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Sans doute, on verra qu'il nous eût été facile de donner plus d'étendue à notre précis historique; mais, outre que nous avons cru devoir user très-discrètement des lettres de Louis XIV, de celles de ses minis- tres et de Pellisson, pour ne pas déflorer la correspondance que nous mettons sous les yeux du public, nous avons pensé aussi que nous devions adopter cette marche, afin d'échapper aux fréquentes répétitions qui sont presque inévitables dans un ouvrage accompagné de tous les documents authen- tiques (i). (i) Au moment où je livre cette histoire à l'impression , j 'apprends que M. Modeste Parolettia publié à Turin, en 1 8 1 2, une brochure sur la mort du surintendant Foucquety que M. Beuchot a bien voulu me communiquer. Je me suis con- vaincu que M. Paroletti n'avait découvert aucune des pièces authentiques et inédites que je mets sous les yeux du lecteur, et je crois pouvoir affîrmer que mon ouvrage n'a aucun point de ressemblance avec celui de mon devancier. HISTOIRE ' D£ LA DETENTION DE FOUCQUET, DE PELLISSON ET DE LAUZUN. X AUL Pellisson-Fowtanibr, le cadet des garçons qu'eut sa mère restée veuve , quoique jeune en- core, naquit calviniste à Béziers , en i6a4, d'une famille célèbre dans la robe et originaire de Castres. Son père, Jean- Jacques Pellisson, fut conseiller au Parlement de Toulouse; et Raimond Pellisson , son bisaïeul , après avoir été ambas- sadeur en Portugal et commandant pour le Roi en Savoie, lorsque François I*' s'en rendit maître , devint premier président au Parlement de Chambéry. Paul, dont nous parlons ici , fit ses humanités et sa rhétorique à Castres sous le savant Écossais Morus (i), et sa philosophie à (t) Ce ministre de Charenton lui denna une marque de son estime et de son affection, lorsqu'en mourant il lui 4 , DÉTENTION DE FOUCQUET , Montauban, d'où il passa à Toulouse pour y faire son droit. Il se distingua d'une manière si éclatante dans cette université , qu'il fut reçu avocat avec les plus grands applaudisse- ments. Nourri des auteurs grecs et latins, et du petit nombre d'ouvrages dont s'honorait déjà la littérature française, le jeune Pellisson tourna son ambition vers là magistrature, dont la route lui avait été tracée par ses ancêtres. C'est à Toulouse, qu'à peine âgé de dix-neuf ans, il fit une paraphrase du premier livre des Institutes de Justinien écrite avec une pureté et une élé- gance dont on ne croyait pas que cette matière fût susceptible. Cette production, qui n'avait rien de la jeunesse de son auteur que l'agré- ment, fut imprimée en i645. Les savants trou- vèrent à y apprendre , les dames à s'y instruire en s'amusant; et l'on ne découvrit enfin, dans légua, comme à la plus belle ame qu'il eût connue , la chaîne d'or dont le Sénat de Venise lui avait fait présent, en recon- naissance du poème qu'il avait composé en l'honneur de cette république. Voyez Œuvres diverses de Pellisson, tom. I®', pag. cxxxvj, édition de m. dcc. xxxv. DE PELMSSOW ET DE LAUZUN. 5 cet ouvrage, d'autre défaut que celui de n'être pas conduit jusqii à safin\i). Bientôt après Pellisson justifia au barreau de Castres, dont il était la gloire, les espérances qu'il avait fait concevoir ; mais au moment où il y brillait du plus grand éclat, la petite-vérole vint le défigurer à un tel point qu'elle le rendit méconnaissable à ses amis eux-mêmes. Oubliant dans son désespoir qu'il n'avait qu'à parler pour plaire, cet accident lui fit abandonner ie barreau. Il se retira à la campagne avec M. de Bressieu{pt)^ son ami , pour lequel il eut la complaisance de traduire plusieurs chants de l'Odyssée, où le bonhomme, véritable rêveur, croyait trouver le secret de la pierre philosophale. Né pour les belles-lettres, dont il devait être un jour le plus bel ornement, il se livra à la poésie, à l'éloquence, à l'histoire; et, tout en donnant son application à la langue française , il apprit encore l'italien et l'espagnol. Néan- moins , comme un aussi beau génie ne pouvait (i) Voyez le Discours prononcé par M. V abbé de Fénéton^^ dans V Académie Française, fe 3i mars 1697. (a) Quelques biographes écrivent FîU^ressieux, 6 DÉTENTION DE FOUCQUET, s'ensevelir dans la retraite, il fit plusieurs voya- ges à Paris, où il connut des personnes aussi distinguées par l'étendue de leur esprit que par la profondeur de leurs connaissances; et bientôt il se détermina à se fixer dans cette capitale de l'Europe savante. Mais en changeant de climat, Pellisson ne changea point d'inclinations. Se trouvant au centre des arts , il cultiva les Muses avec plus d'ardeur, et composa un nombre infini de petites pièces remarquables par une fraîcheur de poésie, une légèreté de style, une élégante facilité et une pureté de goût, qu'on ne saurait trop apprécier dans un jeune poète et qui firent les délices de l'élite des httérateurs français. Le mérite de mademoiselle de Scudéry, dont les ouvrages, qu'elle n'avouait point par mo- destie, lui attiraient aussi l'admiration du monde lettré, le toucha particulièrement, et il ambi- tionna bientôt son estime et sa bienveillance. Comme Pellisson était tout aussi galant dans sa conversation que dans ses écrits, et que per- sonne ne connut jamais mieux l'art d'embellir, par des tours ingénieux, les pensées toujours fleuries qu'il employait dans ses récits, pour transporter le lecteur au temps où les événe- ments s'étaient passés , la Muse du XVir siècle DE PELLISSON ET DE LA.UZIIN. 7 eut à SOU égard le même désir ; et il s'ensuivit entre eux une amitié qui , par sa durée et par sa solidité, n'offre guère d'exemple. Cette liaison inspira, comme on sait, à une muse maligne les vers suivants : • I^a figure de Pellisson Est une figure effroyable ; Mais quoique ce vilain garçon Soit plus laid qu'un singe et qu'un diable^ Sapho lui trouve des appas ! Moi , je ue m'en ëtonne pas , Car chacun aime son semblable (i). » mais au moins elle ne put justifier la médisance, attendu que mademoiselle de Scudéry était pri- vée des agréments de son sexe; et l'on con- naît ce mot de madame de Sévigné, que Pellisson abusait de la permission qi£ont les hommes dêtre laids. Laid! soit; mais cette femme célèbre n'ignorait pas que sa véritable beauté était celle de l'ame et du talent , qui le dédommageait bien (i) Mademoiselle Scudéry était iaide. Elle fit le quatrain que voici , en voyant son portrait : «Nauteuil, en faisant mon image ^ A de son art divin signalé le pouvoir : Je hais mes yeux dans mon miroir; Je les aime dans son ouTcage.» 8 DÉTEHTION DE POCCQUET, de sa figure (i). Cependant Conrart, le premier secrétaireperpétuel qu'ait eu l'Académie française, et Sarrasin, furent jaloux de cette intimité : aussi la demoiselle, pour tout concilier, composa* t-elle le quatrain suivant : «Enfin, Acante, il faut se rendre; Votre esprit a charme le mien. Je vous fais citoyen de .Tendre, Mais, de grâce, n*en dites rien. » Conrart et Scudéry, liés avec Pellisson, savaient qu'il travaillait depuis quelque temps à une his- toire de Vjicadémie française et sur les premiers travaux de cette compagnie encore au berceau. (x) On rapporte qu'une dame prit un jour Pellisson par la main , et le conduisit chez un peintre , en disant à celui-ci : Tout comme cela, trait pour trait, et sortit brusquement. L'artiste l'observa , et le pria de se tenir en place. Pellisson demanda l'explication de Tayenture. «Monsieur, répondit le peintre, j'ai entrepris de représenter, pour cette dame, la Tentation de Jésus- Christ dans le désert; nous contes- tons depuis une heure sur la forme qu'il faut donner au dia- ble; elle vous fait l'honneur de vous prendre pour modèle, » Galerie de Vancienne cour, tom. H, pag. 443, deuxième édition. On trouve également cette anecdote dans l'ouvrage inti- tulé : Tableaa Historique, etc., tgm. II, pag. i5i, à l'article Pellisson. DJE PELLIS80N ET DE LAIIZUW. 9 Le jeune érudit fut invité à faire connaître son ouvrage ; et quoiqu'il fût manuscrit, il le fit lire en pleine assemblée vers la fin de iGSa (i). Cette lecture enleva tellement le suffrage des académiciens et fut accueillie avec un si grand enthousiasme , que l'académie , oubliant ses cou* tûmes et ses lois, décida d'une voix unanime que la première place qui vaquerait lui serait destinée ; que cependant il aurait droit d'assister aux assemblées et d'y opiner comme académicien , avec cette distinction glorieuse, que la même faveur ne pourrait être accordée à personne (a). Il fut donc le quarante-unième membre pour la première fois. Le 3o décembre (3) , il prononça un discours de remercîment , et par ce nouveau morceau d'éloquence il justifia encore mieux ce que l'académie avait fait pour lui. Son- histoire fut imprimée l'année suivante , et a servi de mo- dèle à ceux qui l'ont écrite après lui (4). (i) Le premier registre de rAcadémie a été égaré. (2) Voyez cette histoire, pag. 369, édition de m. dc, lxxii. (3) Même année ,. c'est-à-dire i652. (4) Le nombre de quarante, dont l'Académie devait être composée, n'avait été rempli que lors de la réception de M. de Priesac, qui avait eu lieu en 1639, c'est-à-dire einq ans après lO DÉTENTION J3E FOUGQUET, Cependant, tout en cultivant les lettres et Tamitié, Pellîsson crut ne devoir pas négliger sa fortune. Il avait déjà acheté, cette même année, la charge de secrétaire du Roi. Le surintendant des finances , attentif à attirer à lui tout ce qui avait de Féclat , et trouvant dans une seule per- sonne une si belle réunion de talents , l'enleva aux lettres pour le jeter dans les affaires. Il le fit son premier commis en 1657, et bientôt son confid^it (1). Cette confiance était d'autant mieux placée , qu'au titre de savant de premier ordre il joignait celui, plus précieux encore, de parfait honnête homme. Pellisson conserva dans ces nouvelles fonctions toute la droiture de son cœur, mêlée à tous les agréments de son esprit; et quatre années passées son premier établissement. M. Patru , qui fut le premier reçu ensuite, entrant 4ans la compagnie, y prononça un fort beau remercîment , dont on demeura si satisfait , qu'on a obligé tous ceux qui ont été reçus depuis d'en faire autant. Bistoire de V Académie française, Xom, F% pag. a33, édition de m. dc. lxxii. (i) Foucquet, qui était laid, aim«ât beaucoup les femmes. Ne pourrait-on pas le soupçonner de coquetterie , lorsqu'on songe à Pellisson , qui était encore bien plus laid que lui ? DE PELLISSON ET DE LAUZDN. I I paisiblement dans cet emploi , lui firent goûter le plaisir de &ire des heureux. En 1659, on le reçut maître des comptes à Montpellier. L^année suivante, Foucquet, qui usait des finances de FÉtat comme des siennes propres, et qui déjà avait feiit fortifier Belle-Ile, ( terre de son domaine , pour lui servir de re- traite, si jamais il se voyait contraint de quitter la cour ), lui fit délivrer des lettres de conseiller- d'état. Mais il se perdit sans retour par le magni- fique scandale qu'il ofifrit dans une fête somp- tueuse donnée à sa maison de Vaux (i) ^^^ grand Roi , dont il eut Faudace de vouloir surpasser Ja magnificence, en portant mémela générosité jus- qu'à faire mettre dans la chambre de chaque courtisan des bourses remplies d'or, pour four- nir au jeu de ceux qui pourraient être sans (i) Le 10 août 2661. Il dépensa 18 millions, qui en valent aujourd'hui 36, à faire bâtir deux fois cette superbe maison. Celles de Saint-Germain , de Fontainebleau , etc., n'appro- chaient pas de la beauté de Vaux. Néanmoins on crut dans le temps que Foucquet fut servi avec aussi peu d'économie qu'il en avait apporté au service du Roi. Il avait fait égale- ment de grandes dépenses pour l'embellissement de sa mai- son de Saint-Mandé. la D£TENTIOW DE FOUCQUET, argent, ou n'en avoir pas assez (i) ; et Taïubition de Colbert, homme plus vigilant que généreux, et qui déjà , travaillant en secret avec le roi (2) , aspirait à remplacer le surintendant, contribua encore plus à sa perte (3). Il eût été même ar- rêté dans Vaux le jour de la fête sans la Reine mère. Il est vrai qu'il faut convenir que Foucquet (i) Tous admirèrent la magnificence de ce procédé. Peut- ctre tâchèrent-ils de se persuader que c'était au nom du Roi, ou du moins à ses dépens, et sans doute ils ne se trompaient pas sur ce dernier point. Le surintendant de BuIUon avait déjà donné un exemple de ce genre. Ayant fait frapper, en 1640, les premiers louis qui aient paru en France , il imagina de donner un dîner à cinq seigneurs ses courtisans , fit servir au dessert trois bassins pleins de nouvelles espèces , et leur dit d'en prendre autant qu'ils voudraient. Chacun se jeta avidement sur ce fruit nouveau, en remplit ses poches, et s'enfiût avec sa proie sans attendre son carrosse ; de sorte que le surinten- dant riait beaucoup de la peine qu'ils avaient à marcher. Galerie de l'ancienne cour, tom. V% pag. 867, deuxième édition* (a) Quoique Colbert n'eût pas beaucoup d'instruction , il semblait être né pour les grandes choses. Le Roi tenait chaque jour des conférences avec lui sur les affaires du royaume ; toutes les branches de l'administration y étaient examinées avec le plus grand soin. (3) Tandis que Colbert ne songeait qu'à le perdre, Foucquet ne pensait qu'à jouir. Mémoires de madame de Maintenon, tom. I'^ pag. 19a. Amsterdam, m. dcc. lv. DE PELL1SSON KT DE LAUZON. l3 avait été trop loin. On voyait partout dans cette maison ses armes et sa devise ; c'était un écureuil avec ces paroles t Quo non ascendet? «Où ne montera-t-il pas ( i ) ? » Les courtisans remarquèrent que l'écureuil était peint poursuivi par une couleuvre/(Colbert avait une couleuvre dans ses armoiries.) L'ambition de cette devise ne servit pas à apaiser le monarque ; et s'il sut se contenir dans un premier mouvement d'indignation , le surin- tendant apprit bientôt qu'il ne lui était pas donné de commettre impunément de pareilles fautes. Le Roi déclara vouloir visiter la Bretagne , et partit pour s'y rendre (2). Arrivé à Nantes , Foucquet, qui se flattait de devenir premier ministre, et qu'on avait eu l'a- dresse d'y attirer, fut arrêté, en sortant du con- seil, par Artagnan (3), sous-lieutenant^des mous- (i) Voltaire, dans son Siècle de Louis XIV, a écrit : qud non ascendant; mais dans un volume in-folio qu'on peut consulter à la bibliothèque Mazarine, et où se trouvent peintes les armes de Foucquet en regard de son portrait, on lit : qud non ascendet? qui nous parait plus convenable. (2)- On y travaillait déjà à un nouveau port de mer. (3) Le 5 septembre 1 661. Le 9, les scellés furent mis chez l4 BÉTENTION DE FOUCQUET, quetaires, qui le fit monter dans un carrosse et le conduisit aussitôt sous une bonne escorte au château àiAngerSy où on le garda très-étroite- ment. Peu de temps après ^ on le transfera à celui d^Amboise, où il defneura jusqu'au jour de Noël '^lôôa (i), époque de sa translation au donjon de Vincennes, où il fut interrogé pour la première fois par M. Poncet, conseiller de grand'chambre. Enfin, le i8 juin i663, il fut transféré au château de la Bastille par le même ofiîcier, qui couchait dans la chambre du pri- sonnier pour ne point le perdre de vue (a). On sait que le procès commença par les ac- cusations de péculat et de crime d'état. Mais on a prétendu qu'on ne produisit pas un troisième grief, qui sans doute tenait plus au cœur du Roi Foucquet et Pellisson. Le commissaire Lespine trouva d'a- bord un peu de résistance chez le sieur Pellisson, et Tun de ses domestiques fut emprisonné pour avoir refusé la porte au commissaire. Voyez une lettre de M. de Villeroy du 9 septembre 1661. MaBuscrits à la bibliothèque du Roi , Affaire de M, Fonc^ quet, (i) « On avait bouché toutes les fenêtres de sa chambre 9 et on n'y avait laissé qu'un trou par le haut. > La Fontaine; rdation d^un voyage de Paris en Limousin. Lettre 7111. (d) Dans la chambre des Saints. DE P£LLlSSOK ET DE LAUZUIT. I S que les deux premiers : c'était d'avoir vouhi séduire mademoiselle de La Vallière, à qui il eut l'audace d'ofifrir deux cent mille livres (i). Cette (i) La preuve des tentatives de Foucquet sor mademoiselle de La Vallière se trouve dans la lettre suivante écrite à ce sujet au surintendant par Mad. Dupkssis JBeliêure , chargée de cette négociation galante. « Je ne sais plus ce que je dis , ni ce que je fais, lorsqu'on résiste à vos intentions. Je ne puis sortir de colère , lorsque je songe que cette demoiselle de La Vallière a fait la capable avec moy. Pour captiver sa bienveillance , je Tay encensée par sa beauté, qui n'est pourtant pas grande;* et puis luy ayant fait connoître que vous empêcheriez qu'il ne luy man- quât jamais de rien , et que vous a^îez vingt mille pistoles pour elle, elle se gendarma contre moy, disant que vingt- cinq mille n'étoient pas capables de luy faire faire un faux pas; et elle me répéta cela avec tant de fierté que, quoique je n'aye rien oublié pour la radoucir avant de me séparer d'elle , je crains fort qu'elle n'en parle au Roy, de sorte qu'il faudra prendre le devant. Pour cela ne trouvez-vous pas à propos de dire , pour la prévenir, qu'elle vous a demandé de l'argent, et que vous luy en avez refusé ; il la rendra suspecte pour la Reine mère. La grosse femme Brancas et de Grave vous en rendront bon conïpte : quand l'une la quitte , l'autre la reprend. Enfin , je ne fais point de différence entre vos intérêts et mon salut. La politique a voulu que je visse l'aigle : il m'a paru un fort bon homme, mais fort dupe en nos affai- res ; je luy ay donné de la pâture pour trois mois , et je luy ay fait avaler cela le plus doucement du monde. En vérité on est heureux de se mêler des affaires d'un homme comme l6 DÉTENTION DE FOUCQUET, offre fut repoussée avec indignation , et la de- moiselle se plaignit d'un sujet aussi insolent, qui du reste ne ménageait rien pour satisfaire ses goûts passagers (i). « J'ai, disait-il, tout l'argent du royaume et le tarif de toutes lés vertus. » Il fallait être vraiment insensé pour oser se présenter comme rival d'un roi qui, à la majesté du trône, joignait celle d'une figure commandant en même temps le respect et l'amour; tandis que Foucquet, dont l'extérieur n'était rien moins qu'agréable, n'avait pour lui que le faux éclat de son rang {2), Ce surinten- vous : votre mérite applanit toutes les difficultés ; et, si le ciel vous faisoit justice, nous vous verrions un jour la cou- ronne formée. » (i) Galerie de l* ancienne cour y tom. I«', pag. 369, deuxième édition. Mademoiselle de La Vallière fut reçue au nombre des filles d'honneur de Madame à Fâge de quatorze ans. Elle était dans sa dix-septième année lors de l'arrestation de Foucquet. (a) Dans un volume in-folio, imprimé en i655, et portant pour titre : Panégyriques des hommes illustres de nostre siècle f dédiez à monseigneur Véminentissime cardinal de Ma- zarùiy par M. de La Serre historiographe de France, on voïl^ ^ix peintures à l'aquarelle. Les portraits du cardinal MazarinV du chancelier Séguier, du garde des sceaux Mole , dm premier président de Bellièvre, de M. Servien et de DE PELtISSON ET DE LAUZUN. ' I^ ^nt n'ignorait pas d'ailleurs que rincorruptîble Éavorite, enorgueillie de la conquête du roi, et fière de la beauté majestueuse de ses traits jointe aux plus brillantes qualités, aimait de bonne foi et pour lui-même Louis XIV, qu'elle n'abandonna que pour Dieu, seul rival du mo- narque. Pellisson , qui avait fait le prologue des Fa- cheux de Molière , représentés pour la première ÉDis à la fête de Vaux, se trouva enveloppé j^ans cette catastrophe. Il fut arrêté en même temps qu« son maître, et conduit à la Bastille au mois de septembre 1661 (i). On rapporte qu'aussitôt qu'on apprit la dis- Foucquet; ce dernier est eiîacé. Ce fut sans doute lUi trait de quelque lâche courtisan de la maison du cardinal. Mais le quatrain suivant , écrit à la main au bas du portrait » est parfaitement conservé : « A quel degré d'honneur ne penbil pas monter, S*il s'élève toujours par son propre courage ? * . Son nom et sa vertu lui donnent Tavantage De pouvoir tout prétendre et de tout mériter. » ( Bibliothèque Mazarine. ) (i) La disgrâce de Foucquet entraîna celle de quelques- uns de ses amis, tels que GourviUe^ Guénégaud et Saint- Évremont, Ce dernier mourut en Angleterre. I. ' a l8 DKTENTICVir DE FOUCQUET, grâce de Foucquet, qui donnait des pensîonà aux hommes par vanité j et aux femmes par 1^ bertinage , il y eut un grand nombre de dames qui n'osèrent se montrer; ce furent celles dont on trouva des lettres et des portraits parmi les papiers du surintendant : une grande cassette en était remplie, ainsi que de cheveux de toutes les couleurs; le tout parut étiqueté avec un ordre admiraUe (i). O)^ raconte aussi que , de tous les amis que ce trop célèbre surintendant avait eus dans sa prospérité , les seub qui n'eurent pas la lâcheté de l'abandonner ( ce qui prouve qu'il en méri* tait) furent Gourville (a), Corneille , mademoi- selle de Scudéry-y Molière^ le spirituel Saint- Évremonti le sensible Racine^ le bon La Fontaine (qui plaignit ses malheurs dans une touchante (i) Galerie deVwvÀemie cour^ ton. I*'',pag. 870^ deuxième édition. (a) On a prétendu que , non content d'avoir prêté à ma- dame Foucquet plus de cent mille livres pour sa subsistance, Gourville fit don de cette somme à M. Henri-Nicolas Fouc- quet, comte de Vaux. Voyez les Mèiaxres pour terpir à fiiittoùt des règnes de l^otâe XSf" étJm Louis XV ^ tom. I*^ p«g. 370, diujiiènie édition. DE P£LLis$oir fn; pj: JjAVzvis. 19 ^égie, coi^^ufi (le tout le monde) (1), TUlustre madame de Sévigné^ et surtout l'inébranlable pt recannai^siant Peflissony qui sediédara har^im^nt le défenseur du n^iqistre déchu (a)« Le^ (rois xQpipoires qu'il coqipp^ popr la justifipation de son bienfaiteur^ discp^rs dignes de figurer pepl- être 4 coté 4« ceuK 4u plus g^and orateur dont l'ancienne Roipe se glorifie, parurent d^s <^e& d'œuvre d'une éloquepce mâlç, au$$i rapide que brillante. Dans ces nobles et généreux écrits il prouva que k sensibilité du cœur et l'élévation de Famé sont la source des grands talents. Aussi tout ce qu'il y avait de respectable et de puissant alprs $'empres3a-t-il de rendre justice à son gé- néreux dévouement, et c'est ain3i que la Q^stille devint pour Pelllsson une heureuse solitude où (i) Cetlp élégie , qu'on ||ra toujours avec attendrissement, commence ainsi : « Remplissez l'air de cris en vos grottes profondes, Piearoz , nymplies de Vaux , fiaites croître vos ondes, etc., etc. » (^) Il n'en fut pas ainsi de l'abbé Foucquet, frère du sur- intendant. Dans la crainte d'être compromis, il s'empressa d'écrire une lettre à Colbert , dans laouelle il assurait quUi n'avaii point de part à tpute^. les choses qui avaient déplu à Sa 20 DÉTENTION DE FOUCQtTET , il sut faire fleurir les lettres à l'ombce des ca- chots (i). Un trait de présence d'esprit de Pellisson dans cette affaire , mérite d'être rapporté. Un jour qu'on le confrpnta avec le surinten- dant à la Bastille, afin d'en tirer un aveu, Pellis- son lui dit : « Monsieur, si vous ne saviez pas que les papiers qui attestent le fait dont on vous charge sont brûlés, vous ne le nieriez pas avec tant d'assurance. » Majesté dans la conduite de son frère. Voyez cette lettre dans mes voyages aux Enfuirons de Paris, toto. II, page aïo. Du reste , on sait que cet abbé était Tespion en titre de Mazarin, et qu'il fit mettre beaucoup de monde à la Bastille. On rapporte à ce sujet « qu'un homme qu'on y amenait un jour y vit un gros chien : Qu'a fait y dit-il, cet animal pour être enfermé? Un prisonnier, que l'abbé Foucquet y avait fait mettre, répondit : C* est pour avoir mordu le chien de Vahbé Foucquet, » (i) Voici ce qu'a dit Delille dans son poème de Vinragi" nation : « Tel fut ce Pellisson dont la constante foi Brava pour un ami le courroux d'un grand Roi; Digne élève des arts, sa généreuse audace De rillustre Foucquet emhràssà la disgrâce; Et taihdis que dans Vaux aux Naïades en pleurs La Fontaine faisait répéter ses douleurs, Pellisson dans les fers suivait cette victime : Aimpr un malheureux, ce fut là tout son crime. » DE PELLISSON ET DE LAtfiUJT. 21 Ce fut iin trait de lumière pour Foucquet, qui sut par là que les pièces qui pouvaient le con- vaincre sur des faits principaux avaient disparu. En conséquence il tint ferme, et les commissaires de la chambre de justice ne purent constater un fait capital. Mais quoique le surintendant n'eût pu avoir un interprète plus digne , ni plus propre à lui ramener les esprits les plus prévenus, on ne réussit qu'à lui sauver la vie sans obtenir sa grâce entière (i). Après trois années employées à l'instruction de cette cause à jamais mémorable, sur vingt-deux juges qui opinèrent, neuf conclurent à la mort. Voici quelle fut la conclusion de Va^ocai-gé- (i) Edmon Ooquier, ancien domestique de Foucquet; Jean Ludron, père, imprimeur; Jean Ludron, fils; Pierre Griport; Antoine Peyne; François Devyns; Jacques Aubus- son, furent conduits à la Bastille, comme ouvriers travaillant à une imprimerie appartenant à madame Foucquet , qui y faisait imprimer les mémoires et requêtes pour la défense de son mari. L'imprimerie et les imprimés furent saisis. Cette imprimerie était vis-à-vis les Incurables. Madame Foucquet en avait encore trois autres : une- à Montreuil , une au faubourg Saint-Antoine , et la troisième .1 Nogent-r Artaud , à dix-huit lieues de Paris. aa ^ DÉTiicTiow de foxjcquet, Hèral Tùloti , dans le pro(îè$ crirriùiel intenté au surintendant PoucqUèt : « Je requierspour le Roy lé dîct Nicolas Foucquét cstre déclaré atteint et coxiVaihcù d'utcHme de J)é- culat et autres cas mentîonés au procèz, et pour réparation condamné à estre pendu et éstranglé tant que înart s'en ensuive, en une potence, qui , pour cet effect, sera tîressée en la place de la cour dli palais; et à rendre et restituer au proffict du dîct seigneur Roy, toutes les sommes qui se trouve- ront avoir esté diverties par le dict Fôucquet oi^ par ses commis , on par autres personnes de son adv^'et'sottbs Son aùcf orîté, peùdani lé temps de son administration; le surplus dé ses bîétt's dé- clarés acquis et confisqués , sur iceux préalable- ment prise la somme de quatre-vingt mille livres parisis demande envers le dict seigneur. ccTalôw. «CHAMlLLikRT (l). » I^éanmoins, sur un autre rapport de mes- (i) On peut voir là pièce originale aux archives du royauiQe, section historique ^ carton K, n^ 1^7.. DE FXLLISSON XT DE JLiiDZlJN. a3 ^eurs Lefèvre d'Orinesdon et Cc^nnier de Sainte*- Hélenne , Fûuoquet fii/t seulement condamné, Le «o décembre 16649 4 la co&fiscation de ses biens ^t au bacraûssement pei^tud. 'Qocxique Cîdberi poaicsm^t sa mort avec acharnement (i), et que Michd le TdilioF fut le plus implacable de &es persécuteurs, ainsi que le chancelier Séguier qui le traita avec beaucoup de dureté., Louis XIV, peur èes raisons de po- litique, commua la peine lement bien expressément au capitaine Saint- Mars de ne pas permettre que le dict Foucquet ay t communication avec qui que ce soit de vive voix ni par éscript , et qu'il soit visité de personne du royaume uu homiue aussi instruit des affaires les plus importantes de l'État. (1) Foucquet monta dans le carrosse avec quatre hommes à onze heures du matin. Les débats de la procédure ont été recueillis et publiés en seize volumes. Ils contiennent desv faits précieux pour l'histoire^ DE PELLISSON ET DE LAUZUN. a5 ni qu'il sorte de son appartement pour quelque cause et soubs quelque prétexte que. ce puisse estre, pas même pour se promener. « Que si le dict sieur Foucquet demandait des plumes 9 de Tencre et du papier, Tintentionde Sa Majesté n'est pas que le dict capitaine Saint- Mars luy en fasse administrer , mais bien qu'il luy fasse fournir des livres s'il en désire , obser- vant néanmoins de ne luy en faire donner qu'un à la fois, et de prendre soigneusement garde en retirant ceux qu'il aura eus en sa disposition, s'il n'y a rien d'escript ou de marqué dedans. Que s'il a besoin d'habit ou de linge, le x;api- taine Saint-Mars prenne soin de lui en faire Élire, et Sa Majesté pourvoira au remboursement de ce que les dicts habits , linge et livres auront coûsté, sur les advis que le dict capitaine Saint^ Mars en donnera. « Que Sa Majesté ayant faict oster au dict Fouc- quet le médecin et le vallet de chambre qui l'ont servi pendant son séjour au château de Vin- cennes et à la Bastille , a ordonné au dict sieur d'Artagnan de le faire servir dans son voyage par l'un des siens ; elle désire que le dict capitaine Saint-Mars luy donne un vallet pour le servir tel qu'il jugera plus propre , lequel vallet sera pa- a6 DÉTENTi^N DE FOUCQUET, reâteinent privé de toutte communication et n'aura non plus de liberté de sortir que le dtct Foucquet , en considération de quoy Sa Majesté fera payer au dict valiet, outre Ba nourriture, 600 livres de gages. ^ «c Et pour la Subsistance du dict Foucquet et celle du vallet , Sa Majesté fiera faire nn foiKls de six mille livres par chaque an.... « Sa Majesté fera faire aussy un fonds de k somme de douze cents livres pour chaque an pour le bois et chandelles, imA pour le feu de la chambre du dict Foucquet que des coq»s de^garde. . « ersonne pour le confesser.... te II choisira aussy ii-fi chapeffôin pour dire la messe tous les jours au dict>Foucquet , pour l'en- DE PELLISSON BT DB LAUZOBT. ^'J tretiennéiDént duquel chapieldin fia Majesté a ordonné la somme de mille livres par diiaque an, et, en outré, celle de cinq cents louis pour l'achapt d'omeméhts ou divei*ses autres choses' nécessaires pour célébrer la messe a Et au surplus Sa Majesté recommande au capitaite Saint -Mars de la tenir advertie de temps en temps de ce qu'il fera.... « Paris, le a4 décembre 1664. « Signé Lôtfïs. a Et plus bas Le Tellier, (i) » Le médecin et le domestique de Fôucquet (a) furent retenus à la Bastille , dans fa crainte qu'étant en liberté , ils ne donnassent quelques avis de sa part à s^s parents. La mère et l'épousp du suriùtendant reçurent ordre de se retirer à Ci) Yojrez là pièce originale aux archives du royaume. (a) Nous n'avons rien trouvé qui constate la sortie de ces personnes. Deux domestiques étaient morts en prison. •Mes ennemis, dit Fôucquet , devroient avoir honte d'avoir desjaveu mourir dans la prison deux ou trois misérables ^ sans autre accusation contr'eux , si non qu'ils estoient mes domestiques. » Extrait d'un manuscrit portant pour titré : Réponse à la réplique de M. Talon y par Fôucquet. Bibliothèque Mazarine. a8 DÉTENTION DE FOUCQDET, Montluçon y ainsi que plusieurs autres membres de cette famille. Colbert, l'un des auteurs de la ruine de ce ministre, lui succéda dans la seule qualité dé contrôleur-général des finances , et la charge de surintendant fut supprimée. Mais si la vie politique de cet homme d'état fut ainsi terminée , et si elle a été parfaitement connue de nos historiens , cent soixante ans se sont cependant déjà écoulés sans qu'on ait pu connaître bien positivement les détails de sa longue captivité ni ceux de sa fin. Comme rien n'est privé dans la vie des grands , que tout ap^ partient au public (i), et que d^ailleurs nous avons été assez heureux pour découvrir la cor- respondance inédite qui eût lieu entre le Roi de France , ses ministres et le capitaine Saint-Mars^ pendant plus de quinze années que. dura. cette détention , nous pouvons, à l'aide de ces précieux monuments historiques, pénétrer enfin dans l'in- térieur de la prison du ministre déchu ; et , en dé- (i) Massillon, /7^^// Carême ^ pag. i5 , édition de la Collec- tion des Classiques Français. DE PELLISSON ET DE LÂUZUN. SQ roulant le tableau de la vérité, relever les er- reurs commises par tous les écrivains (i). Cependant , pour ne pas distraire l'esprit du lecteur par une correspondance d'un grand in- térêt sans doute, mais aussi fort longue, nous croyons devoir continuer notre récit, en ren- voyant à la fin du volume pour les lettres. Arrivé à Pignerol dans les premiers jours de janvier i665, d'Artagnan remit Foucquet entre les mains du capitaine Saint-Mars (a), qui , après l'avoir décemment logé dans le donjon de cette citadelle, avec un domestique à ses ordres (3\ lui prêta des livres et l'avertit qu'il ne pouvait ni recevoir ni donner de ses nouvelles à p^- ' (i) Gourville assure, dans ses Mémoires, que Foucquet sortit de prison quelque temps avant sa mort. Voltaire pré- tend qu'on ne sait pas où est mort cet ir^ortuné^ dont les moindres actions avaient de V éclat quand il était puissant. Siècle de Louis XIV, tom. II , pag. 164, édition stéréotype. (a) Capitaine d'une compagnie franche d'infanterie , commandant dans ce donjon en l'absence du marquis de Piennes , gouverneur. On donna à Saint-Mars 6,000 liv. d'appointements, comme aux gouverneurs des grandes places. (3) Le domestique devait dire au gouverneur les secrets et les pensées du maître. 3a DÉTENTION DE fOUCQUET, sonne. Aussi le priva-t-il de plumes, d'encre et de papier. On i^e tarda pas à s'apercevoir que Foucquet désirait sç confesser plutôt pour apprendre des nouvelles ^ que pour accomplir un acte de dé- votion : dès-lors on ne lui permit de voir son confesseuiî que les quqtre bonnes fostes de l^année et le jour de la Noire 'Dame cTaqusiy à moins qu'il ne tombât malade. Comme il demanda bientôt des luwUes (Tofh proche^ on pensa qu'il pouvait déjà y woir, dans le voisinage, des personnes qui s'inféressai^nt à sa sortie. On redoubla d^ soiw pour ^ gard^^j la compagnie de Sainte Mars fot composée de soixante soldats, non compris les officiers ni les sous-officiers ; et l'on apprft peu de jours après que dçux anciens domestiques du surintendant s'étaient rçnjius en aeçret k PigPÇrftl » d'où op les fit sortir aussitôt. Au mois de juin, la foudre tomba sur la cita- delle. Le magasin à poudre sauta; les meubles de j'^ppj^pt^in^pt de Foucquet furent bjrisé§ sous les décombres : beaucoup de personojss punirent; mais le prisonnier et son domestique, qu'on GTpy^iJ écrasés sous les ruines , échappèrent à ce désastre par le plus grand des miracles, sans re- DE PELUSSON ET DE LAfJZUN. 3l cevoir même la moindre conbiston (i). Ils se trouTèrent dans la niche d'une fenêtre; d'où quelques habitants de Pignerol prirent oocasioQ de répéter que souvent ceux qui paraissent cri^ minels devant les hommes , ne le sont pas de-> vant Hiea (a). Aussitôt le gouverneur plaça Foucquet dans la maison du commissaire Damorézan^et s'empressa d'instruire le Roi de ce malheureux événement* Le prince lui ordonna de transférer son prison- nier au /brt de Pérouze pour y être détenu avec la même surveillance , jusqu'à ce que la ci^ tadelle de Pignerol fût réparée. £n effet, comme le capitaine Saint-^Mars avait perdu beaucoup de soldats, sa compagnie fut remise au complet Trente gendarmes de la Reine se rendirent auprès de lui pour augmen- ter l'escorte de Foucquet. On transporta une nouvelle artillerie au fort de Pérouze; Saint-^Mars en fat reconnu le comr mandant, et Ton y transféra le prisonnier avee le pius grand soin. (i) Yoyez les lettres du 29 juin et du 14 juillet i665. (1) OKHvres de Feuec^uet, seizième vokune. / DÉTENTION DE FOUCQUET , Comme celui-ci avait le plus vif désir d'écrire pour donner de ses nouvelles , il trouva le moyen de faire des plumes avec des os de cha- .pon^ de V encre avec du vin et de la suie^ et de ca- cher ses écrits dans le dossier de sa chaise. Mais ce qui surtout inquiéta le gouverneur et le minis-^ tre Ix)uvois, ce fut de voir que le prisonnier était parvenu à composer aussi une encre dont l'écri- ture ne paraissait qu'en chauffant le papier. Les écrits et les plumes furent envoyés aii ministre, et Foucquet se vit si bien surveillé qu'on le fouillait plusieurs fois dans la journée. Comme ses livres avaient été ensevelis sous les ruines , on lui donna une bible , l'histoire de France, des habits, du linge, et tous les meubles qui pouvaient lui être nécessaires. . Le valet, qui était malade, et qu'on soupçon<^ nait d'infidélité, fut changé. Il ne devait avoir rien de caché pour le gouverneur. Le prison- nier, qui tâchait toujours de séduire ses domes- tiques, ne sachant plus comment faire pour avoir du papier, écrivait dans les livres et ses notes secrètes sur des mouchoirs. Il n'est pas hors de propos de dire ici que le Roi ne désirait point savoir, au commencement de cette détention, ce que son ancien surinten- DE PELLISSOir ET DE LA.t}2DN. 33 dant écrivait ; mais il tenait beaucoup à ce qu'on lui ôtât tout moyen de recevoir des lettres et d'en écrire. Sous ce rapport, Foucquet éprouva tant de contrariétés que sa santé s'altéra sensi- blement. Néanmoins, dans la crainte qu'on ne parvînt à expédier des ordres contre&its, pour faciliter son évasion, Louvois annonça à Saint- Mars que toutes ses lettres auraient désormais quelques lignes écrites de sa main, et qu'il ne devait jamais exécuter aucun ordre sans cela. Le Roi avait envoyé aussi Lei^é à Pignerol pour restaurer la citadelle et le donjon ; mais comme cet architecte mourut avant que les travaux fussent terminés , l'ingénieur Chamois fut chargé de les achever. Aussitôt que les répara- tions furent faites et qu'on eut remeublé le loge- ment de Foucquet, .on l'y transféra sous le plus grand secret, au mois d'août 1666, d'après un ordre du Roi du i5 juillet précédent. Ne sachant plus à quoi s'occuper, pour char- mer les ennuis de sa captivité , il imagina d'en- seigner le latin et la pharmacie à son nouveau domestique (i ), et de se livrer à la poésie. Ce (i) Note trouvée dans un manuscrit du temps , ayant pour titre : Mémoires pour la postérité, I. 3 34 DÉTENTION DE FOUCQDET , travail était trop innocent pour qu'on ne lui donnât pas un Dictionnaire des rimes française^ qu'il demanda. Nous ignorons s'il travailla avec beaucoup d'assiduité, mais toujours est-il cer^ tain qu'au mois de janvier 1667 il fut encore ma- lade. Cette maladie^ quoique longue, n'eut pas de suites fâcheuses ; le siège en était au sein gauche ; cependant il porta long-temps le bras en écharpe. Comme il avait été mécontent du nouveau valet, on le renvoya ; mais on lui en donna deux pour mieux connaître ses pensées, et pour que d'ail- leurs ils pussent se veiller F un Vautre. Ces valets ne devaient plus sortir de la prison et n'étaient pas moins à plaindre que leur maître ! A cette époque, on découvrit que Foucquet, faute de papier, écrivait sur des rubans. Saint- Mars reçut l'ordre de lui en donner de noirs, et de faire doubler ses habits de la même couleur. On crut devoir ajouter à cette précaution celle d'établir une blanchisseuse dans la citadelle. Les prisonniers sont fertiles en ruses! Fouc- quet imagina de faire du papier avec son linge de table; mais il fut encore découvert, et l'on envoya ses nouveaux écrits à Louvois. Sans se dé- courager, l'illustre captif feignit d'être peu satis- DE MLLISSON ET DE LAUZUN. 35 A fait de son confesseur; et au mois de septembre 1668, il demanda le supérieur des Jésuites ou le gardien des Capucins , ou bien celui des Récoléts de Kgnerol, pour faire, disait-il, une confession générale. Saint-Mars ne voulut point accéder à son désir, se doutant bien qu'il avait un tout autre but que celui de la dévotion, et on le con- traignit d'avoir le même confesseur. Il faut croire que Fair de Pignerol n'était pas fort salubre, puisque le gouverneur, Foucquet et ses deux domestiques furent malades en même temps. On découvrit bientôt que quelques soldats avaient été séduits par un nommé Honeste; que l'un d'eux avait reçu six pistolesy et que Chant-- pagne et La Rivière ^ domestiques du prisonnier, s'étaient rendus coupables en commettant aussi quelques infidélités. Honeste et le soldat, qui avaient pris la fuite , furent arrêtés par le major de Turin et reconduits à Pignerol. Saint -Mars fit poser des grilles à chaque fenêtre de l'appartement de Foucquet. On en- toura ces grilles de clayes si serrées et si élevées, que le prisonnier ne voyait que le ciel et n'était plus à même de faire des signes au dehors ni d'en apercevoir. On jugea ^ le séducteur et le 3. 3.6 DETENTION 1>È FOUCQUtT, soldat qui avait reçu les six pistoles. Le militaire fut exécuté, et les valets se virent privés de leurs gages. Mais avant de poursuivre notre narration , nous croyons devoir rapporter ici, sous forme épisodique, que vers cette époque, mademoi- selle de Montpensier, qui avait refusé plusieurs souverains , après avoir eu l'espoir d'épouser Louis XIV , voulut faire à quarante-trois ans la fortune d'un gentilhomme. La petite-fille de Henri IV obtint du roi la permission d'épouser le comte de Lauzun. Elle lui donnait tous ses biens estimés vingt millions; trois duchés, la souveraineté de Dombes , le comté à' Eu et le pa- lais à' Orléans (ju'on nomme aujourd'hui Luxem- bourg. Mademoiselle ne se réservait rien , aban- donnée tout entière à l'idée de faire , à ce qu'elle aimait, une plus grande fortune que nul Roi n'en a fait à aucun sujet. Le contrat était dressé : Lauzun fut un jour Duc de Montpensier. Il ne manquait plus que la signature. Tout était prêt enfin, quand Louis XIV, affaibli ou plutôt fatigué par les représentations des Princes , des Ministres et surtout des enne- mis d'un homme trop heureux, tels que madame de Montespan (que Lauzun avait fort maltraitée, DE PELLISSON ET DE LAUZUN. '^'J comme on le verra bientôt) , et Louvois , dont ce comte ne fut jamais aimé ^ retira sa parole et défetidit cette alliance. Les cours étrangères, qui avaient été instruites de ce mariage , furent aussitôt informées de la rupture. Mais le comte crut pouvoir épouser en secret la princesse qu'on lui avait permis quel- ques mois auparavant d'épouser en public. Quoique Lauzun n'offensât point les lois de l'équité et qu'il ne trahît pas non plus son sou- verain, néanmoins le Monarque le fit arrêter et mener à la Bastille pour la seconde fois (i), d'où il fut conduit aussitôt à Pignerol par deux cents mousquetaires (2). C'est ainsi que, précipités en un clin-d'œil du faîte des grandeurs dans le fond d'un cachot, Lauzun et Foucquet, tristes (t) La jfilousie l'avait fait parler insolemment au Roi, qui le fit mettre à la Bastille en i665. Oa rapporte que, trois mois après, le prince l'envoya chercher pour le voir avec une barbe de capucin qu'il avait laissée croître dans sa prison, et toute la cour en rit beaucoup. Lauzun rentra bientôt dans les bonnes grâces de Louis XTV, pour les reperdre de nou- veau. (a) Pas en novembre 1670 , comme l'a dit Voltaire dans son siècle de Louis XIV, pag. 1 85, deuxième volume, éditiou stéréotype, mais bien le a5 novembre 1671. 38 DÉTENTION DE FOUCQUET, jouets de la fortune , se trouvèrent détenus dans la même prison. Le Roi donna l'ordre au gouverneur Saint- Mars de garder le nouveau prisonnier avec toutes les précautions imaginables^ attendu qu'il était capable de tout pour se sauver par force ou par adresse. Les instructions portaient aussi qu^il aurait deux domestiques qui ne communiqueraient avec personne, et que la garde du comte de Lauzun était si importante , qu'il fallait prendre le soin d'en donner des nouvelles tous les ordi- naireSj et de ne point lui laisser de papier, d'en- cre ni de plumes pour écrire. En effet, arrivé dans les premiers jours de décembre 1671, le prisonnier fut logé au-dessous de Foucquet sans le savoir , et non pas sous une basse voûte, comme on l'a dit. Sa chambre fut meublée d*un bon lict^ de sièges y tables^ chenets et iistancilles de feu ^ et d'une tapisserie de Ber- game propre et honneste (1). Ce logement était si sûr par ses doubles portes, (i) Voyez V instruction pour la garde tle M, le comte €ie Lauzun, du 26 novembre 167 1, signée Louvois. DE PELLISSON ET DE LkVlVN. 'ig ses triples verrous , ses grilles en dedans et en dehors et même à la cheminée, que le gouver- neur répondit de Lauzun ; néanmoins, comme il témoigna quelque crainte de la vengeance de ce seigneur pour l'avenir , Louvois lui écrivit de ne point se mettre en peine du ressentiment que ses prisonniers pourroient avoir contre lui s'ils venoient h être mis en liberté. Le Tellier envoya au comte de Lauzun des livres, ainsi que le linge et la vaisselle plate qu'il n'avait pu emporter lors de son arrestation ; mais comme on crut prudent de ne point lui laisser d'argent, Saint-Mars lui prit, par ordre du roi, celui qu'il avait , ou du moins crut l'avoir tout pris. On lui permit de se confesser aux mêmes époques que Foucquet , et d'entendre la messe les fêtes et dimanches à une heure difîerente. Ce comte , toujours destiné aux aventures, ne tarda pas à briller une planche de sa chambre , pour voir ce qu'il y avait au-dessus de lui ; Saint-Mars s'en aperçut bientôt, et le menaça de le faire garder à vue si cela lui arrivait encore* On découvrit aussi que quelques étrangers venus de Paris, avaienit essayé de nouer des Jntel- 4o DÉTENTION DE FOUCQUET, ligences avec ce prisonnier. Ces manœuvres se-^ crêtes n'eurent point de résultats contraires aux volontés du Roi, attendu que plusieurs personnes furent arrêtées, et que l'une d'elles reçut l'ordre, après avoir été en prison , de sortir dans vingt- quatre heures de la ville et du gouvernement de Pignerol avec deffense dy rentrer jamais (i). A cette même époque le Roi permit , pour la première fois, à Foucquet de lire une lettre et un mémoire de sa femme et d'y répondi*e ; mais la réponse devait être remise au Prince, pour savoir s'il aurait pour agréable de l'envoyer en- suite à madame Foucquet (2). Il est à remarquer que peu de temps après , cette dame obtint la liberté de pouvoir écrire deux Jbis r année à son mari et d*en recevoir autant de lettres (3) avec obligation de les adres- ser au ministre Louvois pour qu'il put voir si (i) La dame Carrière. Le sîeur Mathonnee, aide-major de Pignerol, (ut privé des fonctions de sa charge^ et tenu de s'en démettre moyennant deux mil escus de réscompense^ ( Voyez la lettre du 17 octobre 1672. ) (a) Voyez la lettre du 18 octobre 1672. (3) Lettre du 10 avril 1674. DE PELLISSON ET DE LAUZUN. 4' l'on y traitait d^ affaires étrangères à des intérêts de famille. Si Foucquet, dont les chagrins précipitaient les années , eut lieu d'être un peu moins triste , Lauzun se vit plus contrarié. Le marquis de Seignelay venait de lui écrire au nom du Roi (i) pour l'engager à se démettre de sa charge de capitaine des gardes du corps , avec l'invitation de désigner la personne à qui l'on pourrait en rembourser le prix (2). Cet ordre le contraria à tel point , qu'il s'emporta de la manière la plus violente contre Saint-Mars et répondit à monsieur de Seignelay qu'il ne donnerait pas sa démission. Il profita de cette occasion pour se plaindre de prétendus mauvais traitements qu'il recevait dans sa prison, quoique le gouverneur usât de la plus grande douceur envers lui et qu'il eût tous les égards qui étoient dus a sa naissance et au rang qu*U avoit tenu à la cour (3). Néanmoins , ce comte , qui commençait à se jeter dans la dévotion , ne tarda pas à informer (i) Le 9 novembre 1672. (a) 4oOyOoo livres. (3k) Lettre du 12 décembre 1672. 4a DÉTENTION DE FOUCQUET, Louvois qu'il voulait se démettre de sa charge (i ). Alors on introduisit un notaire près de lui pour expédier cette démission , d'après un modèle qu'on avait envoyé; mais quand il fallut signer, il s'y refusa. On lui fit savoir aussitôt que M. de Luxembourg en serait pourvu , ainsi que l'avait été M. de Noailles , sans qu'il en coûstât rien ; alors il eut l'air de vouloir s'en démettre, mais non sans de grandes contrariétés, puisqu'il en devint malade de chagrin. Ce ne fîit toutefois qu'en 1677, lorsqu'il ap- prit de Louvois, que le maréchal de Luxem- bourg en avait été pourvu (a), qu'il se décida à donner sa démission; mais on lui fit sentir qu'elle était inutile. (i) Lettre du 10 janvier 1673. (2) Voyez la lettre du 9 février 1677. Le comte de Lauzun ne se consola jamais de n'être plus capitaine des gardes du corps; et cette folie le dominait si puissamment , qu'il prenait souvent un liabit bleu à galons d'argent, qui, sans être tout-à-faît semblable à l'uniforme des gardes , aux jours de revue , en approchait beaucoup. A l'âge de quatre-vingts ans, il avait encore cette manie ^ qui l'aurait rendu ridicule si, à force de singularité, il ne se fût rendu supérieur au ridicule même. Galerie de la cour, tooi. Il, pag, 39, deuxième édition. DE PELLISSOW^ET DE LÂUZUN. 4^ Lauzun devint d'une humeur si sombre et si bizarre , qu'il se vengeait sur ce qui l'environ- nait, des chagrins qui le déchiraient; aussi Saint- Mars n'allait-il plus le visiter si souvent. Néan- moins, comme ce gouverneur tenait beaucoup à connaître ses occupations , il imagina , pour ne pas manquer à son devoir, de monter sur des arbres touffus d'où il pouvait voir ce qu'il faisait sans être aperçu. Il découvrit qu'il avait souvent une lunette (T approche à la main; et, comme la chute des feuilles n'allait plus permettre à Saint- Mars de se cacher, celui-ci, qui avait rendu compte au roi de sa découverte, reçut l'ordre de prendre au comte de Lauzun la luneXXe^ faisant semblant de la trouver visitant son appartement (i). Louvois crut devoir user de cette rigueur, at- tendu qu'il avait appris que quelques personnes au service de mademoiselle de Montpensier, dont Lauzun demandait souvent des nouvelles au gouverneur , avaient disparu de Paris et pou- vaient bien s'être transportées dans les environs de Kgnerol (a). (i) Voyez la lettre du lo novembre 1675. (a) Principalement un nommé Lamy, qui avait élé-mis dans les gardes du Roi par M. de Lauzun. Lettre du 16 mars 1676. 44 DÉTENTION DE FOUCQCET, On redoubla donc encore de soins pour sa garde. A cette époque, on lui annonça que le duc de la Force venait de l'instituer son héritier, et que s'il voulait accepter cette hérédité, il Êillait qu'il nommât madame de Nogent, sa sœur, pour sa procuratrice (i). Mais comme il devint indispen- sable, pour des affidres de Êunille, que cette dame vît le comte de Lauzun , elle obtint du Roi la permission d'aller à Pignerol avec son fipère et l'avocat Izam. En efFet, d'après l'ordre de Louis XTV, Saint-* Mars se disposait à faire venir le prisonnier dans son appartement, pour y traiter les afiaires à haute voix^ en sa présence et celle d*un com*- nUssaire^ à quatre reprises différentes, durant deux heures chaque fois; mais le comte de Lau- zun se trouvant malade , le Roi ne permit qu'on lui laissât aucune communication avec qui que ce fut, qu'après qu'il serait en éjtat d'être trans- porté dans l'appartement du gouverneur. Ce- pendant le monarque voulut bien permettre qu'on donnât aux prisonniers la satisfaction de (i) Lettre du i8 mai 1676. m FRLLISSON ET DE XiAUZUN. /|5 se promener trois fois par semaine sur le rem- part pour prendre l'air, à des heures différentes l'un de l'autre , ou bien à la volonté du rigide Saint-Mars. Toutefois, ils ne devaient jouir de cette faveur qu'après le dépari de madame de Nogent^ de M. le cheualkrde Lauzun et de ceux qui les avaient accompagnés (i). La santé du comte se rétablit un peu. Sa fa-* mille obtint les quatre entretiens dans le mois d'octobre 1677 avec les précautions exigées; les promenades eurent lieu après , mais le gouver- neur crut prudent de ne point laisser les deux prisonniers ensemble. Lauzun , par son humeur noire et violente à la fois, chagrinait toujours Saint -Mars, qui ce- pendant lui prodiguait tous les soulagements dont il pouvait avoir besoin , sans pour cela dé- roger en rien aux précautions prescrites par le Roi. Bientôt le domestique, ayant essayé d'ai- der son maître à s'évader (a) , fut renvoyé dans son pays avec les menaces de le mettre aux ga- (1) Lettre du i" novembre 1677. (2) Il était sur le point de s*échapper, quand il fut surpris par une sentinelle. 46 DÉTENTION DE FOUCQUET, lères , s'il ne s'y rendait pas directement ; et le gouverneur , malgré tous ses soins à observer ses prisonniers , ignora long-temps l'intelligence qui régnait depuis peu entre Foucquet et le comte de Lauzun. Voici comment : La chambre de ce dernier était placée préci- sément au-dessous de celle de l'ancien ministre , ainsi que je l'ai déjà dit; le comte parvint à s'y introduire, à l'aide d'une nouvelle ouverture se- crète qu'il réussit à se pratiquer. Le surintendant, qui , lors de sa gloire et de sa puissance, n'avait vu Puyguilliem (i) que dans la foule, comme un cadet de Gascogne, gen- tilhomme sans fortune , mais protégé du ma- réchal de Grammont, son parent, et reçu chez madame la comtesse de Soissons, où Louis XIV se rendait assidûment , le crut fou quand il lui conta qu'il avait été \q favori du Roi^ colonel- général des dragons , capitaine des gardes du corps j et comment il avait manqué la place de grand-maître de Tartillerie (2). (1) Lauzun fut connu d'abord sous le titre de marquis de Puyguilhem , que Voltaire écrit Peguillin, (a) Le duc de Mazarin , retiré de la cour en 1669, voulut DE PELLISSON ET DE LAUZUN. ^ 4? Foucquet crut la folie arrivée à son comble et craignit même de se trouver avec lui, lorsque le favori disgracié ajouta qu'il avait eu la per- se défaire de sa charge de grand -maître de l'artillerie. Lauzun en eut vent le premier, et la demanda au Roi , qui la lui promit , mais dans le secret. Le jour venu où le prince devait le déclarer grand-maître, Lauzun alla attendre la sortie du Roi du conseil des finances dans une chambre où personne n'entrait. Il y trouva Njerty premier valet de chambre en quartier. Lauzun, sûr de son affaire, crut se dévouer Nyert en lui faisant part de ce qui allait se déclarer en sa faveur. Le valet de chambre lui en témoigne sa joie , mais il monte avec adresse au bureau de Louvois, et l'avertit que Lauzun allait être déclaré grand-maître de l'artillerie. Ce ministre, qui haïssait Lauzun, descend, pénètre au conseil, tire le Roi dans l'embrasure d'une fenêtre, et lui dit qu'il a cru de son devoir de lui représenter l'incompati- bilité qui existe entre lui et le comte de Lauzun. Le Roi , piqué de voir que son secret est connu de celui à qui il avait à cœur de le cacher, lui rénond que cela n'est pas fait en- core, et le congédie. Un instant après, le Roi sort pour aller à la messe, et passe sans rien dire à Lauzun, qui, fort étonné, attend le reste de la journée , et puis en parle au Roi à son petit coucher. Lauzun, peu satisfait des réponses du Monarque, va trouver madame de Montespan, et la conjure de faire cesser son inquiétude. Celle-ci lui promet merveille, et l'amuse ainsi plusieurs jours. Las de ce manège , il prend une résolution incroyable , si elle n'eût été attestée de toute la cour. Ce comte était fort bien avec une femme de chambre, favorite de madame de Montespan , et ce fut par son moyen 48 DiTENTiON Bë FOUCQUET, mission d'épouser la petite-fille de Henri IV avec tous les biens et tous les titres de la maison de Montpensier. Le surintendant ne douta plus qu'il vint à bout de la plus hasardeuse entreprise dont on ait entendu parler. Le Roi passait toutes les nuits avec la Reine , mais il voyait souvent Taprès-dînée ses maîtresses. Lauzun se fit cacher sous le lit dans lequel le Roi s'allait mettre avec madame de Montespan. Par leur conversation, il apprit V obstination que Louvois avait mise à s'opposer à son désir; la colère du Roi de ce que son secret avait été éventé; sa résolution de ne point lui donner la charge, et les mauvais offices de la dame. Le Roi se lève ; madame de Montespan se met à sa toilette pour aller à la répétition d'un ballet où le prince, la Reine et toute la cour devaient se trouver. Lauzun sort adroitement, vase rajuster chez lui , et puis revient à la porte de madame de Montespan. Lorsqu'elle sort, il lui présente la main , lui demande d'un air fort respectueux s'il peut se flatter qu'elle ait daigné se souvenir de lui auprès de Sa Majesté. Elle l'assure que oui. Alors, s'approchant de son oreille, il lui dit qu'elle est une menteuse , une coquine ^ une. ... . , et lui répète mot pour mot sa conversation avec le Roi. Madame de Montespan est si troublée, qu'à peine arrivée au lieu où devait se faire la répétition du ballet, elle s'évanouit. Le Roi, effrayé, vient à elle, et ce n'est pas sans peine qu'on la fait revenir. Le soir , elle conte au Roi ce qui lui est arrivé. Le Priiice est irrité de toutes ces injures. . . Lauzun, de son côté, est furieux de manquer l'artillerie. Il épie un téte-à-téte avec le Roi , lui parle de l'artillerie , et le somme de tenir sa parole. Le Monarque lui répond qu'il DE PSLLISSON ET ]>£ LAUZUN. 49 alors que LauEun n'eût la cervelle totalement dérangée, et prit tous ses récits pour des contes en Tair. Le sort voulut que, peu de temps après, leur situation fut adoucie. Le Roi leur permit de se voir en toute liberté, pourvu qu'ils fussent ac- compagnés du gouverneur; de manger et de passer les journées ensemble; de se promener^ non-seulement dans le donjon, mais encore dans toute la citadelle; de jouer avec les officiers; d'avoir toutes sortes de livres et de gazettes; cependant on avertit le comte de Lauzun que ks gens armés d'armes à feu qui marchaient à sa suite tireraient sur lui s'il faisait le moindre effort pour s'évader, et que si lui et Foucquet donnaient de leurs nouvelles par d'autres voies, que par c^e de Saint-Mars, celui-ci remettrait leur garde sur le pied de la première année. n'est plus temps. . . . Alors Lauzun tourne le dos, tire son épée, en casse la lame, et s'écrie qu*il ne servira plus un Prince qui lui manque si vilainement de parole,. . . Le len- demain matin Lauzun fut arrêté dans sa chambre et conduit à la Bastille, d'où il sortit peu de temps après. Mémoires pow:. servir à t histoire des règnes de Louis XIV et de Louis XFf totn. Il, pag. 99, deuxième édition. I. 4 5o DETENTION DE FOUCQUET, On leur fit espérer aussi que le Roi, dans sa générosité, permettrait bientôt que des gens de la ville vinssent leur tenir compagnie, et que cette même faveur serait accordée à leurs pa* rents. Enfin le prince, satis£siit des services du se* vère gouverneur, lui accorda une gratification de 1 5,000 livres. Il permit en même temps au comte de Lauzun de se confesser chaque mois , d'entendre la messe tous les jours avec Fouc- quet; et, pour le contenter davantage, on lui donna l'appartement qu'il désirait (i). Mais ce qui dut achever de rappeler à la vie l'ancien surintendant, ce fut d'apprendre que le comte de Vaux, son fils, était porteur d'une lettre par laquelle le Roi permettait à ses en- fants, à M. de Mézières, son frère, de se rendre à Pignerol, ainsi qu'à madame Foucquet (a), qui (i) Oo a rapporté que, dans la crainte qu'on ne lui donnât un prêtre supposé, il ayait demandé un capucin, et que, dès qu'il le vit, il lui sauta à la barbe et la tira très-fort pouF s'assurer qu'elle n'était point postiche. Une lettre du 21 février 1677 nous apprend edrectivement qu'un ecclésiastique fut maltraité, mais rien ne prouva qu'elle se rattache à l'anecdote du capncin. (2) Marie- Madeleine de Castiile, qui prit un logement DE PELLISSON KT D£ LAUZDIC. 5l pouvait jouir de la faveur de voir son époux à toute heure , et de rester avec lui si elle le sou* haitait. La même grâce fut accordée au comte de Lauzun, à l'égard de madame de Nogent et du chevalier de Lauzun, son frère; mais on leur ré- péta qu'ils ne devaient donner de leurs nou- velles à personne sans remettre leurs lettres au gouverneur. Ce fat donc vars la fin de mai 1679 V^^ ^^^* cien ministre revit pour la première fois sa fa- mille, si malheureuse depuis dix-neuf ans, après avoir été si puissante ! Mais si Foucquet, dans sa résignation, sut ob- server en tous points les ordres prescrits , il n'en fut pas de même du comte de Lauzun, dont l'hu- meur, les violences et les inquiétudes faisaient le tourment de Saint-Mars. Le Père Désescures, supérieur des jésuites, qui parut suspect j n'eut plus ses entrées dans le donjon (i); et quoiqu'on fat mécontent de la ai^ec soD fils Charles-Armand Foucquet , dans la maison du sieur Fenouil. (i) Ce ne fut qu'après la mort de Foucquet que le P. Dés- escures rentra au donjon. 4. 5l DÉTEWTION DE FOUCQUET^ conduite de Lauzun, le Roi lui permit d'avoir quatre jeunes chevaux pour les monter dans la cour et sur le bastion où il auait coutume de se promener (i). Le monarque permit aussi à ma- demoiselle Foucquet d'occuper un logement au- dessous de celui de son père. Un fait remarquable et bien digne de fixer l'attention, c'est qu'aussitôt que cette demoi- selle logea près de l'auteur de ses jours, les illus- tres prisonniers se brouillèrent à jamais (2). Louvois ne fut point contrarié de cette mésin- telligence, attendu qu'elle pouvait servir à faire connaître les projets et les pensées de l'un ^t de l'autre; aussi recommanda- 1 -il au gouverneur de ne pas chercher aies raccommoder (3). Il est vrai que, lors même qu'on les aurait rapprochés, leur union n'eût pas duré long-temps , puisque Foucquet termina sa carrière le aS mars 1680, (i) Lettre du a8 novembre 1679. (2) Il n'est pas hors de propos de rappeler ici que, tant que Lauzun vécut, il ne cessa de rendre de mauvais offices à la famille du surintendant; et, si Ton n'a pas connu jusqu'à présent la cause de cette inimitié, dont on a tant parlé, peut-être la devine-t-on aujourd'hui, en se rappelant l'hu- meur galante et séductrice de Lauzun. (3) Lettre du 24 janvier 1680. DE PELLISSO^ ET DE LAUZUN. 53 dans les sentiments d'un véritable pénitent. Ses dépouilles furent déposées dans les caveaux de Téglise de Sainte-Claire. Le comte de Vaux emporta les papiers et les vers de son père (i), au grand regret de Lou- vois (a), et madame Foucquet fit des démarches auprès du Roi pour obtenir le corps de son époux. Cette grâce lui ayant été accordée (3) , les dépouilles mortelles du surintendant furent déposées, le a8 mars de l'année suivante, dans l'église du couvent des dames de Sainte-Marie, grande rue Saint-Antoine, à Paris (4), dans le même caveau où son père avait été inhumé qua- rante ans auparavant (5). (i) Peut-être l'ouvrage qui fut publié en x683 sous le titre de Conseils de la sagesse ^ etc. (a) Lettre du 8 avril i68o. (3) Lettre du 9 avril 1680. (4) Extrait des registres mortuaires de cette église. • Lé a8 mars 1681, fut inhume dans notre église, en la chapelle de Saint-François-de-Sales, messire Nicolas Fouc- quet , qui fut eslevé à tous les desgrés d'honneur de la magis^ trature, conseiller du parlement, maître des requeste^, procu^* reur général, surintendant des finances, et ministre d'Estat. » (5) Ce caveau se trouvait placé sous la chapelle de Sainte . François-de-Sales.. Le motif de ces deux inhumations dans ce lieu , se trouve expliqué par la pièce que voici ; 54 DÉTENTIOIf DE FOUCQUET, Malgré sa vigilance ^ ce ne fut qu'après la mort du ministre disgracié^ que Saint-Mars apprit les communications qui avaient existé entre les deux prisonniers. Il en informa aussitôt Louvois, dont il reçut Tordre de faire reboucher rouver\:ure secrète, et de donner le logement de Foucquet « Extrait du testament olographe de feu M. François Fouc* « quet, conseiller ordinaire du Roy en son conseil d'Estaty « datte du vingt fébvrier 1640. Signé F. Foucquet. « Que du jour de mon deceds il soit dict par chaque jour à perpétuité y pour la rédemption de mes pesches, et pour prier la divine bonté pour ma femme et mes enfants , une messe basse à heure certaine au monastère de la Visitation, pour la fondation de laquelle je donne quatre mil livres pour estre employées à rentes ou héritages y à condition que ma femme la fera célébrer sa vie durant par un ecclésiastique séculier ou régullier que bon luy semblera. « Ce fut faict extraict et collationné sur l'original à Tinstant rendu par le dict notaire soubs signé. A Paris ce quatre may 1640, GOUSINET. >* Dans une autre pièce on voit que madaùie Foucquet donna en i653 un supplément de 600 livres aux 4,000 livres pour la fondation faite audit monastère. On peut consulter les pièces originales , les quieêances et . conventions des religieuses de Sainte-Marie, R. Saint-Antoine aux archives du royanme, section historique, carton L» n*'ii76. D£ PELLISSOIC ET 0£ LAUZIJN. ^ 55 à Lauzun. Le gouverneur redoubla de zèle pour sa garde et fit de fréquentes visites dans l'appar- tement du prisonnier, parce que horrnne au monde y selon Louvois, n'était plus capable de dissimulation quelùy{i). Néanmoins, d'après un nouvel ordre du 12 avril 1681 , porté à Saint- Mars par MaupertuiSy sous-lieutenant de la pre- mière compagnie des Mousquetaires à cheval, le comte de Lauzun sortit de sa prison, le a 2 du même mois, et fut conduit aux ^^m's.A^ Bourbon^ où se trouvait alors madame de Montespan (2). Mais comme le premier volume de la vie de ce seigneur est terminé, et qu'ici commence le se- cotujt tome (3) étranger à notre sujet, nous re« (1) Lettre du 8 avril x68o. {%) Yoici l'Attestatioa remaïquable de la remise du pri* sonnier : « MoiBÎear île St.-Mars ma remis entre les mins mon- sieur le conte de laut zeun smvant Tordre que ge luy en é a porté du Roy a PignieroUe ce vinté deux £iesme avril mille cix sans quatre vint é eun, • Maupertuis. » (3) Expression de madame àe Sévigné. Lauzun ne sortit de Pignerol qu'à condition que Mademoistlle céderait an duc du Maine la souveraineté de Dombes et le comté d'Eu. Alors il fut permis à MademaiseUe de vivre avec son mari. Elle ne tarda pas à s'en repentir, par les outrages qu'elle eut 56 DJÉTENTION DE FOUGQUKT, venons à Pellisson que nous avions abandonné pour porter un nouveau jour sur quelques points historiques qui n'avaient pas encore été bien éclaircis. Les créatures de Louvois , de Colbert , de Le Tellier, et ces ministres eux-mêmes qui s'étaient réjouis de la disgrâce du surintendant, ne. par- donnèrent point à Pellisson son généreux dé- vouement. Aussi cherchèrent-ils à irriter contre lui le Roi , qui bientôt donna Tordre de traiter le prisonnier avec la dernière rigueur. En effet , après l'apparition de son éloquente apologie , où son ame généreuse éclatait tout en- tière, Pellisson , qui jusqu'alors avait eu la faci- lité d'écrire dans sa prison, fut privé de livres, d'encre, de papier (i) et n'eut pendant long- à essuyer. Lauzun poussa l'insolence à un tel point , qu'un jour en venant de la chasse, il lui dit : « Henriette de Bourbon^ tire-moi mes bottes, » La demoiselle s'étant récriée, le comte fit un mouvement du pied pour la frapper. La princesse lui défendit dès-lors de paraître en sa présence. (i) On peutYoir, à la fin du volume, dans les lettres inédites que j'ai trouvées, que depuis le mois d'août z66a jusqu'au 29 novembre i665, Pellisson n'écrivit point à Colbert. On a rapporté que cet illustre prisonnier se vit réduit à écrire sur des marges de livres ^ atiec le pomb de ses vitres j ou avec DE PKLLISSOU ET DE LAUZUN. S'J temps d'autre ressource contre Fennui, toujours inséparable d'une longue captivité , qu'un Basque stupide qui ne savait que jouer de la musette. Mais dans ce faible amusement il trouva une distraction à sa douleur. Une araignée faisait sa toile dans un soupirail qui donnait du jour à la prison : il eut l'idée de l'apprivoiser. Tandi3 que le Basque jouait de la musette, Pellisson mettait des mouches sur le bord du soupirail; l'araignée , s'accoutumant insensiblement au son de l'instrument, sortait de son trou, et courait sur la proie qu'on lui ménageait. C'est ainsi que l'appelant toujours par le même signal, il parvint, après une patience de plusieurs mois, à apprivoiser cette araignée, qui allait prendre une mouche au fond de la chambre , et quelquefois sur les genoux de Pellisson. On raconte à ce sujet que Bezemaux, gouver- neur de la Bastille , vint un jour voir son prison- nier, et lui demanda, avec un sourire insultant, à quoi il s'oôcupait : Pellisson , d'un air serein , une espèce d'encre qu'il imagina^ en délayant de là croûte de pain brûlé dans quelques gouttes de vin qu'on lui servait. L'anecdote est fausse; on ne lui laissa aucun livre à cette époque. 9 58 DETEUTTIOfii DE FOUCQUET, lui dit qu il avait su se faire un amusement; et donnant aussitôt son signai, il fit venir l'araignée apprivoisée sur sa main. Le gouverneur ne l'eut pas plus tôt vue, qu'il la fit tomber à terre et l'écrasa avec 60u pied..« ^h! monsieur ^ s'écria ^Wi^on^ f aurais mieux aimé que vous m* eussiez cassé le bras (i), » Sans doute cette action cruelle- ne pouvait venir que d'une ame atroce ; cependant on s'est accordé à dire que Bezemaux était moins inhu- main que les autres gouverneurs, et qu'après avoir souvent adouci les peines des malheureux (i) Mémoires pour servir à rhistoire des règnes de Louis Xrv et de Louis XV, pag. 444 , partie II, deuxième édition. M. Walckenaer a mis en doute une partie de cette anec- dote. Il convient de l'intimité qui régnait entre Pellisson et son araignée, mais il ne croit pas à la /catastrophe qui ter- mina l'aventure (a). Cependant Delille a dit dans son poème de Vlmagination : «cUn geôlier, au coeur dur, au visage sinistre, Indigné du plaisir que goûte un malheureux. Foule aux pieds son amie, et Técrase à ses yeux. L^insecte était sensible et Thomme fut barbare! O tigre impitoyable et digne du Tartare, Digne de présider au tourment des pervers, Va, Mégère t^attcnd au cachot des enfers! » (a) Voir à et sujet , une lettre io»érce daus le tome t. des Archives LiuirAtrti. DE PELLISSON ET DE LAUZUJf. 69 confiés à sa garde , il avait quelquefois obtenu la liberté de plusieurs prisonniers. On a rapporté aussi qu'afin de surprendre à Pellisson les importants secrets dont il était dépo- sitaire , on plaça près de lui a un Allemand simple et grossier en apparence , mais fourbe et rusé coquin dans le fond, qui feigna^ d'être prison- nier, et dont les fonctions étaient de jouer le rôle d^espîon. A son jeu et à ses discours Pel- lisson le pénétra ; mais, ne laissant pas voir qu'il connût le piège qu'on lui tendait, et redoublant au contraire ses politesses envers l'Allemand, il s'empara tellement de son esprit qu'il en fît son émissaire», et eut par -là une correspondance journalière avec mademoiselle de Scudéry. Cette dame , convaincue de l'innocence du prisonnier, écrivit à Colbert pour le supplier d'adoucir la prison de son amly et de faire en sorte que la mère de Pellisson, Rapin, son beau-frère, Ménage et elle eussent la liberté de le voir une fois ou deux ta semaine (i). A ces lettres en succédèrent d'autres non (i) Voyez celte lettre remarquable aux pièces justifica- tives. 6o DJ£T£JMÏK)N DE FOUCQUET, moins touchantes de la mère infortunée de l'inno- cent prisonnier, qui , faible et soufïrant de la tête et des yeux , cessa d'être enfin sous le poids du secret, et obtint la faible consolation de se pro- mener sur la terrasse du château, accompagné toujours de quelques gardes. Bientôt les ducs de Montausier, de Saint- Aignan et d'autres personnages non moins il- lustres s'empressèrent de l'aller voir dans sa prison. Des gens de lettres lui transmirent les té- moignages de leur profonde estime. Tannegui- Lefèvre, père de la célèbre madame Dacier, lui dédia son Lucrèce et sa traduction du traité de Plutarque sur la superstition. Le prisonnier à son tour fit présenter au Roi un placet en vers au nom de la Pigeonne de Sapho ( i ). Le prince rendit une justice éclatante, mais trop tardive, à son innocence , et le généreux défen- seur de Foucquet fiit enfin mis en liberté. Revenu de ses préventions contre Pellisson , Louis Xiy, se plaçant lui-même au nombre des admirateurs de ses talents, lui rouvrit la carrière administrative et honora sa fidèle indépendance. Comme il n'avait plus de bien et qu'il avait sa- (i) Œuvres diverses de Pellisson, tom. I*^ pag. i47. DE PELLISSON ET DE LA.U2UJÎ. 6l crifié 54îOOO francs de sa fortune pendant les cinq années de sa détention , le généreux mo- narque lui assura une pension de deux mille écus, et ajouta à cette grâce celle, bien plus flatteuse encore , de lui donner les entrées des gentilshommes de la chambre, qu'on nomme aussi les grandes entrées, A cette même époque , le duc de Montausier confia à mademoiselle de Scudéry, que, si Pel- lisson était catholique il se ferait un plaisir de le proposer au Roi pour être précepteur du Dauphin et président à mortier, attendu que M. de Périgni, accablé d'infirmités, 'était prés de mourir. Cette confidence fiit connue de Pellisson, qui, à peine sorti de prison, avait déjà manifesté le désir d'embrasser la foi catholique ; mais dans la crainte qu'on ne le soupçonnât de s'être plutôt laissé éblouir et entraîner par la fortune qu'éclairer par la vérité , et incapable d'ailleurs d'emprunter le voile de la religion pour arriver à ses fins , il retarda cette cérémonie. Ce ne fut qu'après la mort du président de Périgni (i), remplacé auprès du jeune prince par l'illustre (i) Premier septembre 1670. 6a DÉTENTION DK POUCQUET, Bossuet (i), que Pellisson abjura la religion protestante dans l'église souterraine de Castres, entre les mains de Gilbert de Choiseul (alors évêque de Comminge), et entra dans l'état ecclé- siastique (i)> Comme la lettre qu'il écrivit au roi le jour même de son abjuration est aussi courte que belle , et qu'elle peint parfaitement le désinté- ressement et la sincérité de sa conversion , nous croyons devoir la placer sous les yeux du lecteur : a Sire , « Quelque profond que soit mon respect pour V. M., j'ai cru devoir faire sans elle la seule chose du monde qu'il ne faut point faire pour lui obéir ni pour lui plaire. Dieu a voulu toutefois qu'après lui V. M. y eût la première part. Sept ans de prière et d'étude avaient éclairé et con- vaincu ma raison. Le seul état d'infortune et de disgrâce où je me trouvais , me rendait suspectes toutes les lumières et les inspirations du Ciel, quoique vives et fortes. Il a plu à V. M. de me tirer de cet état il y a neuf mois. Qu'elle compte (i) Il était déjà nommé à Tévéché de Condom. (a) Le 7 octobre 1670. DE PELLISSON ET DE LAUZUir. 63 donc, s'il lui plaît, désormais , entre les grâces que j'ai reçues de sa bonté , et dont je lui dois être éternellement obligé, celle qui est sans com- paraison la plus grande, et qu'elle ne pensait pas m'avoir faite ; je veux dire tout ce que les hommes pouvaient contribuer à ma conversion et à mon salut : et qu'elle soit bien persuadée aussi , qu'on ne peut être avec plus de vénéra- tion , plus de zèle et plus de reconnaissance que je le serai toute ma vie , Sire , de V. M. le très- humble , etc. arer un peu sa mauvese santé et lantretenir très souvant , desel^gasions que nous vous avons monsieur, dont ie suis bien asseurée qu'il a tous les sentimants pos- sibles. Et pour moy, monsieur, en mon particulier, ^ibpy qu'il me puisse arriver, je ne cesseray point de faire des vœux au Ciel pour vostre prospérité , comme, monsieur, voal^e très humble et très obéissante servante , FoNTANiiER, mère de Pellisson. Monsieur , AU MEME. DéoeabM i663. Quoy que ie n'aye presques pas l'honneur d'estre connue de vous , ie ne laisse pas d'espérer que vous ne trouvères point mauvais que ie prenne non seulement la liberté de vous escrire, mais encor celle de vous de- mander une grâce, et pour vous obliger à m'escouter favorablement, ie vous protesteray d'abord, que le do GORR£SPOirPA.NGE Roy n'a point de suiette qui ait plus de passion , ni pliis de zele que i'en aj tousiours eu pour sa gloire ^ et que feu M. le Cardinal n'a iamais obligé personne qui ait eu plus d'estime pour ses grandes qualités, ni plus de recon- noissance de ses bienfaits. Apres cela, monsieur, i'ose vous coniurer très instamment, si tous le pouvez, comme ie n'en doute point, de faire que la prison de M. de Pellisson soit un peu plus douce. Si sa vertu , sa probité , son zele pour le service du Roy, et la considé- ration que ie scay qu'il a tousiours eue pour vous, vous estoient bien connues , vous le regarderiez , sans doute , comme un homme dont l'innocence doit estre protégée par vous. le le dis , d'autant plus hardiment , monsieur, que i'espere que i'auray quelque iour l'honneur de vous le faire voir clairement. le vous coniure donc , monsieur, d'avoir la bonté de faire en sorte que la mère de M. de Pellisson , M. Rapin , son beau frère, M. Ménage et moy ayons la liberté de le voir une fois ou deux la semaine, l'ose vous dire encor, monsieur, que si vous scaviez bien les choses, vous connaitries que ie ne vous de- mande rien que de iuste, lors que ie vous coniure d'a- doucir la prison de mon amy. l'ose mesme vous assurer monsieur, que cette douceur sera glorieuse au Roy, pour le service du quel ie sui^ assurée que M. de Pellisson voudroit donner toutes choses iusques à sa propre vie ; et ie vous assure aussi que vous ne pouvez rien faire de plus iuste ni de plus honneste. le n'ose vous dire, mon- sieur, que i'auray une reconnoissance éternelle de cette grâce, si vous me l'accordez; mais ie vous assure que vous obligerez un nombre infini d'honnestes gents , en obligeant mon amy. Si l'eusse cru ne vous importuner iirioiTE. 8i pas, ie Yous aurois demandé un quart d'heure d'au- dience pour vous dire ce que je vous escris , et peut estre quelque chose de plus , mais n'ayant osé le faire , ie me suis hasardée de vous escrire sans vouloir employer, personne auprès de vous, q^oy que i'aye beaucoup d'amis par qui i'eusse pu vous faire prier, mais i'ay mieux aimé ne devoir rien qu'a vostre propre générosité. Voila , monsieur, quels sont les sentimens d'une per- sonne qui aura beaucoup de ioye , si vous voules bien qu'elle ait l'honneur d'éstre toute sa vie, monsieur, vostre très humble, très obligée et très obéissante servante, Madeleine de Scudeat. Monsieur , ▲n MEHE« MTercredy, avril 1664. le vous suplie très humblement de me vouloir par- donner mes importunités et la liberté que ie prands de vous demander l'honneur de vostre protection pour un placet que ie man vay présenter au Roy, tendant a luy demander la liberté de voir mon pauvre fils , lequel a grand besoin de mes soins. I'ay desia, monsieur, esprouvé vostre générosité en une parelie rancontre dont ie conserveray le ressentiment toute ma vie, et vous proteste fort sincèrement , monsieur, que ie nabuse iamais de la grâce qu'il vous pleut de me faire , que sy des esprits mal tornés ont voulu vous persuader du contraire, vous estes trop esclairé, monsieur, pour ne L 6 8a CORRESPOirDANC£ pas distinguer leur malice, et trop équitable pour ne pas croire, que i'aj une extrême recognoissance de toutes vos bontés, et que ie suis avec plus de respect que personne du monde , monsieur, vostre très humble et très obéissante servante , FoNTANiER , mère de Pellison. AIT MBMB. Paris, le i4 jaiUct 1664. MoNSSGNEUa, Je feus contrainte de me retirer de Fontenebleau le jour après moistre donné l'honneur de vous voir, a cause que mon indisposition my reprit, laquelle me continue ancore ; iose donc vous suplier très humble- ment , monsegneur, davoir la bonté de dire au porteur de se biUet , si vous mavez faict la grâce de ieter les yeux sur mes papiers , et dordonner mon rambource* ment, comme ie ne doute pas que vous ne le trouviez estre bien iuste sy vous me faistes l'honneur, monsegneur, de vouloir considérer les clauses de ma quitance ; iespere tout de vostre équité , et vous asseure que ie fais sans cesse , des vœux au ciel pour vostre prospérité , et toute avec la mesme ardeur, que ie seroy toute ma vie, mon- segneur, vostre très humble et très obéissante servante , FoNTANiER , mère de Pellisson. INEDITE. ' .83 A SAINT-MARS, COMMAlfDANT LA CITADELLE DE PIONEROL. Paris, ce #7 j«ttTi«r i665. Monsieur, Le dupplicata de Testât et de Tordre que j*aie xpediez , vous aprendront qu'il a esté pourveu au payement du- rant le premier mois de la nourriture de monsieur Foucquet, des gages de son vallet, de vos appointe- mens, de ceux de yos quatre lieutenans et des ser- gens et soldats de vostre compagnie. Vous recevrez ce fonds au premier jour, et vous prendrez s'il vous plaist , la peine de me marquer le jour dont vous aurez esté chargé de la garde du dict Sieur Foucquet , afin que je puisse faire le compte juste pour régler vos payemens au commencement de chaque mois. Je suis j monsieur , Votre très affectionné serviteur, De Louvois. A SAINT-MARS. Parif , le a3 janvier i665. Monsieur , La lettre que vous avez pris la peine de m'escrire le X de ce mois , m'a appris vostre arrivée à Pignerol ) et 6. 84 GORRESPONDAKGE VOS diligences pour mettre le donjon en estât de recevoir monsieur Foucquet. Je ne suis point surpris d aprendre que les sieurs Falcombel et Damorezan vous ayent of- fert leurs bources et leurs assistances ; Fun est un ancien ami de monsieur Le Tellier, et l'autre une personne qui sert fort bien le Roy. Vous estes a présent chargé de la garde de monsieur Foucquet , et je m'assure que je rece- vray au premier jour de vos nouvelles , sur la manière dont vous l'avez logé , et que vous avez estably la garde de sa personne. Dans la lettre que je vous escrivis , il y a, ce me sem- ble, aujourd'huy huit jours, je vous adressé le duppli- cate dun estât que j'ay expédié pour le payement durant le premier mois de vostre compagnie , et de la nourri- ture de monsieur Foucquet , et dans celle cy vous en trouverez un autre pour le mois suivant, je m'apli- queray avec tant de soin a pourvoir à vostre subsistance, que vous ne manquerez point d'argent. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. A SAINT-MARS. Paris, *g janvier i66S. Monsieur , Nous avions desja appris par un lettre de monsieur d'Artaignan, lorsque j ay receu la vostre du i6 de ce mois, que monsieur Foucquet vous avoit esté remis IlVÉDiTE. 85 dans le donjon de la citadelle de Pignerol. Je crois que le choix que tous avez fait du confesseur, que vous me marquez, est bon , mais il ne sera pas mal a propos d'ob- server sa conduitte. Vous aurez , s'il vous plaist , soin de donner de vos nouvelles icy touttes les semaines , et quand mesme vous n'auriez rien à mander, vous ne debvez pas laisser d'es- crire. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. A SAINT-MARS. Paris, ce lo febvrier i665. MoUSlBfJA , Vostre lettre sans datte m'a esté rendue le 3® de ce mois. Je ne doubte point que monsieur Foucquet ne fîist bien aise de recevoir des lettres de madame sa femme, et de luy faire response; mais auparavant, il faut que le Roy le veuille^ et je n'y vois point, quant a présent, de disposition. Comme il n'est pas impossible qu'ils ne tentent la voye de s'escrire sans la permission de Sa Majesté , c'est à vous à veiller à ce que ceux qui l'aprochent ne se laissent pas corrompre, et que quand mesme quelqu'un auroit assez de bassesse pour cela , il nepust exécuter son mauvais dessein. Vous congnoissez 96 correspoutdance la disposition de yostre logement, et les personnes qui «ont commises soubz vos ordres à la garde de monsieur Foucquet, et vous pouvez mieux, juger que qui que ce soit , ce qu'il y a à faire pour prévenir cet inconvénient. Cependant il est nécessaire que vous empeschiez qu'il n ayt ni pluma ni ^icre. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Paris» le ao febrrier i665' Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 3 1 du mois passé; si les douze cens livres qui vous ont esté données ne suffisent pas pour meubler la seconde chambre de monsieur Foucquet, vous pouvez y adjouster ce qu'il faudra, et sur le mémoire que vous m'en envoyerez , aussy bien que de la despense de son habit, je croy que le Roy trouvera bon de pourvoir à un.suplément de fonds. Le confesseur que vous avez choisy pour luy, a des talens qui ne doibvent pas donner beaucoup de subjeet de craindre qu'il lie quelque négociation contraire au service de Sa Majesté. Vous ne sauriez manquer de faire observer la conduitte de cet ecdesiastique pour recon- noître si les aparences ne sont point trompeuses. INÉDITE. 87 Vous trouvearez d-jointe, une dcpesche du Roy, par laquelle il est ordonné à M. de la Bretonnière de faire sortir de la ville de Pignerol , Thomme dont vous vous deffiez ; comme vous ne m'avez pas marqué son nom , j ay esté obligé de le laisser en blanc dans la lettre de Sa Majesté ; mais vous observerez , avant que de la ren- , dre au dit sieur de la Bretonnière, de la remplir, ou bien de luy désigner si bien cetliomme, que Ton ne prenne point un autre pour luy. Suivant ce que vous promettez , il y a lieu d'espérer que vostre compa^ie sera fort belle et fort bonne , et le Roy a toujours bien cru que vous employeriez utile- ment l'argent que sa Majesté vous/i donné pour cela. Je suis toujours avec vérité , monsieur, Votre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Parie, le i4 feb^rier i665. Monsieur , I Je voy par vostre lettre du 7 de ce mois , que vous avez jugé a propos de donner pour confesseur à mon- sieur Foucquet , un prestre françois , qui est demeurant chez le commissaire Damorezan. Si vous le croyez homme de bien , vous pouvez le maintenir dans cette fonction , si non , vous avez la liberté de changer d'ec- 88 CORHESPONDANCE clesiastique touttes les fois que monsieur Foucquet se voudra confesser. * Je suis j monsieur^ Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Paris, ce 3 mars i6fô. MoNSIEUB, Vostre lettre du lo de ce mois (i) m'a esté rendue, et m*apprend ce qui regarde monsieur Foucquet; si celuy de ses domestiques qu'on vous a dit estre dans la ville de Pîgnerol ne se trouve pas , Tordre que je vous ai envoyé deviendra inutile pour cette fois, mais il pourra vous servir, s'il y revient, ou quelqu'autre de mesme qualité. n n'y a point de difficulté a donner en mesme temps deux livres à monsieur Foucquet pour s'occuper de la lecture. Ce que vous avez à faire observer, est, que ceux de qui vous les prendrez , ne scachent point que ce soit pour luy, et que vous les visittiez ou fassiez visitter, avant que de les luy donner. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur, De Locvois. ( i] On crut avoir écrit du mois passé» INÉDITE. 89 AU MBMB. Paris, le i5 mars i665. Monsieur , J*ay reçeu vos lettres des 21 du mois passé, et 7 du courant , et avec la première un mémoire de la despense que vou" avez faite pour les meubles, les habits et le linge de monsieur Foucquet. Il est juste de pourveoir au remboursement des advances que vous avez faites, aussy trouverez-vous le dupplieata d un ordre que j ay expédié pour vous faire payer la somme de dix-sept cens quarante livres , qui , avec les deux mil sept cens livres qui vous ont esté données en partant, fournissent à tout ce qui vous est deub , tant pour les despenses cy- dessus marquées , que pour la chapelle et la levée de vostre compagnie; et, quoy qu elle n'ayt esté mise sur pied que long temps après vostre arrivée à Pignerol , néantmoins Sa Majesté a bien voulu vous accorder la grâce de la faire payer a commancer dez le premier jan- vier, et, par ce moyen , vous avez de quoy bien armer et vestir vos soldats. Vous trouverez ci-joint le dupplieata de Testât et de l'ordre que j'ay expédiez pour le payement de la subsis- tance durant le mois courant , et le prochain de vostre compagnie, et de monsieur Foucquet, et vous en rece- vrez le fonds dans très peu de temps. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. 90 GORRESPOITDAirGE AU MSME. Paris» ce 17 avril i665. Monsieur, Si le valet que vous avez donné à monsieur Foucquet tombe malade , vous pourrez employer à le servir qui bon vous semblera , et ce sera à vous , qui este chargé de sa garde, de choisir une personne fidèle. Jusques ici, vous avez esté payé par advance de la nourriture de monsieur Foucquet, de vos appointmens et de la subsistance de vostre compagnie ; j'auray soin de continuer à en uzer de la mesme sorte , et présente- ment vous trouverez cy-joint le dupplicata de Testât que j ay expédié pour le mois prochain. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois, ▲U MEME. Saint-Germain , ce a 4 avril i665. MONSIEUA, Les lettres que vous avez pris la peine de m*escrire les 28 du mois passé et 1 1 du courant , m'ont esté rendues. L'on est bien ayse icy de voir que l'ecclésiastique que vous avez choisi soit de l'humeur que vous marquez. Vous ne sauriez mieux faire que de l'entretenir dans les sentimens où il est, et de luy promettre que Sa Majesté reconnoistra ses services ; et certainement après \e& pré- INÉDITE, gi cautions que vous prenez, il semble que ce soit le seul homme qui puisse luy donner des nouvelles , s'il estoit assez infidelle pour le faire. Après ce que cet ecclésiastique vous a dit, vous avez eu raison de croire que monsieur Foucquet désire se confesser, plus pour aprendre des nouvelles, que toutte autre chose ; et Sa Majesté , qui est bien aise qull n'en abuse pas , souhaitte que vous ne luy donniez cette per- mission que touttes les quatre bonnes festes de Tannée , et le jour de la Nostre Dame d'aoust ; que, s'il luy sur- venoit quelque maladie dangereuse dans Imtervalle, vous pourriez luy permettre de se confesser. Il vaut beaucoup mieux achepter qu'emprunter des livres pour luy, et il est raisonnable de luy donner une habit d'esté. Vous pouvez employer l'argent qu'il conviendra pour cette despense, et vous en serez remboursé. Lorsqu'il vous demmide des lunettes d'aproches , il a vraysemblablement dessein de s'en servir à quelque chose qui est contre le service de Sa Majesté , aussy ne veut-elle pas que vous luy en fournissiez , et il sera bon que vous continuyez à luy dire que vous n'en avez point. Je suis , monsieur,' Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. Le Roy a trouvé bon d'accorder l'augmentation d'un sergent et de dix soldats à vostre compagnie, qui, par ce moyen , sera composée de trois sergens et de soixante soldats , 3ans les grands officiers , et elle sera entrenue sur ce pied là^ à commencer du premier jour de may. De Louvois, 9^ CORRESPONDANCE X\J MEMB. Saint-Germain en Laye, ce 8 juin i665. Monsieur, Vostre lettre du 23 du mois passé m'a esté rendue ; il estoit bien à propos de faire sortir de la ville de Pigne- roi les deux domestiques de monsieur Foucquet qui s'y estoient rendus ; et il sera bon , pour esvitter tout in- convénient , que , quand vous en descouvrirez quelques autres , vous les obligiez aussy a se retirer. Lorsque vous m'aurez envoyé un mémoire de l'argent que vous aurez desboursé pour l'habit d'esté de mon- sieur Foucquet, je vous en feray payer, et cependant je vous adresse le dupplicata de l'ordre que j'ay donné au trésorier de l'extraordinaire , pour vous payer la solde, durant le mois passé et le courant, du sergent et des dix soldats dont Sa Majesté a résolu de fortiffier votre compagnie. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. SainUGcrmain en Laye. ce 1 8 juin i665. Monsieur, Par la lettre que vous avez pris la peine de m'cscrire le 6 de ce mois , j'apprends que vostre exactitude n'est IHfÉDlTE. 93 pas agréable à monsieur Foucquet ; il faut faire son deb- voir, et laisser parler ceux qui y trouvent à dire. Je vous envoyé le dupplicata de Testât que j ay expé- dié pour le payement de la nourriture du dit sieur Fouc- quet, de vos appoinctemens et de la solde de vostre compagnie , durant les mois de juillet et d aoust pro- chains. Je suis toujours^ monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. AU MEMB. Saint'Germaîn en Laye, ce ag juin i665. MonsiBUB, Sur ladvis que vous et monsieur de la Bretonnière avez donné au Roy, par les lettres dont vous avez chargé le sieur. d'Aartaignan, de laccident arrivé dans la cita- delle de Pignerol par le feu du ciel , Sa Majesté a pris ré- solution de faire conduire monsieur Foucquet dans le fort de la Perouse pour y estre désormais détenu , et de pourvoir à tous les besoins de la citadelle. La depesche de Sa Majesté,.que je vous adresse, vous aprendraceque vous avez à faire en cette occasion , et je m'y remets en- tièrement. Je vous recommande seulement , l'exécution de ce que Sa Majesté vous ordonne , et je me persuade que vous n'y obmettrez aucuns soins. 94 CORRESPONDAWCE . Gomme la pluspart des meubles de monsieur Fouc* quet qui se trouvent enveloppez dans les ruines du don- jon , ne sont plus en estât de servir présentement, et qu'il faut du temps pour en avoir d'autres , vous pouvez demander à monsieur Falcombel et au commissaire Da- morezan ceux dont vous aurez besoin , ils vous les four- niront volontiers, et celuy cy prendra soin de les faire voiturer au fort de la Perouze dans le temps que vous concerterez ensemble. Cependant vous prendrez , s'il vous plaist , la peine de m'envoyer un mémoire qui con- tienne ce qui aura esté perdu des meubles , des habits , des bardes et de la batterie de cuisine du dit sieur Foucquet , et ceux qu'il luy faudra achepter ; ce que vous aurez perdu de vos meubles et bardes dans la mesme occasion, les dommages qu'a soufferts vostre compagnie , et ce qu'il convient faire pour les reparer ; et, après que je l'auray leu au Roy, Sa Majesté ferapour- veoir au fonds nécessaire pour fournir à la despense qui sera nécessaire a cet effect. Je vous feray tenir au premier jour les quatre cent trente-une livres que vous avez despensées pour un habit que vous avez fait faire à monsieur Foucquet, et pour des livres que vous luy avez acheptez. Je suis toujours , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. 19 juin 166S. Capitaine St.-Mars , j'ay appris par les lettres dont IJfÉDITE. 95 VOUS avez chargé le courrier que vous m avez depesché, rincendie arrivé dans Fun des magasins à poudre de ma citadelle de Pignerol j et le désordre qu'il a causé dans tous les logemens , tant de la citadelle que du donjon où Foucquet, cy devant surintendant de mes finances, estait détenu par mon ordre ; et comme vous marquez qu'il n'y reste aucun logemwit entier, et qu'en atten- dant que vous ayez reçeu mes ordres , vous avez faict dessein de mettre le dict Foucquet dans une des maisons de la ville de Pignerol que vous choisirez pour cet ef- fect, j'ay résolu de faire restablir au plustôt, les loge- mens de la dicte citadelleet doi^on de Pignerol , et de les faire remettre en estât que le dict Foucquet y puisse estre détenu avec la mesme sûreté qu'il la esté jusques à pré- sent^ et pour cet effect , j'ay donné mes ordres à Levé , l'un de mes architectes ordinaires , de se rendre en toutte diligence au dict Pignerol , pour y faire travailler sans perte de temps , à réparer les bàtimens qui y ont esté en- dommagez ; mais par ce que l'on ma assuré , que quel- que diligence que l'on puisse aporter à l'exécution de ce qui est en cela de mon intention , il se passera un temps très considérable avant que les dicts ouvrages soyent en leur perfection, et que cependant le dict Foucquet pour- roit difficilement estre tenu dans une maison particu- lière avec la sûreté convenable : j'ay résolu de le faire transférer dans le fort de la Perouze , pour y estre par vous gardé jusques. a nouvel ordre , et en la manière que je vous ay prescript lorsque vous estes party d'auprès de moy ; de quoy j'ay bien vouUû vous donner advis par cette lettre , et vous dire que comme il se pourra faire que les logemens du dict fort de la Perouse , ne seront 96 CORRESPONDANCE • pas en Testât convenable pour la commodité et seureté de la gardé du dict Foucquet : j'ay ordonné au dict Leyé de visiter le dict fort de la Perouse , et de faire prompté- ment travailler aux ouvrages et réparations que vous estimerez y debvoir estre faictes tant au logement que vous destinerez au dict Foucquet , qu'à celuy que vous voudrez occuper, ou faire occuper par les officiers ou soldats de vostre compagnie. Que pour cet effect , vous envoyiez par advance celuy de vos officiers qui sera le plus capable, pour recon^r gnoîstre Testât des lieux , et vous en faire le rapport afin qu'en estant informé vous puissiez plus distinctement expliquer au dict Levé vos intentions sur ce que vous estimerez y debvoir estre faict. Que lors que le dict fort sera en Testât, que vous l'au- rez concerté avec le dict Levé , vous remettiez au sieur de la Bretonnière , mon lieutenant au gouvernement de Pignerol , ma despesche qui sera ci-jointe , par laquelle je luy ordonne de laisser sortir le dict Foucquet de la dicte ville et citadelle de Pignerol, avec la compagnie que vous conunandez. Qu'en suitte vous transferiez le dict Foucquet dans le dict fort de la Perouze, vous faisant escorter par les officiers et soldats de vostre compagnie , et vous servant pour cet effect de la voiture que vous estimerez la plus convenable, eu esgard à la difficulté des chemins. Qu'en cas que vous ne croyez pas pouvoir conduire le dict Foucquet du dict Pignerol à la Perouze en toutte seureté avec vostre compagnie seule , vous demandiez au dict sieur de la Bretonnière, le nombre d'hommes et d'officiers dont vous estimerez avoir besoin, lequel vous INEDITE. J)«7 les fera fournir en vertu de ma dépesche qui sera aussy cy-joincte. Et, comme il se pourroit faire , que dans le temps que Ton employera pour mettre le dict logement du dict fort de la Perouze en estât de recevoir le dict Foucquet, vous n'auriez pas encore pu restablir vostre compagnie à la rendre complette du nombre de soixante hommes , je vous adresse une dépesche , par laquelle j'ordonne au dict sieur de la Bretonnière de faire destacher d'une compagnie d'infanterie, qui^sonten garnison dans la dicte ville de Pignerol , le nombre d'honunes qui vous man- quera, lesquels je trouve bon que vous gardiez jusques à ce que vous les puissiez remplacer. Et , par ce que je ne désire pas que dans le dict fort de la Perouze , personne ayt aucun ordre à vous don- ner, et que je veux bien me reposer entièrement sur vous de la garde de la dicte place, et de celle du dict Fouc- quet, j'escris au sieur mai'quis de Piennes, ou en son absence à celuy qui se trouvera commander dans le dict fort de la Perouze, de vous remettre la dicte place, et aux officiers qui commandent la compagnie qui y est en garnison, de vousrecongnoîstre, et de vous obéir en tout ce que vous pourrez leur commander pour mon service. Mais , comme suivant le rapport qui m'a esté faict , il se pourra hxre que la dicte compagnie ne vous sera pas nécessaire pour la seureté du dict Foucquet et du dict fort , je faicts aussy joindre à cette dépesche , mes ordres pour Êdre retourner la dicte compagnie à Pignerol , des quels vous vous servirez en cas que vous estimiez que le L 7 98 CORRESPONDANCE nombre de soixante hommes, dont vostre compagnie est composée, soit suffisant pour laseuretë de la dicte place et du dictFoucquet ; si non , vous me les renvoyerez, et emploierez les officiers et soldats de la dicte compagnie à la garde de la dicte place et du dict Fouquet , comme il est dict cj^dessus. Et, afin de n'obmettre aucune des choses qui pourront TOUS estre nécessaires pour la dicte seureté, tant pendant la marche , que durant le séjour que vous ferez dans le dict fort : je vous adresse mes ordres pour faire desta- ^her trente gens darmes de la compagnie de la Reyne , mon espouse , commandez par un brigadier ; les faire aller à Pignerol pour servir à Tescorte du dict Foucquet jusques au fort de la Perouze ; les faire loger au bourg du dict la Perouze , et y demeurer pendant le temps que vous en aurez besoin ; et durant y celuy s'employer à tout ce que vous leur ordonnerez pour mon service, la conservation de la dicte place , et la seureté du dict Fouc- quet ; et mon intention est que vous envoyez mes ordres à la dicte compagnie de gens darmes pour le destache- ment des dicts trente gens darmes commandez dans le temps qu'il conviendra pour faire qu'ils se rendent à Pignerol précisément au jour que vous debvrez faire partir le dict Foucquet pour aller au dict de la Perouze; et que, si lors qu'il y sera arrivé, ou quelque temps après, vous estimiez que les dites gens darmes ne vous soyent plus nécessaires , vous les renvoyez rejoindre leur com- pagnie en vertu des ordres que je vous adresse pour cette fin. Que comme j'ay apris que l'artillerie qui est au dict fort de la Peroaze n'est pa» en lestât ïrécèSsaîre pour servir, je faicts donner ordre au sieur de Groh, com- missaire provincial de l'artillerie à Pignerol , de la faire restablir et de fedre voicturer incessamment au dict fort de la Perouze la quantité de munitions que vous luy demanderez , e^ au commiseaire Ihanérezaii d'y Mre voicturer auss^ jusques à trente si^iers de farine patif voUs mettre en estât d*ên pouvoir foutnir à vostr^ gsr- nison , en cas qwe par des accidents ^ qui ne se fetttetÊ^ prévoir, vous ne pussiez recouvrer des vivres de d^ors la dicte place; je faicts aussy -donner ordre au 'ésKt de Crcm de vous dâivner jusques à soixante motïsqirets poiir rarmeraem de vostre compagnie 'desquels je trouve bon que vous vous serviez jusques à ce ^ûe vours eh ayez pu recouvrer un pareil nombre , après quoy je désire que vous les fessiez remettre dans les magasins de la dicte citadelle. Et par ce que personne ne peut mieux scavoir que vous la manière et la formé sfuivant la quelle les basti- mens ou lôgeoit le dict Fouicquet dans ma dicte citadelle de Pign^ol, cbikvent estre réparés tant pour sàseiirei^ , que la commodité desa garde , j ay dozmé ordre an dioc Levé de prendre vos advia snr^e qni e^tà faire ffax^ts bastimens du dict donjon, et de s'y donfbrm^, et je désûre que vous les liky donniez avant que de partir dtt dict Pignerol afin que rien n'arreste le travail qui y S6rÀ' à faire. Cependant, je vatis recommande de contimier à garder le dict Foucquet en la manière que je' vous ay ordonné , en sorte qui\ n'aye communication avec qui que ce soit de vive voix ni par escrit , et la présente lOO CORRESPONDANCE n'estant pour autre fin y je prie Dieu qu'il vous aye en sa sainte garde. Louis. Le Teluse. Eserit à St-Germain en taye , le 29e jour de juin , x665. Depuis la présente escripte , ayant estimé plus à pro- pos d'adresser directement d'icy mes ordres aux trente gens darmes de la compagnie de la Reyne pour aller .incessamment à Pignerol afin d'escorter Foucquet au fort de la Perouze et s'employer à tout ce que vous leur ordonnerez ainsy qu'il est dict cy-dessus y vous ne trou- verez cy-joint que les dépesches pour les faire retourner joindre leur compagnie , lorsque vous jugerez n'en avoir plus besoin. Louis. Le Tellibr. DE PAR LE ROY. Sa Majesté ordonne à la compagnie d'infanterie franche de Saint-Mars qui est dans la citadelle de Pigne- rol , d'en partir aussy tost le présent ordre reçeu, pour s'acheminer à la Perouze, servir d'escorte par les che- mins à Foucquet que Sa Majesté faict <^onduire au fort du dict la Perouze, et , lorsqu'elle y sera arrivée, y demeurer en garnison et, s'employer à la garde du dict Foucquet tout ainsy qu'elle a faict dans la citadelle de Pignerol. , Louis. Le Tellibr. Fait à St-G«rmain en Laye , ce »n juin t665. Monsieur , INIÉDITE. lOl AU MBME. A Saint-Qermain en Laye le aç jam r66$. J ay reçeu la lettre que vous m'avez escrite par le sieur d'Ârtaignan que vous avez dépesché icy sur Tac- cident qui est arrivé à Pignerol. Le Roy a esté bien Êisché de la perte de tant de gens , mais comme ce sont des coups ausquels les précautions humaines sont inu- tiles, Sa Majesté a donné ses soins pour ce qui peut dépendre d'elle, pour la réparation des ruines en i en- voyant le sieur Levé sur les lieux pour y mettre promp- tement la'main. Cependant, je puis vous asseurer qu'elle est très contente de vostre application et de vôstre vigi- lance, et que je vous temoigneray tousjours avec plaisir que je suis véritablement. Monsieur, vostre très humble et très affectionné serviteur, GOLBERT. AU ^EMB. A Saint-Germain en Laye ce lo juillet i665. Monsieur , La lettre que vous avez pris la peine de m*esciîre le ny du mois passé m'apprend que vous avez choisi la maison du commissaire Damorezan pour loger mon- sieur Foucquet comme la plus comode de la ville de Pignerol, et que vous prenez vos précautions pour Vj lOa GORRESPONPINCE tenir en seureté. Monsieur de la Bretonnière n*a pas eu raison de tesmoigner de la froideur lorsque vous avez eu besoin de son assistance après le désordre arrivé dans le donjon. Je luy adresse présentement une dé- pesche de Sa Majesté par laquelle il luy est marqué de contribuer tout ce ,qui pourra dépendre de luy pour la comodité et la seureté de monsieur Foucquet , et je m'asseure qu'elle FeschaufFera et le fera changer de conduitte. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Dm Louvqj^. Monsieur, AU A|£H^. A, Saint;G.ermain en La je ce i4 JQÏHet 166&. L'on convient avec vous que monsieur Foucquet a esté très heureux d'avoir esté conservé dans un si grand désordre queceluy qu'a produit le tonnerre et la poudre dans le donjon du chasteau de Pignerol , et vous aviez beaucoup de sùbject de croire que luy et son valet estoient ensevelis dans les ruines. Je ne puis vous faire scavoir la résolution que le Roy prendira psQur T^i^hapt des. mi^i^litles^ et c^^s h^des de moQj^ievir Foucqu^, ni pour yostre désintécess^^ment de <îe que vou^, avez pQr4u , jusqu.es è^ qe qi^e j'aye 4^ lîos pouyellçs sur. Ie3 lei^xes que 1^ siewr d'Artai^^an vouft a rçftdu^ d^ miBif ps^rt i c^f^^^ToX je voi^ a^^u^e INÉDITS. Io3 que je suis tousjours , monsieur, vQStre très affectionné serviteur, De Louyois. AU MEMB. A Saint^Germain en Laje le a6 joillet i665. Monsieur, J'ay reçeu vos lettres des 8 et 1 5 de ce mois et une autre sans datte avec des billet/s escrits par M. Foucquet, et avec un livre. Le Roy a veu le tout, et n'a pas esté surpris de voir qu'il fasse son possible pour avoir des nouvelles, et vous vos efforts pour empescher qu'il n'en reçoive. Gomme il se sert pour escrire de choses qu'on ne lui peut oster, comme d'os de chapon pour faire une plume I et de vin avec de la suye pour £adre de l'ancre, îl est bien difficile d'aporter un remède efiScace pour l'en empescher, néantmoins vous avez subject de vous plaindre du valet que vous avez rais auprez de luy, de ce qu'il a esciit non seulement les papiers que vous m'avez envoyez, mais encore ceux qui estoyent dans le dossier de sa chaise, sans qu'il vous en ayt adverty. Vous debvez l'exhorter à être plus fidelle désormais , et comme quelque chose que fasse monsieur Foucquet pour faire des plumes, et composer de l'ancre, cela luy sera fort inutile s'il n'a point de papier, le Roy trouve bon que vous le fouilliez , que vous luy ostiez tout ce que vous luy en trouverez et luy fassiez entendre que , s'il s'avise de faire de nouveaux efforts pour corrompre I04 GORRESPOIfDAlIGE VOS gens , vous serez obligé de le garder avec bien plus de seureté et de le fouiller tous les joilrs. U faut que vous essayez de scavoir du valet de monsieur Foucquet comment il a escrit les quatre lignes qui ont paru dans le livre en le chauffant , et de quoy il a composé cette escriture. J aprends par vos lettres que vous espérez d'aller dans, quinze jours au fort de la Perouze, mais vous ne me mandez point si vous y laisserez avec vostre compagnie celle qui y est en garnison , ou si vous l'envoyerez à Kgncrol ; je vous prie de m'en esclaircir. Le Roy trouve bon que vous acheptiez tous les meu- bles qui sont absolument nécessaires à monsieur Fouc- quet; mais Sa Majesté désire qu'ils soient au plus bas prix qu'il se pourra. Elle trouve bon que vous luy acheptiez aussy le linge et les habits qui luy seront nécessaires, et quand le tout sera fait, vous prendrez la peine de m'envoyer un estât de la despense que vous aurez faite et un mémoire de ce que vous avez perdu j 4e ce que vous aura cousté le restablissement de vostre compagnie, de ce que vous aura cousté aufôy pour remplacer vos bardes qui ont esté endomagées , et à vos lieutenans pour leurs meubles ; après quoy vous pourrez ' rendre au commissaire Damorezan tous les meubles qu'il vous a prestez. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois^ IHÉDITE. I05 AU MXMB. A SaiDt4iflrai«ia «d L«ye«e 7 aoosl i66£i. Monsieur, Vostre lettre du a 5 du mois passé m'a appris que vous avez renvoyé en Dauphiné les gens darmes qui avoient esté destachez de la compagnie de la Reyne. Le Roy la approuvé, puisqu'ils ne vous estoient pas néces- saires pour la garde de monsieur Foucquet. Il n'y a point de difficulté de £ûre £sdre des assiettes et une sallière des deux flambeaux de monsieur Fouc- quet qui ont esté brisés , et vous pouvez luy donner cette satisÊiction. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Ds Louvois. AU MBME. A Paris le ax aoost i665. MoNSisua , Vos lettres des premier et 8 de ce mois m'ont esté rendues avec les deux plumes et le morceau de papier dont vous avez trouvé saisy monsieur Foucquet. Il est à propos que vous veilliez soigneusement à ce qu'il ne puisse écrire , et à obliger son valet à vous estre fidèle , sans quoy il y a bien de l'apparence que vous pourrez estre trompé. I06 CORKESPONDANCE J'attends le mémoire de despense que je vous ay demandé et que vous me promettez , et dès que je l'auray reçeu , j'en rendiay compte au Roy, et il sera pourveu à Yostre remboursement. Puisque la compagnie qui est en garnison à la Perouze, vous est inutile pour la garde de monsieur Foucquet, vous pouvez la faire aller à Pignerol en v^rtu des ordres qui vous ont esté adressez. Cependant, je vous envoyé le dupplicata de Testât du payement de la subsistance durant le mois courant de vostre compagni^e et de la nourriture du dict sieur Foucquet doaf; le fonds vous sera incessamment des- livré. Je suis tousjours , monsieur, Vostre très affectionné servilxur, De Louvois. Vous m'avez cy devant maiidé que vous aviez trouvé dans le dossier de la chaise de monsieur Foucquet plu- sieurs papiers , et que vous me les envoyeriez , je vous prie de vous souvenir de me les faire tenir; le Roy souhaitte de les voir. AIT M3MB. k. paris cfl 39 aouiii i66â.. L'on a esté bien ayse d'apprendre par vo^re lettre du 1 5 de ce me Uriter. H est j^f^fraot; réduit a lussage du kit danesse ^y son estomac 1^ p^Ut suporté, cete grande solitude ou il vit despùis foçt lo»g \msy est du tdmt conotaire a stes sortes de maux. vous.scaves monseigneur^ quelles tendresses Ion a pour ses enfans ,' sur tout lors que Ion les en croit dignes , ie nose pourtant vous rien demander, de peur de vous desplaire , mais ie vous suplie très humblement^ lo8 CORRESPONDANCE et avec tout le respect que ie tous dois , que , prenant compasion de mo j vous degniés faire quelque reflection sur ce que ie souf&e, sy vous me faictes cete grâce, monseigneur, iespere que votre générosité ne permaitra pas que mon fils perise sy misérablement ; il est un de vos plus obéissants serviteurs , ian suis fort asseurée , et il vous le temogniera mieux quelque iour. Pour moy ie seray toute ma vie avec une parfaite soubmission , monseigneur, vostre très humble et très obéissante servante, FoNTÀNiER mère de Peulisson. A SAINT-MARS. Paris, le za septembre x665. Monsieur, J ay receu la lettre que vous vous estes donné la peine de m'escrire le 29* du mois passé avec le mémoire qui y estoit joignct des livres que M. Foucquet sou- haite d'avoir, ceux que vous luy aviez faict donner ayant esté perdus dans les ruines des logemens de la citadelle de Pignerol : sur quoy je vous diray que vous me faictes plaisir de me donner de temps en temps des . nouvelles de tout ce qui se passe , et que vous pouvez donner la bible et Thistoire de France, et me faisant scavoir ce qu'ils vous auront cousté , je pourvoiray à vous en faire rembourser. Je suis , monsieur, Vostre très humble, et très affectionné serviteur, De Louvois. INEDITE. 109 AU MEME. Paru, ce t8 septembre i665. Monsieur, J ay reçeu avec la lettre que vous avez pris la peine de m'escrire le 22 du mois passé, le mémoire de Far- gent que vous avez desbourcé pour lachapt des bardes de monsieur Foucquet, et quelques autres petits frais, et celui de la perte ou de la despense que vous avez faite à l'occasion du désordre arrivé dans le donjon de la citadelle de Pignerol. Le roj en a eu connoissance, et Sa Majesté a eu bien agréable de pourvoir à vostre remboursement , des neuf cens quatre vingts seize livres que vous aviez advancées pour le dit sieur Foucquet, et de vous accorder deux mil livres par gratifBcation pour le surplus. L'ordonnance que j*ay expédiée sera ac- quittée au premier jour, et j auray- ensuitte le soin de vous en faire tenir le fonds ; cependant je doibs vous dire que, comme le sieur d'Artaignan a reçeu icy une ordonnance, par laquelle Sa Majesté la fait payer fort honnestement de son voyage, il est juste qu'il vous rende les trente louis d'or que vous luy avez advancés. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. Cappitaine Saint-Mars , ayant résolu de faire tirer du fort de la Perouze une moyenne et xm faucon qui sont 1 lO CORRESPONDANCE à resfondre , et de les faire remplacer par deux pièces de pareil calibre, qui y sont voicturées de ma citadelle de Pignerol , je vous escrits cette lettre pour vous dire que vous ayez à foire délivrer à l'officier d*artillerie qui vous la rendra de ma part , et qui sera chargé des or- dres de mon cousin le grand maître de l'artillerie , la dite moyenne et le dît faucon sans différer , et à rece- voir au dit fort les dites pièces qui y seront voicturées de ma citadelle de Pignerol, et la présente n'estant pour autre fin , je prie Dieu qu'il vous ayt en sa sainte garde. Escrit à Paris , le 9* jour d'octobre 166S. Loui», J adjouste ce mot pour vous dire que mon intention est que vous ne laissiez ^point sortir de la Perouze l€s dits Pictoly Querolles^ qui y doibvent estre conduits de Pignerol. . . . • Loufô. Le T^llier. Cappitaine Saint-Mars, ayant veu par la lettre que vous avez escripte au sieur marquis de Louvois , Secré- taire d estât, le 26 septembre dernier comme le vallet que vous aviefc préposé pour servir Foucquet est tombé griesvement malade , je vous escrit cette lettre pour vous dire que je trouve bon que vous donniez un autre val- . let au dict Foucquet , et qu après que celui qui est ma- lade sera guery, vous ayez à le laisser aller ou ben luy INliDITE. III semblera , et la présente n'estant pour autre fin, je prie Dieu qu'il vous ayt en sa sainte garde. Escrh à Pari*» k xi* oetobre i685. Louis. Le TsLLifiR. AU MEME. Paris, i5 octAbrc iG65. Monsieur, Après que la lettre que vous avez pris la peine de •m'escrire le 26* du mois passé m'a esté rendue, j'ay fait ^connoistre au Roy que le vallet de monsieur Foucquet estoit tombé mallade, et que vous luy en aviez choisy un autre , qui sera plus fidelle que le premier. Sa Majesté a aprouvé ce que vous avez fait, et elle trouve bon que quand le vallet mallade sera guery, vous luy laissiez la liberté d'aller partout ou il désirera. Je suis toujours, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Parif , ce a6 octobre 166 5. Monsieur, J'ay reçeu vos lettres des 3 et lo de ce mois. La réso- lution que vous prenez de différer à vous plaindre à I la CORRESPONDANCE monsieur Foucquet de ce qu*il veut corrompre le nou- veau valet que vous luy avez donné a paru prudente j et le Roy estime que vous ne debvez point luy expliquer vos sentimens qu'après que vous aurez cru qu'il aura dit à son valet tout ce qu'il désire de luy, elle aprouve aussi que vous ayez refusé de luy donner un crayon. Sur le tesmoignage que vous rendez des services, de la fidélité et du besoin de vos lieutenans, Sa Majesté a accordé à chacun d'eux une gratifBcation de trois cens livres , et elle leur sera envoyée au premier jour. Je suis toujours, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. Paris, ce i3 novembre i665. Monsieur , Vous ne scauriez apporter trop de précautions pour empescher que monsieur Foucquet, n'escrive ou ne reçoive des lettres , et le Roy aprouvera toujours touttes celles que la raison voudra que vous pratiquiez pour vous empescher d'estre trompé; cependant Sa Majesté trouve bon que vous fassiez faire un habit d*hiver a monsieur Foucquet. Sa Majesté veut bien accorder à quelques uns des cadets de vostre compagnie , deux enseignes qui restent à donner dans les troupes qu elle fait présentement lever, INÉDITE. Il3 prenez la pdne de m'envoyer la liste de ceux que vous croirez les plus propres à estre officiers, et après que je lauray leue à Sa Majesté, je vous feray sçavoir ceui qull luy aura plù de choisir. Je suis toujours, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. A COLBERT. Dimanche, 19 norembre z665. MONSEIGITEITR, Je reçeus hier la signification d'une taxe de deux cents mille livrés. Mon dessein est, si vous Tavez agréable, d'y faire une résponse qui marquera du moins mon respect et ma sousmission , et ce ne sera point sans me donner Thonneur de vous en envoyer la minutte auparavant: mais cependant, monseigneur, je ne puis m'empéscher de vous en dire un mot, ce qui pourroit promptement terminer mes maux, et me donner sujet de louer éternellement votre bonté. Tout ce que j'ay de bien estant désia entre les mains du Roy , ma prison ou ma liberté ne font rien au payement de cette somme ou d'une autre. S'il vous plaisoit, monseigneur, de me tirer d'icy, etm'accor- der comme une grâce insigne, quelques moments seu- lement d'audience hors de la foule, je suis certain que I. 8 Il4 CORRESPONDANOE estant aussi généveajL et aussi équitable que tous Testes, TOUS seriez entièrement satis&it de moy , tant sur cet article que sur tous les autres , et quant à Tinterest des traittants, quel qu'il puisse estre sur une for- tune aussi misérable que la mienne j j'offre dés cette beure , et ne m'en desdiray point , de signer avant que sortir de vostre présence, tout ce que vous trouverez juste de me commander. Mais ce ne sera là que ma seconde affaire. La première sera, monseigneur, de vous faire voir bien distinctement si je vous ay tousiours fort bo'noré , si je le fais encore , si vous devez croire que je le fasse à l'avenir. Que , si mon malheur plus- tost qu'aucune raison essentielle me prive encore de ce bien, je recevrois comme une faveur moindre, et toutes- fois fort grande, que je pusse par vostre ordre, monsei- gneur, soubs quelque prétexte que ce fiist, avoir îcy un entretien particulier, soit avec monsieur Gomont, ou avec monsieur Foucaut, ou avec monsieur Berryer, ou avec monsieur Picon, ou avec quelque autre en qui vous prissiez confiance; il n'y en a point à qui l'on puisse parler comme à vous même, si l'on avoit l'honneur de vous approcher; mais on leur en dira tousiours asses peut -estre, pour mériter l'hon- neur de vostre protection : je vous le demande en- core aussi instamment qu'il m'est possible^ et suis avec toute sorte de respect, Monseigneur, Vostre très humble et très obéissant serviteur , PeLLISSON FoNTAN 1ER. ÏVfÉDlTM. ri5 A SAINT-MARS. A Paris, ce la décembre i665. Monsieur , Vos deux lettres des i4 6t ai du mois passé m'ont été rendues y avec le livre et les mouchoirs qui j estoient jointz. Le Boy approuve les dilligences que TOUS faictes pour, oster à monsieur Foucquet toute» sortes de moyens d'escrire, ny de recevoir des lettres, et trouvera bon toutes les précautions que vous croi- rez debvoir prendre à Fadvenir. Comme Sa Majesté ne veuh rien déscouvrir des sentimens de monsieur Foucquet, et qu'elle désire seuUement quil n ayt commerce avec qui que ce soit, elle n'estime pas qu'il soit bon de continuer le com- merce qu'il avoitavec son premier valet, et vous pou- vez le laisser partir d'auprès de vous , quand vous le jugerez à propos. Il y a long-temps que j'ay pourveu au payement d'une &omn)e de trois mille quarente^leux livres., sça* voir deux mille livres pour vous, et le surplus pour l'achapt de quelque habitz et linge pour monsieur Foucquet ; et si je ne vous ay pas envoyé le dupplicata de l'ordre que j ay donné au trésorier, c'est qu'il a payé icy cette partie à monsieur de Fontenelle, vostre pa- rent, qui la luy a demandée de vostre part. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. 8. Il6 GORRESPOKBAlfGE AU MÂMB. A Pari*, ce i8 d^oembre i665. MoNSiEiray La lettre que vous avez pris la peine de m'escrire le a8 du mois passé m*a esté rendue , avec un nou- veau mouchoir sur lequel il y a de l'escriture de mon- sieur Foucquet. Quoyque par ma précédente lettre je vous aye fait connoistre qu'il estoit inutile d'entre- tenir commerce entre lui et son valet, j'ay cru que je debvois vous le répéter , et vous confirmer que Sa Majesté ne se soucie pas de déscouvrir ses senti- ments , mais seulement d'empêscher qu'il ne reçoive des lettres ni n'en escrive. Comme vous distinguez le sieur de Randin d*avec les autres cadets, marquez sur la liste que vous m'a- vez envoyée , il a esté choisy pour avoir une enseigne ; le sieur de Bons l'a esté aussi, mais par hazard, pour avoir une pareille charge dans le régiment de Mont- pezat, ces deux cadets n'auront pas beaucoup de che- min à &ire pour aller joindre leurs compagnies, puis- qu'elles doibvent touttes deux tenir garnison dans la ville de Perpignan. Je suis tousjours , monsieur , Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. K Paris, ee aS déeomlim 166$. Monsieur , J'aj reçeu tos deux dernières lettres; elles m'obli- gent de vous dire que comme le Roy vous a chargé de la garde de monsieur Foucquet, Sa Majesté n'a pas de nouveaux ordres à vos donner pour empéscher qu'il ne s'esvade, ou ne donne et ne reçoive des lettres, et que c'est à vous à uzer de tous les moyens prati- cables pour esvitter l'un ou Fautre de ces inconvèniens, si bien que sur ce fondement vous pourrez le fouiller et faire ce que vous jugerez à propos. Je suis, monsieur, Vostre très affectionna serviteur, De Louvois. AU MEME. Saint-Germain en Laye, ce a€ janvier 1666. MoifSIEUR , Yostre lettre du g de ce niois m'a esté rendue. Il n'y a point à doubter que vous ne debviez faire sçavoir ici les moindres choses qui se passent au subject de monsieur Foucquet, et lorsque vous croirez à propos de donner advis par advance de quelques précautions tïS CORRSSPOïrDANGE que TOUS voudrez prendre pour la garde de sa per- sonne , TOUS le pouvez faire en toutte liberté , et Sa Majesté aprouvera tousjours vostre circonspection. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MBfllf. Saint- Germain en Laye, ce »i febvrier 1866. Monsieur, Vous trouverez cy-joinct le duppUcata d'un ordre que j'ay expédié , pour vous faire rembourser de la somme de seize cens quarante six livres, que vous avez advancées pour Tachàpt des habits et du linge de monsieur Foucquet , et vous les recevrez par les soins du trésorier de l'extraordinaire des guerres , qui a or- dre de vous les faire tenir. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois.' AU MSME. Saint-Germain en Laye» ce 3 mars 1666. Monsieur, Je crois qu'après la plainte que vous avez faite à monsieur Foucquet de ce qu il sédutsoit les valetz que IlfiDITB. 119 TOUS lui donniez , il s'en abstiendra ; mais les gens qui sont dans la condition ou il se trouve , tentent toutes sortes de vojes pour parvenir à leurs fins ; et les gens qui sont chargez de leur garde doibvent pren* dre toutes sortes de précautions contr eux pour s em- péscher d*estre trompez. Vous estes prudent et sage , et TOUS sçaurez si bien prendre vos mesures, que TOUS vous parerez contre tous les inconvéniens. Je suis, monsieur, Yostre bien humble et très affectionné serviteur De Louvois. ▲U MEME. Saiût'GtfDMin en Laye, ce 9 mars 1666. Monsieur , Yostre lettre du 20 du mois passé m'a esté rendue. Puisque les meubles qui ont servy à monsieur Fouc* quet dans la citadelle de Pignerol sont tous brisez , le Roy trouve bon que vous en acheptiez d'autres pour son usage , et Sa Majesté a destiné deux mille livres à cette déspense , qui vous seront envoyées par l'or- dinaire prochain. Outre cela j'auray soin de vous faire tenir, et en très peu de temps , une somme de trois mille livres dont Sa Majesté a bien voulu vous gratifier, par un acquit patent que j'ay expédié. Vous recevrez dans quelques jours des ordres du Roy pour conduire monsieur Foucquet dans la cita- laO CORRESPOND ANGE délie de Pignerol, lorsque' les logemens qu'il doibt oc- cuper seront faicts et meublés. Sa Majesté se remet à vous d uzer de toutes les précautions que vous ju- gerez à propos pour la sûreté du prisonnier , et pour luy oster toutes sortes de moyens de recevoir et d'es^ crire des lettres. Je suis toujours, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MEME. Versailles, ce xi ayril t666. Monsieur, Je m*estonne que vous n'ayez pas encore reçeu la lettre que je vous ay escrite par laquelle je vous man« ' dois les lieux ou estoyent en garnison les compagnies dans lesquelles deux cadets de vostre compagnie ont esté nommez enseignes ; mais , puisque je vois qu'elle ne vous a pas encore esté rendue , je vous répéteray par celle -rcy que les dites compagnies ont eu ordre d'aller à Perpignan , et qu'aprésent elles y sont sans doubte arrivées,^ Quoy que Sa Majesté soit entièrement en repos lorsque vous marquez dans vos lettres que touttes choses vont bien poiu* la garde de monsieur Fouc^ IWÉDITE. lai quet, néantmoins, pour sa satisfaction particulière^ il est à propos que vous vous estendiez d avantage ; elle sera bien ayse que de temps en temps vous mandiez icy de quelle manière vit le prisonnier ; s'il suporte sa détention avec tranquillité ou avec inquiétude, ce qu'il dit , et ce qui se passe dans sa garde. Je suis , monsieur , Votre très affectionné serviteur , DbLouvois. DE PAR LE ROI. Trésorier général de l'Extraordinaire des guerres et cavalerie légère, monsieur François Lemaire, nous voulions et vous mandons que des deniers de vostre charge de la présente année, mesme du fonds faict en vos mains pour l'effect cy après , vous ayez à en en- voyer en nostre ville de Pignerol la somme de deux mille livres, pour estre employée au payement des meubles que nous avons ordonné estre achetez pour meubler le logement où Foucquet , cy devant surintendant de nos finances, doibt estre détenu en nostre citadelle de Pignerol , suivant les ordonnances particulières du sieur de Saint-Mars , cappitaine de la compagnie d'in- fanterie, qui sert à la garde du dict Foucquet , rapor- tant lesquelles ; la présente et acquict sur ce suffisant, la dicte somme de notre trésor sera passée et allouée sur la déspense de vos comptes par nos amés et féaux laa GORRESPOITDANGE conseillers les gens des comptes à Paris , ansqueb mandons ainsy le faire sans difficulté, car tel est nostre plaisir Donné à Saint-Germain en Laye,.ee ai arril a 666. LOITIS. Le Tellier. A SAINT-MARS. Saint-Germain en Laye, ce ax may x666. Monsieur , La lettre que vous avez pris la peine de m escrire le premier de ce mois m*a esté rendue. Je vous ay, à la vérité, mandé que le Roy ne desiroit point sçavoir les sentimens de monsieur FoUcquet par l'entremise du valet qui le sert; mais, ce qui a donné lieu à ce que je vous ay marqué , est que Ton a appréhendé que^ par le commerce qu'il auroit avec lui, il né le séduisist, et que le valet ne vous feist une fausse confidence ; vous pouvez , sans affectation , vous enquérir de luy de ce que fait monsieur Foucquet, et le mander icy , aussi bien que ce que vous en aprendrez par vous mesme. Je suis, monsieur, Yostre très affectionné serviteur , De Louvois. - IKiBITE. ia3 AU MEME. Fontainebleaa , ce 4 join 1666. Monsieur , J*ay reçeu vos lettres du 8 et 1 5 du mois passe. Vous Élites bien d'entretenir quelque fois le confes- seur de monsieur Foucquet de la fidélité qui est deube au Roy , et afin de le confirmer de plus en plus dans ^ les bons sentimens ou vous croyez qu'il est ; Sa Ma- jesté a eu bien agréable de luy accorder une gratifi- cation de trois cens livres, que vous lui ferez rece- voir , en vertu de Tordre dont le dupplicata est cy-joinct. Si la maladie de monsieur Foucquet continuoit, il seroit juste de le faire assister de médecins et de chi- rurgiens du pays , mais bien assurément le médecin Pecquet ne luy rendra jamais ses services , soit dans sa professsion , soit dans le mestier d'un simple valet. Vous pouvez faire faire un habit d'esté et quelques autres hardes à monsieur Foucquet , et sur le mé- moire de la déspense je pourveoiray à vostre rembour^ sèment, 'Aprésent que le logement du dict sieur Foucquet dans la citadelle de Pignerol doibt estre en estât de le recevoir, il ne reste plus qu'à sçavoir de vous le temps dans lequel vous croyez qu'il doibt estre trans- féré. Vous me le ferez , s'il vous plaist , sçavoir, et je vous adresseray les ordres nécessaires à cette fin. Le» mauvais usage que quelques cappitaines d'infan- terie ont fait du sol qu'ils retenoient par jour à leur^^ 1^4 GORRESPOKJDANGE soldats, a fiait prendre à Sa Majesté la résolution d'expédier par provision l'ordonnance du 21 avril; mais après qu elle leur a fait congnoistre qu'elle n'a- prouvoit pas leur . conduitte , elle a jugé à propos de leur donner de nouveau le pouvoir de retenir le sol à condition qu'ils feront fîdellement 1» déscompte à leurs soldats. Je ne vous fais ce déstail, que pour vous informer des choses , puisque , quand les autres cap- pitaines debvroient exécuter présentement l'ordon- nance du a I avril , Sa Majesté vous en dispenseroit , et vous donneroit la liberté d'en user avec vos soldats comme vous avez accoustumé. Des quatre cadets que vous avez proposez pour remplir l'enseigne de la compagnie de Rabugays , Sa Majesté a choisy Sergier, que vous avez nommé le premier ; s'il n'est pas le plus capable , c'est un effect de sa bonne fortune , et il est juste qu'il en jouisse. Je ne vous envoyé point l'expédition de l'enseigne parceque vous ne me marquez pas le genre de vaccance. Ce que je puis vous dire est que le 10 novembre der- nier le sieur Racoulet en a esté pourveu , que s'il est; mort Sa Majesté peut disposer de la charge ; mais s'il est vivant , et qu'on ayt cru que sa charge est vac- cante parceque personne ne s'y est fait recevoir, je ne crois pas que Sa Majesté , en ce dernier cas , en puisse disposer, et il faudroit que le sieur Sergier attendist une autre occasion. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. iinÊDiTE. ia5 Comme on ponrroit , pour procurer à monsieur Foucquet sa liberté ou quelque soulagement, vous exposer des dépesches du Roy ou des lettres de mon- sieur Le Tellier ou de moy, contrefaites , je vous prie de n'en exécuter aucune signée de luy ou de moy qui ne soient escrites de sa main ou de la mienne, que vous pourrez confronter contre ces sept lignes qui en sont. AU MEME. Fontainebleau, ce z6 juin z666. Monsieur , Vostre lettre du aa® du mois passé ma apris l'oc- cupation que monsieur Foucquet se donne; elle mar- que bien Foysiveté dans laquelle il se trouve présen- tement. Il ne faut pas s'estonner qu un homme qui a eu une longue habitude au travail , saplique à de petites choses pour s'occuper. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. A COLBERT. Paris, ce 17 juin 1666. Monseigneur, Hier au^soir, comme j'estois dans le bain qui m'a esté ordonné pour quelque indisposition, le sieur d'Ali- ia6 COR|L£SPOHDAirC£ bert me vint dire ce qu'il avoit apris un moment au- paravant du sieur Fremont ^ cest que vous aviez donne ordre à monsieur Foucault de me presser pour sortir d'affaires ou qu'on me remettroit à là Bastille. Ces derniers mots, monseigneur, me surprirent un peu, non pas que le nom de Bastille me fasse tant dlior- reur, je ne lay pas supportée avec assez de foiblesse pour donner lieu de le croire ainsi ; mais en vérité , j aurois un extrême désplaisir qu'une personne pour qui j'ay autant de respect que j'en ay pour vous , et à qui je me sens obligé en plusieurs sortes , eust le moindre chagrin contre moy. Ce ne seroit pas avec justice , puisque j ay eu l'honneur de vous dire plus d'une fois , monseigneur, et que j'ay incessamment protesté à monsieur Foucault , qu'a vostre premier ordre je signerois aveuglément ce qu'on voudroîl , n'appellant de vous qu'a vous seul, et mesme si vous l'aymiez mieux ainsi , après vous avoir obéy. Mes re- mèdes finiront avec cette semaine. J'avois désja dessein de me rendre lundy ou mardy au plus tard auprès de vous. Ce ne sera points monseigneur, pour vous fatiguer d'audiences ni de discours. Je vous remet- tray entre les mains , si vous l'avez agréable , un mé- moire succint et de très peu d'articles. J'en instruiray plus particulièrement monsieur de Fontenay et mon- sieur Foucault , après cela vous commanderez ; mais agissez s'il vous plaît sur ce fondement, que, de quelque manière que vous disposiez de moy , je ne me mettray jamais dans mon tort; c'est à dire que je vous conserveray toujours tout le respect et toute la iirxDiTB. 127 reconnoissance que je tous dois , et seray tousjours avec les mesmes sentimens , Monseigneur , Yostre très humble et très obéissant serviteur, Pellisson Fontanier. A SAINT-MARS. . FoDUinebleaa , ce 18 jnin 1666. Monsieur , L'on a approuvé icy la résponse que vous avez faite à monsieur Foucquet, lorsqu'il vous a prié d'em- prunter pour lui des livres italiens , et s'il continue à vous en demander, vous pourrez lui en faire venir de Paris , ou de Lyon , selon que vous le jugerez à propos. J'attends tousjours d'aprendre par vos lettres , le temps dans lequel vous estimez que l'on debvra tràîis- férer monsieur Foucquet à Pignerol. Dés que vous me l'aurez mandé, j'en rendray compte à Sa Majesté , et je vous envoyeray les ordres qui sont nécessaires pour le &ire conduire en toute sûreté. Je suis tousjours , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Lofjvois. Ijl8 CORRCSPOHDANCE A COLBERT. Paris » ce 21 juin t666. MOTÏSEIGNEUR , Il y a quelque tans que ie ne me donne plus l'hon- neur de me presanter a vous de crainte de vous estre importune ; mais ie conserve avec un respect extrême la recognoissance que ie vous dois pour toutes les grâces que vous m'aves dégnie faire ; iose encore , monseigneur , vous en demander la continuation , et l'honneur de vostre protection pour mon fils , lequel est parfaictement soubmis à vos volontés. lay apris que l'on vous parlera bientôt de ses affaires , et que vous aves tesmognié , monseigneur, de les vouloir ter- miner, le vous suplie très humblemant de me par- donner si, par ces tandreses d'une mère, et lintret que ie prends a sa petite fortune, i'antreprands de vous represanter icy, monseigneur, qu'il ne sauroit acquiter la taxce que Ton a mise sur luy , sans tomber dans la plus grande misère, et peut estre la causer a plusieurs de ses créanciers ; de l'humeur qu'il est, monseigneur, ie suis asseurée que s'il estoit asses malheureux pour estre réduit a cella , ie serois privée de le voir pour iamais ; cette pancée me fairoit mourir, s'y ie n esperois pas que vous aurez la bonté de m'esparnier une ausy grande douleur, et que vous le traitterez autant favora- blement que vous laves faict a d'autres personnes en des parelies rancontres. le vous en coniure, monseigneur, avec le respect que ie vous dois , et atafids tout de TO$tre genetofiitë; iamplojttniy ee qui lue reftte ^e jne a faire des vœux au ciel .pour voatre .prospérité opmme, 'monseigneur, Yostre très! humble et très obéissante servante , FoNTAHiBR 9 mère de Véllissok. A SAINT. MARS. FonUineblran , «• 3o jaiii rS86. Monsieur, l'ay.reçeuvostre lettre du 12 de oe mois. Vousaveit irànson de dire quHI est mal^ jse de vous précaution- ner bontre lé préstre qui confesse monsieur Foucqtcét, 'pûisqu*estant seul^ pàt nécessité, Hs pféuvent s'entre* •tenir ensemble dès choses qui né regardent point la confession; mais, pûiéque lé' confebs:eur est hotome de 'bien, ou Iqùe vous le Croyez tel, vous debve* avoir en quelque -fe^on 1 esprit en repos. A vostrè imi- tation je më déffie de tout. Vos lettres ne me sont ja^ mais rendues avec celles (|ùe le sieur Séjournant, maistre du bureau de Lyon, m'envoye de tous ceux qui m es- crivent et passent par ^es mains. Obligez-moi de me dire si vous n'adressez point vos lettres à quelqu'un de Lyon qui les mette à la poste sbubz une autre ' adrassejque la mienne. Si cela estoit , ce seroit la rai- I 9 l^ GORRfBSiPOnrBANGE «on paor laifiMileiil ne }ç8 (Poç^ .deî8e9oiijitnan|t'«o|niiiie '-> v' ■< ^ '*• •• )->i^'i i. Je Buig '^ imoDsieur , , -Aw ; - ! ^Voâliie''«i^'affiedtk>iiiil-Mriilft«t*y':î-'<^ .y..» -.i-Tj'l m'v r-i:.: ,ri:/'T. .\ De LouYOlSt AU MEME. •- .: * - i' / î / ' t A Fonuincbkan, le 16 jniUel i9(»6. Monsieur , La mort du pauvre feu sieur LeTé m ayant obligé N4^rf3hW<)bçr. :HBe,Beï^oppQ,d'ifltpUig^»fi^ ^j^.R^ité mV^ ; few*^ . 9W,Vi^»pr ,^,aj «tfvfîagf p ; qui ?|voi^i?t /Ë{$jt^ j^E^ept .de^.pV.Yr;ag^§,. ç|;,^bs lï^tr^ ^Bî^^iv^rpifid'^ï^'M» .pvi^ept ^^ce copduifc* 4; l^i|f . piçcfiB^^iQa:^ avjçq le pl/;i^ . ^^^l^ffenfe gu il se ppm-r^» X;fpei>4?in|:,.j^ Wi?.,. ^ •;i.i '.. .. '.-^ ''''ihbnsleur, " "• ' . ' ; *• ' Vostre très humble et très affectipnné seryitevir, IV^DITE. l3f AU MÉMB. MONAIBUR y J*ay recéu tos lettres des 19 et 26 du mois passe. A présent que le logement destiné pour monsieur Pouc- quet est en estât de le recevoir, et que vous estimez qu'il y sera plus en seureté, qu'au lîeu où il est , Sa Majesjfcé 9 pris la résolution de le faire conduire à Pi- gnerôl , en -vertu des ordres que tous trouverez cy- joints. II est iputile que je vous explique touttes les précautions que Sa Majesté prend pour la seureté du prisonnier durant sa marche^ pour sa garde durant sa détention, et poUr la remise du fort de la Perouze au pouvoir clé celuy qui en doibt estre chargé /puisque par la lectrire des-mesmes ordres vous les apprendrez; mais je doibs seulement vous assurer que Sa Majesté se remet à vostre prudence du temps, et de la forme de vostre départ pour Pignerol; qu^elle se promet que vous prendrez si bien vos précautions , que monsieur Foucquet ne pourra s'eschaper de vos mainS^ et qu'à Fexceptibn -de ceux qui ont travaillé à l'exécution des dicts ordres , et qui sont gens discrets et fidelles, per- sonne n a connoissance qu'ils soyent faicts n'y qu'ils vous soyent envoyés. Pour plus grande seureté, j'a- d^ssé Trioti pacqiiet au commissaire de Vrevine, sans luy expKifue'i^ ce qu'il contient , 'et je lui ordonne de vous le porter à la Perouze. ' Lorsque je vous ay mandé que vbus ne debviez ad- jouster créance aux dépésches ^ui vous seroyent pré- " ^ 9. i3a coRR£s.i»o.irDAirc£ semées touschant monsieur Fouequet, que quand mon- sieur le Tellier ou moy vous ferions une addition escrite de la main de l'un de nous, j*ai seulement pré- tendu que ce seroit pour les choses qui regarderoyent simplement la plus grande commodité ou satisfaction du prisonnier^ comme ^eroit de luy p^ripet^e de vçir madahie sa femme, de recevoir de ses lettres, et da» voir quelque nouveau domestique, qui. sont chose» qui luy peuvent estre accordées par unis. simple lettre» et que ses proches pourroyent supposer, et quoy que la multitude des dépésches que je vous adresse pré«* senteroent doibve oster toutsubject d apréhçnder une pareille surprise, néantmoins j adjousteray quelques ligne^ de ma main à cette lettre, pour justiffîerqu elles sont données avec connoissançe de cause. Je vous envoyé les lettres d'enseigne que le Roy a cy- devant accordées à vostre recommandation au sieur Sergier. , Je suis fort surpris d'apprendre que le trésorier de^ l'extraordinaire dç la guerre n ayt point encore acr quitté les deux ordres que j'ay expédiez pour vostre remboursement des déspenses que vous avez fj^ictes : je mV^clairçiray d'où vient ce retardement., et je vous^ rendray justice. Comnie vous m'avez tesmoigné de ne point désirer de cavaliers pour la conduite de monsieur Foucquet, je ne vous adresse point d'ordres pour cet effect ; qi|e, si vous croyez en avoir besoin , en me le mandant j'y pourvoiray aussytost. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. INJSDITE. l33 Gappitaine Saint-Mars , ayant résolu de faire trans- férer Foucquet en ma citadelle de Pignerol , je vous faicts cette lettre pour vous dire qu aussytost que l'ap- partement du donjon de ma dicte citadelle , dans le- quel le dict Foucquet doibt estre gardé, sera entièrement préparé et en estât de le recevoir , vous ayer à partir avec luy du fort de la Perouze pour le conduire en ma dicte citadelle , soubs l'escorte tant de vostte com- pagnie, que de gens déstachez de la garnison de ma ville de Pignerol, qui vous seront envoyez par celuy qui y commanjde , au nombre que vous luy deman- derez en vertu de ma lettre et de mes ordres , qui se- Tont cy-joincts; qu'en |)artant de la Perouse, vous remettiez la place , ensemble l'artillerie et munitions de guerre y estant, à celui qui y commandoit en l'ab- sence du sieur marquis de Pyennes, lorsque vous y estes entré, et qu'estant arrivé dans la dicte citadelle de Pigtierol, vous fassiets monter le dict Foucquet au donjon et le mettiez dans le drct appartement pour Ty garder en la manière portée par l'instruction que je vous fis expédier àvostre départ d'auprez ie moy, à laquelle me remettant de ce que je pourrois adjouster à la présente, je ne vous la feray plus longue, que pour vous recommander d'apporter toutes les précau- tions nécessaires pour la seureté de la conduite du dict Foucquet; priant Dieu qu'il vous ayt en sa sainte garde. Escrit à Foutaindl>l6fta , le zy juillet 1666. Louis. Tjb Telliba. l34 CORat:$|»0Ifl)ANCE AU Mâmii. A Fontainebleau» oa 3o jalOet z666. MoUSIBUR, Yostre lettre du 1 5 de ce mois m'a esté rendue. Je vois que ce qui a empêsché que jusqu'à présent je n*aye reçeu vos lettres qu'après que celles que Ion m'escrivoit du pays où tous estes m*a voient esté ren- dues, c'est que vous les addressiez à Lyon^ à uû bâpa* quier pour- me les £aire tenir , sur quoy je vous diray qu'il me semble que dorésnavant vous les pouvez mettre dans te pacquet du commissaire de-Yrevine, ou bien les adresser directement au commis de la poste de Lyon , lequel aura soin de me les envoyer en mesme temps que celles qu'il reçoit pour moy. U ne se peut rien adjouster aux précautions que vous prenez» pour la garde de monsieur Foucquet, et je ne scaurois vous donner dautre conseil que de vous convier à continuer comme vous avez commencé. Je suis, monsieur, Vôstre très affectionné serviteur, De Louvois. A SAINT-MARS. Vinoennes» m 3 Mptembra 1666. Monsieur, J'ay reçeu les lettres que vous avez pris la peine de m'escrire les 1 4 et ai du jQoi^passé, et j*en ay fait la lecture au Roy. Sa Majesté a esté bien ayse d*aprendre que vous ayez seurement conduit monsieur Foucqjuet dans le donjon de la citadelle de Pignc^l ,. et a fort approuvé le zèle qu'ont fait paroistre en ce rencontre ^eii;K,'qui T4^i:|6.f9n^^isié..; ( , ,, .,^ . . ' ^oq3r,e Vfçeu les^niz^ç^s qiiarapte^ livres ^i^^vpu^ ont ^t4 oi^oBu^èS: ^ y. a longtemps ^ veu queJ^)tré^ &^e^: de^,V^tf^ovd^iViîre m.'^ assuré ^e le sieuir ÇSioxa; p|i|^,f^n. çp»fi;MSy qui ,9 reçeu cette partye désole mqiç 4e ji^ 46f?û^i^ 9 9 ^ des nouvelles de celfiy cy > qui pprttenjb ^t le diotjounl^re naUr v^au dcfs jnm^ fraoçiiHaeA, mai^noapasJea œinn?tt^d« >9ii>l:.IIi«i^o$in^ ef d^ «aiot Aufttstijfi. . Je suis toujours^ très véritablement, monsieur, Vostre très affiçctionii^ serviteujr, Le Tellibr. ▲U MEME. 4tfh»#-6ieni}4ili en Laye , ce 3o norembre 1666. Monsieur, J'ay faict voir au Roy la lettre que vous m avez escrite le 1 3 de ce mois, et Sa Majesté a fort approuvé ce que vous avez faict faire pour monsieur Foucquet, et la conduitte que vous tenez à son égard , dont elle est bîeii satisfaicte. Voilà tout ce que vous aurez de moy pour cette fois cy, vous assçurant que je suis, monsieur, . Vostre très affectionné serviteur, Db-Louvois. AXS MJSÈ/m ■ Saint-Germain en Laye, ce x8 janTier 1667. Monsieur , Vôsti^ fettrc du I®' de ce moià m'a appris la maladie de ihonsieur Foucquet et les soit s et lés préciaUtioTis que IIfâl>IT¥. i39 VOUA pr^aeaipour empescher qu'il ne se pa^senQi> ccn^tr^ le service du Boy ; je vous asseure que Sa Maj^sté^ k qui je rends compte de tout ce que yus me nMipdeoi, ^t bien satisfaite de Yostre conduitte, A fesgard du valet qui est malade^ vous faites fort bien fie le gl^rd^, puisqu après quil aura esté guéry^ il sera bi^n à pr0«>* 'pps que vous le redouuiez à monsieur Foucque^ pow continuer à le servir. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , . Dm Iiiouvois^. ▲U MEME. A Saint-Germain , ce i4 février 1667. • MoifSttm» 1 ay reoene vostre lettre du cinquiesme de ce mois , et tcnites les pièces d'escriturès du prisonnier que TOUS gardez qui y estoient joinctes , sut lesquelles il fmroiât bien qu'il a gttnde envie de négocier et de lier eoninierce ; mais pour l'en empescher , le Roy , à qui j^ rendu compte de «mit , ^estime que l'on ne pgult inieux £râre que ce que vous proposer, dVnlerm^i' avec Imy. deux valetx qui ne sortiront que par la mort ; et je crois qu'il sera bien à propos que cetny que vous te- Deti prisonnier en s<»rt un , afin de le punir de vous avoir trompé. Les advantages que vous tirerez de ces l4o CORRESPOIfBANCE » deux raletz ainsy enfermez, sont^ qu% pourront se veiller lun Fautrfe , et que vous congnoistrez en tes questionnant ou par les rapports qu'iU vous feront s'ils diront vray. Gotnme par les escritures du prison- nier il paroist qu'il souhaitte qu*il y aye veue du côsté des chapelles qui sont sur la montagne , il sera de vostre soin d'ettipêscher qu'il ne puisse rien veoir de ce côté là ; Sa Majesté se remettant à vous de touttes les précautions qui sont à prendre pour la seureté de ce prisonnier ; il sera aùssy bien à propos , puisqu'il escrit sur des rubans, faulte de papier, que vous pour- voyez qu'il ne luy en soit donné que des noirs , et que les doublures de son pourpoint soyent de la mesme coulleur , afin que nulle autre n'y puisse prendre sans . estre d'abord aperçue. Sa Majesté a trouvé bon de faire donner douze cens livres de gratification au con- fesseur ; j'en ay expédié l'ordonnance et j'en feray por^ ter le fonds au premier jour, ainsi que celui qui sera nécessaire dorésnavant pour l'eu tretennement du second valet d'augmentation. Sa Majesté a aussy trouvé bon le logement que vous proposez pour une blanchis- seuse , et monsieur Golbert a esté chargé d'escrire à l'entrepreneur des bastimens et réparations de la ci- tadelle d'y faire travailler^ Au reste, vous nedebvez pas vous inquiéter des chanigemens qui se sont faicts dans la. première compagnie des mousquetaires; Sa Majesté n'a pu s'en deffendre à cause de la récompense qu'il a fallu donner, et vos services sont assez considérables pour ne pas songer à vous advancer en donnant de l'argent ; s'il vacque quelque chose qui vous soit pro- lirÉDIT£. ]4l ]^ê je Y0U8 aasaire que Ton y reillera pour tous, h en «oyes point en peiné , et me croyez , monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvoïs, Quoyque vous ne deviez point donner de nouvelles à monsieur Fouequet , je vous prie de luy dire qu*il y a près d'un an que le sieur d*Amorezan n'est plus à Pignerol , af&n qu'il connoisse que celuy à qui il se confesse n'est point son domestique. A COLBERT. A Paris , ce aurdy 19 «rril x667. Mon SEIGNBUH , . Si je n'eusse espéré l'honneur de vous voir hier et vendredy , je vous aurois plustost rendu compte du déspart ^e messieurs de La Foptaine et Bqudet. Ils doivent estre arrivés dimanche dernier à Rheims , où monsieur Chamois arrivoit aussi le samedy^ par sa lettre que je viens de recevoir. Je craindrois tousjours, monseigneur, de me prér senter ou trop souvent ou trop peu , si vous pouviez douter de nia vplpntéà suivre la vostre^ toutes les fois que je la connoistrajL . » :î. c Je dois appréhender avec plus de sujet que mes affaires neiMOUs importunent trop parmy. de plus gran<^ l4^ CORRESPONDANCE dea^ Ce;qtiQ:vo|is euâtee ia bonté d-eM»ir# à Montpeti lier en.ma laveuur, a produit oet effect nir b eompagnie, ou plustost 3ur p;) petit ^o^br^ dj^ CQimpissaires esta- blis pour pareilles choses , quoy qu'assez mal disposés à mon esgard, quils ont promis de me comprendre à l-af enir dans les déspavtemens. Maïs comme on ne t^pond rien- du tout pour le passé , et que le silence est un refus ^ peut-cstre trouverez vous à propos j Monseigneur, de tes presser uh peu, eti escrivant à monsieur de Besons , qui est miaintenant siir lès lieux , qu il tienne la main, s*il le faut, à Texécution de larrest du Conseil, suivant vostre lettre à monsieur le pre- mier président , que je joins icy pour servir de mé- moire. Je continue néantmoins à vous protester, monsei- gneur, que ni en cela ni en autre chose je ne puis jamais rien désirer que ce qui ne vous fera point de peine. Quelque joye que me puisse doDHier la protection dont vous m'honorez, je n'y ay jamais recours qu'avec Ç0U^ ^Qaditi<^o , et sw ftyec tpift h re«p«ct poasible , monsejgneui* , •Vostt-e très huniblé et très-obéissant serviteurj ' Pellisson Fqntanibr. A SAINT-MARS. A i^alnt'^ennaiD , ce at avril T667. Monsieur, " ~i:'J^ aroy que le m^Ueur sert de vedontiev au pri- sonnier les deux valets que vous tenez arrestés , et il . . .I4rJÉDfTB. . 143 s«na à propos qn en Wrenneiftmt auprès de hiy, vbui» leur déclariez quils n en sortiront que par moxtf «d» lmrM9tm» toiKtte pesèee .de^le pouFoir «lamr aif de- bqri^y^ al à Jaij, tojutte «spérance 4 m ûfier aucuÀ aii¥aiit0gr> ;: » '•' ' • ■ ' Té siïis toujours, nfibnsiëur;- • *' Vostre très affectionné serviteur i De Louvois. ATT HfSMB. A Saint-Germam en Laye, ce i4 octobre 1667. Monsieur , Jay reçeu vostre lettre du premî^'de cfe mois , et incontinent après qu elle ma esté rendue j'ay fait coiraoîftre lau^ timorieif de rjoxtraordinapre dô fa guerre ^'îl débvoiti pouweoir au Tera^boufsemeiit des^ od^ «sanoes tpi^ rtms'owez^ ikites d^rai^t c«t esté-, et it a fvopnB'dTy^vatisfeirie sans aÙGtfn 'Petardeiiient- Vfairedes>)ialms d'iiiver à moi|«> sieur PomoéfiMC' et ses de|ix Taletz>loraè[tt'^:ie^desii«ra ; 4it quimd vous 'ii»'a|i¥0« enwyé- le ménloine deee l44 CORRESPOVDiàNCE qu'ik conteront, je poliinreoyeiay à tomx^ reinboar> semept.' .... A pEesent, que nou^ sommes désbaniMez dea afiFaires de. la campagne , il est à propos que vous nous infor- miez touttes les semaines de la santé de vostre prison» nier et de la manière dont il passe sa vie, afin d'en rendre compte à Sa Majesté. Je suis, monsieur,; Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. ▲^ MEME. A Paris , ee >i oorembre 1667. ^ ^ • JMoijrsiEiïi^ . .. , ; ■...!' . Les. lettres que voua avez prk la peine de m'escrire dont la dernière est du 12 dé ce mois^tm'ont testé rendues. Par tout ce:quelles contiennent, je voys la conduite et les occupations de monsieur Foujcquel. JW delà p^iïiG à comprendre coimment l'enflure qu il A à la mamelle gauche, l'oblige de porter le bras en ff^charpe, je vous prie» de m'en éelairar,^et'de ai'fea^ «rire: toutes 'les semaines Teàtat de sa santé» > . Vous ne sçaurie» manquer -d« prendre le papier xpie :monsieiàr Fôuequet a JÈdt , et vous pouvez en mesme ternes luy déclarer que,, s'il employé encore ton b'ngé de table àimi» du papier, 0. ne doîbt pas INEDITE. 145 estre surpris si vous ne liiy en donnez plus. Il me semble qu'il n'est pas fort difficile de s'apercevoir s'il en consomme à cet usage, puisqu'il n'y û qu'à le donner par compte à ses valetz, et les obliger à les rendre par compte aussy, et quand il en manquera, ce sera une marque infaillible qu'il s'en sera servy. L'on aura soin des cadetz de vostre compagnie dont vous m'avez envoyé les noms , et je feray mon possible pour leur faire avoir quelques charges dans l'augmentation que l'on va faire à l'infanterie. Je vous envoyé le congé que vous avez demandé pour un de vos lieutenants ; et , puisque vous avez de la confiance en luy , vous pouvez le charger des es- crits que vous avez surpris à monsieur Foucquet. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur, DjL Louvois. AU MBME. A Saint-Germain, ce aa noTembre 1O67. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du lo de ce mois. Vous pouvez faire donner à monsieur de Lauzun l'habit qu'il vous a demandé. Il ny a pas d'inconvénient de dire à monsieur Foucquet la nouvelle de la promotion de monsieur le r46 CORRESPOND A WCE chancelier; au sur plus vous luy donnerez toutes les choses nécessaires pour son soulagement. De Louvois. AU MEME. A Paris, ce i8 décembre 1C67. Monsieur , J'ay reçeu vos deux lettres , dont Tune est accom* pagnée du mémoire de la déspense des habits d*hiver de monsieur Foucquet et de ses valets et de quelque linge de table et batterie de cuisine. Vous recevrez au premier jour le dupplicata de Tordre expédié pour vous faire rembourser de vostre advance par le tré- sorier de l'extraordinaire de la guerre. Vous aurez veu, par une de mes précédentes lettres , que je vous priois de m'envoyerpar l'occasion d'un de vos lieutenants , qui s'en venoit icy, les papiers escrits de monsieur Foucquet que vous avez trouvez dans sa chambre. Si cet officier là ne fait point le voyage qu'il se proposoit, ou s'il ne le commençoit pas sy-tost, je vous supplie de me les envoyer par la poste. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. Depuis cette lettre escrite, votre officier m'a rendu les papiers. INÉDITE. l47 AU MÂME. A Paris, ce as décembre 1667. Monsieur , Vos leltres des trois et neuf de ce mois m'ont esté rendues avec le cachet qui accompagnoit la première , et les papiers qui estoient avec l'autre. J'ay vu par ce qu'elles contiennent l'état de la maladie de monsieur Foucquet , dont je vous prie de me faire sçavoir des nouvelles le plus souvent que vous pourrez, jusques à ce qu'il soit en santé. J'ay rendu compte au Roy de la conduite que vous avez tenue jusques à présent à l'esgard de monsieur Foucquet; Sa Majesté a tesmoigné qu'elle en estoit satisfaite et qu'elle desiroit que vous la continuassiez. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MEME. A Saint^Gerinaii) en Laye le 29 février 1668. Monsieur , Vostre lettre du i8® de ce mois m'a esté rendue en l'absence de mon filz : elle m'a apris la santé et les occupations de monsieur Foucquet; et, puisque vous ï48 CORRESPONDANCE estes content de I exactitude de sa garde, il y a lieu de Festre icy , estant , comme vous estes , fort soigneux et attaché à votre debvoir. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Lb Tbllisr. âXJ MEME. A Chambor, ce i octobre 1668. Monsieur , J ay apris, par vostre lettre du 22^ du mois passé, que vous avez fait difficulté de donner à monsieur Fouccjuet le supérieur des jésuites ou le gardien des capucins et des recolets de Pignerol , pour faire avec Tun d'eux une confession générale; comme dans sa demande il pourroit avoir une autre fin que celle de la dévotion, vous avez bien fait de ne luy point ac- corder d autre confesseur que lecclésiastique qui le confesse ordinairement. Le fort de TËscluze, qui est du pays de Bresse, n*estant point de mon département, je ne me mesle pas des fortifications de la place, c'est monsieur Gol- bert qui en prend soin ; je luy en parleray volontiers, afin qu'il pourvoye à la réparation des deux tours du dit fort qui menacent ruine. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. INEDITE. t/|9 AU MEME. V A Ckaiabor, ce 9 octobre 1668. Monsieur , Vostre lettre du 29 du mois passé, m'aprend la continuation et Testât de la maladie de monsieur Foucquet. Je vous prie de continuer à m'en informer par tous les ordinaires. Vous pourrez , pendant qu il sera incommodé, luy donner tous les secours qui luy seront' nécessaires pour son soulagement; mais en faisant ce qui peut luy estre utile , vous ne debvez pas négliger la moindre des choses qui peuvent aller contre la seureté de la garde de sa personne. Je suis toujours, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. A Paris ce i8 novembre 1668. Monsieur, J'ay receu vos lettres des 3 et lo de ce mois sur lesquelles je n'ay autre résponse à vous faire, si ce n'est que Ton me mande de Pignerol que vous estes indisposé , et cependant vous ne m'en avez rien escrit. Vous jugfiz bien que, prenant part à vostre santé, je l5o CORRESPOÏTDANCE ne puis pas estre satisfait de vostre silence, ni sans in- quiétude de vostre maladie, dont je vous prie de m'in- former. Je suis, monsieur ^ Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MEME. A Paris, c« â déctmbre 1668. Je suis bien fasché que vostre maladie se soit au- tant augmentée que vous me le mandez, et il fault que vous n ayez présentement autre application que de vous guérir. Je vous prie seulement de me faire mander de vos nouvelles par tous les ordinaires. De LotJvois. ACOLBERT. Lundj, 28 janvi» 1669. MoNSEIGNEtTR , Me voyant malade, et mes affaires en Testât que vons sçavez, je prends la liberté d en escrire au Roy, et de luy envoyer un mémoire que je luy aurois donné avant mon mal, sans le bruit du voyage, et que je voulois aussi auparavant vous le faire voir. Je ne doute INÉDITE. l5l pas qu'il ne vous soit renvoyé; mais cependant, mon^ seigneur, en voicy la copie que javois faite des -lors pour cela mésnie. C'est tout ce que le catharre me permet, et de vous demander tousjours l'honneur de vostre protection, la méritant par lextrême respect avec lequel je suis , Monseigneur, Vostre très-humble, et très-obéissant serviteur, PfLLISSON FOÎSTANIER. COPIE DU MEMOIRE POUR SA MAJESTE. Ce papier fera souvenir Sa Majesté, s'il luy plaist, de ce qu'elle a eu la bonté de me faire espérer plus d'une fois , qui est de parler à monsieur Colbert de mes affaires et de me faire du bien. Je luy proteste quej'attendrois ses grâces avec sou- mission et patience, sans luy rien demander, si Tes- tât des choses me le permettoit plus long temps, et si mon besoin estoit moindre. J ay aversion pour toute sorte d'imposture ; j'aime- rois mieux estre mort que d'avoir menty à Sa Majesté, par le seul respect que je luy dois. Dieu m'en est tésmoin. J'avois environ quarante mille escus de bien ou quelque chose de moins. Aujourd'huy, à vray dire, je n'ay rien du tout, car les pertes à faire sur certains effects, comme rentes l5a CORRESPONDANCE et augmentations de gages ^ la déspense de sept années et demie qu'il a fallu soustenir en mangeant le fonds des remboursements qui m'ont esté faits, les intérêts accumulés de ce que je dois , n'ont que trop consumé ce qui me pouvoit appartenir ; ce n'est pas le moyen de porter deux cens mille livres de taxe , et quand je n'aurois à payer que mes dettes , il est très vray qu'il ne me resteroit rien. Je n ay pourtant jamais eu la vanité de croire que Sa Majesté me deust enrichir de son espargne, ayant aussi peu de mérite que j'en ay auprès d'elle. J'ai seulement espéré, qu'estant plus de bonne vo'^ lonté , ayant passé d,ans les divers temps de ma vie avec quelque approbation presque par toute sorte d'affaires, palais, sceau, consul, finances, déspésches, négotia- tions; me trouvant officier d'une compagnie de justice, et par conséquent capable de toute sorte de commis- sions. Sa Majesté, par bonté , par générosité, par gi'an- deur d'ame, pourroit in'honnorer de quelqu'un de ces emplois qui font subsister, en attendant que j'eusse mérité d'avantage. Le peu dont je jouis , ne fournit pas à la moitié ' d'une déspense très médiocre; j'ay espuisé toutes mes petites ressources comme j'ay dit ; je ne cherche en un mot qu'à vivre en travaillant autant qu'aucun autre^ en telle nature de choses qu'il plaira à Sa Majesté de m'occuper , sans compter les desseins en très grand nombre que j'ay pour sa gloire , dont je puis dire que je suis possédé et rempli , et que rien ne me les pour« roit oster qu'une extrême misère qui abbat absolu-* ment le coeur et l'esprit. INÉDIT^. l'JJ J'assure enfin Sa Majesté , que je donnerois ma vie pour elle, et que je ne puis imaginer un zèle plus grand que le mien. A SAINT-MARS. A Paris , ce ai février 1669.. Monsieur , Vostre lettre du 9^ de ce mois m'a apris les occu-" pations de monsieur Foucquet. Vous avez bien fait de luy donner les choses nécessaires pour contribuer à son divertissement, mais vous debvez toujours pren- dre vos précautions pour la seureté de sa garde. Con- tinuez à me marquer bien particulièrement tout ce qui se passera à cet esgard , et croyez que je suis , monsieur ^ Vostre très affectionné serviteur. De Loti vois. AU MEME* A Paris, ce ii inars 1669. Monsieur ^ Il est fascheux que les deux valetz de monsieur Foucquet soient tous deux tombez malades en mêsme l54 CORRESPONDANCE temps, mais vous avez jusques icy pris de si bonnes mesures pour ésviter touttes sortes d'ineonvéniens^ que je me remetz à vous des moyens dont vous debvez vous servir pour la seureté de la garde de vostre prisonnier. Cependant, je vous prie de conti- nuer à m'avertir fort exactement de ce qui se passe y et de me croire , Monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois- AU MEME. A Paris, ce a6 mars 1669». Monsieur , Vous avez bien fait de ne pas donner aux recolets la pistolle que le valet de monsieur Foucquet vous avoit prié de leur déslivrer par charité, puisque vous apréhendez qu'il n'y ayt à cela quelque mistère, et le reste de vostre lettre du i6 de ce mois ne dé- sirant aucune résponse , je n'ay qu'à vous prier de continuer de m'advertir de tout ce qui se passe à l'é- gard du dit sieur Foucquet. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. iir ÉDITE. i55 AU MÈMB. A Paris, ce 3 3 avril i66g. Monsieur , Jay reçeu vostre lettre du i3 de ce mois. Il fault vous consoler du chagrin que monsieur Foucquet peut avoir contre vous des nouvelles précautions que vous avez prises pour la seureté de sa garde , puisqu'il est raisonnable que le service du Roy aille avant toutes choses. L escluze ne se trouvant point dans mon départe- ment, je ne puis faire travailler aux réparations qui y sont à faire, sans cela j'y envoyerois aussitôst des ou- vriers, mais il fault que vous vous adressiez à monsieur Colbert qui en est chargé. Pour ce qui est de la con- duite du gentilhomme du voysinage deTescluze, c'est pareillement une affaire qui regarde le département de monsieur de la Vrillière , auquel il est nécessaire que vous, ou celui qui commande dans la place, en escrive. Je suis , monsieur , Vostre affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. A Saint-Germain en I^aye, ce 19 juillet 1669. Monsieur , Le Roy m'ayant comandé de faire conduire à Pjgnerol le nommé Eustache d'Auger, il est de la j56 correspondance dernière importance à son service qu'il soit gardé avec une grande seureté, et quil ne puisse donner de ses nouvelles en nulle manière , ni par lettres à qui que ce soit. Je vous en donne advis par advance, afin que vous puissiez faire accomoder un cachot où vous le mettrez seurement, observant de faire en sorte que les jours qu'aura le lieu ou il sera , ne don*» nent point sur des lieux qui puissetit estre abordez de personne y et qu'il y ayt assez de portes fermées, les unes sur les autres , pour que vos sentinelles ne puissent rien entendre. Il faudra que vous portiez vous mêsme à ce misérable, une fois le jour, de quoy vivre toute la journée, et que vous li'escoutiez jamais, soubs quelques prétexte que ce puisse estre, ce qu'il voudra vous dire , le menaçant tousjours de le faire mourir s'il vous ouvre jamais la bouche pour vous parler d'autre chose que de ses nécessités. Je mande au sieur Poupart de faire incessamment travailler à ce que vous désirerez , et vous ferez pré- parer les meubles qui sont -nécessaires pour la vie de celui que l'on vous amènera^ observant que , comme ce n'est qu'un valet, il ne luy en faut pas de bien considérables , et je vous feray rembourser tant de la déspenses des meubles , que de ce que vous dési- rerez pour sa noumture. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur , Db'Louvois< INÉDITE. l57 AIT MEME. A Saint>Gerin«in , ce lo septembre 1669. Monsieur, Jay reçeu vos lettres des ^24 et dernier du mois passé. Vous pouvez donner à vostre nouveau prison- nier un livre de prières, et s'il vous en demande quel- que autre , le luy donner aussi. Vous pourrez luy &ire entendre, lés dimanches et les festes, la messe qui se dira pour monsieur Foucquet , sans pourtant estre dans le même lieu , et vous observerez de le faire si bien garder durant ce temps là, qu'il ne puisse s'évader ni parler à personne 5 vous pourrez mésme le taire confesser trois ou quatre fois l'année , s'il le désire , et non point d'avantage , à moins qu'il ne luy survinst quelque maladie périlleuse. L'on m'avoit mandé que vous aviez dit à monsieur de la Bretonnière que l'on vous debvoit envoyer un prisonnier , mais je suis bien ayse que cela ne se soit point trouvé véritable. Je vous adresseray au premier jour des lettres pour pourvoir de lieutenances réformées ceux des cadets de vostre compagnie qui ont eu' des charges dans l'in- fanterie. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. l58 CORRESPONDANCE AU^llEMB. A Cbainbor , ce 2 5 septeaibre 1669. Monsieur , « J'ay appris, par vostre lettre du 4 àe ce mois, Tin- disposition de monsieur Foucquet et le sentiment qu en ont les médecins ; comme aussy que le prison- nier qui vous a esté envoyé en dernier lieu est in- commodé ; de sorte qu'il a besoin d'estre saigné pour recouvrer sa santé , sur quoy je vous diray quil n'y a nulle difficulté à le foire , et que lors que de pa- reilles choses arriveront, vous pourrez le foire traicter et médicamenter selon qu'il en sera besoin , sans at- tendre d'ordre pour cela . me donnant seulement compte de ce t|ui se sera passé, comme vous ave^ accoustumé de foire. Je suis , monsieur , Vostre bien humble et très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. A Paris , ce 7 dt-cembre 1 669. Monsieur , Je reçois dans ce moment vostre lettre du 27 du mois passé, par laquelle je voys que vous avez déscou- INÉDITE. l5q vert que vos soldats avoyent commerce avec monsieur Foucquet. Il fault qu il y ayt eu encore quelque chose de plus que ce que vous me mandez qu'ils vous ont advoué, car, il n'auroit pas fait donner six pistolles à un soldat qu'il nomoit par son nom s'il ne luy eust auparavant rendu quelque service. Le Roy , quand il aura veu les dépositions que vous me promettez par le prochain ordinaire, ne fera aucune difficulté de vous permettre de faire justice de vos soldats , en assem- blant vos officiers et sergents; et, s*il n'y a point de preuves assez seures pour punir un crime de cette qualité , à l'esgard du valet , vous ne pouvez que le bien maltraitt^r et l'enfermer pour longtemps ; cepen- dant vous ferez fort bien de mettre les fenestres de monsieur Foucquet en estât que pareille chose ne luy puisse plus arriver, et veiller tousiours si exactement qu'il ne puisse rien voir sans que vous le déscou- vriez. Il fault faire arrêster l'homme de l'abbaye qui a donné les six pistoles, Tint^oger vous mésme, et me mander ce qu'il vous aur^ dict du commerce qu'il entretenoit. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MEMS. A Versailles, çc 17 di-ceinbrc i66ç). Monsieur , J'ay reçeu, des mains du sieur de Blainviiliers, l6o . ^ CORRESPONDANCE Yostre lettre du 8 de ce mois, avec le mémoire de la déspense que vous avez faite pour monsieur Foucquet, et la déposition du nommé La Forest. Je donne ordre au trésorier de Textraordinaire de la guerre de vous envoyer vostre remboursement. J ay apris fort en déstail , du sieur de Blainvilliers , tout ce que vous avez fait pour vous saisir du dit La Forest et du nommé Honneste. J'en ay rendu compte au Roy , qui a esté fort satisfait de tout ce que vous avez fait. Il a comandé à monsieur de Lyon ne dé faire faire des remercîments de sa part à monsieur le duc de Savoye de la manière honeste dont il en avoit uzé , en laissant prendre dans ses estats le dit La Fo- rest et le dit Honneste , et je vous envoyeray par l'or- dinaire prochain ,' un présent que Sa Majesté souhaitte que vous envoyiez en son nom au major de Turin , qui a agy en ce rencontre avec tout le zèle que l'on auroit'pu attendre d'un subject de Sa Majesté. Le Roy, comme je vous l'ay mandé par ma dernière, dont le courrier que je vous ay déspésché es toit chargé, trouve bon , qu'avec les officiers de vostre compagnie, vous jugiez en conseil de guerre vos soldats , et que, par l'exemple que vous en ferez , vous fassiez perdre aux autres Tenvye de plus faire de pareilles trahisons. Sa Majesté ne désire pas que vous jugiez le nommé Champagne, valet de monsieur Foucquet, quoy que suivant ce qu'a dit le dit sieur de Blainvilliers, il s'y soit soubmis par escrit ; mais , elle entend que vous le teniez dans une prison dure , pour le punir de son infîdellité, et se remet à vous d'en uzer comme vous le voudrez à l'égard de La Rivière, autre valet de monsieur Foucquet , c'est à dire de le laisser auprez INÉDITE. l6i de luy , ou de l'en oster, Sa Majesté se promettant qu'en cas que vous le luy ostiez, vous ne le laissiez sortir qu'après une prison de sept ou huit mois , afin que, s'il avoit pris des mesures pour porter des nou- velles de son maître , elles soient si vieilles en ce temps là, qu'elles ne puissent en rien préjudicier; et, pour ésviter de pareils accidents à celuy qui vient d'arriver, il fault, comme je vous l'ay désjà marqué , faire faire une grille vis a vis de chacune des fenestres de vostre prisonnier qui soit en demy cercle , en saillie hors du mur extérieur de deux ou trois pieds , et entourer chacune des dites grilles d'une claye fort serrée et assez haute pour empéscher qu'il ne puisse voir autre chose que le ciel ; et que la dite claye se trouve oposée à tous les terrains qui sont vis-à-vis ses fenestres ; et que quand il sera nuit , vous fassiez descendre des nattes dessus ses fenestres qi|e vous relèverez à la pointe du jour ; ainsi l'on ne pourra plus luy faire signe ; n'y luy en faire faire à qui que ce soit , et il ne pourra plus rien jetter ni rien recevoir. A l'esgard du sieur Honneste, qui vient désbaucher des soldats de vostre compagniie, le Roy désire que vous le teniez prisonnier, et son valet avec luy, jusques à nouvel ordre ; ensorte qu'ils n'ayent tous deux de com- merce avec personne du dehors , et par la peine et la mortification qu'ils souffriront, empéscher que l'on ne se hazardc si facillement à essayer de corrompre vos soldats. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. I. II 102 CORRESPONDAIVCE AU MBME. A Saint-Gcnnain » oe ler janvier 1670. Monsieur , J'ay reçeu avec vos lettres' des 19 et 21 du mois passé y le mémoire qui y estoit joint. Par la première , je voys que vous avez fait le procez au nommé La Forest, et que vous laviez fait exécuter, Jay désja mandé à monsieur de la Bretonnière de faire mettre en liberté les nommez Pedanes , et je le luy mande encore puisqu'ils ne se trouvent point coupables. Les jalousies que vous ferez mettre de fil de Richard (sic), ne feront point Teffect que celles de bois, à moins que vous ne les fassiez faire de mêsme forme , c'est à dire qu'il y ayt autant de plain que de vuide. Je vous renvoyé les tablettes que vous m'avez adressées , par ce qu'elles pourront servir à la convic- tion du sieur Honneste , auquel le Roy veut faire faire le procez , ainsi que vous rapprendrez du sieur de Loyauté. Le Roy a trouvé bon d'accorder cinq cens escus à celuy de vos lieutenants nommé Du Plessis , et Sa Majesté leur fera à tous du bien de temps en temps , suivant que vous me manderez qu'ils s apliqueront à bien exécuter vos ordres. Si le sieur Honneste a peur; il en aura bien d'avan- tage quand il verra qu'on luy va faire son procez; il faut cependant le tenir dans une prison dure , car il est bon d'effaroucher les gens que l'on pourroit en- voyer pour désbaucher vos soldats. Le Roy se remet à vous d'en uzer comme vous le INÉDITE. ï63 jugerez à propos à l'esgard des valets de monsieur Foucquet : il faut seulement observer que si vous luy donnez des valetz que Ion vous amènera d'içy, il pourra bien arriver qu'ils seront gaignez par avance , et qu ainsy ils feroyent pis que ceux que vous en os- teriez présentement. Je suis 9 monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. A Saint-Germain en Lay«, ce t6 janTÎer 1670. J ay reçeu vostre lettre sans datte qui sert de rés* ponse à la mienne du 17 du mois passé. Les précautions que vous avez résolu de prendre pour empéscher que monsieur Foucquet ne donne de ses nouvelles à personne , ni n'en reçoive de qui que ce soit , sont bonnes ; et , puisque ses valetz sont si infidelles au Roy, Sa Majesté trouve bon qu'ils soyent dorésnavant privez de leurs gages. De Louvois. AU MEME. A Saint'Germain, ce ai janvier 1670. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du ii de ce mois. 11 fout que vous confériez avec le sieur de Loyauté de 1 1. l64 CORRESPOND AirCE ce qui concerne l'entretien de la cave du Roy , et, en luy faisant voir cette lettre, il examinera la quantité de vin que celuy qui la tient est obligé d'y avoir , et les réfections qui seroient à faire aux tonneaux , qui est tout ce que Ion pourroit faire faire aux déspens du Roy , n'estant pas possible d'augmenter cette dés- pense pour l'oster des mains de monsieur de Piennes. Lorsque tous m'aurez mandé qui est le médecin que vous proposez pour la citadelle , et les gages qu'il demanderoit, je vous feray sçavoir l'intention du Roy. L'argent qui s'est trouvé sur le nommé La Forest estant confiscable au Roy , par son crime et sa puni- tion j Sa Majesté veut bien que vous en disposiez. J'ay fait rembourser pour vous au sieur de Blain- villiers tout ce qu'il m'a dit que vous aviez déspensé pour la prison du sieur Honneste , qui se monte , si je ne me trompe , à neuf cens et tant de livres. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. AU MEME. A Saint-Germain, le a6 janvier 1670. Monsieur , La punition que vous avez fait faire des cinq soldats qui vous avoient trahy, ne sçauroit produire qu'un INJÊBITE. l65 très bon effet , et je ne doute pas que cet exemple de sévérité ne contienne les autres dans le debyoir. Je ne puis qu'approuver toutes les précautions que vous prenez pour la seureté des prisons de Pignerol, es- tant persuadé que vous n'oublierez rien de tout ce que vous croirez nécessaire pour les maintenir en bon estât , et que l'on peut s'en reposer entièrement sur vos soins ; cependant je seray bien aise de vous faire payer des appointements qui vous sont deubs pour le gouvernement du fort de l'Escluze , et s'il se présente quelqu'un de vostre part pour les recevoir , je donneray aussy-tôst les ordres nécessaires, afin que l'ordonnance luy en soit délivrée. Je suis, monsieur, Vostre très bumble et très affectionné serviteur, CoiiBERT. AU MBME. A Samt*Genn«in, ce a8 janvier 1670. Monsieur, J ay reçeu le plan des jalousies que vous £adtes foire pour les fenestres de monsieur Foucquet; ce n'est pas comme cela que j'ay entendu qu elles doi- vent estre , mais bien des clayes ordinaires qu'il fouit mettre autour des grilles en saillie et en hauteur né- ]66 GORHESPONDAJVCE cessâire pout empescher qu il ne Yoye les terres des environs de son logement. Je suis y monsieur , Vostre très affectionné serviteur , Db Louvois. AU MÂNE. A SainMi«nnain » e» ii fidbnier 1670. Monsieur , Vostre lettre du premier de ce mois m'a esté ren- due, y^as avez bien fait de n'avoir aucun ésgard aux raisons que vous a données monsieur Foucquet pour avoir auprez de luy son valet nommé Cham- pagne, et suivant vostre advis, il sera bon de ne relas- cher le sieur Honneste que lorsque vous aurez fait poser des grilles et des jalousies à ses fenestres. Cepen- dant, ayez grand soin d*empêscher que monsieur Fouc- quet ne proffite du temps qu'il faut pour les faire , et continuez à prendre les autres précautions que vous jugerez nécessaires pour sa seureté. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. INÉDITE. 167 AU m£me. A Saint-Oerinain , ce zo mars 1670 Monsieur , Vous avez bien fait de laisser au sieur de Loyauté la liberté d'exécuter ce que je luy ay mandé pour faire faire le procez au sieur Honneste , et si je ne vous en ay pas escrit, c'est par obmission. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. AU MEME. A Saint -Germain en Laye, ce a6 mars 1670. Monsieur , J'ay reçeu vos lettres des 8 et 1 5 de ce mois, par lesquelles je vois que vous estes résolu de conduire vous mésme le sieur Honneste au conseil souverain de Pignerol , lorsque les juges le demanderont pour le juger ; cela est bon , et lorsqu'il y aura arrêst rendu contre luy, l'intention de Sa Majesté est qu'il luy soit envoyé pour, après qu'elle l'aura veu, faire sça- voir sa volonté pour le faire exécuter. L'on m'a donné advis que le sieur Honneste, ou un des valetz de monsieur Foucquet, a parlé au prison- l68 CORRKSPOITDAiyCE nier qui vous a esté amené par le major de Dun- querque, et luy a, entre autre chose , demandé s'il n avoit rien de conséquence à luy dire , à quoy il a réspondu qu'on le laissast en paix : il en a uzé ainsy, croyant probablement que c estoit quelqu'un de vos- tre part qui l'interrogeoit pour l'ésprouver, 6t voir s'il diroit quelque chose ; par là , vous jugerez bien que vous n'avez pas pris assez de précautions pour empéscher qu'il n'eust quelque communication que ce pust estre ; et, comme il est très important au service de Sa Majesté , qu'il n'en ayt aucune , je vous prie de visitter soigneusement le dedans et le dehors du lieu où il est enfermé , et de le mettre en estât que le prisonnier ne puisse voir ni estre veu de personne, et ne puisse parler à qui que ce soit , ni entendre ceux qui luy voudroient dire quelque chose. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. AU MEME. A Saint*Germain > ce 17 avril 1670. Monsieur , J'ay reçeu avec vostre lettre du 4 de ce mois celle qui y estoit jointe du confesseur de monsieur Foucquet. Je luy mande que je rendray compte au Roy de sa INEDITE. 169 fidélité, et je le feray effectivement, afin quelle le gratiffie de quelque bénéfice, lorsqu'il en viendra à vacquer. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. A LOUVOIS. Ce xa avril 1670. Il y a des personnes qui sont quelquefois si cu- rieuses de me demander des nouvelles de mon pri- sonnier, ou le sujet pourquoi je fais faire tant de retranchemens pour ma sûreté , que je suis obligé de leur dire des contes jaunes pour me moquer d eux. Je suis, etc., Saint-Mars. A SAINT-MARS. ASaÎDt Germain, ce ai avril 1670. Monsieur , Jay reçeu vostre lettre du 12 de ce mois. Je suis bien ayse de voir , par ce que vous me mandez , que Fadvis qui mavoit esté donné, quun des valetz de monsieur Foucquet et le sieur de Valcroissant s es- l^O CORRESPONDANCE toyent parlez, soit faux. Vous debvez estre circon- spect en touttes choses pour ne donner point de ma- tière de parler contre vostre exactitude. Le Roy partira le 28 de ce mois pour son voyage de Flandres ; j auray tant d'affaires pendant qu'il du- rera , qu'il me sera impossible de vous escrire jusques au retour } à moins qu'il ne survinst quelque chose de fort extraordinaire. Je suis , monsieur y Vostre très affectionné serviteur , ' De Louvois. ▲U MÊME. \ A Saint-Germain , ce ii juillet 1670. Monsieur, Je vous envoyé le duppUcata d un ordre que j'ay expédié pour vostre remboursement d'une somme de huit cens et tant de livres , d'un habit çt de quel- ques autres nécessitez que vous avez fournies à mon- sieur Foucquet; et lorsqu'il y aura occasion, je seray bien ayse de faire plaisir au chevalier de Saint-Mar- tin , qui a conduit à Marseille le sieur de Valcroissant , condamné aux gallères. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. INÉDITE. 171 AU m£mb. ASainl-G«nnâin, ce i4joiniet 1670. Monsieur, ' Vostre lettre du 5 de ce mois me fait connoistre que monsieur Foucquet desireroit lire la Bible. Vous pou- vez luy accorder cette satisfaction , et pour cela luy en achepter une^ et mêsme les livres dont vous me parlez pour Tusage de son valet, ne doublant pas qu'avant da les leur déslivrer , vous ne vous précau- tionniez. Je' suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. A M. DE RISSANT. Paris , oe a4 octobre 1670. Monsieur , Bien que, par la commission cy-joincte, le Roy vous donne le commandement dans la citadelle de Pignerol, en qualité de son lieutenant, sans aucune restriction , je doibs pourtant vous faire remarquer que l'inten- tion de Sa Majesté n'est pas que vous l'exerciez au- trement que faict à présent monsieur de Saint-Jacques , lequel n'ordonne d'aucune chose dans le donjon de la ditte citadelle^ Sa Majesté désirant que vous laissiez 172 ' CORRESPONDANCE à monsieur de Saint-Mars , qui est chargé de la garde de monsieur Foucquet, le commandement absolu dans le dict donjon , et ce , jusques à ce que vous receviez des ordres contraires de Sa Majesté. Je suis j monsieur , Yostre bien humble et très affectionné serviteur , Ds LouVois. A SAINT-MARS. A Paris, le 6i décembre 1670. Monsieur , Vous verrez par Textraict cy-joinct, Tordre que j ay donné aii trésorier de l'extraordinaire des guerres, d'envoyer à Pignerol la somme de cinq mille huict cens trente huict livres, pour estre employée au payement de la subsistance pendant les mois de janvier et feb- vrier prochain , de la compagnie d'infsinterie qui sert à la garde de monsieur Foucquet , et pour sa nour- riture et celle de ses valetz. Vous aurez soin de faire distribuer ce fonds , lorsqu'il sera arrivé sur les lieux. De Louvois. ▲U MEME. A Paris , ce 8 décembre 1670. Monsieur, J'ay reçeu vostre lettre du 2g du mois passé. J'en- INÉDITE. 173 voyeray chercher le sieur Pecquet , médecin de mon- sieur Foucquet , et je luy feray escrire en ma pré- sence, et sur du papier dont je me sers , la recepte* que vous demandez ; par ce moyen , vous pourrez donner sans scrupule cet éscrit au dict sieur Foucquet, et celuy-cy, qui cognoist Téscriture de Pecquet, n'en aura point de s'en servir. * Je suis , monsieur , Vostre trè affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. A Paris. M i3 décambre 1670 Monsieur , Vous jugerez facillement par la grandeur du mé- moire du sieur Pecquet pour la composition de lam- plastre que monsieur Foucquet demande, quO n'a pu le faire dans mon cabinet, en ma présence, et qu'il l'a dressé chez luy; cette raison m'oblige de vous dire , qu'aussitôst que vous l'aurez reçeu , vous en &ssiez une copie bien exacte et en montriez l'original à monsieur Foucquet, et que vous en collationniez avec luy la copie, laquelle vous luy laisserez et brûle- rez ensuite l'original, par ce moyen le dict sieur Foucquet l'ayant veu, n'aura aucun doubte, et vous, l'ayant brûlé , n'en aurez aucune inquiétude. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. 174 CORRESPOBTDilNGE A.U MEME. A Ath , ce a8 juin 167 1 . Monsieur , J'ay reçeu avec vostre lettre du 6 de ce mois, celle que le gardien des capucins de Paris a éscrite à celuy de Pignerol. Vous pouvez parler à monsieur Fouc- quet de la restitution qu'il mande qu'on luy veult faire , et cependant continuez toujours vos soins pour la garde de vos prisonniers. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. A Saint'Gennain , ce ao octobre 167 1. Monsieur, J'ay reoeu vostre lettre du lo de ce mois. Suivant ce que vous proposez , vous pouvez faire habiller d'hy- ver monsieur Foucquet ; mais , il me semble que l'on pourroitse dispenser de donner à ses valetz des habits aussy souvent qu'à luy; et, si ceux qu'ils ont leur peu- vent encore servir , il seroit bon de ne leur en point fournir de neufs. Je suis , monsieur , Vostre très affectionne serviteur. De Louvois. llfÉDITE. ,175 Monsieur de Saint-Mars , envoyant en ma citadelle de Pignerol le comte de Lauzun , Tun des cappitaines des gardes de mon corps , pour y estre gardé soigneu- sement , je vous escrits cette lettre pour vous dire que mon intention est , qu aussytôst que le sieur d*Âr- tagnan , cappitaine lieutenant de la première compa- gnie des mousquetaires de ma garde , que j ay chargé de la conduitte du dict comte de Lauzun , sera arrivé en ma dicte citadelle, vous ayez a recevoir de se» mains le dict comte de Lauzun , et à le tenir soubz bonne et seure garde, jusques à nouvel ordre de moy , sans permettre quil ayt communication avec qui que ce soit , de vive voix ni par éscrit ; et la présente n'es- tant pour autre fin , je prie Dieu qu il vous aye, mon- sieur de Saint-Mars , en sa saincte garde. Escrit à Saint •Germain en La je, le a 5 novembre 1671. Louis. Lb Tbllier. A.U MSME. A Saint'Germain en Laye, ce 26 noTembre 1671. Monsieur Hallot que je vous envoyé, vous remettra en main une instruction de ce que vous aurez à faire pour la garde de monsieur le comte de Lauzun ; et, comme je lay bien instruit des intentions du Roy ,^ je vous prie d'ajouster créance aux choses qu'il vous dira sur ce subjet , mésme aux assurances qu'il vous donnera du désir que j aurois de vous rendre service. De Louvois. 1764 CORRESPONDANCE INSfRUGTfON POUR LA GARDE DE MONSIEUR LE COMTE DE LAU2UN. Le Roy veult que monsieur de Lauzun soit gardé avec toutes les précautions inimaginables ; qu'il ne sorte jamais de sa chambre , non plus que le valet qui lui sera donné; qu'il n aye ni papier ni ancre. Qu'on n'ouvre jamais sa porte pour luy donner aucune des choses dont il aura besoin , que monsieur de Saint-Mars ni soit présent; et, quoy que Sa Majesté ne souhait te pas que le sieur de Saint-Mars se re- lasche des précautions qu'il prend pour la seureté de monsieur Foucquet , il fault qu'il soit beaucoup plus alerte pour la garde de ce prisonnier cy , qu'il n a esté besoin qu'il le fust pour l'autre , parcequ'il est capa- ble de toute autre chose pour se sauver, par force ou par adresse , ou pour corrompre quelqu'un , que monsieur Foucquet. Si l'appartement de monsieur Foucquet est plus seur qu'aucun autre , il fault que le dict sieur de Saint-Mars y mette monsieur de Lauzun , et qu'il mette monsieur Foucquet dans l'appartement ou loge présentement sa femme, faisant griller les fenestres et les cheminées , comme le sont celles de l'apparte- ment où est présentement monsieur Foucquet, et boucher les portes de manière qu'il n'en reste plus qu'une, qui doibt, ce me semble, estre celle qui est à la ruelle du lict de madame de Saint-Mars, moyen- nant quoy, monsieur Foucquet seroit dans l'anti- chambre ou salle de madame de Saint-Mars , et auroit la chambre de la dicte dame de Saint -Mars, pour se irrEDiTE. î«7^ promener , et ses garderobes luy pourroient servir , de manière que les portes estant ainsy bouchées, une seule sentinelle pôurroit garder la porte des deux prisonniers. Madame de Saint-Mars pôurroit loger dans l'appar- tement qu occupoit cy-deyant la dame de TËstang , en attendant qu'on luy en fist une autre dans le dongeon, s'il y avoitune place propre pour cela, sans rien toucher aux magasins à bled. 11 ne. donnera du papier et de Fancre au dict sieur deLanzun, soubs prétexte d'éscrire au Roy, qu'après qu'il en aura reçeu l'ordre de Sa Majesté , c'est à dire que, s'il le demandoit, il faudroit en éscrire aupara- vant que de le faire. Il luy fera entendre la messe , les féstes et les di- manches, à une autre heure que celle de monsieur Fouoquet; en sorte qu'ils n'ayent communication l'un avec l'autre , ni qu'ils sçaehent ou ils sont. Il le fera confesser à Pasques , s'il le désire , par le mêsme confesseur de monsieur Foucquet. En cas qu'il vienne à éstre malade , il le fera veoir par les mésmes médecins èix chirurgiens qui voyent monsieur Foucquet , et avec les mdsmes précautions qu'il apporte pour luy. Sa Majesté luy fera payer la mêsitie chose pour la nourriture du dict sieur de Latizun , que pour celle du dict sieur Foucquet. 11 luy fera faire le linge et les habitz qui luy seront nécessaires , ainsy qu'il fait au dict sieur Foucquet , observant que les habits soyent propres sans super* fluités. • ïî» 178 CORRESPOND A. ir CE Il prendra aoia de faire meubler sa chambre d'un bon lict , de sièges , tables , chenets et ustancilles de feu , et d'une tapisserie de Bergame , propres et bon- neste. n luy donnera un valet, soit Tun de ceux qui sont avec le dict sieur Foucquet, oulun des siens, lequel valet sera enfermé avec luy, et n'aura communica- tion avec qui que ce soit , non plus que le dict sieur de Lauzun. Il n'oubliera rien pour sçavoir ce à quoy s'occu- pera le dict sieur de Lauzun , et en rendra, compte par tous les ordinaires. 11 mandera de quel nombre d'hommes sa compa- pagnie debvra éstre augmentée (i) , pour subvenir à cette garde ; s'il désire que l'on change quelqu'un de ses lieutenants , ou que l'on y en mette d'autres. Le sieur de Loyauté aura soin de faire travailler à toutes les réparations qui seront réglées; et comme la seure garde de ce prisonnier est très importante ; s'il s'en acquitte bien , comme on se le promet , elle luy sera . d'autant plus advantageuse » que l'exécution ponctuelle des choses cy-dessus , est de conséquence à Sa Majesté , et il ne s'en relâschera , sous quelque prétexte que ce puisse éstre, qu'il n'en aye ordre exprés par éscrit. De Louvois. Fait à Saint-Germain en Laye, le a6 novembre 1671. (i) Sa compagnie fut augmentée de 3o hommes d'in- fanterie. • lïfl^DITE. 179 A SAINT-MARS. C * ' Saint-Gennain , ce 17 décembre 1671. Monsieur, J'ay reçeùs^vostre dernière lettré , par laquelle vous me mandez la tranquilité avec laquelle tout se passe à la garde de vos prisonniers. Vous avez , comme je crois présentement monsieur le comte de Lauzun , qui augmentera vos soins et vos diligences pour la seùifetë de vostre garde ; et doréshàvant vous rti*escri- rez ponctuellement par tous les ordinaires, pour mè faire sçavoir jusques aux itîoindres choses qui se pas- seront , et fliêfiaue vous ne Ulsseret pas de m'éscrire , quand ce ne seroit que pour me dire qu'il n'est rien survenu de nouveau. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. SainbGermaiii en Laye , ce ao décembre 1671. MOUSIEVR , Vostre lettre du 9 de ce mois m'a apris , qu'incon- liilént aptes l'aitivéé du sieur Nallot à Pignerol , vous j8o GORRESPONDANCK avez fait accommoder un logement pour monsieur le comte de Lauzun , au dessous de celuy de monsieur Foucquet , que vous tenez si seur et si bien fermé et grillé , que vous assurez qu il ne pourra donner de ses nouvelles , ni en recevoir de qui que ce soit , ni en aucune manière du monde se sauver. Sa Majesté est de- meurée persuadée qu'avec vos soins et vostre activité, tout se passera bien ; mais elle estime que l'on pourroit encore adjouster à vos précautions une grille de fer , scellée en dedans la chambre, à l'ambrasure de ses fenêstres , et une autre à la cheminée , et voir à em» pescher qu'il ne puisse parler à monsieur Foucquet , par la raêsme cheminée. Je suis , monsieur , Yostre très affectionné serviteur , Db Lovvois. ▲U MSMB. SainUGermain, oc 9 fëbvrier 167a. Monsieur , J'ay reçeu toutes les lettres que vous m'avez éscrites, jusques et compris celle du 3o du mois passé. Le Roy a veu , par tout ce qu'elles contiennent , l'exac- titude avec laquelle vous exécutez les ordres qu'il vous a envoyés à l'ésgard de monsieur de Lauzun. Sa Ma- jesté désire que vous la continuyez, et que, sans vous iN£i>ir£. i&f arréster à ses bonnes ou à ses méschantes humeurs , TOUS TOUS teniez au pied de la lettre à ce qu'elle vous a prescrit sur son sujet ; et lorsqu'il vous proposeia d'éscrire au Roy , ou à quelque autre personne que ce soit y vous luy réspondrez que Sa Majesté tous a deffendu de liiy donner ni papier ni ancre. Le Roy trouve bon que vous luy donniez deux valetz , afin que si lun tombe malade , l'autre sort en estât de le servir , pour ésviter, par ce moyen, de luy en fournir, dans ces occasions là , que l'on soit obligé de faire sortir après qu elles seront passées ; Sa Ma- jesté veult bien toutesfois , que vous teniez à celuy des vôstres qui le sert présentement , la paroUe que vous luy avez donnée , et que vous le laissiez sortir aussitôst que vous en aurez pris un autre qui s'en- ferme pour toujours avec monsieur de Lauzun , ou que celuy qui est tombé malade, sera en estât de le servir. Vous debvez continuer à me mander ce que vous aprendre» de monsieur de Lauzun , et mésme interroger so^eusement ses valetz, pour sçavoir à quoy il s'occupe , quand vous ne le voyez pas. Il ne fault pas que vous vous inquiettiez des emportemens qu'il peut avoir contre vous , ni des reproches qu'il vous fait; et, pourveu que vous suiviez bien les inten- tions du Roy, ne vous mettez point en peine du res«* sentiment que vos prisonniers pourroient avoir contre vous s'ils venoient à éstre mis en liberté. Vous avez sans doubteaprésent reçeu les Kvres qui vous ont esté adressez par les soins de mmisieur le Tellier pour tes remestre à monsieur de Lauzun ; et Sa Majesté veult l)ien mésme que vous envoyez l8a CORRESPONDANCE achepter ceux ^u H vous pourra demander qui se trou- Tferoi^t à. Turin, avec des livres de prières pour luy et pour ses valetz, en preuajitles précautions nécessaires pour ^ipa^è^sidi^r que l!on ne puisse pas^ par ce mojen^ luy donner aucun advis, et, sur vos mémoires, je pour- voiraj à vostre remboursement de la déspense que vQjis aurez faite. Je donne présentement ordre au trésorier de vous envoyer les qualité mil , huit livres que vous avez des* pensées pour lameublement de lappartement de mon- sieur dp LauzùQ et pour d'autres menues déspehses; comme aussi le fondz de sa nouritùre pendant les troî» pr^iiers mois qui a esté réglé sur le. pied de Testât cy-joint, et, vous recevrez aussi^en mesme tempa.celuy des gages des trois dernières années du second valet de monsieur Fpucquet. * . Il n'est pas bon qu'un prisonnier ayt de l'argent sur luy , c'est pourquoy il est à propos que vous demandiez, le plus civilement que vous pourrez, à monsieur de Lau^un , cdiUry qui'il a , et que vous l'assuriez que vous leriUy .f^drea^îque, s'il y faissit quel^^e. difficulté, vous luy dii'ez que^ vous en- iis^ ainsi -par. oindf^e.du Bpy- . .11 suffit que vous luy fassiez dire larmesse le$ fês^e» et dimanches^ et qu'il se confesse les quatre grandes fêstes de l'année, et le jour de la Nostre-Dame.d'Aôuâjt en cas qu'il le. demande, et non pas davantage, amoîna qu'il ne luy survinst quelque maladie griefve qui le mist en danger de mort. L'on vous envoyera au premier jour le linge dé^ monsieur de Lauziin pour le luy donner, et sa vais* IN#.DITE. l83 selle d'argent. Vous visittereir fort exactement rune et l'autre chose; et, après avoir fait déscoudre son linge en vostre présence, vous le ferez blanchir deux ou trois fois avant que de luy remettre. Vous lui pourrez faire faire des habits lorsqu'il vous en detnandera. Envoyez-moy le nom des cadetz qui servent dans, vostre compagnie pour pouvoir leur faire expédier des lettres pour les éstablir dans les lieutenances d'in* fanterie dont Sa Majesté a bien voulu les gratiffier à vostre recommandation. Sa Majesté m'a commandé de renvoyer au sieur Rigon les expéditions de la pension que le Boy luy a cy-devant accordée, et de prendre soin de lui faire payer ponctuellement. Outre cela , Sa Majesté a bien eu agréable de luy donner six cens escus pour le payement des frais de ses expéditions en cour de Rome pour la dite pension. J'ay chargé le sieur Nallot de les luy faire tenir et il est certain qu'il les recevra incessa-» ment. Je suis y monsieur, Vostre. très affectionné serviteur. De Louvois. AO MSMS. SaiBUGemMin, ce ii fébrrier 1671. Monsieur , Je vous envoyé une lettre que monsieur de Gulirj r84 CORR£SPOJHDANC£ escrit à monsieur de Lauzun tottschant sa maison de Versailles* Vous luj en ferez la lecture et éscrirez vous mêsme au bas la résponse qu il voudra y faire et vous me la ferez tenir ensuitte. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. S«int-(iernMin , ce ao fébvrier 167». Monsieur , . Jay reçeu vostre lettre du lo de ce mois. Je vous ay désja mandé que vous pouviez achepter à monsieur de Lauzun les livres dont il pourra avoir besoin , ainsy, s*il désire des heures , vous pouvez en faire achepter à Turin. ' « A résgard de IVttlas qu'il vous a demandé, c'est un livre qui vaut mil éscus, et s'il vous en parle, il faut vous contenter de luy réspondre que vous n'en avez point. Vous debvez me marquer quelles sont les incom- modités de monsieur de Lauzun , et comme je vous Tay désja fait sçavoir , me mander jusques aux moindres choses que vous aprendrez de ses occupations, ou de ce qu'il vous dira. Je suis , monsieur, Yostrç très affectionné serviteur, Db Louvois. INEDITE. l85 AU MEME. Versailles , ce 5 mars 167a. MpNSIBtTR 5 Jay reçeuYOstre lettre du a6* du mois passe avec la résponse qui y éstoit jointe de monsieur de Lauzun au billet gue je tous avois adressé, laquelle vous luy pouvez dire que j'ay remise entre les mains de Sa Ma- jesté; et, lorsqu'il vous demandera si je ne tous ai point fait résponse sur ce qu'il souhaite d escrire au Roy, ou à moy, dites luy que je vous ay mandé que l'ayant proposé à Sa Majesté, elle ne la pas agrée; que du reste si je ne luy ay point fait faire mes com- plimens quand il a esté arresté , c'est que je n'ay pas ^reu qu'il Aist en dispossition de les bien recevoir^ que néantmoins il peut s'assurer qu'en tout ce que mon debvoir me permettra, je luy rendray tous les services qui pourront déspendre de moy. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Versailles, oe 16 mars 1671. McHTSIBUa , J'ay reçeu vos lettres des 2 et 5 de ce mois par l86 CORRESPONDANCE lesquelles vous me mandez tout ce qui se passe à la garde de vos prisonniers. Lorsque monsieur de Lauzun a bruslé une planche au plancher de sa chambre, c estoit assurément pour veoir ce qu'il y avoit des- soubz , et si pareille chose luy arrive , vous pouvez luy parler durement et luy déclarer q^ue vous le ferez garder à veue; cependant il est bon que vous luy rendiez de fréquentes vîsittes; que vous regardiez souvent le dèssoubs de son lit pour Veoir sll n'auroit point levé quelques planches pour essayer de se sauver par là j et qu'au surplus vous preniez toutes les autres précautions que vous pourrez, pour le tenir en seureté. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur, De Lovvois. AU MEME. Vcvsûttet, «e ï8 mars 1673. Monsieur , J*ay apris par vostre lettre du 19 de ce mois, que vous avez fait sçavoir à monsieur de Lauzun ce que je vous avois éscrit de luy dire. Pour finir toutes les questions qu'il vous fait, il est à propos que la première fois qu'il vous demandera si on ne vous mande rien pour luy , ou la permission d'éscrire au Roy , vous luy rés- pondiez que Sa Majesté est partye pour aller en* Hol- INÉDITE. 187 lande, et vous continuerez à m'informer de tout ce qui se passera. Je suis, monsieur, Voslre très affectionné serviteur , Db Louvois. AU MEME. Versailles, ce à avril -1672. Monsieur, J ay réçeu vostre lettre du ^3 du mois passé qui m aprend que monsieur de Lauzun continué tousjôurs à vous demander dès nouvelles. Vous pouvez luyjcUre que le Roy est party pour aller commander larmée qui doibt agir contre les Hollandois ; que Sa Majesté a donné le gouvernement général du Beiry a monsieur le prince de Marcillac et sa charge de cappitaine des gardes du corpi^ à monsieur le duc de Duras, et vous lui ferez en mésme temps connoiàtre que vous vous estes éschapé de luy dire ces nouvelles au préjudice des ordres exprés que vous avez, croyant que la chose n est pas de conséquence , mais ne pouvant pas con- tinuer, vous le priez de ne vous plus en demander, et quie ce seroit inutilement, puisque vous ne luy en- diriez plus. Je suis y monsieur , Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. l88 GORllESPOirDANGE AU MEME. Saint-G«rtt)aiu , ce 20 juin 1670. Monsieur , Vos lettres des 17 et 20 du mois passé m'ont esté rendues. Je suis bien ayse de Toir qu*il ne se passe rien de nouveau touchant tos prisonniers ; mais ii ne fault pas se relâscher d'aucunes précautions. Le Roy trouve bon que vous fassiez habiller d'esté monsieur Foucquet et que vous luy donniez à lire les livres qui vous ont esté remis par le sieur de Loyauté contenus dans le mémoire que vous m'avez adressé avec vostre lettre du 17; et, quoyqu'en les faisant achepter l'on ayt uzé de touttes .sortes de précautions, vous pouvez néantmoins les revisitter encore avant que de les luy donner , et vous ne les luy déslivrerez que successivement l'un après l'autre. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. " . De Louvois. AU MEME. Cbaville, leaSjanTier t^7>> Monsieur , Le Roy ayant trouvé bon de faire donner à mon- INÉDITE. 189 sieur de Xauzun les livres mentionnez au mémoire cy^joinct, jay donné ordre quon les envoyé à monsieur Dugué à Lyon, lequel je prie de vous les &ire tenir à Pignerol. J'ay crû vous en debvoir donner advis par advance, afin que vous en soyez informé. Il sera nécessaire que vous payez le port de ces livres depuis Lyon jusques à Pignerol. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Le Tellier. AU MEME. Paris, Cf a5 janvier 1672. MONSIEUE, Vous aurez veu , par ma dernière lettre, que j*en avois reçeu plusieurs des vostres, et que le Roy avoit trouvé bon que vous donnassiez à monsieur de Lauzun tes livres mentionnez en une liste que je vous ay adressée, que je prendray soin de vous &ire tenir. Lorsque mon filz sera de retour je luy remettray toutes vos lettres dont la dernière, que je viens de recevoir, est du i6 de ce mois. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Le Tellier. Depuis m*a lettre éscrite j*ay rendu compte au Roy ,v^^. igT, CORRESPONDANCE bien au long tout ce qui se passe à Pignerol , tant à la garde de vos prisonniers qu'à ce qui regarde Fintel- ligence que Ton vouloit avoir avec monsieur de Lau- zun. Vous avez maintenant à vostre charge le sieur Mathonnet, et si le sieur de Loyauté l'interroge bien, il est sans doubte que Ton pourra tirer de luy et de la dame Carrière des ésclaircissements de toute l'intrigue qu il y a eue auec Heurtault et Pl^ssot, Je suis, monsieur, Vostre très affection né serviteur, , De Louvois, AU MEME. yersailles, ce ali septembre 167 a. ^ Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 1 7 de ce mois. Le Roy désire que vous gardiez le sieur Mathonnet ainsy que vos autres prisonniers. Il n y a présentement point de compagnie vaccante dans les vieux corps , si vous avez advis qu'il en vaque quelqu'une, vous pourrez m'en éscrire, et je m'em- ployeray auprès du Roy pour la faire donner au sieur Duplessis. Je vous envoyeray au premier jour les expéditions pour des charges subalternes que vous avez demandées INÉDITE. 193 pour les ,cadetz de vostre compagnie, marquez au mémoire que vous m'avez adressé. Il est bon que vous continuyez à me mander en détail, comme vous avez fait en dernier lieu, tout ce que vous dira monsieur de Lauzun , et ce que vous pourrez aprendre de luy et de ses occupations. L on m'a donné advis que la dame Carrière et feu Heurtault , avoient touché en deux mois six cens pistolles de la part de celle qui les avoit envoyées. Il iault que vous £sissiez vostre possible pour en tirer Tes- claircissement, tant de la dite dame Carrière que de Plassot, et sçavoir d'eux à quoy cet argent a esté em- ployé; vous pourrez en conférer avec le sieur de Loyauté. Depuis ma lettre éscrite j'ay reçeu la vostre du 21 de ce mois qui contient bien particulièrement tout ce qui est venu à vostre connoissance. Je n'ay qu'à vous dire qu'à continuer à observer la mésme exactitude. Je suis, monsieur, Voslre très affectionné serviteur, Db Louvois. AU MEME. SaintGermain , oe 14 octobre 1672. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 27 du mois passé. Vous I. ' i3 194 CORRESPONDANCE ne scauriez manquer de donner des lumières au sieur de Loyauté pour déscou vrir toutte l'intrigue qui s'ëstoit faite pour donner des nouvelles à monsieur de LauKun et en recevoir de luy. Il est à propos que vous con- tinuyez à garder soigneusement le sieur Mathonnet pour le faire parler; Sa Majesté sçachant très bien que- pendant qu'il a esté à Paris, il alloit souvent à Cbaillot voir mademoiselle delà Motte d'Argencourt; et il faut qu'il soit de cette caballe-là. Vous pouvez faire faire des habitz d'hiver pour monsieur Foucquet et ses valetz. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Saint-Germain, ce 17 octobre 1672. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 8 de ce mois : vous pouvez faire donner à l'hermite que vous tenez prisonnier les nécessités dont il a besoin.. Si l'habit de monsieur de Lauzun n'est pas bon , vous pouvez luy en faire faire un autre, et le luy donner; il le mettra s'il veut ou le laissera dans sa garde-robbe. S'il arrive qu'il vous demande encore des nouvelles, vous luy réspondrez qu'il peut s'expliquer de celles INÉDITE. IQeS quil voudra sçavoir, que vous éscrirez icy pour de- mander la permission de les luy dire , que vous espérez qu on ne les luy refusera pas , et que vous luy advouez que celles que vous luy avez dites en deruier lieu, vous Tavez fait pour connoistre si des gens qui ont esté arrestez à Pignerol ne vouUaat luy donner des lettres en avoyent fait passer jusques à luy. Sa Majesté a trouvé bon de faire mettre la dame Carrière en liberté , à condition qu elle sortira dans vingt-quatre lieures de la ville et gouvernement de Pignerol, et de faire mettre aussy le sieur Mathonnet en liberté, avec deffense de faire aucune fonction de sa charge, et ordre de s'en deffaire en recevant deux mil éscus de réscompense. J adresse pour cela les ordres nécessaires au sieur de Loyauté. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. SainC-Gernuin , ce 18 octobre 167a . Monsieur , Le Roy ayant trouvé bon que monsieur Foucquet veist la lettre et le mémoire de madame sa femme qui sont cy jointz, je vous les adresse afin que vous exécutiez ce qui est en cela des intentions de Sa Majesté ^ qui i3. jgfi CORRESPONDANCE sont, qu'après que vous les luy aurez fait lire en vostre présence , vous luj en donniez la coppie éscrite de vostre main s'il le désire , et une feuille de papier avec de l'ancre et une plume , afin qu'après y avoir pensé quelques heures , il puisse mettre dessus son intention en vostre présence , après quoy vous me renvoyerez le tout pour le faire voir au Roy et l'envoyer ensuitte à madame Foucquet si Sa Majesté Fa pour agréable Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Monsieur de Saint-Mars , ayant trouvé bon de faire mettre en liberté Mathonnet, ayde Major de Pignerol, et la nommée Carrière, détenus prisonniers dans le donjon de ma citadelle du dit Pignerol, je vous éscrits cette lettre pour vous dire que mon intention est qu'aussy tôst que vous l'aurez reçeu vous ayez à faire reiâscher le dit Mathonnet et la dite Carrière et à les laisser sortir du dit donjon , et la présente n'estant pour autre fin je prie Dieu qu'il vous ayt, monsieur de Saint-Mars, en sa sainte-garde. Louis. Ewrit à Saint-Germain ek Laye, ce an octobre 167a. J'adjouste ce mot pour vous dire que mon intention est qu'en mettant en liberté la dite Carrière vous luy Ijy EDITE. 1^*7 ordonniez de ma part de sortir de Pignerol et du gou- vernement de la dite place, vingt-quatre heures après quelle sera sortie du dit donjon , avec defïenses de* rentrer jamais au dit Pignerol ni dans le dit gouverne- ment , à peine de désobéissance. Louis. Le Tellxer. AU MEME. Samt-GermaÎD, ce 37 octobre 167%. Monsieur, J'ay reçeu vostre lettre du i5 de ce mois. Vous debvez avoir présentement veu entre les mains du sieur de Loyauté les ordres du Roy pour la liberté de la dame Carrière et du sieur Mathonnet à condition qu'elle sortira de la ville et gouvernement de Pignerol et que l'autre sera privé des fonctions de sa charge et s'en démettra moyennant deux mil éscus de réscom* pense. Si l'on pouvoit faire parler Plassot ce seroît une chose fort advantageuse puisqu'assurément l'on dés^ couvriroit beaucoup de choses par luy et vous ferez bien de faire vostre possible pour cela. Vous trouverez cy -jointe une lettre que madame Foucquet m'éscrit avfec une autre lettre pour monsieur son mary. Sa Majesté trouve bon que. vous fassiez voir 19^ CORHESPOICDANCE Tune et Tautre à monsieur Foucquet. Vous les Juy laisserez lire, luy donnerez du papier, une plume et de lancre pour y faire résponse et vous prendrez la peine de hiy dire qu il ne faut pas que dans sa ré»» ponse il y mésle d autres affaires que celles sur lesquelles madame Foucquet luy ëscrit parce qu'autrement vous ne la pourriez pas envoyer, et vous m'adresserez le tout. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. AU MEME. Saint*GermaiD , ce dernier octobre ifyji. Monsieur , J ay receu vostre lettre du i22 de ce mois. Je ne puis qu'approuver la coiidutttequevouâtenezavecinoii$ieur de LauDun. S'il vous reparle des discours qu'il vous a tenus sur ce qui me regarde , réspondez luy que vou^ ne m'en avez rien mandé , l'ordre que vous avez receu de le garder portant que vous ne luy donnerez point de nouvelles ni n'en manderez qu'une fois par mois de luy, touschant sa santé seulement. S'il vous parle plus de ce qu'est devenu du Barait, vous luy direz que vous vous enléstea informé et qu'on luy osta sa charge quinze jours après qu'il fust arresté. Je vous adresse présentement des ordres (on vous INEDITE. 199 les envoyera au premier jour) pour faire instruire le procez au nommé Plassot par le sieur Pontz. Jesouhaitte qu'il ayt Tindustrie de tirer de luy ce qu'il est si im- portant de sçavoir. Je suis, monsieur, Voslre très affectionné serviteur, Db Loiftois. Atr MEME. Venaille*) ce to norembre 167»* Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 29 du mois passé avec la lettre de monsieur Foucquet pour madame sa femme à laquelle je l'adresse présentement. Si mcuisieur de Lauzun ne veut point avoir d'habit neuf, vous ne debvez point luy en faire faire ^ mais seulement tous contenter de luy en offrir de temps en temps. Je 3uis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur. De Lomrois. 200 CORRESPONDANCE AU MEME. Versailles, ce xo novembre 167a. Monsieur, Je Yi^us adresse une lettre de monsieur le marquis de Seignelay pour monsieur de Lauzun par laquelle il luy fait sçavoir que le Roy voulant disposer de sa charge de cappitaine des gardes du corps, Sa Majesté désire qu'il en fasse sa démission ; tous prendrez la peine de la luy remettre et de luy donner du papier et de Tancre pour y faire résponse en vostre présence , et vous luy direz en mesme temps que sa lettre ne doit contenir autre chose , si ce n'est qu'il envoyé sa de* mission, ou s'il (sic) ne le veut pas faire, à qui il 4ésire que l'on remette l'argent de la récompense de sa charge, et à quoy il souhaitte qu'il soit employé, parceque, si elle contenoit autre chose, vous ne la pourriez pas recevoir ni envoyer icy , et parcequ'îl me semble que vous luy avez cy-devant dit que sa charge de cappitaine des gardes éstoit possédée par monsieur le duc de Duras, et qu'il connoisti^ qu'elle n'a pas esté remplie jusques-icy, il faut que vous luy fassiez entendre , que cette nouvelle s'éstant trouvée dans les gazettes vous 1 aviez creue, et que ce doibt êstre celle de monsieur de Charost; si le dit sieur de Lauzun veut envoyer à Sa Majesté la démission qu'elle luy demande , vous ferez venir un nottaire pour la passer afin qu'elle &oit plus valable , et il est nécessaire que tout se fasse INÉDITE. aOI deyant vous j et que tous ne souffiriez pas que le not- taire luy parle en particulier en aucune manière, et après cela vous ferez emporter le reste du papier et de l'ancre et m'envoyerez sa lettre et sa procuration. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvors. A MONSIEUR DE LAUZUN. Versailles» le 9 noyembre 1672^ Monsieur, Le Roy m'ordonne de vous éscrire ces lignes pouv vous faire sçavoir que Sa Majesté , voulant disposer de vostre charge de capitaine des gardes de son corps, elle désire que vous m'en envoyez la démission , et elle a^ désja donné ordre de faire payer à celuy que vous, nommerez la somme de quatre cent mil livres, pour le prix de la dite charge en me remettant vostre démission. Je suis, monsieur ; Vostre très humble et très obéissant serviteur, Seignelat. 20a COARESPONDANCE A SAINT-MARS. Versailles, ce x6 noTonbre 167a. Monsieur , J ay reçeu vostre lettre du 5 de ce mois. Vous avez eu raison de réspondre aussi doucement que vous avez fait aux emportemens de monsieur de Lauzun , mais il eust esté bon que vous m'eussiez mandé au long tout ce qu'il vous a dit. S'il vous reparle des gens qui ont esté arrestez prisonniers à Pignerol , vous pouvez luy nommer Héurtault et luy dire qu'il es toit là de la part de mademoiselle de la Motte ; vous pourrez encore , s'il vous demande qui a sa charge et qui le Roy en veult pourvoir sur sa démission , luy réspondre que c'est monsieur de Luxembourg. Continuez à donner vos soins pour la fidelle exécu- ticoobdes intentions de Sa Majesté et soyez persuadé que j'auray soin de les faire valloir. Je suis 9 monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Versailles, ce aa novembre 1671. Monsieur , TsLy reçeu vostre lettre du 12 de ce mois. L'on ne peut qu'aprouver ce que vous avez réspondu à la Carrière sur ce quelle vous a dit en sortant de prison, puisque vous ne croyez pas que Ton doibve se fier aux advis qu elle donneroit. Vous pouvez , et mésme il est bon que vous me mandiez tout ce que vous dira monsieur Foucquet sur mon sujet , sans néantmoins vous charger envers luy de me le faire scavoir. Vous pouvez aprendre à monsieur de Lauzun la mort du nommé Lozière si vous croyez que cela con- tribue à vous faire connoistre s'il a eu des nouvelles, et vous me ferez plaisir de me mander exactement tout ce qu'il vous dit quand il est en colère. Je vais faire travailler aux lieutenances que vous de- mandez et je vous les envoyeray aussi bien que l'ex- pédition nécessaire au sieur de Cachac pour eslre payé des cinq derniers mois de cette année de ses appoin- temens de lieutenant dans le régiment de Piedmont; cependant je suis obligé de vous dire qu'on ne peut pas donner rang de cappitaine d'infanterie à vos lieu- tenans parceque dans l'infanterie Ton ne tient rang- que du jour que Ton y est incorporé. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De J^uvois. 204 CORRESPONDANCE AU MEME. Versailles, ce «7 noyembre 167 a. Monsieur, J'ay reçeu vostre lettre du 26 de ce mois par laquelle vous me mandez ce que vous a dit monsieur de Lauzun qui vous oblige à êstre quelque temps sans le voir. Je vous prie de continuer à me mander tout ce qu il vous dira. Pendant que le sieur Logier sera malade, vous pouvez le mettre dans un lieu plus sain que celuy où il est, afin qu'il puisse guérir plus promptement et ne vous pas incommoder longtemps. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Loutois. AU MEME. -Versailles, ce 5 décembre 1672. Monsieur , J ay reçeu vostre lettre du 26 du mois passé , par laquelle j'aprends ce qu'a fait et dit monsieur de Lauzun en lisant celle de monsieur de Seignelay et j'attends par l'ordinaire prochain la résponse qu'il y II^TEDITE. ' 205 fera , estant persuadé que tous ne la recevrez point en cas qu'il y mésle autre chose que le oùy ou le non sur la demande qui luy est faite. De quelque petite conséquence que tous paroisse ce que monsieur de Lauzun et monsieur Foucquet tous disent , il faut toujours que vous me le mandiez ; cependant vous pouvez aprendre au dit sieur de Lauzun la manière dont Heurtault s'est tué si vous croyez que cela vous soit bon à quelque chose. Je vous envoyeray au premier jour un billet pour vous faire rembourser des avances que vous avez faites. J'approuve ce que vous dites au sujet de vostre tambour, et vous pouvez le faire juger par les officiers de la citadelle, que je suis d'avis que vous fiassiez assembler dans le donjon , où tous présiderez comme commandant. Je n'ay jamais oûy parler que le Roy songeast à envoyer monsieur du Fay à Pignerol et je ne sçais qui peut en avoir donné l'advis par delà. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. A MONSIEUR DE LAUZUN. Versailles, ce i a de décembre 167a. Monsieur , Le Roy ayant crû voir par la lettre que vous avez ao6 CORRESPONI>ANCE écrite à monsieur de Seignelay en résponse de celle que je vous ay ddressée de sa part, que tous receviez dé mauvais traittemens à Pignerol, m*a commandé de vous expliquer quels sont led ordres qu a momsieur de Saint-JMars à vostre ésgard, afin que, s'il fait quelque chose au delà , vous puissiez m'en donner advis , et que, sur le compte que jen rendray aussitôt à Sa Ma- jesté , elle y puisse pourvoir. Monsieur de Saint-Mars vous donnera pour cela du papier et de l'ancre quand vous voudrez , pourveu que ce soit pour éscrîre en sa présence, et me mander simplement en cinq ou six Hgnes ce en quoy il aura esté contrevenu aux intentions de Sa Majesté, sans y mêsler quoy que ce sôit autre ni pour Sa Majesté ni pour nioy. Monsieur de Saint-Mars a ordre de vous garder dans l'apartement qui vous a esté préparé avec ùTi valet qu'il vous a donné, sans souffrir que vous nî le dit valet en sortiez , ni que vous ayez ou donniez de vos nouvelles de vive voix ni par éscrit. Il a ordre de vous donner toutes les choses nécessaires à la vie que vous pouvez désirer , et de ne manquer jamais en rien au respect qui est deub à vostre naissance et au rang que vous avez tenu à la cour , et de plus, de vous donner les livres qu'il pourra recouvrer quand vous luy en de- manderez. Prenez, s'il vous plait la peine de bien examiner ce qu'il fera dorésnavant, et ce qu'il peut avoir fait par le passé de contraire à ce que je vous ay marqué cy-dessus des intentions du Roy et de me le mander , et je ne manqueray pas d'en rendre compte sur le champ à Sa Majesté qui y pourvoira de manière que cela n arrivera plus. INÉDITE. UO7 A Fesgard de tos affaires domestiques, j'ay remis entre les mains du sieur RoUin^e tout largent qui s'est trouvé dans vos cabinets avec les pierreries qui y estoyent après en avoir osté les portraits que le Roy n'a pas jugé à propos que l'on veit (i). Je luy ay remis aussy deux promesses de monsieur Davoûy qui se sont trouvées parmy vos papiers afin qu'il pust les faire re- nouveler. Monsieur de Guitry et monsieur de Nogent ne soçt plus 9 ayant esté tués cette campagne à un passage du Rhin que le Roy fit passer par quatre mil chevaux à la nage pour aller bàtre les ennemis qui éstoient de Fautne costé; madame vostre sœur a esté fort touchée de la perte de monsieur son inary , mais elle se porte bien présentementi Je suis, monsieur, Vostre très humble et très affectionné serviteur , De Louvois. A SAINT-MARS. Saint-Germain , ce 4 janvier 1673. Monsieur , J'ay reçeu avec vostre lettre du 7 du mois passé le (i) Sans doute ceux de Mademoiselle, de madame de Mon- tespan, etc., elc. 20d CORRESPONDANCE mémoire qui y éstoit joint contenant la manière dont vous faites garder vos prisonniers , auquel Sa Majesté n'a rien trouvé à adjouster, et elle désire quuzant de toutte rhonnesteté possible, comme vous avez tousjours faict à leur égard , vous continuyez à exécuter les ordres qu'elle vous a donnez aussy ponctuellement que vous avez fait par le passé. Il faut que vous envoyez dire à la dame Carrière que, ^quand le Roy luy a interdit le gouvernement dePigne- rol, ea esté en intention qu elle ne demeurast plus au voysinage, et que si elle ne se retire à plus de dix lieues loing du dit Pignerol , vous luy envoyerez faire une injure. Quand en discourant avec monsieur Foucquet vous retomberez sur tes choses qu'il a à dire dont le Roy pourroit profiter, vous pouvez, sans faire semblant de rien , lui proposer de vous les dire , pour que vous les mandassiez , luy adjoustant que peut-être le aèle que le Roy verroit qu'il conserveroit pour son service, au milieu de ses souffrances , luy pourroit attirer quelqu'a- doucissement ; mais il faut que cette conversation vienne bien naturellement, et qu'elle ne luy puisse paroistre qu'un effect de la compassion que vous avez de sa longue prison. A l'ésgard de monsieur de Lauzun , vous pouvez discourir avec luy pour le faire parler et quand il lui arrivera de s'emporter contre vous , et de vous dire que vous vangez les passions d'autruy , réspondez luy que présentement, qu'il a par éscrit la manière dont le Roy vous a commandé de le traiter, si vous faites quelque chose au delà, il est en estât de se plaindre, INEDITE. aog et qu ainsj il ne faut plus qu'il vous fasse de pareils re- proches, parceque vous estes tout prest d envoyer les lettres qu'il vous voudra donner pour cet effect , pourveu quelles soient conformes à ce qui vous a esté prescrit, c'est à dire qu'elles ne contiennent que ce en quoy vous avez fait quelque chose contre les inten- tions du Roy , sans y mésler ni prière ni auti'e terme que ce puisse éstre; cependant continuez à me mander jnsques aux moindres choses qu'il vous dira, et à me tenir adverty de tout. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Sainl-Germua en Laje , c« lo janTi«r 1673. Monsieur, J'ay reçeu votre lettre du dernier du mois passé. Je ne comprends point ce qui peut mettre en peine monsieur de Lauzun , ne luy ayant rien marqué dans ma lettre qui puisse luy faire croire que vous ayez rien mandé de mal de luy. Il fault éscouter tout ce qu'il dira, et luy réspondre honnesteraent, sans vous mettre en peine de ses coUères; peut-êstre qu'elles I. 14 aïO CORRESPOITDAïrCE diminueront présentement qu'il se jette dans la dévo- tion et que le Roy luj donne le moyen de signer sa démission. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Saint-Germain en Laye, ce lo janTier 1673. Monsieur, Le comte de Lauzun m ayant éscrit qu'il vouUoit bien donner sa démission de la charge de cappitaine des gardes du corps du Roy, Sa Majesté m'a com- mandé de vous faire sçavoir qu elle trouve bon que vous luy fassiez venir un nottaire pour l'expédier, et la luy faire signer en la forme du modelle cy-joint; et, en cas que le dit sieur de Lauzun y voulust changer quelque chose, vous n'avez qu'à faire retirer le not- taire, avec l'ancre et le papier. Je vous adresse aussy une lettre pour monsieur de Lauzun que je vous prie de luy rendre. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. IlfÉDITE. an MODÈLB POUR Ï.A. DÉMISSION DC GOMTB DE LAUZUN. PAR DEVANT,.., Fut présent en sa personne haut et puissant sei- gneur, etc.... Gappitaine des gardes du corps du Roy , lequel volon- tairement a déclaré qu'il s'est désmis et se désmet par ces présentes entre les mains du Roy nostre Sire, de la dite charge de cappitaine des gardes du corps de Sa Majesté , de laquelle il est pourveu, pour eu disposer par sa dite Majesté au proffit et en faveur de telle per- sonne qu'il luy plaira consentant que toutes provisions luy en soient expédiées et déslivrées , promettant obli- gation« Fait et passé , etc A MONSIEUR LE COMTE DE LAUZUN. % Saint'GtfrnMÎo en Laye, ee lo j«nTier 1673. Monsieur , J ay reçeu la lettre que vous avez pris la peine de mescrire que j'ay leue au Roy, qui a esté bienayse d'aprendre, par ce quelle contient, que monsieur de Saint-Mars n'ayt pas outre-passé les ordres qu'il a de Sa Majesté à vostre égard, elle avoit compris, parce que vous aviez réspondu à monsieur de Seignelay, que vous 212 CORRESPONDAIS CE ne vouliez pas donner vostre démission et elle avoit ordonné à monsieur Colbert d expédier en faveur de monsieur de Luxembourg des provisions de la charge de cappitaine des gardes du corps que vous possédiez , en la mésme forme de celles de monsieur le duc de Noailles de la charge qu avoit monsieur de Ghandenier ; mais depuis ce que vous venez de me mander , elle a trouvé bon que l'on en surcist Texpédition pour at- tendre vostre démission. Je mande à monsieur de Saint- Mars que rintention du Roy est qu'il vous fasse venir un nottaire pour la signer. Je suis, monsieur, Vostre très humble et très affectionné serviteur, De Louvois. A SAINT-MARS. Saint-Germain , ce a3 janvier 1678. Monsieur,' Vostre lettre du i4 de ce mois m'a esté rendue, par laquelle je voys que monsieur de Lauzun est présente- ment dans une grande tranquilité , sur quoy je n'ay rien à vous dire que pour vous recommander de m'in- former toujours exactement de tout ce qu'il vous dira. lue Roy veult bien que le sieur de la Prade remplisse la place de lieutenant de vostre compagnie qui est INÉDITE. aul3 vaccante par la promotion du sieur Duplessis; mais, à 1 esgard du congé que demande le chevalier de Saint- Martin, je ne puis m*empéscher de vous dire que jay de la peine à voir venir icy vos officiers, parce que c'est les exposer à de grandes tentations de la part de ceux qui prennent intérésts aux affaires de vos pri- sonniers. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, ^ De Louvois. AU MEME. Saiiit-Gerinaio , c« Sojaurier 1673. Monsieur , J ay reçeu vostre lettre du 21 de ce mois; je vous en adresse une que vous pourrez faire voir à monsieur Foucquet comme de vous mésme , c'est à dire ne luy laissant pas soupçonner que vous en ayez la permission , en cas qu'il veuiUe éscrire ce dont il vous a parlé. Vous pouvez luy donner cinq ou six feuilles de papier, de l'ancre et tirer parolle de luy qu'il vous les rendra éscrites ou blanches ; et en effect au bout de quatre jours vous les retirerez et m'envoyerez ce qu'il y aura ^d'éscrit,le cachetant en sa présence, s'il le désire; que, s'il persiste à dire qu'il faudroit luy envoyer quelqu'un , il ne fault pas luy en parler. 2l4 CORBESPONDA.NCK Continuez, s'il vous plaist^ à me mander ce que disent vos prisonniers, et quand ils ne vous diront rien vous me le ferez sçavoir afin que je puisse éstre informé s'ils disent quelque chose ou s'ils ne disent rien. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. Sainl-Gemuûn en Laye, ce 3o janvitr 1673. Monsieur, Jay veu par vostre lettre du 21 de ce mois, que monsieur Foucquet vous a dit, touchant une pensée qu'il avoit eue, qui seroit fort utille au service de Sa Majesté , qu'il desireroit qui demeurast fort secrette , c'est à dire que personne que Sa Majesté n'en eust connoissance, et que je l'assurasse que je le servirois; sur quoy vous pouvez luy dire que j'ay fait jusques à présent tout ce qui a pu déspendre de moy pour luy rendre service dans les choses ou je l'ay pu sans blessçr mon debvoir, et que je continueray avec plaisir, soit qu'il me confie sa pensée , ou qu'il ne le fasse pas. Que je ne puis luy envoyer personne sans en avoir la per- mission de Sa Majesté, laquelle ne la donneroit pas INÉDITE. af5 probabkment si je la luy demandois. Ce qui me reste donc à faire pour son service , est, que tous pouvez luy donner six feuilles de papier pour y escrire ce qu il luy plaira , après quoy voiàs les cachetterez en jsa pré* sence, et me les envoyerez par le premier ordinaire; que je luy résponds que personne que le Roy ne verra ce qu'il aura éscrit, et que je luy conseille, en cas qu il prenne ce party, de faire sçavoir sa pensée , de ne parler que de cela dans le papier qu'il envoyera, et surtout de n'y mêsler rjen qui me regarde. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MEME. Saint-Germain en Laye, ce 8 de febrner 1673. Monsieur, ' J'ay reçen avec vostre lettre du 28 du mois passé celle que monsieur de Lauzun m'a éscrite la veille. Je croyois luy avoir fait plaisir que de luy avoir procuré le moyen de signer une démission qu'il m'avoit fait demander en grâce qu'il pûst signer. Il ne fault plus luy parler de rien , et s'il vous demande des nou- velles de la résponse que je vous ai faite, vous luy direz que Sa Majesté, ayant recongnu qu'il avoit aiÔ CORRESPONDANCE changé d'advis depuis ce qu'il m'avoit éscrit touchant sa démission , ne désiroit phis que Ton luy en parlast , et que monsieur de Luxembourg seroit pourveu comme monsieur de Noailles lestoit sans qu'il lui en coustast rien. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois^ AU MBMB. Saint>G«niiain , ce «7 fébrriar 1673. Monsieur ; Jay reçeu votre lettre du i6 de ce mois, par la- quelle j'aprens que vous avez donné du papier par compte à monsieur Foucquet pour éscrire le secret qu'il veult déscouvrir au Roy et la pensée qu'il a pour une chose qui me regarde. Lorsqu'il aura mis par éscrit ce qu'il a dans l'esprit, vous pourrez me l'en- voyer, et s'il parle encore du secret qu'il y fault garder , vous luy direz qu'il n'y aura asseurémeni; que moy qui le verra , et que pas un de mes commis n'en aura connoissance. Je suis , monsieur, Yostre très affectionné serviteur, • !>¥ LouvQis. INÉDITE. 217 AU MEME. Saint'Germain , ce z*** mars 1673. Monsieur , J ay reçeu , par le courrier que vous m'avez dëspes- ché, vostre lettre du 23 du mois passé. Vous auriez aussi bien fait de ne le point envoyer et d'attendre le prochain ordinaire, puisqu'il n'y avoit rien de pressé et que la voie de la poste est aussi seure et plus mêsme que ne peut êstre un courrier exprès. Il n'y a pas grand inconvénient que M. Fouquet sçache que le Roy ayt fait la guerre aux HoUandois ; ainsy ne soyez point persuadé que vous ayez en rien manqué en luy donnant un livre qui le luy a apris. Dites à monsieur Fouquet que vous ne m'avez point envoyé son compliment, ayant bien compris que, quoy que j'aye toujours paru avoir intention de le servir en ce qui me seroit permis, je ne serois pas bien ayse que vous vous en fussiez chargé sans ordre. Je vous éscris une autre lettre cy-jointe, la*^ quelle vous luy pourrez montrer, et, s il veult ensuitte inestre par éscrit ce dont je parle par ma ditte lettre, vous luy donnerez dû papier p^ compte comme vous avez désja fait, afin qu'il le puisse éscrire. Je vous renvoyé le susdit compliment, afin que vous puissiez le luy remettre entre les mains ou le brusler devant luy. Le Roy ne désire pas faire une nouvelle pnson 2l8 GORRESPOITDANGE pour le sieur Bouticaris. S*il y a quelque porte ou fenêstre à raccommoder, pour qu'elle soit plus seure, TOUS les pouvez fodre^ mais il n'y fault pas faire d'autre déspense. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. AU MÂMS. Stiiit*G«main » ce 39 marc 1673, MoNsncR , Tay reçeu vostre lettre du 1 5 de ce mois, et j'ay leu fort exactement les papiers ésc^ts de la main de monsieur Foucquet. Après avoir considéré qu'il n'y marquoit pas ce qu'il dit êstre si important au service du Roy, et qui pouvoit luy procurer quelque soula* gement dans su peine , je n'ay pas jugé à propos de présenter ses mémoires à Sa Majesté ; vous le luy direz , et aussitôst que vous luy en aurez fait voir quelques feuilles, vous les jetterez au feu en sa présence. Je suis j monsieur, Vostre très affectionné serviteur^ Db Louvois. INIÉDITE. aig AU MEME. SaiDl>G«nB«ia , e« fj «▼vil 1673. MONSISUB , J'ay reçeu vostre lettre du i5 de ce moisi par laquelle j aprens ce que monsieur de Lauzun vous a chargé de me faire sçavoir : dites luy que tous me Tavez mandé , et que je vous ay prié de luy dire que je rendrois volontiers le service qu'il me demande s'il dépendoit de moy, qu'il peut se souvenir que je fidts que ce que l'on me commande , et que ce n est point de moy qu'il doit attendre du soulagement, puisque ce n'est point moy qui luy ay procuré la peine qu'il souffre présentement; que je luy suis fort obligé de l'oflre qu'il me fait de sa démission pour monsieur de Luxembourg, et que sy j'y pouvois quelque chose, sa charge lui demeureroit, bien loing de la souhaita ter pour un autre. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvoia, AU MEBIS, PMonne, ce 6 nuij 1678. Monsieur , Jay reçeu vostre lettre du 22 du mois passé, à la- 2a,0 CORRESPONDANCE quelle je n'ay rien à réspondre. Je vous recommande seulement de veiller tousjours avec vostre exactitude or- dinaire à la garde de vos prisonniers ; et comme j auray beaucoup d'affaires pendant la campagne, il suffira que vous m'informiez tous les mois de ce qui se pas- sera, à moins qu'il ne survinst quelque chose d'ex* traordinaire. Il y avoit auprès de monsieur de Lauzun , pendant qu'il éstoit à la cour, un nommé Barail, qui est un grand homme, assez pasle de visage, et menu du corps, âgé d'environ trente-cinq ans, que vous pouvez avoir autrefois veu lieutenant de la Bastille, lequel a tousjours paru icy depuis que monsieur de Lauzun a esté arresté^ et, comme on ne l'y voit plus depuis deux ou trois mois, cela nie fait soubçonner qu'il pourroit bien êstre allé du costé de Pignerol. Il est bon que vous vous mettiez en peine de déscouvrir s'il y est effectivement et d'empêscher qu'il ne puisse avoir aucun commerce contraire aux intentions du Roy à l'esgard du dit sieur de Lauzun; cependant vous me manderez ce que vous aurez apris. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. INEDITE. 121 AtJ MSME. Au camp sottbs llastridc , ce a juillet 1673. Monsieur ) Jay reçeu vostre lettre du 21 du mois passé par laquelle je vois que vous gardez si seurement vos pri- sonniers que je n'ay qu'à vous recommander de con- tinuer. Lorsque M. Foucquet vous demandera des nou- velles, vous pourrez luy en dire du progrès des armes du Roy; mais il ne faut pas que c^la s estende à autre chose, sous quelque prétexte que ce puisse êstre. Vous pouvez donner à Buticaris toute la liberté que vous jugerez à propos, pourveu que vous puissiez tousjours réspondre de sa personne. Le Roy veut bien que vous mettiez Plassot en li- berté, et en faisant voir cette lettre au sieur de Loyauté, il luy donnera vingt éscus par charité pour se retirer chez luy. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. aaa gorrespohoance AU MEME. Nancy, ce ao «oust 1673. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 5 de ce mois. J'ay donné ordre que l'on expédiast les^ lettres des charges que vous demandez pour les sieurs de Saint-Julien et de Voux, et je vous les envoyeray au premier jour; ce- pendant, pour réspondre à ce quç vous me mandez au sujet de monsieur de Lauzun, vous pouvez luy dire que vous ferez couper pendant cet hyver les branches des arbres qui l'incommodent, moyennant quoy elles ne le feront plus au printemps prochain y et vous pouvez aussy luy faire venir les perruques qu'il vous demande ; mais vous ne les luy donnerez qu'après les avoir bien examinées. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MEME. Nancy, ce i4 septembre 1673. Monsieur, J'ay reçeu vostre lettre du a de ce mois. J'approuve fort qVie lorsque monsieur de Lauzun veut tous parler de moy vous demeuriez tousjours fort muet; mais, lors({u'il vous parlera de ses frères , tous pouvez luy dire que vous tous en estes informé^ et qu'ils se portent bien ; qu'à l'esgard de tout ce qui s'est trouTé luy appartenir lorsqu'il a esté arresté, oh l'a remis entre les mains du sieur Rollingue* Vous aTez bien fait de donner un sei^ent et deux soldats pour aller quérir à Lyon le sieur Galuzio, et, pour ce ^ui est du sieur Buticaris , lorsque le Roy sera à Saint-Germain , je luy parleray Tolontiers en sa faveur, et je tascheray d'obtenir sa liberté. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. ▲U MEME. Da ai octobre 1673* ^ Venailles. MoNsiBtra, Tay reçeu vostre lettre du ii de ce mois. Vous pouvez dire à M. de Lauzun que madame de Nogent se porte fort bien. Si Ton a mis entre les mains du sieur RoUingue ce que Ton a trouvé appartenant à mon dit sieur de Lauzun , c'est que l'on n'a congnû que lui qui se mêskst de ses affaires , et s'il désire que l'on les remette à quelque autre personne, il n'a qu'a 1&24 CORRESPONDANCE s'en expliquer, et je prendray soin de tout ce quil pourra désirer sur cela. L'on ne luy a rien dict sur ses maisons de Versailles et de Saint-Germain , puis- que feu M. d'Artagnan luy en ayant parlé, il réspondit comme un homme qui les vouUoit garder; cependant elles dépérissent considérablement, et c'est encore à luy à s'expliquer sur cela de ce qu'il désire. Vous pouvez continuer à faire donner à vos pri- sonniers leurs nécessitez, et vous n'avez pas besoing de recevoir d'ordre pour cela. . Je suis, monsieur, ^ Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. Versailles, ce 17 novembre 1673. Monsieur^ J ay reçeu vostre lettre du 8 de ce mois. Vous pouvez dire à monsieur de Lauzun que je ne puis luy donner aucun conseil sur la conservation de ses mai- sons de Versailles et de Saint-Germain , et tout ce que je puis faire est de me charger d'informer ceux qu'il voudra qui en prennent soin de ce qu'il aura résolu à cet ésgard. Vous pouvez dorésnavant m'éscrire touttes les INEDITE. aaS semaines ce qui se passera à la garde de vos prison- niers. Je suis y monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Satnt'^emiain en Laye, le lo décembre 1673. Monsieur^ Le sieur le Pautre , architecte du Roy, ayant repré- senté à Sa Majesté qu'il est poursuivi par le sieur Durand, trésorier payeur des gardes du corps, à luy restituer une somme de quatre mil cinq cens livres qu'il a touchée de luy à l'acquit de monsieur le comte de Lauzun , et sur et tant moins de celle de cinq mil livres qu'il prétend luy éstre par luy deue pour le bastiment qu'il luy a faict construire en ce lieu de Saint-Germain , et Sa Majesté vouUant donner moyen au dit sieur le Pautre de retirer la quittance nécessaire à la déscharge de ce trésorier pour faire cesser ses poursuittes , je vous adresse le projet de la dite quit- tance que le dit sieur le Pautre m'a remise avec les pièces dont il prétend justiffier la debte, afin que vous les fassiez veoir à monsieur le comte de Lauzun , et s'il a agréable de signer cette quittance , vous me la ren- voyerez avec les dites pièces pour les remettre au dit ' I. i5 %%& GORRSSVOn^ANCE siew le Pautre , ou you& me ferez sçavoû? ce qWU y«Ai& aura réspondu sur cela. Je suis y moDsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Locvois. AU MÊME. Saint-Germain en Layei ce i8 décembre 1673. Monsieur, J ay reçeu vostre lettre du 9 de ce mois , par laquelle vous me faites part de la résponse de monsieur de Lauzun sur ses intérésts; s'il vous demande ce que je vous ay réspondu sur ce sujet, dites-luy que je vous ay seulemejnt mandé que je dirois à madame de Nogent ce qu'il souhaittoit , sans vous en mander davantage. Je vous envoyé le dupplicata de l'ordre que j'ay expédié au trésorier pour votre remboursement; il sera bon de vous abstenir une autre fois, de faire venir des pen*uques si chères à mon dit sieur de Lauzun. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. INEDITE. A0 MBJUB. 227 Saiat-Germain en Laye, ce 16 janvier 1674. Monsieur, J ay reçeu vostre lettre du 6 de ce moîs sur laquelle je n'ay qu'a approuver les résponses que vous faites à monsieur de Lauzim sur ce qu'il vous demande , et le party que vous prenez de ne point vous mettre en peine de tout ce qu'il vous dit. Suivant ce que vous m'avez mandé, je vous éscris une autre lettre que vous pourrez faire voir à ceux de vos officiers qui vous demanderont des congez, afin de les obliger à demeurer assiduement auprès de vous. Je suis, monsieur, Yostre très affectionné serviteur, Db Lovvois. AU MEME. Saint^Germain en Laye , ce aa janvier 1674. Monsieur, J'ay reçeu vostre lettre du i3 de ce mois. Vous avez* bien fait de réspondre à monsieur de Lâuzun comme vous avez fait, et s'il vous demande encore des nou- i5. 2a8 CORRESPONDANCE^ velles , il faut que vous luy disiez que je ne vous ay point fait de résponse sur ce que vous m'avez ëscrit ensuitte de ce qu'il vous a dit sur la paix. Cependant -vous continuerez à me faire part de tout ce qui viendra à vostre connoissance. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. AU MEME. De Paris, ce lo avril 1674. Monsieur , J'avois eu lieu d'attendre de vostre affection, qu'en suitte de ce que je vous avois mandé à l'ésgard du sieur de la Motte Lamire, vous auriez perdu le soubçon que vous aviez eu de luy, et que vous auriez bien vescu avec luy ; mais j'aprends avec surprise que , voulant vous aller veoir à son arrivée, vous luy aviez fait dire de ne pas venir chez vous ; cela ne s'accommode pas avec le service du Roy qui désire que tous les princi- paux officiers d'une place vivent en bonne intelligence, et m'oblige à vous dire que vous deviez vous détrom- per des impressions que vous aviez prises de luy, qui sont injustes et sans fondement. Le dit sieur de la Motte Lamire ne m'ayant jamais éscrit ni parlé contre vous , je veux croire qu'après cela vous changerez de conduite et vivres bien avec luy ; et eh mon particulier INEDITE. , 229 VOUS me ferés plaisir, parcequ'outre que je Taffectionne, c'est un homme des services duquel le Roy est satis- fait. J'éscris présentement au sieur de Loyauté de s'entremettre pour vous accommoder. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. AU MEME. VortaUles, oe 10 avril i674> Monsieur , Le Roy ayant eu la bonté d'accorder à madame Foucquet la liberté de pouvoir éscrire deux fois l'an- née à monsieur son mary, et d'en recevoir autant de lettres ; je vous adresse celle qu'elle luy éscrit , et je vous en envoyeray une autre dans six mois. Vous pren- drez la peine de luy rendre celle-cy, et, après luy avoir donné deux jours pour luy laisser faire réflexion sur ce qu'il voudra mander à madame sa femme , vous luy donnerez de l'ancre et du papier pour y faire résponse, laquelle vous luy verrez faire, et puis vous prendrez sa lettre avec Iç papier et l'ancre , et vous me Tenvoyerez. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. Sl3o cbRRESPOSTDANCE ▲U MKME. « Au camp devant Besançon , ^i6 may 1674. Monsieur , Vay reçeu vostre lettre du 5 de ce mois. Monsieur de Lauzun estant aussy malade que vous le mandez, il faut que vous ayez grand soin du réstablissement de sa santé; et que vous ne le laissiez manquer de rien de tout ce que les ordres de Sa Majesté vous permettent de luy donner pour son soulagement et sa guérison. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Loiryais. AV MEME. Au camp de Ghavans , le 8 juin i674> MoNSIEtJR , J ay reçeu vostre lettre du 3o du mois passé. Vous me ferez plaisir de continuer à me mander des nou- velles de la santé de monsieur de Lauzun, et, en prenant vos précautions pour sa seureté, vous ne sçauriez manquer de luy donner toutes les facilitez possibles pour le recouvrement de sa santé autant INÉDITE. • a3ï qu'elles ne seront pas contraires aux ordres du Roy que vous avez sur la manièi^ie de le garder. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲D MEUB. Versailles , ce 3 jaiUet 1674. MoNSiBtm ) J'ay appris avec plaisir, par vostre lettre du a 3 du mois passé, que ia santé de monsieur de Lâuzun éstoit moins mauvaise que par le passé. Je suis bien persuadé que vous avez pris tous les soins nécessaires pour son soulagement ; le Roy désire que vous les lui continuiez tout le plus que vous pourrez , en suivant les ordres que Sa Majesté vous a donnez pour la manière de le garder, dont elle ne désire pas néantmoins que vous vous rel&schiez soubs quelque prétexte que ce puisse éstre. Je suis, monsieur, Vosù^e très affectionné serviteur, Db Louvois. 232 CORRESPONDANCE ▲U MEME. Versailles, oe 27 Mpteoibre 1674. Monsieur , J'ay reçeu vos lettres des 1 5 et 19 du mois passé. J*ay esté bien ayse d aprendre , par la dernière , le résta- blissement de la santé de monsieur de Lauzun. Il faut que TOUS ayez soin de luy donner abondamment toutes les choses dont il aura besoin pour sa conservation, pourveu toutes fois qu elles ne soient pas contraires aux ordres du Roy que vous avez pour la seureté de sa garde. Je suis, monsieur, Yostre très affectionné serviteur, * De Louvois. AV MEME. Versailles, ce ix octobre i074> Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 24 du mois passé, par laquelle j'ay veu Testât ou se trouvent messieurs de Lauzun et Foucquet. Vous continuerez à les secourir des choses dont ils auront besoin , autant néanmoins INÉDITE. 233 que les ordres du Roy, pour la seureté de leur garde, vous le permettront \. . Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. Le Tellier. ▲U MEME. Saint-Germaia en Laye , le 3o janvier 1675. Monsieur , Jay reçeu vostre lettre du 19 de ce mois, et j'ay rendu compte au Roy de ce qu'elle contient. Sa Majesté approuve que vous donniez, pour valet, à monsieur Foucquet, le prisonnier que le sieur de Vauroy vous a conduit ; mais , quelque chose qui puisse arriver , vous debvez vous abstenir de le mettre avec monsieur de Lauzun, ni avec qui que ce soit, autre que monsieur Foucquet. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. C'est-à-dire que vous pouvez donner le dit prison- nier à M, Foucquet, si son valet renoit à luy manquer et non autrement. à34 CORRESPONDANCE JLU srÊME. Saint-Germain en Laye, ce ti mai-s 167$. MONSIBCR , J ay reçeu vostre lettre du a6 du mois passé. Si vous pouvez trouver un valet qui soit propre à servir mon- sieur de Lauzun , vous pouvez le luy donner ; mais , pour quelque raison que ce puisse éstre, il ne faut point que vous luy donniez le prisonnier que le sieur de Vauroy vous a amené , qui ne doit servir, en cas de nécessité, qu'à monsieur Foucquet, ainsy que je vous lay mandé. Suivant ce que vous désirez, j'éscris présentement au sieur de Loyauté qu'il peut vous faire remettre les appointemens de monsieur de Villefranche eft qualité de capitaine de chevaux légers , pour les employer au tnaïntien de sa compagnie , et ce , jusques à ce qu il âît trouvé occasion de s'en defffaire. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Lou¥Oi& A COLBERJ. An camp près Vesd» ce 18 juin 1675. MONSBIGN^OR, J'ay sçeu qu'il yous avoit plû d'expédier l'arrést que iNiÊDiTE. a35 j*avois demandé , et tel que je Tavois demandé. Je ne puis m'empéscher de vous en rendre mille grâces très- humbles c(M»me d'une nouvelle marque de vostre bonté. Vous souffrirez bien, Monseigneur, que j'ose en attendre encore une autre, qui est si quelcun s'en pkignoh, ce que je ne pense pas, de me réserver une oreille avec l'équité qui vous est ordinaire, ou plustôst d'en vouloir prendre une entière et parfaite connois- sance soit par vous mésme, soit par autruy. J'espère que vous ne me trouverez jamais indigne des ^aces que vous me faites ; du moins , vous puis-je assurer que personne ne les sent plus vivement que moy ni n'est avec plus de reconuoissance et plus de respect. Monseigneur, Vostre très«^faûmble et très-obéissant serviteur, Pellisson Fontanisr. ▲U MÂME. Ao camp de Qeer-Hespen , ce a8 juin 1675. Monseigneur , J'ay l^èâ 4miiibletnënt â^uppUé nfyôïi^ur le Httar^nfe de Segnelay d'intercéder auprès de vous pour le ''plfé" sident de Donneuche, et de vous envoyer un mémoire que quelques uns de ses amis ont dressé pour luy sur -ce 6ii(iet. Je «le sui^ jpas seuleneat ^le ce soiiibre , mais aussi du nombre de ses parens, etc^est penrtnoJriiA a36 CORRESPONDANCE devoir naturel et indispensable de prendre part à son malheur, plus grand sans doute que vous ne le croyez. Monseigneur, par mille sortes de circonstances qu il seroit trop importun de vous expliquer. Qu'il vous ayt, s'il vous plaist^ Monseigneur, et que nous vous ayons touts avec luy, lobligation immortelle de le tirer d'un si fascheux estât. Je sçay combien peu je dois éstre regardé en cela , mais je ne laisseray pas de mettre cette grâce entre celles que j'ay reçùees de vostre bonté, et je suis fort assuré que vous n'en pouvez faire à personne qui soit plus que moy, ni avec plus de respect , Monseigneur, Vostre très-humble et très-obéissant serviteur, Pellisson Fontanier (i). AU MEME. Au camp de Stralen, ce 5 juillet 1675. - Monseigneur , Je ne prens aujourd'huy la liberté de vous éscrire que pour les intérêsts de l'abbaye Saint-Germain des prèz. / (z) L'original de cette lettre appartient à M. le chevalier Jacob, savant antiquaire. INÉDITE. 237 Trouvez bon que je vous supplie très humblement en premier lieu, de vouloir signer les lettres nécessaires pour travailler à un nouveau Terrier. J ay donné charge qu*on vous les présentast toutes conformes à celles que les religieux ont obtenues pour ce qui est de leur mense, lesquelles jayveues, et qui sont dans l'ordre commun. Vous vous souviendrez, je m assure, Monseigneur, vous qui n'oubliez rien , que j'eus l'honneur de vous parler à Versailles , par ordre du Roy, de l'indemnité pour la justice seigneuriale que vous avez réunie au nouveau Chastelet , sur quoy vous aviez désja résolu dès le commencement de donner^ entre autres choses, . le droit qui appartient au Roy pour les lods des éschan- ges dans la mêsme censive. Il vous plut de me dire alors. Monseigneur, que vous commanderiez qu'on en dressast les expéditions , et ce fut après que vous en eustes pris vous mêsme de nouveau l'ordre du Roy. Mais on partit bien tôst après , et sur l'espérance que nostre campagne pourroit êstre courte , je crus à pro- pos d'attendre le retour, afin de vous faire considérer et examiner plus à loisir les mémoires que j'avois recueillis touchant l'importance de cette justice , tant pour les droits fixes , qui faisoient partie de la ferme , que pour les casuels consistants aux offices et confis- cations qu'on n'y avoit jamais compris. Cependant , Monseigneur, sur ce que vous m'avez fait l'honneur de me dire en dernier lieu , je ne laissay pas, en passant un bail général, à commencer du premier janvier de cette année , de promettre aux fermiers la jouissance des lods des éschanges comme des autres , depuis ce a38 CORRESPONDANCE temps^ k. A la vérité ce retardement u est pas d*une grancle conséquence pour eux , car ils ne peuvent rien recevoir de ce casuel que sur des quittances visées de moy dont ils me comptent , et sur le prix dé leur bail qui est de soixante six miUe livref^ , je prens pour vingt mille ce qui proviendra de ce casuel , sans qu*il y ait aucun droit de recepte ni rien à profiter pour eux , si ce n'est en cas que ce casuel passast vint mille livres , auquel cas ils auront la moitié du surplus , ce que je n'ay pas fait difficulté de leur promettre , parce que , selon toutes les apparences , il n'ira jamais jusques là, les deux dernières années, dans les comptes de mon** sieur Berryer, n'estant: l'une, que d'environ neuf ou dix mille livres , et l'autre , d'environ six , eï touts les mémoires que j ay pu avoir du passé depuis lontemps, n'allant dans les meilleures années qu'a douze ou quinze; à quoy il n'est pdis vray-semblable que les éschanges puissent adjouster si considérablement au moins par les lumières qu'on en a pu prendre de l'archevéscbé et d'ailleurs. Cependant, Monseigneur, comme par cette espérance, quoy qu'ésloignés de passer vingt mille Uvres, ils ont intérést d'entrer en jouissance du local le plus tôst qu'ils pourront, etquW fonds, les deux droits en mèsme main se fortifient lun l'autre n'y ayant plus de fraude et rien ne pouvant éschasp^, je vous serois très obligé si vous aviez agréable de signer l'un de deux arrésts dont la minutte est c'y«* jointe , pour nous donner la jouissance des lods des éschanges par provision, en attendant la liquidation plus exacte que vous pourrez faire de cette indemnité au retour de S. M. ou autrement. INÉDITE. 239 le prens encore la liberté de joindre la minutte d un autre arrést qu on creiroit^ également avantageux à Fabbaye, à tout le faui^bourg, et à llntérést du Roy en cette rencontre , comme il est fort court , et que l'exposé vous en dira4es riÂ$ous, je ne m*y arrésteray pas icy davantage : je vous supplie seulement de croire, Monseigneur, que ces demandes, et toutes celles que je pourray jamais vous faire de pareille nature, sont et seront tousjours avec la soumission que je dois ésga- lement à vos lumières et à vostre authorité, et qu'ayant les meilleures intentions du monde, je m'estimeray très heureux si vous avez la bonté de me gouverner et de me redresser. Personne n'est plus que moy ni avec un plus véritable respect, Monseigneur, Vostre très humble et très obéissant serviteur, Pellisson Fontanier. A SAINT-MARS. VenaillM, le a aoott 1676. Monsieur , Je vous adresse un mémoire du sieur Bruant, cy- devant commis de monsieur Foucquet, sur lequel il a besoing d avoir, de luy, un ésclaircissement pourse garantir de payer une somme considérable qui n a point tournée à son proffit, comme vous pourrez voir 24o CORRESPONDANCE par le dit mémoire. Vous le ferez lire en votre pré- sence à monsieur Foucquet , et luy laisserez éscrire la réponse qu'il y voudra faire , laquelle vous m'en- voyerez avec le dit mémoire incontinent après. Je suis, monsieur, Vostre très affectiotmé serviteur , De Louvois. AU MEME. Versailles, ce xa aoost 1675. Monsieur, J'ay reçeu vostre lettre du 3 de ce mois , par la- quelle vous me mandez les occupations et Testât de la santé de vos prisonniers. Je vous prie de continuer à m'en informer exactement, ainsy que de tout ce qu'ils vous diront; mais, lorsqu'ils vous demanderont si vous m'éscrivez, ce qu'ils vous prient de me faire sçavoir, il faut leur réspondre que vous avez ordre de ne me mander jamais autre chose que des nouvelles' de leur santé. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. INÉDITE. a4l AU MBMB. Venttlles, c« lo noTeabre 167$. Monsieur, J ay reçeu vostre lettre du 3o du mois passé. Quoyque ce que vous disent vos prisonniers soit tous- jours à peu pre2 la mêsme chose , vous ne debvez pas laisser de me le mander. Gomme les feuilles vont tomber présentement , vous ne pourrez plus voir ce que monsieur de Lauzun fera dans son appartement , et la lunette d'aproche quil a, luy pouvant fort bien servir à voir des signes que Ton luy feroit de dehors, vous pouvez la luy prendre /en faisant semblant de la trouver en visitant son appartement. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Saint-Germain en Laye, ce 16 mars 1676. Monsieur , ' J*ay reçeu en mésme temps vos lettres du 4 et 7 de L 16 Il4d CORRESPONDANCE ce mois. Comme je ne double point que vous n ayez reçeu présentement toutes ceUes que je tous ai és- crittes depuis larrivée de vostre courrier, je ne vous répeteray point ce qui y est contenu; je vous diray seulement qu'il ne faut rien réspondre à monsieur de Lauzun sur toutes les questions qu'il vo«« fait concer- nant Mademoiselle. Vous ne sçaurie?i prendre trop de précautions pour prévenir à l'avenir ^ ce qui vous a pensé arriver; ni rien faire de plus utile pour cela, que de fréquentes visittes dans les chambres de vos prisonniers, dans lesquelles vous changerez tous leurs meubles de place , pour bien connoîstre ce qui s'y passe. Il y a quelques semaines qu'un nommé Lamy» qui avoit esté mis dans les gardes du Roy par monsieur de Lauzun, et qui, depuis sa prisoj»^ en ay^nt é;^té osté, s'éstoit mis au service de Mademoiselle 9 jpa paroîst point à Luxembourg; ce qui fait connoîstre qu'il pourroit bien êstre party pour aller au pays où vous estes, et voir s'il ne pourroit point donner de ses nouvelles à M. de Lauzun ; c'est de quoy Sa Majesté m'a commandé de vous advertir, afin que vous redou- bliez vos soins pour sa garde. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. i« ÉDITE. a43 AU M£MB. Saint-GermaÏD en Laye , ce s6 mars 1676. Monsieur , La lettre que vous avez pris la peine d'éscrire à mon fils le 1 8 de ce mois , m'a esté rendue en son absence. Vous aurez apris, par les lettres qu'il vous a éscritte , que le Roy approuvoit qu avant que la porte de la citadelle de Pignerol fut ouverte, vous allassiez visitter vos prisonniers, et en effect, cette précaution est très nécessaire pour leur seureté; que Sa Majesté ne jugeoit pas à propos d'établir un cinquième sous- lieutenant dans vostre compagnie, les quatre que vous avez éstans suffisans, et surtout le chevalier de Saint- Martin, demeurant fixe dans le donjon la nuict, pour y faire la ronde. Je ne vous dis rien sur les gratiffi- cations que vous demandez pour vos deux pre- miers lieutenants, parceque mon fils vous a fait sçavoir que la conjoncture n'éstoit pas favorable pour demander des grâces pour eux. Vous trouverez cy-jointe une lettre que madame Foucquet éscrit à monsieur son mary, laquelle Sa Majesté trouve bon que vous luy remettiez, et que vous luy donniez du papier et de l'ancre pour luy faire résponse. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , Lb Tbllier. i6. 244 CORRESPONDANT!: AU MEME. Paris t ce a4 avril 1670. Monsieur , Monsieur, le duc de la Force ayant institué son héritier monsieur le comte de Lauzun, son parent, sous des conditions qui sont ésnoncées dans son tes- tament , et estant nécessaire que le dit sieur comte de Lauzun déclare s'il veut ou non accepter cette héré- dité, MM. ses parentz ont fait trouver bon au Roy que Ton vous adressast le dit testament avec un mé- moire qu'ils y ont joinct, et un projet de procuration en la manière qu'il faudra que M. de Lauzun la fasse au cas qu'il veuille se porter pour héritier. Il sera donc nécessaire que vous donniez part à M' de Lau- zun de ce que dessus; que vous lui donniez commu- nication de ces papiers, et que vous fassiez entrer un notaire au donjon avec une personne de pratique, s'il en est besoin, pour faire la dite procuration en la manière portée par le dit project, sans y rien aug- menter ni diminuer; aprez vous me renvoyerez cette procuration afin que je la puisse remettre à ses parentz. Je ne vous recommande pas d'éstre présent à tout, estant persuadé que vous n'y manquerez pas. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , Le Tellier. INÉDITE. 245 AU MEME." An camp de Sebourg, ce i"' may 1676. Monsieur, J*ay reçeu, avec vostre lettre du i8 du mois passé , celle du sieur Rignon qui y éstoit jointe. Je luy résponds au sens que vous proposez, par la lettre que je vous adresse, et je luy mande que, pour le soulager de la peine qu'il a de se rendre tous les jours à la citadelle de Pignerol , vous permettrez à Faumo- nier de monsieur de Lauzun de dire la messe pour monsieur Foucquet les jours ouvriers : ainsy, il ne sera obligé d'y aller que les fêstes et dimanches. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Au camp de Hurtebise, ce 18 may 1676. Monsieur , J'ay rieçeu vostre lettre du 6 de ce mois. J ay rendu compte au Roy de ce que monsieur de Lauzun vous a réspondu sur la procuration que vous luy avez pré- 2/|6 CORRESPONDANCE sentée touchant l'affaire de monsieur le duc de la Force. Sa Majesté croît qu'il est plu^ à propos qu'il nomme madame de Nogent pour sa procuratrice que le sieur de RoUingue, et c'est ce que vous luy ferez, s'il vous plaist, entendre, en luy présentant la dite procuration à signer. Je suis, monsieur, Vostre très humble serviteur, De Loiivois. AU MEME. Au camp , près de Ninoae, ce i6 juin 1676. Monsieur , Vostre lettre du 3o du mois passé m'a esté rendue. Il est juste de faire entendre la messe les féstes et dimanches au valet de monsieur de Lauzun, qui s'est rendu catholique; mais il ne luy faut pas donner autre chose que du pain et de l'eau jusques à ce qu'il vous ait déclaré tout ce qu'il sçait du dessein qu'avoit monsieur de Lauzun lorsqu'il a essayé de se sauver. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvoîs. INÉ0fT£. 347 AU MEME. Versaille*, ce 3o aoust 1676. Monsieur , Je vous adresse une lettre de madame Foucquet pour monsieur son mary, que je vous prie de luy re- mettre , après quoy vous luy donnerez de l'ancre et du papier en la manière que vous avezaccoustumée , pour y pouvoir faire résponse, et vous me l'adresserez afin que je la fasse tenir à madame Foucquet. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MEME. S«iat>G«riiMin , c« a3 noreobre 1676. Monsieur , J ay reçcu vostre lettre du 1 4 de ce mois et par la- quelle vous me faites part de Testât de vos prisonniers. Je vous prie de me mander qui est logé avec le sieur Dubreuil, que vous dites qui est si fol, me marquant son nom et celuy par lequel il vous a esté amené; et, m envoyant une copie de la lettre qui vous a esté Î248 CORHESPONDANCE éscritte pour le faire recevoir, afin que je puisse mieux me remettre dans Tesprit quel il est. Le Roy a esté informé depuis peu de jours, que le nommé du Barail , qui avoit esté mis datis les gardes du Roy par monsieur de Lauzun , mène une manière de vie à Paris qui fait soubçonner à Sa Majesté qu'il n'ait quelque commerce avec monsieur de Lauzun, ou du moins qu'il espère en éstablir un bientôst , de quoy Sa Majesté ma commandé de vous donner advis, afin que vous renouvelliez vos soins pour l'exé- cution de ses ordres pour l'avenir , et pour déscouvrir si monsieur de Lauzun auroit quelque commerce, ou si l'on auroit pris quelques mesures pour luy en faire avoir. Il me souvient qu'il vous a demandé de luy faire faire un habit par son tailleur de Paris, et je vois présentement qu'il vous demande des livres nouveaux; il ne seroit pas impossible que ce ne fust à intention que les envoyant achepter à Paris, cela donnast moyen de luy faire tenir quelque chose qu'on luy auroit préparé ; ainsy , je crois qu'il seroit bon que vous luy demandassiez quels sont les livres qu'il désire , et où on les peut recouvrer : et me le mandant , je vous feray sçavoir dans la suitte ce que vous aurez à faire. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. INÉDITE. a49 ▲U MEME. Saint-Germain en Laye» ce a3 décembre 1676. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 4 d^ ce mois. Quoy- qu'il n'y ayt point d'aparence que monsieur de Lau- zun , en Testât où il est , ayt rien de considérable à ^ faire sçavoir au Roy, néantmoins Sa Majesté trouve bon que vous luy donniez une feuille de papier, une plume et de lancre pour pouvoir m'éscrire sa lettre ; qu'après qu'il l'aura faite, vous la fermiez en sa pré- sence, et qu'ensuitte vous me l'envoyez par l'ordinaire; mais , au mêsrae temps que vous luy donnerez de quoy éscrire, vous l'advertirez que, s'il mêsle quelque autre chose que ce qui concernera le service de Sa Majesté, i'ay ordre d'elle, de ne luy en point faire la lecture. Je suis, monsieur, Vostre très affectionne serviteur, De Louvois. AU MEME. Saint'GermaiD , ce a3 décembre 1676. Monsieur , J ay reçeu vostre lettre du 8 de ce mois , par la- 25o CORRESPOND AjyCE quelle j ay bien compris quel est le prisonnier qui est avec le sieur Dubreuil, lequel est très capable de faire le fol; mais comme ceux qui le sont effectivement se corrigent quelques fois par le châstiment , il n'est pas mal à propos qu'après vous éstre expliqué à luy de la manière dont vous estes résolu de le faire traitter , s'il recommence à faire des extravagances, vous le fassiez chàstier très rudement la première fois que cela luy arrivera, et qu'à mesure qu'il en fera, vous conti- nuyez pendant quelque temps. Je ne doubte pas que les précautions que vous prenez pour la seureté de monsieur de Lauzun , ne vous mettent hors d'éstat de rien apréliender de tout ce que Ton pourroit vouloir entreprendre pour luy donner des nouvelles , sans en venir à l'extrémité de luy oster son dernier valet et de loger un officier avec luy ; cependant je vous prie de me mander comment le dit valet se conduit , et s'il continue à vous advertir de ce que fait son maîstre , comme il vous l'avoit pro- mis. Tant que monsieur de Lauzun ne vous nommera point les livrés qu'il désire, il n'est pas possible que je prenne l'ordre du Roy pour les luy envoyer. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MÊME. Saint-Germain en Laye, ce ii janvier 1677. Monsieur , J ay leu au Roy vostre lettre du 3o dû mois passé. Sa majesté a approuvé les précautions que vous prenez pour la garde de vos prisonniers , et elle trouve bon que vous les continuiez, ne doubtant point qu'avec cela vous ne les empêschiez davoir des nouvelles de personnes , n y d'en donner , n'y de s'éschapper de vos mains. Sa majesté vous recommande toujours d avoir pour monsieur Foucquet et pour monsieur de Lauzun toutes les honnêstetez et les complaisances qui ne pourront point nuire à l'exécution de ce que je vous ' viens d'expliquer des intentions de Sa Majesté. Au surplus 9 Sa Majesté, estant satisfaite de vos services , et voulant bien vous en donner des mar- ques, m'a commandé de vous faire sçavoir que, si vous traitez du gouvernement dont vous me parlez , elle voudra bien vous ayder de dix mil éscus pour vous donner moyen de Tachepter; je satisfaits avec plaisir à ce qui est en cela de l'intention de Sa Ma- jesté^ par la part que je prends à ce qui vous touche. Je sui», ttiômiëUt', Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. aSa CORRESPONDANCE AU MEME, SaiDt>GermaiD> ce z3 janvier 1677. Monsieur , J ay reçeu vostre lettre du 2 de ce mois par laquelle j'ay veu les précautions que vous prenez pour garder seurement vos prisonniers, dont j'ay rendu compte au Roy. Puisque la menace que vous avez faite au pri- sonnier qui est avec Dubreuil, Ta désja rendu sage, vous ne debvez pas manquer de la luy renouveller de temps en temps , et à la première faute qu'il fera , le corriger rigoureusement, moyennant quoy vous le verrez devenir plus raisonnable qu'il ne vous a jamais paru. Si vous croyez qu'il soit nécessaire de séparer pen- dant trois ou quatre jours d'avec monsieur de Lauzun son nouveau valet , vous le pouvez faire pour essayer de tirer de luy ce qu'il sçait de mon dit sieur de Lauzun ; et cependant vous mettrez ordre à ce que son lict soit fait et son appartement nettoyé , sans qu'il y arrive aucun inconvénient. Je ne doubte pas que je ne reçoive bientost la lettre que monsieur de Lauzun me doibt éscrire, puisque, par une de mes précédentes, je vous ay mandé que vous pouviez luy en donner le moyen pour cette fois seulement. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. IHIÉDITE. 253 AU MEME. Sainl-Germain , ce 9 février 1677. Monsieur, J ay reçeu avec vostre lettre du 9 du mois passé, celle de monsieur de Lauzun avec son blanc seing. Je le luy renvoyé avec la résponse que je luy fais présen- tement, laquelle je vous adresse ouverte, afin que vous puissiez, après l'avçir leue, la luy remettre; que, s*il vous demandoit à me faire résponse^ vous debvez luy dire que vous n'osez pas luy donner ni papier ni ancre , mais , que pour luy faire, plaisir , s'il veut vous dire quelque chose pour me le faire sçavoir, vous vous en chargerez et me le manderez pour cette fois seule- ment. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. ▲ MONSIEUR LE COMTE DE LAUZUN. Saint-Germain, ce gfeTrier 1677. Monsieur , J'ay reçeu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'éscrire ; et , ayant rendu compte au Roy de ce 254 GORRESP0Br3A.lfG£ qu'elle contient , Sa Majesté in*a commandé de vous faire sçavoir que, comme vous n'avez pas voulu exécuter ce qui vous a esté mandé de ses intentions y lorsque monsieur le maréchal de Luxembourg a esté pourveu de la charge de capitaine des gardes que vous aviez, elle ne désire pas présentement se servir du blanc que vous inaYet envoyé pour le remplir de vostre démis- sion , ce qui m oblige de vous le renvoyer, et en mêsme temps voi*s assurer que je contribuerois volontiers à adoucir vostre mauvaise fortupesi j'ypouvois quelque chose, et que je sui^ véritablement , monsieur, \ospte très humble et très affectionné serviteur, De Lotjvois. A SAINT-MARS. Saint-Ciermain , ce ai février 1677. Monsieur , La lettre que vous m*avez éscritte le 6 de ce mois , ma esté rendue. Il y a désja quelques jours que j ay fait résponse à celle de monsieur de Lauzun que vous m avez envoyée , et je ne doubte pas que vous ne l'ayez présentement reçeu. Je vous prie de continuer à me mander des nou- v^Ue^ de la santé de vos prisonniers $ et, pour réspondre W surplus de ce que vous m'éscrivez, je doibs vous e:q>liquer qu'il est vray que c^x qui frapent les préft* très, en méspris de leur caractère-, sont excommuniez; mais il est loisible dt: chàstier un préstre quand il est méchant, et que l'on est chargé de sa conduitte. Pourveu que celuy-cy soit autant en seureté avec le valet de monsieur de Lauzun , qu'il est avec le sieur Dubreuil; le Roy se remet à vous de le changer de prison, ou en cas que vous jugiez à propos de le laisser avec le dit sieur Dubreuil , de le faire attacher de ma- nière qu'il ne luy puisse point faire de mal. Mais sou- venez-vous de prendre garde au sieur Dubreuil, qui est un des plus artificieux fripons que l'on puisse ren- contrer. Je suis, mon$içui*9 Vostre très ajSËM^onné servileiir, DeLouvois. AU MEME. Tournay, ce 6 inay 1677. Monsieur, Vostre lettre du 24 du mois passé, m'a esté rendue. Vous pouvez assurer monsieur Foucquet que monsieur son fils fait bien son debvoir et se distingue fort dans toutes les occasions. A résgard de vos autres prisonniers , vous n'avez qu'à continuer à les garder de la manière que le Roy a56 CORRESPONDANCE VOUS la prescritte, et à me donner part, de temps en temps, de ce qui se passe. \ Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois, AXS MEME. Vetsaillet, ce i6j(iin 1677. Monsieur, Madame Foucquet ma envoyé la lettre que je vous adresse pour monsieur Foucquet. Vous aurez soin de la luy remettre et d*en tirer la résponse , avec les pré- cautions dont vous avez accoustumé d'user , laquelle je vous prie dé m envoyer. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. Versailles , ce ax jnia 1677. Monsieur, J ay reçeu vostre lettre du lâ de ce mois qui ne désire de résponse que pour tous dire que vous pouvez donner quelques uns de vos livres à monsieur de Lauzun , jusques à ce que , s*expliquant de ceux qu il veut avoir , vous me Fayez mandé , et que je vous aye fait sçavoir Tintention du Roy. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. ' Versailles , ce 3 juillet 1677. MoNSIEtJI^ , Je vous adresse un mémoire que le sieur Vezon , médecin de Paris, a fait sur celuy que monsieur Fouo- quet a envoyé à madame sa femme de lestât où il se trouve, et des maux auxquels il est le plus subjet; je vous prie de le luy remettre. « Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. Versailles f oe 3 aoitti 1677. Monsieur, Je vous adresse un mémoire que le Roy a trouvé bon I. 17 qui ^t communiqué à monsieur do Lauaun , et comme il est I^on, pour une entière seureté, qu'il nait point ce papier en original , il &ut que vous en fasçiez faire une çoppie que vous luy donnerez avec du papier blanc et de Tancre pour y faire rësponse; mais, afin qu'il ne doubte point que cela soit envoyé par les gens qui se mêslent de ses affaires , vous pouvez luy montrer le dit original que vous retirerez après le luy avoir fait lire une fois , luy laissant seulement la coppie pour y faire réflexion ; et puis le lendemain , en vostre pré- sence , y faire résponse laquelle vous m'envoyerez. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. A COLBERT. Ce ig aoust 1677. Monseigneur , Le père de la Chaise m ayant communiqué ces deux lettres qui luy ont esté éscrittes , et ne s'agissant que d'un nouveau converti qui sollicite un employ auprès de vous et de monsieur le marquis de Seignelay au lieu de celuy que sa conversion (comme on le prétend ) luy a fait perdre , j*ay crû ne pouvoir rien de mieux que de les faire passer en vos mains. Ce père m*a dit qu'il vous en auroit parlé, ou à mon* sieur vostre fils, sans la répugnance qu'il a à se mésler d'autre chose que de son eraploy pour les bénéfices. Il n'y prend nul autre intérêsts, ni moy non plus, que celuy que vostre zèle , et la piété édifiante de monsieur de Segnelay dont il faut se résjouir avec vous comme d'une très grande prospérité, nous obligeront l'un et l'autre d'y prendre Vous mêsme, si vous jugez qu'il y ayt quelque bien à y faire la personne, qui m'a veu depuis, paroist raisonnable et honnéste, et ne pense point à ces gratifications que le Roy fait sur les œco- nomats. Je prends encore la liberté devons dire, monseigneur, que j'ay redonné aujourd'huy mésme à Sa Majesté les propositions dont j ay eu l'honneur de vous entretenir sur cette matière des conversions, luy disant mésme que vous ne les aviez pas des-approuvées Fhyver passé, et qu'il éstoit temps d'y penser plus que jamais à cause des grandes et fréquentes occasions qu'elle void bien qui se présentent d'en faire un bon usage. Peut-être ne seroit-il pas inutile, monseigneur, que je pusse vous remettre les mésmes choses devant les yeux avant que Sa Majesté vous en parlast, comme j'espère qu'elle le fera. J'avoue mésme, qu'à suivre mes souhaits, ce seroit plustôst dans vos allées de seaux que dans la foule de vos audiences ; mais sçachant qu'il faut révérer vostre retraitte , je n'y penseray pas , à moins que vous eussiez la bonté de me faire dire par monsieur l'abbé Galois , 17- aôo CORRESPONDANCE que je le puis , ce que je tiendrois en ce cas là à une très grande faveur. Je suis avec tout le respect et toute la reconnoissance possible, Monseigneur, Vostre très-humble et très-obéissant serviteur, Pellisson Fontanier. A SAINT-MARS. \ Fontainebleau, ce 22 septembre 1677. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 1 1 de ce mois. L'on ne peut que fort approuver la conduite que vous avez V tenue à Tésgard du valet de monsieur de Lauzun, pour le punir de s'ês tre enyvré et lerapêscher de tomber une autre fois en pareille faute.... Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Fontainebleau , ce 24 septembre 1677. Monsieur , Le frère aîsné de monsieur de Lauzun estant mort , INÉDITE. a6t madame de Nogent a représenté au Roy qu'il éstoit d'une extrême conséquence, pour la conservation de sa maison , qu'elle , M. le chevalier de Lauzun et un advocat pussent entretenir monsieur de Lauzun de Testât de ses affaires , et le porter à prendre une réso- lution sur la conduitte que Ion y doit tenir; ce que Sa Majesté ayant eu la bonté de luy accorder, elle m'a commandé de vous faire sçavoir qu'elle trouve bon que, lorsque madame la comtesse de Nogent, M. le chevalier de Lauzun et le sieur Izarn , advocat , seront arrivez à Pignerol , vous les fassiez entrer dans vostre apartement avec le commisaire Loyauté , et que vous y conduisiez monsieur de Lauzun pour, qu'en vostre présence et celle du dit commissaire Loyauté, ma- dame la comtesse de Nogent, M. le chevalier, son frère, et l'advocat susdit puissent à haute voix l'entre- tenir de Testât de ses affaires et recevoir ses ordres sur la conduitte qu'il voudra que Ton y tienne sans souffrir que Ton y donne aucun papier ni lettre, que Ton luy parle bas , ni que Ton traittè d'aucune affaire de quelque nature que ce puisse êstre que celles du bien de sa maison , et sans aussy que Ton y trait te le chapitre de mademoiselle de Montpensier soubs quel- que prétexte que ce puisse êstre ; vous déclarant , tant avec mon dit sieur de Lauzun, qu'avec madame la com- tesse de Nogent , M. le chevalier de Lauzun et Tad- vocat, qu'au premier mot qui se diroit sur d'autres matières que celles cy-dessus, ou au premier signe que vous vous appercevriez que Ton luy feroit ou si on luy voulloit donner quelque papier , vous le remè- neriez dans sa pTison et ne souffririez pas que la con- a6a CORRESPOJÏDANCE. versation allâst plus avant; ce quen effect vous ne manqueriez pas d'exécuter. Sa Majesté trouve bon que les conversations , concernant les affaires de la maison deLauzun^ puissent durer, en quatre jours consécu- tifs, huit heures entières, c'est-à-dire deux heures chaque après disnée, après lesquelles vous remenerez monsieur de Lauzun dans sa chambre ordinaire avec de telles précautions, qu'il n'en puisse mésarriver dans le chemin ni pendant le temps qu'il sera dans vostre apartement; et après les quatre jours passez, voufir^e laisserez plus parler monsieur de Lauzun aux personnes cy-dessus nommées , et vous le garderez en la manière qui vous a été prescripte jusques à pré- sent. Je crois qu'il est inutile de vous recommander de redoubler vos soins pour la garde de vos prison- niers pendant le temps que madame de Nogent, M. le chevalier de Lauzun et l'advocat seront à Pi- gnerol, et de veiller vos officiers et soldats de ma- nière qu'ils ne puissent avoir aucune habitude ni conversation avec eux. J'oubliois de vous dire que , si , pour l'exécution des choses que monsieur de Lauzun réglera pour le bien de ses affaires , il éstoit besoin de faire quelques éscri- tures, le Roy trouve bon que vous les luy laissiez éscrik*e en vostre présence; bien entendu que vous vous saisirez de tout ce qui sera éscrit et me l'envoye- rez ; que , s'il y avoit quelqu'acte à passer , vous feriez venir pour cela un nottaire, et vous m'en envoyerez aussy l'expédition afin que je la puisse remettre à ma- dame de Nogent à son retour, après que Sa Majesté l'aura trouvé bon. IN]éD1TE. a63 Affin que monsieur de Lauzun ne puisse ignorer la volonté du Roy, je luy éscrits la lettre cy*jointe, que vous luy remettrez s'il vous plaist le jour que la pre- mière conTèrsation se devra cohimencer un peu aupa- ravant son dîsner. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. A M. DE LAUZUN. Fonuineblean, ce 29 MpUabre 1677. Monsieur , Le Roy ayant esté suplié par madame de Nogent et monsieur le chevalier de Lauzun , de leur permettre de vous mener un advocat pour leur aider à vous expliquer Testât des affaires de vostre maison et vous donner son advis sur le party que vous avez à prendre , Sa Majesté la leur a bien voulu accorder à condition qu'ils ne vous parleroyent qu'à haute voix , et en présence de M. de Saint-Mars et du conimîsaire Loyauté. Elle a trouvé bon de régler qu'ils vous pour- royent entretenir pendant quatre jours deux heures sur ees sortes d'affaires, et le Roy m'a, en mésme temps, commandé de faire sçavoir à M. de Saint^Mars que son intention est que si, soit par signe, soit par pà- rolle, il éstoit, de vostre part ou de la leur, contrevenu a64 CORRESPONDANCE. en la moindre chose à ce qui a plu à Sa Majesté d or- , donner à cet ésgard , son intention est qu'il rompe la conversation et ne souffre plus que Ton vous revoye; de quoy j ay crû vous debvoir informer, afin que, sa- chant les conditions soubs lesquelles Sa Majesté a permis que vous parlassiez à madame de Nogent, à M. le chevalier de Lauzun et au dit advocat , vous puissiez vous contenir dans les bornes que Sa Majesté a prescrites. Je suis, monsieur, Yostre très humble et très affectionné serviteur, De Louvois. A SAINT-MARS. Versailles , ce a8 octobre 1677. Monsieur y J ay reçeu, avec vostre lettre du 26 de ce mois^ celle qui y éstoit jointe pour madame Foucquet , que je luy ay envoyée. Tant que monsieur de Lauzun sera assez malade pour ne pouvoir éstre porté dans vostre apartement, il ne sera pas en estât d'enten- dre parler d'affaires; ainsy Sa Majesté ne juge pas à propos que vous luy laissiez aucune communication avec qui que ce soit , qu'après qu'il sera guéry ou en estât d'êstre transporté dans vostre appartement. Ayant veu, par la lettre de M. Foucquet qu'il dési- inÉBITE. 265 roit quon luy en^oyàst du thé, j ay chargé le sieur Vezou d'en choisir ; il ma donné ce matin celuy qui se trouve dans le pacqi^et cy-joint, qu'il avoit chez luy et qui est très bon , duquel il fait un présent à monsieur Foucquet. Il ne s'en trouve point à Paris, mais il prendra soin g d'en faire venir d'ailleurs, et, comme ce qu'il envoyé durera un temps considérable , il pourra avoir le temps d'en choisir du meilleur qui se pourra trouver. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. AU MEME. Versaille» , ce premier novembre 1677. Monsieur, J'ay reçeu vostre lettre du aS du mois passé, par laquelle le Roy a veu l'extrême désir que tésmoigne monsieur de Lauzun d'avoir quelque fois la hberté de prendre l'air, surquoy Sa Majesté m'ayant demandé comment éstoyent faits les lieux des environs de sa prison, j'aj^ eu l'honneur de luy dire que je croyois que vous pouviez réspondre de la garde de vos pri- sonniers et leur donner la satisfaction de se promener trois fois la semaine sur le rempart qui est vis-à-vis de leur apartement, ce quelle a trouvé bon d agréer , 5l66 CORRESPOKDAITGE et m'a commandé de vous faire sçaToir qu'elle désire que vous fassiez prendre l'air en vostre présence à différentes heures l'un de l'autre, en sorte qu'ils n'en ayent pas plus de communication ensemble qu'ils en ont présentement 9 avec les précautions nécessaires pour empéscher qu'il n'en puisse mésariver et qu'ils ne puissent avoir aucun commerce de vive voix ni par éscrit avec qui que ce soit. La grâce que Sa Majesté fait , s'éstend seulement à monsieur Foucquet et à monsieur de Lauzun , aux- quels Sa Majesté veut bien , comme je vous ai marqué cy-dessus, que vous fassiez prendre l'air de deux jours l'un , pendant deux heures chaque jour , si le temps le permet; que si le fascheux temps les empêschoit de sortir deux jours de suitte , Sa Majesté vous permet de régler les jours de leurs promenades suivant que le beau temps et Testât de leur santé et de la vostre vous le permettra. Que , s'il y a quelque retranchement ou barrière à faire pour que vos soldats n'aprochent point de vos prisonniers, ni que les officiers et soldats de la garni- son ne se promènent point dans le lieu où vos pri- sonniers debvront prendre Fair , vous m'en envoyerez , s'il vous plaist , un plan avec un mémoire de ce que cela pourra coiister , afin que je prenne l'ordre du Roy sur la déspense qui sera à faire pour cet effect; cependant vous ne vous explicquerez à personne du dehors , que vous ayez reçeu l'ordre du Roy de taire prendre l'air à vos prisonniers , et vous direz seule- ment qi;'éstant chargé de leur garde et d'en réspon- dre, vous faites cela de vostre chef, espérant que cela L INÉDITE. 267 rendra leur santé meilleure. A Tésgard de monsieur Foucquet et de monsieur de Lauzun , vous leur pour- rez dire la grâce que Sa Majesté leur fait, leur décla- rant que la première fois que vous vous apercevrez qu*ils voudront ou recevoir ou donner des lettres ou faire quelque signe à quelqu'un, ils doibvent s'atten- dre à retourner dans leur chambre pour tousjours, sans jouir de la grâce qu'il plaist à Sa Majesté de leur faire. Je crois qu'il est inutile que je vous dise que vous pouvez leur donner tous les jeux honnéstes qu'ils peuvent désirer en ce lieu là, soit pour y faire l'exer^ cice , soit pour y passer leur temps , et que vous debvez tousjours y assister vous-mêsme, permettant à vos officiers de jouer avec eux en vostre présence aux jeux qu'ils désireront. Que si, pour éspargner vostre temps et pour vostre soulagement particulier, vous aimiez mieux les faire promener tous deux en mésme temps. Sa Majesté vous permet de le faire , pourvu que vous soyez tous- jours présent aux conversations qu'ils auront ensem- ble, et que vous preniez vos mesures pour qu'il ne puisse y avoir entre-eux deux de communication par- ticulière. Je finiray en vous disant que Sa Majesté ne désire pas que vous vous expliquiez de ce que dessus à vos prisonniers , ni que vous commenciez à l'exécuter jusques après 1q départ de Pignerol de madame de Nogent , de M. le chevalier de Lauzun et de ceux qui les ont accompagnez. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. 268 CORRESPONDANCE ▲U MEME. Versailles, ce 9 novembre 1677. Monsieur, J'ay veu, par les lettres que vous m avez éscrittes les 27 et 3o du mois dernier, ce qui s'est passé à Fësgard de monsieur de Lauzun depuis l'arrivée de madame de Nogent et de M. son frère. Je m'attends de voir , par les premières que je reçevray, le détail de leurs der- nières entrevues; cependant, pour réspondre à ce que vous me mandez sur vos interésts, je ne puis que vous prier de m'expliquer quelle est la marque d'hon- neur que vous désirez que le Roy vous donne, afin que, si je juge qu'elle soit de nature que Sa Majesté vous la puisse accorder , je luy parle en vostre faveur, ne doubtant pas qu'elle ne vous donne dans les occa- sions des marques de la satisfaction qu'elle a de vos services. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. Atl MEME. Saint-Germain, ce 17 norembre 1677. Monsieur, Vostre lettre du 2 de ce mois m'a esté rendue. Je INEDITE. 269 n ay rien à vous dire au sujet de monsieur de Lauzun, si ce n'esl que le Roi est satisfait de la conduitte que vous avez tenue dans l'entrevue qui s'est faite avec luy de madame de Nogent et de monsieur le chevalier de Lauzun , et que vous n'avez qu'à continuer à garder vos prisonniers de la manière que Sa Majesté vous l'a prescrit. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. AU MEME. Saint'Germain , ce 17 novembre 1677. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 17 de ce mois. Je ne par- leray point au sieur de la Motte la Mire de la permis- sion que le Roy a accordée à vos prisonniers de se promener, et il suffist que vous soyez content des fer- metures qui sont dans l'endroit où vous leur ferez prendre l'air. Le Roy approuve la déspense que vous avez projettée pour faire lever les murailles du lieu où ils se promè- neront ; mais Sa Majesté trouve bon qu'elles lie soyent éslevées qu'autant qu'il sera nécessaire pour la seureté de leur garde et que vous leur laissiez tout l'air et toutte la veue qui pourra s'accommoder avec cela. 'J^O CORRESPONDANCE. Au surplus , Sa Majesté veut bien encore que vous \ leur donniez tous les jeux qu'ils pourront désirei* pqur s amuser pendant le temps de leur promenade , approu- vant fort que vous ne les laissiez point jouer d argent poiîr les raisons que vous me marquez. Sa Majesté veut bien aussy que leurs .valets se pro- mènent avec eux, c'est à dire avec monsieur de Latizun celuyquila, et avec monsieur Foucquet un des siens; à chaque fois qu'il sortira , et il pourra les faire sortir tour-à-tour. Sa Majesté approuve encore que vous fassiez pro- mener monsieur Foucquet et monsieur de Lauzun à différentes heures et point ensemble ; et que , quand il fera beau, lorsque vostre santé vous le permettra, vous acourcissiez ou alongiez la promenade , suivant que vous le voudrez. Sa Majesté ne veut pas qu'ils se pro- mènent lorsque vostre santé ne vous permettra pas d'êstre avec eux. Vous pouvez dire à monsieur de Lauzun que ma- dame sa sœur est arrivée icy en bonne santé. Vous pouvez donner à monsieur Foucquet le Mer^ \ cure Galand, Je vous réspons dans le moment que je reçois vostre lettre, afin que vous ne retardiez pas de faire jouir vos prisonniers de la consolation qu'il plaist à la piété de Sa Majesté de leur accorder. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois^ INEDITE. 271 AU MEME. Saint- GermaÏD, ce 17 noveinbr« 1677. Monsieur, Je vous adresse , par cet ordinaire , une boitte de» plomb remplie de thé pour monsieur Foucquet. Quoyque je ne croye pas qu'il y ait dedans autre chose , il est néantmoins bon de prendre toutes les précau- tions possibles pour empéscher qu on ne luy fasse rien tenir par cette voye , c'est ce qui m'oblige de vous dire qu'il est nécessaire que vous portiez cette boitte dans la chambre de monsieur Foucquet pour y vuider tout le dit thé dans un autre vase, et ensuite vous emporterez la boitte de plomb et le papier qui peut êstre dedans , en sorte qu'il ne luy puisse rester quoyque ce soit , que le dit thé. Je suis, monsieur, Vostre affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MBMB. Saint-Germain , Ma6 àéembn 1677. Monsieur , J'ay reçeu Vostre lettre du 1 1 de ce mois. Je n'ay 27îi CORRESPONDANCE. rien à adjouster à ce que je vous ay mandé touchant la liberté que le Roy veut bien que vous donniez à vos prisonniers de se promener dans le temps qui vous est prescrit , et je me remets à vous de faire ce que vous jugerez à propos à Tésgard des deux valetz de mon- sieur Foucquet que vous proposez de mener à.la pro- menade avec lui. Je vous prie de faire à monsieur Foucquet , un re- mercîment de ma part sur toutes ses honnêstetés. Je suis, monsieur, , Vostre très affectionné serviteur, De Lotjvois. AU MEME. Saint-Germain, ce 8 avril 1678. Monsieur , J'ay reçeu avec vostre lettre du 26*^ du mois passé , les vers que vous a donné monsieur Foucquet; il faut continuer à me faire sçavoir ce que vous dirent vos prisonniers , et vous pouvez prendre tous les papiers qu ils vous donneront, mais vous observerez de faire en sorte qu'ils ne puissent jamais croire que vous me les ayez envoyez. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. INJSDITE. 273 AU MEMB. Saint-Germain, ce aS avril 1678. Monsieur , J*ay reçeu vostre lettre du 1 6 de ce mois qui ne désire de résponse que pour vous dire que le Roy trouve bon que vous apreniez à monsieur Foucquet . les nouvelles courantes , suivant que Sa Majesté vous la désjà permis. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois* AU MEME. Saint -Gennain, ce i3 juin, 1678. Monsieur, J ay reçeu vostre lettre du 4 ^^ ^^ mois qui ne désire de résponse que pour vous recommander de continuer à me faire sçavoir ce qui se passera entre vous et vos prisonniers. Cependant, vous me ferez , plaisir de demander, à monsieur Foucquet, de Veau I. i8 274 ' CORRESPONDANCE que Ton appelle de CasselunetiCy et uu mémoire de la manière dont elle se fait. % Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louyois. AU MEME. Sainl'GeniUlin, c« 5 juillet 1678. > Monsieur , J ay reçeu vostre lettre du 29 du mois passé qui m'a informé, fort en détail, de ce que font et disent vos pri« sonniers. Je vous remercie de leaù de Casselunette qui y éstoit jointe, et vous me ferez plaisir de me mander réffect qu elle aura fait sur les yeux de Fayde- major de la citadelle de Pignerol que vous me mandez qui s'en est servy. Cependant vous continuerez, s'il vous plaist, à m'in former de tout ce qui se passera à l'ésgard de messieurs Foucquet et de Lauzun. Je vous adresse une lettre de madame Foucquet que vous prendrez la peine de rendre à monsieur son mari; et, au cas qu'il y veuille faire résponse, vous luy donnerez pour cela de l'ancre et du papier avec les précautions ordinaires et m'adresserez sa lettre. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. INIÊDITE. 375 AU MBME. Saint-Gcrmun ce ag juillet 1678. Monsieur , J'ay reçeu vostre lettre du 2p de ce mois. Le Roy trouve bon que vous envoyez à Paris le sieur de Blain- villiers pour vacqucr à vos affaires particulières , ob- servant de choisir pour cela le temps qu*il sera moins nécessaire auprèz de vpus. En cas que l|i charge de cappitaine des portes de la citadelle de Pignerol vienne à vacquer, vous aurez, s'il vous plaist, soin de m'en advertir, et je la demanderay volontiers au Boy pour le sergent de vostre compagnie que vous proposez. Je vous recommande tousjours de continuer à me faire sçavoir ce que vous aprendrez de vos prisonniers , et d'avoir un très grand soin de fournir à monsieur Foucquet toutes les choses qui pourront éstre néces- saires pour le recouvrement de sa santé. Pour vous donner moyen de vous déscharger du sieur de Cachac, lieutenant de vostre compagnie, le Roy veut bien , lorsqu'il vacquera une bonne compagnie, l'en gratiffier; et^ si en ce temps là, vous continuez à proposer le sieur de Villebois, ayde-major de Pignerol, pour remplir sa place. Sa Majesté luy donnera son agréement. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. ' 18. 276 CORRESPOND A.NCE AU MBMB. Saint.Gennain , ce 3 «oust 1678. Monsieur, J'ay fait rendre à madame Foucquet la lettre que vous m*avez adressée de monsieur son mary ; et, sur ce que j'ay veu par la lecture que j'en ay faite qu'il avoit besoin de jthé pour sa santé , j'en ay £siit achepter par le sieur Ye^ou , médecin , la quantité de trois livres que je vous envoyé dans la boitte de fer blanc cy-jointe, laquelle vous pourrez luy remettre après l'avoir visitée. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Versailles, ce 18 octobre 1678. Monsieur , Vostre lettre du 8 de ce mois m'a esté rendue. L'on ne peut que louer la discrétion que vous avez sur les chagrins que vous donne monsieur de Lauzun. Je vous exhorte de n'y avoir aucun ésgard et de continuer à luy donner toutes les assistances qu'il pourra désirer INEDITE. a77 dans sa maladie , qui ne seront pas néantmoins con* traires à la manière dont vous avez ordre du Roy de le garder Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MEME. f ontaia«blean , ce »4 octobre 1678. Monsieur , Vostre lettre du 1 5 de ce mois ma apris qu'encore que monsieur de Lauzun se porte beaucoup mieux, il ne laisse pas d'êstre tousjours fort chagrin. Conti- nuez à luy donner tous les soulagemens qu'il se pourra, sans néantmoins vous dispenser de le garder avec les précautions que Sa Majesté vous a prescrittes. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Versailles, ee i*' décembre 1676. Monsieur , J'ay entretenu le sieur de Bainvilliers et je conti- ajS CORRESPOlTBAirCE nueray à luy parler de temps en temps dans les heures de loisîr que je pourray avoir ; cependant , j'ay rendu compte au Roy de ce qu'il ma dit de Testât de vos prisonniers, et Sa Majesté ayant fait réflexion que le valet de monsieur de Lauzun, lequel vous luy avez osté pour luy avoir aydé à sortir de sa prison , a esté suffisament puny de sa faute, et que sa liberté ne peut porter aucun préjudice à son service; elle m'a commandé de vous faire sçavoir qu'elle trouve bon que vous le mettiez en liberté et que vous luy fassiez donner cent éscus pour se retirer en son pays, lesquels, le commissaire Loyauté luy fara payer en luy montrant cette lettre. L'intention de Sa Majesté est au sulplus que vous ordonniez au dit valet , de se rendre en son pays , et que vous luy deffendiez , à peine des gallères, d'aprocher de Paris de plus près que cinquante lieues , sans la permission de Sa Majesté. Que , si par quelque considération que Sa Majesté ne peut pas prévoir, vous jugiez que la liberté de ce misérable pûst préjudicier à la garde de vos prisonniers, vous en rendrez compte à Sa Majesté avant que de rien exécuter du contenu en cette lettre. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. INEDITE. 279 AU MEME. Saint^Gcmiam , ce a3 dcoambre 1678. Monsieur, Je vous adresse une lettre de moy, pour monsieur Foucquet, que Imtention du Roy est que vous hiy donniez fermée comme vous la trouverez; que vous portiez dans sa chambra de l'ancre, du papier, un cachet et de la cire d'Espagne , et que vous l'y laissiez afin qu'il puisse y faire résponse à loisir, et que vous m'adressiez toutte fermée la lettre qu'il vous donnera pour moy. Gomme le Roy trouve bon qu'il m'en éscrivc dorésnavant, lorsqu'il le désirera, vous luy donnerez autant de papier d'ancre et de cire qu'il vous en de- mandera. Vous luy laisserez le cachet dont il se sera servy pour m'éscrire la première fois ; et, lorsqu'il vous donnera des lettres soit fermées , soit ouvertes pour moy^ vous me les adresserez en l'éstat qu'il vous les remettra. CJecy est l'intention du Roy. Je suis , monsieur, Vostre très affectionne serviteur. De Louvois. îlSo CORRESPONDANCE AU MEME. Saint-Gernain, ce i8 janTÎer 1679. Monsieur , ' J ay reçeu vostre lettre du 7 de ce mois , avec le pacquet qui y éstoit joint de monsieur Foucquet. Je vous adresse un mémoire qui vous informera si parti- culièrement de la volonté de Sa Majesté , à Tésgard de vos prisonniers, que je n*ay rien à y adjouster que pour vous prier d estre bien persuadé de la part que je prends en ce qui vous tousche et de la joye avec laquelle je proffiteray tousjoui's des occasions que j'auray de vous servir. Je vous adresse deux lettres pour messieurs Foucquet et de Lauzun que vous leur rendrez en leur aprenant la grâce que le Roy a trouvé bon de leur accorder. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Mémoire de la manière dont le Rot désire que mon* sieur de Saint-Mars garde, a l advenir, les prison* niers qui sont a sa charge. L'intention de Sa Majesté est , qu'il fasse entendre à iniÉDITE. 281 messieurs Foucquet et de Lauzun , qu'elle veut bien qu'ils éscrivent à Tadvenir à leurs familles , lorsqu'ils le désireront, et qu'il a ordre de m'adresser touttes les lettres qu'ils luy remettront entre les mains pour ^ après en avoir rendu compte à Sa Majesté, les faire tenir à leurs adresses. Que le Roy s'attend qu'ils ne tenteront point d'és- crire par aucune autre voye que celle du dit sieur de Saint-Mars, parceque, si Sa Majesté aprenoit qu'ils l'eussent entrepris, ou que monsieur de Saint «Mars s'en aperceust, son intention seroit qu'ils fussent gardez avec la mêsme suereté qu'ils l'ont esté dans les premières années de leur prison , et qu'ils fussent privez de touttes les grâces que Sa Majesté permet qui leur soyent faites présentement. Elle trouve bon que monsieur Foucquet et mon- sieur de Lauzun se voyent en toutte liberté, touttes fois et quantes qu'ils le désireront, c'est-à-dire qu'ils passent les journées ensemble, qu'ils mangent en- semble et si ils le désirent. Sa Majesté trouve bon que monsieur de Saint-Mars mange avec eux. Elle veut bien aussy qu'à toutte heure, les officiers de monsieur de Saint^Mars jouent et conversent avec eux. Qu'ils se promènent à touttes les heures qu'ils le désireront, non seulement dans le donjon, mais encore dans toutte la citadelle, avec les' précautions marquées cy après. Sa Majesté t;roit qu'il n'y a point d'inconvénient que monsieur Foucquet se pcomène dans l'éstendue de la aSa GORRBSPOKDANGB citadelle avec un officier de monsieur de Saint^Mars, acdompagné de quelques sergents ou soldats. Mais , à lesgard de monsieur de Lauzun, 1 intention de Sa Majesté est, qu'il ne sorte point du donjon, sans monsieur de Saint-Mars, deux officiers avec luy et six sergents ou soldats armez : Sa majesté estant persuadée qu*il est plus capable que monsieur Foucquet, de songer à se sauver; et il est bon de laisser entendre à mon dit sieur de Lauzun, que ces gens armés d'armes à feu, qui marchent à sa suite , sont la pour tir^r sur luy, s'il feisoit le moindre effort pour s'évader; l'on ésvitera, néantmoins, d'en venir à cette extrémité, en prenant touttes les précautions nécessaires pour empêscher qu'il ne soit tenté de s'y exposer. Sa Majesté trouve bon que dans les dites promenades, les officiers, tant majors que de la garnison de la cita- delle qui s'y trouveront , leur parlent et conversent avec eux; pourveu que monsieur de Saint-Mars ou de ses officiers , soyent toujours présents poiur entendre ce qui se dira. Elle veut bien aussy , que touttes sortes de livres eî de gazettes leur soyent donnez ; que les officiers , tant majors de la garnison de la citadelle qu'ils demanderont pour leur tenir compagnie pendant la journée, entrent et soyent enfermez dans leur apartement, pourveu qu'il y ait toujoui« un officier de monsieur de Saint^Mars présent* Le dit sieur de Saint-Mars leur expliquera, avec toutte sorte d'honnesteté, que le jour qu'il s'apercevra qu'ils penseront à se sauver ou à donner des nouvelles par d^autre voye que par la sienne, il remettra leur IKEDITB. 283 garde sur le pied de la première année de leur prison , sans en attendre d autre ordre de Sa Majesté, et en effect, son intention est qu'il l'exécute. Il continuera à rendre compte au Roy , touttes les semaines , de ce qui se passera à la garde de ses pri- sonniers, et de tout ce que luy, ou ses officiers, leur entendront dire qui méritera d'éstre rapporté à Sa Ma- jesté. Lorsque pour l'exécution de quelques ordres, que le dit sieur de Saint-Mars pourroit recevoir de Sa Majesté, il conviendra que personne de dehors n'entre au donjon, il fera dire à ses prisonniers qu'ils peuvent se divertir entre -eux et avec les officiers du donjon, mais, qu'à cause de quelqù'indtsposition, il ne peut pas vacquer à les mener promener hors du donjon. Et, à résgard des gens du dedans de la citadelle qu'ils pourroyent demander, il leur fera dire qu'ils éstoyent sortis , lorsqu'on les est allé chevcber et qu'on ne les. a pas trouvé chez eux. Monsieur de Saint -Mars comprendra de tout ce que dessus, que Sa Majesté, ayant eu compassion de la longue punttk>n de ces messieurs, elle veut bien leur accorder une prison' plus douce, mais qu'elle veut tousjours qu'ils ne puissent sortir de prison que par son ordre; et ainsy, le dit sieur de Saint-Mars, dans tous les plaisirs qu'il leur accordera , aura tousjours ésgard, avant touttes choses, à la seureté de leurs persoqnes^ Il pourra arriver que, dans quelques mois, Sa Ma- jesté permettra que des gens de la vîUe leur viennent 284 CORRESPONDANCE tenir compagnie, mésme, que leurs parens les viennent voir y et particulièrement la femme et les enffans de monsieur Foucquet; mais, Sa Majesté ne désire pas que Ton fasse rien sur cela sans son ordre exprèz, ni que monsieur de Saint-Mars leur tésmoigne la con- noissance qu'il a de Tinclination dans laquelle Sa Ma- jesté est de leur accorder cette grâce, jusques à ce qu elle luy permette de le leur faire sçavoir. Sur le moindre soubçon qu'auroit monsieur de Saint- Mars , que quelqu'un de ces messieurs songeàst à se sauver , il le renfermeroit comme il éstoit par le passé ; rendroit compte à Sa Majesté du fondement de ses soubçons , et attendroit ses ordres. Comnie il aura besoin de tous ses officiers , pour bien exécuter ce qui est marqué cy-dessus de l'inten- tion de Sa Majesté , le sieur de Blainvilliers sera adverty de s'en retourner incessamment. Touttes las fois que monsieur Foucquet dessendra dans la chambre de monsieur de Lauzun , ou que monsieur de Lauzun montera dans la chambre de monsieur Foucquet, ou quelqu autre éstranger, mon- sieur de Saint -Mars aura soin de retirer le nommé Eustache et ne le remettra dans la chambre de mon- sieur Foucquet que lorsqu'il n'y aura plus que luy et son ancien valet. ' Il en uzera de mêsme lorsque monsieur Foucquet ira se promener dans la citadelle, faisant rester lé dit Eustache dans la chambre de monsieur Foucquet, et ne souffrant point qu'il le suive à la promenade que lorsque mon dit sieur Foucquet ira seul avec son ancien valet pour se promener dans le lieu où Sa INEDITE. 285 Majesté a trouvé bon depuis quelque temps que mon- sieur de Saint-Mars Itiy iàist prendre Tair. Cecy est la volonté de Sa Majesté. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. Fait à Samt.Germain , ce 20 janvier 1679. Garde de mon trésor royal, monsieur Gedeon Dumetz, payez comptant au sieur de Saint-Mars , cappitaine de la compagnie d'infanterie, qui sert à la garde des sieurs Foucquet et Lauzun , la somme de quinze mil Usures , * que je luy ay accordée par gratiffication , en considé- ration de ses services et pour luy donner moyen de me les continuer. Et rapportant par vous la présente avec quittance du dit sieur de Saint-Mars seulement, , la dite somme de x6. 9 livres, sera employée au premier acquit de comptant, qui sera expédié par certiffication à vostre déscharge. Fait à Saint-Germain en Laye , le 3o janvier 1679. Comptant au trésor-royal. Bon. Louis - Le Teluer. !286 CORRESPONDANCE AU MÊME. Saint^Sermain , ce xS febvrier 1679. Monsieur^ J'ay reçeu vostre lettre du 4 de ce mois avec celles que vous ont remis vos prisonniers ; vous en trouverez les résponses cy-jointes et vous me ferez plaisir de me mander un peu en déstail ce qui se passera entr eux. Si vous aviez releu vostre instruction toutte entière , vous auriez veu que les articles généraux dont vous me parlez , sont restraincts par ceux qui sont dans, la suitte de Tinstruction , car par exemple il est dit : que touttes les fois que pour quelqu incommodité ou pour autre chose concernant le service du Roy, comme pourroyent êstre les affaires qu'à celùy de vos parenis dont vous m'avez envoyé une lettre j vous ne serez pas en estât de les acompagner à la promenade, vous leur debvez faire dire que vous estes incommodé et leur permettre seulement de se voir ou-quelqu'officief que vous envoyerez pour leur tenir compagnie. Mais , pour vous instruire encore plus particulière- ment, je réspondray article par article à vostre lettre, et je vous diray que le Roy trouve bon que vous preniez un jour delà semaine pendant lequel ces messieurs ne pourront sortir de leurs apartemens. Sa Majesté trouve bon que vous les meniez dîsner avec madame de Saint-Mars touttes les fois que vous le voudrez quand bien mêsme il y auroit des éstrangers ou des officiers INJéDITE. 2287 de la ville ou de la citadelle, pourveu que vous con- noiflsiez les éstrangers pour n'éstre point gens à rien ) faire contre le service du Roy. Lorsque les affaires pour lesquelle le sieur de Riche- mont est chez vous, seront passées, vous pourrez, sans difficulté', permettre que monsieur d'Herville aussy bien que les officiers, de la ville , rendent visitte à messieurs Foucquet et de Lauzun, mais jusques à ce temps là, il importe que ni monsieur d'Herville ni les officiers de la ville n*y aient pas un commerce fréquent, et c'est pour cela, que dans Tinstruction qui vous a esté envoyée, il ne vous a esté parlé ni du dit sieur d'Herville ni des dits officiers. Zje Roy se remet à vous de régler avec monsieur Foucquet, comme vous jugerez à propos, ce qui re- gardera la seureté delà personne du nommé Eu stache Danger, vous recommandant sur tout , de faire en sorte qu'il ne parle à personne en particulier. Ce ne peut jamais êstre l'intention du Roy que vous laissiez ouverts les appartemens de messieurs Foucquet et de Lauzun ; mais bien, que quand ils voudront passer leucs journées , matinées ou après dîsnées dans Fapar- tement Tun de l'autre , vous les y meniez ou fassiez mener par vos officiers et les y fassiez enfermer pour les en ressortir à l'heure dont vous serez convenu avec eux. Que de mésme, lorsqu'ils désireront quelqu'officier de la citadelle pourj^^r tenir compagnie, vous les fassiez entrer dans leurs apartemens avec un officier lesquels vous en retirerez à l'heure dont vous serez convenu , et qu'ainsy, par des douceurs de cette nature, 288 CORRESPONDANCE TOUS donniez occasion à ces messieurs de passer le temps moins tristement qu ils n'ont feit par le passe. A résgard de la promenade, le Roy vous a permis de confier monsieur Foucquet à quelques uns de vos officiers, ainsy, vous n'aurez la fatigue que d'y mener monsieur de Lauzun , ce que tous ne ferez que pendant de certaines heures par jour que lé Rôy tous laisse la liberté de régler, et pour plus grande seureté pen- dant que ces messieurs se promèneront, vous pourrez detnanderque les guichets delà citadelle soient fermez. Le Roy a approuvé que vous ayez fait faire un habit à monsieur de Lauzup et que vous luy fassiez faire un lict. Vous pouvez aussy faire couvrir les sièges de monsieur Foucquet et luy donner des tapis nceufs. Je vous prie de rendre la lettre cy-jfointe à monsieur de Richemont. Sa Majesté ne juge pas à propos de vous envoyer d'officiers refiforméz , et il faut qu'avec la compagnie qu'elle vous entretient, vous fassiez le service dont vous estes chargé; ce ne vous sera pas une chose difficile, puisque si vous aviez encore besoin de quelques gens, vous pourriez demander des officiers et des sergents à monsieur de Rissan pour vous accompagner, en menant vos prisonniers à la promenade. Je vous adresse un pacquet de madame Foucquet que vous remettrez, s'il vous plaist, à monsieur son mary. Vous en trouverez aiîssy une de monsieur l'abbé Foucquet que vous pouvez luy donner. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. INEDITE. 289 AU MEME. Saint-Germain en Laye , le 6 mars 1679. MolTSIEUR, Je réspondray par cette lettre à quelques articles de la vostre du 1 1 du mois passé sur lesquels vous de- mandez des ésclaircissemens , sçavoir : si vous laisserez la liberté à messieurs Foucquet et de Lauzun de veoir et de parler à madame d'Herleville quand elle ira à la citadelle, et ce que tous auriez à luy dire si elle de- mandait à les veoir. Vous debvez attendre pour cela que le Roy se soit expliqué sur les visittes que leur voudront foire ceux de la ville , ce qui vous servira de règle pour la conduitte que vous aurez à tenir à cet ésgard. Quant aux complimens que vous marquez que monsieur de Villards leur a envoyé foire, et de la ma- nière que vous en avez uzé : vous pourrez en pareille occasion porter les paroUes vous mêsmes et recevoir et dire les résponses qu'ils y voudront foire. Pour ce qui est de cet homme de Lyon qui débitte des gazettes à la main pleines d'impertinances, envoyez- m'en quelqu'une , et me foittes sçavoir son nom et sa demeure s'il se peut. Gottez moy aussy quelles actions tendantes à sédition, le garde magasin Saint-Jean a foictes, affin que je pourvoye à le réprimer et luy faire garder une meil- leure conduitte. Lorsque le sieur de Cachât sera par deçà, je feray I. . ' ,9 apO CORRESPONDANCE valloir ses services auprès de Sa Majesté et luy feray tout le plaisir possible, à vostre considération. Je suis tousjours à vous, De Lodvois. AU MEME. S«int-G«riiuin, ce x3 màn 1679 . Monsieur , J ay veu , par une résponse que monsieur Foucquet a faite à monsieur de Gourville, laquelle monsieur du Fresnoy m'a remise , que vous avez donné une lettre de monsieur de Gourville à monsieur Foucquet , qui vous avoit esté adressée par le dit sieur du Fresnoy. Quoiqu'il ne soit point arrivé d'inconvénient de ce que vous avez fait, je suis bien ayse de profiter de cette occa- sion pour vous avertir que vous ne devez point donner d'autres lettres à monsieur Foucquet que celles que je vous adresse dans mes paquets avec une de moy, et qu'il ne faut jamais vous départir de ce que je vous mande à cet ésgard sous quelque prétexte que ce puisse êstre. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. Vous remettrez, s'il vous plaist, à monsieur Foucquet, celles qui sont cy-jointes. INEDITE. 291 A.U MEME. Saint-Germaîa , ce >o mars 1679. Monsieur , Vostre lettre du 1 1 de ce mois m'a esté rendue. Le Roy trouve bon que vous permettiez à monsieur de Lauzun de se confesser tous les mois et que vous luy laissiez entendre la messe tous les jours avec monsieur Foucquet. Au surplus, je vous recommande de con- tinuer à me mander ce qui se passera. Je suis,*tnonsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MÊME. Stint'Germain , ce a6 mars 1679. Monsieur , J*ay receu vostre lettre du 21 de ce mois. Vous debvez avoir veu par mes précédentes que le Roy trouvoitbonque les officiers de la citadelle de Pignerol rendissent visitte à vos prisonniers et passassent des matinées ou des après disnées avec eux, quand ils le désireront, en présence de l'un de vos officiers. Je ne 19- 292 CORRESPONDANCE puis que vous répéter la mêsme chose et vous dire qu'à résgard du gouverneur des officiers, et des habitans de la ville , vous en pourrez uzer de mésme lorsque vous le jugerez à propos , après néantmoins que lafTaire pour laquelle le sieur de Richemont est à Pignerol, sera faite ou manquée Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲n MEME. Saint'Gerouiio , ce a8 man 1679. Monsieur, Il n'est pas nécessaire que vous attendiez que mes- sieurs Foucquetet de Lauzun désirent qu'on leur oste. les jalousies qui sont à leurs fenêstre, puisque Sa Ma- jesté , ayant bien voulu leur accorder cette grâce , son intention est qu'on les en fasse jouir sans différer. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné seiTiteur, De Louvois. Vous rendrez , s'il vous plaist , à monsieur Foucquet, les deux lettres cy-jointes. iprÉDjTE. 293 AU MEME. A Saint'Germain, ce a 8 mars 1679. Monsieur , J*ay reçeu vostre lettre du 25 du mois passé. Le Roy ne trouvera point à redire que vous mettiez monsieur de Lauzun dans lapartement qu'il désire, pourveu que vous réspondiez égallement de sa seureté dans ce lieu là comme dans celuy où il est, et qu'il ne faille point faire de déspense considérable pour ly éstablir. Je ne sçay si le sieur de Blaînvilliers vous a dit que Sa Majesté trouvoit bon que vous feisslez oster de devant les fenéstres de messieurs Foucquet et de Lauzun, les jalousies que vous y avez fait mettre pour empéscher qu'ils ne veissent les signes qu'on leur auroit pu faire de la campagne , Sa Majesté ne ju- geant pas que cela soit nécessaire , puisqu'elle ne def- fend plus qu'ils ayent des nouvelles de dehors et que les grilles qui sont à leurs fenéstres sont suffisantes pour empéscher qu'ils ne puissent sortir sans vostre permission. Je vous envoyé des lettres pour messieurs Fouc- quet et de Lauzun que je vous prie de leur remettre. Je suis, monsieur, ^ Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ^94 CORRESPOND A. jf CE ▲U MEME. A Saint-Germain , ce iS avril 1679. Monsieur j J ay reçeu vostre lettre du 8 de ce mois. Le temps que M. de Richemont doit demeurer au lieu où il est estant incertain , je tous conseille de le faire promener avec vos prisonniers , quand ce ne seroit que dans le donjon ; vous pouvez mêsme luy permettre de leur rendre des visites et de s'entretenir avec eux , ce qui Taydera à passer un temps que je ne puis vous dire s'il sera long ou court. Le Roy trouve bon que vous donniez de la cire d'Espagne à monsieur Foucquet autant qu'il en vou- dra , et pourveu que vous continuiez à m'adresser ses lettres , il n'y a point d'inconvénient de les luy laisser cacheter. A l'ésgard de monsieur de Lauzun, le Roy ne veut pas que vous changiez rien à l'ordre que Sa Majesté vous a donné. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Locrvois. A.V MEME. Saint\NC£ AU MEME. Saiiit-Cennain, ce 38 norembre 1679. Monsieur, J*ay reçeu vostre lettre du 1 8 de ce mois, avec celle de monsieur le marquis dePianesse qui y éstoit jointe. Vous en trouverez cy-jointe la rësponse que je tous prie de luy faire tenir. Le Roy trouve bon que vous permettiez à monsieur de Lauzun d'avoir quatre jeunes chevaux pour s'oc- cuper pendant quelques heures du jour, pourveu qu'ils soyent dans l'escurie que vous avez au donjon de Pignerol , et qu'il ne les monte que dans la cour ou sur le bastion où il avoit coustume de se promener. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. , SMnt-Gtn'inam , ce a8 noyeiabre ^679, Monsieur , Vostre lettre du 19 de ce mois, ma esté rendue avec celles qui y éstoient jointes. Je vous envoyé la rés- ponse que je fais à monsieur de Lauzun que je vous prie de luy remettre. Sur les instances que monsieur INIBDITÉ. ^ 309 Foucquet a fait faire auprès du Roy, pour qu'il luy plust de permettre à monsieur l'évêsque d'Agde d*a1Ier à Pignerol pour prendre avec luy quelques mesures pour le bien de ses affaires, Sa Majesté luy a accordé cette grâce, et je mande présentement à iqonsieur d'Âgde , qu elle trouve bon qu il aille à Pignerol et qu'il y demeure pendant quatre mois; l'intention de Sa Majesté est que lorsqu'il y sera arrivé, vous luy laissiez la liberté de veoir et d'entretenir monsieur Foucquet autant qu'il voudra pendant le temps que je vous viens de marquer. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur , De Louvois. AU MEMB. SaiaUSeritiain, ee 11 décembre 1679. Monsieur, Vostre lettre du 2 de ce mois m'a esté rendue. Le Roy ne veut pas que monsieur de Mézière loge dans le donjon de Pignerol. Au surplus je vou3 recommande de continuer à exécuter les ordres de Sa Majesté et à m'informer de ce qui se passera. Je vous adresse une lettre pour monsieur Foucquet que je vous prie de luy rendre. Je suis , monsieur , Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. 3lO CORRESPOND ANGE ▲U MEME. Saint-Germain» ce 18 décembre 1679. ; » Monsieur , Vostre lettre du p de ce moi^ m*a esté rendue. Vous ferez fort bien de ne laisser voir vos prisonniers à aucun des ésti^angers qui viendront à Pignerol; mais, il faut exécuter ce que je vous mande à cet ésgard^ de manière que 1 on ne s aperçoiye point que vous en ayez reçeu d'ordre. ' î Le Roy trouve bon quç vous fassiez Fescallier et la cheminée que vous proposez dans l'antichambre de monsieur Foucquet pour pouvoir loger mademoiselle sa fille au dessus de son appartement, pourveu qu'il n'en puisse arriver d'inconvénient et que vous rés- pondiez tousjours à Sa Majesté de la seureté de la per- sonne de mon dit sieur Foucquet. J'ay leu au Roy la lettre de monsieur de Lauzun par laquelle il demande d'avoir un domestique pour prendre soin des chevaux qu'il avoit tésmoigné désirer, ce que Sa Majesté luy a refusé , de sorte, que, s'il en veut avoir, . il faut qu'ils soient pensez par vos pallefreniers ^t que ce soit quelqu'un de vos officiers qui les aille chercher. Je vous adresse une lettre pour monsieur Foucquet, que je vous prie de luy remettre et de faire tenir celle qui est cy-jointe, à monsieur le marquis de Pianesse. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur^ De Louvois.^'' INEDITE. 3rî ▲U MEME. Saint- Germain, c« aS dacambr* 1679. ' Monsieur , J ay apris avec plaisir, par vostre lettre du i6 de ce mois , le meilleur estât de la santé de monsieur de Lauzun ; j'espère que, l'ordinaire prochain, japrendray son entière guérison. Cependant , quoyque rien né soit plus indifférent, que le sieur le Npstre ay t veu vos prisonniers ou ne les ayt pas veus, je crois devoir répéter ce que je vous ay désja mandé , que les ordres du Roy ne vous permettent point de pareilles libertéz, et restraignent les visittes, qui leur peuvent êstre rendues, aux officiera et habitant 'de la ville et de la citadelle, c'çst à quoy TOUS vous confoi^m^roz, s*il vous plaist, dorésns^vant. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. * Saint* G«naaiii ce 8 jatTMr >6|o. r I Monsieur, J ay reçeu vostre lettre du 3o du mois passé. Le 31*2 CORRESPONDANCE Boy ne veut point que vous ayez aueun éstrang^er dans Yostre compagnie ; ainsy , Thomme que vous a envoyé M. le marquis de Pianesse n'y scauroit de» meurer. Si vous voulez envoyer icy le neveu que vous avez dessein d'employer dans les fortifications , j'es- sayeray de le placer. Vous pouvez donner à monsieur de Lauzun la satis- faction qu'il désire y en luy donnant un cachet pour fermer les lettres qu'il m'adressera, et vous luy dire^^ que je vous l'ay envoyé ; mais , il faudra que vous en gardiez un pareil pour pouvoir lire ce qu'il m'éscriraj, et me mander s'il y a quelque chose de faux, obser- vant de le faire , sans qu'il s'en aperçoive. Je vous adresse une lettre pour monsieur le mar- quis de Pianesse , que je vous prie de luy faire tenir., Je suis, monsieur^ Vostre très affectionné serviteur, Db Louvôis., AU MEME. Saint-Germaîo , ce i5 jaorier i68*. Monsieur , Le Roi s'éstant fait rendre compte de la manière dont Ton fait la garde de la ville et citadelle de Pigne- rol, Sa Majesté a veu, par le mémoire qui luy en a esté envoyé , que depuis quelque temps , l'on ouvre à toutes heures de la^ nuit lés portes qui vont de 1^ • INÉDITE. 3l5 ▼ille à la citafdeUé, pour le service des prisonniers, et que mésme) Ton les ouvre plus matin, et quelles sont fermées pluis tard qu'il ne convient ; sur quoy, Sa Ma- jesté ma commandé d escrire à monsieur d'Herleville , quelle veut qu'il remette les choses dans Tordre qu'elles doivent éstre à cet ésgard , en deDendant que les portes soient ouvertes la nuit, ni le matin avant so^ leil levé, et fermées plus tard qu'il n'est porté par le règlement de Sa Majesté; de quoy je vous donne avis, afin, qu'estant informé de ses intentions^ vous ne requériez point mon dit sieur d'Herleville , ni mon- sieur de Rissan, d'y contrevenir sans une nécessité absolue. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. Je vous envoyé une lettre pour monsieur le mar- quis de Pianesse, que je vous prie de luy |faire rendre. AU MEMB. Saint-Germain ce 24 janvier 1680. Monsieur, Vostre lettre du lo de ce mois m'a esté rendue. Gomme il se peut faire que la mésintelligence qui es% 3.l4 GORRSSPQNpAirCE entre monsieur Fouoquet ei raonaieur de Lauzun , ne sera pas inutile pour vous faire déscouvrir ce que celuj-cy pourroit projetter pour se sauyer ou donner de' ses nouvelles ; je ne vois pas qu'il y ait rien qui ràus oblige à les racommoder, d autant plus que tous n'a- yez en rien contribué pour cette désunion ; ainsjry H ne peut éstre qu!à propos de la laisser durer; cependant je TOUS conseille d'en profiter pour éstre infor^néde ce que monsieur Foucquet et monsieur de Lauzun pour- ront découvrir des intentions l'un de l'autre. Je suis, monsieur, Voslre très affectionné serviteur, Db Louvois. AU MEME. . Saint'GemMÎn , ce 7 férrier 1680. Monsieur , Vostre lettre du 27 du mois passe ma esté rendue. Vous verrez, par la copie cy-jointe, de celle que j'éscris à monsieur de Lauzun , que le Roy a permis au sieur Barail d'aller le trouver à Pignerol , le temps qu'il y doit demeurer, et la manière dont il doit l'entretenir ; ainsy, il est inutile que je. vous explique autrement l'intention du Roy sur ce sujet. Je vous diray seule- nienuque le dict sieur Barail seia porteur d'un: biHet de moy, qui vous le fera connoistre, et que Sa Ma* IK£DJT£. 3|5 jesté ne veut pas qu'il couche dans le donjon, n*y que TOUS souffriez qu'il demeure plus de huict jours à Pi- gnerol. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. A M. DE LAUZUN, Saint-Gcnnain , ce 7 février 1680. Monsieur, J ay leu au Roj la lettre que tous avez pris la peine de m escrire le 27 du mois passé, sur laquelle Sa Ma- jesté a trouvé bon de permettre au sieur Barail de se rendre à Pignerol pour y demeurer pendant huict jours, et pendant ce temps là, vous entretenir, autant que vous le désirerez en présence de monsieur de Saint-Mars, et de manière que mon dict sieur de Saint- Mars puisse entendre tout ce que vous luy direz , et ce qu'il vous réspondra. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. 3l6 CORRKSPUNDAMCE A SAINT-MARS. Soissons, ce IX uiar» x68o. Monsieur, J ay reçeu vostre lettre du 24 du mois passé avec le mémoire qui y éstoit joint , éscrit de votre main , du contenu duquel je vous prie de ne point dire à mou^- sieur de Lauzun , que vous/m'ayez fait part. L'intention du Roy n'est point que vous payez à monsieur Foucquet les gages de celuy de ses valets qui est mort. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Lduvois. À.V MEME. Sunt-G^murin, ee a6 mars 1680. Moi^SIEUH , Tay reçeu vos lettres des 12, 16 et 17 de ce mois, qui ne désirent de résponse que pour vous dire, que Sa Majesté trouve bon, qu'après avoir expliqué à mon- sieur de Lauzun , qu'elle ne désire pas qu'il éscrive à qui que ce soit , que ses lettres ne passent par mes INÉDITE. 3ï7 mains, ni qu'il reçoive d'autres lettres que celle je vous adresseray pour luy rendre : elle trouve bon, dis-je, que vous luy donniez la mésme liberté prescrite par les ordres du Roy, que je vous ay adressez, et dont il a jouy avant le soubçon que Sa Majesté a eu qu'il avoit envoyé un courrier par deçà. Vous aurez soin, s'il vous plaist, en lui donnant toute la satisfaction qu'il pourra raisonablement désirer la dessus, de vous contenir, et luy aussy , dans les bornes prescrites par les dicts ordres de Sa Majesté. Je suis , monsieur, Vostre très, affectionné serviteur, De Louvois? Je vous adresse une lettre pour monsieur de Lau- zun que je vous prie de luy remettre. AU MXMB. Saint'Gennain 011 Laye, le S avril 1680. • Monsieur^ Le Roy a apris , par la lettre que vous m'avez éscrite le 23 du mois passé, la mort de monsieur Foucquet, et le jugement que vous faictes que monsieur de Lau* zun sçait la pluspart des choses importantes dont mon- sieur Foucquet avoit cognoissance , et que le nommé la Rivière ne les ignore pas : surquoy Sa Majesté ma 3l8 GORKBSPONDANCE commande de vousfaire sçavoir, qu'après que tous aurez faict rebobchei^ le trou par lequel messieurs Foucquet et de L$iuzun ont communiqué à vostre in^u, et cela rétably si solidement,, qu on ne puisse travailler en oet endroit, et que vous aurez aussi faict deffaire le degré qui communique de la chambre de fmmon** sieur Foucquet à celle que vous aveiz faict accommo^ der pour maden^oiselle sa fille ; l'intention de Sa Ma-» jesté est que vous logiez monsieur de Lauzun dans la chambre de feu monsieur Foucquet, et fassiez^ de si fréquentes visittes danst la dite chambre, mèsme en faisant remuer tous les meubles , ^que mon dit sieur de^Lauzun ne. puisse point faire travailler en aucun en- droit de son logement , que vous ne vous en apper- ceviez. Que vous persuadiez à monsieur de Lauzun , que lés nommés Eustache d'Angers, et le dit la Rivière, ont été mis en liberté , et que vous en parliez de mèsme à tous ceux qui pourroyent vous en demander des nouvelles; que cependant vous les renfermiez tous deux dans une chambre , ou vous puissiez réspondre à Sa Majesté qu'ils n'auront communication avec qui que ce soit, de vive voix, n'y par éscrit, et que mon- sieur de Lauzun ne pourra point s'apperçevoir qu'ils y sont renfermez. Vous avez eu tort de souffrir que monsieur de Vaux àyt emporté les papiers et les vers de monsieur. son père^ etnroua debviqz faire : enfermer celacdan^ son af^artement^ pour eacésire uzé ainsy que Sa Majesté en ordonneroitw . . .^ .. . . n^ ■ iVous pouvez disposer des meubles appartenant à INÉDITE. 3l9 Sa Majeslë qui ont servi à mousieur Foucquet, comme TOUS restimerez à propos. ^Lorsque Sa Majesté envoya monsieur de Lauzun à Pignerol, elle fist uti fonds nouveau . pour son entretiennemetit. Vous trouverez cy-joioct de celuy qui sera faict à ladvenir, tant pour sa subsistance , q^e pour l'entretieiinement de vostre compagnie. .A résgard des autres prisonniers dont vous éàteS chargé, Sa Majesté vous en fera payer la subsistance à raison de. quatre livres poiir chacun par jour^ et^ en m'en envoyant un estât tous les trois mois, je pi^en- dray les ordres de.Sa Majesté pour pourvoir à vostre remboursemenjt sur ce pied là. Le Roy a permis à monsieur le chevalier de ikiizuri d aller demeurer quelque temps auprès de monsieur son frère, et Sa Majesté ne veult point que vous le laissiez entrer armé dans le donjon , ny que vous soU^ friez qu'il y mangé; et, pour vou^ es^pliquer plus par- ticuUèreraent la. conduite que vous debveï tenir à cet ésgs}rd, je vous diray que vous pouvez permettre qu'il entre dans lappartement de monsieur son frère le» matins à huict heurciSy à condition d'en sortir à bnïe avant midy ; l'y laisser rentrer à deux heures après midy) à condition aussy d'en sortir à six heures du soir en hiver, et à sept en esté; que , tant qu'ils vou- dront demeurer seuls ensemble dans son appartement, vous pouvez les y laisser, mais que , s'il désire se pro» mener dans les lieux qui lui sont permis par les pré» cédents ordres de Sa Majesté, vous ne debvez pas souf- frir qu'il sorte sans que vous y soyez, ou deux de vos lieutenans, vous faisant, et eux aussy^ accompagner si 3aO C0ARESP0N0 41TCE bien qu'il ne puisse rien entreprendre pour se sauver. Et, comme monsieur le chevalier de Lauzun pourroit porter à son frère soit des armes , soit des instrumens propres à luy donner lieu de se sauver, ou d'avoir des communications que vous ne cognoistriez point, il sera de vos soins et de vostre vigilance, de faire, pendant les promenades que fera monsieur de Lauzun, et mésmes pendant la nuict^ de temps en temps, de telles visittes , qu'il ne puisse rien cacher dans sa cham- bre dont vous n'ayez cognoissance ^ ny rien entre- prendre sur les murailles , grilles ou portes de ses ap- partements, que vous ne vous en apperceviez. Au reste, vous debvez êstre persuade que Sa Majesté vous don- nera des marques de la satisfaction qu'elle a de vos services, dans les occasions qui se pourront présen ter, de quoy je prendray soin de le faire souvenir avec beaucoup de plaisiPi J adjouste ce mot pour vous dire, que vous ne deb- vez entrer en aucun discours ny confidence, avec mon* sieur de Lauzun, sur ce qu'il peult avoir appris de monsieur Foucquet; et, plus vous le trouverez soup- ple et complaisant pour vous , plus vous debvez re^ nouvelervos soins pour sa garde, parce que homme ^ au monde, n'est plus capable de dissimulation que luy. Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. INEDITE. îai ▲U MEME. SMDt*Gerinain , ce 9* «rril 1680 . MoirsiEiTR, Le Roy me commande de vous faire sçavoir que Sa Majesté trouve bon que vous dissiez remettre aux gens de madame Foucquet, le corps de feu monsieur son mary, pour le faire transporter ou bon luy semblera. Je suis y monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEME. Satot-OermaÎQ , ce 29 aTril 1680. Monsieur , Tay reçeu vostre lettre du ao de ce mois. L'inten- tion du Roy est, que vous logiez tousjours monsieur de Lauzundansla chambre de feu monsieur Foucquet , et Sa Majesté seroit fort surprise, si, après le préju- dice qu'il a tésmoigné qu'il reçevoit de l'humidité du sien , il ne regardoit point ce changement comme une grâce. Sa Majesté ne veut entretenir vostre compagnie I. 21 3aa GORRBSPONDATCCE que sur le pied du dernier estât que je tous ay envoyé, estant persuadée que, oomme un moindre nombre a suffy pour garder longtemps monsieur Foucquet, quand il éstoit tout seul, vous aurez dorésnavant assez de monde pour monsieur de Lauzun. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU MEMB. Saint-Germain , ce 4 maj 1680. Monsieur , J ay reçeu vostre lettre du a4 du mois passé. Je ne veois point d aparence de donner, à monsieur de Lau- zun, les chambres qn avoit mademoiselle Foucquet, par le peu de seureté qu'il y auroit : et, il faut qu'il se ré- solve à habiter l'apartement de feu monsieur Fouc- quet, sauf à luy, à coucher dans la chambre ou l'anti- chambre , selon qu'il croira êstre mieux. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. INÉDITE. 323 AU MBME. V Fontainebleao, le i6 may 1680. Monsieur , En labsence de monsieur de Loiivois, j ay ouvert la lettre que vous luy avez éscritte le 4 de ce mois, dont j'ay rendu compte au Roy. Sa Majesté m'a com- mandé de vous faire sçavoir que, comme mon dit seigneur, ne doibt point aller du côsté où vous êtes , elle désire que vous luy adressiez les papiers que vous avez trouvé dans les poches des habits de monsieur Foucquet, aussy bien que ceux que vous demande monsieur de Vaux, si vous les avez. Je suis, monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur, Db Saiitt-Poubngbs. AU MEME. Perpignan, ce i8 may 1680, Monsieur, Vostre lettre, du 8 de ce mois, ma esté rendue. L'on ne peut qu approuver la proposition que vous faistes de changer le valet de monsieur de Lauzun , puisque 3^4 CaRRESPONDANCE VOUS ne jugez pas à propos de luy laisser celuy qu il a. Je suis y monsieur , Vostre très affectionné serviteur, Db Louvois. AU MEME. Fontainebleaa, le a6 may 1680. Monsieur , Tay leu au Roy la lettre que vous avez éscritte à monsieur de Louvois le 17 de ce mois, avec celle qui y ëstoit joincte, de monsieur de Lauzun. Sa Majesté trouve bon que vous reteniez quelquefois à dîner monsieur le chevalier de Lauzun. Je vous prie de luy dire que je suis bien fâsché qu'il soit malade , et qu'il me fera plaisir de me mander des nouvelles de sa santé, y prenant beaucoup d'intérêts. Gomme mon- sieur de Louvois doibt êstre de retour icy dans le pre- mier cinquième du mois prochain , il est bien à propos que vous continuiez à luy rendre compte des choses dont vous estes chargé. Je suis, très véritablement, monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur. De Saint-Pouengbs. ♦ INIÉDITE. 3'l5 ▲U MBMB. Barèi^e, c« »9 maj (680. Monsieur , Pendant mon absence , monsieur de Saint-Pouenges a eu rhonneur de lire au Roy vostre lettre jdu 4 de ce mois. Quoyque je ne doubte pas que , suivant ce qu'il vous a mandé de la part de Sa Majesté , vous ne m'envoyez les papiers dont vous me parlez, je ne laisse pas de vous répéter la mésme chose ^ afin que vous y satisfassiez incessament. Je sub, monsieur, Vôstre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲u MEME. Barèg«, ce 4 juin 1680. Monsieur, Vostre lettre du aS du mois passé, m a esté rendue. Je vous conjure d'avoir un peu moins de confiance dans les gens qui ont la permission du Roy de veoir monsieur de Lauzun , parce que le vray moyen 3a6 CORRESPOBfûANCE de n'êstre pas trompé, cest d'en user à leur ésgard, de la manière qui vous a esté prescrite par Sa Ma- jesté. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. AU m£me. FooÀ-teste, toutes fois et quantesqûll le désirera; et, à lesgard du chirtirgien qu'il mène irrec tuy, que vous l'éstablissiez auporèz de mon dit sieur de Lauzun, posnr s'enfermer avec hiy , et le servir comme £ut présentement le valet que tous luy avez donné, lequel vous hxy laisserez, nonobstant l'srrivée du dit chirurgien. Cecy est l'intention du Roy. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. ▲U MÂMB. Monsieur , Quoy fpae je sçaehe bien que vous connoissez le 33a GORRESPOND/llfGE sieur Borail, j ay jugé à propos de l'accompagner de ce mot pour vous dire que le Roy trouve bon que vous exécutiez à son ésgard, sans difficulté, ce que je vous ay mandé des intentions de Sa Majesté, par ma lettre du dernier du mois passé. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. Depuis mon autre lettre partie, j ay parlé au sieur Barail qui m'a dit qu'il ne mèneroit point de chirurgien à monsieur de Lauzun pour demeurer avec luy, mais seulement pour consulter sur sa santé. Ainsy, vous laisserez entrer le dit chirurgien chez monsieur de Lauzun, lorsque monsieur Barail le souhaitera, et le dit chirurgien partira de Pignerol avec le dit sieur Barail. Je suis, monsieur, Vostre très affectionné serviteur, De Louvois. Monsieur de Saint-Mars , je vous faictz cette lettre pour vous dire que mon intention est , qu'aussytôst que vous l'aurez reçue • vous remettiez au pouvoir du sieur de Maupertuis , soubz-lieutenant de ma première compagnie des mousquetaires à cheval , qui vous la rendra de ma part, le comte de Lauzun , sur le reçeu, signé de luy, qu'il vous en donnera , moyennant lequel iirÉDiTE. 333 vous en demeurerez bien et vallablement dëschàrgé ( i ) , et j la présente n estant pour autre fin, je ne vous la feray plus longue ^ que pour vous tésmoigner la satisfac- tion que j*ay de la manière dont vous vous estes acquitté des ordres que je vous ay donnez pour sa garde, et celle des autres prisonniers que j'ay confiez à vos soins, dont je vous donneray des marques dans toutes les oc- casions qui s'en offriront. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ayt, monsieur de Saint-Mars , en saSainte-^ïarde. éscrit à S«iiit-G«mMin en Laye, le la aTiil 1681. Louis ' Le Tbllier. AV MEME. Saint'Germain , ce i> avril 1681. Monsieur, Vous verrez, par la copie de la lettre du Roy cy-jointe, ce que Sa Majesté à résolu à Fésgard de monsieur de Lauzun , lequel ne devant plus retourner à Pignérol ; Sa Majesté m'a paru disposée à vous donner le comman- dement de la citadelle du dit Pignerol; à vous y con- server une compagnie franche sur le pied des autres compagnies qui sont entretenues en garnison , et à vous conserver deux de vos lieutenans pour veiller, (i) Voyez le reçu de mo^isieur de Maupertuis, pag. 55. 334 GORRESPONDANGB INEDITE. SOUS voft^rdres, à la garde des prisonniers qui y restent ; mais , elle n'a rien voulu décider sur ceh, sans sçavoir si y comme j'ay lieu de le croire par yos dernières lettres, vous serez bien ayse d avoir cet employ dont elle ne laissera pas de continuer les appointemens au sieur de Risëan^ pendant le reste de sa vie^ c est sur quoy j'at- tendray de vos nouvelles, par le retour de ce courrier. Monsieur de Maupertuis partira demain ou aprèz demain en poste, pour vous porter l'original de la lettre du Roy, et se charger de monsieur de Lauzun, Je suis , monsieur, Vostre très affectionné serviteur. De Louvois. Je vous prie de rendre la lettre cy-jointe à monsieur de Lauzun. Je ne terminerai pas ce volume > sans avertir le lecteur que, s'il doutait de l'authenticité de ces lettres, dont je possédais depuis fort long-temps des copies , il peut en voir les originaux aux Archives du Royaume , Section Historique , &. 129, si ce n'est pourtant celles de Pellisson qui font partie d'une collection particulière d'autographes. FIN DU TOME PREMIER. TABLE DES MATIERES CONTENUES DANS CE VOLUME. . ■■ ^■ ■ B p p ^ A. Paoes. Artagnan ( d* ). — : Sous-lieutenant des mousque- taires. Il arrête i?'oucquet, le conduit au château d'Angers , de là au château d'Am- boise, puis au donjon de Vincennes, d'où il le transfère à la Bastille.. i3- 14 Il le mène à Pignerol , et le remet entre le§ mains du capitaine Saint-Mars 29 Avertissement i B. BézEVAUx. — Gouverneur de la Ba3tille. Sa con- duite envers Pellisson 5-7 BoiLEAU.— Nommé historiographe du roi.... 66 BossuET. — Lettre à mademoiselle du Pré sur la mort de Pellisson '. 69 BuLLioN (le surintendant de). — Trait de sa gé- nérosité 12 c. CoLBERT. — Il travaille à remplacer Foucquet. . 1 2 336 TABLE DES MATIÈRES. Pages. Succède au surintendant dans ia seule qua* lité de contrôleur -général des finances. ... a 8 Plusieurs lettres de ce ministre. (Voyez la correspondance inédite. ) CoNRART — Premier secrétaire perpétuel qu'ait eu rAcadémie-française 8 D. Dupt^ssis-BsLiivRE ( madame). — Employée , PFoucquet;, pour séduire mademoiselle de Vallière , i5 V F. r FoucQUET (lesuritendant) — Il fait de Pellisson son premier commis , et obtient pour lui des lettres de conseiller d'état lo- 1 1 Fête donnée au Roi , à la maison de Vaux? Dépenses du surintendant pour ses maisons. Son arrestation à Nantes.... Son procès.. . . i3-i4 Preuve de ses tentatives sur mademoiselle de La Valliére 1 5 Amis de Foucquet. i8 La peine de banissement est commuée en celle de réclusion perpétuelle a 3 Son arrivée à Pignerol 29 La foudre détruit la citadelle. Le prisonnier est transféré au fort de Pérouze ^ . • . 3i Moyens qu'il imagine pour charmer les en- nuis de sa captivité. Reconduit à Pignerol.. 32-33 TABLE DRS MATIERES. 337 Pages. Il reçoit des nouvelles de sa famille, et on lui permet d'écrire à sa femme 40 Étonnement de se voir avec Lauzun. ....... 46 Permission donnée à la famille d'entrer à Pî- gnerol Mort de Poucquet. Lieu où ses dépouilles furent déposées , etc 53 FoucQUET (l'abbé). —Il abandonne son frère, etc. 1 9 - 20 H. HbnaÎtlt ( le président ). — Sonnet contre Col- bert a3 L. Lauzun (le duc de )• 36 Conduit à la Bastille, d'où on le transfère à Pignerol. Instruction pour sa garde. ...... 37-38 Ordre He se démettre de sa charge de capi-- taine des gardes^u-^orps *........; 41 Intelligence entre lui et Foucquet 46 Permission donnée à la famille de Lauzun de voir le prisonnier 5i Liberté rendue à Lauzun 55 Le TelijeA. — Différents ordres à Saint-Mar^. • 100 et suiv. Louis XIV. — Différentes lettres ou ordres à Saint-Mars de ^4 à 1 33 Loûvois (le ministre). — Sa conduite envers Lauzun de 37 à 55 Plus de 200 lettres de ce ministre à Saint- / Mars, à Foucquet et au duc de Lauzun. .de 83 à 334 I. 22 338 TABLE DES MATIÈRES. M. Maupertuis.— Sous -lieutenant des moiisque> taires à cheval MdNTESPAïf (madame de), — Inimitié contre le duc de Lauzun Elle dessert Pellisson MoNTPENsiEn (mademoiselle de). — Son mariage avec le duc de Lauzun Outrages qu'elle reçoit du duc de Lauzun. . MoRus. — Marque d'estime donnée à PelHsson. . Pages- 55 36 65 36 55-56 3 P. Pkllisson-Fontanier. — Origine de cette famille. Naissance de Paul, Ses études ; son premier ouvrage; son voyage à Paris. Il fait la con- naissance de mademoiselle de Scudéry. Vers sur la laideur de Pellisson de 3 à 7 Sa présentation à un peintre 8 Lecture d'un de ses ouvrges à l'Académie. . 9 Foucquet l'atlâre à lui lo-i i Prologue des Fâcheux de Molière. Arresta- tion de Pellisson 17 Trait de présence d'esprit lorsqu'on le con- fronte avec le surintendant 20 i*"* lettre à Colbert 73 a® lettre à Colbert 75 3« lettre à Colbert ii3 4° lettre à Colbert ia5 5* lettre à Colbert i4i > 6® lettre à Colbert i5o Mémoire pour le Roi i5i TABLE DES MATIÈRES. SSq Pages. 7® lettre au même ^34 8® lettre de Pellisson à Colbert 235 9* lettre de Pellisson à Colbert a36 10* lettre au même \ . . ^58 II* lettre au même 3a8 Sévérité qu'on exerce contre Pellisson .... 56 Histoire de l'araignée 57 Liberté rendue au prisonnier 60 Lettre à Louis XFV 62 Trait de Louis ^IV è son égard «... 61 Il obtient la faveur de suivre le Roi dans sa première expédition en franche-Comté, etc. 65 Mort de Pellisson, etc. • • 67 Pellisson (la mère de).— i'* lettre de cette dame à Colbert « . . 76 a® au même 77 3« id 78 4Md 81 5Md 82 6*id 107 7* id 128 PiicES justificatives 71 Racine. — Le privilé^ d'historiographe du roi lui est donné 66 Saint-Pou»nges ( de ). — Lettres à Saint-Mars . ^2) - 3 24 Saint- Mars. — Lettre au ministre Lôuvois.. . . 169 34o , 'faWLE DES MATlisàES. Pages. ScuDERT ( madomoiseUf de). ^ Vers sur son portrait . . . , . * v* » • 7 Sa conduite JL 1 egtrj die Pellisson , . Sg Lettre à Cplhert.^.:... ^ 79^ Sxioim.*T.n»* Lettre au duc de Lauffin. ...;*. 201 T. Talon ( Tavocat général ). — Sa coijpludpn dans le procès intenté au surintendartit V^ . Yallièhe (mademoiselle de la) , ... de i5 à 17 FIN DE LA TABLE DU TOME PREMIER. > / ■ / V-. ^^ i. •■;{-■ •• ^ . \iy y i ■■■'■■' f. ^^ . \ ^r C Am^ Uz/t Mf>^^l^ /■ r * ; - ' y^^'-y/; U^xùj'y y^T-^v /.. l N .-. f r # - ' -iÀ ' •>,V n r '^■■ 4 ^i^:. Ia y/ \ t ^: ' y v\,-i .,Mj^ :■■■ ' ;■ ■■ , ■ :; ^7 ^^f . //«^^r./do-'t-^ / ». 1 Vs .r^-i W* :*♦■ A'f ^ e THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY RBFBRBNGE DEPARTMENT Inken fraro Ihm Buildiiii * ^M Y .^^^1