885, à PAr- » mee, & enterré dans la petite" Vine 4 Aire, » non dans Artas, en quoi le » trompe , & en quei il 1 4 pu grand mat; » On a enſuſte imagine que le Düe de Mont- „ mouth, 4 quie"Rbi- Jacques” fit evuper K „ tete publitſbeitiche "dans Londres en 1675 „ &oir Thome au maſque de fer. II aursit » fillu quit et reſſuſcitæ, & uſted il edt » change Fotdre des teens, 2 edr mis Pannce » 1662, 4 pA P4607 ; U UN Jacques » | qui he pardbeiiFlikis apr de qui pat 01 merit cus les malbeurs elt pardonmé au » Duc de | » place, uit*hdiitne ro lui reſſembloit parkai » temen. La- Rllu trbüter de Soße, di 9 aurolt eu E bonté de" ſe faire touper con n en public pour Guyet le Due de Monmouth. 7 » II autoſt Kallu ue Toure PAhgleterte' o ft » meptile , "quifakiits le Ref 945 duep cot pk 5 5 XIV, ayane fit ec petit plaifir àu RI Jac! » wauroit aus Cavoit les rabies » pour le Rbi”*Gdittaume , & pout a Reine „Anne, „ i fut en zuerte 3 K Leſt e a Loa XIV de vouldir Bien li „ fet vir de Sergent & de Geller“ Enſuite Lum ũ„—/m·Uw—m— F õ » — — ̃ ̃ —— —. — — — 1 .- L Regent devoils le ** du maſque l fer; v auroit ſoigneylement conſerve. auprès de cez » deux Modarques, la dignite de Healer g | „ - le Roi, Jacques Payoit honore,. . 2» Toutes ces illuſions tant, diiptes, i J „„A avoir. qui kot ce prilongier ;TOUTOURS ”. malque,; a,quel 2 ige il moutut, & ſous, quel », nom il fag enterre ? IL. eſt flair, que ſi gn, ne » te laiſſvit paſſer dans la cour 2 ls, Baſtille; » ſe, on ne lui permettoit ds, pagler d ſon, Me v dein, "que, Far. D'UN, MASQUE , v Cejait, de fur gu on, ns, reconnde dans fe 8 attraits gelle . reſemblance, 24 f. FA. „ PASTE il fomeit mppngr fa. langue », & jamais {on vifage, Pour | Frog n i YAporbicaire. de la Baſtille, pou. de. jours A ayant fa mort, qu'il CROFOLT. [avoir ſatpant v and j, Gele ficur Marfobgn,,, Chirurgjen, dy - », Marddhal. de Ricbelen, &. cnfaire,, du, Duc » COrleans, Regent, gengre de get Aporhicaire , me La Kggit plus d une fois. n. pourguot OY lui donner un nom italien 2,90, le nomma tou- jours Marchiali 2. Celui qui i Eexit cet atticle, f » en ſait peut: tre plus que le pere Griffer,z il *, n'en dira flava IF WS: 4. Ia Gangs (lane, of | le rroilieme nt qui air, parle du Priſonnier renferms-dans | es Illes Sainte Marguerite a er apres L la \rrand- „ 1 &@ „ etzt datis le tems que ſ y arrivai, men 2 „ 'appris des patticulerités ds Hiftoricts-phus "0 2 *& to "A £Y fn 0 nouvelles Aneedotes ſur er piiſanmier. 35 lation du maſque à I Baſtille +: Kube vinſtruwe de quelques fis 59% n eee „Le Ther due Jer fle! d iö Sts ches » quel, zur Iſles Sainte Marguerite 1 ou la d- » tention du ma ſue de fer Weit plus un ſecret v exact que M. de Voltaire; dan fen recherches , » auroit pu beit eSmate 100d f 74 „la peine de Linſtruire: Cet &venettient extraot- » dinaire qu'il place en 16, quelques mois „pre nöd dif Cardinal Eren weſtarrive » qu'en 18697) kit anf Apes 1 ort de tette „Eminence. M. dela Moch Hen, qui bomman · « doit dans Vs Illes; du rems db / Kro dertau, » maſſuta que ce priſommier vtoft le Due de „Beaufort, qu'on diſoit avoir td tut au ſicge e „Candice; & dont on no put trouvet le corps, „ ſuivant Joly) les kelitibns de ce te-. 11 » me dit adfl que de ſicur de Sulttt-Mats, qui » obtitt le Boußettement den des Iles, apres » celui de pout ce ptiſc » mime en +aMPlle Wiegetir & lui foùtniſſbit „ Avoſt de grimds” 'Egards ter 3 qu'il le Tetv6it thujours lui- „ ſourent der habit” auff chers quil* paroiſſvit » le dleſſter z dag dans ler- naksdter bd fl. àvbit * beſoin de Medela o de 3 "It Etbit 5 Le Regentdiyoile le ſeeret du Maſque de Fer „ oblige , fuc[peine de la vie, de ne paroftre en 35 1 6 qu avec ſon maſque de fer, & que il toit ſeul, il pouvoit s amuſer à farts * eee des pincettes d/acier »- erds-luilant-8c cd joli. Jen vis une de celles qui lui ſervoient a cette uſage entre les mains du ſieur „ de Beaumanoi ; neveu de Saint Mars, & Lieu _ » tenant d uns Compagnie franche, prepolce.pour e lagarde des priſonmiers, Pluſieum perſonnes mut n rkacont que larſque Saint-Mars alla prendre poſ- v ſeſſion de is Baſtille , c il conduibr. ſan. priſon- eee on entendit ce dernier gui portoit ſon 28. maſque.de fer. , dire d fon ConduJeys ; BST- » CE QUE; EE. Ror z Vr 4 M VIR2? | „ NON. MON PRINCE. cepondit Saia -» Mas; you vis. oft en, ſirets ; vous; n 22 12 vous laiſſer conduire. or; it: N os Nai (u;, de plus, un homme nommé Du- „ buiſlon caiſſier du fameyx Samuel Bernard, qui » apres avoir & quelques arinces 21a Baſtille, fur * conduit aux Iftes Saint Marguerite, qu ictait BY; dans une chambre avec quelques autres priſan- » niers, preciſement au- deſſus de celle: qui toit - 4" occupde; par cet -inconnu 4 dug par le tuyau de la chemince, ils eie eee & & * communiquer leurs penſches 3; Mas mais que „ceux gci- lu ayant ante wee, fl w — 9 4 I « b 2. SS TEES ET a kb is. >= ©n. $6. 7: =. hk B..55... houvelfes Andedores ſur le file 3 v il Loblrinoit 1 Kut elite fon nom & Le avan kutes ; I Heut 4y0it repondu jut cet aveu IU „ COUTEROIT LAV arte Je 17 ee 2s ; 1 » auzgutls il airoit fre ſon ſecrel » Quoi' quiet en lolt; aufoutd hui que le 1 © nom „& la quallte de cette vittline de 1a polirig que, » ne ſont plus des (ters dll VEtat ſoit interelſe ; » ſai cru quien iuſttüfſaht le public way » eſt venu 1 ma cortivilfitice , je deyois Ade » le cours des idees que chacun chicun' s'elt' forge ia » fantaiſie 3 ſur 14 foi "Din Aint hb 3 kait » une gratis rfputadioh Pär E meryeilfux, joint „n Fair de vexité qu'on admire A is T 2 7 » de ſes crits; meme dans la vie de Chatte KI. te I Abbe Papon , 3 Parebüramt la Provence, parle ainſi du e de fer dont il ONS priſon, ebe 2 20 unde » Ceft a Vs Sainte „fete, vets la fin du dernlet — 1 famenx 5 priſonnier au maſqut de ftr, ddt on. de fave » jamais peut. tre le dom; in' avoit” que peu » de perlonnes attachecs I ort ſervice, qui euſſen t » la lberde de lui parſer. Un jour que M. de St. » Mars S tritretendit awec lu, en ſe tenünt lors » de la chambte, Aae une er de cbtridor ," » pour voir de lolt ceux qui viendtoient; 1E » fils dun de ſes amis" artive', & TaVinet ve. Tome MI, 4 98 Te Regent, devoile Ie ſecret du Mole fer; „5 Tendroit od il entend du bruit: le Gouvernęur » qui Tappergoit, ferme auſſi-töt la potte de la chambre, court Precipitamment au- devant du -jeune homme , &, d'un. air trouble, il lui „ demande Sil a entendu quelque choſe. Des qu'il > fur aſſuré du contraire, il le fit repartit le j jour & mime, & il ecrivit à ſon ang que peu Sen »> EtOit alu que cette avanture n'eiit_cofite eher „ 2 ſon fils; & qu'il le lui re peur de f — qu autre imprudence. TRA . i © #» Peus la curioſité, le 2 Ferrier 1778 0 Cen- » trer dans l 3 de cet inforrune priſonnier „ elle n'eſt eclairce. que pat une fenłtre, du * „ du Nord, percee dans un mur fort & pais, & 1 fermee par trois grilles de fer, places 4 une ” - diſtance tale. Cette fentrre donne ſur la mer. „Je trouvai dans la Citadelle, un Officier de la » Compagnie Franche, age, de 79 ans: il me dit » que ſon pere qui ſervoit dans la meme Com- „ pagnie, lui avoit pluſſeurs fois raconte, qu un „ Fratet appergut un jour, ſous la fene tte du » priſonnier , quelgne choſe de blanc qui flotoit » ſur Peau ; il Palla prendre & Papporta 4 M. * de Saint-Mars; 3 c*etoit une. chemiſe tres· ine , » plise ayec afſez de negligence „&. ſur laquelle * le priſonniet avoir èctit q un bout à Laute. „M. de Saint Mars, apres Pavoir deplice, & oed * a — 4 » avoit lu quelques lignes, demanda au Frater, » dun air fort embarrafſe,' gil Wavoit pas eu la » curioſite de lire le contenu. Cell ci lui protelta pluſieurs fois qu'il wavdit rien lu; mais did » jours apres, il far rebttys mort dans ton Ut : » Ceſt un fait que POfficict 2 entendu racbntet » rant de fois à ſon perè, & Fl PAumGniet duFort » de ce tems Id, qu'il le regarde comme incon- v — Le ſuivant me patolt cgilement e certiin j Gapres tous les remoignages que Pat recueillis » 45 les lieux & dans le NMonaſtere * Lerins , » ou la tradition gen eſt conſerv ee. «) » On cherthoir fine perſonne du ſexe} pour » ſervir le prifoiniers une femme du village de » Mongin } vint Koffrir, dans la perſuaſion que » ce ſeroit un moyen os faire la fortune de fer » enfans ; fiais quand on lui dit qu'il falloĩt re- » noncer A les voir, & mme à conſerver aucunt » liaiſon avée le reſte des hommes; elle refala » de s enfermer avet un ptilonnier dont la con » noiſſance coſitoit i cher. Je dois dire encore » qu'0n avoie mis aux deut extremitò da Fort, » du ctò de la mer, deux Sentinelles qui avoient » ordre de titet ſur les bateaux qui 'Vapproche- toient à une cortame diſtance, 2 I! 4: » La perſonne qui ſervoit le priſonniermdurue „ Pille S$oitice=Marguerice:Le-frerei de POR«" G 2 nottvelfes Anecdotes ſur'le eben, 55 N \ roo Le Regent devoilede ſeeret du Maſgquede fer; » cier, dont je viens de parler, qui. etoit pour | * certaines choſes j Phomme de conſiance * — » ayoir etc prendes le ere ds mis » dans. la priſou, & quiil. Lavoir porte ſur, ſes + Epaules , dans le lieu de. fa ſepulture; il croyoir a que c 'croir, ls Fannie e qui toit * * qui le ſcrvait, & ce. fut way qu'on » chercha une femme pour le remplacer . On favoit en 1698, que Saint - Mars condui· ſant le priſonnier à la. Baſtille-, Satrèta avec lui dans. ſa terre de Palteau. Freron, en conſequence , pour. contredire Voltaire, qui avoir, Ecrit ſur le priſonnier, demanda des anecdotes au Seigneur de Palteau, qui repondit la lettre ſaivante, , inſeree — Année Lineraire: * mois de | Juin 1768. My rr L c Comme il paroit par is 2 de, M. 10 „ Saint-Foix , dont vous venez de donner un A extrait, que homme au maſque de let enerce » -onjours Pimagigatien de nos Ecrivains., je vais vous faire part de ce qus je ſais de ce priſennier. un toit connu aux Illes Sainte - Marguerite & 4. „ la Baſtille, que ſous le nom de ſa Tour: Le Gou- verneur & les autres Qtheiers ay giant des Egatds * pour ug 3-i] obtenoit zout ce / quila pauyoiebs, 0 oi” is a8 ͤ K 17 -nouyudith Anecdotes ſur te priſorinter.” To » eee F wh pie? Tr fe fronfttivie outs „vent ayant toujours un maſque fur le vith ge. » Ce weſt plus que depuis que le Bede ds „Louis XIV de M. de Voltaire ä parn dub „fai en dire que be ttaſcſue etoit de fer, » & à reſſorts, peut- Etre à-t- on oublig de ne „ parler de certe eſttonſtance ; fais if f'iVoit » ce maſqque que lorſqty il (kia pour 'Ptendte » Pair, "68 qui wig? 3 5 F levati » quelqu ranger. » Le ſieur de Viavillicer, Office an v rerie Yui: Avoft accks cher M. de Saint-Mars, » Couvereur des TG Sint Margtiefite, & de- » puis de Ia Baſtille; m Alt pliſlcuts Tols Hub „ le lot de 18 286, Zit Brantbup Vheitt K » curiofits, pour I Hüefake I Woit pris Habit » & les armes dum Sdldat qui devvit” etre en » ſentitiefle ) dans Wnt" galerie fous 168 Kaka » de la ehinibre! iFocttpoit' te pnlünniet aut » Iſles Seite Matzuctite. Que delf il — » ubs bien vt, Gua waver" potht (ki » qu'il Golf TRY „ #tahd K Wer de corps; ayant i fülle ae þhik Ybp Witdnit 2 par le bas, & leres E Bans dus „il e füt » qe dans Ii Fore de Pig. L a0 it ARE CAC Wis „ ld preſqu' endete Ae r FEY Und ff cfambre. „ Blainyilliers zſ outen A f 2rdir raufoilts vec 6 3 - 2202 Le Regent devoile le ſecret du Maſque de fer; de brun, qu'on lui donnoit du beau linge & . des livres; que le Gouverneur &, les Officiers » reſtoient devant lui debout & decouyers ;/juſ- „ qu'à ce qu'il les fir couyrir & aſſeoir ; qt il ». alloient ſouvent lui tenir en matiger u avec lui. r c « En 1698, M. de Sainz-Mars,paſ da gou- 3 | yernement des Iſles Fainte · Marguesite a celui de » la Baſtille. En venant en prendre poſſeſſion, il » ſejourna avec ſon priſonnier & ſa tetre de Pal. », teau, Lhomme au maſque arrixa dals uno 1 litiere que preecdoit celle de M., de Saint- » Mars; ils etoient accampagnes de pluſieurs gens * 2 cheval, Les payſans allerent au- devant de leut * Seigneur. M. de Saint- Mars mangea avec ſon „ priſonnier, qui avoit le dos oppoſe aux ait l * Les -payſans, que fat, intdroges, 9 » il mangeoit avec fon. maſque; mais ils ob» v ſeryerent tres: bien, aue. l. de Sainte Mars, » qui etoit à able vis-à : vis de lui, avoit deux » . piſtolers à core de ſon, afſiege, Ils M avwoient, » Pour etre ſetvis, qu un ſeul valer-de-ghambre „ qui alloir chercher leg.plats quꝭon lyi-appor- 22 doit dansVanti-chambre, fermang ſojgneuſement » ſur lui la porte de la ſalle manger · Lorſque le v priſe annier rrurerſo oit.lg cou il avoit toujours E 9 8 — er 6-5 20S 7-0 rr YT | nouvelles Anzedotes ſurls priſoner. v3 » ſon maſque noir fu# le viſage. Les payſans » remarquerent. qu'on-lui-voyoir les dents & les » leyres ; qu'il toit grand & avoit les eheveux » blancs. M. de Saint- Mars coucha dans un lit » qu'on lui avoit dreſſcaupresde celui de ſ homme „au maſque. M. de Blainvilliers m'a dit que lors » de {a mort, arrive en 1704 on Penterra ſecret · » tement / Saint- Paul, & que Ion mit dans le aer » cueil des drogues pour conſumer le corps. Je ai v point oui dire qu'il eit aucun accent ẽtranger . Arrivé à la, Baſtille, du Jonca, Lieutenant de- Roi, enregiſun en ces termes Farrivee du priſon- nier, dans le Livre de la Baſtille; & C eſt le Pere Griffer , Jeſuite , qui, le premier, a public des chateau dꝭod jamais aucun papier ne ſortoit; mais & le Gouyerneur de ce fort, dans HE tems-la , ayoieny bien : fans doute, leurs xaiſons en publiant) ces anegdotes. .. 1 ond, of I £25750 F Jeudi 8 Septembre 1698, dit du Jonca, 3; » trois heures apres midi, M. de Saing Mas, » Gouverneur, de la Haſtille, eſt arrive pour fa. « premiere entree , venant des Iſles Sainte: Mar- n guerite & Sainte Hanqrat, avant ment wee » lui dans la litiexe, un ancien priſonnier qu'il ayait.. = i Pignerol, dant le nom ne ſe dit pas bs leguel on 5 | | 4 Je Ls Regent devoilt le feeret du Moſque de for | ». 4. fait. jenir TOUJOURS: MASQUE; & qui fut d abord mis daus la tour de la Baſiniete, EN „ ATTENDANT, LA NUIT , & que je: conduiſi „moi · meme ſur les neuf heures du ſair, dans „ la troiſieme chambre de la tout de la Bertau- „diere, laquelle chambre j; avois eu ſoig de faire „ meubler de toutes choſes avant ſan atri ve en ayant regu Lordre de M. Saint- Mars. En ͤ8le conduiſant dans ladire chambre, Fetois »- accompagne , ajoute M. de Jonca, du ſieur * Roſarges, que M. de Saint-Mars avoit amend » avec lui, 7 chargé de doſervir & « de ſoigner ledit priionnier; * 1 le Gouverneur „ 1 IT Les eee a 2 le Maſque de Fer, nqus ont d donntes pat M. Linguet, qui, lang- tems dütend 4 de Baktille | obtint quelques renſeigdemens des Plus cheiens Officiers ou ſetviteurs du chateau ; i dontir ſes notes a M. de la Borde, qui les a publices” en ces termes, dans un petit 6uvrage fur ce Maſque. « 7%, Le -priſooniier: potroit un maſqiie de yes * lours , & non we ahem au moing' prep le „ tems il p zalfa à la Baſtille; eee 28. „ Le baden nen le fervoie c x eiilevoir ſon linge: MOR 129 22242 — | "= * eg i mer iPayait les * » wn ale nouuvellas — or te prifounites Tok „ diſan ſes les plus expreſſes de parler & de mon » trer ſa figure i horde toit donn au Trivs » lides de tirerfur lui; leurs fuſtls etojent charge „ a balle 1 aufſi-avoir ladie „ il ne ſe peut pas moins. M. Guiraut, » notre Aumonier , le confeſſa hier; ſurpris de la „mort, il n'a pu receyoir ſes Sacrements, & „ notre Aumdmer Ia exhorts un moment avant „que de mourir. II fur enterré le Mardi 20 » Novembte, à quatre heures apres - midi, dans » le Cimetiere de Saint Paul, notte Paroiſſe; » ſon Enterrement coùta quarante livres . On cacha cependant & ſon, nom & ſon age aux Pretres de la Paroiſſe; & les Regiſtres de ce jour 1 annoncent ſon inhumation, en cet termes que Jai extrairg des Regiſtres. vie [65 » Lan mil ſept cent trois, & le — 5 Novembre „Marchialy, ag de quaratite ing ans ou environ; eſt deeede dans la Baſtille , w duquel le Corps à été inhumé dans le Cime- „ tiere de Saint-Paul, fa patoiſſe , le vingt du eaten h en Hrilihics ds M. Roſarges, Major, „& de M. Reih, Chirurgien-Major de la Baf- „ tille, qui ont ſigné. Ros AN, Nui zn mr.. * um e 1 eſt encore , rds certain, py 925 apres & mort. on, cur ordre Ul bräler gen kralement tout ce qui avoit ſeryi ſon ulage „ comme linge „ ha- bits, watelats, 4 couverpures e & juſqu? aux portes nouvelles Anecdotes fur le priſonnitr. r de fa ptiſon , le bois de lit & ſes chaiſes: Son couvert d argent fut fondu; & Ton fir re» grater & blanchir; les murailles de la chambre ol il avoit loge; on pouſſa les precautions au point d'en defaire les carraux, dans la craifite , Gans doute, qu'il n'cùt caché quelque billet ou fait quelque marque 1 eur pu faire connelts® qui il etait v. u #5215, 2032087 Ir . Pabandonne toutes ces pieces-. hiſtoriques. && ces notes ſur le Priſonnier maſqus, à Hexamen des curieux & des critiques; mais il ce ſultera tou jours que ce maſque ẽtoit un tts. rand perſon- nage; que le ſoin hahituel de, lui ordonner de cacher. ſa figure „ ſous peine de mort, annongoit un grand danger en Is montant g qu bet aſpect ſeul de ſon viſage on pouvoit reconnoitre par conſe quent qui il ętojt ; qu'il nourriſſait dans lu meme le Gai Sante fone neten Hands diſpary. en France — de Marvin 3 le Maſque ne pouvoit tree quꝰ un pexſonoage impot-> tant & inconnu dang. ce cemps:la ,,& qu il loit que le Miniſtere cyr — cacher fon nom, ſes zvcorures. & ia — „ puiſqu on ayoit donné ee le tuer Sil, 85 laiſoit conncitre. i ner o a N a I Klau encois 4 (K es cemurqueslan, e Tos —— ſheds Maſhite de fer; plas-frappancet' )” que par-tout od'ſe ttpuva @ grand infortiins | ſoſr dans une Me de Provence, ſoit en voyage; ſeit à Pitis ; il lui fut ordohng fans veſſe de cicher ſu figure Lupe de ſon vilage poaveit donc, dais tos les lieux aan, Francs , Weviler le RAS ke * en nne np pre Enfin , il Eur conkiddrer que fa Fore fut ca- chte Arpa in mort de Maratin zufqu 1 Cet ua Priſonniet arrive au eommencement de ce ſibele, & que le Gudeceehtent Pati E prbeuridl J. qu'à Pordre de lui balafrer le vffäge, du de le faire enterret ſuns tete; comme autres Tom dit. 8a pure. pouyoie done le faire conttoſtre pen- dane. an den- feel, & Wein bout de 1x Fitincs une 0 2 0 230 ALY 6 5 1025 II y cht dere, 1 dbttli- Recke feel, en France Zune cee rematquible E ebam a toutes les Comets de Ia Frahce ; dans une pri? ſon möme établie dims une iſſe „ conifaribits! bo celle au -Priſotinier & @ Toncernpordine. .. Or,, quelle: etoit cette figate i gealtert reconndiſſuble ne la figure de Louis 28 fon | frere jutnidas) dont Ia THER FLOOD table ? Le ſectet PEtzt' ou pfutöt le Hine de Louis XIV paroit donc bien aveté, & A hes! E — far cẽr ger fera 9 „ OY vs 7 i - D 2 WS... EY " — — ; 3 a> 9 RX = * | _nouyelits Aneedates ſur lo priſottiler: 109 occalionne par l'invraiſemblance des ardres fi roces donnes. à des Gouverneutꝭ meme des priſotu Etat d aſſaſſiner de ſang ſtoid um auſſi grand Prince, sil deyailoit ſon ſecrot .;. corre barbatie ne me parolt point compatible avec oe que nous connoiſſons du caractere de Louis XIV, qui toit honnere homme: tous ceux qui ont, paris du | Priſonnier , es e 8 ctoit donné. | i 0% Wee iet Louis xv le montra bien danse quo Louis XIV, & il Feut meme; dælivrè Aſa majorite Lil elit. vecu: à cette Epoque: ; il avoir ſouvent wurmensé Ie, Reigegt; pour eue altas d> {es ayentures; & le Duc; d' Orleans lai avoit toujours repondu, que Sa Majeſis neu hounoit en etre inſtruite ud ſa majorite, La veille du jous qu elle devoit ᷑tre declatee au- Natlement, le Roi demandant encore, sil en ſeroit du ſecret comme du Royaume de France; Ou, Sin, reparti le Regent, en preſence d un grand nombre de Seigneurs, en deyoilant. aug ourdihuirle ſecret, je mangquerois,[& mon devoin n mais demain je ſerai obligd de regandre aur queſtions gu il plaird 2 VoTRE, Manngth de me faire Le lendemain donc, lo: Roi, em ipreſence des Seigneurs de ſa Cour, tian csi Printe a: P & * ie — — | Pavoir fait Le Duc du Maino, « quoique .r&duir 3 la cons | - wi. a. aa A. ME © oe =. 7% % a eontre le Dus d Orleans ,- "Regent, 127 il eſt avere du moins qwelles fureps lues publi- quement à Sceaux & approuvses pax agclamatiop de la Compagnie. Ce la Grange Chancel qui meritoit des punitions, parce qu il agguſoit Pun paricide le Regent, fans le prouver; fut envoyẽ aux Iles Saigre-Marguericre pendant quelque tems. Mais ce prince, qui ne fut jamais vindi- catif, le fir ſortit avant le terme de la Regence. lorſque ſes ennemis tepandoient le bruit qu'il empoiſonner, dition de Pair de France, & dechu du rang de Prince, auroit ſouffert avec patience cette humi- lation ; mais ſon Epouſe ne pouvois ſe contenic & ſe livrait de tems en tems à des accꝭs de colere, qui tenoient de la tage: ſes courtiſans s effor- coient envain de Padoucir. » Le Regent, diſoit- » elle, fans ceſſe, weſt que le neveu du Roi » ould XIV; le Roi d Epagne au contraire, en » eſt le deſcendant. La derniere volonte du feu Roĩ „ayant pas ętẽ reſpectee, il eſt du devoir des » Francais de T6urur, toutes leurs forces pour Jus » la loi la plus facrce de L Etat ſir telpeckee. » & que la naiſſance du Roi d Eſpagne Fappelie, „Ala Regence + vaingracns, aſoutoit h Ducheſſe. » Philippe V, a-t- il renonc à tous ſes droits 3/ » des ſermens injuſtes ant jamais oblige. les 1 Y, [ 122 Conjurition . Albirony ; , » Princes. Si Louis XV vient A mourir, \ Phi- » lippe V doit régnet en France; le ſeptre K „ la Couronne appartiennent a ſes enſans; aucune | „ renongition ne ſauroit nous tavir le droit „ 'Pheritiers de la premiere Couronne du monde. „Le Roi d Eſpagne eſt ne parmi nous . el Francois , il reſt point Eran ger 4 Ent; & „pour Cre Roi CElpagne, it ny pas moins „Philippe, Duc d' Anjou, *Echappe 3 aux coups » meurtriers qui ont frappe la poſterite de Louis » XIV. La Providence ſemble Pavoir appelle en » Eſpagne pour nous le conſerver; il eſt notte „ami, notre concitoyen; quel bonheur pout la .» France de le rappeller parmi nous & d enchal- „ ner ce monſtre de crimes qui tient le ſceprre „de Louis XIV? Quelle gloire en mEme-rems » de voir 'Eſpagne reunie à la France, comme F Ecoſſe 4 PAngleterre. La jalouſie des puiſſances » de Europe, contre la gloire de Louis XIV, „ exiſte plus ; - & fi elle; redoute encore la „ r&union des deux Monatchies, le Conſeil » pagne ne Ppourroit-il pas farisfaire leur ami. » tion ou leur crainte, en leur cedant des Terres » pour reprimer leurs mouvemens? La Monar- » chic d Eſpagne ne Veſt- elle pas fornice elle » meme de pluſſeurs Royaumes de PEurope 3 „n elle pas vu la Maiſon ꝙ Autriche poſſe- i . "3 Olt 2 ed. . 8 8 N TB v a a @ 2 1% tes . vo We. = 03 ds. 0: li- & contre le Duc d Orlbans, Regent. 123 » der une plus grrnde &tendue de Terres en ſou- » verainete? Le Roi d Eſpagne eſt ſans; doute » dominẽ par ſa "conſcience timotee ; mais ne » pourroit-· on pas Peclairerʒ pourroit-il lui- meme » en cas de mort de Louis XV, ravir à ſes en- » fans la Couronne de France ? Eſt. il obligé de » garder le ſerment auquel toute Europe Va » force les armes à la main? La nature lui a „donn un droit inconteſtable à la Regence, & » en cas de mort, 2 la Royauté; ſes Peuples ont » le droit de le demander pour Regent & il » n'4 pas celui de ſe refuſer à leur vœux; les „ obligations ẽtant teſpectives entre le Roi & » ſes Sujets. Que ſi des Sujets ne peuvent dé- „toner les Rois que la naiſſance leur a données, » les Monarques ne peuvent abdiquer des Peu- » ples qui les reclament, ni rompre le conttat » toujours ſubſiſtant entre les Peuples & les Rois, » car il faut leur conſentement teſpectif & unanime. » Sitout ce qu'il ya de plus grand, de plus vettueux, » de plus reſpe able en Ftance, rappelle le Ro „d Eſpagne à ſes] droits, qui oſera traitet" de re- » bellion, la revolution qui le fera regner ſur la » France h Oui oſera tefuſer ſon / admiration aux „bons Frangois qui appelleront Pheritier- pre- | » ſomprif de la Couronne, en cas c Henement? 12 — Conjutation d.. Alberony, » avec gelte & dans les principes du ſeu Roi von poutroit croite que le Ciel avoit beni fon „Gouvernement. Mais yoyez que de calamits » depuis fon avenemem à k Regence | Lex vo- » lontés les plug facrées du feu Roi, du plus = grand des Moparques ſont ſaultes aux pieds; v les Priſons d Etat ou Ehereſe Goin enchaines, „ ent sts yujdecs 3 nos ennemis naturels for » vicdotieux, & la Ftanee va dennet à Europe le quel ſpectacle Pane guerre declare à KE, » pagne par Philippe d Otléaas , Regent da » Royaume , arme cone be petitfils. dd Louis „XIV, que le ſang & Hergen des. Frangeis ont » ſontenn fur le Trne d Megane: Is Hretagne, v qui your ſes privileges meépriſes, oft price à ſe v reyolter : le vil. Dubois, honors de la con- » ance du Regent, dirige las Aires & il en a * dient le Omer de Ria Le chef des len. ” Rai plas as an. acts ed * n eft 2 IA Ni du Casſeil de cob ience, il dif * A fer cure les ptincipaux benghces de » naiſlapce, Hertz days, les dons OR ME: qui v diſtiaguoient ſous Louis XIV eben, » ſons: ſaus place & ſans eſpois den occupte a. Tals rome les confezences, lex: dleguts be, on pe EC dy ui pn e fe n· 2 E 3 F „ 7 ä 1 =, - -* Coarze te Duc f'Orltans, Regent. was les plaintes, les principes de ta Ducheſſe &u Maine, a Sceaux, & de ſes partifins.” > IL Erat ; difoicnt, les autres chefs de la fachen cſten ſoutſrancy Se yictt que le Dive Orleans ticks les rfnes de l Empire; -Partifite & la fourberie, preſident avec Dubols aux optrdtions du Gon- retnement ; la plett {out le fou Roi Sctoit inttoduite dans le Cabinet de Verſallles ; thais au- joutd hui une foule de libertins, paſſe des plat- its nocturnes aux grundes delibetutionng de Etat, & une Cout auffi impure qu'eunnemie de Dieu, prelide ſans obſtacles an travail qui regarde les affaires de la Religion, Awrefdis les Frangois Ecotene cblebres chez let Nations | les plus Eloigndes par-leut' loyautd, par leur amour pour” le Roi, par Pattrait de la gleite. Le Regent eſt patvenu 4-ravir 4 la Nation fs vertus & ſes ſentimens. Si ce Priace fait la paix , Celt; avec PAngletetre , Petinemi naturel de la Frahce 3 & vil falt Ia guerre, crit contre le Roi Hage, nor aid, & fon parent. Tels 6coient les diſcours qui ſe lese & 3 VArkenal, dam les confdrences ſecrets; entre Madame du Maine 8 les Partiſans de Pancieh Couvernement. Dans les ſoictis on ẽtaloit auſſi les mancs ſy flames; & il ſe forma bientdt deux fas — — ; 1 23-26 31445 Conjuration d Alberony, W tions, ſi acharntes Pune contre l'autre, que les plu clairvoyans pteyoyoient dejd un coup d'clar; on quelque c venement inattenduʒ alors ſe rłveillerencle anciennes calomnies contre le Regent, celles ſur tout, qui Payojent pourſuivi du vivant du feu Noi; le Mecontens de la Regence etoient regus, accueillis& fetes à Sceaux chez Madame du Maine; on y difoi que Louis XV avoir trouve des bonbons empoiſon- nes dans ſes poches; le Marechal de Villeroy, di ſoient d'autres, la empechd de prendre une boiſſo empoiſonnee z on faiſoit des portraits hideux, mi vrais, des parties de plaiſir du Regent; on mertcit en mouvement les eſprits contre lui, & jamais on en parloit, fans ajoũ: er quelques traits de fon Miniſtre, PAbbe Dubois, qui mæritoit en effet le mepris de tous les hommes. A force de multi- plier les calomnies, on en vint à des gageures ſcan- daleuſes, que le Roi ne vivroit pas dans un tel rems. Avouons que les hommes ſont bien difficiles a gou- verner, & qu il eft en France des eſptits inquiets, toujours portes à croire, ou à repandre des _ nies cruelles. La vieille Cour de Louis XIV &toit a ani- md „quand elle Ecoura les Emiſſaires du Cabinet de Madrid, dont on connoiſſoit, & les projets ambi- tieux, & les mècontentemens; & le Lit de Juſtice eut à peine precipitE la Maiſon du Maine, de ce — 1 D 1— * pt ES Gs , _X-- A Da” ma” TP, TT — oe n+ 838 F FFs g. rr FFF contre le Due i Orltans, Regent. 1 egrt del vation oũ le feu Roi Pavoir place, que la vengeancefur reſolue. Les Mecontens Yafſemblerent | des lors avec plus de regularite, & en ſecret, à Paris 4 PArſenal , od logeoit la Ducheſſe; & ſur · tout 4 Sceaux , oũ ſe tramerent les complots les plus ẽton- nans, on n'y appelloit plus le Duc d' Orleans, que le pretetdu Regent de France ; & les Jeſuites, les Devors, les vieux Milicaices du regne de Louis XIV, mecontens des nouveautes , n'eurent plus qu'un cur & qu'une ame contre ce Prince. Le Cardinal de Polignac, ſi intimement u la Ducheſſe du Maine, ſe concerta avec elle dans des entretiens ſectets, fur les moyens de deli vrer la Fran · ce Cun pareil Regent. Ayant ſouffert en Hollande &s humiliations pour ſoutenir les droits du Roi d Eſpagne, & les interers de Louis XIV, il agiſſoĩt dans cette affaire avec fincerite, Plein de recon- noiſſance envers le feu Roi, fon hienfaiteur, il croyoit defendre par ſes pany x m&moire, les diſpoſitions & les principes de Louis XIV, avec la fidElire d'un ſerviteut ne trè de reconnoiſſance pour les bienfaits qu'il en avoit obtenu: mais i) - faut ajotitec auſſi, qu'il ctoit meconrent de ne point cre employee. 5 Le Comte de Laval ache aux 3 & . a Tantiquite do la Maiſon, Seigneur plein d hon- eur, de probite, „de Politeſle , perloanellemens 125 e eee DF 5 | 3 d Orléans & unt A864 Scraux ſeeretement; fut un des Auteufs des pie mieres reſolutious conttele Regent. Ce Printe avoi tavi aux Theft de fa Maiſon un ancien privilege, & prectder les Ducs & les grands Offic iets de la Cou- tome, dans quelques-unes des crtmottits publ. ques od affiſte le Roi ; & pleinde teſſentimem toit lui; il avoit attire 4 ſoh parti vingt- deux Colbnel, pour faite avec tux quelque grand coup. IIxachaun: Imprimerie dans des eaves inacteſſibles à toute lu- mere du jvut, & dont les ouvtiers ne de voient pin Ottir pout y ſabriquet les crits qu ſetoir nice faire de repandrez & toujouts uni de cœur & ame mer le Dur & la Ducheſſe du Maine , mig Prince de Oellatnare | Attbalſrdeut d Eſpagbe avec le Cardinal de Poligac, it Vaſſembloit ave eat de reins ters, pour imaginer des moyen, pour murit les ptojers; & il agic rouſours avec une telle priderice , que pour ber aux Cochers & aus Laquais toute ſaſpition ſur ſes.complots, il ſervoit & Cocher à Madame du Maite & an Prince & Cellamare. Pluſieuts fois mt᷑me, th cotiduiſant l wirure, il appetcur le Duc COrttans, {i recon- noiſſable de tour le monde par ſa livre, pat fot main & ts Pages. Laval etoft alors comtms tranſ- ports dans les airs & Ia voiture patoifſoit atqueticls ricefſe du vol, encourrant le danger de faite: - 1 : E 6 bent l us 0. lan, Rol 129 |: Price de Cellamaze on Madame k Duc bal. du Maide: H. I 477 "Le Mh l. erde ee grand Dauphin avait conſervꝗm e 1 pour la memoire de Louis XIV, qu'il refuſa roures 15 penſions & les gtaicy que le Dur d Orléans, charms de ſa vertu, & qui vouloie le gagner & ſon part , Jul ele Fk de. G8 Seigneur toit ũ mécontent des operations de la Negence, qui reſpectait & pen la njembire-dii fob Nui, que non eulement il ſe di ua aux thefs du cum t, mais il gagna à xe parti, enn. le Marquis de Cduttillon. 110) &} vb L'Abbg; Rig ud, dont: ls ber anch bed; em- ploys A quelques negpeiztians ſectertes, & qui weit aum ob Eté dleve lni-miine avec lo feu Dau- phin, &rois encore um de cus pattiſaus de Pan- cienne admiiiiſtragion.; _tipable de tent perde; platöt que de changer. de prigcipes. II S unit A) Dumenil, ſon ami; & Pub & Pautfe; egnmis. de u Ducheſſe du Maine, ren leurs (erviees;) e e e | memoires & des projess.. þ G at: 3b Maléaieux, — {ctitet; 1s. en Cartinel- de Polighac, autent aver lui des Memoircs du complot qui furent. ſurpris, ctait Chanerſier dp Dombes, & par W CIT: come TEL / 130 Conjurationd Alberony, ' \ ment à la Maiſon du Maine; Daviſard, Avocat-' general du Parlement de Toulouſe „ homme deſprit & de bonne compagnie, qui &toit tou- jours à Sceaux, ſe 1 ces youn dela faction. Le Pere W ] Auite TINY er par ſon eſprit & ſa naiſſance, conſervant un im- placable reſſentiment contre le Regent, qui avoit ôté a' fa Compagnie la direction de la conſcience du Roi, & qui Eloignoit les Jeſuites de la Cour, tramoit en ſectet une vengeance eclatante z-pour mieux cacher ſes projets. & ceux de ſa Compagnie, il ne paroiſſoir point au de- | Hors" pour execution; mais il indiquoit des moyens pour reuſſir, des perſonnes pour entre- prendre & faiſoit connoitre les caracteres & 72 a- lens propres à la conjuration. Cette faction etoit deja formte, e * Conſeil de Regence elt encore de voilé tous les complors ʒ elle diſpoſoit de la volonte des vingt-·deun Colonels, capables de tout entreprendre & reſolus de ſavoriſer les projets d'Albetony , de Suppuyet de la protection du Roi d' Eſpagne, dont o attendoit des ſecours. La faction toit conduite par des perſonnages habiles ala guerre, capables d ima- | giner des complots & de les: executer'; cat ct perſonnages tenoient au Gouveryement , à I. 131i 3 4 Orleans, Regent. 131 gliſe, à la Famille Royale, au Militaite, 3 12 Magiſtrature &. 2 tous les Etats, Le Regent 1 ſoir Epier vainement le Duc du Maine, fa mais. ſon , ſes partiſans & les Jeſuites, par un de ces ſecrets preſſentimens natuxels aux erſonũes qui font ar une ſituation f rien ne tranſ<. SS . 4&% 1 Ard. . pour cette ligue 2 | wayoit en France qu'un ſimulacre d Ambaſſadeur dans la perſonne du Prince de Cellamare 3 c*troit, un de ces hommes taciturnes par. caractere, plu- tor que par prudence, dont le corps &Peſprir ctoient en toutes choſes auſſi embarraſſes que lag, il n'avoit autre talent que de bien repteſenter, entendant 2 merveille le ceremonial des ambaſſa- des; mais fans aucune des grandes qualitds ne- ceſſaires au chef dun complor auſſi hardi. que celui dont il Sagiſſoit. II rectvoit chez lui indiſ- tinctement les mEcontens de la Regence; il dcou-. toit leurs griefs, il omettoit ſa protection, it alloit au nom du Roi Espagne rechercher les Grands , & demandoit groſſierement leur amitié, ſans 8 appercevoir que ore conduite devoit Thy tor donner des ſoupgons & des inquietudes 5 Dubois, fi habile dans Part de deyoiler une in {oF n 10181 - ig 5 "2 * * . * %» * 6494 wf 4 ; : I xz - 47 SQ —— — — ER — Q- be ” r — ho — \ \ — : ——— — 1 — —— — — — —— , - * ——— — — — —— — 132 cbajuraton Alion, * etoient les chefs de la Ligue contfe h Regence du Duc dOrleans; il falloit obtenir au Plutét la fandtion de I'Eſpagne, ſans. confier les ſecrets 3 des Couriers, Le Pere Tournentine dorina a la Ducheſſe du Maine 5 le Baton de 40 Le premier eee a1 Duc Oka, dont il &vit. acceffiire de fe la- |; & ce cotuplot avoit te imagine djd par yAbbe Alberony , qui avoit corigu le plan, en | bbuleyerſant toute Kutope & 4 IEſpagne, de devenit en France Lan Ge ntral du Royaume , fous Pautotits du Roi d'Elpagne , qu il voulolt faire declatet Regent mais ce complor varia enſuite dans fes circonſ- ratices , ſelon les divers firuations des affaires. - P6itc y teulfic , Alberony avoit deja employs de lon chte un Colonel, reforms par le Regent, i avoit demande en dedommagement des places & des penſions ſi fortes, que ce Prince le renvoya {ris tur rien accordet. Cer officier Tſe trouvant fans emploi, & toutmenté d'un eſprit de ven- glance, , jeune encore, ſans conduite, capable une teſolution extraordinaire , perdu de dettes, | & qui pour le xelever dans Peſpric du public, | \ | 1 p une grande; fortune & vair le Pringe dy Celle, 5. contre Nur Nees, N X39 brilait du deſit d'entreprendre quelque chaſe de- clatant, pour Fartirer les regards de la mulzituce, eroit VEG le cœur ulcers onrre e OE TL rony, de lui remertre ce Prince mort. od en vie, moyennant quelques ſecours Chommes & f. g gent. I oy aye pas dr lee que ie 1 17 promit pour le luccds de certe grande -cnrreprile 3 ille cenyoys à Paris ayec beaucoup de F Frangois 1 fugies en Bſpagne 5 il cecruta tous ceux que de mauvaiſes affaires, des deites ou des krimes, ayoient Claignes de leur pattie ; il les foudoya de Pargent d'Eſpagne, & ſans ſe faire connojtre , il crablir parmi eus un chef auquel il avoit pyomis & avec qui frul il entrete- noit des intelligences; cette cohotte Karen | tiers paſſa les Pyrenntes & fe | it dans la Capitle , fe xalliane"les fairs par ex fignes ppe- ticuliers dans les places publiques ,/a la fiygue dev | rendbres. be ſe prepatapt, par une diſcipline nau. delle, 3-quelque expedition, dent le chef pe connoifſoix encore nj. Ie its, i Ru, WT: moyens,;ni_Vgbjer principal. . . Le chef de cer avcnturiers- avoir. em Tordre de a3 projets avec lui, de ſoumettre fon * 23 = | Conjuration FAlberony ;" be | conſeils & chen retirer les ſesours necefſattes 3 " Penlevement du Regent. Pour y reuſſir , le Ptince de Cellamare lui indiqua une des promehalles du Prince, celle de la Muette & du bois de Bou- logne, ou le Regent, Aloigne de ſes gens & ſe promenant avec la Princeſſe fa fille, Pouvoir | aiſement Cre enlevé: quelques conjures, guides par un chef, ne: manquerent pas de & rendre, fans quiils ſuſſent quelle etoit la perſonne quil fülloit enlever. ce danger de la nommer, ft manquet Faffaire; car le chef deſigna bien un jour un Seigneur qu'il montra au doigr 3 ; mais les conjures en faifirent un autre qui croit * Eloigne de cinquante pas. | On temit donc ce See liberte aſe Payoir affure qu'on Pavoit enlevé en badmant; & on lui demanda pardon's chen avoit agi avec lui Wadde avec un ami intime; ; mais le Conſeil du Regent nen parla point avec indifference; il comnienca * 2 doutet | qu” il Ba agiſſoit de quelques complors con- tre le Prince. Cependant comme le Duc Or- lèans Eroit plein de courage, il ne diſcontinua pas de ſortir nuit & jour, ſouvent fans autre compagnons que ceuxi de ſes plaiſits, & if alloic dlans des lieux, od sil eũt &te connu, fa liberte '& ee {a vie auroient ts dans wi Wage I * © n - 5 11 * 0 | f Q / contre he Duc d d Orldans » Regent. 1245 Le chef des. conjures ayant donc manqus ſon coup, il-fyr bien-töt Kili de crainge Ne li- meme decouvert & atrłté 3 & laiſſant diſſiper fa Compagnie, il, diſparug. &, Partit peur: len- Pays- Bas, exhalant encore ſon reſſentiment contre le Fance, & failane des gageares dull 2 torarrfte, Ces propos crane e en France | Regent chercha les moyens de s'emparer de ce coupable ſou, „ qui ſe deyoiloit auſh inconſido- Ee... nde e ee Cellamare, Ia Ducheſſe, du, Maine.,, C les an- tres e la faction conſternes . de voi un auſſi grand. coup, manqu&g, prirent, ds concerr autres meſures pour, mieux . xcuſlic dans, une autre citconſtance: ; ils . Mister fois clandeſtinement „ & il fut reſolu, en- core, ſuivant les i du Miniſtere 95 pagne, de Semparer 4 l. 1 25 du 1 | Cette caprute importante ẽtoit toujours la baſe du projet. & la premiere. reprative de 1 grande | affre 3, on remit à une autre ſcance la, delihe- ration des moyens de Pexcgurer. Mais il oft ab- ſolument faux qu on parlät dans ce conſgil de tuer ce Prince, 6 on ne pouvoit le prendre : jamais on o'agira un auth, coupable deſſein. On difoit, je Pavoue , dans le parti, que le Duc Orleans Coit Wee de la 5 1 30 | * Conjuration & Alb: y, on penſcit meme que la Joi Salique role Wlle, qu aucune renonciation ne potvon h demie ta France, & qu'elle obligevit hes Spuveratns, teat ſucceſſeurt & leuts ſuſett, teſpective wett ; on difvit qu eile adjugebit la Regence au Roi 4 f. f he que le Pailerient gtabli pour fare con- *hoitre auk peuples la loi, wWavoit pay le droit de eaſſet la volonte mupteme des Rois, Griblie dan vn benatnent qui ſale des hommes le plus ict, Mais j'atteſte contre les bruirs qui ont conty Gans le'renis & contre tout écrit qui pourroit un jut paroitre , que das Ia faction Prantgoite , per- ne n'&coir capable C'ffaſſiner le Regent, & Falgure qu'on Feſtimolt encore, Tors mee qu bn nie tefſoir de le dertter jaſques tans os fohd des ovinces'; Way [rs ondrois pas de meme tojets qu er au- dela des Pyren-· =” ar oy Fee, Miele ſe Webs 221 N "Fl Welch Us" empire de li perfor 2 29 fans lui faire aucun mal, ar Termine, on Uellbera fur ce de devot es | " Falte + le Pere Tourttemine avoit da omplote eke le Conſeſſeur du Roi 4 Eſpatne, & avec Alberon) de le kalte ceanſporcer a Madrid ou d * Tölede, ou Ans quelqij5 autre ville convena Cy ol tetoir — A ue bios 1 1290 du Roi r K & © & contre le Due @ Orltans, Regent. 157. de France, dent la {ante étoit chancelante, ou juſqu'a fa — Et comme on ſavoit que les aventuriers avoient de manqué leur coup au bois de Boulogne, le Comte de Laval propem de faire enlever le Prince par quelques- uns des Colonels, qui crojenr ſex parens, ou qu'il s toit. -aſſocis & qui peuvoient Gappracher aiſtment du Prince, lui propoſer quelque partie de plaiſir . hors de Paris, ou fe ſaiſir de (a perſonne, apres une de ves parties nocturnes, oh le Prince, fans - mefiance, Pabatdonnoit ordinairement avec fes e e ant eee ae La France” vie fols 1 du chef de la 1 il falloit pourvoir à la ſüretè de Etat; & pour conrenter ceux qui . Penlevemenit” du Prince, it fut reſolu qu'on aſſemblereir les 'Btirs Cindtat. „Le Duc du Maine 6toit aims, il ayoir beaucoup d'influence; on imagina que etre Aſſemblée le retabliroit dans les droits que le ſeu Roi lui avoit accordes, & qu'il avoit perdus par une operation de la Rẽgence. On dit meme qwune ſectete paſſion de tegner, perſuadoir à la Ducheſſe du Maine que les Ducs d' Orléans, de Bourbon, de Chartres & les autres Princes, pouvant mourir, comme tant de precienſes ae 1. Gmille de Louis XIV, p OD 138 Conjuration d Alberony , le Duc du Maine pourtoit encore regner en France, fi Edit du feu Roi étoit retabli par la Nation aſſemblee; mais ceite eſperance ambitieuſe & temeraire ne lui fur impurce. que par le pani d' Orléans, qui aſſuroit dans cette circonſtance, que les empoiſonnemens & tous les crimes qu'on _, avoit imputes au Regent ſous le feu Roi, ne pouvoient etre attribues qu _ la cabale des Princes lEgitimes, Le ſecond avantage qu'on ſe promettoit de | Frats-Generaux , etoit la verification de la dette de FErar, 3 ſous Louis XIV; les Fi- nances etoient dans la confuſion, & Law. qui | avoit toute la confiance du Regent, etoir a leurs | yeux un aventurier , un TE a de ö ruiner la France. | Le troiſieme avantage ing un cas, 7 f Etoit d'aſſurer, pendant la minorite du Roi, Conſeil national, qui püt agir avec un Rigent cou un Vice Roi, que le Roi d'Eſpagne pourroit 1 donner a la France, & qui rappellant aux Fran- | cois Pancienne. forme de leur Gouvernement, | | cloigneroit des affaires, les nn —_— Law & Dubois. Le quatrieme aVanfage qu/on devoit rerirer & 1 Etats-Gencraux, c toit de faire juſtice aux plain- | tes de tous les Corps, d'6couter, les Enyoyes des r „ 0a » WW 4 3 E.. _ CO oo contye le Duc d Orldans., Regent. 139 Pays d Etats & des Parlemens, qui gemilloient de Tuſurpation du pouvoir des Miniſtres, des injuſ- tices actuelles de la Regence & du mepris de leur privileges , que depuis ney ils recla moient ſi vainement. Le conſeil/ des conjures delibera enſuite ſur les propoſitions que fir Ambaſſadeur Cellamare , de voppoſer au traité que le Duc d'Orleans venoit de conclure avec les ennemis de PEſpagne; 8 pour le rompre plus efficacement, on determina de faire la demande au Roi W e d'une con- vocation avec ſolemnitc, parce qu'on diſoit que cette demande en ſeroit le premier titre, &c qu'à fa publication, les Francois, amoureux de nouveautẽs, ne manqueroient pas d accourir de toutes les Provinces | ni de Saſſembler. Il fut encore decide que le Roi d'Eſpagne demanderoir aux Parlemens de France des arr&t&s pour la convocation de cette Afemblee , & qu'il leur keroit entendte, qu on les confirnieroit dans leurs nanciens privileges, qu'on les remettroit dans la firuarion de ces anciens Parlemenz, que les Rois avoient pris eux- mèmes pour arbitres, & qui, paroiſſoient etablis pour la defenſe des loix de Etat, plutt * mw: juger des procts entre : Creme 1 Ces projets el cas, ane — „ 140 Conjuration d' Alberony, au Cardinal, Miniſtre d' Eſpagne Ia Reine up- prouva le plan d'aſſembler les Etats, Edit de convocation & les Lettres que Philippe V, de- voit leur &crire lorſqu' ils ſeroient affemble pour la reſtauration de VEtat, pour le payement de la Dette nationale & pour etablir la balance entre les revenus & les depenſes du Royaume. Le Cardinal de Polignac & Malezieux, compo- ſoient toutes ces pieces, & à force den fabtiquet, de les changer, de les charger de ratures, on laiſſa ẽgarer quelques · uns des projets de ces Edit, & on verra dans la ſuite e an le Regent. Ce Prince, tandis qu'on rramoit "rr FR complors contre fa Regence & contre {a libers, | ne diſcontinuoit point d'aller ſouper à Saint Cloud, avec Madame Parabere & ſes rouds,. & quand il n'y couchoit pas, il revengir pendant la nuit. Cette facilité d'aller & de venit, fans rien aprehender, donna Jidee, A ſes ennemis _ deffayer demouveau, de fe {air de ſa perſonne; & il eit été pluſieurs fois enlevé, fi le Cardinal de Polignat, qui ctait charge de pluſicurs ope- rations, mavoit demande encore quelques jours pour prendre de nouvelles meſures. Depuis plus de trois mois cinq cens Faux- ſauniers qui pe- Troient juſques dans la ſotet de Saint Germain x 8 Vs & @ — —O— — ) — — my mn =, _w_s contre le Due d Orilans, Regent. 141 conduits par des chefs, ſe repandoient dans R campagnes. Madame la Ducheſſe Orleans Douairiere, qui en recevoit des nouvelles con- fuſes, ne ceſſoit de retenir ſon fils au Palais Royal par des prieres continuelles, ajoutant que puiſ- ; qu'il aimoit Madame de Parabere, juſqu au point Jaller avec elle à Saint Cloud, au peril de ſes jours, elle ne trouveroit plus mauvais que cette Maitreſſe s ctablit au Palais Royal. Au milieu de ces dangers, le Regent vivolt toujours avec {a tranquillité ordinaire, quand rimprudence du Prince de Cellamare lui apptit ce que la cabale tramoit contre ſa liberts, CHAPITRE XE Decouverte de la conſpiration conte le Regent; punition des Conjurts. © , e | ; Cartiiinn tat ces entrefaites, ne cefſdle canimer les cabales ſecrettes, & les mecontens de la Regence du Duc d Orléans. Parmi ces det- viers , les Jeluites & les Sulpiciens, deſolés d 1h Der. de la conſpirurion contre le Regent ; voir perdu ſous la Regence , la conſideration done ils avoient jouf, &toient les plus reſerves. In avoient été ſous le feu Roi, tout-puiſſans dam le Clerge, à cauſe de Finfluence que donne fur les eſprits, education dont ils etoient charges, & du credit qu' ils avoient A du Miniſtre des graces Eccleſiaſtiques, & ils sen eroient ſervis pour enrichir leur parti; mais, ſous la Regence, Eloignes des affaires, ils cabaloient en ſecret, pat leurs agents nombreus „& 0 parmi leus Eleves. Dans cette circonſtance, le e $ctoit ſouleve contre le Riguar & refuſoĩt dente. giſtrer divers Edits; & PAmbaſſadeur d El- pagne appelloit les C wh de Pinſurrection, des Heros, des Defenſeurs de la Patrie; il eſperoit encore en de la diviſion que la Bulle unige- nmitus excitoit plus fortement que jamais dans le Clergé, & dans le Royaume; & il etoit aſſure que le parti Jeſuitique, & celui de Vancienne Cour, favoriſeroit PEſpagne , ſans que le pani J anſniſte elit aucune raiſon de Soppoſer à la revolution qu'ils vouloient operer en France. Pour accompli: ſes deſſeins, il recevoit chez lui indiſtinctement tous les mécontens de la Re- gence, & ne voyoit pas que Abbe Dubois, labile dans art de penctrer 4 fond une intrigue one ll 1 ſur es, de vi ce, pat urs . H. GH 8. 7 „ | punition des Conjurts. 1 43. ſecrette J decouvriroit bientöt le plan de ſes pro- jers contre le Gouverne gui les contenoit , pour en multiplier, les copies qu'il falloit envoyer en Eſpagne & diſtribuer en Fae aux Chefs de la revolution; enſorte qu un de ces Ecrivains , nommé Buvat, Epouvants à la imple lecture de ces Memoires , n attendit que la nuit, pour aller devoiler 2 Abbé Dubois, le: projets de PEſpagne contre le Gouvernement. Dubois, ſaiſi de crainte & d' horreur au recit qui lui fut eur, donna des inſtructions au copiſte, pour retourner avec fruit au bureau du Miniſtre d Elpagne, & prendre une liſte des conjures, II devoit obſerver les perſonnes qui viendroient ren- dre des viſites, celles ſur- tout qui avoient un air de myſtere, & plus particulierement les dẽèmar- ches de la Ducheſſe du Maine. Tous les perſon- nages ſuſpects furent des · lors ſuivis de pres par la Police, qui apprit que Madame du Maine, deguiſce, ſe rendoir de nuit chez PAmbaſſadeur IEſpagne, pour traiter avec lui de leurs com- plots, Cependant le copiſte, fidele 2 ſe rendre chez Dubois pour lui faire part des dgcouvertes & chez le Prince de Cellamare, dont il Etoir pour cette partie le Sectetaire, penctroit auſſi dans tous . Il eut Pimprudence de confier à des copiſtes e les Memoices * 144 Der. de la nals contre le Regen 1 les details de la conſpiration. Il dreflojr gn Joun | nal des. mouvemens de tous les conjures , de leur vilites, de leurs entre vues; & il en inſtruiſoir e en la nuit ſuivante, ſans que ven doutät. Le Regent & Abbe, af un profond ſilence ſut cette affaire importante 120 · rendoient pour eclater , que le moment favorable de convaincre la Ducheſſe du Maine ou le Prince de Cellamare, par quelque preuve ds fait J ne puſſent conteſter; & il ſe paſfa cinq mois en- tiers ; ſans que le Miniſtre pac prendre | les 25 res ſur le fait. Buvat fit ſavoir un ſoit, quid ayoit epi en entier le ptojet de la lvohation” compris en cits quante Memoires differents , oat il donna les Sominaires z & que ces projets devojent etre pot · tæs à la Cour 4 Eſpagne un tel; Jour, pat 211 Porto- Carrero, qui ſe, rendoit à Madrid par ha ſard, & qui ſe chargea en effet de ce fatal paquet. Dubois fit ſuivre cet Abbe, qu'on atreta « Poi- tiers. Deja pour cachet le contenu des deptehes, pour cacher meme qu'il eũt ecric A fa Cour pat une voie particuliere; Cellamate, ſelon ſon uſage, venoit d'enyoyer des lettres de peu & conſe- quence, & qui ne parloient que daffaires ordi- nal res & communes au Miniſtre des affaites &rran« getes, ” = * — - E S B AK 2 F Fr bunitian ds Conjul s ug 4 geres, — les inſexat. daus le paquet qu il cavoyoir luj meme a Madrid, & pour que ſes de peches winiſterielles euſſent Pair de partir aue celles du Cabinet de la Reégence z dans ces lettres, cependapt , Je Prince Cellamare,. avoit inſeré. en chiffces un. billet, qui ayercifloie (a Cont au de- part de Porro-C ro, & Pinſtruiſoit en pęu de mots de Vim importance de ce Courtier: Le premier mouvement, de- Cellamarg, err Þ'epouyante z quand il ſut que Port ere certain fi ſes dangercuſes d. peches ou non; fur „aller demandes i Leblanc, Fun de Miniſtrey, de Ia, pa pen — paquet re lettres il lui avgir PEſpagae, Il Pas — — 3 la nouvelle ſans doute, que le paquet ctoit intercepts : mais my le Regent, Dabois. & Leblanc ; avoient regu. le nouvelles de, Epitiers; ils eroient convaincus,, pa des prevves de fairs 31 Juy;complor ,, dont <1 paxoient eu juſgu/alors.. que, des indices; ils | diſſmulerent Rs Far, t .lur un an artentat contre le pouvYęit qu Regent z & Leblanc ,, au lieu de r emettte au Minuſſre & Eſpagne ſa der-. 2 depeche, „ bg + dit d un thn ade : M. Þ Anhaſſageur ef dd Adchiffte.3 Gb depecles ſurgriſes, entre. des mains de "Ports Carrero , ſont connues fu e 8 t Cons Tome III, notre hills, 146 Der. de la con ſpiration contrele Regent; ſeil; ſuiver-moi dans votre voiture,'ſ ai ordre tt faire la viſite de votre Hotel en preſence de M. P Abbs Dubois, que voild, & de divers Officiers! f vous obtiſſe de bonne grace, il ne vous ſera pas fait de mal mais f vous eſiſtex, de plus grandes forces ſont toutes pretes pour vous ſou- Cellamare vouloit ; it des gens, il eſſaya de parler des prerogatives de fa perfonne ; un ton plus ferme encore, & plus 6leve , lui repartit qu'il avoit- degrade fa dignire — que PAmbaſſs deur, ſtupæfalt de tant de découvettes, fut con- traint de ſuiyre Leblant & Dubois 4 T Hetel de yAmbafladeur #Efpagne, qui fut ſur le champ chvitonté, & templi d un detachement de Mouſ- quetaires. L'Ambafſadeur fe domoir Is ton de la te- preſentation Efpagnole , pendant la vifire qu on fi dy fes papiers en fa pttſence; mais la fureut le prit, quai on ouvrit la caſſette de quelques billers doux ; qu'il conſetvoĩt; & dit „en prefence de tous ces perfonnages qui faiſojent la viſite duns tous leb coins: de fa maiſon; il dir 2 Leblane & à (es Mi- niſtres: er ne font plus ld, Meſleurs, 4 affuiret d Amibaſſade ; laiſſeg, luiſſet cette "caſſette 2 ces Abbe Dubois , elle ne contient gde ts Vitters de filles5; 1 4bbZ oft teur M. abondotin W cafe fee; ie ia ii dome votontiers, ra \\ Slinttion des Chur, 145 benz ebase guess, w arrẽtoleut; ni- les fauilles, ni les recherches; on fureta de telle mamiete , dus let 7 lus perits reduits futent viſices 3 om ſaiſit tous len papier qu on trauva dans Hotel on les — d' ui double ce celui du Regent, desde celui de Cellamare. 5 Le lendemaim, Dubois, eng qualité de Mir, biſtre des affaites Ertangeres j-Ectivir aux Ambaſ- ladeurs, aux Miniſttes &t Reſiderrs-pres le Roi de France , pout leur faize connoitre les motiß de lu conduite du Roi envers Je Ptinee de Cella mare, dont il dé voila pra roy ara Miniſters 1 pour Annen de ſoutce tes commencethens d une cqjuratian +; Dabpis bcti« Vit en mümestems ankEv8Ues , aux premiers Prelidens', & à . tous les Gouvernturs' du Roydume; parce qu on craignit d'abord quelque complot dana les Provinces, correſpouilant d celui qui devoit ktre exccutc dant la Capitale z & il les ehortoit de mairitenir le o ordte eri ca de ſedition LAmbafladeur d'Eſpagnid, dans # dsc cntertet, kerivit aufſi le meme jout: Aeg der Miniſtres:deg coffres de la; ſaific de les papitrs þ mais le lends main, oti fir partir PEpagnol ſom bonne tſcorte.y. K 2 148! Dec. de la conſplratiòn conti te Regent: & il fut derenu à Blois; où il reſta juſqu'au 6 Mar de l'année ſuivanto. Dans cette citeonſtance Mademoiſelle de Valois, fille du Regent, me fit ſavoir le meme jour, que je devois me defaire des papiers ſur affaire d Eſpagne , ſi ſen. dvds, puiſ- que le conſeil de Rogence s en occupbit veritable ment, & que ee, . tout courroucè. . 17 8. 2 an ok — TEE . - Anh faceqr: a6iols les: didnt Effe gnols. Pluſieurs perſonnes qui paſſoient pur tris- inſtruites , en ont raconts: la decouberte un peu differemment; le Secritaire de / Ambaſſadeur dE. pagne;; diſoient · elles, ayant manque. à un tende vous que lui avoit donn une femme de la Com- munaute de la Nillon, il avoir dit à celle: pout excuſe, qu'il avoit &6-oblige de travailler plus long tems qu'il n avoit cru, à cauſe du depart de PAbbe Porto- Cartero pout I Eſpagnie : la. Fillon, ajours-r-on', qui» avoit· des relations ;particulicres avec le Regent, en rendit compte à de Frince. Le Duc fit courir aptès PAbbe , on Vartcigniva-Pot- tiers n lui enle va. fexpapiets z;:6 ond le laiſſa partir pour PRſpagnez- mais oeluieci depecha ſur WW 4! le chatip un Cdurtier à HAmbaſſadeur Gellamare, C pour lui faire chnnoitre ce qui ſe puffam & cc Courrier ſe preſſa ſi bien, qu'il atiiva long :temꝰ i Rc avant celui: du Regent; enſorte que le Prince de 4 renn . — ] ] w a«< 2 7 Os FD) a. 2 A n,; res Le oi fa fur ©, ge. ms ge: DMT CT BEST: Fasten der C Mu, 14. Cellamare aut. le tems ngceſſaite. de btũler a pſus grande partie n des. papiers, relavis, à Ia revolutions = complotee „ de ice partit de nuit Abbe Bris; gaut ,. &. C averiir les Cheft een „ Eveng nent... On uxa, mull. — — decouverte en, meme-tems chune autre maniere & que la Saint-Edme, vga de Baron, qui avoit les Danſeuts de Core & dirigedit une maiſon de Iibertinage „ oft; Cazello, Ecyyer de: Cellamate toit venu ſouperg Pavoit decouverte ; cet Ecuyer pris de vin dis un: ſoir que les 2 fairesd u Royaume changeroient bientöt de face, & qu'il; falloit ſe c oui ; la Saint Edme, qui appelloir. Abbe Dubois ſan compere, alla Pavers ur le lendemain à quatre heures du mati. c On ˖ dit ænſin: que lei Regent àvoit ſu encore de Þ gu on tramoit en Eſpagne & en France, quelque complot. contre ſon eaatoribe 3 n ce -qui-adDbjen. avers'y geſt que de Regent cir infirgits deg tamen chatte ia perſonne & quiil apprix de graut mazjuj;.pat:YAbbe: Dubois, — lo tou ccuché ane) Emilie, que: Penton. Carrero draig, atzert a Docytes a cetre fille qui dans la ſuite mH le raconta, m' aſſura que le Regent eee &s: etonns a du tæeit de Abbe. end. © 14 41a6isbd 4 e K 3 re Da,. de ld eonſpiration tontre ke Regens; Le Regent affemble bier töt un Conſeil! oi des picces; qui dswinbit futent lues la plupart la conſpiration : la pisce bre be, 10 "Git le cun grand incendie : le n' 20 renfers moit les inſtances de Hi" Nation, ſes grieſs conte la Regenee; & let tcſolutions du Noi d Eſpagtne, adreſſces aux EtätéGencraun: le 8, & bffioir les moyens > accomiplit” fes veeux, G. la reſtauration de la Fries, & Salle ls vie dr Louis XV, colitrsits'cdmplate fuppoſesdn Duc Orleans: le ne. 40 tappottoit les moypns em- ployes dans len antes minorités; & le nei 50 | > zenſotmbir une te üs; Cenfarevzöle blen & leurs catacteres c lo retit des principams: ewplois ; dont chacun Pew devoit 3'oceuper, {Let Reet artẽta Abbẽ Dabois, qui liſolt la Biſte- des conſpirateuts, & die qu if e ſaveſte ach, q- ne vouloit pas deshonoret les ingrats q qui genolent de ſui des bieg- Hatt. 2048. 103-5 Yiolaup: nA 1: I y avoir en offer unge-deur Cblowels thays cane vxpgdition parcieuliere conttre!\ky/perſonne du Regent, qui}-fallsit erilever 728" ſort conſpitateuts, dus Koient les plus notsbles per- ſonnes de 4a Fmgee ! la lecture des Momoites ſe termina In ; mais le Conſe ils en uit aſſer pour vn 82 nn Au Duc du Maine. 98 Conjur er. 4 ple ee a 2 ; © als 8 ee — ap cs = vom dy ſeu Roi — == — Heal t zn — 1 T — — Was v a _ N. — taux. 9 — 2 2 _ 1 . TE: - * . — Are 2. a Fer Tur : — * 190 la perſoune —— — | 3 —ů— — $ _— 2 & tenant General ee, ee 855 —— 1 Princes Egitirnes , 2 7 i — de 2 EET 5 _ — d cheval, — Delaunay, " Gourerneur | Kaſtille de ſe tenit prices * monter _ 0 2 erte 2 5 1 OR 2197. ap des Log ? * ts | in les Marquis de-Pompadour — rquis "8 151 Dec. de ta ronſpiramon contre le Regent ; & de Saint- Geneſt le furent dans leur lit: le Marquis de Courcillon; gendre de Pompadour, le fut auſſi le meme jour, & tous furent con- duits 2 la Baſtille. NJ: MAb: isi. Let, le Comre-dAdic'& Magni, Iatroduc. teurs des Ambaſſadeurs, que Cellamate avdit attires à ſan ꝓarti prirent la: fuite. & axrivereni ſains & ſaufs en Eſpagne, & Abbe Brigaud, Secretaire de la conſpiration & Gardien des pa- ;piers; fut arrèté & Nemours, Cellamare avdit eu le tems de le faite avertir, &. il avoir. pris la fuite, deguiſé en femme; mais Abbé Dubois enuo ya det Emiſſaires qui, voyant ſon air decon- certe o arrèterent: on lui trouva des lateeg adteſ- ſers & lui · meme, on le ramena à Paris, & il fut renferme à la Baſtille. Lid d'amitiꝭ avec le Mar quis de Pompadour. ib avoit te par lui entraine dans les intrigues it la conjuration ; il avait com- poſc auſſi une reponſe aux lettres de Fitz Moritz, ce qui Pattacha Madame du Maine: il eonſia en qui, par ſon otdre ]) ͤremiſe au Chevalier du Meſnil; & comme d Argenſon & le Hlanc lui dirent, .co/Tiurctibgghnt., que ſa Servunte 6: du Meſnil étoient artes & qu' an avoit tout ul dans ſes papiers. Bi bien! repondit it He, vous ſaver toute Paſfaire il A a rien de plus L = K FSS SFL FIA WS Les » | Punition des Conjures, 1275 Juges encore plus furpris, parcs qu'ils navi n rrouve dans la caſſette que des papiers de famille & voyaht que du Meſnil les avoit trompés && navoit point tout remis; le firent appeller. Le Chevalier juta qu'il Wavoir tien garde, & qu'il avoit tout donné: mais un moment apts, | il arrẽta le Blame; & lul dit: en particuliot quiil lui declaroit, non comme à un Miniſtre, mais comme à un - hannte homme; qu'il! avi. brile pour ſe ſauvet lui mme n π, les Memoires otiginaux de la Conjurarion:d'Eſpagneis le Blanc lui tepontlit que ſa qualité de Miniſ- tre, &c la raiſon d; Etat devoi ent tre pruſerècs à tau] conſidè ration patticuliere; ibo lui ptomiꝭ ſeulement d adoucir le 285 —— _ comme les autres conduit Ala Baſtille. Le Blanc rondit compte, en —— de cette doe tte & prursette e. Chevalier cüt été épargué, à cauſe de la Clemens naturelle du Regent; mais PAbb& Dubois q combattoit dans de Prince tout cequ auoit dt bon & d'honne&te- dans le carastere, ſit tant de bruit, , que-letiChevalier du Meſnil fut coin à la Raſtille / conimę les auttes le Lex> ſen⸗- timens d'hilmanitd N ler doi ier la conſiunre? & de Hamid ſont bone ponm tnucdinmmunwides » Boes, difnit Dubois; maitiles Miniftres dale la Cour d Epagne Vavoir | | | | | | — | erxtter la Ducheſſe du Maine, & fon-dpoux le fut 154 Der. de la conſpiration canine le Regent ſecrifier tous ces principes ine, eee raiſon d Etat. Le 15 Pecembre furent archi eat Sandracki, Brigadier de Cavalerie , & Serret, Colonel ue Huſſards, avec pluſigurs des Officiers. Le 16 deux Allemands farent encore. 1 de Schlieben dit que ſi le Regent niavoit pitt de lui, il ccoit perdu, à cauſe des complots que engage d ene cuter. ö Le 22 Detembte on apprit à Puris que le Due de Saint Aignan, notre Ambaſſadeur , Scron era» de pour ſortir d Eſpagne, & qu Albetony ſacbant que le Prince de Cellamare coir artet, avoit en- mais il S ctoit deguiſe avec ſa ſemme en Jaquiais, & il avoir donne ſes babies à ſes gens, qui furent arrẽtẽs à fa, place, & cet ainſi qulil ie Auva. Le ag, le Regent tint um Conſeil ſecret cont- poſe du Duc de S. Simon * Argenſon „Ide Dubois & le Blanc, ou il fut reſolu d ureter le Duc du Maine, ſon épouſe & toute ſa maiſon. En effet, de lendemain 29 Diaembre le Duc de Bethunt ,//accompagne de la Billarderic ,- vint I Sceaux; par Savaneourt, qui eut Pinſolence de taiter ce Prince avec brutalité 3 leuts fils furent cxiles dans: ln ville d Eu, & la Princeſſe leur fl 1 * - © Ko - „ „ T + TT # .. A punition tt das Conjures. »% 0. yy fur renferrbCe-'a Chaillot. Madame du Maine avoit engage ſon mari de fuir en Espagne como Magni & Daidis; mais il eepondir: qur na rien ecrit, on ne pompit lui fen prouver ; "BE qu'il d accuſerdit lui - mim en y ant: elle sat tendoit ellermime det enlete / om neui tronva ,; tant avertie, que! quelquet livers dant i bibliorh6&que qui traitoiunt dendivarſes. compi rations : on la fir lever du lit, & elle partit fans teliſtance ʒ on e iu deem, Ju dend -Fdranies- de- chambre; mai Madame ie Chanotas demand en grace queiqu es jours. apts: dei s aller renfertner 2 eller Madame da Mainel, . dont on «highbit les dis . fag jvc dune unt 4. chant carroſſi ge louage & — ctainte quite" rappeiac:tc as ————— wt 906 4 d honneur j de Valetyade-ebhatbrer quae Ve 2 Froceure de ies uppartem bs. 1 —— mani feſtel AipAg ne, furent pris 18 mense fur d Sceaux 8e, bondufws-A la- Basile. 'Oh !lbut-rondk des originatiupreltifd à 4a rettet due lo pre vouloit ddelirets&> macher, chais dont IVa lui enleva 48g lambeaux; qu'il coinferva ee vn f justin e qui de ahi c fut ln freue dp | 56 Dec. de la ronſpiration contre lle Regent; convainquante contre Madame du Maine. Le Chevalier de Gavaudun, la Comteſſe & E Abbe le Camus, furent conduits à la Baſtille ; & juſqu a Marquis de Boiſdavis , qu'on avoit ts ſaiſir en Poitou, parce qu on trouva une lettre qu'il avan Ecrite: de ce pays la au Duc du Maine lui offrant ſes ſerxices; on ſaiſit encote la Camteſſe de Noyon, me _ | +:Le- Cardinal de Palignac ne — ſonne:; mais conduit en exil dans ſon Abbaye d' Anchin en Flandres, dans det confin du Royaume , ou il fut garde par un Centilbounmnee Mademoiſelle de Montauban, Eille d honneut de Madame du Maine, accuſce de galanteties avs lui, fut ſaiſie em meme · tema j mais on ne trouve due des billets deus du Marechal de: Villats, & quelques ecrits de ſa main ſut la Conjutation- + Mademoiſelle Delaunay , ſille pleine deſprit; & e conduitę: . la Baſtille avec ſa Fete · de thambre. Bargrton Avocat, & Daxiſard-, Avoca General: di Parlement de; Toulouſe;y futent atti· tes auſſi de: meme que le Marquis de Saipt- Feniez !; mais des vingt- deux, Oolanels oi avoient ligne: le cumpromis pour: ater e Re- gent Be le conduite au Chateau de Tolede, i I avec: les Bretonanaga „„ anche 3 a Madame. du Maine, ſut arrbttt auſſi EET r r s N a Conjurds. a 157 k'y cur ente que le Cotte Laval, qui deva tpier le Duc d Orlbans, le-ſurptendte dans une de ſes courſes nocturnes & enleFr rr Enfin la Martzuiſe de Pompadour, ſa lille Ma» dame de illen, ſurent arc ties 3: & les Mouſ- quetaites pendant quinze jaurs:ne;(e. dibomenant pas & plus de dleux cens innocen futent renfermas ia confondus avec; les coupables. Ces :emhaſtillations jertoĩent la Capitale dans la derniere conſterna: tion, car om ccaignoit alors ja priſon , plus qu on ne fit depuis ee tems-la t à Ia vrité, on redou- toit les prinei pes de Dubois, de Law, de le Blane & de d' Argenſui; ils ctoient mptiſes de toute Ja France; * les diſoit capables d'un mauyais coup. 9D D novs oily. 2852420 * Prince 4o--Gavei.,.plts.conpable. que. les ares, devoit tre arrẽtẽ ; mais ile ptit le. parti & ſe batticadet ches lui avec {es complices,/ 8 Ii ne leur manqua ni femmes 4c H vivres peut utendre Fevenementi Mals mme. on les .cnus capables de xc ſiſtce & qu' ils s ent munis de touies ſortes d'armes , Dubois: dit qu'il 6roir rop dangereux de let attaquer » & diſſunula: on ignora derem les mouvpraens; ſecrets. de ia tion. de Villeroy, à cquic.de ſa con & de (es. telatiogs. intimes aves les -principays, perſonnages?. de Rantienne Goug, = ce Mardchal che au Duc du Maine; for ulese ehbrf, & ai * ut Dee. A lefg len one: Reget furs peine que le Duc du Ma ine toit -arrete;| de Saint Cyr; pour: en apprenidre la fatale nou- velle à Madame de Maintenon ;-dans'un moment favorable. Les deun Dames btbient enſernbl A Mainrenon ſaiſit & decachera ; elle la lut; & {+ douleut fot tello, qu'elle alla ſe profterner devant le Bain Sacrement, la fibvic Ty ſaiſt & be la quitta plus; elle ne ben releva que peut parti des Princes 16gitimds, qui hui: devoient. leut e vation : fa maladie ne fit -aucune- ſenſaticn. Cependatit elle ayoit conſerve quelques ums bonne pat us seischecdent HAdcere à cee ligue, & ne recevoit ples thez elle que eeur-Ii 7 vile voyoĩt encore le Cardinal de Reka, le Dut de Noailles, le Marcehat. de Villars, ofEvque" de Chartres; le Cardinal de Biffy';- & far-rour le Due du Maine, ſon favort. Elle - confervoit\ # Saint Cyr le ton de ſouveraine; offtane un fau- | trnil > ce mane Ing 2 — — i 46s ferines De- moiſelles de la Communantt ,; — werent &ffe; toute la Maiſon rreinblole es {4 profes] quand on apporta la lettre, que Madame de —— . ¾ —éAN Ä oa. 55 err * K reer S202 d= punition des Cumurdl. 25 la Superieure ne venoit lui preſencer {es kom- mages, que quand elle y etoir/invitde; elle n ctot cependant appellér dans la maiſon que du nom de Madame. Elle mourut Pune: fievre continue, 4 Page de NL Thy pe ans; occafionnte pat la lettre impre vue, qui lui appreniolt” que ſon Prince cheri tit renferme , & que les complots pour appeller en France le Roi d Eſpagne, ou pour 1 Gouvernemenit, Kaen a3 teuſſi. * Le jugement le plus general qu'on. en ports apres ſa tnort, fur que c*&roir une femme bien adroite pour avoir ſu fixer ſur elle les regards Gun cy Rol, - —— le cœur Tun homme vo- 4 lage. Le Gonſeil * Kithemts 4 ne ceffoit cependant | Eexercer ſes vengeances, tandis que le Duc q Ot. kans ne parloit que d'oubli & d'indulgence- Dubois, pour ſatisfalre PAutriche dans cette cir⸗ tonſtance favorable, 3 pot 2 decharer, comme il Pavoic promis, la guerr à VEſpagne ; mais cs - qui embatraſſoft le plus le e , OEtoit le choix = du General ; cette guerre n'etoir ipprouvee ni des Troupes ni du teſte de la France , encore epuiſce des ſacrifices quelle ayoir faits p f devet le petit de Louis XIV ſur le tr6ne d Elpague. Cette guerre de — contraire I ous les ptincip 60 Dec. de in conſpiration contra e Regent; Necedens & à tous les intexets, actuels, devot abaiſſer . & relever Autriche. Cependant dans Pinſurrection de tous les efprin bohrte ces projets, il ſalloit trouver un Genen — voulut & ofat commander nos T [roupes , titer lep contre. Toncle du Roi, & repandre le ſang des Bourbons ; ; Duc. de Barrie ſe preſent; & perſonne nen fut cronne. U avoir, regu toutes | foxres_ de bien fairs du Roi Espagne, & avoit 2 a Cour un fils qui en &oir cheri; il promit gependant Caller faire la guerre contre ce Roi, d accepta des bill lets & er Oar AE; niſterg « de ] France. 3 en .Albcrony., de. fon core, emos ar Magi: trats & aux Ev&ques Francois, un Manikeſts Foncre. le Regent, & on eut ſoin de renir regil- tre à la Poſte de ceux qui le receyroient 4 Paris; mais co Manifeſte n empẽcha pas que le Parlement, a qui. le Regent rendit le Preſident de Blamont qui il avoir exile, ne ſe declarat pour ce Prince, pi que le Duc. 4. Berwick n'allar camper Pres de — pour 5 * Preparer a des conrles hoſtile contre VEſpagne.. Ls Pretendant „ de — cote, command les Troupes de Philippe V contre PAnglerecre , . Lia ap. en perſonne , cell gu il dirigeoit contre le Regent. On fait, que Berwick kit. F onarabje, Saint Sebaſtien , quil ent] - punis on des Conj uren. 168 entra Not à la main en Catalogne, & que l Roi d Elpagne & ſon Epouſe, ne fe preſentetent que pour ètre tõmoins du ſucctꝭs des _— "4 CHAPITRE X 11. Mt | 4 Meal troiſt eme ER, ey a 11 Raa ſaie des } Anecdotes. * ” — 84 0 tf * / p ne 5 7 f Arazzony v avoir que des plans & des idees ſublimes, & & elles ne rodeglent etre + an cetoit a cauſe de leut trop gran ctendue: il avoit, outte Ja * 1 exudition, & trois. (tonne comment erat de ſimple Cure de campagne & {ans aucun — pour Py: des connejfſances , il avoĩt pu remplix ſa tete d ung fi, prodigieuſe e inſtruc- tion: il connoiſſdit parfaicement: * 5 adminiſ- ration du feu Roi Louis XIV, ancienge; conſticution de la Monate hie. pil RY qu'en- Europe on wavoit tien fait de bien depuis tente | ans, ni en France, depuis un ecle. Nos Aſſem- blecs Nationales, prelidees. par Jeur Souverain , traitant aveg elles des Finances & de la e Tome III. - 162 Mon troiſieme empriſonnement d la Baſtille; tion lui /paroiſſc:ent preferables au Conſeil priys du Roi avec ſes Miniſtres ; il ſavoit que Louis XIV wavoit &tabli des impòts dans le Royaume que d'une maniere illegale , arbitraite & au me- pris des droits de la Nation; & voyoit dans le Clerge de France & dans les Pays- d'Etat, un reſte de nos antiques privileges, tombès en deſue- tude dans les autres provinces. Plein de ces idees, il avouoit que des impòts ne pourroient jamais payer la dette Nationale, & que les Etats con- voques, avoient ſeuls le droit de pourvoir a Ial- ſurance & au paiement. 8 II diſoit que le Roi ſeul, avoit en France comme en Eſpagne, le pouvoir de nommer un Regent, pouvoir que les Rois partageoient avec la Nation aſſemblée; que le Parlement n'ayant point maintenu le Teſtament du Roi, n'avoit pu par conſequent accorder la Rẽgence ' au* Duc Orleans; que la ſeule Nation afſemblee pouvoit la deferer & la reconnoitre , quand un Prince, tel que le Roi d'Eſpagne'; appellé par la Loi de Etat à cette dignité, nen croir pas pourvu, & il concluoit que la Regence appartenoit au Roi d' Elpagne, en qualité de plus proche parent du 8 2 enn 1 Alberony voyoit d'ailleurs dans la triple & dans Ia quadruple alliance, des traites trop onë- faule Ar Meno! " 983 reux 4 FG dig vouloit que les Erate- Generaux de la France puſſent les caſſer; pott remertre en vigueur les maximes de Pancicnne Cour; enfin, par le mme droit, & en das de mort de Lonis XV, dont bn t toĩt ans ceſſe me- nac6 à cauſe de fi finté ſt chancelante, il Vou- loit qu'on aſſurät la ſueekſſion à la Couröhne; 3 un des fils qu Roi Philippe; & quion en cloignat le Duc d Orléans 3 mais pour y reuſſir; il falloit enlever ee Prince le mertte en lieu de rete, non en France, mais à Madrid, ſdùs le pouvolr du Roi d Espagne cbnvoöquer en France les Etats- Gencrdum;, traſter avec” eu de H ſucter- fon & du Gouvernement de I Exit; & (vir meme du méconkentemeflt des Pfoteſtand il ctoit poſſible, pour alder de grand proſeto a It Vous ſe c le bienfaiteur de votre Putrie me tiſoir Albtrony dans. fa lettre, en do ue 5d. ſoins 2 certe grande veyolution. Vous la remet- rex dans Ibn tar de giviro & dans toute fix ſplendeurc'Boraſts dum ſurchargte "Pune dete end mie; elle ne peut ſue ſurcdmber ſons un tel fardenu; la Munon uhmblee, heut ftule deliberer, G'choifir tes muyeni de payer ſa em. Albcrony me demandoit ſenſuite, au nom du Noi kſpagne de lui faelliter lupriſe de I ville de "Bayonne me prometemt 4a" protectiom · ſpteſale L 2 \ x64 Mon troiſieme empriſonnement 2 la Balli; . Roi, de la oe „& un r wy Were ment. - » 2 Alberony avoit ac Mis e 2 un \ Office quick portray en Frances avec ap auttes, Totkrier far arröté- Mais pour mieux ala mes, intrigues, d Argenſon, ancien Lieutenant de Police , homme habile. dans les artifices de beſ- pionnage, m'envoya- un Napolitain nommé Me vin, qui parloit bien I Eſpagnol, qui avoit tout Lair un ẽtranger, & qui me rendit les leteres ori- ginales & interceptcs: d Alberony, que Dubois avoit eu le loin de bien, xecacherer, Ce Aſarin me fir d abotd des offres ſecretes, il me park de PEſpagne & des projet) qui alloient éclater; il me conjuta- de la: part du Roi Philippe, .Caider+ les Troupes Errapgeres à S emparet de Bayonne, place frantiete, octupct por mon Re giment. Il me dit que j; itois aim; du Soldat, Aue tous mes Oſſiciers tient devuui²e, & que j'aurois bientot gaga par mes charrnes, mon ami intime du Saillant, Colonel de Heure Regi- ment, qui. etoit en gatniſqw à Bayonme i il ajou- ta qu'il connoiſſait mon attachement pour er Corydon, & nos tendres ſentimens fun pour Tautte, II me tenouvella la promeſſe dea faire , er „ & er de 4. ut 1. Ms in l 1 1 de de it, ue on p1- u- E Juc ute. en unter ds Anbbilotes, 165 meas le Regintent des *Gardes-Fraiicoiles qu'avoit Grammont: enfin il tetmina tes inſidieux propos par le recir de tout ce qui Etoit oontenu dans la lettre quil me donna, & dont je rocon- nus les ſceaux intactes. Apres. ces propos je vis diſparoĩtre Marin, qui me laiſſa a mes reflexions.. Le Regent, inſtruit de mes demarches ne tagdy pas den parler au Palais-Royal, & Mademoiſelle de Vabis m 'envoya ſur le champ Madame 3 f F emme-de-chambre, qui me remit de 4 part la lettre ſuivante: je la conſerve. ici avec chiffre comme un monument biſtorique de e tems · li; car quelques perſonnes croyvient fauſſe- ment que Mademoiſelle de Valois avoir "cabal de concert avec moi t6ntre ſon pere. Voici comment elles 'exprime ſans orthographe dans f@ lettre: la moitic toit n en chiles * Ky dechiftrE.le reſte. - © 2a% - r * 1 + vw + 4 * een cbm vous m axe Eure gutl ne pouyoir Wen oO REA UT ITT; J pro drip EO ln 5 20 17 12. 9.14 1. des 16 16 f % 17,5 6. 0.8: 6K re dt '3 11 12 10 15 14. 1 wh, je ne doute peine 7 2 e 1 a * 1 7 T6 nt da 13171 2 20 17.9 13 17 1 je yous L 3 ' ji 1 166 Mon troiſieme empriſonnement 2 la Baſtille ; %o . ae ie den 3 12 101 10 1 21 12 9 13 10 17 ü ee wir | ef 15 4 23 mais. comme il. m'a paru Luc vous . Der 67 n Fo 4 mn . 15 Thin" wy 1 1 8 EE" o u T je „ o u 3 15 12 17 15 91 17 12 17 1 e e +7 C o 2. 20 17 1 14 15 % que. gy" 11 12 10 e pour Ps 21 19 2 1 21 13 1 14 2,20 F a FA rede Mr. d. u Maine 5 20 9 14 1.31 8.34 3:87 -$.30,-1 1 N 0:04 14:2 hae enn . 13 17 12 10 17 20 mettre au z . paremment tous ce qui regarde Paſfaire 4 fp 'a g nie. | | 3 1 21 16 20 7 10 1. Je compte en ſavoir ® vantage ce ſoir gue je vous le dirai; mais ce E me preſſe de vous le mander , . * cela | 4'manmere a hope 20 821 81141, qui croyoit. ow je le ſavois, & 2 quand elle à vu que je nen elt rien, m'a * . recommande ae 7 en % y 9 rien dire. Je nai perdu un moment pour vous en avertir : mandes moi fi vous etes ſuns inguictude, car j\ayoue que je n ſuis plus. Dans un billet ſuivant „ Mademoiſelle de Valois m'avertiſſoit encore que M. le Duc Or- eans diſoit affez publiquement, qu'il avoir entre les mains des pieces originales, qui devoient bien- tht me convaincre des complots que javois fgrmes. contre lui. Cet avis de Mademoilelle de Valois, me hr comprendre que javois ere trompe par Marin, & jarrendois d etre renferme à la Baſtille, quand une Demoiſelle qui voyoir le Regent & avec qui je couchois, m' avertit de ce qui m' toit prepare. Je revois donc fur ma deſtinèe, qui me con- damnoit à rentrer pour la troiſieme fois dans cette demeure infernale; lorſque le 29 Mars, Dubois enyoya chez moi a dix heures du matin Duchevron, Lieutenant de la Prevare, ſuivi de douze Archers, c'eſt - a-dice , de Pappareil. qui ſuit la capture des ſcclerats; ce qui fit dire à̃ toute la Pairie, qui en porta ſes plaintes au Regent, que Abbes Dubois, chargé de Pexpedirion , n'ctoix pas fait pour &tre inſtruit des égards dus à ma dignité de Pair de Franee : Rafe, mon La- quais affide, charmant jeune homme de mon. age, eur la liberté de me fuivre à la Baſtille, & comme elle ſe trouyoir toute pleine. de pri- L 4 * % > — * 168 Mon troiſieme empriſe vnnement d la Faſlilte, ſonniers, ou peut · ètre comme le Regenr' ctoit plein de jalouſie & de coutroux contre moi, qui lui enlevois toutes ſes Maitreſſes, & qui en poſſedois une qu'il aimoit eperduement; nous fümes jettès dans une maniere de cachot octogòne, qui ne tecevoit de jour & ne communiquoit avec m que par un trou Erroit & longi- tudinal, qu'on 05 voir des environs de la ptiſon. Cet infime 8 toit (1 3 y entrant, une odeur de moiſi nous donna mal au ceœur; les pierres de la ptiſon, elles memes , n'ł'avoient pu reſiſter à ceite adtion de l'humiditè, & nos habits, au bout de quelques heures, ſe trouverent penctres de la tranſpiration, pour ainſi dire, de ces murailles & de Pair qui Sy trou- voit renfermè; nous ne trouvames d'ailleurs cn y entrant, ni table, ni lits, ni livres, ni chaiſes, ni fauteuils, & quand nous en demandimes , on nous repondit que 1a Baſtille tant pleine de pri- ſonniers, tous les meubles etoient pris; on apprir dans le monde ce traitement cruel ſi digne des peuples barbares; & le Regent, pour ſe diſcul. per, affectoit de dire qu'il avoit des lettres d Al. berony, qui m'etoient adrefices , dont trois croient | ſignees de ce Cardinal. Mon * jetta dans la — 8 N —_ * Mm St... as tion Mademoiſelle de Charolois, qui m'aimoir toujours, & autre Princeſſe, ſur-tout, aimde du Regent : elles &oient furicuſement jalou- les Pune de Pautre & môme ennemies 3 mais quand elles apptirent que j'ctois derenu a la Baſ- tille, elles ſe reunirent pour ſauver de concert hobjet de leur amour; car le Regent ittitè, ne oeſ- ſoir de publier qu'on alloit me juger comme cri- minel d'Etat, & parloit d&ja de me faire coupet tout bonnement la tete, quoiqu'il neut peut- etre pas cette intention, mais celle plutõt d ob- tenir ſeul les faveurs de mes Mattreſſes, en leur ac- cordant ma grace. Ses menaces, toutefois, allar- mant les deux Princeſſes, elles teſolurent de ſo liguer pour me lauver. Er, Mademoiſelle de Charo- lois pour animer davantage ſa Couſine, lui pro- mit meme de ne plus me voir, ſi elle n obtenir de ſon pere ma delivrance. La Princeſſe commenga donc — avec le Regent, qui renfermoit ſon bon ami avec tant de tigueur, reſuſant avec humeur toutes ſes careſſes, lui demandant ma delivrance haute ment, en pr6ſence de tout le monde, dans le ton du deſeſpoir, & le menagant d'un coup Occlar, dun acte de folie , ſi je wetois bienthe delivte de ma priſon. Le Regent voyant la Princeſſe deſeſporce & eraignant des ſcenes trop 170 Mon troiſieme empri ſonnement d la Baſtille; * eclatantes, lui rappella toutes les complaifances qu'il avoit eues pour moi, ſes bienfaits & mon ingratitude; il lui dit qu'zu lieu d'avoir fait un ami reconnoiſſant, il navoit trouve qu'un ennemi crtuel qui vouloit fa ruine, & lui arracher la liberté & la Regence, pour rappeller en France le Roi d Eſpagne, ſon ennemi. Il reprocha a |: Princeſſe de ſe liguer avec un tel perſonnage & de livrer ſon pere; ajoutant que ma trahiſon me- riroit la peine de mort, & que mon Procès me ſeroit fait: la Princeſſe ẽpouvantee, ſe tint des ce moment avec le Regent dans une plus grande reſerve. pour obtenir ma grace, ſi je devois, en effet, etre condamne à mort. Je ne trouvai plus en arrivant à la Baſtille mon premier Geolier Bernaville; il avoit fait un eleve. nommè de Launay (1), ſon parent, à qui il avoit appris tous les ſecrets de la geole & la ma- niere de bien conduire cette priſon ; les Miniſ- tres intereſſes au ſecrer, veulent toujours que le public ignore les raiſons d Etat qui font renfermer les priſonniers; ils craignent les cenſures de la Ville; & la Baſtille eſt une place de conhance miniſterielle ſi delicate, qu'on ne peut guer- res en confier la garde ua une famille bien — G A ets * th mu 8 JI Le Gouverneur decapite e en 1789 Fn de la famille · * "0 0-00” > 8 Oo ſuites des Anecdotes. 17 are & capable d' exccuter ſecrettement leurs ordres. Auſſi Bernaville avoit fait de de — ſont cleve, un outs veritable; il en avoir & la rours nure & la figure baſſe, tant nos occupations, notre maniere de vivre & nos principes, influent ſur nos manieres & ſur le —_ de —— nomie. | Cependant , comme you pare perſonnages aiment argent & craignent les gens en place, il fut permis a Mademoiſelle de Valois de parve- nir dans mon cachot ; de pleyrer avec moi, de me renouveller toute fa rendreſſe, de me ptomettre qu'elle ne conſentiroir jamais à epouſer le Duc de Modene , & qu'elle ne partiroit jamais pour I' Italie qu'elle n eũt obtenu : ma delivrance; elle ſavoit que Mademoiſelle de Charolois avoit gagne les Othi- cier de la Baſtille ; pendant ma detention de 1716, pour entter ſecretement dans ma priſon, Pour cor- rompre nos gardes, comme fa couſine, Made- moiſelle de Valois ſactiſia 200000 liv. que ſon pere lui avoit donnce en billets, & S aſſocia d Ma- demoiſelle de Charolois, qui ſe rappeloit les moyens qu'elle avoit mis en uſage pour obtenit louverture de ſa ptiſon: les deux Princeſſes ve- noient donc le ſoir, en grand ſilence, avec des bougies, des briquets, des bonbons & beaucoup de billets de banque, æn cas de beſoin; je me con- Ko — — _ — TY” EEE on En Aeon — — * * 323 * — — — — ——ũ—ö—ä — — — — - — — ———ä—ͤũ ?. — —_—_ * . % 172 Mon troiſieme empriſonnement d la Baſlille; amour fur ingenieux dans ſes conſeils, & qu''s parloit de Biron qui avoit && décapité à la haſ- certois avec elles, {ur les reponſes que je de- vois faire le een aux interrogatoires des Leblanc & des Dargenſon, & je puis dire que fur pour moi d'une grande reſſource pour cludet ces interrogatoires inſidieux de en com- battre ſes faux arguments. Ce Garde · des- Sceaux, pour plaire a Dubois & au Regent, & pour obtenir Payeu de noscomplots, employoit la terreur a ſa maniere accoututnee , & quoique mon pere lui cit rendu des ſervices, il prenoit plaiſir à m' i= as AQ. .2 ſuites des GIFT Ds A niſi au pied de la Baſtille , mais Fair libre '& ordinaire qu'on reſpire a Paris. Javois , d'ailleuts, aupres de ma priſon 4 complices renfermes pour la meme affaire, qui getourdiſſoient dans leur malheur, en chantant & auxquels je rẽpondois comme je pouvois, je plagois pout cela ma bouche au plus large trou de la grille pour Ecre mieux entendu, & cet amuſement Etoit pour nous d autant plus agreable, que Mademoiſelle Delaunay, fille d'honneur de Madame du Maine, & ma voiſine, chantoit de concert avec nous, ce qui formoit une eſpece d'opera joue par des invi- libles, & d'autant plus curieux, qu un amour reel & des deſirs de nous nn ys. plus intereflane,> | | | Mademoiſelle: Delaunay, fill Peſpric * 5 auſſi rendu amoureux d'elle Maiſon - Rouge, Lieutenant de Roi dans le chateau , & le Che- valier Dumeſuil qui toit avec ll priſonnier de la Baſtille; & ce que Pargent avoir produit ſur le Gouverneur de la priſon, amour ſut loperer ſur le Lieutenant de Roi Nui croit de fon naturel, inflexible , bruſque , un peu brutal, & qui peut - tre aimoit la premiere fois de ſa vie : Vadroite Delaunay qui Sen > renton , dans lequel mon intention eſt que vous v reſtiez enſuite, ſans en dẽſempater ſous. quel „ pretexte que ce ſoit, juſqu'à nouvel ordre de „ moi, & ne doutaht pas que vous ne vous » conformiez, à ce qui eſt en cela de ma volonte, » je ne vous ferai la pteſente plus Jongue- que „ pour prier Dieu qu'il vous ait en ſa ſainte & „ digne gde“. ic Se LOUIS. Et e an LEBL ANL. 21 Tout cela s effeftua le — — comme la maladie n ctoit que: fictive, j; employai les;quinze jours que je teſtai a Conflaris A recevois mes arhis pendant le jour & d aller remetciet ; mes amies pendant la nuit eſcaladant les murs du jatdin de Conftans pour ſortir & pour rengrer le matin, ce qui engagea le Regent dix jours apres, a m'cnyoyer qua · ie lieupöplut loin par une autre lettre de cacllet, Polis que dans la letere pretedente; il avoitcepen dadt quelque raiſon i car je lui avois deja enleve quelques unes de ſes maitreſſes. « Mon couſm, ayant e jugs APrapes pour des raiſons particulier, ue 14 | 233, 904M bl ile en des termes auſſi benins & auſſ uites des Agecdates. 179: » vous vous rendiez-ipceſſamment en ma ville de „8. Cermain- en- Layg, jt᷑ vous getis cœtte ig » de avis. de won onclelle.Nuc d Orleans, Regent. pour vous dire du auſſuot qu'elle vous agca-et5 y remiſe Vdus ay ez d partir. de P endroit: | » Faurex regues: & à vous gendre par le plus caust „& le: plus: droit chemin en ladite villa de Si, „ Germain-en-Laye.y o mon integtios Ft; que: » vous reſtigg . an 60.de{empaer > juſgu a noys! » vel ordte de moi dent Bons neanmeins, Que „ VOUS voye le tems, que vous J. tele teren telle perſonne que.yous.eftjmercs, 4 pron „pos, & pailficz|chaſſer; S. vous Pfromener aux » environs; fafls cependant pouvoir decoucher de » ladite, ville fous quel, prergxte que ce. ſoit „ 2 dau ſurplus charge de de, ſieur Dylibois.,. 2 Colonel re ſormè de dragons 72 pr. 1 ge reſter avec vous juſ- ute: que: je Ven rappelle, & fe » que veus deοu 00 cb lte » cela, del ma yaloned S le e vous ferai 1a pres | » ſente plus longue, que; DU Frier, Dien qui] ü » vous. ait y; mon couſins; H {ain S digng » garde, Ecric à Faris le 29, ds ſeptembre 1719.7; Signe LOUIS. Er plus bas HABEN. 1 Ce Dulibois: toit Je penſopnage dil alloie pour contipuet Wem Pa tg FR ä 2 a AS £OA____Mro nnd 00“ C7 ETSY Vo Iv Wo > Ho SD « 9 : _— Ty 4 | he Mon troiſieme FER) 2 la Baſtille; jouilſances nocturnes : ce bon militaire;, kgs de ſoixants ans, fe couchoit de bonne heure ; je le failois bien ſouper, blen boire , & quand il com- men&6e à roffler reellemenr, 50 qu'il en" faiſoit le ſemblant, je ſautois de mon lit od Paxois feint de me coucher, des chevaux etoient prets &c avec des Phaetons legers & volans Fallois &'Tordinaire r&yvigher de nuit mi recongoiſſance aux deux bietifaitrices maĩs furetout à la maĩtreſſe du Regent. Peuppris bout be cc 6608 et fait pour me del- vrel de ma priſon WI cbmplatſanee Ye Made- moiſelle de Vilois) uf poür öbtenig ms deli vtance, toute àttachee qu'elle tönt ad plaiſir & au agrémens de la Cour du Regent; avoit cotifenti d'aller paſſer ſa vie 3 Modelit / dans un | petit cin de Piralfe 3:8 de Veriler pot aiof dite; peur due Je e Ie. fuſſe pas. Apjtes avoir reſte uinſi trois mois à 8. Germain, | Mar" Preſque tous" les jouts cher le Duc de 2 Noaltles'qui” y paſf6it1a plus grande partie de f vie4 te Duc ſolicits publiquemetit I fv de mon exil à ſon retour 2 Faris; mais des Lölticttations plus efficaces & vives furent faites au Palais- | Royals elles furent autant plus preſſarttes que le mariage du Duc de Modene Ecarie dedare, Mademioffelle dæ Walbis, coaſtante'Ains {es ſenti- "riths7/ jira q elle ne partizoit pas, dc quelle 5 wn ww NV CY w- ſites. des dncedotes ER)! 18 I ne ceſſeroir de metite obſtacle 4 ſon e qu'après mon entiere deli vrance; | a la ho & force de prieres, le Regent le laiſſa eutaingt * me permit de venir le voir, Le Duc de Noailles | qui me preſenta * ſortit, ferma la porte & me laiſſa ſeul, avec. le Prince: : je 1 _—_ fixe, toiſe, & appellc trois fois ingrat 2 be dont nous ſeuls pou- vions juger Ja verite & Tenergie Ce Prince , il eſt vrai , avoir eu pour. moi, avant ma .ptiſon. 10 des complaiſances que je n aurois pas eues pour lui In javois été A fa place, Cependant, je ne fus pas deconcertè; je lui rẽpondis que j̃ avois ere fans ceſſe ſon ſerviteur & ſon ami, & je lui rappellai ma fidelirs pendant la mort des enfans du feu Roi 3 lorſque. tout le monde le fuyoit comme un Prince qui ètoit en horreur 3 a Louis XIV & aux Lien legirimes , & lorſque le pour Paſſaſſin ces enfans de ce — . per- ſonne ne vouloit ni le voir ni le faluer , & que ſes 15 50 tiſans & ſes amis s le ee comme la 5 4 9 2 2 = = a lot e's ia avoue gue j 4 obandonnd votre parti & que j'ai iſe wivi celui del 'E ſpagne;! mais en cela j ai ſuivi, be penchant du cœur Frungois qui S'attache plus. naturellerfent aux deſcendans de nos Rois gud leurs. D collateruuæ en feic de regence, ou de 1 en à l couronne. I ai — 1 M 3 182 Mon woifls 2 iſorinement 2 la Bafil, ö complott | our vous r faire 4 arreter , parte que J al v ue la France alloit' perir Fut yos inge | Minftres , 3 & parce'qifon mm? avoit mohtrt avec Hidence | une ' prochaine Seide 1 E | gu en ma qualit! de Pair, c -d e; U. hi ſeiller du Rol, je daes, le droit 4 Hf; Ag f pour e cette aſſemble ; mais | puaſque le patrioti I me Cl dercn d Able une Vertit cou- pable . gu on punit de la priſon , puiſguune fou- miſſion aveugle au Mitiſtere,, aux Favorites (ale Favoris oft devenue en Hue la ftule* vole conduit q la goire 8 4 au "re compenſes," 1 £jois 1974 IT . Jure que deſormais yous ne trouveret, en mot gu in devout ſerviteur.? ous ardames run &V: LE 6 per- dant c quelques momens un zprofond lifence; Regent C110 £13 2 I 1 qui me fixoit avec attention, me tendit Ta main & in'embraff : : "ous "Jemer erde bons atis, * 28918 je ne m occupa . qua | 12 des 1 de norden + hy vie. Ma jeuneſſe rageuſe , tous ces "exits Ou 303 — TE" n 7 2 oh ces ho rpg avorenc d diminus 1 "force — contoiffent Pare fl la n de abe Tic 2 tivité de Tame! ] Lincertitude cruelle oũ Ton'y vit fur 158 ſort, les craintes' & les ales g juin ſe Plate z a 1 les {oupgons qu'on J 72 eme Ca cap 5 29 * ſur la Hrete de ks jours, ot 1 $ de ſuite des Anecuotes. 183 donner une nouvelle forme au caractère.: Heureu- ſement ceux qui fant «empriſonnes le ſopr- ordi- nairement pour des actes de force peu communs dans le catactère; ils ont Peſptt actif & la tete ferme; car un eſptit ordinaire & puſillanime y petdroit ſouvent le ſeus & da raiſon. Je teſolus donc de tenir ma ptomeſſe au Regent, de former un plan de conduite & de m' tenir ferme pour mon avancement ; de bien vivre ſur- tout avec les miniſtres en credir, & de mattacher ſans ceſſe au 3 N ee e en ctablir . 1 \ 11 CHAPITRE X 11 Lu Suite FY ur ü te. la Conf ration; Commiſſion miniflenelle a "Nantes: Es Il * ' a wu * 7% s © . A v commencemery de Hanne 17194 le Agent expliqua dune manigre plus deciſive & plus con- ſolante ,-furides: priſonniers detenus pour affaire 4 Eſpagne; il dit en plein Conſeil, qu'il tendit M 4 * 184 Suite des 4 de la Conjuration; ; le monſtre de la conſpiration par la queue & par la tete, mais qu'il n'avoit point le tronc en ſi puiſſance; il ajouta nẽanmoins qu'il vouloit ter- miner les recherches $-adoucir le ſort 11 Priſon- niers. _ liſpolitions a0 Ag , connues dans la Capitale, tranquilliſoient les eſprits; mais Dubois & d Argenſon lui diſoĩent ſans ceſſe que ſa vie n (toit point en ſüretẽ & il ne les retenoit encoxe en priſon, & oil ne montroit de la fermetẽé, ſur- tout n = circon ſtances d' unerẽ volution. Malezieux, a qui on preſenta les morctaux de papiers dechires & reunis, &crits de {a main & de celle du Cardinal de Polignac , rẽpondit que c*toir une traduction corrigde de [original envoys de Madrid; mais PAbbe Brigaut & Mademoiſelle de Montauban futent convaincus. Dubois, Leblanc && CArgenſon dans leurs interrogatoires, mena- coient de faire couper la téte à tous les priſon- niers, affectant, de ſang froid, de leur dire que VErar etant en danger, il falloit, comme du tems du tems du Cardinal de Richelieu, faire de grands exemples: le Comte de Laval, intimide, avoua une partie du plan, quand on le N de le confronter au Marquis de Pompadour; la ſeule Launay, depuis Madame Staal, perſiſta avec fermetc à ne tien dire, quoi qu'on Faſſurat que ' Commiſſion miniſterielle d \Nantnt 185 Madame du Maine, ayant tout declare , .Pavoir impliquee. Elle fut derenue à la Baſtille avec le Comte de Laval, Malezicux & Abbé Brigaut plus longrems que les autres, & juſqu au ma- ment ou Madame. du Maine elle - meme lui o- donna par ectit, d avouer ce qu'elle ſavoir. Quant à cette Princeſſe, on lui declara que le Regent exigeoit un ayeu abſolument neceſſaire pour prouver au public la juſtice, des chatimens & conſerver ſon honneur aux yeux de la poſtẽ- rice , & on Faſſura que ſans cette d&marche les Conjures pouriroĩent dans la priſon; malgre ces menaces elle fut ferme dans ſes ſouffrances pen- dant cinq mois d hiyer quelle voulut paſſer dans |a citadelle de Dijon, pluror que de rien declarer': elle obtint enſuite, par grace, & par le canal de Madame la Princeſſe, quello ſeroit transferce dans celle de Chalons, ont elle alla pour ſe donner Je plaifir de reſpirer l'air de la campagne, & de faite quelque diverſion à ſou reſſentiment. Conduite de nouveau! par la Billarderie , fidele | Commandant des troupes qui l'avoient eſcqriee en allant de Sceaux à Dijon; on fit aggrandit pour elle la nouvelle priſon ; mais à cauſe de la-frai- cheur des platres, elle Ja refufa & ſe vit relegyte dans un teduit encore plus horrible, ce qui la jeita dans une elpece de fievre lente. N 2i9*0: - . —— — —— — 186 Suite des Anechlotes de la Conjuration; Cependant la nouvelle de ſa ſituation rourut dans Paris, & quelque conſternce que fut toute la capitale, elle montra ſa vive*ſenfibilirs; Le Regent & ſes Miniſtres furent accuſes de tyrannie; on les appella les bourreaux de la race de Louis XIV. cette rumeur, qui ſe ſoutint pendant huit jouts, es forca done de mettre en liberre eette Prineeſſe. On lui permit de ſe retirer dans quelques: Chi- teaux, fans ſortir de la Bourgogne, od elle etait toujours {ous Paurorite deſpotique de ſon ennemi Monteur le Due, Gouverneur de ectte Province, Ainſi Madame du Maine, ayant töute 1a'Bour- 2 pour exil, erra de Chateau en Chitea, en ſuppliant divers Gentilshommes de les lui Iouer: les uns lui accordoient cette faveur , mais difficilement & à contre-ceeur , ctaignant M. le Duc, Gouverneur de la Province; dauttres la - renvoyoient plus fon * teluſolent we 1 dvamer un afyle. 0 Errante, exilee , anne des Mittiires ik | bo Cour; alle n'etoit pas moins ſiere dans-ſon mal- beurz; elle les fariguoit tous par 'ſon-anflexibilice & ſon refus de rien déclarer, les appellant» comme à paris, des monſtres & les aſſaſſins de la race de: Louis. XIV. 8a mere, Madame l Princeſſe, obtint de haller · voir à Chanley , mais en promettant au Regent d adoucir les fureuts de Como Ron Min erielle 2 Nantes 189 1 priſonniere implacùble; pour y teullir, elle expola la ncceſſité de faire ſortit de effec Duc du Maine qu'on favdir* etre dangeteuſement ma- lade à Dourlens, & lai apprit que Pompivur & PAbbẽ Brigaut , avoiehr cout deve; nals Madame du Maine, au lieu de tolileritir à Ues avcux, parloit de preſenter au Parlement une requere contre la tyratmie dun ſRUehhr de Regent gui oſoit renfermer Pinnocence, *8 citoit le dxbit du Citoyen & les Loi de PEtat "qui ne per- mettoĩent pas qu une perſonne fut ethþrifotince ans proces. Le Reyent, " irtrereſſe*2 flir cette ante, d cauſe des cxis & des plaintes de toute la Capitale, & de la rẽputatiot de tyra hü'il le donnbit dans les pays Ktrangers; "he vouloit pas tependant la ter- miner quꝰ en obtenant ut au. quł juſtiffit Fempti- ſonnement z cat la Plinteſſe en wavodint rien pou- voit toujours Taccuſer de cbncuſſiorn Le Regent, de Tris de Leblanc; twoja donc 3 Madame du Maine la Biftatcetie pour nẽgocier, & 1 Fidurs qu'elle iba ivie 24a berts & celle de fes cömplices, "# elle Vouloit donner le Astail ue Taffafte dans une lettre gut ne ſerot lde due d Negent; cout le monde ovoir dcßl kat eule Fame; WE f mere lu er ectivit de nouvehu? ber immtinent de ft de Mel Dub ad Mnht; 'Poitt lüf fate paft du dn 188 Suite des Anecdotes de la Conjuration ; elle ſe laiſſa donc flechir, elle eut la foibleſſe de rout avouer, & dans un moment de; lichers elle ternit la gloire & le courage qu elle avait porte au- deſſus de ſon . ; elle eſperoit (ans doute que ſes aveux lui rendroient fa | libene, mais elle vit arriver une autre lettre de — 4 qui la releguoit à Sceaux , ou , au lieu de trou- ver for mari & ſes enfants, comme on le lui avoit promis, elle ne trouva perſonne, le Prince ſon ẽpoux n ayant pas voulu reyenir habiter avec elle; des Emiſſaires ſecrets envoyes au Duc du Maine avoient perſuade à a ce prince de virre loin de fa ſemme, & &ailleurs la priſon avoit telle- ment influe ſar 5 eſprit timide qu il vouloit, pour perſuader davantage ſon innocence , montrer du reſſentiment contre Madame du Maine; pluſieus mois $Ecoulerent ſans qu il voulùt la voir; il deſiroit de rentrer en grace avec le Regent, ſan | plus cruel ennemi, de conſerver ſes places, & de perſuader à ce Prince qu il n'ayoit poigt eu de part à la conjuration, parce qu'il ne s étoit rrouve aucune preuve directe. Madame du Maizc ſouleya le ciel & la terre pour le ramener auptes delle , employant toute ſarte de perſonnages & juſqu'au Cardinal de Noailles en {a qualité & Ar- N cheveqne qui lui en fit. cas de conlcience. 7 Le Duc du Maine, qui &oit t d&yot., ſc rendit à cette a m Qaae SS 7» 9 _ uy A, df, 2o Mt oQ .2 - 2 wy fo =o — www oo tf Commiſſon miniſterielle Nantes. 189 raiſon 4 mais il ne voulut point voir Malezieux ni les autres perſonnages impliques dans Paf- faire , vivant à Sceaux ou à Chenay avec la plus grande reſerve 5 il vint à Paris pour voir le Regent & parut ſe reconcilier de bonne foi ; la Ducheſſe du Maine le vit aufſi ; mais pleine de reſſenti- ment & de colere, elle alloit tenir des propos eclatans ſur tout ce qui s etoĩt paſſe. Tout i pardonne & . oublie, lui repartit le Regent, 3 quoi elle ne r&pondir que par de ſanglans repro- ches; fa colere ſe calma, mais elle & le Duc ſon Epoux humilics, sEloignerent'de la cour, quoique M. du Maine rentrir dans ſes charges. Le Cardinal de Fleury le retablit _ la ſuite | dins le rang de Prince. Les Bretons ne pouvant obcenib un ſernblable retour aux bonnes graces du Regent, cette Pro- vince , toujours ardente & courageuſe dans le maintien de ſes privileges, avoit d'abord refuſs les imp6rs aceoutumẽs, cout les Emiſſaires de PEſpagne & forme des plans de reſiſtance lorſque le Marẽchal de Monteſquiou alla demander aux Etats le don gratuit ordinaire. Malheureuſement pour les chefs des mẽcontens, qui Mendoicnt un vaiſſeau Eſpagnol charge d armes & de muni- tions de guerre, ſe trouvetent : ils ſans defenſe, F E & lui d * d A 8 8 S AEF 8 8 8 viilicairement dans une aſſembſee qui repreſentir N 190 Suite des Agecdotes de bn . fans magaſin & ſans argent quand le Mbh de Monteſquiou quyrit les Etats. De Cemmiſſaire du. Roi leur. ha abend 1 don gratuit, & les Btetons ripondirent qu/a- vant de Vaccorder, il falloit prier le Rei d'6re: Montaran, tréſorier de la Province, qui leur Coit à charge; ils parloient meme de ſe libgrer da la capitation & de retabhlir les droits de la Pro- vince que le ſeu Roi avoir ſi fort diminucs. Mon- teſquiou, qui ſavoit que ſous Louis XIV on ac- cordoit taut par acclamation, trouva la reponſe inſolente, & dit aux Etats qu'on ne pouvoit faire des conditions avec le Roi & que Monta- ran avoit cti plac par leur maitre; Ia Nobleſſe, à ſon tour, obſerva que Monteſquiou parloit trop la nation Bretonne & v' alla plus chez lui, ce qui fit que le Marcchal ſe trouvant ſans courtifans & ve recevant plus de viſites, ſe permit de les appeller des mutins & des rebelles, & de faire approcher les bataillons, menagant de tout mettre à diſcretion ; mais 1a S arxtterent ſes ptoueſſes; eat des puages fe formoient & le tonnerre fe Giſait entendit; une contederation patriotique, dis affociatians de ciroyenz ſe ſarmoient 3 on delide- | roitdanslaville G ecraſer du haut des fent res tout Commiſſion miniſterialle q Nante 19 ſoldat qui menagoit la tranquillité des h6tels. &; des maiſons. La Nobleſſe, de ſon coté, ſit des repreſentations. raiſonnables & ſoumiſes, que les Miniſtres traiterent q abotd de manifefle hoſtile. La Cour alors chercha des accommodemens, car |: guerre alloit ſe declarer contre Philippe Vʒ elle ita ſon Mantaran, & les Etats donnerent trois millions, dont le Regent, pour acheter la paix, emit une partie; mais il y avoĩt toujours dans la Nobleſſe Bretonne une fermæntation ſoutenue par des ẽmiſ- ſires Elpagnols; & quelques Gentils hommes for- merent des projets de mettre la Bretagne, fur» chargse d'impòts, dans une maniere de liberts r@ublicaine 3. le Matquis de Pont - Calec toit leur chef, & Talhouet regut quelque argent pour le rẽpandre dans la Province; des faux- treres le vendirent à la Cour; 9 Fentuit en Eſpagne & Fautre fur arrettd'e. C'eſt contre cette nobleſſe mecontente AY tive, que le Miniſtre nomma une commiſſion pour la recherehe des Seigneurs qui avoient ecoute ces ſuggeſtions; mais craignant que le Parlement de Bretagne ne favoriſat des parens, les compa- triotes „des Bretobs;, enfin, dignes de! lauriers & de palmes, on: ſit un choix parmi les Maitres des Requeres & les Conſeillers d'Erar , tous ſupbtß du Miniſtere & du deſpotiſme, & gens propres à 5 792 Suite des Anecdotes de la Conjuration; rout, qui j alloĩent à la rechetche des con & qui s ofſroient aux Miniſtrescommebons inſtrumens | de leurs paſſions, ne demandantiqu'3 connoine Toccaſion favorable pour etre 'employes à quel- que choſe. Nommons ici ces Commiſſaires & des- honorons leur memoire aux yeux de la poſtetité; Peffrayant appareil de leur voyage annoncoit Paf- faflinar dont ils alloient ſe rendte coupables: on leur donna trois bonreaus Errangers qui les ſuivirent; car on vouloit ètre aſſurè de toute maniere de Vexccuiion des ordres de Dubois. Chiteauncuf, ei devant Ambaſſadeur de France à la Haye, eur l foibleſſe dacceprer la prefidence ; il &toit Con- feiller d Etat, & il avoir tout le deſpotiſme de Loui XIV dans la tete; ſes aſſociès ctoient : Mabrot!, Bertin, Barillon', Pariſot ; Brunet d. Arty, Pajon, Feydeau de Broil, Midorge, Hebert dt + " Bac, De S. Au ; de e & rr 4 N Faltan. 02 = 1 roirle Samet We 46h Cops | mion, & Cayet le Greffier ou Secretaire. On |. ne les feta pas beaucoup en Bretagne; parce qu | la Province etoit conſtern&e , & parce qu'on pen- = 1 ſoit à flechir pluror quia arriter la Commiſſion: &ailleurs; le deſpotiſme redoutant les vengeance e r encore & les 29 „2. 07: | 1h 1 2 15 Hd . #4 {41 - tent & d =” Un © wr en. ww © cI 5. 7 Gwen Y Want te tenir les efprirs datis la cotirrdinte ; un Rot ayanit rigne en France pendant plits dun demi-flecle avec les principes & les manieres dun Sultan. Cependaht, on ignotolt en Franct quel etdit le crime des Bretotis; ot diſoit ſeulement qu . avojent entendu les Blpatnolt } il Allvir dont leur faire gtice , ou faire le probes à rote la France qui avoit cbutẽ leuts ſaggeftions. Le Marqtils de | Pont-Calec paſſoit pour etre le chief de leuts tors: jutes, & om diſoit que le deſſein de Elpagne, en envoyatit um vaiſſeau, &roit de ſutprendre & maſſacret les offciers de ls gathiſdh, de Lu- lever les peuples des villes; untttontet aux loldats que leurs officiers tant nlbets: „ig de biet ſe joindre à eux, oncourie ls itte debt Hh nincs pat la populace. ee Mais un projet ," II exiſt; weroſt pas u füt, & fithais on wen dlfignd de reel; n «0it- off tans. la provides en fecutité, & il ctolt ü aße ad Margit 60 Pöſt- Cast, en ſe ſwuyatit , Eiter la puntion qu'il 2 fours," quil Yettibartt4 podt cet” effet; mai 14 ctainte de faire trtuffage le fit fevetlif; car oft voir ptedit qu'il pertteft par Teau, & bn jouta dans Ia faite que cette preaidicd” $Etoit veritabletnent accomplie; car le duft. reav qui lui tracha la tete Fappelldit Linu,” Tome III. No 194 Suite des Anecdotes de la Conjuratiqn ; Alors dans les grandes affaires on meloit-toujours un peu de ſuperſtition ; C toit Veſprit de ce temsla, RILEY Les Commiſſaires qui 8 cette cham bre miniſterielle s ẽtablirent « Nantes, & Ca- ſemblerent au chateau, eſcortés d un detache- ment de troupes; car on s attendoit à voir la Commiſſion repouſſce par le reſſentiment des Bretons ; & comme les Miniſtres ſavoient bien qu'ils n'avoient 3 reprocher à la nobleſſe de Bretagne aucun crime r6el ; comme il n'y.avoit que des plans & des projets que la d&couverte de la conſpiration de Paris contre le Regent rendoit meme illuſoires & dune. execution 5 impoſſible, le Miniſtere donna 3 ſes Commil- ſaires l'ordre de juger meme. ſur les-projets. les plans & les complots , contre le, derfiesdi *. aux termes des lettres de commiſſion. Le champ pour juger ẽtoit donc bien 4 & faure de crimes effectifs, les Commiſſires ne devoient pas manquer de trouver des projets & des. complots dans une Province qui depuis des ſiecles ne ceſſoit de ſe tourmenter pour re- primer la marche tyrannique du pouyoir, con- ſerver. fa conſtitution, & ſes privileges, Auſſi mal- Fe? les-remontrances des chefs de la Bretagne , malgrd le cri public qui demandoir , 6u * « WJ — 2 - 2 — 2 2 F''D * \ rrime & ol ſont les accu, les Commiſ- ſaires altẽrẽs de ſang, parce que les inſtructions des Miniſtres en demandoient, Safſemblerenc pour juger ; & apres onze heures de debats & di injures reſpectives, ils prononcerent . cette execrable ſentence, qui condamnoit le Marquis de Pont-Calec, Mont-Louis, Talhouet & du Couẽdie d ſanoit ls 98 * 1 faut. it eas e la „elle a on reptẽſentt à la Commiſion, qu'il n exiſtuit — reel 5 que: les Bretons navoient jamais leu Te tendard de la rẽvolteʒ que quand meme ils auroient conſenti de reconnoitre Phi- lippe V pour Regent , au/ prejudice de Philippe Orleans, ils pouvoient rẽpondre qu ils ſui- voient en cela la loi conſtitutionnelle de Etat, qui pte ſere le pati fle Cun Roi, au pa: rent collatt ral R qu'en fait de Regence, la Province, plutot qu un Parlement, avoir; droit de Vachuger 3 toutes ces remontrances Ctoient ; vaines, puiſque les Juges vouloient trouver! des projets Fils pe treuvoient pas des crimes. Auſſi dans: leur incertitude, ne voyant tien ds polrif in: de palpable, ils le ſuppoſereat. ge dns leurs ſentences ils parlerent de projets de eri- mes, & de plans de felonie ou de crimes de ; N 2 196 Suite des Anecdotes de la Conjutation, lege maßeſtis, ſans autres ẽnonciations. SeizeS:i. gueurs fugitiſs && Bretons, furent comme: tes quatre prẽcidens, bien 'convaincus' des meme crimes, & pour les reparer , la chambre les con- damna à avoir la tete tranchée en effigic : h eommiſſion voulut eneore que la charge de Con- ſeiller au parlement de Rennes, dont M. de Lambiliy, un des contumax, toit pouvu, de- meureroit imperrable au profit du Roi; que les fiefs des condanmes , tant prſents que cou- tumax, qui ſe trouveroient ure tenur immediate- mem du Noi, ſetoiont reunis aw” Dethine de l Coutonge; que leurs autres biens ſeroient con- fiſquss au profit de 8a Majeſts ; qus les mutail les nouvellement conſtruites & toutes les forti- fictions du chateau de YOrmoy ;-appartenant 3 Fun des coridatnnes , feroient demolies*; que les marques de Seigneuries & dhonneuts qui font dans les maiſons ou chireaux deſdits condamn, tant preſents ' que cbutumax, ſeront. abattues, vffacces, & les foſſes combles; que leurs bois de haute- ſutaie, comme avenues & autres, ſer- vant à la decoration, ſetoient coupès h la hauteut de neuſ pieds; que le Cut de Lignes ſetoit mande ala Chambre pour y 6tre admoneſtẽ, & en outre rr rer 4 ſeroit — : di IX wwe) am r . yn R D©#2 ww == r a acc as . ana "yy — WW | genoux & tans. ſe plaindre de cette iniquize/ On SORT HE ERS = FF N rr ST — ä informs cone un autre du Cour- dic, pendant un an, contre le Chevaliet de Cou- rargan , pendant fix mois. & contre M. de Keran- en, * 4 quatre -vingt conjures. ſeroit continue, & les c&crers declares n mee exccut6s, egy cs 110 $133:171 ene ſenxence cond le Gabber 1 pronoa qa ax quatre Gentils-hommes qui Fentendirent & voit promis à Pont -Cales que b il vouloit diela- rer les plans de Eſpagne, il ne lui ſeroit paint fair de mal & ſe voyant condamas avec les autres il dit hautement, qu'il avoit fait tat co que 4 Commiſſion lui avoit commands. & quelle n;avor.. pas fait ce qu'on lui auoit promis. Mom - Los. en meme tems, ſans nommer perſonne , diſoit que la 3 immolbit quatre victimes, cpargnant la maitic de Paris & d autres plug, cou | padles , & on diſait 3 Nantes, * ent la prerogative des & on obſerya qwil ſus acchrgpatzué de wouteg les cuautes qu uno Commiſſion peut ſeule ſe per» mettre 3 car elle cp de ſes fats GJ ugrmens y.. ba la ll, mais an hen qui lu livre l glaive 3 ois ois; que le Probs cm- | commiſſions. Cependant, le 2 8 \ 198 Suite des Adecdotes de la Confuration; elle n accotda que deux heures aux malkeitreux pour penſer à leurs affaires temporelles & A leur conſcienee. Pont- Calec ne manqua pas de dite a la Griollay, qui commandoit les Archers ; que les Turcs accorderoiĩent un peu de tems. Du Cone- dic ajouta qu'il faudroit au moins huit jours pour mettre ordre à ſes affaires, demandant au moins | vingr-quarre heures. Mont-Louis deſiroit toute la nuit, & la Griollay promit qu'il en parleroit au Preſident des Commiſſaires; mais Chateauneuf repondit que execution ſeroit faite dats une de- mi - heure, car les deux heures aecordèes 'Etoient deja paſſces: les trois boureaux ſe ſaiſirent done des quatre victimes, qui offroient envain d'aller au lieu du ſupplice tranquillement & àvec {ou- miſſton, & la marche ſe fit 0 cette "lord a * heures du ſoir. | A travers une double haie de folazy' du mY ment de Saint -· Simon, defiloit en ſilence le convoi tragique. L'effroi des aſſiſtans, les rendbres profon- de, la terreur des Bretons en augmentoient Phorreur à chaque inſtant & à meſure qu'on vapprochoit du lieu du tupplice. La compagnie des 'Gardes de la Commiſſion's cheval , formoit Pavant. Gas 8 wo. tw My nin aa F Ä . BEA Projet du Regent diaſſem. les tat. Gene. Sd 216 ncanmoins ,, & contre le Clergꝭ & contre le Parke: ment. Pour r&parer bunt de maux ;, il fut tent un jour qu il meditoit ſur les calamites de I Eiat den laiſſer la gueriſon à la Nation elle- meme wt {aſſembler les Etats Gendxaux. L Abbe Dubois qui Pobſeryoir ſans ceſſo, le trouvant un jour avec les Memoires manuſcrits du feu Dauphin, Dus. de Bourgogne , ſur les Erats. Genezaux xluide> | manda ces papiers & lui en pramit a ν mieux raifonnes ſur cet. article.. o93ls 1) Dubois remit en effet, — temzspräs zu Regent le mEmoire qui ſuit , fur nos anciennes Aſſemblecg Nationales. » Cen'eſt pas fans raiſon-que ley Rois de France, ſont paryenus à Eviter les Aſſemblees connues ſous le nom d Etats. Generaux.:. Un Roi weſt tien ſans ſujets, & quoiqu'un Monarque en ſox le chef, idee qu'il diegt deux tout ce qw il eſt & tout ce quiiF poſſede, p; appareil des depuzes du peuple , la permiſliog.de-.parler devant le Roi & de lui preſenter des nk. dolgances, ont je ne ſais quoi de triſte, qu un grand. e wr jours eloigner de ſa prefence... Quelle ſource, de deſeſpoir- Fro — votre | Alteſſe Royale, qui peut un jour regnet en France, (la mort du jeune Roi tant dans l'ordre des cha- s_pollibles) 6, elle changevit par — N 3 Ar Proje du Rexvnt & fem. les Eru- Genl. nation pareille la forme du plus puiſſant Royaume du monde, ſi elle aſſocioit des ſujers à la Royante, ſi elle an on France le n de 100 tetre. I iss Pl <: 1 la Fratice ; p Pape les Fits he: ditdir&#de la Maiſon d' Autriche, tous les Monar- qiies de T Europe, *excepre ceux qui regnent en Angleterre , en Hongrie, en Pologne, faute de pouvoir, & quelques autres Souverains, ont connu les vices reſultants du pouvoir partage. Le Pape a lic les mains à ſes Cardinaux, avec leſquels fe ter- mindĩent les ſanctions de ſon gouvernement: NE. pagne a abaiſſé ſes grands & perdu de vue ſes Cortez, &e le ſalut de P Etat a ſuivi ces optre- tions, puiſque dans un Empire od deux pou- voirs agiſſent de concert, on ne voit que troubles & diſſentions, tandis que la paix regne dans celui ol le pouvoir abſolu Peut ſoumettre les paſſions & les volontes trop hardies qui Sele vent _ jour dans un Gouverhenient? 4: + Que: V. A.'R.-refl&chiffe un moment far ce qui ſe paſſe en France, quand le Roi etablit une loi ou cree des impòts. La loi dejd Yiſcuree dans ſon Conſeil, en Emane de la plenirude de ſon antorité; & il Penvoye à ſes. Patlements pour l faire 'connoitre aux peuples. Quelle force pour- | Toit $ W alors à Vexccurion de lad volonte Dutois Peloigne de cette ides. 215 du Roi ? Les Parlemenrs? Ils ne peuvent faire que des remontrances : encore eſt-ce une grace qu ils doivent à V. A. R.; le feu Roi, exttèmement jaloux de ſon pouvoir „ leur ayant (Everement defendu den faire; encore fi toutes leurs remon- rrances finies , il ne plait pas au Roi de retirer ou de modifier la loi, ils doivent Penregiſtrer 5 fi au contraire le Parlement la refuſe encore x le Monarque lui envoye des ordres ulterieurs. Alors paroiſſent de nouvelles remontrances qui ſentent la faction, & les Parlements ne manquent pas de faire entendre qu' ils repreſentent les peu- ples, qu'ils ſont les ſoutiens de PErat , les gar · diens des loix, les defenſeurs de la Patrie, avoe bien d'autres Mb, de cette eſpece, Mais Tau- rorit repond par un ordre denregiſtrer , ajou- tant que les Officiers du Parlement ne ſont que des Officiets du Roi & non les W ney de h France. Peu- à - peu le feu s -llume au Parlement: les actions 8'y forment & Sagitent. Alore il eſt d u- ſage de tenir vn lit de juſtice pour conduire au point qu'il faut Meſſieurs du Parlement: Hils s ſoumettent, on eſt obeĩ, & c'eſt tout ce que peut vouloir le plus grand Roi du monde: „ils reſiſ- tent encore au retour dans leurs chambres, ou bien on exile les Lox mutins, les chefs des fac 0 + | ; 216 Projet du Regent d'aſſem. les Etats-Gene: tions, ou bien on exile à Pontoiſe tout le corps du parlement. Alors on ſuſcite contre lui la nobleſſe, ou le clerge , ſes ennemis naturels : on fait chan. tet des chanſons ; on fair courir des poehies plai- antes & fugitives , & Popetation dont nous con- noiſſons bien aujourd'hui la marche & les relultats, noccaſionne que des Emotions legeres, qui p'ont aucun grave inconvenient. Le Parlement n'en eſt pas moins exile pour avoir. été deſobeiſſant. On prend les jeunes Conſeillers qui dominent dans ce Corps par famine; car le beſoin qu' ils ont de vive dans la capitale, Phabirude des plaiſirs, Puſage de leur maitreſſe leur font defirer le retour. Bientot Pordre des choſes leur commande imperieuſement de revenir a leurs foyers, à leurs femmes entrete- nues, à leurs veritables épouſes. On enregiſtte donc, on ob&it , & on revient. Voila toute la mechanique de ces circonſtances , & il ſeroit bien | dangereux de la changer. A preſeat V. A. R. connoit-elle des moyens plus efficaces pour s oppoſet aux entrepriſes d'une Aſſemblee veritablemenr nationale, qui reliſte- roit à ſes volontes ? Le Monarque pourroit-il dire 2 la Nation comme au Parlement; vous n'ctes pas la Nation. Pourroit-il dire aux repreſentavrs de ſes ſujets: vous ne les repreſente pas. Un Roi de France pourroit· il meme faire la guerre à la France % , 34 _ cc _ oo Dubois Veloigne de cette d. 2 en cas de refus de nouveaux impors? Le Roi elt aſſure de ſes troupes contre le Parlement: le ſeroit- il contre la France afſemblee.? Ou frappe· toit donc le ſoldat, POfficier, le General, ſans frapper contre leurs compatriotes, ou leurs amis, ou leurs parents, ou leurs freres? Noublions jamais que le dernier malheur des Rois, eſt de ne pas jouir de Fobeiſſance aveugle du ſoldat j que com- promettre ce genre d autorite . qui eſt la ſeule reſſource des Rois, Ceſt s 'expoſer aux plus grands dangers : c'eſt là vetitablement la partie honteuſe des Monarques, qu'il ne faut pas montrer, * dans les plus grands maux de P Etat. 1 Voyez la rage de la Nation Angloiſe * toujours aſſemblee en Etats Generaux contre ſeg Rois: elle les a devoues à la mort, bannis & dctrones. L' Angleterte croit pourtant 2 la Na- tion la plus Catholique, la plus ſuperſlitieuſt & I: plus ſoumiſe des Nations 4 ſes Monarques. Abt Monfeigneur, que votre bon eſprit eloigne de la France le projet dangereux de fart des F Nec un peuple Anglois! » 5 Tel toit le diſcours de Dubois : au 10 qui changea de deſſein, en ſe moquant & du Minis- tre & du Memoire z il le fir pourtant examiner par des perſonnes qui 0 laiſſerent rẽpandre, & c'eſt la derniete fois qu'on a parls en France de nos anciens Etats Generaux, Sur quoi j obſerverai 218 Projet du Regent d aſſem. les Erats-Gene, que quatre Cardinaux premiers Miniftres ont Aludt convocation de ces Aſſemblees : mon grand Oncle fidèles a ſes principes agit de manitre 7 N ne devoient jamais etre convoquces. Dans les mecontentemens de la Nobleſſe, le caurelenx Mazarin, avoit ſeu, en 1650, les indi- quer, les convoquer & ne pas tenir PAfffemblee, Louis XIV, icritè contre les ennemis 12 ne vouloient en 1713 accorder la prix qua la Nation Francoiſe, eur conſenti qu'on detrd- nat ſon petit · Els, plutdr que de laiſſer agir ayec lui ſes ſujets dans Pouvrage de la paix. Le Regent declara la guerre à I Eſpagne, parce que Philippe V, petit- fils de Louis XIV, vouloit les convoquer, & fit renfermer à la Baſtille les Gentils· hommes qui les avoient demandès. Dubois enfin les cluda encore, lorſque le Prince muntra quelque defir de les convoquer; & depuis ce tems-là, le Miniſtere a mepriſe conſtamment, pendant took le regne de Louis XV, la demande des Etats que divers Parlements ont eu le courage * faire dans quelques remontrances. Enfin, nous verrons bient6r que les Parlements, be Clerge, la Nobleſſe ayant Tefuſe le cinquan- tieme, & les peuples rant prers à fe ſoulever; Fleury parut, chaſſa les Miniſtre dont Pavarice avoir irrite les peuples & ſqut , AG” Denouement du ſyſtame , Ge. 233 Ainſi la capitale, felon le genie des Frangois, rioit de ſes calamires & de ſes malheurs, & Dubois aſſuroit le Regent , comme autrefois Mazarin, que tant que le Pariſien chanteroit ou recite- roit des vers, ba Regence lui ſeroit aſſurte ; mais qu'il ſe gurddt de leur reſſentiment quand les ris & les QUOLIBETS ne les occuperoient plus, parce qu"ils s 'ocrnperaigns alors des affeires plug ſerieuſes. Cette grande veritꝭ S obſervoit auſſi dans la Cour meme du Regent , environne de faceticux & de liberrins qui rioient de tout, & qui ſo jouoient des évenemens qui, par 3 nature, aurojent dit affecter tous les bons Frangois. Lay avoit charge d argent tous ces aimables courti- fans qui fe jonoient de lui en preſencs meme dy Regent. Pour &touffer toute {edition dans ſes premiers mouvemens, on commanda à cinquante Suiſſes pat compagnie, de ſe tenir prers pour le premier ordre; cat ſi le peuple ſouffroit en ſilence, & fi on voyoit le bon Pariſien porter a I'Herel de Soiſ- ſons un papier qui lui dd coũtè cent livres, pour en retirer quinze livres, il murmuroit cependant, & patloit d'aller au Palais Royal, mais perſonne n'oſoit ſe preſenter le premier. | La Cour, de ſon cote, ne craignajz pas mging P 4 \ 232 Wut de Law; quelque rẽvolte, & le Regent L homme decide de ſon naturel , & qui avoir été conduit mal- gre lui à cette triſte ſituation , avouoir à toute {a Cour gue le peuple auroit raiſon $'il ſe ſou- levoit, qu'il eroit bien bon de ſouffrir tant de choſes ; que Sil füt ne lui-meme dans la claſſe du peuple, il eit voulu ſe diſtinguer en prenant la definfe des Frangois que le Gouvernement outrageoit ; il ajoutoit qu'il feroit de ſon mieux pour empecher toute revolte ou guerre civile; mais que fi elle arrivoit enſuite de la banque- route & du ſyſteme, it ſe rangeroit du core du peu- ple, il ſe mettroit 2 ſa tete contre ſes propres Miniſtres, fi le peuple Pezigeoit , pour ſauver it Rot ; ajourant aux Miniſtres qui ẽtoient preſens, qu'ils euſſent a menager le peuple K qu'ils ne comptaſſent pas ſur lui, car il voyoit Pheure ap- procher ou Pautorite abulant des peuples, ceuxci meconnoirroient leursdevoirs. A Vavis du Regent ſe joignirent le Chancelier, Desforts qui faifoit les fonc. tions de Miniftre des finances au defaur de Law; le Blanc, Broglio , Noce, Dubois lui-meme : Ils avouoient tous que Bur 6 ẽtoit dans le Plus grand danger. Cauillac, qui des le commencement du ſyſtème en avoit predit les ſuites, homme intègre & pru- vent, n'etoit point à ce Conſeil ; le Regent le es. eee > ae © aa wes Jv o cc Prrovement du ſyſitme ; &c. 235 manda pour avoir ſon avis & fe plaindre avec lui des malheurs de PEtat: Canillac dit, gu A. ttoit vrai que le peuple murmuroit , & quen lui raviſſant & ſon argent & la valeur morale des billets, on le pouſſoit d bout, qu'on ignoroit de quoi etoient capables les Provinces, & que la ſecouſſe ſeroit peut- etre inouie; mais il dit gui auguroit bien de la bonhomie & du caradere courtois des Pariſiens, fi le Regent vouloit | ſacrifier le ſcelerat , (Law) , rappeller le parle- ment, & livrer d cette Cour cet infame ctranger; mais le Regent étoit dans Penchanrement , & La v ne fut point encore ſacriſié. x On gadreſſa donc à Law pour ſavoir quels croient ſes moyens pour la ſubſiſtance meme de PErat,, les coffres du Roi etant ſans argent; il dit que la Compagnie des Indes donneroit douze millions par mois, que demandoit Desforts pendant cinq mois; Law crea un emprunt au nom de la Com- pagnie des Indes, mais perſonne ne porta aucune ſomme; on eur donc recours a la violence, en obligeant ceux qui avoient porte à la banque des actions, pour ètre viſces, de proter a la Compa- gnie cent cinquante livres par action, un tiers en billets de banque, promettant de ren Jre ceite ſomme dans un an, avec interet , ſous peine de voir les actions perdues. Cette indigne operation ** * bas 5, _ Ths Fuite de Lau; +4 qui forgoir 2 preter , ou menagoit de tour faite per. dre, fit verſer quelque argent; ce qui fit dire au Regent que Law avoir trouve la verge de Moiſe, ui tiroit l'eau des rochers en les frappant; mais @ la fin, il reconnut l'impoſſibilité, de ſou- tenir Etat par le moyen du fyſtẽme, & le Re- gent ſe determina à. le faire partir; Desforts pre- noit alors plus de caractere & d autorite dans le depai- tement des finances; & Law, quoique perdu, eat Part encore de Pexclure, avec Dodun, de Padminiftration ; par ces moyens qu'un miniſtre qui a eu un très· grand · credir , peut encore pra- Tiquer lorſqu'il eſt perdu lui · mẽme. Pelletier de La Houſſaye fur declare Commoleur- General , le 22 decembre 1720. Las ſe retira donc 3 fa terte de Guermande, do il partir dans une chaiſe de poſte , aux armes de M. le Duc, eſcorts de fix de ſes gardes à che- val: il fur reconnu & atretè 4 Valencienne, pas le Gouverneur qui douta de la verite des paſſe- ports, car Law y avoit pris un autre nom; le fuyard ſortit alors de ſa poche un autre paſſeport en (on nom veritable , ce qui augmenta la perplexite du Gouverneur, qui lui repondit, qu'on donnoit ſouvent à des hommes comme lui, des paſſe- ports de bienſcance, parce qu'on n'avoit pas le courage de les refuſer ; mais qu'un Gouverneut Denouement du ſyſteme; Ge. 239 de Place devoit S oppoſer a {a ſortie du Royau- me : Law ſortit alors une lettre du Regent ecrire a M. le Duc, auquel il envoyoit ces diffe- rens paſſeports , & il fut permis à Law de vader; Law étant parti, on vouloit abolir le ſyſtẽme totalement, d' autant mieux que le miniſtere toujours avide , atrendoit pluſicurs vaiſſeaux que Law avoit envoyes a la mer du Sud, pour le compte de la Compagnie, qui devoient revenir dans huit mois au plutor; la Com- pagnie ẽtoit ruince & diſſoute; le Gouvernement vouloit neanmoins en emparer : le vingt · ſix jan- vier le Contr6leur- General prepoſa au Conſeil cette nouvelle infamie , difficile a executer , parcs qu'il exiſtoir entore des aQionnaires , qui, affames dans le ſein meme des millions de papier de ban- que, attendoient Parrivee des vaiſſeaux pour don- ner quelque valeur a ce papier mort. Ainſi, pour Semparer' de For des vaiffeausx ; le Controleur-General di tau. Conſeil que la Com- pagnie des Indes & la banque n'ctant qu'un ſeul & mème corps, etoit tenue de rendre compte de l'emploi des actions, & de Pexcedent des bil- lets dont elle ne rendroit pas compte, & qui ex- cẽderoient les quimze cent millions Preres au Roi. Les directeurs de la Compagnie repondirent qu'on avoit fabrique des billets à leur inſqu, que Law les avoir fait: comme Controleur- General & on 236 Fuite de Lam comme homme de la banque, & que le Rot devoit rendre compte de ces billets. Malgre ces raiſons, ſes directeurs furent condamnès par le Controleur-General 2 rendre compre. M. le Duc ſe leva dans le Confeil contre le Miniſtre des finances, & ſe deelara le protecteur de la Compagnie des Indes, & le Prinee de Conty le ſoutint. Malgre leurs avis, la Houſſaye, Con- _rroleur-General, conclut à ce que la Compagnie fut declaree rede vable de tous billets de banque, & le Regent ajouta, que Sil avoir été cree des billets hors des aſſemblées Generates des actionnaires, ©ctoit M. Lay qui les avoit faits clandeſtinement, & que pour ſauver le Miniſtre il avoir fallu va- lider par des arrets du Conſeil e, ces bil lets clandeſtins. MN. le Duc repliqua au Regent que Law avoir fait ces billets par ordre du Regent; fans cela, lui dit - il, vous ne Pauriez pas fait ſortir du Royaume , pour le ſouſtraire aux recherches Tun crime capital. C'eſt vous, M. le Duc, repattit le Regent, gui aver envoye les paſſepotrs ; il eſt yrai , dit M. le Duc, mais c eſt vous qui me les aver remis; jamais je ne vous les ai demandes; vous m*aver charge de les lui faire tenir , vous aver ſou- haite qu'il ſortit du Royaume ; je fuis bien aiſe = — © 2 f By * «7 AS — 1 1 32 _ a PRI ” EI tt a Denouement du ſyſtamne; Gr. 237 de Texpliguer au Roi & au Conſeil; je nai jamais ee d avis que M. Law ſortit du Royaume, mais je me ſuis oppoſe qu'il fut mis d la Baſtille, & qu'il füt livre au Parlement; on weũt rien pu faire contre lui qui ne retombdt ſur nous; vous me donndtes les paſſeports ; je ne yous les ayois pas demandes, vous me chargedtes' de les lus remet:re & on ne peut m'imputer ſa ſortie du Royaume.,... Mais du moins, ne vous ai-je pas remis, dit le Regent, ni votre voiture, ni yos gurdes pour Þeſcorter ; vous ctieg donc inte- reſſe d faire plus que je n'avois moi- meme inten- tion de faire pour lui; Pai laiſſe ſortir Law, parce que ſa preſence pouvoit nuire q la gueri- ſon des mauæ de Þ Etat & aux nouvelles maximes. Au milieu de la diſpute, la Houſſaye ſe leva, & dit, qu'il declaroit la Compagnie des Indes debirrice des billets de banque. | M. le Duc repliqua au Contröleur - General que cette operation ſeroit i inique , que cent mille {amilles qui avoient prete a la Compagnie dey Indes dans la bonne foi, ſeroient ruintes; comment vivront tant de bons Frangois, ajouta-t-il ? La Houſſaye repondit qu'on feroit la recherche de ceux qui avoient trop gagne en agiorant & en tealiſant, qu'on les taxeroit & qu' ils reſtitueroient. 11 x<ſulra de ce Conſeil , que Lu avoit fait ſous | 238 Fuite de Lan: | fa eheminde pour fix cent millions de Billets , & que le Regent , pourſuivi par tous les routs , par ſes maitrefles , par tous les aimables libertins du Palais-Royal, qui avoient regus ces billets, voulut fauver fa creature, en les validant par des actes du Conſeil. Cette Evaſion de Law cauſa bientòt une rumeut | Etrange dans tout Paris, qui demandoit la tete de Taventurier & on dit au jeune Roi que Ctoit à M. le Duc a qui il devoit ſa delivrance, ajou- tant que ce Prince lui avoir donne ſa chaiſe & (es gardes; M. le Duc ſe plaignit 4 Villeroy de ce qu'on le noirciſſoit dans 'eſprit de ſon auguſte fleve ; le Marcchal lui repondit qu'il ne croyoit pas que ls Roi en füt inſtruit, mais qu'il le lui demanderoit en preſence de S. A. S.: il pric donc le Duc de Bourbon par la main, le conduiſit, & ſupplia le jeune Louis XV de lui dire Sil etait vrai qu'on leut informè que M. le Due elit fair Evader Law , & que Sa Majeſte en eüt donné la nouvelle 2 la Cour; le Roi, qui ne mentoit pas, repondir qu'il Pavoir dit; le Mate- chal de Villeroy repartit qu'il etoit de la plus grande conſequence de ſavoir de Sa Majeſte qui lui avoir ſuggere cette fauſſe nouvelle: le Roi dit qu'il ne le diroit pas; mais comme le Mate- chal le preſſoit davantage, le Raj repondit 1 d NN / og Villeroy & 3 M. le Duc, + 1 monde le lui avoir dit, except le Marechal di Villeroy. Cette reponſe courut dans la capitale & fit admires | k jeune Louis XV. CHAPITRE XVIII Le Preſident Henault, Sechalles & Menguy , negoctent le retour du Parlement; Situation de cette Cour d Pontoiſe; Vues de Dubois; Portrait du Prſident Henault. —— — .. —çꝑGq Ls Parlement de Paris, exile à Pontoiſe, crit diviſe en trois factions. La premiere , & la plus nombreuſe, Etoit eom- polte des Conſeillets de la Grand- Chambre, ſur- tout, qui la plupart defiroient de ſortir de la Ma- giſtrature Parlamentaire, pour obtenir dans la Magiſtrature Miniſterielle, des Commiſſions ou des emplois: elle toit compolee auſſi des Conſeillers he 240 Te Preſident Henault ; Sechelles , Ge, ages , qui pe vouloient plus prendre part dans les querelles du Parlement. Le premier Preſident, qui, ſous un exterieur rude & auſtere, cachoit un grand ſens, & n de fineſſe , conduiſoit | cette faction. * 14 ſeconde etoit celle des politiques & tes Indecgs ; elle ctoit dirigee par Abbé Menguy , Magiſtrat claire, eloquent, & porte dans cette circonſtance à ſuivre les inſinuations du Gouver- nement. | | La troifieme faction Etoit celle des inflexibles, compoſce de jeunes Conſeillers ardents , ſenſible; 2 la nouveaute, attaches a des opinions libres, hardis, & euclins, par mecontentement ou par caractere, à contrarier les vues du Gouvernement. Ce parti redoutable, alors moins nombreux que les deux autres, &toir domine par Abbe Pucelle, Magiſtrat incorruptible, ſayant , d'une eloquence vigoureuſe, d'un caractere inflexible, que Dubois avoir eloigné du Conſeil de conſcience , que les Jeſuites & les Sulpiciens deteſtoient , & qui voyoit Noailles eloigné de la Cour, & Bil, Rohan & Fleury „ſes ennemis, , riomphans, & en Place. | Pucelle & Menguy , l'un & Pautre Conſcillers- Cletcs; Pun & autre eflimes & cEcoutes dans leur 2 55 etojent lies dlamitie depuis qua- | rante negocient le retour du Parlement; Ge. 241 a WY tinte ans; leurs differends 1avoient jamais 616 * que des differends d emulation, pour la gloire de * hs Corps, plutõt que l'effet d'aucune-jalouſe ; foir BI mais Vinflexible Pucelle „ ctoit dloigne de Men- guy, depuis que celui-ciavoitecoure les Miniſtres , de pendant Vexil du Parlement , & ils ne vouloiem Ys plus ſe rien cẽdet depuis qu ils Eroient à Pontoiſe ; cue i car Pucelle patloit de perir dans Vexil & les tour- mens, plutõt que de. devenir Finftrument de Ham- bition de Dubois, capable, diſoit- il, de vendre. * cent Royaumes pour ſon interet particulier. Menguy, au conttaire, vouloit traiter avec la Cour es, dela Regence, qu'il appelloit dans ſon particuliet pr la grande proftituce , craignant que Dubois ne ſe portãt à quelque extremireconre la Magiſtrature. que Le Preſident Henault n'ctoir d aucun des par- tis, mais il les obſervoit tous; lie avec Menguy, plein d eſtime pour PAbbe Pucelle, attaché an premier Prefident , il Eroir aime & recherche de tout le monde: nne de s oppoſer aux vio- 1 lences du deſpotiſme , dous d'un eſprir de con- . 14 ciliation , aimant à jouir des charmes d une fociere | bien ae „ capable de les augmenter, inſi- bk nuant , quelquefois ruſe, roujours dune cgalirs * & d'une douceur. inalterables, il fe trouva dans m- une ſituation favorable, pour ſervit le Gouyerne- WM ment; mais comme il falloit agir, & qu'il aimoit Tome III. 1 242 Le Prefident Henault , Sechelles, Ge. le repos, comme il falloit aller de Verſailles 1 Pontoiſe, revenir ſouvent, & que ces mou- vemens ne convenoient ni a ſes principes ni 3 ſon exiſtence , il S unit à Sechelles, dont le carac- | tere Etoit plus intriguant, plus actif, & qui ſe char- gea des negociations, de-preparer les voyes, da- doucir ſes Confreres irrites , Ecncourager ceux qui avoient Peſprit timide, & de temperer Pardeur des jeunes gens; il s unit à Menguy, il conſultoit le premier Preſident , il environna Pucelle & alla attaquer , avec toutes les precautions de ſon genie cauteleux & penetrant , Pinflewbilirs du vertueux Cardinal de Noailles , que Dubois vouloit con- duire jufqu'a Paccepration de la Bulle unigenitus , parce qu'elle devoit Ielever, juſqu'au Cardinalat. Noailles, inflexible dans tous les tems, meme en preſence de Louis XIV, toit touché des malheurs qui menacoient le Parlement, tant que Dubois gouverneroit la France; & cette con- {ideration pouvoit Pengager a donner un mande- ment Eaccepration de la Bulle; mais il diſoit que lors meme qu'il Paccepteroit ,, il reſteroit encore dans le Parlement une puiſſance redou- table aux Moliniſtes, qu'il auroit pour ennemie, ſans ſe reconcilier lui- mme avec eux; il refu- ſoit donc tout mandement, tant e le n | refuſeroit yg adopter la Bulle. | » . negocient le retour du Parlement Oc. 243 Rome, d' un autre core; ne montroit à Dubois que la perſpective du chapeau de Cardinal, & le tenoit dans P'attente, profitant de Vimperuoſits meme de ce Miniſtre, & de ſes defirs , pour accelerer Pacceptation de fa Bulle: vainement, Dubois, deſefpere de voir que Mailly lui avoir ae prefere, Pavoir-il faite enregiſtrer au: grand Conſeil ; tour Paris, toute la France, les Moli- niſtes eux-memes, ſe moquoiĩent de cette maniere de farce, a laquelle des Marechaux de France, des Chevaliers des Ordres du Roi, les roues du Regent , tous le?'Seigneurs de la Cour, avoient' accouru 2 Penvi, pour douner leur ſuffrage dans Penregiſtrement dune Bulle & pour tenforcer le Grand Conſeil, lui meme, qui ne vouloir pas Vac-' cepter. Le Pape, qui avoit reconnu que ce n's- toit qu'une vaine ceremonie , appelloit l enregiſ- trement peu lieureux; force, militaire; il diſoit que les ſuffrages avoient été nook ; il lui falloit une ſolemnelle verification au Parlement. Ainſi, Dubois ſe dèſoloit, & des obſtacles qu'il trouvoit dans la Magiſtrature, & des conditions que Rome demandoit pour le Cardinalat; il pouſ- ſoit le Regent, & il Pengagea juſqu'a des ſol- licitations patticulieres, pour que Noailles donnat. Pexemple au Parlement de {a ſoumiſſion a la Bulle. Le Regent renouvella donc les anciennes ſuppli- - | TY 244 Le Preſident Henault, Sechelles , Ge, cations, & il fur aide de tous ces meſſages de la Cour, que Dubois dirigeoit, contre Vinflexibilits du Cardinal; mais Noailles, plus ferme que le Miniſtere, n'ctoit variable, diſoit toujours qu'il Etoit des interers du Duc d' Orleans de maintenir les principes qu'il avoit profeſſts des le commen- cement de fa Regence , que les appellans meri- toĩent toujours ſa protection, qu'il ne pouvoit changer de principes lorſque le Miniſtere en chan- geoit, & que ſi cependant le Parlement accep- toit la Bulle du Pape, il ſe reuniroit a la Magiſ- trature; qui, ds ce moment là, ſeroit chargé de execution de la loi, & qui en feroit une loi de PErat. Alors, ſeulement , diſoit. il, toutes les puiſſances ſeront unies pour le maintien de la tran- quillité publique » pour le retour de la paix, & | le Parlement en ſera le garant. L'impetuoſite, les deſirs, & ambition de Du- bois, augmentoient à meſure qu'il voyoit ces. nouveaux obſtacles; il avoit Peſpric & le cout fi faux, qu'il ne trouvoit dans les principes de Noailles que des ſubtilites theologiques & des cavil- lations : il alla donc au fait, & prepara la raiſon des Miniſtres ; il fit entendte au Cardinal, par Vil- | lars & par ſes autres Emiſſaires , que $ilne donnoit ſon mandement, on Pexileroit bien loin du champ die bataille, ſelon les expreſſions , ajoutant que le — negocient te retour du Parlement; Ge. 245 Parlement ſeroit transfer plus loin encore; i aſſuroit, enfin , qu on pourroit ſe paſſer du Par- lement, lui donner du papier pour rembourſement de ſes offices, lui ſubſtituet le Grand- Conſeil, & diſ- ſper des Magiſtrats auſſi reralcitrans, qui fai- ſoĩent difficult d enregiſtrer une Bulle que toute la terre avoit dejd enregiſtree avec tant de plaiſir. Ce langage donnoit alors beaucoup a penſer & tous les obſervateurs des Evenemens ; il irtitoit la faction de PAbbe Pucelle, il inquietoit celle du premier Preſident qui ſe renfotgoit de celle des politiques; Menguy, habile negociateur , pene- trant , voulant conſeryer ſon Corps dans un moment de criſe, deteſtant Dubois, le mepriſant mème, crut trouver , comme jadis du temps de la Fronde » le ſalut du Parlement dans ſon union intime avee PArcheveque de Paris; il le confirma dans fa reſo- lution de ne rien faire fans Paveu du Parlement & lans ſa participation, diſant que la reſfitance ou la ſoumiſſion de PArcheveque & du Parlement ſeroient plus apprecites de la Cour de la Regence , & que Punion rendroit leur conduite reſpective plus impor tame & plus remarquable. Menguy opinoit cependant pour Pacceptation z il croyoit que le Parlement ayant une fois enregiſtte la Bulle, & le Cardinal ayant aceepté, on verroit de nou- veau la paix s introduire dans PEgliſe de France. Q 3 246 Te Preſident Henault, Sechelles, Sc. Le Cardinal lui promit donc qu'il ne feroit rien ſans le Parlement, & Abbé Menguy en porta la nouvelle a Porkoile „ce qui Partacha davan- tage a la faction des inflexibles, deja peu con- tens de ſon eſprit de conciliation. Dubois é toit furieux de cette redoutable reu- nion; il envoyoit Villars, il envoyoit tous les Pairs du Royaume pour adoucir Noailles, pour ramenet le Parlement; ces inſtrumens aveugles des paſſions du Miniſtere negocioient, enſuite ils menacoient ; ils jettoient des doutes, des incer- titudes, ils donnoient des fauſſes allarmes; ils balo- toient les Conſeillers & les Preſidents ; mais ils traitoĩent avec le premier Preſident, avec les poli- tiques, avec Menguy , avec le Preſident Henault le ſeul Pucelle toit intraitable, maitriſant ſeul les catacteres indomptables du Parlement, ceux qui ẽtoient incapables d'entrer en negociation & qui auroient cru ſe deshonorer d' ecouter les inſinur tions de Dubois. Dans ces circonſtances difficiles, Henault alla voir Leblanc, Miniſtre depuis long- temps, ſon ami & lui repreſenta tous les dangers d'abolir le Parlement; il lui fit une peinture naive des maux qui menagoient la France, fi on vou- loit ancantir la Magiſtrature; il lui montra les effets funeſtes, les mouvemens, les revolutions X „ „» negocient le retour du Parlement; Ge. 247 que pouvoit entrainer la ruine d une armẽe de gens daffaire qui Eroient a la ſuite du Parlement. Quel remede trouvez- vous, lui diſoit il, à tous » CCS maux; pouvez · vous connoitre Pe venement » qui doit rẽſulter du combat que vous engagerez » entr2 le Miniſtere & la Magiſtrature expitante » ? Leblanc n'etoit point, comme Law, de Pavis que le Parlement fur diflipe ; il deſiroit une con- ciliation; il dit qu'il en parleroit a-PArcheve- que de Cambray (Dubois) qui avoir , ſur cet ob- jet, la confiance du Regent : il le vit en effet; mais Dubois demandoit le mandement du Car- dinal pour prealable, ſuivi de la verification de la Bulle au Parlement, pour concluſion. Hainault, Leblanc, Sechelles & Menguy alle- rent donc ſupplier & conjurer le Cardinal , qui promit d' aller au Palais-Royal trouver It Regent , pour Pengager à mander le premier Preſident . an d'entrer en negociatian avec le Parlement, pour accepter enſemble la Bulle unigenitus, avec des modifications; alors Hainault, Leblanc, Sé- chelles & Menguy, pour ne pas perdre du temps, propoſerent de partir tout de ſuite pour voir le, Duc d' Orléans, & le Cardinal sy deter mina. Arrives chez le Regent, ils appritent les pro- jets inſenſes du Miniſtere, contre le Parlement; on leur fit connoitre que cette Compaguie alloi® Q 4 0 248 Te Preſident Hainault, Sechelles, &c. etre transferce à Blois, où elle recevroit, peut · etre, le coup fatal de ſon ancantifſement ; ils _ apprirent qu'on vouloit donner de nouvelles for- mes 2 la juſtice , & que. des Membres meme, du Parlement, avoient donné au Conſeil du Regent des mEmoires pour le ſucces de cette revolution: le Cardinal ſtupefait, Menguy , Hainault, ſorti- rent du Palais- Royal, fe frappant la poitrine, & deteſtant le Parlement, la France, le dix-hui- tieme ſiecle & tout le genre humain; ne faiſant pas attention qu'ils etoient eux · mẽmes pteſque dans ce cas, aux yeux de Pucelle & de ſes adhe- tens, qui vouloient perir dans Pexil , plutdr que de traiter avec le Gouvernement. Dans cette conference de Noailles & des chef des politiques avec les Miniſtres , le Regent avoit traire avec aigreur le Cardinal; il lui avoit de- mande d'une maniere abſolue & imperative ſon mandement ; il lui avoit dit qu' ayant long- temp attendu ce mandement promis, ſes verſatilites & ſes delais, ne pouvoient lui convenir davantage; rien ne pouvoit calmer Dubois ni le Regent , & les nagelneu & les Miniſtres s ëtoient ſe- pares fi mEcontens , que les Miniſtres laiſſerent les autres dans Pindeciſton ſur les coups d'Etat dont ils menagoient, tandis que le Cardinal les laiſ- ſoit dans la perſuaſion que Vexil lui ſeroit plus negocient le retour du Parlement; Er. 249 ſupportable que ſon ſejour dans une capitale ol regnoit Piniquite, ajoutant que s il le vouloit bien, il pourroit encore long cemps embarraſſer le Regent: ce Prince decoreerts reſolut alors _— le premier Prefadent. Ce Magiſtrat etvit fans doute Utvout a a W558 du Regent , il &roir Phomme du Roi aupeès de fa, Compagnie; mais il ne pouvoit conſentir a la ruine du Parlement; il connoiſſoit fa poſition dit · hicile ; il renta de flẽchir le Cardinal; il lui promit demployer tous ſes moyens pour gagner ſa com- pagnie, & pour obtenir Penregiſtrement : mais Noailles irritè toit encore plus inflexible, & ne wulut jamais rien accorder que de concert avec le patlement. Dubois eur recouts alors à la grande reſource des Miniſtres, Pexil à Blois fur relolu , & Pinfame paſſa la nuit a Pexpedition ou à la ſignature de deux cent lettres de cachet. Hainault, ſa lettre de cachet a la main, vola A PArchevtche, & fut ſuivi de Menguy & du pre- mier Prefident : „Etat va donc devenirla proie de » Dubois & de Law, dit Menguy au Cardinal, ſi » le Parlement eſt envoye à Blois, car cet exil n'eſt » que le prelude de la ruine de la Magiſtratute. » Que precendez - vous done faire, Monſeigneur. » pat un (1 long refus de votre mandement ? Vou- » lez-yous armer ces furieux & achever leur 250 Te Profide dent Henault , Sechelles , Ge. » triomphe ? Le Regent ne peut ſans doute vous » forcer à tien, vous ne craignez que Dieu, vous v» ne ſuivez que votre conſcience, vous Etesatta- „ che à desprincipes, & vousWMepriſez les mena- » c2s des hommes; mais voyez., Monſeigneur, ol „nous conduit votre refus ; il perd PErtar, il ruine, „il aneantit le Parlement: faites, par generolits, ce >> que vous n'auriez jamais fait par foibleſſe; vous > avez aſiez mcntre que vous Cres capable dun parti » ferme , readez - vous au peril qui nous menace , Mon ſieur le premier Preſident & moi, nous vous » promettons que votre exemple ſera ſuivi de Meſ- „ ſieurs du Parlement >, Pendant ces negociations, un grand perſonnage gardoit un filence myſterieux a la Cour du Regent; il en obſervoit les mouvemens avec inquietude, # temperoit les avis extremes des Miniſtres , il neégocioit avec le Cardinal, pour le nde du ſyſteme de la Cour. Tel etoit Dagueſſeau, Chancelier de France: rentre a la Cour depuis quelque temps, il avoit perdu une partie de Vel- time publique, en reſtant en place pendant Pexil du Parlement, & on diſoit de lui, que ſon interec perſonnel lui avoit fait ſacrifier ceux de ſa Compa- gnie ; on lui appliquoit ce quꝰ on avoir dit du Chan- celier Olivier, qui avoit été rappelle à la ſervi- rude plutòt qu'a la fonction de la premiere charge de T Etat. negocient le retour du Parlement; Ge. 251 D'autres rapportent, que, ſemblable a I'Hopiral, il ne reſtoit en place avec tranquillitè & ſimple obſervateur, que parce que la contradiction ne pouvoir ſetvir qu'à le perdre; qu'il occupoit , en attendant, une place dont les Lorrains modernes diſpoſeroient; & que Dagueſſeau, quand meme il ne feroit aucun bien, devoit reſter en place, pour empecher qu'elle ne füt occupce par quel- que {celErat qui y feroit beaucoup de mal. Ces derniers, expliquoient les vrais ſentimens de Dagueſſeau, qui immoloit ſa reputation au bien de Etat; mais quand ce grand Magiſtrat connut les diſpoſitions du Regent , qui ne rougiſ- ſoir pas de ſe montrer Pinſtrument de Dubois; quand il le reconnut ports à ſe jouer de la . giſtrature ( qui Pavoit fait Regent & qui lui avoir | attribuè le pouvoir abſolu ſur le milicaire) , a point de Pexiler d'une ville a autre, n f ſe reveilla de fa léthargie apparente, il alla chez le Regent , & lui dit qu'il avoir diſſquls tous les malheurs de la France, dont il avoit été le tẽmoin & que lquefois air ; mais que Etat etanr à la veille de fa ruine, & les peuples menaces de perdre le ſeul ſoutien qui leur reſtar, il devoit ſe retirer; qu'il ne pourroit plus faite aucun bien, puiſque la juſtice meme, ctoit ancan- / 252 Le Profident Henault, Sechelles, Gc.. tie, & ilpriale Regent de lui retirer les ſceaux. Cette nouvelle, dans inſtant, ſe repandit dans toute la France; on obſervoit de tous cores , mais en ſilence, ſans Emotion & toujours en chantant, les manceuvres du deſpotiſme , on attendoit fans indignation ce qui alloit arriver au Parlement; on ſe demandoit qui des trois ſeroit ſacrifie à Pinfime Archevẽque de Cambray, du Cardinal de Noailles, du Parlement, ou de Law; & on attendoit avec une eſpece d indifference, les plus grandes re vo- lutions dans Etat; la ſubſtitution du Grand- Conſeil, d'une Commiſſion Miniſtérielle, d'une Compagnie, Vinſtcument paſſif & aveugle des MNiniſtres, a cette Cour de Parlement, qui avoit eu le courage de parler quelquefois aux Rois, &è de tenir un langage populaire dans la Cour meme. de nos Monarques. Ceſt alors que le vertueux Noailles, voyant le Miniſtère deſerté des honnetes gens, & cons duit par Law & Dubois, parut touche de ſituation de l Etat; aucune conſideration humaine, la menace d'&re enleve, conduit à Rome, livre a PInquiſition, & renferme au Chateau Saint- Ange, n'avoit pu intimider ce grand Cardinal; il fut emu de la deſtinée des Peuples, il porta au Roi ſon Mandement; & les Courtiſans eux- meEmes , ces gens ſans caractere & fans vertu, negociend le retour du Parlement; &c. 253 le Prince & les Miniſtres, en furent ft rouches, qu'ils reprocherent à Law & a Dubois, Venor-- mite de leurs enttepriſes; le Regent appella la conduite du Cardinal, une conduite Angelique, & ne ſongea quia reparer les maux qu'il alloic faire, en ordonnant que le Paclement ne fut pas cransfere à Blois; comme il devoit s'y ſoumettre le jour ſuivant. Il ne s'agit donc plus que de rechercher les moyens de retenir le Parlement Pontoiſe, & de conſerver Vinfaillibilits miniſ- crielle , qui n'a jamais avous ni ſes perſidie ni (es ben .. | | Hainault, Sechelles & le Blanc, imaginerent donc d' engager le Preſident à faire un choix des Conſeillers les plus courtiſans, pour prendre conge du Prince avant d'aller à Blois, où la Cour de Parlement étoit &xilse. Il ne manqua pas 4 Paris de Conſeillers (cat c'ctoic le tems des vacances) qui ne defiroient que des occaſions de plaire; ils ſuivirent donc le Preſident au Palais-Royal, au nombre de vingt-deux, qui teprẽſenterent tres- humblement combien les peu- ples Wen wo vw a&© gs Bac = «KK £*= pmM- . negocient le retour du Parlement; c. 459 Chauvelin ſe chargea d environner PAbbe Pu- celles, de ne pas le perdre de vue un ſeul mo- nent & de lui montrer les avantages . fire le Sauyeur de ſa Compagnie, Sil. concouroit à ls paix , & voyant qu'on ne gentendoir pas, il dmanda aux quarante un comite de huir, 2 qui le Premier Preſident communiqueroit les projets laccommodement, pour une plus plus facile r6- tion , & pour Erre preſentes à MM. les quarante Commiſſaires. Ces. huit ſe unn zee plus de force fur leur million. C'eſt alors que le Premier Prelident avoua As e Regent lui avoir remis une Declaration, por- | unt le retour au Parlement des procedures rela- tives 2 ces Bulles, dont la connoiſſance avoit eres utribude au Grand - Conſeil, mais 3 condition que les modifications pafſeroient, L'Abbe Pucel- le, peu & peu ſe laiſſa flechir; enſuite gaban- donnagt à toute la ſenſibilice de ſon ame, rendre , impetueuſe, chaleureuſe ! Que vont donc devenir les Appelans , S&cria-t- il, Jaiſſerons nous des bons Citoyens d la merci des Tyrans, & des Mniſtres qui vont etre recompenſes du Chapeau n les perſecutant? Laiſſerons , nous perir les bons Frangais, qui ſz font roidis contre Fambi- tio de la Cour de Rome; oublierons - nous R 2 a0 Le Prefident Hainault, Sethelles , Ge. zue nous ſommes nous-mtmes des Appellans? Les huit Commiſſaires, frappes de ees grandes | verites, ſe regardoient, ch admirant Abbe Pucelley && le Premier Prefident profitant de ee moment de filence , montra toute la ruſe de Dubois, qui avoit mis leur fort entre, les mains du Grand- Conſeil, commiſſion miniſterielle pleine de Con- ſeillers proſticues à la volonté du gouverne- ment; ajoutant que ſi on n'enregiſtroit pas li Bulle, ils ſeroient tous ſous la puiſſance de. Jen ennemis, A le Grand - Conſeil avoit e Ales tout le monde bet. environna , & comprima Pucelle; il fut ſupplie, conjure & baigns de leurs larmes! „ Eh bien! dit-il, en ſanglo- tant; que Dubois ſoit Cardinal; hatons nous de „ lui vendre notre honneur , notre conſcience & » ſignons la Bulle. » Les huit Commiſſaires ſe _ reunirent donc aux trente- deux, & les quarante ſe preſenterent au Parlement, toutes les Chambre: aſſemblees pour les madifications | L Abbé Menguy, qui prit la parole avec beau- coup d'cloquence, prevoyant toutes les objections, fir ſentir la neceſſitè de Penregiſtrement. L'Abbe Pucelle dit qu'il ſe rendoit avec une grande peine à Vayis commun, à caul des circoni * negocient le retour du Parlement; Ge, 26% ez ances de la Nation, & de la Compagnie exildes undi: qu'on enregiſtroir une declaration mayvaile, ar mais avec des bonnes modifications. La Porte ouvrit Pavis de rejetter la Déclara- tion; car fa femme, Janſcniſte declare, lui avois {fendu de deliberer pour Tenregiſtrement. Le Feron, Dupre de St. Maut, Mallet, Paris ſoutinrent cette opinion ſolitaire ; le Parlement vetifa donc avec les modifications; & certe affairs nie, la Cour enregiſtra par acclamation les Let- es- Patentes qui rendoient au Parlement le juge ; ment des conteſtations au ſujet de la Bulle; le Regent en apprit les nouvelles avec une joie inex- primable , croyant toutes querelles religieuſes rermin&es en France, puiſqu' elles Peroient au Par- ment. C'eſt dans cette circonſtance qu'il renvoya Lay, comme il Pavoit promis au — Preſi- ent & au Cardinal de Noailles. Le 16 Decembre 1920, la Vtilliere alla à Pontoiſe potter la nouvelle du retour du Parlement, & & la fuite de Law, qui avoit cede la place, i ladminiſtration: on apprit auſſi qu'il avoit laiſſe l coffres vuides. De tant de millions, qu'on woit force tous les Particuliers à porter à la ban- que, il ne reſtoit que ſix cens milles livres (1) rr mw n a} Ce 2 Fae: ſituation qu'a lade tos R 3 162 Le Prefident Hainault, Sechelles, Ge. pour payer les Troupes, les Rentes & les char- ges. Le Commerce &toit ancanti , les Puiſſances Errangeres avoient, ſous peine de mort , defen- du d'aborder dans nos — la peſte rant en Pro- vence. . - Ceſt ainſi alk Pabel gouvernoit I Etat, dans le Chapitre des orgies; nous verrons comment il gou- vernoit le Regent , pour faire de ce Prince Vinſtru- ment de ſon ambition. CHAPITRE XIX. Treve de la Reine d Eſpagne avec le Duc d Orleans; Mariage de Louis XV de I Infant. K meme que les Troupes de France fai- ſoient des progres en Eſpagne , & prenoient des villes & des Places, on nẽgooioit a Madrid pour obtenir la paix du Regent. | Le Comte de Belle-Ile, fameux intriguant de — Treſor Royal M. de Brienne „ Archevtque de Sens, ſa faite en Italie, en 1788. 1— amg 1 1 _— et. 8 * * _ = M2 a> 2- 2 Treve de la Reine d Eſpagne, &c. 263 ce temps- là, que le Regent avoit cree Maré- chal de Camp, ſervoit ſous Berwick , &'paſloit Gune armée 2 Pautre, pour negocier la paix; il vengit mEme des Frontières d'Eſpagne, au Palais- Royal, pour en traiter avec le Regent, On ſe ca- choir cependant des Miniſtres 4 Angleterre, qui, par la quadruple alliance, lice avegpous, voyoit avec plaifir notre deſunion avec PEſpagne , comme un principe de proſperitè pour ſon commerce: Belle-Ile, adroit, trompeur , exerce dans Part deluder, Eloigna avec beaucoup d'eſprit ſur cet objet, toutes les demandes que lui fit Schaube | lun des Migiſtres a Paris de la Grande- Bretagne. Le Roi d' Eſpagne, temoin occulaire de fa defaite, deliroit la paix avec la France, fa patrie & le berceau de ſes pères; il ecoutoit Belle- Ile ſecretement, & la Reine prit enfin la ſolution de faire les premiere demarches aupres du Ré- gent pour la paix. | Avec du genie & de grands talens, le Cardinal Alberony & la Reine, avoient brouillé toutes les affaires d R ſpagne. Leur conjuration en France contre la perſonne du Regent avoit Echoue ; la France avoit fait la guerre avec ſucces contre Eſpagne, les Anglois, avoient fair des deſcentes & des invaſions dans la Galice; ils avoient enleve les canons des s Eſpagnols , battu , diſperſe & R 4 vec 264 Treve de la Reine d Eſpagne preſque ancanti la flotte qu Albèrony avoit envoyce dans la M diterance ; I Eſpagne &toit brouillte avec toute l'Europe; la Reine cependant avoit toujours la meme ambition, ſecrette; elle vouloit toujours regner en France, ou creer quelque Sou- verainetẽ pourgles enfans; elle haiffoir ceux du premier lit de fon Epoux ; elle redoutoit fon etat futur de viduite & le rriſte fort des Reines d' Eſpagne Douairières. Les ſublimes projets d Al. berony n'ayant pu reuſſir, elle avoit reſolu de le chafſer ou de ne point le ſoutenit dans les at- raques , que les Puiſſances de I Europe ne man- queroient pas de lui porter en voyant ſes entrepriſes manquees; elle s imagina, par un tour de ſoupleſſe très- delicat, de rechercher l'alliance du jeune Roi de France dont elle ambitionnoit la Couronne, & de retarder ſon mariage, en lui donnant une de ſes Infantes qui étoit en fi bas age que de long- temps elle ne pourroit donner a Louis XV des ſucceſſeurs 3 la Couronne. En retardant ainſi une generation qui excluoit la branche d' Eſpagne pour toujours, elle voyoit une plus grande probabi- lire du ſucces de ſes vues; elle avoir en fa faveur les dangers des chaſſes , des maladies & de la petite verole ; elle redoutoit les mariages poſſibles de Louis XV avee Marie Emilie, fille puince de PEmpereur Joſeph , agee de dix-neuf ans, avec la Princeſſe Eliſabeth de Lorraine , qui avoit Vage avec le Duc q Oriems; Ge. 26g du Roi. L'une & Fautre anroient pu dans fix ou ſept ans donner à la France un ſucceſſeur a la Couronne; elle imagina donc de marier Loyis XV avec ſa fille, qui wavoir que trois ans; ce qui renvoyoit de treire à quatorze ans la naiſſance d'un Dauphin, & retardoit ce grand coup de partie qui devoit decider quelle branche de d'Eſpagne ou d' Orleans ſuccederoit à Louis XV, en cas de mort de cet enfant, encore ſi delicat: ainſi ce n toit plus par la force armee , ni pat des conſpirations que la Reine d' Eſpagne vouloit re- gner en France. Ces moyens violens avoient &e rendus impuiſſans ; mais elle attendoit du bene fice du temps une revolution fi deſirable, elle concluoit une eſpèce de trève tacite avec la Maiſon d' Orleans, & fe propoſoit de rejetter ſur Alberony tous les malheurs du temps & des cit- conſtances: la ruine du Cardinal Alberony fut donc reſolue, & la Reine d Eſpagne ne chercha plus que les moyens de le perdre, ſans avoit Pair dy participer voulant ſe tenir comme dans un tat paſſif & laiſſer agir les circonſtances Elles ſe prefenrerent biento: ; car le Regent , P Anglererre & I'Empereur furieux de voir les dangers qu'ils avojent tous encouru par les mou- vemens hoſtiles d'Alberony, & voyant la decadance des affaires d'Epagne , reſolurent la perte du Car- | * 266 Treve de la Reine q Eſpagne dinal, & ſoit que le Regent pteſſentit les deſſeins de la Reine, ſoit qu'il voulũt Eloigner lui-· meme la decifion de la grande affaire de la ſucceſſion eventuelle de la Couronne de France, il reſo- lut d'attaquer le Cardinal par le moyen de quel- que pet ſonnage atrache à la Reine, & Dubois, toujouts lie avec les Anglois, dont il toi pen- ſionnaire, ſe ſervit d'un Mylord voyageur en Italie pour ſonder le Buc de Parme, & employer, ſelon le deſſein de la France auprès de la Reine; cette voie reuſſit, & Scotti fut envoye de Parme à Madrid pour perdre le Cardinal; tandis que les Miniſtres des Puiſſances qui avoient contracts la quadruple alliance Sentendoient à ne vouloir accorder la paix a PEſpagne qu'apres ſon expulſion. On gagna en meEme temps la Dona Piſcatoti Nourrice de la Reine, qui haiſſoit le Cardinal: qui de Fenfance avoit conſerve une maniere d' empire ſur Peſprit de {a Souveraine; la Nour- rice voyant cette Princeſſe moins affectionnèe pour Alberony , lai ſſa exhaler fa bile contre lui, & parla haut & groſſièrement de ce Miniſtre ; elle repetoit ſur - tout que le Cardinal avoit reuſſ 2 tout ce qu'il ayoit entrepris pour {ui-meme, & ſuccombe dans tout ce qu'il avoit voulu faire | pour le Roi dEſpagne ; les Prinees ne reſiſtent pas à ces raiſons; les ſervices du Cardinal furent donc nuls des ce moment aux yeux de la Reine; & avec le Duc On. „ Ec. 267 comme le Roi eétoit i de Paffront qu Jl avoit regu dans fes frontières ou il avoir te faire · la guerre en perſonne; comme les Fran ois avoient pris ſes places fortes en ſa preſence , le Roi, qui @Cailleurs n'avoit d autre volonte que celle de ſa femme ou de ſon Confeſſeur, fut du ſentimens de la Reine, & la diſgrace fut - notifice au Cardinal. Il regut l'ordre de ſortir des rerres d Eſpagne ſans voir, & fans Ecrire au Roi, ni x la Reine, & d'en fortir dans deux jours. Le Cardinal Alberony renvoyé, il fut aiſe 3 Dubois & à Daubenton de ſe concerter ſur le retour de la paix entre les Cours de France & d Eſ- pagne; Daubenton ne ceſſa de tourmenter le Roi pour le porter à la paix avec la France, & en- gager a accẽder à la quadruple alliance; la Reine de ſon core, s'y preta, & S unit au Confeſſeur pour Pobtenir du Roi, qui ſigna ſon adheſion a la quadruple alliance; les deux Cours ſe raproche- rent alors & parlerent d'accommodement. | Ce fur le Roi Philippe V qui en parla le pre- mier, au grand Etonnement du Regent & de tout ſon Conſeil , ſans que la propoſition et Ere precedee d'aucun indice anterieur : elle ne fur ni debatue , ni contredite dans le Conſeil. Daubenton , Jeſuire adroit, qui ne manquoit 3 Madrid aucune occaſion de feryir ſon Ordre , 268 Trepe de la Reine PEſpagne h Bulle & la Cour & Rome, &toit alors en cor- reſpondance avec Dubois; il promit de conduire Paffaire des mariages, avec le ſuccès qu'on en at- tendoit à Paris, ſous trois conditions ſpeciales. La premiere, qe Dagueſſeau ſeroit chaſle de la Cour, & exile à Freſne, 4 cauſe de ſon obſti- nation contre les Jeſuites, & ure la Conſti- tution. | La ſeconde, que Iorfque PInfante arriveroit 3 Paris, il lui ſeroit donné un Confeſſeur de fon Ordre, de meme qu'au jeune Roi Louis XV. Le Confeſſeur de Madame, mere du Regent, nomme le Pere de Liniere, qui n'etoit, ni am- bitieux, ni fanatique , mais d'un catactere tran · quille, ſucceda à Fleury, Auteur de PHiſtoira Eccleliaſtique , qui ſe retira. La troiſieme, que le Miniſtere favoriſeroit les TJeſuires & la Bulle. . Les negociations de Dubois & de Daubenton , alloĩent plus loin encore, e elle rendoient à accelerer 2 PAbbe, le chapeau de Cardinal: on negocioit auſſi dans pluſieurs endroits , pour revetir ce de- loyal Miniſtre, de la plus hand dignite dont I'Fgliſe Romaine pur honorer un grand perſonnage, & on travailloit en France, à Vienne, 3 Rome, 4 Madrid, & à Londres pour alimenter ſon ambition. Quant au projet du mariage de Louis XV - —_ Alt. wr =, — Ld mw : evec le Das d' Oricans; Ge. 269 avec LInfinte, il fur eonvenu que la Princeſle * ſeroir Elevte en France; on conclud auſſi le ma- ure riage de Mademoiſelle de Montpenſier, fille du 41 Regent, avec le Prince des Aſturies, qui en avoir | quatorze, mais qui Etoit dune complexion ſi de- de licate, & ſi peu avancce „ quoique fille du Re- u gent, que le Roi d Eſpagne la tint Eloignde de ti- ſon fils, qu'il empecha de reitfrer la conſom- mation, ſi toutefois il fut conſomme. Ce ſecond mariage ne fut point approuve des Grands, 4 Madrid, & on affecta de dire, que cette alliance donnoir à la Famille Royale, une parents peu agreable aux Eſpagnols, livres à tous les prẽjuges des Nations Gothiques & Feodales N ils diſoient que | la mere de cette Princeſſe, du Regent, ctoit, à la vétité, fille du * Rot Louis XIV, mais qu'ctagt nee bararde, un lang impur , quoique legitims en, 1681, ſe meleroit dans celui des Rois d'Eſpagne. Malgre ces ob- ſervations , on négocia dans la ſuite le mariage de Mademoiſelle de, Beaujolois, quatrieme fille du Regent, age de fix ans, avec Dom Carlos enfant de la Reine regnante, qui avoit ſept ans comme nous le dirons ci-apres. | Le Duc de Saint-Simon, qui n'avoit ceſſe Penvironuer le Régent, cherchant le moment d'cx/.1.'+r Dubois & de prendre fa place, fut en- 270 Treve de la Reine d Eſpagne | ſuite envoys par Dubois, en Eſpagne , ſous pre- texte d' employer ſes talens à la demande ſolem- nelle de VInfantez mais dans la realité, pour que ſa preſence ne plit, ni rompre, ni retarder es projets ambitieux ; ce Seigneur, dds le regne du feu Roi, $ctoir attachè au Duc d'Ocleans, & x ey la mort, ſur-tour, du Duc de Bourgogne, il wavoit cefle de lui tenir le langage de cette probire antique, qui eſt toujours reſpectee dans le centre des Cours les plus corrompues, lors meme que de jeunes ẽtourdis, ou des libertins, ſemblent sen jouer extẽrieurement. Saint- Simon avoit des meœurs, de la galanterie; & avec tout cela, beau · coup de piete & de religion. Son ame paſſionnce, n'avoit point vu d'un œil tranquille, ni les der- nieres erreurs du feu Roi, ni le regne de Dubois, dont il &toit le cenſeur impitoyable; il partit pour Madrid avec un des plus brillans cortèges, & ſe diſtingua dans Part de repreſenter, avec appareil. On obſerya que Philippe V fit demander offi- ciellement par le Duc de Saint-Simon, au Regent, que IInfante ent pour Confefſeur un Pere Jc- ſuite, & que le Regent lui accorda ſa demande. Mais quand Dubois eut deſtiné le Pere de Li- nieres au jeune Louis XV, ce Confeſſeur Eprouva toutes ſortes d'obſtacles ; on ne vouloit pas en general , en France, d'un Jeluite pour Confeſſeur avec le Due d Orltans; GW. 271 du Roi, depuis qu'on avoit connu les ſuites de la fougue & des méchancetes du Pere Tellier. Et, comme il eſt q etiquete que le Conſeſſeur du Roi, nouvellement appelle à cette fonction, va faire des viſites, comme celle de PArchey&que de Paris doit etre la premiere, pour Etre examinE ſur a vie, mæœurs, ſcience & doctrine, ſi le Pre- lat veut Pexiger , le Pere de Linieres fut yg daller 3 PArcheveche. Le choix d'un Jeſuite, pour ſuecẽder 3 PAbbe Fleury, qui avoit plu à tout le monde, faiſoit murmurer alors la Cour & la Ville; & Noailles, fort de ce mecontentement & de ce remoignage public, ne ꝓut retenir ſon indignation , quand on annonca le Pere de Linieres, Confeſſeur du Roi. Vous vonleg des pouvoirs, lui dit - il bruſque- ment; en bien, vous nien aure pas; je vous defends meme, entendre la confeſſion du Roi; je ne vous en dirai pas les. motifs , laiſſeg- moi tranguille, j'ai la fieyre, & je ſuis enrhumd. © Le Pere de Linieres fur oblige d'avoir recours 3 IEveque de Chartres, qui Papprouya 3 le Roi fur confeſle 3 Saint - Cyr, qui eſt de ce Dioceſe ; & on négocla dans la ſuite avec le Cardinal de Noailſes þ qui opprouva enſin : le Confeffeur. © L Abbefſe de Chelles , fille du Regent, ne a Tre de la Reine Efpagne, regut pas les Jeſuites avec moins Taigreut que PArcheveque : Puiſqu'il faut un Jeſuite pour confeſſer le Rai, lui dit- elle, j uime ue vous aye cet emploi autant qu un autre; mais je | ſuis fuel gue vous ſoye; Jeſus, car je naime pas votre Compagnie. Ainſi ſe rermina la grande 3 4 Regen contre les Jeluices, qui, plus delies que lui, reyl- ſirent enfin à rentrer à la Cour ; & forcdrent ce Prince à les tappeller, pat organe _ de leur plus cruel ennemi, le Duc de Sainr-Simon Ambaſſadeur en Eſpagne. 7 Le tappel du Duc rant reſolu, patce qu' it n'2- voir point la confiance du Cardinal, on envoya 3 Madrid, Chavigny, pour ſe concerter avec PB(- pagne , fur les inſtructions à donner aux Ambal- ſadeurs des deux Couronnes au Congrès de Cam- bray, & pour engager Philippe V. 4 defirer en- core le mariage de PInfant Dom Canes, avec Mademoiſelle de Reayjolois. Tr Dans ſes entretiens avec le Roi & 1a Reine #Eſpagne cette Princeſſe demanda un jour 3 Chavigny , pourquoi le Duc d' Orléans ne pen- ſoir. pas au Royaume de Naples poue ſon fils, le Duc de Chartres: Chavigny „ qui nꝰayoit aucune inſtruction ſur cet objet, rẽpondit qu il ne croyoit pas que le Duc d Orléans elt & ſemblables & de toit de toutes ſes forces le Regent ne pouvoit ptendre aucunes meſures fur un EyEnement qu il ne conſiderait qu avec doulcur. coir queſtion de marier Mademoiſelle de Beay- occalion, au Roi dEſpagne, & on le determina i la Conr de drid de demander cette, Prins ceſſe. 7 * 233 « - 0 * = „ ” » * *. 89 = .. : * * (CHAPITRE 1 *. Datos eft en en "Tencin & Dubois. - * . % % 1 LE Cardinal de i Lebe 3 à Rome depui i le Chapeau pour Dubois: y Pape vouloit donner le ä Archs- c Tome ” ( : 3 avec le Die # O; ge. 275 I de li vaſtes projets. Sa reponſe fut 3 du Duc jones x ly comme le Roi 4 Eſpagne, — pour ſondet Chaviguy, Pavoir affure qu'en cas de mort du Roi de France, Louis XV, it ſecou- Orleans, '#* Prince ordonna 1 Chavigay de repbndre, que le Chaviguy cepandir le bruir, en attendant, qu it polois avec le Prince du Breil; il en parlaß par | | (pp Cardinal; Y 0 . co _— % TI 4 * Sb. 5 „ Pobrenic du Pape, a mais on {cur que le | = 4 Dubois oft enfin er Cardinal; yeque de Rheims, pour Pencourager &. le tEcom- enſer du mandement qu'il avoir fait en fa veut 95 la Bulle, malgre les ordres du Roi ; & Cle- ment faiſant alluſion à ſon nom, Tærreloi Mal- leus Hereticarum® Dubois, megontent de voir A promot otion xerardee , fr de nouveau demander pour lui ce Chapeau; mais le Cardinal de la Tremoille, ſoit faure d'aQtivite de ſa part, ſoit refus du Pape, ne reuſſit pas: Mailly fut nommé Cardinal; & PArche veque de Bourges ( Geſvres )., fur promu auſſi, à la nomination du Roi de Pologne, dans un moment od Dubois attesdoit cette grace pour lui; & comme pour annoncer les pro- motions, les Miniſtres ne font partir leurs Cou- riers que 24 heures agres, celui du Pape, le Courier de Clement arriva le premier 4 Paris Dans ſon impatience , Dubois envoya Bagnicres à la rencontre de celui du Cardinal de la Ti- moille, eſpdrant' qu'il luj apportoit la nouvelle de ſa promotion: mais gen trouvant fruſtre, il Ecrivit 3 Rome, au Cardinal de la Tremoille, une lettre ſi dure, Wi. en E de douleut peu. de jours a pres.” Clement XI mourur , lui-meme, & la France enyoya les, Cardinaux de Rohan &c de Biſſy, pour alliſter à Pelection; 3 & comme Lafficcau avolt >» oy Mey Hy = av *ads ww : — „ GAR. a . — =, ging, yg &, 2K Tin b Dass. Fo 1 ocic avec es de ſucces, pour Pdevation de Dubois, au Catdinalat, Dubois charge Abbs Fencin de traitet avec le nouvptau Pape; & promir au Conclaviſte qu'il le chargeroit, Sil teuſſiſſoit, des affaires de Fratice 1 Rome: il promit encote u Cardinal, de Rohan pour ſon tetour, une "SO Part dans Padrniniſtration de tat des affnirts. © — -L'Abbe Tencin, qui avoit acquis la te! tion de beaucoup de capacité dars Fart de neg6- | tier les affaires extraordinaires;, wol la confiatice de Dubois. De {a ſur Religieuſe, it en avoit fut une Dame du monde, & de Law Lutherien, un Catholique ; on le crut capable de faire iſement de Dubois un Cardinal; it toit cepen- Ent alors en procts avec un Abbe de la Veiſſiere pour affaire de ſimonie, & Cctoit au jugement de cette affaire, - que le Parlemenr' anicodvir de ſe venget de Abbe Gehn cditits J tout le Corps, parte quit eroit binſtrumemt de Ia conver= ſon de Law, que la Coir avdit fi juſtement en botreur: auſſi, le Parletrient ; reſolu Gen faire une action &cclat, voulut eli depart de PAbbe montret an public de quei il dtvit capable; le Duc de St. Simon, qui haiſſoit PAbbe Dubois, Lay & Tencin, le Prince de Conti qui Air fait une fete d humilier cr triumvirat, tout le "OS. ; 276 Dubois 1 enfin cred Cardinal; | parti oppoſe a Dubois & 4 Law,, Yavertit du jour du jugement de la procedure; la Grand- Chambre fut pleine du plus grand monde, K E cour Hare toute garnie de Pairs. Je wai jamais Et fort ſavant dans les 2 bencbciales ou canoniques, je voulus cependant m'iſtruire de celle - ci. On me dit que Tencin diſputoit un Prieuré 2 la Vaiſſiere, + ſon Compa- Triote, en vertu d'une union de benefice 3 L Ab- | baye de Vezelay, que Tencin pofſedoir ; on diſoit | que pour conſerver. ce Prieure, Tencin avoit 1 = donn beaucoup d'argent, & fripponne la moitic | de la ſomme; ; Aubri, fameux Avocat, fit don- ner Tengin dans le panneau, & le conduiſit Pune | | raiſon 2 Pautre, juſqu'à Pavea qu'il gagneroit lon | procds contre Vaiſſiere, Sil juroit qu al n'avoit pas donné de Pargent; Abbe Tenein ctoit pteſent, & dit hautement! Si je jurois ! Je ſuis pret d lever la main, & & proteſter que je mai jamais traits pour le Prieure, s'il plate & la Cour de recevoir mon ſerment. C'eroit ou Aubry en vouloid venir; evitons,: evitons, le double. ſcandale, lui dit-il; voild Ia verité. Et il montra le marche du bendfice, Sinne, Tancm. . en original. La Cour & toute h Commetea , 4 Pintdrte ſuſpenſif qu'ils prenoient « la aſe paſſercnt-dany une ſorte de 1 contre LOSES les Pairs le huerent; il voulut ve chapper; mais ſon adverſaite qui attendoit le coup de theirre , le ſorca à repa- roitre ,, & à tre temoin de ſon Jagement.. 1 fut amende. | C'etoir pourtant le perfonnage qu'il falloit 2 Dubois: il partit pour Rome, pour le Conclave od fut lu Innocent XIII. Lafiteau, Eve que 4e Syſteron, &toit 3 Rome pour les affaires de Francez Tencin fur charge du ſecret, & Lafiteau ren- voye. * ü Le Cardinal Conti, iſſu F̃une des quarre orkut pales familles de Rome, etoit favoriſe au Con- clave par la faction Francoiſe; & comme il avoir un free, motr dang les armdes de FEmpereur, & qu'il avoit.&& Nance en Portugal, il reuniſ- ſoir ſur fa tete les ſuffrages des principales factions du Conclave; le Cardinal .de Rohan, qui Ecoir charge du ſecret du Roi, eut Pordre avant de fe declarer en fa faveur, de tirer de lui la parole qu'il feroir Dubo Cardinal, ce quit promit- Sil y a quelque e penible, rebutant meme pour un Hiſtorien, c'eſt ꝙ avoit I ſuivte la marche de l' ambition, de Tindigae Dubois, pour etre | Cardinal. | Qu'on ſe ſouvienne donc quiil 3 le Che- peau 4 Louis XIV; qu il fe ä Londres | 2 278 Dubois eft enfin cre! Car dinal!; ; "de Pobrenic un jour; qu'il traita avec l Empereur; & qu'il lui ſacrifia nos principes ſur la maiſon d' Autriche. En France, il remplit la Balle de Tanſcniſtes qu'il avoit proteges , & fir exiler le Paclement, ſous prerexte des ſẽditions populaires qu'il oc- caſionnoit, & on a vu toutes les indignites qu'il lui fit ſouffrir juſqu'a Tenregiſtrement de cette Bulle: il avoir, dejà change le Conſeil de Conſ- cience en Conſcillers Moliniſtes, Eloigne Noailles, & meniace ce Prelat du dernier chatimeht, i ne donnoit un mandement d acceptation. A Rome il corrompoit des Cardinaux & des Prelats, „& le : produit de la ruine de mille familles, par la banque, » ctoit employs à alimenter la cupi- dité de Pindigne Archeyeque. de Cambrai : il avoit traitẽ aulſi avec le Cardinal Rohan, pour avoir le Chapeau par ſes nẽgocia: ions, & il avdit negoeie en Eſpagne avec d' Aubenton: enfin, quand il vouloit cacher ſon ambition, il. faiſoit agir & parler le Regent. I nſtruit de quelques traits de Dubois, le Prince navoit point cependant pour ce Miniftre les Egards que les Princes ont toujours pour la Pre- lature quand elle ſe tient dans la verru & u modeſtie de ſon ctat; il ſe tutoyoit toujours & Prenoit ſouyent | NK lui le , es. le 1 — as 2 eo” wy. . Tiencin & Dubois. 79 plus grand mepris ; pluſſeuts fois meme it i frappa : quelques jours après ſon Sacre, on ſqut qu'il lui avoit donne des coups de poingts; Du- bois eſt mEme le ſeul perfonnage que le why ir ſe permit de maltraitet de Ia forte , etolt bon de fon naturel, railleur ; mais indulgent. Un autrefois I'Archey8que voulant ſe com- | poſer , montret de [a contenance & 3 au Regent irritc, ſa dignit q Archevtyile , ce prince le poutfane juſqu's Pangl&'d ſon cabinet, lui donna an coup de Ps pout {a qualite d an⸗ tien Miniſtre, un n pour celle de Maque- reau , un troifitme pour celle de Coquih , un quatrieme pour celle de Pretre , & un cinquidine- pour celle de FArchevEque de Camabray ; je vou pardonne, tepartit en plaiſantant le Prelat, part que pen attends ut fixitine en gualit de Car- dinal. L'empereur en effet donnoit alots non- ſeule⸗ ment ſon” conſentement pour que Dubois füt tout de ſuire eréc Cardinal; mais i ajoutoit a. recommaridatiott ſecrere, & Philippe V y acceds 4 apres avoir fait des oppoſirfotis à a ercation 5, zinſi le Chapeau arriva, & te Regent qui bets fenta la nouvelle Eminence at jeune Louis XV. lui dit, en preſence des Courtilans, que Urol M. Dubois que S. M. devoit la ttadquillits del Eat 84 _bYs Dubois oft enſin cred Cardinal; & la paix de Egliſe de France, qui devoit eue dechiree un ſyſteme cruel, & que pour recom- penſe le Pape Tavoit ere Cardinal. Lelẽvation de Dubois à la pourpre ne put con- renter neanmoins les Moliniſtes meme qui Pavoient fait Cardinal, parce qu ayant obtenu ce qu'il vou- loit deux, le Jenſeniſme & le Moljpiſme Vinte- reſſerent on: les Fanatiques des deux fac- tions ſe declarerent donc contre lui & blamrent ſon eſprit de conciliation & ſon indifference ; car A finiſſoient leurs debats, leur ſituation interefſante. Les Grands jaloux de fon elevation, le Parlement qu'il avoit humilié, Pancienne Cour qu'il avoir Eloignee, le parti des Princes legirimes qu'il avoit proſcrit, les Devors ſcandaliſés, les honnetes gens dont il ſe moquoit, romberent ſur lui: mille vers ſatyriques, des chanſons , des eſtampes le pour- ſuivirent, enſorte que s il ett eu quelque pu- deur, il et pay cher ſon Elevation. On Pappella pendant fix mois le Cardinal Cartouche. II manquoir la croix de POrdre au Cardinal pour etre reveru de toutes les dignites qu'il y avoit en France 3 il fit parler a Clairenbeau, Genealogiſte de Ordre pour chercher les moyens de Pobrenir; cc Genealogiſte repondit qu'il n'y en avoit aucun, qu'il ne pouvoit Pobtenir que par une charge in- compatible avec fa dignite de Cardinal, & qu'il * — Tenein & Dubois. 283 n'y avoit aucun exemple qu'on a te regu Che- valier ou Commandeur ſans faire les preuves ac coutumees; il mourut enſuite, quand il meditoit la creation d'une charge Tun nouveau genre pour en Etre decore. 3 Dubois ne penſa donc plus 402 prifider le Conſeil d'Etat; pour y teuſſit fans obſtacle, il eſſaya d'abord de ſe faire nommer Chancelier de France; on fit propoſer à d' A gueſſeau de ceder fa dignite avec un dẽdommagement de cent mille ẽcus que Dubois offroit de lui faire toucher; mais au refus du Magiſtrat, que or n' avoit jamais ni (c- duit ni attire, Dubois ptit une autre marche, celle de la perſècution; elle fut reſolue contre tous Conſeillets aſſez fermes & honneres pour oppoſer a ce que Dubois les prelidar & malheureuſement il fut ſoutenu par le Regent. 5 Le Cardinal de Rohan arrivant de Rowe ap- pres Peletion d'Innocent XIII, il fallut pour le recompenſer de ſes. ſervices & pour ſoumettre I fa Preſidence les Conſrillers, Vintroduire dans le Conſeil d Etat & le faire placer avant les autres. Sa haute naiſſance les obligea au ſilence; & c'eſt ce ſilence du Conſeil que Dubois vouloir obtenir pour Pimpoſer enſuite à ſon égard; auſſi le © r- dinal de Rohan fut- il appelle depuis ce temps- la le Cardinal la Planche, parce qu il ne & toit preſents 13 que comme Moyen. Le Cardinal de Noyaume. Le Regent qui mavoit pu adoucir 182 Dubois eſt enfin eret Cardinal ; Ger. Rohan ptit donc ſeance au Conſeil apresles Princes du Sang & avant les Marechaux de France: quel- ques jours apres arriva le Cardinal Dubois au Con- ſeil, & il ſe plaga immediatement apres le Cardi= nal de Rohan, ce qui fit ſortir ou retint loin du Conſeil, le Chancelier , les Ducs & Pairs & les Matéchaux de France; & on aſſura que le Duc de Noailles avoit été juſqu'à dire 3 Dubois que Phiſtoire n'oublieroit pas que ſon entree au Conſeil en avoit eloigne les Grands du Noailtes P&xila. Les Mininiſtres ſeuls dont le ſors && la fortune dependoient de Dubois, reſterene donc au Conſeil; mais Villeroy, qui avoit une grande influence 2 cauſe de ſon ige & de la place qu'il avoir auprès du Roi, dont il toit Gouverneur, proteſta; ce qui lui attira des lors tout le reſſentiment de Dubois qui ne lui pardonna pas. Enfin les Marechaux de France fe retirerent. II fut alors refolu que Dageſſeau, inflexible comme les autres, ſeroit exile & qu'un homme douc de bonne Nl ꝙArmenoaville, ſeroie Garde des Secaux de France; il ptit 27 . ſous. le Cardinal 74 difficulte. Exil de Villeroy , Gouverneur du Roi, &c. 183 „ ůç . ĩ]%» . ĩÜ—⅝g‚M—,ĩͤ Joy FO DI. CHAPITRE XXL Exil de Villeroy, Gouverneur du Noi; Dubois declare premier Mit. | I: ne reſtoit done plus en place aucun de ces eſ- prits dangereux & mecontens, qui avoient eſſays de troubler les vues du miniſtere, ou les projets de la Regence. La faction des Princes legitimes , ctoit diſſipee. Le Duc du Maine, & les Chefs de la confederation , Etoient cartes. L'Eſpagne qui avoit arme les Mecontens , avoit fait la paix avec la France. Alberony qui avoit erre en Italie, de vil- lage en village, ẽtoit trop heureux d avoir conſerve fa vie & fa liberté. Enfin, un double mariage ſembloit unit intimement les deux branches de la meme famille r&gnante en France & en Eſpagne. Mais il reſtoit encore un très- gtand Seigneur en place, & dans le ſein meme de la Cout, quĩ fixoir ſur lui tous les regards; c'eroit un vieillard hargneux, & toujours grondanc, un refte de Lan- 284 Exil de Villeroy, Gouverneur du Roi; cienne Cour, pour me ſervir des termes de ce temps- là, qui apres avoir traveſe Dubois de toutes ſes forces, apres avoir ſurmonte toutes ſortes de dangers de perdre fa place, “y maintenoit avec fierte, defioir le Miniſtere, ne vouloit tenir au- cune grace, ni penſions de la Regence; accabloit de critiques ou de ſarcaſmes, toutes ſes opera» tions, captivoit deja la volont du jeune Louis XV, & travailloit de loin à s emparer un jour de ſa confiance; tel eioit le Mardchal de — Gou- nerneur du jeune Monarque. Villeroy, nomme par le reſtament meme de | Louis XIV, Gouverneur du jeune Louis XV, $*croit imagine qu'on Pavoit laifſe en place, parce qu il &toir Phomme neceſſaire; il portait avec lui un nom diſtings ſous Henri IV, & enſuite ſous le feu Roi Louis XIV, qui cut pour Gouver- neur, le pere de celui dont nous parlons, & F qui» pour cette raiſon, ſur-tout, on confia la garde & education du Roi Louis XV. Villeroy avoit &c fait priſonnier 3 Cremone, en 1702; il avoit perdu la bataille de Ramillies, en Flandre , & ne $toit plus preſents ſi ſouvent a la Cour de Louis XIV, quand Madame de Maintenon „ qui le connoiſ- ſoit à fond, & qui avoit beſoin d'une perſonne de confiance comme lui, pour une infinite de details, favoriſa fon retour dans les bonnes graces Dubois declart premier Maniftre, - du Roi; auſſi, ſa reconnoifſance ne ſe 3 | jamais envers la Favorite; 3 il conſerva avec elle julqu'a ſon dernier ſoupir , ſes liaiſons & ſa cor: reſpondance; nꝰagiſſant que d'apres ſes principes, & E „par ſes 2 n' ayant avec elle qu'une volonté, & temoignant avec aigreur && avec beaucoup de hardieſſe, ſon extreme me- contentement, ſur- tout, de Pele vation de Dubois au Cardinalat; ne manquant aucune occaſion de, lui tẽmoigner combien il ẽtoit deplzce dans le Miniſtere, & indigne d'occuper dans . le poſte qu'il y tenoit. Villeroy avoit un de ces vat 9 bles, qui fatiguent toujours les caracteres faciles, & legers, tels que celui du Regent & de Dubois, qui, Fun & Vautre, à une grande hatdieſſe dans, les ptincipes de Moralę & de Religion, joignoient beaucoup d' indiffẽrenęg ſur Periquerre, la repre- - ſentation, & les plaiſirs ordinaires, & decens; tandis aue Villeroy , outre Pi inflexibilité de ſon ame, Etoir connu encore par la rolticits, pour ainſi dire, de ſon caraRterez ne pouvant en rien ſe contraindre, ni cacher fes ſentimens, ſur les &. nemens cxtraordinaires, que la facilire du Regent avoit entrainds ; 3- il penſoit encore que la Re-, gence ẽtoit dans le Duc d' Orleans, une vegitable, uſurpatian z que Ie reſlamene du fey Roi, Gr a85 Exil de Villeroy, Gouverneur du Roi; I ſeule loi legitime qui obligeoit tout bon Frangois atrache à ſon Monarque: Pexil & Pem- | -ſfifonnemenr du Duc du Maine & de ſes parti- fans, étoient Peffer d'une tyrannie intolétable; le Cardinal Dubois n'ctoit qu'un inſighe ſcdle- rat, & peut-ette, Villeroy, qui étoit crddule, &æ qui fe connoiſſoit peu en caracteres, Jjouta- &il foi bien legetement à cette calomnie atroce, que la vieille Cour de Louis XIV far accredi- ter, & qui accuſoit ſi fauſſement Philippe d Or- 5 "RY avoir r les reſtes de la Famille Royale, pour S emparer un jour du Tröne, apres Paccompliſſement de tous les forfaits Wueneut; , & neceſſaires pour y monter. | | Quoiqu' il en ſoir de ſes ſentimens, & de ceux qu'il pouvoit ſar cet article inſpirer au jeune Mo- narque, il eſt conſtant qu ſe compotta avec ſon Eleve , comme sil avoit c#ainr qu il dir ztte em- poiſonne. Jamais il ne le perdoit de vue, jamais ib wavoit petmis un ſeul tete 4 tete avec le Re- gent, toujours il affiſtoir à ſes travaux avoc le Roi; conduite deſolance pour un Tante bo quo Philippe San Ce Prince, & hAbbe Dubois, (ouffitent done de Villeroy, tout ee qu'il plait 1 un vieillard at- tfabilaige', qui ſe ctoir tout-puiſſint & inatta· _ qutibleyy/ ils einenditent les plaintes perpttuelles Pd de voir les écueils qui les environnenr:, Villeroy: me priſa ces avis, ou ſes; prapres: profſenrimens. : Dabois declart premier Minſtre. 28 quiil fir 3 chaque opération ils eſſuyerent ſes railleries & ſes ſarcaſmes. Mais quand, la majorite approcha quand la.. jeune Monarque fur arrive à cet age, qui eſt ſuſ- ceptible d'un veritable attachement, & de prendre Tun Gouverneur des principes & des maximes de conduite, le Regent & Dubois dans Pappre« henſion qu'un jour ils ſeroient ſacrifices à la haine dune perſonne qu' ils avoient vainement tentd par des graces, de gagner à eux, reſolutent de lo perdre lui-meme , ſans artendre les coups qu'il pouvoit leur porter, & de rechercher de loin une occaſion aſſez favorable, pour que operation. ne pit mat quer: le Marechal, par un de ces raiſon- nemens, qu'un homme tant ſoit peu adroit fait toujours ſur ſes intetets les plus chers, deméla bien ce projet, ou, peum- tre, en fut il inſtruio davance; mais, ſoit que ſon amour- propre lui fir preſumer qu'il ne pourtoit petdte aiſement ſon | wtorite, qui ptenoit fa ſource au teſtament dw feu Roi, & qui avoir ste reconnue par les arreres du Parlement, lorſqu'on adjugea au Duc d Or- leans la-Regence; ſoit par un de ces aveuglemens qui empechent les Miniſtres & les gens en place, Dubois, pour le perdre. plus we dans eſpcio . 288 Exil de Villeroy, Gouvernedr du Rot ; du Regent, Saviſa d'un ſtratageme capable d act lerer Vaffaire. Il fir ecrixe des lettres en Bretagne, adreſſees à Villeroy, ou il Sagiſſoit de nouveaux complots. Dans cette Province, toujours irritce contre le Regent, il reſtoit un parti de mecon- tens; & ſi Paccuſation Etoit une calomnie, au moins ' n'&toit - elle pas téméraire. Le Pre- mier Prefident du Parlement de Paris, recur auſſi une lettre ſemblable à celle de Villeroy, od il etoit dit qu on en Ecrivoit une autre au Ma- rechal de Villeroy, Le Preſident, homme de Cour, ne manqua pas de porter fa lettre 3 mais le Ma- rechal ne rendit pas la ſienne, & Dubois cut Poccaſion de lui en faite un ctime aupres du Re. gent. Depuis ce temps I, le Prince & Dubois ne ceſſerent ꝙ obſerver le Marechal , & fſar-tout- la nature de by ee dans reſprit du j * Monar que. Le Marchal , de fon coté, ferme. comme un | rocher, & jamais las de médire de la Regence, trainoit dans la boue, ſur· cout le nouveau Cardi- nal - Miniftte. Ce dernier voulut eſſayer encore de paciſier un vieillard ſi redoutable, le chef de ceux qui ſe plaignoient hautement des honneurs qui baccumuloient fur fa tète. Le Cardinal lui envoya meme plukeurs-meſſages, pour luj remoigner qu'il. Etoit tou 1 ſon ſerviteur, malgte ſes propos, ſon mécontentement 7 aA — 3 wy c necontentement, qu'il arttibhubit, diſolteil, a e louable deſir de voir gouderner PEtart. une m- * maniere encore plus par faite. be Villeroy, qui ctoit toujours de mauvalſ hus meur quand fon reſſentiment le faiſoit parler ſo - u |. nouvelle Cour; & qui eualtoirau- deſſus des nue} ss operations & les perſonnes du tems de Louis 1 uv, ages ces remoignages de Dubbls j"on ſe il viſita n „„ ditoit le- Msréchal; & quelle bile” conrre ' Dubois il batrreflvie Irene ' tms * Un jour; dans une de ces viſites que k Cardinal temoins de * eee oy fre . de dire à Dubois. 4 J Villeroy; ative LN Audince; ene play avec quelques-ans, il montre ſa figure 3 'rous)) & fair appercetoir” dee de Villero qui va parler au Miniſtre/ 7 0p II Paburde'; ene edts ts wy ſcmblee," & lx il commence les complimens d u- I 426 2x tek ate fa douleut extreme , on alla dererrer chez Lamoignon 3 Bäville, d où il avoir deja donné la commiſſion à quelqu'un de ſes gens de deceler ſon ſecret. Cette decouverte qui retablit les eſprits, qui combla le Regent de ſatisfaction, tira de Dubois ces paroles qui furent des lars ſi ſouvent ripeties, il a eſtenfui d 3 | 29 Exil de Villeroy, Gouverneur du Roi; Baviile le bon homme pour le plaiſir de 9 faire chercher & pour faire enfant. La ſuite de cette affaire montra que. Fleury wa- voit pas Et a la Trape pour y faire ce que Dubois lui attribuoit; le Precepreur revint à la · Cour oli il jouit de la confiance entière du jeune Roi; & V illeroy, furieux de le ſavoir en place, manda de de Lyon , ou il venoit d'&rre transfers, que Fleury Pavoit trahi en revenant auprès du Roy, diſant qu'il exiſtoit entreux un compromis ſigne, par le- quel l'un des deux venant à perdre fa place, autre itoit ſe retirer dans fa terre ou dans un Couvent, Pol} il ne ſortiroit que pour occuper avec Vautre fon ancien poſte, & qu'il falloit pour y reuſlir Sartirer Pamitie ſur tout du Monarque : Fleury ne put le refuler de reconnoitre l' exiſtence de cette reſpective promeſſe, il Pavoua à ſes intimes qui lui rendirent ce qu'en difoient les nouvelles pu- bliques; mais il ajouta que la vive douleur du Roi, ſon eſpèce de deſeſpoir ſe voyant privé en meine temps d'un Gouverneur & d'un Precepreur qu'il aimoit & qu'il avoit accoutume Etant des cas imprevus dans leur accord, la ſituation du Mo- narque avoit du ſuſpendre effet de ſa promeſſe. JTelle fut la fin du Marechal de Villeroy, digne d'ttre reſpectè de Dubois & meme du Regent a cauſe de ſes vertus qui avoient je ne ſais w LA . —_ SF *Y\ Fo had NN A 1 Dubois derlare premier Miniftre. 297 you! antique & de venerable dans une Cour doù etoient preſque bannis les mœurs & la bonne — Villeroy oi * & bien Et, ar avoit '&s tres galant avec les femmes & ſe vantoit encore de ſes vidtoires dans ſes vieux ans 3 il fut dans la liſgrace tant ue le Due d Orleans vẽcut, & Pordre de ſon exil ne fut revoque que ſous le Miniſtere de M. le Duc qui lui permit de revenir il Cour; le Roi, qu/on avoit prevenu, le regut froi- dement, ce qui le piqua' fi fort qu'il alla $'&tablic à Paris: ſous le Miniſtère du Cardinal de F leury il dèſira de revenir à la Cour, & Maréchal, pre- mier Chirurgien; ſe chargea de la negociation; Villeroy demandoit ce qui lui etoit- dit de ſes ap- pointemens comme Gouverneur de la perſonne du Roi, & le payement de ce qu'il avoit en billets de Banque, qui ſe portoit à ſix cent ſoixante mille lives; il demanda qu'à Pavenir ſes honoraires lui fuſſent payẽs, que le Duc de Villeroy, ſon fils füt cr66 Mardchal de France, & que le Marquis d'Alin- cour fur fait. Duc & Pair, en faiſant re vivre pour lui le Duche de Beaupreu. Le Cardinal lui accor- doit le payement de ſes appointemens juſqu'à ſon exil & ſes billets de Banque; mais il lui refuſa le teſte de ſes demandes: Villeroy etoit diſpoſe d'ac- cepter; mais le Roi ne parlant plus de lui, il ne et; "4 298 Exil de Pilleroy, Gouverneur du Roi; perut plus 2 Ia Cour, & il mourut, ſans reeeyoir meme les arrerages de les reise, * 18 Juillet 1796 % On voit comment Dubois, — 4 anobition avoit Eloigne de la Cour ou du Miniſtere, quiz conque elit oſc le contre-carrer dans ſon projet de devenir premier Miniſtre. Noailles, homme droit, ache aux interets de PEtat, ayoir && exile. Villeroy avoit perdu fa place. I's Dagueſſeau, Magiſtrat plein de droiture & le plus integre petſonnage du ſidcle, toit exile Freſne. Noce, Pun des rouès les plus facetieux, avoit ct relegué dans Fune . terres pour ſes vrais & bons mots. . Vempice que Canillac avoit pris far le Regent avgit doigné ce Mentor de tous les debauchss. . Alberony, Vennemi jure de . viyoit ob- Feurement a Rome. Ie Parlement qui avoit regu une rudeleon 10 cole pas encore revenu de ſon erat de conſternation. I maiſon du Duc du Maine a" de I meme terceur. | Le Miniſare dit compole de e rs verry ni caractère. Tous ſes ennemis étant * e exilds, Dubois ſe ft alors declarer premier Minilie- 1 c s I! ſera difficile à Ia poſteritẽ de concevoir com- rare, ſes connoiſſances, ſon genie meme & ſo courage, ſe laiſſa gouverner par Dubois, qu'il ma- priſoit. Le chapitre qui ſuit explique' ce 1225 A CHAPITRE 3 Suite des yr a ek de la Cour; dernieres Orgies du Regent. 134 Nous ignorerions quelle füt la marche des mceurs des Grecs & des Romains, & comment leur ſeveritè primitive degenera en licence & en corruption, {fi les Hiſtoriens de ces Peuples navoient conſerve le tableau mne comtemporains. | rage ron 42 ax yundle te devoirs, ſi je wexpoſois avec fidelitè dans cet ouvrage, Petar de nos mœurs & Pinflucrice de celles de la Cour ſut Ia Capitale, d les modes, les erreurs, les lumidtes , Ia perverſits paroilſent "grad jour, & Go ll paſſe ache Us ment le Regent, avec toutes ſes qualit6s, ſon ca- W | | 300 Suites des Anecdotes de la Cour; leur fource dans les Provinces. Tite-live & Tacite, tous les Hiſtoriens eſtimes , ont rempli leurs devoirs ſur cet objet. Je dois donc i imiter leur véracité; 3 mais en nꝰabſtenant du detail ſcandaleux que repouſſent la modeſtie, & la lere. rite des mœurs. Je dirai donc, qu'en 1922, la Cour privee du Roi compolce de ſon Gouverneur, de ſon Precepteur, de ſes inſtituteurs, Ecoir formee de Perfonnages pieux, d'une conduite edifiante ; mais, autant cette Cour Etoit retiree & chretienne , autant celle du Regent etoit licentieuſe & deprayee , & quoique ce Prince, à force de jonir des plaiſirs, füt dans la ſitua- tion d'une extreme vieilleſſe, ſes maitreſſes & ſes compagnons de debapche recherchoient des lubricices d un nouveau gente pour le reveiller, Le Cardinal Dubois ne connoiſſant point la malignité des humeurs qui circuloient dans ſon ſang, ne prevoyant point fa mort prochaine, cherchoit tous les moyens de S emparer de au- roxite, pour rẽgner en France à la majorite , comme il regnoit pendant la Regence.. Il ctoit ayerti de la nullire du Duc d' Orleans, & craignoit que ce Prince doue des connoiſſances neceſlaires 2 toutes les parties de Adminiſtration, & ne pour la gloire, n'abandonnar ſon genre de vie, four #occuper- des affaires de 'TExar ; „ lorſqu ii | dernieres Orgies du Regents 30 leroit parvenu à cer age od les paſſions éteintes weloignent plus les hommes de la teflexion- Dubois avoit attach juſquflors le Duc d Or- cans à tous les plaiſirs; i Ven avoir: enivre. Ses xtifices alloient, juſqu a lui rendre le travail dif- ficile & degoutant, lui preſentant les affaires compliquees du- core douteux, & jamais du vrai core. Il connoiſſoit tout Vinterieur de ſon Eleve; il Tavoit approfondi, dts Penfance; il cherchoit, de concert avec les Roues, des divertiſſements d'un genre nouveau, & plus le Regent approchoir de cette indifference ulterieure pour les plailirs que la nature à voulu etre la peine de la debau- che, & plus le Cardinal, ingenieux dans Part des reſſources, en imaginoit de x nouveaux genres, — pables de Loccuper. . La Cour de c Privce 5 ce n alot tenir ſes orgies: au Chateau de St. Cloud, plu» wt que dans tout autte lieu; car on commen- coit à craindre le Precepteur' Fleury, qui prenoit de empire ſur; le jeune Roi & qui avoit des principes trop contraites 3-ces'-ſcenes; lubriques. II toit d'ailleurs plus decent de 1 cloigner du Roi & de la Capitale. On s aſſembloit donc 4 St. Cloud, d oi ho chaſſoit tous des valers. LA ſe : trouyoient des Femmes publiques, conduites de auit & les yeux bandes, pour qu elles ignoraſſent — » 90 Suites dts Anecdote de da Cohrs; le nom du lieu ou elles ctoient : le Regent; ſes Femmes & les Roues, qui ne vouloient pas etre connus, ſe couvroient de maſques, & je dois ajouter à ce ſujet, qu pn dit un jour en face de ce Ptince, gu il n'y avoit que le Regent & le 5 Cordanal: Dubois capables Ame de hou D' autre . choiſiſſoit ln * gens, de Pun & de Pautre ſexes, qui danſolent Opera, pour reptrer les ballets, que le ton aiſe de la ſocicti pendant la Regence- avoir ten dus ſi laſcifs; & que ces jeunes gens extcutoicnt dans cet état primitif, oft ctoient les homme: avant qu'ils connuſſent les vviles bu les vtemens. Ces orgies z que le Regent 3 Dubois, & ſts Ronts appelloient les fetes d. Adam, furent reptrces une douzaine de fois car ir Prince farur Sent de- goüter. Le Cardinal occupoir ainſile Duc 4'Or- leans, la-majorit&approchoit;; & pvurvu qu il put Parreindre. 8, jouir alors de ſon credit, ſon plan ctoit forme, il vouloit diger le Rẽgem. Aux fees d HAdum ſuccedèrent bientòt des orgies dun nouveau genre; & je dois dire que ma plume, oblipte de les-d&crire}, tremble dans ce moment mine; Sr le refunſs de laiſſer aux ages fururs la deſcription de ces infamies; je le ferai cependant, puiſque la teticence eſt un vice d 1 N F 6 cr ñꝛ— — , SS Wy JS SS. ane M dhi b Top dans Phiſtoire,, & que Ia eandeur eſt une de ſes qualites ; & p; ajouterai que la Tencin, femme lubrique, ingenieuſe dans Part des bare » connoiſſant les cauſes & les degrés de la vieil- leſſe anticipee du Regent, & le beſoin ſur- tout de Poccuper, pour conſerver 3 Dubois ſon in- fluence, imagina de nouveaux plaiſirs. Elle toit le conſeil du Cardinal, elle gouvernoit ſa mai- ſon, oũ elle reprẽſentoit avec beaucoup de graces, erroirement lice avec ſon fidre', à qui rous les moyens ẽtoient bons pour patvenir; elle donnoit fans ceſſe I Dubois des avis nouveainx', & luf montroit toutes ſortes d expẽdiens, pour mainte< = nir ſon pouvoir, & pour carter les dangereue | perſonnages. Quand le Régent ne voulut done plus de repetition de danſes, elles ſugeta au Cardinal, de propoſer les feres & les divertifſe- ments des "Flayellants. Elle avoir la Phiſtoite eccleſiaſtique, elle connoiſſoit celle de ces h&rd- | tiques, & hide dumuſer le Regent de cette manière, parut ſi plaiſante au Cardinal , qu'il xccourut fur le champ chen le Prince, comme pour: lui antwncer- des nouvelles preſſantes. Le Duc Orleans ne pouvant recevoir alorg le Cardinal, lu fir repondre de renvoyet Paffaire pater qu il etoit occupeʒthais — . 2810 7 Sli dit Ancoditeste ia Coup; Courtier pourroit en effet avoir apporté quel que grande nouvelle, lui fit nee inſtant, enſuite le ſit entre. Dubois, qui ctoit rout hors de lui meme 3 un objet curieux & nouveau Poccupoit, - annonca ' au Duc d'Orleans qu'il avoit ordonnẽ, de concen avec Broglio, une fete qui ẽtoit abſolument d'un nouveau genre, & dit qu'elle devoit rajeunir ſon Alteſſe Royale, & parla des afſemblees de flagel- lans, lui conſeillant de ſe donner le plaiſir de s- — en ſa preſence les divertiſſements des anciens ps. Le Régent, tout, ebahi applaudit beaucoup 1a ee wy & le rẽcompenſa des plus grands Eclats de rire. Je le yeuxbien, lui dit- il d condition: gue tu _— MEE que nous e ccorche- nn. „ ee ale Dubois Gerk 8 iy eee rout fur poutvu d'une douzaine-de-Foutrs: pour le divertiſſement. La ſocictè des rbuẽs ſe demanda ce qu'on devoit y faire, & on fut inſttuit d avance du nombre des acteuts qui ſeroient de la piitie; car chacun ſe montroit ſon fouet dans les com- pagnies, comme Findice de la fete prochaine ; en —— tax: les mains 9 que nous navons. * cacher; Vanecdote.. Taute a Cour des roues ſe . dans une nuir pro- fonde; Ce Prince, du ſein de les lubricicds, hifſoir gas : bY roitre des remords; que dira 'hiftoire 2 ( dit · i un jour au 3 dame Tencin, de qui je ens ces anecdotes): elle repreſenters les orgies de ma Regence, comme ces fetes que nous connoifſons tous de la Cour des Mi · gnons de Henry III; nos fetes tenebreuſes ſe- ront miſes au grand jour; la poſterit en con- noltra les details, & les artiſtes les grayeront, Mais il ajouta que {i cela arrivoit, on verroit au moins que tout ſe paſſoit à Pinſtigation d'un Cardinal, & repre enſuite à Dubois les may» vais exemples qu'il lui avoit donne, il ditʒ qu exerct par lui dans la jouifſance des plaiſirs, il en avoir con · tract Phabirude ds fon jeune age. YVa-t-en lui dit + il: ckiende Cardinal & ſors d'iciz mais Duboisrepre» nant ce con d empire melt de reſpect qu il employoit dans ces citconſtances difticiles, ajoum gue ſon Alteſſs Royale .avoit à peine commence de jouir des plaifirs, & qu'il ne vouloit pas qu'il $'arrttdt en fi beau cliemin. II dit qu'il vouloit lui pro» - curer , &. z0ujouss dans ley grandes htte, la jouiflance des plailirs imagines par les debau- ches de tous les ages St de toutes les Nations; il dit qu'ayant -ordonne 4 Madame de * de Tome * | zs Suite des Anecdotes de 14 Cour ; compoler 7a ene ſcandaleuſt du genre huts main, elle avoit etc à la recherche des plaiſirs des Grecs & des Romains, & il promit de lui apporter | le lendemain le recir fidele de ce que les Empe- rears & les plus fameuſes Courtiſannes avoient Imagine ou pratique de piquant & de voluptueux pendant leur regne ; il ajouta que lorſque ſon Alteſſe Royale auroit lu la deſcriprion de quelques fetes, elle voudroit eſſayer de ce genre nouveau. A ce recit le Regent ſe reveilla de fon indiffe- tence, il ouvrit ſes deux grands & beaux yeux, + "a" emerveille d' entendre annoncer des fetes qui ſeroient le reſultat des plaiſirs de eſpdce humaine " tbute entière, & demanda ſur le champ ce livie nouveau de Madame de Tencin. Elle exiſte encore cette hiſtoire orduridre & ma- nuſcrite des actions crapulcuſes des libertins connus par Phiſtoire de toute Pantiquire: Madame de Tencin qui Payoit compoſce a Tuſage de Dubois & du Regent, la commence par le recit des erreurs affreuſes de ce Peuple de POrient que la nature | wavoit appelle qu à la jouiſſance des plaiſirs inno- tents & qui ne lui avoit donne qu'une inclina- tion regulière pour. ſes beaux ouvrages. | De chez les Grecs, Madame de Teucin paſſe 3 Rome & depeint les debordemens de cet Em- pire, I Pepoque od la de; pravation « avoir luca — n n rt 1 Adlernieres Orgies du Regent. 307 code à ſes merurs antiques & ſeveres: P Auteur n'oublie pas les fameux cantiques de Salomon, ni les ouvrages des Marini & de PAretin-; elle m'a paru en avoir enrichi ſon ouvrage. Viennent enſuite les amours de nos Reinesde France „les anecdotes ſcandaleuſes des Souve- rains de Europe moderne & celles ſur · tout de nos Regenres ; les peintures voluptueuſes ſont fi bien exprimees dans cet ouvtage, que le Duc d Or- leans, habile dans Parr de juger de la beauté dans tous les genres, applaudit & reit a Dubois & 2 Broglio de $occuper de la rẽpetition des feres A St. Cloud, felon Fuſage; & ce que les Romains , ce que les Grecs, ce qye les Cours d'Italie les plus corrompues avoient imagine de plus piquant , de plus voluptueux, ou de plus inſame, on Pex6-- cuta, ou bien on en fit des eſſais; on mit en ac- tion Meſſaline & Cleopatre; ou joua Ninon, dont la memoire ẽtoit bien plus recente; on fir ſortir des tombeaux les debauchæs de Pantiquite la plus reculèe. Jamais les orgies ne commengoient que tout le monde ne fut dans cet tat de joie que donne le vin de Champagne; on ne parloit d'agir que tout le monde ne fut gris & bien repu; & lorſ- que la compagnie arrivairt à ce moment la, lorſque les yerres ſautoient en l'air, lorſque les propos 1 : * I 7 © 5 * = * 899 » I - 308 Site des Anecdores de la Cour; Joyeux, les chanſons backiques „les liqueurs, je xecir ſur - tout des auecdotes ſcandaleuſes qui Jortoient, avec des commentaires & des aſſaiſon- nemens, de la bouche des femmes, a voient mis tous les ſens dans un etar d'eveil , alors commen- Foient les repetitions, Le Regent condone ce temps 1a fe retiroit dans un coin avec quelques-uns, d' oh il applaudiſſoit a ce que fe permettoit cette Errange compagnie; des femmes de tout tat, mais ſans diſtinction de rangs y Eroient regues, & la generation actuelle ſeroit bien ſurpriſe d'y trouvet des metres ou des ayeules, car la plupart en ont de- Wands pardon à Dieu le reſte de leur vie. Les plus libertines Etojient recherchees du Regent; elles -Etoient ineitees, animces par infame-Cardinal qui ' Tear donnoit des bijonx:, de Pargent, des places "& du papier du temps de Law, La Tencin & Dubois Soccupoient à Pecart du ſucces de (es afſemblees qui amuſoient le Regent, ils diſpo- ſoient en attendant des affaires du Gouverne- ment & on touchoit à la majorit &. Quoique le Regent uamuſat de ſes parties bruyantes & libertines, il avoit ncanmoins quel- quꝰ at: achement particulier. Après toutes les mai- treſſes dont i ai parle dans ſe cours de cet ouvrage, il fe lia à la Marquiſe de Patabere, jeune, jolie & degoire olnce de ſon mati, qui adonne au vin, | | ; 0 c dernieres Orgies du Regent. 03 portoĩt dans la fociers des habitudes. tan - geres à notre ſiècle, ſe montrant plus artache. à la bouteille qu'à · ſa femme. Les Seigneuts, ſelon les meurs du temps, aimoĩent encore a boite; & les li- queurs enivrantes ẽtoient plus connues que nos boilſous ſucrees, telles que le café & le the que je vdis rechercher en vers la fin de ma ue. | Madame d'Averne , qui recevoit chez elle une | compagnie choiſie de jeunes libertins dans ce remps- A, &roit encore fort aimèe du Regent. La Ducheſſe de Gevres, Madame de Sabran, continuoient auſſi leur genre de vie avec ee Prince; ces Dames n wient ni jalouſes ni ennemies; elles s' invitoient 3+ des fètes mutuellement, fe donnoĩent des rendez- vous, ſe Prẽtoĩent meme leurs amans, cherchaicgr des nouvelles maitrefſes au Prince: & Madame de S8. alla juſqu a conduire chez lui Madame de Nicolay qui parut um inſtant ſur la ſcdᷣne au commencement: | de année 1722, & qui diſparut dans Vinſtanr.. Toutes ces femmes. voyoient Emelic & les au- tres fllles de theatre; les titrècs parloient d un ton d'egalirs à celles qui ne 'etoient pas Les vieilles kmmes, celles de Pancienne Cour, ( les-devotes,, exceptees ) les autres femmes, ſouhaitoient en ge- neral d avoit acces dans — de cette Cour. Le Public ceꝑendant 3 ces ſetea, V. 3. 310 Tablea du Mi niflere apres la Regence, mais on ſavoit en gros que le Regent & quelques affidẽs ſe divertiſſoient en commun, quoique fort {ecretement. CHAPITRE XXIII Pableas du Miniſtere fair par le Duc Eons NET Py Axs: il ne reſtoit aupres du Prince dans ſa ſo- ciete᷑ i intime, que des debauches ou des Miniſtres ſans talens, que le Duc &oit le premier à tourner en ridicule. Il fut admire un jour de toute la compagnie de Madame d' Auverne fa maitggſſe , otl il fir une critique piquante, de ſon propre caraQdre & des Miniſtres qui Anecdote de nr AE AX v. Alon de Dabei; & Sup 4 Orlias declart r Aa 83 par 5 mendes „ ddgotter des affaires le D uc d' Orleans, Dubois Ye Teloi- gner enticrement de la Cour. On pa jamais bien devoile les details de ce dernier projet du Cardi- nal; mais ce qu'il echappa den dire au Prince, inſtruiſit trop bien toute la Cour, des mancuvres de Dubois, pour accabler {a mEmoire de Pexecra- tion qu'elle merite. Ce qu'on a, bien {cu,, ceſt qu il entroit dans ſon plan de perdre auſſi Pancien Exèque de Frejus, 7 du Roi, qui jouiſ- ſoit de la confiance & de Tamitie du jeune Mo- Darque. Dubois, qui cachoit avec foin a. Embbble intrigues, inte rieurement toutmente du demon de Fawbition ? 5 ne * le Liſfer e ille, A le Due 2 Ol. diclart premier Miniftre. 323 fut ſurpris pat la mort dans ces diſpoſitions, ce qui Pempecha daccomplir ce nouveau crime 3 enſorte quit mourut en hypocrite 2 affectant jul- qu au dernier inſtage un attachement inviolable au Duc Orléans z dont il avoir fait les affaires,,, que pour conduite, comme on Ia vu, MM . ſonnellement. ngs Jepyis long-rempy Pang Ahe bid al A malheu- reuſe & lounge; il cachoit ſa maladie avec ſoin, & ſ hte 4 une fureur extreme, lorls. qu'il Apen gur le . public ktoit inſtruit, des maux dont il N xVeit jamais voulu lui cache tes. cauſes. Le Roi ft ene ahne la_reyue de 0. croupes, & le Cardinal , qui voulut y paroitte, pour repares Ia r6purazion, .quiil z ércit fajre Erro une is eres Dam Joi [homme yigoureux & bien poo mh rin gn ge deren ft. maladie honceuſe', mont un cheril, quiil fie & bien caracoler., pays ret Ia grace. & le porta dans. une-partic ge ſow corps, o 1e | donna un cguph en, montant, "& od foudain ſe mit une b 770 . gangrenne., Ment”, £19300. ; bit Les Chicurgiens voulurent Fei une ice zur appareil du mal, fut tel, que pour &yiter une mort prockaine , Pampuration totale fur dliberce d uns a 2 wt erg 11 & e HoSp 51 313357 * 1 4 4 = - 1 Mort a Dubois; ; ode voix unanime , & non point une e att. tente, comme on Pa dit dans le temps. Une auſſi étrange nouvelle rnit 18 Cardinal dus furibond; mais il fallut bien 8% teſoudre, b quand on lul dit que la cott ſetolt IA fulte Pune Flus longue refiftatice # alots il ſe laifſFrtdnſporttr à Verſailles dans ſon app attemenk: I, a kit fur propoſe de recevoit les Sicftinenb] 4 Guilt refula wee humeur. 25 col: BF; : hy MN oo IE Mair quand il vit”Peffrayant Apel FR Doe. reuts, des Chirurgiens, & ur- tout de leurs inſtru mens; il defigua cepetidant” ui” Recöflet de Ver Gilles; qui vint lu 25 pendant bit qbafFheure a plus, & ce . le beul acke dg tepentir rn Lopẽration, perth W_ br Point a zur Ckirurgiens un por de Cbnketver les jours de cette ri ety il füt done Lefbfu de Pevigager à recevöir E Comiufion avant Terre opts ; mais le malzde eluda l- qüeſtibt, en leur dilant que les Pretres de Verfaiflb- if Ubietit ps aſſez-ialtraics-du ceremdial qui elt Uf A un dinalz enſuite, proferatit des Baff H Ee Wade Dieu, & des jutemeis contre 1& Medecins, il, leat Git ces paroles 92 pPeſent ;"je "He Je plus ene opere. Le Regent vint le ſupplier de per- - mettre qufore procbdat a fa prochaine gueriſon , . 5 We r TESTERS "Py, Grey | ceux de la Reli le Duc POrldans declare premier Miniftre. 34s & Z force de prieres & de follicitations il oy determina. La Peyronie fir donc, en cinq minutes, avec beaucop dart, de courage & de dexterice, cette operation Yeandaleule, quoiqu Jncerrompue par le malade, qui deployeir ſes dernieres forces en invectives & en juremens, Apres Poperation, les Docteurs & les Chicarg giens reconnurent, que Dubois n'avoit.pas long. temps & viyre; & comme il avpit encore la vixacitt d'eſprit, & tqute Penergic d une volonte indamp- table, cette autre nouvelle, qu vil fallout mougir, aug: mentant ſa ddſolation, le jetta dans un crar de deſeſ- poir , qui ne finit plus qu avec la vie. On ablerys qu'il demanda à conſiderer encore, ce que l art auoit fait extraite de ſon corps, que cette vue lui fix gtincer les dents, & occaſionna des contotfionʒ hi deuſes dans wite h Pphyſionomie. Enfin, cette ſcene effrayante fut terminte par P appareil des Saintes-Hyiles,, | n Pretre apporta » au defaut | de I Euchgriſtie, qu on n'zvoir pas demands; ;& tout ce qu'il y out de perſonnęs religieuſes dans la chambte, cut le temps etre conſtenns,, de voir, pendant quelques mamens, fur 1a, mime table, les inſtrumens du crime, conſondus avec ion. Le Regent , qui obſerroi autour du lit, marche de Ia maladie en pagls en ces termes 1 Noce. . . 326 | | Mort de Dubois ; Dubois a conſerii enfin 3 ſe laiſſer faire Eu- » nuque noir, mais il n'a voulu ſe priver de la » partic, que quand il a ſcu qu'ij faudroit perdre » le tout. Tu aurois &te auſſi Ebahi que moi, fi » tu euſſes yu Vembarras du Pretre, qui n'en ſa- „ voit pas tant que nous, & qui lui a apporte les » Saintes-Hniles : il les a placees preciſement 2 4 „ .cote du Priape hideux , fans en connoitre la „figure. L'orage qui menace, va faire partit mon „ drole , & demain, ſans doute, tu auras domes „ nouvelles ». Le lendemain, le Regent Erivit e en effet 2 Noce; « morte la bete, & mort eſt le venin; v je Vatrends ce ſoir au Palais- Royal o. Son corps fut port de Verſailles, dans PEgliſe « du Chapitre Saint - Honoré, qu'il infecta, & il fut enterre dans la preiniere Chapelle 4 roite, en entrant, od les libertins affichèrent en paſſant, des Epitaphes ſatyriques, toutes dignes du perſonnage : ſon frere, lui fit clever un ben mauſolce, ſans doute pour dedommager les Chanoines du legs onereux ꝙun tel endavre: mais Popinion ne voulut pas qu'une inſetiption menſotigere en imposit, ni à la gene- ration preſente , ; niaux àges futurs; elle eſt ſimple , vraie; Se digne de Dubois: on y fair Ienumera- uon de les charges & & ſes 5 5 3 * 7 I - le Due d Olen, Ala premier Maniftre 327 taphe ſe termine, par le grand ſouhait q un bon heur plus veritable. ww; . Le Cardinal Dubois &oit ne avec un grand eſ- a d'intrigue, ſe connoiſſant bien en caractetes, u'il ſavoit employer à ſes fins avec beaucoup Ladbeſte Il neſt que trop avere, que des crimes ſucceſſifs Televerent à ſes dignitẽs, & juſqu au rang de premier Miniſtre, qu'il eſt donne a peu 1 perſonnages d'avoir encore au lit de la mort. ambition effrence de s clever, lui fir regarder comme un jeu, ce qu'on appelle la parole d hon- neur, les promeſſes, la bonne foi, Vattachement q la reconndiffance. Le grand principe qu'il ne per- doit jamais de vue, étoit, que tous les hommes ſont nes mauvais, qu'il n'y a ſur leur malice, que le plus & le moins, & qu'il faut ſe comporter en conſequence avec eux, & bien dEmeler ſur- tout, les differens degres de méchancett de chaque per- ſonnage. Sa volupte Etoit extreme , mais elle Etoit , groſſiere & animale , fans aucune de ces delicateſſes que les libertins meme ſavent quelquefois affecter, etant d'ailleurs incapable d aucune forte de galan- terie aimable avec les Dames. II n'y avoit dans fon ceur aucune vertu, ni teligieuſe, ni humaine; ni mme, cette ſenſibilits pour le malheur & la ſouffrance , dont la Nature 2 gtatiſic tous les Erres ſentans. Charge de Vedu- X 4 | 328 LE | Mort & Dubois: | cation un Peer il le debaucha; ; il 85 denen enſuite de ſon eſprit, quand ill eut rendu ſes de- bauches habituelles & neceſſaire, Les plus beaux momens de fa vie, fe ttouvent a cette epoque, od il favoriſa Pambition du jeune Prince, quand il fallut enlever Pautorite de la Regence au Duc du Maine, Alors il negocia avec le Parlement, il courut nuit & jour chez les Con- ſeillers : il promit, il traita, avec une activit ex- ireme, emportant, par ele, les ſuffrage: de la a | Depuis ce moment: A, il elforga de perdre la vieille Cour de Louis XIV il la liyta à la tiſce des libertins, & ſe gloriſia du rriomphe du Par- lement : mais quand il fallut ſe preparer de loin 4 trairer avec la Cour de Rome pour obtenir le chapeau de Cardinal; quand it fallut negocier avec les Moliniſtes, qui demandoient, pour y conſentir, d etre releves du precipice ou il les avoit jettés; alors, il traina dans la boue le parri du Parlement , & releva celui des Moliniſtes. I! cou- vrit les priſons d Etat, il les remplit de Janſe- - piſtes, pour oo au parti qui devaie lui procurer cer chapeau. Des le commencement de la Regence, il avoit concly & ligne deux fameux traites alliance avec beaueock de dextcrite, & ſans trop R - SY 4d | dl EY. cy le Duc d Orltans declard premier Maniftre. 329 ni employer de temps, Parvenu au Miniſtere, conclut encore avec adreſſe, ce traits avec PEſ- pagne e mais il favorila toujours dans ces differen- tes pegociations , {a paſſion de gouverner , & ſon ambition perſonnelle , qui fur le principe & le but de tout ce qu'il fir tant qu'il vecut. | Son caractere petulant, qu'il avoir reprime avant de paryenit, ſe de velqppa davantage quand il fut re vètu de la toute puiſſance: des lors, il ne ſe gena plus ſur les bienſcances & les habitudes de la ſo- cietE; il traitoit les Dames avec la durere d'un Vaidale ; & ſes meubles, les deptches meme les plus imporranres, il les jertoir aux flammes, quand il apprenoit quelque nouvelle qui lui deplaiſoir : ennuye un matin d avoir travaills quatre heures ſans avoir expedie le quart des reponſes aux Letttet ou aux Memoires, le Regent le trouva pres d un Gun grand feu, oi il avoir jetté touies les lettres & tous les deer ſur leſquels il n avoir pas eu le remps de repondre ; il dir au Prince , xl e mis au courant. | Toujours occupe deſpionages T qui . les moteurs de ſes plus r operations , Ecourtant le rapport de filles, ſur- tout, & de femmes en- tretenues, qu'il recevojt dans ſes audiences avec Jes bonner kemmes; 3 fous ces moge vile ou las | Dd La Y-w.s 822 * Mojt de Dubois; balternes, avoient &te ſes reſſources pour * il en uſa encore pour conſerver ſa ſouvgraine pail eg, Tel eſt le portrait, & tel fur le N de ce Mligniſtre celèbre, dont on ne dira jamais afſer de mal, ſelon Pexptefſion d'un homme d'Etat, qui n'avoit pas de raiſon d' etre ſatyrique, ni re envers Dubois, & qui S' exprime ainſi dans un Livre qu'il a public ſous le titre Ess AIS DANS LE GOUT DE CEUX DB MONTAGNE, | Te ferai ſon portrait d'une autre maniere, en enen, les ẽpoques de ſa vie, & ſes paſſions Progreſſives. Etant homme prive; il fut valet, eſcroc, vi- cieux, libertin, marie & Eccleliaſtique tout en- fla.” Etant Inſtituteur du 3 ; il fut le cotrup- teur de ſa jeuneſſe. ; Pendant le commencement 4 la Regence ; 2 a vendit Etat à PAngleterre & à PEmpereur. Devenu Miniſtre; il bouleverſa la Trance pour ſe ſoutenir, & pour etre Cardinal. Il mourut enfin, dans le deſſein de perdre le Duc d Orleans. On prevoyoit bien, 4 la mort de Dubois, que le Duc d'Orleans eee d etre ptemier 3 te Duc d Orlans dtclard premier 'r Miniſtre: 337 | Miniſtre ; mais on previge le Roi, pour que ce Prince n'etit pas le pouvoir de ſigner les Ordon - nances de Finances : quelques-uns de ſes amis lui conſeilloient de demander neanmoins 3 Louis XV, ce pouvoir de ſigner les Ordonnances ; mais Belle- Iſle , qui. penctroit par- tout, lui dit qu'il ſavoit de Fleury, que le Roi ne lui accorderoit pas cette faveur, & conſeilla au Duc d' Orleans, tou- jours pourſuivi par ſes ennemis, de ne pas la de- mander : ce Prince, cependant, en parla en travaillant avec le Roi, en preſence du Duc de Charoſt; mais le Roi, prevenu, ne repondir rien: le Due d Orleans inſiſta, & le Roi gardant le meme ſilence, mit les mains devant ſon viſage, & Len- fuir dans fa garde-robe. Fleury, qui arriva dans le moment, I'y ſuivit ; il reſta pres de trois quarts heures avec lui; & le, Roi ſigna toujours ce W 3 regardoit les Fi inances. 332 Portrait & mort du Duc d Orlas; CHAPITRE XXVL Ponrais & mort du Duc d Orltans; Monſieur le Duc declare premier Miniſtre. _— L. Duc d' Orléans avoit dans ls bree, tour ce que la Nature peut donner d intereſſant, de gracieux & Caimable : il n'&toir point grand; mais il avoit un maintien noble, aiſc, un caractere doux; facile, & ſur- tout, ouvert, franc: il avoit des cheveux noits, des couleurs vives ſur le viſage; un temperamment Nd enelin à la bonne chere, aux plaiſirs, & meme 4 la debauche, qui fut la ſeule ſource des erreurs que la poſterite lui repro- cheta. Le Duc d' Orleans avoit encore un attrait pour le beau, pour tous les Arts, pour les Sciences — pour les Mechaniques , & autres con- noiſſances, qu'il cultiva toute ſa vie pour fatif- faire à ce penchant. Toutes ces ſortes de connoiſſances ayoient fair Monſieur Ie Duc diclar premier Miniſthe. 333 de ce Prince, Phomme le plus selaire, le plus aimable & le plus uni verſel de ſon temps. Louis NV en fut jalouxʒ & ſes victoires d Italie & d Eſ- pagne, ſes talenes;, ſon ſayoir dans le métier de la , ſon courage au milieu des plus grinds dangers, ne ſervirent pas peu à tub attirer cettt eſpece de difgrace dans laquelle il MNeut, tant que le Monarque prolongea ſa carriere ; cat Louis XIV eroir ombrageux & ſaloux de tous les grands ta- lens, ils n'6rojent abſolument depettlans de lai, ils ne ſervoient point 2 fa gloirePou vi ne paſſolent pour avoir cre recs par lu: Le Regen avoit cette bonre de catactere qui ſerable attachde au ſang des Bourbons. II n'avoit ni fierre ; ni dedain pour perſonne; # fe laiſſoit aborder du Peuple; it converſoit avec tout le monde, ne conſervant le ton de ſon keit, ne les Rois ou avec les Princes. Bon par caractere, & trop facile parte qu il etoĩt trop bon, il ne connoiſſoĩt, ni la hafte, ni te plai- ſir de la vengeance. La conjuration'& Cellamare fur diffipde ſans effulion de ſang; & f quatre Sei- gneurs Bretons perdirent la tete, C eſt qu'il fut rcoinp6 par Dubois, par Monteſcfulou, & pat les Courtiſans qui Penvif6iinerent, 8 quilui — Gmizeſſe,qu'il perdoir PER. 2 pbſterirs reprochera au Regent fon attacke- — 334 Portrait & mort du. Duc & Ooαjꝑte⸗; 8 ment, ſon abandon 4 ms le SR n \ plus mauvais des hommes * le Mais ce Cardinal, qui avoit eu rundedy 4. miner des l'enfance, qui eut celui de Venviron- ner & de le Eervir dans Ja faite , r | plaiſir & la dẽbauche. 5 Oue 6 la poſterire blame Fe iy tn attachement, qui eſt ſa plus grande faute & ſon | plus grand malheur, elle lui ſaura gre auſſi, d avoir ceclairè ſon eſprit, & fait proſperer les Arts & les Sciences; avoir oppole- le pardon „& une ex- trEme indifference , aux calomnies qui le pteſen - toient à la Nation comme Vaſſaſſin des Princes, pour regner : elle lui ſauta gre ſur - cout, d'avoit pris pour modele la clemence du bon Henti IV, à qui d'ailleurs il reſſembloit: ſi bien, quꝰ en pre- nant une froiſe, il en avoit un reſte de ſigute. Avec ſes Maitreſſes, le Regent. etoit aimable, peu galant, mais porte ſur le champ, ſans: prepa- ration & ſans preliminaires, d de promptes & tr6- quentes jouiſſances. It ne ſe piquoit avec elles; ni de fidelite, ni dattachement: il en laiſſait ue, il en prengir nne autre; puis il evenoit a la pre- mitre,.3 la troiſieme, a le dixieme ; ſelon ſon caprice. Ouelques unes ſurent le fixer quelque- temps; elles y parvenoient , quand elles uvoient Tart, par un caractere aimable. & facile, de diſſi- | * * Manſteur l Duc dilard premier in- 335 per les idées que le travail du cabinet lui occa- ſionnoit. Telles furent les Dames de Parabere , dArgengon- & autres, qu'il diſtingus. II ctoir amoureux de la yariet6 ſeule & dun changement frequent , ne conſervant aucum ſetret, & fe van- tant de ſes frequentes & de ſes plus illuſtres vic- toires. - Ce Prince moutut le 2 Décembre à fix heures du ſoir, dans ſon cabinet, oũ il &toit avec la Ducheſſe Fay Phalaris., fa Maitreſſe, frappe * 2 Capoplexie, qui le 1 ſans con- 3 Ai hen Carre : le Chirargien du Prince de Rohan. le faigna du pied, mais il ne | put lui rendte la connoiſſance. Depuis quinze jours, Chirac, ſon Medecin ,.. le preſſoit pour faire des remedes; & Matéchal, premier Chiturgien, , quil i lui toit fort arcache , & qui lui avoit rendy de grands ſervices du regne du feu Roi, lui ave dit trois jours avant ſa mort; qu'il Ky 8 plus qu'un apoplectique ambulant, & qu'il ne ſeroit pas ſur- pris, ſi on venoit bientõt lui annoncer qu'il avoit Ete frappe de mort : ces prediQions motivees ne roucherent pas le Prince, qui renvoya les re- medes qu on lui xonſcilloit, a la be ſui- vante, qu'il ne commenga pas. A {a mort, la calomnie ſe reveilla encore contre lui ; on diſoit que les caves du Palais» Royal hs. wo 1 336 Toba © mfr Bie #00620 ctoient pleines dor, & que le Prince n'zvoit ets frappè de mort, que parce quiayane eſſays | d'empoiſonner Loitis XV, il avoit avale Tifinbitle ; par erreur, la liqueur fit quiik avoir pteparte. Son fils Udet fa ſucceſſioti grevee de dettes, qu'il pay par des retranchemens dans ſi Maiſon, Le Duc d' Orleans étant mort; la Vilkere alla avertir M. le Duc, de profiter du temps, & de demander pour lui-memie, „ la plate - vacame de Premier Miiſtre; Paricien" Evtque de Frejus ctoit avec le Roi, quand M. le Duc en entrant demand, au jeune Monarque la plate vacante de [Duc d'Ofléans. Le Roi ne repondit rien , mais # fixa PEv&que de Frejus, qui ne dit pat davanitage j | un ſigne de tete, marque de ſon approbation, ts. moigna ſeulement que cela eroit tres faifable; un moment apres, le Prelar rompant le ſilence, dit au Duc de Bourbon; vous voyet , Monfitur , que Sa Majeſte agree la demundt᷑ que vous du faites; & gu Elle vous fait Prejjiter Miniſtre. Sur le champ, Bourbon 2 K 4 ſennen d denne accourutne, = 8 — Oo , 9 9 * . # I ; , * 6 4 2 HS +64 'w . * , I , . - „ 2 + * \ : * 4 " - % „ 4 4 0 — a — # NA. * 4 4 oe : 1 k * — pt 9 . * A - — l 4 7 * QC x — | CHAPITRE xxvit. NF” ME = _ 21.059. RR ” Sui. own _ Hin ePiiintd Lows XP" et * 205 ar * CHAPITRE - XXVIL H ole 427 iication 4 Tits **. a Caractere de ſes Gouverneurs 5 — ſes Precepreurs & de fer oe — uteurs, © | | - 12 r Regence , avoir 616 eleve dans un mo derne lement. Au 2 Mals ſes — bromie tous e en lemble, ercepté un ſeul; den faire le Roi de (a, Cour, & des Miniſtres, plutõt qu'un Roi de France. Villeroy ſe Peroir atrache en lui faiſant, dit- on, entendre que le ſeu Noi Louis XIV, lui avoit remis la perſonne pour vriller a laſarere de ſes jouts, plutor que pour ſon 6ducatibn': on affuroit mme qu'il vouloit que le Roi le regardat un jour non- ſeulement comme ſon Gouverneur, mais comme ſon Sau - veur meme, ce qui avdit deſolè le Regent, ſoup- conne, juſqu?3 ſon dernier ſou bir, d'une action dont il ne fut jamais capable. Le caractere de Charoſt, ne put jamais le ave: Tome III. Y C 338 Hiſtoire de Peducation de Louis X; lopper, parce que, depuis Pexil de Villeroy, Fleury domina ſeulſurVeſprit du jeune Monarque; & ce Prelat, au lieu d'en faire un Roi, ne travailloit que pour en faire un ẽleve doux & complaiſant. Quant aP inſtruction deraillee, ni F leury, 1 z ni Charoſt, ni Villeroy, n'&oient capables den don- ner an jeune Roi; des Gens de Lettres Eroient ap- pelles pour le travail, ſous les yeux des Chefs de education dont je viens de parler; c'eſt-a-dire que les vrais Inſtituteurs du Roi Eroient des perſon- nages precaires & à gages; & ceux qui nꝰ en avoient pas les talens en recevoient les recompenſes & en avoient le merite aux yeux de PEurope- entire, Mais tous s entendoient à faire du Roi un homme complaiſant, dcevyoue , ſecret, retitè, reſerve, prudent, religieux , petit dans les pratiques de la Religion chretienne, chaſſeur enſin, pour tout dire. Et pour mieux s exprimer, ils permettoient que le Roi eut a leut Egard. des qualitesfavorables. URI - Mais: ils cloignoient du Roi toute inſtruction, toute connoiflance dans Vhiſtoire; la politique, les interets de Etat; le Commerce, les Finances, le Droit public, la Diplomatique & tout ce qui ẽtoit necefſaire à un Noi d apptendre. Le cerẽ- monial de fa Cour, celui de la: Meſſe & des Offices Divins qu'il connoiſſoit beaucoup mieux que les Eveques, un peu d Hiſtoire, des Genealogies, la Geo- | cd de ſes Gouverneurs, &c. 339 graphie & ſur - tout la ſource & Pembouchure des Fleuves de ſon Royauine, &oient les connoiſſances, quꝰ on avoir favoriſe, parce qu elles n toient guère dangereuſes pour les Miniſtres. Le Noi, parvenu à Pagedela raiſon, acquit enſuite quelques connoiſſan- ces de plus; mais on peut dire nẽanmoins, que malgre beaucoup d'eſprit naturel, facile meme, malgre les rares qualités d un eſprit juſte, capable de reunic une grande variete de connoiſſances, ſon education, ſut, pourVinſtruction 8 le caractere, une education manquẽe , 2 quoi il eſt neceſſaire d ajouter, pour conſerver la'verire avec rigueur, que fa ſantc deli- cate traverſa long · temps les inſtructions dont il toit ſuſceptible; caron ne manquoir point d habiles Inſti tuteurs employes en ſous- ordre dans education, & je dois placer a la tete PAbbe Fleury, Per: Aureur de PHiſtoire Eccleſiaſtique”, Confefſeur du du Roi, qui lui donnoit deslegons de morale, de vertu, de religion, qui toit rẽſerwò, prudent, ſimple & de mœuts douces, comme Paurce Fleury, ancien Evèque de Frejus, fans en avoir la feintiſe, ni ambition, ne penſant qu'à vivre & moutir chtetiennement; car il toit tres-avance en age. _ Quant à VAbbe Wittement, fous-Precepreur du Roi, il avoit, outre la ſimplicitẽ & l extẽrieur mo- deſte qui —— deux Fleuris, un tel deſin- 349 Hiſtoire de education de Louis XV; tereſſement qu'il refuſa après ſa ſubſiſtance neceſſaire, tous les benefices Eccleſiaſtiques qu'on lui offrit: & ce n'etoir point par indifference , ni pat inſen- ſibilitè; car il avoit de la fierte dans le caractere, de Pelevation dans Lame, de la veracite dans ſes diſcours, & toutes ces qualites Pavoient fait eſti- mer, aimer meme dans l'ancienne Cour de Louis XIV, dans _— il falloit tout . ou ſe taire. Wittemenr , [akon fon; caraciire franc & ouvert pendant la 'minorite & dans le centre meme de Pequivoque , qu'il failloit profeſſer pour ſe maintenir entre Fleury, d'un core , & le Regent & Dubois de autre. Attaché autre- fois au Duc d Anjou, depuis Roi d Eſpagne , Wittement avoit et a Madrid lui rendre ſes hom- mages, & lui avoir refuſe un riche Eyeche que Philippe V vouloic lui donner; il refuſa encore une penſion de vingt mille livres & meme un bene- fice que le Marechal de Villeroy, Chef de Vedu- cation, avoit demande au Regent. On * dit vainement pour P engager à accepter ce ben&fice, qu'il auroit plus de moyens de ſe- courir ſes Parens ; il repondit: fi mes | Parens ſont capables, ils parviendront aiſement d avoir du bien; enfin il renvoya au Roi d Eſpagne, le brevet de penſi ion de vingt mille francs. - | Caradbere de ſes Gouverneurs, Se. 34¹ L Abbe Wittement, degage de toute ambition, n avdoit que la paſſion de bien ẽlever le Roi Louis XV qu'il preſſoit fans ceſſe d'erudicr ; mais il n'eroir pas ſeconde par Fleury, qui ne parloit le plus ſou- 2 que d' amuſement. — faiſoit lire au oi le Teſtament politique du Cardinal de Riche- lieu, mon grand Oncle, & Fleury diſoit que cet ouvrage Etoit trop - long & qu'il en feroit un abrege en deux feuilles, avec E U - roit ſa Majeſte. Le Roi apres ſon Sacre ayant quitte les Erudes , Abbe Wittement, ne parut preſque plus a la Cour, & conſeilla meme au Marechal de Ville - roy qui lui reſta attaché, de ne plus y venir, 3 moins que le Roi ne le mandat. Wittement, quoi- que Eloigne , conſetva des amis diſtingues & ſur - tout le Marquis de Sommery , employe 3 Peducation comme lui, & qui . demandoit pour toute recompenſe le conden de Ordre du Saint- Eſprit; Fleury vouloit Eloigner tout ce qui avoit ee attache a l'education du Roi, & ſe trouvant deja trop embarrafle de Villeroy, qui deſiroit revenit 3 la Cour, lui repondit , qu'il n'y avoit pas d'cxems+ ple de pareille rEcompenſe pour les ſous-Gouver- neurs des Rois; le Marquis reſolu & pique lui repliqua., que cet exemple nouveau pouvoit etre fait pour le cordon de Ordre, puiſque Dubois Y 3 8 £ ” ” n — — — — . _ — — 1 - —— „%ͤ« — p —— — _ — > — = = 1 — — — — -- EY OO ||» ED - — _—— \ — = — = — * _ — — — * — — — — — —ͤ — ˙—VB — —˙¾ ——_—_ — — of = k = — — — — — — —. 342 Hiſtoire de Ptducation de Louis XV; Precepteur d'un Prince du ſang avoit &e fait premier Miniſtre : le Cardinal de Fleury tou- jours plus ferme, ſe tint pour pique d'une pareille hardieſſe; car il toit Miniſtre & Cardinal. L'Abbe Vittement, quoique loin de la Cour, ne ceſſa d entretenir avec le Cardinal de Fleury une correſpondance d' honnẽtetè. De temps en temps il lui ecrivoit quelques verites ; il n'avoit aucune ambition, il ne demandoit rien, il avoit conſerve PFuſage de dire la veritè toute pure, il aimoit le Roi , & toujours il avoit trayaille à lui donner de bons principes, à lui faite aimer le travail, ne ceſſant de tourmenter Fleury qui Pen detournoit. En 1730, Louis XV etant age de 25 ans & ſans aucune connoiſſance des affaires, Vittement Ecrivit au Cardinal qui Sapprochoit de Fa age decrepir & lui dit, pour la centième fois, que ne pouvant eſperer Us vivre encore long- temps il devoit enfin inſtruire le Roi des af- faires de l' Etat, parce qu'3 fa mort il pourroir etre livre à des Miniſtres qui n auroient pas les intentions auſſi pures que lui: il ajoutoſt que le Roi, parvenu à un men ne pourroit jamais ſe reſoudre au travail sil n'y toit accoutume; le Cardinal ne rẽpondit plus à cet avis patriotique de Vittement, qui ne ceſſa de montitht ſon atta- chement a la a perſonne du Roi, juſqu'n ſa mort Caradleres de ſes Couverneurs, Se. 363 qui-arriva en 173 : il a laifſe divers manuſerits ſur Peducation des Princes & ſur PHiſtoire de France. . Vous futes oublics , Sommery & Vitte- „ ment! Des Miliraices intriguants furent recom- » penſes, & des Eeclthaſtiques ſans merite occu- v perent les premieres places de PEgliſe & del Etat: „votre refus ſeul, Vittement, etoit le premier » ate de vertu qui vous en rendoit digne; rece- „vez au moins dans cette hiſtoire une foible recom- „ penſe »! Enfin, pour qu il ne manquara education du Roi Louis XV aucune. circonſtance propre 3 rendre ſon caractere nul, foible, indecis , timide, -irreſolu , on fit retirer Fleury, Confeſſeur en 1722, & di autres diſent qu il gen alla lui-meme a cauſe de ſon àgenavanct. - Mais on lui donnaun pere de Linieres ; Jeſuite, le prix de lapaix& du chapeau de Dubois & ce pere de Linieres, qui n avoit que des petiteſſes dans Pel- ptit, ne contribua pas peu à laifſer la conſtienct du Roi, commk fon cœur, dans Papathie & dans I, crainte puſillanime qui BOT e toujours 4 une imagination frappee des le jeune ige, & peu eclaitce. : » Voila comment & par qui le feu Roi Louis XV regu fon education. Y 4 —— p OY 2 | | | | | = | N : | 344 De u du Regent © de ſn par ah xi phe log XXVII. De = du Regent & de ſon part; conſideration ſur les vues q on lui a attribuees. ö Ls Duc d'Orleans , Regent de France, fut ac- cuſe pendant toute fa vie; il le fut apres fa mort, ( ilVeſt encore 4ujourThut (1)) Oavoir « eu q ambi- tion de Weder en France. 10 | 32 G (1) Tandis qu'on imprime ce Tome troifieme , on repand dans Paris un Libelle diffamatoire, od je trouve —— encore le Regent accuſe. Ceſt ainfi que d'àge en Age la calomnie _ 60 Prince. Il eſt dit dans cet "ULRICH que le Duc JOrldans $'empoiſonpa lui-meme, en voulant empoiſonner Louis XV, & qu'il avala la liqueur fatale, en preſence du Roi & du Maréchal de Villeroy ſon Gouverneur: & on ajoute que Villeroy lui- meme tourna du cõtẽ du Duc d' Orléans la taſſe empoiſonnde , laiſſant au Roi cells qu ne Petoit pas. On ng ſe permettoit pas de Neil anachroniſmes 40 conſid. ſur les e 345 La Cour de Louis XIV, celle de Philippe V à Madrid, ravoit accuſe auſſi Fo avoit voulu _ en Eſpagne. | Incite par toutes ces rg „j'ai a- die à fond la Regence, & toute hiftoire de Phi- lippe d Orléans, neveu de Muis XIV, Si Pavois pu decouvrir un crime, j atteſte le ciel & la terre que je n'aurois pas crit ſon n ou que je Paurois publis, | Mais je dois dire, que le Regent m'a paru non- ſeulement incapable de ſon naturel d'un tel crime ; mais qu'il n'exiſte aucune preuve, aucun raiſonne- ment plauſible, fayorable à la n . Ta en en 1 | f 1 - YR —_— — temps D 3 quoiqu'on- publiat des - calombies _ mal motiyces : je vois avec peine le libelle repan- du days la, Capitale; car tout le monde n'a point les dates preſentes à la _memoire. | | Tout le monde ne ſait pas que lorſque le Duc vor- leans mourut, YEW . exits dans ile 9 dune province. | Tout le monde 60 ita As As pas empoiſonné, mais d'une attaque d'apoplexic qui le frappa dans les 1 de fa Maltreſſe. Tout le monde ne avait pas que le Chirurgien le fupplioit depuis long - temps de ſe faire ſaigner; qu'il lui predit la mort, & oy "_ —_ * 9 a la ſemaine ſuivanto $45 De Vambition du Regent & de ſon parti; Environné d'ennemis' qui avoient voulu le perdre, pourſuivi par la faction des Princes legi- rimes , par les reſtes de Pancienne Cour, on weiit pas manque de mettre au jour ſes forfaits Sil sen fur rendu coupable. Il eſt vrai que Me du Roi Philippe v, prenant en Eſpagne une mauvaiſe tournure, il ca- bala pour ne point laiſſer le Trône vacant; mais il fut ſollicite par ces Grands d Eſpagne, de ne pas laiſſer perdre ſes droits; ces Grands ne vou- loient poitit retomber ſous le joug Autrichien; ils voyoient dans le Roi Philippe un Monarque foible, valetudinaire & avec peu de reſſource dans Peſprit pour relever la Monarchie Eſpagnole; on adoroit le jeune Prince, Neveu de Louis XIV, qui avoit · des qualites , de energie, du courage & qui avoit des droits reconnus à la Coutonne d Eſpagne; le Duc d' Orleans ſe comporta 2 Ma- drid, non comme un Prince qui veut regner par un cn .execrable 3 mais comme un homme aviſe, qui prevoyant Pabandon du Roi Philippe, ne Me point abandonner lui meme ſes droits a cette Couronne en cas d'evenement, © Parvenu à la Regence de France, je demande à ceux qui ont lu mes Memoires, H cur. cts bien difficile de conſommer. (es projets, Erant en- vironné de Rouds, de ſcelerats qui avoient com- confid. ſur les vues qu on lui a attributes. 347 mis tous les crimes, excepte le regicide”: j ai appto- fondi le mieux que j'ai pu le caractère du Regent., & je n'y ai vu qu'un Prince dominc᷑ par les * firs plurdr que par ambition de regner. Toutes les operations de la Régence, il eſt vrai, ſemblent favoriſer VEleyation future du.Re- gent ſur le Tröne de France; mais conſidereꝝ que le Roi Louis XV, n'avoit qu'une fante chan- colante, qu' il toit mad qu'il r'eur long- tems qu'une peau jaune & luiſante colce ſur les os; toute Europe dèſeſperoit de tes | jours, on atrendoit une mort prochaine. Le Duc d' Orléans, ne prit done que des me- ſures juſtes & raiſonnables ſur la ſucceſſion &ven- tuelle; jamais il neut dans Videe de commettre un crime: une preure que je ne Lai pas voulu, diſoit- il, quand on lui parloit des Philippiques, long-remgs apres qu'elles eurent produit leur ae, * que je ne Pai pas fait. Le Noi Louis XV ne pinks eh tar Nas | quavyec des termes d amitiè, de ſenfibilire & de _ conſideration; Il plaiſantoit avec le Duc d Orleans, declare premier Miniſtre depuis la mort de Du- boĩs, ſar les bruits populaires relatifs à cet objet il en plaiſantoit en preſence meme des Courti- ſans : une grande preuve que je n'ai pas voulu per- dre mon Roir lui reyond di- i un jour, x vt que a 348 De Pambition du Regent & de ſon parti; Oc. Sante de Sa Majeftd , S'eft e 3ngren ma —_— oY _Ceſt le ee que je doi rendre la fin 4 mes jours au Duc Orleans. | \CHAPITRE XX IX. E Earle. N ſur le Clapitre precedent, par Auteur des Memoires du Marechal de Richeliew. . abe e P. AR MI les EEE delicates qugyAureur | de cet Ouvrage avoir faites au feu Marechal de Ri- chelieu, il doit placer celles qui ctoient elne 3 ambition du Duc d' Orléans „Régent. Cet Hiſtorien eſſaya pluſieurs fois, & dans de temps difterens & cloignes , de faire parler ſans gene M. le Marcchal à ce ſujet , & Cobtenir quel- ques anecdotes {ur les vues que le Duc d Orleans pouvoit avoir ſur le Trone de France. M. le Marechal fe tint ferme dans ſon opinion, que le * —— a Ecelaireiſſemens ee &c. 5 _ mavoit jamais voulu perdre Louis XV ; eiic fait perir impunt ment sil Payoit _ , = environne & ſervi. comme il 1etoit , diſoit M. le Marechal de Richelieu, de ſcelerats tels que Dubois, Law & autres, capables de ce mauvais coup. M. le Maxechal , ajouta qui il diſpoſa ſeu- lement toutes choſes pour regner en paix {i le cas arrivoit. L' Auteur des Memoires w etoit point content; il doutoit encore apres cette reponſe; il dit, long- tems apres, 3 M. le Maréchal, pour le tenter de nouveau: Monſeigneur , j'ai fait la plus grande decouverte dans I'hiftoire de ce ſidcle, relativement au Regent de France; j'ai trouve le fil de tous ſes crimes & le denouement des operations de toute. ſa Regence ; le voila juge pour toujours. Voltaire qui Pavyoit declare innocent, eft convaincu de far terie 3, yoici done, Monſeigneur, ce que vous diſx vous meme au Cardinal de Polignac, Ambaſſadeur d Rome, le 22 Decembre 1725 ſar le Regent. Voila Poriginal ur du troifitme porte · feuille des pitces relatives q votre ne 4 Vienne. | anne de M. ie Due 4Or- » leans, par le moyen des gens dont vous croyea » avec raiſon que M. le Duc doit ſe defier, mait » trop d influence ſur les deciſions du Conſeil ; 330 FPecloirtifſemens wWtrienrs, , „ ciur il eſt certain que le parti eſt fotmidlable „. « Le Chef (le Duc GOrleans, fils du Regent) » eſt aſſurẽment moins mal ne que ſon pere; „& Lil a Peſprit gauche, il a lob plas droit; » mais il n'a pas moins de defir-de- regner, fans „ Etre, je crois, capable de recourir aux mmes „ moyens. quauroit fait ſon pere. Le meme eſ- » prit de gouvernement qui faiſoit agit le pere, » determinant la conduite du fils, les le Blanc, „ les Belle-ile, les Marechaux de Berwic & autres » gens de pareille efptce font les principaux reſ- ” ſorts qui font mouvoir ſon Conſeil; ils vou- » drojent fort, je orois, engager une fois les Fran- 5 gois dans une guerre contre les Eſpagnols, & » ; peut-Crre que les a CR en mem * » faches 5. Vous voye;, Monſtigneiir FOR vous "recon noiſſex vous meme dans cet terit fbrti de vos chiffres , que le Regent avoit eu recours d divers moyens pour regner en Funce, & certainement , dans mon travail prochain, je vais trouver dans vos porte-feuiltes le recit de tous cer moyens. Le Marechal de Richelicu , ainſi pouſſé dans tous les ſens, repondit: qu'en 1725, il avoit encore le ceur gros de {a troiſizme detention 4 la Baſtille; mais que le reſultat” de toutes fes "obſervations ſar la Regence , le portoient 4 declater que M. de fur le Chapitre preredent. 351 de Voltaire avoir dit, ſur cet article, la verité, avec exactitude dans ſes ecrits ; & il ajouta Ana mort, on pourra peut-ttredecouvrirgquelgue part des Memoires que j'ai crit autrefois : eff hiftoire ſcandaleuſe de tous les plaifirs de la Cour, © eſt le detail des intrigues politiques, c eſt le recit des e venemens de ce temps-id; & des ne- gociations dans les Cours ttrangtres ; je me reſ- ſouviens avoir ecrit contre le Duc d Orltans; d'avoir conſerve I iſtoire des Orgies de ce Prin- ces & de ſes filles ſur-tout; j ai rapporti le de- tailde ſes parties de plaifirs; il faudroit peut · etre de- ſavoner le ſcandale. Voltaire druraillud ces Memoi- res ſecrets avec moi, & le Roi Louis XV, qui ai- moit d enteadre racunter ces anecdotes plaiſanter, en conſerva longtemps un exemplaire; vous pren- dre de cet Ouvrage, ce qu'il y aura de bon, Sil vous parvenoit , vous laiſſeret le reſte ; mais ce que je vous 9 Regent Ae. meme. | _. oa Ouvrage \offrfiinement. guide encore. au- jourd hui ; & non ſeule ment les Orgies, les mer- dotes ſcandaleuſes ſont des fairs trop vrais; mais | je dein ajourer IE N. le Mardchat, les | pieces Jjuſtificatives m'one . © « + - ? . {A * %-x _— ww"